L’indice d’explosivité volcanique (Volcanic Explosivity Index – VEI) est une échelle logarithmique allant de 0 à 8, utilisée pour mesurer l’ampleur relative et l’explosivité des éruptions volcaniques. Parmi les éruptions passées ou récentes, on peut citer : le Fuego (Guatemala) avec un VEI de 2 en 2018; le Nevado del Ruiz (Colombie) avec un VEI de 3 en 1985 ; le Semeru (Indonésie) avec un VEI de 4 en 2021 ; le mont Saint Helens (États-Unis) avec un VEI de 5 en 1980 ; le Hunga Tonga avec un VEI de 6 en 2022 ; et le Tambora (Indonésie) avec un VEI de 7 en 1815. Le VEI 8 est réservé aux supervolcans — tels que le Yellowstone (États-Unis), le Toba (Indonésie) ou le Taupo (Nouvelle-Zélande) — qui sont capables d’émettre plus de 1 000 km³ de matériaux.
Vers 5250 avant J.-C., une activité volcanique intense a secoué Kyushu, l’île la plus méridionale du Japon. Connue sous le nom d’éruption de Kikai-Akahoya, cette explosion colossale a atteint le niveau 7 sur l’indice d’explosivité volcanique. Elle a engendré des vagues de destruction qui ont ravagé l’archipel. Les îles japonaises ont dû subir de puissants séismes et des tsunamis dévastateurs. Le paysage a été recouvert de plusieurs mètres de cendres volcaniques, comme on peut le voir sur la carte ci-dessous. .

L’impact de cet événement apocalyptique sur les Jōmon, la population dominante au Japon à cette époque, composée de chasseurs-cueilleurs, a fait l’objet de débats.
Selon une première interprétation, les groupes locaux auraient été immédiatement anéantis, et la région ne s’est repeuplée que plus tard ; cette thèse s’appuie sur la présence, dans les archives archéologiques de l’île, d’une couche de cendres volcaniques séparant deux styles de poterie distincts.

Épaisseur des dépôts pyroclastiques sous-marins (Source : Université de Kobe)
Cependant, des recherches plus approfondies ont fait émerger une autre théorie selon laquelle certains styles de poterie auraient survécu, y compris sur l’île de Kyushu. Cette hypothèse a donné naissance au scénario de la « survie des Jōmon », qui s’oppose à la thèse de « l’apocalypse Jōmon ».
Aujourd’hui, des scientifiques présentent une nouvelle étude, publiée dans la revue Science Advances. Pour déterminer comment cette éruption apocalyptique a affecté la démographie au Japon, une équipe internationale d’archéologues a eu recours à des données issues de la datation au radiocarbone (ou Carbone 14). En utilisant la fréquence temporelle des datations au radiocarbone comme indicateur de la taille de la population (une plus grande abondance de vestiges témoigne d’une population plus nombreuse), les chercheurs ont pu appliquer des modèles statistiques pour estimer l’évolution démographique après l’éruption.
Leurs résultats révèlent un scénario plus nuancé que les précédents, situé entre l’anéantissement total et la continuité. Si la population de culture Jōmon a chuté brutalement dans la zone immédiate, elle a, en revanche, augmenté dans les localités voisines. Les secteurs les plus proches de l’épicentre étaient déjà en déclin depuis un certain temps ; la région était donc peu peuplée au moment de l’éruption. Par ailleurs, les populations vivant près de la côte nord ont vu leurs effectifs croître après la catastrophe, alors même que les terres environnantes avaient subi une destruction environnementale majeure.
Selon l’équipe scientifique, ces éléments laissent supposer que les personnes ayant fui l’éruption ont réussi à survivre, à migrer et à poursuivre leur existence. On peut lire dans l’étude que si la catastrophe a entraîné des pertes humaines considérables, « les survivants ont migré, tissé de nouveaux liens sociaux, développé des formes d’économie inédites et semblent avoir trouvé des moyens créatifs de subsister, puis de prospérer, dans les conditions qui ont suivi le désastre ».
L’éruption de Kikai-Akahoya fut un événement dévastateur de la préhistoire japonaise, mais elle témoigne également de la résilience humaine face à une telle catastrophe.
Source : Yaloo News.
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The Volcanic Explosivity Index (VEI) is a logarithmic scale from 0 to 8 used to measure the relative size and explosiveness of volcanic eruptions. Among the current eruptions and those of the past, Fuego ( Guatemala) received a VEI 2, Nevado del Ruiz (Colombia) a VEI 3 in 1985, Semeru (Indonesia) a VEI 4 in 2021, Mount St Helens (United States) a VEI 5 in 1980, Hunga Tonga a VEI 6 in 2022, and Tambora (Indonesia) a VEI 7in 1815).
VEI 8 is for supervolcanoes that eject more than 1,000 km³ of material, like Yellowsrone (United States), Toba (Indonesia) or Taupo (New Zealand).
Around 5,250 BCE, powerful volcanic activity rocked Kyushu, Japan’s southernmost island. Known as the Kikai-Akahoya eruption, the blast was enormous and reached 7 on the Volcanic Explosivity Index. It caused waves of destruction that ravaged the archipelago as it battered the Japanese islands with powerful earthquakes and enormous tsunamis, and then blanketed the landscape with meters of volcanic ash.
How this apocalyptic event affected the Jomon, the dominant Japanese hunter-gatherer culture at the time, has been the subject of some debate. According to traditional views of the fallout, local groups were immediately annihilated and the area was later resettled, as evidenced by the layer of volcanic ash separating one disappearing style of pottery from another in the island’s archaeological record.
However, after further investigation, another school of thought emerged, saying that some styles of pottery managed to survive, even on Kyushu. This theory gave birth to the « Jomon survival » scenario that arose as a counterweight to the « Jomo apocalypse. ». Today, scientists are out with a new study that was published in Science Advances.
To find out how the apocalyptic eruption affected population numbers throughout Japan, an international team of archaeologists turned to radiocarbon dating data. Using time-frequency of radiocarbon dates as a proxy for population (essentially, more stuff means a higher population), the researchers were able to apply statistical models to estimate population changes after the eruption.
Their findings point to a more nuanced scenario, somewhere in between annihilation and continuity. While Jomom population numbers dropped suddenly in the immediate area, they actually increased in nearby locales. The areas closest to ground zero had been in decline for some time, so the region was sparsely populated when the eruptions occurred. Additionally, populations near the northern coastline grew after the disaster, even though the countryside was ecologically destroyed.
According to the scientific team, these findings suggest refugees from the eruption managed to hold on, migrate, and continue their lives. The disaster caused major loss of life ; however, the study says that « survivors migrated, forged new social relations, innovated new kinds of economy, and appear to have found creative ways to exist and later thrive in the new post-disaster conditions. »
The Kikai-Akahoya eruption was a devastating event in Japan’s prehistory, but it also tells a story of human resilience in the face of disaster.
Source : Yaloo News.








