Blanchissement catastrophique de la Grande Barrière de Corail (Australie) // Disastrous bleaching of the Great Barrier Reef (Australia)

L’une des conséquences majeures du changement et du réchauffement climatiques est le blanchissement des récifs coralliens. La situation devient de plus en plus préoccupante sur la Grande Barrière de Corail en Australie. De nouvelles données publiées début avril montrent les effets du réchauffement climatique sur cette merveille naturelle de 2400 kilomètres de long.
Le blanchissement à grande échelle prouve que les coraux sont soumis à un stress intense car les eaux qui les entourent deviennent de plus en plus chaudes. Les océans du monde absorbent 93% de la chaleur générée dans l’atmosphère  par les gaz à effet de serre d’origine anthropique. En conséquence, ils se réchauffent en moyenne à une vitesse 40% plus importante que le pensaient les scientifiques il y a six ans.
Selon une étude récente, 2019 a été l’année la plus chaude jamais enregistrée pour les océans du monde. Le stress causé par le réchauffement des eaux entraîne généralement la mort des coraux. Dans le passé, ils avaient une chance de se régénérer pendant la phase de refroidissement de l’eau, un processus qui pouvait prendre de 10 à 15 ans. Aujourd’hui, de nombreuses espèces de récifs coralliens dans le monde connaissent une mort à grande échelle. Environ 30% des coraux de la Grande Barrière sont morts après le blanchissement de 2016 qui a été le pire depuis 1998.
Le blanchissement de 2020 semble se classer au deuxième rang, juste après celui de 2016. Les scientifiques ont remarqué une accélération du phénomène au cours des dernières années. Il y avait un écart de 14 ans entre le blanchissement de 2002 et celui de 2016, alors que trois épisodes sévères se sont produits au cours des cinq dernières années.
La Grande Barrière de Corail n’est pas entièrement morte, mais dans de nombreuses sections du récif sont affectées. Sur des centaines de kilomètres, les coraux qui avaient autrefois de belles couleurs sont maintenant blancs, ou gris ; ils se cassent et se couvrent de bactéries.
Les coraux sont des créatures très sensibles. Ce sont de minuscules polypes qui recueillent des algues qui convertissent la lumière du soleil en nourriture. Ils forment des colonies colorées qui construisent une structure calcaire – le récif – sur laquelle elles se développent. Les coraux prospèrent dans l’eau chaude, mais seulement jusqu’à une certaine température. Un excès de deux ou trois degrés peut les tuer.
Les températures de février, pendant l’été dans l’hémisphère sud, étaient bien au-dessus de la limite acceptable pour les coraux. Ce fut le mois le plus chaud jamais enregistré pour la température de l’eau à proximité du récif. Elle était de 0,5 à 1,5°C supérieure à ce qu’elle est habituellement en mars. Dans la partie sud de la Grande Barrière, près du rivage, la température de l’océan était de 2 à 3°C supérieure à la moyenne. Elle était parfois supérieure de plus de 3 degrés Celsius é la moyenne pour cette période de l’année.
Les espèces les plus susceptibles de blanchir et de mourir sont le corail vinaigrier – ou corne de cerf – et d’autres coraux digitiformes, avec des racines et ramifications dont les espaces permettent à de nombreux types de poissons de nager et d’obtenir une protection. Les espèces qui semblent les plus résistantes sont les coraux en forme de dôme, connus sous le nom de coraux cerveaux, qui jouent un rôle important dans la protection contre l’érosion côtière, mais sont moins recherchés par les poissons et autres animaux sauvages.
La hausse de la température de l’eau et ses conséquences pour les coraux pourrait avoir un sérieux effet domino à plus grande échelle. Des centaines de millions de personnes tirent l’essentiel de leurs protéines des poissons des récifs, comme la truite de corail qui est déjà affectée par le blanchissement de la Grande Barrière. De nombreux scientifiques craignent que la perte de cet approvisionnement alimentaire ne devienne une crise humanitaire.
Les coraux ont commencé à montrer des signes de stress en janvier, au moment où les incendies de végétation en Australie étaient les plus intenses. Après une période de temps plus frais en février, la hausse des températures s’est poursuivie de fin février à mars. Les scientifiques ont découvert des coraux morts dans des récifs peu profonds, mais aussi dans des sites plus profonds où ils étaient censés être mieux protégés.
Il convient de rappeler que les scientifiques avaient affirmé il ​​y a 20 ans que les récifs coralliens seraient menacés si les humains ne s’attaquaient pas au changement climatique. Des actions significatives ont été mises sur pied par le gouvernement australien pour protéger la Grande Barrière de Corail. Les travaux déjà entrepris pour améliorer la résilience du récif vont se poursuivre. Le gouvernement investit 1,9 milliard de dollars dans la protection de la Grande Barrière de Corail grâce à des techniques scientifiques et environnementales de pointe. Des investissements supplémentaires pour protéger la couverture corallienne grâce aux étoiles de mer couronnes d’épines (Acanthaster planci), aux programmes de qualité de l’eau, à la surveillance de pointe des environnements récifaux jouent également un rôle clé dans le la protection de la Grande Barrière. Reste à savoir si ces efforts seront suffisants pour freiner le blanchissement galopant des récifs coralliens. .
Source: Presse internationale.

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One major consequence of climate change and global warming is the bleaching of coral reefs. The situation is getting more and more worrying on the Great Barrier Reef in Australia. New data released in early April shows example the effects of the phenomenon on this 2,400-kilomere natural wonder.

The mass bleaching indicates that corals are under intense stress from the waters around them, which are getting hotter and hotter. The world’s oceans absorb 93 percent of the heat trapped by the human-made greenhouse gases into the atmosphere. As a result, they are warming up 40 percent faster on average than scientists estimated six years ago.

According to one recent study, 2019 was the hottest year on record for the world’s oceans. For corals, the stress caused by the warming waters usually leads to death. In the past, they might have recovered after the water cooled, a process that could take 10 to 15 years. Now, a wide range of species of coral reefs all over the world are experiencing mass die-offs. Roughly 30 % of the corals on the Great Barrier Reef died after the 2016 bleaching, which was the worst event since 1998.

The 2020 bleaching appears to rank second only to 2016. Scientists have noticed an acceleration in bleaching during the past years. There was a 14-year gap between 2002 and 2016, whereas three severe events occurred during the past five years.

The Great Barrier Reef is not entirely dead, but in many areas of the reef, hundreds of kilometres, corals that were once colourful are now white, brittle and broken, or grey and covered with bacteria.

Corals are very sensitive creatures. They are tiny polyps that gather algae that convert sunlight into food, forming colourful colonies that build a limestone structure – the reef – on which to live. They thrive in warm water, but only up to a point: Just two or three degrees of excess warming can kill them.

Temperatures in February, during the Southern Hemisphere summer, were far above the acceptable limit for corals. It was the warmest month on record for water temperatures near the reef. They were 0.5 to 1.5°C higher than what they usually are in March. In the southern parts of the marine park close to shore, ocean temperatures were 2 to 3°C above average. with readings in some places peaking at more than 3 degrees Celsius above average for the time of year.

The species most likely to bleach and die are staghorn coral and other root and branch corals with spaces that allow many kinds of fish to swim and gain protection. The species that seem hearty enough to survive tend to be dome-like corals, known as brain corals, which play a role in protecting against coastal erosion but are less valuable to fish and other wildlife.

The ripple effect of warmer water temperatures on corals could be significant. Hundreds of millions of people get their protein primarily from reef fish like the coral trout, which is already being affected by the bleaching events on the Great Barrier Reef. Many scientists worry that the loss of that food supply could become a humanitarian crisis.

The corals started to show signs of stress in January, around the same time that Australia’s bush-fire crisis reached its apex. After a stretch of cooler weather in February, the overheating continued from late February through March, with scientists finding dead corals in shallow reef habitats, and bleaching in deeper reef slopes that were believed to be better protected.

It should be remembered that scientists had warned 20 years ago that coral reefs would be at risk if humans did not address climate change. Actions to support the resilience of the Great Barrier Reef are now more important than ever. The Australian government is ready to continue to deliver the work already being undertaken to enhance the resilience of the reef. It is investing $1.9 billion in protecting the Great Barrier Reef through world-leading science and practical environmental outcomes. Additional investments to protect coral cover through crown-of-thorns starfish control (Acanthaster planci), water quality programs, state-of-the-art monitoring of reef environments and reef adaptation are also playing key roles in supporting the Reef. But will all these efforts be enough to slow down the very rapid bleaching of coral reefs?

Source: International press.

Image satellite de la Grande Barrière de Corail (Source : NASA)

 
 

Photos: C. Grandpey

Piton de la Fournaise : Cheveux de Pélé = Danger ! // Pele’s hair = A major hazard !

L’éruption du Piton de la Fournaise est terminée et c’est tant mieux pour les communes autour du volcan. Comme je l’indiquais dans ma note d’hier matin, le vent rabattait le panache de gaz sur la région sommitale où l’on observe une abondance de cheveux de Pélé. Il s’agit de longs filaments de lave très fluides et leur légèreté leur permet d’être transportés par le vent. Ils sont appelés ainsi, par référence à Pélé, la déesse du feu et des volcans dans la mythologie hawaïenne.

En dehors du sommet du Piton de la Fournaise, ces cheveux de Pélé sont aussi observés dans la région du Tampon et dans la Plaine des Cafres, ce qui suscite l’inquiétude des éleveurs. En effet, ces très fins filaments de lave, fins d’un demi millimètre, se déposent dans les pâturages et font courir un risque mortel au bétail. Ils sont également dangereux pour la population. Leur inhalation ou leur ingestion revient à faire pénétrer de fines aiguilles tranchantes dans les poumons et le système digestif.

Source : Presse réunionnaise.

D’un point de vue historique, il semblerait que l’appellation « cheveux de Pélé » remonte au 19ème siècle où le phénomène a été observé pour la première fois à Hawaii.

En fonction de la viscosité de la lave et de la force du vent, les cheveux de Pélé peuvent ne pas s’étirer complètement en filaments. Ces derniers se terminent alors par une goutte plus ou moins grosse, appelée « larme de Pélé »  En fonction de la finesse des filaments et de la force du vent, les cheveux de Pélé peuvent être transportés à des kilomètres du lieu de leur formation, comme c’est le cas en ce moment sur l’île de la Réunion.

Les cheveux de Pélé se présentent parfois sous forme de tignasses, voire de tapis, comme ce fut le cas sur le Kilauea (Hawaii) à l’époque où un lac de lave s’agitait dans le cratère de l’Halemaumau.

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The eruption of Piton de la Fournaise is over and it is a good thing for the municipalities around the volcano. I indicated in yesterday’s post that the wind was pushingg the gas plume over the summit area where there was also an abundance of Pele’s hair. They are long, very fluid lava filaments and their lightness allows them to be carried away by the wind. They are so called, by reference to Pele, the goddess of fire and volcanoes in Hawaiian mythology.
Beside the summit of Piton de la Fournaise, Pele’s hair is also observed in Le Tampon region and in the Plaine des Cafres, which raises the concern of breeders. Indeed, these very thin filaments of lava, half a millimetre fine, are deposited in pastures and pose a deadly risk to the cattle. They are also dangerous to the population. Inhaling or ingesting them amounts to introducing fine, sharp needles into the lungs and digestive system.
Source: Local press.

From a historical point of view, it seems that the name « Pele’s hair » dates back to the 19th century when the phenomenon was first observed in Hawaii.
Depending on the viscosity of the lava and the strength of the wind, Pélé’s hair may not stretch completely into filaments. The latter then end in more or less large drops, called « Pele’s tears » Depending on the fineness of the filaments and the strength of the wind, Pele’s hair can be carried away over kilometres by the wind, as this is currently happening on Reunion Island.
Pele’s hair sometimes appears in the form of mops, or even carpets, as was the case on Kilauea Volcano (Hawaii) when a lava lake ould be observed in Halemaumau Crater.

La déesse Pélé dans la Volcano House du Kilauea (Hawaii) [Photo: C. Grandpey]

Cheveux de Pélé  en paillettes, brillant comme de l’or à la surface de coulées de lave sur le Kilauea (Photo: C. Grandpey)

On observe parfois des tignasses de cheveux de Pélé en bordure des bouches éruptives (Photo: C. Grandpey)

(Photo: C. Grandpey)

Tapis de cheveux de Pélé à proximité du cratère du Pu’uO’o à Hawaii (Photo: C. Grandpey)

Accumulation de cheveux de Pélé aux abords du cratère de l’Halema’uma’u à Hawaii (Photo: USGS / HVO)

Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion) : Fin de l’éruption ? // End of the eruption ?

13h30 (heure métropole) : L’Observatoire vient d’indiquer qu’une forte chute de l’intensité du tremor a été observée aujourd’hui vers 13h30 (heure locale), annonçant la fin de l’éruption.

Aucune hypothèse n’est écartée quant à l’évolution de la situation à venir : arrêt définitif ? Reprise de l’activité ?  On note toutefois une forte chute de l’activité sismique depuis la fin de l’éruption. (NDLR : Cette dernière sismicité peut avoir marqué la vidange définitive de la chambre magmatique superficielle, avec des effondrements accompagnant le phénomène. Le comportement éruptif du volcan pendant les mois à venir confirmera ou infirmera cette hypothèse).

Un vol de reconnaissance de la SAG et du PGHM réalisé le 6 avril au matin a permis de se rendre compte que front de coulée actif se situait à 360 m d’altitude soit à environ 2 km de la RN 2.

De fortes quantités de cheveux de Pelé ont été observées dans les secteurs situés au nord du volcan, notamment dans le secteur de La Plaine des Cafres où ils ont formé des pelotes de plusieurs dizaines de centimètres.

Une note spéciale sera consacrée aux cheveux de Pélé sur ce blog demain matin.

Source : OVPF.

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1:30 p.m. (Paris time): The Observatory has just indicated that a sharp drop in the intensity of the tremor was observed today around 1:30 p.m. (local time), announcing the end of the eruption.
No hypothesis is ruled out as for the evolution of the situation : final stop? Resumption of activity? However, there has also been a sharp drop in seismic activity since the end of the eruption. (Editor’s note: This last seismicity may have marked the final emptying of the shallow magma chamber, with collapses accompanying the phenomenon. The eruptive behaviour of the volcano during the coming months will confirm or invalidate this hypothesis).
An overflight by the SAG and the PGHM carried out on the morning of April 6th revealed that the active flow front was at an altitude of 360 m, approximately 2 km from the RN 2.
Large quantities of Pele’s hair have been observed in the areas north of the volcano, especially in the Plaine des Cafres area where they formed balls of several tens of centimetres.
A special post will be devoted to Pele’s hair on this blog tomorrow morning.
Source: OVPF.

La chute brutale du tremor marque probablement la fin de l’éruption (Source: OVPF)

Voici trois photos souvenirs de cette éruption. Elles sont signées Jean-Luc Allègre, photographe professionnel, que je salue très amicalement.

Crédit photo : Jean-Luc Allègre

Eruption du Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion): Dernières nouvelles // Latest news

 8 heures (heure métropole) : L’éruption continue, avec une forte sismicité toujours enregistrée sous la partie sud-est du cratère Dolomieu. L’OVPF précise que ces séismes témoignent de la fragilisation du milieu, soit par une circulation de fluide ou la vidange d’un réservoir, très certainement en lien avec l’alimentation du site éruptif et son regain d’activité. L’observatoire confirme la crainte que j’exprimais hier, à savoir un risque d’effondrement du cratère Dolomieu, ou d’une partie du cratère. En conséquence, la mission de terrain prévue par une équipe de l’OVPF pour réparer une station de surveillance endommagée par l’éruption est annulée.

La coulée est toujours très active. Alors que la branche nord semblait avoir cessé de progresser hier soir, l’attention se focalise désormais sur la branche la plus au sud. La gendarmerie de Sainte Rose va se rendre sur place pour un suivi régulier de son évolution.

Un fort panache de gaz, surtout de SO2, recouvre actuellement la partie sommitale du Piton de la Fournaise car le vent rabat le panache sur ce secteur où on relève aussi une abondance de cheveux de Pele. .

Source : OVPF.

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 8 a.m. (Paris time): The eruption continues, with a strong seismicity still recorded under the south-eastern part of the Dolomieu Crater. OVPF specifies that these earthquakes testify to the weakening of this area, either by a circulation of fluid or the emptying of a reservoir, most certainly in connection with the supply of the eruptive site and its renewed activity. The observatory confirms the fear that I expressed yesterday, namely a risk of collapse of the Dolomieu Crater, or a part of the crater. As a result, the field mission planned by an OVPF team to repair a monitoring station damaged by the eruption is cancelled.
The lava flow is still very active. While the northern branch seemed to have stopped advancing last night, attention is now focused on the southernmost branch. The gendarmerie of Sainte Rose will go on site for regular monitoring of its progress.
A strong plume of gas, especially SO2, currently covers the summit of the volcano because the wind is sending the plume over this sector where there is also plenty of Pele’s hair. .
Source: OVPF.

Image thermique des coulées de lave le 5 avril 2020 vers 20 heures (Source : OVPF)

Passé, présent et futur sur le Mauna Loa (Hawaii) // Past, present and future on Mauna Loa (Hawaii)

Dominant la Grand Ile d’Hawaii de ses 4170 mètres, le, Mauna Loa est l’un des volcans les plus actifs sur Terre. Il est entré en moyenne en éruption tous les 5 à 6 ans au cours des 3 000 dernières années.
Les éruptions peuvent se produire dans différents secteurs du volcan: au sommet, en général dans la caldeira Moku’weweoweo ; le long de l’une des zones de rift nord-est et sud-ouest, ou à partir de bouches radiales à l’extérieur de la caldeira et sur des zones de rift sur les flancs nord et ouest du volcan.
Depuis 1843, Mauna Loa est entré 33 fois en éruption. Parmi ces éruptions historiques, environ la moitié ont commencé au sommet et sont restées confinées dans la zone sommitale. 24% des éruptions ont commencé au sommet puis, au bout de quelques minutes ou quelques jours, elles ont migré vers la zone de Rift Nord-est. 21% ont commencé au sommet puis ont migré vers des altitudes plus basses le long de la zone de Rift Sud-ouest. Environ 6% des éruptions se sont produites au niveau de bouches radiales, mais ces éruptions historiques avaient également une relation avec le sommet.

L’Observatoire des Volcans d’Hawaii (HVO) surveille le Mauna Loa 24 heures sur 24. Un vaste réseau d’instruments a été mis en place, avec des sismomètres, des inclinomètres, des stations GPS et des webcams, ainsi que des capteurs de température, de SO2 et de CO2. Ces instruments transmettent les données en temps réel au HVO 24 heures sur 24, sept jours sur sept.

Que ce soit pour les éruptions volcaniques ou les autres événements géologiques, le passé est essentiel pour comprendre le futur. C’est pourquoi, pour anticiper le déroulement de la prochaine éruption du Mauna Loa, le HVO se tourne vers le passé.
Au vu des éruptions passées du Mauna Loa, les scientifiques du HVO s’attendent à ce que la prochaine commence au sommet du volcan. Malheureusement, il n’est pas possible de savoir si elle restera confinée au sommet, si elle migrera vers l’une des zones de rift, ou si elle comportera une éruption radiale. Les volcanologues  ne le saurons qu’en observant le processus éruptif.

Comme nous sommes en avril, il est intéressant d’observer les éruptions du Mauna Loa qui se sont produites au cours de ce mois.
En 1942, une éruption a commencé le 26 avril. C’était au moment de la Seconde Guerre mondiale et l’éruption s’est déroulée dans la plus grande discrétion à Hawaï. Les autorités américaines craignaient que l’armée japonaise puisse utiliser la forte lueur émise de nuit par la lave pour guider leurs avions de guerre vers l’archipel hawaiien. L’éruption a commencé sur la lèvre ouest de la caldeira sommitale du Mauna Loa, avant de migrer vers la Zone de Rift Nord-est.

La troisième plus longue éruption sommitale de l’histoire du Mauna Loa a commencé le 7 avril 1940. Des fontaines de lave de 20 à 60 mètres de hauteur ont tout d’abord jailli le long d’une ligne de fissures entre le centre de la caldeira sommitale et une zone sur le flanc sud-ouest du volcan. Le lendemain soir, l’éruption, qui a duré 134 jours, se limitait à la partie sud-ouest de la caldeira. Là, des bouches actives ont construit un cône de cendres et de projections de 100 mètres de haut, encore bien visible aujourd’hui sur le plancher de la caldeira.
Le 10 avril 1926, une éruption a commencé au sommet du Mauna Loa, mais des fissures ont rapidement migré sur 5 kilomètres le long de la Zone de Rift Sud-ouest du volcan. Trois jours plus tard, l’éruption a continué à migrer le long de la zone de rift ; trois bouches sont restées actives entre 2200 et 2400 mètres d’altitude et ont émis de volumineuses coulées de lave «a». La coulée  principale s’est rapidement dirigée vers la mer en détruisant au passage le petit village et le port de Ho`ōpūloa le 18 avril. Cette éruption de courte durée, mais destructrice, s’est terminée le 26 avril.
En 1896, une éruption sommitale de 16 jours a commencé le 21 avril.
Une autre éruption sommitale du Mauna Loa a commencé le 20 avril 1873 et a duré 18 mois.

Au moment où j’écris ces lignes, le Mauna Loa n’est pas en éruption. Son niveau d’alerte reste à ADVISORY (Vigilance conseillée). Des séismes de faible magnitude sont souvent enregistrés dans la partie supérieure du volcan, mais cela ne signifie pas qu’une éruption est sur le point d’avoir lieu. Les instruments montrent que la lente inflation sommitale se poursuit. La température des fumerolles et les concentrations de gaz dans la Zone du Rift Sud-Ouest restent stables.
Source: USGS / HVO.

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On Hawaii Big Island, Mauna Loa (4,170 m) is one of the most active volcanoes on Earth. It has erupted, on average, every 5 to 6 years during the past 3,000 years.

Eruptions may occur in different areas of the volcano: at the summit, typically within the Moku‘āweoweo caldera, along one of the Northeast and Southwest Rift Zones, or from radial vents outside the caldera and rift zones on the volcano’s north and west flanks.

Since 1843, Mauna Loa has erupted 33 times. Of these historic eruptions, about half started at the summit and stayed in the summit area. 24% of the eruptions started at the summit and then, within minutes to days, migrated down the Northeast Rift Zone. 21% started at the summit and then migrated to lower elevations along the Southwest Rift Zone. Around 6% of the eruptions occurred at radial vents, but those historical eruptions also had a summit component.

The Hawaiian Volcano Observatory (HVO) is monitoring Mauna Loa 24 hours. To track changes on the volcano, an extensive network of instruments has been set up, including seismometers, tiltmeters, GPS stations and webcams, as well as temperature, SO2 and CO2 sensors. These instruments transmit real-time data to HVO 24 hours a day, seven days a week.

With volcanic eruptions and other geologic events, the past is the key to the future. So, to understand what might happen during the next Mauna Loa eruption, HVO looks to the past.

Given what we know about past Mauna Loa eruptions, HVO scientists expect that the next one will begin at the summit of the volcano. Unfortunately, it is not possible to know if it will stay at the summit, if it will migrate down one of the rift zones, or if it will result in a radial vent eruption. That will only be revealed as the eruption progresses.

As we are in April, it is interesting to observe the Mauna Loa eruptions that occurred during this month.

In 1942, an eruption began on April 26th. With World War II underway, news blackouts were imposed on Hawaii. American officials feared that if the eruption was publicized, the Japanese military could use the bright glow of lava at night to guide warplanes to the islands. The eruption began on the western rim of Mauna Loa’s summit caldera but then migrated down the volcano’s Northeast Rift Zone.

Mauna Loa’s third-longest summit eruption in recorded history began on April 7th, 1940. Lava fountains 20-60 metres high initially erupted along a line of fissures extending from near the centre of Mauna Loa’s summit caldera to an area down the volcano’s southwest flank. By the next evening, the eruption, which lasted 134 days, was restricted to the southwestern part of the caldera. There, active vents built a 100-metre high cinder-and-spatter cone, which remains a prominent landmark on the caldera floor today.

On April 10th, 1926, an eruption began at the summit of Mauna Loa, but fissures soon migrated 5 kilometres down the volcano’s Southwest Rift Zone. Three days later, the eruption migrated farther down the rift zone, with three main vents between 2,200 and 2,400 metre elevation, sending massive ‘a’ā flows downslope. The main flow rapidly advanced toward the sea, where it destroyed the small village and harbour at Ho`ōpūloa on April 18th. This short-lived, but destructive, eruption ended on April 26th.

In 1896, a 16-day-long summit eruption on Mauna Loa began on April 21st.

Another Mauna Loa summit eruption started on April 20th, 1873, and lasted 18 months.

As I am writing these lines, Mauna Loa is not erupting. Its alert level remains at ADVISORY. Small-magnitude earthquakes are often recorded beneath the upper elevations of the volcano, but they do not mean an eruption is about to take place. Monitoring data show that slow summit inflation continues and fumarole temperature and gas concentrations on the Southwest Rift Zone remain stable.

Source: USGS / HVO.

Vue aérienne du sommet du Mauna Loa (Crédit photo : USGS)

Dans la caldeira sommitale (Photo : C. Grandpey)

Caldeira sommitale avec le cône de 1940 (Photo: C. Grandpey)

Zones éruptives du Mauna Loa (Source: USGS / HVO)

Coulée de lave de 1926 (Photo: C. Grandpey)

En cas d’éruption…(Photo : C. Grandpey)

 

Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion) : Dernières nouvelles // Latest news

8 heures (Heure métropole) : L’équipe scientifique de l’OVPF étant confinée, la surveillance de l’éruption du Piton de la Fournaise se fait à distance à l’aide des nombreux capteurs et des caméras installés sur le volcan.

En ce dimanche matin, l’éruption continue et le tremor affiche des valeurs stables. On note toutefois une nette reprise de la sismicité sous la zone sommitale avec pour conséquence la perte des données de l’une de ses stations située à proximité de la fissure éruptive. C’est pourquoi une demande de reconnaissance aérienne via la Section Aérienne de Gendarmerie (SAG) a été demandée afin d’avoir un retour visuel de la situation au niveau du site éruptif et voir si d’éventuelles nouvelles fissures se seraient ouvertes. Les émissions de CO2 dans le sol dans les secteurs de la Plaine des Cafres, Plaine des Palmistes connaissent de nouveau une hausse qui pourrait traduire la poursuite d’une ré-alimentation magmatique profonde.

Une acquisition  satellitaire a permis de constater le 4/4/2020 à 18h52 (heure locale) que le front de coulée se situait aux alentours de 800 m d’altitude (contre 1000 m d’altitude le 03/04 matin), soit environ à 3,3 km (contre 3,8 km le 03/04 matin) de la RN2.

La lave atteindra-t-elle la route? Personne ne le sait! Comme on peut lire dans le toujours excellent Journal de l’Ile, « sauf maintien ou augmentation de débit, ce n’est pas pour demain. »  La lave a mis déjà trois jours pour parcourir les 4 km les plus faciles avec la  descente des Grandes pentes. Il lui reste désormais 2,7 km de pente peu soutenue où elle ralentira forcément sa progression. Il na faudrait pas oublier, non plus, que le Piton nous a aussi habitués à cesser brusquement toute activité!

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14 heures (heure métropole) : Le survol du site éruptif souhaité par l’OVPF a été effectué par les gendarmes du SAG vers 10h30 (heure locale). Le front de coulée a pu être localisé avec précision. Il se situait à 550 m d’altitude soit à environ 2,7 km de la RN 2 (contre 800 m d’altitude et 3 km de la route le 4 avril dans la soirée).

L’OVPF indique qu’à partir de 400m d’altitude la pente sera nettement moins forte, ce qui aura pour conséquence de ralentir la progression de la lave.

Source : OVPF.

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8:00 (Paris time) : Because of the lockdown, the OVPF scientific team is monitoring the eruption of Piton de la Fournaise from a distance using the numerous sensors and cameras installed on the volcano.
On this Sunday morning, the eruption continues and the tremor displays stable values. There is, however, a clear resumption of seismicity under the summit area; it caused the loss of data from one of the stations located near the eruptive fissure. This is why OVPF asked for aerial reconnaissance via the Air Force Gendarmerie Section (SAG) in order to have a visual feedback of the situation at the eruptive site and to see if any new fissures have opened. CO2 emissions in the soil in the Plaine des Cafres and Plaine des Palmistes are once again on the rise, which could reflect the continuation of deep magma feeding.
A satellite acquisition made it possible to note on April 4th,/2020 at 18:52 (local time) that the flow front was around 800 m above sea level (against 1000 m above sea level on April 3rd in the morning), or approximately 3.3 km (compared to 3.8 km on April 3rd in the morning) from RN2.

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14:00 (Paris time) :The above mentioned overflight of the eruptive site was carried out by the SAG gendarmes at about 10:30 am (local time). The flow front could be located with precision. It was 550 m above sea level, about 2.7 km from RN 2 (compared to 800 m above sea level and 3 km from the road on the evening of April 4th).
OVPF indicates that from 400m above sea level the slope will be much less steep, which will slow down the progression of the lava.
Source: OVPF.

 

Position de la coulée au vu des images satellitaires (Source: OVPF)

Photo prise par les gendarmes au cours du survol de ce matin

La vérité sur l’ours polaire // The truth about polar bears

L’ours, qu’il soit brun, noir ou blanc, reste une créature presque mythique. Nous l’avons vu au cinéma, à la télévision ou au zoo, et le nounours en peluche a souvent bercé notre enfance.
S’agissant des ours polaires (Ursus maritimus), on a entendu tout et n’importe quoi ces dernières années à propos de leur nombre. Certaines voix disent qu’il augmente, tandis que d’autres affirment que l’espèce est au bord de l’extinction.
Cette confusion sur le nombre d’ours polaires est assez normale car certaines populations augmentent, tandis que d’autres diminuent. Il n’existe pas de population uniforme de ces plantigrades. Les chercheurs les ont répertoriés en 19 sous-populations.
On observe une diminution du nombre de populations à proximité de la baie d’Hudson au Canada, car la glace de mer fond rapidement, jusqu’à disparaître, et les ours de la région dépendent de la glace de mer pour leur survie. La population d’ours polaires dans cette zone a diminué de 24% en 30 ans avec 850 animaux aujourd’hui contre 1200 dans le passé. Les ours polaires près de Churchill (Manitoba) sont souvent affamés et doivent se diriger vers le nord pour chasser les phoques qui constituent l’essentiel de leur nourriture. Cependant, les sous-populations les plus septentrionales se maintiennent et certaines voient même leur nombre augmenter.
Un facteur clé de la survie de l’ours polaire est la présence de glace de mer. Les scientifiques ont observé une très forte corrélation entre la disparition de la glace de mer et la densité des ours polaires. Les chercheurs de Polar Bear International signalent une perte de glace moins spectaculaire dans les régions situées au nord de la baie d’Hudson où les populations d’ursidés restent stables ; certaines sont même en augmentation.
En raison du très vaste habitat de l’ours polaire, la précision des données concernant les populations peut varier considérablement. Dans les zones plus proches de la civilisation, comme la baie d’Hudson, les données sont facilement accessibles, mais pour la zone proche de la côte russe, qui est un territoire inhabité, il n’y a presque pas de données. Le comptage des ours polaires s’effectue de plusieurs manières. Des méthodes traditionnelles sont encore utilisées aujourd’hui, avec les relevés aériens et le marquage d’animaux. Une fois que les ours sont repérés par la voie aérienne, les chercheurs au sol immobilisent et marquent les ours individuellement et voient combien sont identifiés sur une certaine période de temps. Une nouvelle technique utilisée est le marquage génétique: grâce à des échantillons de poils ou à une biopsie cutanée obtenus lors de l’immobilisation de l’ours. Les chercheurs peuvent alors identifier génétiquement des ours individuellement. Cela permet d’obtenir des données plus précises.
Les ours polaires sont-ils appelés à disparaître complètement ? La plupart des scientifiques restent optimistes. Alors que la glace de mer fondra probablement dans sa totalité dans les régions les plus au sud, le WWF s’efforce de protéger une vaste zone connue sous le nom de Last Ice Area située entre le Canada et le Groenland et où la glace de mer devrait persister pendant l’été.
Avec environ 22 000 à 31 000 ours polaires encore en vie dans le monde, la survie de ces animaux est un enjeu majeur. Contrairement à ce que prétendent beaucoup de gens, les ours polaires ne vont pas disparaître au cours des prochaines années. Au vu des estimations actuelles il y aura un déclin d’un tiers de leur population d’ici 2050. La survie des ours polaires dépendra des décisions prises pour ralentir le réchauffement climatique d’ici la fin de ce siècle. Une chose est sure : Sans glace de mer, il n’y aura plus d’ours polaires.
Source: Global News.

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The bear, whether brown, black or white, remains an almost mythical creature, with many of us having seen them on a screen or at the zoo, and having cuddled teddy bears as babies.

As far as polar bears (Ursus maritimus) are concerned, there has been confusion in recent years over whether polar bear numbers are increasing, or they are on the brink of extinction.

The confusion over polar bear numbers is justified, as some populations are increasing, while others are declining. There is not a uniform population of these plantigrades. They cannot be viewed as one whole, as researchers have categorized them into 19 subpopulations.

There is a decline in numbers in populations located near Hudson Bay as sea ice completely melts in the summer, and these bears are dependent on sea ice for survival. The polar bear population in this area has declined by 24% in 30 years with 850 animals today versus 1200 in the past. Polar bears near Churchill, Manitoba, are often going hungry or travelling north for a longer seal-hunting season. However, subpopulations farther north are holding steady, with some even reporting an increase in numbers.

One key factor in polar bear survival is the presence of sea ice. Scientists have observed a very strong correlation between sea ice loss and changes in polar bears’ abundance. Researchers at Polar Bear International are reporting less dramatic ice loss at regions north of Hudson Bay, and this is contributing to these populations remaining stable, with some even increasing.

Due to the large area that the polar bear region covers, data accuracy can vary immensely. In areas closer to civilisation, like Hudson Bay, the data is easily accessible, but for the area near coastal Russia, which is uninhabitable territory for humans, there is almost no data. Polar bear counts are conducted in several ways. Several traditional methods still employed today are aerial surveys and mark-and-recapture, where researchers on the ground tag individual bears and see how many are recaptured over a period of time. A newer method that is used is genetic mark-and-capture: Through hair samples or skin biopsy you can genetically identify individual bears. This allows for more accurate data.

As for whether or not polar bears will go completely extinct, most scientists remain optimistic. While sea ice may completely melt in southern regions, WWF is working on an initiative to protect an area known as the Last Ice Area. This is a large northern area between Canada and Greenland where summer sea ice is expected to persist.

With an estimated 22,000 to 31,000 polar bears left around the world, the survival of these animals is critical. Polar bears are not going to be extinct in the next few years, as many people say. According to the current estimate, by 2050 there will be a one-third decline in the population. What needs to be remembered is the decisions that we make right now are very important, as we are making decisions about the climate for the rest of the century. With no polar ice, there will not be polar bears.

Source: Global News.

Ours polaire dans le Manitoba (Photo: C. Grandpey)