La caldeira de Kikai (Japon) // The Kikai caldera (Japan)

Il y a environ 7300 ans, l’éruption du volcan Akahoya a dévasté ce qui correspond aujourd’hui aux îles du sud du Japon, et enfoui la majeure partie de l’archipel sous une épaisse couche de cendre. Considéré comme une super éruption avec un VEI de niveau 7, l’événement a provoqué l’effondrement de la chambre magmatique du volcan et l’apparition de la caldeira de Kikai, d’un diamètre d’une vingtaine de kilomètres, dissimulée en grande partie sous l’eau de la mer.
Dans une nouvelle étude publiée dans la revue Science Advances, les scientifiques ont découvert qu’un dôme de lave se cache sous la caldeira. En étudiant les conduits magmatiques, les volcanologues pourraient avoir un aperçu de l’ensemble du système d’alimentation de la caldeira, ce qui pourrait les aider à mieux prévoir une éventuelle prochaine éruption.
Des recherches antérieures avaient indiqué que les chances de voir une super éruption dans l’archipel japonais au cours du siècle prochain ne sont que d’environ un pour cent. Cependant, les chercheurs indiquaient que si un volcan dans cette région entrait en éruption, il pourrait éjecter près de 42 kilomètres cubes de matériaux et recouvrir presque tout le pays et ses 120 millions d’habitants de près de 20 centimètres de cendre.
La nouvelle étude explique que les scientifiques du Centre d’Exploration des Fonds océaniques de Kobe ont effectué trois levés dans la caldeira. Ils ont associé les observations de robots sous-marins et les résultats d’analyses de roches avec des sismographes et des électromagnétomètres.
Ils ont découvert le dôme de lave en effectuant un sondage acoustique. On estime qu’il a un volume d’environ 33 kilomètres cubes, un diamètre d’une dizaine de kilomètres et une hauteur de près de 600 mètres.
Le site de la caldeira a connu au moins trois super éruptions: il y a 140 000 ans, il y a 95 000 ans, puis l’éruption du Akahoya il y a 7 300 ans. Les scientifiques ne savent pas exactement quand le dôme actuel a commencé à se former. Il se peut que ce soit immédiatement après l’éruption ou progressivement au cours des milliers d’années qui ont suivi. Comme le dôme de lave présente une composition chimique différente des matériaux émis pendant la super éruption, il se peut qu’un nouveau système d’alimentation magmatique se soit développé il y a 7300 ans. Les chercheurs ont découvert que le dôme de lave est formé d’un magma similaire à celui observé dans les volcans de l’île voisine de Satsuma Iwo-jima. Une nouvelle mission sur le terrain prévue pour le mois de mars permettra de recueillir des images haute résolution du système magmatique souterrain en utilisant des méthodes sismiques et électromagnétiques. Les chercheurs espèrent ainsi avoir une meilleure idée de l’époque à laquelle la caldeira et son dôme de lave pourraient à nouveau entrer en éruption, et sous quelle forme. .
Source: The New York Times et d’autres médias d’information scientifique.

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Some 7,300 years ago, the Akahoya eruption devastated the southern islands of what is now Japan, burying most of the archipelago in thick ash. Considered as a super eruption with a VEI of 7, it caused the volcano’s magma chamber to collapse, leaving the 20-kilometre-wide Kikai Caldera which is mostly underwater.

In a new study published in the journal Science Advances, scientists have discovered that a dome of lava lurks beneath the caldera. By studying its magma plumbing, volcanologists could gain insight into the entire caldera system, which could help them better predict when another eruption might occur.

Previous research had suggested that the chances of a super eruption happening in the Japanese archipelago in the next century are only about one percent. However, it indicated that if a volcano in this area erupted, it could eject nearly 42 cubic kilometres of magma, covering almost all of the country and its 120 million people in nearly 20 centimetres of ash.

The new study explains that Japanese scientists at the Kobe Ocean Bottom Exploration Center conducted three surveys of the caldera, during which they combined the observations of underwater robots and the results of rock sample analysis with data collected by seismographs and electromagnetometers.

They found the lava dome using an acoustic survey. It is estimated to have a volume of about 33 cubic kilometres, a diameter of about 10 kilometres and a height of almost 600 metres.

This site has experienced at least three super eruptions: One 140,000 years ago, another 95,000 years ago, and then the Akahoya eruption 7,300 years ago. The scientists are not sure when exactly the current dome began to form, whether it was immediately after the eruption or gradually in the thousands of years that followed. As the lava dome is chemically different from the super eruption, a new magma supply system might have developed after 7,300 years ago. The researchers found that the lava dome was made of similar magma to what is seen in volcanoes on the nearby island of Satsuma Iwo-jima. Another survey in March will gather high-resolution images of the underground magma system by using seismic and electromagnetic methods. The future surveys will give them a better idea of how and when the caldera and its lava dome might erupt in the future.

Source: The New York Times and other scientific news media.

Situation géographique de la caldeira de Kikai

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Quelques réflexions sur les éruptions de l’Agung et du Mayon (Troisième partie) // Some thoughts about the eruptions of Mt Agung and Mt Mayon (Part 3)

CONCLUSIONS

Les éruptions de l’Agung et du Mayon présentent plusieurs points communs. Comme je l’ai indiqué précédemment, toutes deux se situent sur la Ceinture de Feu du Pacifique, bien connue pour ses volcans explosifs capables d’éruptions dévastatrices.

Agung et Mayon n’ont pas – et c’est tant mieux – provoqué de dégâts majeurs, tant sur le plan matériel qu’humain. A Bali, les différentes séquences éruptives n’ont généré que des panaches de cendre qui ont, il faut le noter, entraîné la fermeture d’aéroports et pénalisé le tourisme dans la région.  Aux Philippines, l’activité du Mayon, plus intense que celle de l’Agung, consiste essentiellement en fontaines et coulées de lave et quelques écoulements pyroclastiques de quelques kilomètres, sans réel danger pour les populations.

Dans les deux cas, on a appliqué – à juste titre selon moi – le principe de précaution et on a rapidement mis à l’abri les populations susceptibles d’être menacées. Il serait faux de dire que ces personnes ont été évacuées pour rien. En cas d’éruption majeure, les pertes auraient été lourdes. Un problème reste toutefois à résoudre : comment dissuader les paysans de revenir surveiller leurs fermes dans la zone d’exclusion. Les déplacements de populations créent, bien sûr, des problèmes (sanitaires, de promiscuité, etc.) dans les centres d’hébergement qui sont souvent des écoles où les classes sont fermées. Malgré tout, tout se passe relativement bien car ces populations sont habituées à affronter des catastrophes naturelles.

S’agissant de la mise en place des périmètres de sécurité, elle se fait progressivement, en fonction des variations du niveau d’alerte. Ne serait-il pas préférable de se référer en premier aux cartes à risques des volcans, comme celles que le PHILVOCS vient de les mettre à jour pour le Mayon, et d’évacuer d’emblée les zones potentiellement menacées ? Il est vrai qu’une telle mesure suppose une évacuation de masse, mais n’en vaut-elle pas la peine ? Il suffit d’imaginer ce qui se passerait si le deuxième scénario évoqué par le PHILVOCS (explosion majeure du volcan) se produisait. Ce scénario est d’ailleurs valable pour l’Agung si l’on se réfère à l’éruption de 1963.

Là où le bât blesse, c’est un niveau de la prévision. Il est clair que nous ne savons pas faire. Aujourd’hui, une éruption de la Montagne Pelée ne tuerait pas 29 000 personnes comme en 1902 car la volcanologie a évolué et nous appliquerions le sacro-saint principe de précaution. La population de Saint Pierre et des environs serait évacuée. Il n’empêche qu’il reste un très long chemin à parcourir pour prévoir le comportement d’un volcan explosif, comme ceux qui jalonnent la Ceinture de Feu du Pacifique.

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En cliquant sur ce lien, vous verrez des images du Mayon prises par les satellites Sentinel-2:
http://www.esa.int/spaceinimages/Images/2018/02/Mayon_lava

On peut voir le volcan en couleurs naturelles puis en fausses couleurs qui, en mettant en évidence la végétation en rouge, montrent les dégâts causés par la lave. Ensuite, deux bandes infrarouges à ondes courtes révèlent la coulée de lave à haute température émise par cône.
Source: ESA.

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CONCLUSIONS

The eruptions of Agung and Mayon have several points in common. As I put it before, both are on the Pacific Ring of Fire, well known for its explosive volcanoes capable of devastating eruptions.
Agung and Mayon have not – and that’s a good thing – caused major damage, both material and human. In Bali, the various eruptive sequences only generated ash plumes that caused the closure of airports and penalized tourism in the region. In the Philippines, the activity of Mt Mayon, more intense than that of Mt Agung, consists mainly of fountains and lava flows and some pyroclastic flows a few kilometers long, without any real danger for the populations.
In both cases, the precautionary principle was applied – and I think it was correct – and people who could be threatened were quickly sheltered. It would be wrong to say that these people were evacuated for nothing. In case of a major eruption, the losses would have been heavy. One problem remains to be solved: how to discourage farmers from returning to control their farms in the exclusion zone. The displacement of populations creates problems (health, promiscuity, etc.) in shelters that are often schools where classes are closed. Nevertheless, everything is going well because these people are used to dealing with natural disasters.
Regarding the implementation of safety perimeters, it is done gradually, depending on changes in the alert levelt. Would not it be better to refer first to the volcanic risk maps, such as those PHILVOCS has just updated for Mt Mayon, and evacuate from the outset potentially threatened areas? It is true that such a measure induces a mass evacuation, but is it not worth it? Just imagine what would happen if the second scenario imagined by PHILVOCS (major explosion of the volcano) occurred. This scenario is also valid for Mt Agung if one refers to the 1963 eruption.
The real problem lies with the prediction. It is clear that we do not know how to predict an eruption. Today, an eruption of Mount Pelee in Martinique would not kill 29,000 people as it did in 1902 because volcanology has made progress and we would apply the sacrosanct precautionary principle. The population of Saint Pierre and the surrounding area would be evacuated. Nevertheless, there is still a long way to go to predict the behaviour of an explosive volcano, such as those that dot the Pacific Ring of Fire.

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By clicking on this link, you will see images of Mayon Volcano taken by the Sentinel-2 satellites:

http://www.esa.int/spaceinimages/Images/2018/02/Mayon_lava

We can see the volcano in natural colour and then in false colour which, by highlighting vegetation in red, shows the damage caused by lava. Then two shortwave infrared bands reveal the hot lava spilling from the cone.

Source: ESA.

Quelques réflexions sur les éruptions de l’Agung et du Mayon (Deuxième partie) // Some thoughts about the eruptions of Mt Agung and Mt Mayon (Part 2)

MAYON

Cela fait pas mal de temps – depuis le mois de septembre 2017 – que les volcanologues du PHILVOCS indiquent que le Mayon est en train de gonfler sous la pression du magma. Par prudence ; ils ont élevé le niveau d’alerte à 1 à cette époque.

Le 13 janvier 2018 nous confirme que la prévision éruptive laisse toujours à désirer. Un premier bulletin diffusé à 8 heures indique que « le réseau de surveillance sismique du Mayon n’a détecté aucun séisme volcanique au cours des dernières 24 heures. Seules des émissions modérées à volumineuses de panaches blancs chargés de vapeur ont été observées. » Changement brutal de la situation quelques dizaines de minutes plus tard ! « Une puissante éruption phréatique débute à 9:06 (TU) avec une colonne de cendre atteignant jusqu’à 5,2 km d’altitude. » Des évacuations sont décidées pour les personnes vivant dans un rayon de 5 km autour du volcan. Le niveau d’alerte du Mayon est alors élevé à 2.

L’éruption s’intensifie au cours des jours suivants, avec coulées de lave et coulées pyroclastiques. 12 000 puis 21 000 personnes sont évacuées. La zone de sécurité est agrandie et présente un rayon de 6 ou 7 km selon les endroits.

Le 18 janvier 38 000 personnes sont hébergées dans des centres provisoires.

Le 22 janvier, suite à une nouvelle intensification de l’éruption, le niveau d’alerte passe à 4 et la zone de sécurité est étendue à 8 km de rayon. Comme pour l’Agung à Bali, les volcanologues du PHILVOCS font du pilotage à vue sur le Mayon ! Ils ne peuvent qu’observer et décider en fonction que ce qu’ils voient et ce qu’indiquent les instruments. Ils sont dans l’incapacité d’anticiper ou de prévoir. Heureusement que le volcan n’a pas connu une soudaine et puissante crise éruptive!

Le 24 janvier, le nombre de personnes évacuées atteint de plus de 56 000 et plus de 86 000 deux jours plus tard. Dans ses derniers bulletins, le PHILVOCS dit s’attendre à une éruption longue, probablement plusieurs mois, mais l’Institut pense qu’il n’y aura pas d’éruption majeure. Espérons le. Les prochaines semaines nous diront si cette prévision est exacte.

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Mt MAYON

It has been quite a long time – since September 2017 – that PHILVOCS volcanologists say Mt Mayon is swelling under the pressure of magma. As a precaution; they raised the alert level to 1 by that time.
January 13th, 2018 confirms that the eruptive prediction is still very difficult. A first bulletin released at 8 o’clock indicated that « Mt Mayon seismic monitoring network had not detected any volcanic earthquakes in the last 24 hours. Only moderate to large emissions of white plumes loaded with steam were observed. « An abrupt change of the situation occurred a few hours later! « A powerful phreatic eruption began at 9:06 am (UT) with a column of ash reaching up to 5.2 km altitude. « Evacuations were decided for people living within a radius of 5 km around the volcano. The alert level for Mt Mayon was then raised to 2.
The eruption intensified over the following days, with lava flows and pyroclastic flows. 12,000 then 21,000 people were evacuated. The safety zone was enlarged and had a radius of 6 or 7 km depending on the location.
On 18 January, 38,000 people were accommodated in temporary centers.
On January 22nd, following a further intensification of the eruption, the alert level was increased to 4 and the radius of the safety zone was extended to 8 km. Just like for Mt Agung in Bali, PHILVOCS volcanologists could only observe and decide according to what they saw and what the instruments indicated. They were unable to anticipate or predict. Fortunately, the volcano did not go through a sudden and powerful eruptive crisis.
On January 24th, the number of evacuees reached more than 56,000 and more than 86,000 two days later. In its latest bulletins, the PHILVOCS said it expected a long eruption, probably several months, but the Institute thought there would be no major eruption. Let’s hope for the best. The next few weeks will tell us if this forecast is accurate.

Crédit photo: Wikipedia

Quelques réflexions sur les éruptions de l’Agung et du Mayon (Première partie) // Some thoughts about the eruptions of Mt Agung and Mt Mayon (Part 1)

Deux dangereux volcans de la Ceinture du Feu du Pacifique se sont réveillés au cours des derniers mois. Une première partie sera consacrée à l’éruption de l’Agung sur l’île de Bali (Indonésie). L’éruption du Mayon aux Philippines sera abordée dans la deuxième partie. Enfin, dans une troisième partie, j’essaierai de tirer les conclusions de ces deux éruptions.

AGUNG

Le 14 septembre 2017, le niveau d’alerte passe de 1 à 2 sur le Mont Agung suite à une augmentation de l’activité volcano-tectonique. Il est alors conseillé aux villageois et aux visiteurs de rester à plus de 3 kilomètres du cratère.

Quelques jours plus tard, le niveau d’alerte passe à 3 sur une échelle de 4. Les premières évacuations sont décrétées et le niveau d’alerte passe au maximum (AWAS – 4) le 22 septembre.

Le 24 septembre, suite à l’application du principe de précaution, plus de 10 000 personnes ont été évacuées. Les évacuations se poursuivent les jours suivants, tandis que les aéroports se tiennent prêts à faire face à un événement majeur…. qui n’arrive jamais.

Le 29 octobre, baisse niveau d’alerte à 3….avant de repasser au maximum le 27 novembre ! C’est vraiment du pilotage à vue !

De petits épisodes éruptifs se produisent ensuite, mais rien de vraiment alarmant. Comme toujours dans ce genre de situation en Indonésie, les personnes évacuées trouvent le temps long et des paysans reviennent voir si tout est normal dans leurs fermes situées à l’intérieur de la zone d’exclusion. L’économie balinaise souffre de la situation. On évoque l’éruption de 1963, mais le volcan ne se décide pas à l’imiter. Les quelques images du cratère montrent une galette de lave, mais pas de dôme en formation et donc pas de perspective de coulées pyroclastiques dévastatrices.

Le 23 décembre 2017, alors que le niveau d’alerte est toujours au maximum, le président indonésien  « annule l’état d’urgence du Mont Agung »  et indique que l’île de Bali est maintenant prête à accueillir de nouveau les touristes.

Après cette date, le volcan a connu quelques épisodes éruptifs mineurs, mais rien de vraiment alarmant. Les villageois, ainsi que les touristes et les randonneurs, ont été priés de ne pas pénétrer dans la zone de sécurité de six kilomètres de rayon autour du Mont Agung. Les habitants de 12 villages ont été évacués vers des hébergements provisoires dans les districts voisins. Malgré le danger potentiel, les personnes vivant en dehors des villages sous la menace du volcan ont été autorisées à continuer leurs activités quotidiennes, mais elles doivent rester vigilantes et suivre les instructions données par les autorités.
Finalement, le 10 février 2018, le niveau d’alerte de l’Agung est baissé d’un cran. Il passe de 4 à 3. L’activité sismique a considérablement diminué au cours des dernières semaines. Les instruments montrent également une déflation de l’édifice, ce qui traduit une diminution de la pression des gaz et du magma. A noter toutefois que le volcan continue à émettre des panaches de cendre depuis la réduction du niveau d’alerte… Un tel panache de 1,5 km de hauteur a été observé le 13 février 2018.

D’un point de vue scientifique, il est indéniable que les volcanologues indonésiens ont été – au moins jusqu’à présent – incapables de faire des prévisions fiables sur l’éruption du Mont Agung. Le yo-yo du niveau d’alerte au mois de novembre est là pour le prouver. Cela ne veut pas dire que je critique leur travail ; ils ont effectué leurs tâches très sérieusement, avec les moyens du bord. Ils ont confirmé que la volcanologie actuelle se base sur les observations visuelles – éventuellement à l’aide de drones – et sur ce que révèlent les instruments, mais on se sait pas aller plus loin. Nous ne savons pas prévoir. Si l’Agung avait connu une phase explosive majeure soudaine, la situation serait vite devenue très compliquée.

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Two dangerous volcanoes of the Pacific Ring of Fire have gone through eruptive episodes in recent months. A first part will be dedicated to the eruption of Mt Agung on the island of Bali (Indonesia). The eruption of Mayon in the Philippines will be approached in the second part. Finally, in the third part, I shall try to draw some conclusions of these two eruptions.

Mt AGUNG

On September 14th, 2017, the alert level was raised from 1 to 2 on Mount Agung following an increase in volcano-tectonic activity. Villagers and visitors were advised to stay more than 3 kilometers from the crater.
A few days later, the alert level was raised to 3 on a scale of 4. The first evacuations were decided and the alert level reached its maximum (AWAS – 4) on September 22nd.
On 24 September, following the application of the precautionary principle, more than 10,000 people were evacuated. The evacuations continued the following days, while the airports were ready to face a major event …. that never happened.
On October 29th, the alert level was lowered to 3 … before being raised to the maximum on November 27th!

Small eruptive episodes later occurred, but nothing really alarming. As always in this kind of situation in Indonesia, the evacuees got impatient and peasants went back to see if everything was normal in their farms located inside the exclusion zone. The Balinese economy suffered from the situation. Everybody remembered the eruption of 1963, but the volcano did not decide to imitate it. The few images of the crater showed a lava slab, but no dome formation and no perspective of devastating pyroclastic flows.
On December 23rd, 2017, while the alert level was still at the maximum, the Indonesian president « cancelled the state of emergency of Mount Agung » and indicated that the island of Bali was now ready to welcome tourists again.
After this date, the volcano experienced some minor eruptive episodes, but nothing really alarming. Villagers, as well as tourists and hikers, were told not to enter the six-kilometer safety zone around Mount Agung. Residents of 12 villages were evacuated to temporary accommodation in neighboring districts. Despite the potential danger, people living outside the villages under the threat of the volcano were allowed to continue their daily activities, but they were asked to remain vigilant and follow the instructions given by the authorities.
Finally, on February 10th, 2018, the alert level for Mt Agung was lowered by one notch. It went from 4 to 3. Seismic activity decreased considerably in recent weeks. The instruments also showed deflation of the edifice, which reflected a decrease in the pressure of gases and magma. However, it should be noted that the volcano is still emitting ash plumes after the reduction of the alert level… Such a plume was seen rising 1.5 km above the crater on February 13th 2018.
From a scientific point of view, it is undeniable that Indonesian volcanologists have been – at least until now – unable to make reliable predictions about the eruption of Mount Agung. The yo-yo alert level in November proves it. This does not mean that I criticize their work; they performed their tasks very seriously, with the means at hand. They just confirmed that current volcanology is based on visual observations – possibly using drones – and on what the instruments reveal, but we are unable to go further. We do not know how to predict an eruption. If Mt Agung had experienced a sudden major explosive phase, the situation would have soon become very complicated.

Episode éruptif sur l’Agung vu par une webcam

Volcan de boue Devil’s Woodyard (Trinité-et-Tobago) // Devil’s Woodyard mud volcano (Trinidad and Tobago)

Une reprise d’activité vient d’être observée sur volcan de boue de Devil’s Woodyard à Trinité-et-Tobago. Des grondements et des explosions ont secoué la communauté d’Hindustan vers 4 h 20 et de nouveau vers 8 h 52 le 13 février 2018. Quelque 40 personnes ont dû être évacuées. La première éruption a duré environ 20 secondes avec des jets de boue d’environ 6 mètres de hauteur. La seconde éruption a duré cinq secondes avec des projections à environ 3 mètres de hauteur. La boue s’est répandue sur environ 45 mètres tout autour du cratère.
Les pompiers ont demandé aux habitants d’évacuer leurs maisons et à retirer leurs véhicules de la zone menacée. Malgré les consignes, des centaines de personnes ont afflué vers le site en espérant apercevoir l’éruption. La police a finalement bouclé la zone et empêché quiconque d’entrer dans Hindustan Road.
Le bâtiment des toilettes situé près du site du volcan de boue s’est affaissé de quelques dizaines de centimètres tandis que le sentier de galets conduisant au site a été gravement endommagé. Des fractures se sont formées jusqu’à environ 2 000 mètres du cratère. La police a averti les habitants de quelque 25 maisons proches du volcan de boue qu’une évacuation pourrait devenir nécessaire. Dans cette éventualité, trois abris dans l’école primaire, l’école presbytérienne et le centre communautaire d’Hindustan, tous situés dans des zones sûres, ont été équipés pour accueillir les personnes évacuées. Les habitants ont finalement été autorisés à retourner chez eux.
La dernière éruption de ce volcan de boue a eu lieu en 1995 ; elle a tué une personne et laissé 31 familles sans abri.
La première éruption connue de ce volcan a eu lieu en 1852.
Source: Trinidad Guardian, The Watchers.

Selon les journaux locaux, l’éruption est maintenant terminée…jusqu’à la prochaine fois! Il se dit que le volcan de boue de Devil’s Woodyard se manifeste tous les 20-30 ans. Wait and see!

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New activity is taking place at Devil’s Woodyard mud volcano in Trinidad and Tobago. Rumbles and explosions shook the community of Hindustan around 4.20 am and again at 8.52 am., on February 13th 2018. Some 40 people had to be evacuated. The first eruption lasted for about 20 seconds before jets of mud began spewing about 6 metres in the air. The second lasted about five seconds and went up about 3 metres in the air. The volcanic mud extended some 45 metres in each direction of the crater.

Firefighters called on residents to evacuate their homes and remove their vehicles from the area. Despite the call, hundreds of people flocked to the scene hoping to catch a glimpse of the eruption. Eventually, police cordoned off the area and prevented anyone from entering Hindustan Road.

The toilet area near the volcanic site sank a few tens of centimetres, while the cobble stones from the walkway leading to the site were severely damaged. Cracks developed about 2,000 metres from the crater. The police warned residents of some 25 homes close to the mud volcano that a full-scale evacuation might become necessary. In the event of an evacuation, three shelters at the Hindustan Government Primary School, Presbyterian School and Community Centre, all of them in safe areas, were equipped to welcome evacuees. Residents were finally allowed to return to their homes.

The last eruption of this volcano took place in 1995, killing 1 person and leaving 31 families homeless.

The first known eruption of this volcano took place in 1852.

Source: Trinidad Guardian, The Watchers.

According to the local newspapers, the eruption is now over…until the next one. The rumour says that Devil’s Woodyard mud volcano erupts every 20-30 years. Wait and see!

Les volcans de boue – comme les Maccalube di Aragona en Sicile – sont des phénomènes géologiques bien connus. Ce sont des sites touristiques qui requièrent une certaine prudence car de violentes explosions de gaz peuvent se produire de temps en temps. (Photo: C. Grandpey)

Les carrières de sable du Mayon (Philippines) // Mt Mayon’s sand quarries (Philippines)

En lisant le Manila Bulletin, l’un des journaux populaires des Philippines, nous apprenons que les carrières de sable et de gravier dans la zone de danger permanent de six kilomètres autour du Mayon n’ont pas arrêté leurs activités. Le Secrétaire à l’Environnement et aux Ressources Naturelles a demandé à leurs exploitants d’arrêter de mettre en péril la santé et la vie de leurs ouvriers. Il a déclaré: « Il semble que ces entreprises soient plus préoccupées par les profits que par le bien-être de leurs ouvriers qui doivent faire face à des conditions de travail pénibles sur les sites miniers pendant l’éruption du volcan. »
Le travail se poursuit malgré les mises en garde de l’Institut Philippin de Volcanologie et de Sismologie (PHILVOCS) qui a déclaré que l’entrée dans la zone de danger permanent était strictement interdite.
Selon le Secrétaire à l’Environnement, le Mayon pourrait projeter de la cendre, de la lave, des roches et des gaz, dangers qui pourraient blesser ou même tuer des gens et détruire des biens. Il a ajouté: «Notre première préoccupation doit être la sécurité et la santé de toutes les personnes menacées par l’éruption du Mayon.» Il a mis en garde contre le danger que représentent les gaz volcaniques, en particulier le dioxyde de soufre (SO2) sur l’environnement et la santé humaine. Il a rappelé que le SO2 pouvait affecter le système respiratoire, en particulier la fonction pulmonaire, et qu’il pouvait irriter les yeux. Pendant ce temps, les autorités locales indiquent que les particules en suspension ont atteint des niveaux « malsains » dans la ville de Ligao, ainsi qu’à Camalig et Guinobatan, où les habitants sont invités à utiliser constamment des masques pour éviter l’exposition aux poussières nocives.
Source: Manila Bulletin.

Le problème du travail dans les carrières pendant une éruption volcanique n’est pas propre au Mayon. Sur l’île de Bali, les carrières de sable ont continué à fonctionner malgré l’éruption de l’Agung. Il en est de même sur les pentes du Merapi sur l’île de Java où l’on continue à extraire du sable et du gravier, même si l’activité est en cours sur le volcan. Si c’était au Japon ou aux États-Unis, la sécurité passerait en premier et les carrières seraient fermées dans des situations similaires. En Asie, les lois sont différentes, quand elles existent! De plus, la notion de vie et de mort n’est pas la même.

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Reading the Manila Bulletin, one of the popular newspapers of the Philippines, we learn that sand and gravel quarry companies operating within the six-kilometre permanent danger zone surrounding Mayon Volcano have not stopped their activities. The Environment and Natural Resources Secretary has asked their managers to stop risking the health and lives of their workers. Said he: “It seems that these companies are more concerned with profits than the welfare of their workers who endure the punishing conditions at the mining sites amid the volcanic eruption.”

The work is continuing despite the warnings of the Philippine Institute of Volcanology and Seismology (PHILVOCS) that entry into the permanent danger zone is strictly prohibited.

According to the Secretary, Mt Mayon could blast ash, lava, solid rocks and gases into the air, creating hazards that could hurt or even kill people and destroy property. He added: “Our primordial concern must be the safety and health of all people affected by the eruption of Mayon Volcano.” He earlier warned against the negative impacts of volcanic gases, particularly sulphur dioxide (SO2), on the environment and human health. He reminded that SO2 could affect the respiratory system, particularly lung function, and can irritate the eyes. Meantime, local authorities indicate the total suspended particulates (TSP) have reached “unhealthy levels” over Ligao City and the municipalities of Camalig and Guinobatan where residents are advised to constantly use face masks to avoid exposure to harmful dust that may compromise their respiratory health.

Source: Manila Bulletin.

The problem of work in quarries during an eruption is not proper to Mayon. On the island of Bali, sand quarries have kept working despite the eruption of nearby Mt Agung. It is the same on the slopes on Mt Merapi on the island of Java where sand and gravel are still mined, even though activity is reported on the volcano. If it was in Japan or in the United States, safety would come first and the quarries would be closed in similar situations. In Asia, laws are different, if they ever exist!. Besides, the notion of life and death is not the same.

Les nuées ardentes sont l’une des principales menaces pour les ouvriers qui travaillent dans les carrières sur les pentes du Mayon (Crédit photo: Wikipedia)

Agung (Bali / Indonésie): Baisse du niveau d’alerte // The alert level has been lowered

Comme cela était prévisible, le niveau d’alerte du Mt Agung a été abaissé de 4 (AWAS) à 3 (SIAGA) le 10 février 2018. En conséquence, les 20 000 personnes hébergées dans 180 centres provisoires à travers l’île ont été autorisées à rentrer chez elles. Comme on pouvait le voir sur le sismographe en ligne, l’activité volcanique a considérablement diminué au cours des dernières semaines. Les instruments montrent également une déflation de l’édifice, ce qui traduit une diminution de la pression des gaz et du magma.
Avec le nouveau niveau d’alerte, la zone interdite d’accès a été réduite à quatre kilomètres du sommet de l’Agung.

L’activité de l’Agung s’est intensifiée en septembre 2017. Elle a ensuite ralenti à la fin d’octobre, avant de reprendre de plus belle en novembre, ce qui a entraîné des problèmes dans le trafic aérien et perturbé l’industrie touristique à Bali.
Source: Journaux indonésiens.

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As could be predicted, the alert level for Mt Agung was lowered from 4 (AWAS) to 3 (SIAGA) on February 10th 2018. As a consequence, the 20,000 evacuees sheltering in 180 locations across the island have been allowed to return home. As could be seen on the online seismograph, volcanic activity had declined significantly during the past weeks. Instruments also show a deflation of the edifice, which translates a decrease in gas and magma pressure.

Under the new alert level, the no-entry zone has been reduced to four kilometres from Agung’s peak. .

Mt Agung rumbled back to life last September. Volcanic activity slowed down in late October, before increasing again in November, sparking travel chaos and affecting Bali’s tourism industry.

Source: Indonesian newspapers.