Température : L’été des records ! // Temperatures: The summer of records!

Selon les relevés de la NASA qui remontent à 1880, le mois d’août 2019 a été le 2ème plus chaud de l’histoire. Fait assez remarquable, depuis 1880, les 6 mois d’août les plus chauds ont été observés ces 6 dernières années.

Au final, la période juin-juillet-août 2019 a été la plus chaude de l’histoire instrumentale, devant 2016. En outre, l’anomalie thermique n’a jamais été aussi élevée sur ces trois mois, avec une moyenne de +0,92°C, devant le précédent record de 2016 (+0,89°C).

S’agissant du mois d’août, sur les 100 dernières années, le rythme de réchauffement est de +0,10°C par décennie. Sur les 20 dernières années (depuis 1999), on note une accélération à +0,24°C par décennie.

Globalement, 2019 reste pour le moment à la deuxième place. Pour l’année en cours (entre janvier et août), 2019 se situe à +0,97°C, juste derrière le record de 2016 (+1,02°C) et devant 2017 (+0,93°C).

Source : NASA, global-climat.

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According to the NASA records dating back to 1880, August 2019 was the second warmest of history. Remarkably, since 1880, the warmest 6 months of August have been observed in the last 6 years.
The period June-July-August 2019 was the hottest in instrumental history, ahead of 2016. In addition, the thermal anomaly has never been higher over these three months, with an average of +0.92°C, ahead of the previous record of 2016 (+ 0.89°C).
For the month of August, over the last 100 years, the rate of warming is + 0.10°C per decade. Over the last 20 years (since 1999), there has been an acceleration of + 0.24°C per decade.
Globally, 2019 is still in second place. For the current year (between January and August), 2019 is + 0.97°C, just behind the record of 2016 (+ 1.02°C) and ahead of 2017 (+ 0.93°C).
Source: NASA, global-climat.

Sale temps pour les glaciers, comme celui d’Argentière (Photo: C. Grandpey)

La fonte des glaciers de la Chaîne des Cascades (Etats-Unis) // The melting of the Cascade Range glaciers (United States)

Plusieurs volcans de la Chaîne des Cascades – le long de la côte ouest des Etats-Unis – comme le Mt Baker, le Mt Rainier, le Mt Hood ou le Mt Shasta ont des glaciers à leurs sommets et sur leurs pentes. Avec le changement climatique, ces glaciers sont en train de fondre mais ils pourraient toujours constituer une menace pour les localités situées à des altitudes plus basses.

Les glaciers des North Cascades sont surveillés depuis 1983. En 2019, pour la 16ème fois consécutive, des glaciologues américains ont visité ces rivières de glace dans le cadre du North Cascade Glacier Climate Project. Le but de la mission était d’étudier l’impact du réchauffement climatique. La principale conclusion a concerné « la perte choquante de volume des glaciers ». Un glaciologue a déclaré: «J’ai été choqué par la perte d’épaisseur de chaque glacier au cours des deux dernières décennies et demie. »

Au cours des 16 journées passées sur le terrain, les chercheurs ont étudié scrupuleusement 10 glaciers. Les mesures qui ont été effectuées viennent s’ajouter à la base de données actuelle qui couvre 36 années et indique une perte en volume de 30% de ces glaciers au cours de cette période.

En regardant les premiers résultats de la mission, on peut constater que chaque glacier subira une perte de bilan massique de 1,5 à 2,25 mètres, ce qui se traduira par un recul continu. Les glaciers Columbia et Rainbow servent de référence au World Glacier Monitoring Service. L’Easton Glacier s’ajoutera à la liste dans les prochains mois.

De nombreuses photos ont été prises pendant la mission. Vous découvrirez quelques unes d’entre elles à cette adresse:

Annual Assessment of North Cascades Glaciers Finds ‘Shocking Loss’ of Volume

Les données définitives de bilan de masse et de recul des glaciers seront publiées après le 1er octobre 2019.

Source : The Oregonian.

À l’exception de ceux du Mont Shasta, qui semblent relativement stables grâce aux masses d’air humide en provenance du Pacifique, la plupart des glaciers de la Chaîne des Cascades marquent un net recul. Dans une note publiée le 7 mars 2016, j’ai décrit la situation sur le Mont Rainier où le principal danger redouté par les autorités concerne les lahars, autrement dit des coulées de boue qui pourraient être déclenchées par la fonte des glaciers sur les flancs du volcan. Cependant, avec le réchauffement climatique, les glaciers ont reculé au cours des dernières décennies, de sorte que leur volume est moins impressionnant que par le passé. Si une éruption se produisait, les coulées de boue seraient probablement moins destructives, même si elles causeraient de graves dégâts dans les localités sur leur chemin. Des villes comme Orting sur les berges de la Puyallup River seraient certainement touchées. Des itinéraires d’évacuation ont été mis en place pour permettre à la population de se réfugier dans des lieux sûrs.

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Several volcanoes of the Cascade Range like Mt Baker, Mt Rainier Mt Hood or Mt Shasta have glaciers at their summits and on their slopes. With climate change, these glaciers are melting but might still be a threat to communities at lower altitudes.

The North Cascades glaciers have been monitored since 1983. In 2019, for the 16th consecutive time, US glaciologists visited these rivers of ice as part of the North Cascade Glacier Climate Project. The aim of the mission was to see the impact of global warming. The main conclusion of the mission concerned the shocking loss of glacier volume. Said one glaciologist: “I was shocked by the amount of thinning each glacier has endured through the last two and a half decades.”

Over the span of 16 days in the field, 10 glaciers were examined in detail. The measurements that were completed add to the now 36-year-long database that indicate a 30 percent volume loss of these glaciers during that period.

Looking at the preliminary results, one can observe that each glacier will have a mass balance loss of  1.5 – 2.25 metres, which drives continued retreat. Columbia and Rainbow Glacier are reference glaciers for the World Glacier Monitoring Service, with Easton Glacier joining the ranks later this year.

Many photos have been taken during the mission. A few of them can be seen at this address:

https://glacierhub.org/2019/09/10/annual-assessment-of-north-cascades-glaciers-finds-shocking-loss-of-volume/?fbclid=IwAR0mWp8JeeMH-IbdEZ9ncH_SXoA4LxoHwcLB4vNO_XvULC4xll-vNso6_SA

Specific mass balance and retreat data will be published after October 1st, 2019.

Source: The Oregonian.

Except those on Mt Shasta which seem to be stable thanks to the wet air masses from the Pacific, most glaciers along the Cascade Range are retreating. In a note released on March 7th, 2016, I described the situation on Mt Rainier where the main danger feared by the authorities lies with the lahars, namely mudflows that could be triggered by the melting of the glaciers on the flanks of the volcano. However, with global warming, glaciers have been retreating in the past decades so that their volume is less impressive than in the past. Should an eruption occur, mudflows would likely be less destructive, even though they would cause severe damage to the communities on their way. Cities like Orting on the shores of the Puyallup River would certainly be affected. Evacuation routes have been set up to allow the population to flee to safe places.

Vue aérienne du Mont Baker

Glaciers du Mont Rainier

Voies d’évacuation à Orting, sur les flancs du Mt Rainier

Vue du Mont Shasta

(Photos: C. Grandpey)

Volcans du monde // Volcanoes of the world

L’événement n’a rien d’exceptionnel, mais une explosion relativement forte a secoué le Sakurajima (Japon) en début de matinée le 16 septembre 2019. Selon le VAAC de Tokyo, le panache de cendres a atteint 4 000 mètres d’altitude.
Une explosion semblable a été observée le 3 septembre dans le cratère Minamidake du volcan.
Le niveau d’alerte reste à 3 sur une échelle de 5.

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Le Laboratotio Geofisica Sperimentale indique qu’au cours des derniers jours, l’activité du Stromboli (Sicile) a montré un niveau modéré, avec des événements stromboliens sur les différents cônes éruptifs qui percent les parties centrale, sud-ouest et nord-ouest de la terrasse cratèrique. Le tremor est stable et présente des valeurs moyennes. On enregistre une trentaine d’événements VLP (très longue période) chaque heure, d’intensité moyenne. Il n’y a pas de déformation significative de l’édifice volcanique.

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Ces derniers jours, l’activité strombolienne a repris dans la Voragine de l’Etna (Sicile). Cette activité s’est intensifiée, avec tout d’abord des nuages ​​de cendres, puis la projection de matériaux incandescents. L’accumulation de matériaux autour de la bouche éruptive a édifié un petit cône à l’intérieur du cratère. L’activité reste toutefois modérée, sans coulées de lave. De fortes explosions ont été entendues à Zafferana Etnea, Aci Sant’Antonio, Pedara et dans les localités voisines.

Après une forte augmentation, le tremor éruptif a retrouvé des valeurs proches de la normale. Aucune déformation anormale de l’édifice volcanique n’a été détectée par les instruments. . .
Cette dernière activité n’a eu aucun impact sur l’aéroport de Catane.
Source: INGV, La Sicilia, contacts locaux.

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Selon l’IGP, l’éruption de l’Ubinas (Pérou) se poursuit, avec des nuages ​​de cendres et des projections de matériaux incandescents. L’activité sismique est liée à l’ascension du magma dans l’édifice volcanique. L’Institut s’attend à d’autres explosions dans les prochains jours. Le niveau d’alerte volcanique est maintenu à Orange.

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This is by no means exceptional, but a relatively strong explosion was observed at Sakurajima (Japan) in the early morning of September 16th, 2019. According to the Tokyo VAAC, the ash plume reached a height of 4 000 metres a.s.l.

A similar explosion was observed on September 3rd at the volcano’s Minamidake Crater.

The alert level remains at 3 on a scale of 5.

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The Laboratotio Geofisica Sperimentale indicates that during the past days activity at Stromboli (Sicily) has shown moderated levels, with Strombolian events at the different eruptive cones on the central, SW and NE parts of the crater terrace. The tremor is stable at medium values. An average of 30 VLP events is recorded each hour, with medium-sized Strombolian events. There has been no significant deformation of the volcanic edifice.

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During the past days, Strombolian activity started again within Mt Etna’s Voragine (Sicily). This activity intensified, starting with ash clouds and culminating with the ejection of incandescent material. The accumulation of this material around the eruptive vent is building a scoria cone within the crater. However, this activity remained moderate, with no lava flows. Strong explosions could be heard from Zafferana Etnea, Aci Sant’Antonio, Pedara and in the neighbouring communities.

After a sharp rise, the eruptive tremor declined to near-normal values. No abnormal deformation of the volcanic edifice has been detected by the instruments. . .
This last activity did not have any impact on Catania’s airport.

Source: INGV, La Sicilia.

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According to IGP, the eruption of Ubinas (Peru) continues, with the production of ash clouds and the ejection of incandescent material. Seismic activity is linked to the ascent of magma within the volcanic edifice. The Institute expects more explosions in the coming days. The alert level is kept at Orange.

Vue de l’activité strombolienne dans la Voragine de l’Etna (Crédit photo: Boris Behncke – INGV Catane)

Volcanisme et tectonique sur l’Etna // Volcanism and tectonics on Mt Etna

Une étude intitulée “Time and space scattered volcanism of Mt. Etna driven by strike-slip tectonics” publiée le 20 août 2019 dans les Scientific Reports nous explique l’ascension du magma à l’intérieur de l’Etna.

Le travail, effectué par des scientifiques de l’INGV et de l’Institut National d’Océanographie et de Géophysique Expérimentale (OGS) a permis de déterminer les conditions qui permettent au magma de remonter vers la surface.
L’Etna se trouve dans une zone de failles transformantes. Grâce aux données sismiques, gravimétriques et magnétiques les chercheurs ont pu obtenir des images permettant de »voir » les secteurs où se situent les failles et comment elles sont organisées. Il y a au moins 500 000 ans, l’activité tectonique dans une vaste zone de failles de la partie sud du volcan (entre Acireale et les environs d’Adrano) a entraîné la formation de zones « d’ouverture »de la croûte terrestre qui ont été les voies préférentielles choisies par le magma pour sortir par des fissures éruptives disséminées le long de la ligne de faille. Ces fissures, identifiées entre Aci Trezza et Adrano, ont caractérisé les premières phases d’activité de l’Etna.
La déformation continue le long de la même zone de faille et même plus au nord, ainsi que leur interaction mutuelle, « ont entraîné la migration des zones d’éruption du magma et la fermeture soudaine de conduits éruptifs précédemment actifs ». C’est ce qui explique le processus de migration du volcanisme du versant sud (actif d’au moins 500 000 à environ 200 000 ans) vers la région de la Valle del Bove (entre 100 000 et 70 000 ans) et vers les centres éruptifs actuels (d’il y a 60 000 ans à aujourd’hui). La déformation induite par les failles sur le substrat sur lequel repose le volcan a également influencé le glissement du flanc E de l’Etna, qui se caractérise par une forte sismicité, comme en témoigne le séisme de décembre 2018.

Vous trouverez l’intégralité de l’étude (en anglais ) à cette adresse :

 https://www.nature.com/articles/s41598-019-48550-1

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 A study entitled « Time and space scattered volcanism of Mt. Etna driven by strike-slip tectonics » published August 20th, 2019 in the Scientific Reports explains the ascent of magma inside Mt Etna.
The work, carried out by scientists from INGV and the National Institute of Oceanography and Experimental Geophysics (OGS) has determined the conditions that allow magma to reach the surface.
Mt Etna is in a zone of strike-slip faults. Thanks to the seismic, gravimetric and magnetic data, the researchers were able to obtain images allowing to « see » the areas where the faults are located and how they are organized. At least 500,000 years ago, tectonic activity in a large fault zone in the southern part of the volcano (between Acireale and the Adrano area) resulted in the formation of « open » areas in the Earth’s crust which were the preferred pathways chosen by magma to exit through eruptive fissures scattered along the fault line. These fissures, identified between Aci Trezza and Adrano, characterized the first phases of activity of Mt Etna.
The continuous deformation along the same fault zone and even further north, as well as their mutual interaction, « have resulted in the migration of magma eruptive zones and the sudden closure of previously active eruptive ducts ». This accounts for the migration process of the southern slope volcanism (active from at least 500 000 to about 200 000 years ago) to the Valle del Bove region (between 100 000 and 70 000 years) and to the current eruptive centres (from 60,000 years ago to today). The deformation induced by the faults on the substrate on which the volcano rests has also influenced the sliding of the eastern flank of Mt Etna, which is characterized by a high seismicity, as evidenced by the earthquake of December 2018.
You will find the entire study at:
https://www.nature.com/articles/s41598-019-48550-1

Schémas illustrant l’évolution du volcanisme de l’Etna dans l’espace et dans le temps, en relation avec les systèmes de failles (Source : Scientific Reports)

La Martinique et le réchauffement climatique // Martinique and global warming

Comme j’ai pu m’en rendre compte au cours de plusieurs séjours à la Martinique, les Antilles n’échappent pas au réchauffement climatique. Certes, il n’y a pas de glaciers pour s’en rendre compte, mais  d’autres phénomènes montrent l’urgence de la situation.

Avec la hausse plus rapide que prévu des températures sur notre planète, de nombreux experts se demandent quel impact le réchauffement de la planète aura sur les îles. Leurs réponses restent, pour l’instant, imprécises. Seule certitude: les Antilles n’échapperont pas aux effets du réchauffement climatique. Le GIEC a établi que, du fait de leur exposition aux mers et océans, les  territoires de la Caraïbe insulaire et continentale font partie des zones les plus vulnérables. Selon les experts, différentes conséquences sont à prévoir. On observera une perte territoriale et une pression foncière plus importante, l’accentuation de l’érosion côtière, l’augmentation de l’intensité des cyclones, l’affaiblissement des protections naturelles des côtes (mangroves et coraux). Il y aura également une fragilisation des écosystèmes terrestres, déjà atteints par la déforestation, la raréfaction de l’eau, la perturbation des stocks halieutiques, la recrudescence des épizooties et maladies vectorielles…

Même s’il n’est pas facile de sensibiliser la population à la notion de réchauffement dans une région où les températures ne connaissent pas d’écarts importants au cours de l’année, les Antillais doivent savoir qu’ils n’y échapperont pas. En cumul, la hausse des températures en Martinique s’élève de 0,6 à 0,7°C depuis les années 1970 et de 1,3°C en un demi-siècle. Au Lamentin, par exemple, la température moyenne est passée de 25,5 à 27°C.  .

Le vrai débat qui divise la communauté scientifique porte sur l’activité des cyclones. Les scientifiques sont plutôt d’accord pour dire que le nombre de cyclones ne sera pas plus élevé. En revanche, ils estiment que ceux de demain pourraient être plus puissants, mais ce dernier point-là est encore très débattu. Il s’agit pourtant d’une question cruciale car, si c’est le cas, il faudra reculer les constructions du littoral, par exemple. En longeant la côté martiniquaise, au nord du Prêcheur  par exemple, on remarque les enrochements destinés à calmer les fureurs de l’océan. A l’endroit même de ces enrochements, des habitations avaient les pieds dans l’eau il y a quelques décennies, jusqu’au jour où des vagues puissantes provoquées par un cyclone les ont fait basculer dans les flots.

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As I realized during several stays in Martinique, the West Indies are not immune to global warming. While there are no glaciers to realize it, other phenomena show the urgency of the situation.

With the faster than expected rise in temperatures on our planet, many experts are wondering what impact global warming will have on the islands. Their answers remain, for the moment, uncertain. The only certainty is that the West Indies will not escape the effects of global warming. IPCC has established that, because of their exposure to the seas and oceans, the territories of the insular and continental Caribbean are among the most vulnerable areas. According to the experts, different consequences are to be expected. There will be greater territorial loss and land pressure, increased coastal erosion, increased intensity of cyclones, weakening of natural coastal protection (mangroves and corals). There will also be a weakening of terrestrial ecosystems, already affected by deforestation, the scarcity of water, the disruption of fish stocks, the upsurge of animal diseases and vector diseases …
Although it is not easy to raise the awareness of the notion of global warming in a region where temperatures do not change significantly during the year, the West Indians must know that they will not escape it. . In total, the rise in temperatures in Martinique has ranged from 0.6 to 0.7°C since the 1970s and 1.3°C in half a century. In Lamentin, for example, the average temperature have risen from 25.5 to 27°C. .
The real debate that divides the scientific community is about cyclone activity. Scientists tend to agree that the number of cyclones will not be higher. On the other hand, they think that those of tomorrow could be more powerful, but this last point is still very much debated. However, this is a crucial question because, if it is the case, it will be necessary to retreat the constructions of the coast, for example. In Martinique, north of Le Prêcheur for example, one can observe the stones intended to calm the fury of the ocean. At the exact site of these rip raps, houses had their feet in the water a few decades ago, until the day when powerful waves caused by a cyclone tipped them into the water.

Enrochements au nord du Prêcheur (Photos: C. Grandpey)

Le Raikoke (Russie) provoque de beaux levers de soleil dans le Colorado // Raikoke Volcano (Russia) causes nice sunrises in Colorado

Au cours des dernières semaines, les habitants du Colorado ont pu observer de beaux levers de soleil pourprés tout à fait inhabituels. Leur cause se trouve à plusieurs milliers de kilomètres de cet Etat. Des chercheurs de l’Université de Boulder ont recueilli des preuves indiquant que le volcan Raikoke, qui est entré en éruption dans les îles Kouriles en juin dernier, a envoyé dans l’atmosphère un épais panache de cendres et de gaz volcaniques. Les satellites de la NASA ont observé l’éruption et envoyé des images impressionnantes du panache éruptif (voir ci-dessous). Grâce à un ballon à haute altitude, les chercheurs de Boulder ont pu détecter des aérosols – principalement du SO2, selon la NASA – qui ont diffusé la lumière du soleil. Combinés à la couche d’ozone qui absorbe la lumière, les aérosols peuvent apporter une belle nuance de violet aux couchers et aux levers de soleil.
L’éruption du Raikoke a été relativement modeste (voir mes notes des 22 et 26 juin 2019), mais suffisante pour affecter la majeure partie de l’hémisphère nord. Selon les chercheurs de l’Université de Boulder, le dernier phénomène similaire observé dans le Colorado s’est produit en 1991, lors de l’éruption du Pinatubo aux Philippines.
Source: The Denver Channel.

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Over the past few weeks, people in Colorado could notice unusually purple sunrises. The cause might be a few thousand miles away.Researchers at Boulder University have collected evidence that points to Raikoke, a volcano located on the Kuril Islands that erupted in June, sending a thick plume of ash and volcanic gases into the atmosphere. NASA satellites observed the eruption, capturing impressive images of the smoke plume (see below). Thanks to a high-altitude balloon, Boulder researchers could detect aerosols – mostly SO2, according to NASA – which scatter sunlight as they pass through the air.Combined with the ozone layer absorbing light, the aerosols can produce a shade of purple in sunrises and sunsets.
The eruption of Raikoke was relatively small (see my posts of 22 and 26 June 2019), but it was enough to impact most of the northern hemisphere. According to Boulder University researchers, the last similar phenomenon observed in Colorado happened in 1991, when Mount Pinatubo erupted in the Philippines.
Source: The Denver Channel.

L’éruption du Raikoke vue depuis l’espace (Source: NASA)

Etna (Sicile) : La Torre del Filosofo

Mon ami sicilien Santo Scalia a écrit un article très intéressant qui raconte l’histoire de la Torre del Filosofo – la tour du philosophe – un lieu mythique de l’Etna qui a servi de point de repère à des générations de visiteurs du volcan. La Torre fait remonter dans mon esprit les moments merveilleux passés avec les guides de l’Etna : Antonio, Alfio, Beppe, etc. Je les salue tous, avec une pensée particulière pour le regretté Antonio Nicoloso qui a guidé mes premiers pas sur le volcan sicilien.

Aujourd’hui encore, les randonneurs qui gravissent chaque jour les pentes de l’Etna par le versant sud atteignent un espace ouvert appelé Torre del Filosofo, à environ 2900 mètres d’altitude. C’est là que s’arrêtent les bus 4X4 avec, à leur bord, les touristes venus admirer la zone sommitale du volcan. En réalité, la zone où s’arrêtent les bus et au-delà de laquelle l’accès est interdit pour des raisons de sécurité, n’est pas vraiment le lieu historique connu sous le nom de Torre del Filosofo. Autrefois, il se trouvait à une centaine de mètres un peu plus au nord-nord-ouest, à une altitude de 2920 mètres.

Parmi les touristes, certains demandent encore aujourd’hui où se trouve ‘la tour’ et qui était ‘le philosophe’. Selon la légende, le philosophe était Empédocle d’Agrigente (495 – 435 av. J.-C.). Afin de mieux percer les secrets et la nature du volcan, il fit ériger sa résidence près de ce qui était alors le grand cratère de l’Etna. Cette même légende raconte qu’Empédocle, pour se créer une aura de divinité et de surnaturel, s’était finalement jeté dans le cratère, pour disparaître définitivement aux yeux de ses contemporains. Mais le volcan cracha l’une de ses chaussures.

Tommaso Fazello en 1573, dans le deuxième livre de l’ouvrage Le due deche dell’historia di Sicilia, décrit ce qu’il a eu l’occasion d’observer près du sommet de l’Etna: «… nous avons vu au sommet de cette montagne […] un ancien bâtiment en ruine appelé […] la Tour du Philosophe, parce que les gens disent avoir entendu les anciens expliquer qu’Empédocle avait construit cette maison, pour pouvoir mieux philosopher auprès du feu de la montagne… »

Plus récemment, au début des années 1960, un abri en béton a été construit sur la petite colline qui culmine à environ 2 900 mètres d’altitude et qui appartenait jadis à la famille Platania. Son style architectural a été à l’origine de nombreuses discussions. Santo Scalia pense que la structure n’a jamais été utilisée comme abri, mais plutôt comme dépôt et comme refuge en cas d’urgence.

En 1971, à seulement un kilomètre de distance, un nouveau cratère s’est ouvert, le Cratère Sud-Est, qui n’a cessé de grandir depuis 1978, pour devenir ce qui est aujourd’hui le Nouveau Cratère Sud-Est.
L’année 2002 a scellé le sort du Refuge et de la maisonnette où se retrouvaient les guides. Le 26 octobre, deux bouches éruptives se sont ouvertes. Les cônes qui se sont rapidement formés (et qui seront baptisés Cratères Barbagallo) ont émis une énorme quantité de matériaux pyroclastiques qui ont rapidement recouvert toute la zone, y compris la colline sur laquelle se dressait le Refuge. Le 10 décembre 2002, l’I.N.G.V. écrivait: « La Torre del Filosofo est enterrée sous une couche de matériaux pyroclastiques ». Seule une petite partie du toit en béton armé et la partie supérieure d’une petite antenne de télécommunication restaient visibles. Mais l’Etna ne laisse jamais son travail inachevé. Le 26 octobre 2013, le Nouveau Cratère Sud-Est est de nouveau entré en éruption et les coulées de lave ont complètement englouti la zone de la Torre del Filosofo, y compris l’antenne. La Torre n’était plus qu’un souvenir….   .

Vous pourrez lire l’intégralité du texte de Santo Scalia en cliquant sur ce lien. Il est magnifiquement illustré par une gravure de Jean Hiuel.

http://ilvulcanico.it/cera-una-volta-la-torre-del-filosofo-empedocle/?fbclid=IwAR0NHxnzPofbl6Vhqg2p68Tv_Ej9kQjsf_BuKIhPbV03LX8IWNsYeIFy3rA

Le Refuge portait bien son nom. J’ai dormi à plusieurs reprises sur la terrasse et dans la cave, en attendant les meilleurs moment de l’aube et du crépuscule pour photographier les coulées de lave. (Photo: B. Behncke)

Comme il est dit dans mon diaporama « L’Etna de Glace et de Feu », L’Etna en hiver est vraiment un autre monde….

Le Refuge et la maisonnette des guides sous la neige et la glace le 1er janvier 2000!

Le Cratère Sud-Est le 1er janvier 2000!

Naissance du Nouveau Cratère Sud-Est en 1997

(Photos: C. Grandpey)