Mauna Loa: une éruption à court terme ? // A short-term eruption ?

34 séismes ont de nouveau été enregistrés sur le Mauna Loa le 11 avril 2021. Bien qu’ils n’aient que de faibles magnitudes, les scientifiques ont prévenu la population que la hausse de l’activité sismique observée depuis quelque temps peut annoncer une éruption dans un proche avenir. On a enregistré 155 séismes d’une magnitude supérieure à M 1,5 au cours des sept derniers jours et 740 événements au cours du mois dernier, dont une secousse de M 4,3 le 3 avril.

Le séisme le plus important du 11 avril avait une magnitude de M 3,2, avec son épicentre à Pahala, au sud du sommet du Mauna Loa. Un séisme de M 3.0 a également été enregistré dans l’après-midi de ce même jour.

En mars, au vu de la sismicité, l’USGS a déclaré que ce serait le bon moment pour la population de mettre à jour les plans d’urgence personnels en cas d’éruption. Les données historiques montrent que, lors des éruptions précédentes, les coulées de lave n’ont mis que quelques heures pour atteindre les zones habitées. On se trouve dans la même situation que celle qui précède la saison des ouragans. Il est conseillé d’avoir un plan d’urgence en cas d’éruption. Un «go-bag» (sac d’urgence) avec des articles essentiels et les documents importants est recommandé si des évacuations sont ordonnées dans l’urgence en cas d’éruption.

Les éruptions du Mauna Loa ont tendance à produire de grandes coulées de lave rapides qui peuvent avoir un impact sur les localités dans les parties est et ouest de la Grande Ile, de Kona à Hilo. Hilo, à l’est d’Hawaï, s’est trouvée sous la menace de sept coulées de lave depuis les années 1850. En 1984, la lave s’est arrêtée à environ 6 kilomètres de la ville. Sur les côtés sud et ouest de l’île, des coulées de lave ont atteint la côte à huit reprises, dont trois fois en 1950.

Source: Presse hawaiienne.

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34 earthquakes were again recorded on Mauna Loa on April 11th, 2021. Though only registering small magnitudes, scientists have warned citizens that the mounting seismic activity could signal that an eruption may be possible in the near future. There have been 155 earthquakes greater than M 1.5 in the past seven days, and 740 in the past month, including an M 4.3 event on April 3rd.

The most significant quake on April 11th had a magnitude of M 3.2, with its epicentre in Pahala, south of the summit of Mauna Loa. An M 3.0 tremor also struck in the afternoon of that same day.

In March, USGS said that as the volcano continues to awaken from its slumber, it would be a good time for people to revisit their personal emergency plans in the event of an eruption. Historical data shows that in previous eruptions it could take just hours for lava flows to reach populated areas. Similar to preparing for hurricane season, having an eruption plan in advance helps during an emergency. A “go-bag” with essential items and important documents is recommended, should evacuations be ordered in the event of an eruption.

Mauna Loa eruptions tend to produce large, fast-moving lava flows that can impact communities on both the east and west sides of the Big Island from Kona to Hilo.

Hilo in the east of Hawaii has been threatened by seven lava flows since the 1850s. In 1984, the lava stopped approximately 6 kilometres from the city. On the south and west sides of the island, lava flows have reached the coast eight times, including three times in 1950.

Source : Hawaiian news media.

Impact prévisible des coulées de lave du Mauna Loa (Source : USGS)

Urgence et évacuations à St Vincent-et-les Grenadines // Emergency and evacuations at St Vincent-and-the Grenadines

9 avril 2021 – 8h (heure française): Selon les derniers bulletins de l’UWI, la situation évolue rapidement et une urgence a été décidée à La Soufrière de St Vincent.

Une évolution rapide de l’activité sismique a été observée le 8 avril 2021. Six épisodes de tremor ont été enregistrés à partir de 3 heures du matin, à des intervalles d’environ deux heures et demie. De plus, ces épisodes de tremor, généralement associés à l’ascension du magma vers la surface, ont lentement augmenté en intensité.

Le réseau sismique a également enregistré cinq séismes longue période (LP), généralement associés à des mouvements de magma, au cours des deuxième et quatrième épisodes de tremor. Il y a également eu deux brefs essaims sismiques volcano-tectoniques (VT) à des profondeurs allant jusqu’à 5 kilomètres sous le sommet du volcan. Deux essaims VT avaient déjà été enregistrés les 23-26 mars et le 5 avril.

Les émissions de gaz au sommet du volcan ont également augmenté. En particulier, la hauteur du dôme a considérablement augmenté le 8 avril. Il a maintenant atteint la hauteur du cratère à l’ouest (partie sous le vent) de l’île. Son incandescence est désormais visible depuis l’Observatoire de Belmont.

Tous ces paramètres montrent que le magma s’approche probablement de la surface, avec le risque d’une éruption explosive. En conséquence, le niveau d’alerte a été élevé au Rouge et un ordre d’évacuation a été émis pour les habitants de la zone Rouge autour du volcan

Le navire MV Gem Star est amarré à la jetée de Chateaubelair pour accueillir les personnes évacuées. Le Centre national des opérations d’urgence (NEOC) fonctionne désormais 24 heures sur 24. Les navires de croisière font route vers St Vincent pour aider aux évacuations. La compagnie Carnival Cruise Lines envoie deux navires. Chaque navire pourra accueillir jusqu’à 1 500 personnes qui seront transportés vers les îles voisines. Toutes les précautions seront prises pour protéger la santé et la sécurité de l’équipage du navire et des passagers qui montent à bord. Les compagnies Royal Caribbean et Celebrity Cruises ont envoyé chacune un navire qui devait arriver le 8 avril dans la soirée.

Pour le moment, on ne sait pas combien de personnes seront évacuées, où le navire les emmènera ou si elles resteront temporairement à bord. Environ 16 000 personnes vivent dans la zone Rouge et devront être évacuées vers le sud de l’île où les abris d’urgence sont prêts à les accueillir. Les supermarchés et les stations service ont rapidement été pris d’assaut, par les riverains qui craignent sans doute une crise économique consécutive à la catastrophe naturelle attendue.

Il se peut que la pandémie de Covid-19 vienne brouiller les cartes. Le Premier ministre de Saint-Vincent a déclaré lors d’une conférence de presse que les gens doivent être vaccinés s’ils montent à bord d’un bateau de croisière ou s’ils sont hébergés temporairement dans d’autres îles voisines.

Il est bon de rappeler que l’éruption explosive du 6 mai 1902, a tué 1700 personnes. La dernière éruption explosive remonte à 1979. Elle n’a pas fait de victimes

Source: médias d’information locaux.

Source : UWI

Source : NEMO

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18h00: Les scientifiques de l’Observatoire de Belmont indiquent qu’il y a eu une crise éruptive sur La Soufrière à 8h40 le matin du 9 avril 2021. Des panaches de cendres jusqu’à 8 km de hauteur ont été observés. Des retombées de cendre ont affecté l’aéroport international d’Argyle Comme je l’ai déjà écrit, toutes les personnes vivant dans la zone Rouge ont été invitées à évacuer immédiatement. Les géologues de l’Université des Antilles (UWI) indiquent que la « percée » du dôme a eu lieu à 8 h 41, et qu’un panache de cendres vertical s’en est échappé. Contrairement à ce qu’ont affirmé certains médias, il n’y a pas eu d’explosion majeure du dôme sommital. Selon l’UWI, le volcan a retrouvé une période calme, mais d’autres explosions sont attendues prochainement et la première crise éruptive n’était probablement pas la plus importante. De plus, les séquences éruptives à La Soufrière peuvent se poursuivre pendant des jours ou des semaines.

En raison de la direction du vent, la plupart de la cendre devrait rester dans la partie nord de l’île où il est toutefois fait état de chute de «graviers chauds» (probablement des lapilli) sur les toits des maisons dans différentes parties de l’île.

La police a déployé son personnel dans les endroits stratégiques pour protéger la vie et les biens et assurer la libre circulation des véhicules sur les routes de l’île. Les points de contrôle garantiront qu’aucune personne ou véhicule non autorisé ne pénètre dans la zone Rouge. De plus, il est conseillé aux personnes qui ne résident pas dans la zone rouge de ne pas s’y rendre car cela pourrait compliquer l’évacuation des personnes affectées par l’éruption. La police exhorte tous les automobilistes à se garer sur le côté gauche des routes et à céder le passage à tous les véhicules prioritaires et autres impliqués dans le transport des personnes évacuées. La police, avec d’autres agences de sécurité, assurera la sécurité dans tous les sites d’hébergement et fera en sorte que les personnes évacuées se trouvent dans un environnement sécurisé pendant et après l’éruption de La Soufrière. La police sécurisera également les biens et le bétail laissés par les familles évacuées.

 Source: médias d’information locaux.

Le panache éruptif le 9 avril 2021 au matin (Source : UWI)

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April 9th, 2021 – 8 am (French time): : According to the latest reports, the situation is changing rapidly and an emergency has been decided at St Vincent’s La Soufriere.

A rapid change in seismic activity was observed on April 8th, 2021. Six separate episodes of tremors starting at 3 am were recorded with intervals of about two and a half hours between them. Moreover, the tremor episodes, usually associated with the movement of magma to the surface, have slowly increased in magnitude.

The seismic network has also recorded five long-period earthquakes, isually associated with the movement of magma, during the second and fourth episodes of tremor.

There have also been two brief swarms of small volcano-tectonic (VT) earthquakes, located at depths up to 5 kilometres below the summit of the volcano. Two similar VT swarms had already been recorded on 23-26 March and on April 5th.

Gas emissions at the summit of the volcano gave also increased.

Visual observations indicate that the dome’s height increased significantly on April 8th. It has now reached the height of the crater on the western (Leeward side) of the island. The glow from the dome is now visible from the Belmont Observatory.

All these parameters show that a fresh batch of magma is probably getting close to the surface, with the risk of an explosive eruption.  As a consequence, the alert level has been elevated to RED and an evacuation order has been issued for residents in the Red Hazard Zone of the La Soufriere Volcano.

The MV Gem Star is docked at the Chateaubelair Jetty to transport residents who are evacuated. The National Emergency Operating Center (NEOC) has been fully activated and is operating around the clock. Cruise ships are heading to St Vincent to assist in evacuations. Carnival Cruise Lines is sending two ships. Each ship will accommodate up to 1,500 residents who will be transported to neighbouring islands. All precautions will be taken to protect the health and safety of Carnival crew and the passengers who board the ships. Royal Caribbean and Celebrity Cruises are each sending one ship expected to arrive on April 8th in the evening.

It is not immediately clear how many people will be evacuated, where the ship will take them or if they will remain temporarily aboard. Roughly 16,000 people live in the red zone and will need to be evacuated to the south of the islands where emergency shelters are ready to welcome them. Supermarkets and gas stations were quickly invaded by residents who feared an economic crisis following the expected natural disaster.

Evacuation efforts could be hampered by the pandemic. St Vincent’s Prime Minister told a news conference that people have to be vaccinated if they go aboard a cruise ship or are granted temporary refuge in other nearby islands.

Let’s bear in mind that the explosive eruption of May 6th, 1902, killed 1,700 people. The last explosive eruption dates back to 1979. It claimed no casualties

Source: Local news media.

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6:00 pm : Scientists at the Belmont Observatory indicate that there was an explosive eruption at the La Soufriere Volcano at 8.40 on the morning of April 9th, 2021. Ash plumes of up to 8 km were observed. Ashfall has been recorded at the Argyle International Airport

As I put it before, all persons in the Red zone have been asked to evacuate immediately.

The University of the West Indies (UWI) geologists indicate that the “punching” of the dome took place around 8.41, with a vertical ash plume. According to UWI, the volcano is now back into a quiet period, but more explosions expected soon; the first one was not the biggest and the eruptions at La Soufriere could continue for days or weeks.

Due to the wind direction, most of the ash is expected to remain in the northern part of the island where there have been reports of “hot gravel” (probably lapilli) falling on house roofs across different parts of the island

The police has deployed its staff at strategic locations throughout the country to safeguard life and property, and to ensure the free flow of traffic on the nation’s roads. Check points will ensure that no unauthorized persons or vehicles enter the Red Zones. In addition, persons who do not reside in the “Red Zones” are advised not to visit these areas as it could complicate the transportation of affected persons from the Disaster Zones. The police is urging all motorists to pull to the “left side” of the roads and “give way” to all emergency and other vehicles involved in transporting persons out of the danger zones so as to maintain a free flow of traffic at all times. The police, along with other security agencies, will coordinate security at all designated shelters to ensure that evacuees are in a safe and secure environment during and after the explosive eruption of the La Soufriere volcano.

The police will also secure the properties and livestock that are left behind by the evacuees from break-ins and thefts.

Source: Local news media.

Vers une reprise de l’activité éruptive du Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion ? // New eruptive activity soon on Piton de la Fournaise (Reunion Island) ?

Comme je l’ai indiqué précédemment, on observe une  reprise de la sismicité sous le Piton de la Fournaise, avec un grand nombre d’événements volcano-tectoniques sous le cratère Dolomieu. Ainsi, le 24 mars 2021, 81 séismes ont été enregistrés sous la zone sommitale, dont un séisme de magnitude M 2.6. Cette sismicité provoque des effondrements dans le cratère. , Parallèlement à la sismicité, on enregistre une inflation de l’édifice volcanique avec une source localisée entre 1,5 et 2 km de profondeur sous le cratère Dolomieu, au niveau du réservoir magmatique superficiel.

D’autre part, les émissions de CO2 dans le sol sont toujours en augmentation. Depuis le 14 mars, le SO2 montre lui aussi une faible augmentation sur le pourtour de l’Enclos ainsi qu’au sommet.  

Tous ces paramètres montrent qu’une recharge du réservoir superficiel est en cours. On sait qu’elle peut durer plusieurs jours à plusieurs semaines avant qu’une éruption se produise.

Au vu du risque éruptif, l’Enclos Fouqué est fermé au public.
Source : OVPF.

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As I indicated previously, a resumption of seismicity is being observed beneath Piton de la Fournaise, with a large number of volcano-tectonic events under the Dolomieu crater. For instance, on March 24th, 2021, 81 earthquakes were recorded beneath the summit area, including an earthquake with a magnitude M 2.6. This seismicity causes collapses in the crater.  Along with the seismicity, an inflation of the volcanic edifice is recorded with a source located between 1.5 and 2 km deep under the Dolomieu crater, at the shallow magma reservoir.

Moreover, CO2 emissions in the soil are still increasing Since March 14th, SO2 has also shown a slight increase around Enclos as well as at the summit.

All these parameters show that the shallow surface reservoir is being refilled. This phenomenon can last several days to several weeks before an eruption occurs.

Because of the eruptive risk, the Enclos Fouqué is closed to the public.

Source: OVPF.

Vue du Cratère Bory qui jouxte le Dolomieu (Photo : C. Grandpey)

Evolution de la sismicité à La Soufrière de St Vincent // A change in seismicity at St Vincent’s La Soufriere

Dans un bulletin diffusé le 24 mars 2021, la National Emergency Management Organisation (NEMO) indique qu’une évolution est en train d’avoir lieu sur le volcan de La Soufriere. Jusqu’à présent les sismomètres à proximité du dôme de lave dans le cratère enregistraient de petits événements basse fréquence ponctuels en relation avec l’extrusion de ce même dôme. Toutefois, dans la matinée (heure locale) du 23 mars on a enregistré un essaim sismique basse fréquence d’une durée d’environ 45 minutes. Ce nouveau type de sismicité est probablement dû à des mouvements de magma sous le dôme. Leur profondeur n’a toutefois pas été déterminée. C’est la première fois qu’un tel essaim est enregistré depuis le début de l’année 2021, époque où le réseau sismique a été amélioré.

De plus, en début de soirée le 23 mars, les instruments ont enregistré des séismes volcano-tectoniques en général associés à une fracturation en profondeur causée par la poussée du magma. La profondeur de ces événements a été localisée à une dizaine de km sous le sommet. Le plus significatif avait une magnitude de M 2,6. Certains événements ont été ressentis par la population.

La situation demande donc une intensification de la surveillance du volcan. Pour le moment, le niveau d’alerte volcanique reste à l’Orange et aucune évacuation n’a été décidée.  .

Source : NEMO.

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In a bulletin released on March 24th, 2021, the National Emergency Management Organization (NEMO) indicates that an evolution is taking place at La Soufriere Volcano. Until now, seismometers near the lava dome in the crater had recorded small punctual low-frequency events related to the extrusion of the dome. However, on the morning (local time) of March 23rd, a low frequency seismic swarm was recorded lasting about 45 minutes. This new type of seismicity is probably due to movements of magma beneath the dome. Their depth, however, has not been determined. This is the first time that such a swarm has been recorded since the beginning of 2021, when the seismic network was improved.

In addition, in the early evening of March 23rd, the instruments recorded volcano-tectonic earthquakes generally associated with deep fracturing caused by the ascent of magma. The depth of these events was located about ten km below the summit. The most significant had a magnitude of M 2.6. Certain events were felt by the population.

The situation therefore requires an intensification of the monitoring of the volcano. For the moment, the volcanic alert level remains at Orange and no evacuation has been decided. .

Source: NEMO.

Source : UWI

Source : NEMO

Eruption du Kilauea en 2020 : le déesse Pele a devancé le HVO! // Kilauea’s 2020 eruption : Madame Pele was faster than HVO !

L’Observatoire des Volcans d’Hawaii, le HVO, a eu du mal à prévoir l’éruption actuelle du Kilauea car les instruments n’ont pas fourni d’informations laissant supposer que la lave allait réapparaître si rapidement. Cependant, dans les mois précédant l’éruption, le Kilauea avait émis des signaux discrets montrant que quelque chose allait se produire. Dans un article fort intéressant, l’Observatoire passe en revue ces signes annonciateurs d’une éruption.

Le point de départ exact de l’activité qui a précédé le début de l’éruption du 20 décembre 2020 est difficile à identifier. Une première indication a été une augmentation de l’activité sismique le 22 octobre 2020. Un essaim sismique a été enregistré sous le camping Namakanipaio, à l’ouest du sommet du Kilauea. L’événement a duré environ 48 heures et a produit près de 300 événements ; le plus important avait une magnitude M3,5. Cependant, les essaims autour du camping Namakanipaio ne sont pas rares. Un essaim s’était déjà produit en mars 2019.

La sismicité autour du sommet du Kilauea et de l’Upper East Rift Zone a été globalement  calme au cours du mois de novembre avec quelques essaims mineurs. Une centaine d’événements ont été enregistrés pendant les deux journées le plus actives.

Un autre essaim sismique significatif s’est produit sous le sommet et dans l’Upper East Rift Zone le 2 décembre 2020, avec plus de 200 secousses dont un événement de M3.1 le 17 décembre 2020. Cet essaim montrait que l’activité volcanique ne se limitait pas à une simple sismicité, d’autant plus que la dernière partie de l’essaim s’est accompagnée d’une inflation rapide du sol. L’augmentation de l’inflation venant s’ajouter à l’activité sismique indiquait qu’une intrusion magmatique était en train de se produire à faible profondeur.

Les sismologues ont également remarqué une augmentation de la fréquence d’apparition des signaux sismiques de longue période après cet événement, ce qui laissait suposer que le magma se déplaçait sous la surface. Au vu de ces signaux, le HVO a songé à relever le niveau d’alerte du Kilauea, mais Madame Pele a été plus rapide que l’Observatoire et l’éruption a commencé le 20 décembre!

Avant le début de l’éruption, les sismologues ont observé un petit essaim de sismique dans l’Upper East Rift Zonet vers 19h30 (heure locale) dans la soirée du 20 décembre. Toutefois, cet essaim ne semblait pas différent des essaims récents dans cette zone.

L’activité sismique dans l’Upper East Rift Zone a cessé après environ une heure, mais a recommencé à augmenter par la suite dans la zone sommitale du Kilauea.

Cette activité au sommet a commencé par des secousses toutes les quelques minutes, à des profondeurs d’environ 1,5 km sous la surface. Le magma provoquait cesséismes au cours de son ascension vers la surface.

Cette activité sismique a continué d’augmenter rapidement. À 21h20, environ 10 minutes avant l’apparition de la lave au sommet, les séismes se répétaient si rapidement qu’il n était pas possible de dire quand un événement se terminait et un autre commençait.

La lave a percé la surface vers 21h30. (heure locale), mais la sismicité intense s’est poursuivie au cours des 40 minutes suivantes alors que de nouvelles bouches s’ouvraient au sommet et que la lave s’échappait librement à la surface.

Vers 22 h 10, les stations sismiques autour du sommet du Kilauea n’ont plus montré d’activité. Les sismomètres ont laissé apparaître un signal de tremor continu à basse fréquence généré par le magma qui s’écoulait par un conduit ouvert.

L’éruption continue actuellement dans le cratère de l’Halema’uma’u, avec le signal de tremor classique. La lave est émise par une bouche sur le côté nord-ouest du cratère et contribue à faire s’élever peu à peu le niveau du lac dont la profondeur est estimée à 220 m, mais sa surface n’est pas visible depuis la terrasse d’observation. Les émissions de SO2 ont été mesurées à 1 000 t / jour.

Source: USGS / HVO.

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The Hawaiian Volcano Observatory (HVO) found it difficult to predict Kilauea’s current eruption as there was no significant change that suggested lava would erupt again so rapidly. However, there were subtle signs of restless behaviour around Kilauea’s summit in the months prior to the eruption. The Observatory has detailed all these phenomena.

The exact onset of activity that preceded the start of the 20 December 2020 eruption is hard to pinpoint.

A first sign was an increase in seismic activity on October 22nd, 2020.  A seismic swarm was recorded under the Namakanipaio Campground, west of Kilauea’s summit. The event lasted about 48 hours and produced nearly 300 earthquakes, the largest with a magnitude M3.5. However, swarms around the Namakanipaio Campground are not uncommon. The previous swarm had happened in March 2019.

Seismicity around Kilauea summit and the upper East Rift Zone was mostly quiet during the month of November with a few minor swarms. The two most active days had about 100 detected events.

Another large seismic swarm occurred under the summit and upper East Rift Zone on December 2nd, 2020, producing over 200 detected earthquakes and punctuated by an M3.1 event on December 17, 2020. This swarm was the first instance of the sequence where restlessness was evident in more than just seismic data, with the latter part of the swarm being accompanied by a rapid increase in ground tilt trends. The increase in the tilt, along with the migrating seismic activity, indicated a shallow magmatic intrusion. Seismologists also noticed increased occurrences of long-period seismic signals after this event, suggesting magma was moving beneath the surface. These signals incited HVO to think about raising Kilauea’s alert level, but Madame Pele was quicker than the Observatory and the eruption started on December 20th!

Before the start of the eruption, seismologists observed a small earthquake swarm in the upper East Rift Zone around 7:30 in the evening of December 20th, which did not seem different from recent swarms in that area.

The seismic activity in the upper East Rift Zone ceased after about an hour, but then began to increase around the summit of Kilauea.

This summit activity began with earthquakes occurring every few minutes starting at depths of about 1.5 km below the surface. Magma was causing these quakes as it made its way to the surface.

The rate of activity continued to rapidly increase. At 9:20 pm, about 10 minutes before lava appeared at the summit, the earthquakes began occurring so rapidly that we could not tell when one event was ending and another started.

Lava broke the surface at about 9:30 p.m. (local time), but the rapidly-repeating earthquakes continued over the next 40 minutes as new summit vents opened and the pathway of magma became fully established.

At about 10:10 p.m, stations around Kilauea summit no longer showed any earthquake activity.  Seismometers showed only a continuous, low frequency tremor signal caused by magma flowing through an open conduit.

The eruption within Halema‘uma‘u crater continues, along with the associated tremor signal. Lava activity is erupting from a vent on the northwest side of the crater and flowing into a growing lava lake. The total depth of the lava lake is 220 m but its surface can’t be seen from the public observation terrace. SO2 emissions have been measured at 1000 t/day.

Source: USGS / HVO.

Crédit photo : HVO

Essaim sismique sur le Mauna Loa (Hawaii) mais pas d’éruption en vue // Seismic swarm on Mauna Loa (Hawaii) but no imminent eruption

Le 18 mars 2021, le HVO a enregistré un essaim sismique avec plus de 40 événements dans la partie supérieure de la zone sismique de Ka’oiki du Mauna Loa. Les secousses se sont produites dans un secteur d’environ 1,6 km de diamètre et à 800-6500 mètres sous la surface. L’événement le plus significatif avait une magnitude M 3,5. La plupart des autres secousses avaient une magnitude inférieure à M 2,0. Le HVO explique que la présence de foyers sismiques peu profonds dans cette zone ne signifie pas qu’une éruption est imminente. L’observatoire enregistre des séismes peu profonds dans cette zone depuis de nombreuses décennies. Ils ne montrent aucun signe d’ascension magmatique et font partie des « réajustements normaux en raison de l’évolution des contraintes à l’intérieur de l’édifice volcanique.»

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On March 18th, 2021, HVO recorded more than 40 earthquakes beneath Mauna Loa’s upper Ka‘ōiki seismic zone. These earthquakes occurred in a cluster about 1.6 km wide and 800-6,500 metres below the surface. The largest event had a magnitude M 3.5. The bulk of the events had a magnitude less than M 2.0.

HVO explains that clustering of shallow earthquakes in this region does NOT mean an eruption is imminent. The observatory has recorded shallow earthquakes in this area for many decades. They do not show any signs of magmatic involvement and are “part of normal re-adjustments of the volcano due to changing stresses within it.”

Vue du sommet du Mauna Loa (Crédit photo : HVO)

Péninsule de Reykjanes (Islande) : Et si on parlait des gaz ?

Après la non demande en mariage du regretté Georges Brassens, voici la non éruption dans la péninsule islandaise de Reykjanes. Les scientifiques, volcanologues et autres, ne comprennent pas pourquoi le magma joue les timides et pourquoi la lave n’arrive par à montrer son nez à la surface.

Tout ce beau monde scientifique est à l’affût et guette les moindres réactions des instruments, qu’ils s’appellent sismomètres, tilrmètres ou satellites. Ces derniers semblent confirmer la présence d’une intrusion magmatique active, mais au final, l’éruption tant espérée se fait attendre

On nous parle beaucoup de sismicité et de déformation mais, assez étrangement, les mesures de gaz sont aux abonnés absents. Pourtant, s’il y a  présence et déplacement de magma, il y a forcément des émissions de gaz. En tout cas, elles ne sont jamais mentionnées dans les différents articles relatifs à la situation sur la Péninsule de Reykjanes.

En tazieffien convaincu, j’ai toujours accordé de l’importance aux gaz qui sont le moteur des éruptions. Sans eux, la lave ne pourrait pas percer la surface. Les sites hydrothermaux et autres émanations gazeuses sont nombreux dans la Péninsule de Reykjanes, mais personne ne parle de la fluctuations et de la composition des gaz.

A une époque, j’ai effectué des observations sur les émanations gazeuses sur les basses pentes de l’Etna car les géochimistes de l’Institut des Fluides de Palerme m’avaient expliqué que les gaz des basses pentes étaient de bons indicateurs du comportement éruptif du volcan. Les variations de hélium en particulier méritaient d’être prises en compte. Vous trouverez un résumé de mes observations sous l’entête de ce blog.

Je pense donc qu’il serait souhaitable de s’attarder  plus que le font les scientifiques islandais sur l’évolution de la composition des gaz sur la péninsule et, en particulier, voir si certains s’échappent des fractures que les séismes ont ouvertes ces derniers temps.

Site hydrothermal à proximité de Krisuvik (Photo : C. Grandpey