La foudre sur l’Etna : danger mortel !

Dans ma note du 17 août 2026 à propos de l’éruption de l’Etna, j’écrivais que « la zone sommitale de l’Etna est actuellement interdite d’accès. Cette fermeture comprend les cratères sommitaux, la haute Valle del Bove jusqu’à environ 1 700 mètres d’altitude, et les zones situées approximativement au-dessus de 2 500 mètres sur les versants sud, ouest et nord. Cette zone inclut toutes les bouches éruptives, y compris celle qui s’est ouverte le 17 août, mais pas les fronts de lave inférieurs, situés à environ 1 350 mètres d’altitude, qui restent donc accessibles. »

Tout le monde ne prend visiblement pas en compte les restrictions d’accès que j’ai mentionnées dans ma note du 14 août 2026. La presse locale et internationale nous apprend qu’un Américain d’une trentaine d’année, originaire du Texas, gravissait les pentes du volcan le 16 août dans une zone interdite lorsqu’il a été pris dans un orage. Frappé par la foudre, il a été pris en charge et évacué par hélicoptère vers l’hôpital de Catane, mais sa mort a été constatée à son arrivée.

Boris Behncke (INGV Catane) corrige cette information au cours d’un entretien accordé au journal La Sicilia. Il explique que « le cas du touriste américain récemment décédé après avoir été foudroyé ne peut être attribué à une violation présumée d’une zone interdite : l’homme se trouvait à environ 1 300 mètres d’altitude, où l’accès à pied était autorisé. »

Les visiteurs doivent garder à l’esprit que l’accès au volcan est autorisé sans accompagnement jusqu’à environ 2.400 mètres d’altitude, mais un guide est obligatoire pour aller plus haut. L’activité récente du volcan attire de nombreux curieux, venus notamment observer les coulées de lave. Certains visiteurs prennent le risque de s’approcher des zones dangereuses pour obtenir des images spectaculaires, sans avoir conscience des dangers que présente un volcan en éruption.

Qu’il se trouvent dans une zone autorisée ou non, les visiteurs ne doivent pas oublier que les orages peuvent naître très rapidement et être particulièrement violents sur l’Etna dont la lave est parfois riche en fer. Dans les années 2000, j’avais remarqué les impacts de foudre au sommet de la Montagnola. C’est aussi à cette époque que j’avais de justesse réussi à me protéger d’un orage dans la zone sommitale en me réfugiant à l’intérieur d’un engin de chantier. Un jeune couple de randonneurs que j’avais rencontré peu de temps auparavant n’a pas eu ma chance et a perdu la vie sur le volcan, frappé par la foudre.

Au cours du même entretien accordé au journal local, Boris Behncke confirme que « la science ne peut prédire avec exactitude si une éruption se produira avant ou après un événement donné, malgré l’existence de systèmes de surveillance et d’alerte capables d’apporter une contribution essentielle à la Protection civile, aux autorités et à la population. Comprendre l’Etna, c’est donc aussi accepter son imprévisibilité. »

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18 août 2026 – 8 heures : La zone sommitale de l’Etna est dans les nuages le 18 août 2026 au matin, mais l’image thermique proposée par l’INGV montre que le champ de lave reste actif dans la Valle del Bove.

En parallèle, le trémor éruptif a chuté au cours des dernières heures et a retrouvé des valeurs normales. Une inversion de la tendance ne sautait être exclue, comme on l’a vu précédemment.

Températures de juillet 2026 // July 2026 temperatures

Concentrations de CO2 : 427,65 ppm (17 août 2026)             

Concentrations de CH4 : 1937,59 ppb (avril 2026)

Selon la NOAA et le Service européen Copernicus pour le changement climatique, le mois de juillet 2026 a été, à l’échelle mondiale, l’un des plus chauds jamais enregistrés depuis le début des relevés instrumentaux.

La NOAA indique que juillet 2026 a égalé juillet 2024 au rang de mois de juillet le plus chaud jamais observé sur Terre.
Les données de Copernicus classent juillet 2026 au deuxième rang ex aequo des mois de juillet les plus chauds à l’échelle mondiale, à égalité avec 2024 et derrière 2023.

La température à la surface du globe a dépassé les moyennes préindustrielles d’environ 1,18 °C avec 1,47 °C, selon l’indice de référence. Cette hausse s’explique en grande partie par l’intensification des conditions liées au phénomène El Niño.

Selon la NOAA, les États-Unis contigus ont connu leur mois de juillet le plus chaud depuis le début des relevés en 1895, battant un record vieux de 90 ans établi durant le « Dust Bowl » de 1936, avec une température moyenne de 24,9 °C. Pour rappel, le « Dust bowl », littéralement « bassin de poussière » fait référence à une vague de tempêtes de poussière qui ont provoqué une catastrophe écologique et agricole aux États-Unis, dans les années 1930, en particulier dans les États d’Oklahoma, Kansas et Texas. C’est la période des Dusty Thirties.

Selon Copernicus, l’Europe de l’Ouest a enregistré la période juin-juillet la plus chaude jamais observée. La France a connu son mois de juillet le plus chaud jamais enregistré, avec des anomalies de température considérables (+3,8 °C), tandis que la chaleur extrême et la sécheresse ont alimenté d’importants incendies de forêt.

Les températures de surface des océans (hors zones polaires) ont atteint un niveau record pour un mois de juillet, avec une moyenne de 20,96 °C. Cette chaleur a été accentuée par le phénomène El Niño en développement dans le Pacifique tropical.

L’étendue de la banquise, tant en Arctique qu’en Antarctique, est restée nettement inférieure à la moyenne, et se classe parmi les plus faibles jamais observées pour un mois de juillet depuis le début des relevés satellitaires.
Source : Copernicus, NOAA.

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According to NOAA and the Copernicus Climate Change Service, July 2026 was globally one of the hottest months in instrumental history.

NOAA reported that July 2026 tied with 2024 as Earth’s joint-hottest July on record.

Copernicus data assessed July 2026 as the joint-second warmest globally (tied with 2024 and behind 2023).

Earth’s surface temperature was roughly 1.18°C to 1.47°C above pre-industrial averages depending on the baseline index, heavily driven by intensifying El Niño conditions.

According to NOAA, the contiguous U.S. recorded its hottest July since records began in 1895, breaking a 90-year-old record previously set during the 1936 Dust Bowl, with an average temperature of 24.9°C.

According to Copernicus, Western Europe marked its hottest combined June–July period on record. France experienced its warmest July on record with massive temperature anomalies (+3.8°C), while extreme heat and drought fueled severe regional wildfires.

Extra-polar global ocean surface temperatures reached an all-time high for any July on record, averaging 20.96°C. The heat was increased by the developing tropical Pacific El Niño.

Both Arctic and Antarctic sea ice extents tracked significantly below average, ranking among the lowest July extents in the satellite record.

Source : Copernicus, NOAA.

Une seconde capitale en cas de catastrophe majeure à Tokyo (Japon) // A second capital in the event of a major disaster in Tokyo (Japan)

Un blogonaute , fidèle lecteur de mes notes, m’a alerté à propos d’un vote qui a eu lieu fin juillet 2026 au Parlement japonais. Les députés ont définitivement adopté le 24 juillet un projet de loi prévoyant la création d’une « seconde capitale ». Le projet de loi a été adopté à l’issue d’un affrontement de dernière minute entre la majorité et l’opposition, à la veille de la clôture de la session parlementaire.

Réunie en séance plénière, la Chambre des conseillers (chambre haute) a approuvé le texte par 123 voix contre 121. Le projet a été soutenu principalement par la coalition au pouvoir, composée du Parti libéral-démocrate (PLD) et du Parti de l’innovation du Japon (Nippon Ishin no Kai), tandis que les principaux partis d’opposition ont voté contre.

La loi prévoit la création d’une seconde capitale capable d’assurer les principales fonctions administratives de l’État si Tokyo, l’actuelle capitale, venait à être frappée par une catastrophe majeure. On sait que le Japon est exposé à des risques majeurs comme les éruptions volcaniques, les séismes, les tsunamis, les typhons et les inondations. Le pays concentre à lui seul presque 20 % des plus grands séismes au monde. Actuellement, la grande préoccupation des Japonais est d’anticiper le « Big One« , un séisme censé toucher Tokyo tous les 30 ans et dont la force pourrait être similaire à celui du Tohoku en 2011, avec les dégâts causés à la centrale de Fukushima.

Carte montrant la répartition des intensités sismiques maximales par préfecture lors du séisme de Tohoku le 11 mars 2011 (Source : JMA)

Déposé par les partis de la majorité, le texte avait déjà été adopté la semaine précédente par la Chambre des Représentants (chambre basse).

Source : presse japonaise.

Cette décision du parlement japonais de transférer la capitale en cas de catastrophe majeure rappelle une décision semblable en Indonésie où Jakarta, la capitale, a été transférée à Nusantara, sur l’île de Bornéo. Je vous invite à lire la note que j’avais écrite le 20 août 2024 :

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2024/08/20/adieu-jakarta-bienvenue-nusantara-goodbye-jakarta-welcome-nusantara/

 

Vue synthétisée du futur palais présidentiel de Nusantara (Source : presse indonésienne)

À Jakarta comme à Tokyo, on a affaire à un déplacement de l’administration centrale vers un autre lieu, avec tout de même une différence importante. Le transfert serait temporaire pour Tokyo, sauf en cas de destruction majeure de la capitale, alors que Nusantara est la capitale définitive de l’Indonésie.

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A blogger and loyal reader of my posts recently alerted me to a vote that took place in the Japanese Parliament in late July 2026. On July 24, the members of the Japanese parliament gave final approval to a bill providing for the creation of a « second capital. » The bill was passed following a last-minute clash between the ruling majority and the opposition, just before the parliamentary session ended.
Meeting in a plenary session, the House of Councillors (the upper house) approved the measure by a vote of 123 to 121. The project was primarily backed by the ruling coalition—comprising the Liberal Democratic Party (LDP) and the Japan Innovation Party (Nippon Ishin no Kai)—while the main opposition parties voted against it.
The law mandates the creation of a second capital capable of maintaining the state’s core administrative functions should Tokyo, the current capital, be struck by a major disaster. Japan is known to be exposed to significant risks such as volcanic eruptions, earthquakes, tsunamis, typhoons, and floods; the country alone accounts for nearly 20% of the world’s largest earthquakes. Currently, a major concern for the Japanese people is preparing for the « Big One », an earthquake expected to hit Tokyo every 30 years, potentially with a magnitude similar to the 2011 Tohoku earthquake, which caused the disaster at the Fukushima power plant.
Introduced by the ruling parties, the bill had already been passed the previous week by the House of Representatives (lower house).

Source : Japanese news media.

This decision by the Japanese parliament to relocate the capital in the event of a major disaster mirrors a similar move in Indonesia, where the capital was shifted from Jakarta to Nusantara on the island of Borneo. I invite you to read the post I wrote on August 20, 2024:
https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2024/08/20/adieu-jakarta-bienvenue-nusantara-goodbye-jakarta-welcome-nusantara/

In both Jakarta and Tokyo, we are dealing with the relocation of the central administration to a different site, though there is a difference: the move would be temporary for Tokyo – barring the major destruction of the capital – whereas Nusantara is Indonesia’s permanent capital.

L’Etna (Sicile) le 17 août 2026

17 août 2026 – 8 heures : Ce matin, un important panache de cendres s’échappe de la Voragine. La couleur de l’alerte aérienne est repassée de l’Orange au Rouge. Pour le moment, l’aéroport de Catane ne semble pas affecté, mais pour combien de temps? L’image thermique du volcan proposée par l’INGV ne montre pas de changements significatifs. Après une nette hausse le 16 août, le trémor volcanique a entamé un déclin, mais il faut rester très prudent car l’activité éruptive montre des oscillations.

L’image proposée par la webcam est de mauvaise qualité, mais on se rend parfaitement compte de la densité du panache éruptif :

8h30 : il semble qu’une nouvelle fissure éruptive soit en train de s’ouvrir (à droite de l’image ci-dessous) dans la partie haute de la Valle del Bove. La personne en charge de la webcam s’en est rendu compte et a procédé à des recadrages.

La nouvelle bouche est visible dans la partie droite de cette image thermique :

17 heures: Le bulletin de l’INGV diffusé dans la matinée du 17 août 2026 confirme l’ouverture d’une bouche effusive dans la Vallée del Bove, à une altitude comprise entre 2 200 et 2 350 m, avec l’émission d’une coulée de lave qui, selon l’Institut, ne devrait pas affecter les zones agricoles et résidentielles.

Les émissions de cendres de la Voragine se poursuivent, avec un panache qui s’étire en direction du sud-est.
D’un point de vue sismique, l’amplitude moyenne du trémor volcanique reste à des valeurs élevées.
Les signaux du réseau clinométrique montrent de faibles variations, compatibles avec un processus de déflation en cours.

Source : INGV.

Capture d’image webcam le 17 août à 20h30

 

La Protection Civile précise que la zone sommitale de l’Etna est actuellement interdite d’accès. Cette fermeture comprend les cratères sommitaux, la haute Valle del Bove jusqu’à environ 1 700 mètres d’altitude, et les zones situées approximativement au-dessus de 2 500 mètres sur les versants sud, ouest et nord. Cette zone inclut toutes les bouches éruptives, y compris celle qui s’est ouverte le 17 août, mais pas les fronts de lave inférieurs, situés à environ 1 350 mètres d’altitude, qui restent donc accessibles.

Cependant, l’interdiction de circulation en voiture jusqu’au refuge Citelli, depuis Mareneve, demeure en vigueur. En revanche, la route partant de Fornazzo et celle partant de la petite église de Magazzeni sont rouvertes. Elles avaient été fermées suite au séisme du 15 août.

Malgré les émissions de cendres de la Voragine,  l’aéroport Fontanarossa de Catane reste opérationnel, avec une limitation des arrivées à dix par heure jusqu’à midi le 18 août, en raison de la fermeture du seul secteur aérien B1.

La situation pourrait évoluer le 18 août dans l’après-midi à Acireale, Pedara, Aci Sant’Antonio, Zafferana Etnea et Aci Castello qui devraient être les communes les plus touchées par les retombées de cendres. Les maires ont pris des arrêtés d’urgence limitant la circulation routière à 30 kilomètres par heure et, dans certains cas, interdisant la circulation des deux-roues, en attendant le déblaiement des chaussées.

Source : presse sicilienne.