Comme je l’ai expliqué dans une note précédente, alors que des projections et des coulées de lave jaillissaient des bouches nord et sud au sommet du Kilauea le 30 septembre 2026 , le HVO a détecté une intrusion magmatique sous la surface de la caldeira.
Dans un nouvel épisode de la série *Volcano Watch*, l’Observatoire explique comment une telle intrusion peut se produire au cours d’une éruption en cours.
Le sommet du Kīlauea est sous pression depuis début septembre, avec plusieurs épisodes de fontaines de lave qui ont entraîné chaque fois une baisse de pression du système et une phase de déflation sommitale. Ce processus cyclique se manifeste de manière épisodique dans le cratère de l’Halemaʻumaʻu depuis décembre 2024. Toutefois, aucune fontaine de lave n’a été observée depuis la fin de l’Épisode 54, le 25 août 2026. Le niveau de pression élevé que l’on observe actuellement persiste depuis début septembre ; il s’accompagne d’une augmentation du nombre de petits séismes sous la zone sommitale du Kilauea. Ces séismes apparaissent sur la carte du cratère de l’Halema’uma’u ci-dessous :

Six nouvelles bouches éruptives, situées le long de la paroi nord-ouest du cratère de l’Halemaʻumaʻu et à proximité immédiate (points blancs sur la carte), sont entrées en éruption entre le 14 et le 16 septembre, générant de petites coulées de lave sur le plancher du cratère mais sans produire de fontaines de lave. Ces nouvelles bouches n’ont été accompagnées ni d’essaims sismiques ni de changements majeurs dans la déformation du sol, ce qui laisse supposer que la lave a emprunté des réseaux de fissures préexistants dans la caldeira.
Le niveau élevé de pression au sommet s’est maintenu au cours des deux semaines suivantes, avec des coulées de lave et des projections jaillissant par intermittence des bouches nord et sud. (La zone de lave émise est en rose sur la carte)
Dans l’après-midi du 30 septembre, une série de séismes s’est produite à environ 1,6 km sous les bouches éruptives actives (cercles bleus sur la carte). Cet essaim a duré environ six heures. En soirée, l’activité sismique s’est déplacée vers le nord-est des bouches actives. Cette phase d’activité, qui s’est poursuivie à un rythme soutenu pendant près de huit heures, était centrée près d’une zone où des mouvements du sol avaient été observés par satellite entre le 11 et le 27 septembre.
Durant toute cette activité sismique, une partie du sommet du Kīlauea a connu une déformation spectaculaire. Peu après 20 h, les inclinomètres situés dans la zone sommitale ont commencé à enregistrer des variations extrêmement rapides, compatibles avec la propagation d’une fissure orientée est-ouest à proximité de la zone d’émission actuelle (flèche rouge sur la carte). Une déformation du sol significative a persisté, parallèlement à l’activité sismique, jusqu’aux alentours de 3 h du matin le 1er octobre. Au total, l’inclinomètre au sommet du Kilauea a enregistré un gonflement d’environ 40 microradians.
Les débordements de lave provenant du complexe de bouches éruptives ont cessé juste avant le début de l’activité intrusive. Des flammes et des projections de lave ont toutefois continué à être observées tout au long de cet épisode d’intrusion magmatique. Les débordements ont repris une fois que l’activité sismique s’est éloignée des bouches actives, et ils se sont poursuivis même après le ralentissement puis l’arrêt de l’intrusion magmatique.

Vue d’hélicoptère des bouches éruptives dans le cratère de l’Halema’uma’u (Crédit photo : HVO)
Dans la conclusion de son rapport d’observation,, le HVO indique qu’il existe toujours une possibilité qu’un nouvel épisode de fontaines de lave survienne au niveau des bouches nord et sud. Cependant, la lave pourrait également jaillir de manière passive de la zone d’intrusion du 30 septembre ou via d’autres systèmes de fissures existants, comme ce fut le cas entre le 14 et le 16 septembre.
Autre hypothèse : le magma pourrait s’infiltrer dans de nouvelles zones du sommet, comme cela s’est produit dans la nuit du 30 septembre. Ces nouvelles intrusions pourraient rester souterraines ou entraîner la formation de nouvelles bouches éruptives dans la zone sommitale.
Bien que l’activité soit confinée à la zone sommitale du Kilauea depuis près de deux ans, il existe toujours une possibilité que le magma finisse par migrer hors de cette zone, avec peu ou pas de signes avant-coureurs.
Source : HVO.
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As I explained in a previous post, on September 30, 2026, as flames, spatter and lava flows erupted from the north and south vents at the summit of Kilauea, the HVO detected a magma intrusion below the surface of the caldera.
In a new episode of the Volcano Watch series, the Observatory explains how such an intrusion can occur during an ongoing eruption.
The summi of Kilaura has remained at a high level of pressurization since early September, with several lava fountaining episodes, which then depressurizes the system until fountaining stops. This cyclical process has been episodic in Halemaʻumaʻu since December 2024. However, lava has not fountained since Episode 54 ended on August 25. The current high level of pressurization has persisted since early September, accompanied by an increase in the number of small earthquakes beneath Kīlauea summit region.
Six new vents on and near the northwest wall of Halemaʻumaʻu crater erupted from Sept. 14 to 16, generating small lava flows on the crater floor but no high-fountaining. These new vents were not accompanied by earthquake swarms or drastic changes in ground deformation, suggesting the lava exploited existing crack systems in the caldera.
The high level of summit pressurization continued for the next two weeks with lava flows and spatter erupting intermittently from the north and south vents.
Beginning in the afternoon of September 30, a flurry of earthquakes occurred about 1.6 km below the active vents of Halemaʻumaʻu. This initial swarm persisted for about six hours. Seismic activity migrated northeast of the active vents in the evening. This phase of the activity, which continued at high rates for nearly eight hours, was centered near an area where ground changes were observed via satellite between September 11 and 27.
During all this shaking, a section of the summit of Kīlauea was deforming dramatically. Beginning just after 8 p.m., tiltmeters in the summit region began to show extremely rapid changes consistent with crack growth in an east-west orientation near the current vent area. Elevated rates of ground deformation continued along with the earthquakes until about 3 a.m. on October 1. In total, the summit tiltmeter recorded about 40 microradians of inflation.
Overflows from the existing vent complex in Halemaʻumaʻu stopped just prior to the onset of the intrusive activity. Flames and spatter continued throughout the intrusive episode. Overflows resumed once the seismicity migrated away from the current vents and continued, even after the intrusive activity slowed and stopped.
In the conclusion of its observations, the HVO says there is still a possibility that another fountaining event could occur from the north/south vent complex. However, lava could also erupt passively from the September 30 intrusion or from other existing crack systems, as occurred between September 14 and 16.
Alternatively, magma could intrude new areas of the summit region, as occurred the night of September 30. New intrusions could stay beneath the ground or could result in the formation of new vents in the summit region.
While activity has been confined to the summit region of Kīlauea for nearly the past two years, there is always a possibility that magma could eventually migrate out of the summit region with little to no warning.
Source : HVO.




