Champs Phlégréens: La Solfatara reste fermée au public // Phlegrean Fields: Solfatara still closed to the public

Mauvaise nouvelle pour ceux qui ont l’intention de visiter les Champs Phlégréens pendant les prochaines vacances: La Solfatara reste fermée au public depuis l’accident du 12 septembre 2017 qui a causé la mort de deux adultes et d’un de leurs enfants. Bien que l’accident ait été causé par le non respect d’une zone interdite; il a été décidé que toute la zone de la Solfatara n’était pas assez sécurisée pour permettre aux visiteurs d’y entrer. Encore une fois, cette situation montre que l’imprudence de quelques uns a des conséquences pour tous les autres.
En ce qui concerne les Champs Phlégréens dans leur ensemble, il y a toujours beaucoup de discussions et de débats sur la possibilité d’une éruption à court terme. En fait, personne ne sait ce qui est susceptible de se produire. Il y a eu beaucoup d’études sur le site. L’une des dernières est intitulé Progressive approach to eruption at Campi Flegrei caldera in southern Italy ; elle a été réalisée par un chercheur anglais et deux collègues italiens. Dans le cadre de l’activité bradysismique à laquelle est soumise la région, ils nous rappellent que trois épisodes significatifs de soulèvement depuis 1950 ont élevé la zone centrale d’environ 3 mètres sans que se produise la moindre éruption. Ils ont remarqué que les différents épisodes de soulèvement ont été traités comme des événements indépendants avec l’idée que chacun d’eux ressemblait à son prédécesseur. Ainsi, selon les études précédentes, le système magmatique des Champs Phlégréens avait retrouvé des conditions similaires à celles d’avant 1982.

Toutefois, les mesures effectuées lors d’un forage pilote dans le cadre du projet Campi Flegrei Deep Drilling Project laissent supposer que les tensions provoquées par ces épisodes de soulèvement se sont plutôt accumulées dans la croûte. Plusieurs épisodes successifs de soulèvement peuvent ainsi avoir conduit la croûte vers une tension limite avec un risque de rupture et donc un risque d’éruption plus important qu’on le pensait jusqu’à présent. L’avenir nous dira si cette hypothèse est la bonne. Le problème est que la zone autour des Champs Phlégréens est fortement peuplée et qu’une éruption poserait de très sérieux problèmes.

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Bad news for those who intend to visit the Phlegrean Fiels during the next holidays : The Solfatara has been closed to the public sing the 12 September 2017 accident which caused the deaths of two adults and one of their children. Although the accident was caused by the non respect of a forbidden area; it was decided that the whole Solfatara area was not secure enough to allow visitors to get in. Again, the accident shows that some people’s carelessness leads to a punishment for all the others.

As far as the Campi Flegri as a whole are concered, there is still a lot of talk about the possibility of an eruption in the short term. Actually, nobody knows what is likely to happen There have been quite a lot of studies on the site. One of the last one is entitled Progressive approach to eruption at Campi Flegrei caldera in southern Italy by an English and two Italian researchers. They remind us that three episodes of major uplift since 1950 have raised its central district by about 3 metres without an eruption. They notice that individual episodes have conventionally been treated as independent events with implicit assumptions that the next unrest would resemble its predecessor and, hence, that the shallow crust and magmatic system at Campi Flegrei has returned to conditions similar to those before 1982.

However, recent measurements from a pilot borehole for the Campi Flegrei Deep Drilling Project suggest that stress has instead been accumulating in the crust. Successive episodes of uplift may thus be driving the crust towards a critical stress for bulk failure and, hence, to a greater potential for eruption than previously assumed. Only the future will tell us. The problem is that the area around the Phlegrean Fields if heavily populated. An eruption would pose very serious problems.

Vue aérienne des Champs Phlégréens, zone à forte densité de population (Source: Wikipedia)

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Dernières nouvelles du Mayon (Philippines) // Mayon’s latest news

9 heures: Selon les journaux philippins, le nombre de personnes évacuées est passé à plus de 20 000 alors que l’éruption du Mayon continue avec des émissions de lave. Le mardi 16 janvier 2018, 5 318 familles, soit 21 823 personnes, avaient été évacuées dans 25 barangays de la province d’Albay et séjournaient dans 18 centres d’hébergement provisoire. Les écoles sont fermées dans les zones où les salles de classe ont été réquisitionnées comme centres d’évacuation.
Le PHILVOCS indique que le niveau d’alerte 3 est toujours en vigueur sur le Mayon. Neuf épisodes de tremor, dont quatre accompagnés de fontaines de lave de courte durée ont été observés. On a enregistré également 75 effondrements le long du front de coulée et de petites coulées pyroclastiques dans la ravine Miisi.
Il est demandé aux habitants d’être vigilants et de s’abstenir d’entrer dans la zone de danger permanent (PDZ) de six et sept kilomètres de rayon sur le versant sud de la montagne en raison du risque de chutes de pierres, de glissements de terrain, d’explosions soudaines et d’effondrement du dôme pouvant générer des coulées pyroclastiques.
Source: Philippine Daily Inquirer.

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17 heures : L’éruption de Mayon continue. Le « feu d’artifice » proposé par le volcan est admiré par la population locale et les touristes philippins. Il y a très peu de touristes étrangers car de nombreux vols ont été annulés à cause de la cendre. Encore et encore, les touristes sont invités à rester en dehors de la zone de danger de 8 kilomètres de rayon
le 16 janvier 2018, le conseil provincial a déclaré l’état de calamité pour la province d’Albay en raison de la menace que fait peser l’éruption du Mayon. Cette déclaration permettra aux autorités locales d’utiliser les fonds prévus en cas de catastrophe pour fournir une assistance aux zones touchées.
Quelque 30 000 personnes à Legazpi et dans les environs ont fui leur domicile ; c’est deux fois plus que le 15 janvier.
Le PHILVOCS indique que pour le moment l’éruption n’est pas explosive. L’Institut a enregistré neuf épisodes de tremor associés à quatre brèves coulées de lave et à des éboulements. En s’effondrant, le front de lave a généré une coulée de 2 km qui a emprunté les ravines Miisi et Buyuan. Le niveau d’alerte 3 reste en vigueur sur le volcan, ce qui signifie que l’activité est actuellement relativement élevée car le magma a atteint le cratère et une éruption majeure est possible dans les prochaines semaines ou même les prochains jours. Le niveau d’alerte 4 signifie qu’une éruption est possible « dans quelques jours » alors que le niveau 5 est décrété lorsqu’une éruption est en cours. Le niveau d’alerte pourrait de nouveau être augmenté dans les prochains jours ; cela dépendra des données fournies par les instruments de mesure. En 2014, Mayon manquait de gaz pour entrer en éruption. En 2018, les volcanologues doivent contrôler les gaz en permanence afin d’évaluer le risque éruptif.
Selon les chiffres fournis par les services sociaux, 4 659 familles (18 793 personnes) sont hébergées dans 23 centres provisoires dans les villes de Camalig, Daraga, Guinobatan, Ligao, Malilipot et Santo Doming et dans la ville de Tabaco. Quelque 1 184 familles (4 936 personnes) logent chez des parents à Daraga.
Les classes rassemblant plus de 10 000 élèves ont été fermées pendant les évacuations et beaucoup d’écoles ont été réquisitionnées comme centres d’hébergement provisoire. Des équipements lourds et les véhicules de service sont prêts à intervenir pour des opérations de nettoyage des routes, l’évacuation des habitants et l’acheminent  du matériel de secours. Les routes et les rivières qui peuvent être affectées par la lave du volcan sont sous surveillance étroite. Dans le pire des cas, des itinéraires alternatifs ont été identifiés pour éviter l’isolement des villes exposées aux coulées pyroclastiques et aux lahars.
Source: Inquirer.net.

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9:00: According to the Philippine newspapers, the number of people evacuated has increased to more than 20,000 as lava from Mayon Volcano continued to flow. As of Tuesday, January 16th, 2018, a total of 5,318 families or 21,823 individuals have been affected in 25 barangays in Albay and were staying in 18 evacuation centres. Classes remain suspended in areas where classrooms have been used as evacuation centers.

PHILVOCS indicates that Alert Level 3 is still in effect over Mayon Volcano. Nine episodes of tremor, four of which accompanied short-duration lava fountaining, and 75 lava collapse events, corresponding to rockfall along the front and margins of advancing lava and short pyroclastic flows downriver of Miisi were recorded.

Residents are advised to be vigilant, and to refrain from entering the six and seven-kilometre-radius permanent danger zone (PDZ) on the southern flanks of the mountain due to the danger of rock falls, landslides, and sudden explosions or dome collapse that may generate hazardous pyroclastic flows.

Source: Philippine Daily Inquirer.

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17:00 : The eruption of Mayon continues. The “fireworks” are observed by the local population and domestic tourists. There are few foreign tourists because many flights have been cancelled because of the ash. Again and again, tourists are asked to stay beyond the 8-kilometer-radius danger zone

On Tuesday, the provincial board declared Albay under a state of calamity due to the threat of the eruption of Mayon. The declaration will allow local governments to use their calamity funds to provide assistance to affected areas.

About 30,000 people in and around Legazpi have fled their homes, more than double the official count on Monday.

PHILVOCS indicates that for the moment the eruption is not explosive. The Institute has recorded nine episodes of tremor, associated with four short-lived lava fountaining and rockfall events. The collapsed lava generated a 2-km lava flow on the Miisi and Buyuan gullies. Alert level 3 remains in effect over Mayon Volcano, which means that it is currently in a relatively high level of unrest as magma is at the crater and hazardous eruption is possible within weeks or even days. Alert level 4 means an eruption is possible “within days” while level 5 is when a hazardous eruption is under way. The alert level might again be raised in the coming days, according to the data provided by the instruments. In 2014, Mayon ran out of gas which prevented an eruption from happening. Volcanologists need to measure gas now as they need to be sure how strong the eruption would be.

The Department of Social Welfare and Development has monitored 4,659 families (18,793 people) staying in 23 evacuation centres in the towns of Camalig, Daraga, Guinobatan, Ligao, Malilipot and Santo Doming towns and Tabaco City. Some 1,184 families (4,936 people) are staying with relatives in Daraga.

Classes for more than 10,000 students were disrupted as they moved out of danger zones and as their schools were used as evacuation centers. Heavy equipment and service vehicles are ready to aid in road-clearing operations, the evacuation of residents, and the delivery of relief goods. Roads and rivers that may be affected by lava from the volcano are underclose monitoring. In a worst-case scenario, alternate routes have been identified to prevent the isolation of towns highly vulnerable to pyroclastic flows and lahars.

Source: Inquirer.net

Crédit photo: Wikipedia

Nouvelle éruption en Papouasie-Nouvelle-Guinée ? // New eruption in Papua-New-Guinea ?

Quelques jours après l’éruption du Kadovar (voir ma note du 06 janvier 2018), la population d’une deuxième île volcanique du groupe Schouten en Papouasie-Nouvelle-Guinée est en train d’être évacuée car une éruption a débuté sur le volcan de l’île de Biem. Biem [aussi connu sous le nom de Bam] est désormais la priorité des autorités locales car il y a plus de 3 000 personnes sur cette île.
Quelque 500 personnes sur l’île de Kadovar ont déjà été déplacées vers l’île voisine de Ruprup, mais ces personnes doivent être déplacées à nouveau car Ruprup est également menacée par l’activité volcanique voisine.
Les autorités sont inquiètes car il y a maintenant deux éruptions simultanées. Elles sont à court de carburant et n’ont pas assez de bateaux pour évacuer les gens.

Les îles Schouten forment l’extrémité ouest de l’arc volcanique de Bismarck et comprennent six volcans potentiellement actifs. Les îles portent le nom de l’explorateur néerlandais Willem Schouten qui a observé une éruption lors de son passage dans la région en 1616.
Biem (685 mètres) est la plus haute des îles Schouten. Elle a une forme ovale et mesure 2,4 km sur 1,6 km. Elle se compose des restes d’un ancien volcan et d’un volcan plus jeune au sommet duquel se trouve le cratère actif. Le volcan a une longue histoire d’éruptions historiques depuis 1872. Selon une tradition orale, une éruption majeure aurait causé de nombreux décès et l’évacuation temporaire de l’île au milieu des années 1800. Une activité éruptive mineure à la fin des années 1950 a entraîné de nouvelles évacuations
Sources: BBC, Radio New-Zealand.

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Il semblerait que les informations indiquant qu’une deuxième éruption avait eu lieu en Papouasie-Nouvelle-Guinée n’étaient pas vraies, bien qu’elles aient été fournies par des sources fiables. L’Observatoire Volcanologique de Rabaul (RVO) a mis un terme aux rumeurs d’une deuxième éruption volcanique dans la province de Sepik Est. Les volumineux panaches observés au-dessus de Bam (Biem) et de Kadovar étaient probablement des nuages d’orage. Les météorologues ont signalé des orages dans le secteur, avec des têtes de cumulonimbus correspondant aux hauteurs des panaches signalés (12 km).
La BBC et Radio New Zealand ont indiqué que les autorités avaient besoin d’aide pour évacuer les habitants de l’île de Biem. Les prochains jours nous diront probablement ce qui se passe réellement dans cette partie du monde.

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A few days after the eruption of Kadovar (see my note of 06 January 2018), the population of a second volcanic island in Papua New Guinea’s Schouten Group is being evacuated as another volcano started erupting. Indeed, Biem island volcano is also becoming active. Biem [also known as Bam] is now local authorities’ priority because there are more than 3,000 people on that island.

Some 500 people on nearby Kadovar Island were already moved to nearby Ruprup Island but these people must be moved again as Ruprup is also at risk from the surrounding volcanic activity which is intensifying.

The authorities are worried because there are now two volcanoes erupting concurrently. They are running out of fuel and do not have enough boats to evacuate the people.

The Schouten Islands form the western end of the Bismarck volcanic arc and include six potentially active volcanoes. The islands are named after Dutch explorer Willem Schouten, who observed an eruption during his passage through the area in 1616.

Biem is the highest of the Schouten Islands at 685 metres. The island has an oval shape and dimensions of 2.4 by 1.6 km. It consists of the remnants of an older volcano and a younger volcano at whose summit is the active crater. The volcano has a long record of historical eruptions recorded since 1872. The inhabitants have an oral tradition of a major eruption leading to many deaths and the temporary evacuation of the island possibly in the mid-1800s. Minor eruptive activity in the late 1950s led to another evacuation

Sources: BBC, Radio New Zealand.

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It seems that the information indicating that a second eruption was taking place in Papua-New-Guinea was not true, although it was provided by reliable sources . The Rabaul Volcanological Observatory (RVO) has cancelled rumours of a second volcanic eruption in East Sepik Province. The voluminous plumes observed above Bam (Biem) and Kadovar were probably thunder clouds. Meteorologists have reported thunderstorms in the vicinity, with tops consistent with the 12 km reported heights.

The BBC and Radio New Zealand indicated that the authorities needed help to evacuated the people on Biem Island. The next days will probably tell us what is happening in that part of the world..

Iles Schouten, avec Kadovar et Bam (Source: Wikipedia)

Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion)

Dans son dernier bulletin du 2 janvier 2018, l’OVPF indique qu’au mois de décembre 2017, on a enregistré 20 séismes volcano-tectoniques superficiels (0 à 2 km de profondeur) sous les cratères sommitaux, 2 séismes profonds (plus de 2 km de profondeur), ainsi que 298 effondrements dans le Cratère Dolomieu, au niveau des remparts de l’Enclos Fouqué et au niveau du site éruptif de juillet/août 2017.
Au cours du mois de décembre 2017, les stations GPS au sommet n’ont pas enregistré de signaux particuliers. En revanche, les stations GPS en champ lointain ont continué à enregistrer une lente inflation continue, témoin de la mise en pression d’une source profonde.

Aucune évolution majeure n’a été observée en décembre concernant la géochimie des gaz. Au sommet du Piton de la Fournaise, on continue à observer la présence de faibles concentrations en H2S et parfois SO2 dans l’air.

S’agissant du projet d’ »accompagnement du public sur les sites éruptifs » que j’avais mentionné sur ce blog il y a quelques mois, il est tombé à l’eau. C’est ce que vient de m’indiquer l’un de mes contacts sur l’Ile de la Réunion. En d’autres termes, les touristes de passage sur l’Ile au moment d’une éruption devront se contenter de la voir de loin. Depuis 2014-2015, l’accès au volcan est systématiquement interdit en période d’éruption. Depuis 2017, même les journalistes et photographes sont, eux aussi, officiellement persona non grata. Pourtant, au vu des publications dans les médias, que ce soit la presse écrite ou télévisée au moment de la dernière éruption, il semblerait que les habitués n’aient rien changé à leurs habitudes et que la Préfecture ne trouve rien à redire… Bizarre…

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In its last bulletin of January 2nd, 2018, OVPF indicates that in December 2017, the observatory recorded 20 shallow volcano-tectonic earthquakes (0 to 2 km deep) under the summit craters, two deep earthquakes (more than 2 km deep), as well as 298 collapses in the Dolomieu Crater, along the Enclos Fouqué ramparts and at the eruptive site of July / August 2017.

During the month of December 2017, GPS stations at the summit did not record any particular signals. Far-field GPS stations, on the other hand, continued to record slow, steady inflation as a source of deep pressure.

No major developments were observed in December concerning gas geochemistry. At the summit of Piton de la Fournaise, one continues to observe low concentrations of H2S and sometimes SO2.

Regarding the project of « public accompaniment on eruptive sites » that I mentioned on this blog a few months ago, it has been abandoned. This is what one of my contacts on the Island has just told. In other words, tourists visiting the Island at the time of an eruption will have to see it from afar. Since 2014-2015, access to the volcano is systematically prohibited during eruptions. Since 2017, even journalists and photographers are also officially persona non grata. However, judging from the publications in the media, be it the newspapers or on television during the last eruption, it seems that the regulars have not changed their habits and that the Prefecture did not find anything wrong … Very strange…

Crédit photo: Wikipedia

Mayon (Philippines): Intensification de l’éruption

7 heures: Il semble que l’éruption observée sur le Mayon depuis le 14 janvier 2018 ne soit pas seulement phréatique. En effet, le PHILVOCS indique maintenant que « le cratère sommital présente maintenant forte incandescence qui signifie qu’un nouveau dôme de lave est en train de croître et que la lave a commencé à couler sur le versant sud ». En conséquence, le niveau d’alerte a été élevé à 3, ce qui signifie que le magma a atteint le cratère et qu’une éruption majeure est possible à court terme.
Les habitants sont priés de ne pas entrer dans la zone de sécurité de 6 et 7 km autour du volcan et les pilotes sont invités à éviter le sommet car la cendre produite par de soudaines éruptions peut être dangereuse pour les avions.
Source: PHILVOCS.

Selon la presse philippine, plus de 3000 familles, soit quelque 12 000 personnes ont été évacuées.

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18 heures : Selon la dernière mise à jour du PHILVOCS (15 janvier 2018 à 13h30), « deux effondrements se sont produits aujourd’hui sur le Mayon; ils ont généré des chutes de pierres et des coulées pyroclastiques de faible volume qui se sont produites à 09h41 et 10h05, et ont duré respectivement 5 minutes et 7 minutes, au vu des données sismiques. Ces événements semblent se situer au niveau du front de lave ; ils ont produit un nuage de cendre qui s’est dirigé vers le sud-ouest « . Des retombées de cendre ont été signalées dans plusieurs localités.
Un événement de dégazage d’une durée de 8 minutes a été observé à 11:07 ; il a produit une colonne de cendre grisâtre d’environ 1000 mètres au-dessus du sommet.

Le niveau d’alerte 3 reste en vigueur.
Source: PHILVOCS.

Voici en accéléré un aperçu de l’activité du 15 janvier 2018 :

https://www.youtube.com/watch?v=ANJLpKKZgM8

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It seems that the eruption observed on Mayon Volcano since January 14th 2018 was not only phreatic. Indeed, PHILVOCS now indicates that “the summit crater is now exhibiting bright crater glow that signifies the growth of a new lava dome and beginnings of lava flow towards the southern slopes”. As a consequence, the alert level has been raised to 3, which means that magma is at the crater and that a major eruption is possible in the short term.

Residents  are told not to enter the 6- and 7-km-radius danger zone around the volcano and pilots are advised to avoid flying close to the volcano’s summit as ash from any sudden eruption can be hazardous to aircraft.

Source : PHILVOCS.

According to the Philippine newspapers, more than 3,000 families, or about 12,000 individuals have been evacuated.

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18:00: According to PHILVOCS’ latest update (15 January 2018 1:30 P.M.), “two lava collapse events occurred today at Mayon Volcano; they produced rockfall and small-volume pyroclastic density currents. These occurred at 09:41 AM and 10:05 AM, and lasted 5 minutes and 7 minutes, respectively, based on seismic record. These events appear to have originated from the lava front and produced an ash cloud that drifted to the southwest sector”. Ashfall was reported on several municipalities.

A degassing event at 11:07 AM that lasted 8 minutes produced a grayish to dirty white ash column with a maximum of height of approximately 1000 metres above the summit.

Alert Level 3 remains in effect.

Source: PHILVOCS.

Here is a short timelapse video of the activity on January 15th 2018:

https://www.youtube.com/watch?v=ANJLpKKZgM8

Le Mayon peut être très dangereux en raison des coulées pyroclastiques qui peuvent se déplacer très rapidement sur ses pentes raides. Cette photo a été prise lors de l’éruption de 1984 qui n’a causé aucune victime car la population avait été évacuée (Source: USGS)

Mayon Volcano can be very dangerous due to the pyroclastic flows that can travel very fast down its steep slopes. This photo was taken during the 1984 eruption which caused no casualties because the population had been evacuated (Source: USGS)

Le plancher océanique s’affaisse sous le poids des océans // Seafloor is sinking under the weight of the oceans

Au cours des dernières décennies, la fonte de la banquise et des glaciers provoquée par le réchauffement climatique a fait prendre du volume aux océans et le poids de cette nouvelle eau entraîne un affaissement du plancher océanique.

Selon une nouvelle étude publiée le 23 décembre 2017 dans la revue Geophysical Research Letters par des chercheurs de l’Université de Technologie de Delft, les mesures et prévisions concernant l’élévation du niveau de la mer depuis 1993 sont probablement inexactes car elles sous-estiment le volume d’eau de plus en plus important dû à cet affaissement des fonds marins. Les scientifiques savent depuis longtemps que la croûte terrestre est élastique. Des recherches antérieures ont montré comment la surface de la Terre se déforme en réaction aux mouvements provoqués par les marées qui redistribuent les masses d’eau. Par exemple, en 2017, l’ouragan Harvey a déversé tellement d’eau au Texas que le sol s’est affaissé d’environ deux centimètres.
Dans leur nouvelle étude, les chercheurs ont étudié l’impact de la hausse des océans sur les fonds marins sur le long terme. Ils ont constaté à quel point la morphologie des fonds océaniques a changé entre 1993 et ​​2014, suite à la quantité d’eau ajoutée à l’océan par la fonte des glaces. Cette eau supplémentaire avait été omise par les études précédentes.
Pour arriver à leur conclusion, les chercheurs ont examiné les approximations de perte de masse sur terre au moment de la fonte de la glace et de son écoulement dans les océans. Ils ont ensuite comparé les résultats aux estimations des changements de volume de la mer. Ils ont constaté que dans le monde entier, pendant deux décennies, les bassins océaniques se sont déformés en moyenne de 0,1 millimètre par an, avec une déformation totale de 2 millimètres.
On observe cependant des tendances régionales distinctes concernant les mouvements verticaux et horizontaux du plancher océanique. Dans les régions où la majeure partie de la glace fond, comme le Groenland et l’Océan Arctique, le fond marin a tendance à se soulever légèrement suite à la perte de poids de glace. Dans la mesure où la majeure partie de la perte de glace est observée dans la partie nord de la planète, la quasi-totalité de l’hémisphère nord subit un léger effet de soulèvement des fonds marins tandis que le phénomène d’affaissement se concentre dans le sud, en particulier dans l’océan Austral.
En conséquence, les évaluations satellitaires qui montrent les variations de niveau de la mer, mais qui ne tiennent pas compte de l’affaissement des fonds océaniques, sous-estiment probablement de 8% la hausse du niveau des mers.
La précision des futures estimations du niveau de la mer pourrait être améliorée si l’affaissement des fonds marins était incorporé dans les calculs, soit en se basant sur des modélisations du changement de masse océanique, soit en utilisant des observations plus directes.
Source: Live Science.

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In recent decades, melting ice sheets and glaciers driven by climate change have been swelling Earth’s oceans. Along with all that water, the weight of the additional liquid is pressing down on the seafloor, causing it to sink.

According to a new study published on December 23rd 2017 in the journal Geophysical Research Letters, measurements and predictions of sea-level rise may have been incorrect since 1993, underestimating the growing volume of water in the oceans due to the receding bottom. Scientists have long known that Earth’s crust is elastic: Earlier research revealed how Earth’s surface warps in response to tidal movements that redistribute masses of water. For instance, 2017’s Hurricane Harvey dumped so much water on Texas that the ground dropped by about two centimetres.

In the new study, researchers from the Delft University of Technology looked at more long-term impacts to the seafloor. They evaluated how much the shape of the ocean bottom may have changed between 1993 and 2014, taking into account the amount of water added to the ocean by the melting ice on Earth. That extra waterhad beeen omitted by previous studies.

To come to their conclusion, the researchers reviewed approximations of mass loss on land, as ice melted and drained into the oceans, and compared that to estimates of sea volume changes. They found that around the world for two decades, ocean basins deformed an average of 0.1 millimetre per year, with a total deformation of 2 millimetres.

However, there were distinct regional patterns to the seafloor’s bending and stretching. In regions where most of the ice is melting, like Greenland and the Arctic Ocean, the seafloor is actually uplifting slightly as weight is taken off. In fact, since most of the disappearing ice is concentrated in the global north, pretty much the entire northern hemisphere is seeing a slight seafloor uplift effect, while subsidence is concentrated in the south, particularly the Southern Ocean (see map below of the Western Indian Ocean).

As a result, satellite assessments of sea-level change – which don’t account for a sinking ocean bottom – could be underestimating the amount that seas are rising by 8 percent.

The accuracy of future sea-level estimates could be notably improved if the sinking of the ocean floor were incorporated into the calculations, either based on modelled estimates of ocean mass change, as was done in this study, or using more direct observations.

Source : Live Science.

Les données satellitaires permettent de cartographier le plancher océanique et de détecter les anomalies de gravité, comme ici dans la partie occidentale de l’Océan Indien. (Source: NASA)

2017 encore trop chaude ! // Still too hot in 2017 !

Les chiffres officiels n’ont pas été communiqués, mais les données fournies par le NCEP (National Center for Environmental Prediction) et le NCAR (National Center for Atmospheric Research) permettent d’ores et déjà d’affirmer que l’année 2017 a été la deuxième plus chaude de l’histoire. Avec 14,7°C, soit 0,51°C de plus que la moyenne 1981-2010, l’année 2017 se classe derrière le record de 2016 et devant 2015, sans l’aide d’El Niño cette fois.

Les annonces officielles par des agences comme la NASA, la NOAA et le Met Office seront faites, en principe, dans quelques jours, vers le milieu du mois de janvier. Quoi qu’il en soit, la température de notre planète continue à monter. L’objectif de la limiter à 1,5°C sera atteint avant le milieu du siècle, selon un rapport de l’ONU. Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) évoque les années 2040.

Si la hausse de la température globale de la planète se limitait à 1,5°C par rapport à l’époque pré-industrielle – seuil  prévu par la COP 21 de 2015 – les phénomènes extrêmes comme les canicules, les fortes inondations, les sécheresses, et donc les tensions migratoires et conflictuelles qui vont avec, seraient limités. Banquise et corail ne seraient toutefois pas protégés avec une telle élévation du thermomètre.

Il est utile de rappeler ici qu’il ne faut pas confondre les mots « climat » et météo ». Le premier fait référence à l’ensemble de la planète, tandis que le second attire l’attention sur des phénomènes locaux. La température globale de la Terre continue à augmenter en dépit des la vague de froid enregistrée en Amérique du Nord et de la canicule observée au même moment en Australie.

Donald Trump a fait le choix de retirer son pays de l’Accord de Paris, avant de laisser entendre qu’il pourrait y revenir, à condition que l’accord ne nuise pas aux intérêts économiques des Etats Unis. Pendant son dernier voyage en Chine, Emmanuel Macron, a essayé d’obtenir un plus grand engagement de la Chine contre le réchauffement climatique dans le cadre d’une «année franco-chinoise de la transition écologique» en 2018-2019. Pas sûr que ces belles promesses suffisent à réduire l’élévation des températures.

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Official figures have not been released yet, but data provided by the National Center for Environmental Prediction (NCEP) and the National Center for Atmospheric Research (NCAR) already indicate that 2017 was the second warmest year in history. At 14.7°C, 0.51°C above the 1981-2010 average, 2017 is just behind the record of 2016 and before 2015, without the help of El Niño this time.
Official announcements by agencies like NASA, NOAA and the Met Office will probably be made in a few days, around the middle of January. Anyway, the temperature of our planet continues to rise. The goal of limiting it to 1.5°C will be achieved by mid-century, according to a UN report. The Intergovernmental Panel on Climate Change (IPCC) refers to the 2040s.
If the increase in the global temperature of the planet was limited to 1.5°C compared to the pre-industrial era – threshold envisaged by the COP 21 of 2015 – extreme phenomena like the heat waves, the devastating floods and droughts, and therefore the migratory and conflicting tensions that come with them, would be limited. Ice and coral, however, would not be protected with such a rise in the thermometer.
It is worth remembering here that we should not confuse the words « climate » and “weather”. The first refers to the whole planet, while the second draws attention to local phenomena. The global temperature of the Earth continues to increase despite the cold wave recorded in North America and the heat wave observed at the same time in Australia.
Donald Trump has chosen to withdraw his country from the Paris Agreement, before hinting that he could return, provided that the agreement does not harm the economic interests of the United States. During his last trip to China, Emmanuel Macron, tried to obtain a greater commitment of China against global warming through a « French-Chinese year of ecological transition » in 2018-2019. Not sure that these nice promises will be enough to reduce the rise in temperatures.

(Photo: C. Grandpey)

Les glaciers continueront à fondre en 2018. Il y a toutefois un signe encourageant: Aavec les très fortes chutes de neige de cet hiver, on peut penser que la zone d’accumulation – qui s’est élevée autour de 3000 mètres d’altitude – va quelque peu se régénérer. Cela suppose toutefois que le prochain été ne soit pas trop chaud et ne fasse pas disparaître cette neige trop vite. La partie est loin d’être gagnée.

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Glaciers will keep melting in 2018. However, there is a positive sign: With the heavy snowfall this winter, we can think that the accumulation zone – which now lies around 3000 meters a.s.l. – will somewhat regenerate. This assumes however that the next summer will not be too hot and will not cause the quick disappearance of this snow. The game is far from won.