Piton de la Fournaise (Île de la Réunion) : l’éruption continue

Dans son communiqué du 12 avril 2026, l’OVPF indique que l’éruption du Piton de la Fournaise continue au niveau du nouveau site d’émission, localisé environ 180 m en amont du cône éruptif du 13 février. Des fontaines de lave jaillissent avec des retombées qui forment un nouveau cône.

Les coulées de lave restent actuellement situées en amont et en haut des Grandes Pentes. Le front de la coulée se trouve aux alentours de 1345-1370 m d’altitude et ne progresse pas de manière significative.

Le trémor est en légère baisse.

L’activité sismique est en hausse, avec 401 séismes au cours des dernières 24 heures.

Les débits de lave en surface sur les dernières 24h indiquent des pics à 32 et 35 m3/s et des valeurs moyennes de 10 m3/s depuis le 11 avril à 22 heures.

On observe par ailleurs une déflation de l’édifice volcanique indiquant une dépressurisation du réservoir superficiel.

Source: OVPF.

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In its update of April 12, 2026, the OVPF indicates that the eruption of Piton de la Fournaise continues at the new vent located approximately 180 meters upslope from the eruptive cone of February 13. Lava fountains are erupting, with fallout forming a new cone.
The lava flows currently remain located at the top of the Grandes Pentes (Great Slopes). The flow front is at an altitude of approximately 1345-1370 meters and is not advancing significantly.
The tremor has decreased slightly. Seismic activity is increasing, with 401 earthquakes recorded in the last 24 hours. Surface lava flow rates over the last 24 hours showed peaks of 32 and 35 m³/s and average values of 10 m³/s since 10:00 pm on April 11. Furthermore, a deflation of the volcanic edifice is observed, indicating a depressurization of the shallow reservoir.

Piton de la Fournaise (Île de la Réunion) : poursuite de l’éruption // The eruption continues

29 mars 2026 9 heures (heure métropole) : L’éruption du Piton de la Fournaise a repris le 28 mars vers 15h (heure locale).Selon l’OVPF, l’activité ayant repris au niveau du même site éruptif, sans ouverture de nouvelle fissure ni injection de nouveau dyke, il s’agit d’une reprise de l’éruption débutée le 13 février 2026 et non d’une nouvelle éruption. J’avais expliqué qu’il s’agissait probablement de la vidange d’une poche résiduelle de magma. À noter qu’une légère inflation de l’édifice est enregistrée sur les 3 derniers jours, témoignant de la remise en pression du réservoir de magma superficiel. Cette inflation s’accompagne d’une légère hausse de la sismicité. L’intensité du trémor éruptif a augmenté progressivement en fin de journée le 28 mars, avant de stabiliser puis de ré-augmenter légèrement en début de journée le 29 mars.

Source: OVPF

L’Observatoire confirme les images des webcams le 28 mars au soir, à savoir le retour d’une coulée de lave sur les Grandes Pentes où seul le bras sud est de nouveau réalimenté.

On n’observe pas de réalimentation de la plate-forme littorale, mais un tel événement ne peut être exclu, ainsi qu’une intensification du panache de gaz au point d’entrée de la lave dans l’océan

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Image webcam des coulées à 11h30 (heure métropole), juste avant que les nuages envahissent les Grandes Pentes.

Source : OVPF.

Nous sommes dimanche. Il y aura du monde pour essayer de voir la lave. Prudence!

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16 heures (heure métropole) : La situation évolue rapidement. Selon les observateurs sur place, la coulée issue de la reprise de l’éruption a atteint la RN2 en suivant la même trajectoire que précédemment, donc sans élargir la coulée existante, ce qui est une bonne chose.  La lave emprunte le même tracé que la coulée du 13 mars, comme on peut le voir dur l’image webcam des Grandes Pentes. Il faut juste espérer que la Route des Laves ne sera pas davantage impactée. Maintenant, il faut attendre et voir quand la lave va atteindre de nouveau le littoral.

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17h30 (heure métropole) – 19h30 (heure locale) : La nuit est tombée sur l’île de la Réunion et le Piton de la Fournaise se donne en spectacle (image webcam).

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The eruption of Piton de la Fournaise resumed on March 28th around 3:00 PM (local time). According to the OVPF, since the activity resumed at the same eruptive site, without the opening of a new fissure or the injection of a new dyke, this is a resumption of the eruption that began on February 13, 2026, and not a new eruption. I had explained that it was probably the emptying of a residual magma chamber. It should be noted that slight inflation of the volcano has been recorded over the last three days, indicating the repressurization of the shallow magma reservoir. This inflation is accompanied by a slight increase in seismicity. The intensity of the eruptive tremor gradually increased at the end of March 28th, before stabilizing and then increasing slightly again at the beginning of March 29th.
The Observatory confirms the webcam images from the evening of March 28th, namely the return of a lava flow on the Grandes Pentes, where only the southern arm is now being replenished.
No new activity is observed at the coastal platform, but such an event cannot be ruled out, nor can an intensification of the gas plume where the lava enters the ocean.
Source: OVPF.

It’s Sunday. There will be a lot of people trying to see the lava. Be careful!

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4:00 PM (Paris time): The situation is evolving rapidly. According to observers on the field, the lava flow from the eruption has reached the RN2 highway. The lava is following the same path as the March 13th flow, as can be seen in the webcam image of the Grandes Pentes. One can only hope that the Route des Laves will not be further impacted. Now, we need to wait and see when the lava will reach the coastline again.

Piton de la Fournaise (Île de la Réunion) : Il est interdit d’interdire !

Quand elle a commencé le 13 février 2026, beaucoup – dont je faisais partie – pensaient que ce serait l’histoire de quelques jours. Aujourd’hui, plus d’un mois après son début l ‘éruption du Piton de la Fournaise montre toujours une belle énergie. L’OVPF enregistrait le 21 mars une forte hausse de la sismicité avec un trémor élevé, ce qui laisse redouter l’ouverture de nouvelles fissures éruptives.

Source: OVPF

Les débits de lave sont en hausse. Ils atteignaient des pics de plus de 30m3/seconde le 21 mars. Deux bras de coulée principaux sont toujours présents, mais le plus au nord est toujours figé dans le bas des Grandes Pentes.

Crédit photo: Christian Holveck

Au niveau de l’entrée de la lave dans la mer, la plateforme est alimentée par la coulée principale et un bras secondaire plus au sud. Elle s’avance de plus de 140 mètres en mer, sur une surface d’environ 3,7 hectares. Le volume total émergé est estimé à 200 000m3.

Source: OVPF

Il est nécessaire de rappeler que cette plateforme est instable et fragile. S’y aventurer serait carrément suicidaire. Des explosions peuvent se produire en cas de déstabilisation car la lave passe également sous la plateforme. Un contact avec l’eau de mer est forcément explosif.

Sortie de lave d’une plateforme littorale à Hawaï (Photo: C. Grandpey)

De plus, le panache de gaz qui s’échappe du front de la plateforme est particulièrement toxique car il est composé de vapeur d’eau, d’acide chlorhydrique et de particules fines.Gare aux sautes de vent !

Panache de gaz à Hawaï (Photo: C. Grandpey)

Je suis effrayé quand je vois le nombre de personnes qui bravent les interdictions pour s’approcher du site. En conséquences, et afin de ne pas tenter des personnes de s’y rendre, je ne publierai plus sur mon blog que les images du site d’arrivée en mer proposées par l’OVPF.

L’affluence au Grand Brûlé ferait presque oublier qu’officiellement, il est interdit de quitter la RN2 pour se rendre près de la coulée, en amont ou en aval.

Autre interdiction non respectée, le survol de la zone par des drones « pour des motifs de sécurité publique », à cause du risque de collision avec les hélicoptères et les autres drones. L’interdiction est valable dans un rayon de 7 km autour de la coulée, et de la surface jusqu’à 150 m au-dessus du sol. Pour information, les drones sont également interdits dans le Parc National des Volcans à Hawaï, comme dans tous les parcs nationaux aux États Unis. Si vous vous faites prendre par les rangers, c’est une amende et la confiscation de l’engin. La Réunion semble attachée au slogan de mai 1968 : « Il est interdit d’interdire » !

Certes, au regard de nombreux comportements imprudents, le Préfet a pris des mesures pour renforcer la sécurité mais, de mon point de vue, elles ne sont pas assez strictes au niveau du site où la lave entre en mer. Comme je l’ai dit précédemment, un jour ou l’autre il va y avoir un drame. Il y a quelques jours, le PGHM a secouru une dizaine de personnes, mais cela ne servira à rien et ne sera pas dissuasif si les visiteurs en infraction ne sont pas verbalisés!

Les Réunionnais ont un attachement quasi viscéral à leur volcan, mais on ne peut pas les laisser faire n’importe quoi !

Le Popocatepetl (Mexique) en 3D // 3D images of Popocatepetl (Mexico)

Le Popocatépetl est l’un des volcans les plus actifs et des plus dangereux d’Amérique car il est situé à proximité de zones densément peuplées. En particulier, le volcan se trouve à seulement 70 kilomètres au sud-est de Mexico, avec plus de 20 millions de personnes sous la menace des nuages de cendres et de débris volcaniques. Haut de 5 426 mètres, c’est le deuxième plus haut sommet du Mexique.

Crédit photo: CENAPRED

El Popo est en activité quasi continue depuis 1994. Son niveau d’alerte est actuellement à la couleur Jaune Phase 2. On observe des panaches de gaz et de cendres qui s’élèvent à plusieurs centaines de mètres au-dessus du sommet, avec parfois des retombées de cendres sur les zones sous le vent. L’accès au sommet est strictement interdit en raison du danger permanent et de son imprévisibilité.

Vue du cratère du Popocatepetl

Pour essayer de mieux anticiper l’activité du volcan, un groupe de chercheurs a cartographié avec précision l’intérieur de l’édifice volcanique. Pendant cinq ans, des spécialistes de l’Université nationale autonome de Mexico ont gravi les pentes du volcan, transportant des kilos de matériel. L’objectif était d’installer de nouveaux sismomètres sur les pentes du Popo pour collecter une importante quantité de données sismiques.

J’ai déjà consacré une note à cette étude le 31 décembre 2025, mais je trouve qu’elle mérite qu’on s’y attarde.

L’intelligence artificielle (IA) pour mieux comprendre le Popocatepetl (Mexique) // Artificial intelligence (AI) to better understand Popocatepetl (Mexico)

 

On enregistre régulièrement des épisodes de trémor sur le volcan, liés aux mouvements du magma et de la circulation des gaz et de l’eau en profondeur. Ce sont autant de petits signaux sismiques captés par les instruments de mesure et qui renferment de précieux indices sur la structure interne du volcan.

 Sismogramme et spectrogramme d’un épisode de trémor harmonique sur le Popo en décembre 2000 (Source : AGU Publications)

Les chercheurs ont fait intervenir l’intelligence artificielle (IA) dans le traitement de ces signaux. Comme l’a précisé une scientifique de la mission, « on a appris à la machine quels étaient les différents types de trémor sismique que l’on peut avoir sur El Popo. » L’algorithme a ensuite pu de lui-même cataloguer les données obtenues et les « traduire » en matière de matériaux, d’état, de température et de profondeur.

Ces résultats ont alors permis aux chercheurs de construire une image 3D de l’intérieur du volcan, jusqu’à 18 kilomètres sous le cratère, rendant visibles les différents conduits volcaniques et la distribution des réservoirs magmatiques. Ils devraient être publiés sous peu et être utiles aux autorités pour la prévention du risque volcanique.

Source : Phys.org

Ce n’est pas la première fois que des scientifiques réussissent à obtenir des images de l’intérieur d’un volcan. Comme je l’ai indiqué dans des notes précédentes, la muographie – qui s’appuie sue les particules cosmiques – a permis d’obtenir des images de volcans comme la Soufrière de la Guadeloupe, du sommet du Stromboli et de volcans japonais. Reste à comprendre comment le magma se comporte dans le système d’alimentation. Cela suppose une étude approfondie des gaz qui sont le moteur des éruptions.

Intérieur de la Soufrière de la Guadeloupre (Source : CNRS / Projet Diaphane)

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Popocatépetl is one of the most active and dangerous volcanoes in the Americas because it is located near densely populated areas. In particular, the volcano is only 70 kilometers southeast of Mexico City, with more than 20 million people under threat from clouds of ash and volcanic debris. At 5,426 meters, it is the second highest peak in Mexico.

El Popo has been almost continuously active since 1994. Its alert level is currently Yellow Phase 2. Plumes of gas and ash are observed rising several hundred meters above the summit, with ashfall sometimes occurring in downwind areas. Access to the summit is strictly prohibited due to the constant danger and its unpredictability.

To try to better anticipate the volcano’s activity, a group of researchers has precisely mapped the interior of the volcanic edifice. For five years, specialists from the National Autonomous University of Mexico climbed the slopes of the volcano, carrying kilograms of equipment. The goal was to install new seismometers on the slopes of El Popo to collect a significant amount of seismic data. Tremor episodes are regularly recorded on the volcano, linked to the movement of magma and the circulation of gases and water deep underground. These are small seismic signals captured by the measuring instruments, containing valuable clues about the volcano’s internal structure.

The researchers used artificial intelligence (AI) to process these signals. As one of the mission’s scientists explained, « We taught the machine the different types of seismic tremors that can occur on El Popo. » The algorithm was then able to automatically catalog the data obtained and « translate » it into terms of materials, state, temperature, and depth. These results allowed researchers to construct a 3D image of the volcano’s interior, extending up to 18 kilometers below the crater, revealing the various volcanic conduits and the distribution of magma reservoirs. These results should be published shortly and will be useful to authorities for volcano risk prevention.

Source: Phys.org.

This is not the first time scientists have succeeded in obtaining images of the interior of a volcano. As I mentioned in previous posts, muography—which relies on cosmic particles—has made it possible to obtain images of volcanoes such as La Soufrière in Guadeloupe, the summit of Stromboli, and Japanese volcanoes. It remains to be understood how magma behaves within the supply system. This requires a thorough study of the gases that drive the eruptions.