Concentrations de CO2 : 428,91 ppm (4 novembre 2026).
Concentrations de CH4 : 1934,57 ppb (juin 2026)
Selon des chercheurs canadiens de l’Université de l’Alberta, dans une étude publiée en septembre 2026 dans la revue Geophysical Research Letters, un nouveau type de glissement de terrain touche les latitudes nordiques ; c’est un phénomène qui pourrait s’étendre à d’autres régions de l’Arctique à mesure que la planète continue de se réchauffer.
Ces glissements de terrain, qualifiés de « glissements par détachement du pergélisol » (permafrost detachment slides), surviennent dans des régions où le pergélisol est relativement mince et pourraient être une conséquence à long terme des feux de forêt dans ces environnements.
Alors qu’ils effectuaient des observations sur le terrain dans les Territoires du Nord-Ouest, au Canada, les auteurs de l’étude ont remarqué d’importantes cicatrices laissées par des glissements de terrain dans des vallées qui abritaient jusqu’alors un pergélisol stable, autrement dit des sédiments qui demeurent gelés toute l’année. En utilisant l’imagerie satellitaire pour cartographier ces changements et en menant des travaux sur le terrain, ils ont découvert que ces glissements ne correspondaient pas au processus classique de dégel du pergélisol. Habituellement, le pergélisol dégèle et se transforme en une sorte de boue qui glisse vers le bas des versants ; or, dans le cas de ces glissements de terrain, les chercheurs ont identifié, au sein des débris, des blocs de matériau gelé pouvant atteindre jusqu’à 10 mètres de hauteur.
Ils ont fait circuler un courant électrique dans le sol pour déterminer la profondeur du pergélisol sur les versants, en se concentrant sur deux glissements en particulier. L’un d’eux, survenu en 2017 dans la vallée de la Johnson River, a déplacé plus de 18 millions de mètres cubes de terre et de roche. L’autre, dans la vallée de la Redstone River, a entraîné le déplacement de près de 4,5 millions de mètres cubes de débris en 2018. Le plus petit glissement a laissé une cicatrice de 1,2 kilomètre de long, tandis que le plus important a creusé une entaille de près de 3,2 kilomètres sur le flanc de la colline.

Vue de la Redstone River après un glissement de terrain généré par le dégel du permafrost ( Crédit photo : Duane Froese)
Les chercheurs ont ensuite exploité les données recueillies pour élaborer un modèle expliquant la survenue de ces glissements riches en glace. Dans cette zone, le pergélisol se réchauffe d’environ 0,3 degré Celsius par décennie depuis 1980 – date à laquelle le suivi a débuté – et la région a également été marquée par d’importants feux de forêt en 1995.
Les chercheurs ont conclu que, plutôt que de résulter d’un processus de dégel progressif partant de la surface, ces glissements ont été provoqués par une combinaison du dégel induit par les incendies et de la hausse des températures, ce qui a entraîné l’apparition de fissures près du sommet des versants. Ces fissures ont permis au dégel de pénétrer plus profondément, finissant par faire fondre la base de la couche de pergélisol. Ce processus peut mettre 20 ans à se propager sur une profondeur de 20 mètres, et c’est précisément ce qui s’est produit dans les vallées des rivières Johnson et Redstone. Un incendie de forêt y a eu lieu en 1995, et les effets sur le sol sont apparues 20 ans plus tard.
Les deux glissements de terrain étudiés par les chercheurs font partie d’un ensemble de plus de 150 phénomènes similaires dans la région. Les Territoires du Nord-Ouest, au Canada, étant des zones isolées, ces glissements de terrain liés au détachement du pergélisol n’ont, pour l’heure, endommagé aucune infrastructure. Toutefois, les deux événements étudiés ont obstrué des cours d’eau, donnant naissance à de nouveaux lacs, et ont déversé des sédiments dans les cours d’eau en aval.
Il existe, au Canada et en Alaska, de nombreux autres sites où le pergélisol atteint une profondeur de 20 à 40 mètres, le rendant ainsi vulnérable à ce type de glissement de terrain. Ce risque est d’autant plus préoccupant que les incendies de forêt gagnent en intensité dans les latitudes septentrionales.
Source : Yahoo News – Live Science.
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Dans une note publiée le 10 février 2025, j’ai attiré l’attention sur d’autres phénomènes provoqués par le dégel du pergélisol dans le contexte du réchauffement climatique.
Au fil des décennies, voire des siècles, la neige en train de fondre s’infiltre dans les fissures du sol en formant des coins de glace.

Photo: C. Grandpey
Ces coins forment des creux dans le sol qui les surmonte. En effet, lorsqu’ils fondent, le sol au-dessus s’effondre. Le dégel des coins de glace a augmenté en raison du réchauffement climatique.
Comme indiqué dans le document ci-dessus, dans de nombreuses régions arctiques, le dégel du pergélisol a également été accéléré par les incendies de forêt. Ces feux ont accéléré le dégel et l’effondrement vertical du sol gelé jusqu’à 80 ans après l’incendie. Étant donné que le réchauffement climatique et les perturbations causées par les incendies de forêt devraient augmenter à l’avenir, ils ne feront qu’accélérer le rythme de changement dans les paysages nordiques. [NDLR : À ces incendies de forêts,il faudrait ajouter les feux zombies qui continuent à se consumer insidieusement dans le sous-sol, même pendant la période hivernale.]

Incendie zombie dans l’Arctique (Presse canadienne)
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According to Canadian researchers from the University of Alberta and their study published in September 2026 in the journal Geophysical Research Letters, a new type of landslide is affecting northern latitudes, and it could affect more areas as the planet continues to warm.
These landslides, called permafrost detachment slides, occur in areas with relatively thin permafrost and seem to be a long-term impact of wildfire in these environments.
The authors of the study were doing field observations in Canada’s Northwest Territories when they noticed large landslide scars in valleys that have long hosted stable permafrost, which is sediment that remains frozen year-round. They began using satellite imagery to map the changes and also conducted fieldwork, which revealed that the slides weren’t standard melting permafrost. Typically with permafrost, the soil thaws and melts in a slurry and moves like a mud downslope, but with these large landslides, the researchers found blocks of frozen material, sometimes as high as 10 meters, in the debris.
They ran an electrical current through the ground to determine the depth of the permafrost on the slopes and focused on two slides. One, in the Johnson River Valley, took place in 2017 and moved more than 18 million cubic meters of soil and rock. The other, in the Redstone River Valley, moved almost 4.5 million cubic meters of debris in 2018. The smaller slide left a scar 1.2 kilometers long, while the larger one gouged nearly 3.2 km out of the hillside.
The researchers then used the data they’d collected to build a model of how these icy slides occurred. The permafrost in this area has been warming by about 0.3 degrees Celsius per decade since 1980, when monitoring began, and there were also severe wildfires nearby in 1995.
The researchers found that instead of a top-down melting process by which the permafrost thawed, the slides were instead caused by a combination of fire-related thaw and warming temperatures, leading to cracks near the top of the slopes. These cracks allowed the thaw to penetrate deeper, eventually melting the bottom of the permafrost layer. This propagation can take 20 years to penetrate 20 meters, which is exactly what happened in the Johnson River and Redstone River valleys. A wildfire occurred in 1995 and the soil disturbances appeared 20 years later .
The two large slides the researchers studied are among more than 150 in the area. Canada’s Northwest Territories are remote, so the permafrost detachment slides have yet to damage any infrastructure. But the two in the study did dam rivers, creating brand-new lakes and rapidly dumping sediment into the waterways downstream.
There are many other places in Canada and Alaska where the permafrost is 20 to 40 meters deep and thus vulnerable to the same type of slide. This is especially true given the increasing intensity of wildfire at northern latitudes.
Source : Yahoo News – Live Science.
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In a post published on 10 February 2025, I drew attention to other phenomena caused by the thawing of permafrose with global warming.
Over decades to centuries, melting snow seeps into cracks in the soil, building up wedges of ice. These wedges cause troughs in the ground above them, creating the edges of polygons. As ice wedges melt, the ground above collapses. Overall rates of ice wedge thawing have increased in response to climate warming.
Across many Arctic regions, the thawing of permafrost has also been hastened by wildfire. Wildfires in Arctic permafrost regions increased the rate of thaw and vertical collapse of the frozen terrain for up to eight decades after fire. Because both climate warming and wildfire disturbance are projected to increase in the future, they may increase the rate of change in northern landscapes.
Cold temperatures and short growing seasons have long limited the decomposition of dead plants and organic matter in northern ecosystems. Because of this, nearly 50% of global soil organic carbon is stored in these frozen soils. [Editor’s note] In addition to these forest fires, we should add zombie fires which continue to burn insidiously underground, even during the winter period.












