Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques informations sur l’activité volcanique dans le monde, fournies par les observatoires et par le Global Volcanism Network de la Smithsonian Institution.

**********

Dernière minute : L’INGV indique qu’une importante explosion s’est produite sur le Stromboli (Sicile)à 7 h 12 (heure locale) le 12 juin 2026. Les caméras de surveillance ont enregistré l’explosion dans la zone du cratère nord. Les matériaux projetés sont retombés principalement sur la partie supérieure de la Sciara del Fuoco. L’observatoire n’a constaté aucun changement significatif dans la fréquence des événements explosifs suite à l’explosion.

Image thermique de l’événement (Source: INGV)

++++++++++

Ce type d’événement se produit périodiquement. Le Sheveluch (Kamtchatka, Russie) a connu une éruption explosive le 6 juin 2026, avec des panaches de cendres qui sont montés jusqu’à environ 12 km d’altitude. La couleur de l’alerte aérienne est passée au Rouge. Selon le KVERT, des explosions de cendres jusqu’à 12 km d’altitude peuvent se produire à tout moment sur le Sheveluch, et l’activité actuelle est susceptible d’affecteraffecter le trafic aérien international et les vols à basse altitude.
Source : KVERT.

 Crédit photo : KVERT

++++++++++

Une éruption du cratère Minamidake, au sommet du Sakurajima (Japon), a projeté un important panache de cendres au-dessus de la ville de Kagoshima le 7 juin 2026. Ce panache s’est élevé à environ 1 300 mètres au-dessus du cratère.
L’Agence météorologique japonaise (JMA) a maintenu le niveau d’alerte volcanique à 3, ce qui restreint l’accès aux abords du cratère. Cette restriction est en vigueur depuis le 27 juillet 2022.
La JMA met en garde contre la présence de gros blocs volcaniques et de coulées pyroclastiques dans un rayon d’environ 2 km autour des cratères Minamidake et Showa. L’agence prévient également que des cendres volcaniques et des lapilli peuvent retomber sous le vent ; de plus, le souffle des explosions peut briser des vitres et des lahars restent possibles si les pluies remobilisent les dépôts de cendres.

Activité explosive sur le Sakurajima (Crédit photo : JMA)

+++++++++++

Suite à l’Épisode 48, l’éruption sommitale du Kilauea (Hawaï) est en mode pause. Les modèles de prévision, basés sur le vitesse de gonflement du sommet, indiquent que l’Épisode 49 devrait débuter entre le 12 et le 15 juin 2026. Une lueur est visible au niveau des deux bouches éruptives et d’importants panaches de dégazage s’en échappent dans le cratère de l’Halema’uma’u..
Aucune activité significative n’est observée le long des zones de rift est et sud-ouest du Kīlauea.
Source : HVO.

Image webcam de l’Épisode 48

++++++++++

La sismicité du Nevado de Longaví (Chili), mentionnée la semaine dernière, a progressivement diminué après l’essaim sismique du 20 mai 2026. Quelques événements sismiques isolés ont été enregistrés entre le 21 et le 31 mai, l’activité restant proche des niveaux de base. Le niveau d’alerte demeure Jaune (niveau 2 sur une échelle de quatre couleurs).
Source : SERNAGEOMIN.

Crédit photo: GVN

++++++++++

L’éruption de Titan Ridge (mer de Bismarck) se poursuit. Le nombre de signaux hydroacoustiques quotidiens a diminué du 4 au 8 juin, avant de connaître une légère augmentation le 9 juin. Un panache de vapeur relativement dense a dérivé sur environ 50 km vers le nord-ouest. Malgré une réduction du nombre d’événements hydroacoustiques quotidiens, les anomalies thermiques autour du panache se sont intensifiées. D’importantes quantités de ponce, formant d’épais et vastes radeaux, continuent de s’échouer sur les côtes des îles de l’Amirauté, rendant parfois l’accès par bateau difficile, voire impossible. Les habitants ont signalé des perturbations au niveau de la pêche, des marchés, de l’accès aux soins de santé et des pénuries potentielles de nourriture et d’eau douce après que de la pierre ponce a atteint les villages côtiers de Manus au cours du week-end dernier. Ces radeaux recouvrent les récifs et les herbiers, provoquant la mort des poissons.

Source : Rabaul Volcano Observatory.

Source: NASA

+++++++++

L’activité éruptive reste intense sur le complexe de dômes du Santiaguito (Guatemala), avec une extrusion de lave continue au dôme de Caliente. Une incandescence est observée au sommet pendant la nuit. Des explosions quotidiennes, à un rythme de 0 à 4 événements par heure, génèrent des panaches de gaz et de cendres qui s’élèvent de 700 à 900 m au-dessus du dôme. L’effusion de lave en blocs et les effondrements de matériaux produisent des avalanches de blocs incandescents. De fortes pluies ont provoqué des lahars dans la ravine de Nimá I sur le flanc sud et celle d’El Tambor sur le flanc sud-sud-ouest les 3 et 5 juin. Un effondrement sur le flanc sud-ouest s’est accompagné d’une coulée pyroclastique qui a atteint la base du cône les 9 et 10 juin. Des retombées de cendres ont été signalées dans les localités environnantes.
Source : INSIVUMEH.

Photo: C. Grandpey

++++++++++

L’éruption du Mayon (Philippines) se poursuit, caractérisée par des coulées de lave, des coulées pyroclastiques périodiques, des chutes de blocs incandescents, des panaches de cendres et de gaz, et parfois une activité strombolienne.
Le 8 juin 2026, 3 973 personnes (1 088 familles) étaient hébergées dans 12 centres d’accueil, et 137 autres personnes (40 familles) étaient hébergées chez des amis ou des proches.

Le niveau d’alerte reste à 3 (sur une échelle de 0 à 5) et il est rappelé à la populations de rester à l’écart de la zone de danger permanent (ZDP) de 6 km de rayon.
Source : PHIVOLCS.

++++++++++

L’activité reste globalement stable sur les autres volcans mentionnés dans les bulletins précédents « Volcans du monde ».
Ces informations ne sont pas exhaustives. Vous pourrez en obtenir d’autres en lisant le rapport hebdomadaire de la Smithsonian Institution :
https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

°°°°°°°°°°

Flux RSS

Petit rappel : on me demande parfois comment il est possible de recevoir et lire mes articles au moment de leur parution. Pour cela, rendez-vous en haut de la colonne de droite de mon blog où figure le flux RSS qui permet de recevoir automatiquement des mises à jour du blog.

Vous pouvez également cliquer sur « Suivre Claude Grandpey : Volcans et Glaciers ».

——————————————-

Here is some news about eruptive activity around the world, provided by observatories and the Smithsonian Institution’s Global Volcanism Network.

**********

Last minute : INGV indicates that a major explosion occurred at Stromboli volcano (Sicily) at 07:12 (local time) on June 12, 2026. Surveillance cameras recorded the explosion in the volcano’s northern crater area. Ejected material fell mainly onto the upper section of the Sciara del Fuoco. The observatory reported no significant changes in the occurrence rate of explosive events following the explosion.

++++++++++

The event happens from time to time. Sheveluch (Kamchatka /Russia) produced an explosive eruption on June 6, 2026, sending ash to about 12 km above sea level and triggering a Red aviation color code. According to KVERT, ash explosions to 12 km above sea level can occur at any time at Sheveluch, and ongoing activity could affect international and low-flying aircraft.

Source : KVERT.

++++++++++

An eruption at Sakurajima’s Minamidake summit crater (Japan) sent a voluminous ash plume over Kagoshima on June 7, 2026. The plume reached about 1 300 m above the crater.

The Japan Meteorological Agency (JMA) maintained Volcanic Alert Level 3 for the volcano, which restricts access near the crater. The restriction has been in effect since July 27, 2022.

JMA warns of large volcanic blocks and pyroclastic flows within about 2 km of the Minamidake and Showa craters. The agency also warns that volcanic ash and small stones may fall downwind ; airblast from explosions can break windows, and lahars remain possible if rainfall remobilizes deposited ash.

++++++++++

Following Episode 48, the summit eruption of Kilauea (Hawaii) is paused. Forecast models based on summit inflation rates indicate that Episode 49 is likely to begin between June 12-15 2026. Glow is visible at the vents and robust degassing plumes are emanating from both vents in Halemaʻumaʻu Crater.

No significant activity has been noted along Kīlauea’s East Rift Zone or Southwest Rift Zone.

Source : HVO.

++++++++++

Seismicity at Nevado de Longaví (Chile) that I mentioned last week gradually declined after a seismic swarm on 20 May. A few isolated seismic events were recorded during 21-31 May, with activity close to baseline levels. The Alert Level remains at Yellow (level 2 on a four-color scale).

Source : SERNAGEOMIN.

+++++++++

The eruption at Titan Ridge (Bismarck Sea) continues. The number of hydroacoustic signals per day decreased during 4-8 June, followed by a minor increase on 9 June. A narrow but dense steam plume drifted about 50 km NW at low altitudes. Despite a reduction in the number of daily acoustic events, thermal anomalies around the plume area have intensified. Significant amounts of floating pumice, forming thick and extensive rafts, continue to wash up on the shores of the Admiralty Islands, sometimes making boat access difficult or impossible. Residents reported disruption to fishing, markets, healthcare access, and potential food and fresh-water shortages after pumice reached Manus coastal villages over the past weekend. The rafts cover reefs and grasses, causing the deaths of fish.

Source : Rabaul volcano Observatory.

++++++++++

High levels of eruptive activity continues at Santiaguito dome complex (Guatemala), with continuing lava extrusion at Caliente dome. Incandescence at the summit is observed during dark hours. Daily explosions, at a rate of 0-4 events per hour, generate gas-and-ash plumes that rise 700-900 m above the dome. Effusion of blocky lava and collapses of material produce incandescent block avalanches. Heavy rain caused lahars to descend the Nimá I drainage on the S flank and the El Tambor drainage on the SSW flank on 3 June and on 5 June. A collapse on the SW flank was accompanied by a pyroclastic flow that reached the base of the cone during 9-10 June. Ashfall was reported in surrounding communities.

Source : INSIVUMEH.

++++++++++

The eruption at Mayon (Philippines) continues, characterized by lava effusion, periodic pyroclastic flows, incandescent rockfalls, ash-and-gas plumes, and occasional minor Strombolian activity.
On June 8, 2026, the number of evacuees reached a total of 3,973 people (1,088 families) staying in 12 evacuation shelters, and an additional 137 people (40 families) were staying with friends or relatives. The Alert Level remains at 3 (on a 0-5 scale) and residents are reminded to stay away from the 6-km-radius Permanent Danger Zone (PDZ).

Source : PHIVOLCS.

++++++++++

Activity remains globally stable on other volcanoes mentioned in the previous bulletins « Volcanoes of the world ».

This information is not exhaustive. You can find more by reading the Smithsonian Institution’s weekly report:

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

°°°°°°°°°°

RSS feed

Quick reminder: I am sometimes asked how it is possible to receive and read my posts when they are published. Just go to the top of the right column of my blog where you can see the RSS feed. It will allow you to automatically receive updates from the blog.
You can also click on “Suivre Claude Grandpey: Volcans et Glaciers”.

Fonte de la banquise arctique : point de non-retour pour la chaîne alimentaire // Melting Arctic sea ice : a tipping point for the food chain

Concentrations de CO2 : 431,92 ppm (9 juin 2026)             

Concentrations de CH4 : 1940,46 ppb (février 2026)

D’après une nouvelle étude publiée le 28 mai 2026 dans la revue Communications Earth & Environment, l’océan Arctique a franchi un point de non-retour qui perturbe profondément la chaîne alimentaire, avec des conséquences potentiellement désastreuses pour la pêche commerciale et la capacité de l’océan à absorber le carbone.

Photo: C. Grandpey

Les scientifiques ont constaté que l’accélération de la fonte de la banquise arctique entraîne une réduction significative des nitrates, un nutriment essentiel à la base du réseau trophique marin et donc indispensable à d’importantes pêcheries de la région. La disparition de la glace permet à davantage de lumière d’atteindre la surface de l’eau, ce qui favorise la prolifération du phytoplancton. Lorsque le phytoplancton meurt, ses cellules chutent sur le plancher océanique où elles sont décomposées par des bactéries consommatrices de nitrates et d’oxygène.

Efflorescence phytoplanctonique en Antarctique (Source : NASA)

La nouvelle étude révèle que ces bactéries consomment plus de nitrates que l’écosystème arctique ne peut en supporter. Cette « dénitrification », est irréversible dans les conditions climatiques actuelles, car nous avons franchi un seuil critique où la quantité de lumière solaire atteignant l’océan est telle qu’elle stimule une surproductivité du phytoplancton. La baisse des concentrations de nitrates pourrait à terme avoir des conséquences néfastes pour le phytoplancton, car ces minuscules organismes ont besoin de nitrates pour la photosynthèse. Par conséquent, la transition vers un régime pauvre en nitrates pourrait accélérer le réchauffement climatique, car les nitrates jouent un rôle essentiel dans la pompe biologique océanique. Cette pompe absorbe le dioxyde de carbone de l’atmosphère par la photosynthèse et le stocke en profondeur lorsque le phytoplancton et les animaux qui s’en nourrissent meurent. En l’absence de nutriments comme les nitrates, ce mécanisme ne peut plus fonctionner efficacement.
Pour comprendre les changements écosystémiques dans l’Arctique, les chercheurs ont analysé des données recueillies pendant vingt ans dans le détroit de Fram, un passage entre le Groenland et le Svalbard, principal point de passage des eaux arctiques vers l’océan Atlantique. Ils ont constaté une forte baisse des concentrations de nitrates dans cette région après 2009, période qui a coïncidé avec une réduction spectaculaire de la banquise arctique et une évolution progressive des communautés phytoplanctoniques vers des espèces plus petites, capables de tolérer de faibles concentrations de nutriments.

Source : Wikipedia

Une évolution vers un phytoplancton de plus petite taille a déjà été observée dans certaines parties de l’Arctique, bien que ces modifications n’aient pas été associées jusqu’à présent à une diminution des concentrations de nitrates. Ceci est important car les phytoplanctons de petite taille sont généralement moins efficaces pour transférer l’énergie vers les niveaux trophiques supérieurs.
Le phytoplancton se situe à la base de la chaîne alimentaire marine ; par conséquent, les effets de la diminution des nitrates se répercuteront sur l’ensemble de l’écosystème arctique, affectant les espèces situées aux niveaux trophiques supérieurs. Cela pourrait également affecter la pêche dans les régions comme l’Atlantique Nord.
Pendant des années, les chercheurs ont pensé que la fonte des glaces dans l’Arctique aurait pour conséquence une augmentation du phytoplancton, car davantage d’organismes peuvent profiter de la lumière du soleil et se multiplier lorsque la banquise est réduite. Cependant, l’augmentation du phytoplancton observée depuis 2009 a suffisamment diminué les niveaux de nitrates pour limiter sa croissance future.
Alors que la prolifération du phytoplancton était autrefois limitée par la quantité de lumière solaire atteignant les eaux de surface, elle est désormais contrôlée par les niveaux de nitrates. Par conséquent, les nitrates doivent être considérés comme un facteur clé des changements futurs dans l’Arctique. La compréhension de cette évolution est importante, non seulement pour les communautés et les écosystèmes arctiques, mais aussi pour mieux appréhender l’évolution future du réchauffement climatique.

Source : Médias scientifiques américains via Yahoo News.

————————————————-

According to a new study published May 28 2026 in the journal Communications Earth & Environment, the Arctic Ocean has crossed a tipping point that is wreaking havoc on the region’s food chain, with potentially dire consequences for commercial fishing and the ocean’s capacity to soak up carbon.

Scientists found that vast areas of melting sea ice in the Arctic are leading to a significant reduction in nitrate, a key nutrient that forms the base of the marine food web and thus underpins important regional fisheries. As the ice disappears, more light hits the water’s surface, promoting the growth of phytoplankton. When phytoplankton die, their cells sink to the seafloor and are decomposed by nitrate- and oxygen-consuming bacteria. The new study found that the bacteria are consuming more nitrate than the Arctic ecosystem can withstand. This effect, known as « denitrification, » is irreversible under current climate conditions because we have passed a threshold where so much sunlight reaches the ocean that it’s supercharging phytoplankton’s productivity.

Dropping nitrate levels may eventually come back to bite phytoplankton, because these tiny organisms need nitrate to carry out photosynthesis. As a result, the transition to a low-nitrate regime could accelerate global warming, as nitrate plays an essential role in the ocean’s biological pump, which takes carbon dioxide from the atmosphere via photosynthesis and locks it away at depth when phytoplankton and the animals that eat it die. With nutrients such as nitrate in limited supply this mechanism cannot work effectively.

To understand ecosystem changes in the Arctic, the researchers analyzed two decades of data from the Fram Strait, a passage between Greenland and Svalbard that is the main gateway through which Arctic waters flow into the Atlantic Ocean. They found a sharp decline in nitrate levels in this region after 2009, which coincided with a dramatic reduction in Arctic sea ice and a gradual shift in phytoplankton communities toward smaller species that can cope with low nutrient levels.

Shifts towards smaller phytoplankton have already been observed in parts of the Arctic, although these changes have not previously been linked to nitrate losses. This matters because smaller phytoplankton are generally less efficient at transferring energy up the food web.

Phytoplankton sit at the very bottom of the marine food chain, so the impacts of nitrate depletion will ripple through the Arctic ecosystem, impacting species at the highest levels. This could also affect fisheries in regions that depend on Arctic nutrient exports, such as the North Atlantic.

For years, researchers thought the long-term impact of sea ice loss in the Arctic would be an increase in phytoplankton, because more organisms can bathe in sunlight and multiply when the sea ice extent is small. However, the increase in phytoplankton since 2009 has depleted nitrate levels enough to limit future phytoplankton growth.

Whereas phytoplankton proliferation used to be limited by how much sunlight reached surface waters, it is now controlled by nitrate levels. Therefore, nitrate must be considered as a key driver of future changes in the Arctic. As nitrate is the nutrient that limits Arctic productivity, understanding these changes is therefore important not only for Arctic communities and ecosystems, but also for improving projections of future global warming.

Source : U.S. Scientific news media via Yahoo News.

Dégel du pergélisol : les rivières d’Alaska virent toujours à l’orange // Thawing permafrost : rivers in Alaska are still turning orange

Concentrations de CO2 : 431,74 ppm (8 juin 2026)             

Concentrations de CH4 : 1940,46 ppb (février 2026)

Dans une note publiée le 27 juin 2024, j’expliquais que les rivières et les ruisseaux de l’Alaska changent de couleur, passant d’un beau bleu à un orange rouille, en raison des métaux toxiques libérés par le dégel du pergélisol.

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2024/06/27/rechauffement-climatique-des-rivieres-virent-a-lorange-en-alaska-global-warming-some-rivers-are-turning-orange-in-alaska/

Crédit photo: USGS

Aujourd’hui, en 2026, des scientifiques alertent une nouvelle fois sur le dégel du permafrost provoqué par la hausse des températures dans le monde. Le phénomène libère des métaux dans les cours d’eau. Dans la chaîne de montagnes de Brooks (Brooks Range), des chercheurs ont constaté que le dégel du pergélisol transforme des rivières autrefois limpides, avec une menace pour les poissons, les systèmes alimentaires et les populations en aval.
Une étude publiée dans Communications Earth & Environment a révélé que le dégel du pergélisol est responsable de la coloration orangée observée dans les rivières et les ruisseaux du nord de l’Alaska. Les chercheurs ont identifié deux mécanismes par lesquels la hausse des températures et le dégel des sols gelés anciens transportent le fer dans ces cours d’eau.
Le premier mécanisme se situe en altitude, où le dégel expose des roches riches en pyrite à l’air et à l’eau, déclenchant une pollution par des matériaux acides, généralement associée à l’exploitation minière.
Le second mécanisme se développe dans les zones humides de basse altitude, où le dégel dilate des sols gorgés d’eau et pauvres en oxygène.
Dans ces conditions, les microbes produisent du fer dissous qui s’oxyde ensuite dans les cours d’eau, leur donnant une couleur orange rouille. Les cours d’eau et leurs lits sont recouverts de sédiments orangés. Selon un chercheur ayant participé à des travaux sur le terrain en 2019, cela ressemblait initialement à des « eaux usées. » L’équipe scientifique a ensuite établi un lien entre ces observations et les relevés de température souterraine ainsi que la chimie des cours d’eau, démontrant que le dégel des sols est à l’origine de cette contamination.
Les chercheurs expliquent que de fines particules de fer peuvent rester en suspension dans l’eau sur plus de 100 kilomètres, réduisant sa clarté, enrobant les algues, perturbant les populations d’insectes et obstruant les branchies des poissons.
Ce phénomène exerce une pression sur l’ensemble des chaînes alimentaires, notamment sur le saumon qui dépend de gravières propres et d’écosystèmes aquatiques sains. Les communautés qui dépendent de la pêche pourraient être confrontées à des menaces sur leur sécurité alimentaire et leurs pratiques culturelles à mesure que la crise climatique s’aggrave.
Ce type de pollution est difficile à endiguer. Contrairement à la contamination à proximité d’une mine, la corrosion diffuse causée par le dégel du pergélisol peut se propager sur de vastes territoires. Les chercheurs pensent que des risques similaires pourraient apparaître ailleurs dans le monde, là où le réchauffement climatique rencontre une géologie riche en métaux, notamment dans le nord du Canada, les Andes et les Alpes.

D’après des chercheurs de l’Université d’Alaska, le suivi des températures du sol pourrait permettre aux scientifiques de prédire les futurs problèmes de qualité de l’eau. Selon eux, bien qu’« il soit impossible d’y remédier une fois que le problème est apparu », alerter à l’avance les populations situées en aval pourrait contribuer à protéger les habitats encore épargnés.
Source : The Cool Down via Yahoo News.

Vue aérienne de la Kutuk, dans le nord de l’Alaska, où la belle couleur bleue de la rivière doit cohabiter avec l’eau orange due au dégel du pergélisol (Crédit photo : National Park Service)

————————————————–

In a post published on June 27, 2024, I explained that Alaska’s rivers and streams are changing color, shifting from a beautiful blue to a rusty orange, due to toxic metals released by thawing permafrost.

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2024/06/27/rechauffement-climatique-des-rivieres-virent-a-lorange-en-alaska-global-warming-some-rivers-are-turning-orange-in-alaska/

Today, in 2026, scientists warn again that rising global temperatures are thawing long-frozen ground and releasing metals into waterways. In Alaska’s Brooks Range, researchers found that permafrost thaw is transforming once-clear rivers in ways that could threaten fish, food systems, and communities downstream.

A study in Communications Earth & Environment found that thawing permafrost is responsible for the orange discoloration seen in rivers and streams across northern Alaska. The researchers identified two routes by which rising temperatures and the thawing of ancient frozen soil are bringing iron into these waterways.

One starts at higher elevations, where thaw is exposing pyrite-rich rock to air and water, setting off acid rock drainage, a type of pollution more often associated with mining.

The other is unfolding in lower-elevation wetlands, where thaw is expanding waterlogged, low-oxygen soils.

Under those conditions, microbes produce dissolved iron that later oxidizes in streams, turning the water rusty orange. Waterways and streambeds appear coated in orange sediment, a change one researcher said initially looked « like sewage » when it was spotted during fieldwork in 2019. The research team then linked those scenes to underground temperature records and stream chemistry, showing that thawing soil is driving the contamination.

Researchers explain that fine iron particles may remain suspended in the water for more than 100 kilometers, reducing clarity, coating algae, disrupting insect populations, and clogging fish gills.

That puts pressure on entire food webs, including salmon that depend on clean gravel beds and healthy aquatic ecosystems. Communities that rely on fish may face threats to food security and cultural practices as the climate crisis worsens.

This kind of pollution is difficult to stop. Unlike contamination near a mine, diffuse rusting caused by thawing permafrost can spread across vast, remote landscapes. Researchers say similar risks could emerge anywhere warming temperatures intersect with metal-rich geology, including northern Canada, the Andes, and the Alps.

According to University of Alaska researchers, tracking ground temperatures could allow scientists to predict future water-quality problems. While « there’s no fixing this once it starts, » providing downstream communities with advance warning could help protect habitats that are still intact.

Source : The Cool Down via Yahoo News.

Réchauffement climatique : événement extrême à Wellington (Nouvelle Zélande) // Global warming : extreme event at Wellington (New Zealand)

Les autorités néo-zélandaises sont conscientes que le réchauffement climatique aura des répercussions sur leur pays. Plus précisément, le conseil municipal de Wellington explique que la capitale « est exposée à toute une série de défis liés au climat, qui affecteront nos communautés de différentes manières.» Parmi ces défis figurent l’élévation du niveau de la mer, avec des ondes de tempête plus fréquentes et plus violentes. Wellington a une amplitude de marée relativement faible, ce qui rend la ville plus vulnérable même à de faibles variations du niveau de la mer. Les inondations côtières et l’érosion continueront de s’étendre à l’intérieur des terres à mesure que le niveau de la mer montera. Par conséquent, les ondes de tempête plus puissantes exerceront une pression de plus en plus forte sur les populations des zones côtières basses, les infrastructures et les services publics, les routes, les digues et autres biens.

Vue de Wellington et de son port (Crédit photo : Wikipedia)

C’est précisément ce qui s’est produit le 9 juin 2026 dans la capitale néo-zélandaise, où le maire a déclaré l’état d’urgence à la veille de la forte houle prévue pour affecter les habitants de Owhiro Bay, Island Bay. Il leur a été ordonné de rester à l’écart du littoral sud, et on les a prévenus que les secours ne viendraient pas en aide à ceux qui resteraient sur place. La police s’est assurée que les habitants s’étaient réfugiés sur les hauteurs. Des cordons de sécurité ont été mis en place sur les routes environnantes afin d’empêcher l’accès à la côte.
La municipalité a indiqué qu’un événement similaire survenu en 2021 avait touché de nombreuses habitations à Breaker Bay, et que les vagues atteignaient alors environ 6,50 mètres.
Le 9 juin, les vagues qui ont déferlé sur le port de Wellington atteignaient 11 mètres. Les rafales de vent étaient si violentes que deux femmes ont été emportées par des vagues qui ont déferlé sur la chaussée. À l’aéroport de Wellington, où des rafales de vent de 128 kilomètres par heure ont été enregistrées, certains vols ont été annulés.
Source : Médias néo-zélandais.

——————————————

New Zealand authorities are conscious that global warming will have impacts on their country. More specifically, the Wellington City council says the capital « is exposed to a range of climate-related challenges, and they will affect our communities in different ways. » Among others, there is the increase in sea level rise and larger storm surge. Wellington has a relatively narrow tidal range, which makes it more vulnerable to even small changes in sea level rise. Coastal flooding and erosion will continue to reach further inland as sea levels rise. As a consequence, larger storm surges put pressure on coastal residents in low-lying suburbs, infrastructure and utilities, roading, sea walls, and other assets.

This is exactly what happened on June 9 2026 in New Zealand’s capital where the mayor.declared a state of emergency on the eve of the swells for seaside residents in Owhiro Bay, Island Bay, Houghton Bay and Breaker Bay. They were ordered to stay away from the southern coastline. They were warned that emergency workers would not be coming to help anyone who stayed behind.

The police made sure that people had moved to higher ground. Officers set up cordons on surrounding roads to prevent people from heading to the coast.

The council said a similar event in 2021 affected many homes in Breaker Bay, and waves during that storm were about 6.5 metres.

Waves entering Wellington Harbour on June 9th were measured at 11 metres. Wind gusts were so strong that two women were knocked off their feet as waves washed up over the road. Some flights were cancelled at Wellington Airport where wind gusts were recorded of up to 128 kilometres per hour.

Source : New Zealand news media.