Lac de Vassivière en Limousin : la baisse continue

Avec les canicules à répétition et l’absence de précipitations, beaucoup se demandent jusqu’à quand le lac de Vassivière sera en mesure de contribuer au maintien du débit de la Vienne.

Comme je l’ai indiqué précédemment, le niveau maximal de référence du lac de Vassivière se situe généralement autour de 649,50 m à 650 m (voire 651 m NGF aux plus hautes eaux).

*Au 22 Juillet 2026, la cote du lac était de 648,35 m NGF. À cette époque, EDF prévoyait :

  • 647 m NGF aux alentours du 2 août.

  • 646 m NGF avant la mi-août si les conditions météorologiques restaient inchangées.

Cette évolution correspondait à une baisse estimée de 5 à 10 cm par jour.

Le seuil minimal absolu (ou cote d’alerte critique) de gestion du réservoir du lac de Vassivière est établi autour de 633 mètres NGF.

En période de sécheresse sévère, des restrictions de navigation surviennent dès que la cote franchit le seuil de 642 mètres NGF. La navigation devient alors interdite.

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*Le 12 septembre 2026, la cote moyenne du lac de Vassivière est de 644,13 mètres, donc 11 mètres au-dessus du seuil minimal absolu. Les responsables d’EDF précisent aujourd’hui qu’il reste de la marge avant de l’atteindre.

Crédit photo: Samuel Chassaigne – France Télévisions

Vous pourrez suivre l’évolution du niveau du lac en cliquant sur ce lien :

https://www.niv-eau.fr/#/entite/34/liste/activite/1

Le stockage du CO2, une solution d’avenir ? // Is CO2 storage a solution for the future ?

Concentrations de CO2 : 425,44 ppm (11 septembre 2026)             

Concentrations de CH4 : 1939.44 ppb (mai 2026) / 1933,18 mai 2025)

Avec le méthane (CH4) le gaz carbonique (CO2) est l’un des principaux gaz à effet de serre et donc l’une des principales causes du réchauffement climatique. Les concentrations de gaz carbonique dans l’atmosphère sont en hausse constante. Elles ont atteint des niveaux encore jamais observés depuis que les mesures sont effectuées.

Certains pays essayent de réduire leurs émissions de CO2 en enfouissant ce gaz. Ainsi, l’Islande est connue pour ses efforts de capture du dioxyde de carbone. Dans plusieurs notes sur ce blog (17 juin 2016 ; 26 avril, 22 mai 2021, 5 octobre 2021, par exemple), j’ai décrit le projet CarbFix dont l’objectif est d’injecter du CO2 sous terre et de le stocker dans le basalte. Le 9 septembre 2021, la société suisse Climeworks a mis en service 96 turbines à la centrale Orca. Depuis 2022, la nouvelle centrale géothermique de Hellisheiði capte 36 000 tonnes de dioxyde de carbone directement dans l’atmosphère. Cela s’ajoute aux 4 000 tonnes déjà capturées par l’usine Orca. Une fois capturé, le dioxyde de carbone est dissous dans l’eau, injecté dans le sol et transformé en pierre, ce qui l’élimine définitivement de l’atmosphère.

De tels efforts de stockage du CO2 continuent aujourd’hui. La Norvège stocke le gaz sous les fonds marins de la mer du Nord grâce à des initiatives majeures telles que le projet Northern Lights. Le fabricant d’engrais norvégien Yara a inauguré le 7 septembre 2026 une grande installation industrielle de captage de dioxyde de carbone. Il est prévu de capter jusqu’à 800.000 tonnes de CO2 par an dans l’usine d’ammoniac et d’engrais de Sluiskil (sud-ouest des Pays-Bas), soit environ 0,5 % des émissions totales annuelles des Pays-Bas. C’est peu, mais c’est mieux que rien. Cela devrait permettre de réduire une petite fraction des émissions de ce gaz qui contribue largement au réchauffement climatique. La technologie consiste à capter le dioxyde de carbone à la sortie de cheminées d’usine, à le transporter après liquéfaction puis à le séquestrer dans des réservoirs géologiques. Le CO2 capté à Sluiskil sera acheminé par bateau en Norvège sur le terminal d’Øygarden, près de Bergen, dans l’ouest du pays, puis injecté par tuyau, à une centaine de kilomètres au large, dans un aquifère salin à 2.600 mètres sous les fonds de la mer du Nord. Le gaz pénètre dans des couches de roche poreuse sous le fond marin, où d’épaisses formations rocheuses le retiennent de manière permanente.

Cette technologie est considérée par le GIEC comme l’une de meilleures solutions pour réduire l’empreinte d’industries difficiles à décarboner telles que les cimenteries ou la sidérurgie. Elle reste cependant coûteuse et complexe à financer, malgré le rebond du prix du carbone et les soutiens publics. Financé en grande partie par l’Etat norvégien, le projet a une capacité annuelle de stockage de 1,5 million de tonnes de CO2, qui doit être portée à 5 millions de tonnes d’ici à la fin de la décennie.

L’enfouissement du CO2 dans des couches géologiques profondes ne fait pas l’unanimité. Selon Greenpeace, il n’est pas encore prouvé que le CO2 qu’on envoie dans ces couches géologiques y reste; on n’est pas sûr qu’il n’y ait pas de fuites, ne serait-ce que par le biais de failles ou de fractures géologiques, sans parler d’anciens puits dont le colmatage n’est pas forcément parfaitement hermétique. Il est bien évident que du CO2 qui s’échapperait dans la mer mettrait en danger l’écosystème marin et entraînerait à fortiori des risques pour la santé humaine.

Source : presse européenne.

 

Schéma illustrant le projet Northern Lights d’enfouissage du CO2 en Norvège (Source : Northern Lights).

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Along with methane (CH4), carbon dioxide (CO2) is one of the primary greenhouse gases and, consequently, a major cause of global warming. Atmospheric concentrations of carbon dioxide are steadily rising, reaching levels unprecedented since measurements began.
Some countries are attempting to reduce their CO2 emissions by burying the gas. Iceland, for instance, is known for its carbon dioxide capture efforts. In several posts on this blog (June 17, 2016; April 26 and May 22, 2021; October 5, 2021, for example), I described the CarbFix project, which aims to inject CO2 underground and store it within basalt rock. On September 9, 2021, the Swiss company Climeworks brought 96 turbines online at the Orca plant. Since 2022, the new Hellisheiði geothermal plant has been capturing 36,000 tonnes of carbon dioxide directly from the atmosphere. This is in addition to the 4,000 tonnes already captured by the Orca plant. Once captured, the carbon dioxide is dissolved in water, injected into the ground, and transformed into stone, thereby permanently removing it from the atmosphere.
Similar CO2 storage efforts continue today. Norway stores the gas beneath the North Sea seabed through major initiatives like the Northern Lights project. On September 7, 2026, the Norwegian fertilizer manufacturer Yara inaugurated a large-scale industrial carbon dioxide capture facility. Plans are in place to capture up to 800,000 tonnes of CO2 annually at the Sluiskil ammonia and fertilizer plant (southwestern Netherlands), representing roughly 0.5% of the Netherlands’ total annual emissions. While this figure is modest, it is better than nothing. It should help reduce a small fraction of the emissions of this gas, a major contributor to global warming. The technology involves capturing carbon dioxide from factory stacks, transporting it after liquefaction, and sequestering it in geological reservoirs. The CO2 captured at Sluiskil will be shipped to the Øygarden terminal near Bergen in western Norway, then piped about 100 kilometers offshore for injection into a saline aquifer 2,600 meters beneath the North Sea seabed. The gas enters porous rock layers beneath the seafloor, where thick rock formations permanently trap it.
The IPCC considers this technology one of the best solutions for reducing the carbon footprint of hard-to-abate industries, such as cement and steel manufacturing. However, it remains costly and complex to finance, despite the rebound in carbon prices and government support. Largely funded by the Norwegian state, the project has an annual storage capacity of 1.5 million tonnes of CO2, a figure set to rise to 5 million tonnes by the end of the decade.

However, there is no unanimous support for burying CO2 in deep geological layers. According to Greenpeace, it is not yet proven that the CO2 that is sent into these geological layers stays there; we are not sure that there are no leaks, if only through faults or geological fractures, not to mention old wells whose plugging is not necessarily perfectly hermetic. It is obvious that CO2 escaping into the sea would endanger the marine ecosystem and lead to risks for human health.

Source : European news media.

Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques informations sur l’activité volcanique dans le monde, fournies par les observatoires et par le Global Volcanism Network de la Smithsonian Institution.

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L’Episode 55 de l’éruption du Kilauea (Hawaï) se fait attendre et les signes précurseurs  persistent depuis pas mal de temps. Des coulées de lave sont émises par intermittence depuis la bouche nord depuis le 7 septembre 2026 ; une cinquantaine de débordements a eu lieu depuis cette date. Ce type d’activité précède en général les épisodes de fontaines de lave, mais l’inflation sommitale est très irrégulière depuis l’Episode éruptif n°54 du 25 août. Le HVO a repoussé à plusieurs reprises la fenêtre de prévision concernant le début de l’Episode 55. Dans son dernier bulletin, l’Observatoire pense qu’il pourrait avoir lieu le 10 ou le 11 septembre.

Source : HVO.
Il convient de noter que l’archipel hawaïen a été touché ces derniers jours par plusieurs tempêtes tropicales associées à des systèmes de basse pression. Une étude personnelle menée au Stromboli (Sicile) m’a permis de démontrer qu’une telle situation peut avoir un impact sur l’activité éruptive d’un volcan. Vous trouverez le résumé de cette étude sous l’entête de ce blog.

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Début septembre 2026, l’activité éruptive de l’Anak Krakatau (Indonésie) a été l’une des plus puissantes observées sur le volcan ces derniers temps. Le satellite Landsat 8 de la NASA a survolé l’Anak Krakatau le 5 septembre 2026 et son instrument OLI (Operational Land Imager) a capturé une image du panache de gaz au-dessus du cratère.

Un autre satellite propose une perspective plus large. Le capteur VIIRS (Visible Infrared Imaging Radiometer Suite), embarqué à bord du satellite Suomi NPP, montre le panache en train de s’étirer sur une vaste zone.

Le 6 septembre, l’agence météorologique indonésienne a indiqué que les cendres atteignaient une altitude d’environ 6 000 mètres à l’est du volcan. Toutefois, l’activité explosive de l’Anak Krakatau avait diminué, même si le volcan était toujours très actif avec un régime d’éruptions stromboliennes projetant des matériaux incandescents.
Les aéroports ont repris leurs activités dès le 8 septembre, mais l’Anak Krakatau reste au niveau d’alerte III (Siaga).

Source : Magma Indonesia.

La police a élargi les recherches pour retrouver cinq journalistes et trois membres d’équipage dont on a perdu la trace alors qu’ils couvraient l’éruption de l’Anak Krakatau. La zone de recherche a été étendue aux eaux entourant Lampung. Les personnes disparues ont été localisées pour la dernière fois dans le détroit de la Sonde, au large de Banten. Toutefois, les autorités pensent que de forts courants marins ont pu entraîner l’embarcation vers les eaux de Lampung. Des recherches aériennes par hélicoptère seront lancées si les conditions météorologiques le permettent.
Le groupe était parti pour l’Anak Krakatau le 7 septembre 2026. Il avait quitté Carita à 14 h 00 (heure locale) en direction du volcan, pour un trajet estimé à deux heures. La perte de contact est survenue quelque temps plus tard, alors que le bateau se trouvait vraisemblablement dans les eaux situées entre Carita et l’Anak Krakatau. Leur signal a été détecté pour la dernière fois à 18 h 13, à proximité du volcan.
Au troisième jour des opérations, les équipes de recherche ont récupéré un gilet de sauvetage orange non identifié, mais aucun autre indice n’a été signalé depuis.

Source: presse indonésienne.

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L’activité reste globalement stable sur les autres volcans mentionnés dans les bulletins précédents « Volcans du monde ». .
Ces informations ne sont pas exhaustives. Vous pourrez en obtenir d’autres en lisant le rapport hebdomadaire de la Smithsonian Institution :
https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Here is some news about eruptive activity around the world, provided by observatories and the Smithsonian Institution’s Global Volcanism Network.

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The precursory signs of Kilauea‘s Episode 55 (Hawaii) have been lasting a long time. Lava flows have intermittently erupted lava from the north vent since September 7, 2026.. A total of 50 overflows have occurred since then. This style of activity has been typical in the hours to days before a summit lava fountaining episode.  However, summit reinflation has been very irregular since Episode 54 on August 25. The HVO had to postpone several times the forecast window for the start of Episode 55 fountaining. It is currently September 10-11.

Source : HVO.

It should be noted that the Hawaiian archipelago has been affected by several storms with lower pressure systems in the past days. I have shown in a personal study performed at Stromboli (Sicily) that such a situation may affect a volcano’s eruptive activity. See the abstract of my study beneath the title of this blog

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The September eruption of Anak Krakatau (Indonesia) was one of the most disruptive episodes. NASA’s Landsat 8 satellite passed over Anak Krakatau on September 5, 2026. Its Operational Land Imager (OLI) captured the detailed view of gas rising over the darker ash cloud.

A second satellite provided a much broader perspective. The Visible Infrared Imaging Radiometer Suite (VIIRS) aboard the Suomi NPP satellite showed volcanic material spreading across a large region.

By September 6, Indonesia’s meteorological agency reported ash reaching approximately 6,000 meters east of the volcano. However, Anak Krakatau’s explosive activity had subsided, although the volcano remained active. It shifted back toward more typical Strombolian eruptions that can throw glowing lava fragments, ash, and other volcanic material from the vent.

Airports resumed operations by September 8, but Anak Krakatau remained at level III (Siaga).

Source : Magma Indonesia.

Police have expanded the search for five journalists and three crew members who lost contact while covering the eruption of Mount Anak Krakatau. The search area has been extended to the surrounding waters of Lampung. The victims were last reported missing in the Sunda Strait, Banten. However, authorities are also considering the possibility that strong ocean currents carried them toward Lampung waters. Aerial searches utilizing helicopters will be deployed if weather conditions around the area permit.

The group departed for Mount Anak Krakatau on September 7, 2026. They set sail from Carita at 14:00 (local time), heading toward the volcano with an estimated travel time of two hours. Loss of contact occurred some time later, when the boat was estimated to be in waters between Carita and Anak Krakatau. By 18:13, their signal was last detected in the vicinity of the volcano.

On the third day of search operations, search teams retrieved an unidentified orange life vest, but no other indication has been signaled.

Source: Indonesian news media.

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Activity remains globally stable on other volcanoes mentioned in the previous bulletins « Volcanoes of the world ». .

This information is not exhaustive. You can find more by reading the Smithsonian Institution’s weekly report:

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Août 2026, le mois de tous les records !

Concentrations de CO2 : 426,53 ppm (08 septembre 2026)             

Concentrations de CH4 : 1939.44 ppb (mai 2026) / 1933,18 mai 2025)

C’est à la Une de tous les médias, mais ce n’est pas une surprise : Selon le dernier rapport mensuel de l’observatoire européen Copernicus, la Terre a connu avec août 2026 le mois le plus chaud jamais enregistré depuis le début des relevés, tous mois confondus, »à égalité avec juillet 2023″. La température moyenne de l’air à travers le globe s’est établie à 16,96 °C, soit 0,85 °C au-dessus de la moyenne de la période 1991–2020 et 1,65 °C au-dessus des niveaux préindustriels, qui font référence dans l’Accord de Paris. Dans le cadre de cet accord réalisé en 2015 et qui semble largement dépassé par les événements climatiques, la communauté internationale s’était engagée à limiter la hausse des températures à +1,5 °C, un objectif qui semble quasiment irréalisable aujourd’hui !

La période de juin à août 2026 a été la plus chaude jamais enregistrée à l’échelle mondiale, à égalité avec celle de 2024. Troisième été le plus chaud jamais enregistré en Europe (derrière 2024 et 2022), l’été 2026 a battu tous les records de températures sur la partie occidentale du continent, devant le record établi en 2003.

La cause de ce record de chaleur se trouve dans une succession de canicules exceptionnellement précoces, persistantes et intenses dans toute l’Europe au cours de ces trois mois.

Dans les océans, la température moyenne en août 2026 a atteint sa valeur la plus élevée jamais enregistrée, à égalité avec 2024 (respectivement 21,07° et 21,09°C).

Ces observations montrent à quel point le réchauffement climatique est à l’origine de phénomènes extrêmes tant dans l’atmosphère que dans les océans. Les conséquences de ces conditions se font de plus en plus sentir sur les populations, les économies et les écosystèmes à travers le monde.

Source: Copernicus.

Maintenant, il ne faudrait pas que les médias déclarent que les températures record du printemps et de l’été 2026 font partie d’un phénomène exceptionnel qu’il faut s’empresser d’oublier. Ce serait une grave erreur et ce serait tromper la population. Rien n’est fait par nos gouvernants pour infléchir la courbe des concentrations de gaz carbonique et de méthane dans l’atmosphère (voir les chiffres ci-dessus). Il faut donc s’attendre à de nouveaux événements climatiques extrêmes, que ce soit au niveau des températures, des sécheresses ou des incendies de végétation. Le renforcement du phénomène de réchauffement El Niño dans les prochains mois n’est pas fait pour arranger les choses.

A noter que la plupart des modèles de prévision météorologique entrevoient la persistance d’un temps anormalement chaud et sec jusqu’à fin septembre–début octobre.