Changement de la ‘température normale’ aux Etats Unis // New ‘normal temperature’ in the U.S.

Conséquence logique du changement et du réchauffement climatiques, la NOAA vient de décider que la nouvelle ‘température normale’ aux États-Unis augmenterait d’un degré par rapport aux deux décennies écoulées. Les météorologues calculent les normales climatiques en prenant en compte 30 années de données. Cette norme est établie par l’Organisation Météorologique Mondiale. Tous les 10 ans, la NOAA met à jour la ‘température normale’ pour le pays dans son ensemble, pour les États et les villes, par année, mois et saison.

Pour l’ensemble des Etats Unis, la température annuelle normale est désormais de 11,8 degrés Celsius au vu des données fournies par les stations météorologiques de 1991 à 2020. C’est près d’un demi degré de plus qu’il y a dix ans. Il y a vingt ans, la normale était de 11,3 degrés Celsius en fonction des données de 1971 à 2000.

La température moyenne aux États-Unis pour le 20ème siècle était de 11,1 degrés Celsius. La nouvelle température annuelle normale est supérieure de 0,9 Celsius à la première température normale calculée pour 1901 à 1930.

Tous les climatologues ne sont pas d’accord sur le changement de la température normale. Certains disent que cette mise à jour permet aux urbanistes et aux planificateurs régionaux de prendre des mesures pour faire face aux inondations et à la sécheresse, aux agriculteurs de décider quoi et quand planter, aux fournisseurs d’énergie de répondre à l’évolution de la demande et aux médecins de s’attaquer aux problèmes de santé publique résultant du changement climatique.

Cependant, d’autres climatologues affirment qu’ils préfèrent une base de référence constante comme celle de 1951 à 1980 utilisée par la NASA. Un climatologue pense que l’ajustement de la température normale tous les 10 ans fausse le sens du mot « normal » et « normalise »le changement climatique.»

Source: médias d’information américains.

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A logical consequence of climate change and global warming, NOAA has decided that America’s new normal temperature will be a degree hotter than it was just two decades ago.

Meteorologists calculate climate normals based on 30 years of data. It’s a standard set by the World Meteorological Organization. Every 10 years, NOAA updates the normal temperature for the country as a whole, states and cities, by year, month and season.

For the entire nation, the yearly normal temperature is now 11.8 degrees Celsius based on weather station data from 1991 to 2020. This is nearly half a degree warmer than a decade ago. Twenty years ago, normal was 11.3 degrees Celsius based on data from 1971 to 2000. The average U.S. temperature for the 20th century was 11.1 degrees Celsius.

The new normal annual U.S. temperature is 0.9 Celsius hotter than the first normal calculated for 1901 to 1930.

All climate scientists do not agree about the changes in the normal temperatures. Some of them say that updating normal calculations helps city and regional planners to prepare for flooding and drought, farmers to decide what and when to plant, energy companies to meet changing demands and doctors to tackle public health issues arising from climate change.

However, other climate scientists say they prefer a constant baseline such as 1951 to 1980, which is what NASA uses. One climatologist says that adjusting normal every 10 years “perverts the meaning of ‘normal’ and ‘normalizes’ away climate change.”

 Source : U.S. news media.

Température moyenne annuelle aux Etats Unis (1895- 2020

[Source : NOAA]

Concentration catastrophique de CO2 dans l’atmosphère ! // Disastrous CO2 concentration in the atmosphere !

La NOAA indique qu’au cours de la dernière semaine d’avril 2021, la concentration de CO2 dans l’atmosphère a atteint un record : 420 ppm ! Du jamais vu ! La concentration est actuellement 50% plus élevée qu’avant la révolution industrielle.

Comme je l’ai déjà expliqué, les mesures sont effectuées sur le volcan Mauna Loa à Hawaii. Venant s’ajouter aux relevés des carottes de glace et aux chiffres publiés par les différentes études, elles montrent que de telles valeurs n’ont pas été observées depuis au moins 800 000 ans, peut-être même depuis trois millions d’années. La moyenne pour mars 2021 avait déjà atteint 417,64 parties par million (ppm).

Sur la dernière semaine du mois d’avril, la concentration a grimpé à 420 ppm. C’est la première fois qu’une moyenne hebdomadaire atteint ce seuil. Le 3 avril, la NOAA avait rapporté une concentration de 421,21 ppm. Il s’agissait de la première mesure quotidienne au-dessus de 420 ppm, mais une journée n’est pas forcément représentative des conditions moyennes. Les mesures quotidiennes fluctuent souvent de quelques ppm autour de la moyenne mensuelle, en raison des vents qui amènent des régions d’air localisées avec des concentrations de CO2 plus ou moins élevées vers les sites de mesure.  Cette fois, c’est sur une semaine que les 420 ppm ont été dépassés. On sait déjà que la moyenne mensuelle de mai 2021 se rapprochera encore un peu plus des 420 ppm. Au rythme actuel, le seuil sera sans doute franchi en 2022.

De juin à septembre, les concentrations de CO2 sur le Mauna Loa ont suivi la baisse temporaire habituelle due à l’absorption de carbone par les écosystèmes de l’hémisphère nord. Au printemps et en été, les plantes absorbent plus de dioxyde de carbone par la photosynthèse qu’elles n’en libèrent par la respiration et les concentrations de dioxyde de carbone dans l’air diminuent. En automne et en hiver, les plantes réduisent ou même arrêtent la photosynthèse, libérant du dioxyde de carbone dans l’air. C’est le cycle naturel du carbone. Malgré ces cycles, le CO2 atmosphérique annuel moyen augmente d’année en année.

En 2020, la réduction des émissions (à ne pas confondre avec les concentrations) n’avait pas été suffisante pour avoir un impact substantiel sur l’accumulation de CO2 dans l’atmosphère. La réduction d’émissions liées au Covid a entraîné un ralentissement de la croissance du CO2 d’environ 0,4 ppm, soit 14%. Les chercheurs estiment que pour enrayer la hausse de la concentration, une baisse de 50% des émissions mondiales de CO2 serait nécessaire, bien au-delà de la réduction observée lors de la pandémie.

Source : NOAA, global-climat.

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NOAA reports that during the last week of April 2021, the concentration of CO2 in the atmosphere reached a record high: 420 ppm! Never seen before ! The concentration is currently 50% higher than before the industrial revolution. As I have already explained, the measurements are carried out on the Mauna Loa volcano in Hawaii. In addition to the ice core surveys and the figures published by various studies, they show that such values ​​have not been observed for at least 800,000 years, perhaps even three million years. The average for March 2021 had already reached 417.64 parts per million (ppm).

In the last week of April, the concentration soared to 420 ppm. This is the first time that a weekly average has reached this threshold. On April 3rd, NOAA reported a concentration of 421.21 ppm. This was the first daily reading above 420 ppm, but one day is not necessarily representative of average conditions. Daily measurements often fluctuate by a few ppm around the monthly average, due to winds that bring localized regions of air with higher or lower CO2 concentrations to the measurement sites. This time, the 420 ppm was exceeded over a week. We already know that the monthly average for May 2021 will be even closer to 420 ppm. At the current rate, the threshold will undoubtedly be crossed in 2022.

From June to September, CO2 concentrations on Mauna Loa followed the usual temporary decline due to carbon uptake by northern hemisphere ecosystems. In spring and summer, plants take up more carbon dioxide through photosynthesis than they release through respiration, and carbon dioxide concentrations in the air decrease. In autumn and winter, plants reduce or even stop photosynthesis, releasing carbon dioxide into the air. This is the natural carbon cycle. Despite these cycles, the average annual atmospheric CO2 increases year by year.

In 2020, the reduction in emissions (not to be confused with concentrations) had not been sufficient to have a substantial impact on the accumulation of CO2 in the atmosphere. The reduction in Covid-related emissions resulted in a slowdown in CO2 growth of around 0.4 ppm, or 14%. The researchers estimate that to halt the rise in concentration, a 50% drop in global CO2 emissions would be necessary, well beyond the reduction observed during the pandemic.

Source: NOAA, global-climat.

Source : NOAA

Islande : une éruption vraiment bizarre !

Depuis tard dans la soirée du 2 mai, l’éruption islandaise a pris une nouvelle tournure. Comme je l’ai indiqué précédemment, elle se concentre dans le cinquième cratère à s’être ouvert sur la fracture le 13 avril 2021. Le processus éruptif est actuellement très étrange et ressemble plus à un geyser qu’à un volcan. On observe une alternance de phases actives très intenses avec de spectaculaires fontaines de lave accompagnées d’un abondant dégazage, et de périodes de calme pendant lesquelles rien ne se passe. Chaque activité dure en ce moment environ 4 minutes.

Bien malin serait celui capable d’expliquer ce changement de comportement de l’éruption. Les volcanologues islandais ont émis plusieurs hypothèses (voir ma note du 4 mai).  Il s’est peut-être produit un blocage dans le conduit d’alimentation (dû à des effondrements?). Cela induirait une hausse de la pression en amont d’où (peut-être!!!!) l’intensification du tremor observée depuis le 2 mai.

J’ai également noté pendant les périodes calmes une intensification du dégazage au sol, ce qui confirmerait un blocage. Mais ce n’est qu’une hypothèse.

En tout cas, les webcams permettent un excellent suivi de l’événement.

Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion) : dernières nouvelles de l’éruption // Latest news of the eruption

Le 4 mai 2021, les scientifiques de l’OVPF ont pu effectuer un survol du Piton de la Fournaise en ULM. Les deux cônes éruptifs sont toujours actifs, mais les fontaines de lave sont nettement moins importantes que précédemment. Un lac de lave était toujours présent au niveau du cône le plus imposant, situé en amont, tandis que le petit cône en aval ne montre que des projections.

Les coulées de l’éruption qui, rappelons le, a commencé le 9 avril, continuent leur lente progression dans les Grandes Pentes. Le 4 mai à la mi-journée, la lave avait atteint une altitude d’environ 1450 mètres et certains bras se dirigeaient vers le Cratère du Passage.

L’OVPF explique que ces coulées en gratons, poussées par le débit de l’éruption, progressent très lentement, par bonds, dès qu’une pente suffisante permet leur avancée qui a été évaluée à moins de 200 m en 24 heures.

Des incendies dans la végétation située au pied du rempart et au front de coulée ont été observés ces derniers jours.

On aperçoit le rougeoiement de la lave depuis la RN 2, mais le spectacle reste très lointain, près de 5 kilomètres en amont de la route.

Le spectacle n’est guère meilleur depuis le Piton de Bert car très peu de projections sont visibles et la lave circule en tunnels jusqu’à la limite des Grandes Pentes.

D’un point de vue scientifique, le tremor conserve des valeurs relativement stables. Son amplitude atteint encore 50% du maximum observé le 13 avril. Les flux de CO2 sont toujours en hausse en champ lointain, dans la région des Plaines.

Le léger gonflement de la zone sommitale et de la base du cône terminal semble se confirmer,. Cela montre que du magma continue à entrer dans le réservoir superficiel. L’éruption a peut-être encore de beaux jours devant elle.

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On May 4th, 2021, OVPF scientists were able to fly over Piton de la Fournaise in a microlight. The two eruptive cones are still active, but the lava fountains are significantly less powerful than before. A lava lake can still be seenwithin the largest cone, located upslope, while the smaller cone downslope only shows projections.

The lava flows of the eruption, which began on April 9th, continue their slow progression in the Grandes Pentes. By midday on May 4th, lava had reached an altitude of about 1,450 metres and some branches were heading towards the Cratère du Passage. OVPF explains that these lava flows progress very slowly, in leaps, a little faster when the slope gets steeper. Their advance has been evaluated at less than 200 m in 24 hours.

Fires in the vegetation at the foot of the rampart and at the flow front have been observed in recent days.

The glow from the lava ca be seen from RN 2, but it is still very distant, nearly 5 kilometres from the road.

There is hardly anyhing to see from the Piton de Bert because very few projections are visible and lava flows in tunnels down to the Grandes Pentes.

From a scientific point of view, the eruptive tremor maintains relatively stable values. Its amplitude reaches 50% of the maximum observed on April 13th. The CO2 flux is still increasing in the far field, in the Plains region. The slight inflation of the summit area and the base of the terminal cone seems to be confirmed. This shows that magma continues to enter the shallow reservoir. The eruption might still last some time.

Crédit photo : OVPF

Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques nouvelles de l’activité volcanique dans le monde:

Au cœur des hauts plateaux du centre de l’île de Java (Indonésie), le plateau de Dieng est réputé pour la variété de ses paysages volcaniques et pour ses très vieux temples hindous. Dans les temps historiques, l’activité volcanique s’est limitée à des éruptions phréatiques mineures. Le plus grand danger réside dans les gaz toxiques qui ont causé des décès et constituent un danger au niveau de plusieurs cratères.

Une explosion phréatique s’est produite au cratère Sileri dans la soirée du 29 avril 2021 sans faire de victimes. L’explosion a projeté des matériaux jusqu’à 200 – 400 m de la lèvre du cratère. On a vu un nuage de gaz blanc s’élever jusqu’à 50 m au-dessus du cratère. Les mesures de concentration de gaz ont révélé  2,8 ppm  pour le SO2, 1,8 ppm pour le H2S 1,8 et 0% vol. pour le CO2. La température au point d’éruption a montré une valeur de 65 à 89 ° C, alors que la température quotidienne de référence est de 51,2 ° C. Il n’y a aucune indication que de nouvelles explosions peuvent se produire.

Le niveau d’alerte de Dieng est maintenu à 1 (Normal). Il est toutefois demandé à la population de rester à 500 m du cratère Sileri et de ne pas s’approcher du cratère Timbang pour éviter le risque de fortes concentrations de gaz volcaniques.

Plusieurs éruptions mortelles se sont produites dans le passé. En 1928, une quarantaine de personnes ont été tuées par une éruption phréatique. 117 habitants ont perdu la vie et 200 ont été blessés en décembre 1944. En 1964, 114 personnes sont mortes de la même manière. Le bilan le plus lourd a été enregistré en 1979, lorsqu’un nuage de CO2 a tué 142 personnes.

Source: PVMBG, Killer Volcanoes (C. Grandpey – 2013)

Cratère Sikidang (Source : Wikipedia)

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À Hawaii, l’éruption du Kilauea continue. Le niveau d’alerte est maintenu à WATCH (Vigilance). L’activité reste confinée dans l’Halema’uma’u où la lave est émise par une bouche dans la partie nord-ouest du cratère. La lave dans la partie ouest (active) du lac a une profondeur de 227 m tandis que la partie est du lac de lave est solidifiée et donc inactive. Les émissions moyennes de SO2 atteignent 375 t / j. La sismicité reste stable, avec un niveau de tremor élevé.

Le Mauna Loa n’est pas en éruption et reste au niveau d’alerte ADVISORY (surveillance conseillée). Le HVO explique que ce niveau d’alerte ne signifie pas qu’une éruption est imminente.

Source: HVO.

Source : HVO

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Après une décroissance pendant plusieurs jours, le tremor éruptif s’est stabilisé et l’éruption du Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion) continue. Les observations sur le terrain ont été impossibles ces derniers jours à cause d’une météo exécrable. L’absence d’ensoleillement sur les capteurs solaires a mis en panne certains instruments tandis que d’autres ont été foudroyés. Heureusement que l’éruption se déroule dans le site désert de l’Enclos, avec un débit qui reste relativement faible. L’OVPF indique qu’une légère inflation semble de dessiner à la base du cône sommital. Sur le terrain, la lave a progressé d’une centaine de mètres vers l’aval, de sorte qu’elle est maintenant visible depuis la RN 2.

Source : OVPF.

Source : OVPF

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L’OVSM a enregistré une hausse de la sismicité sur la Montagne Pelée (Martinique) au cours de la dernière semaine du mois de mai avec 312 séismes de faible magnitude (souvent inférieure à M 1.0) et sans danger pour la population.

Cette sismicité superficielle est liée à la formation de micro fractures dans l’édifice volcanique, entre 3.0 km sous le niveau de la mer et 1 km au-dessus du niveau de la mer. Par ailleurs, des signaux basse fréquence indiquent la présence de fluides au coeur de l’édifice volcanique.

Le niveau d’alerte reste à la couleur Jaune.

L’Observatoire indique la présence d’ « une zone principale de végétation fortement dégradée sur le flanc sud-ouest de la Montagne Pelée, entre la haute rivière Claire et la rivière Chaude. »

Photo : C. Grandpey

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L’activité sismique à La Soufrière de Saint-Vincent reste faible depuis la dernière activité significative du 22 avril 2021, mais l’UWI rappelle que le volcan continue d’être actif. Le niveau d’alerte reste au Rouge. Quelques séismes hybrides et volcano-tectoniques longue période ont été enregistrés et il n’y a eu aucun nouvel épisode de tremor. Ces derniers jours, les stations sismiques ont enregistré des signaux de lahars déclenchés par les fortes pluies sur l’île. (voir ma note précédente à propos de ces coulées de boue).

Source : UWI.

Source : UWI

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L’éruption se poursuit dans la Geldingadalur (Islande). Des changements ont été observés dans l’activité éruptive (voir ma note d’hier). De nombreuses photos et vidéos sont diffusées sur les réseaux sociaux. Voici l’une d’entre elles réalisée à l’aide d’une Insta360 Pro 2 8K montée sur un drone DJI:

https://youtu.be/y9J7RUzlkz4

A noter qu’à cause de la forte incidence de l’épidémie de Covid-19 dans notre pays, les citoyens français ne sont toujours pas autorisés à entrer en Islande en ce moment. En effet, depuis le 27 avril 2021 et jusqu’au 31 mai prochain, les voyageurs en provenance des pays considérés comme à très haut risque par les autorités islandaises, dont la France, sont interdits d’entrée.

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On observe actuellement une activité fumerollienne dans le cratère Mackenney du Pacaya (Guatemala). L’activité effusive se poursuit au niveau de la fracture qui s’est ouverte sur le flanc nord-ouest du volcan. Elle donne naissance à une coulée de lave qui descend vers le sud-ouest, sur une longueur d’environ 1700 mètres, avec deux fronts dans le secteur de La Breña. L’activité est en ce moment essentiellement effusive, même si des explosions peuvent se produire au niveau de la fracture éruptive et dans le cratère Mackenney. Les stations sismiques enregistrent un tremor correspondant à l’ascension du magma et au déplacement des coulées de lave.

Source : INSIVUMEH.

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L’extrusion de lave continue sur le dôme sous la lèvre sud-ouest du Merapi (Indonésie) et sur le dôme dans le cratère sommital. Le volume du dôme de lave sud-ouest était estimé à 1 069 600 mètres cubes le 21 avril 2021 avec une croissance d’environ 11 900 mètres cubes par jour. Des coulées pyroclastiques avancent jusqu’à 1,8 km sur le flanc sud-ouest. Le volume du dôme de lave sommital a été estimé à 1 794 000 mètres cubes le 22 avril. Le niveau d’alerte reste à 3 (sur une échelle de 1 à 4) et le public est prié de rester à 5 km du sommet.

Source : BPPTKG.

Source : CVGHM

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Ces informations ne sont pas exhaustives. Vous en trouverez d’autres (en anglais) en lisant le bulletin hebdomadaire de la Smithsonian Institution :

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Here is some news of volcanic activity around the world :

In the highlands of central Java (Indonesia), the Dieng plateau is renowned both for the variety of its volcanic scenery and as a sacred area housing Java’s oldest Hindu temples. In historical times, volcanic activity has been restricted to minor phreatic eruptions. The greatest danger lies with toxic gases which have caused fatalities and are a hazard at several craters.

A phreatic explosion occurred at Sileri crater in the evening of April 29th, 2021, without killing anybody.  The explosion projected material 200 – 400 m from the edge of the crater. A thin white gas cloud was observed rising up to 50 m above the crater.

The measurement of gas concentration show the value of SO2 gas at 2.8 ppm, H2S 1.8 ppm, and CO2 0% vol. The temperature measurement at the eruption point showed a value of 65 – 89 °C, while at the reference point daily monitoring showed 51.2 °C. The gas concentration and temperature values ​​are still at the average value of normal conditions before the eruption. The results of visual and instrumental monitoring to date have not detected any signs of increased activity leading to further eruptions.

The level of activity of Dieng is kept at 1 (Normal). People are asked to stay 500 m from the Sileri crater, and not to move around the Timbang crater to avoid the threat of high concentrations of volcanic gases.

Several deadly eruptions occurred in the past. In 1928, about 40 persons were killed by a phreatic eruption. 117 residents were killed and 200 injured in December 1944. In 1964, 114 died in the same way.  The heaviest death toll was in 1979 when a cloud of CO2 killed 142 persons.

Source: PVMBG, Killer Volcanoes (C. Grandpey – 2013)

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 In Hawaii, Kilauea is still erupting. Its alert level is kept at WATCH. Lava activity remains confined to Halema’uma’u with lava erupting from a vent on the northwest side of the crater. The lava in the western (active) portion of the lake is 227 m deep, with the eastern portion of the lava lake solidified at the surface. SO2 emission rates show an average of 375 t/d. Seismicity remains stable, with elevated tremor.

Mauna Loa is not erupting and remains at alert level ADVISORY. HVO explains that this alert level does not mean that an eruption is imminent.

Source: HVO.

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After decreasing for several days, the eruptive tremor has stabilized and the eruption of Piton de la Fournaise (Reunion Island) continues. Field observations have been impossible in recent days due to poor weather conditions. The lack of sunlight on the solar pannels prevented some instruments from operating properly while others were struck by lightning. Fortunately, the eruption takes place in the desert site of the Enclos with a lava output which remains low. OVPF indicates that a slight inflation seems to be starting at the base of the summit cone. On the field, the lava has advanced 100 metres or so downslope so that it can now be seen from Higway 2.

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 OVSM recorded an increase in seismicity on Mount Pelée (Martinique) during the last week of May with 312 low magnitude (often less than M 1.0) earthquakes without danger for the population. This shallow seismicity is linked to the formation of micro fractures in the volcanic edifice, between 3.0 km below sea level and 1 km above sea level. Moteover, low frequency signals indicate the presence of fluids within the volcanic edifice.

The alert level remains at Yellow.

The Observatory mentions an « area of heavily degraded vegetation on the southwest flank of Mount Pelée, between the upper Claire River and the Chaude River. »

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Seismic activity at St Vincent’s La Soufrière has remained low since the last significant activity on April 22nd, 2021, but UWI warns that the volcano continues to be in a state of unrest. The alert level remains at Red. Only a few long-period, hybrid and volcano-tectonic earthquakes are recorded and there has been no further seismic tremor. In the past days, the seismic stations recorded signals from lahars triggered by the heavy rains on the island.

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The eruption continues in Geldingadalur (Iceland) with several vents emitting lava fountains. Changes have been observed (see my previous post about the eruption).

Many photos and videos are released on the social networks. Here is one of them captured with an 8K Insta360 Pro 2 mounted to the bottom of a DJI drone:

https://youtu.be/y9J7RUzlkz4

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Fumarole activity is currently observed in the Mackenney crater of Pacaya (Guatemala). Effusive activity continues at the fissure that opened on the northwest flank of the volcano. It emits a lava flow that descends towards the southwest, over a length of approximately 1,700 metres, with two fronts in the La Breña area. The activity is currently mainly effusive, although explosions can occur at the eruptive fissure and in the Mackenney crater. The seismic stations record a tremor corresponding to the ascent of magma and the advance of the lava flows.

Source: INSIVUMEH.

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The lava dome below the SW rim of Mt Merapi (Indonesia) and the lava dome in the summit crater continue to extrude lava. The SW rim lava-dome volume was estimated at 1,069,600 cubic metres on April 21st, 2021 with a growth rate of about 11,900 cubic metres per day. Pyroclastic flows are observed travelling as far as1.8 km down the SW flank. The volume of the summit lava dome was estimated at 1,794,000 cubic metres on April 22nd. The Alert Level remains at 3 (on a scale of 1-4), and the public is asked to stay 5 km away from the summit.

Source : BPPTKG.

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This information is not exhaustive. You can find more by reading the Smithsonian Institution’s weekly report:

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

Eruption islandaise: des changements d’activité, mais toute prévision reste impossible ! // Icelandic eruption: changes in activity but no volcanic prediction !

Le Met Office islandais indique que l’éruption de Fagradalsfjall se poursuit au niveau de l’un des principaux cratères. Le cratère actif en ce moment est le cinquième à s’être ouvert sur la fracture le 13 avril 2021. Depuis le 27 avril, l’activité volcanique a été marquée par des fontaines de lave ininterrompues. Toutefois, cette activité s’est modifiée vers minuit le 2 mai ; depuis ce moment, l’éruption procède par impulsions. On observe des périodes d’intense activité d’une durée de 8 à 12 minutes et alternant avec des périodes de calme de 1 à 2 minutes. Les périodes intenses commencent par une forte activité, avec des fontaines de lave atteignant le plus souvent 100-150 m de hauteur, mais parfois 200 ou 300 mètres (voir la vidéo ci-dessous). Ces séquences d’activité intense sont parfaitement visibles sur le tremor dans les stations sismiques réparties autour du site éruptif. Hier soir, le cratère principal avait un comportement qui me rappelait celui d’un geyser, avec de brèves phases actives alternant avec des périodes de repos.

https://youtu.be/JX-H_sRMSUY

Les volcanologues islandais disent qu’il est difficile de déterminer la cause de ces changements intervenus dans l’activité volcanique. Il se pourrait qu’ils soient dus à des modifications dans le flux du magma, sa composition chimique ou celle des gaz, ou éventuellement des changements dans le conduit d’alimentation.

Páll Einarsson pense que les raisons peuvent être multiples et qu’il est trop tôt pour dire exactement ce qui explique ces changements. Il fait remarquer que vers la fin des dernières éruptions de l’Hekla, une activité similaire a été observée, même si les pauses et les séquences éruptives ont duré plus longtemps. Cependant, ces éruptions étaient différentes de l’événement actuel à Fagradalsfjall et elles mettaient en œuvre un type de magma différent. Il est donc difficile de faire une comparaison.

Un autre géophysicien pense que ce changement pourrait indiquer une baisse de l’activité volcanique. Il ajoute que l’éruption pourrait aussi réapparaître sur un autre site.

Un professeur de volcanologie à l’Université d’Islande a remarqué qu’à l’heure actuelle, l’éruption semble être beaucoup plus explosive qu’auparavant. Il explique que des explosions de lave comme celles observées ces dernières heures coïncident généralement avec une diminution de l’activité volcanique, mais il n’a pas précisé si l’éruption était en déclin ou en hausse.

En d’autres termes, personne ne sait ce qui va se passer maintenant… . !

 Compte tenu de ces changements d’activité, la taille de la zone de sécurité sur le site éruptif est en cours de réévaluation. Elle devrait désormais avoir un rayon de 500 mètres autour de l’éruption.

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The Icelandic Met Office indicates that the eruption in Fagradalsfjall continues through one main crater. The active crater is the fifth fissure opening that opened in the area on April 13th, 2021. Since April 27th, the volcanic activity was characterized by continuous lava fountains, but activity changed at around midnight on May 2nd, and has since  been showing pulsating behaviour. These pulses have intermittent active periods of 8-12 minutes, with 1-2 minutes of rest periods in between. The active pulses start with a strong fountain activity, with fountains reaching up to 100-150 m above ground level, and some even higher (see video below). These pulses are very apparent in the seismic tremor at seismic stations in a wide area around the eruption site. Last night, the main crater had a behaviour that looked like a geyser, with brief active phases, alternating with quiet periods.

https://youtu.be/JX-H_sRMSUY

Local volcanologists say it is not clear what is causing these changes in volcanic activity, but changes in magma flow, the chemical composition of magma/gas, or possibly changes in the volcanic conduit cannot be ruled out.

Páll Einarsson  states that the reasons for this can be many, and that it’s too early to tell what exactly is causing this transformation. He states that toward the end of the most recent eruptions at Hekla, a similar activity was seen, although the pauses and the bursts of eruption there lasted longer. However, those eruptions were different from the one by Fagradalsfjall mountain and involved a different kind of magma, making it hard to draw any conclusions.

Another geophysicist thinks that this change in the activity could indicate a reduced volcanic activity, but he adds that the eruption may possibly be looking for another place to reach the surface.

A professor of volcanology at the University of Iceland has noticed that at the moment the eruption seems to be much more explosive than before. He explains that explosive high lava jets such as this usually coincide with a decrease in volcanic activity, but did not state whether as a whole, the eruption is declining or increasing.

In other words, nobody knows…..

Considering these changes in activity, the size of the hazard area at the eruption site is being re-evaluated. It should be extended to a 500 metre radius from the eruption, due to a change in the volcanic activity.

L’énergie des volcans sous-marins // The energy of submarine volcanoes

La plus grande partie de l’activité volcanique sur Terre se produit dans les profondeurs de nos océans, souvent à plusieurs kilomètres sous leur surface. Toutefois, contrairement aux volcans terrestres, la détection d’une éruption sur le fond marin se révèle souvent très difficile. Il reste encore beaucoup à apprendre sur le volcanisme sous-marin et ses effets sur le milieu environnant. Comme je l’ai souligné à plusieurs reprises, nous connaissons la surface de la planète Mars,  nous sommes capables d’y faire voler un hélicoptère, mais les abysses de nos océans, là où se produit le phénomène de subduction et où se déclenchent les séismes les plus meurtriers, restent inconnus.

Une nouvelle étude publiée dans Nature Communications explique que les volcans sous-marins en éruption au fond des océans peuvent générer une énergie extrêmement puissante. On croyait auparavant que les volcans sous-marins étaient beaucoup moins puissants que ceux sur terre en raison des coulées de lave relativement lentes qu’ils produisent. Toutefois, des submersibles déployés dans le nord-est du Pacifique ont fourni des données qui montrent que les volcans sous-marins peuvent libérer de puissants panaches – appelés méga panaches – qui distribuent des cendres volcaniques sur de grandes distances sous-marines. Les panaches sont poussés par des colonnes d’eau chauffée à haute température. Ils suivent les mêmes schémas que les panaches générés par les éruptions volcaniques sur terre. Ils se déplacent d’abord verticalement puis s’étalent horizontalement.

Les chercheurs estiment que les méga panaches produits par les grandes éruptions sous-marines produisent suffisamment d’eau pour remplir environ 40 millions de piscines olympiques. Cependant, leur source est restée longtemps ambiguë. La nouvelle étude est la première à relier le phénomène à l’émission de magma d’un énorme volcan sous-marin.

Pour mieux comprendre le processus des éruptions volcaniques sous-marines, les chercheurs ont proposé une simulation qui montre que l’énergie nécessaire pour générer de tels panaches de cendres est énorme. Les éruptions les plus puissantes peuvent libérer suffisamment d’énergie pour alimenter un continent. Le problème est de savoir comment exploiter cette énergie.

La nouvelle étude fournit la preuve que les méga panaches sont directement liés à l’émission de lave et sont responsables du transport des cendres volcaniques dans les profondeurs de l’océan. Les recherches montrent également que ces panaches peuvent se former en quelques heures en libérant une énorme quantité d’énergie.

À l’avenir, les scientifiques espèrent utiliser les technologies de télédétection pour observer en direct l’activité des volcans sous-marins afin de pouvoir mieux l’étudier.

Référence : « Rapid heat discharge during deep-sea eruptions generates megaplumes and disperses tephra » – Pegler, S. S., & Ferguson, D. J. – Nature Communications.

Source : The Watchers.

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The majority of Earth’s volcanic activity occurs underwater, mostly at depths of several kilometres, but in contrast to terrestrial volcanoes, detecting that an eruption has occurred on the seafloor can be very difficult. There remains a lot to be done to learn about submarine volcanism and its effects on the marine environment. As I have pointed out several times, we know the surface of Mars, we are able to fly a helicopter there, but the abyss of our oceans, where the phenomenon of subduction occurs and where the the deadliest earthquakes are triggered,  remain unknown.

A new research published in Nature Communications explains that submarine volcanoes erupting at the bottom of the oceans can release extremely powerful energy, high enough to power a continent. It was previously believed that underwater volcanoes were much less powerful than those on land due to relatively slow-moving lava flows. Submersibles operated in the North East Pacific have released data which show that submarine volcanoes can release powerful and huge plumes called megaplumes, distributing volcanic ash across wide underwater distances. The plumes are formed by columns of heated water. They follow the same patterns as plumes generated by volcanic eruptions on land. The plumes move vertically first and then spread out horizontally..

The researchers estimate that the megaplumes produced by large underwater eruptions have enough water to fill about 40 million Olympic-sized swimming pools. However, their source have long remained ambiguous. The new research is the first to link the phenomenon with the release of magma from a huge submarine volcano.

To better understand the process of underwater volcanic eruptions, the researchers came up with a simulation, which showed that the release of energy needed to generate such expansive ash plumes was enormous. The largest eruptions could release energy high enough to power a continent. The problem is how to tap this energy.

The new study provides evidence that megaplumes are directly linked to the eruption of lava and are responsible for transporting volcanic ash in the deep ocean. It also shows that plumes can form in a matter of hours, creating an immense rate of energy release.

In the future, scientists hope to use remote-sensing technologies to livestream activity of underwater volcanoes as they are happening.

Reference : « Rapid heat discharge during deep-sea eruptions generates megaplumes and disperses tephra » – Pegler, S. S., & Ferguson, D. J. – Nature Communications.

Source : The Watchers.

Source : Wikipedia