Vêlage spectaculaire en Antarctique // Dramatic calving in Antarctica

La plateforme glaciaire Amery en Antarctique oriental vient de libérer le plus grand iceberg jamais observé depuis plus de 50 ans. Le bloc qui s’est détaché couvre une superficie de 1 636 kilomètres carrés et a pour nom D28. En raison de sa grande taille, il devra faire l’objet d’une surveillance et d’un suivi car il pourrait constituer un danger pour la navigation. Les courants et les vents littoraux transporteront le bloc de glace vers l’ouest. Il faudra probablement plusieurs années pour qu’il se brise en plusieurs morceaux et fonde complètement. La plateforme Amery n’avait pas vêlé un aussi gros iceberg depuis le début des années 1960. Le dernier couvrait une superficie de 9 000 kilomètres carrés.
Par sa taille, Amery est la troisième plus grande plateforme glaciaire en Antarctique et représente un important chenal d’évacuation pour l’est du continent. En effet, elle est en grande partie le prolongement flottant d’un certain nombre de glaciers qui finissent leur course dans la mer. En envoyant des icebergs dans l’océan, ces rivières de glace maintiennent l’équilibre ; cela compense l’apport de neige en amont.
Les scientifiques avaient prédit ce vêlage. Un glaciologue avait dit qu’il se produirait entre 2010 et 2015. L’iceberg était une portion de la plateforme Amery connue sous le nom de « Loose Tooth » (Dent Branlante), en raison de sa ressemblance sur les images satellites avec la dentition d’un petit enfant. Mais bien que montrant des signes de fragilité, Loose Tooth est toujours restée attachée à la plateforme. C’est D28 qui s’en est détachée.
Bien que le vêlage soit spectaculaire, les glaciologues insistent sur le fait qu’il n’y a pas de lien entre cet événement et le changement climatique. Depuis les années 1990, les données satellitaires montrent qu’Amery est à peine en équilibre avec son environnement, malgré une forte fonte de sa surface en été. L’Australian Antarctic Division surveillera tout de même Amery de près pour voir comment la plateforme va réagir au vêlage. En effet, la perte d’un aussi gros iceberg peut modifier la géométrie des contraintes à l’avant de la plateforme. Cela pourrait influencer le comportement des fractures et même la stabilité de Loose Tooth.
On estime que le D28 a une épaisseur d’environ 210 mètres et contient environ 315 milliards de tonnes de glace.
Le nom provient d’un système de classification géré par le US National Ice Center, qui divise l’Antarctique en quadrants. Le quadrant D couvre les longitudes 90 degrés Est à zéro degré. D28 est bien moins imposante en taille que l’iceberg A68 qui s’est détaché de la plateforme Larsen C en 2017 (voir mes notes de janvier et juin 2017 à ce sujet).
Sources: BBC, CNN, Australian Antarctic Division.

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The Amery Ice Shelf in East Antarctica has just produced its biggest iceberg in more than 50 years. The calved block covers 1,636 square kilometres in area and is called D28. The scale of the iceberg means it will have to be monitored and tracked because it could in future pose a hazard to shipping. Nearshore currents and winds will carry the block of ice westwards. It will probably take several years for it to break apart and melt completely. Not since the early 1960s has Amery calved a bigger iceberg. The last one covered an area of 9,000 square kilometres.

Amery is the third largest ice shelf in Antarctica, and is a key drainage channel for the east of the continent. The shelf is essentially the floating extension of a number of glaciers that flow off the land into the sea. Losing bergs to the ocean is how these ice streams maintain equilibrium, balancing the input of snow upstream.

Scientists had predicted this calving. One glaciologist had said that it would occur sometime between 2010 and 2015. The iceberg was a segment of Amery that was known as « Loose Tooth » because of its resemblance in satellite images to the dentition of a small child. But although wobbly, Loose Tooth is still attached. It’s D28 that’s been extracted.

Elthough the calving is quite spectacular, glaciologists insist that there is no link between this event and climate change. Satellite data since the 1990s has shown that Amery is roughly in balance with its surroundings, despite experiencing strong surface melt in summer. The Australian Antarctic Division will however be watching Amery closely to see how it reacts to the calving. Indeed, the loss of such a big iceberg may change the stress geometry across the front of the ice shelf. This could influence the behaviour of cracks, and even the stability of Loose Tooth.

D28 is thought to be about 210 metres thick and contain some 315 billion tonnes of ice.

The name comes from a classification system run by the US National Ice Center, which divides the Antarctic into quadrants. The D quadrant covers the longitudes 90 degrees East to zero degrees. D28 is dwarfed by the mighty A68 iceberg, which broke away from the Larsen C Ice Shelf in 2017 (see my posts of January and June 2017 about this topic)

Sources : BBC, CNN, Australian Antarctic Division.

Le vêlage de la plateforme Amery vu par le satellite Sentinel-1 (Source: ESA)

La fonte de l’Antarctique et son impact sur la planète // The melting of Antarctica and its impact on the planet

Quelques jours avant la publication à Monaco du rapport de l’ONU sur les océans et les zones recouvertes de glace sur Terre, un professeur de l’Institut de recherche sur les impacts du climat de Potsdam en Allemagne, également spécialiste de l’Antarctique, avait expliqué lors d’une conférence de presse l’impact du changement climatique sur cette région la plus froide du monde.
Nous savons depuis longtemps que le destin des régions côtières et des centaines de millions de personnes qui les habitent dépend du comportement de la glace en Antarctique, et plus particulièrement de l’Antarctique occidental, dont la fonte pourrait faire s’élever le niveau des océans d’au moins trois mètres. . Selon les climatologues et les glaciologues, il ne s’agit pas de savoir « si » cela va se produire, mais « quand ».
Tout d’abord, il convient de rappeler que le réchauffement climatique n’affecte pas le Groenland et l’Antarctique de la même manière. En Antarctique, 99% de la perte de glace se produit lorsque la glace glisse dans l’océan. La glace ne fond pratiquement pas à la surface de ce continent. A côté de cela, au Groenland, la moitié de la perte de glace est due à la fonte de surface, avec l’eau qui se jette dans l’océan. Lorsque la glace en Antarctique ou au Groenland glisse dans l’océan et devient une plate-forme littorale, elle entre en contact avec les eaux de surface. Comme je l’explique dans ma conférence «Glaciers en Péril», une augmentation ne serait-ce que d’un dixième de degré de la température de l’eau peut entraîner un déséquilibre important de la calotte glaciaire. Celle du Groenland est beaucoup moins étendue qu’en Antarctique, mais elle perd aussi beaucoup plus de masse. C’est parce que l’Antarctique est beaucoup plus froid.
Notre connaissance de l’Antarctique a beaucoup évolué au cours des dernières années. Il y a dix ans, la modélisation de ce continent ne révélait aucune perte de glace significative au cours de ce siècle. Certains se demandaient même si la masse de glace de l’Antarctique n’était pas en train d’augmenter. Aujourd’hui, tous les modèles font état d’une perte importante de la banquise. La calotte glaciaire du continent a perdu environ 150 milliards de tonnes chaque année depuis 2005. La quasi-totalité de la perte a eu lieu en Antarctique occidental. La perte de glace s’accélère, que ce soit au Groenland ou en Antarctique. Il n’y a plus aucune d’ambiguïté à ce sujet. Les études en cours nous disent que l’Antarctique occidental a franchi un point de non retour. Il est devenu instable et déversera toutes ses glaces les plus vulnérables dans l’océan.
Une étude menée en 2014 estimait que l’Antarctique pourrait faire s’élever de 50 centimètres le niveau des océans d’ici 2100. La dernière évaluation du GIEC indique 16 centimètres comme la fourchette la plus haute. En 2016, une étude très fiable introduisant de nouveaux processus physiques a été publiée dans la revue Nature. Elle proposait une hausse plus importante allant jusqu’à plus d’un mètre. Cette étude a été très critiquée et les résultats devront peut-être être révisés.
En ce qui concerne l’avenir, si nous respectons l’Accord de Paris, au mieux, l’élévation du niveau de la mer ralentira. Si nous ne le respectons pas, le phénomène va encore s’accélérer d’ici la fin du siècle. Comme je l’ai expliqué dans des notes précédentes, la partie la plus vulnérable de la calotte glaciaire de l’Antarctique occidental – qui entraînerait une élévation de 3,5 mètres du niveau de la mer – se situe dans des dépressions au-dessous du niveau de la mer où l’eau de l’océan s’infiltre et vient saper la glace.
En ce qui concerne les effets de l’élévation du niveau de la mer sur les zones habitées, personne ne devrait craindre pour sa vie. Cependant, si New York se situe cinq mètres sous le niveau de la mer derrière des digues, il n’est pas certain que beaucoup de gens voudront y vivre. Selon le professeur de l’Institut de recherche de Potsdam, le véritable impact concerne les villes que nous allons perdre. Hong Kong est actuellement un symbole de la démocratie en Chine. La Nouvelle-Orléans est un bastion de la culture et New York un centre de culture et d’affaires. Nous allons également perdre Hambourg, Calcutta et Shanghai si nous n’arrêtons pas d’émettre des gaz à effet de serre dans l’atmosphère.
Source: Médias américains.

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A few days before the release in Monaco of the UN report on oceans and Earth’s frozen zones, a professor at the Potsdam Institute of Climate Impact Research in Germany and a top expert on Antarctica, had explained in a press conference how climate change is impacting the world’s coldest region.

We have known for a long time that the fate of the world’s coastal regions and the hundreds of millions of people who inhabit them depend on the behaviour of ice in Antarctica, and more particularly West Antarctica whose melting could lift global oceans by at least three metres. According to climatologists and glaciologists, this not a matter of « if » but « when. »

First of all, it should be remembered that global warming does not affect Greenland and Antarctica the same way. In Antarctica, 99 percent of all ice loss occurs when the ice slides into the ocean. There is practically no ice melt on the surface. On the other hand, in Greenland, half of the ice loss is due to melt water that runs into the ocean. When ice in Antarctica or Greenland slides into the ocean and becomes an ice shelf, it comes into contact with surface water. As I explain in my conference “Glaciers at Risk”, even a tenth of a degree increase in the temperature of the water can lead to a significant ice sheet imbalance. Greenland’s ice sheet is much smaller than Antarctica’s, but sheds even more mass. That is because Antarctica is so much colder.

Our knowledge of Antarctica has much changed in the past years. Ten years ago the modelling of Antarctica showed no significant ice loss within this century. Indeed, there was some debate as to whether the continent might add ice mass. Today, all the models show an ice sheet loss at a significant rate. The continent’s ice sheet has shed about 150 billion tonnes of mass every year since 2005, virtually all of it in West Antarctica. Ice loss in both Greenland and Antarctica is accelerating. There is no longer any ambiguity. The current studies tell us that West Antarctica has passed a tipping point. It has become unstable and will discharge all its most vulnerable ice into the ocean.

A 2014 study estimated that we could get 50 centimetres of sea level from Antarctica by 2100 The last assessment of the Intergovernmental Panel on Climate Change (IPCC) said 16 centimetres was the upward limit. In 2016 an important study introducing new physical processes was published in Nature. It proposed an even higher contribution, of up to more than a metre. That study has been much criticised, and the findings may be revised.

Concerning the future, if we keep to the Paris Agreement, sea level rise will at best slow down. If we don’t, it will still be accelerating at the end of the century. As I explained in previous posts, the most vulnerable part of the West Antarctic ice sheet – equivalent to 3.5 metres of sea level rise – sits in depressions below sea level, where ocean water infiltrates and erodes the ice sheet from underneath.

Concerning the effects of sea level rise on inhabited areas, nobody should fear for their life. However, if New York winds up five metres below sea level behind dikes and levees, it is not sure that people will want to live there. The real impact lies with the cities we will lose. Hong Kong is currently a beacon of democracy in China. New Orleans is a bastion of culture, and New York of culture and business. We are also going to lose Hamburg, Calcutta and Shanghai if we do not stop emitting greenhouse gases into the atmosphere.

Source : US news media.

Antactique de l’Ouest (Source: NOAA)

Le glacier Thwaites est sous haute surveillance car sa fonte ferait directement et indirectement monter le niveau des océans (Source: NOAA)

Le réchauffement climatique fait émerger de nouvelles terres // Global warming allows new lands to emerge

C’est une situation qui est amenée à se développer avec le réchauffement climatique et la fonte de la banquise et des glaciers. Le ministère de la Défense russe a annoncé le 27 août 2019 que la Russie possédait désormais cinq nouvelles îles suite à la fonte du glacier Nansen, une immense étendue de glace de 48 km de long sur 16 km de large. Ces nouvelles terres émergées de la glace, dont la surface varie entre 900 et 54 500 mètres carrés, se trouvent près de l’archipel de la Nouvelle-Zemble (Novaya Zemlya), entre la mer de Barents et la mer de Kara. Elles avaient été remarquées pour la première fois en 2016 sur des photos satellite. Depuis cette époque, des relevés topographiques ont été effectués et des photographies ont été prises afin de confirmer la découverte.

Avec l’accélération du réchauffement climatique ces dernières années, la fonte de l’Arctique a atteint des proportions inquiétantes. Avec 7,59 millions de km² en moyenne, jamais la superficie de la banquise arctique n’a été aussi faible au cours d’un mois de juillet depuis le début des observations satellitaires il y a 40 ans. En janvier, des chercheurs ont annoncé que des terres ensevelies depuis 40.000 ans sous la glace avaient été exposées à la surface pour la première fois au Canada. En février, la NASA alertait sur la fonte du glacier Thwaites en Antarctique, qui est miné par les eaux de plus en plus chaudes de l’océan.

La découverte des cinq îles a réjoui le gouvernement qui les ajoutera prochainement à la carte officielle de la Russie.

Source : Futura Sciences.

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This is a situation that is likely to become more and more frequent with global warming and the melting of the ice sheet and glaciers. The Russian Defense Ministry announced on August 27th, 2019 that Russia now has five new islands following the melting of the Nansen Glacier, a huge expanse of ice 48 km long and 16 km wide. These new lands, whose surface varies between 900 and 54,500 square metres, are near the archipelago of Novaya Zemlya, between the Barents Sea and the Kara Sea. They had been noticed for the first time in 2016 on satellite photos. Since that time, topographic surveys have been completed and photographs taken to confirm the discovery.
With the acceleration of global warming in recent years, the melting of the Arctic has reached alarming proportions. With an average of 7.59 million square kilometres, the Arctic sea ice extent has never been so low in the month of July since the onset of satellite observations 40 years ago. In January, researchers reported that land buried for 40,000 years under the ice had been exposed for the first time in Canada. In February, NASA alerted to the melting of the Thwaites Glacier in Antarctica, which is undermined by the increasingly warm waters of the ocean.
The discovery of the five islands was welcomed by the government that will soon add them to the official map of Russia.
Source: Futura Sciences.

Localisation des cinq nouvelles terres (Google Maps)

Le lac de lave du Mont Michael (Ile Saunders) // Mt Michael’s lava lake on Saunders Island

Dans une note publiée le 17 août 2019, j’indiquais qu’un nouveau lac de lave avait été détecté par des satellites dans le cratère du Mont Michael, un stratovolcan actif coiffé d’un glacier sur l’île Saunders, l’une des île Sandwich du Sud, un arc volcanique dans l’Atlantique sud. Le volcan se trouve à environ 2 500 km environ à l’est d’Ushuaia (Argentine) localité située à proximité de la pointe méridionale de l’Amérique du Sud.
Ce volcan insulaire se trouve à l’écart des voies maritimes et aériennes et il est souvent caché par de gros nuages. On aperçoit un panache de vapeur émanant du cratère sommital sur les images satellites et les rares images obtenues lors de survols effectués par le British Antarctic Survey. Ce panache est le signe d’une zone chaude au niveau du cratère, mais on ignore tout de l’activité de ce volcan.
Dans les anciens journaux de bord de navires, il est fait état de nuages de cendre en 1819 et une éruption a pu se produire vers la fin du 19ème et le début du 20ème siècle. Toutefois, les rapports d’activité du Mt Michael ont été très rares avant l’arrivée des satellites.
Dans les années 1990, l’image à la résolution grossière proposée par un satellite révélait une anomalie thermique susceptible d’être causée par un lac de lave temporaire, mais on n’en avait aucune certitude

Avec l’amélioration des satellites et la réduction de la taille des pixels sur les photos, on a obtenu une résolution d’image plus élevée et il est désormais possible de détecter de petites zones de forte chaleur, comme celles produites par les lacs de lave. Ainsi, grâce à la puissance des satellites et le nombre croissant d’observations, la présence d’un lac de lave sur le Mont Michael ne fait plus de doute.
Des chercheurs britanniques ont passé à la loupe plusieurs décennies d’images fournies par les satellites Landsat, Sentinel et ASTER. Elles confirment des températures persistantes supérieures à environ 1000°C, compatibles avec la présence de lave dans le cratère sommital du Mont Michael. De plus, la longévité des anomalies thermiques au cours des trois décennies d’observation laisse supposer que l’on a bien affaire à un lac de lave qui vient s’ajouter aux autres lacs de lave connus sur la Terre, même si très peu sont actifs en ce moment.
Le lac de lave au sommet du Mont Michael mesure environ 110 mètres de diamètre et couvre une superficie d’environ 10 000 mètres carrés. À titre de comparaison, le lac de lave dans Halema’uma’u avant sa disparition en mai 2018 avait un diamètre d’environ 300 mètres et couvrait un peu plus de 40 500 mètres carrés.
Source: USGS.

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In a post released on August 17th, 2019, I indicated that a new lava lake had been detected by satellites in the crater of Mount Michael, an active and exceedingly remote glacier-clad stratovolcano on Saunders Island in the South Sandwich Islands, a volcanic arc in the South Atlantic Ocean. The volcano is about 2,500 kilometres roughly east of Ushuaia, Argentina, near the southern tip of South America.

This island volcano is well-off the path of mariners and aircraft and is often obscured by heavy clouds. A vapour plume emanating from the crater at its summit is commonly visible in satellite images and rare fly-overs by the British Antarctic Survey. This plume and a generally hot area coincident with its summit crater have long suggested high heat flow at the summit, but little is known about the full extent of the volcano’s activity.

Looking back in history at ship logs, ash clouds were reported in 1819, and a lava eruption may have occurred near the end of the 19th and beginning of the 20th centuries. Overall, due to the island’s location, records of activity until the age of satellites are scant.

In the 1990s, a coarse-resolution satellite thermal anomaly further indicated a source of high heat that could have been a temporary lava lake, but it was not conclusive.

As satellites have become more sophisticated and the pixel size smaller – resulting in higher image resolution – finding small areas of high heat flux like a lava lake has become easier. And so, using the power of satellites and the increasing number of observations, the question of a lava lake at Mount Michael appears to be resolved.

British researchers looked at decades worth of imagery of this volcano from three different satellites: Landsat, Sentinel and ASTER. They were able to confirm persistent temperatures greater than about 1000°C, consistent with a pool of lava at the surface within the summit crater. They further argue that the longevity of satellite thermal anomalies and plumes over the three decades of observation suggests a long-lived lava lake. With this confirmation, it adds to the inventory of known persistent lava lakes on Earth, although very few are active at the moment.

The Mount Michael summit lava lake is about 110 metres wide covering an area of about 10,000 square metres. As a comparison, the lava lake within Halema‘uma‘u prior to its draining in May of 2018 was about 300 metres across covering just over 40,500 square metres.

Source: USGS.

Image de l’île Saunders et du lac de lave dans le cratère du Mont Michael fournie par le satellite Landsat 8 le 31 janvier 2018. La carte en encart montre la situation géographique de l’île Saunders. (Source: British Antarctic Survey)

Landsat 8 satellite image of Saunders Island and the lava lake within the crater of Mount Michael (image acquired on January 31st, 2018). Inset map shows the location of Saunders Island. (Source: British Antarctic Survey)

Avril 2019 encore trop chaud ! // April 2019 still too hot !

On attend les statistiques de la NASA, mais les centres de prévisions NCEP-NCAR indiquent qu’avec + 0,638°C au-dessus de la moyenne 1981-2010, le mois d’avril 2019 se classe au 2ème rang depuis 1948, date du début des relevés NCEP-NCAR. L’année 2019 est également à la deuxième place derrière 2016 pour le moment.

Comme en février et en mars, la moyenne globale élevée est en partie due aux Tropiques (notamment au Vietnam et en Thaïlande), mais aussi aux régions polaires (Antarctique et Arctique). En Scandinavie, Helsinki a franchi les 12°C en moyenne sur la journée du 19 avril 2019, ce qui n’était jamais arrivé aussi tôt depuis 1882.  L’Arctique a signé un record de la plus faible extension de glace de mer pour un mois d’avril.

Source : global-climat.

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NASA statistics are still to come, but the NCEP-NCAR forecast centers indicate that with +0.638°C above the 1981-2010 average, April 2019 ranks second since 1948, the beginning of NCEP-NCAR surveys. The year 2019 is also in second place behind 2016 at the moment.
As in February and March, the high global average is partly due to the tropics (notably Vietnam and Thailand), but also to the polar regions (Antarctic and Arctic). In Scandinavia, Helsinki averaged 12°C on April 19th 2019, which had never happened so early since 1882. The Arctic has set a record for the lowest sea ice April.
Source: global-climat.

Sale temps pour la glace de mer (Photo: C. Grandpey)

Antarctique : Les manchots empereurs en difficulté // Antarctica: Emperor penguins in trouble

Dans une note parue le 3 mars 2018, je faisais état d’une étude publiée dans la revue Nature Climate Change selon laquelle le réchauffement de la planète et la surpêche pourraient provoquer en Antarctique la quasi extinction des populations de manchots royaux d’ici la fin du siècle. L’étude montrait qu’avec les transformations de l’environnement induites par le réchauffement de la planète, 70% des manchots royaux – soit 1,1 million de couples – pourraient disparaître ou être contraints de trouver de nouveaux sites de reproduction.

Les manchots royaux ne se reproduisent que sur des îles isolées de l’Océan Austral où il n’y a pas de couverture de glace et où ils disposent d’un accès facile à la mer. Au fur et à mesure que l’océan se réchauffe, la convergence antarctique est repoussée plus au sud. Cela signifie que les manchots royaux, qui se nourrissent de poisson et de krill dans cette zone, doivent parcourir une plus longue distance pour atteindre leurs aires d’alimentation et ils sont contraints de laisser leurs poussins plus longtemps derrière eux. Au vu de cette nouvelle situation, les scientifiques redoutent que des colonies entières disparaissent.

On apprend aujourd’hui que la deuxième plus grande colonie de manchots empereurs a presque disparu. La colonie de Halley, dans la mer de Weddell, était jusqu’à récemment la deuxième plus importante colonie de manchots empereurs au monde, avec jusqu’à 25 000 couples.

La quasi-totalité des poussins nés dans cette colonie sont morts en raison de la fonte de leur habitat ces trois dernières années. C’est ce que révèle une étude publiée le 25 avril 2019 et qui qualifie ces épisodes de « catastrophiques ».  .

Des images satellites étudiées par le British Antarctic Survey (BAS), centre de recherche britannique de l’Antarctique,  ont montré qu’en 2016, année marquée par une météo particulièrement chaude et orageuse, la glace sur laquelle les couples de manchots élèvent leurs petits a cédé, causant la mort de presque tous les poussins. Le phénomène s’est répété en 2017 et en 2018. C’est la raison pour laquelle cette colonie a presque disparu.

Un scientifique explique que le BAS a suivi la population de cette colonie et d’autres colonies de la région ces 10 dernières années, en utilisant des images satellites haute définition qui ont clairement montré « une faillite catastrophique dans la reproduction sur ce site ces trois dernières années. »

A côté de cette catastrophe, l’équipe de chercheurs a noté une augmentation de la taille d’une colonie voisine, celle de Dawson Lambton, ce qui laisse supposer que beaucoup des manchots de la colonie de Halley ont migré vers un lieu plus sûr. Selon un scientifique du BAS, il n’est pas possible de dire sans le moindre doute que la fonte de la glace de la baie d’Halley est liée au changement climatique, mais un tel échec de reproduction sur ce site est sans précédent.

Source : France Info.

Cette dernière déclaration est quelque peu surprenante car tous les scientifiques qui ont étudié les manchots royaux et empereurs s’accordent pour dire que ces oiseaux rencontrent les pires difficultés pour établir la jonction entre leurs zones d’alimentation et de reproduction à cause de la fonte de la glace. Or, il ne fait plus aucun doute que la fonte de la glace en Antarctique, en particulier en Antarctique de l’Ouest, est causée par le réchauffement de la planète.

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In a post released on March 3rd, 2018, I mentioned a study published in the journal Nature Climate Change indicating that global warming and overfishing could push the region’s king penguin populations to the brink of extinction by the end of the century. The study found that as global warming transforms the environment in Antarctica, 70% of king penguins – 1.1 million breeding pairs – could either disappear or be forced to find new breeding grounds.

King penguins only breed on specific isolated islands in the Southern Ocean where there is no ice cover and easy access to the sea. As the ocean warms, the Antarctic polar front – an upwelling of nutrient rich sea that supports huge abundance of marine life – is being pushed further south. This means that king penguins, that feed on fish and krill in this body of water, have to travel further to their feeding grounds, leaving their hungry chicks for longer. And as the distance between their breeding grounds and their food grows, scientists predict entire colonies will be wiped out.

Today we learn that the second largest colony of emperor penguins has almost disappeared. The Halley colony in the Weddell Sea was until recently the second largest emperor penguin colony in the world, with up to 25,000 pairs.
Almost all the chicks born in this colony have died due to the melting of their habitat in the last three years. This is revealed in a study published on April 25th, 2019, which describes these episodes as « catastrophic ». .
Satellite images studied by the British Antarctic Survey (BAS) showed that in 2016, a year marked by particularly hot and stormy weather, the ice on which the pairs of penguins raise their young yielded, causing the death of almost all the chicks. The phenomenon was repeated in 2017 and 2018. This is why this colony has almost disappeared.
One scientist explains that BAS has been tracking the population of this colony and other colonies in the region over the last 10 years, using high-definition satellite images that have clearly shown « a catastrophic failure in breeding on this site these last three years. »
In addition to this disaster, the research team noted an increase in the size of a neighbouring colony, Dawson Lambton, suggesting that many of the Halley colony penguins migrated to a safer place. According to a BAS scientist, it is not possible to say without a doubt that the melting of Halley Bay ice is related to climate change, but such a failure of reproduction on this site is unprecedented.
Source: France Info.
This last statement is somewhat surprising because all the scientists who have studied emperor and king penguins agree that these birds face the greatest difficulties in establishing the junction between their feeding and breeding areas because of the melting of ice. There is no doubt that the melting of ice in Antarctica, particularly in West Antarctica, is caused by global warming.

Manchot empereur (Crédit photo: Wikipedia)

L’Antarctique gagne-t-il plus de glace qu’il en perd ? Pas si sûr ! // Is Antarctica gaining more ice than it loses? Not so sure!

Voici le genre d’étude qu’il faut lire très attentivement, car les observations décrites peuvent ne pas correspondre à la réalité la plus récente.
Une étude de la NASA publiée en octobre 2015 nous apprend qu’une augmentation de l’accumulation de neige en Antarctique amorcée il y a 10 000 ans ajoute actuellement suffisamment de glace sur le continent pour compenser les pertes dues au recul des glaciers dans la partie occidentale du continent. L’étude remet en cause les conclusions d’autres études, notamment le rapport de 2013 du GIEC selon lequel l’Antarctique perd dans son ensemble de la glace terrestre.
Selon la nouvelle analyse des données satellitaires, la calotte glaciaire antarctique a enregistré un gain de 112 milliards de tonnes de glace par an de 1992 à 2001. Ce gain a ralenti pour atteindre 82 milliards de tonnes de glace par an entre 2003 et 2008. Le problème est que l’étude se termine avec l’année 2008 et ne nous informe pas sur ce qui s’est passé au cours de la dernière décennie!
Un glaciologue du Goddard Space Flight Center de la NASA a déclaré que les chercheurs étaient d’accord avec d’autres études qui montrent une augmentation du vêlage des glaciers dans la péninsule de l’Ouest antarctique, en particulier ceux de Thwaites et de Pine Island. Le principal désaccord concerne l’Antarctique oriental et l’intérieur de l’Antarctique occidental, où les scientifiques ont constaté un gain de glace supérieur aux pertes dans les autres régions.
De nos jours, les scientifiques calculent l’élévation et l’amincissement de la couche de glace à partir des variations de hauteur de la surface mesurés par les altimètres à bord des satellites. Dans les endroits où la quantité de neige apportée par de nouvelles chutes sur la couche de glace n’est pas égale à l’écoulement de la glace vers l’océan, la hauteur de la surface change et la masse de la couche de glace augmente ou diminue. L’étude a analysé l’évolution de la hauteur de la calotte glaciaire antarctique à partir des mesures effectuées par les altimètres radar de deux satellites de l’Agence Spatiale Européenne de 1992 à 2001, et par l’altimètre laser d’un satellite de la NASA entre 2003 et 2008.
L’étude indique qu’il ne faudra peut-être que quelques décennies pour que s’inverse la croissance observée par les chercheurs en Antarctique. Si les pertes de la Péninsule Antarctique et de certaines zones de l’Antarctique occidental continuent d’augmenter au même rythme qu’au cours des deux dernières décennies, elles rattraperont le gain de glace en Antarctique oriental dans 20 ou 30 ans. Au final, les chutes de neige ne seront pas plus suffisantes pour compenser ces pertes.

C’est exactement ce qui vient de se passer au cours des dix dernières années et qui n’est pas mentionné dans l’étude de la NASA qui arrête ses observations en 2008. On a confirmation de la perte de glace en Antarctique en lisant une étude de la National Academy of Sciences:
https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2019/01/19/la-fonte-de-lantarctique-suite-the-melting-of-antarctica-continued/

Source: NASA.

A noter qu’en février 2019, la NASA a annoncé qu’une cavité de la taille de l’île de Manhattan avait été découverte sous le glacier Thwaites, confirmant la fonte de ce glacier et le risque d’une hausse du niveau des océans. Le glacier possède suffisamment de glace pour faire monter à lui seul d’au moins 65 centimètres le niveau des océans. De plus, il retient les autres glaciers de l’Ouest antarctique. si tous ces glaciers – qui sont interconnectés – venaient à fondre, la NASA précise que le niveau des mers monterait de 2,40 mètres.

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Here is the kind of study you need to read very carefully as the observations which are described may not correspond with the latest reality.

A NASA study released in October 2015 informs us that an increase in Antarctic snow accumulation that began 10,000 years ago is currently adding enough ice to the continent to outweigh the increased losses from the thinning glaciers in the western part of the continent. The research challenges the conclusions of other studies, including the Intergovernmental Panel on Climate Change’s (IPCC) 2013 report, which says that Antarctica is overall losing land ice.

According to the new analysis of satellite data, the Antarctic ice sheet showed a net gain of 112 billion tons of ice a year from 1992 to 2001. That net gain slowed   to 82 billion tons of ice per year between 2003 and 2008. The problem is that the study stops with that year and does not inform us about what has been happening in the last decade!

A glaciologist with NASA Goddard Space Flight Center said that the researchers were essentially in agreement with other studies that show an increase in ice discharge in the Antarctic Peninsula and the Thwaites and Pine Island region of West Antarctica. The main disagreement concerns East Antarctica and the interior of West Antarctica where the scientists saw an ice gain that exceeds the losses in the other areas.

Scientists calculate how much the ice sheet is growing or shrinking from the changes in surface height that are measured by the satellite altimeters. In locations where the amount of new snowfall accumulating on an ice sheet is not equal to the ice flow downward and outward to the ocean, the surface height changes and the ice-sheet mass grows or shrinks. The study analyzed changes in the surface height of the Antarctic ice sheet measured by radar altimeters on two European Space Agency satellites, spanning from 1992 to 2001, and by the laser altimeter on a NASA satellite from 2003 to 2008.

The study says that it might only take a few decades for Antarctica’s growth to reverse. If the losses of the Antarctic Peninsula and parts of West Antarctica continue to increase at the same rate they have been increasing for the last two decades, the losses will catch up with the long-term gain in East Antarctica in 20 or 30 years. At last, there will not be enough snowfall increase to offset these losses.

This is what happened in the last ten years which are not mentioned in the NASA study but can be read in a National Academy of Sciences study:

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2019/01/19/la-fonte-de-lantarctique-suite-the-melting-of-antarctica-continued/

Source : NASA.

It should be remembered that in February 2019, NASA scientists discovered a huge cavity as large as Manhattan beneath the Thwaites Glacier, confirming the risk of a rise of the oceans. The glacier holds enough ice to raise the world ocean level at least 65 centimetres. Moreover, Thwaites backstops neighbouring glaciers – which are interconnected – that would raise sea levels an additional 2.4 metres if all the ice were lost.

Source: NOAA