Kilauea (Hawaï) : Épisode 49 !

14 juin 2026 (18h30) : Comme lors des précédents, les signes précurseurs de l’Épisode 49 de l’éruption du Kīlauea ont débuté vers 4h10 (heure locale) le dimanche 14 juin 2026, avec des fontaines de lave en dôme pas très hautes (3 à 5 m) au niveau de la bouche éruptive nord. L’activité s’est intensifiée vers 6h00, en alimentant de courtes coulées. Le HVO a relevé le niveau d’alerte du Kīlauea de Advisory (surveillance conseillée) à Watch (Vigilance) et la couleur de l’alerte aérienne est passée de Jaune à Orange.
Des fontaines de lave plus spectaculaires ne devraient pas tarder à apparaître.

Images webcam de l’éruption

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14 June 2026 – 6:30 am : Like the previous ones, precursory activity for Episode 49 of the Kilauea eruption began around 4:10 a.m. (local time) on Sunday June 14, 2026 with low dome fountains 3-5m high at the north vent. They increased in size around 6 a.m. feeding short flows. HVO raised the Alert Level for Kīlauea from ADVISORY to WATCH and the Aviation Color Code from YELLOW to ORANGE.

Full-size lava fountains are likely to appear shortly.

L’ʻōhiʻa lehua retient son souffle pendant les éruptions du Kilauea (Hawaï) // ‘Ōhi‘a lehua holds its breath during Kilauea eruptions

L’ʻōhiʻa lehua est l’arbre indigène le plus répandu à Hawaï ; il représente 80 % des forêts primaires de l’archipel. C’est l’arbre dominant au-dessus de 390 m d’altitude. Il colonise les coulées de lave récentes. Ses fleurs arborent des teintes allant du rouge flamboyant au jaune.

Aujourd’hui, les fleurs d’ʻōhiʻa lehua sont utilisées lors de cérémonies et de pratiques culturelles, comme la confection de leis et pour la danse hula. Cependant, de nombreux danseurs de hula renoncent à utiliser les fleurs d’ʻōhiʻa lehua afin d’empêcher la propagation de la maladie de la mort rapide de l’ʻōhiʻa (Rapid ʻŌhiʻa Death ou ROD) et de protéger cette espèce d’arbre d’une grande importance culturelle.

Dans la mythologie hawaïenne, ʻŌhiʻa et Lehua étaient deux jeunes amoureux. La déesse des volcans, Pelé, tomba amoureuse du beau ʻŌhiʻa et tenta de le séduire, mais il repoussa ses avances. Prise d’une crise de jalousie, Pelé transforma ʻŌhiʻa en arbre. Lehua fut anéantie par cette transformation. Par pitié, les autres dieux la métamorphosèrent en fleur et la déposèrent sur l’arbre ʻōhiʻa.

Les ʻōhiʻa lehua qui poussent près du Kilauea possèdent une remarquable capacité de protection contre les gaz toxiques : ils peuvent brièvement retenir leur respiration. Lorsque le vent transporte du dioxyde de soufre (SO₂) vers eux, ces arbres ferment leurs stomates, les minuscules pores de leurs feuilles ; ils limitent ainsi la quantité de gaz qui pénètre à l’intérieur.

La résilience des ʻōhiʻa lehua a été mise à rude épreuve de janvier à avril 2026, lorsqu’une série de violentes tempêtes liées à la dépression de Kona a poussé le panache éruptif du Kilauea vers le nord, transportant du SO₂ jusque dans les localités proches du sommet. Le dioxyde de soufre est un gaz très acide qui forme de l’acide sulfurique lorsqu’il est dilué au contact de l’eau, qu’il s’agisse de pluie, de brouillard ou de rosée matinale. Malgré leur capacité à interrompre temporairement leur respiration, les ʻōhiʻa lehua peuvent être endommagés par une exposition prolongée, car ils doivent finir par rouvrir leurs pores. Outre les effets néfastes des gaz, la végétation a été bombardée par les téphras éjectés lors des éruptions. La force de ces téphras était comparable à celle de la grêle lors d’un orage et a endommagé les feuilles des arbres.
Ailleurs près du Kilauea, la végétation a pris une couleur marron ou perdu ses feuilles, un paysage qui évoque davantage l’automne en Amérique du Nord que la fin du printemps à Hawaï. Avec l’arrivée de l’été et le retour des alizés, le panache volcanique s’est déplacé vers le sud-ouest, offrant à la végétation son premier répit prolongé depuis des mois. De nouvelles pousses apparaissent déjà sur certaines plantes, mais le retour d’une végétation luxuriante au sommet du volcan prendra du temps.
Source : AccuWeather.

Photos: C. Grandpey

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  Ōhi‘a lehua is the most common native Hawaiian tree, comprising 80% of Hawaii’s native forests. It is the dominant tree above 390 m. It is a colonizer of recent lava flows. Its flowers range from fiery red to yellow. Today, ‘ōhi‘a lehua blossoms are used in cultural ceremonies and practices, such as lei and hula, though many hula practitioners have begun forgoing the use of ōhi‘a lehua to prevent the spread of Rapid ʻōhiʻa death (ROD) and protect this culturally significant tree species.

In Hawaiian mythology, ʻŌhiʻa and Lehua were two young lovers. The volcano goddess Pele fell in love with the handsome ʻŌhiʻa and approached him, but he turned down her advances. In a fit of jealousy, Pele transformed ʻŌhiʻa into a tree. Lehua was devastated by this transformation and out of pity the other gods turned her into a flower and placed her upon the ʻōhiʻa tree.

Ōhi‘a lehua trees that grow close to Kilauea volcano have a remarkable way of protecting themselves when toxic gas drifts their way: They can briefly stop breathing. When wind carries sulfur dioxide (SO2) gas toward them, the trees can close their stomata, the tiny pores in their leaves, limiting how much of the gas gets inside.

The resilience of the trees was tested repeatedly from January through April 2026, when a series of intense Kona Low storm systems pushed Kilauea’s eruptive plume northward, carrying SO2 into communities near the summit. Sulfur dioxide is a highly acidic gas which forms dilute sulfuric acid when it reacts with water, whether it be in the form of rain, fog, or morning dew.

Despite their ability to temporarily stop breathing, the ‘ohi’a trees can still be damaged by prolonged exposure because they eventually need to reopen those pores. On top of the damaging effects of the gas, vegetation was pelted by the tephra ejected during eruptions. The force of the tephra was similar to large hail during a thunderstorm and stripped the leaves off the trees.

Other vegetation near Kilauea has turned brown or lost its leaves, a scene more reminiscent of autumn in North America than late spring in Hawaii. With summer approaching and trade winds returning, the volcanic plume has shifted back toward the southwest, giving the battered vegetation its first extended reprieve in months. New growth is already emerging on some plants, but a full return to the lush greenery of the summit area will take time.

Source : AccuWeather.

Réchauffement climatique : l’érosion du littoral atlantique

Concentrations de CO2 : 432,38 ppm (12 juin 2026)             

Concentrations de CH4 : 1940,46 ppb (février 2026)

Avec le réchauffement climatique, le trait de côte ne cesse de reculer le long du littoral atlantique. Il y a quelques semaines, j’indiquais qu’il avait reculé brutalement à Biscarrosse (Landes) au mois de février 2026,. Alors qu’il perd habituellement jusqu’à deux mètres par an, une dune s’est effondrée sur une vingtaine de mètres, emportant la promenade du front de mer.

Crédit photo: presse régionale

Il y a quelques jours, après avoir pédalé entre la Pointe de Grave et le Cap Ferret, j’ai fait un saut à Biscarosse pour me rendre compte de la situation. Tout à été fait pour que la saison estivale se passe bien et, si je n’avais pas lu des articles de presse, je ne me serais pas vraiment rendu compte de l’incident du mois de février.

Malgré tout, la ville porte les traces du recul du trait de côte et de ses conséquences. Au sommet de la dune littorale se dresse une maison – La Rafale – construite en 1912 et interdite d’accès suite à deux arrêtés de péril imminent pris par le maire de Biscarosse le 24 juin 2019.

L’autre arrêté concernait la terrasse du Grand Hôtel de la Plage, menacée, elle aussi, d’effondrement par l’érosion. On se trouve dans le même situation qu’à Soulac-sur-Mer (Gironde) où l’immeuble Le Signal a dû être démoli pour les mêmes raisons.

À Biscarrosse, le trait côtier a reculé de 15 mètres depuis les tempêtes successives en 2014. La commune procède à de l’ensablement pour ralentir l’érosion. Des panneaux pédagogiques expliquent aux visiteurs que « cette technique de lutte active souple est la moins coûteuse et surtout la moins nocive par rapport à la dynamique côtière puisqu’elle n’entrave pas la dérive littorale. »

L’objectif est de faire tampon pour protéger la dune, pallier les déficits en sable de la plage, consolider le pied de dune, stopper ou ralentir le retrait du trait de côte et empêcher l’abaissement de la plage. Le coût annuel moyen des rechargements avoisine les 350 000 euros (soit environ 4 euros le mètre cube). Par comparaison, une digue ou des enrochements coûteraient 4 millions d’euros pour protéger 350 mètres. Et le rechargement en sable resterait nécessaire.

Le public est invité à suivre l’évolution du trait de côte et à devenir « acteur du suivi du littoral. »

En observant le littoral depuis le sommet de la dune à Biscarosse, on comprend tout l’intérêt qu’il y a à le protéger. Par grand beau temps, il est splendide et on comprend pourquoi il est le rendez-vous des amateurs de surf.

 Le problème se corse au moment des tempêtes pendant les marées à très fort coefficient, comme lors de la tempête Pedro. C’est le moment où les vagues viennent saper le littoral et souvent réduire à néant le travail de l’homme.

La côte atlantique a connu la houle cyclonique fin août 2025, avec des vagues puissantes héritées de l’ouragan Erin. Puis la tempête Benjamin est arrivée en octobre. De mi-janvier à mi-février 2026, en l’espace de quelques semaines, il y a eu un enchaînement de 8 événements significatifs, sans répit pour le littoral..

Sur le littoral aquitain, La Teste-de-Buch en Gironde, Biscarrosse et Mimizan dans les Landes et la côte nord de la Tremblade en Charente-Maritime ont particulièrement souffert. Il a fallu interdire l’accès à la plage du Petit Nice, non loin de la dune du Pilat le 3 février 2026. En l’espace de 10 jours, la dune a reculé de 5 à 6 mètres. La falaise de sable fragilisée menaçait les promeneurs qui s’aventuraient au pied…

Photos: C. Grandpey

Réchauffement climatique et érosion littorale à la Guadeloupe

Concentrations de CO2 : 432,38 ppm (12 juin 2026)             

Concentrations de CH4 : 1940,46 ppb (février 2026)

Dans des notes publiées le 22 janvier 2021 et le 28 avril 2024, j’attirais l’attention sur l’érosion littorale à la Martinique et à la Guadeloupe. Selon les modélisations du BRGM, le niveau de la mer en Guadeloupe pourrait monter jusqu’à 1,4 m d’ici à 2100, avec des risques de submersions marines et des conséquences sur l’habitat privé et l’activité économique. À Petit-Bourg, par exemple, face à l’avancée de la mer, une trentaine de familles ont déjà dû être relogées.

Avis de démolition à la Guadeloupe (Source : Agence des 50 Pas Géométriques)

En mai 2026, la terre qui bordait la RD6, le long du quartier de Grand’Anse, à Trois-Rivières, s’est effondrée le long de la falaise. Le site est très fragilisé. Au fil du temps, des voûtes se sont formées jusque sous des habitations. Les riverains sont très inquiets. L’image de drone ci-dessous permet de comprendre l’ampleur des dégâts et de mesurer le risque d’une aggravation de la situation.

Source : RTVBT

Le littoral de la Guadeloupe est particulièrement exposé à l’aléa recul du trait de côte et en lien avec le transport des sédiments dans la zone côtière et le passage des cyclones qui peuvent provoquer des reculs brutaux. Les études réalisées par l’Observatoire du Littoral des Îles de Guadeloupe (OLIG) indiquent qu’environ 1/3 des côtes basses sableuses du littoral de l’île présentent une tendance à l’érosion depuis les années 1950.

Parmi les facteurs intervenants dans l’érosion des côtes basses sableuses on peut citer la fréquence et intensité des évènements extrêmes, l’évolution des conditions climatiques à l’échelle saisonnière ou interannuelle, ou encore l’élévation du niveau de la mer en lien avec le réchauffement climatique. Il faudrait aussi ajouter les prélèvements de sédiments dans la zone côtière pour la construction ou la collecte des algues sargasses échouées sur les plages.

Photo: C. Grandpey

Les écosystèmes côtiers de récif corallien, les herbiers marins, les mangroves, les cordons littoraux et la végétation littorale associée, jouent un rôle de protection important en Guadeloupe. Les pressions humaines (urbanisation, par exemple) ou naturelles (cyclone et effets du réchauffement climatique) contribuent à fragiliser et dégrader ces écosystèmes, avec une aggravation de l’érosion dans certains secteurs et une augmentation du risque de submersion en conditions extrêmes.

Photo: C. Grandpey

Une étude réalisée par la DEAL en 2021 estime qu’environ 42 500 personnes sont exposées au risque de submersion marine en Guadeloupe, soit 10% de la population. Les zones les plus exposées au risque de submersion se situent dans l’agglomération du Pointe-à-Pitre, le sud de la Grande-Terre et la côte sous le vent de la Basse-Terre.

Le littoral de la Guadeloupe est également exposé au phénomène de tsunami d’origine sismique, volcanique ou de mouvements de terrain. Toutefois, les connaissances historiques des évènements ayant pu affecter les Antilles restent encore très rares et le recours à la modélisation est indispensable pour caractériser l’aléa.

Aujourd’hui, les effets potentiels du réchauffement climatique sur les risques côtiers sont multiples. L’OLIG explique que l’augmentation du niveau moyen de la mer est un des éléments qui aura le plus d’impacts sur les zones côtières. Il y a un risque de submersion chronique et permanente des zones basses situées sous le niveau de la mer. Ce type de phénomène de submersion par la marée, hors perturbations atmosphériques, est déjà observé dans certains quartiers de Pointe-à-Pitre.

Les effets de l’élévation du niveau de la mer sur le trait de côte sont encore difficilement quantifiables, mais le phénomène aura un effet sur l’adaptation des cordons littoraux et des écosystèmes côtiers sur le long terme. La hausse du niveau de l’océan provoquera inévitablement des intrusions salines dans les eaux souterraines côtières.

Cartographie de l’aléa recul du trait de côte à échéance 100 ans sur la commune de Sainte-Anne (Source: BRGM)

Il est également reconnu que le réchauffement climatique induira probablement des cyclones plus intenses dans le bassin de l’Atlantique nord. Ces évènements seront associés à des phénomènes de submersion marine et d’érosion côtière plus intenses et plus fréquents en lien avec l’élévation du niveau de la mer.

Enfin, l’OLIG prévient que certains changements dans les conditions environnementales pourront affecter les écosystèmes côtiers, tels que les récifs coralliens, en lien avec l’augmentation de la température de surface de la mer et l’acidification des océans.

Source : OLIG.