Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques informations sur l’activité volcanique dans le monde, fournies par les observatoires et par le Global Volcanism Network de la Smithsonian Institution.

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De toute évidence, le Kilauea (Hawaï) est en train de modifier son comportement, et le 55ème épisode de fontaines de lave  prévu par le HVO ne se produira peut-être jamais. Les données fournies par les inclinomètres indiquent que la zone sommitale est toujours soumise à une forte pression. C’est probablement la raison pour laquelle six nouvelles bouches éruptives se sont ouvertes sur la paroi nord-ouest du cratère de l’Halemaʻumaʻu, au nord du complexe de bouches existantes, avec l’émission de petites coulées de lave.

Une activité de spattering se poursuit au niveau de la bouche nord, tandis que des projections périodiques de lave sont observés au niveau des bouches sud et ouest.

Images webcams HVO

 Le HVO se dit incapable de faire des pronostics sur l’évolution de la situation.

Source : HVO.

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L’activité éruptive a cessé sur l’Etna (Sicile) mais la cendre émise par le volcan continue de perturber le trafic aérien. Un grand nombre de vols au départ et à l’arrivée de l’aéroport de Catane ont été déroutés ou annulés ces dernier jours.

Exemple de panache de cendres de l’Etna le 11 août 2026 (image webcam)

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L’activité éruptive se poursuit à l’Anak Krakatau (Indonésie) avec des éruptions de type strombolien. Le niveau d’alerte reste fixé à 3 (sur une échelle de 1 à 4) et il est conseillé au public de se tenir à au moins 3 km du sommet.
Malheureusement, les cinq journalistes et les trois membres d’équipage d’un navire porté disparu n’ont pas été retrouvés. Les recherches sont abandonnées.
Source : PVMBG.

Activité strombolienne sur l’Anak Krakatau (Photo: P. Belouet)

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67 petites éruptions phréatiques ont été enregistrées quotidiennement sur le Rincón de la Vieja (Costa Rica) entre le 6 et le 16 septembre 2026. L’un des événements éruptifs du 6 septembre a généré un lahar ; d’autres coulées de boue ont été observées les 5 et 6 septembre à la suite de fortes précipitations. Le 13 septembre, les émissions de SO2 ont dépassé 6 000 tonnes par jour. Le niveau d’alerte reste fixé à 3 et la couleur de l’alerte aérienne est maintenue à l’Orange.
Source : OVSICORI.

Crédit photo: Wikipedia

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L’activité éruptive du Puracé (Colombie) s’est intensifiée ces derniers jours. L’activité sismique liée à la fracturation de roches s’est poursuivie ; la majeure partie des signaux a été localisée dans une zone située entre 10 et 22 km au nord-est du Puracé, à des profondeurs comprises entre 7 et 17 km. Certains de ces séismes ont été ressentis par la population. Une lente déformation du sol a persisté dans la zone située entre les volcans Puracé, Piocollo et Curiquinga. Les panaches de cendres s’élèvent généralement jusqu’à 1,2 km au-dessus du sommet. Des retombées de cendres ont été signalées dans plusieurs localités. Le niveau d’alerte reste à l’Orange (niveau 2 sur une échelle de quatre couleurs).
Source : Servicio Geológico Colombiano (SGC).

Crédit photo: SGC

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L’activité reste globalement stable sur les autres volcans mentionnés dans les bulletins précédents « Volcans du monde ».
Ces informations ne sont pas exhaustives. Vous pourrez en obtenir d’autres en lisant le rapport hebdomadaire de la Smithsonian Institution :
https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Here is some news about eruptive activity around the world, provided by observatories and the Smithsonian Institution’s Global Volcanism Network.

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Clearly, Kilauea (Hawaii) is changing its behavior, and the 55th lava-fountaining episode predicted by the HVO may never occur. Tiltmeter data indicate that the summit area remains under high pressure. This is likely why six new eruptive vents have opened on the northwest wall of Halemaʻumaʻu Crater, north of the existing vent complex, producing small lava flows. Spattering activity continues at the north vent, while periodic lava ejections are observed at the south and west vents. The HVO says it is unable to make predictions about the evolution of the situation.
Source: HVO.

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Eruptive activity at Mount Etna (Sicily) has ceased, but ash emitted by the volcano continues to disrupt air traffic. A large number of flights to and from Catania Airport have been diverted or cancelled in recent days.

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Eruptive activity continues at Anak Krakatau (Indonesia) with Strombolian eruptions. The Alert Level remains at 3 (on a scale of 1-4) and the public is advised to stay at least 3 km away from summit.

Unfortunately, the five journalists and three crew members of a missing ship have not been found. The search has been called off.

Source : PVMBG.

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A total of 67 small phreatic eruptions was recorded daily at Rincón de la Vieja (Costa Rica) during the period 6-16 September 2026. One of the eruptive events on 6 September generated a lahar; more mudflows were recorded on 5 and 6 September after heavy rainfall. On 13 September the SO2 emissions exceeded 6,000 tonnes per day. The Alert Level remains at 3 and the Aviation Color Code is kept at Orange Orange.

Source : OVSICORI.

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Eruptive activity increased at Puracé (Colombia) during the past days. Seismic activity associated with rock fracturing continued to be recorded ; a majority of signals were located in an area 10-22 km NE of Puracé at depths of 7-17 km. Some of these earthquakes were felt by residents. SO2 concentrations. Slow ground deformation persisted in an area between the Puracé, Piocollo, and Curiquinga volcanoes. Ash plumes usually rise as high as 1.2 km above the summit. Ashfall has been reported in several municipalities. The Alert Level remains at Orange (leven 2 on a four-color scale).

Source : Servicio Geologico Colombiano.

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Activity remains globally stable on other volcanoes mentioned in the previous bulletins « Volcanoes of the world ».

This information is not exhaustive. You can find more by reading the Smithsonian Institution’s weekly report:

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques informations sur l’activité volcanique dans le monde, fournies par les observatoires et par le Global Volcanism Network de la Smithsonian Institution.

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L’Episode 55 de l’éruption du Kilauea (Hawaï) se fait attendre et les signes précurseurs  persistent depuis pas mal de temps. Des coulées de lave sont émises par intermittence depuis la bouche nord depuis le 7 septembre 2026 ; une cinquantaine de débordements a eu lieu depuis cette date. Ce type d’activité précède en général les épisodes de fontaines de lave, mais l’inflation sommitale est très irrégulière depuis l’Episode éruptif n°54 du 25 août. Le HVO a repoussé à plusieurs reprises la fenêtre de prévision concernant le début de l’Episode 55. Dans son dernier bulletin, l’Observatoire pense qu’il pourrait avoir lieu le 10 ou le 11 septembre.

Source : HVO.
Il convient de noter que l’archipel hawaïen a été touché ces derniers jours par plusieurs tempêtes tropicales associées à des systèmes de basse pression. Une étude personnelle menée au Stromboli (Sicile) m’a permis de démontrer qu’une telle situation peut avoir un impact sur l’activité éruptive d’un volcan. Vous trouverez le résumé de cette étude sous l’entête de ce blog.

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Début septembre 2026, l’activité éruptive de l’Anak Krakatau (Indonésie) a été l’une des plus puissantes observées sur le volcan ces derniers temps. Le satellite Landsat 8 de la NASA a survolé l’Anak Krakatau le 5 septembre 2026 et son instrument OLI (Operational Land Imager) a capturé une image du panache de gaz au-dessus du cratère.

Un autre satellite propose une perspective plus large. Le capteur VIIRS (Visible Infrared Imaging Radiometer Suite), embarqué à bord du satellite Suomi NPP, montre le panache en train de s’étirer sur une vaste zone.

Le 6 septembre, l’agence météorologique indonésienne a indiqué que les cendres atteignaient une altitude d’environ 6 000 mètres à l’est du volcan. Toutefois, l’activité explosive de l’Anak Krakatau avait diminué, même si le volcan était toujours très actif avec un régime d’éruptions stromboliennes projetant des matériaux incandescents.
Les aéroports ont repris leurs activités dès le 8 septembre, mais l’Anak Krakatau reste au niveau d’alerte III (Siaga).

Source : Magma Indonesia.

La police a élargi les recherches pour retrouver cinq journalistes et trois membres d’équipage dont on a perdu la trace alors qu’ils couvraient l’éruption de l’Anak Krakatau. La zone de recherche a été étendue aux eaux entourant Lampung. Les personnes disparues ont été localisées pour la dernière fois dans le détroit de la Sonde, au large de Banten. Toutefois, les autorités pensent que de forts courants marins ont pu entraîner l’embarcation vers les eaux de Lampung. Des recherches aériennes par hélicoptère seront lancées si les conditions météorologiques le permettent.
Le groupe était parti pour l’Anak Krakatau le 7 septembre 2026. Il avait quitté Carita à 14 h 00 (heure locale) en direction du volcan, pour un trajet estimé à deux heures. La perte de contact est survenue quelque temps plus tard, alors que le bateau se trouvait vraisemblablement dans les eaux situées entre Carita et l’Anak Krakatau. Leur signal a été détecté pour la dernière fois à 18 h 13, à proximité du volcan.
Au troisième jour des opérations, les équipes de recherche ont récupéré un gilet de sauvetage orange non identifié, mais aucun autre indice n’a été signalé depuis.

Source: presse indonésienne.

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L’activité reste globalement stable sur les autres volcans mentionnés dans les bulletins précédents « Volcans du monde ». .
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Here is some news about eruptive activity around the world, provided by observatories and the Smithsonian Institution’s Global Volcanism Network.

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The precursory signs of Kilauea‘s Episode 55 (Hawaii) have been lasting a long time. Lava flows have intermittently erupted lava from the north vent since September 7, 2026.. A total of 50 overflows have occurred since then. This style of activity has been typical in the hours to days before a summit lava fountaining episode.  However, summit reinflation has been very irregular since Episode 54 on August 25. The HVO had to postpone several times the forecast window for the start of Episode 55 fountaining. It is currently September 10-11.

Source : HVO.

It should be noted that the Hawaiian archipelago has been affected by several storms with lower pressure systems in the past days. I have shown in a personal study performed at Stromboli (Sicily) that such a situation may affect a volcano’s eruptive activity. See the abstract of my study beneath the title of this blog

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The September eruption of Anak Krakatau (Indonesia) was one of the most disruptive episodes. NASA’s Landsat 8 satellite passed over Anak Krakatau on September 5, 2026. Its Operational Land Imager (OLI) captured the detailed view of gas rising over the darker ash cloud.

A second satellite provided a much broader perspective. The Visible Infrared Imaging Radiometer Suite (VIIRS) aboard the Suomi NPP satellite showed volcanic material spreading across a large region.

By September 6, Indonesia’s meteorological agency reported ash reaching approximately 6,000 meters east of the volcano. However, Anak Krakatau’s explosive activity had subsided, although the volcano remained active. It shifted back toward more typical Strombolian eruptions that can throw glowing lava fragments, ash, and other volcanic material from the vent.

Airports resumed operations by September 8, but Anak Krakatau remained at level III (Siaga).

Source : Magma Indonesia.

Police have expanded the search for five journalists and three crew members who lost contact while covering the eruption of Mount Anak Krakatau. The search area has been extended to the surrounding waters of Lampung. The victims were last reported missing in the Sunda Strait, Banten. However, authorities are also considering the possibility that strong ocean currents carried them toward Lampung waters. Aerial searches utilizing helicopters will be deployed if weather conditions around the area permit.

The group departed for Mount Anak Krakatau on September 7, 2026. They set sail from Carita at 14:00 (local time), heading toward the volcano with an estimated travel time of two hours. Loss of contact occurred some time later, when the boat was estimated to be in waters between Carita and Anak Krakatau. By 18:13, their signal was last detected in the vicinity of the volcano.

On the third day of search operations, search teams retrieved an unidentified orange life vest, but no other indication has been signaled.

Source: Indonesian news media.

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Activity remains globally stable on other volcanoes mentioned in the previous bulletins « Volcanoes of the world ». .

This information is not exhaustive. You can find more by reading the Smithsonian Institution’s weekly report:

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Attention ! Un supervolcan peut rester dangereux pendant des milliers d’années // Warning : a supervolcano can stay dangerous for thousands of years

Une nouvelle étude menée par une équipe scientifique internationale incluant des chercheurs issus de l’université australienne Curtin, de l’université d’État de l’Oregon, de l’université de Heidelberg et de l’Agence géologique d’Indonésie vient de révéler que la super-éruption du Toba, survenue il y a 74 000 ans, n’a pas marqué la fin de sa dangerosité. Le magma sous la caldeira a continué de provoquer des éruptions pendant des milliers d’années, même après que certaines parties du système se soient refroidies pour former de la roche solide.

Les chercheurs ont étudié le comportement de ce système volcanique après l’éruption dite du « Youngest Toba Tuff » (tuf du Jeune Toba). Cet événement a expulsé au moins 2 800 kilomètres cubes de magma rhyolitique. Il s’agissait donc bien d’une super-éruption. Rappelons qu’une éruption mérite le qualificatif de « super-éruption » — et le volcan celui de « supervolcan » — lorsqu’elle expulse plus de 1 000 kilomètres cubes de matériaux. À ce titre, elle est classée au niveau 8 (le maximum) sur l’indice d’explosivité volcanique (Volcanic Explosivity Index – VEI).
Les travaux des chercheurs se sont concentrés sur le phénomène de résurgence, qui survient lorsqu’une caldeira commence à se réajuster après son effondrement lors d’une éruption majeure. Dans le cas du Toba, ce processus de rétablissement a inclus un soulèvement du sol et une reprise de l’activité volcanique bien après la fin de l’éruption principale.

 Crédit photo : Wikipedia

Les grandes caldeiras, comme celles du Toba et de Yellowstone, peuvent rester instables après leurs éruptions les plus puissantes. Des émissions de gaz, des séismes, des modifications structurelles et des éruptions de moindre ampleur peuvent se poursuivre à mesure que le système se rééquilibre. Pour le Toba, l’équipe scientifique a étudié trois dômes de lave formés après l’éruption principale, en s’appuyant sur deux « horloges naturelles » préservées dans les minéraux volcaniques : l’argon présent dans le feldspath et l’hélium dans le zircon sont piégés à des températures différentes, ce qui a permis aux chercheurs de reconstituer le processus de refroidissement des roches.

 Carte de la caldeira de Toba montrant les dômes de lave formés après l’éruption du « Youngest Toba Tuff ». (Crédit : Martin Danišík et al., Nature – Earth and Environmental Sciences)

Les échantillons issus de l’éruption du « Youngest Toba Tuff » ont révélé des âges concordants – environ 74 000 ans – selon les méthodes de datation argon et zircon-hélium. Cette concordance correspond au refroidissement rapide attendu après une éruption cataclysmale.
Les dômes de lave plus récents ont révélé une histoire différente. Les datations zircon-hélium ont situé ces éruptions il y a environ 70 000, 67 100 et 61 800 ans. En revanche, les âges obtenus par la méthode argon sur le feldspath sont restés proches de ceux de l’éruption principale.
D’une manière globale, le laps de temps séparant l’éruption principale des éruptions ultérieures des dômes a été estimé entre 4 600 et 13 600 ans environ. Les modèles thermiques ont permis d’estimer des durées maximales de stockage pré-éruptif d’environ 4 500 et 7 400 ans pour les deux dômes de Samosir, et de 12 700 ans pour le dôme de Pardepur.
La modélisation indique que le matériau à l’intérieur des dômes a séjourné pendant de longues périodes à des températures comprises approximativement entre 300 et 425 °C, avec une fourchette plus large allant d’environ 280 à 500 °C. À ces températures, une grande partie du matériau se trouvait en dessous du solidus, le seuil à partir duquel la roche fond suffisamment pour se comporter comme du magma. Le matériau échantillonné au niveau des dômes plus tardifs était donc en grande partie solide et ne peut normalement pas être émis lors d’une éruption
Les chercheurs estiment que l’immense réservoir de Toba présentait une grande hétérogénéité thermique. Un cœur plus chaud a pu coexister avec une zone périphérique plus froide, où des matériaux riches en cristaux s’étaient suffisamment refroidis pour retenir l’argon.
Les dômes formés après l’éruption du Toba étaient minuscules comparés à la super-éruption elle-même. À eux deux, les dômes de Samosir représentaient moins d’un kilomètre cube de matériau, soit environ 0,04 % des 2 800 kilomètres cubes éjectés lors de l’épisode du « Youngest Toba Tuff. ».
La chronologie de la formation de ces dômes permet également de préciser le moment où a débuté la résurgence du Toba. Deux dômes de Samosir sont entrés en éruption plusieurs milliers d’années après la super-éruption, durant une période où le soulèvement du sol a remodelé le plancher de la caldeira. Les preuves géologiques indiquent que ce soulèvement s’est poursuivi pendant une durée comprise entre 36 000 et 42 000 ans au minimum.

Les résultats de cette étude remettent en question une approche courante de l’évaluation des risques volcaniques, qui privilégie largement la détection de magma liquide sous un volcan. Ils démontrent qu’il faut désormais envisager la possibilité d’éruptions même en l’absence de magma liquide décelable sous l’édifice volcanique.
Cela ne signifie pas pour autant que tout réservoir magmatique solidifié est prêt à entrer en éruption. Les travaux menés sur le Toba révèlent plutôt que les systèmes de caldeira pérennes peuvent demeurer mécaniquement actifs alors même que les différentes zones de leurs réservoirs magmatiques présentent des températures très disparates.

Cette découverte élargit l’éventail des signaux que les scientifiques doivent prendre en compte pour contrôler les super volcans potentiellement actifs. Outre la recherche de roches en fusion, des phénomènes tels que le soulèvement structurel, les mouvements de failles et le comportement des vestiges solidifiés peuvent s’avérer déterminants.
Si une super-éruption peut avoir des répercussions à l’échelle régionale comme mondiale et nécessiter des décennies, voire des siècles, pour un retour à la normale, cette étude montre que le danger ne s’éteint pas avec l’éruption elle-même : la menace de risques ultérieurs persiste pendant des milliers d’années. Le cas du Toba illustre que la période suivant une super-éruption peut durer bien plus longtemps que l’éruption qui en est à l’origine.
Bien qu’exceptionnellement rares, les super-éruptions peuvent engendrer des conséquences bien au-delà du site éruptif, notamment des retombées de cendres à grande échelle et des perturbations climatiques à l’échelle mondiale.
Source : Yahoo Actualités.

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A new study by an international team os scientists from Curtin University, Oregon State University, Heidelberg University and the Geological Agency of Indonesia has just revealed that Toba’s 74,000-year-old super-eruption did not mark the end of its danger. Magma beneath the Indonesian caldera remained capable of driving eruptions for thousands of years, even after parts of the system had cooled into solid rock.

The researchers examined how the giant volcanic system behaved after the Youngest Toba Tuff eruption. That event expelled at least 2,800 cubic kilometers of rhyolite magma. This was indeed a super eruption. It is useful to remind people that an eruption deserves to be called a ‘super eruption’ and a volcano a ‘super volcano’ when it expels more than 1,000 cubic meters of material. As such, it is classified 8 (the maximum) on the Volcano Explosivity Index (VEI).

The researchers work focused on resurgence, when a collapsed caldera begins adjusting after a major eruption. At Toba, that recovery included uplift and renewed volcanic activity long after the main eruption ended.

Large calderas such as Toba and Yellowstone can remain restless after their biggest eruptions. Gas emissions, earthquakes, structural changes and smaller eruptions can continue as the system readjusts. At Toba, the scientific team investigated three post-eruption lava domes using two natural clocks preserved in volcanic minerals. Argon in feldspar and helium in zircon become trapped at different temperatures, allowing researchers to reconstruct how the rocks cooled.

The Youngest Toba Tuff samples gave matching argon and zircon-helium ages near 74,000 years. That agreement fits the rapid cooling expected after a catastrophic eruption.

The younger lava domes told a different story. Zircon-helium ages placed eruptions at about 70,000, 67,100 and 61,800 years ago. Their feldspar argon ages remained close to the age of the main eruption.

Globally, the delays between the main eruption and later dome eruptions were estimated at about 4,600 to 13,600 years. Thermal models allowed maximum pre-eruptive storage periods of about 4,500 and 7,400 years for the two Samosir domes, and 12,700 years for the Pardepur dome.

The modelling indicated that the dome material spent long periods at roughly 300 to 425 degrees Celsius, with broader possible limits between about 280 and 500 degrees. At those temperatures, much of the material would have been below the solidus, the point at which rock becomes sufficiently molten to behave as magma. The material sampled by the later domes was therefore largely solid and would normally be considered non-eruptible.

The researchers argue that the enormous Toba reservoir was thermally uneven. A warmer interior could exist alongside a colder outer area where crystal-rich material had cooled enough to retain argon.

The post-Toba domes were tiny compared with the super-eruption. The Samosir domes together represented less than one cubic kilometer of material, about 0.04 percent of the 2,800 cubic kilometers expelled during the Youngest Toba Tuff event.

The timing of the domes also helps define when Toba’s resurgence began. Two Samosir domes erupted several thousand years after the super-eruption, during a period when uplift was reshaping the caldera floor. Geological evidence indicates that uplift continued for at least 36,000 to 42,000 years.

The results of the study challenge a common approach to volcanic hazard assessment that places heavy emphasis on detecting liquid magma beneath a volcano. This shows that we must now consider that eruptions can occur even if no liquid magma is found underneath a volcano.

That does not mean every solidified volcanic reservoir is ready to erupt. The Toba work instead shows that long-lived caldera systems can remain mechanically active while different parts of their magma reservoirs exist at very different temperatures.

For monitoring active supervolcanoes, that widens the range of signals scientists may need to consider. Structural uplift, fault movement and the behavior of solidified remnants may matter alongside searches for molten rock.

While a super-eruption can be regionally and globally impactful and recovery may take decades or even centuries, the results of the study show the hazard is not over with the super-eruption and the threat of further hazards exists for many thousands of years after. Toba shows that a supervolcano’s aftermath can last far longer than the eruption that created it.

Supereruptions are exceptionally rare but can have consequences extending far beyond the eruption site, including widespread ashfall and global climate disruption.

Source : Yahoo News.

Trafic aérien et nuages de cendres volcaniques : toujours pas de solution ! // Air traffic and volcanic ash clouds : still no solution !

Comme je l’ai mentionné précédemment, les cendres volcaniques de l’Anak Krakatau ont entraîné la fermeture temporaire de huit aéroports dans l’ouest de l’Indonésie le 6 septembre 2026. Le ministère des Transports a recensé 1 558 vols retardés et environ 170 000 passagers impactés. Le volcan est en niveau d’alerte III (Siaga), avec une zone d’exclusion de 3 km.

Les aéroports impactés sont : l’aéroport international Soekarno-Hatta de Tangerang, l’aéroport Halim Perdanakusuma de Jakarta, l’aéroport Radin Inten II de Lampung et l’aéroport Husein Sastranegara de Bandung, auxquels il faut ajouter les aéroports de Budiarto à Curug, Pondok Cabe à Tangerang Sud, Taufik Kiemas à Pesisir Barat et Atung Bungsu à Pagar Alam.
Le ministère des Transports a indiqué que des navettes gratuites par bus et par train sont mises à disposition des passagers dont les vols ont été transférés vers d’autres aéroports. Les compagnies aériennes ont reçu pour instruction d’informer les passagers des modifications d’horaires et des solutions de rechange.

La situation du trafic aérien après l’éruption de l’Anak Krakatau montre qu’aucun progrès n’a été réalisé depuis l’éruption islandaise de l’Eyjafjallajökull en 2010.

Crédit photo: Wikipedia

À l’époque, on promettait de nouveaux systèmes embarqués capables de détecter les nuages de cendres. Aujourd’hui, la réalité est tout autre : tous les avions sont cloués au sol dès que les différents VAAC détectent des nuages de cendres.
Cela paraît logique. Aucune compagnie aérienne n’acceptera de mettre en danger ses passagers si les avions risquent de pénétrer dans des nuages de cendres. Les exemples du passé ont démontré le danger d’une telle situation. Des avions entrés par mégarde dans les nuages de cendres des volcans Galunggung et Redoubt ont frôlé la catastrophe…

Eruption du Redoubt en 1989 (Crédit photo: AVO)

J’ai publié plusieurs articles à propos des nuages de cendres et du trafic aérien les 22 juillet 2015, 18 mars 2016, 10 décembre 2018 et 20 avril 2024. Ils montrent que des efforts ont été déployés pour trouver des solutions, mais aujourd’hui, tous les avions sont cloués au sol dès qu’un volcan entre en éruption, en particulier sur la Ceinture de feu du Pacifique…

Il existe une incompatibilité totale entre les moteurs des avions et les cendres volcaniques. Peut-être qu’un jour Elon Musk proposera une solution permettant aux aéronefs de voler normalement au moment où le Merapi, le Semeru ou l’Anak Krakatau entreront en éruption…

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As I put t before, volcanic ash from Anak Krakatau prompted temporary closures at eight airports across western Indonesia on September 6, 2026. The Ministry of Transportation reported 1 558 delayed flights and approximately 170 000 affected passengers. The volcano remained at Level III (Siaga), with a 3 km exclusion zone around its center of activity.

The closures covered Soekarno-Hatta International Airport in Tangerang, Halim Perdanakusuma Airport in Jakarta, Radin Inten II Airport in Lampung, and Husein Sastranegara Airport in Bandung.

Budiarto Airport in Curug, Pondok Cabe Airport in South Tangerang, Taufik Kiemas Airport in Pesisir Barat, and Atung Bungsu Airport in Pagar Alam were also temporarily closed.

The Ministry of Transportation said free bus and rail transportation would be provided to passengers whose flights were transferred to alternative airports. Airlines were instructed to provide passengers with information about schedule changes and available options.

The situation of air traffic after the eruption of Anak Krakatau shows that no progress has been made since the Icelandic eruption of Eyjafjallajökull in 2010. By that time, there were promises of new systems on board the planes able to detect ash clouds. Today, the reality is different and all planes are grounded as soon as some ash clouds are detected by the different VAACs.

This sounds normal. No air company will accept to jeopardize its passengers if planes are likely to cross ash clouds. Examples of the past showed the danger of such a situation. Planes that flew across ash clouds from Galunggung and Redoubdt volcanoes nearly crashed…

I wrote several posts on 22 July 2015, 18 March 2016, 10 December 2018 and 20 April 2024. They show that efforts have been made to find solutions, but today all planes are grounded as soon as a volcano erupts on the Pacific Ring of Fire… There is a complete incomptibility between plane engines and volcanic ash. Maybe some day Elon Musk will find a solution…