Ça chauffe sur l’Ile de la Réunion ! // Things are getting heated on Reunion Island !

Le Journal de l’Ile de la Réunion a publié un article fort intéressant qui met bien en évidence la difficulté d’accès du public à un site éruptif actif. Pour le moment, l’Enclos Fouqué est fermé dès qu’une éruption débute. Pour permettre aux touristes et à la population locale d’admirer de plus près les éruptions du Piton de la Fournaise, une solution serait de les conduire en sécurité sous la houlette de guide compétents. Cela fait pas mal de temps que cette hypothèse est évoquée, mais le Préfet traîne les pieds. Aujourd’hui, les guides de montagne perdent patience et interpellent le Préfet pour qu’il donne son feu vert à l’accompagnement de touristes sur les sites éruptifs. Ils menacent de se mobiliser dans les prochains jours.

Depuis le 27 avril dernier, c’est à huis clos que se poursuit le spectacle de l’éruption du Piton de la Fournaise. Maintenu à bonne distance, le public doit toujours se contenter du point de vue depuis le Piton de Bert pour tenter d’apercevoir un peu de lave. La fermeture est même devenue totale : plus aucune accréditation n’est accordée par la Préfecture pour descendre dans l’Enclos Fouqué. C’est donc en douce, et avec le risque de ne pas être couverts en cas d’accident, que quelques passionnés se rendent au plus près de l’éruption. Sans eux, il n’y aurait pas d’images dans les médias, sur les réseaux sociaux et dans les journaux TV locaux et nationaux. Ces observations sont également utiles pour le travail scientifique de l’Observatoire Volcanologique.

Présenté comme l’atout touristique numéro un de La Réunion, le volcan est cadenassé à double tour. Selon les informations obtenues par le Journal de l’Ile, c’est en enjambant les grilles de l’Enclos qu’une équipe de la télévision espagnole a pu tourner la semaine dernière un reportage sur l’éruption. Diffusé en Espagne, il pourrait faire venir des touristes à la Réunion, mais il faudrait qu’ils puissent accéder au volcan !

Entre tout interdire et tout ouvrir, le Préfet avait ouvert une porte en se disant favorable à un accompagnement sécurisé, avec la reprise d’un projet initié dès 2010 par le Syndicat national des accompagnateurs en montagne. Dans la foulée, 47 accompagnateurs ont suivi une formation début 2017, financée par la Région, et se sont équipés en conséquence. L’investissement a été estimé en moyenne à 2 500 euros par professionnel. Une phase de test avait été mise en place lors de l’éruption de juillet 2017. La Préfecture avait jugé le projet «réaliste» mais ne pouvait totalement le valider car certains points restaient à améliorer notamment en matière de couverture radio. Deux nouvelles simulations concluantes ont été menées en mars 2018 et il ne manque plus que le feu vert de l’Etat. C’est la transmission avec la Préfecture qui est désormais au point mort.

Le lendemain du début de l’éruption actuelle, un mail a été envoyé à la Préfecture demandant l’autorisation d’enclencher le dispositif d’accompagnement. On attend toujours la réponse ! S’il fait toujours débat – il serait payant – le dispositif permettrait de conduire des groupes de 8 personnes dans l’Enclos, jusqu’à 80 personnes au maximum par rotation, à environ 200 mètres du site éruptif.

Depuis le début de l’éruption, les initiateurs du projet sont submergés d’appels de locaux et de touristes. Aujourd’hui, ils perdent patience. Faute d’avancées, ils promettent de passer à l’action dans les prochains jours.

L’interdiction d’accès au volcan a des répercussions jusqu’en métropole. Spécialisée dans l’organisation rapide de voyages « spécial éruption », l’agence Aventure et Volcans continuera de «boycotter La Réunion tant que l’accès au volcan ne sera pas autorisé, comme promis à de nombreuses reprises lors des différents salons du tourisme», écrit Tanguy de Saint-Cyr, son responsable, sur les réseaux sociaux. Cela ne manquera pas de réjouir Hawaï et d’autres destinations volcaniques à travers le monde.

Source : Journal de l’Ile.

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The Journal de l’Ile de la Réunion has published a very interesting article that highlights the difficulty of public access to an active eruptive site. For the moment, the Enclos Fouqué is closed as soon as an eruption begins. To allow tourists and the local population to have a closer look at the eruptions of Piton de la Fournaise, one solution would be to accompany them safely under the guidance of competent guides. It’s been a long time since this hypothesis has been mentioned, but the Préfet dragged his feet. Today, mountain guides are losing patience and call on the Préfet to give the go-ahead to accompany tourists on eruptive sites. They threaten to take action in the coming days.

Since April 27th 2018, the show of the eruption of Piton de la Fournaise is taking place in camera. Maintained at a safe distance, the public is only allowed to watch the eruption from Piton Bert in order to try to see a little lava. The closure has even become total: no more accreditation is granted by the Prefecture to go down in the Enclos Fouqué. It is therefore illegally, and with the risk of not being insured in case of accident, that some enthusiasts get closer to the eruption. Without them, there would be no images in the media, on social media, and in local and national TV news. These observations are also useful for the scientific work of the Volcano Observatory.
Presented as the number one tourist attraction of Reunion Island, the volcano is totally padlocked. According to information obtained by the Journal de l’Ile, a team of the Spanish television managed to get into the Enclos by climbing over the entrance gate last week and could make a report on the eruption. Broadcast in Spain, it could bring tourists to Reunion, but they would need to have access to the volcano!
Between prohibiting and opening everything, the Préfet had opened a door saying he was in favor of a secure accompaniment, with the resumption of a project initiated in 2010 by the National Union of Mountain Guides. In the wake of the Préfet’s words, 47 guides attended a training session in early 2017, funded by the Region, and got equipped accordingly. The investment was estimated at an average of 2,500 euros per guide. A test phase was set up during the eruption of July 2017. The Prefecture judged the project « realistic » but could not fully validate it because some points remained to be improved, in particular in terms of radio coverage. Two new successful simulations were conducted in March 2018 and only the green light of the State is missing.

The day after the start of the current eruption, an email was sent to the Prefecture requesting permission to activate the accompaniment. The guides are still waiting for the answer! If it is still controversial – tourists would have to pay – the project would lead groups of 8 people into the Enclos, up to 80 people maximum per rotation, about 200 metres from the eruptive site.
Since the beginning of the eruption, the initiators of the project have been overwhelmed by calls from locals and tourists. Today, they are losing patience. If nothing is done, they promise to take action in the coming days.
The ban on access to the volcano has repercussions as far as the metropolis. Specialized in the rapid organization of « special eruption » trips, the agency Aventure et Volcans will continue to « boycott Reunion Island as long as access to the volcano is not allowed, as was promised many times at various tourism fairs » , wrote Tanguy de Saint-Cyr, its manager, on social networks. This will delight Hawaii and other volcanic destinations around the world.
Source: Journal de l’Ile.

Frustration des touristes devant un spectacle qu’ils ne peuvent pas approcher (Crédit photo: Christian Holveck)

Kilauea (Hawaii) : Déflation du sommet et forte sismicité // Deflation of the summit and strong seismicity

8 heures (heure française): Un séisme de magnitude 3,5 localisé à environ 150 mètres sous le sommet du Kilauea vers 16h30 le 16 mai 2018 a causé des dégâts dans les bâtiments du Parc de Volcans et ouvert des fractures sur la Highway 11 et d’autres routes du Parc. Il n’est toutefois fait état d’aucune victime.
Les autorités locales demandent aux automobilistes de ralentir et faire preuve de prudence sur la Highway 11, en particulier entre les bornes kilométriques 28 et 29, ainsi que sur la Pi’i Mauna Poad, où la plupart des dégâts ont été observés. Le Parc des Volcans, qui a compétence sur la Highway 11 entre les bornes kilométriques 28 et 38,5, a décidé de ne pas fermer cette route à la circulation malgré la présence des fractures. Il est rappelé aux automobilistes qu’il est interdit de s’arrêter sur les accotements de la Highway 11 dans le Parc pour des raisons non urgentes.
Le séisme a également ouvert d’importantes fissures dans le Visitor Emergency Operations Center qui gère les situations d’urgence dans le Parc des Volcans. Il a entraîné des pannes de courant et la rupture de plusieurs conduites d’eau.
Avec la sismicité, le HVO continue d’enregistrer une déflation significative du sommet du Kilauea. Dans l’après-midi du 16 mai, le plancher de la caldeira s’était affaissé d’environ 90 centimètres. Cette déflation du sommet a un effet sur les failles autour de la caldeira et provoque les séismes mentionnés précédemment.
Le HVO indique que les séismes dans la région sommitale du Kilauea pourraient devenir plus fréquents. Leur faible profondeur peut provoquer des dégâts importants dans le voisinage immédiat de l’épicentre et la population doit prendre des précautions pour minimiser les dégâts causés par les secousses. Il est, par exemple, conseillé de retirer des éléments instables des murs et des étagères. Sur le terrain, les pentes raides doivent être évitées car elles peuvent être déstabilisées par de fortes secousses.

L’activité éruptive reste concentrée sur la fracture n° 17 mais les projections de lave ont perdu de leur intensité. La coulée a considérablement ralenti et reste longue de près de 2,5 km. Les émissions de gaz volcaniques demeurent élevées dans toute la zone située sous le vent.
Source: USGS / HVO.

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20 heures (heure française): Le HVO indique qu’une « éruption explosive » s’est produite au sommet du Kilauea peu avant 4h20 (heure locale) le 17 mai 2018. Elle a généré un volumineux panache de cendre. Les autorités conseillent aux personnes qui se trouvent sous le nuage de cendre de s’abriter. Le vent est susceptible d’entraîner le panache de cendre vers Kau, Volcano, Mountain View, Kea’au et jusqu’à Hilo.

Le HVO signale peu de changements dans l’éruption de Lower Puna. L’activité reste focalisée sur la fracture n° 17 qui a produit la grande coulée au nord-est des Lanipuna Gardens, mais les projections de lave ont diminué. La coulée présente une longueur de 2,5 kilomètres et sa progression a considérablement ralenti. La Protection Civile indique qu’aucune coulée n’est active actuellement.
Le gouverneur de l’État de Hawaii a annoncé le 16 mai la création d’un double commandement qui permettra à la Garde Nationale de commander des forces militaires actives pour aider aux évacuations.
Les émissions de SO2 ont envahi le site de l’éruption le 16 mai, car un arrêt des alizés a permis aux gaz volcaniques de pénétrer à l’intérieur des terres. La situation devrait toutefois s’améliorer le 17 mai, même si les émissions de gaz restent très élevées près des fractures dans les subdivisions des Leilani Estates et Lanipuna Gardens. Les pompiers ont procédé au moins à trois opérations de secours auprès de personnes qui se sont retrouvées en difficulté alors qu’elles retournaient chez elles dans des zones évacuées. De nouveaux capteurs de dioxyde de soufre sont installés le long des fractures.
Dans le même temps, les responsables de la Protection Civile continuent à travailler sur la désactivation de trois puits géothermiques sur le site de la centrale Puna Geothermal Venture, qui a été menacée par les fractures. Comme je l’ai écrit auparavant, le processus consiste à remplir les puits d’eau froide pour éviter les remontées de sulfure d’hydrogène. Des bouchons seront ensuite placés sur les puits pour les « tuer ». L’installation de chaque bouchon prendra une journée.
Source: HVO et Protection Civile.

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8 a.m. (French time): An M 3.5 earthquake located about 150 metres beneath the summit of Kilauea Volcano around 11:30 a.m. on May 16th, 2018 caused noticeable structural damage in park buildings and left behind a web of earth cracks and uneven road surfaces on Highway 11 and other park roadways. However, no injuries were reported.

Local authorities urge motorists to slow down and use caution on Highway 11, particularly between mile markers 28 and 29, and Pi‘i Mauna Road, where most damages occurred. The park, which has jurisdiction over Highway 11 between mile markers 28 and 38.5, is not closing Highway 11 at this time.

In addition, motorists are reminded that stopping for non-emergency purposes along the side and shoulders of Highway 11 in the park is prohibited.

The earthquake also created sizable cracks in the park’s Visitor Emergency Operations Center and caused a temporary loss of power and ruptured several water lines.

Together with the seismicity, HVO continues to record significant deflation of the Kilauea summit. As of the afternoon of May 16th, the floor of the caldera had dropped approximately 90 centimetres. This movement is stressing faults around the caldera, causing them to move and resulting in the strong earthquakes mentioned previously.

As deflation continues, strong earthquakes in the area around Kilauea Volcano’s summit are expected to continue and may become more frequent.

The shallow depths of these earthquakes make them more damaging in the immediate vicinity of the epicentre, and individuals need to take precautions to minimize damage from the shaking, including the removal of unstable items from walls and shelves. Steep slopes should be avoided as they may become destabilized during strong earthquakes.

Eruptive activity remained concentrated at fissure 17 but the spattering is decreasing in vigour. The lava flow has slowed significantly and remains nearly 2.5 km in length. Volcanic gas emissions remain elevated throughout the area downwind of the fissures.

Source: USGS / HVO.

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8 p.m. (French time): HVO reports an “explosive eruption” at the summit of Kilauea volcano shortly before 4:20 a.m. (local time) on May 17th, 2018. It ejected a large plume of ash in the air, and authorities urged residents in the path of the ash to shelter in place. The wind may carry the resulting ash plume north toward Kau, Volcano, Mountain View, Kea’au and as far as Hilo.

HVO reports little change in the eruption in Lower Puna. Activity remained focused at fissure No. 17, which has produced the largest lava flow northeast of Lanipuna Gardens, but the spattering has decreased. The flow remains 2.5 kilometres in length and its advance has slowed significantly. Civil Defence indicates that no flows are currently active.

The Governor of the State of Hawaii announced on May 16th the formation of a dual status command that will give the Hawaii National Guard authority to command active military forces to assist with evacuations.

SO2 emissions invaded the region of the eruption on May 16th as a disruption of trade winds caused the gases from the volcanic activity to be swept more inland. Those conditions were expected to ease on May 17th, though gas emissions remain dangerously high near the fissures around the Leilani Estates and Lanipuna Gardens subdivisions. The Hawaii Fire Department has conducted at least three rescues of people who found themselves at risk as they went back to their homes in evacuated areas. More sulphur dioxide monitors are being installed around the fissures.

Meanwhile, Civil Defense officials continue to work on deactivating three geothermal wells at Puna Geothermal Venture, which has been encroached upon by the fissures. As I put it before, the process involves filling the wells with cold water to prevent unabated releases of hydrogen sulfide. Caps will then be placed on the wells to “kill” them. Each cap will take a day to install.

Source: HVO & Civil Defence

Fractures dans la Highway 11 (Crédit photo: National Park Service)

Panache de cendre au-dessus du cratère de l’Halema’uma’u (Crédit photo: USGS)

Kilauea (Hawaii) : Les effets de l’éruption sur le tourisme // The effects of the eruption on tourism

Avec l’apparition de nouvelles fractures éruptives qui menacent d’isoler le secteur de Lower Puna du reste de la Grande Ile d’Hawaii, les responsables de la Protection Civile ont décrété le 12 mai 2018 que toutes les locations de vacances de la région devaient cesser leurs activités. Les touristes ont été contraints de trouver d’autres logements, ce qui ne fait qu’augmenter les pertes subies par l’industrie touristique à cause de l’éruption du Kilauea. La zone concernée s’étend de Kapoho à Kalapana et inclut les subdivisions de Leilani et Black Sands.
La décision de la Protection Civile est intervenue le jour où deux nouvelles fractures se sont ouvertes à l’est des Leilani Estates. Les autorités ont déclaré que la décision était nécessaire afin que les opérations d’urgence puissent se concentrer sur les seuls habitants de la région. Les géologues du HVO affirment que de nouvelles émissions de lave sont probables, que ce soit par l’ouverture de nouvelles fractures ou par la réactivation de fractures existantes. Environ 2000 personnes à Lower Puna pourraient se trouver isolées si les routes étaient endommagées ou coupées par des fractures et des coulées de lave.
Le tourisme sur la Grande Ile d’Hawaii est affecté par l’éruption du Kilauea. 2018 avait commencé en fanfare avec la perspective de franchir la barre des 2 millions de visiteurs à la fin de l’année, mais deux semaines après le début de la dernière éruption, on se rend compte que les annulations ont déjà occasionné plus de 1,5 million de dollars de pertes directes aux gestionnaires de locations et on prévoit 3 millions de dollars de pertes pour les semaines à venir. Les hôtels signalent qu’ils tournent à 50% de leur capacité de réservation. Au train où vont les choses, c’est toute la saison estivale qui risque d’être profondément affectée. Les navires de croisières ont annulé des escales à Hilo et Kona, ce qui n’arrange pas la situation.
Dans les régions reculées comme le District de Puna, les locations de vacances constituent une source de revenus non négligeable pour les habitants et représentent un plus pour l’économie de la région. En seulement deux semaines, les entreprises touristiques de l’Est de la Grande Ile sont passées de la meilleure année à la fermeture et à la mise à pied de 10 à 20 personnes. Si la récente déclaration fédérale de catastrophe naturelle – qui concerne l’ensemble de la Grande Ile – donne de l’espoir à aux habitants et aux entreprises les plus durement touchés, elle risque aussi de provoquer des annulations dans des zones de l’île qui ne sont pas concernées par l’éruption. La fermeture du Parc National des Volcans n’est pas faite pour arranger les choses.
Source: Journaux hawaïens.

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With new lava outbreaks threatening to cut off Lower Puna residents from the rest of the island, Civil Defense officials on May 12th, 2018 ordered all vacation rentals in the area to cease operations, forcing visitors to find alternate accommodations and adding to tourism industry losses from the Kilauea eruption. The concerned area stretches from Kapoho to Kalapana, and includes Leilani and the Black Sands subdivisions.

The order came the same day two fissures opened up east of Leilani Estates. Civil Defense officials said the move was necessary so emergency operations can focus on residents who live in the area. HVO geologists say additional lava outbreaks are likely, either from new fissures or reactivation of existing vents. About 2,000 people in Lower Puna could become isolated if roads are damaged by lava outbreaks.

Tourism in Hawaii Big Island is being affected by the Kilauea eruption. The island began the year anticipating it would break the 2 million-visitor benchmark by year’s end, but two weeks into the eruptions, visitor cancellations have cost accommodation providers more than $1.5 million in direct losses and $3 million in future bookings. The hotels are reporting that they are 50 percent off their booking pace. If this keeps up, it could be a whole lost summer. Cruise ships have cancelled their calls at Hilo and Kona, which can only worsen the situation.

In remote areas like Puna, vacation rentals often play a larger role in the lodging mix and the region’s economic health. In just a two-week period, east side businesses have gone from having their best year ever to closing and laying off 10 to 20 people. While the recent state and federal disaster declarations offer hope to some of the hardest-hit residents and businesses, they open unaffected areas of Hawaii island to cancellation risk. The closure of the Hawaiian Volcanoes National Park is not a good thing for tourism either.

Source : Hawaiian newspapers.

La vidange du lac de lave dans le cratère de l’Halema’uma’u et la fermeture du Parc National des Volcans sont des coups durs portés au tourisme sur la Grande Ile d’Hawaii (Photo: C. Grandpey)

Dernières nouvelles de l’éruption du Kilauea (Hawaii) // Latest news of the Kilauea eruption (Hawaii)

11 heures (heure française) : De volumineux panaches de cendre continuent à s’échapper de l’Overlook Crater de l’Halema’uma’u au sommet du Kilauea et le National Weather Service a prolongé l’avis de retombées de cendre sur la Grande île jusqu’à 8 heures le 16 mai 2018. Cette cendre devrait atteindre le sud-ouest de l’île, y compris les secteurs de Wood Valley, Pahala, Punaluu, Naalehu et Hawaiian Oceanview Estates. Une couche atteignant 0,5 cm devrait être observée dans les zones touchées. Les alizés devraient s’affaiblir mercredi, puis redevenir actifs entre jeudi et le week-end. Le National weather Service a déclaré que l’avis pourrait devoir être prolongé en fonction des conditions et rappelle que la cendre peut causer une irritation des yeux et des voies respiratoires. Toute personne souffrant de maladies respiratoires doit rester à l’intérieur pour éviter d’inhaler les particules de cendre et il est conseillé à la population dans son ensemble de se couvrir la bouche et le nez avec un masque ou un chiffon.
Le HVO a publié un avis à l’intention des pilotes selon lequel le panache de cendre atteint 12 000 pieds (environ 3600 mètres) et que les conditions pourraient devenir «plus explosives» sur le Kilauea. La couleur de l’alerte aérienne est passée au Rouge.
Les responsables d’Hawai’i Electric Light Co. ont averti que la cendre pourrait entraîner des coupures de courant prolongées.

Les scientifiques du HVO ont également indiqué le 15 mai au soir que la fracture n ° 6 près de Leilani Avenue et  Pohoiki Road s’est réactivée, avec des projections et fontaines de lave. La coulée émise par la fracture n ° 17 progresse peu et ne menace pas la Highway 137 pour le moment.
Source: HVO et journaux hawaïens.

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20 heures (heure française) : En ce moment, c’est surtout le panache de cendres dans le cratère de l’Halema’uma’u qui retient l’attention, mais il ne faut pas oublier que l’éruption continue dans la Lower East Rift Zone.

Pour le moment, le panache de cendre qui sort de l’Overlook Crater n’est pas le « big one » redouté par les scientifiques du HVO. Un tel événement explosif reste toutefois possible. Pour cela, il faudrait que les eaux souterraines s’infiltrent dans la colonne de magma qui est redescendue sous le cratère de l’Halema’uma’u et que les matériaux qui tombent des parois du cratère l’obstruent, ce qui provoquerait une montée en pression des gaz. Le système volcanique est très dynamique, à la fois sur l’East Rift Zone et au sommet. Le panache actuel a probablement été généré par des effondrements qui ont frappé la colonne de roche en fusion,  ou bien par une intrusion d’eau ou bien par une combinaison des deux phénomènes. La colonne de lave qui, jusqu’à récemment donnait naissance au lac de lave, a disparu suite à l’éruption dans l’East Rift Zone. Cela pourrait permettre à l’eau de la nappe phréatique d’entrer dans le puits laissé vide par la lave et provoquer une violente éruption explosive au sommet.
Selon le HVO, le panache de cendre s’est élevé de 3 000 à 3 600 mètres au-dessus du niveau de la mer et a envoyé la cendre jusqu’à Pahala, à 30 kilomètres vers le sud-ouest. Une alerte à l’attention de l’aviation a été émise. Les géologues étudient la cendre pour voir s’il y a des signes d’intrusion d’eau à l’intérieur de la colonne magmatique.

Le 15 mai au matin, l’activité les long de l’East Rift Zone restait concentrée sur la fracture n° 17, avec des projections de lave intermittentes à la fracture n° 18. Plus tôt dans la matinée, une nouvelle fracture (n ° 20) située près de la fracture 18 a produit deux petites coulées de lave. La coulée a’a émise par la fracture n° 17 a progressé d’environ 380 mètres depuis le début de l’après-midi. La lave a considérablement ralenti sa progression et la coulée présente une longueur d’environ 2,5 km. Les émissions de gaz volcaniques demeurent élevées dans toute la zone située sous le vent.
Le magma continue d’arriver dans Lower East Rift Zone, comme le confirme le déplacement continu vers le nord-ouest d’une station GPS. L’activité sismique reste élevée, mais les séismes ne se sont pas déplacés vers l’aval de la zone de rift au cours des deux derniers jours.
Source: HVO.

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11 a.m. (French time): The National Weather Service has extended the ashfall advisory for areas of the Big Island until 8 a.m. on May 16th, 2018 as the Halemaumau Crater at Kilauea’s summit continues to intermittently emit huge plumes of ash. The volcanic ash is expected to reach the region to the southwest including Wood Valley, Pahala, Punaluu, Naalehu, and Hawaiian Oceanview Estates. Ash accumulation up to 0.5 cm is expected to be deposited in the affected areas. Trade winds are expected to weaken on Wednesday, then become breezy again from Thursday into the weekend. The weather service said the advisory may need to be extended depending on conditions and warns that the ash may cause eye and respiratory irritation. Anyone in the advisory areas with respiratory illnesses should remain indoors to avoid inhaling the ash particles and everyone outside should cover their mouth and nose with a mask or cloth.

Earlier this afternoon, HVO issued a “notice for aviation” warning pilots that the ash plume has been reported as high as 12,000 feet and conditions could become “more explosive.” The aviation colour code has been increased to Red

Hawai‘i Electric Light Co. officials are warning that the volcanic ash falling on parts of the southern Big Isle could lead to extended power interruptions.

HVO scientists also reported on May 15th in the evening that fissure No. 6, near Leilani Avenue and Pohoiki Road, has become active again, with lava fountaining and spatter. The flow from fissure No. 17, meanwhile, has had little advancement after progressing toward Highway 137 at the start of the week.

Source: HVO and Hawaiian newspapers.

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8 p.m. (French time): A lot of attention is given to the ash plume in Halema’uma’u Crater but one should not forget that lava is still eruption in the Lower East Rift Zone.

For the moment, the ash plume coming out of the Overlook Crater is not the “big one” feared by HVO scientists. Such an explosive event remains possible, assuming groundwater seeps into the receding magma column beneath Halema‘uma‘u Crater and debris falling from crater walls plug the vent, allowing pressure to build. The system is very dynamic, both down at the rift zone and at the summit. The current plume could have been caused by rockfalls hitting the receding column of molten rock, water intrusion or a combination of both. The column, which until recently supported a lava lake at the surface, is dropping at the summit in response to the East Rift Zone eruption in Lower Puna. That could allow groundwater to enter the volcanic shaft, which can cause a more explosive eruption at the summit.

According to geologists, the ash plume rose to 3,000-3,600 metres above sea level and spread ash as far as Pahala, 30 kilometres to the southwest. An aircraft warning was issued near the volcano. Geologists are studying the ash to see if there is evidence of water intrusion inside the magma column.

On May 15th in the morning, activity along the East Rift Zone remained concentrated at fissure n°17, with intermittent lava spattering at fissure n°18. Earlier in the morning, a new fissure (n° 20) located near fissure 18 produced two small pads of lava. The ‘a’ā flow spreading from fissure n° 17 advanced about 380 metres since the early afternoon. The advance of the flow has slowed significantly and is nearly 2.5 km in length. Volcanic gas emissions remain elevated throughout the area downwind of the fissures.
Magma continues to be supplied to the Lower East Rift Zone as indicated by the continued northwest displacement of a GPS monitoring station. Elevated earthquake activity continues, but earthquake locations have not moved farther downrift in the past couple of days.

Source : HVO.

Voici une vidéo du panache de cendre de  l’Halema’uma’u:

Panache de l’Halema’uma’u le 15 mai2018 au matin. On remarquera la forte concentration de cendre (Crédit photo: USGS / HVO)

Panache de l’Halema’uma’u le 16 mai au matin. La cendre est beaucoup moins présente (Image webcam USGS / HVO)