Etna Nord: Piste fermée!

Alors que l’Etna se réveillait ces derniers jours, le journal La Sicilia faisait ses gros titres sur la déception des touristes qui n’ont pas pu assister au spectacle. Une bonne solution pour admirer les gerbes de feu du Nouveau Cratère Sud-Est aurait été de se rendre à Piano Provenzana et de prendre un bus tout terrain pour atteindre le secteur de l’Observatoire.

Malheureusement, en raison de désaccords entre les municipalités de Linguaglossa et Castiglione di Sicilia, l’unique piste en terre battue est fermée à tout trafic.

On peut comprendre que l’accès à un volcan soit fermé pour des raisons de sécurité, mais on admet moins qu’il soit fermé au public à cause de querelles internes. On peut lire sur une banderole à l’entrée de la piste nord : « Fermée par choix politique. »

L’affaire repose sur un malentendu politique qui concerne les municipalités de Linguaglossa et de Castiglione di Sicilia, les deux propriétaires du terrain sur lequel passe la piste de l’Etna Nord. Après l’intervention de l’autorité Antitrust qui a supprimé le monopole de la société Russo Morosoli – qui exploite également le téléphérique sur le versant sud – les maires des deux communes n’ont pas été en mesure de conclure un contrat pouvant donner des garanties à long terme à cette société, étant donné que les investissements dans les véhicules et leur entretien sont considérables.
Le résultat, c’est que l’économie de Piano Provenzana est quasiment morte et Etna Nord est sorti des circuits touristiques proposés par les agences de voyage, avec des conséquences néfastes pour tout le monde

Reverra-t-on bientôt des bus sur la piste de Piano Provenzana ? Pas si sûr !

Source : Presse sicilienne.

Piano Provenzana a été déserté par les touristes

(Capture d’écran de la webcam Skyline)

C’est vraiment n’importe quoi !

Suite à l’éruption du Stromboli, le ministère des Affaires Etrangères français a brillamment déclaré sur le site Internet « L’Internaute » : « Si vous avez prévu de visiter les îles Éoliennes dans les prochains jours ou les prochaines semaines, il est vivement conseillé de reporter le voyage. » C’est vraiment ce qui s’appelle parler à tort et à travers. Les services de notre ministre des Affaires Etrangères, Jean-Yves Le Drian, dont le nom trahit les origines bretonnes, contrée hautement volcanique comme chacun sait, semblent ignorer la distance qui sépare les Iles Eoliennes. La dernière colère du Stromboli n’a absolument pas impacté les autres îles de l’archipel comme Vulcano et Lipari.

De plus, si les services ministériels s’intéressaient un tant soit peu à la volcanologie, ils sauraient que le Stromboli connaît de temps à autre des événements explosifs violents, mais très ponctuels et qui ne se poursuivent pas pendant plusieurs jours. D’ailleurs, le volcan a repris son activité typiquement strombolienne, avec de belles gerbes, en particulier dans la partie centre-sud de la zone éruptive.
La recommandation de notre ministère français des Affaires étrangères a suscité la controverse dans les sept îles de l’archipel sicilien qui, après les derniers événements à Stromboli, ont recommencé à vivre tranquillement grâce à l’arrivée continue de vacanciers. A Stromboli, on a même célébré deux mariages de non-résidents.
Le maire de Lipari a déclaré: « Le Stromboli a sans aucun doute été secoué par un événement extraordinaire. Aujourd’hui, il est encore davantage surveillé pour assurer les conditions de sécurité nécessaires. En ce sens, toutes les mesures nécessaires ont été adoptées, y compris l’interdiction de monter sur le volcan. Mais sur l’île, toutes les interventions nécessaires pour rétablir la normalité ont déjà été effectuées. Les cendres tombées sur les rues et les maisons ont été balayées, en sachant que les retombées n’ont affecté que le village de Ginostra ».
Le premier magistrat de Lipari a ajouté : « Il faut souligner que les services n’ont jamais été interrompus, y compris ceux qui ont toujours assuré la mobilité vers et depuis l’île, il n’y a pas d’ordre pour interdire ou limiter l’accès à l’île et par conséquent, il est totalement inapproprié de déconseiller l’accès ».

Source : La Sicilia.

Photo: C. Grandpey

Le nouveau périmètre de sécurité de La Soufrière (Guadeloupe)

Comme je l’indiquais précédemment, le préfet de la Guadeloupe a pris un nouvel arrêté de délimitation du périmètre de sécurité au sommet de la Soufrière. Comme il fallait s’y attendre, l’accès est très sensiblement restreint.

Le nouvel arrêté fait suite aux recommandations de l’Observatoire qui a constaté au cours des derniers mois une augmentation de l’activité sismique et fumerollienne sur le volcan. Il n’y a pas de risque d’éruption à très court terme, mais la déformation du dôme due à des phénomènes hydrothermaux en profondeur provoque des événements à la surface. L’activité des fumerolles est plus importante sur une zone élargie avec l’apparition de nouveaux centres d’émission, avec risque de projections de boues brûlantes et acides. De plus, toujours selon l’Observatoire, les zones d’instabilité avec des risques d’effondrement augmentent ainsi que les risques d’émanations toxiques.

Après concertation avec la mairie de Saint-Claude, l’OVSG, le Parc national, Routes de Guadeloupe, la DEAL et les services de sécurité et de secours, un nouveau périmètre a été défini. Il s’étend sur le territoire des communes de Saint-Claude et de Capesterre-Belle-Eau. Il sera rapidement matérialisé par le Parc National de la Guadeloupe, par la pose de barrières et l’affichage de l’arrêté.

L’arrêté est censé concilier des exigences de sécurité et celles résultant de l’intérêt scientifique et touristique du volcan. Son élaboration a donné lieu à des échanges, notamment avec les accompagnateurs en moyenne montagne et le Parc national. Il ressort que l’accès au périmètre demeure possible pour tout agent public ou professionnel exerçant une mission d’intérêt général, à condition qu’il ait à franchir le périmètre dans le cadre de l’exercice de ses fonctions. Même chose  pour les accompagnateurs en moyenne montagne et leurs groupes, sous réserve du respect strict de plusieurs conditions.

Malgré ces nouvelles restrictions d’accès, le touriste lambda pourra tout de même accéder au point culminant du volcan. Ouf ! En fait, c’est tout le périmètre des gouffres (Dupuy et Tarissan en particulier), autrement dit la zone la plus susceptible d’engendrer des projections, qui est interdit.

S’agissant des accompagnateurs en moyenne montagne, ils devront  détenir le diplôme d’État d’alpinisme accompagnateur en moyenne montagne, option « moyenne montagne tropicale et équatoriale » à jour de l’obligation de recyclage. Ils devront disposer d’équipements individuels de protection respiratoire. Ils doivent être assurés pour l’ensemble du groupe et laisser visible un système d’identification visuelle (étiquette, badge…) identique pour chaque membre du groupe.

Source : France Antilles.

Reste à savoir comment réagiront lesdits accompagnateurs si une brutale éruption phréatique semblable à celle qui a surpris Tazieff ; Le Guern et Allègre en 1976 se produit au moment d’une visite de La Soufrière. Pas sûr que les équipements mentionnés ci-dessus soient d’une grande utilité dans le cas d’une douche de boue bien chaude…. ! J’avais formulé une remarque semblable à propos du Stromboli. Je ne suis pas certain que la présence d’un guide auprès d’un groupe d’une vingtaine de personnes ou plus empêche un mouvement de panique si une forte explosion envoie des matériaux incandescents sur la Cima ! Je suis conscient que mes remarques ne feront pas plaisir aux autorités (qui seront moins responsables en cas de pépin !), mais mon expérience du milieu volcanique me conduit à les formuler…

Vue du nouveau périmètre de sécurité

Le tourisme volcanique et ses risques // Volcano tourism and its risks

Un rapport récemment publié par la Royal Geographical Society confirme que de plus en plus de personnes prennent l’avion dès qu’elles entendent parler d’une éruption volcanique. L’Islande est une destination particulièrement prisée en raison de sa riche activité géologique. Le pays a connu une augmentation spectaculaire du nombre de visiteurs étrangers qui est passé de 488 622 en 2010 à 2 224 074 en 2017!
Les services de secours islandais sont inquiets car de plus en plus de touristes ignorent les interdictions ou désobéissent aux instructions officielles dans leur recherche d’une expérience unique. Il y a des exemples d’approches très risquées d’éruptions volcaniques, en particulier lors de la dernière qui a eu lieu dans l’Holuhraun (en 2014-15). Les autorités avaient interdit tout accès au site ; malgré cela, certaines personnes ont payé des pilotes d’hélicoptère pour les conduire en secret et de nuit vers la zone éruptive.
Cette difficulté à gérer à la fois la sécurité des gens et leur appétit de sensations fortes a entraîné des décès en Islande et ailleurs. En 2010, deux touristes sont morts de froid en tentant d’atteindre l’éruption de l’Eyjafjallajökull au col de Fimmvörðuháls. En 2017, un garçon de 11 ans est décédé après être tombé dans une mare de boue dans le cratère de la Solfatara à Pouzzoles (Italie) ; ses parents sont également décédés après avoir tenté de le sauver.
La plupart des touristes ne sont pas préparés à ces situations à risque, ce qui accroît la pression sur les services d’urgence confrontés à la difficulté de porter secours à des personnes se trouvant dans des zones pas évidentes à atteindre. Dans une telle situation, ces secouristes doivent soit abandonner les personnes bloquées à leur triste sort, soit pénétrer dans la zone dangereuse, avec tous les risques que cela implique. En Islande, la question est devenue tellement préoccupante que les autorités réfléchissent sérieusement à la question de savoir s’il faut alerter le public quand une éruption se produit. [NDLR : Cette hypothèse me semble difficilement réalisable dans la mesure où de nos jours l’information se répand à la vitesse de la lumière. Les personnes désireuses de se rendre sur le site d’une éruption seront vite informées d’une manière ou d’une autre et il sera très difficile de les empêcher de s’y rendre.]
Le tourisme volcanique comporte des risques, en particulier lorsque les personnes n’ont pas ou peu d’expérience  de l’activité volcanique et de ses répercussions sur les environs. Très souvent, elles se mettent involontairement en danger en s’approchant de la zone sensible. Il y a le risque de projections et de retombées de matériaux et de bombes de lave, ainsi que le risque de se retrouver dans des nuages de poussière ou de vapeurs toxiques. Il existe également le risque de se faire piéger par des coulées de lave, ce qui a failli arriver à des habitants d’Hawaii lors de la dernière éruption du Kilauea.
La forte augmentation du tourisme volcanique peut être aussi attribuée à la prolifération des smartphones et des réseaux sociaux, car les touristes désirent réaliser des auto-portraits dans des paysages spectaculaires et des zones volcaniques actives. Comme je l’ai déjà écrit plus haut, le problème est que, lorsque les choses tournent mal pour les touristes sur des volcans, ils mettent également en péril la vie les sauveteurs.
Un volcan peut devenir un danger réel sans prévenir, comme a pu s’en rendre compte une équipe de la BBC, ainsi que des dizaines de touristes sur l’Etna en 2017 lorsque le volcan est soudainement entré en éruption pendant le tournage d’une séquence.
Dans le but d’empêcher les amateurs de selfies les plus téméraires de se mettre en danger, les autorités indiennes ont interdit les selfies dans les lieux touristiques populaires où des accidents ont déjà eu lieu, tels que le sommet de falaises.
Source: CNN.

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A report just published by the Royal Geographical Society suggests an increasing number of people are flying around the world as soon as they hear about a volcanic eruption. Iceland is a particularly popular spot thanks to its abundance of geological activity. The country has seen a dramatic increase in the number of foreign visitors, from 488,622 in 2010 to 2,224,074 in 2017!

Icelandic emergency services have become increasingly concerned about tourists disobeying the rules in their search for a unique experience. There have been examples of reckless attempts to get dangerously close to erupting volcanoes, especially during the last eruption in Holuhraun (in 2014-15) when authorities closed all access to the area. Nonetheless, some people paid local helicopter pilots to take them in secret after dark.

This tension between safety concerns and the appetite for thrills has resulted in deaths in Iceland and elsewhere. In 2010, two tourists froze to death attempting to reach a volcanic eruption at Iceland’s Fimmvörðuháls pass that caused a spike in visitor numbers. In 2017, an 11-year-old boy died after falling into the Solfatara Crater in Pozzuoli, Italy, and his parents also died when they tried to save him.

Most tourists are unprepared for these risky situations, which increases pressure on emergency services which face the difficulty of dealing with people in restricted areas. In such a situation, emergency services have to either leave the stranded people or come into a hazardous area themselves. In Iceland, the issue has become such a concern that Icelandic authorities have to think carefully about whether or not to alert the public about an eruption.

“Volcano tourism” carries with it a number of risks, especially when those visitors have little experience of how volcanic activity can impact the surrounding area. Very often, they unwittingly place themselves in danger by getting up close to this formidable force of nature. The dangers include getting hit by falling rocks and lava bombs, becoming enveloped in choking dust, or being overcome by poisonous fumes. There is also the risk of becoming trapped by lava flows, which almost happened to folks in Hawaii during Kilauea’s last eruption.

The strong increase in “volcano tourism” can be partly attributed to the proliferation of smartphones and social media, with people keen to photograph or record video of themselves in dramatic, active landscapes. As I put it before, the problem is that when things go wrong for tourists who are close to volcanoes, it puts the lives of rescuers at risk, too.

A volcano can become a real danger without warning as a BBC production crew, along with dozens of tourists, could realise and had a lucky escape on Mount Etna in 2017 when the volcano suddenly erupted while the crew was filming.

In a bid to prevent the more reckless selfie enthusiasts from harming themselves, the authorities in India have been banning selfies in popular tourist spots where accidents have occurred in the past, such as the top of cliffs.

Source: CNN.

  L’approche d’une zone volcanique demande une bonne connaissance du terrain (Photo : C. Grandpey)

Tourisme toujours au ralenti sur la Grande Ile d’Hawaii // Tourism still sluggish on Hawaii Big Island

Trois mois après la fin de la dernière éruption du Kilauea et malgré la réouverture du Parc National des Volcans d’Hawaï, les commerces font état d’une pénurie de clients. Les autorités hawaïennes sont probablement en train de payer leur gestion désastreuse de l’éruption du point de vue touristique. Les gens venus visiter la Grande Ile n’ont jamais eu l’occasion de voir la lave. Ils ont été tenus bien à l’écart des coulées et ceux qui ont bravé les interdictions se sont vu infliger des amendes. Les autorités ont promis à plusieurs reprises qu’une plate-forme d’observation serait ouverte au public, mais personne ne l’a jamais vue. Cela a probablement été fait pour orienter les touristes vers les compagnies d’hélicoptères et de bateaux qui ont pu gagner de l’argent grâce à l’éruption.
La mauvaise gestion de l’éruption se fait encore sentir aujourd’hui sur la Grande Ile d’Hawaii. Même si les activités commerciales se sont améliorées depuis la réouverture du Parc en septembre, le tourisme dans la région est toujours en recul par rapport à la période qui a précédé l’éruption du 3 mai 2018 dans Lower Puna. Les commerces font état de nombres de visiteurs erratiques et le tourisme pour l’île dans son ensemble reste morose. Selon les dernières données publiées par la Hawaii Tourism Authority, le nombre moyen de visiteurs en octobre a diminué de 10% par rapport à l’année précédente, tandis que les dépenses des touristes pour ce même mois sont en baisse de 11%.
La lenteur de la reprise du tourisme est souvent attribuée à l’absence de lave dans le cratère de l’Halema’uma’u. On ne voit plus sa lueur la nuit, ce qui explique le peu de visiteurs nocturnes. Cette absence de lave est probablement aussi l’une des raisons de la fréquentation timide de la Volcano House. Les gens sont certes intéressés par les changements subis par le cratère de l’Halema’suma ’u qui s’est considérablement agrandi depuis le début de l’éruption, mais la lueur nocturne n’est plus qu’un souvenir.
Une autre raison susceptible d’expliquer la diminution du nombre de touristes est le manque de publicité. Si la lave est absente, la vue du cratère, les sentiers et les bouches qui émettent de la vapeur sont de bonnes raisons de venir visiter le Parc, mais beaucoup de gens pensent que ces sites sont toujours fermés au public. Les commerçants pensent qu’une nouvelle stratégie de marketing doit être développée pour promouvoir le Parc, maintenant que la lave a disparu de la surface de l’île.
Source: Journaux hawaïens.

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Three months after the end of the last Kilauea eruption, and despite the reopening of Hawaii Volcanoes National Park, businesses report a shortage of visitors. Hawaiian authorities are probably paying for their disastrous management of the eruption from the tourist point of view. Visitors to the Big Island were never given the opportunity to see the lava. They were kept far way from the lava flows and given fines if they entered the restricted area. Authorities promised several times that a viewing platform would be opened for the public but nobody ever saw it. This was probably done to orient tourists toward the helicopter and boat companies which could make money out of the eruption.

The poor management of the eruption is still felt today on Hawaii Big island. While business in Volcano has improved since the reopening of the Park in September, tourism to the area is still down from before the eruption which began on May 3rd in Lower Puna. Businesses report erratic visitor numbers as the island’s tourist industry remains sluggish. According to the latest data released by the Hawaii Tourism Authority, the average daily number of visitors in October was down 10 percent from the previous year, while visitor spending for that month was down by 11 percent.

The slow recovery is often attributed to the absence of what was once a major attraction in the area:  lava within Halema‘uma‘u crater. Its glow can no longer be seen at night so that there are fewer tourists in the evening. This lack of lava is a likely reason for the Volcano House’s recent dearth of visitors. Locals are still interested in seeing the changes to Halema‘uma‘u, which has expanded substantially since the start of the eruption, but the exotic attraction of the nightly lava glow is lost.

Another reason that could account for the drop in the visitor numbers is the lack of publicity. If lava is absent, the view of the crater, the trails and the steam vents are good reasons to come and visit the Park, but many people think they are still closed to the public. Business owners think a new marketing strategy should be developed for the Park, now that no active lava can be seen on the surface of the island.

Source: Hawaiian newspapers.

La belle lueur nocturne de la lave dans le cratère de l’Halema’uma’u n’est plus qu’un souvenir (Photo: C. Grandpey)

Martinique: Les sargasses, ça agace!

Voilà près d’une année maintenant que les sargasses, les algues brunes, envahissent au quotidien et sans discontinuer une grande partie du littoral martiniquais. Conséquence du réchauffement climatique et de la hausse de la température de l’océan, elles sont devenues un réel problème dans les Petites Antilles.

Asphyxiés en permanence par les émanations d’hydrogène sulfuré et d’ammoniac, les riverains sont totalement dépourvus et souffrent au quotidien. Au départ observées uniquement sur la façade atlantique, les sargasses ont atteint le côté caraïbe, sur les plages des Anses d’Arlet, notamment à Grande Anse, où elles étaient bien visibles le 23 juillet. Ailleurs, au Diamant, à Cap Chevalier (Sainte-Anne) ou au Vauclin, la situation est souvent plus critique.

Les sargasses entraînent des problèmes économiques et sanitaires. À Cap Chevalier (Sainte-Anne), les touristes ont déserté la zone et les commerces de plage ont tous fermé. Au Vauclin et à la Pointe Faula aussi, les restaurateurs se désespèrent de voir arriver les baigneurs, malgré l’amélioration de la situation et de moindres arrivées ces dernières semaines.

L’Agence Régionale de Santé (ARS) a installé des capteurs afin d’enregistrer le niveau de H2S dans l’air. Dans certains secteurs, on enregistre des niveaux quotidiens supérieurs à 5 ppm qui, selon l’Agence, sont hautement nocifs et il est alors recommandé à la population de s’éloigner de la côte. Mais pour aller où ? Malheureusement, les données de l’ARS ne sont accessibles qu’aux personnes disposant d’une connexion Internet. Autrement dit, vous n’aurez pas d’informations sur les risques sanitaires liés aux sargasses si vous n’avez pas Internet !

Au cours de ma visite à la Pointe Faula à la mi-août, j’ai trouvé que la situation était moins inquiétante qu’au mois de mars, époque où l’odeur de l’hydrogène sulfuré était difficilement supportable. Comme je l’avais indiqué à l’époque, le gaz attaque les peintures à l’intérieur des maisons et incommode fortement la population qui souffre de maux de tête, picotements de gorge, larmoiements et évanouissements dans les cas les plus extrêmes. La fréquentation des cabinets médicaux est en très forte hausse. Au mois d’août, l’odeur persistait mais était moins pestilentielle. Toutefois, le jour où j’ai visité la Pointe Faula, on observait une nouvelle arrivée de bancs de sargasses.

On m’a indiqué que les algues venues s’échouer sur le rivage étaient évacuées de temps en temps, mais personne n’a su me dire où elles étaient entreposées. Comme me le faisait remarquer un habitant, on doit pouvoir les traiter et en faire des engrais, mais on ne sait pas si ces engrais ne contiennent pas des composants nocifs susceptibles de créer à leur tour une forme de pollution dans le sol. Au dire des riverains, la meilleure solution serait de continuer à installer des barrages qui ont montré leur efficacité dans le secteur du Robert. Malheureusement, les mesures préventives sont lentes à se mettre en place et beaucoup d’habitants des zones empoisonnées se sentent abandonnés.

En cliquant sur les liens ci-dessous, vous verrez deux documentaires réalisés par une journaliste indépendante et qui mettent bien en lumière la situation et les problèmes qui en découlent. Ils sont intitulés « Sargasses, l’invasion barbare » :

https://youtu.be/NGl9O7YZEI8

https://youtu.be/xm8jiQOciI4

Source: France-Antilles.

Annick Girardin, ministre des Outre-mer, et Nicolas Hulot, alors encore ministre de la Transition écologique et solidaire se sont rendus à la Martinique et à la Guadeloupe au mois de juin pour évaluer l’étendue du désastre. Nicolas Hulot a annoncé l’organisation aux Antilles d’un certain nombre d’événements internationaux, en particulier début octobre en Martinique, pour aborder cette problématique au niveau régional et international.  Ces événements déboucheront-ils sur des solutions efficaces? Je n’en suis pas certain.

J’en profite ici pour saluer le courage et l’honnêteté de Nicolas Hulot qui vient de quitter le gouvernement Macron. Cette décision ne me surprend guère. Arrive un moment où on ne peut plus avaler les couleuvres. Nicolas Hulot me rappelle Haroun Tazieff qui avait rapidement claqué la porte du gouvernement Mitterrand. Nicolas et Garouk sont des hommes de terrain, pas des rigolos de la politique.

Sargasses sur la côte atlantique de la Martinique (Photos: C. Grandpey)

Corée du Nord : Le Mont Paektu s’ouvre au tourisme // North Korea : Mt Paektu opens to tourism

Ces derniers mois, les relations entre la Corée du Nord et la Corée du Sud se sont beaucoup améliorées. Il y a aussi moins de tensions entre la Corée du Nord et les États-Unis. Un sommet a eu lieu entre Donald Trump et Kim Jong Un à Singapour le 12 juin 2018. Un autre signe de l’ouverture de la Corée du Nord au reste du monde est l’accès au Mont Paektu. Récemment, un petit groupe de touristes étrangers a été autorisé à visiter le volcan qui se trouve à cheval sur la frontière entre la Chine et la Corée du Nord.
En 946 après JC, le Mont Paektu a été le site d’une des plus grandes éruptions de l’histoire, avec un VEI de niveau 7. Considéré comme l’un des plus beaux sites naturels de la Corée du Nord, le volcan est toujours considéré comme actif, bien qu’il n’y ait pas eu de grandes éruptions ces dernières années. Il est vénéré dans le nord pour ses liens avec la famille régnante Kim et est considéré comme le foyer spirituel de la révolution coréenne. Les voyages à destination de la montagne sont très prisés par les Nord-Coréens qui la visitent avec leur école, ou d’autres groupes sociaux qui participent à des excursions pendant lesquelles se partagent l’endoctrinement et les loisirs. Le Mont Paektu est également apprécié des touristes chinois et de petits groupes de touristes étrangers qui peuvent séjourner dans des hôtels voisins avant de monter jusqu’au cratère pour admirer les eaux bleues du lac Chon, dans la caldeira du Paektu.
La zone autour de la montagne possède plusieurs « campings secrets » qui ont été réaménagés après avoir, dit-on, été utilisés par Kim Il Sung et ses guérilleros dans la lutte contre la domination japonaise avant 1945. C’est probablement la raison pour laquelle l’idée de permettre à des étrangers des excursions avec camping convenait assez bien aux autorités locales.
Sous la direction de Kim Jong Un, la Corée du Nord a donné la priorité au développement de son industrie touristique car elle représente une source de devises étrangères indispensable et c’est un secteur qui peut être étroitement contrôlé. Le pays entreprend actuellement d’importants projets d’infrastructures sur plusieurs sites, notamment à Samjiyon, la plus grande ville à proximité du Mont Paektu, dans la ville portuaire orientale de Wonsan, ainsi que dans la région du Mont Kumgang qui est restée ouverte aux touristes sud-coréens jusqu’en 2008, année où une femme sud-coréenne a été abattue pour avoir pénétré dans une zone interdite.
Un accroissement significatif du nombre de touristes étrangers suppose un assouplissement des sanctions internationales en vigueur pour inciter Kim Jong Un à abandonner son programme d’armes nucléaires. Les touristes américains ne sont pas autorisés à se rendre en Corée du Nord suite à l’interdiction de voyage imposée par le président Trump en réponse à la mort d’un étudiant américain décédé peu après sa libération. Il avait été accusé d’avoir tenté de voler une bannière de propagande. Globalement, on peut dire que la situation touristique s’améliore, mais reste relativement fragile.
Source: Presse de l’Etat du Kentucky.

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In recent months, the relationships between North and South Korea have much improved. There are fewer tensions as well between North Korea and the United states. A summit took place between US President Donald Trump and Kim Jong-un in Singapore on June 12th, 2018. Another sign of the opening of North Korea to the rest of the world is the access to Mount Paektu. Recently, a handful of foreign tourists have been allowed to visit the country’s biggest volcano that straddles the border that separates China and North Korea.

In 946 AD, Paektu was the site of one of the largest eruptions in history, with a VEI of 7. It is considered one of the most beautiful natural sites in North Korea and is still active, though there have not been any big eruptions in recent years. The volcano is revered in the North for its links to the ruling Kim family and is considered the spiritual home of the Korean revolution. Trips to the mountain are popular with North Koreans who visit with their schools, or other social groups on excursions that are part indoctrination and part recreation. It is also popular with Chinese tourists and smaller foreign tour groups who can stay in nearby hotels and drive right up to its crater to see the blue waters of Lake Chon in Paektu’s caldera.

The area around the mountain features several reconstructed « secret campsites » said to have been used by Kim Il Sung and his guerrillas in the fight against the Japanese colonial rulers before 1945 — a possible reason why the idea of allowing foreign camping excursions clicked with the local authorities

Under leader Kim Jong Un, North Korea has placed a high priority on developing its tourism industry as a source of much-needed foreign currency and as an industry that can be fairly closely controlled and monitored. It is currently carrying out massive infrastructure projects in several locations, including at Samjiyon, the largest city near Mount Paektu, and in the eastern port city of Wonsan and the adjacent Mount Kumgang area, which was open to South Korean tourists until around 2008, when a South Korean housewife was shot for wandering into a restricted area.

Any big expansion in the numbers of foreign tourists will require an easing of international sanctions in place to push Kim to abandon his nuclear weapons program. Tourists from the United States are blocked from coming to North Korea by a travel ban imposed by President Donald Trump in response to the death of an American college student who died shortly after his release from North Korean custody for allegedly trying to steal a propaganda banner.

Globally, the situation around tourism is improving but is still uncertain.

Source : Kentucky newspapers.

Vue du lac dans la caldeira sommitale du Mont Paektu (Crédit photo: Wikipedia)