Kilauea (Hawaï) : Épisode 52 !

29 janvier 2026 – 8 heures (heure française) : L’Épisode 52 de l’éruption du Kilauea vient de commencer avec un peu de retard par rapport aux prévisions initiales du HVO.

Comme d’habitude, l’événement a été précédé de plusieurs signes annonciateurs. Il y a quelques jours, des flammes jaillissaient de la bouche éruptive sud.

Le 28 juillet 2026 en début de journée, l’Observatoire signalait un important débordement de lave au niveau de la bouche nord.

Les fontaines de lave ont finalement commencé à jaillir de cette même bouche à 19h10 (heure locale) le 28 juillet avec une trentaine de mètres de hauteur.

Images webcam de l’éruption

Il est fort probable que l’événement va s’intensifier au cours des prochaines heures.

Le HVO a élevé les différents niveaux d’alerte du Kilauea.

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29 janvier 2026 – 12 h 00 (heure française) : L’éruption du Kilauea se poursuit au moment de la rédaction de ce bulletin. Les fontaines de lave atteignent une hauteur maximale proche de 150 mètres. Le débit effusif culmine également à 270 mètres cubes par seconde. Le radar du National Weather Service indique que le panache a atteint une hauteur maximale de 5 700 mètres au-dessus du niveau de la mer. Le panache s’élève actuellement à la verticale, de sorte qu’aucune retombée de téphras n’affecte les points d’observation situés à proximité immédiate des bouches éruptives dans le cratère de l’Halema’uma’u.
Source : HVO.

Capture d’image webcam

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29 juillet 2026 – 15 h 30 (heure française) : L’Épisode 52 de l’éruption du Kilauea a pris fin le 29 juillet à 2 h 36 (heure locale), après 7 heures et demie d’activité de fontaines de lave. Les quatre dernières minutes ont été marquées par des jets de gaz et des flammes s’échappant de la bouche éruptive nord. La bouche sud n’a pas produit de fontaines de lave au cours de cet épisode, mais a émis des flammes à la fin de celui-ci.

Le débit effusif a atteint un pic d’environ 270 mètres cubes par seconde, avec une moyenne de 190 mètres cubes par seconde sur l’ensemble de l’activité de fontaines de lave. Le volume de lave émis est estimé à 4,7 millions de mètres cubes. La lave a couvert environ 40 à 50 % du plancher du cratère de l’Halemaʻumaʻu.
Le passage soudain d’une déflation à une inflation sommitale à la fin de l’Épisode 52, indique qu’un nouvel épisode de fontaines de lave est probable d’ici quelque temps.
Source : HVO.

Capture d’image webcam

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29 January 2026 – 8:00 a.m. (French time) : Kilauea’s Episode 52 has just begun, slightly later than the HVO’s initial forecasts.
As usual, the event was preceded by several precursory signs. A few days ago, flames were shooting from the south eruptive vent.
Early on July 28, 2026, the Observatory reported significant lava overflow at the north vent.
Lava fountains finally began erupting from that same vent at 7:10 p.m. (local time) on July 28, reaching heights of around thirty meters.
It is highly likely that the event will intensify over the coming hours.
The HVO has raised Kilauea’s alert levels.

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29 January 2026 – 12:00 pm (French time):The eruption of Kilauea continues as of this notice. Fountains are close to peak height of about 150 meters. Effusion rate is also peaking at 270 cubic meters per second..

The National Weather Service radar shows the maximum plume height reached 5,700 meters above sea level. The plume is currently rising vertically so that no tephra is falling on the overlooks closest to the Halema’uma’u vents.

Source : HVO.

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29 July 2026 – 15:30 (French time) : Episode 52 of the Kilauea eruption ended abruptly at 2:36 a.m. (local time) on July 29 after 7.5 hours of continuous lava fountaining. The last 4 minutes were marked by gas jetting and flames from the north vent. The south vent never fountained during this episode but did emit flames at the end of the episode.

The instantaneous effusion rate peaked at about 270 cubic meters per second, with an average effusion rate of 190 cubic meters per second for the entire fountaining episode. An estimated 4.7 million cubic meters of lava erupted and covered about 40-50% of the Halemaʻumaʻu crater floor.

The abrupt switch from summit deflation to inflation at the end of Episode 52 indicates that another lava fountaining episode is likely.

Source : HVO.

Une bonne approche de la situation climatique

Le 28 juillet, France Info a invité la paléoclimatologue Valérie Masson-Delmotte à s’exprimer pour donner son avis à propos des incendies en Gironde et dans les Landes. Valérie Masson-Delmotte est directrice de recherche au CEA. Elle a également été coprésidente du groupe n° 1 du GIEC de 2015 à 2023.

Selon la scientifique, les incendies qui viennent de ravager la région du Cap Ferret et de Biscarosse sont souvent qualifiés d’ « exceptionnels » par les médias, mais ils sont une conséquence du réchauffement climatique provoqué par les activités humaines. Comme je l’ai déjà écrit sur ce blog, ce qui était exceptionnel il y a seulement quelques années va devenir habituel et fera partie du nouveau contexte climatique.

Valérie Masson-Delmotte a expliqué ce que l’on a appelé le « coup du lapin » au moment des incendies de végétation. En France, les précipitations ont été abondantes au cours de l’hiver et de l’automne passés. Ces pluies ont favorisé le développement d’une végétation qui a ensuite séché avec les canicules du printemps et de l’été. Elle est donc devenu un milieu favorable aux départs de feu. C’est une situation qui a déjà été observée en Californie.

Avec les canicules à répétition que connaît notre pays, la sécheresse et le manque d’eau sont de plus en plus aigus. La sécheresse a dépassé les niveaux observés en 1976 et 2022. La plupart des nappes phréatiques sont au plus bas, de même que le niveau des cours d’eau. De ce fait, l’alimentation en eau potable est déficitaire et sous tension. Des restrictions ont été imposées sur 80% du territoire.

Valérie Masson-Delmotte a par ailleurs expliqué que nos infrastructures sont conçues pour un climat qui n’existe plus avec le réchauffement climatique. Avec la chaleur qui remonte vers le nord, on assiste à une méditerranéisation du climat. En conséquence, la gestion des incendies pratiquée jusqu’à présent est mise à mal par les nouvelles conditions climatiques. Comme l’a souligné le président Macron, il va falloir reboiser différemment. La monoculture du pin des Landes a vécu. Il va falloir insérer des feuillus qui sont moins susceptibles d’alimenter les incendies de forêt.

Fort justement, la scientifique regrette que très peu de responsables politiques parlent de s’attaquer aux CAUSES du réchauffement climatique qui sont pourtant bien connues, ne serait-ce qu’au niveau des transports. Il faudrait réduire drastiquement nos émissions de gaz à effet de serre comme le dioxyde de carbone et le méthane. En brûlant, les forêts du sud-ouest de la France font disparaître des puits de carbone qui mettront plusieurs années à se reconstituer.

Les incendies de 2026 susciteront-ils un changement de comportement de nos gouvernants ? Le réchauffement climatique sera-t-il au cœur de la prochaine campagne présidentielle ? On peut en douter quand on voit les votes aux assemblées nationales et européennes de certains partis politiques (LFI, RN en France). On a des doutes sur les mesures que pourraient prendre les candidats à la prochaine présidentielle….

En attendant, la France va devoir faire face à une nouvelles canicule.

Canicule de la mi-juillet

Réchauffement climatique : un nouveau phénomène, le pyrocumulonimbus

Concentrations de CO2 : 428,96 ppm (27 juillet 2026)             

Concentrations de CH4 : 1937,86 ppb (mars 2026)

Lors du gigantesque incendie qui a ravagé le département de la Gironde, des scientifiques ont mis en garde contre un phénomène inédit susceptible d’aggraver les effets des brasiers : le pyrocumulonimbus, ou « nuage de feu » — une véritable tempête d’orage engendrée par l’incendie lui-même. Ces nuages peuvent se former lorsque des incendies violents créent leurs propres systèmes météorologiques ; ils ont déjà été observés à plusieurs reprises au cours de méga feux aux États-Unis et au Canada, comme ici en Colombie Britannique :

Crédit photo : British Columbia Wildfire Service

Pour faire court, les pyrocumulonimbus (ou « pyroCb ») sont d’immenses nuages d’orage générés par un incendie de végétation de grande ampleur. Ces méga feux dégagent une énergie et une chaleur colossales qui s’élèvent rapidement au sein d’un panache de fumée. Lorsque ce panache atteint une altitude suffisante, la baisse de la pression atmosphérique provoque le refroidissement de l’air, entraînant la condensation de l’humidité et la formation d’un nuage. Ce nuage est capable de générer des éclairs et de provoquer des vents violents.
Si l’incendie est suffisamment vaste et intense, le panache de fumée qu’il produit peut donner naissance à un pyrocumulonimbus ; ce dernier est alors susceptible d’atteindre une altitude de 10 à 15 kilomètres et de pénétrer dans la stratosphère. Un scientifique américain explique qu’ « il s’agit d’un véritable orage qui se forme au sein du panache de fumée de l’incendie. Ces phénomènes peuvent affecter jusqu’à environ 10 000 kilomètres cubes de l’atmosphère ; ils ont donc un impact considérable. »
Lorsque des nuages de type pyrocumulonimbus se forment, ils peuvent engendrer des vents qui accélèrent la propagation des incendies au sol et parfois même déclencher leurs propres éclairs, lesquels risquent à leur tour de provoquer de nouveaux départs de feu plus loin.
Selon les scientifiques, des rafales plus violentes peuvent rendre le comportement du feu plus imprévisible et, par conséquent, accroître les dangers pour les pompiers qui luttent contre les flammes. L’apparition de ce type de nuage confirme la dangerosité extrême de l’incendie et justifie l’évacuation massive de populations.

Image de l’incendie en Gironde

Les pyrocumulonimbus constituent un phénomène rare, mais pas exceptionnel. L’Australie a commencé à observer ces nuages au début du 21ème siècle, et les scientifiques remarquent qu’ils deviennent de plus en plus fréquents.
Plusieurs ont été observés lors des gigantesques incendies de Californie en 2022 et ils représentent une situation inédite pour la France. Si le phénomène est confirmé, ce sera la première fois qu’un pyrocumulonimbus est observé dans le pays.
Le réchauffement climatique et la multiplication des vagues de chaleur créent des conditions propices à des incendies plus dangereux, tout en favorisant la formation de pyrocumulonimbus. Selon les experts, les modèles climatiques indiquent que ces tendances vont s’intensifier à l’avenir.
En France, les incendies ont éclaté en pleine saison touristique, dans une région frappée par des vagues de chaleur successives et où les zones boisées souffrent d’un manque de précipitations depuis le mois de mai. Les services météorologiques préviennent qu’une nouvelle vague de chaleur pourrait toucher la France à partir du 28 juillet, avec des températures atteignant 40 °C dans certaines zones. Le risque d’incendies violents accompagnés de pyrocumulonimbus va donc de nouveau augmenter.
Le problème réside dans l’imprévisibilité de ces phénomènes. Si les services météorologiques savent prévoir les orages classiques, la formation de ces orages spécifiques directement au-dessus d’un foyer d’incendie nécessiterait de connaître à l’avance la localisation exacte du feu, ce qui est impossible. On peut anticiper les conditions propices à leur apparition, mais il est impossible de savoir précisément où ils se produiront.
Cette imprévisibilité constitue le défi majeur. L’incendie survenu dans le département de la Gironde a évolué sous l’influence de vents changeants : d’abord du nord, puis de l’ouest, du sud, de l’est, avant de repasser au sud puis à l’ouest. Qui plus est, .il y avait cette énergie potentielle dans l’atmosphère, ce qui a fait que localement, la colonne de convection a aspiré les braises et propagé l’incendie vers des zones jusqu’alors épargnées. Les conditions locales sont devenues catastrophiques et la vitesse de propagation du feu a été fulgurante.
Source : Médias américains.

Voici un bon résumé de ce que je viens d’écrire :

https://www.youtube.com/shorts/0_dgAiImOuE

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During the huge wildfire that ravaged the French Gironde, experts warned of an unprecedented phenomenon that could exacerbate the effects of the blazes: pyrocumulonimbus, “fire clouds”, or fire-generated thunderstorms. They may appear when severe wildfires generate their own weather systems. They have been observed several times in the U.S. And in Canada.

To sum it up briefly, pyrocumulonimbus, or “pyroCb” clouds, are gigantic storm clouds that are generated by a wildfire. Massive wildfires emit large amounts of energy and heat that rapidly rise in a smoke plume. When the fire plume rises high enough, low atmospheric pressure causes its air to cool, and the moisture condenses and forms a cloud. Such clouds can generate lightning strikes and windy conditions.

If a wildfire is sufficiently large and intense, the smoke plume it generates can form a pyrocumulonimbus cloud, which can reach altitudes of 10–15km and penetrate the stratosphere. A U.S. Scientit explains thats, “it’s a full thunderstorm forming within the fire plume. They get up to roughly 10,000 cubic kilometres of the atmosphere, so they have a big impact.

When pyroCb clouds form, they can create winds that make the wildfires below spread even faster, and sometimes generate their own lightning, which can in turn ignite more fires further afield.

Experts say stronger wind gusts can create more unpredictable fire patterns and therefore make conditions more dangerous for firefighters battling the blazes on the ground. The cloud is confirmation that the fire is very dangerous and that lots of people have been evacuated.

PyroCb clouds are a rare but not exceptional phenomenon. Australia started experiencing pyrocumulonimbus clouds at the beginning of the 21st century and experts say they are becoming more common.

They formed during massive wildfires in California in 2022, and are becoming a new situation for France. If confirmed, this would be the first time a pyroCb cloud has been observed in this country.

Global warming with repeated heatwaves is creating more dangerous conditions for wildfires globally, and also the conditions that lead to the formation of pyrocumulonimbus clouds. Experts say climate models indicate these trends will increase in severity in the future.

The wildfires in Europe have happened during peak tourist season in a region that has been hit by successive heatwaves, with woodland areas dried out from a lack of rain since May. Weather forecasters warn another heatwave could hit France from July 28th, with temperatures reaching 40°C in some areas. The risk of secere wildfires with PydoCBs will increase again.

The problem is that fire clouds cannot be predicted. Weather services can predict thunderstorms, but because these storms are located directly above a fire, we would need to know the fire’s exact location in advance, which is impossible. We can predict the conditions that will lead to these fires, but we can’t know exactly where they are.

The biggest challenge is how unpredictable they are. The fire in France’s southwest Gironde region started with northerly winds, then westerly, then southerly, then easterly, then back again to the south, then the west. On top of that, there was this potential energy in the atmosphere which meant that, locally, the convection column sucked up the embers and carried the fire further afield.

The local conditions became catastrophic and the rate of the fire’s spread was staggering.

Source : U.S. News media.

Bye bye la Niche des Drus (Massif du Mont Blanc)

Concentrations de CO2 : 428,96 ppm (27 juillet 2026)             

Concentrations de CH4 : 1937,86 ppb (mars 2026)

La Niche des Drus est une pente de neige et de glace suspendue dans la face nord des Drus à près de 2000 mètres d’altitude. C’est un lieu mythique, mais aussi un symbole du réchauffement climatique en haute montagne.

Crédit photo : Mathurin Vauthier / Alpine Mag

Aujourd’hui, en ce mois de juillet 2026, suite à une succession de canicules, la célèbre niche apparaît méconnaissable. Là où s’accrochait encore, il y a quelques années, une impressionnante langue de neige et de glace, il ne reste plus qu’un mince lambeau blanchi. Personne n’a oublié la triple démonstration parachute-snowboard-parapente de Bruno Gouvy le 11 mai 1986, deux ans après la spectaculaire descente à ski de Guillaume Pierrel.

Quelques intrépides ont également dévalé la Niche à ski, comme dans cette vidéo réalisée le 7 février 2024 :

https://youtu.be/knnOZceBMZo

Les scientifiques expliquent que la Niche des Drus est un tablier de glace qui correspond à la cicatrice d’un ancien écroulement rocheux dans laquelle une zone de glace est venue s’installer Contrairement à un glacier qui avance sur une pente, ce corps de glace est quasiment immobile. Épais de quelques mètres seulement, il reste littéralement collé à la paroi grâce aux températures négatives permanentes du permafrost, cette glace qui assure la cohésion de la roche ainsi que sa stabilité.

La Niche des Drus constitue – ou plutôt constituait – l’un des repères visuels les plus célèbres de la face nord des Drus, parfaitement depuis la vallée de Chamonix.

Cette disparition de la Niche n’est pas vraiment une surprise car il n’y avait déjà quasiment plus de glace ou de neige à la fin des étés caniculaires de 2022 et 2023. On peut donc imaginer qu’il ne restera plus rien du tout à la fin de l’été 2026.

Les alpinistes devront être particulièrement vigilants. En effet, la disparition des tabliers de glace s’accompagne souvent d’une déstabilisation des parois. Le permafrost de roche ne joue plus son rôle de ciment et ne joue plus son rôle de soutien stabilisateur. Gare aux éboulements ! Le géomorphologue Ludovic Ravanel estime toutefois que « la roche semble assez saine. Probablement pas de conséquence à court terme. Mais la disparition de la Niche constitue un symbole de la dégradation de la cryosphère. »

La disparition de la Niche des Drus fait partie du cortège de conséquences du réchauffement climatique en montagne. Ludovic Ravanel ajoute: « En même temps qu’on perd des paysages et des itinéraires d’alpinisme, on perd un patrimoine glaciologique. »  Il faut malheureusement s’attendre à d’autres désillusions.

Source : presse régionale et spécialisée.