La lave des épisodes éruptifs 1 à 39 du Kilauea // Lava from Kilauea’s eruptive episodes 1 through 39

Une nouvelle publication en libre accès, émanant de l’Observatoire Volcanologique d’Hawaï (HVO), apporte des précisions sur la chimie des fontaines de lave observées au sommet du Kilauea. L’étude est intitulée : « Caractérisation pétrologique et géochimique de la première année de l’éruption épisodique du Kīlauea dans le cratère de l’Halema‘uma‘u (épisodes 1 à 39) ».

Image webcam de l’Épisode 39

Au cours de la première année de l’éruption (jusqu’au 24 décembre 2025, ce qui correspond à l’Épisode 39), les géologues du HVO ont collecté 178 échantillons dans le cadre du suivi éruptif ; 80 d’entre eux ont permis des analyses géochimiques réalisées en temps quasi réel. L’étude vise à mieux comprendre la dynamique éruptive et à identifier les changements survenus sur le Kilauea à la suite de l’effondrement de la caldeira sommitale en 2018.

Carte des sites d’échantillonnage dans la caldeira sommitale. Les échantillons sont répartis en groupes temporels en fonction de leurs variations chimiques et de leur type (fenêtre de droite). La zone rouge correspond au lac de lave dans le cratère de l’Halema‘uma‘u jusqu’à l’Épisode 39. Les étoiles représentent les bouches éruptives nord (N) et sud (S).

Dans une première partie, les auteurs de l’étude expliquent que les variations observées dans la hauteur des fontaines de lave et la durée des épisodes éruptifs ne sont pas liées à des changements significatifs dans la composition de la lave. Cela laisse supposer que la dynamique éruptive est principalement régie par des variations de viscosité et de géométrie des conduits, tant au cours d’un même épisode qu’entre différents épisodes.

L’éruption est alimentée par de la lave provenant d’une chambre magmatique située à environ 1 à 2 km sous le cratère de l’Halemaʻumaʻu.

Certains éléments indiquent que des vestiges d’anciens lacs de lave formés dans le cratère (entre 2020 et 2023) sont restés à l’état fondu sous la surface ; ils influencent parfois la composition chimique des matériaux émis lors des épisodes de fontaines de lave. Cela prouve que les conduits éruptifs sont, en profondeur, connectés au cœur encore liquide du lac de lave.

Une légère modification de la composition chimique montre qu’un nouveau magma a été émis quelques semaines seulement après le début de l’éruption.

Voici les analyses de divers échantillons examinés pour les besoins de l’étude :

Images de différents types d’échantillons observés au microscope électronique (a) Fragment de téphra vitreux et vésiculaire (issu de l’Épisode 5), présentant des bulles arrondies caractéristiques. (b) Bombe volcanique hautement vésiculaire (Épisode 14), montrant de petits amas de microlites interconnectés. (c) et (d) Lave issue de débordements discontinus au niveau de la bouche éruptive (avant les fontaines de lave de l’Épisode 37), présentant des cristaux d’olivine squelettiques dans une matrice composée de verre et de clinopyroxènes dendritiques (ramifiée en forme d’arbre), avec des oxydes brillants en périphérie et des textures matricielles essentiellement dendritiques. (e) Lave de coulée pahoehoe de l’Épisode 21, contenant des cristaux d’olivine squelettiques et des microlites de plagioclase au sein d’une matrice vitreuse. (f) Lave issue d’une coulée de lave primaire (a‘a) de l’Épisode 6, présentant un macrocristal d’olivine dans une matrice cristalline composée de plagioclase et de pyroxène. (g) Échantillon provenant d’une coulée de lave de type « suintement » (ooze-out) de l’Épisode 39, contenant un glomérocristal d’olivine, de plagioclase et de clinopyroxène entouré de verre. (h) Lave de type « suintement » prélevée entre les épisodes 21 et 22, montrant un glomérocristal de plagioclase et d’olivine, avec de petits oxydes en périphérie. (i) Coulée de lave rhéomorphique* (Épisode 35), présentant des cristaux d’olivine automorphes, entourés de plagioclases enchevêtrés, de petits oxydes et de quelques vésicules. (j) Coulée de lave rhéomorphique (Épisode 34), présentant des vésicules aux formes irrégulières et une matrice densément dendritique.
* ‘Rhéomorphique‘ est un terme qui désigne la déformation ductile et l’écoulement d’une roche magmatique ou pyroclastique alors qu’elle est encore à très haute température. 

Le système de stockage magmatique superficiel du Kilauea, situé sous le cratère de l’Halemaʻumaʻu, a connu une hausse de température au fil des épisodes 1 à 39.

L’intégralité de l’étude, avec des images de meilleure résolution, peut être consultée à l’adresse suivante :

https://www.sciencedirect.com/…/pii/S0377027326002222

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C’est bien de proposer des analyses de la lave produite par le Kilauea, mais en bon tazieffien, j’aimerais voir plus souvent des études concernant les gaz émis par le volcan. Il ne faudrait pas oublier, comme le disait Tazieff, que les gaz sont le moteur des éruptions. Leur analyse avant, pendant et après les différents épisodes éruptifs permettrait de connaître les variations de leurs composants, le CO2 et l’hélium par exemple. Une étude à laquelle j’avais participé sur les basses pentes de l’Etna (voir le résumé sous l’entête de ce blog) montrait une relation avec l’activité au sommet du volcan.

Panache de gaz du Kilauea (photo: C. Grandpey)

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A new open-access publication by the Hawaiian Volcano Observatory (HVO) gives more information about the chemistry of Kilauea’s summit lava fountains. The title of the study is : Petrologic and geochemical characterization of the first year of the current episodic Halema‘uma‘u eruption of Kīlauea (episodes 1 – 39).

In the first year of the eruption (through December 24, 2025, episode 39), the HVO geologists collected 178 samples for eruption monitoring purposes and used a subset of 80 for near-real-time geochemical analyses. The aim of the study is to better understand eruption dynamics and identify changes at Kilauea following the 2018 summit caldera collapse.

In a first part, the authors of the study explain that the variations in fountain height and episode duration are not associated with significant compositional changes of the lava. This suggests that eruption dynamics are instead primarily controlled by viscosity and conduit geometry changes throughout a single episode and between episodes.

The eruption is fed by lava from the magma chamber that is about 1–2 km beneath Halemaʻumaʻu.

There is evidence that the parts of former lava lake eruptions in Halemaʻumaʻu (between 2020–2023) remain molten below the surface and sometimes influence the chemistry of material erupted by lava fountaining. This proves that the vent conduits are connected in some way at depth with the still molten passive lava lake core.

A subtle change in chemistry suggests that a new magma was erupted within a few weeks of the eruption onset.

Kīlauea’s shallow magma storage system beneath Halemaʻumaʻu showed an increase in temperature through fountaining episodes 1–39.

The whole research can be read at this address : https://www.sciencedirect.com/…/pii/S0377027326002222

It is all well and good to offer analyses of the lava produced by Kilauea, but – in the spirit of Haroun Tazieff – I would like to see more frequent studies concerning the gases emitted by the volcano. We should not forget, as Tazieff used to say, that gases are the driving force behind eruptions. Analyzing these gases before, during, and after various eruptive episodes would reveal fluctuations in their components, such as CO2 and helium, for instance. A study I once took part in on the lower slopes of Mount Etna (see the abstract at the top of this blog) demonstrated a correlation with activity at the volcano’s summit.

Réchauffement climatique : l’Indonésie pollue et l’ONU se désole // Global warming : Indonesia is polluting and the UN is dismayed

Concentrations de CO2 : 426,52 ppm (23 octobre 2026).   

Concentrations de CH4 : 1934,57 ppb (juin 2026).

Les médias adorent parler des émissions de gaz à effet de serre, alors que ce sont les concentrations de ces gaz dans l’atmosphère qui conditionnent le réchauffement de notre planète. S’agissant des émissions, les journalistes doivent se régaler en observant la situation actuelle en Indonésie où les incendies de forêts prennent une ampleur inquiétante. Depuis janvier 2026, près de deux millions d’hectares sont partis en fumée. Le 20 octobre 2026, un épais brouillard toxique recouvrait l’île de Bornéo avec peu de visibilité à l’extérieur et un quotidien de plus en plus compliqué pour les habitants. La fumée gagne les pays voisins. Elle s’étend jusqu’à Singapour et même en Malaisie. À Kuala Lumpur, les célèbres Tours Petronas ont presque disparu du paysage.

Les experts estiment qu’il faudra attendre la mi-novembre et la période de la mousson pour voir le brouillard se dissiper.

Source : presse indonésienne

Dans un tel contexte, ce n’est pas demain que l’atmosphère terrestre retrouvera un semblant d’équilibre. Selon Antonio Guterres, le secrétaire général de l’ONU, les engagements mondiaux pour limiter le réchauffement climatique restent largement insuffisants et placent le monde sur une trajectoire de réchauffement de 2,6°C d’ici à 2100. La limite de 1,5°C », objectif le plus ambitieux de l’Accord de Paris, lors de la COP21 de 2015, n’est plus à l’ordre du jour. À titre personnel, je me pose des questions sur l’utilité des COP dont les décisions non contraignantes ne servent strictement à rien, alors que l’organisation de ces événements coûte un argent fou qui pourrait être utilisé ailleurs.

Selon le rapport annuel du Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE) , même si les nations honorent leurs engagements de réduction des émissions de gaz à effet de serre, les températures mondiales seront supérieures de 2,6°C aux niveaux préindustriels à la fin du siècle. Ces projections sont plus sombres que celles de 2025, notamment en raison du retrait des États-Unis, deuxième plus grand pollueur mondial, de l’Accord de Paris. En se retirant de l’accord de Paris et en abandonnant tout objectif d’atteindre la neutralité carbone, les États-Unis du président Trump seront à eux seuls responsables, d’ici la fin du siècle, d’une hausse de la température moyenne mondiale d’environ  0,1°C. Parmi les six plus grands émetteurs de gaz à effet de serre, les données préliminaires pour 2025 montrent une hausse des émissions aux États-Unis, en Indonésie et en Chine, et une baisse en Inde, en Russie et dans l’Union européenne.

Sur la seule base des politiques actuelles, le réchauffement mondial pourrait même atteindre 2,8°C d’ici 2100, soit le double de son niveau actuel, alors que le monde subit déjà nombre de phénomènes climatiques extrêmes comme ceux qui ont frappé l’Europe au cours de l’été 2026.

Les émissions de gaz à effet de serre, liées à la combustion du charbon, du pétrole et du gaz, restent « à des niveaux records » en 2025 selon le rapport de l’ONU qui ajoute que les plans climatiques nationaux et les politiques actuelles sont « dangereusement insuffisants ». On verra ce qu’en pensent les participants à la COP31 qui se déroulera en Turquie au mois de novembre, mais je ne me fais guère d’illusions sur les résultats de cette énième réunion.

Source : Presse internationale et ONU.

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The media loves to talk about greenhouse gas emissions, even though it is the concentration of these gases in the atmosphere that determines the warming of our planet. As far as emissions are concerned, the current situation in Indonesia—where forest fires are reaching alarming proportions—must be a major focus for the media. Since January 2026, nearly two million hectares have gone up in smoke. On October 20, 2026, a thick, toxic haze blanketed the island of Borneo, severely limiting visibility and making daily life increasingly difficult for the local inhabitants. The smoke is spreading to neighboring countries, reaching as far as Singapore and Malaysia. In Kuala Lumpur, the iconic Petronas Towers have all but vanished from the skyline.
Experts estimate that the haze will not dissipate until mid-November, when the monsoon season arrives.

Given this context, it will be a long time before the Earth’s atmosphere returns to anything resembling a state of balance. According to UN Secretary-General Antonio Guterres, global commitments to limit climate change remain woefully inadequate, putting the world on a trajectory toward 2.6°C of warming by 2100. The 1.5°C limit—the most ambitious goal set out in the 2015 Paris Agreement (COP21)—is effectively off the table. Personally, I question the value of these COP summits; their decisions are non-binding and ultimately serve no purpose, yet organizing them costs an exorbitant amount of money that could be better spent elsewhere.
According to the annual report from the United Nations Environment Programme (UNEP), even if nations fulfill their pledges to reduce greenhouse gas emissions, global temperatures by the end of the century will still be 2.6°C higher than pre-industrial levels. These projections are bleaker than those from 2025, partly due to the withdrawal of the United States—the world’s second-largest polluter—from the Paris Agreement. By withdrawing from the Paris Agreement and abandoning any goal of achieving carbon neutrality, the United States under President Donald Trump will, by itself, be responsible for an increase in the global average temperature of approximately 0.1°C by the end of the century.Among the six largest greenhouse gas emitters, preliminary data for 2025 indicate an increase in emissions in the United States, Indonesia, and China, while showing a decline in India, Russia, and the European Union.
Based solely on current policies, global warming could even reach 2.8°C by 2100—double the current level—at a time when the world is already grappling with numerous climate-related extreme phenomena, like those that struck Europe during the summer of 2026.
Greenhouse gas emissions, linked to the burning of coal, oil, and gas, remain « at record levels » in 2025, according to a UN report, which adds that national climate plans and current policies are « dangerously inadequate. » It remains to be seen what the participants at COP31—taking place in Turkey this November—will think, but I have few illusions about the outcome of this latest in a long series of such meetings.
Source: International press and the UN.

Piton de la Fournaise (Île de la Réunion) : éruption en vue ? // Is an eruption on the horizon?

Samedi 24 octobre 2026 (18 heures, heure métropole) : Dans un premier message diffusé le samedi 24 octobre 2026, l’OVPF indiquait que depuis 16h30 (heure locale) une crise sismique était enregistrée sur le volcan, ce qui signifie que le magma se propageait vers la surface.

Par conséquent et en raison d’une éruption probable ou imminente, le préfet de La Réunion a activé l’alerte 1 et ordonné la fermeture de l’Enclos.

Dans un nouveau message diffusé à 18h30, l’Observatoire a indiqué que la crise sismique enregistrée ce jour est terminée.

146 séismes sommitaux et des déformations de la zone sommitale ont été enregistrés en une heure témoignant d’une intrusion magmatique vers la surface. Le magma n’a pas atteint la surface et sa progression s’est arrêtée en profondeur.

L’OVPF ajoute que le réservoir magmatique reste sous pression et aucune hypothèse n’est écartée pour la suite. Une telle intrusion peut parfois précéder une éruption de quelques jours ou semaines, comme lors des deux dernières éruptions en janvier et février-avril 2026.

Il est bon de rappeler que l’accès à l’Enclos, aux Grandes Pentes ainsi qu’aux tunnels de lave du secteur est interdit au public. Le survol et la pose d’aéronefs sont également interdits. Au moment de sa fermeture, une trentaine de personnes se trouvaient encore dans le secteur et ont été évacuées par la Gendarmerie. Les randonneurs qui se trouvaient à proximité du Pas de Bellecombe ont regagné la sortie par leurs propres moyens. Les autres ont été évacués par hélicoptère.

Affaire à suivre…

Source : OVPF, Réunion la 1ère.

Photos: C. Grandpey

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Dimanche 25 octobre 2026 (8 heures, heure métropole) : Suite à une faille de sécurité, le site web de l’OVPF n’est pas accessible ce dimanche matin. L’Observatoire indique sur les réseaux sociaux que l’intrusion magmatique du 24 octobre 2026 a eu lieu sous la bordure sud du cratère Dolomieu. À cause d’un probable manque de pression, le magma issu du réservoir superficiel situé à 1,5 – 2 km de profondeur n’apas atteint la surface de sorte que l’éruption a avorté.

L’OVPF ajoute que depuis la fin de l’intrusion, la sismicité se poursuit « à un taux similaire à celui enregistré les derniers mois (0 à 2 événements par heure, ainsi que l’inflation lente de la zone sommitale. »

Comme je l’ai écrit précédemment, une telle intrusion peut parfois précéder une éruption de quelques jours ou semaines, comme lors des deux dernières éruptions en janvier et février-avril 2026. La prévision éruptive ne permet malheureusement pas d’en savoir plus sur l’évolution de la situation.

L’Enclos reste bien sûr fermé.

Source : OVPF.

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Saturday October 24, 2026 (6 p.m, Paris time) : In an initial statement released on Saturday, October 24, 2026, the OVPF reported that a seismic crisis had been detected at the volcano starting at 4:30 PM (local time), an indication that magma was moving toward the surface.
Consequently, due to the possibility of an imminent eruption, the Prefect of Réunion activated « Alert Level 1 » and ordered the closure of the Enclos.
In a subsequent update issued at 6:30 PM, the Observatory announced that the seismic crisis had ended.
Over the course of one hour, 146 summit-area earthquakes and ground deformations were recorded, signaling a magma intrusion toward the surface. Magma did not reach the surface, and its upward movement ceased at depth.
The OVPF notes that the magma reservoir remains under pressure, and no scenario can be ruled out for the future. Such intrusions can sometimes precede an eruption by days or weeks, as was the case with the two most recent eruptions, in January and February–April 2026.
It is important to reiterate that public access to the Enclos, the Grandes Pentes (Great Slopes), and the area’s lava tubes is strictly prohibited. Flying over the site or landing any type of aircraft is also forbidden.

At the time of the closure, approximately 30 people were still in the area and were evacuated by the Gendarmerie. Hikers near the Pas de Bellecombe managed to exit the area on their own, while others were evacuated by helicopter.

Source: OVPF, Réunion la 1ère.

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Sunday, October 25, 2026 (8:00 a.m., Paris time) : Due to a security breach, the OVPF website is inaccessible this Sunday morning. The Observatory has indicated on social media that a magma intrusion occurred on October 24, 2026, beneath the southern rim of the Dolomieu crater. Likely due to insufficient pressure, the magma from the shallow reservoir—located at a depth of 1.5–2 km—did not reach the surface, so that the eruption aborted.
The OVPF adds that, since the intrusion ended, seismic activity has continued « at a rate similar to that recorded over the last few months (0 to 2 events per hour), alongside slow inflation of the summit area. »
As I have noted previously, such an intrusion can sometimes precede an eruption by a few days or weeks—as was the case with the last two eruptions, in January and February–April 2026. Unfortunately, eruption forecasting does not provide further insight into how the situation will evolve.
The « Enclos » remains closed, of course.
Source: OVPF.

La Sicile et le risque de tsunami

L’essaim sismique qui a affecté le sud de la mer Tyrrhénienne le 23 octobre 2026, suivi de plusieurs secousses d’une magnitude comprise entre M4,1 et M5,5, ressenties entre les îles Éoliennes et la région de Palerme, continue de susciter des inquiétudes. Dans la soirée du 23 octobre, la Protection civile a émis un deuxième avis sismique, précisant la zone où les secousses ont été les plus fortes et où les mesures recommandées doivent être mises en œuvre en priorité.

Les maires des communes situées sur la côte tyrrhénienne de l’île ont été invités à mettre en place des dispositifs de surveillance appropriés, y compris durant la nuit, le long des littoraux exposés au risque de tsunami.
Il a donc été demandé aux maires ainsi qu’aux responsables d’établissements accueillant du public de vérifier la sécurité des bâtiments et des infrastructures. Une priorité doit être accordée aux écoles, hôpitaux, mairies, casernes, ponts, viaducs et réseaux routiers. Il a été demandé d’identifier les bâtiments parasismiques pouvant servir de centres opérationnels ou remplir des fonctions stratégiques.
En cas de nouvelles secousses d’une magnitude égale ou supérieure, la Protection civile recommande la plus grande vigilance dans les zones côtières exposées au risque de tsunami, avec, le cas échéant, la mise en œuvre de mesures d’évacuation pour garantir la sécurité des personnes. La Région sicilienne a émis une alerte Orange pour risque de tsunami, alerte qui a été levée quelques heures plus tard.

On peut lire dans la presse sicilienne un article expliquant le déroulement d’un tsunami et les mesures à prendre dans une telle situation. Il est expliqué qu’ il n’est pas nécessaire qu’une vague gigantesque survienne pour que le rivage devienne dangereux.
Le Centre d’alerte aux tsunamis de l’INGV précise que même lorsque les effets attendus d’un tsunami sont de faible ampleur, un danger réel subsiste pour les personnes se trouvant près de la côte, en particulier dans les zones les plus basses. Le niveau « Orange » ne signifie pas qu’aucune évacuation n’est nécessaire ; il indique simplement que la zone concernée par l’évacuation est plus restreinte que celle prévue pour une alerte « Rouge ».
Pour toute personne se trouvant sur une plage ou dans une zone côtière et recevant une alerte concernant un éventuel tsunami, il est recommandé de s’éloigner rapidement vers un point plus élevé, tout en prévenant les personnes à proximité. Il faut emprunter l’itinéraire d’évacuation le plus rapide à pied, sans utiliser de véhicule, qui pourrait se transformer en piège.

La Protection civile ajoute qu’il n’est pas toujours nécessaire d’attendre un message officiel : un séisme violent ressenti sur la côte, un retrait ou une montée soudaine de la mer, ou encore un grondement sourd et croissant provenant de l’eau sont des signes naturels qu’il faut savoir reconnaître.
Les personnes se trouvant au port doivent abandonner leur bateau et gagner un endroit en hauteur. La consigne est différente pour ceux qui sont déjà en mer : il faut s’éloigner vers le large et écouter les messages diffusés par radio.
Une accalmie entre deux vagues ne signifie pas que le danger est écarté. La première vague n’est pas forcément la plus importante, et plusieurs minutes peuvent s’écouler entre deux vagues successives.

Source : INGV, Protection civile, presse sicilienne.