La force de la Nature // The force of Nature

Un séisme de magnitude M7,8 a frappé le sud de Mindanao (Philippines), le long de la fosse de Cotabato, le 15 juin 2026. Le PHIVOLCS a localisé l’hypocentre à une profondeur de 112 km. L’événement a causé d’importants dégâts, au moins 65 décès et une quarantaine de disparus.
Le PHIVOLCS ajoute que le séisme a engendré une déformation verticale significative de la croûte terrestre. Des portions du plancher océanique et du littoral adjacent, dans certaines parties des provinces de Sarangani et du Davao Occidental, ont été soulevées jusqu’à 2 mètres, faisant émerger des zones auparavant submergées. Le trait de côte a reculé jusqu’à 200 mètres par endroits après le séisme !
Les équipes d’évaluation environnementale ont signalé la mise à nu de récifs coralliens, d’herbiers et d’habitats marins qui étaient auparavant sous l’eau. De nombreux animaux marins sont également morts et ont été retrouvés sur le rivage suite au recul du trait de côte.

Le PHIVOLCS attribue le soulèvement du sol à des mouvements associés à la rupture provoquée par le séisme le long de la fosse de Cotabato, une limite de plaques convergentes où les contraintes tectoniques s’accumulent sur de longues périodes avant d’être libérées lors de séismes majeurs.
De puissants séismes de zones de subduction ont produit des modifications côtières similaires ailleurs dans le bassin Pacifique. Le soulèvement observé dans le sud de Mindanao est un exemple concret des processus tectoniques responsables du remodelage des côtes lors de grands séismes de limites de plaques.

Éruptions volcaniques et puissants séismes sont des leçons d’humilité et remettent l’Homme à son vrai niveau, autrement dit pas grand chose. Le triplé de Messi et le doublé de Mbappé au cours de la Coupe du Monde ne pèsent pas lourd face à ce tels événements !

Zone où des récifs coralliens ont été mis à nu suite au recul du littoral (Source : Copernicus)

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An M7.8 earthquake struckon June 15, 2026 off southern Mindanao (Philippines), along the Cotabato Trench system. PHIVOLCS reported the hypocenter at a depth of 112 km. The event caused widespread damage, at least 65 fatalities and approximately 40 missing persons.

PHIVOLCS adds that it produced significant vertical crustal deformation. Sections of the seabed and adjacent coastline in parts of Sarangani and Davao Occidental provinces were uplifted by as much as 2 meters, raising previously submerged areas above sea level. Shoreline had retreated by up to 200 meters in some locations after the earthquake.

Environmental assessment teams reported exposed coral reefs, seagrass beds, and other marine habitats that had previously remained underwater. Multiple marine animals had also died with their bodies being exposed out on shore due to the retreated shoreline.

PHIVOLCS attributed the uplift to movement associated with the earthquake rupture along the Cotabato Trench, a convergent plate boundary where tectonic strain accumulates over long periods before being released during major earthquakes.

Large subduction-zone earthquakes have produced similar coastal changes elsewhere around the Pacific Basin. The uplift documented in southern Mindanao provides a measurable example of the tectonic processes responsible for reshaping coastlines during major plate-boundary earthquakes.

Mayotte : des hydrates de CO2 à proximité du volcan Fani Maoré // Mayotte : CO2 hydrates near Fani Maoré volcano

Les chercheurs ont découvert à Mayotte une conséquence inattendue de l’éruption du volcan Fani Maoré en 2019 au large de la côte orientale de l’île. Il s’agit d’un vaste champ d’hydrates de CO2, une substance cristalline semblable à de la neige, composée de glace d’eau et de dioxyde de carbone, emprisonnée au fond de l’océan Indien, dans la zone du « Fer à cheval », à 10 km à l’est de Mayotte.

Les scientifiques ont découvert des formes étranges au fond de l’océan, à 1.200 mètres de profondeur, dans une eau froide à 4°C. Ces structures ont l’aspect de monticules semblables à de « gros bonhommes de neige agglutinés. »

Selon les chercheurs de l’IFREMER, l’activité éruptive du volcan Fani Maoré a probablement déstabilisé la structure volcanique du Fer à cheval dont la formation est largement antérieure à l’éruption. Jamais un tel site n’avait été observé auparavant.

La découverte de ces amas d’hydrates de CO2 n’est pas vraiment récente. Elle remonte à 2021 par une équipe internationale de chercheurs. Puis, une nouvelle campagne menée en août 2025 a permis de revisiter le site qui ne semble pas avoir évolué depuis sa découverte. Aujourd’hui, il est devenu une sorte de laboratoire naturel qui, selon les chercheurs, offre « la possibilité d’étudier les processus naturels, la réponse des écosystèmes et les effets à long terme de l’exposition à un excès de CO2 dans l’environnement sous-marin. » La découverte peut également permettre « d’étudier les voies de séquestration du CO2 par la formation d’hydrates de gaz », dans le cadre notamment des pistes de géoingénierie visant à limiter le réchauffement climatique.

Des études plus approfondies seront nécessaires pour comprendre la stabilité à long terme de ces hydrates en milieu naturel,en particulier sur les paramètres physico-chimiques qui influencent la cinétique de leur formation et de leur dissolution.

Les scientifiques de l’IFREMER expliquent que la présence de des hydrates de CO2 n’est pas sans conséquences sur les coraux. Ils ont remarqué une mortalité accrue de coraux autour des sources d’émissions de CO2, sans doute sous l’effet de l’acidification de l’eau due à l’excès de gaz carbonique.

Hydrates de CO2 laissant s’échapper des gouttes de CO2 liquide. Image extraite d’une vidéo réalisée en 2021 à 1367m de fond par le ROV Victor 6000 dans la zone du Fer à Cheval lors de la campagne Geoflamme à bord du Pourquoi Pas ? (Source : IFREMER)

Source : Mayotte la 1ère.

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Researchers have discovered an unexpected consequence of the 2019 eruption of the Fani Maoré volcano off the eastern coast of Mayotte: a vast field of CO2 hydrates, a snow-like crystalline substance composed of water ice and carbon dioxide, trapped on the seabed of the Indian Ocean in the « Horseshoe » area, 10 km east of Mayotte.
Scientists discovered strange shapes on the ocean floor, 1,200 meters deep, in water as cold as 4°C. These structures resemble mounds of « large, clustered snowmen. »
According to researchers from IFREMER, the eruptive activity of the Fani Maoré volcano likely destabilized the Horseshoe volcanic structure whose formation occurred a long time before the eruption. Such a site had never been observed before.

The discovery of these CO2 hydrate clusters is not exactly recent. It dates back to 2021 by an international team of researchers. Then, a new campaign conducted in August 2025 allowed researchers to revisit the site, which appears unchanged since its discovery. Today, it has become a kind of natural laboratory which, according to the researchers, offers « the opportunity to study natural processes, ecosystem responses, and the long-term effects of exposure to excess CO2 in the underwater environment. » The discovery can also allow researchers to « study CO2 sequestration pathways through the formation of gas hydrates, » particularly within the framework of geoengineering approaches aimed at mitigating global warming.
Further studies will be needed to understand the long-term stability of these hydrates in their natural environment, especially regarding the physicochemical parameters that influence the kinetics of their formation and dissolution. Scientists from IFREMER explain that the presence of CO2 hydrates has significant consequences for corals. They have observed increased coral mortality around CO2 emission sources, likely due to water acidification caused by excess carbon dioxide.

Source : Mayotte la 1ère.

Un robot humanoïde sur un volcan // A humanoid robot on a volcano

Un robot humanoïde nommé Pemba a atteint le sommet du volcan Chimborazo en Équateur (6 263 m). Pemba, qui est une version modifiée d’Unitree G1, a réalisé l’ascension en 16 heures avec toutefois l’aide de l’équipe scientifique qui l’a conçu. Le robot a progressé de manière autonome sur les sections les plus faciles, mais a dû être porté par des humains sur les terrains plus escarpés et techniques. En réalité, il s’agit moins d’une conquête robotique des Andes qu’un test grandeur nature plutôt spectaculaire. Certes, Pemba a eu besoin de la force humaine, mais il a également été confronté à des conditions jamais observées en laboratoire.

Vue du Chimborazo (Crédit photo: Wikipedia)

Comme écrit précédemment, le robot a progressé de manière autonome dans les secteurs où la pente restait inférieure à 30 degrés, ce qui constitue déjà un test significatif pour une machine humanoïde en altitude. Sur les passages plus raides et techniques, les membres de l’expédition ont porté le robot. L’ascension s’est alors transformée en une expédition mixte homme-machine plutôt qu’en une ascension entièrement autonome.
Quoi qu’il en soit, malgré les difficultés, cet exploit est remarquable. En plus des problèmes habituels rencontrés par les robots, le Chimborazo a ajouté la neige, le froid, un terrain accidenté, l’air raréfié et la sollicitation de la batterie. Au final, ce fut un véritable test sur le terrain.

Le robot sur le volcan avec l’un des scientifiques de l’expédition (Crédit photo: Digital Trends)

Pemba est utilisé pour évaluer la capacité des robots humanoïdes à intervenir dans des environnements à haut risque où les humains sont exposés à des dangers réels et où les machines conventionnelles rencontrent des difficultés. Un robot humanoïde équipé de caméras, de capteurs, d’une connectivité satellite et d’une intelligence artificielle embarquée est capable de patrouiller dans des zones à risque, collecter des données ou inspecter le terrain sans nécessiter des milliers de caméras fixes déployées dans des régions reculées. Le jour où un robot pourra gérer l’altitude, les températures glaciales, les terrains accidentés, les communications faibles et les limitations d’énergie, il sera de plus en plus susceptible d’être utilisé dans les zones sinistrées et autres lieux où l’envoi d’une personne est coûteux, lent et dangereux.

Le robot nu avec l’un de ses concepteurs (Source: Digital Trends)

Le prochain grand objectif de Pemba est l’Everest, mais le projet se heurte déjà à des obstacles administratifs. Geologic Dome et l’organisation népalaise Fourteen Peaks Expedition ont proposé de tester un robot humanoïde entre le camp de base de l’Everest et le camp IV, où il pourrait collecter des données sur l’autonomie de la batterie, les contraintes articulaires, la locomotion et la résistance aux environnements difficiles. Le problème, c’est que le Népal ne dispose pas encore de cadre juridique pour les expéditions robotisées sur l’Everest. Les autorités souhaitent donc établir des règles pour les alpinistes non humains avant de poursuivre le projet.
Cela peut paraître absurde, mais à y regarder de plus près, c’est tout à fait normal. Les environnements fragiles, dangereux nécessitent des règles avant que les robots fassent partie des prétendants à l’ascension de la montagne. Une machine défaillante en montagne peut devenir un obstacle, poser un problème de sauvetage, ou tout simplement devenir un déchet coûteux et défectueux. Les pentes de l’Everest n’ont pas besoin de ça!
En cliquant sur ce lien, nous verrez une vidéo présentant l’expédition sur le Chimborazo :

https://x.com/pabloberlangab/status/2063644251804541303/video/1

Source : Digital Trends.

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A humanoid robot named Pemba has reached the summit of Ecuador’s Chimborazo volcano 6,263m). Pemba, a modified Unitree G1, completed the 16-hour summit climb with help from the scientific team behind it. The robot walked on its own during easier sections, but humans had to carry it through steeper, more technical terrain. Actually, the achievement looks less like a robot conquest of the Andes and more like a serious field test with a dramatic finish. Sure, Pemba still needed human muscle, but it also faced conditions that most lab demos never touch.

As I put it above, the robot walked independently on sections where the incline stayed below 30 degrees, which is still a meaningful test for a humanoid machine at altitude. During steeper and more technical stretches, expedition members carried the robot, turning the summit into a mixed human-machine climb rather than a fully autonomous ascent.

Anyway, despite the difficulties, the achievement is remarkable. Chimborazo added snow, cold, uneven ground, thin air, and battery strain to the usual robotics problems. In the end, it was a real on-the-field test.

Pemba is being used to test whether humanoid robots can work in places where people face real risk and conventional machines can struggle. A humanoid equipped with cameras, environmental sensors, satellite connectivity, and onboard AI could patrol protected areas, collect data, or inspect terrain without needing thousands of fixed cameras spread across remote regions. If a robot can handle altitude, freezing temperatures, rough ground, weak communications, and power limits, it moves closer to work in disaster zones, conservation areas, and other places where sending a person is expensive, slow, and dangerous.

Pemba’s next big target is Mount Everest, but the stunt is already running into paperwork. Geologic Dome and Nepal-based Fourteen Peaks Expedition have proposed testing a humanoid robot between Everest Base Camp and Camp IV, where it could collect data on battery performance, joint stress, locomotion, and environmental resilience. Hpwever, there is an obstacle for the moment because Nepal doesn’t yet have a legal framework for robotic expeditions on Everest, so officials want rules for non-human climbers before the project moves forward.

That may sound absurd, but at second thought, it is quite normal. Fragile, dangerous, heavily managed environments need rules before robots start joining the queue. A machine that fails on a mountain can become an obstacle, a rescue problem, or just more expensive trash with knees. The slopes of Mount Everest don’t need that!

By clicking on this link, you will see a video showcasing the expedition to Chimborazo:
https://x.com/pabloberlangab/status/2063644251804541303/video/1

Source : Digital Trends.

Tourbillon volcanique pendant l’Épisode 49 du Kilauea // Volcanic whirlwind during Kilauea’s Episode 49

Lors de l’Épisode 49 du Kilauea, une des webcams du HVO a proposé une vue impressionnante d’un tourbillon de poussière qui s’est formé à l’intérieur du cratère de l’Halema’uma’u, à proximité de la bouche éruptive nord. Ce n’est pas la première fois que de tels phénomènes, également appelés lavanadoes, sont observées lors d’éruptions, mais celui-ci était particulièrement spectaculaire. Tournoyant dans le sens horaire, le tourbillon a heurté la caméra, projetant des débris volcaniques, sans toutefois endommager l’instrument.

Capture d’image webcam du phénomène

Dans une note publiée le 20 décembre 2022, j’expliquais que ces phénomènes ressemblent davantage à des tourbillons de poussière qu’à des tornades. Les tornades sont des colonnes d’air tourbillonnantes et violentes qui touchent le sol. Les tourbillons de poussière, communément appelés « dust devils » par les Anglo-saxons, sont des ensembles de particules de poussière ou de sable soulevées du sol en colonnes verticales tourbillonnantes. Ces types de vortex peuvent également se former lorsque de la vapeur tourbillonne près d’un panache volcanique. Ce fut le cas au cours de l’Épisode 49.
Un tourbillon de poussière est un phénomène éolien fréquent qui se produit partout dans le monde. Il se forme sous l’effet d’un fort réchauffement de la surface du sol et est généralement de plus petite taille et moins intense que les tornades. Ces types de tourbillons ont généralement un diamètre de 3 à 90 mètres et une hauteur de 150 à 300 mètres. Ils ne durent que quelques minutes avant de se dissiper.
Les tourbillons de poussière et autres phénomènes similaires se forment généralement dans un air très chaud et sec et ne sont pas associés aux nuages ni aux précipitations. Ils sont déclenchés par des phénomènes de convection causés par un réchauffement intense du sol, ce qu’une coulée de lave peut tout à fait provoquer. D’ailleurs, les scientifiques du HVO confirment que plusieurs de ces tourbillons ont souvent été observés lors des éruptions du Kilauea en 2018 et 2020.
À l’instar des feux de forêt, les volcans peuvent créer leurs propres conditions météorologiques. En 2018, une tornade de lave, ou « lavanado », a été observée sur le système fissural dans les Leilani Estates. D’autres phénomènes météorologiques, tels que la foudre volcanique, le vog et des pyrocumulus (également appelés « flammagenitus »), ont également été observés lors de l’éruption et des coulées de lave de 2018.

Voici une vidéo du tourbillon du 14 juin 2026 :

https://youtu.be/klsSlyPS7Fw

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During Kilauea’s Episode 49, on of the HVO’s webcams showed an amazing view of a whirlwind which formed inside the crater, close to y=the north eruptive vent. This is not the first time such phenomena – also called lavanadoes – have been seen during eruptions, but this one was very sprectacular. Spinning clockwise, the whirlwind hit the camera, sending volcanic debris around, without damaging the camera.

In a post released on 20 December 2022, I explained that these phenomena are more similar to dust devils than tornadoes.

Tornadoes are violent, rotating columns of air that touch the ground. Dust/sand whirls, commonly called ‘dust devils’, are ensembles of dust or sand particles raised from the ground into vertical whirling columns. These types of vortices also can be formed when vapour swirls near a volcanic steam plume.

Dust devils are a common wind phenomenon that occur around the world. They are created by by strong surface heating and generally smaller and less intense than tornadoes. These types of vortices typically have diameters from 3 to 90 meters and normally range from 150 to 300 meters in height. They also normally last just a few minutes before dissipating.

Dust devils and similar whirlwinds usually form in very warm and dry air and are not associated with clouds or precipitation. They are triggered by convective phenomena caused by intense heating of the ground, which a lava flow could definitely cause.

HVO scientists confirm there were often several of those whirlwinds observed during the 2018 and 2020 eruptions of Kilauea.

Like wildfires, volcanoes can create their own weather. In 2018, there was a somewhat rare “lavanado” captured over the fissure system in Leilani Estates. Other weather phenomena such as volcanic lightning and thunder, vog and pyrocumulus clouds, also referred to as “flammagenitus”, were also observed during the 2018 eruption and lava flows.

Here is a video of the lavanado of 14 June 2026 :

https://youtu.be/klsSlyPS7Fw