Nouvelle alerte climatique // New climate warning

 A la veille du sommet sur le climat organisé par le Président Biden, avec la présence des principaux chefs d’états, l’Organisation Météorologique Mondiale, gérée par les Nations Unies, a publié un rapport le 19 avril 2021 expliquant que «le temps presse» pour limiter la hausse des températures dans le monde. Intitulé «État du climat mondial en 2020», le rapport constate que les concentrations de gaz à effet de serre dans l’atmosphère ont continué d’augmenter en 2020, malgré les confinements imposés pour ralentir la propagation de la pandémie de COVID-19.

2020 a été la troisième année la plus chaude jamais enregistrée, avec une accélération de la fonte des glaciers et de la glace de mer, l’acidification des océans et la prolifération des incendies de forêt et des ouragans.

Le principal objectif de l’Accord de Paris sur le climat était d’empêcher les températures à l’échelle de la planète de dépasser 1,5 degré Celsius. Le rapport de l’ONU avertit qu’il faudra un énorme effort de la part des gouvernements pour atteindre cet objectif.

Les données du rapport des Nations Unies montrent que la température moyenne du globe pour 2020 a été d’environ 1,2 degrés Celsius supérieure à l’époque préindustrielle, ce qui signifie que le temps presse vraiment pour atteindre les objectifs de l’Accord de Paris.

Le 22 avril 2021, le Président Biden accueillera des dirigeants du monde entier pour un sommet virtuel auquel doivent participer des représentants de 40 pays responsables des principales émissions de carbone. Parmi les dirigeants invités au sommet figurent le Premier ministre indien, le président russe Vladimir Poutine et le président chinois Xi Jinping.

La Maison Blanche a déclaré dans un communiqué que «le sommet sur le climat soulignera l’urgence – et les avantages économiques – d’une action climatique plus forte. Ce sera une étape clé sur la route de la Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques (COP26) en novembre à Glasgow. »

Alors que les gaz à effet de serre comme le dioxyde de carbone et le méthane continuent de s’accumuler dans l’atmosphère terrestre, la planète a commencé à subir les ravages du changement climatique prévus depuis des décennies. Le niveau de la mer continue d’augmenter alors que les calottes glaciaires et les glaciers continuent de fondre. Aux États-Unis en 2020, les incendies de forêt ont établi des records, tout comme le nombre d’ouragans qui ont touché terre. Les vagues de chaleur sur terre et sur les océans menacent de plus en plus la vie sur Terre. Selon une étude conduite en 2020 par l’Université de l’Arizona, si un effort mondial concerté n’est pas déployé pour infléchir la tendance actuelle, on estime qu’un tiers de toutes les plantes et animaux de la planète seront menacés d’extinction de masse dans les 50 prochaines années.

Lors du sommet, Joe Biden devrait annoncer que les États-Unis essaieront de réduire les émissions de gaz à effet de serre d’au moins 50% par rapport aux niveaux de 2005. Il fera également pression sur les autres dirigeant pour qu’ils souscrivent à des engagements similaires, même s’ils ne seront pas contraignants. [NDLR : Autrement dit, rien, ou très peu, sera fait pour améliorer la situation climatique]

Alors que 200 pays ont signé l’Accord de Paris, les États-Unis se sont retirés sous l’ancien président Donald Trump, mais Joe Biden a immédiatement rejoint l’Accord après avoir été élu. Le rapport des Nations Unies avertit que «le pire scénario serait que nous n’atteignions pas 1,5 degré comme limite acceptable, que nous la dépassions, et que nous précipitions alors le monde dans une situation catastrophique».

Source: Médias d’information internationaux.

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 On the eve of the climate summit organised by President Biden with the presence of world leaders, the United Nations World Meteorological Organization released a report on April 19th, 2021 warning that “time is fast running out” to keep global temperatures in check. Titled “State of the Global Climate 2020,” the report finds that concentrations of greenhouse gases in the atmosphere continued to climb in 2020, despite lockdowns imposed to slow the spread of COVID-19. 2020 was the third warmest on record, worsening the melting of glaciers and sea ice, the acidification of the world’s oceans and the severity of wildfires and hurricanes.

A key goal of the Paris Agreement on climate change is to keep global temperatures from rising above 1.5 degrees Celsius, and the U.N. report warns that doing so will require a massive effort from the governments of the world. The data in the U.N. report show that the global mean temperature for 2020 was around 1.2 degrees Celsius warmer than pre-industrial times, meaning that time is fast running out to meet the goals of the Paris Agreement.

On April 22nd, President Biden will host leaders from around the world for a virtual summit which is expected to include representatives from 40 countries who are responsible for the overwhelming majority of global carbon emissions. Among the leaders invited to the summit are India’s Prime Minister, Russian President Vladimir Putin and Chinese President Xi Jinping.

The White House said in a statement that “the Leaders Summit on Climate will underscore the urgency — and the economic benefits — of stronger climate action. It will be a key milestone on the road to the United Nations Climate Change Conference (COP26) this November in Glasgow.”

With greenhouse gases like carbon dioxide and methane continuing to build up in the Earth’s atmosphere, the planet has begun to experience the ravages of climate change predicted for decades. Sea levels continue to rise as polar ice caps and glaciers continue to melt. In the U.S. in 2020, wildfires set records, as did the number of hurricanes making landfall. Heat waves on land, as well as in the oceans, increasingly threaten life on Earth. According to a 2020 study conducted by the University of Arizona, if a concerted global effort is not mounted to bend the current trend line, an estimated one-third of all plants and animals on the planet will be at risk of mass extinction in the next 50 years.

At the summit, Biden is expected to announce that the U.S. will seek to cut emissions by at least 50 percent from 2005 levels. He will also pressure other world leaders to sign on to similar pledges, though those will be nonbinding. [Personal note : This means nothing, or little, will be made to improve the climate situation.]

While 200 nations signed onto the Paris accord, the U.S. pulled out of the agreement under former President Donald Trump, but Joe Biden was quick to rejoin the Paris Agreement upon being sworn in to office.

The United Nations report warns that “the worst risk is that we don’t reach 1.5 degrees as a limit, that we go over it, and that we precipitate the world into a catastrophic situation.”

Source: International news media.

Nul doute que les glaciers – comme celui du Rhône ici – vont continuer à fondre (Photo : C. Grandpey)

Réchauffement climatique: fonte des glaciers en Ouganda // Climate change: Melting glaciers in Uganda

Quand on parle des glaciers en Afrique, on évoque généralement ceux qui couronnent le Kilimandjaro en Tanzanie, et qui ont pratiquement cessé d’exister à cause du réchauffement climatique. Il existe d’autres glaciers en Ouganda en Afrique de l’Est. Le pays est bordé à l’est par le Kenya, au nord par le Soudan du Sud, à l’ouest par la République Démocratique du Congo (RDC), au sud-ouest par le Rwanda et au sud par la Tanzanie.

L’Ouganda est principalement composé d’un plateau central entouré de montagnes. On rencontre des collines au sommet plat, séparées par des vallées. La majeure partie du pays se trouve au-dessus de 1 000 m au-dessus du niveau de la mer. A la frontière avec la RDC, les monts Rwenzori, la plus haute chaîne d’Afrique, culminent à 5 119 m au pic Marguerite.

Les Rwenzori, site du patrimoine mondial de l’Unesco, étaient autrefois couverts de neige et de glace, mais avec le changement climatique, la neige disparaît et les glaciers fondent et reculent. Les conséquences sont graves car aujourd’hui les récoltes sont détruites par les inondations ou la sécheresse. Soit il y a trop de sécheresse, soit il y a trop de pluie.

Le changement climatique affecte les monts Rwenzori de différentes manières. La plus visible est la réduction rapide du champ de glace, qui est passé de 6,5 kilomètres carrés en 1906 à moins d’un kilomètre carré en 2003, et il se pourrait qu’il disparaisse complètement avant la fin de cette décennie.

En 2012, les incendies de forêt ont atteint des altitudes supérieures à 4 000 mètres, ce qui aurait été inconcevable dans le passé. Le feu dévaste la végétation qui autrefois contrôlait le débit des rivières en aval. Les localités au pied des Rwenzori connaissent des inondations catastrophiques liées à un schéma de précipitations moins fréquentes mais plus abondantes. En mai 2020, cinq rivières ont rompu leurs berges après de fortes pluies. Les eaux ont dévalé la montagne en transportant de gros rochers ; des maisons et des écoles ont été emportées et la ville de Kalembe a été rasée. Quelque 25 000 maisons ont été détruites et 173 000 personnes ont été affectées.

On peut trouver des explications scientifiques à ces événements, mais la culture locale Bakonzo les interprète différemment. Selon les croyances locales, les catastrophes se produisent parce que les dieux sont en colère. Les Bakonzo croient que leur dieu, Kithasamba, vit dans la neige et que la neige est en fait son sperme gelé. Le nom Rwenzori vient de rwe nzururu, qui signifie «lieu de neige» en langue Bakonzo. Selon la cosmologie Bakonzo, 30 dieux sont associés aux différentes ressources naturelles sur la montagne.

La déforestation et la croissance démographique rapide autour des Rwenzori, montagnes sacrées pour la population, mais aussi la fonte du glacier, ont profondément changé la vie dans la région. Lors des inondations de 2020, l’eau a submergé des sources chaudes et emporté la végétation autour d’une cascade qui était utilisée comme lieu de rituels. Depuis lors, les chefs spirituels ne sont plus en mesure d’accomplir ces cérémonies. D’autres sites spirituels s’érodent ou sont envahis par la boue et la destruction de la végétation a affaibli les berges des rivières dans de nombreuses régions. Des rituels vieux de plusieurs siècles se trouvent menacés.

La communauté Bakonzo est composée d’environ un million de personnes qui vivent de part et d’autre de la frontière entre l’Ouganda et la RDC, et leur patrimoine disparaître à cause du changement climatique. La situation en Ouganda montre que les conséquences du changement climatique sont particulièrement sévères sous les tropiques. Un accroissement de la température de un ou deux degrés sous l’équateur a un impact beaucoup plus important qu’une hausse identique dans les pays tempérés. La restauration et la protection des zones touchées par le changement climatique sont essentielles pour préserver le patrimoine culturel. Un projet allant dans ce sens prévoit la plantation d’arbres pour renforcer les berges des cours d’eau, en particulier avec des bambous et des arbres indigènes. La population locale a déjà apporté des réponses à certains problèmes. Par exemple, les habitants savent quel type de végétation doit être planté en fonction de l’altitude. Ils savent aussi qu’il faut planter le long des berges des rivières parce que c’est la nourriture du dieu de l’eau, et quand le dieu de l’eau est content, il ne provoque pas d’inondations…

Source: La BBC.

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When people think about glaciers in Africa, they usually mention Mt Kilimandjaro’s (Tanzania) which are quickly melting and have nearly disappeared because of global warming. There are other glaciers in Uganda, an East African country bordered to the east by Kenya, to the north by South Sudan, to the west by the Democratic Republic of the Congo, to the south-west by Rwanda, and to the south by Tanzania

The country is mainly composed of a central plateau surrounded by mountains. The relief is composed of hills with a flat top, separated by valleys. Most of the country is above 1,000 m above sea level and, on the border with the DRC, the Rwenzori Mountains, the highest range in Africa, peak at 5,119 m at Margherita Peak.

The Rwenzori mountains, a Unesco World Heritage site, used to be covered with snow and ice, but no longer today. With climate change, the snow is disappearing and the glaciers are melting and receding. Today, the crops get destroyed by floods or drought. It’s either too much drought or too much rain.

Climate change is affecting the Rwenzori Mountains in different ways. The most visible is the rapid loss of the ice field, which shrunk from 6.5 square kilometres in 1906 to less than one square kilometre in 2003, and could completely disappear before the end of this decade.

In 2012, forest fires reached altitudes above 4,000 metres, which would have been inconceivable in the past, devastating vegetation that controlled the flow of the rivers downstream.

Since then, the communities living at the foot of the Rwenzori have suffered some of the most destructive floods the area has ever seen, coupled with a pattern of less frequent but heavier rainfall. In May 2020, five local rivers burst their banks after heavy rains. The waters came down the mountain carrying large boulders, sweeping away houses and schools and razing the entire town of Kalembe to the ground. Around 25,000 houses were destroyed and 173,000 people were affected.

While science may provide an explanation for these events, the local Bakonzo culture has another way of framing them. According to their beliefs, they happen because the gods are angry.

The Bakonzo believe that their god, Kithasamba, lives in the snow, and that the snow is actually his frozen sperm. The name Rwenzori comes from rwe nzururu, which means « place of snow » in the Bakonzo language. According to Bakonzo cosmology, there are 30 gods associated with different natural resources living on the mountain.

Deforestation and rapid population growth around the sacred mountain, as well as the melting glacier, are changing life in the region. During the 2020 floods, the water submerged hot springs and washed away the vegetation around a waterfall that was used as a place for rituals. Since then, spiritual leaders have been unable to perform those ceremonies. Other spiritual sites are getting eroded or filled up with silt and the destruction of the vegetation has weakened the banks in many areas. All this is threatening centuries-old rituals.

The Bakonzo community is made up of around one million people living on both sides of the border between Uganda and DR Congo, and their heritage could be lost as a result of climate change.

The situation in Uganda shows that the consequences of climate change are particularly acute at the tropics. One or two degrees of warming at the Equator has a much bigger impact on climate and water budgets than one or two degrees of warming in temperate countries.

Restoring and protecting areas affected by climate change is key to preserving cultural heritage. As part of a project to do this, there is a project to plant trees to reinforce the riverbanks, including bamboos and native trees. The community already had answers for some of the problems. For example, they know what type of vegetation should be planted at what level on the mountain. They also know they are supposed to plant along the riverbank because it is food to the water god. And when the water god is pleased, he doesn’t cause floods.

Source: The BBC.

Les monts Rwenzori et le Pic Marguerite (Crédit photo : Wikipedia)

Manque d’étude et de surveillance des glaciers de l’Himalaya // Lack of study and monitoring of Himalayan glaciers

La récente catastrophe de l’Uttarakhand (Inde) avec des centaines de victimes a mis en lumière le manque d’étude et de surveillance des glaciers de l’Himalaya.

L’Himalaya possède le plus grand nombre de glaciers sur Terre en dehors des pôles et ils ont perdu des milliards de tonnes de glace en raison de l’accélération de leur fonte sous les coups de boutoir du réchauffement climatique. Le problème est qu’il n’y a pas de véritable approche en terme de dangers. Les autorités réagissent lorsque des accidents comme celui de l’Uttarakhand se produisent, mais la plupart des glaciers présentant des risques ne sont pas surveillés.

Les glaciologues expliquent que lorsque les glaciers reculent ou s’amincissent, certains peuvent devenir dangereux. Par exemple, des pans de glace peuvent rester accrochés aux parois abruptes des montagnes et s’effondrer à tout moment.

Il est également possible que des glaciers en train de reculer ou de s’amincir déstabilisent le sol au-dessous et autour d’eux alors qu’auparavant ils le retenaient. Une telle situation peut générer des glissements de terrain, des chutes de blocs ou  de glace et même l’effondrement de pans entiers de montagnes.

Les scientifiques avertissent que de tels événements peuvent également bloquer les rivières en aval, avec des déferlements ultérieurs d’eau et de matériaux qui emportent tout sur leur passage. C’est ce qui semble s’être produit dans l’Uttarakhand.

La géographie complexe et difficile d’accès de l’Himalaya rend la surveillance des glaciers extrêmement difficile. Il y a plus de 50 000 glaciers dans l’Himalaya et dans la région de l’Hindu Kush et seuls 30 d’entre eux sont surveillés ou ont été l’objet d’études sur le terrain. Seules une quinzaine de ces études ont été publiées.

Les scientifiques expliquent que l’Himalaya est la plus jeune chaîne de montagnes du monde. Elle continue donc de croître et les séismes déstabilisent souvent les pentes des massifs. De plus, les modifications des chutes de neige et des précipitations à la suite du changement climatique rendent les montagnes plus vulnérables.

Les changements intervenus sur les glaciers à cause du réchauffement climatique aggravent la situation. Un glacier de la montagne Aru au Tibet s’est soudainement effondré en 2016 en provoquant une impressionnante avalanche de glace qui a tué neuf personnes et des centaines de têtes de bétail.

Une étude récente à propos de certaines hautes montagnes d’Asie a lié l’augmentation du nombre et de la fréquence des glissements de terrain majeurs entre 1999 et 2018 au recul des glaciers. Les auteurs de l’étude ont identifié 127 glissements de terrain de ce type entre 2009 et 2018. Les résultats de l’étude montrent une tendance à la hausse des glissements de terrain majeurs au cours de la dernière décennie. Une diminution de la superficie des glaciers correspond à l’augmentation de la superficie des glissements de terrain.

Auparavant, les roches sur les pentes des montagnes étaient maintenues en place par des glaciers. Aujourd’hui, comme il n’y a plus de glaciers, ces roches sont suspendues et représentent un danger potentiel. On peut lire dans un rapport spécial du GIEC en 2018 : « Le recul des glaciers et le dégel du pergélisol ont diminué la stabilité des pentes des montagnes et l’intégrité des infrastructures. »

La plupart des quelques études réalisées à ce jour sur les glaciers himalayens se concentrent sur l’accélération de leur fonte et sur la question de savoir si l’eau de fonte remplira les lacs glaciaires, avec des risques de crues meurtrières. Certaines des études se sont également attardées sur l’avenir des rivières alimentées par les glaciers dans la région si le recul glaciaire s’accélérait avec la hausse de la température. On reproche à ces études de s’être trop attardées sur les lacs glaciaires alors que d’autres dangers tels que les avalanches et les chutes de séracs liées à la fonte rapide des glaciers ont été laissés pour compte. Cependant, les statistiques montrent que ce sont les inondations liées à la rupture des lacs glaciaires qui ont historiquement causé plus de problèmes dans la région. Ces inondations sont une menace pour la population des vallées car elles se déclenchent sans prévenir.

Certains scientifiques affirment que les tensions entre l’Inde et ses voisins comme la Chine et le Pakistan, qui ont des frontières communes sur l’Himalaya, sont également un obstacle majeur à l’étude des glaciers de la région.

Source: La BBC.

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The recent Uttarakhand disaster in India with hundreds of victims has shed light on the lack of study and monitoring of glaciers in the Himalayas.

The Himalayas have the largest number of glaciers on Earth outside the poles and they have lost billions of tonnes of ice due to accelerated melting caused by global warming. The problem is that there is no comprehensive understanding of what actually is happening in terms of hazards. The authorities are reactive when incidents like the one in Uttarakhand happen, but most glaciers with such hazard are not monitored.

Experts say when glaciers retreat or thin out, some of them can become dangerous. For instance, in some cases, remaining ice of retreated glaciers can hang perilously on steep walls of mountains and can collapse at any time.

It is also possible that thinned or retreated glaciers can destabilise the ground below and around them which they would have otherwise buttressed. This can make the area prone to landslides, rockfall or icefall and even potentially lead to the collapse of entire mountain slopes.

Scientists say such events can also block rivers below that eventually burst, sweeping away everything in their path. This is what seems to have happened in Uttarakhand.

The difficult geography of the Himalayas makes glacier monitoring extremely challenging. There are more than 50,000 glaciers in the Himalayas and the Hindu Kush region and only 30 of them are being closely observed, including field studies. Only around 15 of those studies have been published.

Scientists say that because the Himalayas are the youngest mountain ranges in the world, they are still growing and earthquakes often destabilise their slopes.

Changing snowfall and rainfall patterns in the wake of climate change make the mountains more vulnerable. The warming-related changes in the glaciers make things worse. A glacier in Tibet’s Aru mountain suddenly collapsed in 2016 causing massive ice avalanche that killed nine people and hundreds of livestock.

A recent study of some high mountains of Asia linked the number of larger landslides and their increased frequency between 1999 and 2018 to the retreat of glaciers. The authors of the study identified 127 such landslides between 2009 and 2018. The results of the study show an increasing trend of large landslides over the last decade.

A decline in glacier area is associated with the increase in landslide area. Before, the rocks on the mountain slopes were glued by glaciers. Now, if there are no glaciers, those rocks are hanging and that is a potential danger. A special report by the IPCC in 2018 said: « Glacier retreat and permafrost thaw have decreased the stability of mountain slopes and integrity of infrastructure. »

Of the limited studies on Himalayan glaciers to date, most are focused on their accelerated melting and whether that will dangerously fill up glacial lakes, causing them to burst. Some of the studies have also looked into what could happen to glacier-fed rivers in the region if glacial retreat accelerated with rising temperature.

Critics say glacial lakes have received all the attention while other hazards like avalanches and icefalls associated with fast-melting glaciers have been ignored. However, statistics show that glacial-lake related floods have historically caused more problems in the region. As these floods can affect people without warning far from the glacier themselves, it makes this particular hazard very dangerous.

Some experts say tension between India and its neighbours like China and Pakistan, that share borders in the Himalayas, has also been a major obstacle to studying glaciers in the region..

Source : The BBC.

Glaciers de l’Himalaya vus depuis l’espace (Source : NASA)

Le Groenland à l’époque de la toundra, avec des statistiques inquiétantes // Greenland when there was the tundra, with disturbing statistics

Dans une note publiée le 9 août 2016, j’indiquais qu’une étude de l’Université York à Toronto (Canada), faisait état d’une base militaire américaine  – Camp Century – située sous la glace du Groenland et qui avait été abandonnée dans les années 1960. L’étude expliquait que le réchauffement climatique pourrait remobiliser des déchets dangereux qui étaient censés être enterrés à jamais sous la calotte glaciaire. La base militaire ultra secrète construite à l’intérieur de la calotte glaciaire du Groenland en 1959, a servi de site pour tester la faisabilité de bases de lancement de missiles nucléaires dans l’Arctique pendant la Guerre Froide.

Quand la base a été désaffectée en 1967, son infrastructure et les déchets qui s’y trouvaient ont été abandonnés avec l’idée qu’ils seraient enfouis à jamais dans la neige et la glace. C’était sans tenir compte du changement climatique. Si la fonte de la glace du Groenland continue, l’infrastructure de la base ainsi que les déchets biologiques, chimiques, et radioactifs, pourraient se répandre dans la nature et perturber les écosystèmes tout autour du site.

En se référant aux matériaux de construction utilisés dans l’Arctique à l’époque, les auteurs de l’étude pensaient que le site contenait, entre autres, des biphényles polychlorés (BPC) – interdits en France depuis 1987 car ce sont des polluants toxiques pour la santé humaine. Les chercheurs estimaient également que le site dissimulait 240 000 litres d’eaux usées, avec un volume inconnu de réfrigérant faiblement radioactif qui alimentait le générateur nucléaire utilisé pour produire de l’électricité.

En 1963, une équipe scientifique a commencé à forer la calotte glaciaire du Groenland. Les chercheurs ont extrait une carotte de glace de 10 centimètres de diamètre et 1,5 km de long. A l’extrémité de la carotte, il y avait 3,50 mètres de terre gelée. À l’époque, un glaciologue a conservé la carotte et les échantillons de sol à l’Université de Buffalo pendant des années, puis il les a expédiés au Danemark dans les années 1990, et ils ont été oubliés.

Il y a quelques années, des chercheurs danois ont découvert dans un congélateur les échantillons dans une boîte de biscuits, avec des étiquettes à moitié effacées où on pouvait lire: «Camp Century Sub-Ice». Les échantillons révèlent aujourd’hui leurs secrets.

En utilisant des techniques qui n’existaient pas dans les années 1960 lorsque la carotte a été prélevée, une équipe internationale de scientifiques a pu montrer que l’immense calotte glaciaire du Groenland avait fondu dans sa totalité au cours du dernier million d’années. La datation au radiocarbone montre que le phénomène s’est probablement produit il y a plus de 50 000 ans. En fait, il a probablement eu lieu il y a environ 400 000 ans, à une époque où le climat était chaud et le niveau de la mer élevé.

Lorsque les scientifiques ont exploré l’échantillon de sol au microscope, ils ont découvert les restes d’un écosystème de toundra avec des brindilles, des feuilles et de la mousse. Ils avaient sous les yeux le nord du Groenland tel qu’il existait au moment où, pour la dernière fois, la région n’était pas recouverte par la glace.

Sans calotte glaciaire, la lumière du soleil pouvait suffisamment réchauffer le sol pour que la végétation de la toundra recouvre le paysage. Les océans étaient probablement 3 mètres plus hauts qu’aujourd’hui. Cela signifie que les sites où ont été construites des villes comme Boston, Londres et Shanghai se trouveraient aujourd’hui sous les vagues de l’océan. Tout cela s’est produit avant que les humains ne commencent à réchauffer le climat de la Terre. L’atmosphère de l’époque contenait beaucoup moins de dioxyde de carbone qu’aujourd’hui. La carotte de glace et le sol à son extrémité sont comme une Pierre de Rosette pour comprendre le comportement de la calotte glaciaire du Groenland pendant les périodes chaudes du passé et à quelle vitesse elle est susceptible de fondre à nouveau avec le réchauffement climatique actuel.

En juillet 2019, deux échantillons de sol congelé, issus de la carotte de 1963, sont arrivés dans un laboratoire de l’Université du Vermont. Tout d’abord, les chercheurs ont photographié la stratification de la carotte. Ensuite, ils ont découpé de fines lamelles pour les examiner au microscope. Ils ont fait fondre le reste de la glace et ont récupéré cette eau de fonte à la surface de laquelle ils ont repéré quelque chose qui flottait. Lorsqu’ils ont examiné cette chose au microscope, ils ont pu voir qu’il s’agissait d’un mélange de feuilles, de brindilles et de mousse, et pas seulement de terre. Ils avaient devant les yeux un échantillon d’un ancien écosystème parfaitement conservé dans la glace du Groenland.

Au cours du dernier million d’années, le climat de la Terre a été rythmé par des périodes interglaciaires chaudes relativement courtes, généralement d’environ 10 000 ans. Il y avait alors moins de glace aux pôles et le niveau de la mer était plus élevé.

Les dernières recherches montrent qu’au moins une de ces périodes interglaciaires a été suffisamment chaude pendant une période suffisamment longue pour faire fondre de grandes parties de la calotte glaciaire du Groenland, ce qui a permis à un écosystème de toundra d’émerger dans le nord-ouest du Groenland.

Les scientifiques ont utilisé deux techniques pour déterminer l’âge du sol et des plantes. Tout d’abord, ils ont utilisé un accélérateur de particules pour dénombrer les atomes qui se forment dans les roches et les sédiments lorsqu’ils sont exposés au rayonnement naturel qui bombarde la Terre. Ensuite, ils ont utilisé une méthode ultra sensible pour mesurer la lumière émise par les grains de sable afin de déterminer la dernière fois où ils ont été exposés au soleil. Des travaux antérieurs sur une autre carotte de glace extraite du centre du Groenland dans les années 1990 ont montré que la glace y était également absente au cours du dernier million d’années, peut-être il y a environ 400 000 ans.

Les glaciologues préviennent depuis longtemps que la disparition de la calotte glaciaire du Groenland serait catastrophique pour l’humanité. La fonte de cette glace ferait s’élever le niveau de la mer de plus de 6 mètres. Cela redessinerait les côtes du monde entier. Environ 40% de la population mondiale vit à moins de 100 km d’une côte et 600 millions de personnes vivent à moins de 9 mètres au-dessus du niveau de la mer. Si le réchauffement se poursuit, la fonte des glaces du Groenland et de l’Antarctique déversera de plus en plus d’eau dans les océans. Certaines zones habitées seront obligées de déménager et des infrastructures coûteuses devront être abandonnées. (* voir ci-dessous)

L’histoire de Camp Century révèle deux moments particulièrement importants de l’histoire moderne. Une base militaire construite dans l’Arctique pour faire face à la menace d’une guerre nucléaire a conduit par inadvertance à la découverte, à travers une carotte de glace, d’une autre menace : l’élévation du niveau de la mer provoquée par le changement climatique d’origine anthropique.

Source : Yahoo News, The Conversation.

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Selon un rapport de la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR) publié le 17 mars 2021, environ 10,3 millions de personnes ont été déplacées par des événements induits par le changement climatique tels que des inondations et des sécheresses au cours des six derniers mois. La majorité de ces personnes vivaient en Asie. Environ 2,3 millions d’autres ont été déplacées par des conflits au cours de la même période. Cela signifie que la grande majorité des déplacements de populations sont maintenant provoqués par le changement climatique.

Bien que les chiffres ne couvrent qu’une période de six mois, entre septembre 2020 et février 2021, ils mettent en évidence une tendance à la hausse, à l’échelle de la planète, des déplacements liés au climat.

Selon le rapport de la FICR, environ 60% des réfugiés climatiques au cours des six derniers mois se trouvaient en Asie. Cela peut s’expliquer par l’absence de mesures pour faire face aux catastrophes dans la région.

Les statistiques de l’Observatoire des situations de déplacement interne (OSDI) montrent qu’en moyenne 22,7 millions de personnes sont déplacées chaque année. Le chiffre prend en compte les déplacements causés par des phénomènes géophysiques tels que les séismes et les éruptions volcaniques, mais la grande majorité des personnes sont déplacées par des événements météorologiques.

Dans le monde, 17,2 millions de personnes ont été déplacées en 2018 et 24,9 millions en 2019. Les chiffres ne sont pas encore disponibles pour l’année 2020, mais le rapport semestriel de l’OSDI montre qu’il y a eu 9,8 millions de déplacements causés par des catastrophes naturelles au cours du premier semestre de l’année dernière.

Un rapport de l’Institute for Economics and Peace publié en 2020 a révélé que plus d’un milliard de personnes seraient concernées par une migration forcée d’ici 2050 en raison de conflits et de facteurs liés à l’environnement.

Source: Yahoo News.

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In a post published on August 9th, 2016, I referred to a study by York University in Canada, that revealed that a military camp – Camp Century – located beneath the ice in Greenland was abandoned in the 1960s and that climate change could remobilize the abandoned hazardous waste believed to be buried forever beneath the Greenland Ice Sheet.

The top secret U.S. military base built in the Greenland Ice Sheet in 1959, served as a top-secret site for testing the feasibility of nuclear missile launch sites in the Arctic during the Cold War. When the camp was decommissioned in 1967, its infrastructure and waste were abandoned under the assumption they would be entombed forever by perpetual snow and ice.

Unfortunately, climate change has warmed the Arctic more than any other region on Earth. If the melting of Greenland’s ice continues, the camp’s infrastructure, including any remaining biological, chemical, and radioactive wastes, could re-enter the environment and potentially disrupt nearby ecosystems. Based on building materials used in the Arctic at the time, the authors speculate the site contains polychlorinated biphenyls (PCBs), pollutants toxic to human health. They also estimate the site has 240,000 liters of waste water, including sewage, along with an unknown volume of low-level radioactive coolant from the nuclear generator used to produce power.

In 1963, a team of scientists began drilling down through the Greenland ice sheet. They extracted an ice core 10 centimetres across and 1.5 km long. At the very end, they pulled up something else: 3.50 metres of frozen soil. At the time, a glaciologist kept the core and soil samples frozen at the University at Buffalo for years, then he shipped them to a Danish archive in the 1990s, where the soil was soon forgotten. A few years ago, Danish researchers found the soil samples in a box of glass cookie jars with faded labels: “Camp Century Sub-Ice.”  It is now revealing its secrets.

Using lab techniques unimaginable in the 1960s when the core was drilled, an international team of scientists was able to show that Greenland’s massive ice sheet had melted to the ground there within the past million years. Radiocarbon dating shows that it probably happened more than 50,000 years ago. It most likely happened during times when the climate was warm and sea level was high, possibly 400,000 years ago.

When the scientists explored the soil under a microscope, they discovered the remnants of a tundra ecosystem including twigs, leaves and moss. They had before their eyes northern Greenland as it existed the last time the region was ice-free.

With no ice sheet, sunlight could warm the soil enough for tundra vegetation to cover the landscape. The oceans around the globe were probably more than 3 metres higher. This means that the land on which Boston, London and Shanghai sit today was under the ocean waves.

All of this happened before humans began warming the Earth’s climate. The atmosphere at that time contained far less carbon dioxide than it does today. The ice core and the soil below are like a Rosetta Stone for understanding how durable the Greenland ice sheet has been during past warm periods, and how quickly it might melt again as the climate heats up.

In July 2019, two samples of frozen solid soil arrived at a lab at the University of Vermont. The scientists began collecting a few tens of grams of frozen mud and sand for different analyses. First, they photographed the layering in the soil before it was lost forever. Then they chiseled off small bits to examine under the microscope. They melted the rest and saved the ancient water. While they were washing the soil, they spotted something floating in the rinse water. When they examined it with a microscope, they could see it was a mixture of leaves, twigs and mosses, not just soil. This was an ancient ecosystem perfectly preserved in Greenland’s natural deep freeze.

Over the last million years, Earth’s climate was punctuated by relatively short warm periods, typically lasting about 10,000 years, called interglacials, when there was less ice at the poles and sea level was higher.

The last research shows that at least one of these interglacial periods was warm enough for a long enough period of time to melt large portions of the Greenland ice sheet, allowing a tundra ecosystem to emerge in northwestern Greenland.

The scientists used two techniques to determine the age of the soil and the plants. First, they used clean room chemistry and a particle accelerator to count atoms that form in rocks and sediment when exposed to natural radiation that bombards Earth. Then, they used an ultra-sensitive method for measuring light emitted from grains of sand to determine the last time they were exposed to sunlight.

Previous work on another ice core extracted from central Greenland in the 1990s showed that the ice had also been absent there within the last million years, perhaps about 400,000 years ago.

Glaciologists have long warned that losing the Greenland ice sheet would be catastrophic to humanity today. The melted ice would raise sea level by more than 6 metres. That would redraw coastlines worldwide. About 40% of the global population lives within 100 km of a coast, and 600 million people live within 9 metres of sea level. If warming continues, ice melt from Greenland and Antarctica will pour more water into the oceans. Communities will be forced to relocate and costly infrastructure will be abandoned. (* see below)

The story of Camp Century spans two critical moments in modern history. An Arctic military base built in response to the existential threat of nuclear war inadvertently led to the discovery of another threat from ice cores: the threat of sea level rise from human-caused climate change.

Source : Yahoo News, The Conversation.

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According to a report from the International Federation of Red Cross and Red Crescent Societies (IFRC) published on March 17th, 2021, about 10.3 million people were displaced by climate change-induced events such as flooding and droughts in the last six months, the majority of them in Asia. About 2.3 million others were displaced by conflict in the same period. This means that the vast majority of internal displacements are now triggered by climate change.

Though the figures cover only a six-month period from September 2020 to February 2021, they highlight an accelerating global trend of climate-related displacement.

According to the IFRC report, some 60% of climate-IDPs (internally displaced persons) in the last six months were in Asia. This can be explained by the absence of adaptation and mitigation in the region.

Statistics from the Internal Displacement Monitoring Center (IDMC) show that on average 22.7 million people are displaced every year. The figure includes displacements caused by geophysical phenomenon such as earthquakes and volcanic eruptions, but the vast majority are displaced by weather-related events.

Globally, 17.2 million people were displaced in 2018 and 24.9 million in 2019. Full-year figures are not yet available for 2020, but IDMC’s mid-year report showed there were 9.8 million displacements because of natural disasters in the first half of last year.

A report by the Institute for Economics and Peace published in 2020 found that more than 1 billion people are expected to face forced migration by 2050 due to conflict and ecological factors.

Source: Yahoo News.

Cette photo de l’armée américaine montre les tunnels de l’entrée NE de Camp Century au moment de sa construction en 1959.

Ces deux cartes montrent 1) la vitesse de fonte de la glace au Groenland et 2) le substrat rocheux sous la calotte glaciaire

Icebergs

On parle beaucoup d’icebergs en ce moment, suite au récent vêlage de deux mastodontes en Antarctique. France 3 Limousin m’a demandé de donner quelques explications le 8 mars au cours du 12-13, mais le temps qui m’était imparti ne m’a pas permis de dire grand-chose. Voici donc quelques informations supplémentaires.

Il faut tout d’abord rappeler que la production – ou vêlage – d’icebergs n’est pas un fait nouveau. Depuis la nuit des temps, des milliers de blocs de glace quittent la banquise ou se détachent de glaciers venant finir leur course dans un lac ou dans la mer.

92% du volume d’un iceberg est situé sous la surface de l’eau. Ainsi, un grand iceberg tabulaire dépassant de 35 à 40 m au-dessus de la surface de l’océan a une partie immergée pouvant descendre jusqu’à plus de 300 m de profondeur.

La flottabilité de l’iceberg s’explique par la célèbre poussée d’Archimède, un principe que beaucoup d’entre nous ont appris par cœur sur les bancs de l’école : « Tout corps plongé dans un fluide subit une force verticale, dirigée de bas en haut et opposée au poids du volume de fluide déplacé. ». La pression étant plus forte sur la partie inférieure d’un objet immergé que sur sa partie supérieure, il en résulte une poussée globalement verticale orientée vers le haut.

Les icebergs sont classés en fonction de leur taille et de la forme de leur partie visible. Ils peuvent être tabulaires, trapus, biseautés, etc. Lors des grandes compétitions comme le Vendée Globe qui transitent par les mers du sud, les navigateurs redoutent les growlers, petits icebergs difficilement décelables par les radars et qui peuvent causer de gros dégâts aux bateaux. C’est pour cela qu’il y a interdiction de naviguer en dessous d’une certaine latitude.

Les icebergs arborent souvent des couleurs magnifiques qui vont du blanc au bleu profond. Certains présentent des zébrures de teinte foncée correspondant à des formations géologiques comme d’anciennes couches de cendre volcanique ou des inclusions de moraines.

L’approche du front des glaciers, là où se produisent des vêlages d’icebergs, doit se faire avec grande prudence, surtout si l’on se trouve à bord d’une embarcation légère comme un kayak. Certains effondrements déclenchent de très grosses vagues capables de renverser un bateau qui se serait approché trop près.

Les icebergs présentent un réel danger pour la navigation comme l’a montré le naufrage du Titanic, intervenu lors de la collision avec un iceberg le 14 avril 1912. Dans les années qui ont suivi, plusieurs organismes ont été créés pour l’étude et la surveillance des icebergs dans les deux hémisphères.

Les icebergs sont identifiables par leurs noms. La première lettre fait référence à leur région d’origine. Ainsi, un iceberg dont première lettre est A provient du 1er quadrant entre 0° et 90° de longitude ouest (mer de Bellingshausen et mer de Weddell). Le nombre qui suit la lettre est son classement dans l’ordre de vêlage. Par exemple, l’iceberg B-15, issu de la plateforme glaciaire de Ross, est le quinzième iceberg suivi par le National Ice Center qui contrôle la région. Par la suite, lorsqu’un iceberg géant se fragmente, chaque fragment est affecté du code de l’iceberg d’origine, suivi d’une lettre. Ainsi, l’A-68a (iceberg d’origine) a accouché de petits ayant pour appellation A-68 b, c, d, e, etc.

Certains icebergs sont de véritables géants. Le B-15 que je viens de mentionner avait une superficie de 11 000 km2 quand il s’est détaché de la plateforme de Ross en 2000. Il mesurait 295 km de long sur 37 km de large.

Quand l’A-68 s’est détache de la plateforme Larsen C le long de la Péninsule Antarctique en juillet 2017, il avait une superficie de 5800 km2, avec une longueur de 175 km et une largeur de 50 km.

Le dernier gros iceberg – l’A-74 – s’est détaché de la plateforme antarctique de Brunt et est un peu moins volumineux que l’A-68. Il couvre quand même une surface de 1270 km2.

  Iceberg tabulaire (Crédit photo : Wikipedia)

Les icebergs ont parfois de superbes couleurs (Photo : C. Grandpey)

Ice Memory, la mémoire des glaces

La plupart des glaciers à travers le monde perdent du volume en raison du réchauffement climatique. Au rythme actuel, on projette leur disparition totale à la fin du 21ème siècle pour ceux situés en dessous de 3 500 mètres d’altitude dans les Alpes, et 5 400 mètres dans les Andes. Ce phénomène altère irrémédiablement la composition chimique des strates de neige, détruisant ainsi pour toujours le potentiel de ces archives à reconstruire l’histoire de signaux géochimiques en lien avec le climat, les activités humaines, ou encore l’évolution biologique de notre environnement.

Les glaciers sont de véritables sentinelles qui enregistrent de nombreuses données permettant de comprendre et de retracer des phénomènes climatiques et environnementaux sur plusieurs siècles, voire millénaires. Avec leur disparition, ce sont des pages uniques de l’histoire de notre environnement qui disparaîtront à tout jamais. Il y a donc urgence à sauvegarder ces archives particulières de l’Histoire de l’Homme.

C’est le but du projet Ice Memory, une initiative indépendante menée par des glaciologues et paléoclimatologues internationaux qui, en marge de leurs missions professionnelles, ont entrepris de constituer une archive mondiale des glaciers afin de conserver les informations qu’ils renferment pour les futures générations de chercheurs. Ce projet est cependant mis en péril en raison de la fonte accélérée des glaciers.

Le projet Ice Memory prévoit de recueillir sur une vingtaine de glaciers dans le monde deux carottes de glace, dont l’une sera analysée chimiquement et la deuxième stockée à terme dans une archive protégée, creusée dans la glace sur le site de la station italo-française Concordia, en Antarctique. Ce site est un endroit idéal pour la conservation des carottes de glace ; en effet, il y fera encore froid même lorsqu’une grande partie de la couverture glaciaire aura fondu. D’autre part, il s’agit d’une zone pacifiée, consacrée à la recherche, et qui n’appartient à aucun État. Ces échantillons seront la propriété de l’humanité, et une gouvernance pérenne veillera à leur utilisation exceptionnelle et appropriée.
Les coordinateurs du projet espèrent pouvoir y apporter les premiers prélèvements en 2023. Ils seront destinés aux générations futures de chercheurs, afin qu’ils puissent continuer de les étudier malgré le réchauffement climatique, et obtenir de nouveaux résultats grâce aux nouvelles méthodes qui auront cours.

Les analyses réalisées sur les carottes de glace permettent de reconstruire les variations passées du climat, de l’environnement et tout particulièrement de la composition atmosphérique : variations de la température, des concentrations atmosphériques des gaz à effet de serre, des émissions d’aérosols naturels ou de polluants d’origine humaine.

Sur les 20 forages initialement prévus, quatre ont déjà été réalisés avec succès. En 2016, des carottes de 128 mètres ont pu être recueillies sur le Col du Dôme, dans le massif du Mont-Blanc. En 2017, deux carottes de plus de 130 mètres ont été récoltées à plus de 6.000 mètres d’altitude sur le glacier de l’Illimani, en Bolivie. En 2018, deux carottes ont été extraites en Russie sur l’Elbrouz dans le Caucase, puis sur le Belukha dans les montagnes de l’Altaï, en Sibérie, où les chercheurs ont réussi à prélever deux carottes, dont l’une de 160 mètres.

Le cinquième site sélectionné aurait dû être le glacier de Corbassière, sur le massif du Grand Combin, situé à 4.100 mètres d’altitude dans les Alpes occidentales du Valais, mais l’expédition a tourné court. L’équipe de scientifiques qui s’est installée en septembre 2020 sur le glacier n’a pu que constater la rapidité des effets du changement climatique sur la glace.

Source : Ice Memory.

S’agissant des glaciers et de leur fonte, j’aimerais souligner la qualité  de l’émission « Le monde de Jamy » diffusée sur France 3 le 10 mars 2021. Elle a parfaitement mis en évidence la fonte des glaciers, le dégel du permafrost de roche et leurs conséquences sur l’environnement. L’émission peut être revue jusqu’au 9 avril 2021 sur le site de France 3.

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Most glaciers around the world are melting due to global warming. At the current rate, their total disappearance will probably occur at the end of the 21st century for those located below 3,500 metres above sea level in the Alps, and 5,400 metres in the Andes. This phenomenon irreparably alters the chemical composition of the snow layers, thus forever destroying the potential of these archives to reconstruct the history of geochemical signals linked to the climate, human activities, or the biological evolution of our environment.

Glaciers are true sentinels that record numerous data making it possible to understand and trace climatic and environmental phenomena over several centuries, even millennia. With their demise, unique pages in the history of our environment will disappear forever. There is therefore an urgent need to safeguard these particular archives of the History of Man.

This is the goal of the Ice Memory project, an independent initiative led by international glaciologists and paleoclimatologists who, in addition to their professional missions, have undertaken to constitute a world archive of glaciers in order to preserve the information they contain for future generations of researchers. This project is however endangered due to the accelerated melting of the glaciers.

The Ice Memory project plans to collect two ice cores from around twenty glaciers around the world, one of which will be chemically analyzed and the second eventually stored in a protected archive, dug in the ice on the site of the French-Italian station Concordia, in Antarctica. This site is an ideal place for the conservation of ice cores; it will still be cold there even after much of the ice cover has melted. On the other hand, it is a peaceful area, devoted to research, and which does not belong to any state. These samples will be the property of mankind, and sustainable governance will ensure their exceptional and appropriate use.

The project coordinators hope to be able to bring the first samples in 2023. They will be intended for future generations of researchers, so that they can continue to study them despite global warming, and obtain new results thanks to the new techniques.

The analyzes carried out on the ice cores make it possible to reconstruct past variations in climate, the environment and, in particular, the atmospheric composition: variations in temperature, atmospheric concentrations of greenhouse gases, emissions of natural aerosols. or pollutants of human origin.

Out f the 20 holes initially planned, four have already been successfully completed. In 2016, 128-metre cores were collected on the Col du Dôme, in the Mont-Blanc massif. In 2017, two cores over 130 metres were collected at an altitude of over 6,000 metres on the Illimani glacier in Bolivia. In 2018, two more cores were collected in Russia on the Elbrus in the Caucasus, then on the Belukha in the Altai Mountains, in Siberia, where researchers managed to take two cores, one of which was 160 metres long. The fifth site selected should have been the Corbassière Glacier, on the Grand Combin massif, located at an altitude of 4,100 metres in the western Alps of Valais, but the expedition was cut short. The team of scientists who settled on the glacier in September 2020 could only see the rapid effects of climate change on the ice.

Source: Ice Memory.

Regarding glaciers and their melting, I would like to underline the quality of the program « Le monde de Jamy » broadcast on France 3 on March 10th, 2021. It perfectly highlighted the melting of glaciers, the thawing of rock permafrost and their consequences on the environment. The program can be replayed until April 9th, 2021 on the France 3 website.

Photos : C. Grandpey

Des nouvelles du dernier grand iceberg A74 // News of the latest large iceberg A74

Les images satellites donnent de bonnes images du nouvel iceberg géant (baptisé A74) qui s’est détaché de la plateforme glaciaire de Brunt* en Antarctique le 26 février 2021. Comme je l’ai déjà écrit, l’A74 a une superficie d’environ 1290 km2. Cependant, il n’est pas aussi grand que l’A68 qui a vêlé en juillet 2017 à partir de la plate-forme Larsen C sur le côté ouest de la Mer de Weddell. A sa naissance, sa superficie était d’environ 5 800 km2, mais l’iceberg s’est désintégré depuis cette époque.

Les dernières images fournies par les satellites Sentinel-1 et TerraSAR-X montrent que l’iceberg s’éloigne rapidement de la plateforme glaciaire. Il semble que la station de recherche britannique Halley, située à un peu plus de 20 km de la ligne de fracture, n’ait pas été affectée par le détachement de l’iceberg. La station est actuellement inactive. À cause de la Covid; très peu de recherches sont entreprises actuellement. De plus, le British Antarctic Survey attendait de voir comment se comporterait la plate-forme glaciaire au moment du vêlage de l’iceberg. Une petite équipe scientifique s’est brièvement rendue à Halley en janvier et début février pour effectuer de la maintenance et vérifier le bon fonctionnement des instruments automatisés, comme le spectrophotomètre qui analyse le trou dans la couche d’ozone.

Le vêlage de l’A74 fait suite à de nombreuses fissures qui se sont ouvertes dans la plateforme glaciaire de Brunt, certaines depuis de nombreuses années, certaines très récemment. Le vêlage du 26 février pourrait bien être le premier d’une série qui interviendra au cours des prochains jours et des prochaines semaines. Il est important de noter que la portion de la plateforme de Brunt à l’ouest de Halley est traversée par plusieurs profondes fissures. Elle n’est maintenu en place que par une très mince couche de glace ancrée au fond de la mer dans une zone connue sous le nom de McDonald Ice Rumples. Si cette couche de glace cède, il pourrait se produire en réaction en chaîne près de Halley, et la glace présente sous la station pourrait alors se déplacer rapidement vers le large.

* La plate-forme glaciaire de Brunt est la partie flottante avancée de glaciers terrestres qui viennent finir leur course dans la Mer de Weddell. La Mer de Weddell est le secteur de l’Antarctique situé directement au sud de l’Océan Atlantique.

Source: La BBC.

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Satellite images are giving good pictures of the new mega-iceberg (dubbed A 74) that broke away from Antarctica’s Brunt ice shelf* on February 26th, 2021. As I put it before, A74 has an area of about 1,290 sq km. However, it is not as large as the huge A68 which calved in July 2017 from the Larsen C Ice Shelf on the western side of the Weddell Sea. Its area was originally some 5,800 sq km but the iceberg has since shattered into many small pieces.

The latest Copernicus’ Sentinel-1 and TerraSAR-X images show that the berg has moved rapidly away from the ice shelf. It seems no disturbance was felt at the UK’s Halley research station which is located just over 20km from the line of fracture. Halley is currently inactive. Because of Covid; very little Antarctic science is being undertaken at present. But it’s also because BAS has been waiting to see how the Brunt Ice Shelf would behave when bergs started to calve from the platform. A small team briefly went into Halley in January and early February to do essential maintenance, and to check over the station’s automated instruments, including its spectrophotometer which measures the behaviour of Earth’s ozone hole.

A74 was the result of multiple cracks that have been developing in the Brunt ice shelf, some over many years, some very recently. The 26 February calving could well be the first in a series of breakaways during the coming days and weeks.

It is important to notice that the section of the Brunt ice shelf to the west of Halley is almost completely cut through by several wide fissures. It is only held in place by a very thin stretch of ice that’s pinned to the sea floor at a location known as the McDonald Ice Rumples. If this gives way, there might well be a reaction near Halley, with the ice under the station moving seaward at an accelerated rate.

* The Brunt Ice Shelf is the floating protrusion of glaciers that have flowed off the land into the Weddell Sea. The Weddell Sea is the sector of Antarctica directly to the south of the Atlantic Ocean.

Source : The BBC.

Vue satellite de l’A74 le 28 février 2021 (Source : Copernicus / Sentinel-1)