Sur le front des glaciers…

Si vous avez des doutes sur le réchauffement climatique et ses effets sur la banquise et les glaciers, je vous invite à regarder en rediffusion (replay, pluzz) l’excellent documentaire de Hugo Clément « Sur le front des glaciers » diffusé le 17 mars 2020 sur France 2. La catastrophe naturelle est parfaitement présentée. On assiste au sauvetage de Mike Horn sur la banquise trop fine de l’Arctique, à la mort annoncée de la Mer de Glace – avec des preuves irréfutables – et à l’agonie des glaciers du Svalbard. Les effets sur les populations sont également pris en compte avec l’exemple du Pérou auquel je fais en permanence référence au cours de ma conférence « Glaciers en péril ».

Comme le dit fort justement Hugo Clément, « cela peut paraître loin de nous mais ces glaciers ont pourtant un lien impact direct sur notre quotidien. Il faut agir très rapidement. Autrement, nous risquons de ne plus rien maîtriser. » Je me permettrai d’ajouter : «…s’il n’est pas déjà trop tard.

https://www.france.tv/france-2/sur-le-front/1303881-les-glaciers.html

S’agissant de la fonte des glaciers dans le monde, mon denier livre « Glaciers en péril – Les effets du réchauffement climatique » est un message d’alerte. Le but des quelque 140 pages de texte accompagnées d’un CD de 160 photos prises à travers le monde, est de montrer la vitesse à laquelle les glaciers sont en train de fondre sous les coups de boutoir du réchauffement climatique.

Le prix du livre et de son CD est de 10 euros de la main à la main, en particulier à l’occasion de conférences, salons et d’expositions photo. Sinon, il est disponible au prix de 15 euros par correspondance. Il suffit pour cela d’envoyer un message à  mon adresse électronique (grandpeyc@club-internet.fr) en n’oubliant pas de me laisser vos coordonnées postales.

La Mer de Glace en 1956…

….et en 2018!

(Photos: G & C. Grandpey)

 

Les glaciers à Ruelle (Charente) le 11 mars !

Je présenterai le mercredi 11 mars 2020 une conférence intitulée « Glaciers en péril – Les effets du changement climatique » dans le cadre de l’Université Populaire de RUELLE (Charente). Elle aura lieu à 20h30 au Centre Culturel. (Entrée libre).

Tempêtes, glissements de terrain et autres catastrophes naturelles se multiplient. Elles sont souvent la conséquence du changement climatique.
Lors de ses voyages à travers le monde pour étudier les phénomènes volcaniques, j’ai eu l’occasion de parcourir des terres nordiques – en particulier l’Islande, le Canada et l’Alaska – et de me rendre compte de l’impact du réchauffement climatique sur les glaciers. L’approche terrestre et les survols ne laissent pas le moindre doute sur leur recul. Plus près de nous, dans les Alpes, les glaciers sont en passe de devenir une espèce en voie de disparition.
Aucun continent ne semble épargné, pas plus l’Afrique et les neiges du Kilimandjaro que l’Asie avec la chaîne himalayenne. Une prise de conscience est urgente, faute de quoi notre société sera confrontée à de graves problèmes.
Mon exposé se poursuivra avec un diaporama d’une vingtaine de minutes, en fondu-enchaîné sonorisé, illustrant la situation glaciaire en Alaska.

A l’issue de la séance, les spectateurs pourront se procurer mon dernier ouvrage « Glaciers en péril, les effets du réchauffement climatique », avec un CD de 160 photos. Prix de vente : 10 euros.

Photo: C. Grandpey

Effondrement glaciaire au Pérou // Glacial collapse in Peru

Avec le réchauffement climatique, le risque d’effondrement glaciaire augmente dans les montagnes. Des événements dramatiques se sont produits au cours de la dernière décennie, comme l’avalanche de Gayari en 2012 au Pakistan et le glissement de terrain de Villa Santa Lucia en 2017 au Chili. Des laves torrentielles ont également affecté les villages de Bondo et Chamoson (Suisse) en août 2017 et 2018, respectivement.
Il y a quelques jours, un effondrement glaciaire majeur s’est produit près du Machu Picchu (Pérou) le 24 février 2020, provoquant une coulée de débris catastrophique qui a coûté la vie à au moins quatre personnes. On déplore également 13 disparus.
L’événement s’est probablement produit sur le Salkantay. On estime que 400 000 mètres cubes de glace, de roches et d’autres matériaux se sont détachés de la face ouest de la montagne et se sont précipités dans la lagune de Salkanraycocha, ce qui, par contrecoup, a fait brusquement grossir le débit de la rivière Salkantay.
La lave torrentielle a dévasté au moins 15 villages des deux côtés du lit de la rivière. Le 27 février, le dernier bilan était de 4 morts et 13 disparus. Ces chiffres sont probablement provisoires étant donné l’ampleur de la catastrophe.
La cause de l’effondrement semble être une rupture de la masse rocheuse qui s’est fragmentée et a provoqué l’avalanche de glace. La cause de cette rupture est très probablement la fonte du permafrost de roche qui rend le soubassement instable et entraîne l’effondrement du glacier qui le surmonte.
Source: The Watchers et presse internationale.

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With global warming, the risk of glacier collapse is getting higher in the mountains. Dramatic events occurred during the last decade, like the 2012 Gayari avalanche in Pakistan and the 2017 Villa Santa Lucia landslide in Chile. Other lava-like flows of mud also affected the villages of Bondo and Chamoson (Switzerland) in August 2017 and 2018, respectively.

A few days ago, a massive glacier collapse took place near Machu Picchu (Peru) on February 24th, 2020, resulting in a catastrophic debris flow that claimed the lives of at least four people and left 13 others missing.

The event likely occurred on Salkantay mountain. An estimated 400 000 cubic metres of ice, rocks and other material fell off the west face of the mountain into Salkanraycocha lagoon, drastically increasing the flow of the Salkantay River.

The debris flow affected at least 15 villages on both sides of the river bed. The latest toll on February 27th was 4 dead and 13 missing. These figures are uncertain given the magnitude of the flow.

The cause of the collapse seems to be a wedge failure in the rock mass that has fragmented and caused the ice avalanche. The cause of this failure is most probably the melting of the rock permafrost which itself causes the instability of the bedrock and leads to the collapse of the glacial mass above.

Source: The Watchers and international press.

Site de l’effondrement glaciaire (Source: Presse péruvienne)

Dans le Valais, Chamoson porte encore les traces de la lave torrentielle qui a traversé le village en août 2018. (Photos: C. Grandpey)

Submersion et pollution en Islande // Submersion and pollution in Iceland

La tempête Dennis a frappé l’Europe du Nord à la mi-février. A Reykjavik, la capitale islandaise, une rafale de 112 km / h a été enregistrée le 14 février 2020, tandis que plus à l’ouest de la ville, un coup de vent de 142 km / h a été signalé dans la ville de Keflavik.
C’est pendant les tempêtes que l’on peut voir les effets de l’élévation du niveau de la mer provoquée par le réchauffement climatique. En Islande, les intempéries et le fort coefficient de marée ont provoqué un phénomène de submersion, de sorte que les maisons situées près de l’océan ont eu les pieds dans l’eau à Keflavík, sur la Péninsule de Reykjanes. À Garður, pas très loin de là, les digues de terre n’ont pas suffi à retenir les vagues, provoquant l’inondation des maisons.
Les secours ont été appelés plus de 60 fois en une seule journée à Reykjanes.
Les dégâts matériels sont importants sur la Péninsules de Reykjanes, principalement à Grindavík, Sandgerði, Vogar, Garður, Njarðvík et Keflavík, où de nombreuses toitures se sont envolées. La vidéo ci-dessous montre les inondations à Keflavík::
https://www.facebook.com/VikurfrettirEhf/videos/217133089460220/

Source: Iceland Monitor

Outre la tempête, on peut rappeler que la fonte des glaciers se poursuit en Islande, comme on peut le voir sur une vidéo que vient de m’envoyer un visiteur de mon blog:.
https://youtu.be/6VahrDHNGPY

Il était en Islande en 2018. A côté de la fonte des glaciers, il a pu observer la pollution domestique le long des côtes, jusque dans des endroits très rarement visités par les touristes. En voyant le plastique sur le littoral, on imagine facilement le niveau de pollution en pleine mer !

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Storm Dennis hit northern Europe in mid-February. In Iceland’s capital of Reykjavik, a 112-km per hour wind gust was reported on February 14th, 2020, while farther west of the city, an 142-km per hour gust was reported in the town of Keflavik.

It is during the storms that one can see the effects of increased sea level caused by global warming. In Iceland, the severe weather and high sea levels have caused the flooding of houses in Keflavík, on the Reykjanes Peninsula, wherethe houses are located near the ocean. In nearby Garður, levies have not sufficed to hold the waves back, causing houses to flood.

Rescue teams in Reykjanes have been called out more than 60 times in a single day.

Property damage is substantial in Reykjanes – in Grindavík, Sandgerði, Vogar, Garður, Njarðvík and Keflavík, mainly due to flying roofing sheets and debris. The video below shows the flooded area in Keflavík : :

https://www.facebook.com/VikurfrettirEhf/videos/217133089460220/

Source: Iceland Monitor

Beside the stormy weather, one can add that glacier melting is going on in Iceland, as can be seen on a video a visitor to my blog has just sent me.

https://youtu.be/6VahrDHNGPY

He was in Iceland in 2018. Apart from glacier melting he could observe the domestic pollution along the coasts, in places that are very rarely visited by tourists. Seeing the plastic on the shores, one can easily imagine the pollution level out at sea.

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Sur ces images extraites de la vidéo, on a l’exemple parfait d’un glacier – le Klofajökull- en pleine phase de recul, avec rupture de sa partie frontale. La deuxième image montre une vue de l’encaissant encre très récent du glacier. Sur la troisième photo, on peut voir les matériaux laissés par le Klofajökull pendant son recul, avec les habituels lacs de fonte. Ne pas s’aventurer sur cette zone où les pièges sont nombreux.

Antarctique: L’eau chaude fait fondre le glacier Thwaites // Antarctica: Warm water causes the melting of Thwaites Glacier

Cela fait pas mal de temps que les glaciologues étaient persuadés que le glacier Thwaites, le plus important de l’Antarctique Occidental fondait par en dessous, à cause d’un apport d’eau chaude en provenance de l’Océan Austral. Ils viennent d’en avoir la preuve au cours d’une mission organisée dans la cadre de l’ITGC (International Thwaites Glacier Collaboration), un projet conjoint Royaume-Uni / Etats-Unis sur le continent antarctique.

Les scientifiques ont découvert cette température anormale dans la zone d’ancrage du Thwaites, là où il repose sur le substrat rocheux. D’une manière générale, il s’agit d’une zone cruciale pour la stabilité des glaciers de l’Antarctique. Les chercheurs y ont observé des eaux chaudes atteignant plus de deux degrés au-dessus du point de congélation.

Cette découverte explique pourquoi au cours des 40 dernières années, les glaciers qui s’écoulent dans le secteur de la mer d’Amundsen ont fondu à un rythme accéléré. Plusieurs modèles numériques laissent entendre qu’un retrait inexorable de la ligne d’échouage des glaciers de la région est en cours. Des eaux océaniques plus chaudes érodent particulièrement les glaciers de l’Antarctique Occidental et la situation du Thwaites est l’une des plus préoccupantes.

La disparition du glacier Thwaites à elle seule pourrait avoir un impact significatif à l’échelle mondiale. Il couvre 192 000 kilomètres carrés, une superficie de la taille de la Grande-Bretagne. Au cours des 30 dernières années, la quantité de glace s’écoulant du Thwaites et des glaciers voisins a presque doublé. Le Thwaites représente déjà 4% de l’élévation du niveau de la mer au niveau global. Son effondrement augmenterait à lui seul le niveau de la mer de 65 centimètres. Comme je l’ai expliqué précédemment, la situation est d’autant plus inquiétante que ces glaciers sont interconnectés. Si l’un d’entre eux s’enfuit dans l’océan, les autres feront de même.

Bien que le recul du glacier ait été observé au cours de la dernière décennie, les causes du changement n’avaient pas été prouvées auparavant. C’est maintenant chose faite avec la mesure directe de la température de l’eau. Le relevé de deux degrés au-dessus du point de congélation est considérable, mais il se pourrait que d’autres régions soient affectées par une eau encore plus chaude. Les scientifiques estiment que le phénomène est récent, sinon le glacier n’aurait pas pu rester en place.

Pour mesurer la température de l’eau, cinq équipes scientifiques ont travaillé sur le glacier Thwaites dans des conditions particulièrement difficiles. Deux de ces équipes ont utilisé de l’eau chaude pour forer entre 300 et 700 mètres à travers la glace jusqu’à l’océan. Un appareil de détection a permis de mesurer les eaux se déplaçant sous la surface du glacier. À la mi-janvier, le robot Icefin est parti à près de deux kilomètres du site de forage, jusqu’à la zone d’échouage du Thwaites pour mesurer, imager et cartographier la fonte et la dynamique de cette partie critique du glacier. L’appareil a mesuré la turbulence de l’eau, donc son efficacité à faire fondre la glace, ainsi que d’autres propriétés telles que la température. C’est la première fois que l’activité océanique sous le glacier Thwaites est accessible par un trou de sonde et qu’un instrument scientifique est déployé. Le trou a été ouvert les 8 et 9 janvier 2020 et les eaux sous le glacier ont été mesurées les 10 et 11 janvier.

Source : global-climat.

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Glaciologists have believed for quite a long time that Thwaites Glacier, the largest in Western Antarctica, is melting from below, due to the warm water coming from the Southern Ocean. They have just had proof of this during a mission organized within ITGC (International Thwaites Glacier Collaboration), a joint United Kingdom / United States project on the Antarctic continent.
Scientists have discovered this abnormal temperature in the stranding area of ​​the Thwaites Glacier, where it rests on the bedrock. More globally, it is a crucial area for the stability of Antarctic glaciers. The researchers have observed warm water reaching more than two degrees above the freezing point.
This discovery explains why over the past 40 years the glaciers flowing in the Amundsen Sea area have melted at an accelerated rate. Several digital models suggest that an inexorable withdrawal from the area’s glacier grounding line is underway. Warmer ocean waters are particularly eroding the glaciers of Western Antarctica, and the situation of Thwaites is one of the most worrying.
The disappearance of the Thwaites Glacier alone could have a significant impact on a global scale. It covers 192,000 square kilometres, an area the size of Great Britain. Over the past 30 years, the amount of ice flowing from Thwaites and nearby glaciers has almost doubled. Thwaites already accounts for 4% of the rise in sea level around the world. Its collapse alone would raise sea level by 65 centimetres. As I explained earlier, the situation is all the more worrying as these glaciers are interconnected. If one of them flows into the ocean, the others will follow.
Although the retreat of the glacier has been observed over the past decade, the causes of the change had not been proven before. This is now done with direct measurement of the water temperature. The two degree rise above freezing is considerable, but other regions may be affected by even warmer water. Scientists believe the phenomenon is recent, otherwise the glacier could not have remained in place.
To measure the water temperature, five scientific teams worked on the Thwaites glacier under particularly difficult conditions. Two of these teams used hot water to drill 300 to 700 metres through the ice to the ocean. A detection device made it possible to measure the water moving under the surface of the glacier. In mid-January, the Icefin robot was sent almost two kilometres from the drilling site, up to the Thwaites’ stranding area to measure, image and map the melt and dynamics of this critical part of the glacier. The device measured the turbulence of the water, thus its effectiveness in melting ice, as well as other properties such as temperature. This is the first time that ocean activity under the Thwaites Glacier has been accessible through a borehole and a scientific instrument has been deployed. The hole was opened on January 8th and 9th, 2020 and the waters under the glacier were measured on January 10th and 11th.
Source: global-climat.

Vue des glaciers de l’Antarctique Occidental (Source : Jet Propulsion Laboratory de la NASA)

La Mer de Glace n’a pas fini de fondre ! // The Mer de Glace will keep on melting!

Les statistiques de température mondiale que vient de publier la NASA sont toujours aussi alarmantes. On savait que l’année 2019 avait été la 2ème année la plus chaude des annales mais 2020 démarre encore plus fort. La température globale en janvier 2020 a atteint son niveau le plus élevé en 141 années d’archives, devançant le précédent maximum observé lors de l’épisode El Niño extrême de 2016.

Avec +1,18°C au-dessus de la moyenne 1951-1980, la température observée en 2020 est la plus élevée pour un mois de janvier depuis le début des mesures de la NASA en 1880. L’anomalie est en hausse par rapport à décembre 2019 (+1,10°C).

D’après la NASA, le record de 2016 a été battu de justesse, mais il ne faudrait pas oublier que début 2016 avait été marqué par un phénomène El Niño exceptionnel, peut-être le plus important jamais observé, avec celui de 1997-1998. En revanche, les conditions sont actuellement neutres dans la Pacifique, ce qui rend le record de janvier 2020 encore plus inquiétant. Le record n’est pas dû non plus à l’activité solaire puisque le cycle est en ce moment à son minimum. J’ai d’ailleurs personnellement annulé un déplacement dans le nord de la Norvège car les aurores boréales sont très rares et de faible intensité en ce moment.

Pour le mois de janvier, sur les 100 dernières années, le rythme du réchauffement est de +0,105°C par décennie. Depuis l’an 2000, on note une accélération à +0,257°C par décennie.

Source : global-climat.

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The global temperature statistics just released by NASA are as alarming as before. We knew that 2019 had been the second hottest year in the archives, but 2020 did even better. Global temperature in January 2020 reached its highest level in 141 archive years, ahead of the previous maximum observed in the 2016 during an extreme El Niño episode.
With + 1.18°C above the 1951-1980 average, the temperature observed in 2020 has been the highest for January since the start of NASA measurements in 1880. The anomaly is up from December 2019 (+ 1.10°C).
According to NASA, the 2016 record was barely broken, but it should not be forgotten that early 2016 had been marked by an exceptional El Niño phenomenon, perhaps the most significant ever, with that of 1997-1998. On the other hand, conditions are currently neutral in the Pacific, which makes the January 2020 record even more worrying. The record was also not due to solar activity since the cycle is currently at its minimum. I personally cancelled a trip to northern Norway because the northern lights are very rare and weak at the moment.
For the month of January, over the last 100 years, the rate of warming is + 0.105°C per decade. Since 2000, there has been an acceleration to + 0.257°C per decade.
Source: global-climat.

Les 10 mois de janvier les plus chauds (Source : NASA / global-climat)