Une découverte des chercheurs de Clermont-Ferrand // A discovery by researchers of Clermont Ferrand (France)

Ça ne va pas révolutionner la volcanologie, mais la découverte a le mérite d’exister et, en plus, elle a été faite par 7 chercheurs du laboratoire Magmas et Volcans de Clermont-Ferrand. Ils ont confirmé la présence d’une fine couche de magma sur la quasi-totalité du manteau terrestre, à plus de 350 km de profondeur. Leurs travaux ont été publiés dans la revue Nature communications.

La théorie en question, vieille d’une quinzaine d’années, n’avait jamais été prouvée expérimentalement. L’idée de départ était de comprendre la source et la formation du magma, notamment pour le volcanisme de « point chaud », comme celui que l’on observe à Yellowstone ou Hawaï. Ces points chauds prennent leur source très profondément, dans le manteau terrestre, à plusieurs centaines de kilomètres.

Le travail des chercheurs s’est appuyé sur l’étude de la roche et des minéraux qui la composent, selon les différentes strates du manteau terrestre. Ils ont pu établir le rôle prédominant de l’eau dans la fusion de la roche. Le manteau supérieur et la croûte terrestre se composent surtout d’olivine qui ne contient pas d’eau. Or, ce n’est pas le cas du minéral qui compose la phase de transition, quelques centaines de kilomètres plus en profondeur.

La question était de savoir ce que devient cette eau lorsque la roche remonte sous l’effet des mouvements du manteau terrestre. Aucun forage n’a pu, jusqu’à aujourd’hui, creuser à plus de 13 kilomètres dans la croûte terrestre, ce qui est très peu à l’échelle de la structure interne de la planète.

Les 7 chercheurs clermontois ont donc décidé de recréer les conditions qui règnent à 400 kilomètres de profondeur dans leur laboratoire, avec un échantillon d’olivine, ce qui ‘avait encore jamais été réalisé. Avec une pression de 12 à 15 Giga Pascal – soit plus de 100.000 fois la pression atmosphérique – et à une température de 1400 °C exercée par une gigantesque presse, les chercheurs ont pu observer en direct la fusion de la roche, grâce à l’eau excédentaire lorsque le minéral change de phase. Un deuxième essai, sans apport d’eau, montre qu’aucune fusion ne se réalise. La présence de magma mélangé à de la roche à cette profondeur n’avait jamais été prouvée. Cela pourrait aider à expliquer le volcanisme de point chaud.

Source : Journal La Montagne.

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It will not revolutionize volcanology, but the discovery has the merit to exist and, in addition, it was made by 7 researchers from the laboratory Magmas et Volcans of Clermont-Ferrand. They confirmed the presence of a thin layer of magma on almost the entire Earth’s mantle, more than 350 km deep. Their work was published in the journal Nature Communications.
The theory, about fifteen years old, had never been experimentally proved. The initial idea was to understand the source and formation of magma, especially for « hot spot » volcanism, such as that observed in Yellowstone or Hawaii. These hot spots have their source very deep – several hundred kilometres – in the Earth’s mantle.
The researchers’work was based on the study of the rock and the minerals that compose it, according to the different layers of the Earth’s mantle. They were able to establish the predominant role of water in the melting of the rock. The upper mantle and the Earth’s crust are mainly composed of olivine which does not contain water. However, this is not the case of the mineral that makes up the transition phase, a few hundred kilometres deeper.
The question was to know what happens to this water when the rock rises under the effect of the movements of the Earth’s mantle. To date, no drilling has been able to dig more than 13 kilometres into the Earth’s crust, which is very little at the scale of the planet’s internal structure.
The 7 researchers have therefore decided to recreate the conditions that prevail 400 kilometres deep in their laboratory, with an olivine sample, which had never been done before. With a pressure of 12 to 15 Giga Pascal – more than 100,000 times the atmospheric pressure – and at a temperature of 1400°C exerted by a gigantic press, the researchers were able to observe live the melting of the rock, thanks to the excess water when the mineral changes phase. A second test, without any water supply, showed that no fusion happened. The presence of magma mixed with rock at such a depth had never been proven. This could help explain hot spot volcanism.
Source: La Montagne.

Hawaii, un parfait exemple de point chaud (Source: Wikipedia)

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Bon anniversaire, Monsieur Pu’uO’o! // Happy birthday, Mr. Pu’uO’o!

Aujourd’hui 3 janvier 2018 marque le 35ème anniversaire de l’éruption du Pu’uO’o sur l’East Rift Zone du Kilauea. Depuis son début en 1983, l’éruption a donné naissance à une série de processus volcaniques spectaculaires allant des somptueuses fontaines de lave dans le cratère aux majestueuses entrées de la lave dans l’Océan Pacifique.
Aujourd’hui, l’activité se poursuit de manière stable, même si elle est plutôt réduite ces jours-ci. Aucune lave n’entre actuellement dans l’océan sur le site de Kamokuna et les quelques coulées éphémères sur la plaine côtière demandent de longues marches d’approche pour les atteindre et les admirer. Le niveau du lac de lave dans l’Overlook Crater de l’Halemau’u oscille généralement entre 30 et 40 mètres sous la lèvre du cratère, en fonction des épisodes d’inflation et de déflation de l’édifice volcanique. Aucun changement significatif n’a été observé dans le cratère du Pu’uO’o. Le HVO indique que « l’incandescence persiste au niveau des points chauds qui existent depuis longtemps dans le cratère et au niveau du petit lac de lave dans la partie ouest du cratère ».
Source: HVO.

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Today January 3rd 2018 marks the 35th anniversary of the Pu’uO’o eruption on Kilauea Volcano’s East Rift Zone. Since it began in 1983, the eruption has produced a range of dramatic volcanic processes ranging from high lava fountains to majestic ocean entries.

Today, activity is going on in a stable way, although it is rather low these days. No lava is currently entering the ocean at Kamokuna and the few breakouts on the coastal flat demand long walks to be reached and admired. The level of the lava lake in Halemau’u’s Overlook Crater usually oscillates between 30 and 40 metres beneath the crater rim, according to the inflation and deflation episodes of the volcanic edifice. No significant changes have been observed at Pu’uO’o. HVO indicates that “glow persists at long-term sources within the crater and from a small lava pond on the west side of the crater”.

Source: HVO.

 Activité du lac de lave du Pu’uO’o observée en 2007 (Photo : C. Grandpey)

Kilauea (Hawaii) : Causes du tarissement de l’entrée de lave dans l’océan // Why lava is no longer entering the ocean

Comme je l’ai écrit dans ma note précédente sur le Kilauea, la lave émise par l’éruption du Pu’uO’o sur l’East Rift Zone n’entre plus dans l’océan depuis plusieurs semaines sur le site de Kamokuna. La dernière entrée de lave a été observée le 17 novembre 2017. Aujourd’hui, on n’observe que de petites coulées éphémères sur le champ de lave formé par la coulée principale 61g entre la source et la plaine côtière.
Pendant près de 16 mois à partir du 26 juillet 2016, la lave s’est écoulée dans un réseau de tunnels jusqu’à l’océan sur le site de Kamokuna. Elle a édifié un nouveau delta, ou bien s’est déversée directement dans l’océan sous la forme d’une cascade spectaculaire issue d’une ouverture de 1 à 2 mètres de diamètre dans la falaise littorale.
Le delta de lave est probablement devenu inactif en raison de trois facteurs simultanés:
– Tout d’abord, de nombreuses coulées éphémères sur le champ de lave entre le Pu’uO’o et l’océan ont fait chuter la quantité de lave atteignant la côte. De nombreuses arrivées de lave dans la partie supérieure du tunnel existant au cours de l’été dernier ont donné naissance à un nouveau tunnel dans la partie Est de la coulée 61g, ce qui a contribué à dévier la lave de son parcours initial et l’a éloignée du delta sur le littoral.
– Ensuite, à partir de la mi-novembre, les inclinomètres au sommet du Kilauea ont enregistré deux épisodes significatifs de déflation suivis d’une alternance de phases de déflation et d’inflation. Ces phénomènes se sont accompagnés d’une diminution, voire d’une interruption, de l’apport de magma au niveau du Pu’uO’o. Il y a donc eu une réduction de la quantité de lave pénétrant dans le réseau de tunnels, ce qui a diminué encore davantage le volume atteignant la plaine côtière.
– Enfin, à la mi-novembre, un ou plusieurs blocages se sont produits le long du tunnel de lave le plus à l’ouest sur la plaine côtière, ce qui a empêché la lave d’atteindre le littoral. Plusieurs sorties de lave à moins de 100 mètres de la falaise ont alimenté le delta au cours des derniers mois, mais après le 14 novembre, le débit de lave est devenu trop faible pour atteindre l’océan. Aucune activité de surface n’a été observée dans cette zone depuis le 22 novembre.
Source: USGS / HVO

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As I put it on my previous note on Kilauea Volcano, lava erupting from Pu’uO’o on the East Rift Zone has not entered the ocean or reached the Kamokuna lava delta during the past month. The last lava entry was observed on November 17th 2017. Instead, small lava flows are scattered across the 61g flow field, breaking out from the lava-tube network between the source and the coastal plain.

For nearly 16 months beginning on July 26th, 2016, lava travelled through a lava-tube network into the ocean at Kamokuna. Lava alternately built new land into the ocean or poured directly into the ocean as a great lava fall coming out of an opening 1 to 2 metres in diameter in the sea-cliff.

The lava delta probably became inactive because of the combination of three factors:

– First, many scattered breakouts from the lava-tube network between Pu’uO’o and the delta effectively decreased the amount of lava reaching the coast. A series of breakouts from the upper section of tube this past summer developed into a second tube on the east side of the 61g flow, diverting an increasing volume of lava from the primary tube and ultimately, the delta.

– Second, starting in mid-November, tiltmeters at the summit of Kilauea recorded two sharp deflationary trends followed by alternating deflation-inflation episodes. These tilt patterns have corresponded well to a decrease in the supply of magma or an interruption in supply of magma to the Pu’uO’o vent. Less lava erupting from the vent results in less lava entering the tube network, further diminishing the volume reaching the coastal plain in either branch of the tube network.

– Finally, by mid-November one or more restrictions along the west lava tube on the coastal plain blocked the entire underground lava stream from reaching the delta. Several breakouts from the tube within 100 metres of the sea cliff had flowed onto the delta or into the ocean in recent months but after November 14th, these flows were too small to make it that far. No active flows in this area have occurred since November 22nd.

Source: USGS / HVO

Image thermique de la coulée 61g le 12 décembre2017. Les couleurs bleue et verte indiquent les températures les plus basses, tandis que les couleurs orange et rouge révèlent les zones les plus chaudes. Le réseau de tunnels est indiqué par des lignes blanches. (Source: HVO)

Quelques nouvelles d’Hawaii // Some news of Hawaii

Voici quelques nouvelles à l’attention des chanceux qui vont passer les vacances de Noël à Hawaï. Il semble que le temps s’améliore depuis quelques jours après la météo désastreuse et les nombreuses inondations qui ont eu lieu sur la Grande Ile et à Maui, avec d’abondantes chutes de neige sur le Mauna Loa et le Mauna Kea.
En ce qui concerne l’activité volcanique, l’éruption du Kilauea continue au sommet et au niveau du Pu’uO’o sur l’East Rift Zone. La coulée de l’épisode 61g donne naissance à des sorties de lave plus ou moins éphémères sur le pali et sur la plaine côtière, principalement à la base du pali. Cela suppose des marches d’approche longues et difficiles pour atteindre la lave. Il est conseillé aux touristes de porter des chaussures robustes et d’emporter beaucoup d’eau. Je recommanderais aussi des gants en cuir en cas de chute sur la lave coupante. Ces coulées de lave actives ne présentent aucune menace pour les zones habitées.
L’entrée de lave dans l’océan sur le site de Kamokuna est actuellement inactive. Il est donc inutile de louer un bateau pour s’approcher car aucun panache de vapeur n’est observé depuis la fin novembre.

Au sommet du Kilauea, la surface du lac de lave dans le cratère de l’Halema’uma’u se trouve à une trentaine de mètres sous la lèvre de l’Overlook Crater. Le meilleur point d’observation est la terrasse du Musée Jaggar. En effet, tous les sentiers à l’intérieur de la caldeira ont été fermés au public.
Aucun changement significatif n’a été récemment observé dans le cratère du Pu’uO’o dont l’accès est également interdit au public. Une incandescence persiste au niveau des sources de chaleur dans le cratère et à partir d’un petit lac de lave dans la partie ouest. Il est à noter que les pilotes d’hélicoptères qui travaillent pour les agences de voyages signalent régulièrement aux rangers la présence de visiteurs dans la zone interdite au public.
Source: HVO.

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Here is some news for the attention of the lucky tourists who will spend the Christmas holidays in Hawaii. It looks as if the weather is getting better than in the past days when numerous floods occurred on both the Big Island and Maui, with much snow on Mauna Loa and Mauna Kea.

As far as volcanic activity is concerned, Kilauea Volcano continues to erupt at its summit and from Pu’uO’o on the East Rift Zone. The episode 61g lava flow is still producing scattered surface flow activity on the pali and on the coastal flat, mostly at the base of the pali. This means long and difficult walks to reach the lava. Tourists are advised to wear sturdy shoes and carry a lot of water along with them. I would also recommend leather gloves.

No lava is currently entering the ocean at Kamokuna. Active lava flows pose no threat to nearby communities at this time.

At the summit, the surface of the lava lake within Halema’uma’u Crater is about 30 metres beneath the rim of the Overlook Crater. The best place to observe it is the terrace of the Jaggar Museum. All trails within the caldeira have benn closed to the public.
No significant changes have recently been observed at Pu’uO’o whose access is also prohibited to the public. Glow has been persistent at long-term sources within the crater and from a small lava pond on the west side of the vent. It should be noted that helicopter pilots working for travel agencies regularly report to the rangers the presence of visitors in the area that is off limits to the public.

Source: HVO.

Coulées éphémères sur la plaine côtière (Photo: C. Grandpey)

Détournement des coulées de lave // Diversion of lava flows

Au cours de l’histoire, les hommes on tenté à plusieurs reprises de détourner des coulées de lave qui devenaient une menace pour les zones habitées. La première tentative de ce genre a eu lieu en 1669, lorsqu’un flot de lave en provenance de l’Etna menaça la ville de Catane. Cette tentative fut largement infructueuse, en partie à cause de l’opposition des citoyens de Paterno. Des tentatives pour détourner la lave du Mauna Loa sur l’île d’Hawaii ont été réalisées en 1935 et 1942. Des digues de terre ont été construites à la hâte pour détourner des coulées du Kilauea en 1955 et 1960, sans grand succès.
Le premier détournement de lave positif a eu lieu en 1973 sur l’île d’Heimaey en Islande quand une coulée de lave a’a a pu être stoppée et un port sauvé en envoyant d’importantes quantités d’eau de mer sur la coulée de lave pour entraver sa progression.
Lors de l’éruption de l’Etna en 1983, des scientifiques ont réussi, pour la première fois, à utiliser des explosifs pour détourner une importante coulée de lave. Ces efforts ont été couronnés de succès mais ont posé un problème juridique. Comme me l’a expliqué H. Tazieff un jour, «sommes-nous autorisés à envoyer la lave sur une terre qui serait autrement épargnée?
Au cours de l’éruption de l’Etna de 1991 à 1993 qui menaçait la ville de Zafferana Etnea, des explosifs ont été installés dans des tunnels de lave dans la haute Valle del Bove. Il semble que l’opération ait été un succès, même si au moment où elle a eu lieu, l’éruption avait bien baissé d’intensité. Le succès de l’opération n’a jamais vraiment été prouvé.
Comme je l’ai écrit ci-dessus, une coulée de lave a été bombardée pendant l’éruption du Mauna Loa en 1935 à Hawaii car elle aurait pu menacer la ville de Hilo. Il se dit souvent que Thomas Jaggar, fondateur de l’Observatoire des Volcans d’Hawaï, a été capable d’arrêter la coulée de lave, mais tout le monde n’en est pas aussi sûr!

L’éruption a commencé le 21 novembre 1935. Six jours plus tard, l’ouverture d’une bouche à une altitude de 2 550 mètres sur le flanc nord du Mauna Loa a envoyé une coulée de lave a’a vers le nord. Dans le même temps, de la lave pahoehoe s’accumulait pendant deux semaines à la base du Mauna Kea, puis commençait à avancer vers Hilo à une vitesse d’environ 1,6 km par jour.
Le 23 décembre, craignant que la coulée atteigne le cours supérieur de la rivière Wailuku qui alimentait en eau la ville de Hilo, Jaggar appela les responsables de la base de l’armée de l’air américaine à Oahu et leur demanda de bombarder la source de la coulée de lave. Il espérait que les tunnels ou les chenaux de lave seraient détruits, empêchant ainsi la coulée de progresser, tout en alimentant une autre coulée qui recouvrirait la même zone. Le bombardement a eu lieu le 27 décembre et la lave a cessé de couler pendant la nuit du 1er au 2 janvier 1936.
Jaggar a publiquement félicité l’armée pour sa réactivité et sa précision technique pour le largage des bombes sur les cibles sélectionnées. À son tour, Jaggar a été félicité pour la réussite de sa tentative pour sauver Hilo.
Ce que l’on sait moins, c’est qu’un géologue de l’USGS, Harold Stearns, était à bord du dernier avion qui a largué les bombes sur les zones choisies par Jaggar. A 12h40 le 27 décembre, son avion a largué deux bombes de 270 kilogrammes (chacune avec 135 kilogrammes de TNT), mais elles ont raté leur cible d’une centaine de mètres.
Dans une lettre adressée à Jaggar en janvier 1936, Stearns s’est interrogé sur l’efficacité de la tentative de bombardement. Jaggar a répondu que l’examen de la source de la coulée montrait que « ce chenal a été brisé par les bombardements et de nouvelles coulées se sont déversés sur les flancs de l’amoncellement de matériaux …. Je n’ai aucun doute que cette perforation du  tunnel source [par les bombes] a ralenti la progression du front … »
Stearns ne fut pas convaincu par la réponse de Jaggar. Dans son autobiographie parue en 1983, il a écrit au sujet du bombardement de la coulée du Mauna Loa: « Je suis sûr que c’était une coïncidence …. »
Aujourd’hui, la plupart des scientifiques sont d’accord avec les conclusions de Stearns. Le bombardement a-t-il, oui ou non, arrêté la coulée de lave du Mauna Loa en 1935 ? C’est toujours un sujet très controversé !
Source: USGS / HVO.

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Throughout history, men have tried several times to divert lava flows that were becoming a threat to populated areas. The first attempt was this kind occurred in 1669, when a flow from Mount Etna volcano threatened the city of Catania. This attempt was largely unsuccessful, in part due to opposition by citizens of another town, Paterno. Attempts to divert lava flows from Mauna Loa Volcano on the island of Hawaii by aerial bombing were made in 1935 and 1942. Earthen barriers were hurriedly constructed in attempts to divert flows from Kilauea Volcano, Hawaii in 1955 and 1960, with little success.

The first successful lava diversion took place in 1973 on the island of Heimaey (Iceland), when a thick lava flow was impeded and a harbour saved by pumping massive quantities of seawater over advancing aa lava.

During the 1983 eruption of Etna, Italian scientists managed, for the first time, to use explosives to divert a major lava flow. These efforts were fairly successful, although they posed a legal problem. As H. Tazieff told me one day, “are we allowed to send lava on a land that would otherwise pe spared?”

During the 1991-93 eruption of Mt Etna that was becoming a threat to the city of Zafferana Etnea, explosives were lowered in tunnels in the upper Valle del Bove. It seems the operation was a success, but by the time it occurred, the eruption was far less intense and the success of the operation has never really been proved.

As I put it above, bombings of a lava flow were performed during the 1935 eruption of Mauna Loa in Hawaii in an attempt to stop a lava flow that might have threatened the city of Hilo. A widely-held belief is that Thomas Jaggar, founder of the Hawaiian Volcano Observatory, was able to stop the lava flow. But everybody is not so sure !

The eruption began on November 21st, 1935. Six days later, an unusual breakout at an elevation of 2,550 metres on the north flank of Mauna Loa sent a’a lava to the north. Pahoehoe lava ponded at the base of Mauna Kea for two weeks before advancing toward Hilo at a rate of about 1.6 km per day.

On December 23rd, fearing that the flow would reach the headwaters of the Wailuku River, which supplied water for the town of Hilo, Jaggar called on the United States Army Air Corps, based on Oahu, to bomb the lava flow source. His hope was that the lava tubes or channels could be destroyed, thereby robbing the advancing flow while feeding another flow that would re-cover the same area. The flow was bombed on December 27th, and lava stopped flowing during the night or early morning of January 2nd, 1936.

Jaggar publicly praised the Army for its responsiveness and technical accuracy in delivering the bombs to his selected targets. In turn, Jaggar was praised for his successful experiment and saving Hilo.

What is not widely known is that a USGS geologist, Harold Stearns, was on board the last plane to deliver bombs to Jaggar’s targeted areas. At 12:40 p.m. on December 27th, his plane dropped two 270-kilogram bombs (each with 135 kilograms of TNT), but they hit a hundred metres from their target.

In a letter to Jaggar in January 1936, Stearns questioned the effectiveness of the bombing. Jaggar wrote back that later examination of the flow’s source showed that “This channel was broken up by the bombing and fresh streams poured over the side of the heap…. I have no question that this robbing of the source tunnel slowed down the movement of the front….”

Stearns remained unconvinced. In his 1983 autobiography, he wrote about bombing the Mauna Loa flow: “I am sure it was a coincidence….”

Modern thinking mostly supports Stearns’ conclusion. Whether or not the bombing stopped the 1935 Mauna Loa lava flow remains a controversial topic today.

Source : USGS / HVO.

Préparation de l’opération « Thrombose » sur l’Etna en 1993.

(Photos: C. Grandpey)

Quelques nouvelles du Kilauea (Hawaii) // Some news of Kilauea Volcano (Hawaii)

Beaucoup de touristes se rendent à Hawaï pendant les vacances de Noël afin de profiter de la douceur du climat qui règne sur l’archipel. Beaucoup restent sur la Grande Ile et vont visiter le Parc National des Volcans.
L’éruption qui a commencé sur le Pu’uO’o en 1983 se poursuit au sommet du Kilauea et le long de l’East Rift Zone.
La surface du lac de lave dans le cratère de l’Halema’uma’u se situe actuellement à une cinquantaine de mètres sous la lèvre de Overlook Crater et réagit à un épisode de déflation sur le Kilauea. La terrasse du musée Jaggar est l’un des rares points depuis lequel l’Overlook Crater peut être admiré car tous les sentiers à l’intérieur de l’Halema’uma’u sont fermés au public. Des webcams permettent d’observer le lac de lave à cette adresse : http://hvo.wr.usgs.gov/cams/region_kism.php.

Aucun changement significatif n’est survenu dans le cratère du Pu’uO’o au cours des derniers jours. On observe toujours de l’incandescence émise par plusieurs points à l’intérieur de la bouche et au niveau d’un petit lac de lave dans la partie ouest du cratère. La zone est interdite au public.
La coulée de lave 61g est toujours active. Des coulées éphémères sont observées sur la partie supérieure du champ de lave, sur le pali et dans certaines zones de la plaine côtière. Cette lave ne représente aucun danger pour les zones habitées. Aucun panache de vapeur ne s’échappe en ce moment du site de Kamokuna car aucune coulée de lave n’entre dans l’océan. Les visiteurs peuvent essayer d’atteindre les coulées éphémères sur la plaine côtière. Cependant, ils doivent savoir que la marche peut être longue sur un terrain difficile. Il leur est conseillé de porter des chaussures robustes et d’emporter beaucoup d’eau.
Source: HVO.

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Many tourists usually go to Hawaii during the Christmas holidays in order to enjoy the warm weather that prevails on the archipelago. Many of them stay on the Big Island and go to visit the Hawaii Volcanoes National Park.

The eruption that started at Pu’uO’o in 1983 continues at the summit and along the East Rift Zone.

The surface of the lava lake within Halema’uma’u Crater currently lies about 50 metres below the rim of the Overlook Vent, in accordance with a deflation episode on Kilauea Volcano. The terrace of the Jaggar Museum is one of the few points from which the Overlook Crater can be seen as all trails within halema’uma’u Crater are closed to the public. Webcam views of the lava lake can be found at http://hvo.wr.usgs.gov/cams/region_kism.php.

No significant changes occurred at Pu’uO’o during the past days. Glow can be seen at long-term sources within the crater and from a small lava pond on its west side. The area is off limits to the public.
The episode 61g lava flow is still active. Breakouts are observed on the upper portion of the flow field, on the pali and in scattered areas along the coastal plain. These lava flows pose no threat to nearby communities. There is currently no steam plume at the Kamokuna ocean entry area as no lava is currently flowing into the ocean. Visitors can try and go close to the breakouts on the coastal plain. However, they need to know that the walk may be long on difficult terrain. They are advised to wear sturdy shoes and carry plenty of water along with them.

Source: HVO.

La découverte d’une coulée de lave sur la plaine côtière est toujours un moment magique car on assiste en direct à la naissance de la Terre (Photo : C. Grandpey)

Histoire de banquettes, deltas et plates-formes à Hawaii // A story of benches, deltas and shelves in Hawaii

L’histoire en question est celle des entrées de lave sur la Grand Ile d’Hawaii, comme celle que l’on pouvait encore observer il y a quelques jours sur le site de Kamokuna. Plusieurs mots ou expressions ont été utilisés pour désigner la formation de cette nouvelle terre.
Il y a quelques années, « banquette » était le terme communément utilisé pour désigner l’accumulation de lave à son entrée dans l’océan. Les géologues ont abandonné ce mot parce que la définition géologique d’une banquette ne correspond pas au processus par lequel de nouvelles terres se forment quand la lave entre dans la mer.
« Delta de lave » est maintenant le terme géologique accepté. Toutefois, comme le mot « banquette » a été utilisé pendant de longues années, il est parfois difficile d’adopter un nom différent pour désigner la nouvelle terre en formation lors de l’entrée de la lave dans l’océan.
Dans un article intitulé Volcano Watch, publié régulièrement sur le site web de l’Observatoire des Volcans d’Hawaii (HVO), les scientifiques tentent de mettre fin à la confusion entre les termes désignant l’entrée de la lave dans l’océan. Ils en profitent aussi pour décrire les processus par lesquels les deltas de lave se forment et évoluent.
« Banquette » n’est pas un terme approprié. En effet, pour les géologues, les banquettes sont des éléments d’érosion, alors que les deltas sont des éléments de dépôt, formés par l’accumulation de nouveaux matériaux.
Les banquettes côtières sont des terres presque horizontales formées généralement par l’érosion des vagues sur de longues périodes. Ces structures plates et étroites se forment à la base des falaises près du niveau de marée haute. À Hawaii, Hanauma Bay (l’un de mes spots de snorkelling préférés !) est l’exemple d’une banquette qui a découpé la paroi sud d’un anneau de tuf tout près de Koko Head sur l’île d’Oahu. En outre, le mot banquette est également utilisé pour désigner le niveau de lave dans un tunnel.
«Plate-forme» est un autre terme fréquent, mais erroné, utilisé pour décrire l’entrée de la lave dans l’océan. Une plate-forme est une élévation peu profonde et presque horizontale de la croûte continentale qui s’étend au-dessous du niveau de la mer au large des côtes à partir du continent. On peut observer de telles plates-formes au large des îles d’Hawaii, mais elles sont généralement beaucoup plus vastes que les deltas de lave.
Contrairement à l’origine érosive d’une banquette, un « delta de lave » est un dépôt construit par accumulation de lave près de la base de la falaise littorale, au niveau de l’entrée dans l’océan. Pour comprendre ce processus, il faut imaginer un delta, comme celui du Mississippi.  Il se forme lorsque les alluvions sont transportées le long de la rivière, puis se déposent là où la rivière pénètre dans un plus grand corps d’eau stagnante ou plus lente, comme un océan. La lave qui circule dans un tunnel se comporte comme une rivière; elle circule jusqu’à la côte où elle pénètre dans l’océan.
Lorsque la lave à une température d’environ 1140°C s’écoule dans l’océan, elle se refroidit rapidement, créant une interaction potentiellement explosive. De petites explosions et les assauts des vagues décomposent la lave en petits morceaux de roche et de sable qui se déposent ensuite au fond de la mer au-dessous de l’entrée de la lave dans l’océan. L’accumulation de ces matériaux forme la base instable sur laquelle reposent les deltas de lave.
Au fur et à mesure que le delta de lave continue de croître, son front peut commencer à s’affaisser, car le poids croissant du delta déstabilise ses fondations. Quand un delta de lave devient trop lourd, ou se brise par gravité, il s’effondre, partiellement ou complètement.
Au cours de ce processus, des explosions se produisent fréquemment, avec des projections de matériaux incandescents à la fois vers l’intérieur des terres et vers la mer, avec des risques pour les visiteurs. Ces dangers ont déjà été expliqués à plusieurs reprises.
Source: USGS / HVO.

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The story deals with lava entries on Hawaii Big Island, like one that could be observed at Kamokuna a few days ago. Several words or expressions have been used to refer to this formation of a new land.

A few years ago, “bench” was the term commonly used for the accumulation of lava at an ocean entry. But geologists have moved away from that word, because the geologic definition of a bench does not agree with the process by which new land forms when lava enters the sea.

“Lava delta” is now the accepted geologic characterization. But, because the word “bench” was used for so long, it can be hard to transition to a different name for the new land formed at an ocean entry.

In an article entitled Volcano Watch which is regularly released on their website by the Hawaiian Volcano Observatory (HVO), scientists try to help resolve any confusion about what new land at an active ocean entry should be called, and to describe the processes by which lava deltas form and evolve.

Bench” is considered as a wrong word. Indeed, to geologists, benches are erosional features, whereas deltas are depositional features, formed by the accumulation of new material.

Coastal benches are nearly horizontal terrains commonly formed by wave erosion over long periods of time. These flat and narrow features form at the base of sea cliffs near the high tide mark. In Hawaii, Hanauma Bay is an example of a bench that cut into the southeast wall of a tuff ring next to Koko Head on the Island of Oahu. Besides, the word bench is also used to refer to the level of lava within a tunnel.

Referring to a lava delta as a “shelf” is another common, but misguided, term that is used to describe the ocean entry feature. A shelf is a nearly horizontal, shallow ledge of continental crust that extends below sea level off the coast of a land mass. Island shelves can be found off the coast of the Hawaiian Islands as well, but they are generally much larger than lava deltas.

In contrast to the erosional origin of a bench, a “lava delta” is a depositional feature built by the accumulation of lava near the base of the sea cliff at an ocean entry. To understand this process, one should picture a river delta, like that of the Mississippi. It forms when alluvium is transported down the river and then deposited where the river enters a larger body of standing or slower-moving water, such as an ocean. Molten lava insulated in a tube is like a river. It is transported to the coast, where it enters the ocean.

As the approximately 1140-degree Celsius (2080-degree Fahrenheit) lava flows into the ocean, it quickly cools, creating a potentially explosive interaction. Small explosions and surf action break the lava into smaller pieces of rubbly rock and sand, which are then deposited onto the sea floor beneath the ocean entry. The accumulation of this unconsolidated material produces the unstable foundation on which lava deltas are built.

As a lava delta continues to grow, its front can begin to subside, because the increasing weight of the delta causes its rubbly foundation to shift. When a lava delta becomes too heavy, or is undercut downslope, it collapses, either partially or completely.

When a lava delta collapses, it can trigger explosions that throw blocks of solid rock and fragments of molten lava both inland and seaward, with hazards to the visitors. They have been explained many times before.

Source: USGS / HVO.

Delta de lave sur la Grande Ile d’Hawaii

Hanauma Bay, sur l’île d’Oahu

(Photos: C. Grandpey)