Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques informations sur l’activité volcanique dans le monde, fournies par les observatoires et par le Global Volcanism Network de la Smithsonian Institution.

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S’il était une personne, le comportement du Piton de la Fournaise (Île de la Réunion) serait qualifié d’instable. Les derniers événements confirment ce caractère fantasque du volcan.

L’éruption qui avait débuté le 13 février 2026 et qui avait repris le 28 mars  s’est arrêtée le 3 avril 2026 à 00h10 (heure locale). Toutefois, le trémor était toujours présent et l’OVPF n’écartait aucune hypothèse, avec une reprise possible de l’activité.

Après une reprise le 8 avril, l’éruption s’est à nouveau arrêtée le 12 avril 2026, vers 23h10 (heure locale). Des rougeoiements restaient visibles sur le cône éruptif, et de la lave incandescente est restée encore présente pendant quelques heures à l’intérieur des tunnels. Aucune hypothèse n’était écartée quant à l’évolution de la situation à venir (arrêt définitif, reprise de l’activité sur le même site, reprise de l’activité sur un autre site), notamment du fait de la persistance d’une sismicité.

De fait, un trémor volcanique de faible amplitude est apparu vers 15h00( heure locale) le 14 avril 2026, avec sa source toujours sur le flanc est-sud-est du volcan. Aucune émission de lave en surface n’était observée, mais la présence de ce trémor indiquait qu’il y avait du magma à faible profondeur, avec la possibilité d’une émission de lave à court terme.

Nouveau caprice du volcan le 15 avril. Vers 11h 20 (heure locale), le trémor a disparu des enregistrements sismologiques..Un faible dégazage était toujours observé au niveau des sites éruptifs associés à l’activité du 13 février au 12 avril. L’OVPF expliquait que tout était possible : fin réelle de l’éruption ? Reprise du trémor et de l’éruption, au cours des prochains jours ?

Rebelote le 19 avril 2026 avec la reprise d’un léger trémor volcanique qui indiquait néanmoins la présence de magma à faible profondeur. La source de ce signal était toujours localisée sur le flanc est-sud-est. L’OVPF indiquait que cela pourrait traduire une reprise prochaine de l’activité éruptive, très probablement au niveau du dernier cône éruptif siège de l’éruption débutée le 13 février 2026. Aucune émission de lave en surface n’était observée, mais un dégazage était toujours observé au niveau du site éruptif.

Après une diminution le 20 avril, le tremor a cessé d’être perçu par l’Observatoire le 21 avril. Néanmoins, une reprise de l’éruption au cours des prochains jours ne peut pas être exclue, d’autant plus qu’une inflation de l’édifice volcanique semble se dessiner.

Source : OVPF.

Un dégazage subsiste au niveau du site de la dernière activité éruptive (capture image webcam)

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 Dans mon bulletin hebdomadaire sur l’activité volcanique dans le monde diffusé le 17 avril 2026, j’écrivais que le HVO prévoyait le début des fontaines de lave de l’Épisode 45 du Kilauea (Hawaï) entre le 19 et le 26 avril 2026. La lave a commencé à s’écouler de la bouche éruptive nord le 20 avril au soir, marquant les premiers signes précurseurs de ce nouvel épisode. Cependant, il a fallu attendre le 23 avril 2026 vers 1 h 34 (heure locale) pour voir jaillir les fontaines de lave. Elles ont atteint une hauteur maximale d’environ 200 mètres vers 3 h du matin, avant de diminuer.

Aucune retombée significative de téphra n’a été signalée sur la Highway 11, ni dans les zones accessibles au public dans le Parc national des volcans d’Hawaï.

L’Épisode 45 a pris fin le 23 avril 2026 à 10 h 01 (heure locale), après 8 heures et demie de fontaines de lave continues au niveau de la bouche éruptive nord.. Suite à cette baisse d’activité et au risque moindre pour l’aviation, le niveau d’alerte volcanique a été ramené de Watch (Vigilance) à Advisory (Surveillance conseillée) et la couleur de l ‘alerte aérienne est passée de l’Orange au Jaune.

Dans le bilan de l’Épisode 45, le HVO indique que la bouche sud est restée particulièrement discrète. Le débit effusif a atteint un pic d’un peu plus de 300 mètres cubes par seconde. Le débit effusif moyen est estimé à 170 mètres cubes par seconde, avec environ 5,2 millions de mètres cubes de lave émis. La lave a recouvert près de 50 % du plancher du cratère de l’Halemaʻumaʻu.
Source : HVO.

Captures images webcam de l’Épisode 45

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Une éruption phréatique a été enregistrée sur le Dempo (Indonésie) le 15 avril 2025. L’événement a duré près de 14 minutes. Un épais panache de vapeur et de gaz s’est élevé à environ 3,5 km au-dessus du sommet. Le niveau d’alerte reste à 2 (sur une échelle de 1 à 4), et il est rappelé au public de se tenir à au moins 1 km du cratère et jusqu’à 2 km sur le flanc nord.
Source : PVMBG.

Crédit photo: Wikipedia

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Dans ma mise à jour hebdomadaire du 17 avril 2026, j’indiquais que le 1er avril, une activité sismique de faible intensité avait été enregistrée au large de la côte nord-ouest du Pico (Açores, Portugal), dans une zone située le long du chenal Faial-Pico et englobant le système volcanique sous-marin de Cachorro. La sismicité était légèrement supérieure à la normale. Le 9 avril, le niveau d’alerte volcanique avait été relevé à V1 (le deuxième niveau sur une échelle de 8) pour le chenal Faial-Pico.
Le CIVISA indique aujourd’hui que l’activité sismique observée précédemment a diminué et est revenue à son niveau de base. En conséquence, le 21 avril, le niveau d’alerte volcanique a été abaissé à V0 (le niveau le plus bas sur une échelle de 8) pour le chenal Faial-Pico.
Source : CIVISA.

Le Pico vu du ciel (Crédit photo: Wikipedia)

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Un signal éruptif a été enregistré le 10 avril 2026 sur le Poás (Costa Rica) en provenance d’un champ fumerollien connu, situé à l’ouest du lac, le long du plancher et de la paroi du cratère. Une anomalie thermique était présente dans cette zone en 2022, mais avait été progressivement recouverte par plusieurs mètres de téphra lors des éruptions de 2024 et 2025.
Une section de cette paroi, d’une hauteur de 23 mètres, s’est effondrée le 10 avril, projetant des matériaux dans le lac. Ce glissement de terrain a généré un panache de gaz et de cendres, avecde légères retombées de cendres et une odeur de soufre à Grecia (à 17 km au sud-ouest) et dans la ville voisine de San Pedro. L’effondrement et l’éruption ont duré environ deux minutes et ont été suivis d’une période de stremor intense. Le 14 avril, des scientifiques ont effectué un survol par drone et ont constaté une montée du niveau du lac de 3 mètres. Le volume du glissement de terrain a été estimé à 70 000 mètres cubes. Le lac est resté très chaud à 71 °C et des cellules de convection actives étaient particulièrement actives au niveau de la Boca A. Le niveau d’alerte volcanique pour le Poàs demeure à 2 sur une échelle de quatre.

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Toujours au Costa Rica, des éruptions mineures ont été observées sur le Rincón de la Vieja la semaine dernière. De petites éruptions phréatiques ont été enregistrées les 14, 15 et 16 avril 2026. Une brève éruption le 17 avril a projeté un panache de cendres à 500 mètres au-dessus du cratère. Une autre éruption a été enregistrée le 19 avril par les instruments, mais n’a pas pu être observée visuellement en raison de l’obscurité. Le niveau d’alerte volcanique demeure à 2 (Jaune) sur une échelle de quatre niveaux.
Source : OVSICORI.

Crédit photo: GVN

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À noter ces jours-ci une activité effusive au niveau de la zone cratèrique Nord du Stromboli (Sicile) .La coulée de lave n’a pas dépassé la partie supérieure de la Sciara del Fuoco. Un tel événement se produit assez régulièrement sur le volcan.

Source : INGV.

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Le niveau d’alerte pour tous les volcans mentionnés dans les bulletins hebdomadaires précédents reste inchangé.

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L’activité reste globalement stable sur les autres volcans mentionnés dans les bulletins précédents « Volcans du monde ».
Ces informations ne sont pas exhaustives. Vous pourrez en obtenir d’autres en lisant le rapport hebdomadaire de la Smithsonian Institution :
https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Here is some news about eruptive activity around the world, provided by observatories and the Smithsonian Institution’s Global Volcanism Network.

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If it were a person, the behavior of Piton de la Fournaise (Réunion Island) would be described as unpredictable. Recent events confirm this capricious nature of the volcano.
The eruption, which began on February 13, 2026, and resumed on March 28, stopped on April 3, 2026, at 12:10 a.m. (local time). However, a tremor was still present, and the OVPF was not ruling out any possibility of renewed activity.
After resuming on April 8, the eruption stopped again on April 12, 2026, around 11:10 p.m. (local time). Glowing embers remained visible on the eruptive cone, and incandescent lava remained inside the tunnels for several hours. No hypothesis was ruled out regarding the future course of events (definitive cessation of activity, resumption of activity at the same site, or resumption of activity at another site), particularly given the continued seismicity.
Indeed, a low-amplitude volcanic tremor appeared around 3:00 PM (local time) on April 14, 2026, with its source still located on the east-southeast flank of the volcano. No surface lava flow was observed, but the presence of this tremor indicated the presence of magma at shallow depths, with the possibility of lava flow in the short term.

The volcano exhibited another unusual behavior on April 15. Around 11:20 AM (local time), the tremor disappeared from the seismological records. Slight degassing was still observed at the eruptive sites associated with the activity from February 13 to April 12. The OVPF explained that anything was possible: a real end to the eruption? A resumption of tremor and eruption in the coming days?

The same scenario played out again on April 19, 2026, with the resumption of slight volcanic tremor, which nevertheless indicates the presence of magma at shallow depths. The source of this signal is still located on the east-southeast flank. The OVPF indicates that this could signal an imminent resumption of eruptive activity, most likely at the last eruptive cone, the site of the eruption that began on February 13, 2026. Currently, no lava emissions are observed at the surface, but degassing is still being observed at the eruptive site.

After a decrease on April 20, the tremor ceased to be detected by the Observatory on April 21. Nevertheless, a resumption of the eruption in the coming days cannot be ruled out, especially as inflation of the volcanic edifice is being observed.
Source: OVPF.

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 In my weekly update of volcanic activity around the world of April 17, 2026, I indicated that the HVO predicted the start of lava fountaining for Episode 45 of Kilauea (Hawaii)  between April 19 and 26, 2026. Lava flowed from the north vent in Halemaʻumaʻu on April 20 in the evening, marking the start of precursory activity for this new episode. However, the lava fountains started only at approximately 1:34 am (local time) on April 23, 2026. Peak fountain heights of at least 200 meters were reached at around 3:00 a.m. and later decreased. No significant tephra has been reported on Highway 11 or in the public areas of Hawaiʻi Volcanoes National Park.

Episode 45 ended at 10:01 a.m. (local time) on April 23, 2026, after 8.5 hours of continuous lava fountaining from the north vent. Due to reduced volcano and aviation hazards, the Volcano Alert Level has been lowered from WATCH to ADVISORY and the Aviation Color Code from ORANGE to YELLOW.

In the summary of Episode 45, the HVO indicates that the south vent never fountained. The highest peak of instantaneous effusion rate reached just over 300 cubic meters per second. Episode 45 saw an average effusion rate of 170 cubic meters per second, with an estimated 5.2 million cubic meters of lava erupted and covering about 50% of the Halemaʻumaʻu crater floor.

Source : HVO.

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A phreatic eruption was recorded at Dempo (Indonesia) was recorded on 15 April 2025. The event lasted nearly 14 minutes. A dense white plume rose around 3.5 km above the summit. The Alert Level remains at 2 (on a scale of 1-4), and the public is reminded to stay 1 km away from the crater and as far as 2 km on the N flank

Source : PVMBG.

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In my weekly update of 17 April, I indicated that on 1 April 2026, low-magnitude seismic activity had been recorded off the NW coast of Pico (Azores / Portugal) in a zone along the Faial-Pico channel, and encompassing the Cachorro Submarine Volcanic System. The seismicity was slightly above normal levels. On 9 April the Volcanic Alert Level had been raised to V1 (the second lowest level on an 8-level scale) for the Faial-Pico channel.

The CIVISA indicates today that the seismic activity observed previously had decreased and was again near baseline levels. As a consequence, on 21 April the Volcanic Alert Level was lowered to V0 (the lowest level on an 8-level scale) for the Faial-Pico channel.

Source: CIVISA. .

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An eruption signal at Poás (Costa Rica) recorded on 10 April 2026 originated from a known fumarolic field at the western edge of the lake along the crater floor and wall area. A low-temperature thermal anomaly had been present there in 2022, but had been progressively covered by meters of tephra deposits during 2024 and 2025 eruptions.

A section of that wall, as high as 23 m above the floor, collapsed and sent material into the lake. The landslide produced a gas-and-ash plume that caused minor ashfall and a sulfur odor in Grecia (17 km SW) and neighboring San Pedro. The collapse and eruption sequence lasted about two minutes and was followed by a period of sustained seismic tremor. Scientists conducted a drone overflight on 14 April and observed that the crater lake had risen by 3 meters. The volume of the landslide was estimated at 70,000 cubic meters. The lake remained very hot at 71°C and active convection cells were particularly notable over Boca A.The Volcanic Alert Level for Poàs remains at 2 on a four-level scale.

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Still in Costa Rica, minor eruptive events were observed at Rincón de la Vieja during the past week. Small phreatic eruptions were recorded on 14, 15 and 16 April 2026. A short eruption on 17 April ejected an ash plume that rose 500 meters above the crater. Another event was recorded on 19 April by the instruments but was not visually observed due to darkness. The Alert Level remains at Level 2, Yellow, on a four-level scale.

Source : OVSICORI.

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Effusive activity has been observed recently in the northern crater area of ​​Stromboli (Sicily). The lava flow did not extend beyond the upper part of the Sciara del Fuoco. Such events occur fairly regularly at the volcano.
Source: INGV

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The alert levels for all the volcanoes mentioned in the previous weekly updates remain unchanged.

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Activity remains globally stable on other volcanoes mentioned in the previous bulletins « Volcanoes of the world ».

This information is not exhaustive. You can find more by reading the Smithsonian Institution’s weekly report:

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Événements extrêmes, tornades et réchauffement climatique // Extreme events, tornadoes and global warming

Concentrations de CO2 : 431,31 ppm

Concentrations de CH4 : 1945,85 ppb

Phénomènes météorologiques extrêmes et réchauffement climatique.

L’une des conséquences les plus visibles du réchauffement climatique est l’augmentation de l’intensité et de la fréquence des phénomènes météorologiques extrêmes. Ainsi, aux États-Unis, le nombre de vagues de chaleur, de fortes pluies et d’ouragans a augmenté, tout comme leur intensité.

L’impact économique des phénomènes météorologiques extrêmes se voit au niveau des coûts de plusieurs milliards de dollars engendrés par ces catastrophes. Certaines sont connues pour être influencées par le réchauffement climatique (inondations, tempêtes tropicales), tandis que pour d’autres, l’influence du climat reste incertaine (tornades).

Dans les années à venir, il est probable que le réchauffement climatique aggravera la fréquence, l’intensité et les conséquences de certains types de phénomènes météorologiques extrêmes. Par exemple, l’élévation du niveau de la mer accentuera les effets des tempêtes côtières et le réchauffement du climat accentuera la pression sur les ressources en eau en période de sécheresse.

Tornades et réchauffement climatique.

Bien que l’augmentation de l’intensité et de la fréquence des phénomènes météorologiques extrêmes, tels que les pluies torrentielles, les vagues de chaleur et les sécheresses, puisse être directement attribuée au réchauffement climatique, le lien entre les tornades et le réchauffement du climat reste encore mal compris. Plusieurs obstacles empêchent d’établir une relation sure à 100%, On dispose notamment de méthodes de collecte de données limitées, auxquelles s’ajoutent une forte variabilité interannuelle, et la difficulté de modéliser les principaux éléments physiques qui contribuent à la formation des tornades, ainsi que les tornades elles-mêmes en raison de leur petite taille.

Aux États-Unis, les données sur les tornades ne remontent qu’aux années 1950 et varient considérablement d’une année à l’autre, ce qui rend difficile l’identification des tendances à long terme. L’évaluation de la vitesse des vents qui génèrent des tornades à partir des dommages associés était probablement moins fiable avant la mise en œuvre, en 2007, de l’échelle de Fujita améliorée (EF) pour évaluer l’intensité des dommages causés par les tornades.

De plus, la détection des tornades repose sur des témoignages et des évaluations des dégâts après leur passage, plutôt que sur des données quantitatives. Avec la croissance démographique dans de nombreuses régions touchées par les tornades, le nombre de témoignages et de biens menacés a augmenté, ce qui a conduit au recensement d’un plus grand nombre de tornades, notamment les moins violentes. Par ailleurs, l’amélioration des technologies radar permet d’identifier les orages violents susceptibles de produire des tornades qui seraient passées inaperçues il y a plusieurs décennies.

Malgré ces difficultés, des études ont mis en évidence certaines tendances aux États-Unis, en s’appuyant sur des données plus fiables, comme celles relatives aux tornades les plus puissantes. Si le nombre de jours avec des tornades a diminué, d’autres tendances montrent une augmentation des épisodes de 30 tornades ou plus en une seule journée, une densité accrue des essaims de tornades (quand les tornades sont géographiquement plus proches) et une intensité plus forte des tornades. Leur répartition s’est également déplacée vers l’est. Ces tendances ne sont pas directement liées au réchauffement climatique. Une difficulté supplémentaire pour déterminer un lien entre la la fréquence et l’intensité des tornades et le réchauffement climatique réside dans le fait que leur étendue géographique est trop réduite pour être correctement simulée par les modèles climatiques. Cependant, ces modèles peuvent simuler certaines des conditions contribuant à la formation d’orages violents, souvent à l’origine de tornades.

Les chercheurs s’efforcent de mieux comprendre comment les éléments constitutifs des tornades – l’instabilité atmosphérique et le cisaillement du vent – réagissent au réchauffement climatique. Il est probable qu’un monde plus chaud et plus humide favorise une instabilité plus fréquente, mais il est également possible qu’il diminue le cisaillement du vent. De nombreuses études montrent que les conditions propices à la formation des orages les plus violents, susceptibles de donner naissance à des tornades, sont plus probables avec le réchauffement climatique. Ce dernier pourrait également modifier la saisonnalité des orages violents et les régions les plus exposées.

Source : NOAA, Centre pour le climat et les solutions énergétiques (C2ES).

Tornades actuelles aux États-Unis.

Quelles qu’en soient les causes, plusieurs tornades ont été observées dans le Midwest américain au mois d’avril 2026, causant des dégâts structurels aux habitations et aux infrastructures. Ainsi, les données préliminaires du Service météorologique national font état de plus de 20 tornades le 17 avril , concentrées dans le Wisconsin, l’Illinois et le Minnesota, et s’étendant jusqu’au Missouri. On dénombre au moins un blessé.

Voici un article avec plusieurs vidéos illustrant ces phénomènes extrêmes :

https://watchers.news/2026/04/18/tornadoes-damage-homes-infrastructure-midwest-april-17-2026/

Prévision de tornades aux États Unis pour le mois de mai 2026 (Source : AccuWeather)

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Extreme weather events and global warming.

One of the most visible consequences of global warming is an increase in the intensity and frequency of extreme weather events. The number of heat waves, heavy downpours, and major hurricanes has increased in the United States, and the strength of these events has increased, too.

A measure of the economic impact of extreme weather is the increasing number of billion-dollar disasters. Some of these weather disasters are known to be influenced by climate change (floods, tropical storms) and for some others a climate influence is uncertain (tornadoes).

In the coming years, global warming is expected to worsen the frequency, intensity, and impacts of some types of extreme weather events. For example, sea level rise increases the impacts of coastal storms and warming can place more stress on water supplies during droughts.

Tornadoes and global warming.

While the growing intensity and frequency of severe weather events like extreme rainfall, extreme heat, and drought can be directly attributed to global warming, the link between tornadoes and climate change is currently not fully understood. Challenges remain that prevent clearer attribution, including: limited data collection methods, high year-to-year variability, and difficulty modeling key physical elements that help tornadoes form as well as directly modeling tornadoes due to their small size.

Tornado records date back only to the 1950s in the United States, and vary significantly from year to year, making it difficult to identify long-term trends. The assessment of tornado wind speeds from associated damage may also have been less consistent before the 2007 implementation of the Enhanced Fujita (EF) Scale for tornado damage intensity. In addition, measuring the presence of tornadoes relies on eyewitness accounts and aftermath damage assessments rather than quantitative data. As the population in many areas affected by tornadoes has grown, we have seen an increase in eyewitness reports and property in harm’s way, leading to a larger number of recorded tornadoes, especially weaker ones. Additionally, improved radar technology helps identify severe storms that may produce tornadoes that may not have been detected decades ago.

Despite these challenges, studies have found a few trends in the United States by using portions of the record that are more reliable, like data for very strong tornadoes. Although the number of days with tornadoes has fallen, other trends are increasing, including outbreaks with 30 or more tornados in one day, the density of tornado clusters (i.e., tornadoes are closer geographically), and the strength of tornadoes. The distribution of tornadoes has also shifted eastward. These trends have not been directly linked to global warming.

An added difficulty in determining future tornado frequency and intensity caused by changes in the climate is that tornadoes are too geographically small to be well simulated by climate models. However, models can simulate some of the conditions that contribute to forming severe thunderstorms that often spawn tornadoes. Researchers are working to better understand how the building blocks for tornadoes—atmospheric instability and wind shear—respond to global warming. It is likely that a warmer, more humid world allows for more frequent instability, while it is also possible that a warmer world decreases wind shear. Multiple studies find that the conditions that produce the most severe thunderstorms from which tornadoes may form are more likely as the world warms. Global warming may also cause a shift in the seasonality of severe thunderstorms and the regions that are most likely to be hit.

Source : NOAA, Center for Climate and Energy Solutuions (C2ES).

Current tornadoes in the U.S.

Whatever the causes, multiple tornadoes were observedacross the Midwestern United States in April 2026, resulting in structural damage to residential buildings and infrastructure. For instance, preliminary National Weather Service data indicates more than 20 tornado reports on April 17, with impacts concentrated in Wisconsin, Illinois, and Minnesota and extending into Missouri, and at least one reported injury.

Here is an article with several videos showing these extreme events :
https://watchers.news/2026/04/18/tornadoes-damage-homes-infrastructure-midwest-april-17-2026/

Le volcanisme entre Mono Lake et Mammoth Mountain (Californie) // Volcanism from Mono Lake to Mammoth Mountain (California)

L’image du jour de la NASA le 8 avril 2026, montrait « une immense caldeira ancienne et des cratères plus récents qui façonnent le paysage de la Sierra Nevada orientale » en Californie.

Image satellite de la région acquise le 29 mars 2026 par l’instrument OLI (Operational Land Imager) du satellite Landsat 9.

Entre les hauts pics granitiques à l’ouest et la province géologique de Basin and Range à l’est, des complexes volcaniques imbriqués les uns dans les autres offrent un paysage avec une multitude de cratères, de cônes et de caldeiras. Cette région, potentiellement active, suscite l’intérêt des géologues qui étudient les processus terrestres et des planétologues qui explorent ses similitudes avec les zones volcaniques d’autres régions de notre système solaire.
On peut voir une série de formations volcaniques entre Mono Lake et Mammoth Mountain sur la gauche de cette image prise par le satellite Landsat :

Source: NASA

Connue sous le nom de Cratères de Mono-Inyo, cette chaîne qui inclut une trentaine de dômes de lave, de coulées de lave et d’anneaux de téphra s’est formée au cours des 10 000 dernières années. Des éruptions explosives dans la région remontent à une époque encore plus ancienne, mais les traces de ces événements plus anciens ne sont plus visibles en surface et sont cachés par des dépôts plus récents.

Source: NASA

Parmi les manifestations les plus récentes de cette chaîne, des éruptions explosives ont formé le cratère Panum près du lac Mono il y a environ 700 ans. Une éruption strombolienne a déposé un anneau de ponce, de cendres, de fragments d’obsidienne et d’autres matériaux autour de la bouche éruptive. Par la suite, un dôme de lave composé de ponce et d’obsidienne s’est formé au centre, créant le motif de cercles concentriques visible aujourd’hui.

Cratère Panum (Crédit photo : USGS)

Au sud des cratères de Mono-Inyo, la Mammoth Mountain est constituée d’au moins 25 dômes de lave imbriqués. Les dernières éruptions remontent à environ 57 000 ans, mais des éruptions phréatiques et d’autres manifestations d’activité volcanique sont beaucoup plus récentes.

Vue de Mammoth Mountain (Crédit photo : Wikipedia)

Les scientifiques pensent qu’une intrusion magmatique sous la montagne en 1989 a déclenché une séquence de sismicité et d’émissions de gaz volcaniques. Les émissions de dioxyde de carbone (CO2) ont entraîné la mort d’arbres dans la région, et l’USGS continue de surveiller les émissions de CO₂ de la montagne. Des chercheurs ont déjà collaboré avec la NASA, grâce à des technologies de télédétection aéroportée, pour mesurer les réactions de l’écosystème à l’augmentation des émissions de CO₂ autour de Mammoth Mountain. Des projets plus récents ont étendu ces travaux à d’autres volcans et intégré l’imagerie satellitaire pour détecter les signes d’émissions de gaz. Ces méthodes reposent en partie sur les changements observés dans la végétation et pourraient contribuer à une alerte plus précoce aux risques volcaniques.

Le volcanisme le plus spectaculaire de la région est cependant bien plus ancien. Une puissante éruption, il y a 760 000 ans, a formé la caldeira de Long Valley.

Source: Wikipedia

Cette zone ovale, qui mesure 16 kilomètres sur 32, est bordée de crêtes enneigées, avec la Mammoth Mountain juste à côté de sa bordure sud-ouest. Le lac Crowley, un réservoir sur la rivière Owens, alimente la zone au sud-est.
La caldeira s’est formée lors d’une éruption de six jours, au cours de laquelle 625 kilomètres cubes de matériaux ont été émis. C’est environ 20 fois la quantité rejetée lors de l’éruption du Novarupta (Alaska) en 1912.

Dépôts de Bishop Tuff, laissés par l’éruption qui a secoué la région il y a 760 000 ans (Crédit photo: Wikipedia) 

En conséquence, la surface au-dessus de la chambre magmatique s’est affaissée de plusieurs milliers de mètres, créant une vaste dépression. Des scientifiques de la NASA ont mené des recherches dans la région en 2023 afin de mieux comprendre comment des éruptions aussi puissantes sur Mars et d’autres planètes et lunes de notre système solaire ont pu modifier leur environnement.
Source : NASA.

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NASA’s image of the Day for April 8, 2026 showed « a massive, old caldera and more recently formed craters that shape the landscape in the eastern Sierra Nevada.

Between the tall granite peaks to the west and the Basin and Range province to the east, overlapping volcanic complexes imprint the landscape with a collection of craters, cones, and calderas. The area, still restless today, draws interest from geologists studying Earth’s processes and from planetary scientists exploring its commonalities with volcanic terrain elsewhere in our solar system.

A string of volcanic features between Mono Lake and Mammoth Mountain is visible along the left side of the Landsat image above.

Known as the Mono-Inyo Craters, this chain of about three dozen lava domes, lava flows, and tephra rings formed within the past 10,000 years. Explosive eruptions in the area date back even further, but evidence of those older events is no longer apparent at the surface.

Among the most recent activity in this chain, explosive eruptions formed Panum Crater near Mono Lake about 700 years ago. A strombolian eruption deposited a ring of pumice, ash, obsidian fragments, and other material around the vent. After that, a lava dome made of pumice and obsidian built up in the center, creating the concentric-circle pattern visible today.

South of the Mono-Inyo Craters, Mammoth Mountain is made up of at least 25 overlapping lava domes. Its last magmatic eruptions took place about 57,000 years ago, but steam-driven phreatic eruptions and other unrest have occurred much more recently.

Scientists believe a magma intrusion beneath the mountain in 1989 set off a spate of seismicity and volcanic gas emissions. Venting of carbon dioxide has killed trees in the area, and the U.S.G.S. continues to monitor the mountain’s CO2 emissions. Researchers have previously worked with NASA airborne remote sensing technology to measure ecosystem responses to elevated volcanic CO2 around Mammoth Mountain. More recent projects have expanded these efforts to other volcanoes and incorporated satellite imagery to detect signs of gas emissions. These methods partly rely on changes observed in vegetation and could aid in earlier warnings of volcanic hazards.

The most dramatic volcanism in the region, however, is far older. A massive eruption 760,000 years ago formed the Long Valley Caldera.

This oval-shaped area, measuring 16 by 32 kilometers, is bounded by snowy ridges, with Mammoth Mountain just off its southwest rim. Crowley Lake, a reservoir on the Owens River, drains the area to the southeast.

The caldera was formed during a six-day-long eruption, during which 625 cubic kilometers of material were ejected. (That’s about 20 times the amount that was spewed in the 1912 eruption of Novarupta.

As a result, the surface over the magma storage area subsided thousands of meters to create a vast depression. NASA scientists conducted research in the area in 2023 to better understand how similar massive eruptions on Mars and other planets and moons in our solar system may have altered their environments.

Source : NASA.

Ralentissement de l’AMOC : France Info découvre…

Concentrations de CO2 : 430,08 ppm

Concentrations de CH4 : 1945,85 ppb

Dans un article paru le 16 avril 2026 et intitulé « Les grands courants de l’Atlantique faiblissent plus vite que prévu, et cela aura un impact sur le climat européen », on peut lire sur le site du média d’information France Info que « des chercheurs se sont intéressés à la circulation des courants océaniques dans l’océan Atlantique, dont le fameux Gulf stream, qui est déterminant pour le climat sous nos latitudes. Ils concluent que cette circulation ralentit encore plus fort que prévu. »

De toute évidence, l’auteur de l’article n’a pas lu les différentes notes parues sur mon blog (17 avril 2018, 3 août 2020, 8 août 2021, 20 octobre 2024, 7 décembre 2025, entre autres ) dans lesquelles j’alerte sur l’affaiblissement de l’AMOC – Atlantic Meridional Overturning Circulation – la circulation méridienne de retournement de l’Atlantique, un ensemble de courants marins crucial pour le climat car ils transportent les eaux chaudes des tropiques vers le nord-est de l’Atlantique. Grâce à eux, nous avons en Europe des hivers relativement doux. Ils jouent un rôle de thermostat qui est en train de montrer des signes de faiblesse.

Comme on peut le lire dans l’article de France Info, les scientifiques pensaient jusqu’à présent que l’AMOC aurait perdu un tiers de sa force d’ici 2100. Toutefois, la dernière étude révèle qu’il pourrait devenir moitié moins puissant qu’aujourd’hui à la fin de ce siècle. Cela engendrerait un climat beaucoup moins tempéré en Europe, avec également des conséquences sur les pluies sous les tropiques et sur le stockage du CO2 dans les profondeurs de l’océan. Certains scientifiques s’inquiètent même d’un arrêt complet de cette circulation aussi appelée thermohaline. Sans le Gulf Stream pour la réchauffer, l’Europe grelotterait inévitablement.

Il ne faudrait pas oublier la conséquence de l’affaiblissement de l’AMOC sur la hausse du niveau de l’océan. C’est ce que j’explique dans une note publiée le 24 mai 2025 :

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2025/05/24/affaiblissement-de-lamoc-et-hausse-du-niveau-de-locean-amoc-weakening-and-ocean-level-rise/

Source: Wikipedia