Retour de l’activité éruptive sur l’Etna (Sicile) // Eruptive activity is back at Mount Etna (Sicily)

L’INGV signale le début d’une activité effusive dans la partie supérieure de la Valle del Leone et de la Valle del Bove, à une altitude d’environ 3 000 mètres, Cette activité produit une petite coulée de lave, actuellement faiblement alimentée. Il est également signalé qu’au cours de la nuit du 25 au 26 juin 2026, une faible activité strombolienne irrégulière a été observée dans la Voragine.
D’un point de vue sismique, une augmentation constante du trémor volcanique
est observée depuis plusieurs jours, avec des sources actuellement localisées au niveau de la Voragine, àune altitude d’environ 2 900 mètres.
Aucune variation significative de la déformation du sol n’a été détectée.

La Valle del Leone est un prolongement de la haute Valle del Bove, et se trouve loin des zones habitées. En conséquence, l’activité éruptive actuellement observée ne devrait pas impacter les zones résidentielles. L’impact potentiel sur le trafic aérien sera évalué dans les prochaines heures, par une possible mise à jour du niveau d’alerte VONA pour le trafic aéroportuaire,

Photo: C. Grandpey

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Comme je l’indiquais le 26 juin 2026, l’éruption qui a débuté dans la zone sommitale de l’Etna, à proximité de la Voragine, a donné naissance à une modeste coulée de lave qui a pris lentement la direction de la Valle del Leone. L’INGV n’a pas communiqué de nouveau bulletin officiel.

Sur sa page Facebook, Boris Behncke (INGV Catane)confirme que la lave se trouve dans une zone isolée et ne devrait donc pas poser de problème aux zones habitées. Cette nouvelle activité effusive est, pour l’instant, très modeste et personne ne sait comment elle évoluera. L’activité est subterminale, donc étroitement liée aux cratères sommitaux. Elle ne produit pas beaucoup de cendres et aucun bulletin d’alerte n’a été émis à l’attention du trafic aéroportuaire.

Au final, on a affaire à une coulée de lave qui ressemble à tant d’autres déjà observées sur l’Etna. C’est d’ailleurs pour cela que je l’ai illustrée sur ce blog avec une photo prise en 1998 !

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Communiqué de l’INGV le 27 juin au soir :

Suite à une visite sur le terrain par le personnel de l’INGV, notamment à l’aide de drones, il a été observé que l’activité effusive qui a débuté le 26 juin 2026 vers midi, (heure locale), se poursuit. La coulée de lave est alimentée par une bouche située à environ 3 030 m d’altitude. Elle de vivise, dans sa partie distale, en deux coulées principales, dont le front le plus avancé se situe à une altitude estimée à environ 2 800 m. Aucune activité explosive n’a été observée dans la Voragine qui dégaze abondamment.,
L’amplitude du trémor volcanique, dont la source se situe autour de la Voragine à une altitude d’environ 2 900 mètres, est stable à des valeurs moyennes.

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The INGV the start of effusive activity in the upper Valle del Leone and Valle del Bove, at an altitude of approximately 3,000 meters. This activity is producing a small, poorly fed lava flow. It is also reported that during the night of June 25-26, 2026, weak and irregular Strombolian activity was observed in the Voragine area.
From a seismic perspective, a steady increase in the volcanic tremor has been observed for several days, with sources currently located in the Voragine area, at an altitude of approximately 2,900 meters.
No significant changes in ground deformation have been detected.
The Valle del Leone is an extension of the upper Valle del Bove and is located far from ipopulated areas. Consequently, the currently observed eruptive activity is not expected to impact residential areas. The potential impact on air traffic will be assessed in the coming hours, through a possible update of the VONA alert level for air traffic.

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As I indicated on June 26, 2026, the eruption that began in the summit area of Mount Etna, near the Voragine, produced a modest lava flow that slowly moved towards the Valle del Leone. The INGV has not issued a new official bulletin.

On his Facebook page, Boris Behncke (INGV Catania) confirms that the lava is in an isolated area and should therefore not pose a problem to populated areas. This new effusive activity is, for the moment, very modest, and no one knows how it will develop. The activity is subterminal, therefore closely linked to the summit craters. It is not producing much ash, and no alert bulletin has been issued for airport traffic.

Ultimately, we are dealing with a lava flow that resembles so many others already observed on Mount Etna. That’s why I illustrated it on this blog with a photo taken in 1998!

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INGV update, evening of June 27:

Following a field visit by INGV personnel, including the use of drones, it has been observed that the effusive activity which began around noon (local time) on June 26 is continuing. The lava flow is fed by a vent located at an elevation of approximately 3,030 m. In its distal section, the flow splits into two main branches, with the most advanced front reaching an estimated elevation of around 2,800 m. No explosive activity has been observed at the Voragine, although the crater is outgassing profusely.
The amplitude of the volcanic tremor—originating near the Voragine crater at an elevation of approximately 2,900 meters—remains stable at medium values.

Kilauea (Hawaï) : Épisode 50 !

L’activité précurseure de l’Épisode 50 de l’éruption du Kilauea a commencé à s’intensifier le matin du 26 juin 2026, avec des flammes provenant de la combustion des gaz dans la bouche éruptive sud et un débordement de lave au niveau de l’évent nord, avec une augmentation des projections de lave.

En conséquence, le HVO a relevé le niveau d’alerte et la couleur de l’alerte aérienne du Kilauea. L’observatoire a précisé que cette activité précurseure de faible intensité pourrait se poursuivre pendant des heures, voire des jours, avant l’apparition des fontaines de lave.

Les fontaines de lave ont donc débuté à 10 h 10 (heure locale) le 27 juin avec des fontaines en dôme et se sont arrêtées brutalement ce même jour à 17 h 10, après 7 heures d’éruption continue à partir de la bouche nord. La bouche sud ne s’est jamais vraiment manifestée durant cet épisode.

Le débit effusif a culminé à environ 330 mètres cubes par seconde entre 10 h 30 et 11 h, avec un débit moyen de 210 mètres cubes par seconde pour l’ensemble de l’épisode. On estime à 4,9 millions de mètres cubes le volume de lave émise, qui a recouvert environ 50 % du plancher du cratère Halemaʻumaʻu. La fontaine de lave de la bouche nord nord a atteint une hauteur maximale d’environ 300 mètres et a alimenté un panache qui a culminé à environ 5 500 mètres d’altitude. Les retombées de cendre sont restées en grande partie à l’intérieur du parc national des volcans d’Hawaï.

Captures d’images webcam

Source : HVO.

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Precursory low-level activity for Episode 50 of the Kilauea eruption increased in the morning of June 26, 2026 with flames from burning gas in the south vent and a small lava overflow from the north vent, along with increasing levels of spattering. Accordingly, HVO raised the alert level and the aviation color code for Kilauea. The observatory specified that this low-level precursory activity could continue for hours to days before the lava fountaining appeared.

Lava fountaining began at 10:10 a.m. (local time) on June 27 and stopped abruptly at 5:10 p.m, after 7.0 hours of continuous fountaining from the north vent. The south vent never fountained during this episode.

The instantaneous effusion rate peaked at about 330 cubic meters per second between 10:30 and 11:00 a.m., with an average effusion rate of 210 cubic meters per second for the entire fountaining episode.

An estimated 4.9 million cubic meters of lava erupted and covered about 50% of the Halemaʻumaʻu crater floor. The north vent lava fountain reached a peak height of around 300 meters and produced significant heat and ash, feeding a plume cloud that reached a maximum height of about 5,500 meters above sea level. The plume track largely remained within Hawaiʻi Volcanoes National Park with most tephra falling in the closed area.

Source : HVO.

La grande dégringolade des glaciers français

Concentrations de CO2 : 430,34 ppm (26 juin 2026)             

Concentrations de CH4 : 1940,43 ppb (janvier 2026)

Mon premier contact avec les glaciers alpins s’est fait en août 1956. Je me souviens de la masse imposante du glacier des Bossons au-dessus de la vallée de Chamonix. De la même façon, le petit bonhomme de 8 ans que j’étais à l’époque ne peut oublier les impressionnantes crevasses qu’il fallait franchir sur des planches pour accéder à la grotte creusée dans la Mer de Glace.

Photos: G. Grandpey

Aujourd’hui, ces paysages ont beaucoup changé. Comme pris de panique devant les coups de boutoir du réchauffement climatique, le Glacier des Bossons s’enfuit et recule à une vitesse phénoménale. Pire encore, l’année 2023 a vu l’ouverture d’une profonde balafre dans la rivière de glace et chaque journée de fortes chaleurs a un peu plus raison de sa partie inférieure. Le trou béant s’agrandit à vue d’œil et confirme que le glacier des Bossons est à l’agonie. Les rochers mis à nu accélèrent la fonte puisque le noir attire la chaleur…

alors que le blanc la repousse par effet albédo. Pour les habitants et les visiteurs de la vallée de Chamonix, le glacier des Bossons est devenu l’un des symboles les plus visibles des conséquences du réchauffement climatique qui affecte les montagnes européennes.

Crédit photo: presse régionale

De la même façon, la Mer de Glace est quasiment devenue une mer morte. Contrairement aux années 1950 de mon enfance, sa surface de glace est aujourd’hui invisible, cachée par la couche marron de matériaux qui se sont effondrés de son encaissant.

La Mer de Glace en 2022

Atteindre la grotte de glace est devenu une véritable expédition. Il faut emprunter une télécabine puis une volée de plusieurs centaines de marches.

La punition est la même pour le Glacier d’Argentière dont le front atteignait presque le village éponyme en 1910 comme le montre l’image ci-dessous.

Aujourd’hui il faut prendre un téléphérique et effectuer une longue marche pour atteindre le front du glacier.

Photo: C. Grandpey

A Tignes, on pratique le ski d’été sur le glacier de la Grande Motte perché à 3656 mètres d’altitude , mais pour combien de temps ? Comme ses copains alpins, le glacier fond à la vitesse V et les responsables locaux parlent de transformer le ski d’été en ski de printemps pour éviter les canicules à répétition. Ces dernières années, la fermeture de la saison de ski d’été a dû être avancée. Sous l’effet du réchauffement climatique, le glacier de la Grande Motte connaît une perte d’épaisseur de l’ordre de 2 à 4 mètres chaque année, et dans dix ans,il aura quasiment intégralement fondu.

Photo: C. Grandpey

Un peu plus au sud, dans le massif des Écrins, le Glacier Blanc recule à vue d’œil lui aussi. Il suffit de regarder cette image proposée par la Parc National pour s’en rendre compte.

Depuis le fond de vallée, il faut un bon téléobjectif pour photographier le front du glacier. Lui aussi aura disparu dans quelques années.

Photo: C. Grandpey

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En novembre 2022, l’UNESCO alertait à nouveau sur la disparition de glaciers emblématiques du Patrimoine mondial. Un tiers des sites concernés devraient disparaître d’ici 2050. Cinquante sites abritent des glaciers. Au total, 18 600 glaciers ont été identifiés dans ces 50 sites, couvrant une superficie d’environ 66 000 km2, ce qui représente près de 10 % de la superficie totale des glaciers sur Terre. Une nouvelle étude de l’UNESCO montre que ces glaciers reculent à un rythme accéléré depuis 2000 en raison des émissions de CO2. Ils perdent actuellement 58 milliards de tonnes de glace chaque année, soit l’équivalent de la consommation annuelle d’eau combinée de la France et de l’Espagne, et sont responsables de près de 5 % de l’élévation du niveau de la mer observée à l’échelle mondiale.

L’étude de l’UNESCO conclut que les glaciers d’un tiers des 50 sites du Patrimoine mondial sont condamnés à disparaître d’ici 2050, quels que soient les efforts déployés pour limiter la hausse des températures.

La moitié de l’humanité dépend directement ou indirectement de l’eau issue des glaciers pour l’usage domestique, l’agriculture et l’énergie. Les glaciers, qui alimentent de nombreux écosystèmes, sont également des piliers de la biodiversité.

El Niño et la dilatation thermique du Pacifique // El Niño and the Pacific Ocean’s thermal expansion

Une des conséquences du réchauffement climatique et de la hausse des températures qui l’accompagne est l’élévation du niveau de la mer suite à un phénomène connu sous le nom de dilatation thermique des océans. On l’observe au niveau mondial depuis le début du 20ème siècle. Le niveau moyen des océans a augmenté de vingt centimètres entre 1901 et 2018, et la moitié de cette hausse a été observée après 1980. Le rythme annuel est estimé à plus de 3,5 mm par an. Les mesures sont effectuées au moyen de marégraphes, mais surtout de satellites.

Les conséquences prévisibles les plus importantes de l’élévation du niveau de la mer sont le recul du trait de côte, la disparition de territoires insulaires de faible altitude, l’intrusion d’eau salée dans les aquifères d’eau douce proches des côtes (voir mes notes à propos de la Camargue en France), la destruction d’écosystèmes côtiers et la perte de patrimoine culturel et historique.

D’après les images du satellite Sentinel-6 Michael Freilich, une importante vague d’eau chaude est en train de traverser l’océan Pacifique, alors que le phénomène El Niño se dirige vers son apogée. Cette zone, appelée onde de Kelvin, correspond à une hausse du niveau de la mer supérieure à la moyenne, sur des centaines de kilomètres le long de l’équateur. Cette anomalie est due au réchauffement des eaux lié à El Niño, dont l’épisode actuel pourrait être l’un des plus intenses jamais enregistrés.

Données acquises par le satellite Sentinel-6 Michael Freilich et traitées par les scientifiques du Jet Propulsion Laboratory de la NASA.

Le satellite a capturé les écarts, par rapport à la moyenne, de la surface de la mer le 8 juin 2026. Les zones rouges indiquent des niveaux de mer plus élevés que la normale, tandis que les zones bleues indiquent des niveaux plus bas. Développé et lancé en 2020 par la NASA et l’Agence spatiale européenne, et exploité par l’Organisation européenne pour l’exploitation des satellites météorologiques (EUMETSAT), le satellite Sentinel-6 Michael Freilich mesure les variations de la hauteur de la surface de la mer avec une grande précision tous les 10 jours.
Ces données viennent compléter les mesures de la température de surface de la mer. Elles ont révélé un réchauffement des eaux du Pacifique à un rythme sans précédent ces derniers mois, conduisant les scientifiques à déclarer le début d’un nouvel épisode El Niño le 11 juin 2026.
Comme expliqué plus haut, lorsque l’eau de l’océan se réchauffe, elle se dilate et occupe un volume plus important. Cela se traduit par une augmentation de la hauteur de l’eau par rapport au satellite et au centre de la Terre, variation ensuite détectée par les instruments de haute précision du satellite. En certains points de l’équateur, la surface de la mer connaît actuellement une hausse de plus de 15 centimètres par rapport à la normale.
Des ondes de Kelvin comme celle observée actuellement se forment lorsque les vents dans le Pacifique Ouest, près de l’équateur, s’affaiblissent et s’inversent temporairement, soufflant d’ouest en est au lieu d’est en ouest. Cela permet à l’eau chaude de s’accumuler progressivement à l’est, approfondissant la couche d’eaux chaudes de surface et empêchant les eaux plus froides de remonter des profondeurs. Cette onde a maintenant atteint la côte ouest de l’Amérique du Sud.
La NASA avait déjà observé quelques autres ondes de Kelvin cette année, laissant présager un épisode El Niño imminent. En janvier, le satellite Sentinel-6 Michael Freilich en a détecté une près de la Micronésie, qui s’est dissipée vers la mi-février. Une autre est apparue en mars et a provoqué une élévation du niveau de la mer près du Pérou à la mi-mai.
Source : Live Science.

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One consequence of global warming is the rise in sea level due to a phenomenon known as ocean thermal expansion. This has been observed globally since the beginning of the 20th century. The average sea level rose by twenty centimeters between 1901 and 2018, and half of this rise has occurred since 1980. The annual rate is estimated at more than 3.5 mm per year. Measurements are taken using tide gauges, but primarily by satellites.
The most significant foreseeable consequences of rising sea levels are coastal erosion, the disappearance of low-lying islands, saltwater intrusion into freshwater aquifers near the coast (see my posts on the Camargue in France), the destruction of coastal ecosystems, and the loss of cultural and historical heritage.

According to images provided by the Sentinel-6 Michael Freilich satellite, a massive wave of warm water is making its way across the Pacific Ocean as the newly declared El Niño gets into full swing. The band, called a Kelvin wave, marks a swell of higher-than-average sea levels that stretches hundreds of kilometers along the equator. The anomaly is caused by warmer waters linked to El Niño whose current episode could become one of the strongest ever recorded.

The satellite captured the deviations from average sea surface height on June 8, 2026. Red areas indicate higher sea surfaces than usual, while blue areas mark areas with lower surface heights.

Developed and launched in 2020 by NASA and the European Space Agency and operated by the European Organisation for the Exploitation of Meteorological Satellites (EUMETSAT), Sentinel-6 Michael Freilich measures changes in sea surface height with great accuracy every 10 days.

The data complements measurements of sea surface temperature that have shown Pacific waters warming at unpreceded rates over the past several months, leading scientists to declare the start of a new El Niño on June 11.

When ocean water warms, it expands and takes up more space. That translates to an increase in the height of the water relative to the satellite and the center of Earth, which is then picked up by the satellite’s sensitive equipment. At some points along the equator, sea surfaces are now more than 15 centimeters higher than usual.

Kelvin waves like this one form when winds in the western Pacific near the equator weaken and temporarily reverse, blowing from west to east instead of east to west. That lets warm water gradually build up in the east, deepening the layer of warm surface waters and preventing colder waters from rising from below. The wave has now reached the western coast of South America.

NASA had already observed a few other Kelvin waves this year, suggesting an El Niño event was soon to follow. In January, Sentinel-6 Michael Freilich detected one near Micronesia that dissipated around mid-February. Another emerged in March and elevated sea levels near Peru by mid-May.

Source : Live Science.