Les geysers de Yellowstone (Etats Unis) // Yellowstone geysers (United States)

Dès que quelque chose d’inhabituel se produit dans le Parc National de Yellowstone, les articles de presse deviennent de plus en plus nombreux et ils font immédiatement allusion au risque d’éruption de ce « super volcan ». C’est ce qui s’est passé ces derniers mois avec une augmentation de l’activité de certains geysers – pas tous – dans le Parc. Le plus célèbre est le Vieux Fidèle en raison de sa ponctualité, tandis que la plupart des autres sont beaucoup plus imprévisibles. Parmi tous les geysers de Yellowstone, certains peuvent être très paresseux et ne se manifester qu’une fois de temps en temps, parfois tous les cinquante ans.
À la fin de l’année 2018, un geyser endormi – Ear Spring, ainsi appelé en raison de sa forme – a vomi les déchets qu’il avait ingurgité pendant 80 ans. Sa dernière grande éruption remontait à 1957. La gerbe d’eau bouillante a atteint une hauteur de 9 mètres au mois de septembre et les rangers ont passé plusieurs jours à ramasser de vieilles pièces de monnaie, des canettes de bière et même une poupée des années 1930 ! L’éruption a offert aux géologues ce qu’il appellent « une capsule temporelle intéressante. »

Le Steamboat Geyser, autre attraction touristique du parc, avait l’habitude de se manifester de manière irrégulière, parfois après des pauses de seulement quatre jours, d’autres fois avec des intervalles de 50 ans. De façon surprenante, il a récemment envoyé des jets d’eau bouillante à 90 mètres de hauteur à raison de une fois par semaine. Le Yellowstone Volcano Observatory indique qu’il s’est manifesté 32 fois en 2018. On a recensé quatre autres éruptions en février 2019.
Malgré ce réveil de certains geysers, les géologues de l’USGS et les responsables du Parc ont répété ces derniers mois qu’il n’y avait aucun signe de reprise de l’activité volcanique. On peut lire dans l’un des rapports de l’Observatoire que «les modifications qui interviennent dans les systèmes hydrothermaux de Yellowstone sont fréquentes et ne sont pas la conséquence de changements de l’activité volcanique». Il convient de garder à l’esprit que le système hydrothermal de Yellowstone se limite à une trentaine de mètres de profondeur alors que le magma qui provoque l’activité volcanique se trouve à plusieurs kilomètres sous la surface.
On n’observe pas d’augmentation de la sismicité ni de déformation significative du sol dans la région de Yellowstone. La sismicité au mois de février 2019 a inclus un essaim de 17 événements le 20 février. Les secousses avaient une magnitude comprise entre M 0,1 et M 1,7  et se situaient à 8 km au nord de West Yellowstone. L’événement le plus important en février 2019 avait une magnitude de M 3,1. De tels essaims sismiques sont courants et représentent environ 50% de la sismicité dans la région de Yellowstone.
Source: Geology In, Observatoire du volcan Yellowstone.

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As soon as something unusual occurs in Yellowstone National Park, press articles get more and more numerous and there are immediately allusions to the risk on an eruption of the so-called “super volcano”. This is what happened in recent months with an increase in activity of some of the geysers – by no means all of them – in the Park. The most famous of all is Old Faithful because of its predictability, while most others are much more inscrutable. Among all the geysers at Yellowstone, some may be very lazy and erupt only once in a while, sometimes every half century.
Late in 2018, one slumbering geyser – Ear Spring, so called because of its shape – vomited up 80 years worth of trash. The spring’s last big eruption was in 1957. So, when it blew to a height of some 9 metres in September, National Parks rangers spent days collecting old coins, beer cans, and even a 1930s baby dummy from its surroundings. While the eruption offered what geologists call “an interesting time capsule.”

The Steamboat Geyser used to erupt erratically, sometimes after a duration as short as four days or as long as 50 years. However, it recently sent spouts of steaming water 90 metres high into the air once every week. The Yellowstone Volcano Observatory says it erupted 32 times in 2018. There were four more eruptions in February 2019.

USGS geologists and park officials kept repeating in recent months that there was no signs of renewed volcanic activity. One can read in one of the Yellowstone Observatory’s statements that “changes in Yellowstone’s hydrothermal features are common occurrences and do not reflect changes in activity of the Yellowstone volcano.” One should keep in mind that the hydrothermal system of Yellowstone is limited to mainly just the top 30 metres or so whereas the magma that triggers volcanic activity resides several kilometres deeper.

Until now, there has been no significant increase in seismicity and no significant ground deformation has been detected. February 2019 seismicity in Yellowstone included a swarm of 17 located earthquakes on February 20th. The swarm events ranged in magnitude from M 0.1 to M 1.7 and were located 8 kilometres north of West Yellowstone. The largest event in February was a minor earthquake of M 3.1. Earthquake swarms like this are common and account for roughly 50% of the total seismicity in the Yellowstone region.
Source: Geology In, Yellowstone Volcano Observatory.

 

Quelques geysers à Yellowstone (Photos: C. Grandpey)

 

Nouvelles recherches sur les Champs Phlégréens // New research on the Phlegrean Fields

Les supervolcans sont un peu comme le monstre du Loch Ness en Écosse: ils apparaissent de temps en temps dans les journaux et les magazines, mais personne n’a jamais assisté à leurs éruptions. En Italie, les Champs Phlégréens font partie de ces supervolcans qui pourraient devenir un danger pour les zones habitées.
Une étude récente a confirmé les conclusions de recherches précédentes. Les Campi Flegrei semblent accumuler du magma en évoluant vers une phase pré-éruptive. Les scientifiques ne disent pas qu’une éruption majeure est imminente, mais au vu des conditions actuelles, ils pensent qu’une telle éruption de grande envergure pourrait se produire dans les Champs Phlégréens à « un moment indéterminé du futur ». Ces propos confirment que nous ne sommes actuellement pas en mesure de prévoir les éruptions volcaniques.
Avec Yellowstone aux États-Unis, les Campi Flegrei font partie des rares supervolcans actifs dans le monde. Ils se trouvent dans le sud de l’Italie, à une quinzaine de kilomètres à l’ouest de Naples qui rassemble quelque 1,5 million d’habitants. La dernière éruption remonte à 1538; ce fut un événement relativement mineur, connu sous le nom d’éruption du Monte Nuovo. Cependant, il y a 40 000 ans, le volcan a connu une éruption majeure, à peine moins puissante que celles enregistrées à Yellowstone.
Au cours des 60 dernières années, la région volcanique avec ses 24 cratères et autres édifices a montré des signes d’activité, et les scientifiques l’ont étudiée de près pour mieux comprendre l’évolution de la situation.
Dans une étude publiée dans Science Advances, une équipe de chercheurs a examiné des échantillons de roche, de minéraux et de verre prélevés lors de 23 éruptions sur les Campi Flegrei, dont les deux plus importantes des 60 000 dernières années. En analysant les éléments contenus dans ces échantillons, les scientifiques ont pu se faire une idée de la situation avant et après les éruptions.
L’analyse des éléments montre qu’il y a eu des changements importants dans la température et la teneur en eau du magma à certains moments de l’histoire éruptive des Champs Phlégréens. Il a été constaté que les minéraux à l’intérieur du magma diminuaient avec le temps, tandis que la teneur en eau augmentait. Ils ont constaté qu’une telle évolution s’était produite avant l’éruption du Monte Nuovo.
L’équipe scientifique a remarqué qu’après l’éruption du Monte Nuovo, les Campi Flegrei sont entrés dans une nouvelle phase d’inactivité. Depuis les années 1950, il y a eu trois grandes périodes de regain d’activité qui ont fait craindre un réveil du volcan. Une ascension du magma  d’environ 8 km jusqu’à environ 3 km est tenue pour responsable de cette activité. [Note personnelle: tout cela est cohérent avec les épisodes bradysismiques observés dans la région.]
Les dernières études indiquent que la situation actuelle peut s’expliquer par la présence d’un magma saturé en eau dans la croûte supérieure, ce qui favoriserait la constitution d’un énorme réservoir magmatique. Les chercheurs pensent que le système d’alimentation des Champs Phlégréens entre actuellement dans une nouvelle phase qui pourrait aboutir, à un certain moment du futur, à une éruption de grande ampleur. On pense en général qu’une telle éruption ressemblerait assez à celles observées au cours des 15000 dernières années. Elle se situerait entre la dernière éruption (Monte Nuovo, 1538, 0,02 km3) et l’éruption du Vésuve qui a recouvert Pompéi et Herculanum. De tels scénarios sont pris en compte dans le cadre de la gestion des catastrophes.

Source: Newsweek.

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Earth’s supervolcanoes are like the Loch Ness monster in Scotland: they emerge from time to time in the newspapers and magazines but nobody has ever seen their eruptions. In Italy, the Phlegrean Fields is one of the supervolcanoes that could become a ththreat to populated areas.

A recent study has confirmed what previous research had already concluded. The Campi Flegrei appears to be accumulating magma as it transitions to a pre-eruption state. Scientists do not say that a large eruption is imminent, but they suggest that current conditions at Campi Flegrei indicate one could happen at « some undetermined point in the future. » This statement confirms that we are currently unable to predict volcanic eruptions.

With Yellowstone in the U.S., Campi Flegrei is one of the few active supervolcanoes in the world. It is located in southern Italy, about 15 kilometres to the west of Naples, which is home to around 1.5 million people. The last time it erupted was in 1538 ; it was a fairly small event known as the Monte Nuovo eruption. However, 40,000 years ago, it produced a major eruption, slightly less powerful than the ones recorded at Yellowstone.

Over the last 60 years, the volcanic region with its 24 craters and edifices has shown signs of unrest, and scientists have been studying it and monitoring it closely to better understand the changes taking place.

In a study published in Science Advances, a team of researchers examined rock, mineral and glass samples taken from 23 eruptions at Campi Flegrei, including the two biggest from the last 60,000 years. By analyzing the elements within these samples, the scientists were able to construct a picture of what was happening before and after eruptions.

Analysis of the elements suggests there were critical changes to the temperature and water content of the magma at certain points in the eruptive history of Campi Flegrei. Minerals in the magma were found to decrease over time, while water content increased. They found that this happened before the Monte Nuovo eruption.

The research team notes that after the Monte Nuovo eruption, Campi Flegrei entered a “new phase” of inactivity. Since the 1950s, there have been three “major periods of unrest,” raising concern that the volcano is reawakening. A magma ascent from about 8 km to about 3 km has previously been blamed for this unrest. [Persona note: All this is consistent with the episodes of bradyseism observed in the region.]

The latest findings suggest this is consistent with the presence of water-saturated magma in the upper crust, allowing for the buildup of a huge magma reservoir. The researchers suggest that the plumbing system at Campi Flegrei is currently entering a new buildup phase, potentially culminating, at some undetermined point in the future, in a large volume eruption.

Should an eruption occur, the best guess is that it will have a size and behaviour similar to that seen during past 15,000 years or so, hence ranging from the size of the last eruption (Monte Nuovo, 1538, 0.02 cubic km) to something similar to the eruption of Vesuvius that overwhelmed Pompeii and Herculaneum. These are the scenarios being used to prepare mitigation plans.

Source : Newsweek.

Site des Champs Phlégréens avec le Monte Nuova. A noter que la Solfatara reste fermée au public suite à l’accident qui a coûté la vie à un jeune garçon et ses parents en septembre 2017 (voir ma note à ce sujet: https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2017/09/13/drame-a-la-solfatara-italie-drama-at-the-solfatara-italy/)

Le GPS, de la navigation à la volcanologie // GPS, from navigation to volcanoes

Dans un article récent, des scientifiques du Yellowstone Volcano Observatory ont écrit une chronique expliquant comment un système peut être utilisé à des fins différentes de celles pour lesquelles il a été conçu à l’origine.
C’est le cas du Global Positioning System (GPS), qui est aujourd’hui l’une des techniques les plus efficaces pour suivre les déformations du sol à Yellowstone et sur les volcans en général.
Le système a été lancé en 1978 lorsque le Département américain de la Défense a mis sur orbite une constellation de satellites NAVSTAR pour fournir des informations de navigation à son personnel qui circulait dans des véhicules terrestres, des avions et des navires. Avec le GPS, ces personnes pouvaient savoir où elles se trouvaient et atteindre leur destination. Le service est rapidement devenu accessible aux civils, et la plupart des gens l’utilisent maintenant pour circuler avec leurs véhicules ou se repérer pendant une randonnée.
Aujourd’hui, à côté du NAVSTAR américain, le GLONASS russe et le Galilée de l’Union européenne sont d’autres systèmes de navigation par satellite (GNSS). La précision de ces systèmes varie en fonction des conditions de visibilité du ciel et d’autres facteurs, mais la marge d’erreur est généralement de 5 à 10 mètres pour la position horizontale et de 10 à 30 mètres pour l’altitude.
Cette marge d’erreur ne suffirait pas en volcanologie pour étudier la déformation d’un volcan sous la pression du magma. Les scientifiques effectuant de telles mesures doivent disposer d’une précision très fine, car la déformation d’un édifice volcanique est généralement une affaire de millimètres.
Le récepteur GPS d’une voiture ou d’un téléphone portable utilise les signaux radio des satellites de navigation comme horloge et règle virtuelles. Il mesure le temps nécessaire aux signaux pour parcourir la distance entre plusieurs satellites et le récepteur. Les signaux circulent à la vitesse de la lumière et les orbites des satellites sont connues. Ces informations, associées au temps de parcours des signaux, permettent au récepteur de calculer sa distance par rapport à chaque satellite à un instant donné. En utilisant les principes de la trigonométrie sphérique, le récepteur est capable de « fixer » sa position avec suffisamment de précision pour que les personnes puissent trouver leur chemin.
Pour atteindre une meilleure précision, les géodésistes ont conçu un récepteur qui traite les signaux des satellites de navigation de manière beaucoup plus précise. Au lieu d’utiliser le temps de parcours du signal pour calculer la distance entre les satellites et le récepteur, un récepteur géodésique compte le nombre de longueurs d’onde complètes et fractionnelles entre lui-même et plusieurs satellites à la fois. Les longueurs d’onde sont connues avec précision et les récepteurs géodésiques peuvent compter exactement le nombre de longueurs d’onde complètes. Au final, le récepteur est capable de déterminer instantanément la distance entre plusieurs satellites au millimètre près. Donc, avec un peu de trigonométrie sphérique, les scientifiques ont à leur disposition un moyen de surveiller la déformation du sol en utilisant un système conçu à l’origine pour la navigation avec des véhicules terrestres!
A Yellowstone, un réseau de stations GPS étudie en permanence l’évolution de la déformation du sol. Avec les informations fournies par un réseau de sismomètres et d’autres instruments de surveillance, les données GPS permettent aux scientifiques de mieux comprendre la structure complexe et les processus actifs des phénomènes qui se déroulent sous leurs pieds.
Source: Yellowstone Volcano Observatory.

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In a recent article, Yellowstone Volcano Observatory scientists have written a chronicle explaining how a system can be used for purposes different from those for which it was originally designed.

This was the case for the Global Positioning System (GPS) which is today one of the most effective techniques used to track ground deformation at Yellowstone and on world volcanoes.

The Global Positioning System had its start in 1978 when the U.S. Department of Defense began launching a constellation of NAVSTAR satellites to provide navigation information to its personnel in land vehicles, planes, and ships. With GPS, they could know where they were and how to get where they were going. The service soon became accessible to civilian users, and now most people use it to navigate in their car or to find their way around their favourite trail system.

Today, in addition to the United States’ NAVSTAR GPS, Russia’s GLONASS and the European Union’s Galileo are operational Global Navigation Satellite Systems (GNSS). The accuracy of such systems varies with sky view and other factors, but generally the margin of error is 5–10 metres for horizontal position and 10–30 metres for elevation.

This margin of error would not have been sufficient in volcanology to study the deformation of a volcano under the pressure of magma beneath the edifice. Scientists doing such measurements need to have a very sharp accuracy as the deformation is usually a matter of millimetres.

The GPS receiver in a car or on a cellphone uses radio signals from navigation satellites as a virtual clock and ruler. It measures the time required for signals to travel from several satellites at a time to the receiver. The signals travel at the speed of light and the satellites’ orbits are known. That information, plus the signals’ travel time, allows the receiver to calculate its distance from each satellite at a given instant. Using principles of spherical trigonometry, the receiver is able to « fix » its position well enough for people to find their way around.

To reach a better accuracy, geodesists designed a geodetic-grade receiver that processes signals from navigation satellites in a much more precise way. Instead of using signal travel times to calculate satellite-to-receiver distances, a geodetic receiver counts the number of full and fractional wavelengths between itself and several satellites at a time. The wavelengths are known precisely, and geodetic receivers can count the number of full wavelengths exactly. In the end, the receiver is able to determine its distance from several satellites instantaneously to within a millimetre or so. So, with a little spherical trigonometry you have a means to monitor ground deformation using a system that was originally designed to track jeeps !

At Yellowstone, a network of GPS stations tracks the changing pattern and pace of ground deformation continuously. Combined with information from a network of seismometers and other monitoring instruments, the GPS results help scientists unravel the complex structure and active processes that otherwise remain hidden underfoot.

Source: Yellowstone Volcano Observatory.

Station GPS au bord du Lac de Yellowstone (Crédit photo: USGS)

Nouvelles du Parc de Yellowstone (Etats Unis) // News of Yellowstone National Park (United States)

Ear Spring, une source chaude située pas très loin du Vieux Fidèle dans l’Upper Geyser Basin, s’est manifestée pour la quatrième fois au cours des 60 dernières années. Les autorités du Parc indiquent que cela n’arrive qu’une ou deux fois par décennie.
L’événement a eu lieu le 15 septembre 2018. Le geyser a fait jaillir de la vapeur et de l’eau jusqu’à une dizaine de mètres de hauteur, ce qui n’avait jamais été observé depuis 1957. Le geyser s’est également débarrassé d’objets divers tels que pièces de monnaie, cannettes et autres détritus que les touristes avaient jeté dans la source chaude. Depuis le 15 septembre, le geyser a continué bouillonner jusqu’à une hauteur d’une soixantaine de centimètres.
Ear Spring, ainsi nommée en raison de sa ressemblance avec une oreille humaine, est l’un des nombreux geysers et autres sources chaudes qui attirent des foules de visiteurs dans l’Upper Geyser Basin.
La nouvelle activité d’Ear Spring a entraîné la fermeture temporaires d’un certain nombre de sentiers dans le secteur.
L’éruption de Ear Spring survient l’année même où le Steamboat Geyser connaît une activité record. Jusqu’à présent, le geyser est entré en éruption 19 fois en 2018 et la dernière a eu lieu le 17 septembre 2018. Les autorités du Parc indiquent que c’est l’année la plus active depuis 1982.
Il n’y a toutefois aucun signe d’activité volcanique imminente dans le parc.
Voici une courte vidéo de l’éruption de Ear Springt: https://youtu.be/aLJlMCNmecs

Un visiteur du parc de Yellowstone a filmé avec son smartphone un homme qui semble en train d’uriner dans le Vieux Fidèle ! Il s’est ensuite allongé à côté du geyser. L’homme a été arrêté et verbalisé pour différents chefs d’accusation, notamment pour avoir quitté un sentier dans une zone hydrothermale. Il a depuis été libéré sous caution, mais reste à la disposition de la justice.
Dans le Parc National de Yellowstone, la loi oblige les gens à rester sur les sentiers balisés dans les zones hydrothermales. Quiconque ignore cette loi risque sa vie et celle des sauveteurs. Les geysers et les sources chaudes sont des endroits dangereux. Beaucoup de personnes ont été blessées ou tuées en sous-estimant ce danger.
C’est le deuxième incident signalé par les autorités du Parc au cours des six dernières semaines. Le mois dernier, un homme a été arrêté pour avoir provoqué un bison. Il a ensuite été condamné à 130 jours de prison.
Source: Parc National de Yellowstone.

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Ear Spring, a hot spring not very far from Old Faithful in Yellowstone’s Upper Geyser basin, has erupted for the fourth time in the last 60 years. Officials say that only happens one or two times each decade.

The event took place en September 15th, 2018, when the geyser spewed steam and water between 6 and 10 metres high, a height not recorded since 1957. The eruption also ejected material that had fallen or been thrown into the geyser in years past, like coins, old cans, and other human debris. The geyser has since continued to erupt at a near-constant height of about 60 centimetres.

Ear Spring, named for its resemblance to the shape of a human ear, is one of dozens of geysers, pools and hot springs in Yellowstone’s Upper Geyser Basin, among the Park’s top attractions that feature the popular Old Faithful.

The new activity has led officials to temporarily close some boardwalks and trails in the Geyser Hill area.

The eruption of Ear Spring comes the same year that the Steamboat Geyser is experiencing record-breaking activity. So far the geyser has erupted 19 times in 2018 with the latest eruption happening on September 17th, 2018. Park authorities report this is the most active year for Steamboat since 1982.

Officials stress there have been no signs of impending volcanic activity in the park.

Here is a short video of the event: https://youtu.be/aLJlMCNmecs

 

A witness captured on videoa  man that appears to be urinating into Old Faithful!. He then lays down next to the geyser. The man was arrested following the incident and charged with multiple violations, including being off-trail in a thermal area. He has since been released on bond, but remains under investigation.

In Yellowstone national Park, the law requires people to stay on boardwalks or marked trails in thermal areas. Anyone who ignores this law risks their life and possibly the lives of emergency personnel. Geysers and hot springs are dangerous places. Many people have been injured or killed by underestimating that danger.

This is the second incident for park officials in the last six weeks. Last month, a man was arrested for taunting a buffalo inside the park. He was later sentenced to 130 days in jail.

Source: Yellowstone National Park.

Eruption du Vieux Fidèle (Photo: C. Grandpey)

Les séismes à Yellowstone // Earthquakes at Yellowstone

Un article récent paru dans le journal USA Today nous rappelle que le risque d’une super éruption n’est pas le seul dans le Parc National de Yellowstone. Il ne faudrait pas oublier le risque d’un séisme majeur dans la région. Selon le responsable scientifique de l’Observatoire Volcanologique de Yellowstone (YVO), «il s’agit d’un risque sous-estimé dans la région de Yellowstone. Il peut y avoir, et il y aura dans le futur, des séismes de magnitude 7. »

Yellowstone connaît en moyenne 1 500 à 2 500 séismes par an ; la plupart d’entre eux sont si faibles qu’ils ne sont pas ressentis par la population, mais de puissants séismes se sont produits dans un passé pas si lointain. Ainsi, le 17 août 1959, un séisme de magnitude 7,3 a secoué le Parc, causant la mort de 28 personnes lorsqu’un glissement de terrain a enseveli un camping. Plus de 80 millions de tonnes de roches se sont effondrées, bloquant une rivière et formant un lac, baptisé à juste titre Earthquake Lake, que l’on peut encore voir aujourd’hui. C’est le plus important tremblement de terre historique de l’Intermountain West, une région située entre les Montagnes Rocheuses à l’est et la Chaîne des Cascades et la Sierra Nevada à l’ouest.
La probabilité d’un séisme de même intensité est plus grande qu’une éruption, même mineure, du super volcan de Yellowstone. Cependant, contrairement à une éruption volcanique, les puissants séismes ne montrent pas de signes avant-coureurs. Ils sont susceptibles de se produire, mais on est incapable de dire quand.
Les risques posés par un puissant séisme aujourd’hui à Yellowstone seraient plus importants qu’il y a près de 60 ans en raison du nombre plus important de visiteurs, en particulier en été. Plus de 4 millions de personnes visitent le Parc chaque année, avec des pics en juillet et en août. De plus, Yellowstone se trouve dans une zone rurale qui est desservie par peu de voies de communications. Si une route est détruite par un séisme, les distances à couvrir pour atteindre la zone sinistrée seront très importantes. Si deux routes deviennent impraticables, l’accès sera pratiquement impossible en voiture.
Un scientifique du YVO a déclaré : «Le point positif est que Yellowstone est l’une des régions au monde où la sismicité est la mieux surveillée.» Plus de 40 stations enregistrent en permanence les mouvements de la Terre dans la région de Yellowstone et communiquent les données au Service des Parcs Nationaux. Le problème est que les stations sismiques ne peuvent qu’indiquer l’intensité des séismes; elles ne peuvent pas les prévoir! Néanmoins, les stations sismiques montrent que les séismes ont tendance apparaître dans certaines zones plutôt que dans d’autres. De plus, en se référant aux événements du passé, les scientifiques peuvent évaluer une probabilité de séisme au cours d’une certaine période.
Les séismes de Yellowstone peuvent avoir deux causes principales: le système volcanique, qui exerce une pression sur la croûte terrestre, et le système tectonique qui est le résultat, dans la région, d’une zone d’étirement active de la croûte d’est en ouest.
Outre le risque d’un séisme majeur avec glissement de terrain et dégâts causés aux bâtiments et aux ponts, il existe un autre danger dans le Parc. En effet, un puissant séisme pourrait déclencher une explosion hydrothermale, avec un mélange d’eau chaude, de boue et de roches susceptible de blesser des personnes se trouvant à proximité.
En dépit de ces différents risques, il ne faut pas que les touristes craignent un événement géologique majeur durant leur séjour à Yellowstone. Les puissants séismes ou les grandes éruptions volcaniques sont des événements qui ne se produisent pas fréquemment. Comme l’a dit un scientifique du YVO: «On court beaucoup plus de risques sur la route pour venir à Yellowstone que pendant un séjour dans le Parc. ».
Source: USA Today.

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A recent article in the newspaper USA Today reminded us that the risk of a super eruption is not the only one in Yellowstone National Park. One should not forget the risk of a major earthquake in the area. According to the scientist-in-charge at the Yellowstone Volcano Observatory (YVO), “this is an underappreciated hazard in the Yellowstone area. There can and there will be in the future magnitude-7 earthquakes.”

On average, Yellowstone experiences 1,500 to 2,500 earthquakes a year, most of them so small they can’t be felt. But large quakes have occurred in the not-too-distant past. On August 17th, 1959, an M 7.3 earthquake rocked the Park, killing 28 people when a landslide rushed through a campground. More than 80 million tons of rock fell, blocking a river and forming a lake, aptly named Earthquake Lake which can still be seen today. The event remains the largest historical earthquake in the Intermountain West, a region between the Rocky Mountains to the east and the Cascade Range and Sierra Nevada to the west.

The threat of an earthquake of a similar magnitude happening again is more likely than even a minor eruption of Yellowstone’s super volcano. However, unlike a volcano, large earthquakes don’t show warning signs. They are likely to occur, but we can’t say when.

The hazards posed by a large earthquake today would be greater than what happened nearly 60 years ago due to a higher influx of visitors, especially in the summer. More than 4 million people visit Yellowstone every year, with peak visitation in July and August. Besides, Yellowstone sits in a rural area with few roads. If one road is destroyed by the quake, it creates a huge detour. If two roads become impassable, sometimes you can’t even get there by car.

A YVO scientist said that “the good thing is that Yellowstone is one of the best seismically monitored regions in the world.” More than 40 seismic stations continuously record the Earth’s movements in and around the Yellowstone region and report back to the National Park Service. The problem is that the seismic stations can just reveal the magnitude of the earthquakes; they can’t predict them! A positive point is that the seismic stations show that earthquakes tend to cluster in areas. Given what happened in the past, scientists can give a probability of having an earthquake over the next amount of time.

The Yellowstone earthquakes can have two main contributors: the volcanic system, which puts stress on the crust, and the tectonic system, which is represented in the region by an area of active stretching of the crust from east to west.

In addition to a major quake causing landslides and damaging buildings and bridges, there is another hazard: It could trigger a hydrothermal explosion, a mixture of hot water, mud and rocks that could injure people if they happened to be nearby.

Regardless of the different hazards, visitors should not be on high alert for a geological event of any sort. Big earthquakes or large volcanic eruptions are highly unlikely events which do not happen frequently. As one YVO scientist pointed out: “You’re in much more danger driving to Yellowstone than during your visit in the Park.”

Source: USA Today.

Route détruite par le séisme de 1959 à Yellowstone (Crédit photo : USGS)

 

 

Yellowstone (Etats Unis): Activité sismique normale // Normal seismic activity

« Un énorme essaim sismique a frappé près du super volcan de Yellowstone. » C’est le titre d’un article publié par la chaîne de télévision américaine Fox News sur son site web le 10 août 2018. L’article affirme qu’ « un essaim gigantesque de 153 secousses a récemment frappé à  proximité du super volcan de Yellowstone […] Les données, fournies par la station sismique de l’Université d’Utah, montrent une série de séismes tout autour de Yellowstone, mais dont la magnitude ne dépasse pas M 2,5 sur l’échelle de Richter. Tout ce qui est supérieur à M 5 est considéré comme présentant un risque par le US Geological Survey (USGS). Bien que l’intensité de la récente série de séismes ne soit pas assez forte pour présenter un danger, elle rappelle que la zone connaît une activité sismique fréquente.» En conclusion, on se rend compte que la dernière activité sismique à Yellowstone n’était ni «énorme», ni «gigantesque».
De son côté, le Yellowstone Volcano Observatory (https://volcanoes.usgs.gov/observatories/yvo/) a diffusé les dernières informations sur la sismicité dans le Parc pour le mois de juillet 2018. On peut lire qu’« en juillet 2018, les stations sismiques de l’Université d’Utah ont localisé 153 séismes dans la région du Parc National de Yellowstone. L’événement le plus significatif était un micro-séisme de M 2,5 le 4 juillet ; il faisait partie d’une petite séquence de 12 séismes situés à environ huit miles (13 km) à l’est au sud-est de West Thumb, du 2 au 10 juillet. Des séismes se sont produits à environ 14 miles (22 km) au sud-sud-ouest de Mammoth, du 16 au 27 juillet. Le séisme le plus important de cet essaim avait une magnitude de M 2,3 le 24 juillet. Les séquences sismiques comme celles-ci sont fréquentes et représentent environ 50% de l’ensemble de la sismicité dans la région de Yellowstone. »
Fox News conclut son article en déclarant que « le niveau d’alerte continue à rester « normal » », et précise que les récentes secousses sismiques ne sont pas une source d’inquiétude. On notera la différence entre cette conclusion rassurante et le titre alarmiste de l’article dont le seul but est d’attirer plus de lecteurs et téléspectateurs.
Au cas où le titre concernant Yellowstone n’aurait pas un impact suffisant, la chaîne de télévision a inséré un autre titre avec un lien vers un article intitulé: « Le Big One » bientôt? Des séismes au large de la côte ouest pourraient déclencher un événement de grande échelle. ».

Un bon exemple de la presse de caniveau !

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“Enormous swarm of earthquakes hit near Yellowstone supervolcano.” This the title of an article released by the US TV channel Fox News on its website on August 10th, 2018. The article indicatexs that “a giant swarm of 153 earthquakes recently hit near the Yellowstone supervolcano.[…] The data, taken from the University of Utah Seismograph Station, shows a series of earthquakes happening all around Yellowstone, but none higher than a 2.5 magnitude on the Richter scale. Anything above a 5 is classified as a risk by the U.S. Geological Survey (USGS). While the recent string of quakes’ intensity is not strong enough to pose a danger, they are a reminder that the area experiences frequent seismic activity.” As a conclusion, the latest seismic activity at Yellowstone was not “enormous” or “giant”.

Checking the news fo July 2018 on the Yellowstone Volcano Observatory website (https://volcanoes.usgs.gov/observatories/yvo/), one can read that “during July 2018, the University of Utah Seismograph Stations located 153 earthquakes in the Yellowstone National Park region. The largest event was a micro earthquake of magnitude 2.5 on July 4th and was part of a small sequence of 12 earthquakes located about eight miles east southeast of West Thumb, WY, and that occurred during July 2–10..A larger sequence of 77 earthquakes occurred about 14 miles south-southwest of Mammoth during July 16–27. The largest earthquake of this swarm was a micro earthquake of magnitude 2.3 on July 24th. Earthquake sequences like these are common and account for roughly 50% of the total seismicity in the Yellowstone region.”
Fox News concludes its article saying “the alert level continues to remain at « normal, » indicating the recent swath of earthquakes is not any cause for concern. One can notice the difference between this reassuring conclusion and the alarming title of the article whose only aim is to attract more readers and televiewers.

In case the headline about Yellowstone should not be attractive enough, the TV channel inserts another headline leading to another article: “ ‘Big One’ coming? Earthquakes off the West Coast could eventually trigger a global event”.

A good example of the gutter press!

Mammoth Hot Springs (Photo: C. Grandpey)

Yellowstone : Attention aux bisons ! // Be careful with the bison !

En lisant les dernières nouvelles de Yellowstone, on peut se demander si les femmes ne seraient pas plus inconscientes que les hommes… !
Un bison a encorné une femme dans le Parc National de Yellowstone. C’est le troisième accident de ce type cette semaine avec des animaux. Les rangers expliquent qu’un groupe de visiteurs s’est approché trop près d’un bison le mercredi 6 juin dans le Lower Geyser Basin. L’animal a chargé et encorné une Californienne de 59 ans. Elle a été conduite à l’hôpital avec une blessure sérieuse à la hanche. Certaines personnes du groupe se sont approchées à 4 mètres du bison alors que la distance de sécurité officielle est d’au moins 23 mètres.
Dans les jours qui ont précédé, une femelle wapiti accompagnée d’un petit a blessé deux femmes près d’un hôtel de Yellowstone.
Un bison a également renversé et légèrement blessé une femme à Yellowstone au début du mois de mai.
Source: Médias locaux.

Il est bon de rappeler que Yellowstone n’est pas un parc d’attractions et que les animaux sont sauvages. Il est vivement conseillé de respecter les normes de sécurité préconisées par les autorités du Parc. Cette dernière remarque est valable pour les sources chaudes.

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Looking at the latest news from Yellowstone, one may wonder whether women are less careful than men!

A bison has gored a woman for the third animal attack in Yellowstone National Park this week. Yellowstone officials say a crowd got too close to the bison Wednesday in the Lower Geyser Basin. The bison charged the crowd, goring 59-year-old Californian woman. She was taken to a hospital with a serious hip injury. Some in the crowd came within 4 metres of the bison when the official safe distance is at least 23 metres.

In the previous days, a female elk with a calf injured two women near a Yellowstone hotel.

A bison also rammed and slightly injured a woman in Yellowstone in early May.

Source: Local news media.

It is worth remembering that Yellowstone is not an amusement park and that animals are wild. Visitors are strongly advised to respect the safety standards recommended by the Park authorities. This last remark goes for the hot springs.

                                                            Photo: C. Grandpey