Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion) : Et maintenant ? // Piton de la Fournaise (Réunion Island): What’s next?

L’éruption du Piton de la Fournaise (Île de la Réunion) débutée le 13 février 2026 et qui a repris le 28 mars  vient de s’arrêter ce 3 avril 2026 à 00h10 (heure locale).

L’OVPF indique qu’une « chute brutale de l’amplitude du trémor éruptif a été observée le 2 avril à 22h20, suivie d’un trémor intermittent de très faible amplitude. »

Comme toujours dans une telle situation, des points d’incandescence liés à des écoulements de lave restent visibles le long des coulées sur les Grande Pentes. Même si aucune activité n’est présente, la plate-forme littorale reste fragile et instable. Son accès est strictement interdit.

S’agissant de l’évolution possible, l’OVPF n’écarte aucune hypothèse : arrêt définitif, reprise de l’activité sur le même site ou reprise sur un autre site.

NDLR : Toutefois, comme les derniers épanchements de lave semblent corresponde à la vidange d’une ancienne poche de magma et non à l’arrivée d’un magma juvénile, il est peu probable que l’on assiste à un nouveau réveil du volcan.

Crédit photo: OVPF

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The eruption of Piton de la Fournaise (Réunion Island), which began on February 13, 2026, and resumed on March 28, ended on April 3, 2026, at 12:10 a.m. (local time).
The OVPF reports that a « sudden drop in the amplitude of the eruptive tremor was observed on April 2 at 10:20 p.m., followed by intermittent tremor episodes of very low amplitude. » As is always the case in such situations, incandescent points linked to lava flows remain visible along the Grandes Pentes. Even though no activity is present, the coastal platform remains fragile and unstable. Access to it is strictly prohibited. Regarding possible developments, the OVPF is not ruling out any hypothesis: definitive cessation of activity, resumption of activity at the same site, or resumption at another site.
Editor’s note: However, since the latest lava flows appear to correspond to the emptying of an old magma chamber and not to the arrival of juvenile magma, a new eruption of the volcano is unlikely.

Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques informations sur l’activité volcanique dans le monde, fournies par les observatoires et par le Global Volcanism Network de la Smithsonian Institution.

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Une nouvelle étude sismique de la caldeira du Kikai (sud Japon), publiée le 27 mars 2026 dans la revue Communications Earth & Environment, révèle qu’un vaste réservoir magmatique superficiel situé sous le volcan a été alimenté par de nouvelles injections de magma depuis la gigantesque éruption survenue il y a 7 300 ans. Cette éruption, d’Indice d’explosivité volcanique (VEI) de 7, a expulsé plus de 100 km³ de matériaux et créé une vaste caldeira sous-marine. Si l’éruption elle-même est bien documentée, l’évolution à long terme du système magmatique sous-jacent était mal connue jusqu’à présent.

La nouvelle étude apporte des éléments de réponse et explique que le système a pu être alimenté par de nouvelles injections de magma. Elle met en évidence la présence d’un corps magmatique à des profondeurs d’environ 2,5 à 6 km sous la caldeira, directement sous le dôme de lave central. Les auteurs de l’étude pensent qu’il s’agit de la même zone de stockage que celle impliquée dans l’éruption du Kikai-Akahoya, il y a 7300 ans.

Image satellite des îles Mishima, Takeshima et Osumi dans la caldeira du Kikai (Source : Copernicus EU/Sentinel-2)

L’étude précise que le dôme de lave central post-caldeira possède un volume supérieur à 32 km³. À partir de ce volume et de travaux pétrologiques antérieurs, les auteurs déduisent qu’au moins une quantité de magma identique a été apportée au système après la méga éruption.
Les auteurs de l’étude examinent également le cas du Kikai dans le contexte de volcans comme le Yellowstone et le Toba, où des réservoirs magmatiques peu profonds ont été identifiés à quelques kilomètres de profondeur. Selon eux, « le Kikai pourrait constituer un autre exemple d’un processus post-caldeira plus vaste. »
Source : Université de Kobe.

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Une éruption explosive s’est produite sur le Semeru (Indonésie) le matin du 29 mars 2026, avec un panache de cendres qui s’est élevé à 800 m au-dessus du sommet et une coulée pyroclastique qui a parcouru 3,5 km en direction de la ravine de la Besuk Kobokan, un couloir souvent emprunté par les coulées pyroclastiques lors des phases éruptives du Semeru. L’éruption a duré environ 4 minutes. Cet événement s’inscrit dans une série d’éruptions, et plusieurs autres ont été enregistrées plus tôt dans la journée. Le VAAC de Darwin a signalé des nuages ​​de cendres atteignant environ 4,6 km d’altitude.
Le niveau d’alerte volcanique du Semeru reste à 3 sur une échelle de quatre. Une zone d’exclusion de 5 km autour du sommet demeure en vigueur, ainsi que des restrictions d’accès jusqu’à 13 km le long de la ravine de la Besuk Kobokan.
Source : PVMBG.

Photo: C. Grandpey

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Une activité explosive sur le Sheveluch (Kamtchatka, Russie) a projeté un nuage de cendres jusqu’à 11 km d’altitude le 29 mars 2026. Les autorités ont fait passer au Rouge la couleur de l’alerte aérienne. L’éruption a duré une trentaine de minutes. Le panache de cendres s’est étiré sur environ 10 km depuis le sommet. Cet événement s’est produit dans le cadre d’une phase explosive-extrusive en cours, caractérisée par la croissance continue du dôme de lave du Jeune Sheveluch et des émissions continues de gaz et de vapeur.
Source : KVERT.

Source: KVERT

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L’éruption du Kilauea (Hawaï) est actuellement en mode pause. Le sommet est en phase de gonflement et une lueur est visible au niveau des deux bouches éruptives dans le cratère de l’Halema’uma’u. La fourchette de temps prévue pour le démarrage de l’Épisode 44 va du 6 au 14 avril 2026.
Source : HVO.

Image webcam de l’Épisode 43

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L’activité éruptive du Sabancaya (Pérou) se poursuit. Selon le dernier bulletin de l’IGP, l’activité explosive est toujours présente, avec des émissions de cendres et de gaz s’élevant jusqu’à 1 000 mètres au-dessus du sommet. La sismicité est liée aux mouvements de fluides et à la fracturation de roches au sein de l’édifice volcanique. Des déformations du sol ont été détectées dans la partie nord du volcan, ainsi qu’une anomalie thermique due à la proximité d’une poche de magma près de la surface. Le niveau d’alerte reste Orange.

Crédit photo: IGP

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L’éruption du Piton de la Fournaise (Île de la Réunion) débutée le 13 février 2026 et qui a repris le 28 mars  vient de s’arrêter ce 3 avril 2026 à 00h10 (heure locale).

Pour rappel, un seul site éruptif est resté actif sur le flanc sud-sud-est du volcan, au niveau du cône formé entre le 13 février et le 25 mars. Seule la coulée principale sud-est était alimentée, avec de nombreuses résurgences. L’une d’elles a de nouveau coupé la RN2 le 1er avril 2026 à 21h25. Un peu plus tard, d’autres petites coulées ont emprunté le même chemin.  

Crédit photo: Gendarmerie

Le 30 mars 2026, la lave avait atteint l’océan une nouvelle fois mais la réalimentation de la plateforme littorale était faible, avec une lave qui y circulait en tunnels. Les débits de lave en surface, estimés à partir des données satellitaires, indiquaient des valeurs inférieures à 7 m3/s depuis la reprise de l’éruption.

Source: OVPF.

Pillow-lavas dans l’océan, suite à la première phase de l’éruption (Crédit photo: BIOLAVE)

Selon les dernières analyses, la lave émise lors de la deuxième phase de l’éruption provenait de l’ancienne réserve de magma. Comme je le supposais, il s’agirait donc bien de l’évacuation d’un magma résiduel dans la chambre magmatique superficielle.

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A noter que le séisme ressenti le vendredi 3 avril 2026 à 03h39 (heure locale) dans la partie nord de l’île de la Réunion n’a pas de lien avec l’éruption qui vient de se terminer au Piton de la Fournaise. L’OVPF explique que cet événement est isolé et d’origine tectonique. Son épicentre est localisé sur une faille située dans la lithosphère océanique sous l’édifice volcanique du Piton des Neiges.

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Dans ma note du 27 mars 2026, j’indiquais que White Island (Nouvelle-Zélande) avait connu une éruption mineure, avec un panache de vapeur et de cendres observé par satellite. Aucune autre activité n’a été constatée ces derniers jours. Cependant, la probabilité de nouvelles émissions de cendres demeure élevée. Un vol d’observation sera effectué dès que les conditions météorologiques le permettront. Suite à la baisse d’activité, le niveau d’alerte volcanique a été réduit à 2 (activité volcanique modérée à élevée) et la couleur de l’alerte aérienne reste Orange. Toutefois, l’activité éruptive pourrait reprendre sans préavis, mais les retombées de cendres sur le continent restent peu probables.

Source : GeoNet

Photo: C. Grandpey

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L’activité reste globalement stable sur les autres volcans mentionnés dans les bulletins précédents « Volcans du monde ».
Ces informations ne sont pas exhaustives. Vous pourrez en obtenir d’autres en lisant le rapport hebdomadaire de la Smithsonian Institution :
https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Here is some news about eruptive activity around the world, provided by observatories and the Smithsonian Institution’s Global Volcanism Network.

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A new seismic study of the Kikai Caldera (southern Japan), published on March 27, 2026, finds that a large shallow magma reservoir beneath the volcano has been replenished by newly injected melt since the giant eruption 7 300 years ago. This eruption had a VEI 7 ; it expelled more than 100 km³ of magma and created a large submarine caldera. While the eruption itself is well documented, the long-term evolution of the underlying magma system has remained uncertain.

The new study addresses this question and proposes that the system has been replenished by newly injected melt. It presents evidence for a magma body at depths of about 2.5–6 km beneath the caldera, directly below the central lava dome. The authors of the study suggest that this is the same storage zone involved in the Kikai-Akahoya eruption 7300 years ago.

The study notes that the post-caldera central lava dome has a volume of more than 32 km³. From this and earlier petrological work, the authors infer that at least this amount of melt was supplied to the system after the giant eruption.

The authors also look at Kikai in the context of Yellowstone and Toba, where shallow magma reservoirs have been identified at depths of a few kilometers. They suggest « Kikai may offer another example of a broader post-caldera process. »

Source : Kobe University.

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An explosive eruption occurred at Mount Semeru (Indonesia) in the morning of March 29, 2026, producing an ash plume that rose 800 m above the summit and a pyroclastic flow that travelled 3.5 km toward the Besuk Kobokan drainage, a known pathway for pyroclastic flows during Semeru’s eruptive phases. The eruption lasted about 4 minutes. This event was part of a sequence of eruptive activity, with multiple eruptions recorded earlier the same day. The Darwin VAAC reported ash clouds reaching approximately 4.6 km above sea level.

The Volcano Alert Level remains at 3 on a four-level scale. An exclusion zone of 5 km from the summit remains in effect, as well as extended restrictions up to 13 km following the Besuk Kobokan drainage.

Source : PVMBG.

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Explosive activity at Sheveluch (Kamchatka, Russia), sent an ash cloud up to 11 km above sea level on March 29, 2026, prompting authorities to raise the Aviation Color Code to Red. The eruption lasted approximately 30 minutes. The ash plume extended about 10 km from the summit. The event occurred within an ongoing explosive-extrusive phase characterized by continued lava dome growth in the northern sector of the Young Sheveluch dome and persistent gas-steam emissions.

Source : KVERT.

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The eruption of Kilauea (Hawaii) is currently paused. The summit is inflating, and glow is visible from both vents in Halema’uma’u Crater. The current forecast window for Episode 44 is April 6-14, 2026.

Source : HVO.

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The eruption of Sabancaya (Peru) continues. The IGP’s latest update indicates that explosive activity is still observed at the volcano with emissions of ash and gas that rise up to 1,000 meters above the summit. Seismicity is associated with movements of fluids and rock fracturing within the volcanic edifice. Ground deformation has been detected in the north part of the volcano, as wella s a thermal anomaly due to the proximity of a body of magma close to the surface. The colour of the alert level is kept at Orange.

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In my post of March 27, 2026, I indicated that White Island (New Zealand) produced a minor volcanic eruption with a steam and ash plume observed on satellite data. No further activity has been observed in the past days. However, the likelihood of further ash emission remains elevated. An observation flight will be undertaken as soon as weather conditions permit. The Volcano Alert Level has been lowered to 2 (Moderate to heightened volcanic unrest) and the Aviation Colour Code remains at Orange. However, volcanic activity could re-escalate with little or no warning. However, ashfall affecting the mainland remains unlikely.

Source: GeoNet.

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The eruption of Piton de la Fournaise (Réunion Island), which began on February 13, 2026, and resumed on March 28, ceased on April 3, 2026, at 12:10 a.m. (local time).

As a reminder, only one eruptive site remained active on the south-southeast flank of the volcano, at the cone formed between February 13 and March 25. Only the main southeast lava flow was being supplied, with numerous resurgences. One of these resurgences again cut off the RN2 highway on April 1, 2026, at 9:25 p.m. Shortly afterward, other small flows followed the same path.
On March 30, 2026, lava again reached the ocean, but the supply of the coastal platform was minimal, with lava flowing through tunnels. Surface lava flow rates, estimated from satellite data, have been below 7 m³/s since the eruption resumed.

Source: OVPF.

According to the latest analyses, the lava emitted during the second phase of the eruption originated from the old magma reservoir. As I suspected, this was probably the release of residual magma from the shallow magma chamber.

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It should be noted that the earthquake felt on Friday, April 3, 2026, at 3:39 a.m. (local time) in the northern part of Réunion Island is unrelated to the eruption that has just ended at Piton de la Fournaise. The OVPF explains that this event is isolated and of tectonic origin. Its epicenter is located on a fault in the oceanic lithosphere beneath the Piton des Neiges volcanic edifice.

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Activity remains globally stable on other volcanoes mentioned in the previous bulletins « Volcanoes of the world ».

This information is not exhaustive. You can find more by reading the Smithsonian Institution’s weekly report:

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Les tempêtes de sable et de poussière // Sand and dust storms

Une importante tempête de sable a balayé le nord-ouest de l’Afrique le 30 mars 2026. D’après les images satellites, elle s’étendait sur environ 1 600 km. Ce phénomène est attribué à une dépression située au-dessus de l’Algérie, qui a aspiré de l’air en provenance d’Europe et soulevé des poussières sahariennes à travers la région. La tempête a touché le sud et le centre du Maroc, l’Algérie et la Mauritanie, avant de se déplacer vers l’océan Atlantique et les îles Canaries où la population a été surprise, car personne ne s’attendait à ce qu’elle atteigne l’archipel.
Source : Médias internationaux.

Tempête de sable dans le nord de l’Arabie saoudite les 4 et 5 mai 2025

L’Organisation météorologique mondiale (OMM) explique que les principales sources de poussière à l’échelle de la planète se concentrent dans les régions arides et semi-arides, notamment les grands déserts comme le Sahara en Afrique, le Gobi en Asie et le désert d’Arabie au Moyen-Orient. Le Sahara est responsable à lui seul de plus de la moitié des émissions de poussière dans le monde.
L’activité des tempêtes de sable et de poussière varie considérablement en fonction de la situation géographique, des conditions climatiques et des facteurs environnementaux locaux. Elles proviennent de sources naturelles telles que les déserts, les lits de lacs asséchés et les régions côtières aux sédiments instables. Les activités humaines aggravent le problème par le biais de la construction, de l’agriculture et de mauvaises pratiques de gestion des terres qui détruisent la végétation et exposent les sols à l’érosion éolienne.

Le réchauffement climatique amplifie la fréquence des tempêtes de sable et de poussière en modifiant les régimes météorologiques et en réduisant le couvert végétal. Toutefois, la relation entre le réchauffement climatique et les tempêtes de sable ou de poussière est complexe. D’une part, la hausse des températures assèche les sols et accélère la désertification, ce qui facilite grandement le soulèvement des fines particules par le vent. Dans des scénarios de réchauffement extrême, la quantité de poussière saharienne soulevée dans l’atmosphère pourrait augmenter de 40 % à 60 % d’ici la fin du siècle. Cependant, l’impact futur des tempêtes de sable et de poussière dépend aussi des régimes de vent. Certaines tempêtes sahariennes sont devenues plus rares et moins intenses au cours des deux dernières décennies. Cela s’explique en partie par une augmentation de la végétation dans la région du Sahel, à la frontière sud du Sahara. Mais c’est aussi dû à un affaiblissement général des vents de surface et à des changements dans certains régimes climatiques à grande échelle.

Les tempêtes de sable et de poussière sont des phénomènes environnementaux et météorologiques qui touchent presque tous les pays du monde. Dans les pays situés dans ou à proximité de sources de poussière désertiques, ces tempêtes peuvent nuire gravement à l’élevage, à l’agriculture et à la santé humaine. Les tempêtes les plus violentes peuvent également entraîner la fermeture de routes et d’aéroports en raison d’une visibilité réduite et endommager les infrastructures. Elles peuvent aussi perturber la production d’énergie solaire.
Dans des régions plus éloignées, la poussière en suspension dans l’air peut dégrader la qualité de l’air, bloquer la lumière du soleil ou perturber les transports. Comme on a pu le constater récemment, les tempêtes de poussière saharienne peuvent être transportées sur des milliers de kilomètres à travers l’océan, impactant la vie quotidienne dans les Caraïbes ou aux îles Canaries.

Source: NASA

En ce qui concerne l’Europe, la poussière saharienne peut fortement dégrader la qualité de l’air, faisant grimper les niveaux de particules invisibles au-delà des seuils sanitaires recommandés. Ces fines particules, connues sous le nom de PM10, peuvent pénétrer profondément dans les poumons, déclenchant des crises d’asthme et des problèmes cardiovasculaires.

Ces dernières années, les habitants d’Espagne, de France et du Royaume-Uni ont observé des levers de soleil d’un orange intense et un ciel avec une brume jaunâtre. Ces ciels brumeux déposent souvent une fine couche de poussière couleur rouille sur les voitures et les vitres. Une intrusion de poussière saharienne dans les Alpes européennes en mars 2022 a contribué à une fonte glaciaire record cette année-là, car elle a réduit la capacité de la surface de la glace à réfléchir la lumière du soleil.

Dépôts de sable sur le domaine de Piau-Engaldans les Hautes-Pyrénées (Source: Twitter)

Cependant, cette poussière peut aussi présenter des avantages. Les nutriments qu’elle contient contribuent à fertiliser les écosystèmes marins et terrestres, ce qui est bénéfique pour l’agriculture et la pêche.

Source : Organisation météorologique mondiale (OMM).

Voir aussi une note parue sur mon blog le 6 mai 2025. Elle est intitulée « tempêtes de sable et réchauffement climatique »:

Tempêtes de sable et réchauffement climatique // Sandstorms and global warming

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A large sandstorm swept across northwestern Africa on March 30, 2026. The storm was estimated to be approximately 1 600 km long based on satellite imagery. The event was driven by a low-pressure system over Algeria, which drew in air from Europe and lifted Saharan dust across the region. The storm affected southern and central Morocco, Algeria, and Mauritania as it moved across the region into the Atlantic Ocean and the Canary Islands where people were surprised as they did not expect the sorm to reach the archipelago.

Source : international news media.

The World Meteorological Organization (WMO) explains that the most significant dust sources globally are concentrated in arid and semi-arid regions, particularly major deserts such as the Sahara in Africa, the Gobi in Asia, and the Arabian Desert in the Middle East. The Sahara accounts for more than half of the world’s total dust emissions.

Sand and dust storm activity varies widely depending on geographical location, climate conditions, and local environmental factors.  They originate from natural sources like deserts, dry lake beds, and coastal regions with loose sediment. Human activities exacerbate the problem through construction, agriculture, and poor land management practices that strip vegetation and expose soil to wind erosion.

Global warming amplifies the occurrence of sand and dust storms by altering weather patterns and reducing vegetation cover. However, the relationship between global warming and dust storms is complex. On one hand, rising temperatures dry out soils and accelerate desertification, making it far easier for wind to dislodge fine particles. Under extreme warming scenarios, the amount of Saharan dust lifted into the atmosphere could rise by 40% to 60% by the end of the century.

However, the future impact of dust storms also depends on wind patterns. Certain Saharan sand and dust storms have actually become rarer and less intense over the past two decades. Partly, this is due to an increase in vegetation in the Sahel region at the southern border of the Sahara. But it’s also due to a weakening of surface winds in general, and changes in certain large-scale climate patterns.

Sand and dust storms are environmental and weather-related phenomena that affect nearly all countries across the world. In countries within or near desert dust sources, sand and dust storms can seriously harm livestock, agriculture, and human health. Strong storms may also close roads and airports due to poor visibility and damage infrastructure. They can also disrupt solar energy production.

In distant regions, dust in the air can reduce air quality, block sunlight, or disrupt transportation.  As could be seen with the recent event, Saharan dust storms can be transported thousands of kilometers across the ocean, impacting daily life in the Caribbean or the Canary Islands.

As far as Europe is concerned, Saharan dust can substantially degrade air quality, pushing levels of invisible particules beyond health guidelines. These fine particles, known as PM10, can penetrate deep into the lungs, triggering asthma and cardiovascular issues.

In recent years, residents of Spain, France and the UK have observed deep orange sunrises and skies thick with a yellowish haze. These hazy skies often deposit rust-colored precipitation that leaves a fine grit on cars and windows. An intrusion of Saharan dust into the European Alps in March 2022 contributed to record glacier loss that year, as it makes the ice surface less able to reflect sunlight . However, transported dust can also bring benefits. Nutrients in the dust help fertilize marine and land ecosystems, benefiting agriculture and fisheries.

Source : World Meteorological Organization (WMO).

Piton de la Fournaise (Île de la Réunion) : la RN2 à nouveau coupée par la lave ! // Lava crosses the RN2 highway again !

1er avril 2026 – 16 heures, heure métropole – 18 heures, heure locale) : Dans un bulletin diffusé dans l’après-midi du 1er avril 2026 (heure locale), l’OVPF indique que l’activité éruptive se poursuit au Piton de la Fournaise et que le bras de coulée le plus au sud reste actif.

Une résurgence a donné naissance à un bras secondaire qui menace désormais la RN2, au sud de la coupure actuelle. En conséquence, la zone d’exclusion et le périmètre de sécurité sont étendus et les barrière de protection ont été reculées du côté de Saint Philippe. .

Crédit photo: OVPF

Cette nouvelle coulée pourrait traverser la RN2 à très court terme. Attention ! Les personnes ayant franchi les barrières de sécurité s’exposent à un risque immédiat d’encerclement, notamment dans la zone forestière située entre les deux bras de lave.

Par ailleurs, une vigilance fortes pluies et orages est en cours. Les conditions météorologiques dégradées compliquent fortement la surveillance par moyens aériens. Le préfet de La Réunion en appelle à la plus grande responsabilité. L’accès est strictement limité jusqu’à la zone d’exclusion. Toute sortie de ce périmètre expose directement à un danger grave, voire mortel !

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1er avril 2026 – 20 heures, heure métropole – 22 heures, heure locale : C’est à 21h25 (heure locale) que la RN2 a de nouveau été coupée par la lave, environ 300m plus au sud du précédent point de coupure.

Crédit photo: Gendarmerie

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Le 2 avril 2026 au matin, l’OVPF écrit : « De nouveaux petits bras de coulée atteignent la RN2, et d’autres sont à moins de 10 mètres de la route. »

Source: OVPF

Selon les dernières analyses, la lave émise actuellement proviendrait de l’ancienne réserve de magma. Comme je le supposais au début de la deuxième phase de cette éruptio, il s’agirait donc bien de l’évacuation d’un magma résiduel dans la chambre magmatique superficielle.

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April 1, 2026, 4 p.m. Paris time – 6 p.m. local time : In a bulletin issued on the afternoon of April 1, 2026 (local time), the OVPF indicated that eruptive activity continued at Piton de la Fournaise and that the southernmost lava flow remained active.

A resurgence has released a secondary flow that now threatens the RN2 highway, south of the current closure. Consequently, the exclusion zone and safety perimeter have been extended, and the protective barriers have been moved back towards Saint-Philippe.
This new lava flow could cross the RN2 very soon. Warning! Anyone who has crossed the safety barriers is at immediate risk of being surrounded, particularly in the forested area located between the two lava flows.
Furthermore, a heavy rain and thunderstorm warning is in effect. The poor weather conditions are severely hindering aerial surveillance. The Préfet of Réunion calls for the utmost responsibility. Access is strictly limited to the exclusion zone. Leaving this perimeter would expose visitors directly to serious, even fatal, danger!

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April 1st, 2026 – 8 p.m. Paris time – 10 p.m. local time : At 9:25 p.m. (local time), the RN2 highway was again cut off by lava, about 300m further south of the previous point of cut-off.

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On the morning of April 2, 2026, the OVPF wrote: « New small lava flows are reaching the RN2, and others are less than 10 meters from the road. »

The lava temperature on the RN2 is 1171°C, still very hot after traveling in tunnels. According to the latest analyses, the lava currently being emitted originates from the old magma reservoir. As I suspected at the beginning of the second phase of this eruption, it seems to be residual magma from the shallow magma chamber.