Nouvelles brèves // News in brief

En Islande, la partie orientale de la plage de Reynisfjara a été fermée définitivement. La décision a été prise à la suite d’un glissement de terrain survenu le 20 août 2019. Personne n’a été blessé, mais la veille, un homme avait été victime d’une fracture du crâne lorsque des blocs se sont détachés de la falaise. De nouveaux glissements de terrain sont susceptibles de se produire dans cette zone.
Depuis le 19 août, les touristes ont à plusieurs reprises ignoré la fermeture de la partie orientale de la plage. La police a dû remettre en place quotidiennement des rubans d’interdiction d’accès. En vertu de la loi, les personnes qui ne tiennent pas compte de ceette interdiction d’accès peuvent se voir infliger une amende de 100 000 à 500 000 ISK (720 à 3 600 euros).
Source: Iceland Monitor.

Comme cela se produit de temps en temps, une forte éruption a secoué le Sheveluch (Kamchatka) aux premières heures du 29 août 2019. La colonne de cendre s’est élevée à environ 10 km au dessus du niveau de la mer. La couleur de l’alerte aérienne est maintenue à Orange.

Le Steamboat Geyser dans le Parc National de Yellowstone vient d’établir un nouveau record. Le 27 août, à 10 h 47, le geyser s’est manifesté pour la 33ème fois en 2019. Il bat aainsi le record de l’année dernière pour le plus grand nombre d’éruptions jamais enregistrées au cours d’une année civile. Le record précédent était de 29 éruptions en 1964. Avant 1961, le Steamboat Geyser était resté inactif pendant cinquante ans. La dernière éruption a projeté une importante quantité de débris et de boue qui ont recouvert les voitures dans le parking situé à 150 mètres. À une exception près, le Steamboat s’est manifesté tous les trois à sept jours depuis le 3 mai 2019.
Source: Service des parcs nationaux.

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In Iceland, the eastern part of Reynisfjara beach in now permanently closed. The decision comes in the wake of a landslide that occurred there August 20th, 2019. No one was injured, but the previous day a man suffered a broken skull when rocks fell from the same mountain. More landslides are likely to occur in this area.

Ever since August 19th, tourists have repeatedly disregarded the closure of the eastern part of the beach. The police have had to put up new police tape daily. According to the law, those who disregard such closures can be issued a fine of ISK 100,000-500,000 (EUR 720-3,600).

Source : Iceland Monitor.

As this happens from time to time, a strong eruption was observed at Sheveluch volcano (Kamchatka) in the early hours of August 29th, 2019. The ash column rose up to about 10 km above sea level. The aviation colour code is kept at Orange.

The Steamboat Geyser in Yellowstone National Park has set a new record. At 10:47 a.m. on August 27th in the morning, the geyser erupted for the 33rd time in 2019. That breaks last year’s record for the most eruptions ever recorded in a calendar year. The record before which was 29 eruptions in 1964.Until 1961, it had been dormant for fifty years. The geyser’s last eruption shot out a lot of debris and mud which coated cars in the parking lot, 150 metres away. With just one exception, Steamboat has been going off every three to seven days since May 3rd, 2019.

Source: National Park Service.

Steamboat Geyser (Photos: C. Grandpey)

A l’ombre de la Montagne Pelée (Martinique)

J’aurai le plaisir de présenter prochainement deux conférences à la Martinique :

  • le 14 août 2019 à 15h45 à la Maison des Volcans de Morne-Rouge: Volcans de subduction – La Chaîne des Cascades.

  • Le 16 août 2019 à 18h30 au CDST de St Pierre: Points chauds, méga volcans et Yellowstone.

Le Mont St Helens et le Parc de Yellowstone seront au menu de ces deux conférences (Photos: C. Grandpey)

Nouvelles recherches sur l’histoire éruptive de Yellowstone // More research about Yellowstone eruptive history

La surveillance des volcans aux États-Unis est une priorité pour l’USGS qui est en train de mettre en place un système d’alerte volcanique à l’échelle du pays. Le système permettra aux scientifiques de mieux contrôler les volcans dangereux aux États-Unis en modernisant et en étendant les réseaux de surveillance existants, notamment à l’aide de sismomètres large bande, de récepteurs GPS effectuant des mesures en continu et en temps réel, et de capteurs de gaz volcaniques. De nouveaux réseaux sont également en train d’être installés sur des volcans mal surveillés jusqu’à présent, comme le Mont Baker dans l’Etat de Washington. Yellowstone fait partie de ces efforts pour améliorer la surveillance des volcans américains.
La plupart des articles de presse sur Yellowstone affirment que le volcan est en retard dans son processus éruptif et qu’une éruption majeure pourrait survenir à court terme. Le super volcan de Yellowstone a provoqué une éruption cataclysmale il y a environ 613 000 ans. Il a alors a rejeté environ 1 000 kilomètres cubes de matériaux, ce qui représente plus du double du volume du Lac Érié et 2 500 fois le volume de matériaux émis pendant l’éruption du Mont St. Helens en 1980.
Depuis la dernière super éruption, le volcan de Yellowstone a connu de nombreuses éruptions de moindre importance avec émissions de coulées de rhyolite. Les scientifiques de l’USGS essayent maintenant de mieux appréhender ces événements de moindre envergure afin de comprendre les dangers liés au système magmatique du volcan de Yellowstone.
Selon le California Volcano Observatory, le super volcan a connu au moins 28 éruptions de rhyolite au cours des 610 000 dernières années. Ce ne sont pas des éruptions mineures car elles ont donné naissance à des coulées de lave avec des volumes allant de 0,42 à 71 km3. En comparaison, le Mont St. Helens a vomi 0,25 kilomètre cube de matériaux en 1980.
Les scientifiques espèrent savoir si ces coulées de lave ont été produites lentement au fil du temps, ou si elles proviennent de courtes éruptions réparties sur un bref laps de temps. Si les éruptions sont regroupées dans le temps, la survenue d’une première éruption peut indiquer que d’autres peuvent se produire à brève échéance.
Les chercheurs ont utilisé une technique de datation basée sur la désintégration du potassium 40 radioactif en argon 40 radioactif ; elle permet de savoir à quel moment la roche s’est cristallisée et donc de calculer l’époque à laquelle elle est apparue.
En analysant les roches volcaniques de Yellowstone, les chercheurs ont découvert que les coulées de rhyolite étaient «fortement concentrées dans le temps», avec des éruptions qui se sont produites par épisodes. Au cours de l’une des phases d’activité, il y a eu sept éruptions sur une période d’environ 1 000 ans. L’équipe scientifique espère maintenant affiner ces recherches et les intégrer dans l’évaluation des risques volcaniques à Yellowstone.
Source: USGS, Newsweek.

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Monitoring volcanoes across the U.S. is a priority for the USGS, and the agency is currently in the process of establishing a National Volcano Early Warning System. The system will help scientists better monitor all dangerous volcanoes in the U.S. by modernizing and expanding its networks using broadband seismometers, real-time continuous GPS receivers and volcanic gas sensors, among other technologies. New networks are also being introduced to poorly monitored volcanoes like Mount Baker in Washington. Yellowstone is part of these efforts to better monitor U.S. volcanoes.

Most press articles about Yellowstone affirm that the volcano is overdue in its eruptive history and that a major eruption might occur in the short term. The Yellowstone supervolcano produced a huge eruption around 613,000 years ago, when it ejected about 1,000 cubic kilometres of material. This is more than double the volume of Lake Erie, and 2,500 times bigger than the 1980 eruption of Mount St. Helens.

Since that time, the Yellowstone volcano has produced many more smaller eruptions of rhyolite lava flows. USGS scientists are now working to better understand these smaller events in order to understand the hazards posed by the magmatic system at Yellowstone.

According to the California Volcano Observatory, the super volcano has produced at least 28 rhyolite eruptions over the last 610,000 years. These were not small eruptions as they produced lava flows ranging from 0.42 to 71 cubic kilometres. In comparison, Mount St. Helens produced 0.25 cubic kilometres of material.

What scientists are hoping to work out is whether these lava flows were produced slowly over time, or whether it came from short, clustered eruptions. If eruptions are clustered in time then the occurrence of one eruption may indicate that the next eruption may follow closely.

Researchers used a dating technique based on the decay of the radioactive potassium-40 to radioactive argon-40, which can tell them when the rock crystalized, allowing them to work out time of origin.

By analyzing the volcanic rocks at Yellowstone, researchers discovered that rhyolite lava flows were “highly clustered in time,” with eruptions taking place in episodes. In one phase of activity there were seven eruptions over a period of around 1,000 years. The scientific team now hopes to further refine these episodes and build this into volcanic hazard assessments for Yellowstone.

Monitoring volcanoes across the U.S. is a priority for the USGS, and the agency is currently in the process of establishing a National Volcano Early Warning System. The system will help scientists better monitor all dangerous volcanoes in the U.S. by modernizing and expanding its networks using broadband seismometers, real-time continuous GPS receivers and volcanic gas sensors, among other technologies. New networks are also being introduced to “under-monitored” volcanoes like Mount Baker in Washington.

“Improvements to volcano monitoring networks allow the USGS to detect volcanic unrest at the earliest possible stage,” Tom Murray, the USGS Volcano Science Center director, said in a statement. “This provides more time to issue forecasts and warnings of hazardous volcanic activity and gives at-risk communities more time to prepare.”

Source : USGS, Newsweek.

Coulées de lave et dépôts de rhyolite à Yellowstone (Photos: C. Grandpey)

La menace d’une super éruption // The threat of a super eruption

A la fin de ma conférence sur les volcans et les risques volcaniques, j’exprime ma crainte de voir se produire un jour une super éruption si un volcan comme celui de Yellowstone vient à se réveiller. Cette crainte a également été évoquée récemment par Paolo Papale, volcanologue italien appartenant à la section de Pise de l’Institut National de Géophysique et de Volcanologie (INGV). A la fin du mois de mars, il a expliqué dans la revue Science pourquoi l’humanité devait se préparer à la possibilité d’un tel événement qui clouerait les avions au sol et réduirait les GPS au silence pendant des années, en plus de refroidir la Terre de plusieurs degrés.

Paolo Papale explique que la dernière super éruption volcanique s’est produite il y a plus de 27 000 ans. Cela ne veut pas dire qu’il ne s’en produira plus jamais. Le risque d’assister à une éruption d’un indice d’explosivité volcanique (VEI) de 8, le maximum de l’échelle, est très faible, mais néanmoins réel : 0,001 % dans la prochaine année et 0,01 % dans la prochaine décennie.

Comme indiqué plus haut, une éruption de VEI 8 empêcherait probablement les satellites de communiquer avec la Terre et clouerait les avions au sol pendant des mois, voire des années. Selon le volcanologue italien, « un VEI 8 a une probabilité plus grande que le risque qu’un astéroïde de plus de 1 km de diamètre frappe la Terre. Un tel astéroïde serait peut-être fatal pour l’humanité, mais nous avons des programmes de détection pour contrer ce risque. En revanche, une éruption d’un VEI 8 pourrait aussi sonner le glas de notre civilisation si nous ne nous préparons pas. »

En conséquence, il est urgent de trouver des moyens pour sécuriser nos communications sans fil et nos avions. Il faut aussi faire des progrès en matière de prévision éruptive. Comme je l’ai fait remarquer dans plusieurs notes, 10 % des volcans du monde sont pratiquement sans surveillance.

Les volcanologues et les volcanophiles le savent : La dernière super éruption a eu lieu en avril 1815 sur le Tambora en Indonésie. Elle avait un VEI de 7. La colonne éruptive est montée jusqu’à 44 km de hauteur. Elle n’a, bien sûr, pas entraîné de problèmes pour les avions ou les satellites, mais l’agriculture et le climat ont été profondément altérés pendant des années. On attribue même parfois la défaite de Napoléon à Waterloo à l’éruption du Tambora. En juin 1815, la pluie a nui aux manoeuvres françaises. Par ailleurs, la mousson asiatique a été perturbée pendant plusieurs années, ce qui a causé famines et inondations, alors que l’Europe et l’Amérique du Nord étaient plongées dans un froid qui a anéanti les récoltes. 1816 a été surnommée « l’année sans été ».

Paolo Papale a été le premier à démontrer, dans la revue Scientific Reports, qu’il est impossible de prédire une super éruption. Selon lui, « comme les éruptions surviennent très rarement, il faut remonter loin dans le temps pour avoir assez d’événements d’un VEI 7 et 8 qui permettraient de définir la probabilité statistique d’une super éruption. »

On sait que les super éruptions donnent naissance à des caldeiras comme celle du Parc de Yellowstone aux Etats-Unis qui présente une superficie de 3600 km2 formée par trois super éruptions depuis 2,1 millions d’années. On sait également que ce volcan possède au moins deux chambres magmatiques susceptibles de déclencher une éruption de très grand ampleur. Comme le disait le regretté Maurice Krafft, un volcan est comme une bombe, mais on ignore le longueur de la mèche qui va la faire exploser.

Source : LA PRESSE.CA.

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At the end of my lecture about volcanoes and volcanic Risks, I express my fear that a super eruption might occur some day if a volcano like Yellowstone happens to wake up. This fear has also been mentioned recently by Paolo Papale, an Italian volcanologist belonging to the Pisa section of the National Institute of Geophysics and Volcanology (INGV). At the end of March, he explained in the journal Science why humanity needs to prepare for the possibility of such an event that would ground aircraft and silence GPS for years, in addition to cooling the Earth by several degrees.
Paolo Papale explains that the last super volcanic eruption occurred more than 27,000 years ago. This does not mean that it will never happen again. The risk of witnessing an eruption with a Volcanic Explosive Index (VEI) of 8, the maximum of the scale, is very low, but nevertheless real: 0.001% in the next year and 0.01% in the next decade.
As noted above, a VEI 8 eruption would likely prevent satellites from communicating with the Earth and would ground planes for months or even years. According to the Italian volcanologist, « a VEI 8 eruption has a greater probability than the risk that an asteroid more than 1 km in diameter might hit Earth. Such an asteroid may be fatal for humanity, but we have detection programs to counter this risk. On the other hand, an eruption with a VEI 8 could also sound the death of our civilization if we do not prepare ourselves.  »
As a result, there is an urgent need to find ways to secure our wireless communications and planes. Progress must also be made in eruptive prediction. As I pointed out in several posts, 10% of the world’s volcanoes are not monitored.
Volcanologists and volcano lovers know that the last super eruption took place in April 1815 on Tambora in Indonesia. It had a VEI 7. The eruptive column rose up to 44 km. It did not, of course, cause problems to airplanes or satellites, but agriculture and climate have been profoundly altered for years. Even the defeat of Napoleon at Waterloo is sometimes attributed to the eruption of Tambora. In June 1815, the rain disturbed the French maneuvers. In addition, the Asian monsoon was disrupted for several years, causing famines and floods, while Europe and North America were plunged into a cold wave that destroyed the harvests. 1816 was nicknamed « the year without a summer ».
Paolo Papale was the first to demonstrate in Scientific Reports that it is impossible to predict a super eruption. According to him, « as such eruptions occur very rarely, we need go back far in time to have enough events with a VEI 7 and 8 that would define the statistical probability of a super eruption. »
Super eruptions are known to give birth to calderas such as the Yellowstone Park in the United States, which has an area of ​​3600 square kilometres formed by three super eruptions over 2.1 million years. It is also known that this volcano has at least two magma chambers capable of triggering a very large eruption. As the late Maurice Krafft said, a volcano is like a bomb, but we do not know the length of the wick that will blow it up.
Source: LA PRESSE.CA.

La caldeira du Tambora vue depuis l’espace (Crédit photo: NASA)

Yellowstone, un super volcan (Photo: C. Grandpey)

Nouvelle zone thermale à Yellowstone // New thermal area at Yellowstone

Yellowstone est un volcan actif bien connu pour son activité géothermale. Dans la mesure où le volcan est actif, les geysers et les sources chaudes sont susceptibles de changer de comportement. Ainsi, certains geysers cessent de fonctionner pendant que d’autres reprennent goût à la vie. Certaines sources chaudes disparaissent et d’autres apparaissent dans d’autres endroits du Parc.
Nous avons la confirmation de ces phénomènes en lisant un article qui vient d’être publié sur le site web de Newsweek. Des scientifiques ont découvert une nouvelle zone thermale dans le Parc National de Yellowstone. Selon eux, elle serait apparue au cours des deux dernières décennies. Elle est nichée entre West Tern Lake et la zone thermale proche de ce lac. Les scientifiques se sont rendus compte qu’une nouvelle zone thermale était apparue après avoir étudié les dernières images infrarouges thermiques du Parc prises en avril 2017. Ils ont ensuite comparé ces images avec les photos aériennes haute résolution du site prises en 2017 par le Programme National d’Imagerie Agricole et ont remarqué des arbres morts et du sol sans végétation. En revanche, une photo de 1994 montrait un ensemble d’arbres en bonne santé, mais qui commençaient à dépérir sur une image de 2006.
Les chercheurs en ont conclu que la zone thermale était apparue à la fin des années 1990 ou au début des années 2000.
Le site de la nouvelle zone thermale n’est guère visité car il se trouve à environ 800 mètres du sentier le plus proche et à environ 18 kilomètres d’un départ de sentier. C’est la raison pour laquelle la zone thermale vient tout juste d’être découverte.
Plus de 10 000 sources chaudes, geysers et autres mares de boue sont présentes dans environ 120 zones thermales à Yellowstone, et la plupart se trouvent dans des zones isolées et difficiles à atteindre.
Début 2019, l’Observatoire Volcanologique de Yellowstone a indiqué que 2018 avait été une année record pour le Steamboat Geyser qui est le geyser actif dont les gerbes sont les plus hautes dans le monde. Il est entré en éruption à 32 reprises en 2018, dépassant ainsi ses 29 manifestations de 1964.
Source: Newsweek, Yellowstone Volcano Observatory.

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Yellowstone is an active volcano famous for its geothermal features. As the volcano is active, the geysers and the hot springs may change their behaviour. Some geysers stop working while others come back to life. Some hot springs disappear while others appear in other places in the Park.

We have a confirmation of this when reading an article that has just been published on the Newsweek website. Scientists have discovered a new thermal area at Yellowstone National Park, which is believed to have grown in the past two decades. It is nestled between West Tern Lake and the Tern Lake thermal area. Scientists realised there was a new thermal area after studying the latest thermal infrared images of the National Park taken in April 2017.

They then checked high resolution aerial photos of the same spot captured in 2017 by the The National Agriculture Imagery Program, and noticed dead trees and bright soil. In contrast, a 1994 picture showed a crop of healthy trees which started to fade in a 2006 image.

Researchers therefore believe the thermal area first emerged in the late 1990s or early 2000s.

The site of the new thermal area is relatively unexplored as it is located about 800 metres from the nearest trail and about 18 kilometres from the nearest trailhead. This is the reason why the thermal area has only just been discovered.

More than 10,000 thermal features can be found across around 120 thermal areas in Yellowstone, most of which sit in remote and hard to reach areas.

Earlier this year, the Yellowstone Volcano Observatory revealed that 2018 was a record-breaking year for the Steamboat Geyser which is the tallest active geyser in the world. It erupted 32 times, topping the 29 eruptions recorded in 1964.

Source: Newsweek, Yellowstone Volcano Observatory.

Vue de Tern Lake (flèche rouge), au nord de Yellowstone Lake (Source : Google maps)

Lone Star et Monument Geyser à Yellowstone (Photos: C. Grandpey)

 

Pas de cycle éruptif à Yellowstone // No eruptive cycle at Yellowstone

Je n’ai jamais cru aux cycles éruptifs, encore moins lorsque ces cycles couvrent des périodes de milliers d’années. Certains volcanologues affirment qu’une éruption à Yellowstone est «en retard» car le volcan a un cycle éruptif de 600 000 ans et aucune éruption ne s’est produite depuis 631 000 ans. À mes yeux, cela semble un peu tiré par les cheveux!
Heureusement, de nombreux scientifiques ne sont pas d’accord avec cette théorie et certains d’entre eux ont expliqué dans les Yellowstone Chronicles pourquoi elle n’était pas valable. Ils expliquent d’abord que beaucoup de gens ont tendance à évoquer les puissants séismes en faisant référence à la notion de cycle. Les séismes se produisent lorsque suffisamment de contrainte s’accumule sur une faille et provoque sa rupture. Cette contrainte s’accumule du fait du mouvement constant des roches de part et d’autre de la faille. La vitesse de ce mouvement est généralement constante sur des milliers, voire des millions d’années, de sorte que les séismes qui en résultent peuvent avoir une fréquence assez régulière. C’est pourquoi il est possible de calculer les probabilités à long terme de séismes dans certaines régions.
En suivant cette logique concernant les séismes, on devrait pouvoir prendre en compte les âges des éruptions passées à Yellowstone et calculer un intervalle de récurrence moyen (en supposant que les éruptions à Yellowstone se produisent sur une base régulière). S’agissant des éruptions majeures, Yellowstone en a connu trois: il y a 2,08, 1,3 et 0,631 millions d’années. Cela équivaut à un laps de temps d’environ 725 000 ans en moyenne entre les éruptions. Cela étant, il reste environ 100 000 ans à justifier, mais ce nombre est basé sur très peu de données et n’a donc pratiquement aucun sens.
Le problème, c’est que les volcans ne fonctionnent pas comme les failles qui déclenchent les séismes. À de rares exceptions près, le magma ne s’accumule pas à une vitesse constante à l’intérieur des édifices volcaniques. Au lieu de cela, les éruptions se produisent quand il y a suffisamment de magma dans le sous-sol et quand il y a une pression suffisante pour que ce magma monte à la surface. Cela ne se produit généralement pas selon un planning bien établi. Nous en avons la preuve avec les coulées de lave de Yellowstone qui sont la forme la plus courante l’activité éruptive sur ce volcan; la plus récente remonte à 70 000 ans.

Ces coulées de lave ne sont pas apparues régulièrement dans le temps. Elles sont apparues en tirs groupés, avec plusieurs éruptions en l’espace de quelques milliers d’années, séparées par des centaines de milliers d’années sans aucune éruption. En effet, les réservoirs magmatiques de Yellowstone reçoivent le nouveau magma de manière discontinue, ce qui entraîne plusieurs éruptions sur une courte période, avec de longues périodes de repos entre ces épisodes éruptifs.
Donc, dire que Yellowstone est « en retard » dans son cycle éruptif n’a aucun sens. Yellowstone n’est pas en retard et personne ne sait quand la prochaine éruption aura lieu. Visiter le Parc National de Yellowstone ne présente aucun risque… pour le moment!
Source: Yellowstone Chronicles.

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I have never believed in eruptive cycles, all the less when these cycles include periods of thousands of years. Some volcanologists affirm that an eruption in Yellowstone is “overdue” because the volcano has an eruptive cycle of 600,000 years and no eruption has occurred for 631,000 years. To my eyes, this seems a little far-fetched!

Fortunately, many scientists do not agree with this approach and some of them have explained in the Yellowstone Chronicles why it is not valid. They first explain that many people tend to think of big earthquakes by referring to the notion of cycles. Earthquakes occur when enough stress builds up on a fault and makes the fault snaps. The stress accumulates because of consistent motion of the rocks on either side of the fault. The rate of this motion is generally constant over thousands to millions of years, so the earthquakes that result from the motion can have fairly regular timing. This is why it is possible to calculate the long-term probabilities of earthquakes in some areas.

By this logic, we should be able to look at the ages of past Yellowstone eruptions and calculate an average recurrence interval (assuming Yellowstone eruptions occurred on a regular schedule). In terms of large explosions, Yellowstone has experienced three of them : 2.08, 1.3, and 0.631 million years ago. This comes out to an average of about 725,000 years between eruptions. That being the case, we still have about 100,000 years to go, but this number is based on very little data and so is basically meaningless.

Volcanoes, however, are not like faults. With rare exceptions, volcanoes do not accumulate magma at a constant rate. Instead, they erupt when there is a sufficient supply of liquid magma in the subsurface and sufficient pressure to cause that magma to ascend to the surface. This does not generally happen on a schedule.

We have the proof of this with the Yellowstone lava flows which are the most common form of magmatic eruption at Yellowstone; the most recent one was 70,000 years ago. However, these lava flows did not erupt regularly through time. Instead, they erupted in tight clusters, with several eruptions happening within the space of a few thousand years, separated by up to hundreds of thousands of years with no eruptions. This is because the Yellowstone magma reservoir system receives new magma only in discontinuous batches, causing several eruptions in a short period of time with long periods of quiet in between these episodes.

So, saying that Yellowstone is “overdue” is sheer nonsense. Yellowstone is not overdue and nobody knows when the next eruption will take place. Visiting Yellowstone National Park is safe…for the moment!

Source: Yellowstone Chronicles.

Source : Yellowstone Volcano Observatory

Photos: C. Grandpey

Les geysers de Yellowstone (Etats Unis) // Yellowstone geysers (United States)

Dès que quelque chose d’inhabituel se produit dans le Parc National de Yellowstone, les articles de presse deviennent de plus en plus nombreux et ils font immédiatement allusion au risque d’éruption de ce « super volcan ». C’est ce qui s’est passé ces derniers mois avec une augmentation de l’activité de certains geysers – pas tous – dans le Parc. Le plus célèbre est le Vieux Fidèle en raison de sa ponctualité, tandis que la plupart des autres sont beaucoup plus imprévisibles. Parmi tous les geysers de Yellowstone, certains peuvent être très paresseux et ne se manifester qu’une fois de temps en temps, parfois tous les cinquante ans.
À la fin de l’année 2018, un geyser endormi – Ear Spring, ainsi appelé en raison de sa forme – a vomi les déchets qu’il avait ingurgité pendant 80 ans. Sa dernière grande éruption remontait à 1957. La gerbe d’eau bouillante a atteint une hauteur de 9 mètres au mois de septembre et les rangers ont passé plusieurs jours à ramasser de vieilles pièces de monnaie, des canettes de bière et même une poupée des années 1930 ! L’éruption a offert aux géologues ce qu’il appellent « une capsule temporelle intéressante. »

Le Steamboat Geyser, autre attraction touristique du parc, avait l’habitude de se manifester de manière irrégulière, parfois après des pauses de seulement quatre jours, d’autres fois avec des intervalles de 50 ans. De façon surprenante, il a récemment envoyé des jets d’eau bouillante à 90 mètres de hauteur à raison de une fois par semaine. Le Yellowstone Volcano Observatory indique qu’il s’est manifesté 32 fois en 2018. On a recensé quatre autres éruptions en février 2019.
Malgré ce réveil de certains geysers, les géologues de l’USGS et les responsables du Parc ont répété ces derniers mois qu’il n’y avait aucun signe de reprise de l’activité volcanique. On peut lire dans l’un des rapports de l’Observatoire que «les modifications qui interviennent dans les systèmes hydrothermaux de Yellowstone sont fréquentes et ne sont pas la conséquence de changements de l’activité volcanique». Il convient de garder à l’esprit que le système hydrothermal de Yellowstone se limite à une trentaine de mètres de profondeur alors que le magma qui provoque l’activité volcanique se trouve à plusieurs kilomètres sous la surface.
On n’observe pas d’augmentation de la sismicité ni de déformation significative du sol dans la région de Yellowstone. La sismicité au mois de février 2019 a inclus un essaim de 17 événements le 20 février. Les secousses avaient une magnitude comprise entre M 0,1 et M 1,7  et se situaient à 8 km au nord de West Yellowstone. L’événement le plus important en février 2019 avait une magnitude de M 3,1. De tels essaims sismiques sont courants et représentent environ 50% de la sismicité dans la région de Yellowstone.
Source: Geology In, Observatoire du volcan Yellowstone.

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As soon as something unusual occurs in Yellowstone National Park, press articles get more and more numerous and there are immediately allusions to the risk on an eruption of the so-called “super volcano”. This is what happened in recent months with an increase in activity of some of the geysers – by no means all of them – in the Park. The most famous of all is Old Faithful because of its predictability, while most others are much more inscrutable. Among all the geysers at Yellowstone, some may be very lazy and erupt only once in a while, sometimes every half century.
Late in 2018, one slumbering geyser – Ear Spring, so called because of its shape – vomited up 80 years worth of trash. The spring’s last big eruption was in 1957. So, when it blew to a height of some 9 metres in September, National Parks rangers spent days collecting old coins, beer cans, and even a 1930s baby dummy from its surroundings. While the eruption offered what geologists call “an interesting time capsule.”

The Steamboat Geyser used to erupt erratically, sometimes after a duration as short as four days or as long as 50 years. However, it recently sent spouts of steaming water 90 metres high into the air once every week. The Yellowstone Volcano Observatory says it erupted 32 times in 2018. There were four more eruptions in February 2019.

USGS geologists and park officials kept repeating in recent months that there was no signs of renewed volcanic activity. One can read in one of the Yellowstone Observatory’s statements that “changes in Yellowstone’s hydrothermal features are common occurrences and do not reflect changes in activity of the Yellowstone volcano.” One should keep in mind that the hydrothermal system of Yellowstone is limited to mainly just the top 30 metres or so whereas the magma that triggers volcanic activity resides several kilometres deeper.

Until now, there has been no significant increase in seismicity and no significant ground deformation has been detected. February 2019 seismicity in Yellowstone included a swarm of 17 located earthquakes on February 20th. The swarm events ranged in magnitude from M 0.1 to M 1.7 and were located 8 kilometres north of West Yellowstone. The largest event in February was a minor earthquake of M 3.1. Earthquake swarms like this are common and account for roughly 50% of the total seismicity in the Yellowstone region.
Source: Geology In, Yellowstone Volcano Observatory.

 

Quelques geysers à Yellowstone (Photos: C. Grandpey)