Eruption en vue sur le Kilauea (Hawaii) ? // Will an eruption occur on Kilauea Volcano (Hawaii) ?

Au cours des dernières années, les scientifiques ont mis au point des modèles et des systèmes de plus en plus perfectionnés pour essayer de comprendre le fonctionnement des volcans. Le but ultime est, bien sûr, de pouvoir prévoir les éruptions. Malgré des avancées significatives, les volcanologues doivent se contenter d’analyser les données du moment et les comparer à des schémas et des éruptions du passé pour essayer de prévoir quand et sous quelle forme un volcan entrera en éruption.. La tâche est très difficile et les prévisions fiables ne sont pas pour demain.
Une évolution de l’activité a récemment été observée sur le Pu’uO’o. Depuis la mi-mars 2018, les inclinomètres et les capteurs GPS indiquent un gonflement rapide du cône. De petites coulées de lave se sont également répandues sur le plancher du cratère. Les images des webcams montrent que le plancher se soulève lentement, comme un piston ; il s’est soulevé de plusieurs mètres au cours des dernières semaines, et encore ces derniers jours.
De plus, le niveau de la lave dans le petit lac situé dans la partie ouest du cratère du Pu’uO’o est monté d’au moins 7 mètres depuis le 27 mars 2018. Le lac  de lave est maintenant « perché » au-dessus du plancher et des débordements ont progressivement fait s’élever la lèvre de cette petite bouche active.

Ces changements sont le signe d’une montée en pression la chambre magmatique sous le Pu’uO’o. Si l’inflation et le récent soulèvement du plancher du cratère sont des événements assez inhabituels au vu de l’activité récente, ils ne sont pas exceptionnels. Une telle situation s’est produite à deux reprises au cours des cinq dernières années – en juin 2014 et mai 2016 – ainsi que dans les premières années de l’éruption, notamment en 2011. En 2014 et 2016, la hausse de pression de l’édifice volcanique s’est soldée par l’ouverture d’une nouvelle bouche sur le flanc du Pu’uO’o. Le 27 juin 2014, l’ouverture de la nouvelle bouche a marqué le début de la «coulée du 27 juin» et celle du 24 mai 2016 a marqué le début de la « coulée 61g » encore active aujourd’hui.
En supposant que la situation se traduise par l’ouverture d’un nouvelle bouche sur ou à proximité du Pu’uO’o, la question est de savoir à quel endroit elle apparaîtra ! Malheureusement, les volcanologues ne sont pas en mesure d’apporter une réponse fiable. La question est pourtant importante car le risque lié à l’ouverture d’une telle bouche dépendra en grande partie de son emplacement et de la durée de l’activité.
S’agissant de la « coulée du 27 juin », la bouche active s’est ouverte sur le flanc nord-est du Pu’uO’o et a envoyé des coulées de lave dans la partie nord de l’East Rift Zone. Pendant plusieurs mois, les coulées de lave ont avancé vers Pahoa et ont constitué une menace pour les zones habitées.
La bouche qui a donné naissance à la coulée 61g s’est ouverte à environ 400 mètres à l’est de la bouche du 27 juin, avec des coulées de lave qui se sont dirigées au sud du Pu’uO’o, en restant la plupart du temps dans le Parc National des Volcans d’Hawaï. Ces coulées n’ont pas constitué une menace pour les zones habitées.
Lorsque la lave s’échappe des flancs du Pu’uO’o, il existe un danger réel sur les zones situées juste autour du cône. Le 3 août 2011, le plancher du Pu’uO’o s’est effondré et la lave a percé le flanc du cône. Une coulée s’est dirigée à grande vitesse vers le sud-ouest. La lave avançait à la vitesse d’une personne en train de courir. Cet événement montre pourquoi les zones autour du Pu’uO’o restent fermées au public.
Même si la situation actuelle indique que des changements pourraient se produire sur le Pu’uO’o dans les semaines à venir, rien ne dit que la hausse pression observée au niveau du cône aura pour conséquence l’ouverture d’une nouvelle bouche. Il est possible que l’inflation observée en ce moment reste sans suite.
Source: USGS / HVO.

Il ne fait guère de doute que le système d’alimentation du Kilauea est actuellement sous pression (niveau remarquablement haut du lac de lave dans l’Halema’uma’u, soulèvement du plancher du Pu’uO’o). Malgré cela, la quantité de lave évacuée par le coulée 61g est relativement modeste. Il ne serait pas surprenant qu’une fracture s’ouvre le long de l’East Rift Zone comme cela est arrivé il y a quelques années.

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In recent years, scientists have made significant improvements in developing sophisticated models of how volcanoes work. The ultimate goal is to develop models that allow us to forecast new activity. Despite these advances, scientists can only look at current monitoring data and compare it to past patterns and similar eruptions to anticipate when and how a volcano may erupt in the future. The task is very difficult and reliable predictions are still far away.

A clear pattern of activity has recently developed at Pu’uO’o. Since mid-March 2018, tiltmeters and GPS instruments have indicated a rapid inflation at the vent. Small lava flows have also erupted on the crater floor. Webcam images are showing that the main crater floor is slowly uplifting like a piston, pushed up at least several metres in recent weeks, and again in recent days.

Additionally, the lava pond level in the small crater west of the main Pu’uO’o crater, has risen at least 7 metres since March 27th. The pond is now “perched” above the floor of the west pit, where overflows have incrementally built up the pond rim.

These changes indicate building pressure in the magma chamber beneath Pu’uO’o. While inflation and uplift of the crater floor are unusual compared to recent activity, it is not unprecedented. This pattern occurred two other times in the past five years – in June 2014 and May 2016 – as well as in earlier years of the eruption, most notably in 2011. In each of the two most recent cases, the building pressure culminated in the opening of a new vent on the flank of the Pu’uO’o cone. The June 27th, 2014, vent marked the beginning of the “June 27th flow,” and the May 24th, 2016, vent marked the beginning of the ongoing episode 61g lava flow.

Assuming that the current changes result in a new vent opening on or around Pu’uO’o, the main question is, “where exactly will the vent appear?” Unfortunately, scientists are not able to determine with certainty where a new vent might open. But, it’s an important question, because the accompanying hazard will largely depend on the location and duration of the vent.

With the June 27th flow, the vent opened on the northeast flank of Pu’uO’o and sent lava flows down the north side of the East Rift Zone. Over the course of many months, these lava flows advanced toward Pahoa, eventually posing a threat to residential areas.

The 61g vent opened about 400 metres east of the June 27th vent, sending lava flows to the south of Pu’uO’o, often within Hawaii Volcanoes National Park. These ongoing flows have not posed a threat to nearby communities.

When lava bursts through the flank of Pu’uO’o, areas immediately around the cone are extremely dangerous. On August 3rd, 2011, the Pu’uO’o crater floor collapsed and lava breached the flank of the cone, sending a fast-moving lava flow to the southwest. Lava was travelling at speeds faster than a person can run. The August 2011 event is a reminder of why areas on and around Pu’uO’o remain closed to the public.

While current circumstances indicate an increased likelihood of changes at Pu’uo’o in the coming weeks, there is no guarantee that the current buildup in pressure within the cone will lead to the opening of a new vent. It is possible that the current inflationary trend could end with no result.

Source: USGS / HVO.

There is little doubt that Kilauea’s feeding system is currently under pressure (remarkably high level of the lava lake within Halema’uma’u, uplift of the Pu’uO’o floor). Despite this, the amount of lava evacuated by the 61g flow is relatively modest. It would not be surprising to see a fracture open along the East Rift Zone as happened a few years ago.

Lac « perché » dans la bouche ouest du Pu’uO’o. Il arrive que le lac déborde et que la lave se répande sur le plancher du cratère (Crédit photo: USGS / HVO)

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Les éruptions du 6ème siècle // The sixth-century eruptions

On sait depuis longtemps que les éruptions volcaniques peuvent avoir un effet sur le climat. L’exemple le plus récent est l’éruption du Pinatubo en 1991 aux Philippines qui a fait baisser en moyenne de 0,6°C la température de notre planète pendant 2 ou 3 ans.
En 1815, l’éruption du Tambora en Indonésie, a provoqué, entre autres, des gelées en plein été dans l’État de New York et des chutes de neige en juin en Nouvelle-Angleterre. 1816 a été baptisée « l’Année sans été ».
L’été de 1783 a été exceptionnellement froid à cause de l’éruption du Laki en Islande. Le volcan a émis d’énormes quantités de dioxyde de soufre, ce qui a provoqué la mort d’une grande partie du bétail de l’île, ainsi qu’une famine catastrophique qui a tué un quart de la population islandaise. Les températures de l’hémisphère nord ont chuté d’environ 1°C dans l’année qui a suivi l’éruption du Laki.
Au cours de l’été 536, un mystérieux nuage a recouvert le bassin méditerranéen. Le climat local s’est refroidi pendant plus d’une décennie. Les récoltes ont été anéanties, ce qui a entraîné une famine de grande ampleur. De 541 à 542, une pandémie connue sous le nom de Peste de Justinien a affecté l’Empire Romain d’Orient.
Les scientifiques ont longtemps pensé que la cause des problèmes dont fut victime l’Empire Romain pouvait être une éruption volcanique majeure, probablement celle du volcan Ilopango au Salvador, dont la cendre aurait envahi l’atmosphère. Aujourd’hui, les chercheurs sont convaincus qu’il y a eu en fait deux éruptions – une sur 535 ou 536 dans l’hémisphère nord et une autre en 539 ou 540 sous les tropiques – qui ont refroidi les températures de l’hémisphère nord jusqu’en 550.
Cette nouvelle hypothèse fait suite à une analyse récente qui associe des carottes de glace prélevées en Antarctique et au Groenland et des données provenant de cernes (ou anneaux de croissance) d’arbres. Selon ces données, presque tous les événements de refroidissement survenus dans l’hémisphère nord au cours des 2 500 dernières années peuvent être attribués à des volcans.
Quand un volcan entre en éruption, il envoie des aérosols soufrés dans l’atmosphère où ils peuvent persister pendant deux à trois ans. Ces aérosols bloquent une partie du rayonnement solaire et provoquent un refroidissement.
Les arbres enregistrent les impacts climatiques d’une éruption et cela se traduit par la taille de leurs cernes; Quand un événement lié au climat se produit, les anneaux de croissance peuvent être plus larges ou plus minces que la moyenne, selon que la région est humide ou sèche, et en fonction de la durée normale de la période de croissance. Dans le même temps, les aérosols soufrés finissent par retomber sur Terre et s’infiltrent dans la glace de la banquise et des glaciers, fournissant un enregistrement des éruptions.
L’association des carottes glaciaires et des cernes des arbres s’est avérée difficile dans le passé. C’est pourquoi les chercheurs du Desert Research Institute de Las Vegas ont utilisé un plus grand nombre de carottes de glace que les  études précédentes. Ils ont également employé une nouvelle méthode pour améliorer la résolution des données obtenues à partir des carottes. Elle consiste à faire fondre la carotte à une extrémité et à analyser en continu l’eau de fonte. L’équipe scientifique a ensuite utilisé un algorithme pour faire correspondre les données obtenues à partir des carottes de glace et celles fournies par les cernes des arbres.
Dans un article publié dans la revue Nature, les chercheurs disent avoir détecté 238 éruptions au cours des 2500 dernières années. Environ la moitié d’entre elles se situaient dans les hautes et moyennes latitudes de l’hémisphère nord, tandis que 81 se trouvaient dans les zones tropicales. En raison de la rotation de la Terre, les matériaux émis par des volcans tropicaux se retrouvent au Groenland et en Antarctique, tandis que les matériaux émis par des volcans de l’hémisphère nord tendent à y rester. Les sources exactes de la plupart des éruptions restent inconnues, mais l’équipe de chercheurs a pu faire correspondre leurs effets sur le climat aux enregistrements fournis par les cernes des arbres.
En ce qui concerne l’Empire Romain, la première éruption, à la fin de l’année 535 ou au début de 536, a injecté de grandes quantités de sulfates et de cendres dans l’atmosphère. Selon les récits historiques, l’atmosphère s’est assombrie en mars 536, et est restée ainsi pendant 18 mois. Les cernes ont enregistré des températures froides en Amérique du Nord, en Asie et en Europe où les températures estivales ont chuté de 1,1 à 2,2 degrés Celsius par rapport à la moyenne des 30 années précédentes. Puis, en 539 ou 540, un autre volcan est entré en éruption. Il a émis 10 pour cent de plus d’aérosols dans l’atmosphère que l’éruption du Tambora en 1815. De nouvelles calamités sont apparues, avec des famines et des pandémies. Selon les auteurs de l’article, ces éruptions ont probablement contribué au déclin de l’empire maya.
Tous ces exemples montrent clairement l’impact des éruptions volcaniques sur notre climat et, dans certains cas, sur la santé humaine, l’économie et l’histoire.
Source: Smithsonian Magazine.

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It is well known that volcanic eruptions can have an effect on the climate. The most recent example is the 1991 eruption of Mount Pinatubo in the Philippines which cooled global temperatures for about 2–3 years.

The 1815 eruption of Mount Tambora in Indonesia, occasioned – among others – mid-summer frosts in New York State and June snowfalls in New England. 1816 came to be known as the « Year Without a Summer. »

The summer of 1783 was unusually cold because of the volcanic dust produced by the eruption of Laki volcano in Iceland. It released enormous amounts of sulfur dioxide, resulting in the death of much of the island’s livestock and a catastrophic famine which killed a quarter of the Icelandic population. Northern hemisphere temperatures dropped by about 1°C in the year following the Laki eruption.

In the summer of 536, a mysterious cloud appeared over the Mediterranean basin. The local climate cooled for more than a decade. Crops failed, and there was widespread famine. From 541 to 542, a pandemic known as the Plague of Justinian swept through the Eastern Roman Empire.

Scientists had long suspected that the cause of all this misery might be a volcanic eruption, probably from Ilopango in El Salvador, which filled Earth’s atmosphere with ash. But now researchers say there were actually two eruptions – one in 535 or 536 in the northern hemisphere and another in 539 or 540 in the tropics – that kept temperatures in the north cool until 550.

The revelation comes from a new analysis that combines ice cores collected in Antarctica and Greenland with data from tree rings. According to the data, nearly all extreme summer cooling events in the northern hemisphere in the past 2,500 years can be traced to volcanoes.

When a volcano erupts, it spews sulfur aerosols into the air, where they can persist for two to three years. These aerosols block out some of the sun’s incoming radiation, causing cooling.

Trees record the climate impacts of an eruption in the size of their rings ; when a climate-related event occurs, the rings may appear wider or thinner than average, depending on whether the region is typically wet or dry and the normal length of the growing season. Meanwhile, the sulfur particles eventually fall to Earth and get incorporated into polar and glacial ice, providing a record of the eruptions.

Combining the two types of records had proven difficult in the past. So, researchers at the Desert Research Institute in Las Vegas used more ice cores than any previous study. They also employed a method to enhance the resolution in the data obtained from the cores. It consisted in melting the core from one end and continuously analyzing the meltwater. The team then used a sophisticated algorithm to match up their ice core data with existing tree ring datasets.

In an article published in the journal Nature, the researchers say they detected 238 eruptions from the past 2,500 years. About half were in the mid- to high-latitudes in the northern hemisphere, while 81 were in the tropics. Because of the rotation of the Earth, material from tropical volcanoes ends up in both Greenland and Antarctica, while material from northern volcanoes tends to stay in the north. The exact sources of most of the eruptions are as yet unknown, but the team was able to match their effects on climate to the tree ring records.

As far as the Roman Empire is concerned, the first eruption, in late 535 or early 536, injected large amounts of sulfate and ash into the atmosphere. According to historical accounts, the atmosphere had dimmed by March 536, and it stayed that way for another 18 months. Tree rings recorded cold temperatures in North America, Asia and Europe, where summer temperatures dropped by 1.1 to 2.2 degrees Celsius below the average of the previous 30 years. Then, in 539 or 540, another volcano erupted. It spewed 10 percent more aerosols into the atmosphere than the huge eruption of Tambora in Indonesia in 1815. More misery ensued, including the famines and pandemics. According to the authors of the article, the same eruptions may have even contributed to a decline in the Maya empire.

All these examples clearly show the marked impact that volcanic eruptions have on our climate and, in some cases, on human health, economics and so history.

Source: Smithsonian Magazine.

Vue du lac et de la caldeira de l’Ilopango au Salvador (Crédit photo : Wikipedia)

Eruption du volcan Io Yama (Japan) // Eruption of Io Yama Volcano (Japan)

Selon l’agence Reuters, le volcan Io Yama sur l’île de Kyushu est entré en éruption le jeudi 19 avril 2018, avec des nuages de cendre et des projections de blocs, ce qui a incité les autorités à interdire l’accès au sommet. Il n’est fait état d’aucun dégâts et d’aucune victime.
Les images diffusées à la télévision montrent une fumée grisâtre provenant de plusieurs endroits sur le flanc du Io Yama qui appartient au complexe volcanique de Kirishima.
Le niveau d’alerte est passé de 2 à 3 sur l’échelle de 5. La JMA a prévenu que les projections pouvaient atteindre une distance de 2 km.

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According to the Reuters press agency, Io Yama volcano on island of Kyushu erupted on Thursday, April 19th 2018, shooting clouds of smoke and rocks into the sky, and prompting authorities to ban access to the peak. There were no reports of any damage or casualties.

Television footage showed grayish smoke jetting from several spots on the side of the mountain in the Kirishima range.

The alert level for Io Yama was raised to 3 from 2 on Japan’s 5-level scale, with the Japan Meteorological Agency warning that volcanic rocks could be hurled as far as 2 km..

Kilauea (Hawaii): Ça se calme // Activity is decreasing

Après une hausse significative et un risque de débordement, la lave à l’intérieur de l’Overlook Crater a chuté de plusieurs mètres suite à un épisode de dégonflement du sommet du Kilauea. Le 18 avril au matin, son niveau se trouvait à une vingtaine de mètres sous la lèvre et n’était plus guère visible depuis la terrasse du Jaggar Museum.

La tendance au gonflement reste bien présente sur le Pu’uO’o où la sismicité reste stable.

Bien malin serait celui capable de dire comment va évoluer la situation. Semblables épisodes de gonflement ont eu lieu dans le passé. Certains ont été suivis d’éruptions tandis que d’autres sont restés sans suite. Wait and see…

Source : HVO.

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After a significant rise and a risk of overflowing, the lava inside the Overlook Crater dropped several metres following an episode of deflation of the summit of Kilauea. On the morning of April 18th, its level was about twenty metrss below the rim and was no longer visible from the terrace of the Jaggar Museum.
The inflationary tendency is still present on Pu’uO’o where seismicity remains stable.
Nobody can say how the situation will evolve. Similar episodes of inflation have occurred in the past. Some were followed by eruptions, others not. Wait and see …
Source: HVO.

Déformation du sommet du Kilauea (ligne bleue) et du flanc nord du Pu’uO’o (ligne verte) au cours de la dernière semaine et du dernier mois (Source : USGS / HVO)

 

Données GPS pour le sommet du Kilauea (un an et cinq ans) et pour le Pu’uO’o (année écoulée). On remarquera l’accélération d’inflation du Pu’uO’o (Source : USGS / HVO).

Kilauea (Hawaii) : Intensification de l’activité // Increased activity

Les observations et les mesures concernant l’éruption du Pu’uO’o au cours du mois dernier montrent que le système magmatique sous le cratère est de plus en plus sous pression. Si cette activité se poursuit, une nouvelle bouche pourrait s’ouvrir à tout moment, soit sur le cône du Pu’uO’o, soit à proximité, le long de l’East Rift Zone. Depuis la mi-mars 2018, les tiltmètres et les stations GPS sur le Pu’uO’o enregistrent un gonflement prononcé du cône. De plus, les images récentes des webcams ont révélé un soulèvement de plusieurs mètres du plancher du cratère. Ces observations sont la preuve que le magma s’accumule à de faibles profondeurs sous le Pu’uO’o. Des épisodes similaires d’inflation et de soulèvement du plancher du cratère sont survenus en mai-juin 2014 et en mai 2016. Ils ont précédé l’ouverture de nouvelles bouches sur le Pu’uO’o; elles ont donné naissance à la coulée du 27 juin (active en 2014-2016) et la 61g (active depuis 2016).

Au sommet du Kilauea, le niveau du lac de lave dans l’Halema’uma’u est le plus haut observé depuis plus d’un an. Le 16 avril au matin, il se trouvait à une dizaine de mètres sous la lèvre de l’Overlook Crater et était visible depuis la terrasse du Jaggar Museum. Il a baissé quelque peu depuis cette date et se situait ce matin à une vingtaine de mètres sous la lèvre. Le lac de lave avait atteint une telle hauteur le 4 janvier 2017. La lave est haute depuis vendredi mais on ne sait pas pendant combien de temps elle maintiendra cette tendance qui peut rapidement s’inverser….ou se poursuivre ! La lave pourrait déborder sur le plancher du cratère de l’Halema’uma’u, comme cela s’est produit en octobre 2016 et avril et mai 2015.

Outre l’augmentation d’activité du lac de lave, le HVO a détecté les 10 et 11 avril un essaim sismique avec 194 événements. Leur magnitude était de M 2 ou moins et ils étaient trop faibles pour être ressentis. Ils étaient situés entre 5 et 10 kilomètres sous le sommet. De tels essaims se produisent tous les deux ans, souvent sans aucun effet apparent sur l’activité éruptive au sommet ou sur le Pu’u’O’o.

Source: HVO.

Le Kilauea est l’un des volcans les mieux surveillés au monde. La situation est semblable à celle observée sur Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion). Les scientifiques travaillant dans les observatoires sont capables de décrire ce qui se passe, mais ils ne sont pas en mesure de faire des prévisions sur le comportement à court terme de ces deux volcans.

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Observations and measurements of the Pu‘uO‘o eruption during the past month suggest that the magma system beneath the crater has become increasingly pressurized. If this activity continues, a new vent could form at any time, either on the Pu’uO’o cone or along adjacent areas of the East Rift Zone. Since mid-March 2018, a tiltmeter and GPS stations on Pu’uO’o have recorded a pronounced inflationary trend of the cone, and recent webcam images have detected simultaneous uplift of the crater floor by several metres. These observations provide evidence that magma is accumulating at shallow depths beneath Pu‘uO’o. Similar episodes of inflation and uplift of the crater floor occurred in May–June 2014 and May 2016. These episodes preceded the opening of new vents on Pu‘uO’o that produced the June 27th flow (active in 2014-2016) and the 61g flow (active since 2016).

At the summit of Kilauea, the Halema’uma’u lava lake is the highest it has been in more than a year. On Monday morning, its level was just 10 metres below the Overlook rim, making it visible from the terrace of the Jaggar Museum. It has dropped a littlee since then and was about 20 metres beneath the rim this morning. The lava lake was last that high on January 4th, 2017.The lava has been rising since Friday but it is not known how long that trend, which can quickly reverse, will continue. The lake might go high enough to spill onto the floor of Halema‘uma‘u Crater. That happened in October 2016 and April and May 2015.

Beside the increased activity at the lava lake, on April 10th  and 11th, HVO detected a swarm of small earthquakes with 194 events. Their magnitude was M2 or smaller and they were too weak to be felt. They were located between 5 and 10 kilometres below the summit. Such swarms happen every couple of years, often with no apparent effects on eruption activity at the summit or at Pu‘u ‘O‘o.

Source: HVO.

Kilauea is one of the best monitored volcanoes in the world. The situation is like on the Piton de la Fournaise (Reunion Island). The scientists working at the observatories are able to describe what is happening but they are not able to make predictions about the short-term behaviour of both volcanoes.

Vue du lac de lave de l’Halema’uma’u le 15 avril 2018. La lave se situait à seulement une dizaine de mètres sous la lèvre du cratère (Crédit photo: HVO)

Ambae (Vanuatu) sollicite l’aide internationale // Ambae (Vanuatu) is asking for international help

Contrairement à ce que l’on a souvent pu lire dans la presse ces derniers jours, l’évacuation de la population d’Ambae affectée par l’éruption du volcan Manaro Voui ne semble pas avoir commencé. Les journaux locaux comme le Daily Post ont écrit que «le Vanuatu prévoit une nouvelle évacuation», mais pas que l’évacuation était en cours.
On peut lire dans le Daily Post aujourd’hui (16 avril 2018) que « le Vanuatu fait appel à des fonds internationaux pour permettre la réinstallation des personnes victimes de l’éruption ». Le Conseil des Ministres a autorisé le gouvernement à réinstallerde façon permanente, dans des lieux plus surs, et d’ici la fin du mois de mai, les 11000 personnes affectées par l’éruption. Le Conseil des Ministres a également admis qu’il n’est plus en, mesure de faire face aux émissions incessantes de cendre du volcan Manaro et il sollicite une aide internationale pour obtenir un fonds d’intervention. Le Conseil a donné l’assurance que la totalité de cette aide financière d’urgence serait gérée directement par le Ministère des Finances du Vanuatu.

Le gouvernement du Vanuatu a déclaré que les familles vivant à Ambae sont en situation de détresse à cause des retombées de cendre. Au début, la cendre a affecté les parties sud et ouest de l’île, mais en raison des changements de direction du vent, la cendre s’est répandue dans les parties nord et est de l’île, détruisant les sources de nourriture et la végétation.
Comme indiqué plus haut, la semaine dernière, le Conseil des Ministres a décrété l’état d’urgence pour l’île d’Ambae et prévu une nouvelle évacuation de masse car les toits des maisons et les arbres s’effondrent sous le poids de la cendre et de nombreux habitants souffrent de problèmes de santé. Les familles dont les maisons, l’eau et les cultures sont endommagées par la cendre et les pluies acides seront évacuées en priorité vers d’autres îles comme Maewo et Pentecôte.
Source: Daily Post.

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Contrary to what could often be read in the press, the evacuation of the people of Ambae affected by the eruption of Manaro Voui Volcano does not seem to have begun. Local newspapers like the Daily Post had written that “Vanuatu plans another evacuation”, but not that the evacuation was underway.

One can read in the Daily Post today (April 16th 2018) that “Vanuatu seeks international funds to help resettle islanders affected by volcano”. The Council of Ministers has authorized the government to secure a permanent resettlement for the 11,000 people affected by eruption by the end of May. The Council of Ministers also admitted that the constant ashfall from Manaro Voui Volcano is beyond its capacity, and has forced it to seek international help for response fund. The Council also gave its assurance that all emergency funds will be processed through the National Treasury.

The Vanuatu government said that families on Ambae are struggling to live due to the heavy volcanic ashfall. Initially the ash affected the south and western parts of the island, but due to wind changes, the ash has spread through the north and eastern parts of the island as well, destroying food sources and other vegetation.

Last week, the Council of Ministers declared a state Of emergency over the Ambae Island and planned another mass evacuation as houses and trees are collapsing due to the weight of the ash while many locals have suffered health issues. Families whose homes, water supplies and crops are damaged by the ash and acid rain will be evacuated to other islands like Maewo and Pentecost.

Source : Daily Post.

Vue satellitaire en relief de l’île d’ambae (Source: NASA)

L’éruption d’Eldgjá et la conversion de l’Islande au christianisme // The Eldgjá eruption and the conversion of Iceland to Christianity

Comme ils ne sont pas capables de faire des prévisions volcaniques fiables, les chercheurs se tournent souvent vers le passé pour essayer de comprendre l’histoire d’un volcan et de la population qui vivait autour. C’est ainsi qu’une équipe de scientifiques et d’historiens médiévaux de l’Université de Cambridge a pu dater avec exactitude l’éruption d’Eldgjá survenue peu de temps après la colonisation de l’Islande. Il est possible que cette éruption ait participé à la conversion du pays au christianisme. Un poème médiéval semble avoir raconté l’événement avec pour but d’encourager le changement culturel et religieux.

L’éruption d’Eldgjá, a produit d’énormes nappes de lave qui ont englouti cette région de l’Islande sur une longue période. Une vingtaine de kilomètres cubes de lave ont été émis lors de l’éruption, en même temps qu’une brume de poussière et de soufre qui s’est répandue à travers l’Europe. En utilisant des carottes de glace prélevées au Groenland, les chercheurs ont pu établir que l’éruption avait commencé vers le printemps de 939 et avait duré au moins jusqu’à l’automne de 940. Cela signifie qu’une partie de la première vague de migrants arrivés en Islande a été témoin de l’éruption.

Avec la date connue de l’éruption, on découvre dans les chroniques médiévales des descriptions de ses conséquences probables: présence d’une brume atmosphérique de grande ampleur sur l’Europe; des hivers rigoureux et des étés froids ; de mauvaises récoltes et des pénuries alimentaires. Les chercheurs ont été surpris de voir les souffrances subies par les populations à la suite de l’éruption d’Eldgjá. Du nord de l’Europe au nord de la Chine, les gens ont vécu des hivers longs et rigoureux et une sécheresse qui a duré tout le printemps et tout l’été.

Aucun texte de l’époque ne fournit une description de l’éruption. Le célèbre poème médiéval islandais Voluspá (Prophétie de la Voyante) annonce toutefois la fin des dieux païens d’Islande et l’arrivée d’un nouveau dieu singulier, tout en parlant d’une éruption incroyable:

« Le soleil commence à noircir, la terre s’enfonce dans la mer; les étoiles brillantes se dispersent dans le ciel.

La vapeur jaillit de ce qui nourrit la vie, les flammes volent haut contre le ciel. « 

Les chercheurs pensent que ces lignes ont été utilisées pour raviver les souvenirs pénibles de l’éruption et encourager la conversion au christianisme. Selon un chercheur, « L’interprétation du poème comme une prophétie de la fin des dieux païens et leur remplacement par le dieu singulier suggère que les souvenirs de cette terrible éruption volcanique ont été délibérément évoqués pour stimuler la christianisation de l’Islande. »

Source: Iceland Review.

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When they are not able to make reliable volcanic predictions, researchers often turn to the past to try and understand the history of a volcano and the people who lived around. In this way, a team of scientists and medieval historians led by the University of Cambridge accurately dated the Eldgjá eruption which occurred shortly after Iceland’s settlement, and suggest it was used to spur the country’s conversion to Christianity. A medieval poem may have recounted the event to purposefully stimulate the cultural and religious shift.

The Eldgjá eruption, which devastated Iceland’s early settlers, is known as a lava flood, a type of eruption in which flowing lava engulfs the landscape over a prolonged period. Around 20 cubic kilometres of lava were released in the eruption, accompanied by a haze of sulphurous dust which spread across Europe. Using ice cores from Greenland, the researchers determined the eruption began around the spring of 939 and lasted at least until the fall of 940. This means that some of the first wave of migrants to Iceland, brought over as children, may well have witnessed the eruption.

With a firm date for the eruption, many entries in medieval chronicles snap into place as likely consequences: presence of an extraordinary atmospheric haze over Europe; severe winters; and cold summers, poor harvests and food shortages. The researchers were surprised to see how widespraed human suffering was in the wake of Eldgjá. From northern Europe to northern China, people experienced long, hard winters and severe spring-summer drought.

There are no surviving texts from the period which provide a direct account of the eruption. The celebrated Medieval Icelandic poem Voluspá (Prophecy of the Seeress), however, foretells the end of Iceland’s pagan gods and the coming of a new, singular god, describing an incredible eruption:

“The sun starts to turn black, land sinks into sea; the bright stars scatter from the sky.

Steam spurts up with what nourishes life, flame flies high against heaven itself.”

The researchers suggest these lines were used to revive distressing memories of the eruption and therefore stimulate the conversion to Christianity. According to one researcher, « The poem’s interpretation as a prophecy of the end of the pagan gods and their replacement by the one, singular god, suggests that memories of this terrible volcanic eruption were purposefully provoked to stimulate the Christianisation of Iceland.”

Source: Iceland Review.

Faille d’Eldgjá

Gorge d’Eldgjá et chute d’eau d’Ófærufoss

La belle arche de la chute d’eau d’Ófærufoss n’existe plus aujourd’hui

(Photos: C. Grandpey)