Nouvel effondrement glaciaire en Alaska // New glacial landslide in Alaska

Comme je l’ai écrit à propos des températures élevées au sommet du Mont-Blanc (France), la fonte de la glace et du permafrost de roche dans les Alpes est susceptible de provoquer des chutes de séracs, des éboulements ou des glissements de terrain. C’est ce qui s’est passé à l’Arête des Cosmiques en août 2018. La plus grande vigilance est demandée aux randonneurs qui s’aventurent en haute montagne.
De tels glissements de terrain, mais de plus grande ampleur, ont été observés en Alaska ces dernières années, notamment à Juneau, Glacier Icy Bay / Tyndall, Glacier Bay / Lamplugh et Sitka. Par exemple, un énorme glissement de terrain a été observé dans le parc national de Glacier Bay en Alaska le 28 juin 2016 (voir ma note à cette date), lorsqu’un pan de montagne de 1200 mètres de hauteur s’est effondré. L’événement a recouvert de débris le glacier Lamplugh sur plusieurs kilomètres.
Plus récemment, un très important glissement de terrain s’est produit sur les flancs du volcan Iliamna le 21 juin 2019. Les matériaux se sont répandus sur une longueur d’environ 6 km et plus de 3 km de largeur. Ils semblent provenir du sommet (voir image ci-dessous).
La dernière éruption connue de l’Iliamna a eu lieu en 1876, avec un VEI 3.
Les causes de ces spectaculaires glissements de terrain ne sont souvent pas claires, mais elles sont probablement liées au réchauffement de la planète ou à l’intensification des eaux de fonte. Les statistiques montrent que ces événements ont surtout lieu pendant les mois les plus chauds. En ce moment, l’Alaska traverse la plus intense vague de chaleur de son histoire.
Source: The Watchers.

Dans le même ordre d’idées, les glaciologues suisses sont inquiets pour le Cervin. En effet les très fortes chaleurs à répétition risquent de faire fondre le permafrost de roche qui assure la stabilité du sommet  Ce dernier est constitué d’un empilement de roches qui tient grâce à ce permafrost. Si le dégel intervient, le risque de chutes de blocs de pierres sera élevé.

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As I put it in my last post about the high temperatures on Mont Blanc (France), the melting of the ice and the rock permafrost in the Alps might trigger icefalls, rockfalls or landslides. This is what happenned at the Arête des Cosmiques in August 2018. Climbers should be very careful.
Similar large-scale landslids have been observed in Alaska in recent years, including Juneau, Icy Bay / Tyndall Glacier, Glacier Bay / Lamplugh, and Sitka, landslides. For instance, a massive landslide hit Alaska’s Glacier Bay National Park on June 28th 2016 (see my post at that date), when a 1,200-metre-high mountain collapsed. The event spread debris over kilometres across the Lamplugh glacier below. More recently, a very large landslide took place on the flanks of Iliamna volcano on June 21st, 2019.The slide is about 6 km long and appears to be originating near the summit. The debris field is more than 3 kilometres wide.
The last known eruption of this volcano took place in 1876, with a VEI 3.
What triggers giant landslides often isn’t clear but they are likely related to global warming. . Statistics show there tend to be more in warmer months, which may be related to warming temperatures or meltwater. Alaska is currently going through the most intense heatwave of its history.
Source: The Watchers.

In the same vein, Swiss glaciologists are worried about the Matterhorn. Indeed, the frequent heatwaves may melt the rock permafrost which ensures the stability of the summit. The latter consists of a stack of rocks that holds thanks to this permafrost. If the thaw occurs, the risk of falling stone blocks will be high.

Le glissement de terrain sur l’Iliamna (Crédit photo: USGS)

Vues de l’Iliamna (Photos: C. Grandpey)

Vue de l’effondrement sur le glacier Lamplugh le 28 juin 2016 (Crédit photo: Paul Swanstrom que je salue ici et dont je recommande l’agence basée à Haines)

Le Cervin risque-t-il de se déliter? Vue de la montagne en septembre 2018 (Photo: C. Grandpey)

Coup de chaud en Alaska (suite) // Heatwave in Alaska (continued)

Comme prévu, des records de chaleur viennent d’être battus en Alaska et ce n’est probablement pas terminé car les hautes pressions devraient se maintenir au-dessus de cet état pendant encore plusieurs jours.

Le 4 juillet 2019 à 17 heures, l’aéroport international d’Anchorage a officiellement atteint 90 degrés Fahrenheit, soit 32,2 °C pour la première fois » depuis que des relevés y sont effectués. Le précédent record en Alaska avait été établi le 14 juin 1969, avec 85 degrés Fahrenheit, soit 29,4 °C. Cela signifie que les normales saisonnières sont dépassées de 14 °C

Selon les météorologues, la température maximale moyenne pour un 4 juillet à Anchorage est de 18,3 °C. Plusieurs autres records historiques ont été battus dans différents sites du sud de l’Alaska.

L’Alaska est particulièrement sensible au réchauffement climatique et avait déjà battu des records de douceur au printemps, surtout dans la zone arctique.

Source: Presse alaskienne.

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As expected, heat records have just been broken in Alaska and this is probably not over because high pressures are expected to remain above this State for several more days.
On July 4th, 2019 at 5 pm, Anchorage International Airport officially reached 90 degrees Fahrenheit, or 32.2 degrees Celsius for the first time since surveys were conducted there. The previous record in Alaska was set on June 14th, 1969, at 85 degrees Fahrenheit, or 29.4 degrees Celsius This means that the seasonal norms are exceeded by 14 degrees Celsius
According to meteorologists, the average maximum temperature for July 4th in Anchorage is 18.3 ° C. Several other historical records have been broken at various sites in southern Alaska.
Alaska is particularly sensitive to global warming and had already broken records in the spring, especially in the Arctic.
Source: Alaskan press.

Avec une telle chaleur, j’imagine la souffrance des glaciers! (Photo: C. Grandpey)

Forte vague de chaleur en Alaska // Strong heatwave in Alaska

L’Alaska est l’un des endroits du monde les plus touchés par le réchauffement climatique. J’ai écrit de nombreux articles mettant en garde contre le risque de fonte majeure des glaciers dans le 49ème État de l’Union qui occupe un chapitre entier dans mon, dernier livre « Glaciers en péril, les effets du réchauffement climatique« .
Les météorologues prévoient une chaleur record en Alaska au cours des prochains jours, et Anchorage devrait atteindre sa température la plus chaude jamais enregistrée. Jusqu’à présent, le record est de 85 degrés Fahrenheit (29,4 degrés Celsius) le 14 juin 1969.
D’une manière générale, il est prévu des températures jusqu’à 20 degrés au-dessus de la normale pour début juillet.
La vague de chaleur est due à une zone de haute pression qui devrait envahir l’Alaska au cours du week-end. Une situation de blocage atmosphérique empêchera ce système de haute pression de se déplacer, avec pour conséquence une longue période de temps chaud et sec.
Le plus surprenant, ce n’est pas seulement l’ampleur de la chaleur, mais aussi sa durée. Selon les prévisions actuelles, la température pourrait dépasser 25°C à Anchorage pendant six jours consécutifs jusqu’au début de la semaine prochaine, avant que la chaleur ne s’atténue un peu au cours de la semaine prochaine. A Fairbanks, la température devrait atteindre 25°C d’ici la fin du week-end et le début de la semaine prochaine.
En plus de la chaleur, les habitants du sud de l’Alaska sont  également confrontés à la fumée en provenance de l’incendie dans le secteur du Swan Lake. Il a été provoqué par la foudre le 5 juin 2019 et a déjà brûlé plus de 25 000 hectares au sud d’Anchorage, dans la péninsule de Kenai. Les habitants, en particulier ceux qui ont des problèmes respiratoires, les personnes âgées et les jeunes enfants, doivent veiller à prendre des mesures pour se protéger contre l’inhalation de fumée, notamment en restant à l’intérieur et en gardant les fenêtres et les portes fermées.
Selon la presse locale, le service d’incendie d’Anchorage a annulé tous les spectacles de feux d’artifice organisés le 4 juillet en raison des conditions de sécheresse extrêmes. Une interdiction d’allumer des feux reste également en vigueur et concerne les feux joie, les feux de camp et le brûlage de débris.

Comme je l’ai expliqué à maintes reprises suite à des séjours en Alaska, les températures dans cet Etat ont brusquement augmenté au cours des dernières années, et c’est la même chose dans tout l’Arctique à cause du réchauffement global de la planète. Les effets sur l’Océan Arctique et la glace de mer sont impressionnants. L’eau douce et le manque de glace ont fait monter la température de l’océan de plus de 2,5° C au-dessus de la normale.

Source : Presse alaskienne.

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Alaska is one of the places in the world most affected by global warming. I have written many posts warning about the risk of major glacier melting in the 49th State.

Now, most of the nation’s biggest state is forecast to bake under record-breaking heat over the next few days, with Anchorage poised to reach its hottest temperature ever recorded. Up to now, the record is 85 degrees Fahrenheit (Celsius) set on June 14th, 1969.

In general, high temperatures across the state are predicted as much as 20 degrees above normal for early July.

The cause of the heat wave is an unusually strong area of high pressure that’s expected to spread over Alaska through the weekend. An atmospheric traffic jam will prevent this high pressure system from moving much, leading to the extended stretch of hot and dry weather.

What is unbelievable is not just the magnitude of the heat, it is how long it will last. The current forecast suggests highs may top out in the 80s in Anchorage for six straight days into early next week, before the heat slowly eases a bit later next week. High temperatures in Fairbanks will climb to the lower and middle 80s by the end of the weekend and start of next week.

On top of the heat, people in southern Alaska are also dealing with smoke from the Swan Lake Fire. The fire was ignited by lightning on June 5th, has already charred over 77,000 acres and continues to burn south of Anchorage on the Kenai Peninsula. Residents, especially those with respiratory issues, the elderly and young children, should be prepared to take steps to protect against smoke inhalation, including staying indoors and keeping windows and doors closed.

According to the local press, the Anchorage Fire Department has cancelled all official Fourth of July fireworks shows in the municipality due to extreme dry weather conditions. A burn ban also remains in effect, covering bonfires, campfires and burning of debris.

As I have explained many times after staying in Alaska, the temperatures in this State have risen sharply in recent years, and it’s the same across the Arctic because of global warming. . The effects on the Arctic Ocean and sea ice are impressive. Freshwater and the lack of ice have raised the temperature of the ocean by more than 2.5°C above normal.

Source: Alaskan newspapers.

Sale temps pour les glaciers en Alaska! (Photo: C. Grandpey)

L’Argentine protège ses glaciers // Argentina protects its glaciers

La Cour suprême argentine a réaffirmé le 4 juin 2019 la constitutionnalité de la loi pour la protection des glaciers. Cette décision remet en cause 44 projets d’exploitation minière et touche directement les intérêts politiques et économiques du pays. Cette décision de la Cour suprême est un revers pour les géants de l’exploitation aurifère. En effet, la loi pour la protection des glaciers interdit toute exploitation minière dans des espaces protégés. Les sociétés Barrick Gold et Minera Argentina Gold, qui avaient déposé en 2011 une plainte auprès de la Cour fédérale pour rendre inconstitutionnelle cette loi, ont été déboutées.
Il faut savoir que 75 % des 2 % d’eau douce de la planète proviennent des glaciers. En Argentine 8 484 km2 sont concernés par des projets d’exploitation minière détruisant des glaciers. En 2007, à l’initiative de la Ministre argentine de l’Environnement, le gouvernement avait fait voter une loi de protection des espaces glaciers; elle est entrée en vigueur en 2010, devenant ainsi la première loi de ce type au monde. La société canadienne Barrick Gold, acteur majeur de l’exploitation minière sur le territoire argentin, avait déposé une plainte auprès de la Cour fédérale afin de faire réviser la loi et ainsi poursuivre certaines de ses activités, qui avaient été suspendues. Depuis, même si la loi est restée en vigueur, elle est peu appliquée et les ONG et associations écologistes militent pour en faire respecter les principes.
Cela fait huit ans que les militants écologistes attendent que la justice se prononce sur cette question. Ils espèrent que la loi ne restera pas lettre morte, mais rien n’est moins sûr dans un pays émergent comme l’Argentine, où l’extraction minière est au cœur des intérêts économiques et politiques. Depuis 2010, les multinationales de l’extraction ont tout fait pour freiner l’application de la loi et ont continué leurs activités, notamment dans la mine d’or et d’argent à ciel ouvert de Veladero, dans la province de San Juan. Propriété de Barrick Gold depuis 2005, le site a également connu le plus grand accident minier du pays, en 2015. L’effondrement d’un bloc de glace avait provoqué la fuite d’une solution de cyanure, polluant ainsi cinq cours d’eau. La catastrophe ne s’était pourtant pas soldée par la fermeture du site.
Aujourd’hui, les projets d’exploitation continuent de se multiplier. Sur le papier, les textes prévoient l’obligation d’un inventaire de tous les glaciers argentins. Des études de terrain sont également censées être réalisées avant tout projet et ce dans un délai de 180 jours. Le problème, c’est que cette réglementation est gangrenée par la corruption. Des glaciologues réalisent les études, mais ils travaillent également pour les entreprises. Au final, ils ont imposé une mesure minimale pour qu’un glacier soit considéré comme tel, laissant ainsi une marge de manœuvre aux entreprises pour exploiter une partie de ces glaciers.

Source: Libération.

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On 4 June 2019, the Argentinean Supreme Court reaffirmed the constitutionality of the law for the protection of glaciers. This decision calls into question 44 mining projects and directly affects the political and economic interests of the country. This decision of the Supreme Court is a setback for the gold mining giants. Indeed, the law for the protection of glaciers prohibits all mining in protected areas. The Barrick Gold and Minera Argentina Gold companies, which filed a complaint in 2011 with the Federal Court to make the law unconstitutional, were dismissed.
You should know that 75% of the 2% of fresh water on the planet comes from glaciers. In Argentina 8 484 square kilometres are affected by mining projects destroying glaciers. In 2007, at the initiative of the Argentine Minister of the Environment, the government had passed a law protecting glacial spaces; it came into force in 2010, becoming the first law of its kind in the world. The Canadian company Barrick Gold, a major player in mining in Argentina, had filed a complaint with the Federal Court to have the law reviewed and to continue some of its activities, which had been suspended. Since then, even though the law has remained in force, it has not been applied enough and environmental NGOs and associations are campaigning to uphold its principles.
For eight years environmental activists have been waiting for justice to rule on this issue. They hope that the law will not remain a dead letter, but nothing is less certain in an emerging country like Argentina, where mining is at the heart of economic and political interests. Since 2010, multinational extractive companies have done everything to curb law enforcement and have continued to operate, including in the Veladero open-pit gold and silver mine in the province of San Juan. Owned by Barrick Gold since 2005, the site also experienced the largest mining accident in the country, in 2015. The collapse of a block of ice caused a solution of cyanide to escape, polluting five rivers . The disaster did not end in the closure of the site.
Today, the projects of exploitation continue to multiply. On paper, the texts provide for the obligation of an inventory of all Argentine glaciers. Field studies are also supposed to be carried out before any project and within 180 days. The problem is that this regulation is riddled with corruption. Glaciologists do the studies, but they also work for the companies. In the end, they imposed a minimum measure for a glacier to be considered as such, leaving a margin of maneuver for companies to exploit some of these glaciers.

Source: Liberation.

Le Perito Moreno est l’un des glaciers les plus populaires en Argentine. Comme ses homologues à travers le monde, il subit les effets du réchauffement climatique. (Crédit photo: Wikipedia)

Le Mont Blanc transpire lui aussi!

La vague de chaleur actuelle ne se limite pas aux zones de basse altitude. Le 26 juin 2019, le Mont Blanc a enregistré un record, avec une température de 6,8°C vers 13h40 dans la station de Colle Major, une station de l’Arpa (Agence régionale de protection de l’environnement de la Vallée d’Aoste), à 4750m d’altitude. Selon Météo France, il n’a jamais fait aussi chaud au sommet du point culminant de l’Europe depuis le début des relevés. La température de l’air a approché les 7°C pendant environ une heure, avant de repasser sous les 2°C. En septembre 2016, une température de 6,3°C avait été enregistrée à la station de Colle Major.
Ce pic de chaleur aura, bien sûr, des conséquences sur le massif, avec une fonte partielle des glaciers qui sont actuellement exposés à des températures positives/ Es eaux de fonte ruiissellent, ce qui augmente forcément le risques de chutes de séracs. Les alpinistes et autres randonneurs doivent donc être particulièrement vigilants. De plus, cet excès de chaleur aura un effet sur le permafrost de roche qui solidarise les blocs des parois. Des effondrements ne sont pas exclus, comme celui qui a emporté une portion de l’Arête des Cosmiques, à proximité de l’Aiguille du Midi, le 22 août 2018.
Source: Presse locale et nationale.

Fonte des glaciers dans le monde : Ceux des Alpes sont en voie de disparition // Melting glaciers in the world: Those of the Alps are about to disappear

N’en déplaise aux climato-sceptiques, les coups de butoir du réchauffement climatique font fondre la banquise et les glaciers, et le phénomène s’est accéléré au cours des dernières décennies. Une nouvelle étude effectuée par une équipe internationale menée par l’Université de Zurich (Suisse) donne une estimation inquiétante de la fonte de la glace pendant les 60 dernières années. Les glaciologues estiment que les glaciers alpins auront sans doute complètement disparu à la fin de ce siècle.

Les auteurs de l’étude ont combiné des observations glaciologiques de terrain avec un grand nombre de données récoltées par des satellites de différentes missions. Ils ont ainsi pu calculer avec précision la quantité de glace perdue ou gagnée individuellement par 19 régions glaciaires de notre planète. Il faut noter que les mesures faites sur le terrain indiquent les fluctuations annuelles, tandis que les données satellitaires permettent de déterminer la quantité de glace perdue sur plusieurs années ou plusieurs dizaines d’années.

Les conclusions ne laissent pas le moindre doute. La perte d’épaisseur subie par 19 000 glaciers dans le monde correspond à une perte de 9 625 milliards de tonnes (gigatonnes) de glace entre 1961 et 2016, ce qui a contribué une hausse du niveau des océans de 2,7 cm à l’échelle planétaire.

Sans grande surprise, les pertes régionales les plus conséquentes concernent l’Alaska (je l’ai démontré à plusieurs reprises), les glaciers situés autour de la calotte glaciaire du Groenland, et les glaciers des Andes méridionales. Les glaciers de l’Arctique canadien et russe et du Svalbard ont également perdu des quantités significatives de glace.

Les glaciers situés dans des régions tempérées, comme les Alpes européennes et la chaîne montagneuse du Caucase ont également perdu de la glace, mais ces glaciers sont trop petits pour contribuer de manière significative au niveau des mers.

La seule zone qui où le volume glaciaire a augmenté pendant cette période de 55 années est l’Asie du Sud-Ouest (ASW sur la carte). Les glaciers de cette zone ont accumulé 119 gigatonnes de glace, mais les glaciers voisins d’Asie du Sud-Est (ASE) ont perdu 112 gigatonnes, donc à peu près la même quantité.

Les auteurs de l’étude font remarquer que le taux de perte a augmenté de manière significative ces trente dernières années. Les glaciers perdent en ce moment 335 milliards de tonnes de glace par an, ce qui correspond à une montée du niveau des mers de 1 mm par an.

Alors que les Alpes ont déjà perdu 38 gigatonnes de glaces depuis 1961, de nouveaux travaux publiés dans la revue The Cryosphere et présentés lors de l’Assemblée Générale 2019 de l’European Geosciences Union (EGU) à Vienne (Autriche) dressent le devenir des glaciers des Alpes d’ici à la fin du siècle. Même en cas d’une limitation du réchauffement climatique – ce qui semble tout à fait improbable – les deux tiers du volume des glaciers des Alpes auront fondu. Dans le cas du scénario le plus probable, ils auront tout simplement disparu en 2100.

Cette étude a été menée par une équipe de chercheurs suisses sur les quelque 4 000 glaciers encore présents dans les Alpes dont le volume est estimé à environ 100 km3.

Les glaciologues suisses ajoutent que la fonte sera progressive : d’ici 2050, la moitié du volume des glaciers aura disparu, même si nous faisons des efforts pour réduire nos émissions de gaz à effet de serre. Comme je l’ai expliqué précédemment, il existe une énergie climatique qui empêchera la situation de se rétablir rapidement. Après 2050, l’évolution des glaciers dépendra de l’évolution du climat. Si le réchauffement est limité, une partie beaucoup plus importante des glaciers pourra être sauvée.

Le recul généralisé des glaciers des Alpes ne contribuera pas seulement à la hausse du niveau des océans mais modifiera significativement le paysage, l’écosystème et l’économie du massif alpin. En effet, les Alpes sont des lieux de tourisme, de loisir mais aussi de véritables réservoirs d’eau exploités notamment pour produire de l’électricité via les barrages et pour irriguer les cultures. Toute la faune et la flore seront également affectées par la raréfaction de cette ressource en eau. Ces remarques sont valables pour toutes les régions de montagne dans le monde qui hébergent des glaciers.
Comme on l’a constaté à propos du glacier de Tête Rousse au-dessus de St Gervais (Haute-Savoie), la fonte des glaciers augmente également le risque de catastrophes naturelles, comme la vidange brutale d’un lac glaciaire et les coulées de débris associées.

Les conclusions de l’étude conduite par l’Université de Zurich sont particulièrement importantes. Il est essentiel de connaître le rythme auquel les glaciers perdent de leur masse sur le long terme afin de pouvoir prendre des décisions adéquates. Ces informations concernet plus particulièrement les organismes internationaux qui, comme le GIEC, évaluent le changement climatique.

Source : notre-planète.info.

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Even though climate-skeptics do not agree, global warming is melting the  ice sheet and the glaciers, and the phenomenon has accelerated in recent decades. A new study by an international team led by the University of Zurich (Switzerland) gives a worrying estimate of the melting of ice during the last 60 years. Glaciologists believe that alpine glaciers will very probably have completely disappeared by the end of this century.
The authors of the study combined glaciological field observations with a large amount of data collected by satellites from different missions. They were able to accurately calculate the amount of ice lost or gained individually by 19 glacial regions of our planet. It should be noted that measurements made on the field indicate annual fluctuations, while satellite data can determine the amount of ice lost over several years or decades.
The conclusions leave no doubt. The thickness loss undergone by 19,000 glaciers around the world corresponds to a loss of 9,625 billion tonnes (gigatonnes) of ice between 1961 and 2016, which has contributed to a rise of 2.7 cm in ocean levels on the planet.
Unsurprisingly, the largest regional losses are in Alaska (I have demonstrated this several times), the glaciers around Greenland’s ice cap, and the glaciers of the southern Andes. Glaciers in the Canadian and Russian Arctic and Svalbard have also lost significant amounts of ice.
Glaciers in temperate regions such as the European Alps and the Caucasus mountain range have also lost ice, but these glaciers are too small to contribute significantly to the sea level rise.
The only area where the glacial volume has increased during this 55-year period is Southwest Asia (ASW on the map). Glaciers in this area have accumulated 119 gigatonnes of ice, but nearby Southeast Asian (SEA) glaciers have lost 112 gigatonnes, so roughly the same amount.
The authors of the study point out that the rate of loss has increased significantly over the last thirty years. Glaciers are losing 335 billion tons of ice a year, which corresponds to a rise in sea level of 1 mm per year.
While the Alps have already lost 38 gigatonnes of ice since 1961, a new study published in the journal The Cryosphere and presented at the 2019 General Assembly of the European Geosciences Union (EGU) in Vienna (Austria) shows the future of glaciers of the Alps by the end of the century. Even if global warming is limited – which seems highly unlikely – two-thirds of the Alpine glacier volume will have melted. In the case of the most likely scenario, they will have simply disappeared by 2100.
This study was conducted by a team of Swiss researchers on some 4,000 glaciers still present in the Alps whose volume is estimated at about 100 km3.
Swiss glaciologists add that the melting will be gradual: by 2050, half of the volume of glaciers will disappear, even if we make efforts to reduce our greenhouse gas emissions. As I explained earlier, there is a climate latency that will prevent the situation from recovering quickly. After 2050, the evolution of glaciers will depend on the evolution of the climate. If the warming is limited, a much larger part of the glaciers can be saved.
The widespread retreat of the glaciers in the Alps will not only contribute to rising sea levels; it will significantly alter the landscape, ecosystem and economy of the Alps. Indeed, the Alps are places of tourism, of leisure but also harbour real reservoirs of water exploited in particular to produce electricity via the dams and to irrigate the cultures. All fauna and flora will also be affected by the scarcity of this water resource. These remarks are valid for all mountain regions in the world that host glaciers.
As has been observed in the case of the Tête Rousse glacier above St Gervais (Haute-Savoie), the melting of glaciers also increases the risk of natural disasters, such as the sudden discharge of a glacial lake and the associated flows of debris.

The conclusions of the study conducted by the University of Zurich are particularly important. It is essential to know the rate at which glaciers lose their mass over the long term in order to make adequate decisions. This information is particularly relevant to international bodies that, like the IPCC, are assessing climate change.
Source: our-planet.info.

Perte de masse des glaciers au niveau mondial entre 1961 et 2016 (Source : ESA). La carte et l’article sont accessibles en cliquant sur ce lien :

https://www.notre-planete.info/actualites/2637-fonte-glaciers-monde

Tous les glaciers alpins sont menacés de disparition, aussi bien l’Argentière que la Mer de Glace, l’Aletsch ou le glacier du Rhône (Photos : C. Grandpey)

Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques nouvelles de l’activité éruptive dans le monde:

Suite à la dernière activité éruptive qui a cessé le 5 juin 2019 sur le Nouveau Cratère Sud-Est de l’Etna (Sicile / Italie), le maire de Nicolosi a promulgué une nouvelle ordonnance. Elle stipule que l’accès est libre sur le volcan jusqu’à l’altitude 2750 mètres. La montée jusqu’à 2920 mètres au-dessus du niveau de la mer est possible avec l’accompagnement obligatoire de guides. L’accès à l’Etna est interdit au public au-dessus de 2920 mètres.
Source: Mairie de Nicolosi.

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Une nouvelle crise éruptive a été observée sur le Sinabung (Indonésie) vers 09h30 (TU) le 9 juin 2019. Selon le VAAC de Darwin, le panache de cendre est monté jusqu’à plus de 16 km au-dessus du niveau de la mer. Des coulées pyroclastiques ont dévalé le versabt SE sur 3,5 km et le flanc S sur 3 km. La couleur de l’alerte aérienne est Rouge.
Source: PVMBG.

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L’AVO indique qu’une éruption phréatique mineure a été observée sur le Great Sitkin (Aléoutiennes / Alaska) le 7 juin 2019. La couleur de l’alerte aérienne est maintenue à Jaune.

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L’INGV indique que début juin l’activité du Stromboli (Sicile) était strombolienne, avec des explosions et des épisodes de dégazage au niveau des différentes bouches qui percent la terrasse cratérique. Deux bouches de la zone nord explosaient à raison de 1 à 4 fois chaque heure, avec des panaches de cendre d’environ 80 mètres de hauteur. Deux bouches de la terrasse centrale se manifestaient entre 3 et 8 fois chaque heure, avec des projections qui montaient jusqu’à 80-150 mètres de hauteur.
Source: INGV.

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7h30 (heure locale) L’éruption se poursuit sur le Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion). Le tremor est stable. Le problème, c’est qu’une bande de nuages recouvre le site et il est impossible de l’approcher par les airs. Le brouillard fait obstacle aux webcams. Dans le même temps, il faut très beau au Pas de Bellecombe. Il faut vraiment connaître parfaitement le terrain pour approcher les coulées de lave. Comme on peut le lire dans le Journal de l’Ile, il s’agit d’une éruption à huis clos. L’Enclos reste fermé au public.

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13 heures (heure locale): L’OVPF vient d’indiquer que l’éruption vient de se terminer aujourd’hui vers 12 heures. Les instruments n’indiquent rien d’autre que le mauvais temps qui persiste sur le site éruptif. Reste à savoir maintenant s’il s’agit d’un arrêt définitif ou d’une simple pause. L’édifice volcanique n’a pas vraiment dégonflé. Il ne serait guère surpenant d’assister à une reprise d’activité à brève échéance. Le Piton nous a déjà habitués à un tel scénario!

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Here is some news of eruptive activity in the world:

Following the latest eruptive activity which stopped on June 5th, 2019 on the New Southeast Crater of Mt Etna (Sicily / Italy), the Mayor of Nicolosi has issued a new ordinance stating that access is free on the volcano up to 2750 metres above sea level. Climbing up to 2920 meters above sea level is possible with the mandatory accompaniment of guides. Access to Mt Etna is forbidden to the public above 2920 meters.
Source: Nicolosi City Council.

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A new eruption was observed on theg Sinabung (Indonesia) around 09:30 (UTC) on June 9th, 2019. According to the Darwin VAAC, the ash plume rose to more than 16 km above sea level. Pyroclastic flows travelled 3.5 km SE and 3 km S. The aviation colour code is Red.

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AVO reports that a small steam explosion at Great Sitkin (Aleutians / Alaska) was detected in seismic data on June 7th, 2019. The Aviation Colour Code remains at Yellow.

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INGV indicates that in early June activity at Stromboli was characterized by ongoing Strombolian explosions and degassing from multiple vents within the crater terrace. Explosions from two vents (N1 and N2) in Area N occurred at a rate of 1-4 per hour, ejecting material 80 metres high and producing ash plumes. Explosions from two vents in the South Central crater area occurred at a rate of 3-8 per hour, ejecting material 80-150 metres high.
Source: INGV.

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7:30 (local time): The eruption continues on Piton de la Fournaise (Reunion Island). The tremor is stable. The problem is that a band of clouds covers the site which can’t be approached by air.There is only fog on the webcams. At the same time, the weather is very nice at Pas de Bellecombe. You really need to know the terrain perfectly to get close to the lava flows. As one can read in the Journal de l’Ile, it is an eruption behind closed doors. Access to the Enclos remains prohibited.

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13:00 (local time): OVPF has just indicated that the eruption came to an end today at 12:00 or so. The indtruments only reveal the poor weather conditions that persist on the eruptive site. The question is to know whether it is the definitive end of the eruption or just a pause. The volcanic edifice has not really deflated and an new outbreak of activity in the short term would not really come as a surprise. Piton de la Fournaise has already shown such a scenario!