Volcans du monde // Volcanoes around the world

Voici quelques informations sur l’activité volcanique dans le monde

L’éruption du Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion) qui avait débuté le 19 février 2019 et s’était réactivée le 5 mars avec l’ouverture de nouvelles fractures a brutalement pris fin le10 mars à 6h28 (heure locale). L’arrêt de l’éruption a été précédé d’une très forte activité de surface avec des fontaines de lave de 50-100 mètres de hauteur et nombreux bras de coulées. Cette fin soudaine de l’éruption a surpris tout le monde, y compris l’OVPF qui n’excluait pas l’ouverture de nouvelles fissures à l’intérieur ou à l’extérieur de l’Enclos.

Source : OVPF.

A titre tout à fait personnel, je pense que cet arrêt en fanfare s’explique par l’évacuation d’une poche de gaz qui résidait dans la chambre magmatique superficielle et qui a expulsé violemment la lave qui la surmontait. De telles fins d’éruptions ont déjà été observées sur le Piton.

L’Agence météorologique japonaise (JMA) a indiqué qu’elle avait relevé le niveau d’alerte du Mont Aso de 1 à 2 le 12 mars 2019 en raison d’une augmentation des émissions de gaz en février et de la sismicité en mars. Le volcan (1592 mètres) est situé dans le centre de l’île de Kyushu, à 75 km du Mont Unzen et à 150 km du Sakurajima.
Le dernier épisode éruptif de l’Aso a débuté le 7 octobre 2016 et s’est terminé le 12 novembre de la même année. Il a généré une colonne de cendre qui est montée jusqu’à 11 km au dessus du niveau de la mer. Le niveau d’alerte a alors été élevé à 3..
Source: JMA, Smithsonian Institution.

L’activité explosive persiste au Kamchatka sur les volcans Bezymianny, Sheveluch et Karymsky pour lesquels la couleur de l’alerte aérienne est maintenue à l’Orange. A noter qu’une puissante explosion a secoué le Sheveluch le 9 mars 2019 avec un panache qui s’est élevé à une dizaine de kilomètres d’altitude. La couleur de l’alerte aérienne est passée au Rouge, avant d’être ramenée à la couleur Orange.

Source : KVERT.

Le PHIVOLCS indique que trois éruptions phréatiques se sont produites sur le Mayon (Philippines) le 12 mars 2019. Les explosions ont généré des panaches de cendre qui se sont élevés entre 500 et 1000 mètres au-dessus du cratère.
Le niveau d’alerte est maintenu à 2.
L’entrée dans la zone de danger permanent (PDZ) de 6 km de rayon est strictement interdite, ainsi que dans la zone de danger supplémentaire de 7 km.
Source: PHIVOLCS.

Au cours des 10 premiers jours de mars, les émissions de gaz et de cendre sont montées jusqu’à 1 km au-dessus du sommet du Merapi (Indonésie). Le volume du dôme de lave est relativement inchangé par rapport aux semaines précédentes. La majeure partie de la lave extrudée avance dans la partie supérieure de la ravine de la rivière Gendol sur le flanc sud-est du volcan. Le niveau d’alerte reste à 2 (sur une échelle de 1 à 4).
Source: VSI.

Le Bromo reste bien actif en Indonésie. Le 10 mars 2019, un épisode éruptif a généré un panache de gaz et de cendre de 600 mètres de hauteur. Le 11 mars, un autre événement a produit un panache semblable. Le niveau d’alerte reste à 2 (sur une échelle de 1 à 4).
Source: VSI.

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Here is some news about volcanic activity around the world.

The eruption of Piton de la Fournaise (Reunion Island), which began on February 19th, 2019 and was reactivated on March 5th with the opening of new fissures, ended abruptly on March 10th at 6:28 am (local time). The cessation of the eruption was preceded by a very strong surface activity with lava fountains 50-100 metres high and numerous lava flows. This sudden end of the eruption surprised everyone, including OVPF which had not excluded the opening of new fissures inside or outside the Enclos.

Source: OVPF.
As far as I am concerned, I think that this dramatic stoppage of the eruption can be explained by the evacuation of a pocket of gas which resided in the shallow magma chamber and which violently expelled the lava above it. Other eruptions have already ended in the same way on Piton de la Fournaise.

The Japan Meteorological Agency (JMA) indicates that it raised the alert level for Mount Aso from 1 to 2 on March 12th, 2019 because of an increase in gas emissions in February and an increase in seismicity in March. The volcano (1592 metres) is located in the centre of Kyushu Island, 75 km from Mount Unzen and 150 km from Mount Sakurajima.

The last eruptive episode of Mt Aso started on October 7th, 2016 and ended on November 12th of the same year. It produced an ash column up to 11 km above sea level. The alert level was then raised to 3. .

Source: JMA, Smithsonian Institution.

Explosive activity is going on in Kamchatka on Bezymianny, Karymsky and Sheveluch volcanoes. Their aviation colour code is kept at Orange. It should be noted that a powerful explosion shook Sheveluch on March 9th, 2019, with an ash plume up to 10 km a.s.l. The aviation colour code was raised to Red and later brought down to Orange again.

Source: KVERT.

As this happens from time to time on the volcano, PHIVOLCS indicates that three phreatic eruptions occurred at Mayon volcano (Philippines) on March 12th, 2019. The explosions generated ash plumes that rose between 500 and 1000 metres above the crater.

The alert level is kept at 2.

Entry into the 6-kilometre Permanent Danger Zone (PDZ) is strictly prohibited as well as into the precautionary 7-kilometre Extended Danger Zone.

Source: PHIVOLCS.

During the first 10 days of March gas and ash emissions rose as high as 1 km above Merapi’s summit (Indonesia). The volume of the lava dome is relatively unchanged compared with the previous weeks. Most of the extruded lava travels down the upper parts of the Gendol River drainage on the SE flank. The alert level remains at 2 (on a scale of 1-4).

Source : VSI.

Mt Bromo is still active in Indonesia. On March 10th, 2019 an eruption generated a gas and ash plume that rose up to 600 metres. Another event on March 11th produced a similar plume. The alert level remains at 2 (on a scale of 1-4).

Source: VSI.

Activité éruptive dans le cratère de l’Aso (Crédit photo: F. Gueffier)

En souvenir de l’éruption du Piton de la Fournaise (Crédit photo: C. Holveck)

Bientôt un séisme au Japon? // Soon an earthquake in Japan ?

On sait que certains comportements inhabituels d’animaux sont susceptibles d’annoncer des catastrophes naturelles. Par exemple, les mouettes avaient disparu avant une éruption majeure du Stromboli en Sicile. Il y a aussi des histoires de poules qui ont cessé de pondre et d’abeilles qui ont délaissé leur ruche. De nombreux propriétaires d’animaux ont affirmé avoir vu leurs chiens et leurs chats se comporter étrangement avant un tremblement de terre. En ce moment, c’est la découverte d’un certain nombre régalecs morts qui inquiète les Japonais.

Selon Wikipedia, le régalec, roi des harengs ou ruban de mer (Regalecus glesne)  est un poisson très long dont la taille maximale n’est pas connue. Il mesure en moyenne 5 mètres, ce qui en fait le plus long des poissons osseux. On ne sait que peu de choses sur son comportement, l’essentiel des observations ayant été faites sur des spécimens échoués ou agonisants. À Taïwan, on l’a  surnommé « poisson séisme » car les rares fois où les pêcheurs l’ont découvert, c’était peu après un tremblement de terre dont l’épicentre se situait en mer. La légende veut que les poissons remontent vers la surface quand ils sont dérangés par les secousses sismiques, mais la relation entre ces deux évènements n’a pas fait l’objet de recherches scientifiques..

Il y a quelques jours, un régalec mesurant près de quatre mètres du museau à la queue a été retrouvé prisonnier d’un filet de pêche au large du port d’Imizu, dans la préfecture de Toyama, sur la côte nord. Le poisson était déjà mort et il a ensuite été transporté à l’aquarium d’Uozu pour y être étudié. Deux autres régalecs avaient été découverts dans la baie de Toyama neuf jours plus tôt.
Les régalecs – reconnaissables à leur long corps argenté et à leurs nageoires rouges – fréquentent généralement les eaux profondes et on les voit rarement en surface. Une légende raconte que lorsque les régalecs remontent dans des eaux peu profondes, c’est le signe qu’une catastrophe naturelle est proche.
Cependant, les biologistes ont une explication beaucoup plus prosaïque. Selon un professeur d’ichtyologie de l’Université de Kagoshima, «ces poissons ont tendance à remonter à la surface en profitant des courants marins lorsque leur condition physique est mauvaise, ce qui explique pourquoi ils sont si souvent morts lorsqu’on les retrouve. Le lien avec l’activité sismique existe depuis de très nombreuses années, mais il n’existe aucune preuve scientifique ; je ne pense donc pas que les gens doivent s’inquiéter ».
Néanmoins, la réputation du régalec en tant qu’indicateur d’une catastrophe imminente a été confirmée au Japon en 2010 quand une dizaine de poissons se sont échoués le long de la côte nord du pays. Quelques mois plus tard, en mars 2011, un séisme de magnitude M 9,0 a frappé le nord-est du Japon, provoquant un puissant tsunami qui a tué près de 19 000 personnes et détruit la centrale nucléaire de Fukushima.
Les scientifiques japonais ont averti qu’un puissant séisme pourrait se produire à court terme dans la Fosse de Nankai, parallèle à la côte méridionale du Japon, entre Nagoya et l’île de Kyushu. Le tsunami qui s’ensuivrait pourrait entraîner des pertes importantes en vies humaines et la destruction des zones côtières. Selon les dernières prévisions du gouvernement, un tel séisme majeur pourrait générer un tsunami de plus de 30 mètres de hauteur.
Par ailleurs, le gouvernement japonais a récemment annoncé un nouveau train de mesures dans l’éventualité d’un puissant séisme à Tokyo, avec notamment des mesures supplémentaires pour évacuer les étrangers. Ces mesures préconisent également une meilleure diffusion des informations sur les abris, les itinéraires d’évacuation et les services médicaux. Les informations seront disponibles dans un plus grand nombre de langues via des sites Internet d’information sur les catastrophes.
Source: Presse japonaise et internationale.

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It is well known that some animal unusual behaviour may announce incoming natural disasters. For instance, seagulls disappeared before a major eruption at Stromboli in Sicily. There are also stories of hens that stopped laying eggs and bees leaving their hive in a panic. Countless pet owners claimed to have witnessed their cats and dogs acting strangely before an earthquake. This time, the discovery of a number of deep-sea oarfish is worrying the Japanese as this kind of fish is traditionally thought to be harbingers of a natural disaster.

According to Wikipedia, the oarfish, king of herring or sea sliver (Regalecus glesne) is a very long fish whose maximum size is not known. It may reach 5 metres, making it the longest bone fish. Little is known about his behaviour, as most observations were made on stranded or dying specimens. In Taiwan, it has been dubbed « earthquake fish » because fishermen discovered it a few times soon after an earthquake with an epicentre at sea. Legends say that oarfish go up to the surface when disturbed by earthquakes, but the possible relationship between these two events has not been confirmed by scientific research.

A few days ago, an oarfish measuring nearly four metres from snout to tail was found tangled in a fishing net off the port of Imizu, in the north-coast prefecture of Toyama. The fish was already dead but was later taken to the nearby Uozu Aquarium to be studied. Two more oarfish were discovered in Toyama Bay nine days earlier.

Oarfish – characterised by long silver bodies and red fins – usually inhabit deep waters and the fish are rarely seen from the surface, although legend has it that when oarfish rise to shallow waters, disaster is near.

However, biologists have a more prosaic explanation. According to a professor of ichthyology at Kagoshima University, “these fish tend to rise to the surface when their physical condition is poor, rising on water currents, which is why they are so often dead when they are found. The link to reports of seismic activity goes back many, many years, but there is no scientific evidence of a connection so I don’t think people need to worry.”

Nevertheless, the oarfish’s reputation as an indicator of imminent doom was enhanced after at least 10 oarfish were washed up along Japan’s northern coastline in 2010. In March 2011, an M 9.0 earthquake struck off northeast Japan, triggering a massive tsunami that killed nearly 19,000 people and destroyed the Fukushima nuclear plant.

Experts warned that an earthquake in the Nankai Trough, which runs parallel to Japan’s southern coast from off Nagoya to the southern island of Kyushu, could be imminent and resulting tsunami could cause massive loss of life and destruction in coastal areas. The most recent government predictions suggest a tsunami more than 30 metres high could be generated by a major quake.

The Japanese government has recently announced a new package of response measures to a major earthquake beneath Tokyo, including additional steps to evacuate foreigners from the city. They also call for improved delivery of information on places to take shelter, evacuation routes and medical treatment. The information will be made available in more languages via disaster information websites.

Source : Japanese and international press.

Régalec échoué sur une plage (Crédit photo: Wikipedia)

Mt Shindake (Japon / Japan)

Selon une dépêche de l’agence Associated Press, le volcan Shindake sur l’île de Kuchinoerabu est entré en éruption le 17 janvier 2019, avec des projections de blocs et de cendre, sans toutefois causer de dégâts ou de blessures.
L’Agence météorologique japonaise a déclaré que les matériaux éjectés n’avaient pas atteint la zone habitée située à 2 kilomètres du volcan. Environ 80 habitants sont allés immédiatement se réfugier dans un abri sur l’île et sont ensuite rentrés chez eux après la levée de l’avis d’évacuation moins de deux heures après l’éruption.
La dernière éruption majeure du Shindake, en mai 2015, avait déplacé temporairement toute la population de l’île, soit environ 150 personnes. Les habitants ont été évacués vers l’île de Yakushima, à environ 12 kilomètres à l’est. Seuls les deux tiers environ d’entre eux sont depuis rentrés à Kuchinoerabu qui se trouve au sud de Kyushu.
Source: The Seattle Times, Associated Press. .
NDLR: Une autre éruption, moins puissante, a également été observée dans l’après-midi du 18 décembre 2018, avec des panaches de cendre s’élevant jusqu’à 2 000 mètres au-dessus du cratère (voir article sur ce blog  le 18 décembre 2018). Une coulée pyroclastique avait dévalé sur environ 1 km sur le flanc ouest du volcan. Il s’agissait de la première coulée de ce type depuis mai 2015.

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According to an Associated Press report, Shindake volcano on Kuchinoerabu Island erupted on January 17th, 2019, blasting rocks and ash into the air but causing no damage or injuries.

The Japan Meteorological Agency said the ejected materials have not reached the residential area 2 kilometres away. About 80 residents initially took refuge at a shelter on the island but have since started to return home after an evacuation advisory was lifted less than two hours after the eruption.

Shindake’s last major eruption in May 2015 had temporarily displaced the island’s entire population of about 150. The residents were evacuated to Yakushima Island, about 12 kilometres to the east. Only about two thirds of them had since returned to Kuchinoerabu, south of Kyushu.

Source: The Seattle Times, Associated Press. .

Personal note: Another, less powerful, eruption was also observed during the afternoon of December 18th, 2018, with ash plumes rising up to 2 000 metres above the crater (see post on this blog). A pyroclastic flow had reached a distance of about 1 km down the western slope of the volcano. It was the first such flow to be observed since May 2015.

En rouge l’île Kuchinoerabu, au sud de Kyushu, où se dresse le Mt Shindake (Google Maps)

Mt Shindake (Japon / Japan)

D’après le site web The Watchers, une forte éruption explosive s’est produite sur le Shindake sur l’île Kuchinoerabujima dans l’après-midi (heure locale) du 18 décembre 2018. Le volcan est en éruption sporadique depuis octobre 2018.
Des panaches de cendre se sont élevés jusqu’à 2 000 mètres au-dessus du cratère. Cependant, les mauvaises conditions météorologiques empêchent d’avoir une bonne vue de l’éruption.
Selon la chaîne NHK, une coulée pyroclastique a atteint une distance d’environ 1 km sur le flanc ouest du volcan. Il s’agit de la première coulée de ce type depuis mai 2015, date à laquelle tous les habitants ont été évacués.
Le niveau d’alerte est maintenu à 3.

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According to the website The Watchers, a strong explosive eruption took place at Mount Shindake on Kuchinoerabujima Island in the afternoon (local time) of December 18th, 2018 The volcano has been sporadically erupting since October 2018.

Ash plumes rose up to 2 000 metres above the crater. However, poor weather conditions prevent from having a good view of the eruption.

According to NHK, a pyroclastic flow reached a distance of about 1 km down the western slope of the volcano. It is the first such flow to be observed since May 2015, when all residents were evacuated.

The alert level is kept at 3.

En rouge l’île Kuchinoerabujima où se dresse le Mt Shindake (Source: Google Maps)

1783 : Le Laki (Islande) et l’Asama (Japon) se déchaînent // 1783 : Laki (Iceland) and Asama (Japan) go wild

1783 fut une année particulièrement riche du point de vue volcanique, avec deux éruptions majeures sur Terre.

On a beaucoup parlé de l’éruption du Laki en Islande et certains y voient même l’une des causes possibles de la Révolution Française.

Au même moment, une éruption majeure est passée largement inaperçue au Japon, celle de l’Asama qui, elle aussi, a contribué à perturber les conditions climatiques dans l’hémisphère nord.

Ce n’est pas le seul exemple d’une éruption majeure qui en cache une autre. En 1902, l’éruption de la Montagne Pelée (Martinique) et ses quelque 29 000 morts a occulté celle du Santa Maria au Guatemala qui a tué 6000 personnes.

En Islande, le Laki s’est réveillé le 8 juin 1783 en déchirant l’écorce terrestre sur de plus de 40 km. Le long de cette fracture géante baptisée Lakagigar, on  a observé jusqu’à 110 bouches éruptives qui ont vomi des torrents de lave pendant 50 jours, avec un débit estimé à 5000 m3 par seconde. Cette lave s’est étalée sur 370 km². C’est le plus grand épanchement lavique, des temps historiques.

L’éruption du Laki en 1783 a entraîné de graves perturbations climatiques dans l’hémisphère nord. Les nuages de cendre, en empêchant le rayonnement solaire de toucher la terre, ont provoqué un hiver exceptionnellement froid en Europe. La Seine fut totalement gelée le 1er février 1784.

L’éruption a eu des effets catastrophiques sur les êtres vivants. 80% des moutons islandais ont péri et la famine a tué un cinquième de la population de l’île, ramenant celle-ci à 40 000 habitants.

Au niveau européen, l’étude des registres paroissiaux a révélé une surmortalité de l’ordre d’un tiers dans les mois qui ont suivi l’éruption du Laki. On estime à plusieurs dizaines de milliers le nombre de morts en Europe.

Au Japon, l’Asama est  un strato-volcan andésitique qui s’élève à 2560 mètres d’altitude sur l’île de Honshu, à environ 130 km de Tokyo. Il est très actif avec des éruptions récentes en 2004, 2008 et 2009. La composition de sa lave explique son comportement explosif et la violence de ses éruptions. De type plinien, elles ont secoué l’édifice volcanique en 1108 et surtout en 1783, presque en même temps que l’éruption du Laki en Islande.

L’éruption a débuté le 9 mai de cette même année avec des émissions de cendre qui se sont peu à peu intensifiées. A partir du mois de juillet, un panache plinien s’est étalé au-dessus du volcan, avec des éclairs et des coups de tonnerre. Les ondes de choc faisaient vibrer les maisons, déclenchant des mouvements de panique au sein de la population. L’éruption a atteint son paroxysme à partir du 4 août 1783 et s’est terminée avec une dernière puissante explosion dans la matinée du 5 août, entendue jusqu’à 300 km de distance.

Avec les coulées pyroclastiques, les nuages et les retombées de cendre et de ponce, l’éruption de l’Asama a causé de gros dégâts. Elle a totalement détruit quatre villages et des milliers d’habitations. Le bilan humain est d’environ 1400 morts. L’agriculture est pratiquement restée au point mort pendant les quatre ou cinq années qui ont suivi l’éruption. La population a d’autant plus souffert que les autorités ne disposaient pas de réserves alimentaires. A elle seule, la famine a tué 20 000 personnes.

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1783 was a very rich year from a volcanic point of view, with two major eruptions on Earth.
Much has been said about the eruption of Laki in Iceland and some even see it as one of the possible causes of the French Revolution.
At the same time, the major eruption of Asama volcano went largely unnoticed in Japan. It contributed to disrupting weather conditions in the northern hemisphere.
This is not the only example of a major eruption hiding another one. In 1902, the eruption of Montagne Pelée (Martinique) and its 29,000 deaths overshadowed that of Santa Maria in Guatemala that killed 6,000 people.

In Iceland, Laki woke up on June 8th, 1783, tearing the Earth’s crust over more than 40 km. Along this giant fracture called Lakagigar, up to 110 eruptive mouths have been reported to have vomited torrents of lava for 50 days, with an estimated flow of 5,000 m3 per second. This lava spread over 370 km². It is the greatest lava effusion of historical times.
The eruption of Laki in 1783 caused severe climatic disturbances in the northern hemisphere. The ash clouds, preventing solar radiation from reaching the earth, caused an exceptionally cold winter in Europe. The River Seine was totally frozen on February 1st, 1784.
The eruption had catastrophic effects on living beings. 80% of the Icelandic sheep died and the famine killed one-fifth of the island’s population, bringing it back to 40,000.
At the European level, the study of parish registers revealed an excess mortality of about a third in the months following the Laki eruption. It is estimated that tens of thousands of people died in Europe.

In Japan, Asama is an andesitic stratovolcano rising  2560 metres above sea level on Honshu Island, about 130 km from Tokyo. It is very active with recent eruptions in 2004, 2008 and 2009. The composition of its lava accounts for its explosive behaviour and the violence of its eruptions. Plinian type, they rocked the volcanic edifice in 1108 and in 1783, almost at the same time as the eruption of Laki in Iceland.
The eruption began on May 9th of that year with ash emissions gradually increasing. From the month of July, a plinian plume spread over the volcano, with lightning and thunder. The shockwaves vibrated the houses, triggering panic among the population. The eruption reached its climax from August 4th, 1783 and ended with a last powerful explosion on the morning of August 5th, heard up to 300 km away.
With the pyroclastic flows, the clouds and the fallout of ash and pumice, the eruption of Asama caused great damage. It totally destroyed four villages and thousands of homes. The human toll is about 1,400 dead. Agriculture remained virtually stalled for four to five years after the eruption. The population suffered even more because the authorities did not have food reserves. Alone, the famine killed 20,000 people.

Fracture éruptive du Laki (Photo: C. Grandpey)

Vue de l’Asama (Crédit photo: Wikipedia)

Azumayama (Japon)

L’Agence météorologique du Japon (JMA) a relevé le niveau d’alerte de l’Azumayama de 1 à 2 le 15 septembre 2018, en raison d’une forte augmentation de la sismicité et d’une déformation persistante de l’édifice. Le volcan est situé dans le nord-est de Honshu, à l’ouest de Fukushima. Le niveau d’alerte avait déjà été porté à 1 le 9 septembre 2018. La dernière éruption a eu lieu en 1977, avec un indice d’explosivité volcanique (VEI) de 1.
La JMA pense qu’une éruption mineure est possible et il est déconseillé à la population de s’approcher à moins de 1,5 km du cratère.
Source: JMA.

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The Japan Meteorological Agency (JMA) raised the alert level for Azumayama from 1 to 2 on September 15th, 2018, due to a sharp increase in seismicity and continuous deformation. The volcano is located in NE Honshu, west of Fukushima. The alert level had already been raised to 1 on September 9th, 2018. The last eruption took place in 1977, with a Volcanic Explosivity Index (VEI) of 1.

JMA says that a small scale eruption may take place and that vigilance is required in the range of approximately 1.5 km from the crater.

Source : JMA.

Vue du vaste cratère de l’Azumayama (Crédit photo: Smithsonian Institution)

Lombok (Indonésie) : Des séismes mais pas d’éruptions // Earthquakes but no eruptions

Deux séismes d’une magnitude de M 6,3 et M 6,9 ont secoué à plusieurs heures d’intervalle, l’île indonésienne de Lombok le dimanche 19 août 2018, endommageant des constructions et provoquant des scènes de panique, deux semaines après un événement de M 7.0 qui a fait plus de 460 morts.

Le premier séisme, d’une magnitude de M 6,3, a été enregistré à 4,5 km sud-ouest de la ville de Belanting, dans l’est de Lombok, à 22h56 (heure locale). Son hypocentre a été localisé à une profondeur de 10 kilomètres. Des habitants ont affirmé que la secousse avait été fortement ressentie dans l’est de l’île.

Quelques heures plus tard, un deuxième séisme, d’une magnitude de M 6,9, a frappé l’île. L’USGS a localisé son hypocentre à une profondeur de 20 km et à environ cinq kilomètres au sud de Belanting. Aucune alerte au tsunami n’a été émise.

Dans l’immédiat, aucune victime n’a été signalée à la suite de ces séismes qui ont causé des dégâts matériels et provoqué la panique chez les habitants, notamment dans l’est de Lombok.

Selon les sismologues, cette dernière secousse a probablement activé la zone qui est juste à l’est des secousses précédentes. Les derniers événements semblent montrer que la faille le long de laquelle ils se sont produits est en train de s’activer plutôt vers l’est, ce qui serrait une bonne chose car la population est moins importante dans cette région. Le risque de tsunami est assez faible car, malgré une magnitude supérieure à M 6.0, ces événements ne sont pas très importants.

Les scientifiques font remarquer qu’il n’est pas rare d’avoir deux séismes consécutifs à deux semaines d’intervalle avec la même magnitude. Globalement, on constate que l’on a une grosse secousse puis des secousses plus petites dont le nombre décroît avec le temps. De temps en temps, une des secousses suivantes peut malheureusement être de même magnitude que le premier événement. Ainsi, le 5 août 2018, on a enregistré une secousse de magnitude M 6,9, et le 19 août un autre événement de même magnitude. On va probablement continuer à enregistrer des séismes plus petits, mais rien n’empêche que d’ici quelques semaines ou quelques mois, on enregistre un séisme d’une magnitude autour de M 7.0, mais plutôt vers l’est. Connaissant la structure des failles de cette zone, la probabilité la plus grande est que les séismes les plus puissants se déplacent vers l’est des îles et non pas vers l’ouest, vers Bali. En effet, la faille de Flores s’arrête sur l’île de Lombok et ne va pas plus vers l’ouest.

Beaucoup de gens se demandent si les nombreux événements sismiques enregistrés dans la région ne risquent pas entraîner une hausse de l’activité volcanique. Cette relation entre les deux types d’activité n’a jamais été vraiment prouvée. Dans le cas des derniers séismes de Lombok, on a affaire à une activité purement tectonique, et pas volcano-tectonique. Ils sont uniquement liés à la faille de Florès. Le risque de voir un volcan comme le Rinjani entrer en éruption est faible. L’île de Bali n’étant pas, à priori, concernée par cette activité tectonique, il y a peu de risques qu’un volcan comme l’Agung connaisse un regain d’activité. Comme je le fais remarquer lors de mes conférences, le très puissant séisme de Tohoku, d’une magnitude de M 8,9  enregistré le 11 mars 2011 au Japon n’a pas entraîné un réveil du Mont Fuji comme le craignaient certains volcanologues nippons. A l’époque, ces derniers pensaient que le Mont Fuji, emblème national, avait été touché en profondeur par le séisme qui avait provoqué la catastrophe nucléaire de Fukushima. Selon une étude franco-japonaise, publiée dans la revue Science, les entrailles du volcan, toujours actif et qui se trouve à la jonction des plaques tectoniques pacifique, eurasienne et philippine, auraient été mises sous pression par le séisme. On attend toujours l’éruption….

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Two earthquakes with a magnitude of M 6.3 and M 6.9 shook several hours apart the Indonesian island of Lombok on Sunday, August 19th, 2018, damaging buildings and causing panic scenes, two weeks after an M 7.0 event that left more than 460 dead.
The first earthquake, with a magnitude of M 6.3, was recorded 4.5 km southwest of Belanting City, east of Lombok, at 22:56 (local time). Its hypocentre was located at a depth of 10 kilometres. Residents said the quake was strongly felt in the eastern part of the island.
A few hours later, a second earthquake, with a magnitude of M 6.9, struck the island. USGS located its hypocentre at a depth of 20 km and about five kilometres south of Belanting. No tsunami warning was issued.
No casualties have been reported as a result of these earthquakes which caused material damage and panic among the inhabitants, particularly in eastern Lombok.
According to seismologists, this last jolt probably activated the area that lies just east of the previous quake. Recent events seem to show that the fault along which they occurred is becoming more active towards the east, which would be a good thing because this region is less populated. The risk of tsunami is quite low because, despite a magnitude greater than M 6.0, these events were not very powerful.
Scientists point out that it is not uncommon to have two consecutive earthquakes two weeks apart with the same magnitude. Overall, we can see that there is a big shake then smaller ones whose number decreases with time. From time to time, one of the following quakes may unfortunately be of the same magnitude as the first event. Thus, on August 5th, 2018, there was an earthquake with a magnitude of M 6.9, and on August 19th another event of the same magnitude. Smaller earthquakes will probably still be recorded, but in a matter of weeks or months, there might be another earthquake with a magnitude around M 7.0, but rather to the east. Knowing the fault structure of this area, the greatest probability is that the strongest earthquakes move east of the islands and not west towards Bali. Indeed, the Flores Fault stops on the island of Lombok and does not go further west.
Many people wonder if the numerous seismic events recorded in the region are not likely to cause an increase in volcanic activity. This relationship between the two types of activity has never really been proven. In the case of the last earthquakes at Lombok, we are dealing with a purely tectonic – but  not volcano-tectonic – activity. They are only related to the Flores Fault. The risk of seeing a volcano like Mount Rinjani erupt is low. The neighbouring island of Bali should not be affected by this tectonic activity, and there is little risk that a volcano like Mount Agung goes through a new outbreak of activity. As I often point out during my lectures, the very powerful Tohoku earthquake – with a magnitude M 8.9 – recorded on March 11th, 2011 in Japan did not cause the awakening of Mount Fuji as feared by some Japanese volcanologists. At the time, they believed Mount Fuji, the national emblem, had been deeply affected by the earthquake that caused the Fukushima nuclear disaster. According to a Franco-Japanese study, published in the journal Science, the bowels of the volcano, still active and located at the junction of the Pacific, Eurasian and Philippine tectonic plates, had been put under pressure by the earthquake. We are still waiting for the eruption …

Carte d’une partie de l’archipel indonésien avec, en particulier, les îles de Bali et Lombok (Google Maps)

Vue du Mont Fuji (Crédit photo: Wikipedia)