Volcans autour du monde // Volcanoes around the world

Voici quelques nouvelles de l’activité volcanique dans le monde, résumées dans le rapport hebdomadaire de la Smithsonian Institution.

Les 8 et 12 novembre 2018, de petits panaches de cendre brunâtre ont été observés au sommet du Mayon (Philippines), associés à des épisodes de dégazage. Aucun signal sismique correspondant à ces événements n’a été enregistré. Le matin du 11 novembre, un séisme volcanique a accompagné une fontaine de lave qui a duré 36 secondes et a généré un panache de cendre gris-brunâtre qui s’est étiré vers le SO. Une incandescence était visible au niveau du cratère presque toutes les nuits du 7 au 13 novembre. Le niveau d’alerte du Mayon reste à 2 sur une échelle de 1 à 5. Les habitants doivent rester à l’écart de la zone de danger permanente de 6 km de rayon et de 7 km sur les flancs SSO et ENE.
Source: PHIVOLCS.

Entre 7 et 18 explosions ont été détectées chaque heure sur le Fuego (Guatemala) du 8 au 12 novembre 2018. Les panaches de cendre provoqués par les explosions atteignaient 1,1 km au-dessus du cratère avant de s’étirer sur 8 à 20 km vers l’ouest et le sud-ouest. Des retombées de cendre ont été signalées dans des zones sous le vent. Des matériaux incandescents étaient éjectés à une hauteur de 150 à 300 mètres de hauteur et provoquaient des avalanches qui ont parcouru de grandes distances, atteignant des zones de végétation dans de nombreuses ravines. Les coulées de lave ont progressé de 1,2 km dans la ravine Ceniza, mais l’activité effusive avait fortement diminué le 12 novembre.
Source: INSIVUMEH.

Quatre événements significatifs ont été enregistrés sur l’Anak Krakatau (Indonésie) le 9 novembre 2018. Chaque événement a duré de 42 à 55 secondes et a produit des panaches de cendre s’élevant à 300-500 mètres au-dessus du cratère. Un événement dans la matinée du 10 novembre a généré un panache de cendre de 500 mètres de hauteur. Le 12 novembre, 10 événements ont été enregistrés, d’une durée de 38 à 117 secondes chacun, avec des panaches de cendre montant jusqu’à 200 à 700 mètres de hauteure. Quatre événements ont été enregistrés le 13 novembre, d’une durée de 44 à 175 secondes chacun, avec des panaches de cendre atteignant 800 mètres de hauteur. Le niveau d’alerte reste à 2. Il est demandé aux habitants et aux touristes de ne pas s’approcher du volcan à moins de 2 km du cratère.
Source: VSI.

Entre le 2 et le 8 novembre 2018, le dôme de lave dans le cratère sommital du Merapi (Indonésie) a augmenté lentement à un rythme de 3500 mètres cubes par jour, soit une vitesse supérieure à celle de la semaine précédente. Le 7 novembre, le volume du dôme était estimé à 273 000 mètres cubes. Le niveau d’alerte reste à 2 (sur une échelle de 1 à 4).
Source: VSI.

Des émissions mineures de cendre et de gaz continuent sur le Turrialba (Costa Rica), avec de temps en temps de puissantes explosions et des panaches de cendre atteignant 500 mètres au-dessus du cratère. Des retombées de cendre ont été signalées dans plusieurs zones sous le vent
Source: OVSICORI.

L’éruption du cône dans la caldeira sommitale du Veniaminof (Iles Aléoutiennes / Alaska) se poursuit tranquillement. Les données satellitaires et les images de la webcam révèlent des températures de surface élevées dues à des projections et des coulées de lave. Les panaches de vapeur et de cendre s’élèvent jusqu’à 3 km d’altitude. Des données satellitaires récentes montrent que les coulées de lave ont parcouru jusqu’à 1,2 km de la bouche éruptive. Des fractures continuent à s’ouvrir dans la glace à proximité de la coulée de lave en raison des eaux de fonte qui s’enfoncent sous la couche de glace. La couleur de l’alerte aérienne reste à l’Orange et le niveau d’alerte volcanique est maintenu à Vigilance.
Source: AVO.

Dans sa dernière mise à jour du 13 novembre 2018, le HVO indique que Kilauea (Hawaii) n’est pas en éruption. La sismicité, la déformation et les émissions de gaz n’ont pas évolué au cours de la semaine écoulée.
Les instruments du HVO montre un faible niveau de sismicité au sommet et sur l’East Rift Zone (ERZ). La sismicité est surtout enregistrée au sommet du Kilauea et sur le flanc sud, avec de petites répliques de l’événement de M 6.9 enregistré le 4 mai 2018. La sismicité reste faible dans Lower East Rift Zone (LERZ).
Dans l’ERZ, les tiltmètres installés près du Pu’uO’o et plus à l’est ne révèlent aucune évolution dans la déformation du sol.
Les émissions de SO2 au sommet étaient en moyenne de 50 tonnes par jour le 24 octobre et de 75 tonnes par jour sur le Pu’uO’o le 23 octobre. Aucune émission de SO2 n’a été détectée dans la LERZ.
En dépit de cette situation volcanique très calme, des dangers sont toujours présents dans la LERZ et au sommet du Kilauea. Les habitants et les touristes qui se trouvent à proximité de fractures et de coulées de lave récemment actives doivent rester informés et être prêts à évacuer la zone en cas de reprise – improbable – de l’activité. L’ensemble du champ de lave est interdit d’accès, sauf autorisation de la Protection Civile.

Source : HVO.
Même si tous les paramètres montrent que l’activité s’est arrêtée au sommet et le long de l’ERZ, même si une reprise de l’activité éruptive est considérée comme «improbable», le HVO continue à affirmer que l’éruption fait «une pause» et refuse d’admettre qu’elle est terminée. Cela devient ridicule.

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Here is some news about volcanic activity around the world, as summarized in the Smithsonian Institution’s weekly report.

On November 8th and 12th, 2018, small, short-lived brownish ash plumes were observed on Mayon (Philippines), associated with a degassing events. There was no accompanying seismic record from these events. In the morning of November 11th, a volcanic earthquake was associated with a short-lived lava fountaining. The event lasted 36 seconds and produced a brownish-gray ash plume that drifted SW. Crater incandescence was visible most nights between November 7th and 13th.. The alert level for Mayon remains at 2, on a scale 1 – 5. Residents are asled to stay away from the 6-km-radius Permanent Danger Zone and the 7-km Extended Danger Zone on the SSW and ENE flanks.

Source: PHIVOLCS.

Between 7 and 18 explosions per hour were detected at Fuego (Guatemala) during 8-12 November, 2018. Ash plumes from the explosions rose as high as 1.1 km above the crater rim and drifted 8-20 km W and SW. Ashfall has been reported in areas downwind areas. Incandescent material was ejected 150-300 metres high and caused avalanches that travelled far, reaching vegetated areas in multiple drainages. Lava flows as long as 1.2 km advanced in the Ceniza drainage, though lava-flow activity had greatly decreased by November 12th.

Source: INSIVUMEH.

Four significant events were recorded at Anak Krakatau (Indonesia) on November 9th.. Each event lasted 42-55 seconds and produced ash plumes that rose 300-500 metres above the crater. An event in the morning of November 10th generated an ash plume that rose 500 metres. There were 10 events recorded on November 12th, each lasting 38-117 seconds, and producing ash plumes that rose 200-700 metres. Four events were recorded on November 13th, each lasting 44-175 seconds, and producing ash plumes that rose as high as 800 metres. The alert level remains at 2; residents and visitors are warned not to approach the volcano within 2 km of the crater.

Source: VSI.

Between November 2nd and 8th, 2018, the lava dome in Merapi’s summit crater (Indonesia) grew slowly at a rate of 3,500 cubic metras per day, faster than the previous week. By November 7th, the volume of the dome was an estimated 273,000 cubic metres. The alert level remains at 2 (on a scale of 1-4).

Source : VSI.

Minor ash-and-gas emissions continue at Turrialba (Costa Rica), though occasionally punctuated by energetic explosions which plumes as high as 500 metres above the crater. Ashfall has been reported in several downwind areas

Source: OVSICORI.

The eruption from the cone in Veniaminof’s ice-filled summit caldera (Aleutians / Alaska), continues at low levels. Satellite and webcam data show elevated surface temperatures from minor lava spattering and lava effusion. Steam and ash plumes rise as high as 3 km a.s.l. Recent satellite data show that the lava flows have travelled as far as 1.2 km from the vent. Fractures in the ice sheet adjacent to the lava flow continue to grow due to meltwater flowing beneath the ice sheet. The aviation colour code remains at Orange and the volcanic alert level is kept at Watch.  Source: AVO.

In its latest update (November 13th, 2018), HVO indicates that Kilauea (Hawaii) is not erupting. Rates of seismicity, deformation and gas emissions have not changed significantly over the past week.

HVO monitoring shows low rates of seismicity at the summit and East Rift Zone (ERZ). Earthquakes continue to occur primarily at Kilauea’s summit area and south flank, with continued small aftershocks of the M 6.9 event of May 4th, 2018. Seismicity remains low in the Lower ERZ.

In the ERZ, tiltmeters near Pu’uO’o and farther east reveal no change over the last week.

SO2 emissions at the summit averaged 50 tonnes/day on Oct. 24th and 75 tonnes/day at Pu’uO’o on October 23rd. There was no SO2 detected in the Lower ERZ.

Despite this very quiet volcanic situation, hazards are still present in the lower East Rift Zone (LERZ) and at the summit. Residents and visitors near recently active fissures and lava flows should stay informed and be prepared, if necessary, to self-evacuate in the UNLIKELY event of renewed activity. The entire flow field and the vents are closed to the public, unless authorized through Civil Defense.

Source: HVO.

Even though all parameters show that activity has stopped both at the summit and along the ERZ, even tough renewed activity is said to be “unlikely”, HVO still says the eruption is going through “a lull” and refuses to admit it is over. This is becoming quite ridiculous.

Activité éruptive sur le Krakatau (Photo: C. Grandpey)

Sous la menace du Nevado del Ruiz… // Under the threat of Nevado del Ruiz…

On peut lire ces jours-ci dans The Guardian un article très intéressant sur Manizales, une ville du centre de la Colombie, qui, selon le journal anglais, est «la plus dangereuse au monde». L’expression est tout à fait justifiée, car Manizales a été confrontée à des situations graves, voire désespérées. Ainsi, dans la soirée du 13 novembre 1985, les habitants ont entendu un grondement qu’ils ont d’abord attribué à un camion qui venait de se renverser. Puis, des cris se sont fait entendre. Les habitants du fond de la vallée venaient de se faire emporter par une coulée de boue en provenance du Nevado del Ruiz, un volcan à 15 kilomètres à l’est. Il a fallu des mois pour nettoyer et évacuer les matériaux laissés par le lahar et récupérer les corps.
A l’est du volcan, les dégâts ont été catastrophiques. Lorsqu’un pilote a téléphoné au président d’alors, Belisario Betancur, pour lui dire que la ville d’Armero avait été «rayée de la carte», le président lui a dit qu’il exagérait. Le pilote disait la vérité: les deux tiers des 29 000 habitants avaient péri dans la coulée de boue, la pire catastrophe naturelle de l’histoire de la Colombie.
Répartie sur une série de crêtes montagneuses dominée par le Nevado del Ruiz, cette zone urbaine est confrontée à une série de catastrophes naturelles, comme nulle part ailleurs dans le monde.

La ville de Manizales, la capitale du département de Caldas, a été secouée par six séismes majeurs au 20ème siècle, dont un avec une magnitude de M 6,2 qui a causé la mort de 2 000 personnes dans la ville voisine d’Armenia. Les violentes éruptions du Nevado del Ruiz, comme celle de 1985, sont rares mais le volcan crache souvent des nuages de cendre qui recouvre la ville et ferme l’aéroport. En outre, le relief montagneux de la région crée un microclimat propice aux pluies diluviennes et donc à des conditions idéales pour les glissements de terrain.
Les 400 000 habitants de Manizales ont appris à cohabiter avec cette situation précaire. Ils ont tiré les leçons de la tragédie d’Armero et sont connus pour leur bonne politique de gestion des risques. Manizales est devenu une référence mondiale dans ce domaine.

Sur les murs du Colombian Geological Survey, une douzaine d’écrans montrent en direct l’activité sismique, les images satellite et celles diffusées par la webcam orientée vers le volcan tout proche. Avec près de 150 capteurs et autres points de données, le Nevado del Ruiz est l’un des volcans les plus surveillés au monde.
Dans les banlieues les plus pauvres de la ville, des travaux sont en cours pour stabiliser les pentes herbeuses des collines avec du béton et pour creuser des canaux d’évacuation des eaux pluviales afin de limiter le risque d’inondations. La ville dispose d’une carte qui évalue les risques aux infrastructures, y compris les bâtiments individuels. Des capteurs fournissent également une analyse automatisée en temps réel des inondations et des séismes.

La ville de Manizales est connue dans le monde entier pour son approche innovante en matière de prévention et de réaction aux catastrophes. Cette approche repose sur la politique plutôt que sur la technologie. Le gouvernement colombien exige que toutes les municipalités entreprennent des activités d’évaluation et de prévention des risques naturels, mais ces initiatives souffrent souvent d’un manque de volonté politique. Les maires préfèrent donner la priorité à des projets visibles de tous, tels que les écoles ou les stades, qui sont de meilleurs investissements pour leur propre avenir politique, plutôt que de dépenser de l’argent pour des mesures de protection de la population qui sont moins spectaculaires.
Manizales finance ses projets de différentes façons. Il y a une taxe environnementale. Une prime d’assurance solidaire est perçue sur les biens immobiliers, ce qui signifie que les quartiers où les habitants ont les revenus les plus élevés viennent en aide à ceux habités par les personnes les plus démunies. Des allégements fiscaux sont également accordés aux propriétaires qui réduisent la vulnérabilité de leurs biens.
Chaque mois d’octobre, la ville organise une «semaine de prévention» au cours de laquelle des exercices d’urgence sont prévus, non seulement pour les catastrophes naturelles, mais également pour les accidents de la route et les incendies. En avril 2017, des précipitations intenses ont provoqué plus de 300 glissements de terrain et tué 17 personnes. Pourtant, en l’espace d’une semaine, grâce à une organisation bien huilée, les routes ont été nettoyées et la ville a retrouvé une vie normale.
Néanmoins, les dangers liés au manque de préparation de la population sont omniprésents. Ainsi, dans la ville de Mocoa, dans le sud du pays, une tempête a provoqué l’un des désastres les plus meurtriers de la dernière décennie en Colombie, avec des glissements de terrain qui ont tué plus de 250 personnes. 30 000 autres ont été évacuées et la remise en ordre de la ville a pris près de six mois.
Source: The Guardian.

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One can read these days in The Guardian a very interesting article about Manizales in central Colombia which, the English newspaper says, is “the world’s riskiest.” The expression is quite justified as Manizales has been confronted with serious and even desperate situations. On the evening of November 13th1985, the inhabitants heard a roar which they believed first was a truck overturning. Then screams could be heard. The people living in the lower part of the valley were swept to their deaths by the water and rocks propelled by the eruption of Nevado del Ruiz, 15 kilometres to the east. It took months to clear the debris and recover the bodies.

On the volcano’s eastern side, the damage was catastrophic. When a pilot telephoned then-president Belisario Betancur to tell him the town of Armero had been “wiped from the map”, the president told him not to exaggerate. But he wasn’t: two-thirds of the 29,000 inhabitants had died in the mudslide, the worst natural disaster in Colombia’s history.

Sprawled over a series of mountain ridges in the shadow of Nevado del Ruiz, this urban area faces a panoply of natural disaster risks that are unmatched anywhere else in the world.

The city of Manizales, the capital of Caldas, experienced six major earthquakes in the 20th century, including one with an M 6.2 event which killed 2,000 people in the neighbouring town of Armenia. Powerful eruptions of Ruiz like the one in 1985 are rare, but the volcano frequently belches ash that coats the city and closes the airport. Besides, the region’s mountainous terrain creates a microclimate prone to torrential rains and ideal conditions for mudslides.

The city’s 400,000 citizens have learned to live with their precarious situation. Spurred on by the bitter lessons of the Armero tragedy, they have now earned a new reputation for good public policy. Manizales has become a global reference for disaster-risk reduction.

On the walls of the Colombian Geological Survey office, a dozen plasma screens relay seismic activity, satellite imagery and webcam footage of the nearby volcano. With nearly 150 sensors and data points, Ruiz is one of the most closely monitored volcanoes in the world.

In the city’s outlying poorer neighbourhoods, work is in progress to stabilise the grassy hillside slopes with concrete, and to dig runoff channels to mitigate floods. The city has a map that evaluates risk down to individual buildings. Sensors also provide automated, real-time analysis of floods and earthquakes.

Manizales is recognised around the world for its innovative approach to preventing and responding to disasters. The city’s particular success is based on policy, rather than technology. Colombia requires all municipalities to undertake risk assessments and mitigation activities, but these initiatives often suffer from a lack of political will. Governors and mayors tend to view visible projects, such as schools or sports stadiums, as better investments for their own political prospects rather than spending on less visible disaster resilience.

Manizales funds its projects through a variety of methods. There is an environmental tax. A cross-subsidised collective insurance premium is charged on properties, meaning higher-income sectors cover poorer groups. Tax breaks are also offered to homeowners who reduce the vulnerability of their properties.

Each October the city holds “prevention week”, in which emergency drills are practised, not just for natural disasters, but for traffic accidents and fires, too. In April 2017, intense rainfall caused more than 300 landslides and killed 17 people. Yet within a week, thanks to accurate warning and response systems, blocked roads were cleared and the city was functioning again.

Nevertheless, reminders of the perils of unpreparedness are everywhere. In the city of Mocoa in the country’s south, a storm resulted in one of the most deadly disasters in Colombia of the last decade, when landslides killed more than 250 people. Another 30,000 were evacuated and recovery efforts took close to six months.

Source: The Guardian.

Carte à risques du Nevado del Ruiz avec, en rouge, les coulées de boues de l’éruption de 1985. La ville de Manizales se trouve au NO du volcan (Source: Colombian Geological Survey)

 

Le changement climatique modifie la trajectoire des ouragans // Climate change shifts hurricane tracks

Une étude récente menée par des chercheurs de l’Université d’Hawaii à la Mānoa School of Ocean and Earth Science and Technology (SOEST) met l’accent sur une autre conséquence majeure du changement climatique. Avec le réchauffement de la planète au cours des prochaines décennies, le déplacement vers le nord, en direction d’Hawaii, des ouragans du Pacifique augmentera le risque de voir ces phénomènes extrêmes frapper les côtes de l’archipel, avec de graves risques d’inondation pour la population et une menace pour les infrastructures le long des côtes et même à l’intérieur des terres.
Les cyclones tropicaux sont généralement affaiblis ou déviés vers le sud à l’approche de l’archipel hawaiien en raison du système de haute pression au nord-est, du fort cisaillement des vents et de la température relativement basse de la surface de la mer dans la région.
En synthétisant les informations fournies par des modèles informatiques à propos du changement climatique, la formation et l’intensité des ouragans, l’intensité des tempêtes et des vagues, les chercheurs ont estimé la vulnérabilité aux effets combinés de l’élévation du niveau de la mer et d’une approche plus directe des ouragans pour les années à venir.

En prenant en compte l’élévation prévue du niveau de la mer, les résultats de la modélisation d’un ouragan de type Iniki (septembre 1992) sur la côte sud de l’île d’Oahu, montrent qu’il y aurait une inondation majeure du centre-ville d’Honolulu et de Waikiki. D’autres ouragans passant à proximité d’Oahu sont également susceptibles de générer de fortes vagues, avec risque de submersion des zones côtières.
Les résultats de l’étude n’ont pas surpris les chercheurs. L’augmentation du nombre des tempêtes au cours des dernières années, avec une proximité accrue de l’archipel – par exemple, l’ouragan Guillermo en 2015, les ouragans Celia, Darby et Lester en 2016, les ouragans Lane et Olivia en 2018 – a déjà confirmé le changement de trajectoire de ces événements extrêmes. Les dégâts causés par les ouragans Lane et Olivia soulignent l’importance et l’urgence, pour les organismes étatiques et fédéraux, de prendre des mesures adéquates.
Source: Université d’Hawaii.

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Here is another, very serious effect of climate change. A recent study led by researchers at the University of Hawai‘i at Mānoa School of Ocean and Earth Science and Technology (SOEST) indicates that as the climate changes in the coming decades, the northward shift of hurricanes toward the Hawaiian Islands will increase the chance of landfall and pose severe flood risks to population and infrastructure along the coast and further inland.

Tropical cyclones are usually weakened or deflected to the south when approaching the Hawaiian Islands due to the high-pressure system to the northeast, strong wind shear and relatively low sea-surface temperature in surrounding waters.

By synthesizing information from computer models for climate change, hurricane formation and intensity, storm surge and waves, the researchers estimated future vulnerability to combined effects of sea-level rise and closer hurricane approach.

With high tide and the projected sea-level rise, the modelling results from a direct landfall of an Iniki-like hurricane (September 1992) on the south shore of Oahu showed extensive inundation of downtown Honolulu and Waikiki. Other hurricanes passing near Oahu can also produce severe surge and high surf, causing coastal flooding.

The findings of the study did not come as a surprise to the researchers. Their recent experience with increasing number of storms tracking closer to the islands—for example, Hurricane Guillermo in 2015, Hurricane Celia, Darby and Lester in 2016, Hurricane Lane, and Olivia in 2018—has already confirmed the change of hurricane patterns. The damage caused by Hurricanes Lane and Olivia underscores the importance and urgency of coastal storm hazards mitigation. This research should draw attention from state and federal agencies.”

Source: University of Hawaii.

 Ouragan Iniki à son pic d’intensité le 11 septembre 1992, au sud de l’île de Kauai

Le lithium, une grave menace pour l’environnement en Amérique du Sud // Lithium, a serious threat to the environment in South America

On peut lire sur le site de la radio française France Info un article qui fait écho à une note que j’avais diffusée sur ce blog le 12 mai 2017. On y apprend que l’exploitation intensive du lithium sur les salars d’Amérique du Sud et en particulier de Bolivie fait peser de lourdes menaces sur l’environnement.

France Info s’appuie sur le salar d’Uyuni, un des joyaux naturels de l’Amérique du Sud. Niché à 3 650 mètres d’altitude en Bolivie, le salar d’Uyuni est le plus grand désert de sel du monde. L’eau du lac s’est retirée il y a 14 000 ans, laissant une vaste croûte de sel derrière elle.

Longtemps, le tourisme fut la seule richesse du salar d’Uyuni, mais les paysages immaculés sont aujourd’hui transformés pour faire place à l’exploitation du lithium, métal indispensable pour les téléphones portables, les ordinateurs et les batteries de voitures électriques. Sous son désert de sel, la Bolivie possède les plus grandes réserves mondiales de lithium, 40% du stock de la planète.

Des tonnes de saumure pompées dans les nappes phréatiques du désert sont acheminées dans d’immenses bassins. C’est cette saumure qui contient le lithium. L’évaporation de l’eau des bassins est un processus naturel qui dure douze mois. On obtient des sels riches en minéraux de toutes sortes. La Bolivie a investi un milliard d’euros dans cette exploitation, considérant que le lithium sera à la voiture électrique ce que le pétrole est à la voiture à essence. Les autorités veulent faire de la Bolivie l’Arabie saoudite du Lithium. Mais pour l’heure, la Bolivie est moins productive que ses voisins. La tonne se vend 20 000 € et les prix continuent d’augmenter.

Les conséquences environnementales de l’exploitation du lithium pourraient être considérables. Dans cette région déjà désertique, la consommation en eau nécessaire à la production du lithium est gigantesque. Les rivières environnantes sont déjà à sec. Les cultivateurs de quinoa, principale ressource agricole de la région, sont les plus touchés par cette sécheresse. Au nom d’une énergie jugée propre, la course au lithium est en train d’assécher des régions entières de la cordillère des Andes.

Source : France Info.

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On the French Radio France Info website, one can read an article that echoes a note I posted on this blog on May 12th, 2017. We learn that the intensive exploitation of lithium on the American salars of South America and in particular Bolivia poses a serious threat to the environment.
France Info gives the example of the salar of Uyuni, one of the natural jewels of South America. Nestled at 3,650 meters above sea level in Bolivia, the Uyuni Salar is the largest salt desert in the world. The lake’s water retreated 14,000 years ago, leaving a vast crust of salt behind it.
For a long time, tourism was the only wealth of the Uyuni salar, but these immaculate landscapes are today transformed to make room for the exploitation of lithium, an indispensable metal for mobile phones, computers and batteries of electric cars. Under its salt desert, Bolivia has the world’s largest reserves of lithium, 40% of the planet’s stock.
Tons of brine pumped into the desert water tables are transported in huge ponds. It is this brine that contains lithium. The evaporation of the brine is a natural process that lasts twelve months. One obtains salts rich in minerals of all kinds. Bolivia has invested a billion euros in this operation, considering that lithium will be to the electric car what crude oil is to the car depending on petrol. The authorities want to turn Bolivia  into the Saudi Arabia of lithium. But for the moment, Bolivia is less productive than its neighbours. The ton is selling for  20,000 euros and prices continue to rise.
The environmental consequences of lithium mining could be significant. In this already desert region, the consumption of water necessary for the production of lithium is gigantic. The surrounding rivers are already dry. Quinoa growers, the main agricultural resource in the region, are the most affected by this drought. In the name of clean energy, the lithium race is drying up entire regions of the Andes.
Source: France Info.

Photos: C. Grandpey

Si vous aimez la Montagne Pelée…

Si vous aimez la Montagne Pelée, je vous conseille la lecture du roman de Daniel Picouly Quatre-vingt-dix secondes, paru en août 2018 aux éditions Albin Michel.

90 secondes, c’est le temps qu’il a fallu en 1902 à la « Vieille Dame » pour faire passer de vie à trépas quelque 29 000 habitants de l’île de la Martinique et transformer la ville de Saint Pierre en décor d’apocalypse.

Avec le volcan comme toile de fond, des intrigues romanesques se développent, à commencer par l’un des nombreux duels qui se déroulaient dans le décor du Jardin des Plantes. Au fil des pages, le lecteur découvre une histoire d’amour et des manigances politiques locales, jusqu’à la fin de la partie, sifflée par la Montagne Pelée en personne.

A l’occasion de la Foire du Livre de Brive, j’ai eu une discussion fort intéressante avec l’auteur qui m’a posé une foule de questions sur l’éruption de 1902. Je lui ai fait remarquer que l’arrière-plan volcanique tel qu’il le décrivait était intéressant et que l’idée de donner la parole à la Montagne Pelée était particulièrement originale. Je pense toutefois que, pour bien apprécier le roman, il faut s’être plongé, au travers d’autres ouvrages, dans l’ambiance qui régnait au début du 20ème siècle dans la Perles des Antilles.

En marge de ce livre, vous pourrez lire une note que j’ai rédigée il y a quelques mois sur ce blog et intitulée « Y a-t-il une malédiction de la Montagne Pelée ? »

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2018/04/11/y-a-t-il-une-malediction-de-la-montagne-pelee-is-there-a-curse-of-montagne-pelee/

Un nouveau nom à mémoriser sur l’Ile de la Réunion // A new name to remember on Reunion Island

D’après le site Linfo.re, le nouveau cône né de l’éruption qui a eu lieu du 15 septembre au 1er novembre portera désormais le nom de Daniel Honoré et sera donc connu sous l’appellation de Piton Daniel Honoré.

Le nouveau cône a été baptisé ainsi en mémoire à Daniel Honoré, l’artiste écrivain, poète, passionné et défenseur de la langue créole.

La nomination s’est faite de manière collégiale entre l’Observatoire Volcanologique du Piton de la Fournaise, le Parc National de La Réunion et la Cité du Volcan.

Par ailleurs, le préfet de La Réunion a décidé de lever l’interdiction d’accès du public à la partie haute de l’Enclos. L’accès n’est possible que sur les deux sentiers balisés. Les sentiers du Pas de Bellecombe jusqu’à Piton Kapor et du cratère Caubet au Belvédère sur Château Fort restent interdits d’accès. Plus de détails avec ce lien:

http://www.reunion.gouv.fr/piton-de-la-fournaise-retour-en-vigilance-a4519.html

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According to the website Linfo.re, the new cone resulting from the eruption from September 15th to November 1stt, 2018 will be known under the name of Piton Daniel Honoré.

The name of the new volcanic cone was given in memory of Daniel Honoré, the artist writer, poet, passionate and defender of the Creole language.

This appointment was made in a collegiate way between the Volcanological Observatory of Piton de la Fournaise, the Reunion National Park and the Cité du Volcan.

Besides, the préfet of Reunion Island has decided to open again the access to the upper part of the Enclos. However, this access is limited and allowed on two marked paths only. The trails starting from the Pas de Bellecome to Piton Kapor and from Cratère Caubet to Château Fort are still closed to the public. More details at this address:

http://www.reunion.gouv.fr/piton-de-la-fournaise-retour-en-vigilance-a4519.html

Crédit photo: Thierry Sluys

L’augmentation de l’humidité dans l’Arctique suscite des inquiétudes // Increasing humidity in the Arctic is causing concern

Comme je l’ai écrit à maintes reprises, l’Arctique se réchauffe plus vite que le reste de la planète et devrait donc devenir plus humide au cours des prochaines décennies. Une nouvelle étude publiée le 1er octobre 2018 dans les Geophysical Research Letters utilise les archives géologiques du Groenland pour expliquer les causes de cette humidité.

Depuis les années 1980, le réchauffement de l’Arctique est deux à trois fois plus important que la moyenne mondiale avec comme conséquence une forte réduction de l’étendue de la glace de mer, pouvant atteindre 40% en septembre depuis les années 1980.

L’augmentation de la température signifie que l’air peut retenir plus d’humidité. Les modèles concernant l’Arctique indiquent que le réchauffement conduira à une intensification du cycle hydrologique, avec une augmentation des précipitations de 50 à 60% en 2100, provoqué en grande partie par les fortes émissions de gaz à effet de serre.

Les auteurs de la dernière étude ont examiné ce qui s’est passé au cours du réchauffement climatique survenu il y a quelques 8 000 ans au Groenland, avec une plus forte humidité due à une augmentation des précipitations.

Deux processus climatiques différents peuvent contribuer à une humidité élevée dans l’Arctique. A mesure que la région se réchauffe, la glace de mer fond, exposant l’eau de mer au soleil. Cela augmente massivement l’évaporation et provoque la formation de plus de nuages ​​et de précipitations.

A mesure que la planète se réchauffe, l’humidité augmente davantage dans les régions plus proches de l’équateur. Cela crée un déséquilibre et finalement, de l’air humide des basses latitudes est aspiré par l’Arctique plus sec.

Pour en savoir plus sur l’histoire climatique de l’ouest du Groenland, les scientifiques ont analysé la boue contenue dans des carottes prélevées au fond d’un lac. Ces sédiments contiennent des matières organiques qui révèlent des informations sur le passé climatique de la région. Les chercheurs ont utilisé ces données géologiques pour déterminer que les deux processus précités avaient probablement contribué à une augmentation de l’humidité dans l’ouest du Groenland lorsque la région s’est réchauffée rapidement il y a 8 000 ans.

Les conditions météorologiques influent sur le contenu chimique des cires de feuilles. Celles-ci contiennent de petites quantités de deutérium, une forme rare d’hydrogène, et la concentration de deutérium peut augmenter ou diminuer en fonction de facteurs tels que l’humidité et les régimes de précipitations. Dans les cires de feuilles arctiques, les concentrations de deutérium fluctuent en fonction des précipitations locales ou des nuages ​qui ont parcouru de longues distances à partir des basses latitudes pour arriver dans la région.

Par ailleurs, des lipides complexes produits par des bactéries, ont également été utilisés comme marqueurs du climat passé. Leur composition varie en fonction de la température ambiante au moment où ils ont été produits. En conséquence, les scientifiques peuvent les utiliser pour reconstruire les tendances de la température préhistorique.

Ces indicateurs chimiques ont permis d’étudier les tendances anciennes en matière d’humidité et de précipitations dans l’ouest du Groenland, alors que la région se réchauffait il y a environ 8 000 ans.

Comme le suggèrent les observations actuelles et les projections des modèles, les deux processus identifiés pourraient à nouveau jouer un rôle et contribuer ainsi à d’éventuelles augmentations futures de l’humidité dans l’Arctique.

A l’échelle mondiale, les précipitations devraient augmenter de 1,6 à 1,9% pour chaque degré de réchauffement de la planète, mais ce chiffre est plus que le double dans l’Arctique. Une étude réalisée en 2014 a conclu qu’en 2091, les précipitations totales dans l’Arctique augmenteront de manière spectaculaire. La majeure partie de ces précipitations ne sera plus sous forme de neige, mais sous forme de pluie. L’auteur de l’étude précisait que l’augmentation des précipitations de 50 à 60% dans l’Arctique devrait être causée par le retrait de la glace de mer. C’est ce qu’il avait conclu au vu des simulations de 37 modèles climatiques utilisés pour prévoir les précipitations dans l’Arctique entre 2091 et 2100.

L’impact de l’augmentation des précipitations est difficile à prévoir. On peut toutefois raisonnablement penser que l’excès d’eau douce est susceptible d’altérer la salinité de l’Océan Arctique et nuire aux espèces marines. Une conséquence plus préoccupante serait une modification des courants océaniques. En effet, une salinité réduite et un écoulement de l’eau douce vers l’Atlantique Nord risque d’affecter la formation d’eau profonde. C’est un élément clé de la force de la circulation thermohaline, également connue sous le nom de circulation océanique méridienne de retournement Atlantique (AMOC).

Source : global-climat.

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As I have written many times, the Arctic is warming faster than the rest of the world and is likely to become more humid in the coming decades. A new study published on October 1st, 2018 in Geophysical Research Letters uses Greenland’s geological records to explain the causes of this moisture.
Since the 1980s, Arctic warming has been two to three times higher than the global average, resulting in a sharp reduction in the extent of sea ice, up to 40% in September since the 1980s.
Increasing temperatures mean that the air can retain more moisture. Arctic models indicate that the warming will lead to an intensification of the hydrological cycle, with an increase in rainfall by 50-60% in 2100, caused largely by high greenhouse gas emissions.
The authors of the latest study examined what happened during the global warming of Greenland some 8,000 years ago, with higher humidity due to increased precipitation.
Two different climate processes can contribute to high humidity in the Arctic. As the region gets warmer, sea ice melts, exposing seawater to the sun. This massively increases evaporation and causes more clouds and precipitation.
As the planet keeps warming, humidity increases further in areas closer to the equator. This creates an imbalance and finally, humid air from low latitudes is sucked in by the drier Arctic.
To learn more about the climate history of West Greenland, scientists analyzed the mud contained in samples taken from the bottom of a lake. These sediments contain organic matter that reveals information about the climate of the region. The researchers used these geological data to determine that the two processes mentioned above probably contributed to an increase in humidity in West Greenland when the region warmed up rapidly 8,000 years ago.
Weather conditions affect the chemical content of leaf waxes. These contain small amounts of deuterium, a rare form of hydrogen, and the concentration of deuterium may increase or decrease depending on factors such as humidity and precipitation patterns. In the Arctic leaf waxes, deuterium concentrations fluctuate with local precipitation or clouds that have travelled long distances from low latitudes to this region.
In addition, complex lipids produced by bacteria have also been used as markers of past climate. Their composition varies according to the ambient temperature at the time they were produced. As a result, scientists can use them to reconstruct trends in prehistoric temperature.
These chemical indicators made it possible to study the old trends in humidity and precipitation in West Greenland, as the region warmed around 8,000 years ago.
As suggested by current observations and model projections, the two identified processes could again play a role in contributing to future increases in Arctic moisture.
Globally, precipitation is projected to increase by 1.6 to 1.9 percent for each degree of global warming, but this is more than double in the Arctic. A 2014 study concluded that by 2091, total precipitation in the Arctic will increase dramatically. Most of this precipitation will no longer be in the form of snow, but in the form of rain. The author of the study stated that the 50 to 60% increase in precipitation in the Arctic is expected to be caused by the disappearanceof sea ice. This is what he concluded in the light of simulations of 37 climate models used to predict precipitation in the Arctic between 2091 and 2100.
The impact of increased precipitation is difficult to predict. However, it is reasonable to assume that excess freshwater is likely to alter the salinity of the Arctic Ocean and harm marine species. A more worrying consequence would be a change in ocean currents. In fact, reduced salinity and a flow of fresh water to the North Atlantic may affect the formation of deep water. This is a key element of the strength of the thermohaline circulation, also known as Atlantic Meridional Overturning circulation  (AMOC).
Source: global-climat.

Photos: C. Grandpey