Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion): Début de l’éruption ! // An eruption has started !

7h40 (heure métropole): Le bulletin de 10 heures de l’OVPF semble me donner raison. Le panache bleuté que j’avais détecté sur la webcam du Piton de Bert semble bien être le signe que l’éruption du Piton de la Fournaise a débuté. Le dernier bulletin de l’OVPF (10 heures, heure locale) indique que « suite à la crise sismique débutée à 09h16 heure locale, le tremor volcanique synonyme d’arrivée du magma à proximité de la surface est enregistré depuis 09h48 environ heure locale. L’analyse des données et les observations de panache depuis nos caméras montrent que la ou les fissure(s) éruptives se sont ouvertes dans le secteur du cratère Dolomieu, secteur nord nord-est à une altitude élevée pour l’instant. »

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12 heures (heure métropole): L’éruption qui a commencé sur le coup de 10 heures (heure locale) ce matin continue mais les conditions météo empêchent actuellement de profiter du spectacle. Selon l’OVPF – informations relayées par France Info – « la ou les fissure(s) éruptives se sont ouvertes au bord du cratère Dolomieu, dans le secteur nord nord-est à une altitude élevée pour l’instant, » ce qui confirme ce que j’écrivais précédemment. « Il y a deux ou trois fontaines de lave (d’une hauteur maximale d’une trentaine de mètres) par fissure. Les coulées de lave ont déjà bien descendu les pentes et se trouvaient à 1900 mètres d’altitude environ après une heure d’éruption. L’éruption n’est pas visible depuis le Pas de Bellecombe, ni du Piton de Bert. Le meilleur point d’observation est la route nationale, même si elle reste encore bien éloignée des coulées de lave.
Comme toujours au moment d’une éruption, l’accès du public à l’Enclos Fouqué, depuis le sentier du Pas de Bellecombe ou depuis tout autre sentier, ainsi que le poser d’aéronefs dans la zone du volcan, sont interdits jusqu’à nouvel ordre.

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18h30 (heure métropole) : Dans son dernier bulletin émis à 16h30 (heure locale), l’OVPF indique que l’éruption se poursuit, mais que le tremor est en baisse. Selon l’Observatoire, cette baisse peut être liée à une baisse d’activité sur l’une ou l’autre des deux fractures éruptives.

Les débits de surface étaient compris en début d’éruption entre 25 et 40 m3/s, valeurs classiquement observées en début d’éruption au Piton de la Fournaise.

On peut se demander si l’éruption durera très longtemps. Elle a mis du temps à démarrer, signe que la pression dans les conduits d’alimentation n’était pas très forte, ce qui est confirmé par la hauteur relativement modeste des fontaines de lave.

 

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7:40 am (Paris time): The OVPF update released at 10:00 (local time) seems to confirm my previous observations. The bluish plume that I had detected on the Piton de Bert webcam seems to be the sign that a new eruption has started at Piton de la Fournaise. « Following the seismic crisis that started at 9:16 local time, the volcanic tremor synonymous with the arrival of magma close to the surface has been recorded since 09:48 (local time). Data analysis and plume observations from our cameras show that eruptive fissure (s) have opened in  the north-north-east area of the Dolomieu Crater, at a high altitude for the moment. « 

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12:00 (Paris time): The eruption that started at about 10 o’clock (local time) this morning continues but the weather conditions are currently preventing visitors from enjoying the show. According to OVPF – the information has been relayed by France Info – « the eruptive fissure (s) opened at the edge of the Dolomieu Crater, in the north-north-east sector at a high altitude for the moment, » which confirms what I wrote previously. « There are two or three lava fountains per fissure, with a maximum height of about 30 metres. The lava flows have already travelled down the slopes and were about 1900 metres above sea level one hour after the start of the eruption. The eruption is not visible from the Pas de Bellecombe or the Piton de Bert. The best observation point is from the national road, although it is still far away from the lava flows.
As usual during an eruption, public access to the Enclos Fouqué, from the Pas de Bellecombe or from any other trail, as well as the landing of aircraft in the volcano area, are prohibited until further notice.

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18:30 (Paris time): In its latest update released at 16:30 (local time), OVPF indicates that the eruption continues, but the tremor is declining. According to the Observatory, this drop can be linked to a decrease in activity at one of the two eruptive fissures.
The lava output at the start of the eruption was estimated between 25 and 40 cubic metres per second, which is the usual output at the beginning of an eruption at Piton de la Fournaise.
One may wonder whether the eruption will last very long. It took a long time to start, a sign that the pressure in the feeding conducts was not very high, which is confirmed by the relatively modest height of the lava fountains.

Evolution du tremor volcanique entre 09h48 et 13h30 (heure locale) le 18 février. (Source: OVPF)

Evolution du tremor volcanique entre 09h48 et 16h15 (heure locale) le 18 février. (Source: OVPF)

Vue par l’oeil de la webcam, l’activité de surface ne semble pas très intense.

 

Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion) : Ça se précise ! // An eruption in the next hours ?

7h15 (heure métropole) : Dans un bulletin diffusé à 9h30 (heure locale), l’OVPF indique que depuis 09h16 une nouvelle crise sismique est enregistrée sur le Piton de la Fournaise. L’événement s’accompagne de déformations rapides. Cela indique que le magma est de nouveau en train de quitter le réservoir magmatique superficiel et remonte vers la surface. Une éruption est probable à brève échéance dans les prochaines minutes ou heures.

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7:15 (Paris time):  In a new update released at 9:30 am (local time), OVPF indicates that since 09h16 a new seismic crisis has been recorded on Piton de la Fournaise. The event is accompanied by rapid deformations. This indicates that magma is again leaving the shallow magma reservoir and rising to the surface. An eruption is likely in the next minutes or hours.

L’éruption aurait-elle commencé? Bizarre ce nuage bleuté détecté par la webcam du Piton de Bert…

Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion) : Pétera ou pétera pas ? // Eruption…or no eruption ?

9 heures (heure métropole): Une fois de plus, le Piton de la Fournaise est en train de jouer avec des nerfs des scientifiques en poste à l’Observatoire.

Dans un premier bulletin émis à 16 heures le 16 février 2019, on pouvait lire que « depuis 15h21 (heure locale), une crise sismique est enregistrée sur les instruments de l’Observatoire Volcanologique du Piton de la Fournaise. Cette crise sismique est accompagnée de déformation rapide. Ceci indique que le magma est en train de quitter le réservoir magmatique et se propage vers la surface. Une éruption est probable à brève échéance, dans les prochaines minutes ou heures. »

A 19 heures, la musique avait changé de tonalité. Un nouveau bulletin indiquait que « suite à la crise sismique débutée le 16/02/2019 à 15h21 (heure locale),  le nombre de séismes a fortement diminué depuis 16h18 (heure locale). Les déformations de surface se sont arrêtées vers 16h30 signifiant l’arrêt de cette intrusion de magma en profondeur. En revanche une sismicité de 7 à 10 événements par heure localisée sous le cratère Dolomieu se poursuit signifiant que le toit du réservoir continue de se fragiliser. Aucune hypothèse n’est écartée pour l’instant quant à la suite des événements : 1) reprise de cette propagation de magma vers la surface, 2) nouvelle propagation de magma depuis le réservoir vers la surface, 3) arrêt de la propagation. »

Autrement dit, on ne sait pas ce qui va se passer ! Le volcan a été placé en Alerte 1, ce qui signifie que l’accès à l’Enclos est interdit aux randonneurs.

http://www.ipgp.fr/sites/default/files/dso_volcan.jpg

Malgré tous les instruments installés sur le Piton de la Fournaise, la prévision éruptive n’est pas évidente. On a déjà observé des ratés à plusieurs reprises. Je me garderai bien de critiquer les scientifiques qui surveillent le volcan. Il est capricieux et il faut juste accepter ce comportement. Il ne faudrait pas oublier que les volcanologues du HVO qui observaient la dernière éruption du Kilauea à Hawaii – autre volcan de point chaud – avaient prévu une éruption très longue…qui s’est terminée quelques jours plus tard ! Dans les années 1990, je me trouvais sur le Krafla en Islande. La sismicité était très forte, le sol s’était soulevé de plusieurs décimètres et tout le monde s’attendait à une éruption imminente. Elle n’a pas eu lieu. Quelques semaines plus tard, le regretté Maurice Krafft m’expliquait que l’éruption avait avorté car le magma avait emprunté un autre chemin dans les profondeurs de la Terre…

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18 heures (heure métropole) : Dans son dernier bulletin, l’OVPF indique que suite à la crise sismique du 16 février dernier,  la sismicité a fortement diminué passant de 378 séismes volcano-tectoniques le16 février à 5 événements aujourd’hui, au moment de la diffusion du bulletin.

Dans le même temps, l’inflation de l’édifice volcanique se poursuit. Les concentrations en CO2 dans le sol en champ lointain et en champ proche restent élevées.

Ces paramètres montrent que même si l’ascension du magma vers la surface s’est arrêtée, la réalimentation du réservoir superficiel se poursuit comme cela est observé depuis le début du mois de février.

Source : OVPF.

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9:00 (Paris time): Once again, Piton de la Fournaise is getting on the nerves of the scientists at the Observatory.
In a first bulletin issued at 16;00 on February 16th, 2019, one can read that « since 3:21 pm (local time), a seismic crisis has been recorded on the OVPF instruments. This seismic crisis is accompanied by rapid deformation. This indicates that the magma is leaving the deep reservoir and making its ascent toward the surface. An eruption is likely in the near future, in the next minutes or hours.  »
At 7 pm, a new, different, bulletin indicated that « following the seismic crisis that started on February 16th, 2019 at 15h21 (local time), the number of earthquakes has decreased sharply since 16h18 (local time). The surface deformations stopped at around 16:30, meaning that the magma intrusion had stopped in depth. However, a seismic episode including 7 to 10 events per hour located under the Dolomieu Crater continues, meaning that the roof of the reservoir continues to be weakened. No hypothesis is ruled out for the moment with regard to the current events: 1) new start of the magma ascent towards the surface, 2) new propagation of magma from the reservoir towards the surface, 3) end of the ascent.  »
In other words, we do not know what will happen! Alert 1 has been decided on the volcano, which means that access to the Enclos is prohibited for hikers.
http://www.ipgp.fr/sites/default/files/dso_volcan.jpg

Despite all the instruments installed on Piton de la Fournaise, eruptive prediction is not easy. We have already observed prediction errors several times. I will refrain from criticizing scientists who monitor the volcano. It is capricious and you just have to accept this behaviour. It should not be forgotten that HVO volcanologists who observed the last eruption of Kilauea in Hawaii – another hotspot volcano – had predicted a very long eruption … which ended a few days later! In the 1990s, I was on Krafla Volcano in Iceland. Seismicity was very high, the ground had risen several decimetres and everyone expected an imminent eruption. It did not happen. A few weeks later, the late Maurice Krafft explained to me that the eruption had aborted because magma had taken another path in the Earth’s depths…

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18:00 (Paris time): In its latest update, OVPF indicates that in the wake of the seismic crisis of February 16th, the seismicity dropped sharply from 378 volcano-tectonic earthquakes on February 16th to 5 events today, at the moment the release of this bulletin.
At the same time, inflation of the volcanic edifice continues. CO2 concentrations in the soil in far-field and in the near field remain high.
These parameters show that even if the magma ascent towards the surface has stopped, the recharge of the shallow reservoir continues, as has been observed since the beginning of February.
Source: OVPF.

Crédit photo: Wikipedia

L’activité volcanique dans le monde // Volcanic activity around the world

Voici quelques nouvelles de l’activité volcanique dans le monde.

Comme je l’ai écrit précédemment, le Poás (Costa Rica) a connu un épisode éruptif mineur qui a débuté le 7 février 2019. Cet événement a conduit à la fermeture du parc national. Une odeur de SO2 a été signalée dans les zones sous le vent. L’incandescence dans le cratère a commencé à être visible le 11 février. Des nuages de cendre sont montés jusqu’à 200 mètres au-dessus du cratère avant de s’étirer vers le sud-ouest.
Source: OVSICORI.

Le 8 février 2019, la lave du Karangetang (Indonésie) continuait d’avancer sur 3,5 km dans la ravine de la rivière Malebuhe sur le flanc nord-ouest du volcan, avant d’atteindre l’océan. Des levées se sont édifiées en bordure de coulée et canalisent la lave. Des avalanches se produisent en bordure de coulée et génèrent des panaches marron et gris. Un delta de lave s’est formé dans l’océan et génère un volumineux panache de vapeur. La coulée de lave présente une largeur d’environ 160 mètres au moment où elle coupe une route située à 210 mètres de la côte où elle mesure environ 140 mètres de large. La sismicité est restée élevée. Le niveau d’alerte est maintenu à 3 (sur une échelle de 1 à 4). Il est demandé à la population de rester en dehors de la zone d’exclusion de 2,5 km autour des cratères N et S et de ne pas pénétrer à moins de 3 km à l’ONO et 4 km au NO.
Source: PVMBG.

On observe de l’incandescence dans le cratère Minamidake du Sakurajima (Japon). Le 7 février 2019, une explosion a généré un panache qui s’est élevé à 1,3 km au-dessus du cratère et a éjecté des matériaux à environ 1,5 km de ce dernier. Des explosions de moindre intensité ont été enregistrées les jours suivants. Le niveau d’alerte reste à 3 (sur une échelle de 1 à 5).
Source: JMA.

Comme je l’ai déjà indiqué, plusieurs émissions de cendre ont été observées sur l’Etna (Italie), pour la plupart à partir du Cratère NE. On a observé des retombées à Nicolosi et Pedara. L’aéroport de Catane n’a pas été fermé mais est maintenu en niveau de pré-alerte
Source: INGV.

Au cours de la deuxième semaine de février, des explosions stromboliennes ont été observées dans le cratère Mackenney du Pacaya (Guatemala). Elles ont éjecté des matériaux jusqu’à 25 mètres au-dessus du cratère. Plusieurs coulées de lave parcouraient entre 10 à 250 mètres le long des flancs nord-ouest et est du volcan. De petites avalanches de matériaux ont également été observées sur les fronts des coulées de lave.
Sorce: INSIVUMEH.

L’activité éruptive est stable sur le Sabancaya (Pérou), avec une moyenne de 26 explosions par jour. Les panaches de gaz et de cendre s’élèvent jusqu’à 3 km au-dessus du cratère. Il est demandé à la population de ne pas s’approcher du cratère dans un rayon de 12 km.
Source: INGEMMET, IGP.

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Here are a few pieces of news about volcanic activity around the world.

As I put it previously, Poás Volcano (Costa Rica) went through a minor eruptive episode which started on February 7th, 2019. The event led to the closure of the National Park. An SO2 odour was reported in downwind areas. Incandescence in the crater began to be visible on February 11th. Ash emissions rose 200 metres above the crater and drifted SW.

Source: OVSICORI.

On February 8th, 2019, lava from Karangetang (Indonesia) continued to advance over 3.5 km down the Malebuhe River drainage on the NW flank of the volcano and reached the ocean. Levees had formed at the margins, channeling the lava. Avalanches from the edges of the flow generated brown and gray plumes. A lava delta was building out into the ocean and generating a dense steam plume. The lava flow was about 160 metres wide where it crossed a road 210 metres from the coast, and about 140 metres wide at the coast. Seismicity remained high. The Alert Level remained at 3 (on a scale of 1-4), and residents were warned to remain outside the 2.5-km exclusion zone around the N and S craters, and not enter within 3 km WNW and 4 km NW.

Source: PVMBG.

Incandescence can be seen in the Minamidake crater of Sakurajima (Japan). On February 7th, 2019, an explosion generated a plume that rose 1.3 km above the crater rim and ejected material about 1.5 km from the crater. More minor explosive events were recorded in the following days. The Alert Level remains at 3 (on a 1-5 scale).

Source: Japan Meteorological Agency.

As I put it before, several ash emissions have been observed on Mt Etna (Italy), mostly originating from the NE Crater. as the ash fell in Nicolosi and Pedara. Catania airport was not closed, but maintained in a pre-alert level

Source : INGV.

During the second week of February, strombolian explosions were observed at Pacaya’s Mackenney Crater (Guatemala). They ejected material as high as 25 metres above the crater. Multiple lava flows travelled 10-250 metres down the NW and E flanks. Minor avalanches of material also occurred at the lava-flow fronts.

Sorce : INSIVUMEH.

Eruptive activity is stable at Sabancaya (Peru), with an average of 26 explosions per day. Gas and ash plumes are rising up to3 km above the crater. The public should not approach the crater within a 12-km radius.

Source : INGEMMET, IGP.

Le 14 février sur le coup de midi, le Cratère NE de l’Etna émettait encore des panaches de cendre.

La lave du Karangetang arrive dans la mer (Source: PVMBG)

Episode éruptif sur le Poás (Costa Rica) // Eruptive episode on Poás Volcano (Costa Rica)

L’OVSICORI indique qu’un épisode éruptif significatif débuté le 11 février 2019 sur le Poás, avec une émission de cendre de faible intensité et l’apparition d’une incandescence dans le cratère. On a pu observer une colonne éruptive d’environ 200 mètres de hauteur au-dessus du cratère. L’éruption a obligé les autorités à fermer le Parc National.
Les vents ont poussé la cendre et les gaz vers le sud-ouest. L’OVSICORI a conseillé aux personnes souffrant de problèmes respiratoires de rester à l’intérieur et de porter un masque lors de leurs sorties.
Il s’agit de la première activité éruptive significative du Poás depuis 2017. L’éruption n’a pas vraiment été une surprise car une augmentation de l’activité volcanique avait été observée en janvier.
Source: OVSICORI.

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OVSICORI indicates that a significant eruptive episode started at Poás volcano on February 11th, 2019 with low-level ash emission and crater incandescence. An eruptive column about 200 metres high could be seen rising above the crater. The eruption forced the authorities to close Poas Volcano National Park.

Winds pushed the ash and gases to the southwest. OVSICORI advised people with respiratory problems to stay indoors and wear masks when going out.

This is the first significant eruptive activity since 2017. The eruption did not really come as a surprise as an increase in volcanic activity had been observed in January.

Source : OVSICORI.

Le Poás pendant la matinée du 12 février 2019 (heure locale)

A la découverte de Hunga Tonga-Hunga Ha’apai // Discovery of Hunga Tonga-Hunga Ha’apai

En 2015, une nouvelle terre a fait surface dans le Pacifique Sud. L’éruption très spectaculaire d’un volcan sous-marin a fait jaillir de la cendre et de la lave pendant plus d’un mois. Lorsque les matériaux émis se sont mélangés à l’eau de mer, ils se sont solidifiés pour former, en l’espace d’un mois, une nouvelle île qui s’est nichée entre deux masses de terre existantes: Hunga Tonga et Hunga Ha’apai, d’où son nom: Hunga Tonga-Hunga Ha’apai (HTHH). [voir les notes dans ce blog à ce sujet]
Les éruptions volcaniques sous-marines forment souvent de nouvelles petites îles, mais leur durée de vie est généralement très courte. Les vagues les érodent rapidement et elles disparaissent dans la mer. A l’image de Surtsey (Islande) en 1963, HTHH, n’a pas disparu. Au lieu de cela, elle est devenue une île de plus d’un kilomètre de large et long, et près de 120 mètres de hauteur. En 2017, les scientifiques de la NASA ont estimé qu’elle durerait entre six et trente ans, ce qui fournirait aux chercheurs un aperçu unique du début de la vie et de l’évolution d’une nouvelle terre.
A partir des processus observés sur HTHH, les chercheurs pensent qu’ils seront en mesure d’obtenir un aperçu des caractéristiques d’autres planètes comme Mars. En effet, beaucoup de phénomènes observés sur Mars l’ont été grâce à l’expérience d’interprétation des phénomènes terrestres. Les scientifiques de la NASA pensent qu’il y a eu des éruptions sur Mars à une époque où il y avait de l’eau à la surface de la planète. Ils espèrent pouvoir utiliser la nouvelle île des Tonga et son évolution pour comprendre un environnement océanique ou un environnement lacustre éphémère.
Des scientifiques du Goddard Space Flight Center de la NASA et de l’Université de Columbia se sont rendus sur l’île en octobre 2018 et l’ont explorée pour la première fois. Avant cela, leur seule approche du paysage était à partir d’images satellitaires. Après avoir passé les trois dernières années à créer un modèle 3D de HTHH, ils ont pu naviguer le long de la côte nord de l’île en prenant des mesures GPS et ont enfin mis le pied sur cette nouvelle terre.
Les chercheurs ont découvert que la majeure partie du sol était composée de graviers noirs. En outre, l’île n’était pas aussi plate qu’elle paraissait l’être sur les images satellites. Elle est certes assez plate, mais il y a des reliefs et les graviers ont formé de jolis motifs sous l’effet de l’action des vagues. Il y a aussi de l’argile qui descend du cône principal. On distingue ce matériau de couleur claire sur les images satellites. C’est en fait une boue très collante, et pas de la cendre comme le pensaient les visiteurs.
L’équipe scientifique a découvert de la végétation sur l’île, apparemment ensemencée par des fientes d’oiseaux. Les chercheurs ont d’ailleurs vu certains d’entre eux comme une chouette effraie et des centaines de sternes fuligineuses
Ils ont également fait des relevés topographiques très précis afin de produire une carte 3D à haute résolution. Cela leur permettra de surveiller l’érosion de l’île au cours des prochaines années. L’île s’érode beaucoup plus rapidement que prévu. Les chercheurs se sont concentrés sur l’érosion sur la côte sud où les vagues viennent s’abattre, mais c’est toute l’île qui est en train de s’effondrer, avec d’énormes ravines d’érosion qui deviennent de plus en plus profondes avec le temps.
L’équipe scientifique a maintenant l’intention de déterminer le volume de l’île et la quantité de cendre émise au moment de l’éruption. L’intérêt est de calculer l’évolution du paysage 3D dans le temps, en particulier son volume qui n’a été mesuré que quelques fois sur d’autres îles de même type. C’est une première étape pour comprendre la vitesse et les processus d’érosion et pourquoi HTHH résiste plus longtemps que prévu aux assauts de l’océan.
Source: Newsweek.

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In 2015, a new land emerged in the South Pacific. The dramatic eruption of an underwater volcano sent ash and lava spewing into the sea for over a month. As the ash mixed with the warm water, it solidified into a rock and, over the course of a month, this rock built up enough to create a new island. The island was nestled in between two landmasses—Hunga Tonga and Hunga Ha’apai, hence its name: Hunga Tonga-Hunga Ha’apai (HTHH).

Underwater volcanic eruptions often form small new islands but they are normally very short-lived. The ocean waves quickly erode the rock and they disappear back into the sea. Imitating Surtsey (Iceland) in 1963, HTHH, did not vanish. Instead, it grew to be more than one kilometre wide and long, and almost 120 metres in height. In 2017, NASA scientists studying the island estimated it would last between six and 30 years, which would provide researchers with an unprecedented insight into the early life and evolution of a new land.

By understanding the processes taking place on HTHH, researchers believe they will be able to get an insight into the features on places like Mars. Indeed, many things observed on Mars are based on the experience of interpreting Earth phenomena. NASA scientists think there were eruptions on Mars at a time when there were areas of persistent surface water. As a consequence, they may be able to use the new Tongan island and its evolution as a way of understanding an oceanic environment or ephemeral lake environment.

NASA scientists from the Goddard Space Flight Center and from Columbia University travelled to the island in October 2018 and explored it for the first time. Before this, their only experience of the landscape was from satellite images. They had spent the last three years making a 3D model of HTHH. They were now able to sail around the northern coast of the island taking GPS measurements, before finally setting foot on HTHH.

The scientists discovered that most of the ground was black gravel. Besides, the island was not quite as flat as it seemed from satellite. It is pretty flat, but there are some gradients and the gravels have formed some nice patterns from the wave action. There is also clay washing out of the cone. In the satellite images, one can see this light-coloured material. It is actually a very sticky mud, and not the ash the visitors expected.

The team discovered vegetation growing on the island, apparently having been seeded by bird droppings. They also saw a barn owl and hundreds of nesting sooty terns living on HTHH.

They also took high-precision measurements of the land in order to produce a higher-resolution 3D map. This will allow them to monitor the erosion of the island over the coming years. The island is eroding by rainfall much more quickly than they imagined. The researchers were focused on the erosion on the south coast where the waves are crashing down, but the whole island is going down, with huge erosion gullies which are getting deeper and deeper with the time.

The scientific team now plans to work out the volume of the island and how much ash erupted from the volcano’s vent. The interest is to calculate how much the 3D landscape changes over time, particularly its volume, which has only been measured a few times at other similar islands. It is the first step to understand erosion rates and processes and to decipher why HTHH has persisted longer than most people expected.

Source: Newsweek.

Hunga Tonga-Hunga Ha’apai en 2019 (Crédit photo : Woods Hole Oceanographic Institution)

Vue de Hunga Tonga-Hunga Ha’apai en juin 2017 (Crédit photo: NASA)

Cette photo prise au cours de la dernière mission sur l’île montre parfaitement les nombreuses ravines d’érosion, ainsi que les déchets qui ont envahi le littoral de cette île vierge (Crédit photo: NASA)

La naissance de l’île avait été très spectaculaire, avec de superbes cypressoïdes typiques des éruptions phréato-magmatiques.

Nouvelles des volcans du monde // News of volcanoes around the world

Avec la fin du ‘shutdown’ aux États-Unis, la Smithsonian Institution est à nouveau en mesure de publier ses rapports hebdomadaires sur l’activité volcanique dans le monde. Parmi les volcans les plus actifs, on remarque le Karangetang, le Merapi, le Planchon-Peteroa et le Fuego.

La lave en provenance du sommet du Karangetang (Sulawesi / Indonésie) a finalement atteint la mer le 6 février 2019. Plus de 110 habitants de cinq villages ont été évacués vers des endroits plus sûrs de l’île. Batubulan a été le premier village à être évacué, car une coulée de lave s’était approchée de la rivière et menaçait de couper la route reliant le village au reste de l’île. Aucun dégât important n’a été signalé dans le village.
Les autorités locales se disent « prêtes à procéder immédiatement à d’autres évacuations à l’aide de navires, et à évacuer les villages côtiers en cas d’urgence ».
Comme je l’ai déjà écrit, il est demandé à la population et aux touristes de ne pas s’approcher du volcan à moins de 2,5 km du cratère principal et du cratère nord et à moins de 3 km dans les secteurs S, SE, O et SO. Les gens doivent également préparer des masques en cas de retombées de cendre et être vigilants, en particulier le long des berges de la rivière Batuawang, jusqu’à la plage.
Le niveau d’alerte du Karangetang reste à 3.
Voici la courte vidéo d’un bulletin d’informations télévisé montrant la lave en train d’entrer dans la mer.
https://youtu.be/tGpqJsEemcQ

Le volume du dôme de lave au sommet du Merapi est actuellement estimé à 461 000 mètres cubes et est relativement stable. Plusieurs avalanches de blocs incandescents ont été enregistrées au cours des derniers jours. Ces matériaux ont dévalé la pente sur une distance de 200 à 700 mètres au sud-est dans la ravine de la rivière Gendol. Plusieurs écoulements pyroclastiques ont également été observés, avec de petites retombées de cendre dans la partie Est du volcan. Le niveau d’alerte reste à 2 (sur une échelle de 1 à 4) et il est demandé à la population de rester en dehors de la zone d’exclusion de 3 km.

Le SERNAGEOMIN a signalé une augmentation des émissions de cendre sur le Planchón-Peteroa à compter du 1er février 2019. Les panaches de cendre s’élèvent jusqu’à 2 km au-dessus du volcan. Cette activité s’est accompagnée d’événements sismiques discrets et de très basse fréquence le 1er février. Le 3 février, les webcams ont montré des panaches de gaz et de cendre atteignant des hauteurs inférieures à 2 km. Le niveau d’alerte reste à la couleur Jaune.

Des explosions avec une moyenne de 15 événements par heure sont toujours détectées sur le Fuego. Elles génèrent des panaches de cendre s’élevant jusqu’à 1,1 km au-dessus du cratère. Des retombées de cendre ont été signalées dans les zones sous le vent. Des matériaux incandescents sont éjectés à une hauteur de 300 mètres et provoquent des avalanches dans les ravines Seca, Ceniza, Trinidad et Las Lajas. Les ondes de choc font vibrer les fenêtres dans les localités proches du volcan.

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With the end of the shutdown in the United States, the Smithsonian Institution is again able to release its weekly reports about volcanic activity around the world. Among the most active volcanoes, one notices Karangetang, Merapi, Planchon-Peteroa and Fuego.

Lava travelling from the summit of Karangetang (Sulawesi / Indonesia) finally reached the sea on February 6th, 2019. Over 110 residents from five villages have been evacuated to safer locations across the island. The first village to be evacuated was Batubulan because a lava flow had approached the nearby river and threatened to cut the road connecting the village with the rest of the island. No significant damage was reported from the village.

Local authorities say they are “ready to immediately move in with ships and evacuate coastal villages if the danger level is declared as an emergency. »

As I put it before, people are asked not to approach the volcano within a 2.5 km radius of the main and northern crater and within 3 km in the S, SE, W and SW sectors. They should also prepare masks in the event of ashfall and be aware of all potential threats, especially along the banks of Batuawang river to the beach.

The alert level for Karangetang remains at 3.

Here is a short video of a TV news bulletin showing lava entering the sea.

https://youtu.be/tGpqJsEemcQ

The volume of the lava dome at Merapi’s summit crater is currently estimated at 461,000 cubic metres and is relatively stable. Several incandescent rockfall events have been recorded in the past days, with material travelling 200-700 m SE in the Gendol River drainage. Several pyroclastic flows have also been observed, producing produced minor ashfall in areas E of the volcano. The alert level remains at 2 (on a scale of 1-4), and residents are urged to remain outside of the 3-km exclusion zone.

SERNAGEOMIN has reported an increase in ash emissions at Planchón-Peteroa beginning on February 1st, 2019. Ash plumes are rising as high as 2 km above the volcano. This activity was accompanied by discrete, very-low-frequency seismic events which were only recorded on that day. On February 3rd, webcams showed gas-and-ash plumes rising to heights less than 2 km. The Alert Level remains at Yellow.

Explosions with a n average of 15 events per hour are still detected at Fuego, with ash plumes rising as high as 1.1 km above the crater. Ashfall has been reported in downwind areas. Incandescent material is ejected 300 metres high and causes avalanches that travel down the Seca, Ceniza, Trinidad and Las Lajas ravines. Shock wave cause the windows to vibrate in the communities near the volcano.

Vue de la lave du Karangetang arrivant dans la mer (Kompas TV)