Eruption du Kilauea (Hawaii): Un coup dur porté au tourisme // A hard blow to tourism

L’éruption actuelle du Kilauea est un très mauvais coup porté au tourisme sur la Grande Ile d’Hawaii. Le spectacle fantastique de l’éruption est interdit aux visiteurs pour des raisons évidentes de sécurité. En outre, les touristes n’ont rien à faire dans les zones où beaucoup de maisons ont été détruites. Cela équivaudrait à du voyeurisme.
Au cours des 10 dernières années, les gens ont pu voir un volcan en éruption sous leurs yeux, qu’ils soient en fauteuil roulant ou en poussette. Il n’y avait pas à marcher longtemps pour atteindre le site d’observation. Il suffisait de garer sa voiture au parking du Jaggar Museum, faire quelques pas, et on se trouvait juste au bord de l’un des volcans les plus actifs au monde. Aujourd’hui, les touristes ne peuvent plus regarder l’éruption depuis la terrasse du musée car la lave a disparu le 6 mai de la bouche active qui illuminait le cratère de l’Halema’uma’u. Elle a chuté de 220 mètres sous la lèvre de l’Overlook Crater et est devenue invisible. Cinq jours plus tard, le Parc fermait pour une durée indéterminée. Au cours des dernières années, il a attiré plus de visiteurs que le Pacific National Monument à Pearl Harbor sur l’île d’Oahu. .
Tandis que le spectacle à la fois fascinant et destructeur proposé par Madame Pele fait rage pour quelques uns – quelques habitants, des scientifiques et des équipes d’intervention d’urgence – la situation est très douloureuse pour la Parc National d’un point de vue touristique et économique. A ce jour, le National Park Service estime l’impact de l’éruption sur le tourisme à 13 millions de dollars. Les entreprises qui tirent des revenus des visiteurs du parc, comme les restaurants et les voyagistes, souffrent beaucoup. Certains ont licencié des employés. Le National Park Service a indiqué qu’il contribue annuellement pour 166 millions de dollars à l’économie locale en aidant à remplir des hôtels, des restaurants, des agences de voyage, etc. Cela équivaut à 455 000 dollars par jour. L’an dernier, le Parc National a attiré environ 2 160 000 visiteurs, contre 1 890 000 l’année précédente.
Pour beaucoup de touristes, ne pas être en mesure de voir le volcan et sa lave est une grande déception, même s’ils réalisent que cette déception est bien peu de chose comparé à ce qui est enduré par les habitants, en particulier plusieurs centaines de personnes qui ont perdu leur maison, et plus de 2000 qui vivent dans des centres d’hébergement, avec leurs  familles ou chez des amis ou même loin de l’île.
D’autres personnes ne comprennent pas ou sont en désaccord sur le fait que le Parc National soit fermé. Un employé du centre commercial de Hilo a déclaré: « Il y a 10 000 emplois dans l’industrie du tourisme qui sont menacés en ce moment. Notre plus grande attraction touristique est fermée. Je vais écrire à mes députés en leur demandant de faire ouvrir le Parc. Il n’y a pas de danger si l’on ne se trouve pas sous le vent. »Ces paroles ont été prononcées avant qu’un séisme enregistré le 3 juin fissure la terrasse d’observation du Jaggar Miseum et endommage trois bâtiments, dont le centre d’opérations d’urgence du Parc. D’autres dégâts concernent des routes fracturées, des conduites d’eau rompues et une couche de cendre volcanique qui recouvre certaines parties du Parc.
Dans le but de satisfaire l’intérêt des visiteurs et pour leur donner des informations sur le volcan, le National Park Service a installé des rangers à Hilo et ailleurs tout en gardant ouverte une petite partie du Parc, loin du sommet. Les rangers répondent aux questions des touristes sur la situation dans le Parc et l’évolution de l’éruption. C’est tout ce qui peut être fait, en attendant la fin de l’éruption.
Source. Médias d’information hawaïens.

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Kilauea Volcano’s current eruption is striking a very hard blow to tourism on Hawaii Big Island. The fantastic show of the eruption is off limits to tourists for safety reasons which are very easy to understand. Besides, visitors have nothing to do in areas where lots of houses have been destroyed. This would amount to voyeurism.

For the last 10 years, people could see an erupting volcano right before their eyes whether they were in a wheelchair or a stroller. There was no hiking to get to it. It was just park your car at the Jaggar Museum parking lot, walk a few steps and you were right on the edge of one of the world’s most active volcanoes. Today, tourists can no longer watch the eruption from the terrace of the Jaggar Museum as lava disappeared on May 6th from Hawaii’s most visited tourist attraction. It dropped 220 metres below the Overlook Crater’s rim and became out of sight. Five days later the Park closed indefinitely. In recent years it had attracted more visitors than the Pacific National Monument at Pearl Harbor on Oahu Island. .

While Madame Pele’s spectacular and destructive show is raging on in view of only a relative few, including some residents, scientists and disaster response teams, the situation for the National Park from a tourism and economic point of view is very painful. The National Park Service estimates the impact to date at 13 million dollars. Businesses that closely derive income from park visitors, such as nearby restaurants and tour companies, are suffering. Some have laid off employees. The National Park Service said it contributes 166 million dollars to the local economy annually by helping fill hotels, restaurants, tours, etc. That amounts to 455,000 dollars a day. Last year the National Park attracted about 2.16 million visitors, up from 1.89 million the year before.

For many tourists, not being able to see the volcano and lava has been a great disappointment, though they know this is trivial compared with what is being endured by residents, including several hundred who lost their homes and more than 2,000 who were forced to move into shelters, with family, with friends or even away from the island.

Other persons don’t understand, or they disagree about the park being closed. Someone at Hilo Shopping Center said: “(We’ve) got 10,000 jobs in the tourism industry that are at risk right now. We have our largest tourist attraction closed. I’m writing my Congress people saying let’s get (the park) open. It can be safe if we stay upwind.” The comment was made before a June 3rd earthquake cracked the Jaggar Museum’s observation deck and damaged three buildings, including the park’s visitor emergency operations centre. Other conditions include fractured roads, severed water pipes and layers of acidic volcanic ash covering parts of the park.

In an effort to satisfy visitor interest in the volcano, NPS redeployed interpretive rangers in Hilo and other places while keeping open a small piece of the giant park far from the summit. Park rangers and volcano displays can also be visited in different places of Hilo. Rangers answer questions about the park and current eruption conditions. This is all that can be done, waiting for the end of the eruption.

Source. Hawaiian news media.

Il y a encore quelques semaines, la lueur de la lave illuminait tout le cratère de l’Halema’uma’u (Photo: C. Grandpey)

Aujourd’hui c’est une bouche vide soumise à des effondrements qui occupe le cratère de l’Halema’uma’u (Crédit photo: USGS)

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Kilauea (Hawaii) : Les effets de l’éruption sur le tourisme // The effects of the eruption on tourism

Avec l’apparition de nouvelles fractures éruptives qui menacent d’isoler le secteur de Lower Puna du reste de la Grande Ile d’Hawaii, les responsables de la Protection Civile ont décrété le 12 mai 2018 que toutes les locations de vacances de la région devaient cesser leurs activités. Les touristes ont été contraints de trouver d’autres logements, ce qui ne fait qu’augmenter les pertes subies par l’industrie touristique à cause de l’éruption du Kilauea. La zone concernée s’étend de Kapoho à Kalapana et inclut les subdivisions de Leilani et Black Sands.
La décision de la Protection Civile est intervenue le jour où deux nouvelles fractures se sont ouvertes à l’est des Leilani Estates. Les autorités ont déclaré que la décision était nécessaire afin que les opérations d’urgence puissent se concentrer sur les seuls habitants de la région. Les géologues du HVO affirment que de nouvelles émissions de lave sont probables, que ce soit par l’ouverture de nouvelles fractures ou par la réactivation de fractures existantes. Environ 2000 personnes à Lower Puna pourraient se trouver isolées si les routes étaient endommagées ou coupées par des fractures et des coulées de lave.
Le tourisme sur la Grande Ile d’Hawaii est affecté par l’éruption du Kilauea. 2018 avait commencé en fanfare avec la perspective de franchir la barre des 2 millions de visiteurs à la fin de l’année, mais deux semaines après le début de la dernière éruption, on se rend compte que les annulations ont déjà occasionné plus de 1,5 million de dollars de pertes directes aux gestionnaires de locations et on prévoit 3 millions de dollars de pertes pour les semaines à venir. Les hôtels signalent qu’ils tournent à 50% de leur capacité de réservation. Au train où vont les choses, c’est toute la saison estivale qui risque d’être profondément affectée. Les navires de croisières ont annulé des escales à Hilo et Kona, ce qui n’arrange pas la situation.
Dans les régions reculées comme le District de Puna, les locations de vacances constituent une source de revenus non négligeable pour les habitants et représentent un plus pour l’économie de la région. En seulement deux semaines, les entreprises touristiques de l’Est de la Grande Ile sont passées de la meilleure année à la fermeture et à la mise à pied de 10 à 20 personnes. Si la récente déclaration fédérale de catastrophe naturelle – qui concerne l’ensemble de la Grande Ile – donne de l’espoir à aux habitants et aux entreprises les plus durement touchés, elle risque aussi de provoquer des annulations dans des zones de l’île qui ne sont pas concernées par l’éruption. La fermeture du Parc National des Volcans n’est pas faite pour arranger les choses.
Source: Journaux hawaïens.

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With new lava outbreaks threatening to cut off Lower Puna residents from the rest of the island, Civil Defense officials on May 12th, 2018 ordered all vacation rentals in the area to cease operations, forcing visitors to find alternate accommodations and adding to tourism industry losses from the Kilauea eruption. The concerned area stretches from Kapoho to Kalapana, and includes Leilani and the Black Sands subdivisions.

The order came the same day two fissures opened up east of Leilani Estates. Civil Defense officials said the move was necessary so emergency operations can focus on residents who live in the area. HVO geologists say additional lava outbreaks are likely, either from new fissures or reactivation of existing vents. About 2,000 people in Lower Puna could become isolated if roads are damaged by lava outbreaks.

Tourism in Hawaii Big Island is being affected by the Kilauea eruption. The island began the year anticipating it would break the 2 million-visitor benchmark by year’s end, but two weeks into the eruptions, visitor cancellations have cost accommodation providers more than $1.5 million in direct losses and $3 million in future bookings. The hotels are reporting that they are 50 percent off their booking pace. If this keeps up, it could be a whole lost summer. Cruise ships have cancelled their calls at Hilo and Kona, which can only worsen the situation.

In remote areas like Puna, vacation rentals often play a larger role in the lodging mix and the region’s economic health. In just a two-week period, east side businesses have gone from having their best year ever to closing and laying off 10 to 20 people. While the recent state and federal disaster declarations offer hope to some of the hardest-hit residents and businesses, they open unaffected areas of Hawaii island to cancellation risk. The closure of the Hawaiian Volcanoes National Park is not a good thing for tourism either.

Source : Hawaiian newspapers.

La vidange du lac de lave dans le cratère de l’Halema’uma’u et la fermeture du Parc National des Volcans sont des coups durs portés au tourisme sur la Grande Ile d’Hawaii (Photo: C. Grandpey)

« Le niveau d’alerte du Mont Agung est décidé par le tourisme, pas par les scientifiques » // « The Mount Agung status is decided by tourism, not the scientists. »

Même si on parle très peu de l’activité de l’Agung en ce moment, la population locale est encore inquiète et craint que de nouvelles éruptions se produisent à l’avenir. Il ne faudrait pas oublier que le niveau d’alerte est toujours à 3 (SIAGA), sur une échelle de 4.
Les autorités ont progressivement abaissé le niveau d’alerte, mais la menace d’une éruption fait du tort à l’île de Bali depuis plus de cinq mois. Les perturbations causées au transport aérien et les annulations de réservations en pleine saison touristique ont sérieusement fragilisé ce secteur qui est le principal moteur de l’économie de l’île. En décembre dernier, le ministre indonésien du Tourisme avait indiqué que l’impact économique de l’éruption de l’Agung pourrait dépasser 650 millions de dollars. Cependant, les retombées sociales et économiques vont bien au-delà des célèbres centres touristiques car une forte incertitude demeure quant à la fin réelle de l’éruption.
Au total, plus de 140 000 personnes ont été évacuées dans un rayon de 12 km autour de l’Agung. À la fin du mois de février, on leur a donné l’autorisation de rentrer à la maison, mais beaucoup d’entre elles se trouvent confrontées à des moyens de subsistance profondément perturbés. Dans une école de Cegi, l’un des villages les plus proches du cratère, un enseignant a déclaré qu’il s’attend toujours à une éruption même si le gouvernement affirme que tout va bien. Comme beaucoup de ses voisins, il a vendu son bétail à un prix dérisoire au cours des quelques jours de panique qui ont suivi l’annonce de l’évacuation. Il lui reste de l’argent pour reprendre ses activités, mais il ne les reprendra que le jour où il sera certain qu’il n’aura plus à fuir.
Beaucoup de gens pensent qu’il faudra quatre ou cinq ans avant que les choses se normalisent autour de l’Agung. Peu de gens pensent que la menace a complètement disparu et certains membres des associations humanitaires à Bali sont persuadés que la réduction du niveau d’alerte du volcan a été une décision politique destinée à mettre moins de pression sur le secteur touristique. Selon le directeur de l’IDEP, une ONG locale qui vient en aide aux personnes évacuées, «le niveau d’alerte du mont Agung est décidé par le tourisme, pas par les scientifiques».
Le secteur humanitaire est aujourd’hui, lui aussi, en proie au doute suite aux évacuations des derniers mois et au retour des habitants chez eux. Les associations locales comme PMI doivent maintenant envoyer leur personnel dans des zones qui ne sont pas forcément sures afin de protéger les intérêts des rapatriés. PMI soutient certaines communautés au niveau financier pour les aider à se remettre sur pied, et réhabilite les centres d’évacuation inoccupés pour s’assurer qu’ils seront prêts à être réutilisés en cas d’urgence.
Source: Nikkei Asian Review.

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Even though very little is said these days about activity at Mt Agung, the local population is still anxious and fears more eruptions might occur in the future. One should not forget the alert level is at 3 (SIAGA), on a scale of 4.

The authorities have progressively lowered the alert level, but the threat of an eruption has cast a long shadow over Bali for more than five months. Disrupted flights and cancelled holidays over the normal high season for tourists have hit the hospitality industry, which is the biggest contributor to the island’s economy. Back in December, Indonesia’s Minister of Tourism warned that the economic impact of the Mount Agung eruption could be in excess of $650 million. However, the overall social and economic fallout will be deeply felt far beyond the island’s world-famous tourist resorts, exacerbated by lingering uncertainty over whether the eruption is really drawing to a close.

In total, more than 140,000 people were evacuated from a 12-km radius around Mount Agung. By late February, almost all of them had been told it was safe to go home; many of them are returning to livelihoods that have been profoundly disrupted. In a schoolhouse in Cegi, one of the closest villages to the crater, a teacher said that he is still waiting for the eruption despite the government’s « all clear » signal. Like many of his neighbours, he sold his livestock at a knock-down price in the panicked few days after the evacuation notice came through. He has some cash leftover to start again, but is reluctant to do so until he can be certain he will not have to flee again.

Many people think it will take four or five years before things get back to normal around Mt Agung. Few people believe the threat has entirely subsided, and there is a persistent suspicion, voiced by some members of the development and humanitarian community in Bali, that the decision to scale down the alert level was a political one designed to take the pressure off the tourist sector. According to the director of IDEP, a local sustainable development NGO that has been helping evacuees, « the Mount Agung status is decided by tourism, not the scientists. »

The evacuations have left the humanitarian sector in limbo too. Local humanitarian groups like PMI now have to send their staff into areas they do not believe are safe in order to look after the interests of returning evacuees. PMI is supporting some communities with cash transfers to help them to get back on their feet, and is rehabilitating the unoccupied evacuation centres to make sure they are ready to be used again.

Source: Nikkei Asian Review.

Crédit photo: Wikipedia

Mt Agung (Bali) : Le Président indonésien discrédite les volcanologues ! // Indonesian President discredits volcanologists !

Voici quelques titres de journaux indonésiens aujourd’hui: « L’Indonésie lève le niveau d’alerte à Bali » (The Jakarta Post); « Le président annule l’état d’urgence du Mont Agung » (Antara News). Pendant ce temps, le niveau d’alerte officiel pour le volcan, sur le site Web du VSI, est toujours au maximum (4 – AWAS).
Comme je l’ai écrit précédemment, la peur d’une éruption de l’Agung affecte profondément le tourisme à Bali. Plusieurs pays comme l’Australie ont dissuadé leurs ressortissants de passer leurs vacances sur l’île.
En réaction à cette situation, « le Président a décidé d’annuler le niveau d’alerte et Bali est maintenant prête à accueillir de nouveau les touristes. » C’est ce qu’a déclaré un membre du gouvernement indonésien après une réunion de Cabinet présidée par le président Joko Widodo à Denpasar.
Parmi les pays qui ont diffusé des mises en garde à l’attention des voyageurs, la Chine a interdit à ses citoyens de se rendre à Bali du 27 novembre 2017 au 4 janvier 2018. Malgré cela, le nombre d’arrivées de touristes à Bali connaît actuellement une certaine hausse, avec 12 300 visiteurs par jour. Ce nombre avait chuté à 2000 visiteurs par jour après le réveil de l’Agung le 29 novembre dernier. En temps normal, le nombre moyen de visiteurs est de 15000.
Malgré l’annonce du Président, plus de 60 000 habitants vivant habituellement dans la zone dangereuse de 10 km de rayon se trouvent encore dans des centres d’hébergement temporaires.
D’un point de vue scientifique, il est indéniable que les volcanologues indonésiens ont été incapables de faire des prédictions fiables sur l’éruption du Mont Agung. Leurs homologues américains et européens n’auraient probablement pas fait mieux. Comme je l’ai dit à plusieurs reprises, nous ne savons pas prévoir une éruption volcanique. Pour le moment, la lave a rempli environ un tiers du cratère mais personne ne sait ce qui va se passer ensuite.
En ce qui me concerne, au vu des différents paramètres diffusés sur le site web de VSI, je ne pense pas que nous nous dirigions vers une éruption majeure avec les coulées pyroclastiques tant redoutées. Il faudrait d’abord qu’un dôme remplisse le cratère. Le vrai risque pour le moment est une accumulation de gaz sous pression sous la lave dans le cratère avec une explosion, comme cela se produit de temps en temps sur le Popocatepetl au Mexique. Les projections de matériaux couvriraient probablement les pentes du volcan et constitueraient une menace pour les villageois qui ont décidé de revenir travailler dans leurs fermes malgré l’interdiction officielle. Cependant, la menace serait beaucoup plus faible que les coulées pyroslastiques.
Seul le volcan sait ce qui va se passer dans les jours et semaine à venir!

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Here are some headlines of today’s Indonesian newspapers: “Indonesia lifts Bali’s alert status” (The Jakarta Post); “President removes Mount Agung emergency status” (Antara News). Meantime, the official alert level for the volcano on VSI’s website is still at its highest (4 – AWAS).

As I put it before, the fear of Mt Agung’s eruption deeply affects tourism in Bali. Several countries like Australia have warned their citizens against spending their holidays on the island.

As a reaction to this situation, « the President has decided to revoke the alert status. Bali is now ready to welcome tourists again, » said an Indonesian official after a limited Cabinet meeting led by President Joko Widodo in Denpasar.

Among countries that issued travel advisories, China banned its citizens from travelling to Bali from November 27th 2017 to January 4th 2018. However, the number of tourist arrivals to Bali has gradually recovered to 12,300 visitors per day, recently. The number had plunged to as low as 2,000 visitors per day after Mt. Agung erupted on November 29th. On normal days, the average number of visitors is 15,000.

Despite the President’s announcement, tens of thousands of residents living in the 10-km-radius danger zone are still living in shelters.

From a scientific point of view, we can’t deny that Indonesian volcanologists have been unable to make reliable predictions about Mt Agung’s eruption. U.S. and European experts would probably have not done a better job. As I put it several times, we are not able to predict a volcanic eruption. For the time being, lava has filled about one third of the crater but nobody knows what will happen next.

As far as I am concerned, judging from the different parameters on VSI’s website, I do not think we are not heading for a major eruption with the dreaded pyroclastic flows. A dome would first need to fill the crater for that. The real risk for the moment is an accumulation of gas pressure beneath the lava in the crater with an explosion that would shatter it, like this happens from time to time on Popocatepetl Volcano in Mexico. Ejections of material would probably cover the volcano’s slopes and become a threat to the villagers who have decided to return to their farms despite the official interdiction. However, the threat would be much lower than pyroslastic flows.

Only the volcano knows what will happen in the coming days and weeks!

Les gros nuages de cendres qui ont perturbé le trafic aérien ont, pour le moment, disparu. Bienvenue aux touristes à Bali! (Image webcam)

Indonésie: L’impact de l’éruption de l’Agung sur le tourisme // Indonesia: The impact of the Mt Agung eruption on tourism

Les autorités indonésiennes affirment que le tourisme subira des pertes d’environ 9 000 milliards de roupies en devises suite à l’éruption du Mont Agung à Bali depuis la fin du mois de novembre. L’estimation se base sur le calcul de 250 milliards de roupies en devises par jour, apportées par 15 000 touristes qui visitent Bali. Ainsi, pendant environ 36 jours depuis que l’éruption s’est produite, à raison de 250 milliards de roupies par jour, le chiffre atteint une perte d’environ 9 000 milliards de roupies.
En raison de l’éruption, l’objectif de 15 millions de touristes étrangers ne sera certainement pas atteint cette année. Jusqu’en septembre dernier, le gouvernement était optimiste et pensait atteindre ce chiffre. Cependant, depuis l’éruption de l’Agung, le gouvernement estime à environ 1 million le nombre de touristes en moins. Avec seulement 14 millions de touristes étrangers, l’Indonésie atteindra 93% de son objectif. Pour atteindre ce but, le gouvernement continue de mener des campagnes intenses en faveur des îles Riau, qui sont devenues l’une des principales portes d’entrée des touristes en Indonésie, après Jakarta et Bali.
Le Bureau Central des Statistiques a enregistré une baisse de 4,54% du nombre de touristes étrangers en Indonésie en octobre 2017, à cause de l’éruption du Mont Agung. La baisse du nombre de touristes entrant par l’aéroport international de Bali est estimée à 15,99%.
En octobre 2017, le nombre d’arrivées de touristes étrangers a été de 1,15 million, soit 964,800 voyageurs entrant par 19 points d’entrée principaux et 193,700 arrivant en dehors de ces points d’entrée. Les aéroports de Jakarta (1,70%) et de l’île de Batam (4,89%) sont les principaux points d’entrée qui ont vu le nombre de passagers diminuer en plus de l’aéroport Ngurah Rai à Bali.
Source: Antara News.
Personne ne sait comment se comportera le Mont Agung dans les jours et les semaines à venir. L’activité sismique reste élevée et montre que le magma est en mouvement sous le volcan. Si une éruption se produit, elle pourrait être une répétition de l’événement de 1963, mais personne ne le sait avec certitude.
On peut voir ci-dessous un exemple de la sismicité actuelle sur le Mont Agung.

Dernière minute : l’Indonésie vient de demander aux pays qui ont conseillé à leurs citoyens de ne pas voyager à Bali à cause de l’activité de l’Agung d’annuler ces mises en garde. L’autorité en charge de la gestion des catastrophes en Indonésie (BNPB) a déclaré le 5 décembre 2017 que l’on peut visiter Bali en toute sécurité, bien que de nouvelles éruptions de l’Agung restent possibles et imprévisibles. Selon des autorités indonésiennes, le plus important est que les touristes ne pénètrent pas à l’intérieur de la zone de sécurité de 10 km de rayon autour du volcan.
Source : Channel News Asia

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Indonesian authorities say that tourism will suffer losses worth around 9 trillion (1012) rupees in foreign exchange following the eruption of Mount Agung in Bali since the end of November. The estimate is based on the calculation of 250 billion rupees in foreign exchange per day, earned from 15,000 tourists visiting Bali. Hence, for about 36 days since the eruption occurred, multiplied by 250 billion rupees, the figure reaches a loss of about 9 trillion rupees in foreign exchange.
Due to the natural disaster, the target of 15 million foreign tourist visits will certainly also not be achieved this year. Until last September, the government was still optimistic of achieving the target. However, since Mount Agung erupted, the government has estimated a reduction of some 1 million foreign tourist arrivals. By only achieving 14 million foreign tourist visits, Indonesia will reach 93 percent of the total target. In order to meet the target, the government continues to conduct massive campaigns in the Riau Islands, which have become one of the main entry gates for foreign tourists to Indonesia after Jakarta and Bali.
The Central Bureau of Statistics has recorded a decline of 4.54 percent in the number of foreign tourists visiting Indonesia in October 2017, one of the main impacts of Mount Agung`s eruption. The decline in the number of foreign tourists entering through the international airport in Bali was recorded at 15.99 percent.

 In October 2017, the number of foreign tourist arrivals was recorded at 1.15 million comprising 964.8 thousand foreign travellers entering through 19 main gates and as many as 193.7 thousand arrivals from outside the main entry points. Some of the main entry points that witnessed a decline in the number of passengers in addition to the Ngurah Rai Airport is the Soekarno-Hatta Airport, at 1.70 percent, and Batam, at 4.89 percent.

Source: Antara News.

Nobody knows how Mt Agung will behave in the next days and weeks. Seismic activity remains high and shows that magma is moving beneath the volcano. Should an eruption occur, it might be a repeat of the 1963 event, but nobody knows for sure.

Here is an example of the current seismicity on Mt Agung:

Source: VSI

Latest news : Indonesia has urged countries warning its citizens not to travel to Bali due to Mount Agung’s volcanic activity to rescind their travel advisories. Indonesia’s National Disaster Management Authority (BNPB) on December 5th 2017 said that Bali is still safe to visit, even though further eruptions in Mount Agung remain unpredictable. According to Indonesian authorities, what is important is for tourists not to be inside the 10km radius within the danger zone.

Source: Channel News Asia.

Mt Agung: Les conséquences économiques pour Bali // The economic consequences for Bali

Selon les sources officielles, l’incertitude qui a entouré le risque d’éruption de l’Agung a coûté 128 millions d’euros à l’île de Bali depuis le 22 septembre 2017, jour où le niveau d’alerte du volcan a été élevé à son maximum. Il n’est pas surprenant de constater que c’est le secteur du tourisme à Bali qui a été le plus affecté, avec des pertes d’environ 16 millions d’euros à lui seul. Au final, ce seront les banques de l’île qui devront supporter le poids des pertes. En effet, de nombreux Balinais ont perdu des emplois et donc des salaires, et ils ne seront plus en mesure de rembourser leurs dettes. Cela va coûter 70 millions d’euros aux banques de la région.
Les autorités balinaises ont abaissé le niveau d’alerte de l’Agung à trois le 29 octobre, suite à une diminution de l’activité sismique sur le volcan. La décision a été accueillie avec soulagement par les propriétaires d’hôtels sur l’île. Cependant, malgré cette baisse du niveau d’alerte, le VSI a prévenu que la menace d’une éruption n’était pas encore passée. Un volcanologue a déclaré: « L’activité volcanique ne s’est pas complètement calmée et il existe toujours un risque d’éruption. »
La zone d’exclusion autour du volcan a été réduite de 12 km à 7,5 km, ce qui a permis à des milliers de réfugiés de rentrer chez eux. Il n’y a plus que six villages dans la zone dangereuse, contre 28 auparavant.
Même si le niveau d’alerte a été abaissé, il est conseillé aux voyageurs qui se rendent à Bali de suivre les consignes diffusées par les médias locaux, ainsi que les conseils des autorités locales, et de rester en dehors de la zone d’exclusion. Si une éruption se produit, il se peut que les nuages ​​de cendre volcanique entraînent la fermeture des aéroports et occasionnent des perturbations aériennes dans la région.
Source: Journaux britanniques.

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Official estimates suggest uncertainty around the eruption of Mt Agung has cost the island of Bali 128 million euros since the alert was first raised on September 22nd 2017. Unsurprisingly, Bali’s tourism sector has been particularly damaged by the volcano, suffering losses of about 16 million euros alone. However, it is the island’s banking industry that is expected to bear the brunt of the losses. Indeed, Balinese locals have lost jobs and income and will no longer be able to repay their debts, costing banks in the region 70 million euros.

Bali officials downgraded Mount Agung’s alert status to level three on October 29th , after a decrease in seismic activity beneath the volcano, a move that will be welcomed by hotel owners on the island. However, despite the reduction, the VSI has warned that the threat of an eruption has not yet passed. Said one volcanologist: “The volcanic activities have not completely calmed down and there is still a potential for an eruption.”

The exclusion zone around the volcano has been reduced from 12km to 7.5km, allowing thousands of refugees to return home. There are now only six villages in the danger zone, down from the previous 28.

Even though the alert level has been downgraded, travellers to Bali are advised to monitor local media reports, follow the advice of the local authorities and stay outside the exclusion zone. Should an eruption occur, volcanic ash clouds could result in airport closures and flight disruption in the region.

Source : British newspapers.

Vue du Mt Agung (Source: Wikipedia)

Agung (Bali / Indonésie): L’impact sur le tourisme // Impact on tourism

Les volcanologues ne cessent de répéter depuis plusieurs jours qu’une éruption du Mt Agung est «imminente», mais aucune éruption n’a encore eu lieu. Comme je l’ai déjà indiqué, plusieurs paramètres indiquent que le volcan est sur le point d’entrer effectivement en éruption, mais personne ne peut dire quand, ni quelle sera l’ampleur de l’événement. Au vu d’une modélisation géologique, les sismologues avancent la possibilité d’une éruption d’un VEI 3, avec une colonne de cendre de plus de 10 kilomètres de hauteur au début de l’éruption. Cependant, il est également possible que l’Agung n’entre pas en éruption, bien que les paramètres actuels montrent que la probabilité d’une éruption est vraiment forte.
L’attente est longue pour tout le monde sur l’île de Bali, que ce soit les personnes évacuées dans les abris, ou les hôtels où les touristes se font de moins en moins nombreux. Les journaux indonésiens indiquent que «les hauts lieux touristiques se sont transformés en véritables villes fantômes à mesure que les habitants et les visiteurs sont partis en nombre devant la menace d’une éruption imminente du Mont Agung.»
À Tulamben, un petit village de pêcheurs sur la côte est de Bali, à l’intérieur de la zone de danger de 12 km, tous les hôtels ont fermé leurs portes et il n’y a pas un seul touriste. On peut lire sur un message sur un tableau noir à l’extérieur d’un café : « Priez pour nous ».
À une vingtaine de minutes de là, à Amed, plus de 180 hôtels ont perdu leurs touristes.
Tout est annulé. Au cours de la semaine dernière, plusieurs gouvernements, notamment au Royaume-Uni, en Australie et à Singapour, ont diffusé des mises en garde informant les voyageurs que l’activité volcanique pourrait perturber leurs plans de vacances. Il n’y a qu’une vingtaine de touristes à Amed, une situation qui aura forcément un impact énorme sur l’économie locale si elle doit durer encore longtemps
En cas d’éruption et de fermeture de l’aéroport de Denpasar en raison des retombées de cendre, les autorités de Bali ont prévu de transférer les vols dans 10 autres aéroports d’Indonésie.
Source: The Guardian et la presse indonésienne.

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Volcanologists have kept repeating for several days that an eruption of Mt Agung was “imminent” but no eruption has occurred yet. As I put it before, several parameters indicate that the volcano is about to erupt, but nobody can say when and how powerful the eruption will be. Based on geological modelling, seismologists point to the possibility of Mount Agung erupting at VEI 3, with an opening eruption height of more than 10 kilometres. However, it is also possible that Agung will not erupt although the readings show the probability of an eruption is higher than not.

The waiting is long for everybody on the island of Bali, whether the evacuees in the shelters or the hotels where tourists are fewer and fewer. Indonesian newspapers indicate that “tourist hotspots have turned into virtual ghost towns as residents and visitors clear out en masse in response to the looming threat of Mount Agung erupting”.

In Tulamben, a small fishing village on Bali’s east coast, within the officially designated 12-km danger zone, all hotels have shut down and there is not a single tourist in sight. A message on a blackboard outside an empty cafe says “Pray for us”.

About 20 minutes down the road in Amed, more than 180 hotels have emptied of tourists.

Everything is cancelled. In the past week several governments, including in the UK, Australia and Singapore have issued travel advisories, cautioning travellers that volcanic activity could interfere with their holiday plans. There are about 20 tourists left in Amed, a situation that will have a huge impact on the local economy if it goes on much longer

In the event of an eruption and the possible closure of Denpasar airport due to resulting ash, the authorities in Bali have prepared for flights to be diverted to 10 airports across Indonesia.

Source: The Guardian and Indonesian press.

Le Mont Agung menace les villages de Tulamben et Amed (zone entourée) sur la côte est de Bali. [Google map]

En ce moment à Bali, le temple est un lieu de refuge et de prière (Photo: C. Grandpey)