Une histoire pas comme les autres…

Ce matin en ouvrant mon courrier électronique, j’ai découvert un message écrit par une personne que je ne connais pas et qui avait lu mon article relatant l’éruption du Stromboli le 3 juillet dernier. J’y écrivais que « deux randonneurs s’étaient trouvé au mauvais endroit au mauvais moment » et que l’un deux avait perdu la vie..

Ces mots ont fait écho chez cette personne car sa fille se trouvait en Sicile début juillet. Elle avait projeté de grimper sur le volcan ce jour-là  – qui se trouvait être celui de son anniversaire – en compagnie des deux randonneurs victimes de la colère du volcan. Au dernier moment, elle a renoncé à cette excursion pour une raison que vous découvrirez en lisant son blog. Elle a finalement eu la chance de ne pas être, avec eux, au mauvais endroit, au mauvais moment.

Je vous invite à lire son récit, très bien écrit et empreint de beaucoup d’émotion :

https://chabventures.wordpress.com/2019/07/07/comment-ma-petite-voix-interieure-et-mon-ange-gardien-mont-sauve-la-vie-le-jour-de-mes-29-ans/

Photo: C. Grandpey

Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques faits marquants de ces derniers jours:

Stromboli (Sicile):

Voici le déroulement de l’événement éruptif observé sur le Stromboli le 3 juillet 2019 tel qu’il a été décrit par l’INGV :

Une séquence paroxystique a été observée à partir de 14h46 (GMT) – toutes les heures sont exprimées en GMT – le 3 juillet 2019. Le début du phénomène a été précédé par une intensification de l’activité strombolienne au niveau d’une bouche éruptive dans la zone centre-sud (S2) et deux autres dans la zone nord (N1 et N2), ainsi que par une activité de spattering au niveau de deux bouches situées dans la zone centre-sud (S1 et C).

À 13h59, une explosion dans la partie centre-sud de la terrasse cratérique a généré un débordement de lave qui s’est répandue sur la partie supérieure de la Sciara del Fuoco.

À partir de 14h43 et 10 secondes, le débordement de lave a concerné toutes les bouches actives à l’intérieur de la terrasse cratérique : en particulier la bouche C à 14h43:10,  les deux bouches N1 et N2 à 14h44:20. A 14h45:00, le débordement de lave a commencé à partir de la bouche S2.

À 14h45:50, il y a eu une explosion plus intense de la bouche N1, avec une coulée de lave.

La phase paroxystique a commencé à 14h46 dans la partie centre-sud du cratère, suivie de deux explosions latérales à 14h46:10 et 14h46:20, vraisemblablement dans la zone centre-sud de la terrasse cratérique.

À 14h46:40, on a enregistré la principale explosion paroxystique affectant l’ensemble de la terrasse cratérique. L’événement a alimenté un débordement de lave qui s’est mis en place sur la Sciara del Fuoco. Des blocs incandescents se sont détachés du front de coulée et ont roulé jusqu’à la mer. Le personnel de l’INGV sur le terrain a observé une colonne éruptive s’élevant à environ 4 km au-dessus de la zone sommiyale du volcan. Les produits générés par le paroxysme et l’effondrement de la colonne éruptive principale, ainsi que par des deux déflagrations latérales sont retombés le long des flancs du volcan. Ils ont généré au moins deux flux pyroclastiques à forte turbulence qui ont dévalé la Sciara del Fuoco pour finalement atteindre la mer.

À 14 h 59:40, l’activité strombolienne a repris, avec des explosions plus intenses que celles habituellement observées, et le refroidissement des produits retombés sur le volcan. La lave a continué à s’écouler en formant au moins deux bras.
Le 4 juillet 2019, au moment de l’élission du bulletin de l’INGV, des projections étaient observées dans la partie centre-sud du cratère et un débordement de lave actif continuait à avancer dans le secteur sud de la Sciara del Fuoco, atteignant le littoral.
Source: INGV.

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Nouveau lac de lave:

Alors que les lacs de lave semblent se faire de plus en plus rares ces temps-ci, le British Antarctic Survey nous apprend que l’un d’entre eux a été découvert dans le cratère du Mont Michael, un volcan actif qui culmine à 990 mètres sur l’île Saunders, l’une des Iles Sandwich du Sud. Soupçonnée depuis 2001, la présence du lac de lave a été confirmée après l’analyse d’images haute résolution prises par les satellites Landsat et Terra de la NASA et Sentinel-2 de l’ESA, entre 2003 et 2018. Le lac de lave est resté visible pendant toute la période d’observation.

La presse internationale affirme qu’il s’agit du huitième lac de lave persistant connu au monde et du premier lac de lave situé au sein des territoires britanniques d’outre-mer. Le lac de lave du Mont Michael présente un diamètre d’environ 110 mètres. Selon le British Antarctic Survey, la température de la lave varie entre 989 et 1.279°C sous une croûte dont la température de surface se situe entre 284 et 419°C.

Actuellement, des lacs ou chaudrons de lave persistent dans le cratère du Nyiragongo (RDC), du Masaya (Nicaragua) et de l’Erebus (Antarctique. Par contre, ils ont disparu – au moins momentanément – du Kilauea (Hawaii), de l’Erta Ale (Ethiopie), du Marum et du Benbow (Vanuatu) et, aux dernières nouvelles, du Nyiamuragira (RDC).

Source : Presse internationale.

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Les volcans de boue ne doivent pas être ignorés. Leurs éruptions peuvent être violentes et certaines d’entre elles ont tué des gens. Le volcan de boue de Wandan à Taiwan est entré en éruption le 8 juillet 2019, projetant de la boue à plus de 1,5 mètre de hauteur. L’éruption s’est poursuivie le 9 juillet avec des flammes qui sortaient du sol. La dernière éruption de ce volcan de boue a eu lieu le 24 décembre 2018.
Le gouvernement local a envoyé de toute urgence une pelleteuse pour mettre en place un barrage permettant d’éloigner la boue des terres cultivées à proximité. La boue qui s’était accumulée lors de l’éruption de l’année dernière n’avait toujours pas été évacuée de sorte que les champs sont maintenant recouverts de coulée de boue, au grand désespoir des agriculteurs qui espèrent que le gouvernement va instaurer un système de subventions.
Le volcan de boue de Wandan entre en éruption tous les 6 mois à 2 ans en divers endroits dans un rayon de 2 km.
Source: The Watchers.

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Here are a few highlights of the past days:

INGV has described the course of the eruptive event observed on Stromboli on July 3rd, 2019:

A paroxysmal sequence was observed from 14:46 (GMT) – all hours are expressed in GMT – on July 3rd, 2019. The onset of the phenomenon was preceded by an intensification of Strombolian activity at an eruptive vent in the south-central zone (S2) and two others in the northern zone (N1 and N2), as well as spattering activity at two vents located in the central-south zone (S1 and C).

At 13:59, an explosion in the south-central part of the crater terrace generated an overflow of lava that spread over the upper part of the Sciara del Fuoco.
From 14:43 and 10 seconds, the lava overflow affected all the active vents inside the crater terrace: in particular Vent C at 14:43: 10, the two Vents N1 and N2 at 14:44:20. At 14:45:00, a lava overflow started from Vent S2.
At 14:45:50, there was a more intense explosion of Vent N1, with a lava flow.
The paroxysmal phase began at 14:46 in the south-central part of the crater, followed by two lateral explosions at 14:46:10 and 14:46:20, presumably in the south-central zone of the crater terrace.
At 14:46:40, INGV recorded the main paroxysmal explosion affecting the entire crater terrace. The event generated a lava overflow that travelled on the Sciara del Fuoco. Incandescent blocks broke away from the flow front and rolled into the sea. INGV field personnel observed an eruptive column about 4 km above the summit area of ​​the volcano. The materials generated by the paroxysm and the collapse of the main eruptive column, as well as by two lateral explosions, fell down along the flanks of the volcano. They generated at least two turbulent pyroclastic flows that rushed down the Sciara del Fuoco to finally reach the sea.
At 14:59:40, strombolian activity resumed, with explosions more intense than those usually observed, and the cooling of the products that had fallen on the volcano. Lava continued to flow, forming at least two branches.
On 4 July 2019, at the time of the release of the INGV bulletin, projections were observed in the south-central part of the crater and an overflow of active lava continued to advance in the southern sector of the Sciara del Fuoco, reaching the coast.
Source: INGV.

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New lava lake :

While lava lakes seem to be getting scarce these days, the British Antarctic Survey informs us that one of them was discovered in the crater of Mount Michael, an active volcano that rises 990 metres on Saunders Island, one of the South Sandwich Islands. Suspected since 2001, the presence of the lava lake was confirmed after analysis of high resolution images taken by NASA’s Landsat and Terra satellites and ESA’s Sentinel-2 between 2003 and 2018. The lava lake remained visible throughout the observation period.
The international press says it is the world’s eighth largest known lava lake and the first lava lake in the British overseas territories. The Mount Michael lava lake has a diameter of about 110 metres. According to the British Antarctic Survey, the temperature of the lava varies between 989 and 1.279°C under a crust whose surface temperature is between 284 and 419°C.
Currently, lava lakes or lava cauldrons persist in the crater of Nyiragongo (DRC), Masaya (Nicaragua) and Erebus (Antarctica) but have disappeared – at least for a moment – from Kilauea (Hawaii), Erta Ale (Ethiopia), Marum and Benbow (Vanuatu) and, according to the latest news, from Nyiamuragira (DRC).
Source: International Press.

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Mud volcanoes should not be ignored. Their eruptions can be powerful and some of them have killed people. The Wandan mud volcano in Taiwan erupted on July 8th, 2019, ejecting mud more than 1.5 metres above the ground. The eruption continued on July 9th with flames coming out of the ground. The last eruption of this mud volcano was on December 24th, 2018.

​The local government urgently dispatched an excavator to ward off the mud from the nearby cropland. The mud that had gathered during last year’s eruption had not cleared and now the field is covered with mudflow, affecting farmers who hope the government will set up a system of subsidies.

The Wandan mud volcano erupts every 6 months to 2 years at various places inside a radius of 2 km.

Source: The Watchers.

Vue au sol et image satellite du Mt Michael (Source: British Antarctic Survey)

C’est vraiment n’importe quoi !

Suite à l’éruption du Stromboli, le ministère des Affaires Etrangères français a brillamment déclaré sur le site Internet « L’Internaute » : « Si vous avez prévu de visiter les îles Éoliennes dans les prochains jours ou les prochaines semaines, il est vivement conseillé de reporter le voyage. » C’est vraiment ce qui s’appelle parler à tort et à travers. Les services de notre ministre des Affaires Etrangères, Jean-Yves Le Drian, dont le nom trahit les origines bretonnes, contrée hautement volcanique comme chacun sait, semblent ignorer la distance qui sépare les Iles Eoliennes. La dernière colère du Stromboli n’a absolument pas impacté les autres îles de l’archipel comme Vulcano et Lipari.

De plus, si les services ministériels s’intéressaient un tant soit peu à la volcanologie, ils sauraient que le Stromboli connaît de temps à autre des événements explosifs violents, mais très ponctuels et qui ne se poursuivent pas pendant plusieurs jours. D’ailleurs, le volcan a repris son activité typiquement strombolienne, avec de belles gerbes, en particulier dans la partie centre-sud de la zone éruptive.
La recommandation de notre ministère français des Affaires étrangères a suscité la controverse dans les sept îles de l’archipel sicilien qui, après les derniers événements à Stromboli, ont recommencé à vivre tranquillement grâce à l’arrivée continue de vacanciers. A Stromboli, on a même célébré deux mariages de non-résidents.
Le maire de Lipari a déclaré: « Le Stromboli a sans aucun doute été secoué par un événement extraordinaire. Aujourd’hui, il est encore davantage surveillé pour assurer les conditions de sécurité nécessaires. En ce sens, toutes les mesures nécessaires ont été adoptées, y compris l’interdiction de monter sur le volcan. Mais sur l’île, toutes les interventions nécessaires pour rétablir la normalité ont déjà été effectuées. Les cendres tombées sur les rues et les maisons ont été balayées, en sachant que les retombées n’ont affecté que le village de Ginostra ».
Le premier magistrat de Lipari a ajouté : « Il faut souligner que les services n’ont jamais été interrompus, y compris ceux qui ont toujours assuré la mobilité vers et depuis l’île, il n’y a pas d’ordre pour interdire ou limiter l’accès à l’île et par conséquent, il est totalement inapproprié de déconseiller l’accès ».

Source : La Sicilia.

Photo: C. Grandpey

Eruption du Stromboli (suite) // Eruption of Stromboli Volcano (continued)

Suite à l’épisode éruptif du 3 juillet 2019 et une réunion des services compétents (INGV, Protection Civile..), le niveau d’alerte du Stromboli est passé du Vert au Jaune. Comme d’habitude, une telle mesure est prise une fois l’éruption déclenchée ou terminée. Comme je l’indiquais précédemment, et quoi qu’en disent certains, la volcanologie actuelle n’est pas en mesure de prévoir ces événements soudains.

L’INGV a fait savoir que les explosions du 3 juillet, avec l’arrivée en mer d’une quantité non négligeable de matériaux pyroclastiques, ont également provoqué un « petit tsunami », qui « n’a toutefois pas eu d’impact significatif. » La station d’Ispra à Ginostra « a enregistré une variation maximale d’environ 40 cm du niveau de la mer correspondant à la séquence paroxystique ». L’INGV indique que l’on observe « des séquences de spattering dans la zone centre-sud du cratère. (NDLR : En ce moment, la bouche située dans ce secteur expulse régulièrement des matériaux à une centaine de mètres de hauteur, avec des retombées qui se limitent à la zone cratérique.)

Les excursions au sommet du Stromboli sont suspendues jusqu’à nouvel ordre.
La zone la plus touchée par l’éruption est celle de Ginostra dont les ruelles ont été recouvertes d’une épaisse couche de cendre et de lapilli. Sur place, une équipe de volontaires est arrivée pour aider au nettoyage et sécuriser les voies de secours.

Source : La Sicilia.

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Following the eruptive episode of 3 July 2019 and a meeting of the competent services (INGV, Civil Protection ..), the warning level of Stromboli has changed from green to yellow. As usual, such a measurement is taken once the eruption is triggered or terminated. As I said before, and whatever some say, the current volcanology is not able to predict these sudden events.
The INGV reported that the explosions of July 3, with the expulsion at sea of ​​a significant amount of pyroclastic material, also caused a « small tsunami », which « however did not have a significant impact .  » The Ispra station in Ginostra « recorded a maximum variation of about 40 cm from sea level corresponding to the paroxysmal sequence ». The INGV indicates that we observe « spattering sequences in the south-central zone of the crater. » (Editor’s note: At this moment, the vent located in this sector regularly expels materials at a hundred meters of height, with fallout that is confined to the crater zone.)
Excursions to the summit of Stromboli are suspended until further notice.
The area most affected by the eruption is that of Ginostra whose streets have been covered with a thick layer of ash and lapilli. On site, a team of volunteers arrived to help clean up and secure the emergency exits.
Source: La Sicilia.

Exemple d’activité dans la zone centre-sud du cratère (Image webcam Skyline)

Image de la webcam cet après-midi vers 13 heures. Il y a de la pression dans les conduits éruptifs. Le volcan est en train de retrouver son dynamisme strombolien habituel.

Ce soir, le spectacle est au rendez-vous grâce à la webcam Skyline. L’activité est relativement intense au niveau de la bouche n°4 et accessoirement de la n°5. Le Stromboli semble avoir repris son rythme de croisière…

Quelques réflexions sur l’éruption du Stromboli le 3 juillet 2019

Comme je l’ai indiqué dans une note le 3 juillet au soir, le Stromboli a connu un violent épisode explosif dans l’après-midi de ce même jour. Deux randonneurs qui se trouvaient au mauvais endroit au mauvais moment ont reçu la pluie de lapilli incandescents projetés par le volcan. L’un d’eux, un Sicilien de 35 ans est décédé ; son ami brésilien été retrouvé en état de choc et déshydraté. Il est bon de noter que les deux hommes se trouvaient en dessous de l’altitude 400 mètres au-delà de laquelle un guide est obligatoire pour accéder au sommet du volcan. Les lapilli incandescents ont mis le feu à la végétation et la presse italienne fait état d’intervention de Canadair pour éteindre les foyers.

L’éruption s’est produite en pleine saison touristique et certains vont inévitablement poser la question : Faut-il interdire l’accès au volcan, même avec les guides? Personnellement, je ne le pense pas. Comme je l’ai indiqué dans ma note du 3 juillet, de tels paroxysmes se produisent de temps à autre sur le Stromboli, mais ils restent des événements isolés.

Il y a quelques semaines, j’avais attiré l’attention sur l’émission de fréquents panaches de cendre noire, signe d’effondrements dans les conduits éruptifs. Il est fort à parier que ces effondrements ont obstrué un ou plusieurs conduits d’alimentation. La pression de gaz s’est alors accumulée jusqu’au jour (le 3 juillet) où elle a fait sauter la bouchon en provoquant les événements et la panique que l’on sait. Hier soir, l’activité strombolienne était intense, avec une belle incandescence au-dessus du sommet du Stromboli. La lave s’écoulait le long de la Sciara del Fuoco. Ce matin, plusieurs bouches sont actives, en particulier dans la partie centrale de la terrasse cratèrique et on entend la « respiration » du volcan. Cette situation tend à montrer que le Stromboli continue à évacuer les gaz et les matériaux qui étaient bloqués dans les conduits d’alimentation.

Il sera prudent d’attendre quelques jours (je dirais jusqu’à la fin de la semaine) pour s’assurer que le retour à la normale a bien eu lieu avant de reprendre les excursions, accompagnées ou non. Il serait toutefois stupide d’interdire l’accès au volcan pendant les prochaines semaines. Le tourisme étant un atout majeur dans l’économie sicilienne, je serais surpris que les autorités adoptent une telle mesure.

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21 heures : Le Stromboli est encore très actif ce soir, avec de belles séquences éruptives stromboliennes qui projettent des matériaux incandescents à une centaine de mètres de hauteur. Au vu des excellentes images délivrées en direct (avec le son !) par la webcam Skyline, il semble que ce soit la bouche n°4 (et parfois la n°5) qui est la plus active avec de petites projections incessantes ponctuées d’événements plus puissants. Il semble que la lave ait cessé de couler sur la Sciara del Fuoco. Petit à petit, le Stromboli retrouve son rythme habituel. Toutefois, comme je l’écrivais précédemment, je pense qu’il est souhaitable d’attendre quelques jours avant de conduire des touristes vers le sommet avec les guides. La volcanologie actuelle ne permet pas de prévoir les éruptions..

L’activité strombolienne est soutenue ce matin, mais n’a pas l’ampleur des explosions enregistrées hier (Image webcam Skyline)

Image de l’éruption du 3 juillet 2019 (Source: ANSA)

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Voici quelques captures d’écran de la webcam Skyline  réalisées ce soir entre 19 heures et 21 heures:

 

Explosions à Stromboli (Sicile): Mort d’un touriste // Explosions at Stromboli: A tourist died

Deux violentes explosions se sont produites le 3 juillet 2019 à 16h46 sur le Stromboli. Deux coulées de lave ont été observées sur la Sciara del Fuoco. Un randonneur est décédé et un autre a été blessé sur le versant du Stromboli exposé à l’éruption. Le randonneur se serait aventuré sur le volcan au départ de Ginostra vers la Punta del Corvo. Les opérations de récupération de récupération du corps ont été rendues difficiles par le panache de gaz émis par le volcan. On ne sait pas si le décès est dû à la retombée de blocs ou à l’incendie qui s’est déclaré dans la végétation.

Selon l’INGV, les explosions du 3 juillet sont parmi les plus fortes observées depuis 1985. Des événements semblables ont été enregistrés en 2003 et 2007. La situation est de nouveau normale sur le volcan mais les volcanologues italiens expliquent qu’il n’est pas possible de dire s’il y aura des répliques car il n’y a pas de signaux précurseurs qui annoncent ces événements.

Par peur, certains touristes se sont précipités dans la mer à Ginostra tandis qu’une trentaine d’autres quittaient l’île en toute hâte par aliscaphe.

Source : Presse italienne. .

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Two violent explosions occurred on July 3rd, 2019 at 4:46 pm on Stromboli. Two lava flows were observed on the Sciara del Fuoco. One hiker died and another was injured on the exposed Stromboli slope. The hiker ventured on the volcano from Ginostra to Punta del Corvo. The recovery operations of the body were made difficult by the plumes emitted by the volcano. It is not known if the death is due to fallout or fire in the vegetation.
According to INGV, the July 3rd explosions are among the strongest observed since 1985. Similar events were recorded in 2003 and 2007. The situation is normal again on the volcano but the Italian volcanologists explain that it is not possible to say if there will be replicas because there are no precursors announcing these events.
For fear, some tourists rushed into the sea at Ginostra while thirty others left the island in a hurry by aliscaph.
Source: Italian Press.

21 heures: Le Stromboli ce soir, avec la coulée de lave sur la Sciara del Fuoco (Capture image webcam Skyline)

22 heures: Le Stromboli est très actif ce soir, avec des explosions , en particulier dans le cratère NE. La lave continue de couler le long de la Sciara del Fuoco  (Capture image webcam Skyline)

Les coccinelles du Stromboli et de l’Etna (Sicile) // The ladybirds of Stromboli and Mount Etna (Sicily)

Il y a quelques jours, en remettant de l’ordre dans mes diapositives, j’ai retrouvé une photo prise il y a quelques années sur le Stromboli et sur laquelle on peut voir des grappes de coccinelles accrochées à un morceau de basalte. De la même façon que les abeilles sont inattendues sur le Masaya, une rencontre avec des coccinelles constitue une réelle surprise sur l’Etna ou le Stromboli en Sicile. Les biologistes ont remarqué que la population de coccinelles est spectaculaire entre juin et février de l’année suivante. Les insectes se concentrent sur ou sous les pierres et à l’intérieur des fractures ouvertes dans la lave. Les scientifiques en ont repéré deux espèces qui se différencient par le nombre de points noirs sur leurs élytres rouges.
Les jardiniers vous diront que les coccinelles – aussi appelées bêtes à bon dieu  – sont très utiles pour la nature car elles se nourrissent de pucerons. Ce sont aussi de redoutables prédateurs qui peuvent parfois manger leur propre progéniture. Les volcans ne sont pas le seul territoire où elles élisent domicile. On les trouve aussi sur des montagnes de zones tempérées. Quand leur nombre est très élevé dans certaines régions du monde, on les recueille pour les utiliser dans la protection des arbres fruitiers.
Lorsque l’on regarde les coccinelles qui se cachent à l’intérieur des fractures volcaniques, on pourrait penser qu’elles y ont été apportées par le vent et qu’elles attendent une mort certaine en raison du manque de nourriture. Cependant, la réalité est très différente. Dirigées par une sorte d’instinct, les coccinelles effectuent un vol migratoire vers les zones élevées de leur habitat lorsque l’air chaud des plaines provoque un manque de pucerons qui représentent leur principale source de nourriture. Après avoir pondu leurs œufs dans les vergers d’agrumes de la Sicile, les coccinelles, repues, migrent vers les pentes supérieures de l’Etna ou du Stromboli qui sont dépourvues de prédateurs tels que les araignées, les oiseaux ou les rongeurs. Au début du printemps suivant, lorsque la population de pucerons réapparaît, les coccinelles sortent de leurs cachettes et migrent dans l’autre sens ; elles envahissent alors les lieux où elles peuvent trouver une nourriture abondante.
Les adhérents de l’Association Volcanologique Européenne pourront feuilleter la revue LAVE n°146 (septembre 2010) dans laquelle un article a été consacré à ce sujet.

A noter dans la littérature un ouvrage de Jean-Marie Gourio intitulé Les Coccinelles de l’Etna (Collection L’Arpenteur, Gallimard – Février 1994). L’éditeur explique qu’ « un groupe de touristes est venu en Sicile assister à une éruption de l’Etna. Parmi eux, un Japonais, dès le premier dîner pris en commun, fait part de sa décision de se jeter dans le volcan. Leur hôtesse encourage ce projet, reliant la démarche d’Oshiba à celle, exemplaire, d’Empédocle.
C’est à une sorte de passion, aux noces de l’homme et du magma originel que le lecteur est convié, à la célébration d’un sacrifice dont la dame qui l’accompagne serait l’étrange servante. » En cliquant sur ce lien, vous pourrez voir la présentation de l’ouvrage par Olivier Barrot le 5 avril 1994…

https://www.ina.fr/video/CPC94003008

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A few days ago, while putting some order among my slides, I found a photo taken a few years ago on Stromboli on which one can see clusters of ladybugs clinging to a piece of basalt. In the same way that bees are unexpected on the Masaya, an encounter with ladybirds is a real surprise on Mt Etna or Stromboli in Sicily. Biologists have noticed that the ladybird population is spectacular between June and February of the following year. Insects gather on or under stones and inside open fractures in the lava. Scientists have identified two species that are differentiated by the number of black dots on their red elytra.
Gardeners will tell you that ladyirds are very useful for nature because they feed on aphids. They are also formidable predators that can sometimes eat their own offspring. Volcanoes are not the only territory where they choose to live. They are also found on mountains of temperate zones. When their numbers are very high in some parts of the world, they are collected for use in the protection of fruit trees.
When we look at the ladybirds hiding inside the volcanic fractures, we might think that they were brought by the wind and that they are waiting for a certain death because of the lack of food. However, the reality is very different. Driven by a sort of instinct, ladybirds migrate to high areas of their habitat when the warm air of the plains causes a shortage of aphids that are their main source of food. After laying their eggs in the citrus orchards of Sicily, the ladybirds, sated, migrate to the upper slopes of Mt Etna or Stromboli which are devoid of predators such as spiders, birds or rodents. At the beginning of the next spring, when the aphid population reappears, ladybirds emerge from their hiding places and migrate in the other direction; they then invade the places where they can find abundant food.
The members of the European Volcanological Association can consult the journal LAVE n° 146 (September 2010) in which an article was devoted to this topic.

In the literature, there exists a book by Jean-Marie Gourio entitled Les Coccinelles de l’Etna (Collection L’Arpenteur, Gallimard – February 1994). The editor explains that « a group of tourists came to Sicily to watch an eruption of Mt Etna. Among them, a Japanese, from the first dinner taken together, shares his decision to jump into the volcano. Their hostess encourages this project, linking Oshiba’s approach to that, exemplary, of Empedocles.
The reader is invited to a kind of passion, to the marriage of man and the original magma, as well as the celebration of a sacrifice of which the lady who accompanies it would be the strange servant. By clicking on this link, you will see the presentation of the book by Olivier Barrot on April 5th, 1994 …
https://www.ina.fr/video/CPC94003008

Les coccinelles du Stromboli (Photo: C. Grandpey)