Les glaciers souterrains fondent eux aussi

Concentrations de CO2 : 426,46 ppm (21 octobre 2026).   

Concentrations de CH4 : 1934,57 ppb (juin 2026).

Les glaciers fondent à la surface de la terre sous les assauts du réchauffement climatique, mais la glace se trouve aussi parfois sous terre où elle fond également. On trouve des grottes de glace sur des volcans comme le Mont St Helens, le Mont Hood ou le Mont Rainier aux États Unis. En Sicile, la Grotta del Gelo est bien connue des volcanologue et des volcanophiles.

 Stalactites de glace sur l’Etna (Photo : C. Grandpey)

A côté de ces glaciers et de leurs grottes, il est bon de rappeler que l’on trouve des trous de glace très surprenants sur certains volcans éteints comme ceux de l’Auvergne, en particulier dans la cheire du Puy de Côme. J’ai écrit un article à leur sujet dans le n°48 de la revue LAVE. Il est intitulé « Les trous de glace de la cheire du Puy de Côme. » La formation de ces caractéristiques géologiques est également très bien expliquée et illustrée sur ce site web :

https://planet-terre.ens-lyon.fr/image-de-la-semaine/Img357-2011-06-27.xml

En France, des chercheurs du CNRS étudient le glacier souterrain du Chourum Clot dans le massif du Dévoluy, entre les Alpes du Sud et les Alpes du Nord, pour mesurer et analyser sa fonte. Pour ce faire, les scientifiques utilisent des balises d’ablation, des capteurs de température et un modèle tridimensionnel (3D) de la cavité pour évaluer précisément les volumes de glace perdus, comme on peut le voir dans cette vidéo :

https://www.facebook.com/watch/?v=1619366613260060

Il n’est guère surprenant de constater que la fonte de ce glacier souterrain est la même que celle de ses homologues en surface. Son niveau de glace a diminué de 10 mètres en 40 ans. En une seule année (entre octobre 2025 et octobre 2026), le glacier a perdu environ 50 centimètres d’épaisseur.

Les observations effectuées dans cette glacière naturelle sont importantes. Le site sert de témoin des évolutions climatiques et permet d’analyser les mécanismes de fonte sous terre.

Source: CNRS et presse régionale.

Les survivants de l’éruption du Kikai-Akahoya (Japon) // The survivors of the Kikai-Akahoya eruption (Japan)

L’indice d’explosivité volcanique (Volcanic Explosivity Index – VEI) est une échelle logarithmique allant de 0 à 8, utilisée pour mesurer l’ampleur relative et l’explosivité des éruptions volcaniques. Parmi les éruptions passées ou récentes, on peut citer : le Fuego (Guatemala) avec un VEI de 2 en 2018; le Nevado del Ruiz (Colombie) avec un VEI de 3 en 1985 ; le Semeru (Indonésie) avec un VEI de 4 en 2021 ; le mont Saint Helens (États-Unis) avec un VEI de 5 en 1980 ; le Hunga Tonga avec un VEI de 6 en 2022 ; et le Tambora (Indonésie) avec un VEI de 7 en 1815. Le VEI 8 est réservé aux supervolcans — tels que le Yellowstone (États-Unis), le Toba (Indonésie) ou le Taupo (Nouvelle-Zélande) — qui sont capables d’émettre plus de 1 000 km³ de matériaux.

Vers 5250 avant J.-C., une activité volcanique intense a secoué Kyushu, l’île la plus méridionale du Japon. Connue sous le nom d’éruption de Kikai-Akahoya, cette explosion colossale a atteint le niveau 7 sur l’indice d’explosivité volcanique. Elle a engendré des vagues de destruction qui ont ravagé l’archipel. Les îles japonaises ont dû subir de puissants séismes et des tsunamis dévastateurs. Le paysage a été recouvert de plusieurs mètres de cendres volcaniques, comme on peut le voir sur la carte ci-dessous. .

L’impact de cet événement apocalyptique sur les Jōmon, la population dominante au Japon à cette époque, composée de chasseurs-cueilleurs, a fait l’objet de débats.

Selon une première interprétation, les groupes locaux auraient été immédiatement anéantis, et la région ne s’est repeuplée que plus tard ; cette thèse s’appuie sur la présence, dans les archives archéologiques de l’île, d’une couche de cendres volcaniques séparant deux styles de poterie distincts.

Épaisseur des dépôts pyroclastiques sous-marins (Source : Université de Kobe)

Cependant, des recherches plus approfondies ont fait émerger une autre théorie selon laquelle certains styles de poterie auraient survécu, y compris sur l’île de Kyushu. Cette hypothèse a donné naissance au scénario de la « survie des Jōmon », qui s’oppose à la thèse de « l’apocalypse Jōmon ».

Aujourd’hui, des scientifiques présentent une nouvelle étude, publiée dans la revue Science Advances. Pour déterminer comment cette éruption apocalyptique a affecté la démographie au Japon, une équipe internationale d’archéologues a eu recours à des données issues de la datation au radiocarbone (ou Carbone 14). En utilisant la fréquence temporelle des datations au radiocarbone comme indicateur de la taille de la population (une plus grande abondance de vestiges témoigne d’une population plus nombreuse), les chercheurs ont pu appliquer des modèles statistiques pour estimer l’évolution démographique après l’éruption.

Leurs résultats révèlent un scénario plus nuancé que les précédents, situé entre l’anéantissement total et la continuité. Si la population de culture Jōmon a chuté brutalement dans la zone immédiate, elle a, en revanche, augmenté dans les localités voisines. Les secteurs les plus proches de l’épicentre étaient déjà en déclin depuis un certain temps ; la région était donc peu peuplée au moment de l’éruption. Par ailleurs, les populations vivant près de la côte nord ont vu leurs effectifs croître après la catastrophe, alors même que les terres environnantes avaient subi une destruction environnementale majeure.

Selon l’équipe scientifique, ces éléments laissent supposer que les personnes ayant fui l’éruption ont réussi à survivre, à migrer et à poursuivre leur existence. On peut lire dans l’étude que si la catastrophe a entraîné des pertes humaines considérables, « les survivants ont migré, tissé de nouveaux liens sociaux, développé des formes d’économie inédites et semblent avoir trouvé des moyens créatifs de subsister, puis de prospérer, dans les conditions qui ont suivi le désastre ».

L’éruption de Kikai-Akahoya fut un événement dévastateur de la préhistoire japonaise, mais elle témoigne également de la résilience humaine face à une telle catastrophe.

Source : Yaloo News.

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The Volcanic Explosivity Index (VEI) is a logarithmic scale from 0 to 8 used to measure the relative size and explosiveness of volcanic eruptions. Among the current eruptions and those of the past, Fuego ( Guatemala) received a VEI 2, Nevado del Ruiz (Colombia) a VEI 3 in 1985, Semeru (Indonesia) a VEI 4 in 2021, Mount St Helens (United States) a VEI 5 in 1980, Hunga Tonga a VEI 6 in 2022, and Tambora (Indonesia) a VEI 7in 1815).

VEI 8 is for supervolcanoes that eject more than 1,000 km³ of material, like Yellowsrone (United States), Toba (Indonesia) or Taupo (New Zealand).

Around 5,250 BCE, powerful volcanic activity rocked Kyushu, Japan’s southernmost island. Known as the Kikai-Akahoya eruption, the blast was enormous and reached 7 on the Volcanic Explosivity Index. It caused waves of destruction that ravaged the archipelago as it battered the Japanese islands with powerful earthquakes and enormous tsunamis, and then blanketed the landscape with meters of volcanic ash.

How this apocalyptic event affected the Jomon, the dominant Japanese hunter-gatherer culture at the time, has been the subject of some debate. According to traditional views of the fallout, local groups were immediately annihilated and the area was later resettled, as evidenced by the layer of volcanic ash separating one disappearing style of pottery from another in the island’s archaeological record.

However, after further investigation, another school of thought emerged, saying that some styles of pottery managed to survive, even on Kyushu. This theory gave birth to the « Jomon survival » scenario that arose as a counterweight to the « Jomo apocalypse. ». Today, scientists are out with a new study that was published in Science Advances.

To find out how the apocalyptic eruption affected population numbers throughout Japan, an international team of archaeologists turned to radiocarbon dating data. Using time-frequency of radiocarbon dates as a proxy for population (essentially, more stuff means a higher population), the researchers were able to apply statistical models to estimate population changes after the eruption.

Their findings point to a more nuanced scenario, somewhere in between annihilation and continuity. While Jomom population numbers dropped suddenly in the immediate area, they actually increased in nearby locales. The areas closest to ground zero had been in decline for some time, so the region was sparsely populated when the eruptions occurred. Additionally, populations near the northern coastline grew after the disaster, even though the countryside was ecologically destroyed.

According to the scientific team, these findings suggest refugees from the eruption managed to hold on, migrate, and continue their lives. The disaster caused major loss of life ; however, the study says that « survivors migrated, forged new social relations, innovated new kinds of economy, and appear to have found creative ways to exist and later thrive in the new post-disaster conditions. »

The Kikai-Akahoya eruption was a devastating event in Japan’s prehistory, but it also tells a story of human resilience in the face of disaster.

Source : Yaloo News.

Glacier de Saint-Sorlin : la fin approche !

Concentrations de CO2 : 426,43 ppm (19 octobre 2026).   

Concentrations de CH4 : 1934,57 ppb (juin 2026).

Dans une note publiée le 2 septembre 2021, j’écrivais que le glacier de Saint-Sorlin fait partie des petits glaciers les plus exposés au réchauffement climatique. Situé dans dans les Grandes Rousses, le glacier de St Sorlin d’Arves, aussi appelé Glacier de l’Etendard, s’étend sur 2,8 km entre 2.600 et 3.400 mètres d’altitude. Il est facilement accessible à partir du col de la Croix de Fer. Il fait partie des six glaciers des Alpes françaises placés sous étroite surveillance scientifique depuis plusieurs décennies. Dans ma note de septembre 2021, j’écrivais que « depuis 2003 le glacier de Saint-Sorlin perd en moyenne 2,20 mètres d’épaisseur par an. En octobre 2019, on recensait une ablation de 5,30 mètres en un an vers 2.750 mètres d’altitude. Le bas du glacier fond plus vite que le haut. On  observe une accélération de la perte de masse depuis les années 2000. »

Le Glacier de St Sorlin en août 2019 (Crédit photo: Delphine Six)

Un article de presse paru en octobre 2026 explique que l’année en cours avec ses canicules a profondément impacté le glacier. Vu des sommets alentour, il semble se réduire comme peau de chagrin. Dans sa limite basse, le blanc immaculé a laissé place à un lit de roches grisâtres et, dans les crevasses de plus en plus béantes, l’eau ruisselle intensément. Les balises plantées par les scientifiques montrent parfaitement la vitesse de fonte du glacier. Sur la seule période allant du 27 août au 13 octobre 2026, ce sont 140 centimètres d’épaisseur qui ont disparu. .

Après un été caniculaire marqué par un isotherme 0°C qui a dépassé les 5.000 mètres à plusieurs reprises, le mois de septembre est resté anormalement chaud et sec dans les Alpes. Cela fait craindre une accélération de la fonte du glacier de Saint-Sorlin, déjà promis à disparaître en 2050 selon une étude de 2023.

Comme pour les autres glaciers alpins, les mesures montrent que la fonte s’est accélérée après 1985, et en particulier après 2002, avec une perte de deux mètres équivalent d’eau par an entre 2002 et 2022, L’amincissement du Saint-Sorlin a été très rapide au cours des deux dernières décennies et atteint 1,20 mètre de glace par an vers 3.100 mètres d’altitude et 2,20 mètres vers 2.850 mètres. Les glaciologues sont tous d’accord pour dire que le glacier va disparaître avant 2050. Le Saint Sorlin est loin d’être un cas isolé. Les seuls glaciers qui vont survivre dans les Alpes sont ceux qui prennent leur source très haut en altitude. Il y aura quelques dizaines de glaciers résiduels en 2100, contre un peu plus de 550 actuellement.

Source : France 24.

 

Le glacier de Saint Sorlin et le Pic de l’Étendard en 2026 (Photo extraite d’un beau reportage sur le site « Helly and the mountains » : https://hellyandthemountains.fr/2026/08/06/glacier-de-saint-sorlin-2700m/

L’Épisode 55 de l’éruption du Kilauea (Hawaï) // Episode 55 of the Kilauea eruption (Hawaii)

Tout est redevenu calme sur le Kilauea. Le 55ème épisode de fontaines de lave aura duré moins de 6 heures, mais a été précédé de spectaculaires débordements issus des trois bouches éruptives. La lave a recouvert l’ensemble du complexe de bouches actives.

Parmi les différentes hypothèses évoquées par le HVO suite à l’absence de nouveaux épisodes éruptifs après la fin de 54ème le 25 août dernier, c’est finalement la solution la plus classique qui a été choisie par Madame Pélé.

Aujourd’hui, le HVO nous explique que l’épisode a commencé avec un rideau de lave de 80 mètres de hauteur et autant de largeur.

Ensuite, les fontaines émises par la bouche nord ont atteint 220 mètres de hauteur.

Images webcam de l’événement

La zone sommitale a connu une déflation de 21 microradians pendant l’épisode.

Après l’arrêt de l’Épisode 55, l’inflation a repris ses bonnes habitudes des épisodes précédents (elle s’élève déjà à plus de 5 microradians) et la série n’est donc probablement pas terminée.

Chute et reprise de l’inflation pendant et après l’Épisode 55 (Source: HVO)

Source : HVO.

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Everything is quiet again at Kilauea. The 55th episode of lava fountaining lasted less than 6 hours, but was preceded by spectacular overflows from the three eruptive vents. Lava covered the entire complex of active vents.
Among the various hypotheses put forward by the HVO following the absence of new eruptive episodes after the end of the 54th episode on August 25th, it was ultimately the most classic scenario that « Madame Pele » chose to unfold.
Today, the HVO reports that the episode began with a curtain of fire (a line of lava fountains) 80 meters high and 80 meters wide. Subsequently, the fountains erupting from the north vent reached heights of 220 meters. The summit area experienced a deflation of 21 microradians during the episode.
Following the conclusion of Episode 55, the ground resumed the inflationary trend seen in previous episodes (it has already risen by more than 5 microradians), suggesting that this series of events is likely not yet over.
Source : HVO.