Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion): Début de l’éruption ! // An eruption has started !

7h40 (heure métropole): Le bulletin de 10 heures de l’OVPF semble me donner raison. Le panache bleuté que j’avais détecté sur la webcam du Piton de Bert semble bien être le signe que l’éruption du Piton de la Fournaise a débuté. Le dernier bulletin de l’OVPF (10 heures, heure locale) indique que « suite à la crise sismique débutée à 09h16 heure locale, le tremor volcanique synonyme d’arrivée du magma à proximité de la surface est enregistré depuis 09h48 environ heure locale. L’analyse des données et les observations de panache depuis nos caméras montrent que la ou les fissure(s) éruptives se sont ouvertes dans le secteur du cratère Dolomieu, secteur nord nord-est à une altitude élevée pour l’instant. »

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12 heures (heure métropole): L’éruption qui a commencé sur le coup de 10 heures (heure locale) ce matin continue mais les conditions météo empêchent actuellement de profiter du spectacle. Selon l’OVPF – informations relayées par France Info – « la ou les fissure(s) éruptives se sont ouvertes au bord du cratère Dolomieu, dans le secteur nord nord-est à une altitude élevée pour l’instant, » ce qui confirme ce que j’écrivais précédemment. « Il y a deux ou trois fontaines de lave (d’une hauteur maximale d’une trentaine de mètres) par fissure. Les coulées de lave ont déjà bien descendu les pentes et se trouvaient à 1900 mètres d’altitude environ après une heure d’éruption. L’éruption n’est pas visible depuis le Pas de Bellecombe, ni du Piton de Bert. Le meilleur point d’observation est la route nationale, même si elle reste encore bien éloignée des coulées de lave.
Comme toujours au moment d’une éruption, l’accès du public à l’Enclos Fouqué, depuis le sentier du Pas de Bellecombe ou depuis tout autre sentier, ainsi que le poser d’aéronefs dans la zone du volcan, sont interdits jusqu’à nouvel ordre.

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18h30 (heure métropole) : Dans son dernier bulletin émis à 16h30 (heure locale), l’OVPF indique que l’éruption se poursuit, mais que le tremor est en baisse. Selon l’Observatoire, cette baisse peut être liée à une baisse d’activité sur l’une ou l’autre des deux fractures éruptives.

Les débits de surface étaient compris en début d’éruption entre 25 et 40 m3/s, valeurs classiquement observées en début d’éruption au Piton de la Fournaise.

On peut se demander si l’éruption durera très longtemps. Elle a mis du temps à démarrer, signe que la pression dans les conduits d’alimentation n’était pas très forte, ce qui est confirmé par la hauteur relativement modeste des fontaines de lave.

 

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7:40 am (Paris time): The OVPF update released at 10:00 (local time) seems to confirm my previous observations. The bluish plume that I had detected on the Piton de Bert webcam seems to be the sign that a new eruption has started at Piton de la Fournaise. « Following the seismic crisis that started at 9:16 local time, the volcanic tremor synonymous with the arrival of magma close to the surface has been recorded since 09:48 (local time). Data analysis and plume observations from our cameras show that eruptive fissure (s) have opened in  the north-north-east area of the Dolomieu Crater, at a high altitude for the moment. « 

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12:00 (Paris time): The eruption that started at about 10 o’clock (local time) this morning continues but the weather conditions are currently preventing visitors from enjoying the show. According to OVPF – the information has been relayed by France Info – « the eruptive fissure (s) opened at the edge of the Dolomieu Crater, in the north-north-east sector at a high altitude for the moment, » which confirms what I wrote previously. « There are two or three lava fountains per fissure, with a maximum height of about 30 metres. The lava flows have already travelled down the slopes and were about 1900 metres above sea level one hour after the start of the eruption. The eruption is not visible from the Pas de Bellecombe or the Piton de Bert. The best observation point is from the national road, although it is still far away from the lava flows.
As usual during an eruption, public access to the Enclos Fouqué, from the Pas de Bellecombe or from any other trail, as well as the landing of aircraft in the volcano area, are prohibited until further notice.

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18:30 (Paris time): In its latest update released at 16:30 (local time), OVPF indicates that the eruption continues, but the tremor is declining. According to the Observatory, this drop can be linked to a decrease in activity at one of the two eruptive fissures.
The lava output at the start of the eruption was estimated between 25 and 40 cubic metres per second, which is the usual output at the beginning of an eruption at Piton de la Fournaise.
One may wonder whether the eruption will last very long. It took a long time to start, a sign that the pressure in the feeding conducts was not very high, which is confirmed by the relatively modest height of the lava fountains.

Evolution du tremor volcanique entre 09h48 et 13h30 (heure locale) le 18 février. (Source: OVPF)

Evolution du tremor volcanique entre 09h48 et 16h15 (heure locale) le 18 février. (Source: OVPF)

Vue par l’oeil de la webcam, l’activité de surface ne semble pas très intense.

 

Episode éruptif sur le Poás (Costa Rica) // Eruptive episode on Poás Volcano (Costa Rica)

L’OVSICORI indique qu’un épisode éruptif significatif débuté le 11 février 2019 sur le Poás, avec une émission de cendre de faible intensité et l’apparition d’une incandescence dans le cratère. On a pu observer une colonne éruptive d’environ 200 mètres de hauteur au-dessus du cratère. L’éruption a obligé les autorités à fermer le Parc National.
Les vents ont poussé la cendre et les gaz vers le sud-ouest. L’OVSICORI a conseillé aux personnes souffrant de problèmes respiratoires de rester à l’intérieur et de porter un masque lors de leurs sorties.
Il s’agit de la première activité éruptive significative du Poás depuis 2017. L’éruption n’a pas vraiment été une surprise car une augmentation de l’activité volcanique avait été observée en janvier.
Source: OVSICORI.

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OVSICORI indicates that a significant eruptive episode started at Poás volcano on February 11th, 2019 with low-level ash emission and crater incandescence. An eruptive column about 200 metres high could be seen rising above the crater. The eruption forced the authorities to close Poas Volcano National Park.

Winds pushed the ash and gases to the southwest. OVSICORI advised people with respiratory problems to stay indoors and wear masks when going out.

This is the first significant eruptive activity since 2017. The eruption did not really come as a surprise as an increase in volcanic activity had been observed in January.

Source : OVSICORI.

Le Poás pendant la matinée du 12 février 2019 (heure locale)

A la découverte de Hunga Tonga-Hunga Ha’apai // Discovery of Hunga Tonga-Hunga Ha’apai

En 2015, une nouvelle terre a fait surface dans le Pacifique Sud. L’éruption très spectaculaire d’un volcan sous-marin a fait jaillir de la cendre et de la lave pendant plus d’un mois. Lorsque les matériaux émis se sont mélangés à l’eau de mer, ils se sont solidifiés pour former, en l’espace d’un mois, une nouvelle île qui s’est nichée entre deux masses de terre existantes: Hunga Tonga et Hunga Ha’apai, d’où son nom: Hunga Tonga-Hunga Ha’apai (HTHH). [voir les notes dans ce blog à ce sujet]
Les éruptions volcaniques sous-marines forment souvent de nouvelles petites îles, mais leur durée de vie est généralement très courte. Les vagues les érodent rapidement et elles disparaissent dans la mer. A l’image de Surtsey (Islande) en 1963, HTHH, n’a pas disparu. Au lieu de cela, elle est devenue une île de plus d’un kilomètre de large et long, et près de 120 mètres de hauteur. En 2017, les scientifiques de la NASA ont estimé qu’elle durerait entre six et trente ans, ce qui fournirait aux chercheurs un aperçu unique du début de la vie et de l’évolution d’une nouvelle terre.
A partir des processus observés sur HTHH, les chercheurs pensent qu’ils seront en mesure d’obtenir un aperçu des caractéristiques d’autres planètes comme Mars. En effet, beaucoup de phénomènes observés sur Mars l’ont été grâce à l’expérience d’interprétation des phénomènes terrestres. Les scientifiques de la NASA pensent qu’il y a eu des éruptions sur Mars à une époque où il y avait de l’eau à la surface de la planète. Ils espèrent pouvoir utiliser la nouvelle île des Tonga et son évolution pour comprendre un environnement océanique ou un environnement lacustre éphémère.
Des scientifiques du Goddard Space Flight Center de la NASA et de l’Université de Columbia se sont rendus sur l’île en octobre 2018 et l’ont explorée pour la première fois. Avant cela, leur seule approche du paysage était à partir d’images satellitaires. Après avoir passé les trois dernières années à créer un modèle 3D de HTHH, ils ont pu naviguer le long de la côte nord de l’île en prenant des mesures GPS et ont enfin mis le pied sur cette nouvelle terre.
Les chercheurs ont découvert que la majeure partie du sol était composée de graviers noirs. En outre, l’île n’était pas aussi plate qu’elle paraissait l’être sur les images satellites. Elle est certes assez plate, mais il y a des reliefs et les graviers ont formé de jolis motifs sous l’effet de l’action des vagues. Il y a aussi de l’argile qui descend du cône principal. On distingue ce matériau de couleur claire sur les images satellites. C’est en fait une boue très collante, et pas de la cendre comme le pensaient les visiteurs.
L’équipe scientifique a découvert de la végétation sur l’île, apparemment ensemencée par des fientes d’oiseaux. Les chercheurs ont d’ailleurs vu certains d’entre eux comme une chouette effraie et des centaines de sternes fuligineuses
Ils ont également fait des relevés topographiques très précis afin de produire une carte 3D à haute résolution. Cela leur permettra de surveiller l’érosion de l’île au cours des prochaines années. L’île s’érode beaucoup plus rapidement que prévu. Les chercheurs se sont concentrés sur l’érosion sur la côte sud où les vagues viennent s’abattre, mais c’est toute l’île qui est en train de s’effondrer, avec d’énormes ravines d’érosion qui deviennent de plus en plus profondes avec le temps.
L’équipe scientifique a maintenant l’intention de déterminer le volume de l’île et la quantité de cendre émise au moment de l’éruption. L’intérêt est de calculer l’évolution du paysage 3D dans le temps, en particulier son volume qui n’a été mesuré que quelques fois sur d’autres îles de même type. C’est une première étape pour comprendre la vitesse et les processus d’érosion et pourquoi HTHH résiste plus longtemps que prévu aux assauts de l’océan.
Source: Newsweek.

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In 2015, a new land emerged in the South Pacific. The dramatic eruption of an underwater volcano sent ash and lava spewing into the sea for over a month. As the ash mixed with the warm water, it solidified into a rock and, over the course of a month, this rock built up enough to create a new island. The island was nestled in between two landmasses—Hunga Tonga and Hunga Ha’apai, hence its name: Hunga Tonga-Hunga Ha’apai (HTHH).

Underwater volcanic eruptions often form small new islands but they are normally very short-lived. The ocean waves quickly erode the rock and they disappear back into the sea. Imitating Surtsey (Iceland) in 1963, HTHH, did not vanish. Instead, it grew to be more than one kilometre wide and long, and almost 120 metres in height. In 2017, NASA scientists studying the island estimated it would last between six and 30 years, which would provide researchers with an unprecedented insight into the early life and evolution of a new land.

By understanding the processes taking place on HTHH, researchers believe they will be able to get an insight into the features on places like Mars. Indeed, many things observed on Mars are based on the experience of interpreting Earth phenomena. NASA scientists think there were eruptions on Mars at a time when there were areas of persistent surface water. As a consequence, they may be able to use the new Tongan island and its evolution as a way of understanding an oceanic environment or ephemeral lake environment.

NASA scientists from the Goddard Space Flight Center and from Columbia University travelled to the island in October 2018 and explored it for the first time. Before this, their only experience of the landscape was from satellite images. They had spent the last three years making a 3D model of HTHH. They were now able to sail around the northern coast of the island taking GPS measurements, before finally setting foot on HTHH.

The scientists discovered that most of the ground was black gravel. Besides, the island was not quite as flat as it seemed from satellite. It is pretty flat, but there are some gradients and the gravels have formed some nice patterns from the wave action. There is also clay washing out of the cone. In the satellite images, one can see this light-coloured material. It is actually a very sticky mud, and not the ash the visitors expected.

The team discovered vegetation growing on the island, apparently having been seeded by bird droppings. They also saw a barn owl and hundreds of nesting sooty terns living on HTHH.

They also took high-precision measurements of the land in order to produce a higher-resolution 3D map. This will allow them to monitor the erosion of the island over the coming years. The island is eroding by rainfall much more quickly than they imagined. The researchers were focused on the erosion on the south coast where the waves are crashing down, but the whole island is going down, with huge erosion gullies which are getting deeper and deeper with the time.

The scientific team now plans to work out the volume of the island and how much ash erupted from the volcano’s vent. The interest is to calculate how much the 3D landscape changes over time, particularly its volume, which has only been measured a few times at other similar islands. It is the first step to understand erosion rates and processes and to decipher why HTHH has persisted longer than most people expected.

Source: Newsweek.

Hunga Tonga-Hunga Ha’apai en 2019 (Crédit photo : Woods Hole Oceanographic Institution)

Vue de Hunga Tonga-Hunga Ha’apai en juin 2017 (Crédit photo: NASA)

Cette photo prise au cours de la dernière mission sur l’île montre parfaitement les nombreuses ravines d’érosion, ainsi que les déchets qui ont envahi le littoral de cette île vierge (Crédit photo: NASA)

La naissance de l’île avait été très spectaculaire, avec de superbes cypressoïdes typiques des éruptions phréato-magmatiques.

Nouvelles des volcans du monde // News of volcanoes around the world

Avec la fin du ‘shutdown’ aux États-Unis, la Smithsonian Institution est à nouveau en mesure de publier ses rapports hebdomadaires sur l’activité volcanique dans le monde. Parmi les volcans les plus actifs, on remarque le Karangetang, le Merapi, le Planchon-Peteroa et le Fuego.

La lave en provenance du sommet du Karangetang (Sulawesi / Indonésie) a finalement atteint la mer le 6 février 2019. Plus de 110 habitants de cinq villages ont été évacués vers des endroits plus sûrs de l’île. Batubulan a été le premier village à être évacué, car une coulée de lave s’était approchée de la rivière et menaçait de couper la route reliant le village au reste de l’île. Aucun dégât important n’a été signalé dans le village.
Les autorités locales se disent « prêtes à procéder immédiatement à d’autres évacuations à l’aide de navires, et à évacuer les villages côtiers en cas d’urgence ».
Comme je l’ai déjà écrit, il est demandé à la population et aux touristes de ne pas s’approcher du volcan à moins de 2,5 km du cratère principal et du cratère nord et à moins de 3 km dans les secteurs S, SE, O et SO. Les gens doivent également préparer des masques en cas de retombées de cendre et être vigilants, en particulier le long des berges de la rivière Batuawang, jusqu’à la plage.
Le niveau d’alerte du Karangetang reste à 3.
Voici la courte vidéo d’un bulletin d’informations télévisé montrant la lave en train d’entrer dans la mer.
https://youtu.be/tGpqJsEemcQ

Le volume du dôme de lave au sommet du Merapi est actuellement estimé à 461 000 mètres cubes et est relativement stable. Plusieurs avalanches de blocs incandescents ont été enregistrées au cours des derniers jours. Ces matériaux ont dévalé la pente sur une distance de 200 à 700 mètres au sud-est dans la ravine de la rivière Gendol. Plusieurs écoulements pyroclastiques ont également été observés, avec de petites retombées de cendre dans la partie Est du volcan. Le niveau d’alerte reste à 2 (sur une échelle de 1 à 4) et il est demandé à la population de rester en dehors de la zone d’exclusion de 3 km.

Le SERNAGEOMIN a signalé une augmentation des émissions de cendre sur le Planchón-Peteroa à compter du 1er février 2019. Les panaches de cendre s’élèvent jusqu’à 2 km au-dessus du volcan. Cette activité s’est accompagnée d’événements sismiques discrets et de très basse fréquence le 1er février. Le 3 février, les webcams ont montré des panaches de gaz et de cendre atteignant des hauteurs inférieures à 2 km. Le niveau d’alerte reste à la couleur Jaune.

Des explosions avec une moyenne de 15 événements par heure sont toujours détectées sur le Fuego. Elles génèrent des panaches de cendre s’élevant jusqu’à 1,1 km au-dessus du cratère. Des retombées de cendre ont été signalées dans les zones sous le vent. Des matériaux incandescents sont éjectés à une hauteur de 300 mètres et provoquent des avalanches dans les ravines Seca, Ceniza, Trinidad et Las Lajas. Les ondes de choc font vibrer les fenêtres dans les localités proches du volcan.

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With the end of the shutdown in the United States, the Smithsonian Institution is again able to release its weekly reports about volcanic activity around the world. Among the most active volcanoes, one notices Karangetang, Merapi, Planchon-Peteroa and Fuego.

Lava travelling from the summit of Karangetang (Sulawesi / Indonesia) finally reached the sea on February 6th, 2019. Over 110 residents from five villages have been evacuated to safer locations across the island. The first village to be evacuated was Batubulan because a lava flow had approached the nearby river and threatened to cut the road connecting the village with the rest of the island. No significant damage was reported from the village.

Local authorities say they are “ready to immediately move in with ships and evacuate coastal villages if the danger level is declared as an emergency. »

As I put it before, people are asked not to approach the volcano within a 2.5 km radius of the main and northern crater and within 3 km in the S, SE, W and SW sectors. They should also prepare masks in the event of ashfall and be aware of all potential threats, especially along the banks of Batuawang river to the beach.

The alert level for Karangetang remains at 3.

Here is a short video of a TV news bulletin showing lava entering the sea.

https://youtu.be/tGpqJsEemcQ

The volume of the lava dome at Merapi’s summit crater is currently estimated at 461,000 cubic metres and is relatively stable. Several incandescent rockfall events have been recorded in the past days, with material travelling 200-700 m SE in the Gendol River drainage. Several pyroclastic flows have also been observed, producing produced minor ashfall in areas E of the volcano. The alert level remains at 2 (on a scale of 1-4), and residents are urged to remain outside of the 3-km exclusion zone.

SERNAGEOMIN has reported an increase in ash emissions at Planchón-Peteroa beginning on February 1st, 2019. Ash plumes are rising as high as 2 km above the volcano. This activity was accompanied by discrete, very-low-frequency seismic events which were only recorded on that day. On February 3rd, webcams showed gas-and-ash plumes rising to heights less than 2 km. The Alert Level remains at Yellow.

Explosions with a n average of 15 events per hour are still detected at Fuego, with ash plumes rising as high as 1.1 km above the crater. Ashfall has been reported in downwind areas. Incandescent material is ejected 300 metres high and causes avalanches that travel down the Seca, Ceniza, Trinidad and Las Lajas ravines. Shock wave cause the windows to vibrate in the communities near the volcano.

Vue de la lave du Karangetang arrivant dans la mer (Kompas TV)

L’éruption du Karangetang (Sulawesi / Indonésie)

Le Karangetang a montré une hausse d’activité au cours des derniers jours. Au moins 22 personnes ont été obligées de partir et de trouver refuge chez des parents le 4 février 2019, après que la lave ait atteint la rivière Malebuhe, près du village de Batubulan. La coulée de lave avait presque atteint la côte le 3 février, ainsi que des villages et des routes dans le district de Kepulauan Sitaro. Cependant, aucun dégât ni victime n’a été signalé.
Les volcanologues locaux redoutent que la coulée de lave génère des avalanches pyroclastiques avec l’effondrement du front de coulée sur le flanc escarpé du volcan.
Le niveau d’alerte du Karangetang est maintenu à 3 depuis le 21 décembre 2018, suite à une forte augmentation de la sismicité. La population locale et les visiteurs sont priés de ne pas s’approcher du volcan dans un rayon de 2,5 km du cratère principal et du cratère nord, et à moins de 3 km dans les secteurs sud, sud-est, ouest et sud-ouest. Il est conseillé aux habitants des localités proches du volcan de préparer des masques en cas de retombées de cendre. Il leur est également conseillé de ne pas rester le long des berges de la rivière Batuawang jusqu’à la plage.
De récentes photos et vidéos sur les réseaux sociaux ont montré que la lave avançait sur le versant du volcan où elle avait parcouru plus de 3 000 mètres depuis le sommet.
On peut lire sur le site web de la Smithsonian Institution que le Karangetang se trouve à l’extrémité nord de l’île de Siau, au nord de la Sulawesi. C’est un stratovolcan avec cinq cratères à son sommet, disposés long d’une ligne nord-sud. Il s’agit de l’un des volcans les plus actifs d’Indonésie, avec plus de 40 éruptions depuis 1675. Les éruptions du 20ème siècle se caractérisent par de fréquentes explosions, parfois accompagnées de coulées pyroclastiques provoquées par l’effondrement du dôme sommital. Il est également fait état de lahars.
Sources: The Watchers, Agence indonésienne de gestion des catastrophes.

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Mt Karangetang has shown an increase in activity during the past days. At least 22 people were forced to evacuate and taken to their relatives on February 4th, 2019, after lava reached the Malebuhe River near Batubulan village. The flow had almost reached the coastline on February 3rd, as well as villages and roads in the Kepulauan Sitaro district. However, there are no reports of damages or casualties.

Local volcanologisrs fear the lava flow might generate pyroclastic flows with the collapse of parts of the flow emplaced on the steep flank of the volcano.

The alert level for Karangetang has been kept at 3 since December 21st, 2018 after a sharp increase in seismicity. Residents and visitors are asked not to approach to volcano within a 2.5 km radius from the main and northern crater and within 3 km in the south, southeast, west and southwest sectors. All nearby communities are advised to prepare masks in the event of ashfall. They are also advised not to stay along the banks of the Batuawang River to the beach.

Recent photos and videos on social networks have shown the erupted lava advancing as a lava flow that had travelled more than 3 000 metres from the summit.

One can read on the Smithsonian Institution website that Karangetang lies at the northern end of the island of Siau, north of Sulawesi. It is a stratovolcano with five summit craters along a north-south line. It is one of Indonesia’s most active volcanoes, with more than 40 eruptions recorded since 1675. Eruptions in the 20th century included frequent explosive activity sometimes accompanied by pyroclastic flows caused by the collapse of the summit dome. Lahars have also been reported.

Sources: The Watchers, Indonesian disaster management agency.

La coulée de lave le 3 février 2019

L’activité du Karangetang depuis le mois de novembre

Carte à risques du Karangetang

(Source: Agence indonésienne de gestion des catastrophes)

Etna (Sicile / Italie)

Sale temps pour le ski à Piano Provenzana! En fin de matinée, le Cratère Nord-Est de l’Etna a commencé à se racler la gorge et à émettre d’importants nuages de cendre. La direction empruntée par la cendre permet de laisser opérationnel l’aéroport de Catane. De telles émissions de cendre se produisent ponctuellement sur le volcan. Le tremor et la sismicité montrent qu’il ne devrait pas s’agir du début d’un nouvel épisode éruptif de grande ampleur.

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This is not the right moment to go skiing at piano Provenzana! Late this morning, Mount Etna’s North-East Crater started to emit dense ash clouds. However, the ash is being blown away from Catania Airport so that the airport is operating normally. Such ash emissions occur from time to time on the volcano. The tremor and seismicity show that it should not be the beginning of another significant eruptive episode.

Hawaii: La nostalgie de l’éruption du Pu’uO’o // Nostalgia of the Pu’uO’o eruption

Bien que la lave ait cessé de couler il y a plusieurs mois, certains scientifiques à l’Observatoire des Volcans d’Hawaii (HVO) se demandent encore si la dernière éruption du Kilauea est réellement terminée! Il est vrai qu’ils se sont trompés dans leur pronostic et avaient annoncé une éruption beaucoup plus longue. Il est toujours difficile d’admettre qu’on a eu tort !
Le 3 janvier 2018 a marqué le 35ème anniversaire du début de l’éruption du Pu’uO’o. Au cours des trois dernières décennies, la lave est apparue presque continuellement le long de la Middle East Rift Zone. Des petites pauses dans l’activité de surface se sont produites principalement entre les épisodes de fontaines de lave de 1983 à 1986, puis au cours de certains épisodes pendant lesquels sont apparues des fractures secondaires, des intrusions ou des effondrements partiels du plancher du cratère.
Compte tenu de la longévité de l’éruption du Pu’uO’o, les gens s’étaient habitués à voir la lave qui a attiré des millions de touristes du monde entier. L’éruption a été quasiment ininterrompue. Le mot quasiment est important  car on a tout de même observé une centaine de brèves pauses d’activité tout au long des 35 années de l’événement ; la plupart ont duré quelques heures à quelques jours. Les six pauses les plus longues ont duré chacune un à deux mois et toutes se sont produites entre des épisodes de fontaines de lave au cours des deux premières années.
Les archives de l’éruption du Pu’uO’o montrent que des pauses relativement longues sont apparues au cours des épisodes 3 et 4 (65 jours), des épisodes 32 et 33 (52 jours), des épisodes 12 et 13 (50 jours), des épisodes 39 et 40 (49 jours), des épisodes 25 et 26 (43 jours) et les épisodes 31 et 32 ​​(38 jours).
Après les épisodes de fontaines de lave, on a observé plusieurs pauses dans l’éruption du Pu’uO’o, d’une durée d’une semaine à un mois. Ainsi, il y a eu une pause de 10 jours en février 1992 au moment la fermeture du conduit d’alimentation du Kupaianaha, ce qui a mis fin à l’épisode 48. Un an plus tard, il y eu une pause de huit jours en février 1993 après qu’une intrusion en amont de la zone de rift ait provoqué un effondrement du cratère du Pu’uO’o. En février 1996, une pause de neuf jours est survenue après une augmentation des émissions de lave.

La plus longue interruption après un épisode de fontaines de lave a duré 24 jours après l’épisode 54 dans le Napau Crater en février 1997. En septembre 1999, une pause de 11 jours a été observée pendant l’épisode 55, après l’effondrement partiel du plancher du cratère du Pu’uO’o. .
Plus récemment, il y a eu deux pauses en 2011: une pause de 18 jours après l’éruption fissurale de Kamoamoa en mars et une pause de six jours après l’épisode 60 sur le flanc ouest du Pu’uO’o en août.
Le 30 avril 2018, la situation a totalement changé. Avec l’effondrement spectaculaire du Pu’uO’o, la lave a totalement disparu du site pendant le reste de l’année 2018. Le 30 décembre a marqué sept mois d’absence d’activité sur le Pu’uO’o et cette date revêt une importance particulière. En effet, la.Smithsonian Institution considère qu’une phase d’activité est terminée si le volcan ne s’est pas manifesté à nouveau au bout de  90 jours. Aujourd’hui, après une interruption de 7 mois, il est extrêmement improbable que la lave réapparaisse sur le Pu’uO’o. Compte tenu du critère proposé par la Smithsonian Institution, l’éruption du Pu’uO’o peut être considérée comme définitivement terminée. Le 36ème anniversaire de l’éruption le 3 janvier 2019 n’aura donc jamais été célébré !
Cela ne signifie pas que le Kilauea est définitivement éteint. De nouvelles éruptions ont commencé ailleurs sur le volcan après des mois, voire des décennies, de calme. Le magma est toujours présent sous le volcan, comme le prouvent les déformations observées le long de la Middle East Rift Zone. Il ne faudrait pas oublier que le Kilauea est un volcan actif qui entrera de nouveau en éruption à plus ou moins longue échéance.
Source: HVO.
Comme je l’ai déjà écrit, les scientifiques en poste à l’Observatoire du Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion) devraient se demander si les éruptions à répétition du volcan font partie du même processus éruptif ou si elles doivent être considérées comme différents épisodes d’activité. Après tout, si l’on associe certaines éruptions du Piton de la Fournaise en fonction des critères de la Smithsonian Institution, elles pourraient avoir duré beaucoup plus longtemps!

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Although lava stopped flowing several months ago, some people at the Hawaiian Volcanoes Observatory (HVO) are still wondering whether the last Kilauea eruption is over !

January 3rd, 2018 marked the 35th anniversary of Pu’uO’o. For the past three and a half decades, lava had erupted almost continuously from the middle East Rift Zone (ERZ). Minor pauses in surface activity mostly occurred between the fountaining episodes in 1983 – 1986, and subsequently during a few episodes marked by subsidiary fissures, intrusions, or partial crater floor collapses.

Given the longevity of the Pu’uO’o eruption, people had been accustomed to having nearly-uninterrupted access to lava., which attracted millions of tourists around the globe. The eruption was “nearly-uninterrupted” because there were over one hundred brief pauses in surface activity throughout the 35-year-long event, most lasting hours to a couple days. The six longest pauses during the Pu’uO’o activity were each one to two-months-long, and all occurred between fountaining episodes in the first two years.

Specifically, long pauses between fountains occurred during episodes 3 and 4 (65 days), episodes 32 and 33 (52 days), episodes 12 and 13 (50 days), episodes 39 and 40 (49 days), episodes 25 and 26 (43 days), and episodes 31 and 32 (38 days).

After the fountaining episodes, there were several Pu’uO’o eruption pauses lasting between one week and one month. Specifically, there was a 10 day pause in February 1992 after the Kupaianaha vent shut down, ending episodes 48. A year later there was an eight-day pause in February of 1993 after an uprift intrusion caused the Pu’uO’o crater floor to collapse. A nine-day pause in February 1996 occurred after an observed surge in effusion rate.

The longest eruption hiatus after the fountaining phase lasted 24 days following the episode 54 fissure in Napau Crater in February 1997. In September 1999, there was an 11-day pause during episode 55 after a partial collapse of the Pu’uO’o crater floor.

Most recently, there were two pauses in 2011: an 18-day pause after the March Kamoamoa fissure, and a six-day pause after the episode 60 west flank break out in August.

However, on April 30th, 2018, everything changed. The catastrophic collapse of Pu’uO’o left the iconic eruption site and the surrounding lava flow fields devoid of lava through the rest of 2018. December 30th marked the seven-month anniversary of no surface activity at Pu’uO’o and is effectively a concluding milestone for this long-lived event.

The Smithsonian Institution classifies the end of continuous volcanic activity based on an absence of eruptive activity over a 90-day period. Statistically, after a 7-month gap in activity, it is extremely unlikely that lava will resume activity within Pu’uO’o. Given the Smithsonian Institution criterion, the Pu’uO’o eruption could be considered over.  The 36th anniversary of continuous eruption, on January 3rd, 2019, cannot be celebrated.

This does not mean Kilauea Volcano is dead. New eruptions have previously begun elsewhere on Kilauea after months to decades of quiet. Magma is being supplied to the volcano, and  deformation data shows evidence for movement of molten rock through the magmatic system, refilling the middle ERZ. It is important to note that Kilauea is still an active volcano that will erupt in the future.

Source : HVO.

As I put it before, scientists at the Observatory of Piton de la Fournaise (Reunion Island) should wonder whether the repeated eruptions of the volcano are part of the same eruptive process or due to different episodes of activity. After all, if we connect the different eruptions of Piton de la Fournaise using the Smithsonian Institution approach, some eruptions might be considered much longer!

Avec les explosions, les lacs et coulées de lave, la dernière éruption du Pu’uO’o a offert un très beau spectacle (Photos: C. Grandpey)