Kilauea (Hawaï) : dans l’attente de l’Épisode 44… // Waiting for Episode 44…

Alors que tout le monde se demande si le Piton de la Fournaise (Île de la Réunion) va connaître une troisième phase éruptive, le Kilauea (Hawaï) montre des signes que l’Épisode 44 ne va pas tarder à se déclencher. On observe des débordements de lave au niveau de la bouche sud dans le Cratère de l’Halema’uma’u, comme pendant l’après-midi du 3 avril 2026. Le HVO prévoit l’apparition des fontaines de lave entre le 6 et le 14 avril.

Capture image webcam (3 avril 2026)

À noter que la caméra V3 est désormais dotée d’une prise de son qui rendra les éruptions encore plus spectaculaires depuis son fauteuil !

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While everyone is wondering whether Piton de la Fournaise (Réunion Island) will experience a third eruptive phase, Kilauea (Hawaii) is showing signs that Episode 44 is imminent. Lava overflows are being observed at the south vent within Halema’uma’u Crater, like on the afternoon of April 3, 2026. The Hawaiian Volcano Observatory (HVO) predicts the appearance of lava fountains between April 6 and 14.

Note that the V3 camera now features a sound recording, making the eruptions even more spectacular from the comfort of your armchair!

Épisodes éruptifs du Kilauea (Hawaï) : Nouveaux messages d’alerte volcanique et aérienne // Kilauea (Hawaii) eruptive episodes : New volcano and aviation alert messages

L’Observatoire volcanologique d’Hawaï (HVO) informe le public qu’après le prochain épisode du Kīlauea (Épisode 44, prévu entre le 6 et le 14 avril 2026), les annonces des niveaux d’alerte volcanique et la couleur de l’alerte aérienne seront modifiées. Ces modifications permettront de mieux distinguer les dangers pendant les pauses éruptives et durant les épisodes éruptifs.
La prévisibilité de ces épisodes de fontaines de lave permet au HVO de modifier les niveaux d’alerte volcanique et les couleurs de l’alerte aérienne avec une plus grande certitude qu’à l’accoutumée avant le début d’une nouvelle éruption.
Ainsi, après la fin de l’Épisode 44, le HVO appliquera les modifications suivantes aux niveaux d’alerte volcanique et aux couleurs d’alerte aérienne :

Fin de l’épisode éruptif : le niveau d’alerte et le couleur de l’alerte aérienne du Kīlauea passeront respectivement à « ADVISORY » (surveillance conseillée) et à la couleur JAUNE. Cela indiquera que l’activité volcanique a considérablement diminué, mais qu’elle continue d’être étroitement surveillée.

Début de l’épisode éruptif : le niveau d’alerte volcanique et la couleur de l’alerte aérienne passeront à « WATCH (surveillance nécessaire) » et à la couleur ORANGE. Cela indiquera qu’une éruption est en cours, mais qu’elle présente des risques limités.

Pendant les fontaines de lave : Les niveaux d’alerte du Kīlauea resteront respectivement à WATCH et à la couleur ORANGE, sauf en cas d’impact significatif sur le Parc national des volcans d’Hawaï et les communautés environnantes, ou si l’événement est susceptible d’avoir un impact important sur le trafic aérien ou les infrastructures aéroportuaires. En cas de retombées et d’émissions dangereuses de cendres, le HVO relèvera le niveau d’alerte volcanique et la couleur de l’alerte aérienne respectivement à WARNING (Danger) et au ROUGE.

Captures d’images des webcams du HVO

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The Hawaiian Volcano Observatory (HVO) informs the public that after Kilauea’s next episode (Episode 44, forecast for April 6–14), itwill change how it applies the Alert Level and Aviation Color Code. These updates will more clearly distinguish hazards during eruptive pauses and eruptive episodes.

The forecastable nature of these fountaining episodes allows HVO to move between Alert Levels/Aviation Color Codes with greater confidence than is typical before the start of a new eruption.

After the end of Episode 44, HVO will apply the following Alert Level/Aviation Color Code changes :

  • End of eruptive episode – Kīlauea Alert Level and Aviation Color Code will be lowered to ADVISORY/YELLOW, indicating that volcanic activity has decreased significantly but continues to be closely monitored.
  • Start of eruptive episode – Kīlauea Alert Level and Aviation Color Code will be raised to WATCH/ORANGE, indicating that an eruption is underway but poses limited hazards.
  • Peak lava fountaining – Kīlauea Alert Level and Aviation Color Code will remain at WATCH/ORANGE unless a significant impact is expected in Hawaiʻi Volcanoes National Park and surrounding communities or if the event is likely to have a significant impact to air traffic or aviation infrastructure. IF hazardous fallout and significant ash emissions occur, HVO will raise the Alert Level and Aviation Color Code to WARNING/RED.

Piton de la Fournaise (Île de la Réunion) : vers une 3ème phase éruptive? // Will there be a 3rd eruptive phase?

Un trémor est enregistré depuis 20h40 le 3 avril 2026, avec sa source sur le flanc est-sud-est du volcan, donc dans le secteur du cône éruptif et des phases d’activité éruptive du 23 février au 3

avril. L’amplitude de ce trémor reste faible et aucune émission de lave en surface n’est visible sur les caméras de l’observatoire. Ce trémor indique néanmoins la présence de magma à faible profondeur. L’émission de gaz ainsi qu’une reprise de l’activité effusive ne sauraient être exclues. L’OVPF rappelle que « par le passé, des phases de trémor sans émission de lave ont déjà été observées au Piton de la Fournaise, même si cela reste rare. »

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A tremor has been recorded since 8:40 PM on April 3, 2026, originating on the east-southeast flank of the volcano, therefore in the area of ​​the eruptive cone and the phases of eruptive activity from February 23 to April 3. The amplitude of this tremor remains low, and no lava emissions are visible on the observatory’s cameras. This tremor nevertheless indicates the presence of magma at shallow depths. The emission of gases and a resumption of effusive activity cannot be ruled out. The OVPF notes that « in the past, phases of tremor without lava emissions have already been observed at Piton de la Fournaise, even if this remains rare. »

Les gaufres du Mont St Helens // Gophers at Mount St Helens

Si je vous dis que j’ai vu des gaufres sur le Mont St Helens aux États Unis, vous allez tout de suite penser à la pâtisserie que l’on peut confectionner au petit déjeuner dans de nombreux motels américains à l’aide d’un fer constitué de deux plaques métalliques articulées entre elles, avec des motifs qui donnent à la gaufre sa forme caractéristique.

Que nenni ! Il ne s’agit pas de cela ! Les gaufres sont aussi des rongeurs d’Amérique du Nord, de la famille des Geomyidés pourvus d’abajoues de grande taille, s’ouvrant vers l’extérieur.

 Crédit photo : Wikipedia

Alors, quel est le lien entre ces rongeurs et le Mont St Helens ? Tous les volcanophiles savent que le 18 mai 1980, le Mont Saint Helens (État de Washington) a carrément explosé, avec des nuées ardentes qui ont décimé la faune locale et transformé en quelques minutes des dizaines de kilomètres carrés en désert minéral dont l’avenir semblait très incertain. Sans oublier les 57 personnes qui ont péri pendant l’événement.

Vue de l’éruption de 1980 (Source : USGS)

Dans ce décor lunaire, tout semblait indiquer que le retour de la végétation prendrait des décennies.

Les environs du volcan portent toujours les stigmates de l’éruption de 1980 (Photo : C. Grandpey)

Pourtant, une expérience bouleversa ce scénario pessimiste. Deux ans après le cataclysme, une équipe de chercheurs a tenté une approche très originale pour essayer de faire revivre les zones détruites. Il s ‘agissait d’introduire temporairement des gaufres sur certaines parcelles. Les scientifiques connaissaient la capacité de ces rongeurs à remodeler le sol. Dans une étude publiée en 2024 dans la revue Frontiers, ils rappellent que les gaufres sont des « espèces fouisseuses, c’est-à-dire qui creusent dans la terre », et précisent qu’ »un seul gaufre peut déplacer 227 kg de sol par mois, avec des populations de gaufres déplaçant 38 000 kg de sol par hectare et par an ».

Sous la couche de ponce stérile vomie par le volcan, les sols plus anciens n’avaient pas totalement perdu leur richesse biologique. Bactéries et champignons y survivaient encore. En remontant ces sols enfouis, les gaufres pouvaient donc jouer un rôle clé.

Les rongeurs n’ont passé qu’une seule journée sur place, confinés dans des zones expérimentales où ils ont creusé sans relâche. En 1982, l’objectif était modeste. Il s’agissait avant tout de tester la réaction à court terme, mais en une seule journée, les gaufres ont déclenché un processus de régénération dont les effets sont encore visibles quarante ans plus tard.

 Crédit photo : National Forest Foundation

En 1986, six ans après l’éruption, le contraste était déjà saisissant. Là où les gaufres avaient fouillé le sol, plus de 40 000 plantes avaient prospéré, tandis que les terrains voisins restaient largement nus. Quarante ans plus tard, les analyses confirment l’ampleur de cette situation inédite. Les scientifiques expliquent que les parcelles ayant une activité historique de gaufres abritent des communautés bactériennes et fongiques plus diversifiées que les forêts anciennes environnantes. Les chercheurs ont également trouvé des communautés fongiques plus diversifiées.

Même si les gaufres ont apporté une aide significative, les scientifiques font remarquer que les véritables architectes de cette renaissance restent les champignons. Après l’éruption, la chute des aiguilles de pins et d’épicéas faisait craindre un effondrement durable des forêts voisines. Mais la cohabitation entre des champignons et les racines des plantes a accéléré leur retour. On se retrouve dans une situation qui a été observée à Yellowstone après l’incendie de végétation gigantesque en 1988.

Reprise de la végétation à Yellowstone après l’incendie de 1988 (Crédit photo : National Forest Foundation)

Les arbres possèdent leurs propres champignons mycorhiziens qui ont récupéré les nutriments des aiguilles tombées et ont aidé à alimenter une repousse rapide des arbres.. Ces derniers sont revenus presque immédiatement à certains endroits. Tout n’était pas mort comme tout le monde le pensait.

Source : Université de Califormie, Smithsonian Magazine.

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Every volcanologist knows that on May 18, 1980, Mount St. Helens (Washington State) literally exploded, with pyroclastic flows that decimated the local wildlife and transformed dozens of square kilometers into a barren wasteland whose future looked very uncertain. Not to mention the 57 people who perished during the event. In this lunar landscape, everything seemed to indicate that the return of vegetation would take decades.
Yet, a highly original experiment overturned this pessimistic scenario. Two years after the cataclysm, a team of researchers attempted a very original approach to try to revive the devastated areas. This involved temporarily introducing gophers into certain plots. The scientists were aware of these rodents’ ability to reshape the soil. In a 2024 study published in the journal Frontiers, they remind us that gophers are « burrowing species, meaning they dig in the earth, » and specify that « a single gopher can move 227 kg of soil per month, with gopher populations moving 38,000 kg of soil per hectare per year. »
Beneath the layer of sterile pumice ejected by the volcano, older soils had not completely lost their biological richness. Bacteria and fungi still survived. By bringing these buried soils to the surface, the gophers could therefore play a key role. The rodents spent only one day on site, confined to experimental areas where they dug relentlessly. In 1982, the objective was modest. The initial aim was to test the short-term response, but in just one day, the gophers triggered a regeneration process whose effects are still visible forty years later.
In 1986, six years after the eruption, the contrast was already striking. Where the gophers had penetrated the soil, more than 40,000 plants had flourished, while the surrounding land remained largely bare. Forty years later, analyses confirm the scale of this unprecedented situation. Scientists explain that the plots with a history of gopher activity harbor more diverse bacterial and fungal communities than the surrounding old-growth forests. Researchers also found more diverse fungal communities.
Even though the gophers provided significant assistance, scientists point out that the true architects of this rebirth remain the fungi. After the eruption, the falling needles of pine and spruce trees raised fears of a lasting collapse of the neighboring forests. But the coexistence of fungi and plant roots accelerated their recovery. This situation is similar to what was observed in Yellowstone after the massive wildfire of 1988. The trees have their own mycorrhizal fungi that absorbed nutrients from the fallen needles and helped fuel rapid regrowth. In some areas, the trees returned almost immediately. Not everything was dead, as everyone had thought.
Source: University of California, Smithsonian Magazine.