Réchauffement climatique : des promesses non tenues // Climate change : unkept promises

Le 6 mai 2021, j’ai publié un article insistant sur le niveau désastreux des concentrations de CO2 dans l’atmosphère. Malgré les mises en garde des climatologues, on voit que rien – ou presque rien – n’est fait pour inverser la tendance. Certains lecteurs de ce blog diront que je suis trop pessimiste, mais ce que j’ai vu dans l’Arctique et dans les Alpes m’a fait comprendre à quel point la situation était grave.

Selon The Climate Action Tracker, un réseau indépendant de scientifiques qui contrôle la mise en œuvre des engagements en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre, les dernières promesses faites par les gouvernements pour limiter les émissions de carbone ne suffiront pas pour empêcher les températures de la planète de dépasser 1,5°C. Au lieu de cela, ces engagements non contraignants vont entraîner une élévation moyenne de la température de 2,4°C qui sera tout simplement  catastrophique.

Le rapport de The Climate Action Tracker explique que certains des objectifs fixés lors du sommet organisé par Joe Biden avec d’autres chefs d’états permettront de réduire de 0,2°C l’estimation du réchauffement prévue par le réseau, mais cela ne changera pas le risque de  dépassement du seuil de 1,5°C fixé en 2018 par le GIEC. Selon les prévisions les plus optimistes, le réchauffement reste bien au-dessus des 1,5°C de l’Accord de Paris. Malgré les premiers engagements pris par les leaders mondiaux au cours de la COP 21, l’Organisation Météorologique Mondiale, sous l’égide des Nations Unies, indique dans son dernier rapport que les températures ont déjà dépassé de plus de 1,2°C le niveau préindustriel. Le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a déclaré: «Nous sommes au bord du gouffre.»

Bien qu’il soit toujours possible de maintenir la hausse moyenne des températures de surface en dessous de 1,5°C, le Climate Action Tracker explique que cela nécessitera un effort important de la part de tous les gouvernements, et qu’un tel effort transformera la vie telle que nous la connaissons. Comme je l’ai souvent écrit, il appartient aux Conférences des Parties – les COP – d’imposer de telles décisions. Les initiatives décidées par les gouvernements à la seule échelle nationale ne sont pas suffisantes.

Le réseau The Climate Action Tracker est particulièrement inquiet quand il constate la volonté persistante de certains gouvernements de construire de nouvelles infrastructures non compatibles avec les objectifs de Paris, telles que des centrales au charbon, le développement du gaz naturel pour produire l’électricité et l’utilisation abusive et inefficace des véhicules personnels dans certains pays.

La hausse des températures a déjà eu un impact significatif sur la vie sur Terre, avec de plus en plus d’épisodes sévères de sécheresse, des événements météorologiques extrêmes et des incendies de végétation. Tant que le changement climatique se poursuivra à un rythme soutenu, l’avenir restera sombre. Une étude menée en 2020 par l’Université de l’Arizona a révélé qu’au rythme actuel d’augmentation de la température, un tiers de toutes les plantes et animaux de la planète seront menacés d’extinction de masse au cours des 50 prochaines années.

Dans son rapport de 2018, le GIEC a averti qu’un réchauffement climatique de 1,5°C entraînera une hausse drastique du niveau de la mer qui menacera les côtes et les nations insulaires, avec une augmentation du nombre de vagues de chaleur. À 2 degrés de réchauffement, 99% des récifs coralliens mourront. On estime que 13% des écosystèmes terrestres seront menacés et l’Arctique dépourvu de glace deviendra une réalité d’ici une vingtaine d’années.

Source: Yahoo News.

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On May 6th, 2021, I released a post referring to the disastrous level of CO2 concentrations in the atmosphere. Despite the climatologists warnings, nothing – or very little – is done to stop the trend. Some readers of this blog will say I am too pessimistic, but what I have seen in the Arctic and in the Alps have made me understand how serious the situation was.

According to The Climate Action Tracker, an independent network of scientists that tracks the commitments made on cutting greenhouse gas emissions, the recent pledges made by world governments to limit carbon emissions will not be sufficient to meet the goal of keeping global temperatures from rising above 1.5 degrees Celsius. Instead, those nonbinding commitments will result in a rise in the average global temperature to a potentially catastrophic 2.4 degrees Celsius.

The Climate Action Tracker report notes that more robust targets made at the summit organised by Joe Biden with other world leaders “have improved the network’s warming estimate by 0.2°C,” but that the net result would still mean the world is poised to blow past the 1.5 degrees Celsius threshold set in 2018 by IPCC. Even under the most optimistic assumptions, the warming is still well above the Paris Agreement’s 1.5˚C temperature limit.

Despite the initial commitments made by world leaders in the Paris climate accord, the United Nations World Meteorological Organization indicates in its latest report that temperatures have already risen by more than 1.2 degrees Celsius above pre-industrial levels. The U.N. Secretary-General António Guterres declared: “We are on the verge of the abyss.”

While keeping the average rise of surface temperatures below 1.5 degrees Celsius is still possible, the Climate Action Tracker said doing so will require a massive, unified effort from world governments that would transform life as we know it. As I have often affirmed, it is up to the Conferences of Parties to impose such decisions. The initiatives decided by local governments are not just sufficient.

The Climate Action Tracker report is particularly worried by the persisting plans of some governments to build new infrastructure not compatible with Paris goals, such as new coal-fired power plants, increasing uptake of natural gas as a source of electricity and the use of large inefficient personal vehicles in some countries..

Rising temperatures have already had a profound impact on life on Earth, with the severity of drought, weather events and wildfire destruction. With climate change continuing apace, the future looks even more bleak. A 2020 study conducted by the University of Arizona found that at the current rate of temperature rise, one-third of all plants and animals on the planet will be at risk of mass extinction in the next 50 years.

In its 2018 report, the IPCC warned that global warming of 1.5 degrees Celsius would result in drastic sea-level rise, threatening coastlines and island nations, and an increase in the number of deadly heat waves. At 2 degrees of Celsius warming, 99 percent of the world’s coral reefs would die off, an estimated 13 percent of ecosystems on land would be imperiled and an ice-free Arctic would become a reality within two decades.

Source : Yahoo News.

Evolution des températures de surface (Source : GIEC)

‘Vog’ réunionnais

L’Observatoire Volcanologique du Piton de la Fournaise a publié le 12 mai 2021 des images de la région du volcan recouverte d’une nappe de brouillard d’où émergeait le Dolomieu. Ce phénomène n’est pas exceptionnel sur le volcan où il a déjà été observé à plusieurs reprises. Les Hawaiiens le connaissent bien et ce brouillard volcanique a été baptisé vog, un condensé de volcanic fog. Il était fréquent lors de la dernière éruption du Kilauea. Au moment des intempéries, il provoquait des pluies acides qui posaient des problèmes aux horticulteurs. En effet, le gaz qui forme ce brouillard est majoritairement du dioxyde de soufre qui, même dilué dans l’air, peut aussi provoquer des irritations des muqueuses, de la peau et des voies respiratoires supérieures. Il est donc conseillé aux personnes vulnérables comme les enfants en bas âge, les femmes enceintes ou encore les personnes souffrant de difficultés respiratoires d’éviter la zone où ce brouillard est présent. A la Réunion, il était recommandé d’éviter la Route des Laves car le panache de gaz descendait vers la mer, emporté par une brise de terre.

Source : Réunion la 1ère.

Crédit photo : OVPF

Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques nouvelles de l’activité volcanique dans le monde:

 En Islande, rien n’indique que l’éruption sur la péninsule de Reykjanes est en passe de s’arrêter. L’Université d’Islande indique que débit éruptif a augmenté d’environ 70%. Comme je l’ai écrit précédemment, les projections des fontaines de lave ont déclenché des incendies de végétation à proximité de l’éruption.

Selon les données recueillies le 10 mai 2021, le débit de lave émis par l’éruption dans la Geldingadalur a considérablement augmenté la semaine dernière ; il est passé de 8 mètres cubes par seconde à près de 13. L’éruption est maintenant deux fois plus intense qu’elle ne l’a été jusqu’à présent  Le volume de lave émis atteint plus de 30 millions de mètres cubes et couvre une superficie de près de 1,8 km2.

L’éruption peut être divisée en trois phases: La première, qui a duré environ deux semaines, a été marquée par un débit de lave régulier, mais avec une tendance à la baisse ; il est passé de 7-8 m3 par seconde à 4-5 m3 par seconde. La deuxième phase, qui a également duré deux semaines, a été marquée par l’ouverture de nouvelles bouches au nord des premiers cratères. Le débit éruptif était compris entre 5 et 8 m3 par seconde. Au cours de la troisième phase, qui a débuté il y a trois semaines, un seul cratère est resté actif. Le débit éruptif a augmenté ces derniers temps, en particulier la semaine dernière. Cependant, par rapport à d’autres éruptions en Islande, l’intensité de l’éruption reste relativement faible. L’éruption dans la Geldingadalur est toutefois remarquable. En effet, l’intensité de la grande majorité des éruptions diminue après leur début, ce qui n’est pas le cas avec l’éruption actuelle. Selon le Met Office, « il n’y a aucun moyen de prévoir combien de temps durera l’éruption ou si le débit éruptif continuera d’augmenter. »

Le plus grand danger sur le site éruptif reste le chemin d’accès en raison de la présence de randonneurs relativement inexpérimentés. Les autorités craignent qu’il y ait davantage d’accidents avec l’arrivée de plus de touristes pendant l’été. La première partie du sentier, très pentue, a été modifiée pour la rendre moins raide. D’autres aménagements devraient faciliter le parcours. Un nouveau parking, plus proche de l’éruption que l’aire de stationnement actuelle, raccourcira également le trajet à pied de 1,2 à 1,3 kilomètre dans chaque sens. L’éruption sur la péninsule de Reykjanes est vraiment pour touristes !

Source : presse islandaise.

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L’éruption du Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion) débutée le 9 avril 2021 se poursuit. L’amplitude du tremor continue sa lente décroissance qui a débuté le 2 mai. Son amplitude reste cependant encore significative et se situe à environ 30% de l’amplitude maximum observée au début de l’éruption, le 13 avril.

Les deux cônes sont toujours actifs, avec un dégazage qui est toujours plus marqué et des projections de lave toujours présentes au niveau du cône le plus en aval.

L’écoulement de la lave à la sortie des bouches éruptives, se fait essentiellement en tunnels jusqu’à la limite supérieure des Grandes Pentes, où des résurgences de lave sont visibles en surface. Le front de coulée continue sa lente progression dans les Grandes Pentes. Le dernier relevé du 7 mai révélait que la coulée se situait à environ 1200 m d’altitude.

La légère inflation de la zone sommitale semble s’être arrêtée.

Source : OVPF.  

Photo : Christian Holveck

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Au Guatemala, on observe sur le Pacaya une activité fumerollienne dans le cratère Mackenney. L’activité effusive se poursuit avec des coulées de lave atteignant 2300 mètres de longueur sur le flanc sud-ouest où le front de lave s’est actuellement stabilisé. La lave s’accumule et forme des promontoires de plusieurs mètres de hauteur. Des épisodes de tremor associés à l’ascension du magma et au déplacement des coulées de lave restent enregistrés.

Des explosions d’intensité variable, parfois fortes, sont observées sur le Fuego, à raisonde 5 à 9 événements par heure, avec des colonnes de cendres qui montent à 4500 et 4800 mètres d’altitude. Des retombées de cendres sont signalées à Morelia, Santa Sofía, Panimache et d’autres localités dans cette région. Comme d’habitude, certaines explosions génèrent des grondements et des ondes de choc. Des avalanches fréquentes de blocs dévalent plusieurs ravines. Les pluies abondantes génèrent des lahars dans ces ravines il est demandé à la population d’être vigilante.

On observe de faibles explosions sur le dôme Caliente du Santiaguito, avec des colonnes de cendres qui atteignent une altitude de 2800 mètres. Des retombées de cendres sont signalées dans plusieurs localités. L’’extrusion de lave continue au sommet, avec des chutes de blocs et des avalanches de matériaux en raison de l’instabilité du cratère. Il y a également un risque de coulées pyroclastiques et il est demandé à la population d’éviter le lit et les berges des rivières près des pentes du volcan, d’autant plus que le risque de lahars subsiste en période de fortes pluies.

Source : INSIVUMEH. .

Dôme de lave du Santiaguito (Photo : C. Grandpey)

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La situation reste inchangée à Hawaï. L’éruption du Kilauea continue. L’activité est confinée à l’Halema’uma’u où la lave est émise par une bouche sur le côté nord-ouest du cratère. Le lac de lave (qui est plutôt une accumulation de lave) présente actuellement une profondeur de 228 m. Il est immobile et rigide sur sa moitié Est. Les émissions de SO2 atteignent 200 tonnes par jour.

Source: HVO.

Crédit photo : HVO

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Dans sa dernière mise à jour du 10 mai 2021, l’UWI SRC indique que l’activité sismique à La Soufrière de St Vincent  est restée faible depuis l’explosion et l’émission de cendres du 22 avril. Au cours des dernières 24 heures, seuls séismes longue période ont été enregistrés. Des mesures de SO2 sur le volcan ont été effectuées depuis un bateau au large de la côte ouest avec l’aide des garde-côtes. Le volcan émet en moyenne 208 tonnes par jour et reste actif. Une intensification de l’activité peut encore avoir lieu avec pas ou peu de signes précurseurs.

Il est demandé aux habitants d’être prudents lorsqu’ils traversent les ravines en raison du risque élevé de lahars pendant les périodes de pluie sur le volcan.

La Soufrière est maintenue en alerte ORANGE.

Source: UWI.

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La situation reste inchangée au Kamchatka où le Karymsky, le Sheveluch  et l’Ebeko sont toujours en alerte aérienne de couleur Orange, tandis qu’elle est Jaune pour le Bezymianny. Ell est Verte pour les autres volcans d la région.

Source : KVERT.

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Ces informations ne sont pas exhaustives. Vous en trouverez d’autres (en anglais) en lisant le bulletin hebdomadaire de la Smithsonian Institution :

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Here is some news of volcanic activity around the world :

There are no signs the ongoing eruption on Iceland’s Reykjanes peninsula will stop soon.  Lava flow at the site has increased by around 70% according to the latest data release by the University of Iceland. As I put it before, projections from the lava fountains have started brush fires in the vicinity of the eruption.

According to data gathered on May 10th, 2021, the lava flow at the Geldingadalir eruption increased significantly last week, from 8 cubic metres per second to nearly 13. The eruption is now twice as powerful as it has been for most of the active period. The volume of the lava expelled by the eruption has now reached over 30 million cubic metres and covers an area of nearly 1.8 km2.

The eruption can be divided into three phases:

The first one, which lasted about two weeks, was characterized by a steady, but slowly decreasing lava discharge, which went from 7-8 m3 per second to 4-5 m3 per second.

The second phase, which lasted two weeks as well, was characterized by the opening of new vents north of the original craters. The lava discharge was between 5 and 8 m3 per second.

During the third phase, which began three weeks ago, one main crater has been active, producing nearly all the lava. During this time, the lava discharge has increased, especially the past week.

However, compared to other eruptions, the intensity of the eruption is limited. The Geldingadalir eruption is exceptional in that the vast majority of eruptions decrease in strength after they begin. According to the Met Office, “there is no way to predict how long the eruption will last or whether lava flows will continue to increase.”

The biggest danger at the eruption site seems to be the hiking path itself due to the presence of relatively inexperienced hikers. Authorities fear there will be more accidents wiyh the arrival of more tourists during the summer. The first slope on the path was modified to make it less steep. Other modifications are expected that should make the trail easier for hikers. A new parking lot, closer to the eruption site, will also shorten the hike by 1.2-1.3 kilometres in each direction. The eruption on the Reykjanes Peninsula is definitely for tourists!

Source: Icelandic news media.

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The eruption of Piton de la Fournaise (Reunion Island) that started on April 9th, 2021 continues. The amplitude of the tremor continues its slow decrease which began on May 2nd. However, its amplitude still remains significant and is about 30% of the maximum amplitude observed at the start of the eruption on April 13th.

The two cones are still active, with a degassing which is still quite high and projections of lava at the cone farther down the slope.

Lava mainly flows in tunnels down to the upper limit of the Grandes Pentes, where resurgences can be seen on the surface. The flow front slowly advances in the Grandes Pentes. The last observationson May 7th revealed that the flow had reached an altitude of around 1,200 m.

The slight inflation of the summit area seems to have stopped.

Source: OVPF.

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In Guatemala, fumarolic activity is observed on Pacaya in the Mackenney crater. Effusive activity continues with lava flows travelling as far as 2,300 meters on the southwest flank where the lava front has currently stabilized. Lava accumulates and forms promontories several metres high. Tremor episodes associated with the ascent of magma and the displacement of lava flows remain recorded.

Explosions of varying intensity, sometimes strong, are observed on Fuego, with 5 to 9 events per hour, with columns of ash which average 4500 and 4800 meters above sea level. Ashfall is reported in Morelia, Santa Sofía, Panimache and other municipalities in this region. As usual, some explosions generate rumblings and shock waves. Frequent rock avalanches travel down several ravines. The heavy rains may generate lahars. The population is asked to be vigilant.

Weak explosions are observed on the Caliente dome of Santiaguito, with ash columns reaching an altitude of 2800 metres. Ashfall is reported in several municipalities. Lava extrusion continues at the summit, with rockfalls and avalanches of material due to the instability of the crater. There is also a risk of pyroclastic flows and people are asked to avoid river beds and river banks near the slopes of the volcano, especially as the risk of lahars remains high during periods of heavy rains.

Source: INSIVUMEH. .

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The situation remains unchanged in Hawaii. Kilauea is erupting. Lava activity is confined to Halema’uma’u with lava erupting from a vent on the northwest side of the crater. The lava lake (or rather the lava accumulation) is currently 228 m deep and remains stagnant over its eastern half. SO2 emission rates have been measured at 200 tonnes per day.
Source: HVO.

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In its latest update of May 10th, 2021, the UWI SRC indicates that seismic activity at St Vincent’s La Soufrière has remained low since the explosion and ash emission of April 22nd.

In the last 24 hours, only a few long-period earthquakes have been recorded, and measurements of the SO2 flux at the volcano were carried out by boat off the west coast with the assistance of the coastguard. They revealed an average of 208 tons per day, The volcano continues to be in a state of unrest, and escalation in activity can still take place with little or no warning.

Residents are asked to be cautious when crossing river valleys due to the increased risk of lahars during periods of rainfall on the volcano.

La Soufriere is kept at alert level ORANGE.

Source: UWI.  .    .

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The situation remains unchanged in Kamchatka where the aviation colour code for Karymsky, Sheveluch and Ebeko is still Orange, while it is Yellow for Bezymianny. It is Green for the other volcanoes in the region.

Source: KVERT.

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This information is not exhaustive. You can find more by reading the Smithsonian Institution’s weekly report:

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

Islande : un geyser de lave // Iceland : a lava geyser

L’éruption se poursuit à Fagradalsfjall au niveau d’une seule bouche éruptive. Il s’agit de la 5ème bouche à s’être ouverte sur le système de fissures le 13 avril 2021. Comme je l’ai déjà écrit, l’activité éruptive en Islande ces jours-ci ressemble davantage aux éruptions du geyser Strokkur qui se trouve à proximité qu’aux éruptions stromboliennes de l’Etna.

Il y a quelques jours, j’ai mesuré des séquences d’environ quatre minutes, alternant pauses et fontaines de lave intenses. Ce rythme éruptif du volcan a été détecté par le satellite Sentinel-2 comme on peut le voir sur l’image ci-dessous. Le satellite a enregistré cette image proche infrarouge à 13h03 le 6 mai 2021. On peut voir le rythme régulier de l’éruption avec les panaches qui se dirigent lentement vers le sud du pays.

A noter que la police a fermé le site de l’éruption le 10 mai 2021. La raison de la fermeture est triple: tout d’abord, il y a des incendies de végétation dans le secteur suite à des semaines de sécheresse et à une activité accrue au niveau du cratère en éruption. La situation est devenue inquiétante lorsque l’activité éruptive a changé. La lave a alors été projetée jusqu’à 300 mètres de hauteur, avec des retombées de matériaux incandescents jusqu’à 300 mètres du cratère actif. Au contact de la végétation, cette lave a provoqué des incendies.

Une autre raison de la fermeture du site est que le vent du nord augmentait le risque de pollution par les gaz le long du chemin d’accès à l’éruption.

Enfin, le secteur de l’éruption a besoin d’être entretenu. Deux randonneurs se sont cassés une cheville durant le week-end sur le sentier d’accès qui devrait être davantage praticable à l’avenir.

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Si vous avez l’intention de vous rendre en Islande pour visiter l’éruption, vous feriez mieux de vérifier les restrictions de voyage en France et en Islande où elles changent fréquemment. En Islande ces jours-ci, vous devrez effectuer un test PCR, même si vous êtes vacciné et vous devrez rester dans un hébergement de quarantaine (entre 5-6 et 24 heures) jusqu’au résultat du test. Les autorités craignent des retards pour obtenir les résultats des tests avec le nombre croissant de visiteurs en Islande.

Le 8 mai 2021, 10 personnes en provenance d’Espagne qui ont débarqué à l’aéroport de Keflavík se sont vu refuser l’accès dans le pays. En raison de la nouvelle réglementation mise en place par le Ministre de la Justice, les déplacements inutiles depuis et vers des pays à risque d’un point de vue sanitaire sont interdits jusqu’à la fin mai. Les personnes en question ne remplissaient pas les conditions pour entrer en Islande car elles arrivaient d’Espagne. Or, les étrangers venant ou ayant séjourné dans un pays où le taux d’infection sur 14 jours dépasse 700 pour 100 000 habitants pendant plus de 24 heures au cours des 14 derniers jours, ou lorsque des informations suffisantes sur le pays en question ne sont pas disponibles, ne sont pas autorisés à entrer en Islande. L’Espagne a été ajoutée à la liste des pays à risque le 7 mai dernier. Les touristes seront donc renvoyés en Espagne.

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The eruption continues in Fagradalsfjall through one main crater. It is the 5th vent that opened on the fissure system on April 13th, 2021.

As I put it before, eruptive activity in Iceland these days looks more like the eruptions of the nearby Strokkur geyser that the strombolian eruptions at Mt Etna. A few days ago, I measured sequences of about four minutes, alternating pauses and intense lava fountains.

This eruptive rhythm of the volcano has been detected by the Sentinel-2 satellite as can be seen on the picture below. The satellite took this near infrared image at 13:03 on May 6th, 2021. We can see the fixed rhythm of the eruption with its emissions slowly going south of the country.

It should be noted that the police closed the eruption site by Fagradalsfjall on May 10th, 2021. The reason for the closure is threefold: first, there are wildfires in the area, due to weeks of drought and increased activity in the main crater. The incidents began when the eruption activity changed, shooting lava up to 300 metres into the air. Some of the lava has landed up to 300 metres away from the active crater, landing on vegetation and sparking fires.

Another reason is that the northerly wind was bringing a higher risk of gas pollution along the hiking path to the eruption.

At last, there is need for maintenance in the area. Two hikers broke an ankle at the site over the weekend on hiking path A which will be improved and made easier to pass.

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If you intend to go to Iceland to visit the eruption, you’d better check the travel restrictions both in France and in Iceland where they are frequently changing. In Iceland these days, you will have to perform a PCR test, even if you are vaccinated and you will have to stay in a quarantine accommodation (between 5-6 and 24 hours) until the result of the test. Authorities fear delays with the increasing numbers of visitors to Iceland.

On May 8th, 2021, 10 people arriving at Keflavík Airport were stopped from entering the country. Due to a new regulation by the Minister of Justice, unnecessary travel from and to specified danger areas is banned from the April 27th and valid until the end of May. The people arriving did not meet the conditions for entering the country, as they arrived from Spain.

Foreigners coming from or having stayed in an area where the 14-day incidence infection rate exceeds 700 per 100,000 population for more than 24 hours in the last 14 days, or when sufficient information from an area is not available, are not allowed to enter the country. Spain has just been put on the danger list last Friday. Rhe tourists will be sent back to Spain.

Les lacs de lave du Kilauea, Ambrym et Nyiragongo // Kilauea, Ambrym and Nyiragongo lava lakes

En 2018, la pression du magma a entraîné la hausse de niveau du lac de lave au sommet du Kilauea (Hawaii). Cette forte pression magmatique a débouché sur une très spectaculaire éruption qui a provoqué la vidange rapide du lac de lave et l’effondrement du cratère sommital du Kilauea

La même séquence d’événements s’est également produite en 2018 à Ambrym, un volcan très actif au Vanuatu. On note beaucoup de points communs avec l’éruption du Kilauea. Avant 2018, la caldeira sommitale d’Ambrym hébergeait cinq lacs de lave. Dans les semaines précédant l’éruption, la lave dans au moins l’un des lacs a montré une hausse significative, comme cela a été observé avant l’éruption du Kilauea en 2018.

Source : GeoHazards

Une hausse de la sismicité a été enregistrée au sommet le 14 décembre à Ambrym et très vite le magma est entré dans la zone de rift sud-est, provoquant une fracturation importante du sol. En deux jours, les cinq lacs se sont vidangés et les cratères se sont effondrés, tandis que des panaches de cendres s’élevaient du sommet.

Le 17 décembre, la migration du magma s’est arrêtée à Ambrym. Peu de temps après, les habitants ont observé de la pierre ponce en train de dériver sur le rivage, preuve qu’une éruption sous-marine s’était produite plus loin dans la zone de rift. Au sommet, un lac d’eau a rapidement remplacé l’un des lacs de lave dans le cratère effondré.

La fracturation du sol à Ambrym a causé des dégâts aux bâtiments en 2018, mais l’éruption aurait pu être plus dévastatrice si elle s’était produite sur terre.

En 1913, un schéma d’activité identique s’est produit à Ambrym, avec une éruption sur terre qui a détruit un hôpital. Une étude sur l’éruption d’Ambrym en 2018 souligne que l’élévation du niveau du lac de lave avant l’éruption était probablement due à une accumulation de pression dans la chambre magmatique sommitale. Les auteurs de l’étude notent que ce processus a été décrit en détail pour le Kilauea qui dispose d’un réseau de surveillance plus performant.

En conclusion, on peut dire que les lacs de lave sommitaux sont de bons indicateurs de la pression qui règne dans la chambre magmatique sous-jacente, et jouent le rôle de baromètres à liquide.

L’analyse de la lave a montré que le dyke magmatique d’Ambrym avait, sur son parcours le long de la zone de rift, rencontré une poche périphérique de magma plus ancien. Ce mélange de magmas a également eu lieu lors de l’éruption dans la Lower East Rift Zone du Kilauea en 2018, avec des conséquences sur les débits éruptifs et les risques associés.

Les observations des éruptions d’Ambrym et du Kilauea indiquent que l’élévation rapide du niveau des lacs de lave sommitaux pourrait être un bon indicateur des prochaines éruptions latérales de ces volcans.

Ce processus éruptif a des implications pour les risques associés au Nyiragongo, en République Démocratique du Congo. Le volcan héberge un grand lac de lave actif depuis des décennies. L’élévation du niveau de ce lac de lave a précédé de grandes éruptions latérales en 1977 et 2002. L’éruption de 1977 du Nyiragongoa produit des coulées de lave particulièrement rapides qui ont tué des dizaines de personnes. Les coulées de lave de l’éruption de 2002 ont envahi une grande partie de la ville de Goma, laissant 120 000 personnes sans abri et en déplaçant de nombreuses autres. Actuellement, le lac de lave du Nyiragongo a un niveau élevé, semblable à celui d’avant les éruptions de 1977 et 2002. Une étude récente, menée par une équipe internationale de scientifiques, a conclu que la situation actuelle sur le Nyiragongo pourrait déboucher sur une nouvelle éruption latérale dans plusieurs années.

Source : Wikipedia

S’agissant du Kilauea, il convient de noter que le lac de lave actuel qui a commencé à se former en décembre 2020 dans le cratère de l’Halema’uma’u est très différent de celui que l’on pouvait observer avant 2018. Le lac actuel est formé par accumulation de la lave qui coule passivement au fond du cratère. Il ne se trouve pas directement au-dessus du conduit en provenance de la chambre magma. Cela signifie que les changements de son niveau ne peuvent pas être utilisés comme indicateurs de la pression magmatique.

Lac de lave avant l’éruption du Kilauea en 2018 (Source : HVO)

‘Lac’de lave actuel sur le Kilauea (Source: HVO

Au fil des ans, les pentes du Kilauea, d’Ambrym et du Nyiragongo ont été dévastées par des éruptions alimentées par un magma s’écoulant depuis leurs sommets. Les scientifiques espèrent aboutir à une meilleure compréhension de ces éruptions latérales et de leurs signes avant-coureurs. Ils pourront ainsi utiliser ces connaissances pour réduire les risques et améliorer la prévision éruptive.

Source: USGS / HVO.

Pour ceux qui possèdent l’ouvrage, des descriptions des éruptions tragiques d’Ambrym et du Nyiragongo se trouvent dans mon livre Killer Volcanoes, aujourd’hui épuisé.

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In 2018, rising summit lava lake levels, caused by building magmatic pressure, culminated in a large eruption of Kilauea (Hawaii) which abruptly drained the summit lava lake and initiated crater collapse.

The same sequence of events also occurred in 2018 on Ambrym, a highly active volcano in Vanuatu, with that paralleled those on Kilauea. Prior to 2018, the summit caldera on Ambrym hosted five lava lakes. In the weeks prior to the eruption, at least one of the lava lakes showed a significant rise, similar to what happened before Kilauea’s 2018 eruption.

Earthquakes began at the summit on December 14th, and soon magma intruded along Ambrym’s southeast rift zone, creating extensive ground cracking. Within two days, all five lakes had drained and the craters collapsed inwards, as ash plumes rose from the summit.

On December 17th, the magma migration stopped. Soon after, residents observed pumice drifting onshore, signaling that a submarine eruption had occurred far down the rift zone. At the summit, a water lake soon replaced one of the lava lakes in the collapsed crater.

Although ground cracking at Ambrym produced damage to buildings in 2018, the eruption could have been more hazardous if it had happened onshore. In 1913, a similar pattern of activity occurred at Ambrym, producing an onshore eruption that destroyed a hospital.

A study on the 2018 Ambrym eruption highlights that the rising lake level prior to the eruption was a likely sign of building pressure in the summit magma chamber. The authors note that this pattern has been documented in detail at Kilauea, which has a more extensive monitoring network.

In essence, summit lava lakes are giant pressure gauges of the underlying magma chamber, akin to a liquid barometer. Analysis of the lava chemistry showed that the magmatic dike at Ambrym had intersected a peripheral, isolated pocket of older magma on its route along the rift zone. This mixing of new and old magma also occurred during the 2018 lower East Rift Zone eruption of Kīlauea, with implications for eruption rates and hazards.

The Ambrym and Kīlauea observations suggest that rapidly rising summit lava lakes may be a common harbinger of upcoming flank eruptions.

This process has implications for hazards at Nyiragongo, in the Democratic Republic of the Congo, which hosts a large summit lava lake that has been intermittently active for decades.

Rising lake levels preceded large flank eruptions in 1977 and 2002 at Nyiragongo. The 1977 eruption produced unusually fast lava flows, killing scores of people. Lava flows from the 2002 eruption covered a large portion of the city of Goma, leaving 120,000 people homeless and displacing many more. Currently, the Nyiragongo lake has risen to a high level, roughly similar to that before the 1977 and 2002 eruptions. A recent study, by a different international team of scientists, has forecast that this could lead to a new flank eruption in several years.

It’s worth noting that the current lava lake at Kilauea, which started forming in December 2020, is fundamentally different from the lake that was present before 2018. The current lake is lava that is passively ponding at the bottom of the Halema’uma’u crater and is not situated directly over the conduit that rises from the magma chamber. This means its lava level changes can’t be used as a pressure gauge in the same manner.

Over the years, communities on Kilauea, Ambrym, and Nyiragongo have been devastated by eruptions fed by magma draining from their summits. Scientists hope to develop a better understanding of these flank eruptions and their precursors and use that knowledge to reduce risk and improve forecasts in the future.

Source: USGS / HVO.

Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion) : photos de la lave dans les Grandes Pentes

Cela fait un mois que le Piton de la Fournaise est en éruption. La coulée de lave qui avance dans les hauts des Grandes Pentes, est désormais bien visible depuis la route nationale 2 quand la météo le permet. Jusqu’à présent, l’éruption était surtout visible depuis le Piton de Bert au sommet du volcan.

En amont, l’écoulement de la lave à la sortie des bouches éruptives se fait essentiellement en tunnels jusqu’à la limite supérieure des Grandes Pentes, où des résurgences de lave sont visibles en surface. Le 8 mai, le front des coulées se trouvait à 1138 m d’altitude.

Mon ami Christian Holveck se trouvait sur les lieux et il m’a adressé de superbes photos de la lave. Christian m’explique que l’avancée des coulées se fait par à-coups et assez lentement malgré la pente.

L’intensité de cette éruption reste relativement stable, même si l’amplitude du trémor volcanique a repris sa lente tendance de déclin. Cependant, son amplitude reste significative et atteint encore 50% de l’amplitude maximale observée le13 avril. Il est bien évident que personne ne sait combien e de temps durera cette éruption. L’inflation de la zone sommitale enregistrée par les instruments pourrait signifier que la réalimentation du réservoir magmatique se poursuit.

Photos: Christian Holveck

Conférences

Pour cause de COVID-19 et des restrictions sanitaires qui y sont liées, mes conférences  prévues à Argenton-sur-Creuse, Issoudun et Montluçon ont été reportées.

Si tout va bien, ma conférence « Volcans et Risques Volcaniques » aura lieu à Argenton le 6 octobre 2021. J’interviendrai sur le même thème le 9 mai 2022 à Cognac (Charente).

Les dates concernant Issoudun  (Volcans) et Montluçon (Volcans, puis Glaciers) seront communiquées ultérieurement.