Effondrement des Alpes : en Allemagne aussi !

Un important éboulement s’est produit sur la Zugspitze (2962 m), le plus haut sommet d’Allemagne.

Crédit photo: Wikipedia

Le 22 septembre 2026 au matin, d’importants blocs de roche se sont détachés du versant situé à la frontière germano-autrichienne. Plusieurs vidéos circulant sur les réseaux sociaux montrent un immense nuage de poussière s’étendant de la montagne jusqu’à la ville de Grainau, accompagné de fortes détonations.

Selon le service de secours en montagne de Grainau, les rochers sont tombés directement le long de la crête frontalière. Aucun dégât n’est signalé sur les infrastructures ou les sentiers. La zone touchée est particulièrement accidentée et aucun sentier de randonnée ne la parcourt. Des chutes de pierres se sont poursuivies le 23 septembre. Ce type de phénomène n’est plus surprenant sur la Zugspitze, mais l’ampleur de l’événement est inhabituelle. Le phénomène est très probablement lié au dégel du permafrost de roche qui assure normalement la stabilité des parois. Le glissement de terrain n’a eu aucun impact sur le fonctionnement des remontées mécaniques et des téléphériques.

Source: presse allemande.

Une carte interactive pour alerter sur la fonte des glaciers // An interactive map to raise awareness about melting glaciers

Concentrations de CO2 : 425,03 ppm (22 septembre 2026)             

Concentrations de CH4 : 1939.44 ppb (mai 2026)

Des scientifiques ont créé un nouveau site web interactif le Global Glacier Extinction Explorer, qui permet de rechercher n’importe quel glacier sur Terre et de visualiser la date approximative prévue pour sa disparition selon différents niveaux de réchauffement climatique.

https://glacierextinction.com/

 

Cet outil montre des modèles d’évolution des glaciers à l’aide d’une carte interactive qui illustre à quel point l’avenir de chaque glacier dépend radicalement de la hausse des températures. Les utilisateurs peuvent consulter des glaciers spécifiques et comparer les projections pour des scénarios de réchauffement de 1,5 °C, 2,7 °C et 4 °C. Avec un réchauffement de 1,5 °C, environ 2 000 glaciers pourraient disparaître chaque année au pic de la vague d’extinction glaciaire. D’ici 2100, près de la moitié des glaciers actuels pourraient subsister si le réchauffement est limité à 1,5 °C, contre seulement 20 % environ à 2,7 °C et moins de 10 % à 4 °C. Dans les Alpes européennes, seuls 110 glaciers environ pourraient survivre à une hausse de 2,7 °C, ce chiffre chutant à une vingtaine seulement à 4 °C.

 Le glacier des Bossons dans les Alpes françaises fait partie de ceux qui sont le plus menacés par la hausse des températures (Photo: C. Grandpey)

Ce scénario très inquiétant est déjà une réalité. Le glacier suisse Bella Tola a été officiellement déclaré disparu en août 2026 (voir ma note du 20 août 2026) , et le glacier Urirotstock a également été déclaré disparu cet été. Selon les chercheurs, ces disparitions démontrent que l’extinction des glaciers n’est plus un problème lointain, mais un phénomène qui se déroule en temps réel, sous nos yeux.

Le glacier Bella Tola a disparu (Crédit photo: Romain Daniel / La Cote)

Comme cela est répété sans cesse, la fonte des glaciers contribue à l’élévation du niveau de la mer, avec un risque d’intensification des inondations côtières, loin des montagnes où la glace disparaît.
Les rapports climatiques se concentrent souvent sur des moyennes mondiales. L’intérêt de la carte interactive est de montrer ce que ces moyennes impliquent concrètement pour un glacier spécifique, autrement dit un glacier que l’on connaît par son nom, que l’on a visité ou dont on dépend indirectement pour son approvisionnement en eau.
Le Global Glacier Extinction Explorer offre au grand public, aux éducateurs et aux décideurs politiques un moyen plus clair de comprendre l’impact des choix en matière d’émissions de gaz à effet de serre sur des lieux bien réels. Une telle visibilité peut aider les communautés à se préparer aux défis liés à la gestion de l’eau, aux mutations du tourisme et à l’adaptation locale au réchauffement climatique.
L’écart entre 2,7°C et 4°C degrés est considérable mais il représente la différence entre la préservation d’une grande partie des glaciers et la perte de la majeure partie d’entre eux.
Le site web permet également de visualiser directement la rapidité avec laquelle les conditions pourraient évoluer si la hausse des températures se poursuit.

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Scientists have launched the Global Glacier Extinction Explorer, a new interactive website that lets you search for any glacier on Earth and see approximately when it is projected to disappear under different levels of global heating.

https://glacierextinction.com/

The tool translates global glacier models into an interactive map, showing how dramatically the future of individual glaciers changes as temperatures rise. Users can look up individual glaciers and compare projections for them at 1.5°C, 2.7°C and 4 degrees Celsius of warming. At 1.5°C of warming, around 2,000 glaciers a year could disappear at the peak of glacier extinction. By 2100, nearly half of today’s glaciers could remain at 1.5°C, but only around 20% at 2.7°C and fewer than 10% at 4°C. In the European Alps, only around 110 glaciers may survive at 2.7°C, falling to as few as 20 at 4°C.
This scenario is already happening. Switzerland’s Bella Tola Glacier was officially declared extinct in August 2026, while Urirotstock Glacier was also declared extinct this summer. Researchers say these disappearances show glacier extinction is no longer a distant future problem but something now unfolding in real time.

Melting glaciers also contribute to sea-level rise, which can intensify coastal flooding far from the mountains where the ice is disappearing.

Climate reports often focus on global averages, but this map shows what those averages can mean for a specific glacier that people know by name, have visited, or depend on indirectly through their water supply.

The Global Glacier Extinction Explorer gives the public, educators, and policymakers a clearer way to understand how emissions choices affect real places. That kind of visibility can help communities prepare for water management challenges, tourism shifts, and local climate adaptation.

The difference between 2.7 and 4.9 degrees is not small — it represents the difference between preserving a large share of the world’s glaciers and losing most of them.

The website also offers a direct way to see how quickly conditions may change if warming continues.

Vers un Épisode 55 du Kilauea (Hawaï) ? // Towards Episode 55 at Kilauea (Hawaii)?

L’Épisode éruptif n°55 du Kilauea (Hawaï) verra-t-il le jour ? Le HVO a repoussé à plusieurs reprises la fenêtre de prévision. L’Observatoire pensait qu’il pourrait avoir lieu le 10 ou le 11 septembre 2026., mais Madame Pélé en a décidé autrement. Après une stabilisation de l’inflation, les courbes des tiltmètres montrent que le sommet s’est remis à gonfler :

 Schémas de déformation de la zone sommitale du Kilauea sur deux jours, une semaine et trois mois.

Dans un bulletin diffusé le 20 septembre 2026, le HVO écrit qu’ « au rythme actuel d’inflation, le système devrait atteindre d’ici un à deux jours le niveau d’inflation maximal de 16 microradians observé lors de l’Épisode 54. Lorsque cette pression maximale sera atteinte, l’activité pourrait reprendre au niveau du complexe de bouches éruptives nord-sud-ouest, réactiver le système de bouches 1-6 ou encore affecter une autre zone de faiblesse de la région sommitale. »

L’absence d’inflation ces derniers jours était peut-être due à un élargissement du réservoir magmatique superficiel sous le cratère de l’Halema’uma’u, comme l’a montrée l’ouverture de nouvelles bouches éruptives. Le complexe de bouches éruptives montre que le magma s’agite sous pression à faible profondeur, avec une forte lueur la nuit et des flammes qui jaillissent parfois des bouches.

Le 22 septembre 2026, le HVO indique qu’une activité possiblement annonciatrice du début de l’Épisode 55 a repris avec une coulée de lave émise par la bouche éruptive nord. Ce premier débordement a été suivi d’un second.

Images webcam

Une fontaine de lave finira-t-elle par jaillir soudainement de l’une des bouches ? L’éruption va-t-elle migrer vers une autre zone du Kilauea ? Personne ne le sait. La situation actuelle montre bien la limite de la prévision éruptive sur un volcan a priori effusif pourtant truffé d’instruments.

À noter un séisme de magnitude M 4,1 le 17 septembre 2026 à 5 km au sud de Pahala, à 12 km de profondeur, mais sans impact sur le Kilauea ou le Mauna Loa.

Source : HVO.

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Will Kilauea’s Eruptive Episode 55 (Hawaii) actually begin? The HVO has repeatedly posponed its forecast window. The Observatory had anticipated it might occur on September 10 or 11, 2026, but Madame Pele decided otherwise. After a period of stable inflation, tiltmeter readings show that the summit has begun to inflate again (see plots above):

In a bulletin released on September 20, 2026, the HVO stated that « at the current rate of inflation, the system should reach the maximum inflation level of 16 microradians observed during Episode 54 within one to two days. Once this peak pressure is reached, activity could resume at the north-southwest vent complex, reactivate the vent system 1–6, or affect another zone of weakness in the summit region. »
The lack of inflation in recent days may have been due to the expansion of the shallow magma reservoir beneath Halema’uma’u Crater, as evidenced by the opening of new vents.
The vent complex indicates that magma is bubbling under pressure at shallow depths, accompanied by a strong nighttime glow and flames occasionally shooting from the vents (see image above).

On September 22, 2026, the HVO reported that activity potentially signaling the start of Episode 55 had resumed, with a lava flow emerging from the north vent. This initial overflow was followed by a second one. (see image above)

Will a lava fountain suddenly erupt from one of the vents? Will the eruption migrate to another area of Kilauea? No one knows. The current situation clearly illustrates the limitations of eruption forecasting for a volcano that is ostensibly effusive, yet heavily instrumented.

It should also be noted that:a magnitude 4.1 earthquake occurred on September 17, 2026, 5 km south of Pahala at a depth of 12 km, but had no impact on Kilauea or Mauna Loa.
Source: HVO.

ESA : la fonte des glaciers polaires en images // ESA : polar glacier melt in images

Concentrations de CO2 : 426 ppm (21 septembre 2026)             

Concentrations de CH4 : 1939.44 ppb (mai 2026)

Dans ma dernière note sur la fonte impressionnante du Groenland et de l’Antarctique, j’explique que le Groenland est responsable de 1,81 cm de l’élévation du niveau de la mer, contre 1,33 centimètre pour l’Antarctique. Au Groenland, le glacier Jakobshavn perd désormais jusqu’à 50 mètres de longueur par jour.

Front de vêlage du glacier Jakobshaven (Crédit photo : NASA)

L’Agence spatiale européenne (ESA) a publié une vidéo qui illustre parfaitement la vitesse à laquelle le glacier Jakobshavn perd de la masse sous l’effet du réchauffement climatique. Le document, réalisé à partir d’images satellites prises entre janvier 2024 et décembre 2025 par la mission Copernicus Sentinel-1, montre la glace du Jakobshavn en train de finir sa course dans la mer :

https://youtu.be/oJmxgiU_8DI

Au cours des cinquante dernières années, les glaciers de l’Arctique et de l’Antarctique ont perdu environ 11 000 milliards de tonnes de glace. Comme je l’ai indiqué précédemment, cette quantité d’eau gelée serait suffisante pour recouvrir l’ensemble du territoire continental des États-Unis d’une couche de glace épaisse de 1,50 mètre.
Les données utilisées par l’ESA pour réaliser les vidéos ont été obtenues grâce à l’analyse d’une séquence d’images satellites couvrant la période de 1972 à 2023 pour le Groenland et de 1979 à 2023 pour l’Antarctique. Les scientifiques se sont concentrés sur le Groenland et l’Antarctique, car ces deux régions contiennent à elles seules plus de 99 % de la glace terrestre.
L’IMBIE (Ice Sheet Mass Balance Intercomparison Exercise) a également démontré que cette glace a fait monter le niveau de la mer de plus de 3 centimètres, ce qui expose entre 6 et 9 millions de personnes à un risque d’inondations et d’érosion côtière.

https://youtu.be/gY8_geMOT1U

Le graphique montre que la perte de glace a commencé à s’accélérer fortement à partir des années 1990. Le Groenland, dont le bilan de masse était proche de l’équilibre dans les années 1970, a vu ses pertes annuelles passer d’environ 60 milliards de tonnes dans les années 1980 à 264 milliards de tonnes dans les années 2010. L’Antarctique a suivi une trajectoire similaire, avec des pertes annuelles passant d’environ 48 milliards de tonnes dans les années 1980 à 202 milliards de tonnes dans les années 2010. Toutefois, contrairement au Groenland, la perte nette de glace en Antarctique résultait entièrement de la fonte induite par l’océan et de l’accélération de ses glaciers émissaires. En Antarctique occidental, le débit de glace a augmenté au cours de chaque décennie couverte par les relevés satellitaires, sous l’effet notamment de l’accélération des glaciers Pine Island et Thwaites.

Grâce à l’imagerie satellitaire, les scientifiques ont pu reconstituer les mouvements des glaciers. Ces derniers ont généralement tendance à se diriger vers la côte. Plus ils s’en approchent, plus la fonte s’accélère. L »eau plus chaude de l’océan fait fondre le glacier par en dessous et l’amincit. Or, plus la couche de glace est mince, plus il devient difficile pour le glacier de la retenir.

Source : BAS

Source : ESA.

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In my previous post regarding the dramatic melting of ice in Greenland and Antarctica, I explained that Greenland is responsible for 1.81 cm of sea-level rise, compared to 1.33 cm for Antarctica. In Greenland, the Jakobshavn Glacier is now losing up to 50 meters in length per day.
The European Space Agency (ESA) has released the above video that perfectly illustrates the speed at which the Jakobshavn Glacier is losing mass due to global warming. Created using satellite imagery captured between January 2024 and December 2025 by the Copernicus Sentinel-1 mission, the video shows the Jakobshavn ice as it flows into the sea:

Over the past fifty years, glaciers in the Arctic and Antarctic have lost approximately 11 trillion tonnes of ice. As I previously noted, this volume of frozen water would be enough to cover the entire continental United States with a layer of ice 1.50 meters thick.
The data used by the ESA to create these videos came from analyzing satellite image sequences covering the period from 1972 to 2023 for Greenland and 1979 to 2023 for Antarctica. Scientists focused on Greenland and Antarctica because these two regions alone hold more than 99% of Earth’s ice.
The IMBIE (Ice Sheet Mass Balance Intercomparison Exercise) has also shown that this ice loss has raised sea levels by more than 3 centimeters, putting between 6 and 9 million people at risk of flooding and coastal erosion.
The graph above shows that ice loss began to accelerate sharply in the 1990s. Greenland, where the mass balance was close to equilibrium in the 1970s, saw its annual losses rise from approximately 60 billion tonnes in the 1980s to 264 billion tonnes in the 2010s. Antarctica followed a similar trajectory, with annual losses increasing from around 48 billion tonnes in the 1980s to 202 billion tonnes in the 2010s. However, unlike Greenland, net ice loss in Antarctica resulted entirely from ocean-driven melting and the acceleration of its outlet glaciers. In West Antarctica, ice discharge increased during every decade covered by satellite records, driven notably by the acceleration of the Pine Island and Thwaites glaciers.

Satellite imagery has enabled scientists to reconstruct glacier movements. Glaciers generally tend to flow towards the coast; the closer they get, the faster they melt. Warmer ocean water melts the glacier from below, causing it to thin. The thinner the ice layer becomes, the harder it is for the glacier to retain it.
Source: ESA.