Ambae (Vanuatu): impact de l’éruption de 2017-2018 // Impact of the 2017-2018 eruption

Le dernier article « Volcano Watch » publié par l’Observatoire des Volcans d’Hawaii (HVO) est consacré aux volcans d’Ambae au Vanuatu. Au début, l’article nous rappelle que le Pacifique abrite des dizaines de systèmes volcaniques actifs. La plupart des volcans boucliers basaltiques du Pacifique sont liés aux points chauds qui ont façonné les îles hawaïennes et de nombreuses chaînes d’îles polynésiennes et micronésiennes. Ces volcans boucliers volumineux issus de points chauds ont été pour la plupart édifiés par des éruptions effusives, périodiquement interrompues par des cycles d’activité explosive. Il existe d’autres grands volcans boucliers le long des zones de subduction bordant l’Océan Pacifique, mais ils peuvent se comporter très différemment du Kilauea et du Mauna Loa à Hawaii.
L’île d’Ambae est un grand volcan bouclier basaltique situé le long de la zone de subduction entre les Fidji et la Papouasie-Nouvelle-Guinée dans le Pacifique Sud. Depuis 1995, Ambae a connu plusieurs épisodes explosifs. Ambae a l’aspect d’ une version miniature du Mauna Loa. L’île mesure 14 km de large et 39 km de long avec des pentes douces et une végétation dense. Comme le Mauna Loa, le sommet a un grand cratère et plusieurs autres plus petits.
Les cratères d’Ambae sont remplis d’eau à la couleur vive qui sont le signe d’un système profond d’eaux souterraines à haute température et riches en soufre. À Ambae, ce sont ces grands lacs de cratère et les eaux souterraines qui contribuent aux éruptions phréatiques ou phréatomagmatiques.
Ambae a connu deux forts épisodes d’éruptions explosives modérées et parfois violentes en 2017-2018 qui ont fait suite à une activité mineure au cours de la décennie précédente. Le premier épisode s’est produit en octobre 2017 et a recouvert l’île de cendres, avec des gaz et des pluies acides qui ont causé des dégâts aux cultures, ainsi qu’une pollution de l’eau et des problèmes respiratoires. Ces impacts, aggravés par un manque de nouvelles précipitations pour remplacer l’eau potable qui avait été polluée, ont entraîné l’évacuation d’environ 11 000 habitants. L’activité éruptive a diminué peu de temps après, ce qui a permis à la population locale de revenir sur l’île vers le début de l’année suivante.
L’activité éruptive au Vanuatu est surveillée par le Département de météorologie et de géorisques [GeoHazards] du Vanuatu (VMGD) à l’aide de données sismiques et de visites périodiques sur le terrain par des volcanologues. Après le premier épisode éruptif, une activité volcanique de faible intensité s’est poursuivie avec de petites émissions de gaz et de cendres. A la saison des pluies d’octobre à avril, les cendres remobilisées se sont transformées en lahars.
En juillet et août 2018, le VMGD et une équipe de chercheurs basée en Nouvelle-Zélande sont arrivés à Ambae pour collecter des échantillons de cendres et d’eau, acquérir des données sismiques et acoustiques et documenter les impacts des éruptions. Au moment où les scientifiques se trouvaient sur place, ils ont été confrontés à des éruptions explosives de plus en plus nombreuses. La plus importante a généré des panaches de cendres à plus de 9100 mètres au-dessus du niveau de la mer, ce qui a affecté le trafic aérien du Pacifique Sud.
Le réseau sismique-acoustique nouvellement déployé a enregistré la majeure partie de la deuxième phase de l’éruption et ces données ont ensuite été analysées par des chercheurs de Nouvelle-Zélande, du Vanuatu et des États-Unis. Les données ont montré en détail le moment et la taille des explosions. Elles montrent non seulement l’activité sismique provoquée par l’éruption, mais aussi les sons émis par le volcan. À l’heure actuelle, la surveillance au Vanuatu est effectuée par l’intermédiaire de l’observation en temps réel des données sismiques transmises au centre de surveillance à distance de Port Vila, la capitale. L’observation acoustique des volcans du Vanuatu n’en est qu’à ses débuts, mais le déploiement temporaire des instruments illustre l’intérêt de ces données à des fins de surveillance.
La nouvelle phase éruptive a entraîné la deuxième évacuation complète d’Ambae en août 2018. Toutefois, alors que l’éruption de 2018 sur l’île d’Hawaï a attiré l’attention du monde entier, l’éruption d’Ambae a eu un impact mondial plus important en raison de l’énorme quantité de gaz émis. Heureusement, l’éruption s’est terminée plus tard dans l’année et les habitants d’Ambae ont pu rentrer chez eux en toute sécurité. Fin septembre 2019, les scientifiques sont retournés à Ambae pour récupérer les stations sismiques et acoustiques temporaires. Les agriculteurs d’Ambae, qui étaient revenus plus tôt dans l’année, ont signalé des récoltes abondantes, peut-être en raison des sols enrichis par les dernières retombées de cendres.
Source : USGS/HVO.

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The latest « Volcano Watch » article released by the Hawaiian Volcano Observatory (HVO) is dedicated to the volcanoes of Ambae in Vanuatu. To begin with, the article reminds us that the Pacific is home to dozens of active volcanic systems. Most basaltic shield volcanoes in the Pacific are related to the hotspots that created the Hawaiian Islands and many of the Polynesian and Micronesian island chains. These massive hotspot shield volcanoes are built largely by eruptions of lava that are periodically interrupted by cycles of explosive activity. There are other large shield volcanoes found along subduction zones rimming the Pacific Ocean, but they can behave very differently from Kilauea and Mauna Loa.

The island of Ambae is a large basaltic shield volcano that lies along the subduction zone between Fiji and Papua New Guinea in the South Pacific. Since 1995, Ambae has experienced several explosive episodes. Ambae looks like a smaller version of Mauna Loa. The island is14 km wide and 39 km across with gentle slopes and dense vegetation. Like Mauna Loa, the summit has more than one large crater.

The craters at Ambae are filled with colorful lake water which testifies to a deep system of heated, sulfur-rich groundwater beneath the summit. At Ambae, these large crater lakes and associated groundwater contribute to phreatic or phreatomagmatic eruptions.

Ambae had two strong episodes of moderate to large explosive eruptions in 2017–2018 after mostly minor activity during the previous decade. The first episode occurred in October 2017 and covered the island with ash, gas, and acid rain causing crop damage, water pollution, and respiratory problems. These impacts, compounded by a lack of new rainfall to replace affected drinking water, forced the evacuation of about 11,000 residents. Eruptive activity waned shortly after, which prompted the local population to begin to return to the island around the start of the new year.

Eruptions and their impacts in Vanuatu are monitored by the Vanuatu Meteorology and Geohazards Department (VMGD) using transmitted seismograph data and periodic island site visits by volcano scientists. After the first episode, low-level volcanic activity continued with minor gas and ash discharge from the volcano. Remobilized ash also turned into mudflow lahars throughout the rainy season, from October to April.

In July and August 2018, VMGD and a New Zealand-based research team arrived at Ambae to collect ash and water samples, acquire seismograph and acoustic data, and document the impacts of the eruptions. By coincidence, the field teams and local residents were met by new and increasing explosive eruptions. The largest of these eruptions produced ash plumes over 9,100 meters above sea level which affected South Pacific air traffic.

The newly deployed seismic-acoustic array captured most of the second phase of eruption and these data were subsequently analyzed by researchers from New Zealand, Vanuatu, and the United States. The data showed in detail the timing and size of explosions on the volcano. They show not only the ground shaking from the eruption but also the sounds of the volcano. At present, monitoring in Vanuatu is conducted by real-time observation of transmitted seismic data to the remote monitoring center in the capital of Port Vila. Acoustic observation of Vanuatu volcanoes is in its infancy, but the temporary deployment illustrates the value of such data for monitoring purposes.

The new eruption phase ultimately forced the second full evacuation of Ambae in August 2018. Interestingly, while the 2018 eruption on the Island of Hawaii received global attention, the Ambae eruption had a larger global impact due to the huge amount of gas released. Fortunately, the eruption ended later that year and local Ambae residents were able to return safely to their homes. In late September 2019, scientists returned to Ambae to remove the temporary seismic and acoustic stations. Local farmers, who had returned earlier in the year reported abundant crops, possibly a result of the newly rejuvenated ash-rich soils.

Source: USGS / HVO.

Archipel du Vanuatu et modélisation de l’île d’Ambae (Source: Wikipedia)

Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques nouvelles de l’activité volcanique dans le monde. La situation est restée relativement calme ces derniers jours.

Le Kavachi est l’un des volcans sous-marins les plus actifs dans le sud-ouest de l’Océan Pacifique. Situé au sud de l’île de Vangunu dans les îles Salomon, le volcan a percé la surface de l’océan au moins huit fois depuis sa première éruption en 1939, avant de disparaître sous l’action des vagues.
Dans son dernier rapport, le Global Volcanism Program de la Smithsonian Institution indique que les données satellitaires montrent une décoloration de l’eau de mer autour du Kavachi depuis janvier 2020. Les zones décolorées  à la surface de l’océan sont devenues plus fréquentes et plus denses et s’étirent sur de plus longues distances. Le 25 avril, une image satellite a montré une zone décolorée d’environ 15 km de long pour une surface d’environ 30 kilomètres carrés. Une zone circulaire d’eau marron d’environ 50 000 mètres carrés trahissait probablement l’emplacement de la bouche active à l’origine de la décoloration de l’océan. Une image acquise le 30 avril montre un mince ruban d’eau décolorée s’étendant à environ 50 km à l’ouest de Kavachi.

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L’activité éruptive se poursuit sur le Semeru (Indonésie). Les explosions génèrent des panaches de cendres denses qui s’élèvent à 100-400 m au-dessus du sommet. Des matériaux incandescents se détachent des extrémités des coulées de lave et descendent  sur environ 1 km dans les ravines Kembar et Kobokan (sur le flanc sud) où elle atteignent une distance de 2 km du cratère. Le niveau d’alerte reste à 2 (sur une échelle de 1 à 4), et il est rappelé au public de rester en dehors d’un rayon de 1 km du sommet et de 4 km sur le flanc SSE.
Source: CVGHM.

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Les émissions de gaz et de cendres se poursuivent sur le Yasur (Vanuatu). Certaines explosions peuvent être intenses et projeter des bombes à l’extérieur du cratère. Les données sismiques indiquent une diminution de l’activité par rapport au mois de mars. Le niveau d’alerte reste à 2 (sur une échelle de 0 à 4). Le rayon de la zone d’exclusion a été étendu à 600 mètres à la mi-mars et reste en vigueur.
Source: GeoHazards.

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L’eau du lac de cratère du Ruapehu (Nouvelle-Zélande) montre actuellement une tendance au refroidissement. La température de l’eau est de 35°C. Entre février à avril, elle avait atteint 42°C. L’intensité du tremor volcanique a augmenté au début du mois de mars, avant de décliner, pratiquement en même temps que le refroidissement de l’eau du lac. Le niveau d’alerte volcanique reste à 1 et la couleur de l’alerte aérienne reste au Vert.
Source: GeoNet.

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Here is some news of volcanic activity around the world. The situation has been relatively quiet during the past days.

Kavachi is one of the most active submarine volcanoes in the south-west Pacific Ocean. Located south of Vangunu Island in the Solomon Islands, the volcano has become emergent and then been eroded back into the sea at least eight times since its first recorded eruption in 1939.

In its latest report, the Smithsonian Institution’s Global Volcanism Program indicates that satellite data have shown discoloured water around Kavachi since January 2020. The discoloured plumes became more frequent, dense, and stretched for longer distances. On April 25th, a satellite image showed a plume in the water that was about 15 km long and spread over about 30 square kilometres. A small brown circle about 50,000 square metres in area indicated the presence of material over the likely vent location. An image acquired on April 30th showed a thin ribbon of discoloured water extending about 50 km W of Kavachi.

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Eruptive activity continues at Semeru (Indonesia). The explosions produce dense ash plumes that rise 100-400 m above the summit. Incandescent material from the ends of lava flows descend 1 km in the Kembar and Kobokan drainages (on the S flank), reaching a maximum distance of 2 km from the crater. The Alert Level remains at 2 (on a scale of 1-4), and the public is reminded to stay outside a 1-km radius from the summit and 4 km on the SSE flank.

Source : CVGHM.

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Gas-and-ash emissions are continuing at Yasur Volcano (Vanuatu). Some explosions can be intense and eject bombs outside the summit crater. Data from the seismic network indicate a decrease in activity as compared to March data. The Alert Level remains at 2 (on a scale of 0-4). The radius of the permanent exclusion zone had been extended to 600 m in mid-March and is still in effect.

Source : GeoHazards.

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A cooling trend is currently observed in the water of the crater lake of Ruapehu (New Zealand). The water temperature is 35°C. During February-April the water temperature had peaked at 42°C. The intensity of the volcanic tremor increased in early March and later declined, almost in conjunction with the lake water cooling trend. The Volcanic Alert Level remains at 1 and the Aviation Color Code is kept remained at Green.

Source: GeoNet.

Lac de cratère du Ruapehu (Photo: C. Grandpey)

Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques informations sur l’activité volcanique dans le monde :

Des notes spéciales seront dédiées à l’éruption du Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion).

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Les données sismiques, infrasonores et satellitaires des deux dernières semaines n’ont montré aucun signe d’activité éruptive sur le Semisopochnoi (Aléoutiennes / Alaska). Un épais panache de vapeur et un lac de cratère ont été observés sur les images satellites, mais aucun dépôt de cendre récent n’a été détecté. Bien que l’activité sismique reste supérieure à la normale, on ne semble pas se diriger vers une éruption à court terme. C’est pourquoi l’AVO a abaissé la couleur de l’alerte aérienne au Jaune et le niveau d’alerte volcanique çà « Advisory » (Surveillance conseillée). L’activité explosive est susceptible de reprendre sans prévenir.

Source: AVO.

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Comme je l’ai écrit précédemment, la sismicité est restée élevée ces derniers jours dans la Péninsule de Reykjanes (Islande). L’IMO explique que c’est la crise sismique la plus intense jamais enregistrée dans cette partie de l’Islande depuis le début de la surveillance numérique en 1991. La sismicité s’est concentrée dans trois secteurs principaux : Eldey, Reykjanes-Svartsengi et Krýsuvík. Une inflation a persisté dans la région du Mt Thorbjorn où elle atteint environ 70 à 80 mm depuis le début du phénomène. Cependant, la récente déformation du sol est inférieure à celle de janvier et février. Il semble que le dernier épisode d’inflation ait été causé par une deuxième intrusion magmatique à une profondeur de 3 à 4 km, dans une zone à l’ouest du Mt Thorbjorn, proche du lieu où a été détectée l’intrusion au début de l’année.
Source: OMI.

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Le Semeru (Indonésie) reste bien actif. Des matériaux incandescents sont éjectés à une vingtaine de mètres au-dessus du cratère. Des blocs incandescents se détachent des fronts de coulées de lave et dévalent jusqu’à 200-750 m du cratère. Le niveau d’alerte reste à 2 (sur une échelle de 1 à 4) et il est rappelé au public de rester en dehors d’un rayon de 1 km du sommet et de 4 km sur le flanc SSE.
Source: CVGHM.

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La lave continue de s’échapper du cratère principal du Karangetang (Indonésie) et parcourt 1,8 km dans trois ravines sur les flancs SO et O du volcan. L’incandescence des deux cratères sommitaux est visible la nuit. Le niveau d’alerte reste à 2 (sur une échelle de 1 à 4).
Source: CVGHM.

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Un épisode éruptif sur le Merapi (Indonésie) a été décrit sur ce blog le 27 mars 2020.

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J’ai décrit l’activation du Stromboli (Sicile) dans deux notes publiées les 29 et 31 mars 2020. Au vu des images de la webcam INGV, il semble que l’activité effusive le long de la Sciara del Fuoco soit en déclin, mais de fortes explosions stromboliennes peuvent encore se produire au sommet du volcan.

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L’activité du Yasur (Vanuatu) est soutenue ces jours-ci, avec des émissions de cendres et / ou de gaz. Le niveau d’alerte reste à 2 (sur une échelle de 0-4). La populations et les visiteurs sont priés de se tenir à l’écart de la zone d’exclusion permanente de 395 mètres de rayon.  Source: GeoHazards.

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Here is some news about volcanic activity around the world:

Special posts will be dedicated to the eruption of Piton de la Fournaise (Reunion Island)

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Seismic, infrasound, and satellite data over the past two weeks have shown no signs of eruptive activity at Semisopochnoi (Aleutians / Alaska). A robust steam plume and a crater lake have been seen in satellite images, but no recent ash deposits. Although seismic activity remains above background level, it does not appear to be increasing towards an eruption in the short-term. Thus, AVO has lowered the aviation colour code to Yellow and the volcano alert level to Advisory. Explosive activity could resume with little or no warning.

Source: AVO.

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As I put it before, seismicity has been elevated in the past days on the Reykjanes Peninsula (Iceland). IMO explains this period of unrest was the largest seismic crisis ever recorded in this part of the country since digital monitoring started in 1991.The seismicity occurred across three main volcanic systems: Eldey, Reykjanes-Svartsengi, and Krýsuvík. Uplift continued to be detected in the Thorbjorn area, totalling about 70-80 mm. However, the deformation rate was lower than in January and February. It looks as if the recent inflation was caused by a second magmatic intrusion at a depth of 3-4 km in an area W of Thorbjorn, close to the intrusion that occurred at the beginning of the year.

Source: IMO.

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Semeru (Indonesia) is quite active. Incandescent material is ejected 20 m above the crater. Incandescent material detaching from lava flow fronts descends 200-750 m from the crater. The alert level remains at 2 (on a scale of 1-4), and the public is reminded to stay outside the 1-km radius from the summit and 4 km on the SSE flank.

Source: CVGHM.

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Lava continues to effuse from Karangetang’s Main Crater (Indonesia) and travels as far as 1.8 km down three drainages on the SW and W flanks. Incandescence from both summit craters is visible at night. The alert level remains at 2 (on a scale of 1-4).

Source: CVGHM.

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An eruptive episode on Mt Merapi (Indonesia) was described on this blog on March 27th, 2020.

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I described the activity at Stromboli (Sicily) in two posts released on March 29th and 31st. Judging from the INGV webcam images, it seems effusive activity along the Sciara del Fuoco is decreasing, but powerful strombolian events may still occur at the summit of the volcano.

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Activity at Yasur (Vanuatu) is elevated these days, with ash and/or gas emissions. The alert level remains at 2 (on a scale of 0-4). Residents and visitors are askes to keep out of the 395-m-radius permanent exclusion zone.

Source: GeoHazards.

L’éruption du Piton de la Fournaise le 2 avril 2020

(Crédit photo: SAG/PGHM)

Volcans du monde // Volcanoes of the world

En raison d’une augmentation de la sismicité, le niveau d’alerte du Colima (Mexique) est passé de Vert à Jaune le 26 avril 2019. Une zone d’exclusion de 8 km a été établie autour du cratère.
Le CENAPRED explique que des explosions modérées pourraient se produire, accompagnées d’une croissance du dôme et de possibles coulées de lave.
Le dernier épisode éruptif du Colima a débuté dans le cratère sommital le 6 janvier 2013 et s’est arrêté le 7 mars 2017. Il avait un indice d’explosivité volcanique (VEI) de 2.
Source: CENAPRED.

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Toujours au Mexique, le Popocatepetl continue d’émettre des nuages de vapeur et de gaz. Des épisodes de tremor de faible amplitude sont parfois enregistrés. La nuit, une légère incandescence est observée au-dessus du cratère. Le 26 avril, un survol a révélé qu’aucun dôme n’était présent au fond du cratère interne (voir la photo ci-dessous).
Le CENAPRED indique avec insistance qu’il ne faut pas essayer de s’approcher du volcan et surtout du cratère. En cas de fortes pluies, il est recommandé de quitter le fond des ravins en raison des risques de glissements de terrain et de lahars.
Le niveau d’alerte est maintenu à la couleur Jaune Phase 3.

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Le HVO a enregistré un séisme de magnitude 4,2 le 27 avril 2019 à 17 h 26. (heure locale) sur la Grande Ile d’Hawaii. L’événement a été localisé à environ 20 km au sud-est de Volcano, à une profondeur de 6 km. Ce séisme fait partie des ajustements qui se poursuivent sous le flanc sud du Kilauea à la suite du séisme de M 6,9 survenu le 4 mai 2018.
Vingt secondes avant le séisme de M 4.2, un autre événement de M 1.6 s’est produit en profondeur sous la zone de rift sud-ouest du Kilauea. Il a créé une confusion sur la localisation du séisme de plus grande magnitude.
Des secousses très faibles à faibles, avec une intensité maximale de IV sur l’échelle de Mercalli, ont été signalées, principalement dans la partie orientale de l’île d’Hawaii ; quelques autres ont été signalées du côté ouest.
Les différents séismes n’ont provoqué aucun changement d’activité détectable sur les volcans Kilauea ou Mauna Loa. Aucun tsunami n’a été signalé..
Source: USGS / HVO.

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Au Pérou, l’activité du Sabancaya reste relativement stable avec une dizaine d’explosions quotidiennes. Elles génèrent des panaches de cendre qui montent jusqu’à 1700 mètres au-dessus du cratère. On observe actuellement une légère inflation de l’édifice volcanique. Les émissions de SO2 atteignaient 4020 tonnes le 27 avril 2019.

Source : INGEMMET, IGP.

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Des éruptions mineures sont toujours observées sur le Mont Agung (Indonésie). L’une d’elles s’est produite dans la soirée du 29 avril 2019. Elle a duré environ 2 minutes avec un panache de cendres qui est monté jusqu’à 4,6 km au dessus du niveau de la mer. Des retombées de cendres ont été signalées dans les villages environnants. L’aéroport international de Bali a continué de fonctionner normalement.
Le niveau d’alerte de l’Agung reste à 3 (sur une échelle de 1 à 4) avec une zone d’exclusion de 4 km.
Comme je l’ai écrit précédemment, les dernières photos de l’intérieur du cratère montrent que le dôme n’a pas grandi de manière significative au cours des derniers mois. Cela signifie qu’il y a actuellement peu de risque de débordements, d’effondrements et de coulées pyroclastiques.

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On enregistre une forte hausse de la sismicité ces jours-ci aux Philippines. Un essaim sismique est actuellement sous surveillance au large de Surigao del Norte. Il a commencé avec un événement M 5.5 le 26 avril 2019 et on a continué à enregistrer des séismes d’intensité faible à modérée. Le 30 avril, le réseau sismique des Philippines avait enregistré 728 événements d’une magnitude comprise entre M 1,5 et M 5,5, tous dans le même secteur. Ces événements sont provoqués par la subduction de la plaque tectonique de la Mer des Philippines le long de la Fosse des Philippines. Le réseau sismique philippin indique que l’activité sismique actuelle peut déboucher sur deux scénarios: elle peut continuer sans variation significative et décliner dans les prochains jours, ou bien conduire à un séisme plus important.

Au moins 16 personnes sont mortes après que deux séismes majeurs le 23 avril 2019. 81 personnes ont été blessées et 14 autres sont portées disparues. Le 22 avril dans l’après-midi, un séisme de magnitude M 6,3, à une profondeur de 86 km, a été enregistré sur l’île de Samar, au centre des Philippines. Aucune alerte tsunami n’a été émise. Quelque 29 structures ont été endommagées. L’électricité a été coupée dans certaines régions du Samar oriental.
Source: Journaux philippins.

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Voici un site Internet intéressant qui montre le Marum et le Benbow (Vanuatu) avant et après la disparition des lacs de lave. On voit également les profondes fractures qui parcourent la région.

https://extreme-pursuit.com/2019/03/30/ambrym-islands-famed-lava-lakes-lost/

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Dans un communiqué diffusé dans l’après-midi du 1er mai 2019, l’INGV indique qu’une activité strombolienne de faible intensité mais en hausse a débuté dans la bouche BN-1 de la Bocca Nuova de l’Etna. Les guides ont fait état de retombées de matériaux produits par les explosions à proximité de la lèvre du cratère. Les conditions météo ne permettent pas de bonnes conditions d’observations avec les caméras de surveillance. Toutefois, le tremor ne montre pas de variations significatives.

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Le dernier bulletin de l’OVPF montre que tout est calme en ce moment sur le Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion). Contrairement à ce que le penaient et l’espéraient certains, il ne devrait donc pas y avoir d’éruption dans le court terme. Depuis la fin de la dernière éruption (18 février – 10 mars 2019), une sismicité superficielle est toujours enregistrée, avec en moyenne 6 événements par jour au cours du mois d’avril. En parallèle, 4 séismes profonds ont également été enregistrés au cours de ce même mois.

La reprise de l’inflation de l’édifice qui a fait suite à la dernière éruption s’est arrêtée fin mars.

Les concentrations de CO2 dans le sol sont stables sur des valeurs intermédiaires.

Les concentrations de SO2 dans l’air dans l’Enclos Fouqué sont proches ou en dessous du seuil de détection

Dans son bilan pour le mois d’avril, l’OVPF explique que « la réalimentation profonde en magma et la pressurisation du réservoir magmatique superficiel qui avaient repris suite à

la dernière éruption semblent avoir cessé depuis début avril. A noter que depuis 2016, les réalimentations profondes sous le Piton de la Fournaise se font par impulsions. De telles phases d’accalmie dans les déformations et la sismicité ont déjà été observées à plusieurs reprises en 2016, 2017 et 2018 sur des périodes allant de 15 à 80 jours environ. »

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Due to an increase in seismicity, the alert level of Colima (Mexico) was raised from Green to Yellow on April 26th, 2019. An exclusion zone has been established 8 km around the crater.

CENAPRED explains that moderate explosions could occur, accompanied by a dome growth and possible lava flows.

Colima’s last eruptive episode started at the summit crater on January 6th, 2013 and stopped on March 7th, 2017. It had a Volcanic Explosivity Index (VEI) of 2.

Source: CENAPRED.

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Still in Mexico, Popocatepetl keeps emitting steam and gas clouds. Episodes of low-amplitude tremor are sometimes recorded. At night, slight incandescence is observed above the crater. On April 26th, an overflight revealed that no dome is currently present at the bottom of the inner crater (see photo below).
CENAPRED emphasizes that people SHOULD NOT go near the volcano, especially near the crater, and in case of heavy rains leave the bottoms of ravines by the danger of landslides and lahars.
The alert level is kept at Yellow Phase 3.

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HVO recorded an M 4.2 earthquake on April 27th, 2019, at 5:26 p.m. (local time) on Hawaii Big Island. The event was located about 20 km southeast of Volcano, at a depth of 6 km. This earthquake is part of the continuing adjustments beneath the south flank of Kilauea following the M 6.9 earthquake that occurred on May 4th, 2018.

Twenty seconds before the M 4.2 earthquake, a M 1.6 quake occurred deep beneath Kilauea Volcano’s Southwest Rift Zone, causing some initial confusion about the larger earthquake’s location.

Weak to light shaking, with a maximum Intensity of IV on the Mercalli Intensity Scale, has been reported primarily in East Hawaiʻi, with a few reports from West Hawaii.

The earthquakes have caused no detectable changes in activity at either Kilauea or Mauna Loa volcanoes. No tsunami was generated by the earthquake.

Source: USGS / HVO.

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In Peru, the activity of Sabancaya remains relatively stable with a dozen daily explosions. They generate ash plumes that rise up to 1700 metres above the crater. There is currently a slight inflation of the volcanic edifice. SO2 emissions reached 4020 tonnes on April 27th, 2019.
Source: INGEMMET, IGP.

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Small-scale eruptions are still observed on Mt Agung (Indonesia). One of them occurred in the evening of April 29th, 2019. It lasted about 2 minutes with an ash plume up to 4.6 km above sea level. Some ashfall was reported in the surrounding villages. Bali international airport kept functioning normally.

The Alert Level for Agung remains at 3 (on a scale of 1 – 4) with a 4-km exclusion zone.

As I put it previously, the last photos of the interior of the crater show that the dome has not grown significantly during the past months. This means that there is currently little risk of overflows, collapses and pyroclastic flows.

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Seismicity is quite high these days in the Philippines. A series of earthquakes is currently being monitored offshore Surigao del Norte. It started with an M 5.5 event on 26 April 2019 and has continued to generate small- to moderate-size earthquakes. On 30 April, the Philippine Seismic Network had recorded 728 events with magnitudes ranging between 1.5-5.5, clustering in the same area. These events are associated with the ongoing subduction of the Philippine Sea Plate along the Philippine Trench. The Philippine Seismic Network indicates that at this early stage, the current earthquake activity may indicate two scenarios: it may continue with its present activity and eventually wane in the next few days, or this may culminate to a larger earthquake.

At least 16 people have died after the Philippines was rattled by two major earthquakes on April.23rd, 2019. A further 81 people were injured and 14 remain missing. The first M 6.1 quake hit Luzon island on April 22nd.. On April 23rd in the afternoon, an M 6.3 earthquake with a depth of 86.km was registered on the island of Samar in central Philippines. No tsunami warning has been issued. Some 29 structures and buildings sustained damage from the first quake. Power was cut in certain areas of Eastern Samar.

Source : Philippine newspapers.

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Here is an interesting website which shows Marum and Benbow (Vanuatu) before and after the disappearance of the lava lakes. One can also see the deep fissures that slash the region.

https://extreme-pursuit.com/2019/03/30/ambrym-islands-famed-lava-lakes-lost/

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In a report released on the afternoon of May 1st, 2019, INGV indicatess that a low intensity – but increasing – strombolian activity has started in the BN-1 vent of Bocca Nuova on Mt Etna. The guides reported the fallout of explosive materials near the crater rim. The weather conditions do not allow good observation conditions with the surveillance cameras. However, the tremor does not show significant fluctuations.

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The OVPF latest update shows that everything is quiet at the moment on Piton de la Fournaise (Reunion Island). Contrary to what some people thought and hoped, there should be no eruption in the short term. Since the end of the last eruption (18 February – 10 March 2019), a shallow seismicity is still recorded, with an average of 6 events per day during the month of April. In parallel, 4 deep earthquakes were also recorded during the same month.
The inflation f the edifice that followed the last eruption stopped at the end of March.
CO2 concentrations in the soil are stable at intermediate values.
SO2 oncentrations in the air in the Enclos Fouqué are close to or below the detection limit
In its report for the month of April, OVPF explains that « the deep magma recharge and the pressurization of the shallow magma reservoir that had resumed after the last eruption seem to have stopped since early April. One should remember that since 2016, deep refeeding of the magma reservoir under Piton de la Fournaise is done by impulses. Such phases of lull in deformation and seismicity have already been observed several times in 2016, 2017 and 2018 over periods ranging from 15 to 80 days. »

Vue du cratère du Popocatepetl. On remarque l’absence de dôme de lave (Source : CENAPRED)