Glaciers des Alpes : La fonte s’accélère // Glacier melting is accelerating in the Alps

Après le site de France 3 Occitanie à propos des glaciers des Pyrénées, c’est au tour du site de France 3 Auverge-Rhône-Alpes d’attirer l’attention sur la situation glaciaire inquiétante dans les Alpes. Selon le Laboratoire de Glaciologie et Géophysique de l’Environnement (LGGE) de Grenoble, les glaciers des Alpes françaises, malmenés par le réchauffement climatique,  fondent trois fois plus vite depuis 2003, avec une perte moyenne totale de 25% de leur superficie en 12 ans,

L’étude souligne notamment que la perte de surface entre 2003 – date de la dernière actualisation effectuée – et 2015 s’établit en moyenne à 2% par an sur les Alpes françaises, contre 0,7% sur la précédente période chiffrée (1986-2003). Le chiffre est donc presque multiplié par 3. L’augmentation du retrait est très nette, notamment dans les parties basses des glaciers. D’une manière générale, on peut relier ce rétrécissement à leur altitude moyenne dans les massifs.

Le Laboratoire indique que les glaciers du massif du Mont-Blanc sont ceux qui résistent le mieux à cette érosion. Ils enregistrent un retrait de superficie d’environ 1% par an sur la période 2003-2015, contre 2,25% par an pour les glaciers moins élevés des massifs des Écrins. Le massif le plus touché est celui de la Vanoise, avec 2,6% de perte de surface par an en moyenne, principalement parce que peu de sommets y dépassent les 3.800 mètres d’altitude. La perte plus modérée constatée dans le massif du Mont-Blanc s’expliquerait par le fait d’une altitude moyenne plus élevée des glaciers de ce massif.
La partie du rapport du LGGE concernant les glaciers du Mont Blanc a de quoi surprendre. Quand on se trouve face à la Mer de Glace ou devant le Glacier des Bossons, quand on survole les glaciers du massif en avion, on se rend compte à quel point ces glaciers ont reculé ! Ce recul ultrarapide est confirmé par les années qui figurent le long de l’escalier d’accès à la Mer de Glace où il va probablement falloir ajouter des marches pour atteindre la grotte en 2018.

La fonte des glaciers ne peut être niée. Elle est devant nos yeux. Je l’ai encore observée il y a quelques jours dans la partie méridionale du massif alpin où les canons à neige sont installés de plus en plus haut sur les pentes des montagnes. Pour beaucoup de stations, l’or blanc ne sera bientôt plus qu’un souvenir.

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After France 3 Occitanie‘s website about the glaciers of the Pyrenees, France 3 Auverge-Rhône-Alpes draws attention to the worrying glacial situation in the Alps. According to the Laboratory of Glaciology and Geophysics of the Environment (LGGE) in Grenoble, the glaciers of the French Alps, deeply affected by global warming, have been melting three times faster since 2003, with a total average loss of 25% of their area in 12 years,
The study underlines in particular that the loss of area between 2003 – the date of the last update – and 2015 is on average 2% per year on the French Alps, against 0.7% during the previous period (1986- 2003). The number is thus almost multiplied by 3. The increase in shrinkage is obvious, especially in the lower parts of the glaciers. In general, this shrinkage can be linked to their average altitude in the massifs.
The Laboratory indicates that the glaciers of the Mont-Blanc are more resistant to this erosion. They recorded an area shrinkage of about 1% per year over the period 2003-2015, compared with 2.25% per year for the lower glaciers of the Ecrins. The most affected massif is that of the Vanoise, with 2.6% loss of ice surface per year on average, mainly because few summits exceed 3,800 meters above sea level. The more moderate loss found in the Mont Blanc could be explained by the fact that the glaciers have a higher average altitude.
The part of the LGGE report concerning the Mont Blanc glaciers is surprising. When you are facing the Mer de Glace or in front of the Glacier des Bossons, or when you fly over the glaciers of the massif by plane, you realize how fast these glaciers have retreated! This rapid decline is confirmed by the years posted along the access staircase to the Mer de Glace, where it will probably be necessary to add steps to reach the ice cave in 2018.
Glacier melting can not be denied. It is before our eyes. I observed it a few days ago in the southern part of the alpine massif where the snow cannons are installed higher and higher on the slopes of the mountains. For many resorts, the white gold will soon be a memory.

Même s’ils semblent mieux résister, les glaciers du massif du Mont Blanc sont fortement affectés par le réchauffement climatique (Photos: C. Grandpey)

 

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Les glaciers des Pyrénées fondent eux aussi // Glaciers are melting in the Pyrenees too

On peut lire sur le site web de la chaîne France 3 Occitanie (http://france3-regions.francetvinfo.fr/occitanie/) un article qui illustre la fonte des glaciers dans le massif des Pyrénées. On y présente des photos qui montrent qu’en quelques dizaines d’années, le glacier de l’Aneto a perdu des dizaines de mètres d’épaisseur.

Météo Pyrénées a retrouvé des photographies du glacier de l’Aneto (le plus grand des Pyrénées), dans le massif de la Maladeta sur le versant espagnol de la chaîne. On remarque que par rapport à la fin du 19ème  siècle – où le cliché montre une énorme crevasse profonde de plusieurs mètres – et les années 1980, les crevasses existent encore mais sont moins profondes. Sur la dernière photo, prise en 2017 le glacier apparaît sans relief et le changement est saisissant.

Les glaciologues sont formels : les glaciers des Pyrénéens sont appelés à disparaître dans un futur proche. En 2050, il ne devrait plus y avoir aucun glacier dans le massif. Dans les Pyrénées, subsistent encore quelques glaciers, derniers vestiges de l’ère glaciaire pendant laquelle les Pyrénées étaient sous d’immenses masses de glace.

Les glaciers pyrénéens sont les plus méridionaux d’Europe. Ils sont tous situés entre le Balaïtous à l’ouest et le Mont Valier à l’est. Ceux situés en Espagne, sur le versant sud des Pyrénées, s’observent principalement dans les vallées de Tena, Ordesa et Bénasque.

Cet article confirme donc un phénomène observé également dans les Alpes. Le réchauffement climatique est bien sûr montré du doigt. Peu importe s’il appartient, comme le prétendent certains, à un cycle climatique naturel, ou si l’Homme porte une responsabilité, ce qui semble l’hypothèse la plus probable.

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One can read on the web site of France 3 Occitanie (http://france3-regions.francetvinfo.fr/occitanie/), an article that illustrates the melting of glaciers in the Pyrenees. For instance, there are photos showing that in a few decades, the Aneto glacier has lost tens of metres in thickness.
Meteo Pyrénées has found photographs of the glacier of Aneto (the largest of the Pyrenees), in the massif of Maladeta on the Spanish side of the chain. It is remarkable that, compared to the end of the 19th century – when the snapshot showed a huge crevasse several metres deep – in the 1980s crevasses still exist but are far less deep. On the last photo, taken in 2017 the glacier appears without any relief and the change is striking.
Glaciologists insist that the glaciers of the Pyrenees are destined to disappear in the near future. By 2050, there should no longer be any glacier in the massif. In the Pyrenees there still remain some glaciers, the last remnants of the Ice Age during which the Pyrenees were under immense masses of ice.
The Pyrenean glaciers are the most southerly in Europe. They are all located between the Balaïtous to the west and Mount Valier to the east. Those located in Spain, on the southern slope of the Pyrenees, are observed mainly in the valleys of Tena, Ordesa and Benasque.
This article confirms a phenomenon also observed in the Alps. Global warming is of course pointed at. It does not matter if it belongs, as some claim, to a natural climate cycle, or if man bears a responsibility, which seems the most probable hypothesis. The melting of glaciers can not be denied. It is before our eyes. I observed it a few days ago in the southern part of the Alps where snow cannons are installed higher and higher on the slopes of the mountains. For many resorts, the white gold will soon be a memory.

Glacier d’Aneto en 1986 et 2009 (Source : Swisseduc)

Virée dans les Alpes : souvenirs cyclo, géologie et glaciers – (3) Les glaciers!

Les glaciers.

Le département des Hautes-Alpes où se trouve Briançon mérite bien son nom car de hauts sommets se dressent à proximité des fortifications de Vauban. Histoire de remuer de vieux souvenirs, je me suis rendu au pied du Mont Pelvoux (3946 mètres) avec une halte dans le célèbre Pré de Madame Carle qui offre une belle vue sur le Glacier Blanc. Comme ses homologues alpins, il est en train de reculer rapidement, comme on peut le voir sur ce document.

A l’adolescence, j’avais été impressionné par la masse de ce glacier dont la masse blanche semblait suspendue au-dessus du fond de vallée. Aujourd’hui, il faut vraiment atteindre l’extrémité de la route pour observer sa langue terminale.

La fonte affecte également les glaciers du massif de la Meije, même si leur orientation vers le nord les met un peu à l’abri du réchauffement climatique. Voici des photos prises depuis le Col du Lautaret et l’Oratoire du Chazelet. On pourra les comparer avec un cliché réalisé en 1954.

Après avoir quitté Briançon, je me suis dirigé vers la vallée de la Maurienne en empruntant le tunnel du Fréjus. En remontant la vallée, on peut faire une halte au très beau village de Bonneval sur Arc avant de s’attaquer au Col de l’Iseran que je n’ai pas (encore ?) accroché à mon tableau de chasse cyclo. Avant d’arriver à Val d’Isère, au Pont St Charles, un sentier permet d’accéder au Col de la Galise. La dernière partie du parcours offre de superbes vues sur le Glacier des Sources de l’Isère. Une séquence lui a été consacrée dans la dernière émission « Des Racines et des Ailes ». Les glaciologues ont mis en évidence la fonte de ce glacier et les effets à venir sur la vie dans la vallée.

(Photos: C. Grandpey)

Au cours de mes randonnées, j’ai été surpris par le nombre de canons à neige, même à relativement haute altitude, jusqu’à plus de 2600 mètres. Les stations de ski sont inquiètes devant la perte d’épaisseur du manteau neigeux. Comme me disait le propriétaire d’un hôtel à Val d’Isère, « on essaye de préserver l’essentiel ».

Dernière minute: Sous l’effet du réchauffement climatique dans les Alpes, la langue terminale du glacier suisse de Trift, dans le Valais, s’est effondrée hier dimanche, sans faire de victimes ni de dégâts. L’événement était prévu car les géologues avaient observé une avancée brutale du glacier de 1,30 m au cours d’une seule journée. En conséquence, les 220 habitants de la station de ski de Saas-Fe avaient reçu l’ordre de quitter leurs maisons samedi car on craignait une avalanche de blocs de glace atteigne le village. Ils ont été autorisés à regagner leur domicile mais les chemins de randonnée restent interdits d’accès car de nouveaux effondrements ne sont pas impossibles.

Fonte du permafrost dans les Alpes // Permafrost melting in the Alps

Quand je parle de la fonte du permafrost sous l’effet du réchauffement climatique, je fais en général référence aux terres arctiques d’Alaska ou de Sibérie. Il ne faudrait pas pour autant oublier que le permafrost existe également sur nos montagnes à très haute altitude. Certes, ce n’est pas la terre qui gèle, mais les roches des sommets des Alpes ou des Pyrénées sont très sensibles aux variations de température et à leur réchauffement.

Nous venons d’en avoir la triste preuve le 24 août 2017 en Suisse où une masse rocheuse de quatre millions de mètres cubes s’est détachée de la paroi du Piz Cengalo et s’est déversée dans une vallée en direction du petit village de Bondo. Huit randonneurs sont portés disparus et la centaine d’habitants a dû évacuer en urgence. Selon le service sismologique suisse, les vibrations causées par cet effondrement équivalaient à un séisme de magnitude 3.

Cet événement n’est pas vraiment une surprise car des chutes de pierre avaient été enregistrées depuis plusieurs années dans la zone en 2011, 2012, 2016 et le 21 août 2017. Un gros éboulement s’était déjà produit fin 2011 au Piz Cengalo. Environ 1,5 million de mètres cubes de roches étaient tombées dans une vallée inhabitée.

Les effondrements au Piz Cengalo confirment qu’avec la fonte du permafrost dans les Alpes, de nombreux sommets sont en train de partir en miettes et vont continuer à le faire dans les prochaines années. Il ne fait guère de doute que l’éboulement à Bondo a été causé par les fortes chaleurs qui ont fait fondre la glace assez fracturée en altitude. On peut imaginer qu’il y avait du permafrost, avec de la glace qui maintenait les éléments. Avec les grandes chaleurs qu’on a connues récemment, il y a eu fonte de cette glace qui s’est détachée en bloc et est arrivée sur le cours d’eau en dessous. Ce dernier, à son tour, a emporté les matériaux de la chute.

Source : Presse suisse.

Voici des images de l’avalanche de roches à Bondo:

https://youtu.be/Fjfn4bWKABA

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When I write about the melting of the permafrost as a result of global warming, I usually refer to the Arctic territories of Alaska or Siberia. It should not be forgotten that the permafrost also exists on our mountains at very high altitude. Of course, it is not the earth that freezes, but the rocks of the summits of the Alps or the Pyrenees are very sensitive to the variations of temperature and their increase.
We have had the sad proof of this on August 24th, 2017 in Switzerland where a rock mass of four million cubic metres broke off the wall of Piz Cengalo and rushed into a valley in the direction of the small village of Bondo. Eight hikers were reported missing and the hundred or so inhabitants had to evacuate in urgency. According to the Swiss seismological service, the vibrations caused by this collapse amounted to an M 3 earthquake.
This event is not really a surprise as stonefalls had been recorded for several years in the area in 2011, 2012, 2016 and on 21 August 2017. A major rockslide had already occurred at the end of 2011 at Piz Cengalo. About 1.5 million cubic metres of rocks had fallen into an uninhabited valley.
The collapse at Piz Cengalo confirms that with the melting of permafrost in the Alps, many peaks are crumbling and will continue to do so in the coming years. There is little doubt that the landslide at Bondo was caused by the latest heatwaves that melted the ice which is fractured at high altitude. One can imagine that behind, there was permafrost, ice that held the elements. With the recent hot weather, this ice melted and broke away as a whole, and then fell in the river underneath, which in turn carried away the materials of the fall.
Source: Swiss Press.

Here are images of the rock avalanche in Bondo:

https://youtu.be/Fjfn4bWKABA

Image extraite du document diffusé sur YouTube

Les feux de forêts au Canada font fondre la banquise // Wildfires in Canada are melting the ice sheet

Les forêts canadiennes sont en feu, avec 9000 km2 ravagés par les flammes depuis le début de l’année 2017 en Colombie-Britannique. Ces incendies, ainsi que d’autres au Yukon et dans les Territoires du Nord-Ouest ont envoyé de la fumée dans l’atmosphère, parfois jusqu’à 13 kilomètres de hauteur.
Une fois dans l’atmosphère, cette fumée forme une couverture si épaisse qu’elle fait disparaître le soleil dans le nord du Canada. Elle se dirige ensuite vers l’Arctique où elle est susceptible d’accélérer la fonte de la glace en mer et sur terre.
Selon la NASA, la fumée a établi un record d’épaisseur cette année et a été particulièrement dense dans les provinces des Territoires du Nord-Ouest, du Yukon et du Nunavut.
Selon l’Observatoire Terrestre de la NASA, il y a en ce moment une énorme quantité d’aérosols dans l’air. Les aérosols sont de petites particules, telles que la suie ou la cendre volcanique, qui renvoient la lumière du soleil. Le 15 août 2017, l’Ozone Mapping and Profiler Suite (OMPS) à bord du satellite Suomi NPP a enregistré des valeurs d’indice aérosol jusqu’à 49,7. C’est plus de 15 points au-dessus du record précédent établi en 2006 par des incendies en Australie. D’autres records d’indice aérosol ont également été enregistrés les 13 et 14 août. Bien que le satellite Suomi NPP soit relativement récent, l’indice aérosol par satellite remonte au satellite Nimbus-7 en 1978, ce qui permet aux scientifiques de comparer les données sur une longue période.
Selon la NASA, le Visible Infrared Imaging Radiometer Suite (VIIRS), radiomètre infrarouge à bord du satellite Suomi NPP, a détecté une fumée particulièrement dense qui obscurcissait une vaste zone du nord du Canada à partir du 15 août 2017.
Une autre image satellite, en provenance du satellite Aqua, montre un nuage de fumée au nord des zones situées près du lac Athabasca. Les feux de forêts en Colombie-Britannique ont été suffisamment intenses pour produire de nombreux pyrocumulus semblables aux cumulonimbus qui se développent pendant les orages. De tels nuages ​​peuvent propulser la fumée très haut dans l’atmosphère, jusque dans la stratosphère où elle peut rester pendant des jours ou plus.
Les incendies canadiens sont inquiétants pour plusieurs raisons. Tout d’abord, ils signalent la transition vers un avenir où il y aura de plus en plus de feux de forêts dans le Grand Nord, car le changement climatique rend les conditions plus propices à de tels phénomènes. Ensuite, ils sont idéalement situés pour envoyer directement la fumée vers la glace de mer arctique et la calotte glaciaire du Groenland, particulièrement vulnérables en ce moment. En plus de perturber l’équilibre thermique de l’atmosphère, la fumée dépose des particules de suie de couleur sombre sur la glace, ce qui accélère sa fonte en abaissant le pouvoir réfléchissant de la glace et en lui faisant absorber davantage les rayons du soleil.
Des études ont lié le nombre croissant d’incendies de forêts dans certaines régions du Canada et des États-Unis au réchauffement climatique. En fait, selon une étude publiée en 2013, le nombre d’incendies dans les forêts boréales, entre l’Alaska et le Canada d’une part, et entre la Scandinavie et la Russie d’autre part, est le plus important jamais enregistré au cours des 10 derniers millénaires.
Source: Mashable.com.

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Forests in Canada are ablaze, with 2.2 million acres going up in flames so far this year in British Columbia alone. These fires, and others in the Yukon and Northwest Territories, have been belching smoke into the air, in some cases up to 13 kilometres high.

Once in the atmosphere, weather patterns are causing the wildfire smoke to converge into a blanket so thick it’s blotting out the sun across northern Canada. This smoke is working its way to the high Arctic, where it could speed up the melting of sea and land ice.

According to NASA, the smoke has set a record for its thickness, and has been especially dense across the Northwest Territories, Yukon, and Nunavut provinces.

According to NASA’s Earth Observatory, there is a huge quantity of aerosols in the air. Aerosols are small particles, such as soot or volcanic ash,  that reflect incoming sunlight. On August 15th 2017, the Ozone Mapping and Profiler Suite (OMPS) on the Suomi NPP satellite recorded aerosol index values as high as 49.7. This was more than 15 points higher than the previous record, which was set in 2006 by fires in Australia. Aerosol index records were also set on August 13th and 14th. Although the Suomi NPP satellite is quite new, the satellite aerosol index dates back to the Nimbus-7 satellite in 1978, giving scientists a longer data set.

According to NASA, the Visible Infrared Imaging Radiometer Suite (VIIRS) on the Suomi NPP satellite captured particularly heavy smoke obscuring a wide swath of northern Canada as of August 15th, 2017.

Another satellite image, from the Aqua satellite, shows smoke billowing north from areas near Lake Athabasca. The fires in British Columbia were intense enough to produce numerous pyrocumulus clouds that tower into the sky, resembling thunderstorms. Such clouds can vault smoke high into the atmosphere, all the way to the stratosphere, where it can linger for days or longer.

The Canadian fires are important for several reasons. First, they signal the transition to a more combustible future in the Far North, as climate change makes conditions more conducive to large wildfires. Second, they are ideally located to directly feed smoke toward vulnerable Arctic sea ice and the Greenland Ice Sheet. In addition to altering the heat balance of the atmosphere, the smoke can deposit dark soot particles on the ice, which hastens melting by lowering the reflectivity of the ice and causing it to absorb more incoming sunlight.

Studies have tied the increasing number of large fires in parts of Canada and the U.S. to global warming. In fact, the level of fire activity across the boreal forests, which stretch from Alaska to Canada and around the top of the world to Scandinavia and Russia, is unprecedented in the past 10,000 years, according to a study published in 2013.

Source: Mashable.com.

Concentrations d’aérosols au Canada entre le 10 et le 15 août 2017

(Source : NASA)

 

La fonte inquiétante du Groenland // Greenland’s alarming melting

Dans une note publiée le 18 avril 2017, j’ai attiré l’attention sur la fracturation du glacier Petermann au Groenland.
https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2017/04/18/nouvelle-fracturation-du-glacier-petermann-groenland-new-fissure-detected-in-petermann-glacier-greenland/

Ces dernières semaines, les médias ont donné la priorité au vêlage de la plate-forme glaciaire Larsen C en Antarctique. Pourtant, la fracturation qui s’est produite au Groenland est certainement plus inquiétante et peut avoir des conséquences plus importantes.
L’iceberg qui s’est détaché dans l’Arctique la semaine dernière pose problème car, contrairement à son homologue antarctique, il pourrait contribuer faire monter le niveau de la mer. Il s’est détaché de la plate-forme glaciaire sur laquelle s’appuie le glacier Petermann au moment où les températures sont à leur maximum dans l’Arctique.

Le mouvement du glacier Petermann s’est accéléré au cours des dernières années, en faisant se déverser de la glace terrestre dans l’océan à un rythme plus rapide, et en attirant plus de glace depuis le centre du Groenland.
Le dernier iceberg arctique n’est pas particulièrement impressionnant, mais sa séparation du glacier pourrait conduire à une expansion des grandes fractures en amont dans la banquise, ce qui pourrait provoquer une rupture plus rapide. Ce qui inquiète le plus les chercheurs, c’est une fracture au centre de la plate-forme glaciaire. C’est un endroit inhabituel pour la formation des fractures et cette dernière pourrait se connecter à d’autres qui se forment sur les côtés.
Avec le détachement de l’iceberg, la plate-forme glaciaire montre une morphologie jamais observée au cours des 150 années de suivi du glacier Petermann. Elle a déjà perdu de gros morceaux en 2010 et 2012, avec des icebergs qui faisaient plusieurs fois la taille de l’île de Manhattan.
Les glaciers terrestres au Groenland contribuent à l’élévation du niveau de la mer et on s’attend à ce qu’ils perdent de plus en plus de leur masse dans le futur. Le glacier Petermann représente près de 10% de la couche de glace du Groenland; à lui seul, il pourrait faire monter le niveau de la mer de 30 centimètres.
Au fur et à mesure que Petermann reculera, il attirera de la glace en provenance du centre du Groenland, ce qui aura un effet direct sur la hausse du niveau de la mer. Les chercheurs ont prévenu que ce niveau pourrait augmenter de 90 centimètres d’ici la fin du siècle, et une désintégration plus rapide des glaciers de l’Arctique rendrait la situation encore plus inquiétante. Une étude publiée début 2017 dans la revue Nature a montré que la vitesse de fonte au Groenland s’est multipliée par cinq au cours des 25 dernières années.
Source: Scientific American.

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In a note released on 18 April 2017, I drew attention to the fracturing of the Petermann Glacier in Greenland.

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2017/04/18/nouvelle-fracturation-du-glacier-petermann-groenland-new-fissure-detected-in-petermann-glacier-greenland/

In recent weeks, the media gave priority to the calving of the Larsen C ice shelf in Antarctica. However, the fracturing in Greenland is certainly more worrisome and may have bigger consequences.

The chunk of ice, which broke free in the Arctic last week, is a problem as it might contribute to raising sea level, contrary to the huge iceberg in Antarctica.  It came off the ice shelf that buttresses the Petermann Glacier at the height of seasonal warming in the Arctic region.

Movement of the Petermann Glacier has sped up in recent years, dumping land-based ice into the ocean at a faster rate and drawing more ice down from the centre of Greenland.

The latest iceberg is not particularly dramatic, but it could lead to an expansion of major cracks upstream in the ice shelf, causing it to break up more quickly. Most troubling to researchers is a crack at the center of the shelf. It is an unusual place for cracks to form, and it could connect to separate cracks forming at the sides.

The loss of the iceberg brings the shelf to a state not observed in the 150 years of tracking the Petermann Glacier. The ice shelf bracing the glacier lost major pieces in 2010 and 2012. Both those icebergs were the size of several Manhattans.

Land-based glaciers in Greenland are a primary contributor to global sea-level rise, and they are expected to increasingly lose their mass in the future. Petermann accounts for almost 10 percent of the Greenland ice sheet; it alone could raise sea levels by 30 centimetres.

As Petermann retreats, it will draw down ice from the center of Greenland, all of which will have a direct effect on sea-level increase. Researchers have cautioned that sea levels could rise by 90 centimetres at the end of the century, but a more rapid disintegration of Arctic glaciers would make that number larger. A study published earlier this year in Nature showed that the rate of melting in Greenland has increased fivefold in the last 25 years.

Source: Scientific American.

Image satellite du glacier Petermann (Source: NASA)

Photo: C. Grandpey

Nouvelles de la plate-forme glaciaire Larsen C (Antarctique) // News of the Larsen C Ice Shelf (Antarctica)

Le mois dernier, les médias ont abondamment parlé de l’iceberg de la taille de la Lozère qui s’était détaché de la plate-forme glaciaire Larsen C entre le 10 et le 12 juillet. Alors que beaucoup s’inquiétaient de cet événement et des impacts possibles du changement climatique, les scientifiques ont expliqué que la fracturation des plateformes glaciaires fait partie de leur cycle naturel. Même si le réchauffement climatique a pu jouer un rôle, il est normal que ces plateformes se désintègrent. Ce qui n’est pas normal, c’est la vitesse avec laquelle la fracture a évolué sur la plateforme Larsen C. Elle est apparue pour la première fois en 2010 mais a vraiment accéléré sa progression en 2016.
Les plateformes glaciaires vêlent régulièrement mais il est important qu’elles restent en place pour empêcher la glace qui se trouve derrière elles de glisser dans l’océan. Les plateformes jouent le rôle de barrières pour les glaciers qui se trouvent en amont. S’il n’y avait pas cet obstacle, les glaciers accélèreraient leur marche en avant et viendraient terminer leur course dans la mer, contribuant ainsi à l’élévation du niveau des océans.

Les scientifiques surveillent actuellement de près le comportement de Larsen C. La NASA a récemment publié des images satellites de la plate-forme où l’on peut voir plusieurs icebergs en formation. La NASA affirme que l’iceberg principal, A-68, a déjà commencé à se fragmenter en plusieurs morceaux  en se dirigeant vers le nord. Les scientifiques européens ont détecté 11 icebergs au total.
La plateforme Larsen C pourrait connaître un destin semblable à la plateforme Larsen B. Des lacs de fonte se sont formés à la surface de Larsen B sous l’effet des vents chauds des montagnes. L’eau de fonte s’est infiltrée à travers la glace et la plate-forme a pratiquement disparu en quelques mois. Les scientifiques ont déclaré avoir observé un processus similaire sur Larsen C.
Même si la fracturation de Larsen C n’est pas forcément liée directement au changement climatique, la situation doit rester sous surveillance étroite. Comme l’a remarqué un chercheur, c’est un signe évident de la rapidité avec laquelle notre monde peut se modifier.

Source : AccuWeather.com.

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Last month, the media abundantly spoke about the Lozère-sized iceberg that broke off the Larsen Ice Shelf in Antarctica between July 10th and 12th. While many worried about this event and the impacts of climate change, experts said that cracks in ice shelves are part of their natural cycle. Even though climate change may have played a role, it is normal for shelves to break off. What was most unusual for Larsen C was the speed at which the crack expanded. It first appeared in 2010 but really took off in speed in 2016.

Although ice shelves calve regularly, it is important to keep ice shelves in place in order to keep the ice behind it from sliding into the ocean. Ice shelves work as barriers from the ice on the mountains to the ocean. Once there is no longer something preventing the ice from the mountains flowing into the ocean, ice can flow right into the waves and add to sea-level rise.

For now, scientists are closely monitoring Larsen C. NASA recently released new satellite imagery of the ice shelf, which has multiple icebergs breaking off it. NASA says the main iceberg, A-68, already has several pieces breaking off it as it drifts northward. European scientists have detected 11 icebergs in total.

Larsen C could potentially meet a similar fate to another ice shelf, Larsen B. Lakes and ponds formed on the surface of Larsen B in its final days due to warm winds from the mountains. The water sank through the ice, and the ice shelf nearly completely disappeared in a matter of months. Scientists said prior to Larsen C’s cleaving, they noticed a similar pattern.

While Larsen C’s separation from Antarctica may not be directly related to climate change, it is still something to keep an eye on. As a researcher remarked, it’s a sure sign at how quickly our world can change.

Source : AccuWeather.com.

Images satellites montrant l’évolution de la plateforme Larsen C entre février 2016 et juillet 2017 (Source: NASA).