Eruption meurtrière à White Island (Nouvelle Zélande) // Deadly eruption at White Island (New Zealand)

7h30 (heure française / 19h30 heure locale) Il y a quelques jours, j’indiquais qu’une augmentation d’activité avait été observée à White Island, mais personne n’imaginait que des visiteurs se feraient tuer. Les autorités néo-zélandaises nous informent qu’au moins une personne est décédée après l’éruption du volcan aujourd’hui, et « un certain nombre » de personnes sont toujours portées disparues. Il y aurait une vingtaine de blessés souffrant de brûlures pour la plupart. La police dit qu’il est encore trop dangereux d’aller sur l’île qui est actuellement recouverte de cendre et de matériaux volcaniques. Vingt-trois personnes ont été évacuées de l’île, mais on pense que moins de 50 personnes se trouvaient sur ou à proximité au moment de l’éruption.
Source: New Zealand Herald.

Au vu des volumineux panaches de vapeur qui s’échappaient du cratère au moment de l’explosion, il ne fait guère de doute qu’il s’agit d’une éruption phréatique au niveau du lac qui occupe le fond de White Island.

L’éruption vue par la webcam postée à Whakatane, sur la côte de l’Ile du Nord.

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8 heures : Brad Scott, volcanologue à GNS Science, a déclaré que l’éruption à White Island aujourd’hui était « instantanée ». A 14h11, une explosion a envoyé un panache de cendre à 3,6 km au-dessus du volcan. Le fond du cratère a été recouvert de cendre. Les instruments de surveillance n’ont pas détecté de nouvelles éruptions. Cependant, Brad Scott explique qu’il sera difficile de prévoir la suite des événements. « Après une période d’activité intense, il y a toujours une probabilité de nouvelle éruption, mais il y a beaucoup d’incertitude à ce sujet. »
Comme je l’ai déjà écrit, une augmentation de l’activité a été observée ces derniers jours à White Island, ce qui a conduit les autorités à élever le niveau d’alerte à 2. Les scientifiques ont observé une augmentation des émissions de SO2, signe d’une ascension du magma sous le volcan. Le niveau d’alerte a été porté à 4 au moment de l’éruption, puis réduit à 3.
Les volcanologues savent que des éruptions soudaines peuvent se produire sur des volcans comme White Island, mais on est actuellement incapable de prévoir le moment où ces explosions sont susceptibles de se déclencher. La seule chose que l’on sait, c’est que des éruptions phréatiques peuvent se produire soudainement et sans prévenir. Elles peuvent être mortelles en termes de traumatismes, de brûlures et de problèmes respiratoires. Les éruptions sont de courte durée, mais une fois qu’elles se produisent, il y a de fortes chances que d’autres suivent, généralement de moindre intensité, le temps que le système se rééquilibre.
Source: New Zealand Herald.

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12 heures: Le bilan de l’éruption de White Island s’est alourdi. On dénombre officiellement au moins cinq morts et un certain nombre de personnes sont toujours portées disparues. Des Néo-Zélandais et les touristes figurent parmi les victimes parmi lesquelles des citoyens australiens. L’une des personnes tuées était un guide expérimenté de l’agence White Island Tours. Plusieurs touristes participaient à une croisière à bord du navire Ovation of the Seas, mais la police n’a pas confirmé les nationalités.
Il fait nuit en Nouvelle Zélande et la police ne sait pas s’il y a encore des personnes vivantes sur l’île. Les cinq morts ont été transportés aujourd’hui sur le continent. Les 18 autres personnes secourues souffrent de blessures, notamment des brûlures, et ont été transportées à l’hôpital.
Source: New Zealand Herald.

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14 heures: Après avoir effectué plusieurs vols de reconnaissance aérienne au-dessus de l’île, la police a déclaré qu’il n’y avait « aucun signe de vie » sur White Island, et que toute personne susceptible d’être évacuée vivante l’avait été au moment de l’évacuation de lundi.
La police s’efforce d’indiquer le plus vite possible le nombre exact de victimes qui viendraient s’ajouter aux cinq personnes dont le décès a été confirmé. On craint qu’une trentaine de personnes manquent à l’appel.
À ce stade, il est trop dangereux pour la police et les secours de se rendre sur l’île qui est actuellement recouverte de cendre et de matériaux volcaniques. Un navire de la Force de la marine néo-zélandaise (NZDF) s’approchera de l’île mardi matin dès que la clarté sera suffisante pour déployer des drones et du matériel d’observation afin de mieux sonder l’environnement et rechercher de possibles victimes.

Source : New Zealand Herald.

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7:30 (French time) / 19:30 (local time): A few days ago, I indicated that an increase in activity had been observed at White Island, but no one imagined that visitors would be killed. New Zealand authorities inform us that at least one person is dead after the volcano erupted today, and « a number » of people are still unaccounted for. It seems about 20 people were injured, suffering from burns for most of them. The police says it is still too dangerous to go onto the island which is currently covered in ash and volcanic material. Twenty-three people have been taken from the island. It is unclear how many persons were left, but it is believed fewer than 50 people were on or near it at the time of the eruption.

Source; New Zealand Herald.

Judging from the voluminous steam plumes that could be seen rising above the crater at the Time of the eruption, there is little doudt that it was a phreatic eruption that occurred at the lake at the bottom of White Island.

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8:00: Brad Scott, a GNS Science volcanologist said that the eruption at White Island today was « basically instantaneous. » At about 2.11pm, an explosion sent a plume of ash 3.6 km above the volcano. The island’s crater floor was littered with ash. Monitoring equipment showed there had been no signs of further eruptions. However, Brad Scott said it would be difficult to predict what happened next. « After a period of unrest, there’s always the likelihood of eruption – but there’s a lot of uncertainty about that. »

As I put it before, an increase in activity had been observed in the past days, which led authorities to raise the alert level to 2. Scientists had observed increasing amounts SO2, a sign of rising magma beneath the volcano. The alert level was raised to 4 at the moment of the eruption and later reduced to 3.

Volcanologists know that sudden eruptions from volcanoes such as White Island can be expected at any time, but they are unable to predict the moment when explosions are likely to occur. The only thing they know is that phreatic eruptions can occur suddenly and with little or no warning. They can be deadly in terms of causing impact trauma, burns and respiratory problems. The eruptions are short-lived, but once one occurs, there are high chances for further, generally smaller ones as the system re-equilibrates.

Source : New Zealand Herald.

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12:00 pm : The toll of the White Island eruption is rising. At least five people are ifficially dead and a number of people are still unaccounted for. New Zealanders and tourists are involved, among whom Australian citizens. One of the people killed was an experienced guide for White Island Tours. A number of the tourists were from the Ovation of the Seas cruise ship, but police cannot confirm nationalities.

Police do not know if there are people on the island alive at the moment. The five people dead are people who were taken off the island today. The other 18 rescued all have injuries, especially burns, and have been taken to hospital.

Source : New Zealand Herald.

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14:00: Following a number of aerial reconnaissance flights over the island since the eruption, police say there are ‘no signs of life’ on White Island, adding they believe anyone who could have been taken from the island alive was rescued at the time of Monday’s evacuation.

Police are working urgently to confirm the exact number of those who have died, further to the five confirmed deceased already. It is feared that 30 people or so might be missing.

At this stage it is too dangerous for police and rescue to go onto the island which is currently covered in ash and volcanic material. A New Zealand Defense Force (NZDF) ship will approach the perimeter of the island at first light to deploy drones and observational equipment to further assess the environment.

Source : New Zealand Herald.

Photos: C. Grandpey

Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques nouvelles de l’activité volcanique dans le monde:

Un nouvel épisode éruptif a commencé à Nishinoshima, dans l’archipel d’Ogasawara (Japon). Des anomalies thermiques ont été observées sur l’imagerie satellite. Les garde-côtes japonais ont confirmé cette nouvelle activité après un survol le 6 décembre 2019. Les explosions se concentrent actuellement au niveau du cône principal. Une nouvelle bouche éruptive à la base nord-est du cône génère une activité de spattering et des coulées de lave.
Les dernières éruptions sur Nishinoshima ont été observées d’avril à juin 2017 et en juillet 2018.
Source: JMA, Garde-côtes japonais.

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Une éruption mineure a débuté sur le Semisopochnoi (Aléoutiennes / Alaska) le 7 décembre 2019. Elle a été détectée sur les réseaux locaux sismiques et infrasoniques. En conséquence, la couleur de l’alerte aérienne est passée à l’Orange et le niveau d’alerte volcanique à Vigilance. On observe des explosions intermittentes. La sismicité était légèrement élevée avant la première explosion et se poursuit à un niveau élevé. Aucune émission significative de cendre ou autre activité de surface n’a été détectée sur l’imagerie satellite.
Source: AVO.

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A partir de 18 heures (GMT) le 6 décembre 2019, les webcams pointées sur les cratères de l’Etna (Sicile) ont montré une intensification progressive de l’activité strombolienne dans le Nouveau Cratère Sud-Est (NCSE). Cette dernière avait commencé vers 16 heures, avec des explosions sporadiques et de faible intensité. Les matériaux émis retombent sur les flancs de cette bouche éruptive. Aucune variation significative du tremor éruptif n’a été enregistrée.

Source : INGV.

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Je n’ai pas de bonnes nouvelles pour ceux qui ont l’intention d’aller à Hawaï pour Noël avec l’espoir de voir des coulées de lave actives. Le Kilauea n’est toujours pas en éruption et l’USGS indique que le niveau d’alerte est maintenu à Normal.
Les instruments de mesure ne montrent aucun changement significatif d’activité. La sismicité consiste un certain nombre d’événements épisodiques correspondant à une reprise de l’inflation sommitale. Les émissions de SO2 sont faibles au sommet et en dessous des seuils de détection sur le Pu’uO’o et le long de la Lower East Rift Zone (LERZ). Le petit lacau fond de Halema’uma’u continue de s’agrandir et de s’approfondir lentement.

Le Mauna Loa n’est pas en éruption lui non plus. Le niveau d’alerte reste à Advisory (surveillance conseillée). Toutefois, cela ne signifie pas qu’une éruption est imminente ou que l’on se dirige vers un tel événement à plus long terme
Plusieurs séismes de faible magnitude (tous inférieurs à M 2,0) sont détectés sous la partie haute du Mauna Loa. Les mesures de déformation montrent une inflation continue au sommet. La température des fumerolles et les concentrations de gaz dans la zone de rift Sud-Ouest restent stables.
Source: USGS / HVO.

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Here is some news of volcanic activity around the world:

New eruptive activity has started at Nishinoshima (Japan) in the Ogasawara archipelago. Thermal anomalies can be seen on satellite imagery. The Japanese coastguard confirmed this new activity after an overflight on December 6th, 2019. The explosions are currently located at the main cone. A new vent at the northeastern base of the cone is producing spattering and lava flows.

The last eruptions on Nishinoshima were observed from April to June 2017 and July 2018.

Source: JMA, Japanese Coastguard.

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A small eruption began at Semisopochnoi (Aleutians / Alaska) on December 7th, 2019. It was detected on the local seismic and regional infrasound networks. As a consequence, the aviation colour code was raised to Orange and the volcano alert level to Watch. Intermittent explosions are observed. Seismicity was slightly elevated prior to the first detected explosion and continues at elevated levels. No significant ash emissions or other surface activity have been detected in satellite imagery.

Source: AVO.

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Starting at 6 pm (UTC) on December 6th, 2019, the webcams ditected toward the summit craters of Mt Etna (Sicily) showed a gradual intensification of Strombolian activity in the New Southeast Crater (NCSE). It began around 4 pm, with sporadic, low intensity explosions. The emitted materials fall on the flanks of this eruptive vent. No significant variation in the eruptive tremor has been recorded.
Source: INGV.

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I do not have good news for those who intend to go to Hawaii for Christmas with the hope to see active lava flows. Kilauea is not erupting and USGS indicates that the alert level remains at Normal.

Monitoring data show no significant changes in activity. Seismicity is relatively consistent with some episodic increased rates at the summit coincident with inflation. SO2 emission rates are low at the summit and below detection limits at Pu’uO’o and along the Lower East Rift Zone (LERZ). The water lake at the bottom of Halema‘uma‘u continues to slowly expand and deepen.

Mauna Loa is not erupting either. The alert level remains at “advisory.” This does not mean that an eruption is imminent or that progression to an eruption is certain.

Several small-magnitude earthquakes (all less than M2.0) are detected beneath the upper elevations of Mauna Loa. Deformation measurements show continued summit inflation. Fumarole temperature and gas concentrations on the Southwest Rift Zone remain stable.

Source : USGS / HVO.

Nishinoshima (Source: JMA)

Un bébé volcan dans le Pacifique ! // Baby volcano in the Pacific Ocean !

Des chercheurs japonais de l’université de Tohoku ont découvert un nouveau petit volcan dans la partie occidentale de l’Océan Pacifique, au large du Japon, près de l’île Minamitori. Il appartient à la famille des volcans «petit-spot», ainsi appelés en raison de leur petite taille. L’étude a été publiée dans la revue Deep-Sea Research Part I.
Un chercheur a expliqué que les volcans «petit-spot» sont des structures découvertes relativement récemment. Ce sont de petits volcans très jeunes qui se forment le long de fractures à la base des plaques tectoniques. Lorsque les plaques tectoniques s’enfoncent dans le manteau supérieur de la Terre, des fractures apparaissent à l’endroit où la plaque commence à se courber, ce qui provoque l’éruption de petits volcans.
Les scientifiques pensent que le volcan qu’ils ont découvert est entré en éruption il y a moins de 3 millions d’années. Les premiers volcans de ce type ont été découverts en 2006 près de la Fosse du Japon, au nord-est du pays. Jusqu’à présent, les chercheurs étaient persuadés que la région ne recélait que des formations géologiques âgées de 70 à 140 millions d’années.
La découverte de ce nouveau volcan est l’occasion d’explorer davantage cette région qui pourrait bien révéler d’autres volcans petit-spot. Il est important de mieux comprendre les mécanismes en jeu dans les profondeurs de la Terre. En effet, ces structures émettent du magma provenant de l’asthénosphère qui se situe dans le manteau supérieur et offre une faible résistance. De plus, c’est cette zone qui génère le mouvement des plaques tectoniques.
Source: Presse scientifique internationale.

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Japanese researchers from Tohoku University have discovered a new, small volcano in the western part of the Pacific Ocean off Japan, near Minamitorishima Island. It belongs ro the family of “petit-spot” volcanoes, so called on account of their small size.. The research has been published in the journal Deep-Sea Research Part I.

One researcher explained that “petit-spot” volcanoes are a relatively new phenomenon on Earth. They are young, small volcanoes that come about along fissures from the base of tectonic plates. As the tectonic plates sink deeper into the Earth’s upper mantle, fissures occur where the plate begins to bend causing small volcanoes to erupt.

Experts think that the volcano erupted less than 3 million years ago. Petit-spot volcanoes were first discovered in 2006 near the Japan Trench, to the northeast of Japan. Up to now, researchers believed that the region only contained geological formations aged between 70 and 140 million years.

The discovery of this new Volcano provides an opportunity to explore this area further, and hopefully reveal further petit-spot volcanoes. It is also important to better understand the mechanisms at stake in the depths of Earth. Indeed, these structures emit magma coming from the asthenosphere which is located in the upper mantle and offers a small resistance. It generates the movement of tectonic plates.

Source: International scientific press.

  Position géographique de l’île Minamitori, en bas à droite sur la carte (Source: Wikipedia)

Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques nouvelles de l’activité volcanique dans le monde.

C’est le calme plat en ce moment sur le Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion). Dans son bulletin mensuel, l’OVPF indique que novembre 2019 a été marqué par une faible sismicité sous les cratères sommitaux et un arrêt de l’inflation de l’édifice à la mi-novembre.

Il va donc falloir attendre un certain temps pour assister à la prochaine éruption. Il est vrai que le Piton nous a gâtés en 2019 !

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D’après GNS Science, «une activité modérée continue à White Island (Nouvelle Zélande). Des émissions de gaz, de vapeur et des projections de boue ont été observées au niveau d’une bouche situé à l’arrière du lac de cratère». Le niveau d’alerte volcanique reste à 2 et la couleur de l’alerte aérienne est maintenue au Jaune.
Cette activité est présente dans le cratère depuis la fin du mois de septembre 2019, mais se produit plus fréquemment à présent. Aucune émission de cendre n’a été observée. Le tremor volcanique reste modéré, avec quelques fluctuations correspondant à l’intensification des émissions de gaz et des projections d’eau et de boue.
La situation actuelle présente certaines similitudes avec celle observée en 2011-2016, époque où White Island avait connu une hausse de l’activité volcanique.
Source: GNS Science.

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Le volcan sous-marin au large de Mayotte (Comores) reste très actif et génère une sismicité continue. Entre le 16 et le 30 octobre 2019, 186 séismes ont été enregistrés avec une moyenne de 12 événements par jour, dont l’un avec une magnitude de M 3,8. La source de cette sismicité se situe au niveau du nouveau volcan sous-marin découvert en mai 2019. Sur une période de 11 mois, de juillet 2018 à juin 2019, le débit éruptif a été évalué à environ 150 à 200 mètres cubes par seconde. Depuis la découverte de l’édifice volcanique, trois nouveaux points de sortie de lave ont été découverts et ont donné les résultats suivants: 1) un volume d’environ 0,2 km3 de lave en 28 jours, de mai à juin 2018, pour un débit minimum moyen d’environ 83 m3 par seconde dans le sud; 2) un volume d’environ 0,3 km3 de lave en 44 jours entre juin et juillet 2019 pour un débit minimum moyen de 79 m3 par seconde à l’ouest; et 3) un volume d’environ 0,08 km3 de lave en 20 jours entre juillet et août 2019 pour un débit minimum moyen d’environ 44 m3 par seconde dans le nord.
Il est généralement admis que ce sont les débits les plus élevés observés sur un volcan effusif depuis l’explosion du Laki en 1783 en Islande, dont le débit éruptif moyen avait été évalué à environ 694 m3 par seconde pendant 245 jours d’éruption.
Source: BRGM et REVOSIMA (REseau de surveillance VOlcanologique et SIsmologique de Mayotte).

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L’activité éruptive se poursuit dans les cratères sommitaux de l’Etna (Sicile). Des explosions stromboliennes dans la Voragine se produisent à des intervalles de 5 à 10 minutes, avec des projections de matériaux incandescents au-dessus de la lèvre du cratère. Le cône qui avait commencé à se former à la mi-septembre continue de croître sur le plancher du cratère. Des émissions de cendre sporadiques ont commencé au niveau du Nouveau Cratère Sud-Est pendant la soirée du 30 novembre et une seule explosion strombolienne a été enregistrée le 1er décembre. De nuit, on aperçoit parfois de l’incandescence dans la Bocca Nuova.
Source: INGV.

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L’activité du Stromboli (Sicile) se caractérise actuellement par des explosions, principalement à partir de trois bouches dans la zone du cratère nord et au moins trois autres bouches dans la zone cratérique centre-sud. Les explosions, d’intensité faible à moyenne dans la zone du cratère nord, se produisent à raison de 7 à 11 événements par heure, avec des projections de 80 à 150 mètres de hauteur. Les matériaux retombent sur les flancs des cônes éruptifs et des blocs roulent sur quelques centaines de mètres le long de la Sciara del Fuoco. Les explosions d’intensité moyenne dans la zone centre-sud se produisent à une cadence de 4 à 8 événements par heure et éjectent les matériaux à moins de 150 mètres au-dessus des bouches actives.
Source: INGV.

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Le Nevados de Chillán (Chili) émet toujours des panaches de vapeur et de cendre ayu niveau du cratère Nicanor. La nuit, on observe des explosions qui envoient des matériaux incandescents sur le flanc du volcan. La dernière coulée de lave (L4) descend le flanc NNE, le long des trois coulées précédentes (L1, L2 et L3). Le point d’émission de L4 se trouve à environ 60 mètres au SSE du point d’émission des trois dernières coulées. Le niveau d’alerte volcanique reste à Orange (niveau 2 sur 4).
Source: SERNAGEOMIN.

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Here is some news of volcanic activity around the world.

The situation is currently very quiet on Piton de la Fournaise (Reunion Island). In its monthly bulletin, OVPF indicates that  November 2019 was marked by low seismicity under the summit craters and a stoppage of inflation of the edifice in mid-November.
It will take a while to see the next eruption. It is true that the Piton offered a great show in 2019!

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GNS Science indicates that “moderate volcanic unrest continues at White Island (New Zealand), with substantial gas, steam and mud bursts observed at the vent located at the back of the crater lake.” The volcanic alert level remains at 2, and the aviation colour code at Yellow.

This activity has been present since late September 2019, although it is occurring more frequently now. No volcanic ash has been observed. The volcanic tremor remains at moderate levels, with some periodic variations corresponding with episodes of increased gas-steam jetting and geysering.

The current situation bears some similarities with the one observed during the 2011-2016 period when White Island went through stronger volcanic activity.

Source : GNS Science.

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The submarine volcano off the island of Mayotte (Comoros) is still quite active and generates continuous seismicity. Between October 16th and 30th, 2019, 186 earthquakes have been recorded with an average of 12 tremors per day, one of which had a magnitude of M 3.8. The source is the new underwater volcano discovered in May 2019. Over a period of 11 months from July 2018 to June 2019, the eruptive lava output was around 150 to 200 cubic metres per second. Since the volcanic edifice was discovered, three new remote exit points have been discerned that have produced the following: 1) a volume of about 0.2 km3 of lava in 28 days from May to June 2018 for an average minimum output of about 83 m3 per second in the south; 2) a volume of about 0.3 km3 of lava in 44 days between June to July 2019 for an average minimum output of 79 m3 per second in the west; and 3) a volume of about 0.08 km3 of lava in 20 days between July and August 2019 for an average minimum output of about 44 m3 per second in the north.

It is generally admitted that they are the highest observed outputs on an effusive volcano since the 1783 Laki explosion in Iceland, whose average eruptive output had been calculated approximately 694 m3 per second over 245 days of the eruption.

Source : BRGM and REVOSIMA (REseau de surveillance VOlcanologique et SIsmologique de Mayotte).

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Eruptive activity continues at Mt Etna’s summit craters (Sicily). Strombolian explosions at Voragine occur at intervals of 5-10 minutes, and many incandescent materials are seen rising above the crater rim. A cone which had started forming in mid-September keeps growing on the crater floor. Sporadic ash emissions began at New Southeast Crater in the evening of November 30th, and a single Strombolian explosion was recorded on December 1st. Incandescence from Bocca Nuova was intermittently visible at night.

Source: INGV.

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Activity at Stromboli (Sicily)is currently characterized by explosive activity, mainly from three vents in the north crater area and at least three vents in the south central crater area. Low-to-medium-intensity explosions in the north crater area occur at a rate of 7-11 events per hour, with ejections 80-150 metres high. Ejected tephra fall onto the flanks and some blocks roll a few hundred metres along the Sciara del Fuoco. Medium-intensity explosions in the south central area occur at a rate of 4-8 events per hour and eject material less than150 metres above the vents.

Source: INGV.

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Nevados de Chillán (Chile) is still emitting steam and ash plumes at the Nicanor Crater. Occasional explosions ejecting incandescent material onto the flank of the volcano can be observed at night. The newest lava flow (L4) is travelling down the NNE flank, close to three previous flows (L1, L2, and L3). The point of emission of L4 is about 60 metres SSE of the emission point for the previous three lava flows. The volcano alert level remains at Orange.

Source: SERNAGEOMIN.

Explosion sur le Stromboli vue par la webcam Skyline

Hilo (Hawaii) sous la menace du Mauna Loa // Hilo (Hawaii) under the threat of Mauna Loa

 A Hawaii, la plus célèbre éruption du Mauna Loa ces dernières années est celle de 1984, avec des coulées de lave que l’on pouvait observer depuis Hilo. En tout, au cours des deux derniers siècles, six éruptions ont généré des coulées de lave qui se sont dirigées vers Hilo. Elles ont eu lieu en 1852, 1855-56, 1880-1881, 1935-1936, 1942 et 1984. Sur ces six événements, un seul a envoyé des coulées de lave qui sont arrivées à moins de 10 kilomètres de Hilo. La coulée la plus menaçante a été observée en 1880-1881; la lave a alors progressé jusqu’à 1,7 km de la ville avant d’arrêter sa progression.

Voici l’histoire de l’éruption de 1880-1881. Trois coulées de lave ont été émises par le Mauna Loa en novembre 1880. Les deux premières ont progressé très rapidement au nord et au sud de la zone de rift nord-est, à une vitesse moyenne de 6 km par jour avant de s’arrêter quelques semaines plus tard. La troisième coulée, émise par une bouche située un peu plus en aval, avança directement vers Hilo, mais beaucoup plus lentement, à raison d’une centaine de mètres par jour.
Cette dernière coulée avançait lentement, mais en permanence, sans s’arrêter, de sorte qu’elle s’est rapprochée dangereusement de Hilo, obligeant les représentants du gouvernement à prendre des mesures pour tenter de sauver la ville. Au début du mois de juillet 1881, une journée de prière a été décidée pour arrêter la lave. En vain. La rivière incandescente a continué à avancer, mais les prières ont continué.
À la fin du mois de juillet, la lave avançait toujours vers Hilo et, probablement pour la première fois dans l’histoire hawaïenne, le détournement de la coulée a été envisagé. Un plan d’action a été mis au point. Il comprenait l’édification de digues pour détourner la coulée, la construction d’abris pour les personnes évacuées, et le dynamitage du tunnel de lave qui alimentait la coulée de lave. Ce faisant, on aurait coupé l’alimentation de la coulée. Le plan a été envoyé à Honolulu pour approbation.
Au début du mois d’août 1881, la princesse Ruth Luka Ke’elikolani, une descendante des Kamehameha, s’approcha de la coulée de lave. Elle fit une offrande de brandy et d’écharpes et entonna une mélopée qui demandait à Pelé d’arrêter la lave et de rentrer chez elle. L’histoire raconte que la coulée a cessé d’avancer. À peu près au même moment, les équipements envoyés par le gouvernement pour détourner la coulée de lave sont arrivés à Hilo… mais la coulée s’était arrêtée ! Un seul bâtiment à l’extérieur de Hilo a été détruit par la lave et la ville proprement dite a été épargnée.
Une leçon a été tirée de l’éruption de 1880-1881 : Les autorités ont compris comment les coulées de lave étaient alimentées et étaient persuadées de pouvoir contrôler leur progression en utilisant de la dynamite pour percer le tunnel d’alimentation et tarir la coulée.. Un missionnaire de Hilo avait observé les tunnels de lave et leur fonctionnement en 1843 en étudiant le comportement d’une coulée émise par le Mauna Loa cette année-là.
Source: USGS / HVO.

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In Hawaii, the most famous eruption of Mauna Loa in recent years is the one that occurred in 1984, with lava flows that could be seen from Hilo. In all, six eruption in the last two centuries dent lava flows that advanced toward Hilo. These eruptions took place in 1852, 1855-56, 1880-81, 1935-36, 1942 and 1984. Of the six events, only one sent lava flows that arrived less than 10 kilometres from Hilo Bay. The most threatening flow was in 1880-81; it advanced 1.7 kilometres from the shores of Hilo Bay and then stalled.

Here is the story of the 1880-1881 eruption. Three lava flows erupted from Mauna Loa in November 1880. The first two flows were fast-moving, and rapidly advanced both north and south from the Northeast Rift Zone at average speeds of 6 kilometres per day before stalling a few weeks later. The third flow, which erupted from a slightly lower vent, advanced directly toward Hilo, although at a much slower average rate of 100 metres per day.

The Hilo flow was slow but relentless, and got close to Hilo, forcing government officials to take action to try to save the town. A day of prayer was declared in early July 1881 to stop the flow, but it kept advancing and praying continued.

At the end of July, lava was still advancing toward Hilo and probably for the first time in Hawaiian history, lava flow diversion was discussed. A plan of action, including building barriers to divert the flow, building shelters for those displaced by the flow, and placing dynamite somewhere along the lava tube to drain the flow’s supply of lava, was devised and sent back to Honolulu.

In early August, the attendants of Princess Ruth Luka Ke’elikolani, a descendant of the Kamehameha line of chief, was in Hilo and approached the flow. She offered brandy and scarves and chanted, asking Pele to stop the flow and go home. By all reports the flow stopped. About that same time, government supplies for building barriers and shelters and draining the lava flow arrived, but the flow had stopped. Only one homestead outside of Hilo had been destroyed. The town of Hilo was spared.

In retrospect, not only did officials understand how lava flows were supplied with lava from the vent, they felt confident that they could manipulate the flow’s advance by using dynamite to breach the supply conduit and stall the flow. A Hilo missionary had discovered these lava conduits and how they worked in 1843 while observing a Mauna Loa lava flow erupted that year.

Source : USGS / HVO.

Carte montrant les zones de rift du Mauna Loa, avec la Northeast Rift Zone d’où s’échappe la lave qui menaca Hilo (Source: USGS)

Une balise pour prévoir séismes, tsunamis et éruptions // A buoy to predict earthquakes, tsunamis and eruptions

Des géophysiciens de l’Université de Floride du Sud (USF) ont mis au point et testé avec succès une balise de haute technologie, utilisable en eau peu profonde, capable de détecter les moindres variations du plancher océanique, souvent annonciateurs de catastrophes naturelles dévastatrices, telles que les séismes, les tsunamis et les éruptions volcaniques.

Le système flottant, mis au point avec l’aide d’une subvention de 822 000 dollars allouée par la National Science Foundation, a été installé à Egmont Key dans le Golfe du Mexique en 2018 et a déjà livré des données sur le mouvement tridimensionnel du plancher océanique. Ainsi, il sera capable de détecter de petites variations de contrainte dans la croûte terrestre.
En attente de brevet, ce système de géodésie présente l’aspect d’une balise ancrée au fond de la mer et surmontée d’un GPS de haute précision. L’orientation de la balise est mesurée à l’aide d’une boussole numérique fournissant des informations sur le cap, le tangage et le roulis, ce qui permet de mesurer latéralement  les mouvements de la Terre et diagnostiquer les principaux séismes déclencheurs de tsunamis.
Bien que plusieurs autres techniques de surveillance des fonds marins soient actuellement disponibles, la technologie mise au point en Floride fonctionne généralement mieux dans les milieux océaniques profonds où les interférences sonores sont moindres. Les eaux côtières peu profondes (moins de quelques centaines de mètres de profondeur) constituent un environnement plus difficile à analyser, mais également important pour de nombreuses applications, notamment certains types de séismes dévastateurs. Les processus d’accumulation et de libération de contraintes au niveau de la croûte terrestre au large sont essentiels à la compréhension des puissants séismes et des tsunamis.
Le système flottant est relié au fond de la mer à l’aide d’un lest en béton et il a pu résister à plusieurs tempêtes, dont l’ouragan Michael dans le Golfe du Mexique. Le système est capable de détecter des mouvements du plancher océanique de seulement deux centimètres.
La technologie a plusieurs applications potentielles dans l’industrie pétrolière et gazière en mer et pourra être utilisée pour la surveillance de certains volcans. Toutefois, la principale application concerne l’amélioration de la prévision des séismes et des tsunamis dans les zones de subduction. Les puissants séismes et tsunamis qui ont frappé Sumatra en 2004 et le Japon en 2011 sont des événements que les scientifiques souhaiteraient mieux comprendre et prévoir.
Le système mis au point par l’Université de Floride est conçu pour les applications de zones de subduction de la Ceinture de Feu du Pacifique, où les processus d’accumulation et de libération de contraintes de l’écorce terrestre en mer sont actuellement mal connus. Les scientifiques espèrent pouvoir installer le nouveau système dans les eaux côtières peu profondes de l’Amérique Centrale, où se produisent souvent des tremblements de terre.
Le site d’Egmont Key où le système a été testé présente une profondeur de 23 mètres. Bien que la Floride ne soit pas sujette aux séismes, les eaux au large d’Egmont Key se sont avérées un excellent site de test. Ce lieu est exposé à de forts courants de marée qui ont permis de tester le système de correction de la stabilité et de l’orientation de la balise. La prochaine étape consistera à installer un système semblable dans les eaux plus profondes du Golfe du Mexique, au large de la côte ouest de la Floride.
Source: Université de Floride du Sud.

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University of South Florida (USF) geoscientists have successfully developed and tested a new high-tech shallow water buoy that can detect the small movements and changes in the Earth’s seafloor that are often a precursor to deadly natural hazards, like earthquakes, volcanoes and tsunamis.

The buoy, created with the assistance of an $822,000 grant from the National Science Foundation, was installed off Egmont Key in the Gulf of Mexico in 2018 and has been producing data on the three-dimensional motion of the sea floor.  Ultimately the system will be able to detect small changes in the stress and strain the Earth’s crust.

The patent-pending seafloor geodesy system is an anchored spar buoy topped by high precision Global Positioning System (GPS). The buoy’ orientation is measured using a digital compass that provides heading, pitch, and roll information – helping to capture the crucial side-to-side motion of the Earth that can be diagnostic of major tsunami-producing earthquakes.

While there are several techniques for seafloor monitoring currently available, that technology typically works best in the deeper ocean where there is less noise interference. Shallow coastal waters (less than a few hundred metres deep) are a more challenging environment but also an important one for many applications, including certain types of devastating earthquakes. Offshore strain accumulation and release processes are critical for understanding powerful earthquakes and tsunamis.

The experimental buoy rests on the sea bottom using a heavy concrete ballast and has been able to withstand several storms, including Hurricane Michael up the Gulf of Mexico. The system is capable of detecting movements as small as one to two centimetres.

The technology has several potential applications in the offshore oil and gas industry and volcano monitoring in some places, but the big one is for improved forecasting of earthquakes and tsunamis in subduction zones. The giant earthquakes and tsunamis in Sumatra in 2004 and in Japan in 2011 are examples of the kind of events scientists would like to better understand and forecast in the future.

The system is designed for subduction zone applications in the Pacific Ocean’s “Ring of Fire” where offshore strain accumulation and release processes are currently poorly monitored. One example where the group hopes to deploy the new system is the shallow coastal waters of earthquake prone Central America.

The Egmont Key test location sits in just 23 metres depth.  While Florida is not prone to earthquakes, the waters off Egmont Key proved an excellent test location for the system. It experiences strong tidal currents that tested the buoy’s stability and orientation correction system. The next step in the testing is to deploy a similar system in deeper water of the Gulf of Mexico off Florida’s west coast.

Source: University of South Florida.

Vue de la balise haute technologie mise au point par l’Université de Floride (Source : USF)

Vue du site d’Egmont Key, sur la côte ouest de la Floride, où la balise a été testée (Source : Google maps)

Hawaii: Réouverture de la Route 132 // Reopening of Highway 132

La Route132 qui avait été recouverte par la lave dans le secteur de Pahoa durant l’éruption du Kilauea en 2018 a de nouveau été ouverte à la circulation le 27 novembre 2019.
Un tronçon de 2,5 km de la partie amont de la route et un tronçon de 2,4 km de sa partie aval avaient été recouverts par une épaisse couche de lave. La route a retrouvé son aspect initial avec deux voies de circulation goudronnées. Le travail supposait l’évacuation de 120 000 mètres cubes de matériaux volcaniques. Les ouvriers ont parfois été confrontés à une température de plus de 400°C dans la partie basse de la route.
Le coût initial des travaux avait été estimé à 12 millions de dollars, mais les autorités ont finalement déboursé environ 6,5 millions de dollars.
La remise en état de la route permettra aux personnes possédant des biens dans la région de revenir dans leurs maisons et dans leurs entreprises. Elle permettra aussi des trajets plus courts et facilitera les interventions des services d’urgence.
Source: Médias hawaïens.

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Highway 132 in Pahoa, which had been cut off to travel for more than a year by lava from the 2018 Kilauea eruption reopened on November 27th, 2019.

A 2.5-km stretch of the upper portion of the highway and a 2.4-km section of the lower portion of the road were covered in lava. The road has been restored to its pre-inundation function with two paved travel lanes. The restoration work included the excavation of 120,000 cubic metres of lava rock. Construction personnel encountered hot surface temperatures of more than 400°C in the lower portion of the road .

Initial construction costs were estimated at12 million dollars. However, the final costs were reduced to approximately 6.5 million dollars.

Restoring the road will allow residents with properties in the region to return to their homes and businesses, provide shorter commute, and facilitate emergency response in the area.

Source: Hawaiian news media.

 Crédit photo: USGS / HVO