À la recherche des caldeiras sous-marines // In search of underwater calderas

J’ai souvent écrit sur ce blog que nous connaissons mieux la surface de la planète Mars que les profondeurs des océans terrestres. C’est dommage, car c’est au fond de nos océans que se trouvent les zones de subduction, à l’origine de séismes destructeurs et de puissantes éruptions.
Il est bien connu que la majeure partie de l’activité volcanique terrestre se déroule sous la surface des océans. Pourtant, les cicatrices laissées par les éruptions sous-marines restent en grande partie invisibles.
Au travers d’une étude assistée par intelligence artificielle portant sur les fonds marins, une équipe scientifique dirigée par le volcanologue Andrea Verolino, de l’université Paris-Saclay (France), a identifié 73 caldeiras volcaniques jusqu’alors inconnues, dissimulées au fond des océans.
Rappelons que les caldeiras sont de vastes dépressions semblables à des cratères ; elles se forment lorsqu’un volcan vide sa chambre magmatique et que le sol en surface s’effondre sur lui-même. Certaines caldeiras sont éteintes depuis longtemps, mais d’autres témoignent de systèmes volcaniques susceptibles d’entrer à nouveau en éruption.
Dans un article publié dans la revue Communications Earth & Environment, les chercheurs expliquent que leur «ensemble de données comble un vide majeur en matière d’observation et fournit un cadre reproductible et évolutif pour la caractérisation des volcans sous-marins, soulignant la nécessité d’intégrer les caldeiras sous-marines dans les futures évaluations mondiales du volcanisme ».
L’essentiel de l’activité volcanique terrestre se produit sous la mer, là où les plaques tectoniques s’écartent, entrent en collision ou glissent les unes sous les autres. Ces zones de contact dynamiques permettent au magma de remonter vers la surface, édifiant des volcans sur les fonds océaniques.
Si la majeure partie de l’activité volcanique sous-marine consiste en des éruptions basaltiques relativement modérées le long des dorsales océaniques, les caldeiras sous-marines peuvent parfois générer des éruptions colossales accompagnées de tsunamis, d’ondes de choc, de panaches de cendres et d’énormes quantités de vapeur lorsqu’elles se produisent dans les profondeurs de l’océan. L’éruption du Hunga Tonga-Hunga Haʻapai, dans l’archipel des Tonga en 2022, fut d’une ampleur considérable. Elle a généré des ondes de pression atmosphérique atteignant l’espace, des tsunamis, et causé des dégâts à des milliers de kilomètres de distance. J’ai consacré plusieurs notes à cet événement.
Si nous ignorons où se trouvent ces caldeiras sous-marines, nous ne pouvons pas savoir lesquelles ont besoin d’être surveillées. Avant cette nouvelle étude, moins de 30 caldeiras avaient été répertoriées sous les océans. Pour combler ce vide dans nos connaissances, l’équipe scientifique de l’Université Paris-Saclay a adapté un algorithme initialement prévu pour détecter des cratères d’impact sur Mars et les chercheurs l’ont appliqué à des cartes bathymétriques, c’est-à-dire des cartes représentant la topographie des fonds marins.
L’algorithme a d’abord repéré 87 435 caldeiras potentielles. Toutefois, la plupart d’entre elles se sont révélées être fausses. En appliquant une série de filtres puis en examinant manuellement les candidats restants, les chercheurs ont réduit leur liste finale à 78 caldeiras probables. Cinq de ces caldeiras – comme la caldeira de Niuatahi étaient déjà connues comme étant des caldeiras sous-marines. Cela a confirmé que la méthode était parfaitement adaptée à détecter des formations réelles.

Bathymétrie de la caldeira connue de Niuatahi, dans l’archipel des Tonga. (NOAA)

Cela signifie que les chercheurs ont découvert 73 caldeiras potentielles jusqu’alors inconnues. Si elle est confirmée, cette découverte permettra de plus que tripler le nombre de caldeiras sous-marines connues. Par ailleurs, l’algorithme pourrait être affiné pour en détecter davantage à l’avenir.
Ces découvertes révèlent également les zones où les caldeiras sous-marines sont le plus susceptibles de se former. Huit des structures nouvellement identifiées se situent au niveau de dorsales océaniques, à la frontière entre deux plaques tectoniques. Neuf caldeiras ont été repérées dans des arcs volcaniques. Enfin, 61 autres se trouvent dans des contextes tectoniques intraplaques.
Selon les chercheurs, sept de ces nouvelles caldeiras représentent des cibles d’intérêt pour de futures explorations ; en effet, leur localisation, leur profondeur et leur forme laissent supposer qu’elles pourraient jouer un rôle clé dans la compréhension des risques volcaniques sous-marins.
Il convient de noter que l’étude n’a pas cherché à déterminer si l’une de ces caldeiras était actuellement active. Toutefois, plusieurs études récentes ont montré que même des volcans considérés comme éteints peuvent se remplir discrètement de magma et redevenir actifs.
Source : ScienceAlert

Carte extraite de l’étude et montrant les nouvelles caldeiras

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I have often written on this blog that we know the surface of Mars better than the depths of Earth’s oceans. It’s a pity because deep in our oceans are located subduction zones that are the source of destructive earthquakes and powerful eruptions.

It is well known that most of Earth’s volcanic activity takes place underwater. Yet the scars those volcanoes leave behind are largely hidden.

Through an AI-assisted search of the seafloor, a scientific team led by volcanologist Andrea Verolino of Paris-Saclay University in France has identified 73 previously unknown volcanic calderas hidden beneath Earth’s oceans.

It is useful to remind that calderas are vast crater-like depressions left when a volcano empties enough of its underground magma chamber for the ground above to collapse in on itself. Some are long extinct, but others mark volcanic systems that could erupt again.

In a document published in Communications, Earth & Environment, the researchers explani that their »dataset fills a major observational gap and provides a reproducible, upgradeable framework for submarine volcano characterization, underscoring the need to incorporate submarine calderas into future global volcanic assessments. »

Most of Earth’s volcanic activity takes place beneath the sea, where tectonic plates are constantly pulling apart, colliding, and sliding beneath one another. These restless boundaries allow magma to rise toward the surface, building volcanoes across the ocean floor.

Most of the submarine volcanic activity consists of relatively gentle basaltic eruptions along spreading ridges, but every now and then, submarine calderas can generate enormous eruptions, tsunamis, shock waves, ash plumes, and tremendous amounts of steam as they explode deep under the ocean. The 2022 Hunga Tonga-Hunga Haʻapai event in the Tongan archipelago was enormous. It produced atmospheric pressure waves that reached space, widespread tsunamis, and damage thousands of kilometers away. I have written several posts about this explosion.

If we don’t know where submarine calderas are, we can’t know which ones deserve closer monitoring. Before the new study, fewer than 30 had been documented beneath the oceans.

To address this gap in our knowledge, the scientific team from Paris-Saclay University adapted an algorithm that was originally trained to detect impact craters on Mars, and applied it to bathymetric maps, namely maps that record the topography of the seafloor.

The algorithm initially flagged 87,435 possible formations. However, most of those were false alarms. By applying a series of filters and then manually inspecting the remaining candidates, the researchers narrowed their final list down to 78 likely calderas. Five of the candidates were already recognized as submarine calderas, lending confidence that the method can successfully identify real examples.

This means that the researchers found 73 possible calderas that we didn’t know about before. If confirmed, their discovery would more than triple the number of known submarine calderas, and the algorithm may be refined to find even more in the future.

The discoveries also reveal where submarine calderas are most likely to occur. Eight of the newly found features are at mid-ocean ridges at the boundary between two tectonic plates. Nine calderas are identified in volcanic arcs. 61 others are located in interior tectonic settings.

The researchers also highlighted seven of the newly identified calderas as interesting targets for future exploration because their location, water depth and shape suggest they could be important for understanding submarine volcanic hazards.

It’s important to note that the study did not assess whether any of these calderas are currently active. However, several recent studies have found that even volcanoes we think are extinct may be quietly refilling with magma and may become active in the future.

Source : ScienceAlert.

https://www.sciencealert.com/

Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques informations sur l’activité volcanique dans le monde, fournies par les observatoires et par le Global Volcanism Network de la Smithsonian Institution.

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L’effusion de lave, les coulées pyroclastiques, les épisodes de trémor et les émissions élevées de dioxyde de soufre (SO2) se poursuivent sur le Mayon (Philippines). Au cours de la semaine écoulée, le PHIVOLCS a enregistré 187 séismes volcaniques, 398 éboulements, 10 signaux associés à des coulées pyroclastiques tandis que les émissions de SO2 atteignaient une moyenne de 9 028 tonnes par jour. Les panaches de cendres s’élèvent souvent jusqu’à 1 200 m au-dessus du sommet.
Le niveau d’alerte 3 est maintenu pour le volcan.

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Toujours aux Philippines, une éruption modérément explosive s’est produite sur le Kanlaon le 9 juillet 2026 et a duré trois minutes. Le panache de cendres s’est élevé à une hauteur estimée entre 2 et 3 km au-dessus du sommet. Des coulées pyroclastiques ont dévalé les pentes supérieures du flanc sud-est sur une distance d’au moins 1 km. Des signalements sur les réseaux sociaux ont indiqué que des blocs atteignant 30 cm de diamètre avaient été éjectés dans un rayon de 5 km, touchant certains secteurs de la ville de Kanlaon (située à 10 km à l’est-sud-est) et de la province du Negros Oriental. Ces projections ont atteint une distance record depuis l’éruption du 3 juin 2024. Une onde de choc a également généré une détonation audible jusqu’à 35 km de distance. Des retombées de téphras ont été observées sur une bande longue et étroite s’étendant vers l’est, et concernant au moins 31 barangays répartis sur 12 municipalités et sept villes de trois provinces.
Le niveau d’alerte pour le Kanlaon reste fixé à 2 (sur une échelle de 0 à 5) ; il est demandé au public de ne pas pénétrer dans la zone de danger permanent (PDZ) d’un rayon de 4 km autour du volcan, et les pilotes sont invités à éviter de survoler les abords du sommet.
Source : PHIVOLCS.

Exemple de séquence éruptive sur le Kanlaon

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Le 11 juillet 2026, le Kīlauea (Hawaï) a commencé à montrer les signes précurseurs de l’Épisode 51n avec de faibles projections de lave au niveau de la bouche nord.

Le 14 juillet, le HVO a signalé la reprise d’une activité préliminaire de faible intensité, avec un débordement de lave depuis la bouche nord, puis de la bouche sud le 15 juillet. En conséquence, le HVO a fait passer le niveau d’alerte du Kilauea de « Advisory » (surveillance conseillée) à « Watch » (Vigilance), et a relevé la couleur de l’alerte aérienne du Jaune à l’Orange.

L’activité a commencé à s’intensifier fortement vers 6 heures (heure locale) le 15 juillet à la bouche nord et a évolué en fontaines en dôme, comme lors des épisodes précédents.

Vers 8h30, les fontaines en dôme ont évolué en fontaines de lave plus classiques et beaucoup plus hautes, comme lors des épisodes précédents. La bouche sud est restée inactive.

Selon le HVO, les fontaines de lave ont atteint 290 mètres de hauteur et les débits d’effusion ont culminé à environ 300 mètres cubes par seconde. Le panache de cette éruption s’est élevé jusqu’à 5 400 mètres au-dessus du niveau de la mer.

L’Épisode 51 a pris fin le 15 juillet 2026 à 16 h 46 (heure locale), après plus de huit heures ininterrompues de fontaines de lave. Les retombées de téphras se sont limitées à la zone du Parc national des volcans d’Hawaï. Aucune retombée n’a été signalée dans les zones habitées. Le volume de lave émis est estimé à 5,1 millions de mètres cubes. La lave a couvert environ 50 % du plancher du cratère de l’Halemaʻumaʻu.
La fin de l’Épisode 51 a vu le passage d’une phase de déflation sommitale à une phase de gonflement. Un Épisode 52 est fort probable dans les prochains jours.
Source : HVO.

Image webcam de l’Épisode 51

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Les signes d’un regain d’activité ont été observés sur le volcan sous-marin Ahyi (îles Mariannes du Nord) grâce à des images satellites au cours des dernières semaines. De petites zones d’eau décolorée ont été observées à moins de 500 mètres du volcan, les 1er, 7 et 11 juillet 2026. De tels phénomènes ont également été observés par intermittence sur des images satellites au cours des derniers mois. Ces zone de décoloration de l’eau de mers résultent probablement d’un dégagement de gaz dans la colonne d’eau ; ils pourraient aussi provenir d’un dégazage hydrothermal intense ou être associés à une éruption effusive.
L’activité éruptive du volcan sous-marin Ahyi peut présenter un danger pour les navigateurs se trouvant à proximité du volcan. La profondeur du sommet a diminué lors d’éruptions récentes pour atteindre 55 mètres sous le niveau de la mer. Toutefois, l’absence de données locales en temps réel rend impossible la prévision ou l’émission d’alertes concernant des éruptions imminentes.
Une éruption sous-marine explosive a été détectée par les sismomètres entre le 24 et le 25 avril 2001, grâce à une station située sur l’atoll de Rangiroa (archipel des Tuamotu). Une autre éruption a été détectée entre le 24 avril et le 17 mai 2014, à l’aide de données provenant de sismomètres installés sur des volcans des îles Mariannes du Nord et de réseaux d’hydrophones situés sur l’île de Wake. L’éruption de 2014 a formé un nouveau cratère près du sommet du volcan. L’activité éruptive la plus récente a débuté en 2022.
La couleur de l’alerte aérienne et le niveau d’alerte volcanique ont été relevés respectivement au Jaune et à Advisory (surveillance conseillée).
Source : USGS.

Source: USGS

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L’Alaska Volcano Observatory (AVO) m’a informé qu’une petite explosion du Korovin (complexe volcanique d’Atka / Alaska) a été détectée grâce aux données sismiques et infrasonores dans la matinée du 16 juillet 2026. La couleur de l’alerte aérienne et le niveau d’alerte volcanique ont été relevés respectivement à la couleur Jaune et à Advisory (surveillance conseillée). Aucune émission n’a été observée sur les images satellites. D’éventuelles retombées de cendres ne devraient guère s’étendre au-delà des flancs supérieurs du volcan.
Le complexe volcanique d’Atka constitue la partie nord de l’île d’Atka, située à environ 1 761 km au sud-ouest d’Anchorage. Ce complexe comprend plusieurs édifices récents, notamment le Korovin, le mont Kliuchef et le Sarichef. Le Korovin (1 553 m) est un stratovolcan qui a été le siège de la majeure partie de l’activité volcanique historique. Il est entré en éruption à plusieurs reprises au cours des 200 dernières années (notamment en 1973, 1987 et 1998) et a probablement connu de faibles émissions de cendres en 2005.
Source : AVO.

Vue du Korovin ‘Crédit photo: AVO)

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L’activité éruptive se poursuit sur le Krakatau (Indonésie). Des panaches de gaz et de cendres s’élèvent généralement jusqu’à 400 m au-dessus du sommet. Une incandescence est visible la nuit. Le niveau d’alerte reste à 3 (sur une échelle de 1 à 4) et il est demandé au public de se tenir à au moins 3 km du cratère actif.

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Toujours en Indonésie, une éruption s’est produite le 12 juillet 2026 au niveau du Kawah Dua (cratère nord) du Karangetang. Une faible activité strombolienne a projeté des matériaux incandescents à environ 100 m au-dessus du sommet, suivie d’une forte détonation qui a propulsé des matériaux incandescents à environ 300 m vers le sud-sud-ouest. Des coulées de lave et des matériaux incandescents ont dévalé les pentes sur 700 à 1 000 m vers le sud et le nord-nord-ouest, et sur 400 m vers l’ouest-sud-ouest. Les matériaux incandescents éjectés ont provoqué des incendies de végétation sur les flancs supérieurs du volcan. Le niveau d’alerte reste à 2 (sur une échelle de 1 à 4) et il est demandé au public de se tenir à au moins 1,5 km des deux cratères.
Source : PVMBG.

Zone à risque autour du Karangetang (Source: VSI)

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Le KVERT signale une effusion de lave continue ainsi qu’une activité explosive au niveau des dômes de lave du Jeune Sheveluch (Kamtchatka). Une anomalie thermique est détectée sur les images satellitaires la plupart su temps. Des explosions survenues le 9 juillet 2026 ont généré des panaches de cendres s’élevant à 10 km au-dessus du niveau de la mer, incitant le KVERT à relever la couleur de l’alerte aérienne au Rouge. Une explosion similaire s’est produite le 14 juillet, avec des panaches de cendres atteignant 10,5 km d’altitude ; la couleur de l’alerte aérienne a de nouveau été portée au Rouge. Aucune autre explosion n’a été enregistrée au cours de la journée et l’alerte aérienne a été ramenée à l’Orange.

Crédit photo: KVERT

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L’activité reste globalement stable sur les autres volcans mentionnés dans les bulletins précédents « Volcans du monde ».
Ces informations ne sont pas exhaustives. Vous pourrez en obtenir d’autres en lisant le rapport hebdomadaire de la Smithsonian Institution :
https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Here is some news about eruptive activity around the world, provided by observatories and the Smithsonian Institution’s Global Volcanism Network.

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Lava effusion, pyroclastic density currents (PDCs), volcanic tremors, and elevated sulfur dioxide (SO2) emissions continue at Mayon (Philippines). PHIVOLCS recorded 187 volcanic earthquakes, 398 rockfalls, 10 pyroclastic density current signals, and SO2 emissions averaging 9 028 tonnes/day. Ash plumes often rise 1 200 m above the summit.

Alert Level 3 is kept over the volcano.

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Still in the Philippines, a moderately explosive eruption at Kanlaon occurred on 9 July 2026 and lasted three minutes. The ash plume was estimated to have risen 2-3 km above the summit. Pyroclastic flows descended the upper SE flanks at least 1 km. Reports on social media indicated that rock fragments up to 30 cm in diameter were ejected within 5 km, impacting parts of Canlaon City (10 km ESE), Negros Oriental. The ejected ballistics represented the farthest reach of ballistic fragments since the 3 June 2024 eruption. A shockwave produced a booming sound heard up to 35 km away. Tephra fell within a long, narrow swath to the E in at least 31 barangays in 12 municipalities and seven cities of three provinces.
The Alert Level for Kanlaon remains at 2 (on a scale of 0-5); the public is asked to stay out of the 4-km-radius Permanent Danger Zone (PDZ) and pilots are advised to avoid flying close to the summit.

Source : PHIVOLCS.

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On July 11, 2026, Kīlauea (Hawaii) began showing precursor signs of Episode 51n with weak lava spattering at the north vent.
On July 14, the HVO reported a resumption of low-level preliminary activity, with lava overflowing from the north vent, followed by the south vent on July 15. Consequently, the HVO raised Kīlauea’s alert level from « Advisory » to « Watch » and raised the aviation color code from Yellow to Orange.
Activity intensified sharply around 6:00 a.m. (local time) on July 15 at the north vent, evolving into dome fountains, similar to previous episodes.
Around 8:30 a.m., the dome fountains transitioned into more conventional, much higher lava fountains, as seen in earlier episodes. The south vent remained inactive.
According to the HVO, the lava fountains reached heights of 290 meters, and effusion rates peaked at approximately 300 cubic meters per second. The eruption plume rose to an altitude of 5,400 meters above sea level.
Episode 51 ended on July 15, 2026, at 4:46 p.m. (local time), following more than eight hours of continuous lava fountaining. Tephra fallout was confined to the area of ​​Hawaiʻi Volcanoes National Park; no fallout was reported in populated areas. The volume of erupted lava is estimated at 5.1 million cubic meters. The lava covered approximately 50% of the Halemaʻumaʻu crater floor. The end of Episode 51 marked the transition from a phase of summit deflation to a phase of inflation. An Episode 52 is highly likely in the coming days.
Source: HVO.

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Signs of unrest at Ahyi Seamount (Northern Mariana Islands) have been observed in recent satellite images over the past few weeks. Small plumes of discolored water were observed drifting less than 0.5 km away from the volcano on July 1, 7, and 11, 2026. Small plumes have also been observed intermittently in clear satellite images over the last few months. The plumes are likely the result of gas release into the water column, these could reflect vigorous hydrothermal degassing or be associated with an ongoing effusive eruption.

Eruptive activity at Ahyi Seamount may present a hazard to mariners in the water close to the volcano. The summit has shallowed over the course of previous eruptions to 55 m below sea level, but the lack of local real-time data means that it is impossible to forecast or warn of impending eruptions.

From April 24 to 25, 2001, an explosive submarine eruption was detected seismically from a seismic station on Rangiroa Atoll, Tuamotu Archipelago. Another eruption was detected from April 24 to May 17, 2014, using data from seismometers located on subaerial volcanoes in the Northern Mariana Islands and hydrophone arrays at Wake Island. The 2014 eruption formed a new crater near the summit of the volcano. The most recent eruptive activity began in 2022.

The Aviation Color Code and Volcano Alert Level are being raised to YELLOW and ADVISORY.
Source : USGS.

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The Alaska Volcano Observatory (AVO) has sent me a message saying that a small explosion from Korovin (Atka volcanixc complex / Alaska) was detected in seismic and infrasound data on the morning of July 16, 2026. The Aviation Color Code and Alert Level were raised to YELLOW/ADVISORY. No emissions were observed in satellite images. Fallout of ash, if any, is unlikely to extend much beyond the upper flanks of the volcano.

The Atka volcanic complex forms the northern part of Atka Island, located about 1,761 km southwest of Anchorage. The Atka volcanic complex includes several young vents, including Korovin Volcano, Mount Kliuchef, and Sarichef Volcano. Korovin (1553 m) is a stratovolcano that has been the site of most historical volcanic activity,. It erupted several times in the past 200 years, including 1973, 1987, and 1998, and has likely had small ash emissions as recently as 2005.

Source : AVO.

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Eruptive activity continues at Krakatau (Indonesia). Gas and ash plumes usually rise as high as 400 m above the summit. Incandescence is visible at night. The Alert Level remains at 3 (on a scale of 1-4), and the public is askedto stay at least 3 km away from the active crater.

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Still in Indonesia, an eruption occurred at Karangetang’s Kawah Dua (North Crater) on 12 July 2026. Weak Strombolian activity ejected incandescent material around 100 m above the summit, followed by a booming sound that ejected incandescent material about 300 m to the SSW. Lava flows and incandescent material descended 700-1,000 m to the S and NNW, and 400 m to the WSW. The hot ejected material caused vegetation fires on the upper flanks

The Alert Level remains at 2 (on a scale of 1-4) and the publicis asked to stay at least 1.5 km away from both craters.

Source : PVMBG.

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The KVERT is reporting continuous lava effusion and explosive activity at the lava domes of Young Sheveluch (Kamchatka). A thermal anomaly was identified in satellite images on most days. Explosions on 9 July 2026 generated ash plumes that rose 10 km a.s.l, prompting KVERT to raise the Aviation Color Code to Red. A similar explosion occurred on 14 July with ash plumes that rose 10.5 km a.s.l. The aviation color code was again raised to Red. No additional explosions were recorded throughout the day; the ACC was lowered to Orange.

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Activity remains globally stable on other volcanoes mentioned in the previous bulletins « Volcanoes of the world ».

This information is not exhaustive. You can find more by reading the Smithsonian Institution’s weekly report:

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Kilauea (Hawaï) : Épisode 51 !

15 juillet 2026 : Dans ma note du 10 juillet 2026, j’indiquais que, selon le HVO, l’Épisode 51 de l’éruption du Kīlauea devait se produire entre le 11 et le 15 juillet. Dans son bulletin du 11 juillet, l’Observatoire précisait que « l’épisode de fontaines de lave était susceptible de débuter d’ici le 13 juillet, mais très probablement le 11 ou le 12 juillet. Toutefois, si la déflation actuelle se maintenait, la date du 13 juillet devenait plus probable. » Le 11 juillet, le Kīlauea produisait de faibles projections de lave au niveau de la bouche nord. Durant la nuit, les images des webcams montraient une forte lueur et des projections au niveau de la bouche nord, ainsi qu’une lueur variable dans la bouche sud.

La déflation sommitale s’étant poursuivie pendant quelques jours, l’activité au niveau des bouches éruptives a ralenti. Ce n’est que le 14 juillet que le HVO a signalé la reprise d’une activité préliminaire de faible intensité à 14 h 51 (heure locale), avec un débordement de lave depuis la bouche nord, puis de la bouche sud le 15 juillet. En conséquence, le HVO a fait passer le niveau d’alerte du Kilauea de « Advisory » (surveillance conseillée) à « Watch » (Vigilance), et a relevé la couleur de l’alerte aérienne du Jaune à l’Orange.

L’activité a commencé à s’intensifier fortement vers 6 heures (heure locale) à la bouche nord et a évolué en fontaines en dôme, comme lors des épisodes précédents.

Vers 8h30, les fontaines en dôme ont évolué en fontaines de lave plus classiques et beaucoup plus hautes, comme lors des épisodes précédents. La bouche sud est restée inactive.

Selon le HVO, les fontaines de lave atteignent 290 mètres de hauteur et les débits d’effusion culminent à environ 300 mètres cubes par seconde. Le panache de cette éruption s’élève jusqu’à 5 400 mètres au-dessus du niveau de la mer.

 L’éruption continue à 23 heures (heure française). Il est l’heure d’aller au lit. Plus d’information demain matin.

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16 juillet 2026 : L’Épisode 51 de l’éruption du Kilauea a pris fin le 15 juillet 2026 à 16 h 46 (heure locale), après plus de huit heures ininterrompues de fontaines de lave. Comme indiqué précédemment, la hauteur maximale des fontaines a atteint environ 290 mètres au niveau de la bouche nord. La bouche éruptive sud n’a produit aucune fontaine de lave durant cet épisode, mais a émis des flammes et des jets de gaz. La hauteur maximale du panache de téphras a atteint environ 5 500 mètres au-dessus du niveau de la mer. Les retombées de téphras se sont limitées à la zone du Parc national des volcans d’Hawaï. Aucune retombée de téphras n’a été signalée dans les zones habitées. Le volume de lave émis est estimé à 5,1 millions de mètres cubes. La lave a couvert environ 50 % du plancher du cratère de l’Halemaʻumaʻu.
La fin de l’Épisode 51 a vu le passage soudain d’une phase de déflation sommitale à une phase de gonflement. Un Épisode 52 est fort probable dans les prochains jours.
Source : HVO.

 Images : captures d’écrans des webcams du HVO

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July 15th, 2026 : In my post of July 10, 2026, I indicated that, according to the HVO, Episode 51 of the Kilauea eruption would occur between July 11 and 15. In its update of July 11, the Observatory wrote that « lava fountaining Episode 51 was likely to start between now and July 13, but most likely July 11 or 12. However, if the current deflation is sustained, then July 13 is more likely. » On July 11, Kīlauea was erupting small precursory spatter bursts. During the night, webcam views showed strong glow and spatter from the north vent, and variable glow from the south vent.

Because summit deflation continued for some days, activity slowed down at the eruptive vents. It was only on July 14 that HVO indicated that precursory low-level activity for Episode 51 began around 2:51 p.m. (local time) with a lava overflow from the north vent and deim the south vent on July 15. Accordingly, HVO rose the Alert Level for Kīlauea from ADVISORY to WATCH and the Aviation Color Code from YELLOW to ORANGE.

Activity began to intensify sharply around 6:00 a.m. (local time) at the north vent and evolved into dome-shaped fountains, as seen in previous episodes.

Around 8:30 a.m., the dome-shaped fountains transitioned into more conventional—and much taller—lava fountains, similar to previous episodes. The south vent remained inactive.

According to HVO, fountain heights are reaching 290 meters and effusion rates a peak of about 300 cubic meters per second. The plume from this eruption are rising up to 5,400 m above sea level.

The eruption is continuing at 11 p.m. (French time). It’s time to go to bed. More information tomorrow morning.

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July 16th, 2026 : Episode 51 of the Kilauea eruption ended at 4:46 p.m. (local time) on July 15, 2026 after more than 8 hours of continuous lava fountaining. As I put it previously, the maximum lava fountain height was approximately 290 meters from the north vent. The south vent never showed lava fountains during this episode but emitted flames and gas jets. The maximum plume height was approximately 5,500 meters above mean sea level. Tephra fall was restricted mostly to the closed area of Hawaiʻi Volcanoes National Park. No tephra was reported from any populated areas.An estimated 5.1 million cubic meters of lava erupted and covered about 50% of the Halemaʻumaʻu crater floor.

The abrupt switch from summit deflation to inflation at the end of Episode 51 indicate that another lava fountaining episode is likely.

Source : HVO.

La Soufrière de la Guadeloupe depuis 1976 : les progrès de la volcanologie

Alors que vient de se terminer à la Guadeloupe le colloque SOUFRIÈRE_50 organisé par l’IPGP et l’Observatoire volcanologique et sismologique (OVSG), un article publié sur le site Guadeloupe la 1ère montre l’évolution de la volcanologie au cours des 50 années qui se sont écoulées depuis l’éruption de La Soufrière en juillet 1976. On se souvient que cette éruption avait été marquée pat la relation conflictuelle entre Haroun Tazieff et Claude Allègre, ce dernier ayant décrété une évacuation qui n’était pas justifiée au vu des observations scientifiques effectuées par l’équipe Tazieff.

Source : Radio France, INA

Aujourd’hui, à la Guadeloupe comme ailleurs dans le monde, les moyens de surveillance volcanique n’ont plus grand-chose à voir avec ceux de 1976, mais force est tout de même de reconnaître que la prévision éruptive est toujours loin d’être parfaite. On l’a constaté lors d’éruptions récentes comme celle du Fuego (Guatemala) en 2018 qui a été particulièrement meurtrière.

L’OVSG installé à Gourbeyre, dans le sud de l’île, est depuis quelques années en état de « vigilance renforcée » face au volcan, qui domine l’archipel du haut de ses 1 467 mètres.

Crédit photo : Wikiprdia

La Soufrière est sous étroite surveillance car le volcan montre des signes de réveil. Le bulletin publié par l’Observatoire rappelle que depuis mai 2021, la zone active du sommet est devenue « plus dangereuse qu’auparavant », en raison des gaz toxiques, des projections de vapeur et de matière à haute température et des effondrements de sol. La directrice de l’Observatoire a toutefois fait remarquer en novembre 2025 que « la micro-sismicité est moins forte en ce moment. » Selon elle, le canal par lequel remonte la vapeur d’eau serait aujourd’hui bien ouvert. Cette vapeur ne fracture donc plus les entrailles du volcan, un phénomène qui provoque des séismes. Le risque d’une éruption phréatique semble donc écarté pour le moment.

Crédit photo : CNRS

En cas d’éruption, la première question qui se poserait serait celle des évacuations. En novembre, un exercice grandeur nature a simulé l’évacuation d’une partie de Saint-Claude, commune installée sur les flancs du volcan, vers des centres d’accueil du nord de l’île.

En 1976, Claude Allègre, alors directeur de l’IPGP, avait décrété une évacuation d’ampleur, faisant fi des résultats des observations de l’équipe Tazieff qui n’avait détecté aucun magma juvénile dans les matériaux éjectés par le volcan. Quelque 73 000 personnes avaient finalement été évacuées de l’île de Basse-Terre à la mi-août et la commune, chef-lieu de la Guadeloupe, ne s’en est jamais vraiment remise. L’éruption a précipité son déclin au profit de Pointe-à-Pitre, la capitale économique.

D’un point de vue scientifique, les chercheurs considèrent désormais la Soufrière comme un volcan similaire à la Montagne Pelée en Martinique, et à La Soufriere de Montserrat, capable de produire des éruptions phréatiques, mais aussi magmatiques. [NDLR : Il ne faudrait pas oublier que chacun de ces volcans a son propre dynamisme éruptif. La lecture du livre d’Alfred Lacroix sur les éruptions de la Montagne Pelée, comme l’a fait le professeur Brousse en 1976 au moment de la crise de la Soufrière n’était pas forcément le meilleur moyen de comprendre l’éruption à la Guadeloupe].

L’article paru sur le site Guadeloupe le 1ère explique qu’en un demi-siècle, la connaissance du passé éruptif de La Soufrière et la densification d’instruments toujours plus précis ont changé la façon de voir le volcan. Depuis fin 2024, les scientifiques disposent en outre de l’imagerie matricielle qui permet d’obtenir une sorte d’échographie du volcan. Cette nouvelle méthode repose sur la disposition d’un réseau de géophones qui captent non seulement les fortes secousses sismiques, mais aussi le bruit sismique induit par le vent, l’océan et l’activité humaine.  Les ondes émises par le volcan ont permis de représenter son sous-sol en image, jusqu’à 10 km de profondeur et environ 6 km de large. C’est ainsi qu’est apparu un conduit hélicoïdal sur les cinq premiers kilomètres de profondeur, qui se connecte à des réservoirs de magma plus en profondeur, un peu comme une éponge alvéolée. [NDLR : Une image semblable de l’intérieur de La Soufriàre avait été obtenue grâce à la tomographie muonique dans le cadre du projet Diaphane. Voir ma note du 9 mai 2016]

Selon un scientifique de l’arc antillais, cette technique permet de mieux comprendre le fonctionnement du volcan et pourrait aider à mieux anticiper les éruptions, en révélant à l’image d’éventuels changements du régime magmatique ou gazeux du volcan.

Source » : Guadeloupe la 1ère.