Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques informations sur l’activité volcanique dans le monde, fournies par les observatoires et par le Global Volcanism Network de la Smithsonian Institution. La principale actualité concerne le Kilauea (Hawaï) et l’Etna (Sicile).

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Dans un rapport publié le 30 septembre 2026, l’Office météorologique islandais (IMO) indique qu’un lent soulèvement du sol se poursuit à Svartsengi. Un soulèvement d’environ quatre centimètres a été mesuré au cours des trois derniers mois, avec un rythme qui reste relativement stable. Cette image InSAR montre le soulèvement du sol à Svartsengi entre le 20 juillet et le 13 septembre 2026. L’InSAR compare les images radar satellitaires pour mesurer la déformation du sol. Les contours noirs délimitent les champs de lave formés lors d’éruptions antérieures le long de la chaîne de cratères de Sundhnúkur et à Fagradalsfjall :

Source: IMO

L’activité sismique le long de la chaîne de cratères de Sundhnúkur et près de Grindavík reste faible. L’activité ailleurs sur la péninsule de Reykjanes a également été faible ces dernières semaines.

Une nouvelle intrusion magmatique, susceptible de déboucher sur une éruption le long de l’alignement de cratères de Sundhnúkur, demeure le scénario le plus probable. Il est impossible de prédire quand un tel événement pourrait se produire. Plus le laps de temps depuis le dernier événement s’allonge, plus l’incertitude quant au moment de la prochaine éruption augmente. Il faut toutefois s’attendre à un préavis très court, comme ce fut le cas lors des précédentes éruptions le long de la chaîne de cratères de Sundhnúkur.
Rien n’indique que l’épisode éruptif le long de l’alignement de cratères de Sundhnúkur touche à sa fin. Avant de pouvoir déclarer l’épisode officiellement terminé, les données de surveillance doivent en apporter la preuve manifeste sur une période prolongée.
Source : IMO

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La couleur du niveau d’alerte pour les communautés situées aux abords du Rincón de la Vieja (Costa Rica) a été relevée au Jaune après que les scientifiques de l’OVSICORI ont détecté une intensification de l’activité volcanique. Cinq districts sont concernés par la nouvelle alerte.
Cette décision fait suite à une augmentation du nombre d’épisodes éruptifs, des émissions de gaz volcaniques et de l’activité sismique au niveau du Rincón de la Vieja, qui connaît une activité inhabituelle depuis le mois de juillet. L’activité s’est intensifiée à nouveau durant les derniers jours de septembre. Toutefois, ce changement de niveau d’alerte ne signifie pas qu’une éruption majeure imminente.
Entre le 26 et le 28 septembre 2026, on a enregistré 123 séismes de faible magnitude provoqués par des fracturations de roches au sud du cratère, dans la zone de Las Pailas, ainsi que six séismes de moindre ampleur à proximité immédiate et sous le cratère. Les instruments ont également détecté un rapide soulèvement du sol d’environ 13 millimètres autour du sommet au cours du mois de septembre, mais il y a une incertitude considérable concernant cette mesure.
Les émissions de dioxyde de soufre (SO2) se maintiennent au-dessus de la normale depuis la mi-juin. La composition des gaz laisse supposer que le dioxyde de soufre atteint la surface plus efficacement qu’auparavant.
L’OVSICORI a enregistré six séquences éruptives entre le 25 et le 30 septembre ; il s’agissait pour la plupart de faibles émissions de vapeur d’eau et de gaz volcaniques. Une seule de ces six éruptions a atteint une intensité considérée comme modérée par l’observatoire.
L’OVSICORI explique par ailleurs que la combinaison des données géophysiques et des mesures de gaz indique que les éruptions pourraient se poursuivre et que certaines d’entre elles pourraient être plus puissantes que celles enregistrées jusqu’à présent.
Source : OVSICORI, The Tico Times.

Crédit photo: OVSICORI

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Le HVO donne une description très détaillée de l’intrusion magmatique qui s’est produite sous l’Halemaʻumaʻu, au sommet du Kīlauea (Hawaï), entre le 30 septembre et le 1er octobre 2026 :

https://www.usgs.gov/volcanoes/kilauea/volcano-updates

Les débordements de lave au niveau des bouches nord et sud ont cessé peu après la fin de l’intrusion. De faibles projections de lave accompagnées d’une forte lueur et de flammes sont actuellement observées dans ces deux bouches éruptives.

 

Image webcam de cette activité

Le HVO indique aussi qu’il est impossible de prévoir le déclenchement d’un Épisode 55 (avec formation de fontaines de lave). On ne sait même pas si un tel événement se produira. L’ouverture d’une nouvelle bouche éruptive constitue une autre possibilité.
Source : HVO.

La prévision éruptive a une importance relative en ce moment sur le Kilauea car aucune population n’est réellement sous la menace du volcan. Il ne faudrait pas oublier que prévision et prévention sont les deux mamelles de la volcanologie.

Le Parc national des volcans d’Hawaï (Hawaiʻi Volcanoes National Park) a décidé de fermer temporairement l’Halemaʻumaʻu Trail et une partie du Byron Ledge Trail en raison du gonflement continu et de l’activité sismique au sommet du volcan Kīlauea.

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L’activité éruptive se poursuit à Ambrym (Vanuatu). La sismicité s’est intensifiée au cours du mois d’octobre. Des anomalies thermiques, détectées par imagerie satellitaire, varient de niveau modéré à très élevé. Le 2 octobre, des émissions de gaz ont été observées par les habitants, accompagnées d’une incandescence au sommet et de retombées de cendres. Le 8 octobre, le niveau d’alerte a été relevé à 3 (sur une échelle de 0 à 5) et la zone d’exclusion a été modifiée. Il est demandé à la population de ne pas pénétrer dans la zone de danger permanent B, définie avec un périmètre de 2 km de rayon autour du cratère Benbow, de 2,5 km autour du cratère Marum (y compris les cratères Maben-Mbwelesu, Niri-Mbwelesu et Mbwelesu) et de 1,5 km autour des fissures de 2018.
Source : VMGD.

Source: VMGD

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Une intensification de l’activité a été signalée sur le volcan Hokkaido-Komagatake (Japon) à partir de la fin du mois de septembre 2026. Une légère augmentation du nombre de séismes volcaniques, localisés à environ 1 km sous le niveau de la mer et sous le cratère sommital, a été détectée entre le 23 et le 24 septembre. L’activité sismique s’est intensifiée les jours suivants et un soulèvement du sol a été enregistré autour du fond du cratère. Le niveau d’alerte a été relevé à 2 sur une échelle de 5, et le public a été averti que des projections pouvaient atteindre une distance de 4 km. L’activité sismique et le soulèvement du sol ont ralenti le 2 octobre. Aucun séisme n’a été enregistré entre le 4 et le 7 octobre, bien que l’inflation se soit poursuivie.
Source : JMA.


Crédit photo: GVN

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Une nouvelle coulée de lave a été observée sur le Nevados de Chillán (Chili), sur le flanc ouest du complexe de cratères sommitaux, le 29 septembre 2026. L’activité sismique s’est intensifiée le 27 septembre. Des anomalies thermiques dans la zone où une activité explosive avait été signalée juste au sud-ouest du cratère Nicanor ont été identifiées sur des images satellites. Au cours des premières heures du 1er octobre, une incandescence persistante a été observée au niveau de la bouche éruptive, avec plusieurs épisodes explosifs qui ont généré des panaches de cendres s’élevant jusqu’à 500 m au-dessus du sommet. Une hausse de la température de surface a été relevée dans les données satellitaires le 4 octobre. L’activité explosive s’est intensifiée au début de la journée du 5 octobre, avec la projection de matériaux à des distances plus importantes qu’auparavant. Le niveau d’alerte reste au Jaune et la population a été avertie qu’une éruption pourrait affecter les zones situées dans un rayon de 2 km autour du cratère actif.
Source : SERNAGEOMIN.

Crédit photo: Wikipedia

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L’activité éruptive se poursuit sur le Stromboli (Sicile). Les images de la webcam montrent une activité de type strombolien au niveau des bouches éruptives de la zone Nord, dans la partie supérieure de la Sciara del Fuoco, ainsi qu’au niveau des bouches de la zone C-S (centre-sud), sur la terrasse cratérique. Les explosions dans la zone N projettent des lapillis et des bombes, tandis que celles de la zone C-S projettent des téphras fins et grossiers. La fréquence et l’intensité des explosions restent moyennes pour ces deux zones. Des débordements de lave sont encore observés ponctuellement dans la zone N, et alimentent des coulées dans la partie supérieure de la Sciara del Fuoco. Le niveau d’alerte demeure au Jaune (niveau 2 sur une échelle de quatre).
Source : INGV.


Photo: C. Grandpey

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L’activité reste globalement stable sur les autres volcans mentionnés dans les bulletins précédents « Volcans du monde ».
Ces informations ne sont pas exhaustives. Vous pourrez en obtenir d’autres en lisant le rapport hebdomadaire de la Smithsonian Institution :
https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Here is some news about eruptive activity around the world, provided by observatories and the Smithsonian Institution’s Global Volcanism Network. The main news concerns Kilauea (Hawaii) and Mount Etna (Sicily).

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In a report released on September 30, 2026, the Icelandic Met Office (IMO) indicates that slow ground uplift continues at Svartsengi. Approximately four centimetres of uplift have been measured over the past three months, with the rate remaining relatively steady throughout this period.The InSAR image above shows continued ground uplift at Svartsengi between 20 July and 13 September 2026. InSAR uses comparisons of satellite radar images to measure ground deformation. The black outlines mark lava fields formed during previous eruptions along the Sundhnúkur crater row and at Fagradalsfjall :

Seismic activity along the Sundhnúkur crater row and near Grindavík remains low. Activity elsewhere on the Reykjanes Peninsula has also been low in recent weeks.

A new magma intrusion, potentially leading to an eruption along the Sundhnúkur crater row, remains the most likely scenario. It is not possible to say when such an event might occur. The longer the interval since the last event, the greater the uncertainty about the timing of the next one. A short warning time must still be expected, as with previous eruptions along the Sundhnúkur crater row.

There is no evidence that the eruptive episode along the Sundhnúkur crater row is coming to an end. Before the eruptive episode can be declared over, monitoring data must show clear evidence of this over an extended period.

Source : IMO.

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The alert level for communities around Rincón de la Vieja (Costa Rica) has been raised to Yellow after scientists detected increased volcanic activity. Five districts have been places under a yellow alert,

The decision follows an increase in eruptive events, volcanic gas emissions and earthquake activity at Rincón de la Vieja, which has been unusually active since July. Activity picked up again during the final days of September. The change in the alert level does not mean scientists believe a major eruption is imminent.

Between September 26 and 28, 2026, scientists recorded 123 small earthquakes caused by rock breaking south of the crater in the Las Pailas area, along with six smaller earthquakes closer to and beneath the crater. Monitoring equipment also detected a rapid rise of about 13 millimeters around the summit during September, although scientists noted considerable uncertainty in that measurement.

SO2 emissions have remained above the volcano’s normal background level since mid-June. The composition of gases suggests sulfur dioxide is reaching the surface more efficiently than before.

OVSICORI recorded six eruptions between September 25 and September 30, most of them small releases of steam and volcanic gases. Only one of the six eruptions reached what the observatory considers moderate strength.

The observatory explains that the combination of geophysical and gas measurements means eruptions may continue and that some could be stronger than those recorded so far.

Source : OVSICORI, The Tico Times.

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The HVO has given a detailed description of the shallow intrusion that occurred beneath Halemaʻumaʻu at the summit Kīlauea (Hawaii) on September 30 – October 1., 2026 :

https://www.usgs.gov/volcanoes/kilauea/volcano-updates

Overflow activity from north and south vents stopped shortly after intrusion ended. Minor spattering with strong glow and flaming is happening at both north and south vents.

The HVO also says it is not possible to forecast the onset of Episode 55 fountains or if they will occur. Another possibility is the opening of a new vent.

Source : HVO.

Eruption forecasting is of relative importance for Kilauea at the moment, as no population is truly under threat from the volcano. However, one should not forget that prediction and prevention are the twin pillars of volcanology.

Hawaiʻi Volcanoes National Park has temporarily closed Halemaʻumaʻu Trail and part of Byron Ledge Trail because of continued inflation and increased seismicity at the summit of Kīlauea volcano.

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Eruptive activity continues at Ambrym (Vanuatu). Seismicity increased into October. Persistent thermal anomalies identified in satellite images varied between moderate and very high levels. Residents observed gas emissions on 2 October, along with incandescence at the summit and ashfall. On 8 October the Alert Level was raised to 3 (on a scale of 0-5) and the exclusion zone was modified; the public was warned to stay outside of Permanent Danger Zone B, defined as a 2-km radius around Benbow Crater, a 2.5-km radius around Marum Crater (including Maben-Mbwelesu, Niri-Mbwelesu, and Mbwelesu craters), and a 1.5-km radius around the 2018 fissures.

Source : VMGD.

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Increased activity is reported at Hokkaido-Komagatake (Japan) starting in late September. A slight increase in the number of volcanic earthquakes located about 1 km below sea level beneath the summit crater was detected during 23-24 September 2026. Saismicity increased in the following days and ground uplift was recorded around the crater floor. The Alert Level was raised to 2 on a 5-level scale and the public was warned that ballistics could be ejected as far as 4 km. Both seismicity and inflation slowed on 2 October. No earthquakes were recorded during 4-7 October, though inflation continued.

Source : JMA.

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A new lava flow was observed at Nevados de Chillán (Chile) on the W flank of the summit crater complex on 29 September 2026. Seismicity intensified on 27 September. Thermal anomalies coinciding with the area where explosive activity has been reported just SW of Nicanor Crater were identified in satellite images. During the early hours on 1 October there was persistent incandescence at the vent along with several explosive events producing ash plumes that rose as high as 500 m above the summit. Increased surface temperatures were identified in satellite data on 4 October. Explosive activity increased during the early hours of 5 October, with the ejection of material to greater distances than before. The Alert Level remains at Yellow and the public was warned that an eruption may impact areas within 2 km of the active crater.

Source : SERNAGEOMIN.

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Eruptive activity continues at Stromboli (Sicily). Webcam images show Strombolian activity from vents in Area N within the upper part of the Sciara del Fuoco, and vents in Area C-S (South-Central Crater) on the crater terrace. Explosions at Area N ejected lapilli and bombs and explosions at Area C-S eject both fine and coarse tephra above the vents. The frequency and the intensity of explosions at both vents is at medium levels. Occasional overflows are still observed at Area N with lava flowing in the upper part of the Sciara del Fuoco. The Alert Level remains at Yellow (level 2 on a four-level scale).

Source : INGV.

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Activity remains globally stable on other volcanoes mentioned in the previous bulletins « Volcanoes of the world ».

This information is not exhaustive. You can find more by reading the Smithsonian Institution’s weekly report:

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Une nouvelle technique de dessalement de l’eau de mer

Concentrations de CO2 : 426,25 ppm (7 octobre 2026)              

Concentrations de CH4 : 1939.44 ppb (mai 2026)

Avec la fonte des glaciers sous les coups de boutoir du réchauffement climatique, l’eau – essentielle à la vie – va devenir un bien précieux dans les prochaines années. Aujourd’hui, les Nations Unies estiment que 2,2 milliards de personnes dans le monde n’ont pas accès à une eau potable consommable en toute sécurité. Des communautés, de la Californie au Moyen-Orient, dépendent des usines de dessalement pour transformer l’eau de mer en eau douce. Le 20 juillet 2026, j’ai écrit sur ce blog une note intitulée « Le dessalement de l’eau de mer dans les îles Canaries (Espagne), dans laquelle j’expliquais les avantages et surtout les inconvénients de cette technologie :

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2026/07/20/le-dessalement-de-leau-de-mer-dans-les-iles-canaries-espagne/

Usine de dessalement d’Arecife, sur l’île de Lanzarote (Source: presse espagnole)

Les techniques de dessalement utilisées de nos jours, telles que l’osmose inverse et la distillation thermique, sont énergivores, nécessitent un prétraitement et un post-traitement de l’eau, et produisent énormément de saumure qui, rejetée dans l’océan, a des conséquences désastreuses sur la vie marine, car elle augmente la salinité et diminue la teneur en oxygène de l’eau. J’ai insisté sur ce problème à propos des îles Canaries.

Illustration du processus de dessalement de l’eau de mer par osmose inverse  (Source : sydneydesal.com)

Une approche novatrice qui vient d’être mise au point en laboratoire à l’Université de Rochester (État de New York) offre une solution à ces inconvénients. Des chercheurs de l’Institut d’Optique ont développé un nouveau procédé de dessalement solaire thermique permettant de produire de l’eau douce de manière écoénergétique, sans rejet de saumure et sans ajout de produits chimiques pour le prétraitement. La méthode utilisée par l’équipe scientifique est décrite dans un article publié dans Light: Science & Applications :

https://www.nature.com/articles/s41377-026-02315-4

Cette technologie utilise des panneaux solaires en métal noir gravés au laser femtoseconde pour rendre la surface extrêmement absorbante et hydrophile, c’est-à-dire extrêmement attractive pour l’eau. [NDLR : Un laser femtoseconde est un type de laser particulier qui produit des impulsions ultra-courtes dont la durée est de l’ordre de quelques femtosecondes à quelques centaines de femtosecondes (1 femtoseconde = 1 fs = 10⁻¹⁵ seconde)].

Les panneaux possèdent une zone active traitée au laser qui attire une fine couche d’eau à la surface, absorbe la quasi-totalité du rayonnement solaire, distille l’eau et dépose les sels et minéraux restants sur les côtés non traités du panneau, ou zone « passive », afin que le sel n’obstrue pas la zone active et ne perturbe pas le dessalement continu.

D’autres chercheurs ont déjà mis au point des techniques de dessalement solaire thermique qui fonctionnent bien en laboratoire avec de l’eau de mer simulée composée uniquement d’eau et de chlorure de sodium. Lors de l’évaporation de l’eau, le chlorure de sodium cristallise sous forme de particules granuleuses et poreuses, permettant à l’eau de dissoudre le sel. Les panneaux solaires peuvent ainsi être facilement nettoyés. Le problème, c’est que l’océan réel a une composition bien plus complexe, et ces systèmes rencontrent souvent des problèmes lors des tests en conditions réelles. Contrairement au chlorure de sodium, de nombreux autres composants de l’eau de mer, comme les matériaux à base de magnésium et de calcium, cristallisent sous forme de croûte non poreuse à la surface du panneau solaire, l’obstruent, et finissent par empêcher l’eau de s’infiltrer.

Pour éviter que la surface de leurs panneaux solaires ne s’encrasse de la même manière, l’équipe scientifique de l’Université de Rochester a gravé avec précision les rainures du métal noir afin que les différents sels et minéraux présents dans l’eau de mer s’en détachent facilement. En testant leur technique de dessalement solaire thermique à l’aide d’échantillons d’eau provenant des océans Pacifique, Atlantique et Indien, les chercheurs ont réussi à rendre la surface autonettoyante, de sorte qu’elle extraie l’eau douce et dirige les sels restants vers la zone passive où ils pourraient être collectés ultérieurement sans réduire l’efficacité du panneau.

L’un des principaux avantages de cette nouvelle méthode est qu’au lieu de produire une saumure à éliminer ou à traiter, elle extrait la quasi-totalité des sels sous forme solide. Ce procédé pourrait non seulement permettre de produire une quantité abondante de sel de table, mais aussi d’extraire des minéraux plus précieux, comme le lithium, utilisé dans les batteries lithium-ion qui alimentent les véhicules électriques et autres appareils électroniques. À partir d’échantillons d’eau du Grand Lac Salé, les chercheurs ont pu extraire environ 50 % du lithium contenu dans les sels résiduels du processus de dessalement.

Il est bon de rappeler que ces expériences ont été réalisées en laboratoire. Il reste maintenant à les tester sur le terrain et voir si leur efficacité se trouve confirmée.

Source : Université de Rochester.

Superbe exemple de rebond isostatique en Finlande // Superb example of isostatic rebound in Finland

Ces derniers temps, avec le réchauffement climatique et la fonte des glaciers, on a beaucoup parlé de rebond isostatique à propos de l’Islande. Le rebond isostatique est un phénomène pendant lequel la perte de masse des glaciers en train de fondre provoque un soulèvement du substrat rocheux. Selon certains volcanologues, le phénomène pourrait favoriser la poussée du magma qui sommeille sous la surface de la Terre et déclencher des éruptions plus fréquentes. Pour le moment aucune éruption n’est venue étayer cette théorie et nous ne possédons pas suffisamment de recul pour tirer des conclusions.

Un bel exemple de rebond isostatique est en train de se produire en Finlande où de nouvelles terres émergent lentement de la mer Baltique, le long de la côte occidentale du pays. Ce phénomène est particulièrement visible dans l’archipel de Kvarken, près de Vaasa, où le sol s’élève d’environ huit millimètres par an. Les îles s’agrandissent et fusionnent progressivement, les baies peu profondes se transforment en lacs et des fonds marins deviennent des terres émergées. Certes, cette transformation est trop lente pour être perceptible lors d’un court séjour, mais elle est suffisamment rapide pour modifier le paysage à l’échelle d’une vie humaine.

Crédit photo: Finland Tourism

L’explication de ce soulèvement des terres remonte à la dernière période glaciaire. Une vaste calotte de glace recouvrait autrefois cette partie de l’Europe du Nord, exerçant une pression considérable avec une épaisseur de glace atteignant près de trois kilomètres sur la croûte terrestre. Lorsque la glace a commencé à fondre, il y a environ 18 000 ans, cette pression a disparu. Le sol situé sous la glace a alors commencé à se soulever, un peu comme un matelas comprimé qui reprend lentement sa forme initiale. Dans cette région de Finlande, ce processus est toujours en cours.
Dans la région de la Haute Côte (Höga Kusten) et de Kvarken, le sol se soulève depuis des millénaires. L’UNESCO considère cette zone comme l’un des meilleurs endroits au monde pour comprendre le phénomène de soulèvement glacio-isostatique.
À Kvarken, le rythme actuel se soulèvement est d’environ huit millimètres par an. Chaque année, près d’un kilomètre carré de nouvelles terres émerge, et le littoral, aux eaux très peu profondes, continue d’évoluer. À ce rythme, la carte de la région présentera un aspect sensiblement différent pour les générations futures.
Ce mouvement entraîne une conséquence encore plus surprenante. Kvarken constitue déjà la partie la plus étroite du Golfe de Botnie. Si ce soulèvement géologique se poursuivait indéfiniment au rythme actuel, la Finlande et la Suède finiraient par être reliées par la terre ferme ! L’évaluation initiale de l’UNESCO estimait que cela pourrait se produire dans environ 2 500 ans.

Les articles de presse ne le disent pas, mais on ne peut exclure qu’avec le réchauffement climatique et l’élévation du niveau mondial des océans, cette montée des eaux compense le soulèvement des terres provoqué par le rebond isostatique !
Source : Yahoo Actualités.

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Recently, amidst global warming and melting glaciers, there has been much discussion regarding isostatic rebound in Iceland. Isostatic rebound is a phenomenon in which the loss of mass from melting glaciers causes the underlying bedrock to rise. According to some volcanologists, this process could facilitate the ascent of magma slumbering beneath the Earth’s surface and trigger more frequent eruptions. So far, no eruption has substantiated this theory, but we lack sufficient long-term data to draw definitive conclusions.

A prime example of isostatic rebound is currently taking place in Finland where new land is slowly emerging from the Baltic Sea along the country’s western coast. The phenomenon is particularly visible in the Kvarken Archipelago near Vaasa, where the land rises by around eight millimeters every year. Islands gradually grow and join together, shallow bays become lakes, and stretches of seabed become dry land. Of course, the change is slow enough to escape notice on a short visit, but it is fast enough to alter the landscape within a human lifetime.

The explanation for the rising land begins with the last Ice Age. A vast ice sheet once covered this part of northern Europe, with the weight of almost three kilometers of ice pushing down on the Earth’s crust. When the ice began to melt around 18,000 years ago, that pressure disappeared. The land underneath the ice started to rebound, rather like a compressed mattress slowly returning to its original shape. In this part of Finland, it has not finished yet.

Across the High Coast and Kvarken region, the land has been rising for thousands of years. UNESCO considers the area one of the world’s best places to understand glacio-isostatic uplift.

In Kvarken, the current rate is about eight millimeters every year. Roughly one square kilometer of new land emerges annually and the extremely shallow coastline continues to change. At that rate, the map of the region will look noticeably different to future generations.

There is an even stranger consequence of all this movement. Kvarken is already the narrowest stretch of the Gulf of Bothnia. If geological uplift continued indefinitely at today’s rate, Finland and Sweden would eventually become connected by land ! UNESCO’s original evaluation estimated that could happen in approximately 2,500 years. However, we could add that with global warming global sea level is risinf the the ligher sea level might offset the land rise caused by the isostatic rebound !

Source : Yaloo News.

De la laine pour les glaciers suisses

Concentrations de CO2 : 425,13 ppm (5 octobre 2026)              

Concentrations de CH4 : 1939.44 ppb (mai 2026)

Dans les Alpes, la glace et la neige fondent plus vite que jamais, avec des conséquences désastreuses pour le tourisme et l’économie de toute une région. Pour essayer de freiner la fonte de la glace, j’ai expliqué comment des bâches ont été installées à l’entrée des grottes creusées dans la Mer de Glace (France) et le glacier du Rhône (Suisse) afin de permettre aux visiteurs de pénétrer à l’intérieur d’un glacier. Cependant, cette solution n’est pas viable sur le long terme et, tôt ou tard, les grottes glaciaires seront fermées au public.

Photos: C. Grandpey

De la même manière, d’autres bâches ont été installées à la surface de plusieurs glaciers pour ralentir leur fonte et permettre aux skieurs de pratiquer leur sport.
Depuis des années, des bâches synthétiques sont déployées en été sur les zones de glace et de neige afin de réfléchir la lumière du soleil et de réduire l’absorption de chaleur. Dans une note publiée en juillet 2022, j’expliquais qu’au glacier de Presena, dans le nord de l’Italie, entre le Trentin-Haut-Adige et la Lombardie, quelque 120 000 mètres carrés de bâches blanches avaient été installés pour ralentir la fonte de la glace. Depuis 1993, ce glacier avait en effet perdu plus d’un tiers de son volume. Déployées à plus de 2 700 mètres d’altitude, les bâches sont façonnées à l’aide d’une toile géotextile qui réfléchit la lumière (voir ma note sur l’albédo).

Crédit photo: presse italienne

Cette technologie permet de maintenir une température inférieure à la température ambiante et contribue ainsi à la préservation de la neige. Le projet a débuté en 2008, avec près de 30 000 m² de bâches installées sur la neige.
Le problème est que ces bâches sont généralement en plastique et peuvent libérer des microfibres qui contribuent à la pollution de notre planète. Pour résoudre ce problème, l’organisation environnementale Summit Foundation et l’Université de Lausanne ont imaginé le projet « Keep It Wool », qui utilise la laine à la place du plastique pour ralentir la fonte du glacier de Tsanfleuron dans le massif des Diablerets, en Suisse romande.

Crédit photo: Université de Lausanne

 La chaleur record de 2026 a provoqué la fonte de la neige qui s’était accumulée sur les glaciers pendant l’hiver plusieurs semaines plus tôt que d’habitude. Cette situation a entraîné une accélération de la fonte, responsable de l’aggravation des glissements de terrain, comme celui qui a dévasté le village de Blatten (Suisse) en 2025 et déclenché les inondations catastrophiques au Népal.
Les chercheurs suisses souhaitent mettre au point une alternative biodégradable tout en profitant de la laine suisse dont 40 à 70 % sont jetés chaque année. Ce sont quatre étudiants de ‘Université de Lausanne qui ont eu cette idée et se sont attelés à sa mise en œuvre. En juin 2026, deux prototypes de couvertures en laine, fabriqués par l’entreprise suisse Fisolan, ont été installés sur 200 mètres carrés du glacier de Tsanfleuron.

Durant tout l’été, des chercheurs ont comparé les performances de cette nouvelle texture à celles d’une couverture géotextile classique. Les premiers résultats ont dépassé les attentes. Les mesures effectuées toutes les deux semaines ont montré que les couvertures en laine limitaient la fonte autant que les couvertures synthétiques.
Malgré tout, quelles que soient leurs performances, ces couvertures en laine ne constituent pas une solution au réchauffement climatique, qui doit être combattu à la source par la réduction des émissions de gaz à effet de serre.
Source : Médias suisses.