La Sibérie envahie par la fumée des feux de tourbe // Siberia invaded by the smoke of peat bog fires

La Sibérie est actuellement touchée par la fumée des incendies de tourbières où le feu brûle lentement la végétation jusqu’en profondeur, ce qui rend l’extinction de ces incendies particulièrement difficile.

La visibilité dans la région d’Ekaterinbourg est particulièrement mauvaise en raison du brouillard généré par les fumées. Certaines routes sont inaccessibles, des avions ont été détournés en raison de la mauvaise visibilité, des écoles ont dû être fermées et les gens ont été invités à rester chez eux. La fumée des tourbières a atteint Ekaterinbourg, la plus grande ville de l’Oural, le 11 octobre 2021 et la situation n’a fait qu’empirer, malgré les efforts des pompiers.
Plusieurs importantes routes d’accès dans et autour de la ville ont dû être fermées en raison de la visibilité extrêmement faible. Un avion en provenance de République dominicaine n’a pas pu atterrir à Ekaterinbourg et a été dérouté vers Tioumen en Sibérie occidentale. La fumée des feux de tourbe autour d’Ekaterinbourg a atteint Chelyabinsk (215 km au sud) et Tioumen (323 km à l’est) où les habitants se sont plaints d’une forte odeur de fumée.
La population a partagé des vidéos d’immeubles engloutis dans le brouillard et de routes ressemblant à des scènes de films d’horreur avec un épais voile gris recouvrant les humains et les véhicules.
Les services d’urgence locaux ont également signalé plusieurs incendies de forêt dans la région de Tioumen, ce qui est extrêmement rare pour cette période de l’année. Mi-octobre en Russie est le moment où la neige commence à recouvrir le sol en Sibérie et dans l’Oural. Avec des feux de tourbe et des feux de forêt à la fin de l’automne, la saison des incendies en 2021 est l’une des plus longues jamais enregistrées. Les premiers feux de forêt de cette année ont été signalés fin avril en Yakoutie.
La Sibérie est l’une des régions du monde les plus touchées par le réchauffement climatique. La combustion de la tourbe est préoccupante car la chaleur générée par ces incendies favorise le dégel du pergélisol en dessous, avec le dégagement de plus en plus de gaz à effet de serre dans l’atmosphère.
Vous verrez plusieurs photos du bruillard dans la région d’Ekaterinbourg en cliquant sur ce lien :

https://siberiatimes.com/other/others/news/burning-peat-and-wildfires-bring-unseasonal-smoke-apocalypse-to-urals-and-siberia/

Source : The Siberian Times.

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Siberia is currently affected by the smoke from smouldering peat bogs. Visibility in the area around Yekaterinburg is very low because of the smog caused by the smokes. Some roads are blocked, planes have been diverted due to low visibility, schools had to be shut, and people have been advised to stay home. The smoke from smouldering peat bogs reached the largest city in the Urals on October 11th, 2021 and has intensified since, despite the firefighters working to extinguish the fire.

Several key roads in and around the city had to be shut due to extremely low visibility. A tourist plane from the Dominican Republic could not land in Yekaterinburg and was diverted to Tyumen in Western Siberia. The smoke from the peat fires around Yekaterinburg reached Chelyabinsk (215km south) and Tyumen (323km east) where residents complained about strong smell of smoke.

Residents have shared videos of blocks of flats engulfed in smog, and roads looking like horror movie scenes with thick grey mist blanketing humans and vehicles.

Local emergency services also reported several active wildfires in the Tyumen region, which is extremely late for this time of year. Middle of October in Russia is the time when snow starts setting across vast expanses of Siberia, and in the Urals. To have peat fires and wildfires active this late into the autumn makes season 2021 one of the longest in the recorded history. The first wildfires of this year were reported in Yakutia, in late April.

Siberia is one region of the world most affected by global warming. The burning of the peat is worrisome because the heat from the fires favours the thawing of permafrost beneath, with the release of more and more greenhouse gases in the atmosphere.

You will see several photos of the smog by clicking on this link :

https://siberiantimes.com/other/others/news/burning-peat-and-wildfires-bring-unseasonal-smoke-apocalypse-to-urals-and-siberia/

Source: The Siberian Times.

Un brouillard très dense a envahi la région d’Ekaterinbourg (Source: The Siberian Times)

Réchauffement climatique : Ours polaires de plus en plus agressifs // Climate change : More and more aggressive polar bears

En Sibérie, les autorités sont inquiètes car de plus en plus d’ours polaires quittent leur habitat naturel et se rapprochent des humains. Ce nouveau comportement n’est guère surprenant. Avec la fonte de la glace de mer, les plantigrades éprouvent de plus plus de difficulté à se nourrir car la chasse au phoque est rarement couronnée de succès.
Sept ours polaires, dont une mère blessée accompagnée de deux oursons, ont dû être mis en fuite à l’aide d’un hélicoptère après s’être dangereusement rapprochés des éleveurs de rennes en plusieurs endroits sur la péninsule de Yamal. Les plantigrades ont montré un comportement agressif et sont restés insensibles aux menaces classiques. Il a donc fallu avoir recours à l’hélicoptère pour les effrayer, comme on peut le voir sur cette vidéo :
https://youtu.be/OJF6F8Z2-50

Les autorités russes expliquent que le comportement des ours est lié au changement climatique, au recul de la glace et au fait que leur régime alimentaire évolue : il leur est plus facile de venir fouiller les poubelles que de chasser. Un biologiste local a déclaré :« Tout cela finira mal ; au train où vont les choses, nous finirons par envoyer tous nos ours polaires dans des zoos. »
Plusieurs autres cas d’ours au comportement agressif ont été signalés à l’extrémité nord de la Péninsule de Yamal. Les ours qui ont assiégé le campement des éleveurs de rennes semblaient avoir très faim. Alors que les bergers attendaient de l’aide, les ours ont tué un renne et un chien.
Un vétérinaire sera envoyé sur place pour voir s’il est possible de secourir l’ourse blessée. La prochaine étape consistera à lui administrer un sédatif et à transporter par avion les sept ours plus au nord.

Source : The Siberian Times.

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Un Danois a été transporté par avion vers un hôpital d’Akureyri (Islande) le 2 août après avoir été mordu par un ours polaire au Groenland où une équipe de cinéastes séjournait dans une cabine de recherche gérée par l’Université d’Aarhus. Il y a quelques jours, ils ont été réveillés lorsqu’un ours polaire a brisé une fenêtre et a attaqué l’un des hommes, le mordant à une main.
L’incident a eu lieu près de la base militaire danoise de Daneborg, dans le nord-est du Groenland. Des soldats étaient présents pour aider les hommes, mais le cinéaste blessé a ensuite été transporté par avion à Akureyri pour y recevoir des soins.
L’ours était connu pour être être un « ours à problèmes et avait été impliqué dans des actes d’agression antérieurs contre des êtres humains. S’il continue à se montrer agressif, il sera euthanasié par les autorités.

Source : Yahoo Actualités.

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Authorities in Siberia are concerned because more and more polar bears are leaving their natural habitat and coming closer to humans. This new behaviour is hardly surprising. As the sea ice melts, plantigrades find it more difficult to feed because the seal hunt is rarely successful.

Seven polar bears, including a wounded sow with two cubs, were scared away by rescuers after they got dangerously close to reindeer herders at several locations on the Yamal peninsula. The predators behaved aggressively and did not respond to threats, so rescuers had to fly a helicopter to frighten them away, as can be seen on this video :

https://youtu.be/OJF6F8Z2-50

Russian authorities explain that the bears’ behaviour is related to climate change, ice retreating, and the fact that their diet is changing: it is easier for them to rummage garbage bins than to hunt. A local biologist said : « There is nothing good about this; if it continues this way we will end up sending all our polar bears to zoos. »

The cases of aggressively-behaving bears were registered at the northern tip of the Yamal peninsula. The bears besieging the reindeer herder settlements appeared to be very hungry. While the herders were waiting for help, the bears killed a reindeer and a dog.

A veterinarian will be sent to see if people can help the limping mother bear; the next step will be to sedate and air lift all seven bears further north away from the settlements.

Source : The Siberian Times.

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A Danish man was flown to a hospital in Akureyri this Monday, August 2nd, after being bitten by a polar bear in Greenland. Danish filmmakers were staying in a research cabin run by the University of Aarhus. A few days ago, they were awakened as a polar bear broke through a window and attacked one of the men, whose hand was bitten.

The attack took place near a Danish military base, Daneborg, in the northeast of Greenland. Soldiers were present to aid the men, but the man was then flown to Akureyri for further treatment.

The bear was to be a ‘trouble bear and had been involved in previous acts of aggression against humans. If he continues his ways, he will be killed by authorities.

Source : Yahoo News.

Photo : C. Grandpey

Mise au point // Clarification

Ce matin, en écoutant France Info, j’ai entendu que les incendies de végétation avaient « atteint le pôle Nord en Sibérie ». Ma tartine de confiture est restée coincée dans mon gosier en entendant ce scoop géographique ! Je savais que la géographie et l’anglais n’étaient pas les points forts des journalistes français, mais tout de même !

Après vérification, j’ai compris que la journaliste en question avait été victime d’un regrettable raccourci. La réalité est que c’est la fumée émise par les incendies en Sibérie qui a atteint le pôle Nord.

Selon la presse russe, c’est la première fois dans l’histoire qu’une telle situation se produit. Selon le service de surveillance satellitaire Copernicus, les incendies qui affectent en ce moment la Yakoutie dans le nord-est de la Sibérie ont déjà émis 505 mégatonnes de dioxyde de carbone. La fumée a parcouru plus de 3 000 km et a atteint le pôle Nord, ce qui a été confirmé par l’outil de surveillance MODIS de la NASA.

La fumée a par ailleurs assombri le ciel jusqu’en Mongolie, dans l’ouest du Groenland et le Nunavut au Canada. Selon les prévisions, les incendies de forêt en Russie et en Amérique du Nord continueront de se propager dans l’océan Arctique dans les prochains jours.

Source : The Moscow Times.

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This morning, while listening to the French radio France Info, I heard that the wildfires had « reached the North Pole in Siberia ». My toast got stuck in my throat when I heard this geographic scoop! I knew that French journalists were not good at geography and English, but still!

After checking, I understood that the journalist had been the victim of an unfortunate shortcut. The reality is that the smoke from the fires in Siberia that reached the North Pole.

According to the Russian press, this is the first time in history that such a situation has occurred. According to the Copernicus satellite monitoring service, the fires currently affecting Yakutia in northeast Siberia have already emitted 505 megatons of carbon dioxide. The smoke travelled over 3,000 km and reached the North Pole, which was confirmed by NASA’s MODIS monitoring tool.

Smoke also darkened the skies as far as Mongolia, western Greenland and Nunavut, Canada. Forest fires in Russia and North America are forecast to keep spreading into the Arctic Ocean in the coming days.

Source: The Moscow Times.

Source: NASA

Réchauffement climatique : de plus en plus d’orages dans l’Arctique // Global warming : more and more thunderstorms in the Arctic

Avec le changement et le réchauffement climatiques, les orages sont de plus en plus fréquents dans l’Arctique. Les météorologues ont signalé trois épisodes orageux successifs, avec des éclairs impressionnants, au cours d’une seule semaine entre la Sibérie et le nord de l’Alaska. Ils n’avaient jamais rien vu de tel auparavant.

En règle générale, l’air au-dessus de l’Océan Arctique, en particulier lorsque l’eau est recouverte de glace, n’a pas la chaleur convective nécessaire pour générer des orages. Comme je l’ai indiqué à plusieurs reprises, l’Arctique se réchauffe plus rapidement que le reste du monde, de sorte que les conditions changent. Les épisodes orageux accompagnés d’éclairs pendant l’été au delà du Cercle Polaire arctique ont triplé depuis 2010, une tendance directement liée au changement climatique et à la perte de glace de mer de plus en plus rapide dans le Grand Nord. À mesure que la glace de mer disparaît, une plus grande quantité d’eau peut s’évaporer ; cela ajoute de l’humidité à l’atmosphère qui se réchauffe.

Les orages accompagnés d’éclairs menacent les forêts boréales de l’Arctique car ils déclenchent des incendies dans des régions reculées qui sont exposées au soleil de l’été 24 heures sur 24. Les éclairs sont également plus fréquents au-dessus des régions de toundra dépourvues d’arbres, ainsi qu’au-dessus de l’Océan Arctique et de la banquise. En août 2019, la foudre a même frappé à moins de 100 kilomètres du Pôle Nord.

Selon deux études menées par des scientifiques du National Center for Atmospheric Research à Boulder, Colorado, rien qu’en Alaska, l’activité orageuse va probablement tripler d’ici la fin du siècle si les tendances climatiques actuelles se confirment.

Avec la forte augmentation des éclairs, la Sibérie a connu des incendies de forêt de plus en plus violents ces dernières années (voir mes notes à ce sujet). Début juillet 2021, l’armée russe a procédé à des largages d’eau pour éteindre les flammes qui brûlaient près de 800 000 hectares de forêt. La Yakoutie, qui est la région la plus durement touchée, est en état d’urgence depuis des semaines.

De l’autre côté du détroit de Béring, la foudre à la mi-juin a déclenché l’un des plus gros incendies de l’été en Alaska en brûlant une immense étendue de toundra à environ 200 km au nord du Cercle Polaire.

Le réchauffement de l’Arctique favorise la croissance de la végétation dans la toundra du nord de l’Alaska, ce qui alimente encore davantage les incendies. Selon des chercheurs du Centre International de Recherche sur l’Arctique à Fairbanks, à la fin du siècle, une superficie deux fois plus importante de toundra se consumera en Alaska, avec des incendies de végétation qui se produiront quatre fois plus fréquemment.

Source : Yahoo Actualités.

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With climate change and global warming, thunderstorms are becoming more and more frequent in the Arctic. Meteorologists have reported three successive thunderstorms with impressive lightning bolts in a single week from Siberia to the north of Alaska. Forecasters had not seen anything like that before.

Typically, the air over the Arctic Ocean, especially when the water is covered with ice, lacks the convective heat needed to generate lightning storms. But as climate change warms the Arctic faster than the rest of the world, the conditions are changing. Episodes of summer lightning within the Arctic Circle have tripled since 2010, a trend directly tied to climate change and increasing loss of sea ice in the far north. As sea ice vanishes, more water is able to evaporate, adding moisture to the warming atmosphere.

These electrical storms threaten boreal forests fringing the Arctic, as they spark fires in remote regions already baking under the round-the-clock summer sun. There is also more frequent lightning over the Arctic’s treeless tundra regions, as well as above the Arctic Ocean and pack ice. In August 2019, lightning even struck within 100 kilometres of the North Pole.

According to two studies by scientists at the National Center for Atmospheric Research in Boulder, Colorado, in Alaska alone, thunderstorm activity is on track to increase three-fold by the end of the century if current climate trends continue.

With the sharp uptick in lightning, Siberia has seen increasingly violent forest fires in recent years. In early July 2021, the Russian army deployed water-dropping aircraft to douse flames burning nearly 800,000 hectares of forest, while the hardest-hit region of Yakutia has been in a state of emergency for weeks.

On the other side of the Bering Strait, mid-June lightning sparked one of the biggest fires this summer in Alaska, scorching a huge expanse of tundra about 200 km north of the Arctic Circle.

Warming in the Arctic is also encouraging the growth of vegetation on northern Alaska’s tundra, adding further fuel for fires. According to researchers at the International Arctic Research Center in Fairbanks, by the end of the century, twice as much Alaska tundra could burn on a regular basis than was the norm in the past, with fires occurring four times more frequently.

Source : Yahoo News.

Incendies de végétation en Sibérie (Source : The Siberian Times)