2019 : une autre année catastrophique pour les émissions de CO2 // Another disastrous year for CO2 emissions

Les concentrations atmosphériques de CO2 à l’échelle de la planète ont sans surprise atteint des niveaux record en 2019, avec une moyenne annuelle de 411 parties par million (ppm). Comme je l’ai indiqué à l’époque, la barre des 415 ppm de CO2 a été franchie en mai, pour la première fois depuis le début des relevés par l’observatoire du Mauna Loa à Hawaii. A titre de comparaison, les premiers relevés de l’observatoire faisaient état d’une concentration de 315 ppm en 1958.

Les carottages réalisés dans les régions polaires permettent de mesurer à quel point les émissions anthropiques ont modifié la composition de l’atmosphère. En 2019, des scientifiques ont dévoilé l’analyse de la glace la plus ancienne jamais extraite en Antarctique, vieille de plus de 2 millions d’années. Ces archives glaciaires montrent une corrélation entre les niveaux de dioxyde de carbone et la température sur toute la période. L’analyse des carottes de glace tirées de l’Antarctique avait déjà permis de montrer que les niveaux de CO2 actuels étaient les plus importants des 800 000 dernières années. Le nouveau forage en Antarctique permet de dire que sur 2 millions d’années, la concentration de CO2 a varié entre 180 et 290 ppm.

Par contre, depuis la révolution industrielle au 18ème siècle, les émissions de CO2 liées aux activités humaines ont fait largement sortir de cette fourchette naturelle pour atteindre aujourd’hui plus de 410 ppm.

Les émissions anthropiques ne plafonnent pas alors qu’il faudrait une réduction considérable pour enrayer la hausse de la concentration de CO2. Des données préliminaires montrent que les émissions de CO2 d’origine fossile ont très probablement augmenté de 0,6% en 2019 pour atteindre un record de près de 37 milliards de tonnes. En 2019, les émissions de CO2 ont été tirées vers le haut par le gaz naturel et dans une moindre mesure, le pétrole. Malgré des baisses modestes des émissions aux Etats-Unis et dans l’Union européenne au cours des dix dernières années, la croissance des émissions en Chine, en Inde et dans la plupart des pays en voie de développement a dominé la tendance mondiale.

Après une interruption temporaire de la croissance de 2014 à 2016, 2019 est la troisième année consécutive marquée par une augmentation des émissions mondiales de CO2 : +1,5% en 2017, +2,1% en 2018 et la projection pour 2019 est de +0,6%. Les tendances concernant l’utilisation du gaz naturel et du pétrole dans le monde révèlent qu’une nouvelle augmentation des émissions n’est pas exclue en 2020. C’est ce qui ressort des données préliminaires publiées par le Global Carbon Project et relayées dans trois études publiées conjointement (Earth System Science Data, Environmental Research Letters et Nature Climate Change).

Le problème, comme l’a dit fort justement Nicolas Hulot avant de démissionner de sa fonction ministérielle, c’est que « de toute façon, tout le monde s’en fiche ! »

Source : global-climat, un excellent site qui donne régulièrement des informations sur l’état de notre planète.

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Global atmospheric CO2 concentrations unsurprisingly reached record levels in 2019, with an annual average of 411 parts per million (ppm). As I said at the time, the 415 ppm CO2 mark was crossed in May for the first time since the start of logging at the Mauna Loa Observatory in Hawaii. By way of comparison, the first observatory reports indicated a concentration of 315 ppm in 1958.
Cores in the polar regions measure how anthropogenic emissions have changed the composition of the atmosphere. In 2019, scientists unveiled the analysis of the oldest ice ever found in Antarctica, more than 2 million years old. These glacial records show a correlation between carbon dioxide levels and temperature over the entire period. Analysis of ice cores from the Antarctic had already shown that current CO2 levels were the highest in the past 800,000 years. The new drilling in Antarctica allows us to say that over the 2 million years, the CO2 concentration varied between 180 and 290 ppm.
Since the industrial revolution in the 18th century), CO2 emissions linked to human activities have therefore largely moved outside this natural range to reach today more than 410 ppm.
Anthropogenic emissions do not level off, whereas a considerable reduction would be necessary to halt the rise in the concentration of CO2. Preliminary data show that fossil-based CO2 emissions most likely increased by 0.6% in 2019 to a record close to 37 billion tonnes of CO2. In 2019, CO2 emissions were driven by natural gas and to a lesser extent, petroleum. Despite modest declines in emissions in the United States and the European Union over the past decade, growth in emissions in China, India and most developing countries has dominated the global trend.
After a temporary interruption in growth from 2014 to 2016, this is the third consecutive year marked by an increase in global CO2 emissions: + 1.5% in 2017, + 2.1% in 2018 and the projection for 2019 is + 0.6%. Trends in the global use of natural gas and oil suggest that a further increase in emissions is not excluded in 2020. This is evident from the preliminary data published by the Global Carbon Project and relayed in three published studies jointly (Earth System Science Data, Environmental Research Letters and Nature Climate Change).
The problem, as Nicolas Hulot rightly said before resigning from his ministerial position, is that « in any case, everyone doesn’t care!  »
Source: global-climat, an excellent website that regularly provides information on the state of our planet.

Concentrations de CO2 au sommet du Mauna Loa à la fin de l’année 2019 (Source : Scripps Institution of Oceanography)

Et en plus elle ment!

Dans une note diffusée le 26 décembre 2019 et intitulée « Ségolène Royal snobe le Conseil de l’Arctique »,  j’indiquais que l’ambassadrice chargée des négociations internationales pour les pôles Arctique et Antarctique était convoquée devant l’Assemblée Nationale pour donner des explications sur son absence à l’ensemble des réunions officielles du Conseil de l’Arctique. Il est bon de rappeler que le Conseil de l’Arctique est une instance intergouvernementale qui réunit 8 États membres, des organisations de peuples autochtones, des scientifiques et des pays observateurs comme la France. Certaines ont lieu tous les six mois, d’autres tous les deux ans.

Ségolène Royal a affirmé que son absence aux réunions du Conseil de l’Arctique ne posait pas de problème, et que son prédécesseur Michel Rocard ne s’y était rendu qu’une fois en sept ans. C’est faux ! Contrairement à ce qu’affirme Madame Royal, Michel Rocard, décédé en 2016, s’est bel et bien rendu trois fois aux réunions du Conseil de l’Arctique, en 2009, 2011 et 2013. Sa présence est mentionnée sur les listes d’émargement, accessibles en ligne sur le site du Conseil de l’Arctique.

L’absence de Ségolène Royal à ces réunions est fort regrettable. En effet, elle aurait pu faire entendre la voix de la France et s’opposer aux Etats Unis qui ne voulaient pas qu’il y ait dans le document final la moindre référence à la COP 21, au changement climatique ou aux 2°C. Un spécialiste des pôles a souligné que « la France avait un boulevard » pour « incarner un leadership climatique » et que cette occasion a été gâchée par l’absence de Madame Royal aux différentes réunions.

Source : France Info.

Vêlage spectaculaire en Antarctique // Dramatic calving in Antarctica

La plateforme glaciaire Amery en Antarctique oriental vient de libérer le plus grand iceberg jamais observé depuis plus de 50 ans. Le bloc qui s’est détaché couvre une superficie de 1 636 kilomètres carrés et a pour nom D28. En raison de sa grande taille, il devra faire l’objet d’une surveillance et d’un suivi car il pourrait constituer un danger pour la navigation. Les courants et les vents littoraux transporteront le bloc de glace vers l’ouest. Il faudra probablement plusieurs années pour qu’il se brise en plusieurs morceaux et fonde complètement. La plateforme Amery n’avait pas vêlé un aussi gros iceberg depuis le début des années 1960. Le dernier couvrait une superficie de 9 000 kilomètres carrés.
Par sa taille, Amery est la troisième plus grande plateforme glaciaire en Antarctique et représente un important chenal d’évacuation pour l’est du continent. En effet, elle est en grande partie le prolongement flottant d’un certain nombre de glaciers qui finissent leur course dans la mer. En envoyant des icebergs dans l’océan, ces rivières de glace maintiennent l’équilibre ; cela compense l’apport de neige en amont.
Les scientifiques avaient prédit ce vêlage. Un glaciologue avait dit qu’il se produirait entre 2010 et 2015. L’iceberg était une portion de la plateforme Amery connue sous le nom de « Loose Tooth » (Dent Branlante), en raison de sa ressemblance sur les images satellites avec la dentition d’un petit enfant. Mais bien que montrant des signes de fragilité, Loose Tooth est toujours restée attachée à la plateforme. C’est D28 qui s’en est détachée.
Bien que le vêlage soit spectaculaire, les glaciologues insistent sur le fait qu’il n’y a pas de lien entre cet événement et le changement climatique. Depuis les années 1990, les données satellitaires montrent qu’Amery est à peine en équilibre avec son environnement, malgré une forte fonte de sa surface en été. L’Australian Antarctic Division surveillera tout de même Amery de près pour voir comment la plateforme va réagir au vêlage. En effet, la perte d’un aussi gros iceberg peut modifier la géométrie des contraintes à l’avant de la plateforme. Cela pourrait influencer le comportement des fractures et même la stabilité de Loose Tooth.
On estime que le D28 a une épaisseur d’environ 210 mètres et contient environ 315 milliards de tonnes de glace.
Le nom provient d’un système de classification géré par le US National Ice Center, qui divise l’Antarctique en quadrants. Le quadrant D couvre les longitudes 90 degrés Est à zéro degré. D28 est bien moins imposante en taille que l’iceberg A68 qui s’est détaché de la plateforme Larsen C en 2017 (voir mes notes de janvier et juin 2017 à ce sujet).
Sources: BBC, CNN, Australian Antarctic Division.

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The Amery Ice Shelf in East Antarctica has just produced its biggest iceberg in more than 50 years. The calved block covers 1,636 square kilometres in area and is called D28. The scale of the iceberg means it will have to be monitored and tracked because it could in future pose a hazard to shipping. Nearshore currents and winds will carry the block of ice westwards. It will probably take several years for it to break apart and melt completely. Not since the early 1960s has Amery calved a bigger iceberg. The last one covered an area of 9,000 square kilometres.

Amery is the third largest ice shelf in Antarctica, and is a key drainage channel for the east of the continent. The shelf is essentially the floating extension of a number of glaciers that flow off the land into the sea. Losing bergs to the ocean is how these ice streams maintain equilibrium, balancing the input of snow upstream.

Scientists had predicted this calving. One glaciologist had said that it would occur sometime between 2010 and 2015. The iceberg was a segment of Amery that was known as « Loose Tooth » because of its resemblance in satellite images to the dentition of a small child. But although wobbly, Loose Tooth is still attached. It’s D28 that’s been extracted.

Elthough the calving is quite spectacular, glaciologists insist that there is no link between this event and climate change. Satellite data since the 1990s has shown that Amery is roughly in balance with its surroundings, despite experiencing strong surface melt in summer. The Australian Antarctic Division will however be watching Amery closely to see how it reacts to the calving. Indeed, the loss of such a big iceberg may change the stress geometry across the front of the ice shelf. This could influence the behaviour of cracks, and even the stability of Loose Tooth.

D28 is thought to be about 210 metres thick and contain some 315 billion tonnes of ice.

The name comes from a classification system run by the US National Ice Center, which divides the Antarctic into quadrants. The D quadrant covers the longitudes 90 degrees East to zero degrees. D28 is dwarfed by the mighty A68 iceberg, which broke away from the Larsen C Ice Shelf in 2017 (see my posts of January and June 2017 about this topic)

Sources : BBC, CNN, Australian Antarctic Division.

Le vêlage de la plateforme Amery vu par le satellite Sentinel-1 (Source: ESA)

La fonte de l’Antarctique et son impact sur la planète // The melting of Antarctica and its impact on the planet

Quelques jours avant la publication à Monaco du rapport de l’ONU sur les océans et les zones recouvertes de glace sur Terre, un professeur de l’Institut de recherche sur les impacts du climat de Potsdam en Allemagne, également spécialiste de l’Antarctique, avait expliqué lors d’une conférence de presse l’impact du changement climatique sur cette région la plus froide du monde.
Nous savons depuis longtemps que le destin des régions côtières et des centaines de millions de personnes qui les habitent dépend du comportement de la glace en Antarctique, et plus particulièrement de l’Antarctique occidental, dont la fonte pourrait faire s’élever le niveau des océans d’au moins trois mètres. . Selon les climatologues et les glaciologues, il ne s’agit pas de savoir « si » cela va se produire, mais « quand ».
Tout d’abord, il convient de rappeler que le réchauffement climatique n’affecte pas le Groenland et l’Antarctique de la même manière. En Antarctique, 99% de la perte de glace se produit lorsque la glace glisse dans l’océan. La glace ne fond pratiquement pas à la surface de ce continent. A côté de cela, au Groenland, la moitié de la perte de glace est due à la fonte de surface, avec l’eau qui se jette dans l’océan. Lorsque la glace en Antarctique ou au Groenland glisse dans l’océan et devient une plate-forme littorale, elle entre en contact avec les eaux de surface. Comme je l’explique dans ma conférence «Glaciers en Péril», une augmentation ne serait-ce que d’un dixième de degré de la température de l’eau peut entraîner un déséquilibre important de la calotte glaciaire. Celle du Groenland est beaucoup moins étendue qu’en Antarctique, mais elle perd aussi beaucoup plus de masse. C’est parce que l’Antarctique est beaucoup plus froid.
Notre connaissance de l’Antarctique a beaucoup évolué au cours des dernières années. Il y a dix ans, la modélisation de ce continent ne révélait aucune perte de glace significative au cours de ce siècle. Certains se demandaient même si la masse de glace de l’Antarctique n’était pas en train d’augmenter. Aujourd’hui, tous les modèles font état d’une perte importante de la banquise. La calotte glaciaire du continent a perdu environ 150 milliards de tonnes chaque année depuis 2005. La quasi-totalité de la perte a eu lieu en Antarctique occidental. La perte de glace s’accélère, que ce soit au Groenland ou en Antarctique. Il n’y a plus aucune d’ambiguïté à ce sujet. Les études en cours nous disent que l’Antarctique occidental a franchi un point de non retour. Il est devenu instable et déversera toutes ses glaces les plus vulnérables dans l’océan.
Une étude menée en 2014 estimait que l’Antarctique pourrait faire s’élever de 50 centimètres le niveau des océans d’ici 2100. La dernière évaluation du GIEC indique 16 centimètres comme la fourchette la plus haute. En 2016, une étude très fiable introduisant de nouveaux processus physiques a été publiée dans la revue Nature. Elle proposait une hausse plus importante allant jusqu’à plus d’un mètre. Cette étude a été très critiquée et les résultats devront peut-être être révisés.
En ce qui concerne l’avenir, si nous respectons l’Accord de Paris, au mieux, l’élévation du niveau de la mer ralentira. Si nous ne le respectons pas, le phénomène va encore s’accélérer d’ici la fin du siècle. Comme je l’ai expliqué dans des notes précédentes, la partie la plus vulnérable de la calotte glaciaire de l’Antarctique occidental – qui entraînerait une élévation de 3,5 mètres du niveau de la mer – se situe dans des dépressions au-dessous du niveau de la mer où l’eau de l’océan s’infiltre et vient saper la glace.
En ce qui concerne les effets de l’élévation du niveau de la mer sur les zones habitées, personne ne devrait craindre pour sa vie. Cependant, si New York se situe cinq mètres sous le niveau de la mer derrière des digues, il n’est pas certain que beaucoup de gens voudront y vivre. Selon le professeur de l’Institut de recherche de Potsdam, le véritable impact concerne les villes que nous allons perdre. Hong Kong est actuellement un symbole de la démocratie en Chine. La Nouvelle-Orléans est un bastion de la culture et New York un centre de culture et d’affaires. Nous allons également perdre Hambourg, Calcutta et Shanghai si nous n’arrêtons pas d’émettre des gaz à effet de serre dans l’atmosphère.
Source: Médias américains.

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A few days before the release in Monaco of the UN report on oceans and Earth’s frozen zones, a professor at the Potsdam Institute of Climate Impact Research in Germany and a top expert on Antarctica, had explained in a press conference how climate change is impacting the world’s coldest region.

We have known for a long time that the fate of the world’s coastal regions and the hundreds of millions of people who inhabit them depend on the behaviour of ice in Antarctica, and more particularly West Antarctica whose melting could lift global oceans by at least three metres. According to climatologists and glaciologists, this not a matter of « if » but « when. »

First of all, it should be remembered that global warming does not affect Greenland and Antarctica the same way. In Antarctica, 99 percent of all ice loss occurs when the ice slides into the ocean. There is practically no ice melt on the surface. On the other hand, in Greenland, half of the ice loss is due to melt water that runs into the ocean. When ice in Antarctica or Greenland slides into the ocean and becomes an ice shelf, it comes into contact with surface water. As I explain in my conference “Glaciers at Risk”, even a tenth of a degree increase in the temperature of the water can lead to a significant ice sheet imbalance. Greenland’s ice sheet is much smaller than Antarctica’s, but sheds even more mass. That is because Antarctica is so much colder.

Our knowledge of Antarctica has much changed in the past years. Ten years ago the modelling of Antarctica showed no significant ice loss within this century. Indeed, there was some debate as to whether the continent might add ice mass. Today, all the models show an ice sheet loss at a significant rate. The continent’s ice sheet has shed about 150 billion tonnes of mass every year since 2005, virtually all of it in West Antarctica. Ice loss in both Greenland and Antarctica is accelerating. There is no longer any ambiguity. The current studies tell us that West Antarctica has passed a tipping point. It has become unstable and will discharge all its most vulnerable ice into the ocean.

A 2014 study estimated that we could get 50 centimetres of sea level from Antarctica by 2100 The last assessment of the Intergovernmental Panel on Climate Change (IPCC) said 16 centimetres was the upward limit. In 2016 an important study introducing new physical processes was published in Nature. It proposed an even higher contribution, of up to more than a metre. That study has been much criticised, and the findings may be revised.

Concerning the future, if we keep to the Paris Agreement, sea level rise will at best slow down. If we don’t, it will still be accelerating at the end of the century. As I explained in previous posts, the most vulnerable part of the West Antarctic ice sheet – equivalent to 3.5 metres of sea level rise – sits in depressions below sea level, where ocean water infiltrates and erodes the ice sheet from underneath.

Concerning the effects of sea level rise on inhabited areas, nobody should fear for their life. However, if New York winds up five metres below sea level behind dikes and levees, it is not sure that people will want to live there. The real impact lies with the cities we will lose. Hong Kong is currently a beacon of democracy in China. New Orleans is a bastion of culture, and New York of culture and business. We are also going to lose Hamburg, Calcutta and Shanghai if we do not stop emitting greenhouse gases into the atmosphere.

Source : US news media.

Antactique de l’Ouest (Source: NOAA)

Le glacier Thwaites est sous haute surveillance car sa fonte ferait directement et indirectement monter le niveau des océans (Source: NOAA)

Le réchauffement climatique fait émerger de nouvelles terres // Global warming allows new lands to emerge

C’est une situation qui est amenée à se développer avec le réchauffement climatique et la fonte de la banquise et des glaciers. Le ministère de la Défense russe a annoncé le 27 août 2019 que la Russie possédait désormais cinq nouvelles îles suite à la fonte du glacier Nansen, une immense étendue de glace de 48 km de long sur 16 km de large. Ces nouvelles terres émergées de la glace, dont la surface varie entre 900 et 54 500 mètres carrés, se trouvent près de l’archipel de la Nouvelle-Zemble (Novaya Zemlya), entre la mer de Barents et la mer de Kara. Elles avaient été remarquées pour la première fois en 2016 sur des photos satellite. Depuis cette époque, des relevés topographiques ont été effectués et des photographies ont été prises afin de confirmer la découverte.

Avec l’accélération du réchauffement climatique ces dernières années, la fonte de l’Arctique a atteint des proportions inquiétantes. Avec 7,59 millions de km² en moyenne, jamais la superficie de la banquise arctique n’a été aussi faible au cours d’un mois de juillet depuis le début des observations satellitaires il y a 40 ans. En janvier, des chercheurs ont annoncé que des terres ensevelies depuis 40.000 ans sous la glace avaient été exposées à la surface pour la première fois au Canada. En février, la NASA alertait sur la fonte du glacier Thwaites en Antarctique, qui est miné par les eaux de plus en plus chaudes de l’océan.

La découverte des cinq îles a réjoui le gouvernement qui les ajoutera prochainement à la carte officielle de la Russie.

Source : Futura Sciences.

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This is a situation that is likely to become more and more frequent with global warming and the melting of the ice sheet and glaciers. The Russian Defense Ministry announced on August 27th, 2019 that Russia now has five new islands following the melting of the Nansen Glacier, a huge expanse of ice 48 km long and 16 km wide. These new lands, whose surface varies between 900 and 54,500 square metres, are near the archipelago of Novaya Zemlya, between the Barents Sea and the Kara Sea. They had been noticed for the first time in 2016 on satellite photos. Since that time, topographic surveys have been completed and photographs taken to confirm the discovery.
With the acceleration of global warming in recent years, the melting of the Arctic has reached alarming proportions. With an average of 7.59 million square kilometres, the Arctic sea ice extent has never been so low in the month of July since the onset of satellite observations 40 years ago. In January, researchers reported that land buried for 40,000 years under the ice had been exposed for the first time in Canada. In February, NASA alerted to the melting of the Thwaites Glacier in Antarctica, which is undermined by the increasingly warm waters of the ocean.
The discovery of the five islands was welcomed by the government that will soon add them to the official map of Russia.
Source: Futura Sciences.

Localisation des cinq nouvelles terres (Google Maps)

Le lac de lave du Mont Michael (Ile Saunders) // Mt Michael’s lava lake on Saunders Island

Dans une note publiée le 17 août 2019, j’indiquais qu’un nouveau lac de lave avait été détecté par des satellites dans le cratère du Mont Michael, un stratovolcan actif coiffé d’un glacier sur l’île Saunders, l’une des île Sandwich du Sud, un arc volcanique dans l’Atlantique sud. Le volcan se trouve à environ 2 500 km environ à l’est d’Ushuaia (Argentine) localité située à proximité de la pointe méridionale de l’Amérique du Sud.
Ce volcan insulaire se trouve à l’écart des voies maritimes et aériennes et il est souvent caché par de gros nuages. On aperçoit un panache de vapeur émanant du cratère sommital sur les images satellites et les rares images obtenues lors de survols effectués par le British Antarctic Survey. Ce panache est le signe d’une zone chaude au niveau du cratère, mais on ignore tout de l’activité de ce volcan.
Dans les anciens journaux de bord de navires, il est fait état de nuages de cendre en 1819 et une éruption a pu se produire vers la fin du 19ème et le début du 20ème siècle. Toutefois, les rapports d’activité du Mt Michael ont été très rares avant l’arrivée des satellites.
Dans les années 1990, l’image à la résolution grossière proposée par un satellite révélait une anomalie thermique susceptible d’être causée par un lac de lave temporaire, mais on n’en avait aucune certitude

Avec l’amélioration des satellites et la réduction de la taille des pixels sur les photos, on a obtenu une résolution d’image plus élevée et il est désormais possible de détecter de petites zones de forte chaleur, comme celles produites par les lacs de lave. Ainsi, grâce à la puissance des satellites et le nombre croissant d’observations, la présence d’un lac de lave sur le Mont Michael ne fait plus de doute.
Des chercheurs britanniques ont passé à la loupe plusieurs décennies d’images fournies par les satellites Landsat, Sentinel et ASTER. Elles confirment des températures persistantes supérieures à environ 1000°C, compatibles avec la présence de lave dans le cratère sommital du Mont Michael. De plus, la longévité des anomalies thermiques au cours des trois décennies d’observation laisse supposer que l’on a bien affaire à un lac de lave qui vient s’ajouter aux autres lacs de lave connus sur la Terre, même si très peu sont actifs en ce moment.
Le lac de lave au sommet du Mont Michael mesure environ 110 mètres de diamètre et couvre une superficie d’environ 10 000 mètres carrés. À titre de comparaison, le lac de lave dans Halema’uma’u avant sa disparition en mai 2018 avait un diamètre d’environ 300 mètres et couvrait un peu plus de 40 500 mètres carrés.
Source: USGS.

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In a post released on August 17th, 2019, I indicated that a new lava lake had been detected by satellites in the crater of Mount Michael, an active and exceedingly remote glacier-clad stratovolcano on Saunders Island in the South Sandwich Islands, a volcanic arc in the South Atlantic Ocean. The volcano is about 2,500 kilometres roughly east of Ushuaia, Argentina, near the southern tip of South America.

This island volcano is well-off the path of mariners and aircraft and is often obscured by heavy clouds. A vapour plume emanating from the crater at its summit is commonly visible in satellite images and rare fly-overs by the British Antarctic Survey. This plume and a generally hot area coincident with its summit crater have long suggested high heat flow at the summit, but little is known about the full extent of the volcano’s activity.

Looking back in history at ship logs, ash clouds were reported in 1819, and a lava eruption may have occurred near the end of the 19th and beginning of the 20th centuries. Overall, due to the island’s location, records of activity until the age of satellites are scant.

In the 1990s, a coarse-resolution satellite thermal anomaly further indicated a source of high heat that could have been a temporary lava lake, but it was not conclusive.

As satellites have become more sophisticated and the pixel size smaller – resulting in higher image resolution – finding small areas of high heat flux like a lava lake has become easier. And so, using the power of satellites and the increasing number of observations, the question of a lava lake at Mount Michael appears to be resolved.

British researchers looked at decades worth of imagery of this volcano from three different satellites: Landsat, Sentinel and ASTER. They were able to confirm persistent temperatures greater than about 1000°C, consistent with a pool of lava at the surface within the summit crater. They further argue that the longevity of satellite thermal anomalies and plumes over the three decades of observation suggests a long-lived lava lake. With this confirmation, it adds to the inventory of known persistent lava lakes on Earth, although very few are active at the moment.

The Mount Michael summit lava lake is about 110 metres wide covering an area of about 10,000 square metres. As a comparison, the lava lake within Halema‘uma‘u prior to its draining in May of 2018 was about 300 metres across covering just over 40,500 square metres.

Source: USGS.

Image de l’île Saunders et du lac de lave dans le cratère du Mont Michael fournie par le satellite Landsat 8 le 31 janvier 2018. La carte en encart montre la situation géographique de l’île Saunders. (Source: British Antarctic Survey)

Landsat 8 satellite image of Saunders Island and the lava lake within the crater of Mount Michael (image acquired on January 31st, 2018). Inset map shows the location of Saunders Island. (Source: British Antarctic Survey)

Avril 2019 encore trop chaud ! // April 2019 still too hot !

On attend les statistiques de la NASA, mais les centres de prévisions NCEP-NCAR indiquent qu’avec + 0,638°C au-dessus de la moyenne 1981-2010, le mois d’avril 2019 se classe au 2ème rang depuis 1948, date du début des relevés NCEP-NCAR. L’année 2019 est également à la deuxième place derrière 2016 pour le moment.

Comme en février et en mars, la moyenne globale élevée est en partie due aux Tropiques (notamment au Vietnam et en Thaïlande), mais aussi aux régions polaires (Antarctique et Arctique). En Scandinavie, Helsinki a franchi les 12°C en moyenne sur la journée du 19 avril 2019, ce qui n’était jamais arrivé aussi tôt depuis 1882.  L’Arctique a signé un record de la plus faible extension de glace de mer pour un mois d’avril.

Source : global-climat.

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NASA statistics are still to come, but the NCEP-NCAR forecast centers indicate that with +0.638°C above the 1981-2010 average, April 2019 ranks second since 1948, the beginning of NCEP-NCAR surveys. The year 2019 is also in second place behind 2016 at the moment.
As in February and March, the high global average is partly due to the tropics (notably Vietnam and Thailand), but also to the polar regions (Antarctic and Arctic). In Scandinavia, Helsinki averaged 12°C on April 19th 2019, which had never happened so early since 1882. The Arctic has set a record for the lowest sea ice April.
Source: global-climat.

Sale temps pour la glace de mer (Photo: C. Grandpey)