Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques informations sur l’activité volcanique dans le monde, fournies par les observatoires et par le Global Volcanism Network de la Smithsonian Institution.

**********

L’Episode 55 de l’éruption du Kilauea (Hawaï) se fait attendre et les signes précurseurs  persistent depuis pas mal de temps. Des coulées de lave sont émises par intermittence depuis la bouche nord depuis le 7 septembre 2026 ; une cinquantaine de débordements a eu lieu depuis cette date. Ce type d’activité précède en général les épisodes de fontaines de lave, mais l’inflation sommitale est très irrégulière depuis l’Episode éruptif n°54 du 25 août. Le HVO a repoussé à plusieurs reprises la fenêtre de prévision concernant le début de l’Episode 55. Dans son dernier bulletin, l’Observatoire pense qu’il pourrait avoir lieu le 10 ou le 11 septembre.

Source : HVO.
Il convient de noter que l’archipel hawaïen a été touché ces derniers jours par plusieurs tempêtes tropicales associées à des systèmes de basse pression. Une étude personnelle menée au Stromboli (Sicile) m’a permis de démontrer qu’une telle situation peut avoir un impact sur l’activité éruptive d’un volcan. Vous trouverez le résumé de cette étude sous l’entête de ce blog.

++++++++++

Début septembre 2026, l’activité éruptive de l’Anak Krakatau (Indonésie) a été l’une des plus puissantes observées sur le volcan ces derniers temps. Le satellite Landsat 8 de la NASA a survolé l’Anak Krakatau le 5 septembre 2026 et son instrument OLI (Operational Land Imager) a capturé une image du panache de gaz au-dessus du cratère.

Un autre satellite propose une perspective plus large. Le capteur VIIRS (Visible Infrared Imaging Radiometer Suite), embarqué à bord du satellite Suomi NPP, montre le panache en train de s’étirer sur une vaste zone.

Le 6 septembre, l’agence météorologique indonésienne a indiqué que les cendres atteignaient une altitude d’environ 6 000 mètres à l’est du volcan. Toutefois, l’activité explosive de l’Anak Krakatau avait diminué, même si le volcan était toujours très actif avec un régime d’éruptions stromboliennes projetant des matériaux incandescents.
Les aéroports ont repris leurs activités dès le 8 septembre, mais l’Anak Krakatau reste au niveau d’alerte III (Siaga).

Source : Magma Indonesia.

La police a élargi les recherches pour retrouver cinq journalistes et trois membres d’équipage dont on a perdu la trace alors qu’ils couvraient l’éruption de l’Anak Krakatau. La zone de recherche a été étendue aux eaux entourant Lampung. Les personnes disparues ont été localisées pour la dernière fois dans le détroit de la Sonde, au large de Banten. Toutefois, les autorités pensent que de forts courants marins ont pu entraîner l’embarcation vers les eaux de Lampung. Des recherches aériennes par hélicoptère seront lancées si les conditions météorologiques le permettent.
Le groupe était parti pour l’Anak Krakatau le 7 septembre 2026. Il avait quitté Carita à 14 h 00 (heure locale) en direction du volcan, pour un trajet estimé à deux heures. La perte de contact est survenue quelque temps plus tard, alors que le bateau se trouvait vraisemblablement dans les eaux situées entre Carita et l’Anak Krakatau. Leur signal a été détecté pour la dernière fois à 18 h 13, à proximité du volcan.
Au troisième jour des opérations, les équipes de recherche ont récupéré un gilet de sauvetage orange non identifié, mais aucun autre indice n’a été signalé depuis.

Source: presse indonésienne.

++++++++++

L’activité reste globalement stable sur les autres volcans mentionnés dans les bulletins précédents « Volcans du monde ». .
Ces informations ne sont pas exhaustives. Vous pourrez en obtenir d’autres en lisant le rapport hebdomadaire de la Smithsonian Institution :
https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

°°°°°°°°°°

Flux RSS

Petit rappel : on me demande parfois comment il est possible de recevoir et lire mes articles au moment de leur parution. Pour cela, rendez-vous en haut de la colonne de droite de mon blog où figure le flux RSS qui permet de recevoir automatiquement des mises à jour du blog.

Vous pouvez également cliquer sur « Suivre Claude Grandpey : Volcans et Glaciers ».

——————————————-

Here is some news about eruptive activity around the world, provided by observatories and the Smithsonian Institution’s Global Volcanism Network.

**********

The precursory signs of Kilauea‘s Episode 55 (Hawaii) have been lasting a long time. Lava flows have intermittently erupted lava from the north vent since September 7, 2026.. A total of 50 overflows have occurred since then. This style of activity has been typical in the hours to days before a summit lava fountaining episode.  However, summit reinflation has been very irregular since Episode 54 on August 25. The HVO had to postpone several times the forecast window for the start of Episode 55 fountaining. It is currently September 10-11.

Source : HVO.

It should be noted that the Hawaiian archipelago has been affected by several storms with lower pressure systems in the past days. I have shown in a personal study performed at Stromboli (Sicily) that such a situation may affect a volcano’s eruptive activity. See the abstract of my study beneath the title of this blog

+++++++++

The September eruption of Anak Krakatau (Indonesia) was one of the most disruptive episodes. NASA’s Landsat 8 satellite passed over Anak Krakatau on September 5, 2026. Its Operational Land Imager (OLI) captured the detailed view of gas rising over the darker ash cloud.

A second satellite provided a much broader perspective. The Visible Infrared Imaging Radiometer Suite (VIIRS) aboard the Suomi NPP satellite showed volcanic material spreading across a large region.

By September 6, Indonesia’s meteorological agency reported ash reaching approximately 6,000 meters east of the volcano. However, Anak Krakatau’s explosive activity had subsided, although the volcano remained active. It shifted back toward more typical Strombolian eruptions that can throw glowing lava fragments, ash, and other volcanic material from the vent.

Airports resumed operations by September 8, but Anak Krakatau remained at level III (Siaga).

Source : Magma Indonesia.

Police have expanded the search for five journalists and three crew members who lost contact while covering the eruption of Mount Anak Krakatau. The search area has been extended to the surrounding waters of Lampung. The victims were last reported missing in the Sunda Strait, Banten. However, authorities are also considering the possibility that strong ocean currents carried them toward Lampung waters. Aerial searches utilizing helicopters will be deployed if weather conditions around the area permit.

The group departed for Mount Anak Krakatau on September 7, 2026. They set sail from Carita at 14:00 (local time), heading toward the volcano with an estimated travel time of two hours. Loss of contact occurred some time later, when the boat was estimated to be in waters between Carita and Anak Krakatau. By 18:13, their signal was last detected in the vicinity of the volcano.

On the third day of search operations, search teams retrieved an unidentified orange life vest, but no other indication has been signaled.

Source: Indonesian news media.

++++++++++

Activity remains globally stable on other volcanoes mentioned in the previous bulletins « Volcanoes of the world ». .

This information is not exhaustive. You can find more by reading the Smithsonian Institution’s weekly report:

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

°°°°°°°°°°

RSS feed

Quick reminder: I am sometimes asked how it is possible to receive and read my posts when they are published. Just go to the top of the right column of my blog where you can see the RSS feed. It will allow you to automatically receive updates from the blog.
You can also click on “Suivre Claude Grandpey: Volcans et Glaciers”.

Août 2026, le mois de tous les records !

Concentrations de CO2 : 426,53 ppm (08 septembre 2026)             

Concentrations de CH4 : 1939.44 ppb (mai 2026) / 1933,18 mai 2025)

C’est à la Une de tous les médias, mais ce n’est pas une surprise : Selon le dernier rapport mensuel de l’observatoire européen Copernicus, la Terre a connu avec août 2026 le mois le plus chaud jamais enregistré depuis le début des relevés, tous mois confondus, »à égalité avec juillet 2023″. La température moyenne de l’air à travers le globe s’est établie à 16,96 °C, soit 0,85 °C au-dessus de la moyenne de la période 1991–2020 et 1,65 °C au-dessus des niveaux préindustriels, qui font référence dans l’Accord de Paris. Dans le cadre de cet accord réalisé en 2015 et qui semble largement dépassé par les événements climatiques, la communauté internationale s’était engagée à limiter la hausse des températures à +1,5 °C, un objectif qui semble quasiment irréalisable aujourd’hui !

La période de juin à août 2026 a été la plus chaude jamais enregistrée à l’échelle mondiale, à égalité avec celle de 2024. Troisième été le plus chaud jamais enregistré en Europe (derrière 2024 et 2022), l’été 2026 a battu tous les records de températures sur la partie occidentale du continent, devant le record établi en 2003.

La cause de ce record de chaleur se trouve dans une succession de canicules exceptionnellement précoces, persistantes et intenses dans toute l’Europe au cours de ces trois mois.

Dans les océans, la température moyenne en août 2026 a atteint sa valeur la plus élevée jamais enregistrée, à égalité avec 2024 (respectivement 21,07° et 21,09°C).

Ces observations montrent à quel point le réchauffement climatique est à l’origine de phénomènes extrêmes tant dans l’atmosphère que dans les océans. Les conséquences de ces conditions se font de plus en plus sentir sur les populations, les économies et les écosystèmes à travers le monde.

Source: Copernicus.

Maintenant, il ne faudrait pas que les médias déclarent que les températures record du printemps et de l’été 2026 font partie d’un phénomène exceptionnel qu’il faut s’empresser d’oublier. Ce serait une grave erreur et ce serait tromper la population. Rien n’est fait par nos gouvernants pour infléchir la courbe des concentrations de gaz carbonique et de méthane dans l’atmosphère (voir les chiffres ci-dessus). Il faut donc s’attendre à de nouveaux événements climatiques extrêmes, que ce soit au niveau des températures, des sécheresses ou des incendies de végétation. Le renforcement du phénomène de réchauffement El Niño dans les prochains mois n’est pas fait pour arranger les choses.

A noter que la plupart des modèles de prévision météorologique entrevoient la persistance d’un temps anormalement chaud et sec jusqu’à fin septembre–début octobre.

Attention ! Un supervolcan peut rester dangereux pendant des milliers d’années // Warning : a supervolcano can stay dangerous for thousands of years

Une nouvelle étude menée par une équipe scientifique internationale incluant des chercheurs issus de l’université australienne Curtin, de l’université d’État de l’Oregon, de l’université de Heidelberg et de l’Agence géologique d’Indonésie vient de révéler que la super-éruption du Toba, survenue il y a 74 000 ans, n’a pas marqué la fin de sa dangerosité. Le magma sous la caldeira a continué de provoquer des éruptions pendant des milliers d’années, même après que certaines parties du système se soient refroidies pour former de la roche solide.

Les chercheurs ont étudié le comportement de ce système volcanique après l’éruption dite du « Youngest Toba Tuff » (tuf du Jeune Toba). Cet événement a expulsé au moins 2 800 kilomètres cubes de magma rhyolitique. Il s’agissait donc bien d’une super-éruption. Rappelons qu’une éruption mérite le qualificatif de « super-éruption » — et le volcan celui de « supervolcan » — lorsqu’elle expulse plus de 1 000 kilomètres cubes de matériaux. À ce titre, elle est classée au niveau 8 (le maximum) sur l’indice d’explosivité volcanique (Volcanic Explosivity Index – VEI).
Les travaux des chercheurs se sont concentrés sur le phénomène de résurgence, qui survient lorsqu’une caldeira commence à se réajuster après son effondrement lors d’une éruption majeure. Dans le cas du Toba, ce processus de rétablissement a inclus un soulèvement du sol et une reprise de l’activité volcanique bien après la fin de l’éruption principale.

 Crédit photo : Wikipedia

Les grandes caldeiras, comme celles du Toba et de Yellowstone, peuvent rester instables après leurs éruptions les plus puissantes. Des émissions de gaz, des séismes, des modifications structurelles et des éruptions de moindre ampleur peuvent se poursuivre à mesure que le système se rééquilibre. Pour le Toba, l’équipe scientifique a étudié trois dômes de lave formés après l’éruption principale, en s’appuyant sur deux « horloges naturelles » préservées dans les minéraux volcaniques : l’argon présent dans le feldspath et l’hélium dans le zircon sont piégés à des températures différentes, ce qui a permis aux chercheurs de reconstituer le processus de refroidissement des roches.

 Carte de la caldeira de Toba montrant les dômes de lave formés après l’éruption du « Youngest Toba Tuff ». (Crédit : Martin Danišík et al., Nature – Earth and Environmental Sciences)

Les échantillons issus de l’éruption du « Youngest Toba Tuff » ont révélé des âges concordants – environ 74 000 ans – selon les méthodes de datation argon et zircon-hélium. Cette concordance correspond au refroidissement rapide attendu après une éruption cataclysmale.
Les dômes de lave plus récents ont révélé une histoire différente. Les datations zircon-hélium ont situé ces éruptions il y a environ 70 000, 67 100 et 61 800 ans. En revanche, les âges obtenus par la méthode argon sur le feldspath sont restés proches de ceux de l’éruption principale.
D’une manière globale, le laps de temps séparant l’éruption principale des éruptions ultérieures des dômes a été estimé entre 4 600 et 13 600 ans environ. Les modèles thermiques ont permis d’estimer des durées maximales de stockage pré-éruptif d’environ 4 500 et 7 400 ans pour les deux dômes de Samosir, et de 12 700 ans pour le dôme de Pardepur.
La modélisation indique que le matériau à l’intérieur des dômes a séjourné pendant de longues périodes à des températures comprises approximativement entre 300 et 425 °C, avec une fourchette plus large allant d’environ 280 à 500 °C. À ces températures, une grande partie du matériau se trouvait en dessous du solidus, le seuil à partir duquel la roche fond suffisamment pour se comporter comme du magma. Le matériau échantillonné au niveau des dômes plus tardifs était donc en grande partie solide et ne peut normalement pas être émis lors d’une éruption
Les chercheurs estiment que l’immense réservoir de Toba présentait une grande hétérogénéité thermique. Un cœur plus chaud a pu coexister avec une zone périphérique plus froide, où des matériaux riches en cristaux s’étaient suffisamment refroidis pour retenir l’argon.
Les dômes formés après l’éruption du Toba étaient minuscules comparés à la super-éruption elle-même. À eux deux, les dômes de Samosir représentaient moins d’un kilomètre cube de matériau, soit environ 0,04 % des 2 800 kilomètres cubes éjectés lors de l’épisode du « Youngest Toba Tuff. ».
La chronologie de la formation de ces dômes permet également de préciser le moment où a débuté la résurgence du Toba. Deux dômes de Samosir sont entrés en éruption plusieurs milliers d’années après la super-éruption, durant une période où le soulèvement du sol a remodelé le plancher de la caldeira. Les preuves géologiques indiquent que ce soulèvement s’est poursuivi pendant une durée comprise entre 36 000 et 42 000 ans au minimum.

Les résultats de cette étude remettent en question une approche courante de l’évaluation des risques volcaniques, qui privilégie largement la détection de magma liquide sous un volcan. Ils démontrent qu’il faut désormais envisager la possibilité d’éruptions même en l’absence de magma liquide décelable sous l’édifice volcanique.
Cela ne signifie pas pour autant que tout réservoir magmatique solidifié est prêt à entrer en éruption. Les travaux menés sur le Toba révèlent plutôt que les systèmes de caldeira pérennes peuvent demeurer mécaniquement actifs alors même que les différentes zones de leurs réservoirs magmatiques présentent des températures très disparates.

Cette découverte élargit l’éventail des signaux que les scientifiques doivent prendre en compte pour contrôler les super volcans potentiellement actifs. Outre la recherche de roches en fusion, des phénomènes tels que le soulèvement structurel, les mouvements de failles et le comportement des vestiges solidifiés peuvent s’avérer déterminants.
Si une super-éruption peut avoir des répercussions à l’échelle régionale comme mondiale et nécessiter des décennies, voire des siècles, pour un retour à la normale, cette étude montre que le danger ne s’éteint pas avec l’éruption elle-même : la menace de risques ultérieurs persiste pendant des milliers d’années. Le cas du Toba illustre que la période suivant une super-éruption peut durer bien plus longtemps que l’éruption qui en est à l’origine.
Bien qu’exceptionnellement rares, les super-éruptions peuvent engendrer des conséquences bien au-delà du site éruptif, notamment des retombées de cendres à grande échelle et des perturbations climatiques à l’échelle mondiale.
Source : Yahoo Actualités.

————————————-

A new study by an international team os scientists from Curtin University, Oregon State University, Heidelberg University and the Geological Agency of Indonesia has just revealed that Toba’s 74,000-year-old super-eruption did not mark the end of its danger. Magma beneath the Indonesian caldera remained capable of driving eruptions for thousands of years, even after parts of the system had cooled into solid rock.

The researchers examined how the giant volcanic system behaved after the Youngest Toba Tuff eruption. That event expelled at least 2,800 cubic kilometers of rhyolite magma. This was indeed a super eruption. It is useful to remind people that an eruption deserves to be called a ‘super eruption’ and a volcano a ‘super volcano’ when it expels more than 1,000 cubic meters of material. As such, it is classified 8 (the maximum) on the Volcano Explosivity Index (VEI).

The researchers work focused on resurgence, when a collapsed caldera begins adjusting after a major eruption. At Toba, that recovery included uplift and renewed volcanic activity long after the main eruption ended.

Large calderas such as Toba and Yellowstone can remain restless after their biggest eruptions. Gas emissions, earthquakes, structural changes and smaller eruptions can continue as the system readjusts. At Toba, the scientific team investigated three post-eruption lava domes using two natural clocks preserved in volcanic minerals. Argon in feldspar and helium in zircon become trapped at different temperatures, allowing researchers to reconstruct how the rocks cooled.

The Youngest Toba Tuff samples gave matching argon and zircon-helium ages near 74,000 years. That agreement fits the rapid cooling expected after a catastrophic eruption.

The younger lava domes told a different story. Zircon-helium ages placed eruptions at about 70,000, 67,100 and 61,800 years ago. Their feldspar argon ages remained close to the age of the main eruption.

Globally, the delays between the main eruption and later dome eruptions were estimated at about 4,600 to 13,600 years. Thermal models allowed maximum pre-eruptive storage periods of about 4,500 and 7,400 years for the two Samosir domes, and 12,700 years for the Pardepur dome.

The modelling indicated that the dome material spent long periods at roughly 300 to 425 degrees Celsius, with broader possible limits between about 280 and 500 degrees. At those temperatures, much of the material would have been below the solidus, the point at which rock becomes sufficiently molten to behave as magma. The material sampled by the later domes was therefore largely solid and would normally be considered non-eruptible.

The researchers argue that the enormous Toba reservoir was thermally uneven. A warmer interior could exist alongside a colder outer area where crystal-rich material had cooled enough to retain argon.

The post-Toba domes were tiny compared with the super-eruption. The Samosir domes together represented less than one cubic kilometer of material, about 0.04 percent of the 2,800 cubic kilometers expelled during the Youngest Toba Tuff event.

The timing of the domes also helps define when Toba’s resurgence began. Two Samosir domes erupted several thousand years after the super-eruption, during a period when uplift was reshaping the caldera floor. Geological evidence indicates that uplift continued for at least 36,000 to 42,000 years.

The results of the study challenge a common approach to volcanic hazard assessment that places heavy emphasis on detecting liquid magma beneath a volcano. This shows that we must now consider that eruptions can occur even if no liquid magma is found underneath a volcano.

That does not mean every solidified volcanic reservoir is ready to erupt. The Toba work instead shows that long-lived caldera systems can remain mechanically active while different parts of their magma reservoirs exist at very different temperatures.

For monitoring active supervolcanoes, that widens the range of signals scientists may need to consider. Structural uplift, fault movement and the behavior of solidified remnants may matter alongside searches for molten rock.

While a super-eruption can be regionally and globally impactful and recovery may take decades or even centuries, the results of the study show the hazard is not over with the super-eruption and the threat of further hazards exists for many thousands of years after. Toba shows that a supervolcano’s aftermath can last far longer than the eruption that created it.

Supereruptions are exceptionally rare but can have consequences extending far beyond the eruption site, including widespread ashfall and global climate disruption.

Source : Yahoo News.

Le pipi de l’Everest

C’est bien connu : Paris Match, c’est le poids des mots et le choc des photos. Ce peut être aussi l’inverse comme le montre un article parue dans cette revue. On y apprend que, selon une étude scientifique parue dans la revue Regional Environmental Change, les 6000 litres d’urine laissés quotidiennement par les alpinistes sur l’Everest pourraient faire fondre plus de 150 tonnes de glace et de neige chaque année sur la montagne himalayenne. Cette information est confirmée par d’autres sites et chaînes d’information.

Crédit photo: Wikipedia

La quantité d’urine impressionnante s’explique par la grande quantité d’eau que les touristes et leurs guides boivent à longueur de journée pour éviter la déshydratation. Un sportif de haut niveau doit boire au moins 3 litres par jour ; sur l’Everest, cette dose se répète sur une cinquantaine de jours…et l’étude nous apprend que la conséquence est loin d’être négligeable !

Les chercheurs expliquent que les alpinistes urinent généralement directement sur le glacier de Khumbu, extrêmement fréquenté sur le versant népalais de l’Everest . Or, ce liquide qui a la température du corps humain (environ 37°C) provoque la fonte du glacier. Au final, cette urine tiède serait à elle seule responsable de la fonte de 154 tonnes de glace par saison.

Glacier Khumbu (Crédit photo: Wikipedia)

C’est, bien sûr, une quantité négligeable à côté de l’impact global du tourisme de masse sur l’Everest. Il est estimé par les auteurs de l’étude à 2 492 tonnes de glace et de neige fondus supplémentaires par saison. A cela s’ajoute, bien sûr, l’impact du réchauffement climatique qui est considérable sur la chaîne himalayenne

L’étude parue dans la revue Regional Environmental Change rappelle aussi qu’en 2023 les quelque 1 600 tentes du camp de base de l’Everest ont consommé 824 bonbonnes de gaz de pétrole liquéfié, 18 935 litres de kérosène et 5 130 litres d’essence pour la cuisine, le chauffage et l’énergie. À cela s’ajoutent les vols en hélicoptère pour les transporter au plus près et venir éventuellement secourir les alpinistes. Il y a aussi la chaleur corporelle des alpinistes et des yaks utilisés pour transporter les provisions, les déchets qui s’accumulent dans la montagne.

Le camp de base de l’Everest est un véritable dépotoir (Crédit photo: Wikipedia)

Les auteurs de l’étude conseillent de déplacer le camp de base de l’ascension de l’Everest en dehors du glacier de Khumbu. L’idéal serait de le transposer dans un lieu exempt de neige et de glace. Ce n’est pas pour demain !

S’agissant des déchets, l’Everest est une catastrophe environnementale. Voir mes notes du 22 février et du 21 mars 2026 à ce sujet. En février 2026, un texte législatif a été voté par la Chambre des Députés népalaise. Il instaure des règles plus strictes pour l’alpinisme, des dispositions renforcées en matière de sécurité et d’assurance, ainsi qu’un fonds permanent pour l’environnement destiné à la dépollution des hautes montagnes du pays, notamment l’Everest. Il y a du pain sur la planche !

Source: Paris Match.