Glacier de Saint-Sorlin : la fin approche !

Concentrations de CO2 : 426,43 ppm (19 octobre 2026).   

Concentrations de CH4 : 1934,57 ppb (juin 2026).

Dans une note publiée le 2 septembre 2021, j’écrivais que le glacier de Saint-Sorlin fait partie des petits glaciers les plus exposés au réchauffement climatique. Situé dans dans les Grandes Rousses, le glacier de St Sorlin d’Arves, aussi appelé Glacier de l’Etendard, s’étend sur 2,8 km entre 2.600 et 3.400 mètres d’altitude. Il est facilement accessible à partir du col de la Croix de Fer. Il fait partie des six glaciers des Alpes françaises placés sous étroite surveillance scientifique depuis plusieurs décennies. Dans ma note de septembre 2021, j’écrivais que « depuis 2003 le glacier de Saint-Sorlin perd en moyenne 2,20 mètres d’épaisseur par an. En octobre 2019, on recensait une ablation de 5,30 mètres en un an vers 2.750 mètres d’altitude. Le bas du glacier fond plus vite que le haut. On  observe une accélération de la perte de masse depuis les années 2000. »

Le Glacier de St Sorlin en août 2019 (Crédit photo: Delphine Six)

Un article de presse paru en octobre 2026 explique que l’année en cours avec ses canicules a profondément impacté le glacier. Vu des sommets alentour, il semble se réduire comme peau de chagrin. Dans sa limite basse, le blanc immaculé a laissé place à un lit de roches grisâtres et, dans les crevasses de plus en plus béantes, l’eau ruisselle intensément. Les balises plantées par les scientifiques montrent parfaitement la vitesse de fonte du glacier. Sur la seule période allant du 27 août au 13 octobre 2026, ce sont 140 centimètres d’épaisseur qui ont disparu. .

Après un été caniculaire marqué par un isotherme 0°C qui a dépassé les 5.000 mètres à plusieurs reprises, le mois de septembre est resté anormalement chaud et sec dans les Alpes. Cela fait craindre une accélération de la fonte du glacier de Saint-Sorlin, déjà promis à disparaître en 2050 selon une étude de 2023.

Comme pour les autres glaciers alpins, les mesures montrent que la fonte s’est accélérée après 1985, et en particulier après 2002, avec une perte de deux mètres équivalent d’eau par an entre 2002 et 2022, L’amincissement du Saint-Sorlin a été très rapide au cours des deux dernières décennies et atteint 1,20 mètre de glace par an vers 3.100 mètres d’altitude et 2,20 mètres vers 2.850 mètres. Les glaciologues sont tous d’accord pour dire que le glacier va disparaître avant 2050. Le Saint Sorlin est loin d’être un cas isolé. Les seuls glaciers qui vont survivre dans les Alpes sont ceux qui prennent leur source très haut en altitude. Il y aura quelques dizaines de glaciers résiduels en 2100, contre un peu plus de 550 actuellement.

Source : France 24.

 

Le glacier de Saint Sorlin et le Pic de l’Étendard en 2026 (Photo extraite d’un beau reportage sur le site « Helly and the mountains » : https://hellyandthemountains.fr/2026/08/06/glacier-de-saint-sorlin-2700m/

L’Épisode 55 de l’éruption du Kilauea (Hawaï) // Episode 55 of the Kilauea eruption (Hawaii)

Tout est redevenu calme sur le Kilauea. Le 55ème épisode de fontaines de lave aura duré moins de 6 heures, mais a été précédé de spectaculaires débordements issus des trois bouches éruptives. La lave a recouvert l’ensemble du complexe de bouches actives.

Parmi les différentes hypothèses évoquées par le HVO suite à l’absence de nouveaux épisodes éruptifs après la fin de 54ème le 25 août dernier, c’est finalement la solution la plus classique qui a été choisie par Madame Pélé.

Aujourd’hui, le HVO nous explique que l’épisode a commencé avec un rideau de lave de 80 mètres de hauteur et autant de largeur.

Ensuite, les fontaines émises par la bouche nord ont atteint 220 mètres de hauteur.

Images webcam de l’événement

La zone sommitale a connu une déflation de 21 microradians pendant l’épisode.

Après l’arrêt de l’Épisode 55, l’inflation a repris ses bonnes habitudes des épisodes précédents (elle s’élève déjà à plus de 5 microradians) et la série n’est donc probablement pas terminée.

Chute et reprise de l’inflation pendant et après l’Épisode 55 (Source: HVO)

Source : HVO.

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Everything is quiet again at Kilauea. The 55th episode of lava fountaining lasted less than 6 hours, but was preceded by spectacular overflows from the three eruptive vents. Lava covered the entire complex of active vents.
Among the various hypotheses put forward by the HVO following the absence of new eruptive episodes after the end of the 54th episode on August 25th, it was ultimately the most classic scenario that « Madame Pele » chose to unfold.
Today, the HVO reports that the episode began with a curtain of fire (a line of lava fountains) 80 meters high and 80 meters wide. Subsequently, the fountains erupting from the north vent reached heights of 220 meters. The summit area experienced a deflation of 21 microradians during the episode.
Following the conclusion of Episode 55, the ground resumed the inflationary trend seen in previous episodes (it has already risen by more than 5 microradians), suggesting that this series of events is likely not yet over.
Source : HVO.

Impact des désastres climatiques sur le tourisme au Népal // Impact of climate-related disasters on tourism in Nepal

Concentrations de CO2 : 426,51 ppm (16 octobre 2026).   

Concentrations de CH4 : 1934,57 ppb (juin 2026).

Le secteur du tourisme d’aventure au Népal traverse une période difficile à la suite des inondations dévastatrices survenues à la frontière avec la Chine. Le bilan s’élève à 987 morts, tandis que près de 4 250 personnes sont portées disparues. Un effondrement glaciaire de grande ampleur dans le nord du pays a provoqué une avalanche de glace, de roches et d’eau de fonte qui s’est engouffrée dans les vallées en contrebas ; ces crues dévastatrices ont emporté ou isolé des communautés entières et endommagé routes, ponts et installations hydroélectriques.

Source: presse internationale

Une nouvelle  crue soudaine et dévastatrice a frappé le district de Gorkha, au centre du Népal, le 11 octobre 2026. Selon le secrétaire général de l’Association d’alpinisme du Népal, ces inondations doivent être considérées comme un « avertissement sérieux » pour l’industrie touristique du pays. Toutefois, « cette catastrophe ne doit pas marquer la fin du tourisme d’aventure au Népal ; elle doit servir de signal d’alarme. Le réchauffement climatique transforme l’Himalaya, et le Népal doit désormais bâtir une industrie touristique qui soit non seulement axée sur l’aventure, mais aussi plus sûre, plus intelligente et résiliente face au climat. »
À la suite de la catastrophe du mois d’août 2026, les infrastructures, les itinéraires et les destinations touristiques doivent être évalués et repensés afin d’offrir une meilleure protection contre les inondations, les glissements de terrain et autres phénomènes extrêmes.
Pour se relever de cette catastrophe, le Népal, l’un des pays les moins développés d’Asie du Sud, a estimé le coût des réparations entre 4 et 5 milliards de dollars, soit près d’un dixième de son économie. Le tourisme est un pilier de l’économie népalaise et constitue une source majeure de revenus. Le pays et ses presque 30 millions d’habitants est une destination majeure pour le trekking et l’alpinisme, ainsi qu’ un lieu incontournable pour les voyages spirituels.
Beaucoup de touristes ont annulé leurs réservations alors même que le Népal entrait au cœur de sa saison touristique. Le taux d’occupation des hôtels devrait atteindre 60 % durant le pic de la saison cette année, contre 100 % l’an dernier. La majorité des annulations provient de touristes européens. Les autorités locales soulignent qu’une grande partie du Népal a été peu touchée par les inondations et que le pays ne se résume pas aux montagnes, mais comprend également des zones de plaines.
Bien qu’une grande partie du Népal soit épargnée, le risque d’inondation demeure. L’ambassade des États-Unis en Chine a signalé un risque accru de nouveaux glissements de terrain et d’inondations suite à ne nouvelles abondantes précipitations. Un sous-secrétaire général des Nations Unies a également averti que des millions de personnes dans la région de l’Himalaya étaient menacées par des inondations d’origine glaciaire, et des vallées entières pourraient devenir inhabitables.
Avant la catastrophe du mois d’août, des chercheurs avaient identifié 47 lacs glaciaires dangereux au Népal, en Chine et en Inde, bien que l’on estime depuis que leur nombre réel est bien plus élevé. Les glaciers soutiennent les versants des montagnes ; le sol gelé maintient en place la roche fracturée ; les eaux de fonte s’accumulent dans des lacs retenus par des barrages naturels fragiles. À mesure que la glace s’amincit et que le pergélisol dégèle, les montagnes, restées stables pendant des millénaires, commencent à perdre leur cohésion.

Ce processus est généralement lent, mais il peut parfois se produire brutalement, comme ce fut le cas lorsqu’un important effondrement de glace et de roche a enseveli le village de Blatten dans les Alpes suisses en mai 2025.

Les inondations au Népal soulignent l’impact du réchauffement climatique sur la chaîne himalayenne et l’importance d’une surveillance satellitaire continue pour détecter les signes avant-coureurs de tels effondrements.
Source : CNBC.

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Nepal’s adventure tourism industry is facing a difficult period, following devastating flooding on Nepal’s border with China. The death toll stands at 987deaths, with nearly 4,250 people missing. A massive glacial collapse in northern Nepal triggered a landslide of ice and rock and meltwater into the valleys below, with powerful floods sweeping away or cutting off entire communities and damaging roads, bridges and hydropower facilities. A new, sudden, and devastating flash flood struck the Gorkha district in central Nepal on October 11, 2026.

According to the general secretary of the Nepal Mountaineering Association, the floods should be seen as a “serious warning” for Nepal’s tourism industry. However, “the disaster should not be seen as the end of Nepal’s adventure tourism; it should be a wake-up call. Climate change is changing the Himalayas, and Nepal must now build a tourism industry that is not only adventurous, but safer, smarter and climate-resilient.”

As a consequence of the August disaster, tourism infrastructure, routes and destinations will need to be assessed and redesigned with better protection for floods, landslides and other extreme events,

To rebuild from the catastrophe, Nepal, one of the least developed countries in South Asia, has reportedly estimated a cost of between $4 billion and $5 billion, equivalent to nearly one-tenth of its economy. The tourism industry is a core tenet of the Nepalese economy and serves as a major source of foreign exchange and revenue. The country of nearly 30 million is world-renowned as a hotspot for trekking and mountaineering, as well as a premier global destination for spiritual travel.

Tourists cancelled bookings, just as Nepal headed into its most popular travel season Hotel occupancy is expected to reach 60% occupancy during this year’s peak tourist season, down from 100% last year. Most of the cancellations have come from European tourists. Local authorities insist that a large part of Nepal is little damaged by the flood and the country does not only consist of mountains but also flatland.

Aven though a large part of Nepal has been spared, the risk of floods still exists. The U.S. embassy in China has noted the risk of further landslides and flooding due to additional rainfall. An assistant secretary-general at the United Nations has also warned that millions of people in the Himalayan region were at risk from glacial floods, with fears that entire riverbanks might become effectively uninhabitable.

Researchers have previously identified 47 dangerous glacial lakes in Nepal, China and India, although the real number has since been estimated to be far higher. Glaciers buttress the slopes around them; frozen ground holds fractured rock in place; meltwater collects in lakes behind fragile natural dams. As the ice thins and the permafrost thaws, mountains that were held together for millennia begin to loosen their grip. This process typically happens slowly, but sometimes it can happen suddenly — such as when a massive ice and rock collapse buried the Swiss Alpine village of Blatten in May 2025.

The Nepal floods underline the impact of global warming on the Himalayas and  underscore the importance of continued satellite monitoring for early-warning signs.

Source : CNBC.

L’effondrement des Alpes (suite) // The collapse of the Alps (continued)

Concentrations de CO2 : 426,51 ppm (16 octobre 2026).   

Concentrations de CH4 : 1934,57 ppb (juin 2026).

Un nouvel effondrement est susceptible de se produire prochainement dans les Alpes. En juin 2026, environ 2 000 mètres cubes de roche se sont détachés du Hochvogel (2592 m), dans les Alpes de l’Allgäu, à la frontière entre l’Allemagne et l’Autriche, et un autre effondrement majeur est peut-être imminent. Jusqu’à 400 000 mètres cubes de roche pourraient dévaler le flanc de la montagne.

Le sommet lui-même menace de se disloquer car une fissure est présente depuis le 19ème siècle et elle ne cesse de s’élargir. Les relevés indiquent qu’elle avait autrefois la largeur d’une épaule et qu’aujourd’hui elle mesure plusieurs mètres de large.

Crédit photo: presse régionale

Les scientifiques surveillent cette zone depuis douze ans, d’abord par des observations sur le terrain et, depuis 2018, grâce à des capteurs et des instruments de mesure installés en permanence sur la montagne. Un drone équipé d’un scanner laser a également été utilisé sur place.
Au printemps 2026, les instruments de mesure ont enregistré des vitesses de déplacement atteignant cinq millimètres par semaine. À l’échelle géologique, c’est une vitesse extrêmement élevée ; en temps normal, les Alpes se déplacent en moyenne d’environ 1,8 millimètre par an. Les données fournies par le système d’alerte précoce incitent désormais les chercheurs à tirer la sonnette d’alarme.
L’accès au sommet est interdit aux alpinistes venant du côté autrichien depuis un certain temps, mais l’ascension depuis l’Allemagne reste possible.
Début octobre, une équipe de géologues de l’Université technique de Munich (TUM) a de nouveau gravi le sommet pour inspecter le terrain et contrôler les instruments de mesure. Ils ont équipé les zones dangereuses de systèmes d’alerte précoce performants afin de pouvoir interpréter correctement les signes avant-coureurs émis par la montagne. Plus de 30 capteurs sont désormais installés sur le Hochvogel ; ils surveillent l’ensemble du sommet avec une précision millimétrique et documentent les moindres mouvements.

En 2024, la TUM a expliqué que la fissure principale mesurait jusqu’à six mètres de large, environ 35 mètres de long et près de 60 mètres de profondeur. Une nouvelle fissure située sur l’arête sud-ouest est désormais considérée comme un point de faiblesse majeur, où sont enregistrés les mouvements les plus importants.
Dans les prochaines années, des systèmes tels que celui installé par la TUM joueront un rôle essentiel en haute montagne, car la situation est appelée à évoluer de manière spectaculaire, dépassant tout ce que les scientifiques ont connu jusqu’ici.
Les chercheurs reçoivent systématiquement les données transmises par les instruments plusieurs fois par heure directement dans leurs bureaux. Ils espèrent que cette technologie permettra de maintenir l’accessibilité des Alpes tout en donnant aux autorités la possibilité de fermer les zones dangereuses avant qu’une catastrophe ne survienne.
Les chercheurs estiment que la montagne a probablement atteint un seuil critique et que 250 000 à 400 000 mètres cubes de roche peuvent se détacher à tout moment. Ils pensent que les conditions météorologiques extrêmes sont en partie responsables de l’accélération des mouvements du massif. Dans le cas du Hochvogel, l’influence des fortes précipitations, des orages et de la fonte des neiges est manifeste. Or, ces épisodes orageux se font de plus en plus fréquents et intenses sous l’effet du réchauffement climatique, ce qui peut influer sur la fréquence et la rapidité de tels effondrements.
Source : Euronews / Yahoo News.

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It looks as if another huge collapse might happen in the Alps in the short term. Around 2,000 cubic metres of rock broke away from the Hochvogel mountain in the Allgäu Alps in June 2026 and another major collapse could be imminent, potentially sending up to 400,000 cubic metres crashing down the mountainside.The site is the Hochvogel which sits on the border between Germany and the Austrian region of Tyrol. It is part of the Allgäu High Alps and stands at 2,592 metres high.

The summit itself is at risk of breaking apart, with a fissure that has existed since the 19th century steadily widening. Records suggest the crack was once about shoulder-width, but the gap is now several metres across.

Scientists have been monitoring the hotspot for twelve years, initially on field trips and, since 2018, with permanently installed sensors and measuring equipment. A drone with a laser scanner has also been deployed to the area.

In spring, measuring instruments recorded movement rates of up to five millimetres per week. In geological terms, that is extremely fast; normally the Alps shift by an average of around 1.8 millimetres per year. Readings from the early-warning system are now prompting the researchers to raise the alarm.

The mountain has been closed to climbers approaching from the Austrian side for some time, but the ascent from Germany remains open.

At the beginning of October, a team of geologists from the Technical University of Munich (TUM) climbed the peak once again to inspect the terrain and measuring instruments. They equipped areas that are dangerous with intensive early-warning systems and thus be able to read properly the warning signs given by the mountain. There are now more than 30 sensors on the Hochvogel, measuring the entire summit to millimetre precision and documenting movements.

In 2024, TUM described the main fissure as up to six metres wide, around 35 metres long, and about 60 metres deep. A new crack on the south-west ridge is now regarded as a key weak point where the highest rates of movement are recorded.

Systems like the one installed by TUM will be vitally important in high mountain areas, because things are going to change dramatically, beyond anything scientists know from experience.

The researchers receive the data from the instruments systematically, several times an hour, in their offices. They hope the technology will help keep the Alps accessible while allowing authorities to close off danger areas before disaster strikes.

Researchers believe the mountain could be reaching a critical point and that between 250,000 and 400,000 cubic metres of debris could break away and crash down the mountainside. They believe extreme weather could be partly behind increasing movements on the mountain. On the Hochvogel, there is a clear influence from intense rainfall, thunderstorms and snowmelt. And these thunderstorm events are currently becoming more frequent and more intense as a result of global warming, and that can of affect how quickly and how often such rockfalls occur

Source : Euronews,  Yahoo News.