Le volcan de Mayotte : Des résultats, mais aussi un manque de moyens

On n’en parle plus trop maintenant, mais l’éruption au large de Mayotte continue. Le nouveau volcan, qui est sous surveillance depuis 9 mois, est loin d’avoir livré tous ses secrets. Le mardi 15 octobre 2019, les scientifiques se sont réunis à l’Institut de Physique du Globe de Paris (IPGP) pour faire le  point à l’issue de 9 mois de surveillance.

Les intervenants s’accordent pour dire que le phénomène sismique et volcanique observé à Mayotte est d’une ampleur et d’une durée exceptionnelle. Mais tous affirment également qu’il est impossible, aujourd’hui encore, de faire des projections et d’imaginer le futur, essentiellement à cause du manque cruel d’outils et de données.

Les scientifiques expliquent que, ces derniers mois, l’île de Mayotte s’est déplacée d’une vingtaine de centimètres vers l’est et s’est affaissée d’une quinzaine de centimètres. Il est à noter que cette subsidence ralentit actuellement. Toutefois,  rien ne permet de dire pour le moment si le phénomène va s’arrêter. Toutes les hypothèses sont permises. Début 2019, un réseau de mesures a été installé à Mayotte et aux Glorieuses. Les données viennent désormais compléter celles fournies par des stations plus anciennes situées aux Comores et à Madagascar. 21 bénévoles se relaient pour surveiller quotidiennement les phénomènes sismiques, géochimiques et les déformations. D’ici quelques semaines, début 2020, sept scientifiques vont être recrutés pour mettre en place le Réseau de surveillance volcanologique et sismologique de Mayotte (REVOSIMA), une structure qui rassemble les données géologiques, géophysiques et géochimiques, afin de nourrir les recherches sur le fonctionnement du volcan.
À terre, les stations installées permettent un suivi en temps réel des événements sismiques. En mer, en revanche, les stations de mesures ne peuvent être relevées que tous les deux à trois mois. Ainsi, elles ont été installées lors de la première sortie du Marion Dufresne en mai (MAYOBS 1) et collectées deux mois plus tard lors de MAYOBS 6 fin juillet. De tels délais ralentissent inévitablement le travail des scientifiques et rendent le système peu efficace. Pour mieux comprendre le phénomène mahorais, les scientifiques ont besoin d’accéder en temps réel aux données enregistrées au fond de la mer, notamment concernant les déformations de la croûte terrestre. Une solution consisterait à installer un réseau de stations câblées en mer, capable de transmettre instantanément les données collectées. À l’heure actuelle, seuls les Américains et les Japonais disposent de tels systèmes. Les Français souhaitent s’en inspirer, mais ce dispositif ne verra pas le jour avant plusieurs années.
Une autre difficulté à laquelle sont confrontés les scientifiques est la modélisation de la chambre magmatique. Le centre de cette cavité se trouverait à une trentaine de kilomètres à l’est de Mayotte, mais il est impossible actuellement de déterminer sa taille. Selon les chercheurs, cette chambre pourrait s’étendre jusque sous l’île et se trouver à 40 km de profondeur. C’est en se vidant de son magma qu’elle provoque l’affaissement d’une quinzaine de centimètres de la croûte terrestre. C’est aussi à cette source magmatique que sont liés les essaims sismiques ressentis par les Mahorais. Les scientifiques en sont sûrs, mais ils ne comprennent pas comment se conjuguent l’activité sismique et la poche de magma qui se vide.

En conclusion de la réunion à l’IPGP, les scientifiques ont insisté sur l’importance des témoignages des Mahorais qui interviennent régulièrement sur le site CSEM (Centre sismologique euro-méditerranéen), mais qui collecte uniquement les séismes ressentis en Europe et, en particulier, dans la Méditerranée. Il faudrait que les habitants de Mayotte se dirigent davantage vers le site du Bureau Central Sismologique Français (www.franceseisme.fr) qui recueille les témoignages sur les séismes qui ont lieu sur le territoire français.
La collecte de données à terre se poursuit et la surveillance est maintenue à Mayotte. De nouvelles demandes de missions sont déposées en ce moment pour la prochaine campagne de recherches au large. Mais, comme me l’expliquait au mois de juin Philippe Kowalski à l’OVPF, ces missions en mer réalisées grâce au Marion Dufresne sont très coûteuses et longues à mettre en place. Cela expliquerait le temps mis par les scientifiques pour détecter la cause de la sismicité sur l’île. Une commission doit se réunir en fin d’année pour étudier les demandes. Les prochains départs pourraient n’avoir lieu qu’en 2021.

Source : IPGP, Outre-mer la 1ère.

Mayotte redoute la submersion de ses côtes // Mayotte fears the submersion of its coasts

Comme je l’ai expliqué dans plusieurs notes sur ce blog, la sismicité qui a ébranlé l’île de Mayotte a déclenché une vague d’angoisse parmi les habitants. Aujourd’hui, le phénomène de fortes marées vient ajouter de l’inquiétude au sein d’une population déjà angoissée par le volcan sous-marin  et les essaims sismiques. C’est ainsi que le dernier week-end du mois d’août a vu la mer submerger une partie des routes du littoral de l’île. La psychose a de nouveau gagné les habitants et beaucoup se sont demandés ce qui se passait réellement.
A première vue, la montée des eaux à Mayotte n’a aucun lien avec le phénomène sismique et le volcan sous-marin. Il s’agit d’un phénomène qui revient chaque année à la même période à l’occasion des grandes marées. Pourtant, le phénomène s’amplifie et en 2019 la mer risque d’atteindre 4,15 mètres en septembre et 4,25 mètres en  octobre, ce qui est plus que d’habitude. Conjugués à l’enfoncement de l’île, au volcan sous-marin, sans oublier l’essaim sismique, les dangers sont bien réels. L’île de Mayotte s’est enfoncée de 15 à 20 cm en un an suite à l’évacuation du magma sur le plancher de l’océan. Les scientifiques expliquent que c’est considérable ; c’est comme si on avait fait un bon de 700 ans, et aujourd’hui les infrastructures ne sont plus exploitables comme elles étaient initialement prévues.

Se pose le problème de l’information et de la communication avec les habitants. La préfecture oublie systématiquement que 50% des gens ne lisent pas le français, 50% n’ont pas Internet, et qu’il faut donc aller dans les communes et dans les villages à la rencontre de la population pour informer sur ces phénomènes. Le maire de Mamoudzou explique qu’il faudrait expliquer ce qu’est un tsunami, comment ça se passe et ce qu’il faut faire si ça arrive.

Dans ce contexte, le député de Mayotte a interpellé la ministre des outre-mer et réclamé la mise en œuvre d’un plan de sauvegarde du littoral et d’un plan d’adaptation des infrastructures de transport et aéroportuaires de Mayotte. Il attend du gouvernement qu’il prenne la pleine mesure de la situation particulière de la montée des eaux sur l’île et qu’il envisage tous les investissements nécessaires.

C’est en 2020, qu’une « vigilance vague submersion » sera mise en œuvre. Pour le reste, il faut du temps à l’Etat et aux communes pour mettre en place les moyens nécessaires contre d’éventuels risques. On a vu qu’il a fallu un an pour que les scientifiques en provenance de métropole découvrent – avec une fanfaronnade bien inutile – la cause de la sismicité à Mayotte. On m’a expliqué qu’il faut du temps pour organiser une mission du Marion Dufresne et pour accomplir toutes les formalités administratives et techniques.  Pourtant, Mayotte est un département français et devrait être traité comme ses homologues de métropole… !

A noter que les prochaines missions du navire scientifique français à Mayotte (MAYOBS) sont prévues pour la première quinzaine de mai et la deuxième quinzaine de juillet 2020.

Source : Le Journal de Mayotte.

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As I explained in several posts on this blog, the seismicity that shook the island of Mayotte triggered a wave of anxiety among the inhabitants. Today, the phenomenon of high tides adds anxiety to a population already worried by the submarine volcano and the seismic swarms. During the last weekend of August, the sea submerged some of the coastal roads of the island. The inhabitants got anxious again and many wondered what was really happening.
At first glance, the rise of water in Mayotte has no connection with the seismic phenomenon and the submarine volcano. It happens every year at the same period during the very high tides. However, the phenomenon is increasing and in 2019 the sea is likely to reach 4.15 metres in September and 4.25 metres in October, which is more than usual. Combined with the sinking of the island, the submarine volcano, not to mention the seismic swarm, the dangers are very real. The island of Mayotte sank by 15 to 20 cm in one year following the evacuation of magma on the ocean floor. Scientists explain that it is considerable; it’s like making a leap of 700 years, and today the infrastructure is no longer usable as originally planned.
There is the problem of information and communication with the inhabitants. The prefecture systematically forgets that 50% of people can’t read French, 50% do not have Internet, and that it is therefore necessary to go to the towns and villages to meet the population to inform about these phenomena. The Mayor of Mamoudzou explains that we should explain what a tsunami is, and what to do if it happens.
In this context, the Mayotte MP asked the Overseas Minister for the implementation of a coastal protection plan and an adaptation plan for transport and airport infrastructure in Mayotte. He expects the government to take full measure of the particular situation of rising water on the island and consider all the necessary investments.
A « wave submersion plan » will be implemented in 2020. The problem is that it takes time for the state and municipalities to implement the necessary means against possible risks. We have seen that it took French scientists a year to discover – with a useless boastfulness – the cause of seismicity in Mayotte. I was explained that it takes time to organize a Marion Dufresne mission and to complete all the administrative and technical red tape. Yet, Mayotte is a French department and should be treated like its counterparts on the continent …!
The next missions of the French scientific ship in Mayotte (MAYOBS) are scheduled for the first half of May and the second half of July 2020.
Source: Le Journal de Mayotte.

Localisation du volcan sous-marin et de la source de la sismicité à Mayotte (Google Maps)

Volcans du monde // Volcanoes of the world

Comme indiqué précédemment, l’activité de l’Ubinas (Pérou) a été intense ces derniers jours. Elle a culminé avec de violentes explosions le 19 juillet 2019. Cette activité explosive a débuté vers 2 h 35 (heure locale) ce même jour. Les images satellite ont montré que le nuage éruptif avait atteint une hauteur de 12,1 km au dessus du niveau de la mer. Des retombées de cendre ont été signalées dans plusieurs villages de la vallée d’Ubinas et de la région d’Arequipa
L’IGP a recommandé de relever le niveau d’alerte de Jaune à Orange.
Source: IGP.

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Le VSI indique qu’une brève éruption s’est produite sur le Bromo (Indonésie) le 19 juillet 2019. Elle a duré environ 7 minutes et a déclenché une vague de panique parmi la population locale. Les mauvaises conditions météorologiques ont empêché une bonne observation de l’événement.
Parallèlement à l’éruption, il a été fait état d’un lahar dans le village de Ngadas. Cependant, le VSI a expliqué que la coulée de boue n’était pas directement liée à l’éruption. Elle était plutôt causée par les fortes précipitations qui se sont abattues sur la caldeira du Tengger et sur le Bromo ; elles ont remobilisé la cendre émise par le volcan.
Le niveau d’alerte du Bromo reste à 2 sur une échelle de 1 à 4. Il est toujours conseillé aux visiteurs de rester en dehors de la zone de danger d’un rayon de 1 km autour du cratère.
Source: VSI.

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L’éruption de l’Etna observée le 19 juillet 2019 n’a pas été l’événement majeur décrit par plusieurs organes de presse. Ce fut une simple activité strombolienne avec un épanchement de lave classique sur ce volcan. Cependant, les nuages ​​de cendre produits par l’éruption ont fermé les aéroports de Catane et de Raguse pendant quelques heures.
L’intense activité strombolienne qui avait débuté sur le Nouveau Cratère Syd-Est (NCSE) le 19 juillet dans l’après-midi, a cessé brusquement entre 20h30 et 22h30. Au cours de la nuit, la vitesse d’écoulement de la lave sur le flanc nord du NCSE a fortement diminué et les fronts de coulées se sont arrêtés après avoir parcouru environ 2 200 mètres sur la paroi occidentale de la Valle del Bove où ils ont commencé à se refroidir, comme on pouvait le voir sur les caméras thermiques. Cependant, l’émission de lave a continué quelques heures. De petites explosions sporadiques se sont produites pendant la nuit dans le NCSE. À partir de 3h30 GMT), l’activité explosive au NCSE s’est de nouveau intensifiée avant de diminuer par la suite. Actuellement, les caméras thermiques confirment que les fronts de coulées ne bougent plus et sont en phase de refroidissement,
La sismicité et le tremor éruptif ont retrouvé des niveaux de base.

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Dans son dernier bulletin hebdomadaire sur le Stromboli (Sicile), le laboratoire de Géophysique Expérimentale indique que l’activité éruptive reste soutenue, avec une augmentation de l’activité effusive, en particulier dans le secteur sud-ouest de la Sciara del Fuoco. On observe une vingtaine d’explosions stromboliennes chaque jour. Les projections de lave et de cendre atteignent souvent 400 mètres de hauteur. La coulée de lave qui émane du cratère sud-ouest présente un débit  d’environ 2 mètres cubes par seconde. La lave avance sur la partie supérieure de la Sciara del Fuoco sur une longueur d’environ 600 mètres et une largeur de 80 mètres. Le front de lave se situe à environ 300 mètres au-dessus du niveau de la mer. Des blocs se détachent régulièrement du front de coulée et roulent jusqu’à la mer.
Les émissions de SO2 montrent une tendance à la hausse et a atteignaient 255 tonnes par jour le 15 juillet, la valeur la plus élevée depuis 2014.

Source : Laboratorio Geofisica Sperimentale.

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Le Marion Dufresne reprend la mer en direction du volcan sous-marin de Mayotte. Une nouvelle mission intitulée « Mayobs4 » a appareillé le 19 juillet 2019 pour observer le nouveau volcan  formé au large de l’île. Les scientifiques tentent toujours de comprendre le mécanisme des séismes qui ont secoué Mayotte pendant plus d’un an.

Prévue pour durer jusqu’au 31 juillet, cette mission va observer la dorsale volcanique entre le nouveau volcan et la zone sismique. Elle s’étire en Petite Terre et le nouveau volcan à 50 km à l’Est (voir carte ci-dessous). Cette dorsale est constituée d’une série de cônes volcaniques où l’on observe une instabilité depuis l’année dernière. Les séismes se situeraient beaucoup plus près de Petite Terre que du volcan, 5 à 15 kilomètres seulement. On a également détecté des émanations de gaz en cours d’analyse dans cette zone.

On suppose que la lave circule à l’intérieur d’un réseau de tunnels sous la croûte terrestre, et ressort au niveau du nouveau volcan. Dans ce cas les séismes seraient provoqués par ces remontées de magma. Cette circulation du magma a lieu à 20 ou 30 kilomètres de profondeur ; raison pour laquelle la magnitude des séismes serait atténuée en surface. Il faut parler au conditionnel car ces différentes hypothèses restent à vérifier.
Il faut rappeler que la Petite Terre est un volcan, comme en témoigne le cratère éteint du lac Dziani. Deux autres cratères se sont effondrés, formant les plages de Moya.
Source : FranceTV Info.

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As I put it before, activity at Ubinas (Peru) has been intense in the past days. It culminated with violent explosions on July 19th, 2019. This explosive activity started at about 2:35 (local time) on that day. Satellite imagery showed that the eruptive cloud reached a height of 12.1 km above sea level. Ashfall was reported in several villages across the Ubinas Valley and the Arequipa region

IGP has recommended raising the alert level from Yellow to Orange.

Source: IGP.

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VSI indicates that a short eruption occurred at Mount Bromo (Indonesia) on July 19th, 2019. It lasted about 7 minutes and sent a wave of panic along the local population. Poor weather conditions prevented a good observation of the event.

Parallel to the eruption, there were reports of a lahar in the village Ngadas. However, VSI indicated that the mudflow was not directly related to the eruption. It was rather caused by the heavy rainfall around the Tengger Caldera and the summit of Bromo which mixes with the ash produced by the volcano

The alert level for Mt Bromo remains at 2, on a scale of 1 – 4. Visitors are still advised to stay outside the 1-km radius danger zone around the crater.

Source: VSI.

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The eruption of Mt Etna that was observed on July 19th, 2019, was not the major event mentioned by several news media. It was a simple strombolian activity with a minor lava effusion. However, the ash clouds produced by the eruption closed Catania and ragusa airports for a few hours.

The intense strombolian activity at the New Southeast Crater (NSEC), which had resumed on July 19th in the afternoon ceased between 8:30 and 10:30 p.m. During the night, the effusion rate at the vent on the northern flank of the NSEC was strongly reduced, and the lava fronts stagnated at about 2,200 metres on the western wall of the Valle del Bove and started cooling, as could be seen on the thermal cameras. However, lava effusion persisted a few hours. Sporadic small explosions occurred at the NSEC during the night. Starting at 3:30 a.m.(UTC), there was a renewed intensification of the explosive activity at the NSEC which later declined. Currently, the thermal cameras confirm that the most advanced lava flow fronts are not moving and are cooling,

Seismicity and the eruptive tremor have regained background levels.

In the meantime, activity is still quite intense at Stromboli, as can be seen on the Skyline webcam.

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In its latest weekly bulletin on Stromboli (Sicily), the Laboratorio Geofisica Sperimentale reports that eruptive activity remains strong, with an increase in effusive activity, especially in the southwest sector of Sciara del Fuoco. About twenty strombolian explosions are observed every day. The projections often reach 400 metres in height. The lava flow from the southwestern crater has a flow rate of about 2 cubic metres per second. Lava advances on the upper part of the Sciara del Fuoco over a length of about 600 metres and a width of 80 metres. The lava front is about 300 metres above sea level. Blocks regularly break away from the front and roll to the sea.
SO2 emissions show an upward trend and reached 255 tonnes per day on July 15th, the highest value since 2014.
Source: Laboratorio Geofisica Sperimentale.

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The Marion Dufresne is again taking the sea towards Mayotte’s submarine volcano. A new mission – Mayobs4 – left the port on July 19th, 2019 to observe the new volcano formed off the island. Scientists are still trying to understand the cause and process of earthquakes that have shaken Mayotte for more than a year.
Scheduled to last until July 31st, this mission will observe the volcanic ridge between the new volcano and the seismic zone. It stretches between Petite Terre and the new volcano, 50 km to the East (see map below). This ridge consists of a series of volcanic cones where there has been instability since last year. The earthquakes might be much closer to Petite Terre than the volcano, only 5 to 15 kilometers away. Gases that have been detected in this area are being analyzed.
It is suggested that the lava travels inside a network of tunnels under the earth’s crust, and comes out at the new volcano. In this case the earthquakes might be caused by these magma ascents. This circulation of magma takes place at a depth of 20 to 30 kilometres; This is why the magnitude of the earthquakes is probably attenuated on the surface. We must use the conditional because these different hypotheses remain to be verified.
It must be remembered that Petite Terre is a volcano, as evidenced by the extinct crater of Lake Dziani. Two other craters collapsed, forming the beaches of Moya.
Source: FranceTV Info.

Cratère et lac Dziani sur Petite Terre (Crédit photo: Wikipedia)

Des nouvelles du volcan sous-marin de Mayotte // Some news of Mayotte’s submarine volcano

Une activité sismique affecte l’île de Mayotte depuis le début du mois de mai 2018. Depuis le mois de juillet  2018, l’activité sismique a diminué mais une sismicité persiste, avec des événements parfois ressentis par la population. Les données fournies par les stations GPS installées sur l’île de Mayotte indiquent toujours depuis le mois de juillet 2018 un déplacement d’ensemble vers l’est (d’environ 20 cm depuis juillet 2018) et une subsidence d’environ 7-15 cm selon les sites au cours de cette même période.

Une première campagne de mesures océanographiques (MAYOBS 1) à bord du Marion Dufresne du 2 au 18 mai 2019 a permis une découverte majeure avec la naissance d’un nouveau volcan sous-marin à l’Est de Mayotte. Une deuxième campagne (MAYOBS 2) a été organisée du 11 au 17 juin 2019. Le but de cette nouvelle mission était de poursuivre les acquisitions de données suite aux récentes découvertes de la précédente, en procédant notamment à une nouvelle récupération et au redéploiement des sismomètres de fond de mer, à une nouvelle bathymétrie et à la mesure de la réflectivité sur les zones cartographiées au cours de MAYOBS 1, dans le but de détecter de possibles évolutions des reliefs sous-marins.

L’analyse de données sismiques réalisée à bord confirme une localisation toujours relativement profonde des séismes (entre 25 et 50km de profondeur), avec un essaim principal à environ 10 km à l’est de Petite-Terre. Les levés bathymétriques réalisés au-dessus du nouveau volcan ont montré que sa taille n’avait pas évolué depuis la campagne MAYOBS 1. En outre, au sud de ce volcan, un nouveau relief a été identifié. Cette nouvelle zone d’activité volcanique s’étend sur une surface couvrant 8,71 km², et sa hauteur varie de 25 à 75 mètres. Ce vaste épanchement représente un volume de 0,2 km3, suffisant pour recouvrir une ville de la taille de Paris d’une couche de 2 mètres de matière en fusion. Il ne figurait pas sur les relevés qui avaient été effectués quatre semaines auparavant ; cela implique qu’il soit apparu entre-temps, et cela donne une idée de l’ampleur du phénomène volcanique, qui focalise aujourd’hui l’attention des chercheurs.

Que ce soit sur la zone de l’essaim principal ou du volcan, les nouveaux levés ont confirmé la présence de panaches visibles dans les colonnes d’eau mais n’atteignant pas la surface.

Source : OVPF, IPGP.

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Seismic activity has affected the island of Mayotte since the beginning of May 2018. Since July 2018, this seismic activity has decreased but still persists, with events sometimes felt by the population. The data provided by the GPS stations installed on the island of Mayotte have indicated since July 2018 a total displacement to the east (about 20 cm since July 2018) and a subsidence of about 7-15 cm according to the sites during this same period.
A first campaign of oceanographic measurements (MAYOBS 1) aboard the Marion Dufresne from May 2nd  to 18th, 2019, led to a major discovery with the birth of a new submarine volcano east of Mayotte. A second campaign (MAYOBS 2) was organized from June 11th to 17th, 2019. The purpose of this new mission was to continue the data acquisition following the recent discoveries of the previous one, including the recovery and the redeployment of seismometers on the seabed, a new bathymetry and the measurement of the reflectivity on the areas mapped during MAYOBS 1, in order to detect possible evolutions of the submarine reliefs.
The analysis of seismic data carried on board confirms the relatively deep location of earthquakes (between 25 and 50 km deep), with a main swarm about 10km east of Petite-Terre. The bathymetric surveys carried out above the new volcano have shown that its size has not changed since the MAYOBS 1 campaign. In addition, south of this volcano, a new relief has been identified. This new area of ​​volcanic activity extends over 8.71 km², and its height varies from 25 to 75 metres. This large effusion represents a volume of 0.2 km3, sufficient to cover a city the size of Paris with a layer of 2 metres of molten material. This area was not on the surveys that had been done four weeks ago; this implies that it has appeared in the meantime, and this gives an idea of ​​the magnitude of the volcanic phenomenon, which is now attracting the attention of researchers.
Whether in the area of ​​the main swarm or the volcano, the new surveys confirmed the presence of plumes visible in the water columns but not reaching the surface.
Source: OVPF, IPGP.

Volcans du monde // Volcanoes of the world.

Voici quelques nouvelles de l’activité volcanique dans le monde:

L’événement le plus marquant de ces derniers jours a été la découverte d’un nouveau volcan à 3500 mètres de profondeur au large de Mayotte. Cela faisait tout de même un an que la population de l’île angoissait suite à la répétition de séismes. Le gouvernement français s’est enfin décidé à mettre les moyens pour étudier la situation qui a abouti à la découverte du volcan sous-marin. L’étude de la région devrait se poursuivre afin d’en savoir plus sur le comportement de ce volcan. Etant donné sa grande profondeur, il ne devrait pas atteindre la surface avant de très nombreuses années. Il y a même de fortes chances pour que Lo’ihi à Hawaii le devance dans ce domaine.

Source : Organismes scientifiques français.

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Les instruments n’ont révélé aucun changement significatif dans l’activité volcanique du Kilauea (Hawaii) au cours de la semaine écoulée. La sismicité est faible. Depuis le début du mois de mars, les inclinomètres au sommet du volcan ont enregistré une légère tendance inflationniste. Les données satellitaires (InSAR) montrent une déformation correspondant à l’inflation de la source peu profonde de l’Halema’uma’u. Ces paramètres confirment la tendance relevée à la fois par les inclinomètres et le GPS. On peut raisonnablement penser que le magma a commencé à s’accumuler lentement dans la partie peu profonde du système magmatique sous le sommet du Kilauea, à 1 ou 2 km de profondeur. Cependant, pour confirmer cette hypothèse, il faudra que les mesures de gaz montrent que d’importants volumes de magma s’approchent de la surface. En conséquence, contrairement à ce que l’on peut lire sur certaines pages Facebook, il n’y a aucun signe d’éruption du Kilauea à court terme. L’éruption de 2018 a évacué un énorme volume de magma et il faudra probablement des mois avant que la chambre magmatique superficielle se remplisse et donne naissance à une nouvelle éruption.
Source: HVO.

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Le Mont Agung (Indonésie) a connu un nouvel épisode éruptif à 17h08 (TU) le 17 mai 2019, avec des nuages de cendre qui sont montés à 7,6 km au dessus du niveau de la mer. La couleur de l’alerte aérienne est passée au Rouge. Contrairement à ce que l’on a pu lire dans certains bulletins d’information sur Internet, le niveau d’alerte reste à 3 – Siaga – (sur une échelle de 1 à 4) avec une zone d’exclusion de 4 km de rayon.
La dernière éruption de l’Agung a eu lieu le 12 mai 2019. Ces éruptions ont probablement été causées par la destruction du dôme dans le cratère sous la pression des gaz. Des observateurs ont déclaré avoir entendu de fortes détonations.
Source: VSI.

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Le VSI indique que le niveau d’alerte du Sinabung (Indonésie) a été abaissé de IV (AWAS) à III (SIAGA) le 20 mai 2019.

Il est bon de rappeler que le 3 novembre 2013, le niveau d’alerte est passé de II à III suite à une augmentation de l’activité éruptive. Cette dernière s’est intensifiée par la suite, de sorte que le niveau d’alerte est passé à IV, le maximum, le 24 novembre 2013. Le 8 avril 2014, le niveau d’alerte a été réduit de IV à III. Toutefois, suite à une forte recrudescence de l’activité éruptive, le niveau d’alerte est repassé à IV le 2 juin 2015.

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Pour la première fois depuis 2015, le niveau d’alerte du Mont Hakone (Japon) est passé de 1 à 2 le 19 mai 2019 à 02h15 (heure locale) en raison d’une augmentation de la sismicité. L’Agence Météorologique Japonaise explique que le nombre de secousses atteignait 21 événements le matin du 18 mai. On observait également une activité fumerollienne à Owakudani, une station touristique au sud-ouest de Tokyo, dont l’accès a été interdit en raison du risque de chutes de pierres. Après la hausse du niveau d’alerte, la ville de Hakone a décidé de limiter l’accès au  cratère et de fermer une route menant à la zone active.
En 2015, de petites éruptions se sont produites et le niveau d’alerte est passé à 3. Il a été demandé aux visiteurs de ne pas s’approcher d’une zone élargie autour du volcan.
Avant ces petites éruptions, des études géologiques ont estimé que la dernière éruption du Mont Hakone avait eu lieu entre la fin du 12ème et le début du 13ème siècle.
Source: JMA, The Japan Times.

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Dans un bulletin diffusé le lundi 20 mai 2019 à 9h00, l’Observatoire Volcanologique et Sismologique indique que la séquence de séismes volcaniques qui avait débuté dans la zone du volcan de La Soufrière (Guadeloupe) le 15 mai 2019 a pris fin le dimanche 19 mai . Lors de cette séquence, 150 séismes ont été enregistrés.  Leur magnitude était très faible, inférieure à M 1.0. Ils étaient localisés à une profondeur de moins de 2.5 km sous le sommet du dôme de La Soufrière. Aucun d’entre eux n’a été signalé ressenti par la population.

Le niveau d’alerte reste à la couleur Jaune, Vigilance.

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L’Institut de Géophysique du Pérou indique dans son dernier bulletin hebdomadaire que l’activité du Sabancaya se maintient à un niveau moyen et ne devrait pas connaître de grands changements dans les prochains jours.

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Here is some news of volcanic activity around the world:

The most significant event of recent days was the discovery of a new volcano 3500 metres deep off Mayotte. The population of the island had been worried by the repeated earthquakes for a year. The French government finally decided to make efforts to study the situation that led to the discovery of the submarine volcano. The study of the region will continue to learn more about the behaviour of this volcano. Given its great depth, it should not reach the surface for many, many years. There is even a good chance that Lo’ihi in Hawaii will be ahead of him in this area.
Source: French scientific organizations.

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Monitoring data have revealed no significant changes in volcanic activity on Kilauea volcano (Hawaii) over the past week. Seismicity is at low levels. Since early March, tiltmeters at the Kilauea summit have recorded modest inflationary tilt. Satellite radar data (InSAR) show deformation consistent with inflation of the shallow Halema’uma’u source, confirming the trends noted by both tiltmeters and GPS. One possible interpretation is that magma has begun to slowly accumulate within the shallow portion of the Kilauea summit magma system, 1-2 km below ground level. However, gas measurements have yet to indicate significant shallowing of large volumes of magma. As a consequence, contrary to what Facebook pages indicate, there is no sign of an eruption of Kilauea in the short term. The 2018 eruption evacuated a huge volume of magma      and it will probably take months before the shallow magma chamber is full again and able to trigger a new eruption.

Source: HVO.

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Mt Agung (Indonesia) erupted again at 18:08 UTC on May 17th, 2019, ejecting ash up to 7.6 km above sea level. The aviation colour code was raised to Red. Contrary to what could be read on some Internet news, the alert level remains at 3 – Siaga – (on a scale of 1 – 4) with the exclusion zone with a 4-km radius.

Mt Agung’s last eruption took place on May 12th, 2019. It was probably caused by the destruction of the dome within the crater uner the pressure of the gases. Observers said it was accompanied by a loud bang.

Source: VSI.

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VSI indicates that the alert level of Sinabung (Indonesia) was lowered from IV (AWAS) to III (SIAGA) on 20 May 2019.
It is worth remembering that on November 3rd, 2013, the alert level was raised from II to III due to an increase in eruptive activity which intensified thereafter, so that the alert level rose to IV, the maximum, on November 24th, 2013. On April 8th, 2014, the alert level was reduced from IV to III. However, following a sharp increase in eruptive activity, the alert level returned to IV on June 2nd, 2015.

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For the first time since 2015, the alert level for Mount Hakone (Japan) was raised from 1 to 2 on May 19th, 2019 at 02:15 (local time) due to an increase in seismicity. The Japan meteorological Agency explains that the number of earthquakes had increased to 21 events since the morning of May 18th, together with fumarolic activity in Owakudani, a popular tourist area SW of Tokyo whose access has been prohibited because of the risk of rockfalls. After the alert level was raised, the town of Hakone decided to restrict entry around the crater and close a road leading to the area.

In 2015, small eruptions occurred and the alert level was raised to 3, warning people not to approach a larger area surrounding the volcano.

Prior to those small eruptions, geological evidence has suggested that the mountain last erupted between the late 12th and 13th centuries.

Source : JMA, The Japan Times.

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In a bulletin released on Monday, May 20th, 2019 at 9:00, the Volcanological and Seismological Observatory indicates that the sequence of volcanic earthquakes that began in La Soufrière volcano area (Guadeloupe) on May 15th, 2019 ended on Sunday, May 19th. During this sequence, 150 earthquakes were recorded. Their magnitude was very low, less than M 1.0. They were located at a depth of less than 2.5 km under the summit of the dome of La Soufrière. None of them were reportedly felt by the population.
The alert level remains at Yellow, Watch.

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The Geophysics Institute of Peru indicates in its latest weekly report that activity at Sabancaya is still at moderate levels and should not undergo significant changes in the next days.

 

Vue du Mont Hakone (Crédit photo: Wikipedia)

 

 

 

Mayotte : Nouvelles informations sur le volcan sous-marin // New information about the submarine volcano

Quelques jours après la découverte d’un volcan sous-marin au large de Mayotte, on commence à en savoir plus sur la situation sismique et volcanique dans la région.

S’agissant de la sismicité, la mission scientifique menée depuis deux semaines par le Marion Dufresne révèle – après remontée des 8 sismomètres qui avaient été installés au fond de la mer – que les épicentres ne sont pas situés entre 30 et 60 km de Mayotte comme on l’a cru depuis un an, mais à seulement 10 km de l’île. Toutefois, l’IPGP explique qu’ils ils sont plus proches en distance “épicentrale”(horizontale) et plus loin que prévu en distance hypocentrale (en profondeur). Les séismes sont situés désormais à des profondeurs de 20 à 50 km.

Après un début très impressionnant en mai-juin, une accalmie a été observée en juillet et août. Dès septembre, l’activité sismique a repris avec des magnitudes plus modérées et des événements plus espacés. Depuis, l’activité est globalement stable, avec de courtes périodes d’accalmies suivies de réveils.

Dans des notes précédentes, j’ai indiqué que la partie orientale de l’île de Mayotte avait tendance à s’incliner, voire à s’affaisser dans l’océan. A l’heure actuelle, cet enfoncement atteint 13 centimètres depuis juillet 2018. Ce déplacement est rapide à l’échelle géologique. Les géologues à bord du Marion Dufresne pensent qu’il peut s’expliquer par la vidange d’un réservoir profond, à environ 40 km de profondeur.

Selon moi, le nouveau volcan n’est pas près de percer la surface de l’Océan Indien. Je faisais la comparaison avec le Loi’hi à Hawaii dont le sommet se trouve à environ 900 mètres de profondeur. Celui du nouveau volcan mahoraise se trouvant à environ 2700 mètres de profondeur, il lui faudra probablement des siècles, voire des millénaires pour être visible au dessus des vagues. Les scientifiques de l’expédition sont moins affirmatifs. Selon eux, si l’on considère que ce nouveau volcan a atteint en un an la taille non négligeable de 800 mètres de hauteur pour 4 km de largeur, il ne lui faudrait à ce rythme que trois ans supplémentaires pour sortir la tête de l’eau ! Toutefois il est aussi possible que ce volcan ait d’ores et déjà arrêté sa croissance. Le Marion Dufresne a en effet découvert “plusieurs dizaines de cônes volcaniques dans une zone de 10 km de diamètre, tous datés de moins d’un million d’années et tous environ de la même taille”. Pour le moment, ce nouveau volcan est semblable à ses voisins. Il pourrait donc suivre le même chemin et rester sagement invisible au fond de l’océan.

S’agissant de la composition de la lave du nouveau volcan, la drague du Marion Dufresne a remonté des fragments durcis. Certains, chargés de gaz en dépression, ont explosé en sortant de l’eau ; d’autres sont noirs et criblés de bulles. Tous vont être analysés afin de déterminer précisément la nature de l’éruption, la profondeur et l’origine des roches que crache le volcan.

Comme je l’ai écrit précédemment, le nouveau volcan émet des fluides. Le sonar à bord du Marion Dufresne a analysé l’eau et détecté “une anomalie d’impédance acoustique qui indique que quelque chose s’échappe du dôme volcanique.’’ Pour l’heure, ni la hauteur de ce panache de fluides, ni sa composition ne sont connues.

Aucune restriction de navigation n’a été ordonnée dans la région de l’éruption sous-marine car le passage du Marion Dufresne n’a pas établi de risque spécifique. Les pêcheurs sont en revanche invités à signaler la présence d’éventuels nouveaux poissons morts.

Source : IPGP, via Le Journal de Mayotte.

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A few days after the discovery of an underwater volcano off Mayotte, one begins to know more about the seismic and volcanic situation in the region.
With regard to seismicity, the Marion Dufresne‘s scientific mission conducted two weeks ago reveals – after thecollection of  8 seismometers that had been installed at the bottom of the sea – that the epicentres are not located between 30 and 60 km from Mayotte as has been believed for a year, but only 10 km from the island. However, IPGP explains that they are closer in « epicentral » (horizontal) distance and further than expected in hypocentric (in depth) distance. The earthquakes are currently located at depths of 20 to 50 km.
After a very impressive start in May-June, a lull in seismicity was observed in July and August. In September, activity resumed with more moderate magnitudes and more spaced earthquakes. Since then, seismic activity has been globally stable, with short periods of lull followed by new tremors.

In previous notes, I indicated that the eastern part of the island of Mayotte tended to subside in the ocean. This phenomenon has reached 13 centimetres since July 2018. This displacement is fast at the geological scale. Marion Dufresne‘s geologists believe that it can be explained by the drainage of a deep reservoir, about 40 km deep.

In my opinion, the new volcano is not about to pierce the surface of the Indian Ocean. I made the comparison with Loi’hi in Hawaii whose summit is about 900 metres deep. As the new Mahoran volcano is about 2700 metres deep, it will probably take centuries, even millennia for it to be visible above the waves. The scientists of the expedition are less affirmative. According to them, if one considers that this new volcano reached the significant size of 800 metres in height and 4 km in width in one year, it would yake it only three additional years to appear at the surface of the water! However it is also possible that this volcano has already stopped its growth. The Marion Dufresne has indeed discovered « several tens of volcanic cones in an area of ​​10 km in diameter, all less than a million years old and all about the same size ». For the moment, this new volcano is similar to its neighbours. It could therefore follow the same path and remain invisible at the bottom of the ocean.

With regard to the composition of the lava of the new volcano, the drag onboard the Marion Dufresne brought some hardened fragments to the surface. Some of them, full of gas in depression, exploded out of the water; others are black and riddled with bubbles. All will be analyzed to precisely determine the nature of the eruption, the depth and origin of the rocks spewed by the volcano.
As I wrote previously, the new volcano also emits fluids. The Marion Dufresne‘s sonar analyzed the water and detected « an acoustic impedance anomaly that indicates something is coming out of the volcanic dome. » For now, neither the height of this plume of fluids nor its composition have been revealed.

No navigation restrictions were ordered in the area of ​​the underwater eruption because the passage of the Marion Dufresne did not establish a specific risk. Fishermen are however invited to report the presence of any new dead fish.

Source: IPGP, via Le Journal de Mayotte.

Localisation du nouveau volcan (Source: IPGP)

Carte topographique du Lo’ihi à Hawaii (Source: USGS)

Mayotte : Enfin ! // Mayotte : At last !

On va peut-être connaître enfin la cause de la sismicité qui affecte et angoisse Mayotte depuis un an ! En effet, un volcan a été découvert à 50 km à l’Est de l’île à 3500m de profondeur sous la mer.

Quatre ministères qui ont fait état le 16 mai 2019 de cette découverte, en indiquant que « le gouvernement est pleinement mobilisé pour approfondir et poursuivre la compréhension de ce phénomène exceptionnel et prendre les mesures nécessaires pour mieux caractériser et prévenir les risques qu’il représenterait. »

En juin 2018, une mission scientifique avait été lancée pour réaliser une campagne océanographique des environs à bord du navire Marion Dufresne. Différents organismes français comme le CNRS, l’IPG, ou le BRGM ont mis en évidence un nouveau volcan sous-marin, à 50 km de Petite-Terre.

Ce volcan présente une hauteur de 800 mètres et une base de 4 à 5 km de diamètre. Le panache de fluides volcaniques de 2 km de hauteur n’atteint pas la surface de l’eau. Les émanations de gaz constatées sur le littoral de Petite-Terre par la population sont, selon la mission, un signe habituel rencontré dans ce type d’activité volcanique et feront l’objet d’études spécifiques.

L’instrumentalisation marine va permettre de mieux localiser l’essaim sismique qui affecte Mayotte. L’État indique dans un communiqué qu’il adapte depuis le début de l’épisode sismique, « en fonction de l’éclairage des scientifiques, les mesures de surveillance et de prévention pour faire face à ce phénomène géologique exceptionnel qui impacte la population mahoraise et plus largement  cette partie de l’océan indien ».

Un plan d’action a été mis en place. Son but est, entre autres, de compléter dans les meilleurs délais les dispositifs de surveillance et instruments de mesure pour suivre en continu le phénomène. Il prévoit de procéder immédiatement à une actualisation de la connaissance des risques que présente ce phénomène et les impacts potentiels pour le territoire mahorais. La population sera régulièrement informée, en lien avec les élus locaux.

Source : Clicanoo , Journal de l’Ile de la Réunion.

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We will perhaps finally know the cause of the seismicity that has affected and worried Mayotte for a year! Indeed, a volcano was discovered 50 km east of the island, 3500 metres deep under the sea.
Four ministries reported on May 16th, 2019 that « the government is fully mobilized to deepen and continue to understand this exceptional phenomenon and take the necessary measures to better characterize and prevent the risks it would represent. »
In June 2018, a scientific mission was launched to carry out an oceanographic campaign of the area, aboard the ship Marion Dufresne. Various French organizations such as CNRS, IPG, or BRGM have discovered a new submarine volcano, 50 km from Petite-Terre.
This volcano has a height of 800 metres and a base of 4 to 5 km in diameter. The plume of volcanic fluids 2 km in height does not reach the surface of the water. The gas emissions observed on the shore of Petite-Terre by the population are, according to the mission, a usual sign met in this type of volcanic activity and will be the object of specific studies.
Marine instrumentalization will help to better locate the seismic swarm that affects Mayotte. The government indicates in a statement that it has adapted since the beginning of the seismic episode, « according to the scientists’ recommendations, the measures of surveillance and prevention to face this exceptional geological phenomenon which impacts the Mahoran population and more widely this part of the Indian Ocean. »
An action plan has been put in place. Its aim is, among other things, to complete as quickly as possible monitoring devices and measuring instruments to continuously monitor the phenomenon. It plans to immediately update the knowledge of the risks posed by this phenomenon and the potential impacts on the Mahorese territory. The population will be regularly informed, in connection with local officials.
Source: Clicanoo, Journal de l’Ile de la Réunion.

Source: IPGP