Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici les dernières informations sur l’activité volcanique dans le monde, fournies par les observatoires et par le Global Volcanism Network de la Smithsonian Institution.

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Dans un bulletin diffusé le 18 octobre 2026, l’INGV indique qu’à 13h24 UTC, l’effondrement partiel d’un cône volcanique a été observé dans la zone cratèrique nord du Stromboli (Sicile) . L’effondrement a déclenché un glissement de terrain modéré de matériaux à haute température le long de la Sciara del Fuoco, avec des chutes de blocs qui ont dévalé jusqu’à la mer.
Sur le plan sismique, le signal correspondant à cet événement a duré environ deux minutes. Dans le même temps, le trémor volcanique n’a pas présenté de variations significatives.

Le 19 octobre, l’INGV a signalé un débordement de lave depuis la zone cratèrique nord. L’émission de lave a fait logiquement suite à l’effondrement du cône le 19 octobre. L’activité strombolienne habituelle s’est poursuivie normalement.

Image thermique du Stromboli le 19 octobre 2026

L’alerte au tsunami déclenchée le 18 octobre au soir a été générée par erreur par le système d’alerte automatique. Donc pas de panique !

Source : INGV.

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Tout est redevenu calme sur le Kilauea (Hawaï) après le 55ème épisode de fontaines de lave qui a duré moins de 6 heures, après avoir été précédé de spectaculaires débordements issus des trois bouches éruptives. L’épisode a commencé avec un rideau de lave de 80 mètres de hauteur et autant de largeur. Ensuite, les fontaines émises par la bouche nord ont atteint 220 mètres de hauteur.

Image webcam

Après l’arrêt de l’Épisode 55, l’inflation a repris sur la zone sommitale. Selon le HVO, les fontaines de lave de l’Épisode 56 pourraient jaillir entre le 28 octobre et le 5 novembre 2026. À noter que la morphologie de la bouche éruptive nord a considérablement changé.

 

Image webcam

Source : HVO.

Voilà à quoi ressemble, vue depuis la lèvre, une bouche éruptive active sur le Kilauea :

 

Photo : C. Grandpey

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Dans sa dernière mise à jour (21 octobre 2026), GeoNet a informé le public que l’activité à White Island (Nouvelle-Zélande) a évolué et est passée d’un régime intermittent à une éruption passive caractérisée par un panache continu de vapeur et de gaz contenant des cendres volcaniques. Une couche de cendres est visible autour de la bouche éruptive active dans le cratère principal. La température des émissions est passée d’environ 100 °C à près de 395 °C depuis la semaine précédente. Par conséquent, le niveau d’alerte volcanique a été relevé à 3 et la couleur de l’alerte aérienne est passée à l’Orange. Il n’existe aucune menace pour la terre ferme, hormis une possible odeur de soufre et de légères retombées de cendres. GeoNet précise que des éruptions plus explosives peuvent survenir soudainement, et représenteraient un danger mortel pour toute personne présente sur le plancher du cratère ou dans la zone située immédiatement au large, au sud-est de l’île. L’activité actuelle fait partie des cycles éruptifs observés par le passé à White Island. Si l’on se réfère aux épisodes éruptifs des 30 dernières années, cette activité est susceptible de se prolonger pendant plusieurs semaines. Toutefois, l’activité volcanique peut s’intensifier et devenir explosive, avec peu ou pas de signes avant-coureurs.
L’accès du public à White Island est interdit. Toutes les excursions à pied ainsi que les débarquements par bateau sont définitivement suspendus.
Source : GeoNet.

 

Vue de White Island le 20 octobre 2026 (Crédit photo : GeoNet)

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L’activité éruptive se poursuit sur le Krakatau (Indonésie). Des panaches de vapeur et de cendres s’élèvent généralement jusqu’à 100 m au-dessus du sommet. Le réseau sismique a enregistré des événements éruptifs le 17 octobre 2026, et une incandescence au niveau du cratère a été observée sur une image de webcam. Les panaches de cendres se sont alors élevés entre 100 et 600 m au-dessus de la bouche éruptive. Le 21 octobre, un panache noir et dense s’est élevé à environ 500 m au-dessus du sommet. Le niveau d’alerte demeure à 3 (sur une échelle de 1 à 4) ; il est conseillé au public de se tenir à une distance d’au moins 5 km du sommet et à au moins 1 km des petites îles situées au nord-ouest et au sud-est.
Source : PVMBG.

Panache de cendre noire sur le Krakatau (Photo : C. Grandpey)

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Également en Indonésie, le niveau d’alerte du Sinabung a été abaissé à 2 (sur une échelle de 1 à 4) le 17 octobre 2026, et la zone d’exclusion a été réduite à 3 km du sommet et à 4 km sur le flanc sud-est.
Source : PVMBG.

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L’activité éruptive se poursuit sur le Nevados de Chillán (Chili). Des scientifiques du SERNAGEOMIN ont effectué une visite sur le terrain les 15 et 16 octobre 2026 afin d’observer la coulée de lave et de prélever des échantillons de cendres. Le 15 octobre, la coulée de lave située sur le flanc sud-ouest atteignait 514 mètres de longueur et continuait de progresser à une vitesse estimée à environ 1 mètre par heure. Des blocs se détachaient du front de coulée et dévalaient le flanc du volcan. Des panaches de cendres s’élevaient jusqu’à 860 mètres au-dessus du sommet. Un séisme longue période (LP), témoignant d’un mouvement de fluides en profondeur, a été détecté le 16 octobre. Ce même jour, une incandescence au niveau de la bouche éruptivea été observée sur une image de webcam. Le niveau d’alerte demeure à la couleur Jaune (niveau 2 sur une échelle à quatre couleurs) ; le public est averti qu’une éruption est susceptible d’affecter les zones situées dans un rayon de 2 km autour du cratère actif.
Source : SERNAGEOMIN.

Crédit photo: SERNAGEOMIN

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Des panaches d’eau à la coloration verdâtre sont encore visibles sur les images satellites ; ils dérivent à plus de 7 km du volcan sous-marin Ahyi (arc volcanique des Mariannes). Ces panaches sont probablement liés à des phénomènes de dégazage et à une activité hydrothermale. Aucun signal n’est détecté par les capteurs de pression situés près de l’île Wake. La couleur de l’alerte aérienne reste Jaune (niveau 2 sur une échelle de quatre couleurs), et le niveau d’alerte volcanique reste à Advisory – surveillance conseillée – (niveau 2 sur une échelle de quatre niveaux).
Source : USGS.

Source: USGS

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Une activité éruptive intense est toujours observée sur le Reventador (Équateur). L’activité sismique révèle de nombreuses explosions quotidiennes, avec des séismes longue période, des épisodes de trémor harmonique ainsi que des événements associés à des émissions. Ainsi, des panaches de cendres et de gaz sont observés quotidiennement, visibles sur les images des webcams et signalés par le VAAC de Washington. Ils s’élèvent jusqu’à 1,6 km au-dessus du cratère. Chaque jour, à la faveur de l’obscurité, on peut observer des blocs incandescents dévalant les flancs du volcan sur une distance pouvant atteindre 1,2 km. Une coulée pyroclastique a dévalé le flanc sud le 18 octobre 2026. Le niveau d’alerte est maintenu à l’Orange (niveau 2 sur une échelle à quatre couleurs).
Source : Instituto Geofisico.

Crédit photo: Wikipedia

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L’activité reste globalement stable sur les autres volcans mentionnés dans les bulletins précédents « Volcans du monde ».
Ces informations ne sont pas exhaustives. Vous pourrez en obtenir d’autres en lisant le rapport hebdomadaire de la Smithsonian Institution :
https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Here is the latest news about eruptive activity around the world, provided by observatories and the Smithsonian Institution’s Global Volcanism Network.

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In a bulletin released on October 18, 2026, the INGV reported that at 13:24 UTC, a partial collapse of a volcanic cone was observed in the northern crater area of Stromboli (Sicily). The collapse triggered a moderate landslide of high-temperature material along the Sciara del Fuoco, with blocks tumbling all the way down to the sea.
Seismically, the signal associated with this event lasted approximately two minutes. Meanwhile, the volcanic tremor showed no significant variations.

On October 19, the INGV reported a lava overflow from the northern crater area. This lava emission followed the cone collapse that occurred on October 19. Typical Strombolian activity continued as usual.

The tsunami alert issued on the evening of October 18 was triggered in error by the automated warning system. So, there is no need to panic!
Source: INGV.

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The situation is quiet again on Kilauea (Hawaii) following the 55th episode of lava fountaining, which lasted less than 6 hours and was preceded by spectacular overflows from the three eruptive vents. The episode began with a curtain of lava 80 meters high and just as wide. Subsequently, the fountains erupting from the north vent reached heights of 220 meters. Following the end of Episode 55, inflation resumed in the summit area. The HVO’s preliminary forecast for Episode 56 fountaining is between October 28 and November 5, 2026. It should be noted that the morphology of thre north vent has much changed.

Source: HVO.

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In its latest update (October 21, 2026), GeoNet informed the public that activity at White Island (New Zealand) has moved from intermittent to passive eruption of a continuous steam and gas plume that includes some volcanic ash. A blanket of volcanic ash could be seen around the active vent in the Main Crater. The temperature of the emissions has increased from about 100°C to about 395°C since last week. Consequently, the Volcanic Alert Level has been raised to 3 and the Aviation Colour Code to Orange. There are no threats to the mainland beyond a potentially noticeable sulphur smell and light ashfall. GeoNet adds that more explosive eruptions could occur suddenly and be a threat to life on the crater floor and the area immediately offshore, southeast from the island. The current activity is typical of eruptive cycles seen at White Island. Based on past eruptive episodes over the past 30 years, this activity could continue for some time, maybe weeks. However, volcanic activity can escalate and become explosive with little or no warning.

Access of the public to White Island is prohibited. All on-foot tours and boat landings are permanently stopped.

Source : GeoNet.

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Eruptive activity continues at Krakatau (Indonesia). Steam and ash plumes usually rise up to 100 m above the summit. The seismic network recorded eruptive events on 17 October 2026 and crater incandescence was visible in a webcam image. Ash plumes then rose 100-600 m above the eruptive vent. On 21 October a dense black plume rose around 500 m above the summit. The Alert Level remains at 3 (on a scale of 1-4) and the public is advised to stay at least 5 km away from the summit and 1 km away from the small islands to the NW and SE.

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Also in Indonesia, the Alert Level for Sinabung was lowwered to 2 (on a scale of 1-4) on 17 October 2026 and the exclusion zone was lreduced to 3 km from the summit and 4 km on the SE flank.

Source : PVMBG.

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Eruptive activity continues at Nevados de Chillán (Chile) where. SERNAGEOMIN scientists conducted a field visit during 15-16 October 2026 to observe the lava flow and collect ash samples. The lava flow on the SW flank was 514 m long by 15 October and continued to advance down the SW flank at an estimated rate of about 1 m per hour. Detached blocks from the end of the lava flow descended the flank of the volcano. Ash plumes rose as high as 860 m above the summit. A long-period (LP) earthquake indicating fluid movement at depth was detected on 16 October. Incandescence at the eruptive vent was visible in a webcam image a few hours on that same day. The Alert Level remains at Yellow (level 2 on a four-color scale) and the public is warned that an eruption may impact areas within 2 km of the active crater. .

Source : SERNAGEOMIN.

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Submarine plumes of discolored greenish water can still be seen on satellite images, drifting more than 7 km from Ahyi Seamount (Mariana volcanic arc). The plumes are likely associated with degassing and hydrothermal activity. No signals are detected in data from underwater pressure sensors near Wake Island. The Aviation Color Code remains at Yellow (level 2 on a four-color scale) and the Volcano Alert Level remains at Advisory (level 2 on a four-level scale).

Source : USGS.

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Intense eruptive activity is going on at Reventador (Ecuador). Seismicity includes numerous daily explosions, long-period earthquakes, harmonic tremor, and tremor episodes associated with emissions. Daily ash-and-gas plumes are visible in webcam images and reported by the Washington VAAC rising as high as 1.6 km above the crater. Incandescent blocks are visible during dark hours each day rolling as far as 1.2 km down the flanks. A pyroclastic flow descended the S flank on 18 October 2026. The alert level is kept at Orange (level 2 on a four-color scale).

Source : Instituto Geofisico.

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Activity remains globally stable on other volcanoes mentioned in the previous bulletins « Volcanoes of the world ».

This information is not exhaustive. You can find more by reading the Smithsonian Institution’s weekly report:

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Les glaciers souterrains fondent eux aussi

Concentrations de CO2 : 426,46 ppm (21 octobre 2026).   

Concentrations de CH4 : 1934,57 ppb (juin 2026).

Les glaciers fondent à la surface de la terre sous les assauts du réchauffement climatique, mais la glace se trouve aussi parfois sous terre où elle fond également. On trouve des grottes de glace sur des volcans comme le Mont St Helens, le Mont Hood ou le Mont Rainier aux États Unis. En Sicile, la Grotta del Gelo est bien connue des volcanologue et des volcanophiles.

 Stalactites de glace sur l’Etna (Photo : C. Grandpey)

A côté de ces glaciers et de leurs grottes, il est bon de rappeler que l’on trouve des trous de glace très surprenants sur certains volcans éteints comme ceux de l’Auvergne, en particulier dans la cheire du Puy de Côme. J’ai écrit un article à leur sujet dans le n°48 de la revue LAVE. Il est intitulé « Les trous de glace de la cheire du Puy de Côme. » La formation de ces caractéristiques géologiques est également très bien expliquée et illustrée sur ce site web :

https://planet-terre.ens-lyon.fr/image-de-la-semaine/Img357-2011-06-27.xml

En France, des chercheurs du CNRS étudient le glacier souterrain du Chourum Clot dans le massif du Dévoluy, entre les Alpes du Sud et les Alpes du Nord, pour mesurer et analyser sa fonte. Pour ce faire, les scientifiques utilisent des balises d’ablation, des capteurs de température et un modèle tridimensionnel (3D) de la cavité pour évaluer précisément les volumes de glace perdus, comme on peut le voir dans cette vidéo :

https://www.facebook.com/watch/?v=1619366613260060

Il n’est guère surprenant de constater que la fonte de ce glacier souterrain est la même que celle de ses homologues en surface. Son niveau de glace a diminué de 10 mètres en 40 ans. En une seule année (entre octobre 2025 et octobre 2026), le glacier a perdu environ 50 centimètres d’épaisseur.

Les observations effectuées dans cette glacière naturelle sont importantes. Le site sert de témoin des évolutions climatiques et permet d’analyser les mécanismes de fonte sous terre.

Source: CNRS et presse régionale.

Les survivants de l’éruption du Kikai-Akahoya (Japon) // The survivors of the Kikai-Akahoya eruption (Japan)

L’indice d’explosivité volcanique (Volcanic Explosivity Index – VEI) est une échelle logarithmique allant de 0 à 8, utilisée pour mesurer l’ampleur relative et l’explosivité des éruptions volcaniques. Parmi les éruptions passées ou récentes, on peut citer : le Fuego (Guatemala) avec un VEI de 2 en 2018; le Nevado del Ruiz (Colombie) avec un VEI de 3 en 1985 ; le Semeru (Indonésie) avec un VEI de 4 en 2021 ; le mont Saint Helens (États-Unis) avec un VEI de 5 en 1980 ; le Hunga Tonga avec un VEI de 6 en 2022 ; et le Tambora (Indonésie) avec un VEI de 7 en 1815. Le VEI 8 est réservé aux supervolcans — tels que le Yellowstone (États-Unis), le Toba (Indonésie) ou le Taupo (Nouvelle-Zélande) — qui sont capables d’émettre plus de 1 000 km³ de matériaux.

Vers 5250 avant J.-C., une activité volcanique intense a secoué Kyushu, l’île la plus méridionale du Japon. Connue sous le nom d’éruption de Kikai-Akahoya, cette explosion colossale a atteint le niveau 7 sur l’indice d’explosivité volcanique. Elle a engendré des vagues de destruction qui ont ravagé l’archipel. Les îles japonaises ont dû subir de puissants séismes et des tsunamis dévastateurs. Le paysage a été recouvert de plusieurs mètres de cendres volcaniques, comme on peut le voir sur la carte ci-dessous. .

L’impact de cet événement apocalyptique sur les Jōmon, la population dominante au Japon à cette époque, composée de chasseurs-cueilleurs, a fait l’objet de débats.

Selon une première interprétation, les groupes locaux auraient été immédiatement anéantis, et la région ne s’est repeuplée que plus tard ; cette thèse s’appuie sur la présence, dans les archives archéologiques de l’île, d’une couche de cendres volcaniques séparant deux styles de poterie distincts.

Épaisseur des dépôts pyroclastiques sous-marins (Source : Université de Kobe)

Cependant, des recherches plus approfondies ont fait émerger une autre théorie selon laquelle certains styles de poterie auraient survécu, y compris sur l’île de Kyushu. Cette hypothèse a donné naissance au scénario de la « survie des Jōmon », qui s’oppose à la thèse de « l’apocalypse Jōmon ».

Aujourd’hui, des scientifiques présentent une nouvelle étude, publiée dans la revue Science Advances. Pour déterminer comment cette éruption apocalyptique a affecté la démographie au Japon, une équipe internationale d’archéologues a eu recours à des données issues de la datation au radiocarbone (ou Carbone 14). En utilisant la fréquence temporelle des datations au radiocarbone comme indicateur de la taille de la population (une plus grande abondance de vestiges témoigne d’une population plus nombreuse), les chercheurs ont pu appliquer des modèles statistiques pour estimer l’évolution démographique après l’éruption.

Leurs résultats révèlent un scénario plus nuancé que les précédents, situé entre l’anéantissement total et la continuité. Si la population de culture Jōmon a chuté brutalement dans la zone immédiate, elle a, en revanche, augmenté dans les localités voisines. Les secteurs les plus proches de l’épicentre étaient déjà en déclin depuis un certain temps ; la région était donc peu peuplée au moment de l’éruption. Par ailleurs, les populations vivant près de la côte nord ont vu leurs effectifs croître après la catastrophe, alors même que les terres environnantes avaient subi une destruction environnementale majeure.

Selon l’équipe scientifique, ces éléments laissent supposer que les personnes ayant fui l’éruption ont réussi à survivre, à migrer et à poursuivre leur existence. On peut lire dans l’étude que si la catastrophe a entraîné des pertes humaines considérables, « les survivants ont migré, tissé de nouveaux liens sociaux, développé des formes d’économie inédites et semblent avoir trouvé des moyens créatifs de subsister, puis de prospérer, dans les conditions qui ont suivi le désastre ».

L’éruption de Kikai-Akahoya fut un événement dévastateur de la préhistoire japonaise, mais elle témoigne également de la résilience humaine face à une telle catastrophe.

Source : Yaloo News.

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The Volcanic Explosivity Index (VEI) is a logarithmic scale from 0 to 8 used to measure the relative size and explosiveness of volcanic eruptions. Among the current eruptions and those of the past, Fuego ( Guatemala) received a VEI 2, Nevado del Ruiz (Colombia) a VEI 3 in 1985, Semeru (Indonesia) a VEI 4 in 2021, Mount St Helens (United States) a VEI 5 in 1980, Hunga Tonga a VEI 6 in 2022, and Tambora (Indonesia) a VEI 7in 1815).

VEI 8 is for supervolcanoes that eject more than 1,000 km³ of material, like Yellowsrone (United States), Toba (Indonesia) or Taupo (New Zealand).

Around 5,250 BCE, powerful volcanic activity rocked Kyushu, Japan’s southernmost island. Known as the Kikai-Akahoya eruption, the blast was enormous and reached 7 on the Volcanic Explosivity Index. It caused waves of destruction that ravaged the archipelago as it battered the Japanese islands with powerful earthquakes and enormous tsunamis, and then blanketed the landscape with meters of volcanic ash.

How this apocalyptic event affected the Jomon, the dominant Japanese hunter-gatherer culture at the time, has been the subject of some debate. According to traditional views of the fallout, local groups were immediately annihilated and the area was later resettled, as evidenced by the layer of volcanic ash separating one disappearing style of pottery from another in the island’s archaeological record.

However, after further investigation, another school of thought emerged, saying that some styles of pottery managed to survive, even on Kyushu. This theory gave birth to the « Jomon survival » scenario that arose as a counterweight to the « Jomo apocalypse. ». Today, scientists are out with a new study that was published in Science Advances.

To find out how the apocalyptic eruption affected population numbers throughout Japan, an international team of archaeologists turned to radiocarbon dating data. Using time-frequency of radiocarbon dates as a proxy for population (essentially, more stuff means a higher population), the researchers were able to apply statistical models to estimate population changes after the eruption.

Their findings point to a more nuanced scenario, somewhere in between annihilation and continuity. While Jomom population numbers dropped suddenly in the immediate area, they actually increased in nearby locales. The areas closest to ground zero had been in decline for some time, so the region was sparsely populated when the eruptions occurred. Additionally, populations near the northern coastline grew after the disaster, even though the countryside was ecologically destroyed.

According to the scientific team, these findings suggest refugees from the eruption managed to hold on, migrate, and continue their lives. The disaster caused major loss of life ; however, the study says that « survivors migrated, forged new social relations, innovated new kinds of economy, and appear to have found creative ways to exist and later thrive in the new post-disaster conditions. »

The Kikai-Akahoya eruption was a devastating event in Japan’s prehistory, but it also tells a story of human resilience in the face of disaster.

Source : Yaloo News.

Glacier de Saint-Sorlin : la fin approche !

Concentrations de CO2 : 426,43 ppm (19 octobre 2026).   

Concentrations de CH4 : 1934,57 ppb (juin 2026).

Dans une note publiée le 2 septembre 2021, j’écrivais que le glacier de Saint-Sorlin fait partie des petits glaciers les plus exposés au réchauffement climatique. Situé dans dans les Grandes Rousses, le glacier de St Sorlin d’Arves, aussi appelé Glacier de l’Etendard, s’étend sur 2,8 km entre 2.600 et 3.400 mètres d’altitude. Il est facilement accessible à partir du col de la Croix de Fer. Il fait partie des six glaciers des Alpes françaises placés sous étroite surveillance scientifique depuis plusieurs décennies. Dans ma note de septembre 2021, j’écrivais que « depuis 2003 le glacier de Saint-Sorlin perd en moyenne 2,20 mètres d’épaisseur par an. En octobre 2019, on recensait une ablation de 5,30 mètres en un an vers 2.750 mètres d’altitude. Le bas du glacier fond plus vite que le haut. On  observe une accélération de la perte de masse depuis les années 2000. »

Le Glacier de St Sorlin en août 2019 (Crédit photo: Delphine Six)

Un article de presse paru en octobre 2026 explique que l’année en cours avec ses canicules a profondément impacté le glacier. Vu des sommets alentour, il semble se réduire comme peau de chagrin. Dans sa limite basse, le blanc immaculé a laissé place à un lit de roches grisâtres et, dans les crevasses de plus en plus béantes, l’eau ruisselle intensément. Les balises plantées par les scientifiques montrent parfaitement la vitesse de fonte du glacier. Sur la seule période allant du 27 août au 13 octobre 2026, ce sont 140 centimètres d’épaisseur qui ont disparu. .

Après un été caniculaire marqué par un isotherme 0°C qui a dépassé les 5.000 mètres à plusieurs reprises, le mois de septembre est resté anormalement chaud et sec dans les Alpes. Cela fait craindre une accélération de la fonte du glacier de Saint-Sorlin, déjà promis à disparaître en 2050 selon une étude de 2023.

Comme pour les autres glaciers alpins, les mesures montrent que la fonte s’est accélérée après 1985, et en particulier après 2002, avec une perte de deux mètres équivalent d’eau par an entre 2002 et 2022, L’amincissement du Saint-Sorlin a été très rapide au cours des deux dernières décennies et atteint 1,20 mètre de glace par an vers 3.100 mètres d’altitude et 2,20 mètres vers 2.850 mètres. Les glaciologues sont tous d’accord pour dire que le glacier va disparaître avant 2050. Le Saint Sorlin est loin d’être un cas isolé. Les seuls glaciers qui vont survivre dans les Alpes sont ceux qui prennent leur source très haut en altitude. Il y aura quelques dizaines de glaciers résiduels en 2100, contre un peu plus de 550 actuellement.

Source : France 24.

 

Le glacier de Saint Sorlin et le Pic de l’Étendard en 2026 (Photo extraite d’un beau reportage sur le site « Helly and the mountains » : https://hellyandthemountains.fr/2026/08/06/glacier-de-saint-sorlin-2700m/