Fonte de la glace de mer arctique : Vers un nouveau record ? // Melting of Arctic sea ice: Towards a new record?

Avec les très fortes températures et les épisodes de canicule enregistrés dans l’hémisphère nord, il n’est guère surprenant de constater une accélération de la fonte de la glace de mer arctique. Après un ralentissement de cette fonte vers la mi-juin, le déclin saisonnier s’est accéléré à la fin du mois, et ce rythme rapide continue à l’heure actuelle. La superficie de la glace de mer arctique se situe à présent sous la courbe de 2012, année où l’on avait enregistré la plus faible extension en septembre.

En juin, la circulation atmosphérique a favorisé l’établissement de très hautes pressions au nord du continent américain avec un maximum de pression au-dessus du Groenland, associé à un début de saison de fonte très rapide. On se souvient que des records de température ont été battus en Alaska. De la même façon, le 14 juillet 2019 la base canadienne d’Alert, le lieu habité le plus au nord de la planète à 817 km du pôle nord, a battu son record absolu de température avec 21,0°C. Le précédent record datait du 8 juillet 1956, avec 20,0°C. Il s’agit également de la température la plus élevée dans le monde à une latitude supérieure à 80° Nord.

Les basses pressions sur le côté eurasiatique ont contribué à faire remonter de l’air chaud du côté de la mer de Laptev, qui a connu un excédent de température particulièrement élevé. Cette situation ressemble à celle observée pendant l’été 2007, à l’origine d’une baisse spectaculaire de la glace de mer à l’époque, avec le record du minimum le plus bas. Les trois étés précédents avaient été concernés par des conditions relativement dépressionnaires et relativement fraîches qui avaient limité la fonte.

Le début d’été 2019 est marqué par des conditions particulièrement anticycloniques et douces sur le bassin arctique. Toutefois, depuis le week-end du 14 juillet, la situation est en train de changer avec l’apparition d’un minimum froid centré sur l’Arctique, mais la conséquence de cette évolution climatique sur la glace de mer est encore difficile à déterminer. On peut assister à l’arrivée d’une masse d’air plus froide et plus humide qui limiterait le réchauffement de l’air dans les basses couches ; il peut aussi se produire une dispersion et une fragilisation de la glace de mer dues aux vents liés à ces dépressions arctiques.

Toujours est-il que depuis une vingtaine de jours, le taux de fonte s’est accéléré, avec une perte de glace de plus de 2,2 millions de km2 entre le 22 juin et le 11 juillet 2019, soit plus que la superficie du Groenland (2,17 millions de km2). Cette fonte en 20 jours correspond à une perte de plus de 110 000 km2 par jour, alors que la perte normale sur la période est de 57 000 km2 par jour. Au 11 juillet, en moyenne sur 5 jours, la superficie de la glace de mer était de 8,19 millions de km2, un record de faiblesse pour la période,  sous la valeur de 2012 à la même date (8,25 millions de km²). En 2018 à la même époque, cette superficie était de 9,08 millions de km2. La normale sur la période 1981-2010 est de 10 millions de km2.

Source : Météo France.

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With the very high temperatures and heat waves recorded in the northern hemisphere, it is hardly surprising to see an acceleration in the melting of Arctic sea ice. After a slowdown in mid-June, the seasonal decline accelerated at the end of the month, and this rapid pace continues at this time. The area of ​​Arctic sea ice is now below the 2012 curve, the year in which the smallest expansion was recorded in September.
In June, atmospheric circulation favoured the establishment of very high pressures in the north of the American continent with maximum pressure over Greenland, associated with a very rapid start of the melt season. We remember that temperature records were beaten in Alaska. Un the same way, on July 14th, 2019, the Canadian base of Alert, the most northerly inhabited place in the world at 817 km from the North Pole, broke its absolute temperature record with 21.0°C. The previous record was July 8, 1956, at 20.0°C. It is also the highest temperature in the world at a latitude greater than 80° North.
Low pressure on the Eurasian side helped send warm air toward the Laptev Sea which experienced a particularly high temperature excess. This situation is similar to that observed during the summer of 2007, causing a dramatic decline in sea ice at the time, with the record of the lowest minimum. The previous three summers had been affected by relatively low and relatively cool conditions that had limited melting.
The early summer of 2019 is marked by particularly mild and mild conditions in the Arctic Basin. However, since the weekend of July 14th, the situation is changing with the appearance of a cold minimum centered on the Arctic, but the consequence of this climate change on the sea ice is still difficult to determine. The arrival of a cooler and moister air mass may limit the warming of the air in the lower layers; there can also be a dispersion and weakening of the sea ice due to the winds associated with these arctic depressions.
The fact remains that, over the last twenty days, the melting rate has accelerated, with an ice loss of more than 2.2 million km2 between June 22nd and July 11th, 2019, more than the area of Greenland (2.17 million km2). This melting in 20 days corresponds to a loss of more than 110 000 km2 per day, while the normal loss over the period is 57 000 km2 per day. On July 11th, on average over 5 days, the sea ice surface was 8.19 million km2, a record of weakness for the period, below the value of 2012 at the same date (8.25 million km²). ). In 2018 at the same time, this area was 9.08 million km2. The normal over the 1981-2010 period is 10 million km2.
Source: Météo France.

Etendue de la glace de mer le 10 juillet 2019 (Source: Université de Brême)

Niveau de la glace de mer dans le Bassin Arctique les 8-9 juillet 2019 (Source : Université de Hambourg)

Température mondiale : la NASA confirme le record de chaleur en juin 2019 // Global temperature: NASA confirms the heat record in June 2019

Comme cela était prévisible, la NASA vient d’indiquer que le mois de juin 2019 a été le plus chaud depuis le début des relevés de l’Administration en 1880. Avec +0,93°C au-dessus de la moyenne 1951-1980,  le précédent record de juin 2016 est battu de 0,11°C. Depuis 1880, les 4 mois de juin les plus chauds sont tous postérieurs à 2015.

En juin, les anomalies de température observées sont à un niveau record pour l’hémisphère nord et à la 3ème place pour l’hémisphère sud.

Il est intéressant de comparer la situation actuelle aux objectifs que se sont fixés les Etats pendant la COP 21 de Paris. Par rapport à la période 1880-1920, l’anomalie a été de +1,22°C en juin 2019. Lors de la COP21, un accord a été obtenu pour contenir le réchauffement sous les 2°C, voire 1,5°C si possible. Au train où vont les choses, pas sûr que cet objectif tienne le coup très longtemps.

Source : global-climat.

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Predictably, NASA has indicated that June 2019 was the hottest since the beginning of the records of the Administration in 1880. With + 0.93°C above the average 1951-1980 , the previous record of June 2016 is beaten by 0.11°C. Since 1880, the hottest 4 months of June are all after 2015.
In June, the temperature anomalies observed are at a record level for the northern hemisphere and at 3rd place for the southern hemisphere.
It is interesting to compare the current situation with the objectives set during the COP 21 in Paris. Compared to the period 1880-1920, the anomaly was + 1.22°C in June 2019. At the COP21, an agreement was reached to contain the warming below 2°C, or even 1.5°C if possible. At the rate things are going, it is not sure that this goal will last a very long time.
Source: global-climat.

Anomalies de température pour le mois de juin 2019 (Source : NASA)

Volcans du monde // Volcanoes of the world

Shishaldin (Aléoutiennes / Alaska):

Le 12 juillet 2019, l’Observatoire Volcanologique d’Alaska (AVO) a fait passer au Jaune la couleur de l’alerte aérienne du Shishaldin. Ce changement fait suite à une augmentation de l’activité sismique au cours des dernières semaines, avec une hausse de la température de surface au sommet du volcan visible sur les données satellitaires. Un pilote a également observé une incandescence dans le cratère lors d’un récent survol. Ces observations représentent une évolution par rapport à l’activité normale du Shishaldin, mais ne signifient pas nécessairement qu’une éruption va se produire.
Source: AVO.

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Mayotte (Archipel des Comores):

On peut lire beaucoup d’articles de presse sur le nouveau volcan sous-marin découvert à Mayotte, avec des conclusions parfois quelque peu fantaisistes. La vérité se trouve dans les bulletins diffusés par l’IPGP, le BRGM ou l’OVPF. Comme je l’ai écrit précédemment, une première campagne de mesures océanographiques (MAYOBS1) à bord du Marion Dufresne du 2 au 18 mai 2019 a permis de découvrir la naissance d’un nouveau volcan sous-marin à l’Est de Mayotte. La campagne suivante (MAYOBS2), organisée du 11 au 17 juin 2019 a permis d’en savoir plus sur ce nouveau volcan. Les levés bathymétriques ont révélé la présence d’une nouvelle zone d’activité volcanique sur une surface couvrant plus de 8 km², avec une hauteur variant de 25 à 75 mètres.

Outre la sismicité – qui est moins forte que celle observée en mai 2018 quand l’essaim a débuté – la population redoute un risque de submersion des rivages car l’île de Mayotte s’incline vers l’Est, très probablement à cause de la vidange d’une ou plusieurs poches magmatiques. Cet affaissement atteint aujourd’hui 130 millimètres, alors qu’il n’est que de 0,19 mm en temps normal. Il faudra être vigilant, surtout au moment des tempêtes et des grandes marées. Malgré cela, il ne semble pas que Mayotte soit sur le point de disparaître dans l’océan de la même façon que l’aérolithe dans L’Etoile Mystérieuse des Aventures de Tintin !

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Stromboli (Sicile) :

Le Conseil Régional de Sicile vient de déclarer l’état de catastrophe naturelle sur l’île de Stromboli suite à l’éruption du 3 juillet 2019. Une somme de 20 millions d’euros sera allouée pour réparer les dégâts causés par cet événement.

Suite à une visite à Ginostra, le Président de Région a déclaré qu’il fallait « agir rapidement pour rétablir la sérénité parmi les habitants et préserver leur sécurité et celle de tous les touristes qui visitent l’île de Stromboli. » Au-delà de l’évacuation de la couche considérable de cendre, il est nécessaire de commencer immédiatement les travaux pour protéger la zone habitée qui a subi de gros dégâts. Selon la protection civile sicilienne, il existe un risque hydrogéologique car de vastes portions de l’île ont été dévastées les incendies qui se sont propagés dans la végétation. La partie surplombant le village de Ginostra est la plus menacée. En cas de fortes pluies, une masse considérable de débris pourrait être déstabilisée et représenter une menace supplémentaire pour la sécurité publique et privée. Au vu des estimations, le Président de Région a déclaré qu’au moins cinq millions d’euros devront être utilisés pour nettoyer toutes les évacuations d’eaux naturelles, reconstruire les murs en pierre sèche qui soutiennent d’anciennes terrasses, consolider les falaises du front de mer qui surplombent le petit port et remplacer la végétation détruite. Deux autres millions devront être consacrés à la remise en état des services essentiels – systèmes électriques et téléphoniques endommagés par les incendies. La majeure partie des sommes allouées devra être consacrée à la mise en sécurité du port et pour garantir l’utilisation de la jetée qui sera en travaux destinés à améliorer sa fonctionnalité. Il s’agit en effet du seul point pour quitter l’île dans sa partie ouest. Pour cette raison, ces structures doivent nécessairement être à l’abri de tout événement qui pourrait compromettre une utilisation régulière.
Pour le reste, aucun dégât n’a été constaté sur le réseau d’alimentation en eau. Le Président de Région a fait remarquer que l’activité volcanique du Stromboli, constamment surveillée par les services compétents, ne représente pas un danger imminent pour la population. Cette déclaration va, bien sûr, à l’encontre de celle du ministère des affaires étrangères français qui dissuadait carrément les touristes de se rendre dans les Iles Eoliennes.

Source : La Sicilia.

L’INGV explique qu’au cours derniers jours, l’activité éruptive est soutenue, en particulier dans les parties centre-sud et nord de la zone des cratères, sans toutefois être exceptionnelle. Une coulée de lave qui se divise en deux branches avance dans la partie supérieure de la Sciara del Fuoco. Elle prend se source dans la partie effondrée de la lèvre du cratère. Des blocs se détachent des fronts de coulées et dévalent la pente jusqu’à la mer.

Les guides de Stromboli m’indiquent que l’accès au Pizzo reste fermé. Il est vrai que pendant le paroxysme du 3 juillet, les retombées de matériaux pyroclastiques ont complètement recouvert le sol du Pizzo, détruisant les instruments de contrôle qui s’y trouvaient. Sur le versant sud-est du Pizzo, l’abondance de retombées de lambeaux de lave a donné naissance à une coulée rhéomorphique d’environ 200 à 300 mètres de longueur qui a recouvert le chemin généralement emprunté par les groupes fe touristes et leur guides pour redescendre vers le village (Informations INGV)

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Shishaldin (Aleutians / Alaska):

On July 12tn, 2019, the Alaska Volcano Observatory (AVO) raised the aviation colour code to Yellow at Shishaldin Volcano. This change was based on increased seismic activity over the past few weeks, accompanied by elevated surface temperatures at the summit in satellite data. A pilot also observed incandescence in the summit crater during a recent overflight. These observations represent a departure from normal background activity at Shishaldin, but do not necessarily indicate that an eruption will occur.

Source: AVO.

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Mayotte (Comoros):

One can read many press articles about the new submarine volcano discovered in Mayotte, with conclusions that are sometimes somewhat fanciful. The truth can be found in the bulletins released by IPGP, BRGM or OVPF. As I put it previously, a first oceanographic campaign aboard the Marion Dufresne from May 2nd to 18th, 2019, revealed the birth of a new submarine volcano east of Mayotte. The following campaign (MAYOBS2), organized from June 11th to 17th, 2019 allowed to know more about this new volcano. Bathymetric surveys revealed the presence of a new area of ​​volcanic activity on a surface covering more than 8 km², with a height ranging from 25 to 75 metres.
In addition to the seismicity – which is less strong than that observed in May 2018 when the swarm started – the population fears a risk of submersion of the shorelines because the island of Mayotte is subsiding towards the East, most likely because of the drainage of one or more magma pockets. This subsidence today reaches 130 millimetres, whereas it is only 0.19 mm in normal times. It will be necessary to be vigilant, especially during storms and high tides. Despite this, it does not seem that Mayotte is about to disappear into the ocean in the same way as the aerolite in The Shooting Star in The Adventures of Tintin!

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Stromboli (Sicily)

The Regional Council of Sicily has just declared the state of natural disaster on the island of Stromboli following the eruption of July 3rd, 2019. 20 million euros will be allocated to repair the damage caused by this event.
Following a visit to Ginostra, the President of the Region declared that « we must act quickly to restore serenity among the inhabitants and preserve their safety and that of all tourists visiting the island of Stromboli. Beyond the cleaning of the considerable layer of ash, it is necessary to begin immediately the works to protect the inhabited area which has undergone great damage. According to the Sicilian civil protection, there is a hydrogeological risk because large parts of the island have been devastated by fires that have spread in the vegetation. The part overlooking the village of Ginostra is the most threatened. In the event of heavy rains, a considerable mass of debris could be destabilized and pose an additional threat to public and private security. In view of the estimates, the President of the Region stated that at least five million euros will have to be used to clean all the evacuations of natural waters, rebuild the dry stone walls that support ancient terraces, consolidate the cliffs overlooking the small harbor and replace the destroyed vegetation. Another two million will be spent on the rehabilitation of essential services – fire-damaged electrical and telephone systems. The majority of the money will have to be devoted to the security of the port and to guarantee the use of the jetty which will be in works destined to improve its functionality. It is indeed the only point to leave the island in its western part. For this reason, these structures must necessarily be protected from any event that could compromise regular use.
For the rest, no damage was found on the water supply network. The Regional President pointed out that the volcanic activity of Stromboli, constantly monitored by the competent services, does not represent an imminent danger to the population. This statement goes, of course, against that of the French Ministry of Foreign Affairs which outright dissuaded tourists from visiting the Aeolian Islands.
Source: Sicilia.

INGV explains that during the past days activity remained elevated, especially in the south-central and northen parts of the crater area, but was not exceptional. A lava flow dividing in two branches is advancing in the upper part of the Sciara del Fuoco. It takes its source in the collapsed part of the crater rim. Blocs break free from the lava fronts and roll down the slope and into the sea.

The local guides have informed me that access to the Pizzo is still closed. During the paroxysm of July 3rd, the fallout of pyroclastic materials completely covered the Pizzo, destroying the control instruments that were there. On the south-eastern slope of the Pizzo, the fall of molten lava  triggered a rheomorphic flow about 200 to 300 metres long which covered the trail generally used by tourist groups and their guides. to go down to the village (INGV Information)

Vues de Ginostra et de son petit port (Photos: C. Grandpey)

Image thermique des cratères du Stromboli (Source: INGV)

Tamu : Le roi déchu // The dethroned king

En 2013, des scientifiques avaient déclaré que le Mauna Loa sur l’île d’Hawaï n’était plus le plus grand volcan bouclier du monde. Il venait de se faire détrôner par le massif du Tamu, un volcan sous-marin de 310.000 km2 (environ 650 km de long, pour 450 km de large) situé dans l’Océan Pacifique à 1.600 km à l’est du Japon. Une nouvelle étude montre que le détenteur du record précédent doit être disqualifié pour des raisons techniques.
Une analyse détaillée du champ magnétique du massif du Tamu révèle que ce dernier n’est pas un volcan bouclier comme on le pensait auparavant ; il fait en réalité partie d’une dorsale médio-océanique, autrement dit: une structure géologique beaucoup plus grande, formée par le déplacement des plaques océaniques. Les résultats de l’analyse ont été publiés dans la revue Nature Geoscience.
Cela signifie que massif du Tamu a perdu son titre. Lors de sa découverte en 2013, les scientifiques ont expliqué avec beaucoup d’enthousiasme qu’il couvrait une superficie d’environ la taille du Nouveau-Mexique, soit environ 310 000 kilomètres carrés. Le Tamu est sans aucun doute un très grand système volcanique, mais pas un volcan qui s’est formé au cours d’une longue mais unique éruption comme le Mauna Loa.
Dans la dernière étude, les scientifiques ont découvert des anomalies magnétiques dans les profondeurs du volcan laissant supposer que le champ magnétique de la Terre s’est inversé au moins une fois au cours de la formation du Tamu. Comme ces inversions se produisent sur des milliers ou des millions d’années, on peut en déduire que le massif du Tamu ne s’est pas formé à partir d’une seule et unique éruption, de sorte qu’il ne répond pas aux critères d’un vrai volcan bouclier.
Cette découverte permet également d’expliquer comment le massif du Tamu s’est formé au point de rencontre de trois dorsales médio-océaniques en expansion et correspond aux anomalies magnétiques en bordure des plaques. Les chercheurs ont analysé quelque 4,6 millions de mesures de champ magnétique effectuées par divers navires au cours des 54 dernières années. Ces données ont été comparées à d’autres mesures de champ magnétique liées aux positions GPS prises par le navire de recherche Falkor pour établir une carte magnétique.
Outre le déclassement du massif du Tamu, les résultats des recherches ont d’autres implications importantes en ce qui concerne la formation des plateaux océaniques. On pensait que des plateaux de cette taille ne pourraient pas être formés par l’expansion des fonds marins où l’activité volcanique crée une croûte océanique à partir d’une éruption centrale. Le massif du Tamu offre des preuves du contraire et laisse supposer que la formation des plateaux océaniques ne ressemble pas aux épanchements basaltiques continentaux – résultats d’éruptions volcaniques sur terre – comme on le pensait auparavant.
Source: Nature Geocience et presse scientifique.

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In 2013, scientists had declared that Mauna Loa on the island of Hawaii was no longer the largest shield volcano in the world. It was overtaken by the Tamu Massif, a submarine volcano covering 310,000 km2 (about 650 km long, 450 km wide) located in the Pacific Ocean 1,600 km east of Japan.  New research suggests the previous record holder should be disqualified on a technicality.

Detailed analysis of the magnetic field over the submerged Tamu Massif suggests it is not a shield volcano as was previously thought, but rather part of a mid-ocean ridge: a much bigger geological structure, formed as oceanic plates shift. The results of the analysis have been published in Nature Geoscience.

This means Tamu Massif loses its title. When it was discovered in 2013, scientists explained with a lot of enthusiasm that it covered an area roughly the size of New Mexico, or around 310,000 square kilometres. Tamu is really a large volcanic system, but not a single volcano like Mauna Loa.

In the new research, scientists found magnetic anomalies deep in the volcano, suggesting Earth’s magnetic field flipped at least once during its formation. As these flips happen over thousands or millions of years, the implication is that Tamu Massif was not formed from a single eruption, so that it is not a regular shield volcano.

This also helps explain how Tamu Massif formed at the meeting point of three spreading mid-ocean ridges, and matches up with the magnetic anomalies at the plate boundaries. The researchers analysed some 4.6 million magnetic field readings taken by various ships over the past 54 years. That data was linked to more magnetic readings linked to GPS locations taken by the research vessel Falkor to build up a magnetic map.

Besides reclassifying Tamu Massif, the research has other important implications in regards to how oceanic plateaus are formed. It was understood that plateaus of this size could not be produced by seafloor spreading, where volcanic activity creates oceanic crust by pushing it out from a central eruption. Tamu Massif offers up evidence to the contrary, and hints that oceanic plateau formations are not as similar to continental flood basalts – the results of volcanic eruptions on land – as previously thought.

Source: Nature Geocience and the scientific press.

Localisation du Tamu Source: Nature Geoscience

Image 3D du Tamu (Source: NOAA)

La Mauna Loa, un superbe volcan bouclier

Vue de la caldeira sommitale du Mauna Loa

(Photos: C. Grandpey)

Quatre bonnes adresses sur l’île de la Réunion: 4) La Cité du Volcan

Située à Bourg-Murat, sur la route d’accès au Piton de la Fournaise, la Cité du Volcan mérite une halte. Vous y trouverez toutes les informations nécessaires à la bonne compréhension de l’histoire volcanique et géologique de l’île de la Réunion.

Dès l’entrée, on entre dans le vif du sujet grâce à un tunnel de lave dont les vibrations rappellent l’importance de la sismicité sur un volcan. Toute la technologie moderne a été utilisée pour rendre le site attractif. Les écrans interactifs, en particulier, séduisent le jeune public. Les explications – bilingues français-anglais – sont sobres et on n’a pas l’impression désagréable – comme à Vulcania – que des universitaires ont voulu déverser leurs connaissances.

Une salle de projection panoramique 270° et des films en 4D complètent la visite de la Cité.

Les concepteurs n’ont pas oublié de rendre hommage à Katia et Maurice Krafft qui avait proposé la création d’une Maison du Volcan en 1988.

Une superbe lithothèque permet d’admirer des pierres volcaniques de toute beauté. Le co-auteur de Mémoires Volcaniques a beaucoup apprécié la partie de la Cité du Volcan consacrée aux légendes et croyances populaires.

Pour finir, les images diffusées par les webcams de l’Observatoire Volcanologique du Piton de la Fournaise (OVPF) sont la transition directe avec le volcan qui se dresse à environ 25 kilomètres de Bourg-Murat.

Informations pratiques à cette adresse :

https://www.museesreunion.re/laciteduvolcan

Avec un salut très amical à Patrice Huet, directeur scientifique de la Cité du Volcan.

Une entrée en tunnel….

Une pensée pour Katia et Maurice Krafft….

Des outils interactifs…

Des légendes volcaniques……

Une belle lithothèque…

Des cheveux de Pele!

Photos: C. Grandpey

Quatre bonnes adresses sur l’Ile de la Réunion: 3) Un vol en ULM avec PLANETAIR 974

Basée à l’aéroport de Pierrefond, pas très loin de Saint Pierre, la compagnie Planetair 974 propose des survols de l’île de la Réunion à bord d’ULM, appareils dotés de moteurs de 100 CV et qui ressemblent à de petits avions. Il y a plusieurs avantages par rapport à un survol en hélicoptère: les vols sont beaucoup moins onéreux (moitié prix) et on voyage en solo avec les pilotes qui sont particulièrement sympathiques et compétents chez Planetair 974. Il est vrai que l’on a affaire à d’anciens pilotes de chasse de l’armée de l’air. Les ULM sont en parfait état et la sécurité est le maître mot dans cette agence. Plusieurs formules sont proposées. J’avais personnellement opté pour un survol du Piton de la Fournaise et des trois cirques. Bruno a tout de suite compris mon attirance pour les volcans et en a rajouté un peu lors du survol du volcan. Quand je vous disais qu’ils sont très sympa…!

Vous trouverez tous les renseignements à cette adresse :

www.planetair974.fr

Voici quelques images glanées au cours de ce périple d’une heure au-dessus de la Réunion…

Photos: C. Grandpey

Quatre bonnes adresses sur l’Ile de la Réunion: 2) Les merveilles du Tunnel Bleu

Au cours de mes pérégrinations volcaniques à travers le monde, j’ai eu l’occasion de visiter des tunnels de lave en Islande, en Nouvelle Zélande, ou encore à Hawaii où le Kazumura déroule ses quelque 65 kilomètres dans les entrailles de la Grande Ile. Tous les tunnels sont différents, mais on y retrouve toujours les banquettes qui indiquent les niveaux d’écoulement de la lave. On y admire très souvent les stalactites de surfusion qui nous rappellent la très haute température qui règne dans ces tunnels.

Parmi les différents sites que j’ai visités, deux ressortent du lot. Au cours de l’éruption de l’Etna entre 1991 et 1994, mon ami Antonio Nicoloso, aujourd’hui disparu, m’a fait pénétrer à l’intérieur d’un tunnel de lave actif où j’ai pu voir l’or de la terre s’écouler à seulement quelques mètres devant moi. J’ai décrit ce moment extraordinaire dans mon livre Volcanecdotes, aujourd’hui épuisé sous sa forme papier, mais que l’on peut acquérir sur CD.

L’autre tunnel d’exception est celui que vient de me faire découvrir Rudy Laurent sur l’île de la Réunion où le sous-sol est percé d’innombrables cavités. Certaines sont de création très récente, notamment dans le Grand Brûlé. Merci à François Martel de m’avoir fait découvrir certains d’entre eux. D’autres remontent à des époques beaucoup plus lointaines.

Rudy Laurent est l’inventeur du Tunnel Bleu qui a trahi sa présence il y a quelques années lorsqu’un tracteur et sa remorque lourdement chargée ont rompu la voûte du tunnel et révélé une merveille de la Nature

L’âge du Tunnel Bleu a été estimé à 22 000 ans. Il a été façonné par la lave lors d’une éruption qui a aussi donné naissance au Piton Bleu de la Plaine-des-Cafres, d’où le nom donné à ce tunnel dont l’entrée se trouve sur un terrain privé. Seuls quelques guides sont autorisés à accompagner des visiteurs en nombre  limité afin de ne pas apporter un excès d’humidité qui risquerait de favoriser le développement de mousses, un peu comme c’est le cas avec les peintures rupestres de certaines grottes préhistoriques.

C’est sous la conduite de Rudy que nous avons pu pénétrer dans ce lieu prodigieux, équipés d’un casque, d’une lampe frontale, de genouillères et de gants. Au fil des mètres, une merveille succède à une autre, avec une alternance de roches à la belle couleur bleutée, orange ou rouge lorsqu’elles sont riches en fer, et de surfaces grises pailletées. La lumière des lampes révèle à chaque pas un décor minéral un peu plus grandiose. On découvre des centaines de stalactites de lave figée. J’en avais bien sûr observé dans le Kazumura à Hawaii, mais celles du Tunnel Bleu sont beaucoup plus belles, d’une finesse et d’une longueur surprenantes. Tout au long du parcours, Rudy demande de ne pas s’appuyer sur les parois et de veiller à ne pas heurter le plafond du tunnel avec les casques. Recommandations inutiles car il est évident qu’il ne faut pas blesser cet univers exceptionnel.

La visite du Tunnel Bleu est à recommander à tous les amateurs de géologie et de volcanologie. Les quelques photos ci-dessous ne sont qu’un petit échantillon des beautés que nous avons découvert pendant notre séjour de plus de deux heures dans les entrailles de la Terre.

Si, vous aussi, vous avez envie de visiter le Tunnel Bleu, voici les coordonnées de l’agence de Rudy Laurent:

KOKAPAT

Infos et réservations au 0692 699 414

Site web: www.kokapatrando-reunion.com

Vous verrez que Rudy Laurent organise également des randonnées à la journée sur le Piton de la Fournaise et les célèbres cirques de la Réunion, ainsi que des trekkings de 2 à 15 jours.

Photos: C. Grandpey