Guerre en Iran (1ère partie) : un désastre environnemental // War in Iran (part 1) : an environmental disaster

Concentrations de CH4 : 1945,85 ppb

Concentrations de CO2 : 431,15 ppm

Un article publié par l’Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS) attire l’attention sur les conséquences environnementales de la guerre en Iran. Les frappes visant des installations pétrolières, les incendies industriels et les atteintes aux infrastructures énergétiques ont provoqué d’importantes pollutions atmosphériques et hydriques. Les frappes qui ont touché plusieurs dépôts pétroliers situés à proximité de Téhéran ont généré d’importants panaches de fumée noire au-dessus d’une agglomération de près de dix millions d’habitants.

Les impacts atmosphériques de ce type d’événement peuvent aujourd’hui être observés et documentés par satellite. On peut notamment mesurer plusieurs polluants atmosphériques, tels que le dioxyde d’azote, le dioxyde de soufre ou le monoxyde de carbone, et cartographier les panaches générés par les incendies des usines ou des infrastructures énergétiques. Ces panaches contiennent notamment du benzène, du formaldéhyde, des hydrocarbures aromatiques polycycliques et autres particules fines. Ces dernières peuvent pénétrer profondément dans les voies respiratoires et aggraver des pathologies préexistantes.

Au-delà des incendies ou autres destructions spectaculaires, les explosions de munitions et les débris militaires peuvent également contaminer durablement les sols. Des analyses menées dans plusieurs zones de conflit ont mis en évidence la présence de métaux lourds tels que le plomb, le cadmium, le nickel ou le chrome dans les zones bombardées. Ces contaminants peuvent être persistants dans les sols et pénétrer progressivement les chaînes alimentaires. Les conflits récents illustrent l’ampleur de ces phénomènes. En Ukraine, les bombardements d’infrastructures industrielles et de zones urbaines ont entraîné la dispersion de nombreux polluants dans l’environnement. Dans la bande de Gaza, les destructions massives d’immeubles et d’infrastructures ont généré des millions de tonnes de décombres, qui vont fortement compliquer les opérations de dépollution et de reconstruction.

Les risques environnementaux liés à la guerre en Iran concernent également les ressources hydriques. Les explosions et les incendies ont provoqué des écoulements d’hydrocarbures dans les systèmes de drainage urbains et dans certains cours d’eau, pouvant contaminer les sols et les nappes phréatiques. Cette dégradation intervient dans un pays déjà confronté à une crise de l’eau particulièrement sévère. L’Iran connaît depuis plusieurs années une combinaison de sécheresses plus fréquentes, de surexploitation agricole et de politiques hydrauliques défectueuses. Comme je l’ai indiqué dans une note précédente, la surexploitation des nappes phréatiques constitue une autre vulnérabilité majeure. Dans ce contexte de stress hydrique extrême, les infrastructures liées à l’eau deviennent des éléments particulièrement sensibles. Des accusations d’attaques contre une usine de dessalement sur l’île de Qeshm ont émergé au cours du conflit.

Illustration de la crise hydrique en Iran : plus c’est rouge, plus la sécheresse est sévère

Le conflit iranien révèle une transformation progressive de la nature des affrontements contemporains. Les infrastructures environnementales deviennent des cibles stratégiques. Les incidents impliquant plusieurs pétroliers dans le Golfe et la mer d’Oman illustrent cette vulnérabilité. Chaque attaque fait planer le risque de marées noires dans une région qui concentre des routes énergétiques majeures et des écosystèmes marins sensibles. Dans des sociétés fortement dépendantes d’infrastructures complexes pour l’accès à l’eau, à l’énergie ou à l’alimentation, ces installations deviennent des leviers stratégiques majeurs. En menaçant l’accès à des ressources essentielles comme l’eau ou l’énergie, les belligérants peuvent chercher à fragiliser durablement les équilibres économiques, sanitaires et sociaux de leur adversaire.

De nos jours, les destructions environnementales liées aux conflits constituent un facteur supplémentaire d’instabilité globale. Elles rappellent que la sécurité humaine ne dépend pas uniquement de l’équilibre des puissances ou des capacités militaires, mais aussi de la préservation des systèmes écologiques dont dépendent les sociétés.

Source : IRIS.

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An article published by the Institute for International and Strategic Relations (IRIS) draws attention to the environmental consequences of the war in Iran. Strikes targeting oil facilities, industrial fires, and damage to energy infrastructure have caused significant air and water pollution. Strikes that hit several oil depots near Tehran generated large plumes of black smoke over a city of nearly ten million inhabitants.
The atmospheric impacts of this type of event can now be observed and documented by satellite. In particular, it is possible to measure several air pollutants, such as nitrogen dioxide, sulfur dioxide, and carbon monoxide, and to map the plumes generated by fires at factories or energy infrastructure. These plumes contain, among other things, benzene, formaldehyde, polycyclic aromatic hydrocarbons, and other fine particles. These particles can penetrate deep into the respiratory system and exacerbate pre-existing conditions.

Beyond fires and other spectacular destruction, munitions explosions and military debris can also cause lasting soil contamination. Analyses conducted in several conflict zones have revealed the presence of heavy metals such as lead, cadmium, nickel, and chromium in bombed areas. These contaminants can persist in the soil and gradually enter food chains. Recent conflicts illustrate the scale of these phenomena. In Ukraine, the bombing of industrial infrastructure and urban areas has led to the dispersal of numerous pollutants into the environment. In the Gaza Strip, the massive destruction of buildings and infrastructure has generated millions of tons of rubble, which will severely complicate cleanup and reconstruction efforts.

The environmental risks associated with the war in Iran also extend to water resources. The explosions and fires have caused hydrocarbon spills into urban drainage systems and some waterways, potentially contaminating soils and groundwater. This degradation is occurring in a country already facing a particularly severe water crisis. For several years, Iran has been experiencing a combination of more frequent droughts, agricultural overexploitation, and flawed water policies. As I indicated in a previous post, the overexploitation of groundwater constitutes another major vulnerability. In this context of extreme water stress, water-related infrastructure becomes particularly sensitive. Accusations of attacks against a desalination plant on Qeshm Island emerged during the conflict.

The Iranian conflict reveals a gradual transformation in the nature of contemporary conflicts. Environmental infrastructure is becoming a strategic target. Incidents involving several oil tankers in the Gulf and the Arabian Sea illustrate this vulnerability. Each attack raises the risk of oil spills in a region that concentrates major energy routes and sensitive marine ecosystems. In societies heavily dependent on complex infrastructure for access to water, energy, or food, these facilities become major strategic levers. By threatening access to essential resources such as water or energy, belligerents can seek to permanently destabilize the economic, health, and social stability of their adversary.

Today, environmental destruction linked to conflicts constitutes an additional factor of global instability. It serves as a reminder that human security depends not only on the balance of power or military capabilities, but also on the preservation of the ecological systems upon which societies depend.

Source: IRIS.

Kilauea (Hawaï) : dans l’attente de l’Épisode 44… // Waiting for Episode 44…

Alors que tout le monde se demande si le Piton de la Fournaise (Île de la Réunion) va connaître une troisième phase éruptive, le Kilauea (Hawaï) montre des signes que l’Épisode 44 ne va pas tarder à se déclencher. On observe des débordements de lave au niveau de la bouche sud dans le Cratère de l’Halema’uma’u, comme pendant l’après-midi du 3 avril 2026. Le HVO prévoit l’apparition des fontaines de lave entre le 6 et le 14 avril.

Capture image webcam (3 avril 2026)

À noter que la caméra V3 est désormais dotée d’une prise de son qui rendra les éruptions encore plus spectaculaires depuis son fauteuil !

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While everyone is wondering whether Piton de la Fournaise (Réunion Island) will experience a third eruptive phase, Kilauea (Hawaii) is showing signs that Episode 44 is imminent. Lava overflows are being observed at the south vent within Halema’uma’u Crater, like on the afternoon of April 3, 2026. The Hawaiian Volcano Observatory (HVO) predicts the appearance of lava fountains between April 6 and 14.

Note that the V3 camera now features a sound recording, making the eruptions even more spectacular from the comfort of your armchair!

Épisodes éruptifs du Kilauea (Hawaï) : Nouveaux messages d’alerte volcanique et aérienne // Kilauea (Hawaii) eruptive episodes : New volcano and aviation alert messages

L’Observatoire volcanologique d’Hawaï (HVO) informe le public qu’après le prochain épisode du Kīlauea (Épisode 44, prévu entre le 6 et le 14 avril 2026), les annonces des niveaux d’alerte volcanique et la couleur de l’alerte aérienne seront modifiées. Ces modifications permettront de mieux distinguer les dangers pendant les pauses éruptives et durant les épisodes éruptifs.
La prévisibilité de ces épisodes de fontaines de lave permet au HVO de modifier les niveaux d’alerte volcanique et les couleurs de l’alerte aérienne avec une plus grande certitude qu’à l’accoutumée avant le début d’une nouvelle éruption.
Ainsi, après la fin de l’Épisode 44, le HVO appliquera les modifications suivantes aux niveaux d’alerte volcanique et aux couleurs d’alerte aérienne :

Fin de l’épisode éruptif : le niveau d’alerte et le couleur de l’alerte aérienne du Kīlauea passeront respectivement à « ADVISORY » (surveillance conseillée) et à la couleur JAUNE. Cela indiquera que l’activité volcanique a considérablement diminué, mais qu’elle continue d’être étroitement surveillée.

Début de l’épisode éruptif : le niveau d’alerte volcanique et la couleur de l’alerte aérienne passeront à « WATCH (surveillance nécessaire) » et à la couleur ORANGE. Cela indiquera qu’une éruption est en cours, mais qu’elle présente des risques limités.

Pendant les fontaines de lave : Les niveaux d’alerte du Kīlauea resteront respectivement à WATCH et à la couleur ORANGE, sauf en cas d’impact significatif sur le Parc national des volcans d’Hawaï et les communautés environnantes, ou si l’événement est susceptible d’avoir un impact important sur le trafic aérien ou les infrastructures aéroportuaires. En cas de retombées et d’émissions dangereuses de cendres, le HVO relèvera le niveau d’alerte volcanique et la couleur de l’alerte aérienne respectivement à WARNING (Danger) et au ROUGE.

Captures d’images des webcams du HVO

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The Hawaiian Volcano Observatory (HVO) informs the public that after Kilauea’s next episode (Episode 44, forecast for April 6–14), itwill change how it applies the Alert Level and Aviation Color Code. These updates will more clearly distinguish hazards during eruptive pauses and eruptive episodes.

The forecastable nature of these fountaining episodes allows HVO to move between Alert Levels/Aviation Color Codes with greater confidence than is typical before the start of a new eruption.

After the end of Episode 44, HVO will apply the following Alert Level/Aviation Color Code changes :

  • End of eruptive episode – Kīlauea Alert Level and Aviation Color Code will be lowered to ADVISORY/YELLOW, indicating that volcanic activity has decreased significantly but continues to be closely monitored.
  • Start of eruptive episode – Kīlauea Alert Level and Aviation Color Code will be raised to WATCH/ORANGE, indicating that an eruption is underway but poses limited hazards.
  • Peak lava fountaining – Kīlauea Alert Level and Aviation Color Code will remain at WATCH/ORANGE unless a significant impact is expected in Hawaiʻi Volcanoes National Park and surrounding communities or if the event is likely to have a significant impact to air traffic or aviation infrastructure. IF hazardous fallout and significant ash emissions occur, HVO will raise the Alert Level and Aviation Color Code to WARNING/RED.

Piton de la Fournaise (Île de la Réunion) : vers une 3ème phase éruptive? // Will there be a 3rd eruptive phase?

Un trémor est enregistré depuis 20h40 le 3 avril 2026, avec sa source sur le flanc est-sud-est du volcan, donc dans le secteur du cône éruptif et des phases d’activité éruptive du 23 février au 3

avril. L’amplitude de ce trémor reste faible et aucune émission de lave en surface n’est visible sur les caméras de l’observatoire. Ce trémor indique néanmoins la présence de magma à faible profondeur. L’émission de gaz ainsi qu’une reprise de l’activité effusive ne sauraient être exclues. L’OVPF rappelle que « par le passé, des phases de trémor sans émission de lave ont déjà été observées au Piton de la Fournaise, même si cela reste rare. »

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A tremor has been recorded since 8:40 PM on April 3, 2026, originating on the east-southeast flank of the volcano, therefore in the area of ​​the eruptive cone and the phases of eruptive activity from February 23 to April 3. The amplitude of this tremor remains low, and no lava emissions are visible on the observatory’s cameras. This tremor nevertheless indicates the presence of magma at shallow depths. The emission of gases and a resumption of effusive activity cannot be ruled out. The OVPF notes that « in the past, phases of tremor without lava emissions have already been observed at Piton de la Fournaise, even if this remains rare. »