Glaciers d’Islande, un monde en péril // Icelandic glaciers, a world at risk

Dans mon livre « Glaciers en péril, les effets du réchauffement climatique », on peut lire que l’Islande n’échappe pas à la hausse des températures. Des observations récentes ont révélé que les glaciers islandais couvrent 12% de moins qu’on le pensait. Beaucoup d’entre eux ont reculé de plusieurs centaines de mètres, certains même de plusieurs kilomètres. Officiellement, la superficie totale des glaciers islandais est de 11 922 km2, soit 11 à 12% de la surface totale de l’Islande. Toutefois, ces chiffres semblent s’appuyer sur des mesures anciennes qu’il faudrait mettre à jour. Le glacier Hofsjökull, par exemple, couvre officiellement 925 km2. Les images du satellite Spot en 2006 ont montré que sa superficie n’était plus que de 864 km2. Les photos de l’été 2014 donnent une superficie de 827 km2. Le Hofsjökull a donc perdu 10% par rapport aux chiffres officiels.

Selon les dernières mesures effectuées en 2017, la superficie des glaciers islandais s’est réduite de plus de 600 km2 depuis l’an 2000 et d’environ 2000 km2 depuis la fin du 19ème siècle, période où les glaciers ont atteint leur étendue maximale depuis la colonisation du pays au 9ème siècle de notre ère. La surface totale des glaciers islandais a diminué en moyenne d’environ 40 km2 par an ces dernières années. Les glaciers ont reculé de plusieurs dizaines de mètres en 2017. Le Kaldalónsjökull et l’E-Hagafellsjökull détiennent le record de 2017 avec des reculs de 100 à 200 mètres en une seule année.

De la même façon, le célèbre Jökulsarlon n’aura probablement plus le même aspect dans 4 ou 5 ans. Pour s’en rendre compte, il suffit d’observer l’Esjufjallarönd, une moraine qui longe le glacier Breiðamerkurjökull et le sépare d’une autre langue glaciaire, le Norðlingalægðarjökull qui vient finir sa course dans les eaux du Jökulsarlon en donnant naissance à une foule de petits icebergs. En le parcourant, on se rend vite compte d’une année sur l’autre que le Breiðamerkurjökull est en train de reculer rapidement sous l’effet du réchauffement climatique. Au fur et à mesure que le Norðlingalægðarjökull déverse ses icebergs dans le lagon, le niveau de la glace diminue et le glacier voisin a tendance à se déplacer vers la dépression ainsi créée. Il en résulte que la moraine de Esjufjallarönd se déplace régulièrement vers l’est et cet amas de débris va probablement atteindre le Jökulsarlon d’ici 3 à 5 ans.

Les statistiques révèlent que le glacier Breiðamerkurjökull perd actuellement 600 mètres par an. Dans l’une des grottes qui se trouvent à l’intérieur, la glace a reculé tellement que la chute d’eau qui était autrefois à l’intérieur de la grotte est maintenant pratiquement en dehors. Dans une autre grotte à proximité, un gros rocher qui était à 100 mètres à l’intérieur de la cavité se trouve maintenant à l’extérieur, à  500 mètres devant le glacier.
Des recherches approfondies sur les effets du changement climatique sur les glaciers islandais prédisent que le Langjökull, le Hofsjökull et la partie sud du Vatnajökull auront tous disparu d’ici 200 ans. Des organismes tels que l’Icelandic Road and Coastal Administration (qui gère les routes et les côtes en Islande) prennent déjà en compte ces prévisions lors de la conception des ports et des infrastructures. De même, la Société Nationale d’Electricité d’Islande conçoit et gère ses centrales hydroélectriques en intégrant dans ses données les variations futures du débit des cours d’eau en provenance des glaciers.

Une nouvelle étude publiée dans le Journal of Glaciology confirme ces informations inquiétantes. Selon les auteurs de l’étude, si la hausse de température de la planète atteint trois degrés Celsius – ce qui semple actuellement l’hypothèse la plus probable – le Vatnajökull aura pratiquement disparu en 2300. Le glacier couvre actuellement une superficie de 7900 km2, soit 8% de la surface de l’Islande. Au cours de l’année écoulée, il a reculé chaque mois plus vite qu’au cours de la dernière décennie.

Les chercheurs ont procédé à des modélisations. Ils en ont conclu que si la température de la Terre augmente de 2 degrés Celsius, le glacier aura perdu entre 30 et 60% de sa surface en 2300. L’écart de pourcentage est dû à d’autres paramètres tels que les précipitations.

Si la température globale atteint quatre degrés Celsius, le Vatnajökull perdra entre 60 et 100% de sa surface et s’orientera donc vers une disparition inéluctable.

S’agissant des autres glaciers islandais comme le Hofsjökull et le Langjökull qui se trouvent à plus basse altitude que le Vatnajökull et sont de plus petite taille, ils se seront probablement réduits des 70 ou 80 pour cent à la fin du 21ème siècle.

Sources : Glaciers en péril, Iceland Review.

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In my book « Glaciers at Risk, The Effects of Global Warming« , one can read that Iceland is not immune to rising temperatures. Recent observations have revealed that Icelandic glaciers cover 12% less than previously thought. Many of them have retreated by several hundred metres, some even several kilometres. Officially, the total area of ​​Icelandic glaciers is 11 922 km2, or 11 to 12% of the total area of ​​Iceland. However, these figures seem to be based on old measures that should be updated. The Hofsjökull glacier, for example, officially covers 925 km2. Spot satellite images in 2006 showed that its area was only 864 km2. The photos of summer 2014 give an area of ​​827 km2. The Hofsjökull lost 10% of the official figures.
According to the latest measurements taken in 2017, the area of ​​Icelandic glaciers has shrunk by more than 600 km2 since 2000 and by about 2000 km2 since the end of the 19th century, when glaciers reached their maximum extent since the colonization of the country in the 9th century of our era. The total area of ​​Icelandic glaciers has decreased on average by about 40 km2 per year in recent years. Glaciers retreated by several tens of metres in 2017. Kaldalónsjökull and E-Hagafellsjökull hold the record for 2017 with retreats of 100 to 200 metres in a single year.
In the same way, the famous Jökulsarlon will probably not look the same in 4 or 5 years. To realise the change, just look at Esjufjallarönd, a moraine that runs along the Breiðamerkurjökull Glacier and separates it from another glacial tongue, Norðlingalægðarjökull which ends in the Jökulsarlon waters, giving birth to a a crowd of small icebergs. One quickly realizes from one year to the next, Breiðamerkurjökull is rapidly shrinking under the effect of global warming. As the Norðlingalægðarjökull pours its icebergs into the lagoon, the ice thickness decreases and the nearby glacier tends to move towards the resulting depression. As a result, the Esjufjallarönd Moraine moves steadily eastward and this cluster of debris is likely to reach Jökulsarlon within 3 to 5 years.
Statistics show that the Breiðamerkurjökull glacier is currently losing 600 metres a year. In one of the caves inside, the ice has receded so much that the waterfall that was once inside the cave is now practically outside. In another cave nearby, a large rock that was 100 metres inside the cavity is now outside, 500 metres in front of the glacier.
Extensive research on the effects of climate change on Icelandic glaciers predicts that Langjökull, Hofsjökull and southern Vatnajökull will all have disappeared within 200 years. Agencies such as the Icelandic Road and Coastal Administration (which manages roads and coastlines in Iceland) already take these predictions into account when designing ports and infrastructure. Similarly, the National Electricity Company of Iceland designs and manages its hydropower plants by integrating in its data the future variations of river flow from glaciers.

A new study published in the Journal of Glaciology confirms this disturbing information. According to the authors of the study, if the temperature rise of the planet reaches three degrees Celsius – which currently sustains the most probable hypothesis – Vatnajökull will have practically disappeared in 2300. The glacier currently covers an area of ​​7900 km2, or 8% of the surface of Iceland. Over the past year, it has declined every month faster than in the last decade.
The researchers carried out modelizations. They concluded that if the Earth’s temperature increases by 2 degrees Celsius, the glacier will have lost between 30 and 60% of its surface in 2300. The percentage difference is due to other parameters such as precipitation.
If the global temperature reaches four degrees Celsius, Vatnajökull will lose between 60 and 100% of its surface and will move towards an inevitable disappearance.
Other Icelandic glaciers, such as Hofsjökull and Langjökull, which are lower in altitude than Vatnajökull and smaller in size, are likely to shrink by 70 or 80 percent by the end of the 21st century.
Sources: Glaciers en péril, Iceland Review.

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Températures et CO2 : Tout a augmenté en 2019 ! // Temperatures and CO2 : Global increase in 2019 !

Température : Avec +0,576°C au-dessus de la moyenne 1981-2010,  le mois de novembre 2019 est le 3ème plus chaud de l’archive NCEP-NCAR (remontant à 1948), derrière 2015 (+0,68°C) et 2016 (+0,65°C). Il faudra attendra la mi-décembre pour avoir le classement officiel de la NASA.

Il est désormais quasiment acquis que l’année 2019 sera la deuxième plus chaude des annales derrière 2016.

Source : NCEP-NCAR, relayée par global-climat.

CO2 : Dans le même temps, on a la confirmation que les émissions de CO2 d’origine fossile devraient augmenter de 0,6% en 2019 pour atteindre un record de près de 37 milliards de tonnes. Après une interruption temporaire de la croissance de 2014 à 2016, c’est la troisième année consécutive marquée par une augmentation des émissions mondiales de CO2. Les tendances quant à l’utilisation mondiale du gaz naturel et du pétrole suggèrent qu’une nouvelle augmentation des émissions n’est pas exclue en 2020.

En 2019, les émissions de CO2 devraient continuer à augmenter au niveau global, tirées par le gaz naturel et dans une moindre mesure, le pétrole. La baisse en Europe et aux Etats-Unis a été plus que contrebalancée par la hausse dans le reste du monde, Chine et Inde en tête.

Source : Global Carbon Project.

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Temperature: With + 0.576°C above the 981-2010 average, November 2019 was the 3rd warmest of the NCEP-NCAR archive (dating back to 1948), behind 2015 (+ 0.68°C) and 2016 (+ 0.65°C). We’ll have to wait until mid-December to have NASA’s official ranking..
It is now almost certain that 2019 will be the second warmest of records after 2016.
Source: NCEP-NCAR, relayed by global-climat.

CO2: At the same time, there is confirmation that fossil CO2 emissions are expected to increase by 0.6% in 2019 to reach a record of nearly 37 billion tonnes. After a temporary halt in growth from 2014 to 2016, this is the third year in a row marked by an increase in global CO2 emissions. Trends in global use of natural gas and oil suggest that a further increase in emissions is not excluded in 2020.
By 2019, CO2 emissions are expected to continue to increase globally, driven by natural gas and, to a lesser extent, oil. The decline in Europe and the United States was more than offset by the rise in the rest of the world, led by China and India.

Source: Global Carbon Project.

Le Groenland en danger? // Is Greenland in danger?

Je n’aime pas du tout ce qui se passe autour du Groenland en ce moment. Avec la fonte des glaces, de nouvelles voies de navigation sont en train de s’ouvrir et des ressources minérales, autrefois dissimulées par les glaces, sont en train de voir la lumière du jour. Le sol groenlandais contient du nickel, du cuivre, du calcaire, de l’or et de l’uranium … Mais avant tout, on pense que le Groenland dispose des deuxièmes réserves mondiales de minerais rares, notamment du néodyme, du praséodyme, du dysprosium et du terbium, indispensables aux voitures électriques, aux téléphones portables, etc. . Aujourd’hui, 90% de la production de minerais rares est entre les mains de la Chine qui peut à tout moment décider d’ajuster ou de cesser carrément ses exportations. Cette situation inquiète les États-Unis et de nombreuses économies dans le monde. C’est la raison pour laquelle plusieurs pays rêvent d’aller au Groenland exploiter ces nouvelles ressources.
Le Groenland est un territoire autonome au sein du Royaume du Danemark. Bien que le pays fasse géographiquement partie du continent nord-américain, il est politiquement et culturellement associé à l’Europe depuis plus d’un millénaire. Il a acquis son autonomie en 2009, mais le Danemark conserve son autorité en matière de défense et de politique étrangère.
La majorité des habitants sont des Inuits, dont les ancêtres sont venus d’Alaska et ont traversé le Nord du Canada pour venir progressivement s’installer sur l’île au 13ème siècle. De nos jours, la population se concentre essentiellement sur la côte sud-ouest, tandis que le reste de l’île est très peu peuplé.
En 2019, le Danemark a fait du Groenland une priorité absolue en matière de sécurité nationale après que Donald Trump eut exprimé son intérêt pour l’achat du territoire en raison de ses ressources naturelles abondantes et de sa valeur logistique potentielle. Washington s’intéresse depuis longtemps au Groenland. En 1867, les États-Unis voulaient déjà acheter cet immense territoire dont la superficie est quatre fois celle de la France. En 1947, une nouvelle offre a été faite sans succès, mais les États-Unis sont parvenus à établir une base majeure, pouvant accueillir 600 personnes, dans le nord-ouest de l’île. C’est l’installation la plus septentrionale de l’armée américaine.
Beaucoup de gens pensaient que le président américain plaisantait en disant qu’il aimerait acheter le Groenland, mais ce n’était pas le cas et la Première ministre danoise l’a bien compris. Elle a répondu à l’époque que le Groenland n’était pas à vendre, ce qui a provoqué un couac diplomatique et entraîné l’annulation d’un voyage de Trump au Danemark. L’agence de renseignement étrangère et militaire du Danemark a mis en garde contre les tensions croissantes au Groenland, tensions qui impliquent les principales puissances, notamment les États-Unis, la Chine et la Russie.
En dépit de la volonté des pays arctiques de préserver la région des désaccords sur la sécurité, on observe une augmentation de la concentration militaire sur l’Arctique. En août 2019, juste après que l’intérêt de M. Trump soit devenu public, le Danemark a envoyé pour la première fois le plus gros bâtiment de sa marine nationale dans les eaux du Groenland.

Si le Danemark n’a pas envie de voir le Groenland devenir le 51ème État américain, les opinions sont plus partagées sur le territoire nordique qui dépend pour 60% des subventions danoises et serait favorable aux investissements américains.
Ce que les États-Unis imaginent réaliser par la voie diplomatique, la Chine entend le faire de manière économique. Le pays est désireux d’investir dans les infrastructures de transport groenlandaises, notamment les aéroports. La Chine fait déjà partie du capital de la plus grande société minière de la région: « Greenland Minerals ». Ce positionnement fait partie de New Silk Roads, un plan d’investissement majeur à l’échelle mondiale pour établir la domination chinoise.
Source: Presse internationale.

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 I do not like what is happening around Greenland these days.With the melting of the ice, new shipping lanes are being opened and mineral resources, once concealed by the ice, are being uncovered. It contains nickel, copper, limestone, gold, uranium … But above all, Greenland would have the second world reserves of rare earths, especially neodymium, praseodymium, dysprosium and terbium which areindispensable materials for electric cars, mobile phones, and so on. Today 90% of the production of rare earths is in the hands of China, which, at any time, can adjust or dry up its exports. This situation worries the United States and many economies around the world. This is the reason why several nations are interested in exploiting the new resources.

Greenland is an autonomous territory within the Kingdom of Denmark. Though the country is geographically a part of the continent of North America, Greenland has been politically and culturally associated with Europe for more than a millennium. It gained self-rule in 2009 but Denmark retains authority over its defence and foreign affairs.

The majority of its residents are Inuit, whose ancestors migrated from Alaska through Northern Canada, gradually settling across the island by the 13th century. Nowadays the population is largely concentrated on the southwest coast of the island while the rest of the island is sparsely populated.

In 2019, Denmark has made Greenland a top national security priority after Donald Trump expressed an interest in buying the territory due to its abundant natural resources and potential future logistical value. Washington has long been eyeing Greenland. By 1867, the United States wanted to buy the huge territory, as big as four times France. In 1947, a new offer will be made without success, but the United States will manage to establish a major base, housing 600 personnel, in the north-west of the island. It is the US military’s northernmost installation.

Many people thought the US president was joking when he said he would like to buy Greenland, but he was not and the Danish prime minister responded at the time that it was not for sale, leading to a diplomatic spat in which Mr Trump called her « nasty » and cancelled a trip to Denmark. Denmark’s foreign and military intelligence agency has warned of increasing tensions over Greenland involving major powers, including the US, China and Russia.

Despite the Arctic nations’ shared ambition to keep the region free of security policy disagreements, the military focus on the Arctic is growing. In August 2019, just after Mr Trump’s interest became public, Denmark sent its biggest Navy ship into Greenland waters, the first time it has done so.

If Denmark is reluctant to see Greenland become the 51st US State, opinions are more divided in the northern territory which is 60% dependent on Danish subsidies and would welcome US investments.
What the United States imagines to achieve through the diplomatic channel, China intends to do it economically. The country is eager to invest in Greenlandic transport infrastructure, especially airports. China is already part of the capital of the largest mining company in the region: « Greenland Minerals ». This positioning is part of the New Silk Roads, a major investment plan on a global scale to establish Chinese domination.

Source: Presse internationale.

Source: Geological Survey of Denmark and Greenland

Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques nouvelles de l’activité volcanique dans le monde.

C’est le calme plat en ce moment sur le Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion). Dans son bulletin mensuel, l’OVPF indique que novembre 2019 a été marqué par une faible sismicité sous les cratères sommitaux et un arrêt de l’inflation de l’édifice à la mi-novembre.

Il va donc falloir attendre un certain temps pour assister à la prochaine éruption. Il est vrai que le Piton nous a gâtés en 2019 !

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D’après GNS Science, «une activité modérée continue à White Island (Nouvelle Zélande). Des émissions de gaz, de vapeur et des projections de boue ont été observées au niveau d’une bouche situé à l’arrière du lac de cratère». Le niveau d’alerte volcanique reste à 2 et la couleur de l’alerte aérienne est maintenue au Jaune.
Cette activité est présente dans le cratère depuis la fin du mois de septembre 2019, mais se produit plus fréquemment à présent. Aucune émission de cendre n’a été observée. Le tremor volcanique reste modéré, avec quelques fluctuations correspondant à l’intensification des émissions de gaz et des projections d’eau et de boue.
La situation actuelle présente certaines similitudes avec celle observée en 2011-2016, époque où White Island avait connu une hausse de l’activité volcanique.
Source: GNS Science.

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Le volcan sous-marin au large de Mayotte (Comores) reste très actif et génère une sismicité continue. Entre le 16 et le 30 octobre 2019, 186 séismes ont été enregistrés avec une moyenne de 12 événements par jour, dont l’un avec une magnitude de M 3,8. La source de cette sismicité se situe au niveau du nouveau volcan sous-marin découvert en mai 2019. Sur une période de 11 mois, de juillet 2018 à juin 2019, le débit éruptif a été évalué à environ 150 à 200 mètres cubes par seconde. Depuis la découverte de l’édifice volcanique, trois nouveaux points de sortie de lave ont été découverts et ont donné les résultats suivants: 1) un volume d’environ 0,2 km3 de lave en 28 jours, de mai à juin 2018, pour un débit minimum moyen d’environ 83 m3 par seconde dans le sud; 2) un volume d’environ 0,3 km3 de lave en 44 jours entre juin et juillet 2019 pour un débit minimum moyen de 79 m3 par seconde à l’ouest; et 3) un volume d’environ 0,08 km3 de lave en 20 jours entre juillet et août 2019 pour un débit minimum moyen d’environ 44 m3 par seconde dans le nord.
Il est généralement admis que ce sont les débits les plus élevés observés sur un volcan effusif depuis l’explosion du Laki en 1783 en Islande, dont le débit éruptif moyen avait été évalué à environ 694 m3 par seconde pendant 245 jours d’éruption.
Source: BRGM et REVOSIMA (REseau de surveillance VOlcanologique et SIsmologique de Mayotte).

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L’activité éruptive se poursuit dans les cratères sommitaux de l’Etna (Sicile). Des explosions stromboliennes dans la Voragine se produisent à des intervalles de 5 à 10 minutes, avec des projections de matériaux incandescents au-dessus de la lèvre du cratère. Le cône qui avait commencé à se former à la mi-septembre continue de croître sur le plancher du cratère. Des émissions de cendre sporadiques ont commencé au niveau du Nouveau Cratère Sud-Est pendant la soirée du 30 novembre et une seule explosion strombolienne a été enregistrée le 1er décembre. De nuit, on aperçoit parfois de l’incandescence dans la Bocca Nuova.
Source: INGV.

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L’activité du Stromboli (Sicile) se caractérise actuellement par des explosions, principalement à partir de trois bouches dans la zone du cratère nord et au moins trois autres bouches dans la zone cratérique centre-sud. Les explosions, d’intensité faible à moyenne dans la zone du cratère nord, se produisent à raison de 7 à 11 événements par heure, avec des projections de 80 à 150 mètres de hauteur. Les matériaux retombent sur les flancs des cônes éruptifs et des blocs roulent sur quelques centaines de mètres le long de la Sciara del Fuoco. Les explosions d’intensité moyenne dans la zone centre-sud se produisent à une cadence de 4 à 8 événements par heure et éjectent les matériaux à moins de 150 mètres au-dessus des bouches actives.
Source: INGV.

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Le Nevados de Chillán (Chili) émet toujours des panaches de vapeur et de cendre ayu niveau du cratère Nicanor. La nuit, on observe des explosions qui envoient des matériaux incandescents sur le flanc du volcan. La dernière coulée de lave (L4) descend le flanc NNE, le long des trois coulées précédentes (L1, L2 et L3). Le point d’émission de L4 se trouve à environ 60 mètres au SSE du point d’émission des trois dernières coulées. Le niveau d’alerte volcanique reste à Orange (niveau 2 sur 4).
Source: SERNAGEOMIN.

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Here is some news of volcanic activity around the world.

The situation is currently very quiet on Piton de la Fournaise (Reunion Island). In its monthly bulletin, OVPF indicates that  November 2019 was marked by low seismicity under the summit craters and a stoppage of inflation of the edifice in mid-November.
It will take a while to see the next eruption. It is true that the Piton offered a great show in 2019!

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GNS Science indicates that “moderate volcanic unrest continues at White Island (New Zealand), with substantial gas, steam and mud bursts observed at the vent located at the back of the crater lake.” The volcanic alert level remains at 2, and the aviation colour code at Yellow.

This activity has been present since late September 2019, although it is occurring more frequently now. No volcanic ash has been observed. The volcanic tremor remains at moderate levels, with some periodic variations corresponding with episodes of increased gas-steam jetting and geysering.

The current situation bears some similarities with the one observed during the 2011-2016 period when White Island went through stronger volcanic activity.

Source : GNS Science.

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The submarine volcano off the island of Mayotte (Comoros) is still quite active and generates continuous seismicity. Between October 16th and 30th, 2019, 186 earthquakes have been recorded with an average of 12 tremors per day, one of which had a magnitude of M 3.8. The source is the new underwater volcano discovered in May 2019. Over a period of 11 months from July 2018 to June 2019, the eruptive lava output was around 150 to 200 cubic metres per second. Since the volcanic edifice was discovered, three new remote exit points have been discerned that have produced the following: 1) a volume of about 0.2 km3 of lava in 28 days from May to June 2018 for an average minimum output of about 83 m3 per second in the south; 2) a volume of about 0.3 km3 of lava in 44 days between June to July 2019 for an average minimum output of 79 m3 per second in the west; and 3) a volume of about 0.08 km3 of lava in 20 days between July and August 2019 for an average minimum output of about 44 m3 per second in the north.

It is generally admitted that they are the highest observed outputs on an effusive volcano since the 1783 Laki explosion in Iceland, whose average eruptive output had been calculated approximately 694 m3 per second over 245 days of the eruption.

Source : BRGM and REVOSIMA (REseau de surveillance VOlcanologique et SIsmologique de Mayotte).

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Eruptive activity continues at Mt Etna’s summit craters (Sicily). Strombolian explosions at Voragine occur at intervals of 5-10 minutes, and many incandescent materials are seen rising above the crater rim. A cone which had started forming in mid-September keeps growing on the crater floor. Sporadic ash emissions began at New Southeast Crater in the evening of November 30th, and a single Strombolian explosion was recorded on December 1st. Incandescence from Bocca Nuova was intermittently visible at night.

Source: INGV.

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Activity at Stromboli (Sicily)is currently characterized by explosive activity, mainly from three vents in the north crater area and at least three vents in the south central crater area. Low-to-medium-intensity explosions in the north crater area occur at a rate of 7-11 events per hour, with ejections 80-150 metres high. Ejected tephra fall onto the flanks and some blocks roll a few hundred metres along the Sciara del Fuoco. Medium-intensity explosions in the south central area occur at a rate of 4-8 events per hour and eject material less than150 metres above the vents.

Source: INGV.

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Nevados de Chillán (Chile) is still emitting steam and ash plumes at the Nicanor Crater. Occasional explosions ejecting incandescent material onto the flank of the volcano can be observed at night. The newest lava flow (L4) is travelling down the NNE flank, close to three previous flows (L1, L2, and L3). The point of emission of L4 is about 60 metres SSE of the emission point for the previous three lava flows. The volcano alert level remains at Orange.

Source: SERNAGEOMIN.

Explosion sur le Stromboli vue par la webcam Skyline

L’accélération de la fonte des glaciers au Groenland // Acceleration of glacier melting in Greenland

Comme je l’ai expliqué dans des notes précédentes, lorsque la glace fond au Groenland durant l’été, des milliers de lacs apparaissent à la surface. Beaucoup de ces lacs se vidangent en quelques heures, créant de vastes ouvertures à la base de la glace qui se trouve parfois à un kilomètre de profondeur. L’eau de fonte continue à s’engouffrer dans ces fractures pendant le reste de la saison de fonte, en donnant naissance à certaines des plus grandes cascades du monde.
Une équipe de glaciologues du Scott Polar Institute de l’Université de Cambridge a utilisé un drone pour observer la rapide fracturation et la vidange d’un lac de fonte sur la calotte glaciaire du Groenland. Le phénomène deviendra probablement de plus en plus fréquent en raison du réchauffement climatique. L’étude a été publiée dans les Proceedings de la National Academy of Sciences.
Les chercheurs ont fait leurs observations en juillet 2018 auprès d’un lac de fonte sur le Store Glacier, dans le nord-ouest du Groenland. Quelques jours après leur arrivée sur site, en l’espace de cinq heures, les deux tiers du lac, soit environ 5 millions de litres d’eau, ont disparu de la surface et se sont engouffrés dans une fracture. Les photographies aériennes obtenues à l’aide d’un drone avant et après la vidange du lac montrent une zone ovale bleu foncé qui rétrécit pour devenir une zone circulaire bleu clair, de petite taille, et moins profonde. (voir image ci-dessous).
Le Store Glacier avance à raison de 600 mètres par an. Les glaciologues ont constaté que la vidange soudaine du lac augmentait temporairement la vitesse de progression du glacier de deux à cinq mètres par jour. Comme je l’ai déjà expliqué, l’eau qui s’infiltre et glisse sous la glace joue un rôle de lubrifiant qui contribue à accélérer la vitesse du glacier sur son substrat rocheux.
Un phénomène encore plus surprenant et jamais observé jusqu’à présent est que cette eau qui ruisselle sous le Store Glacier le fait se soulever de 55 centimètres ! Cela signifie qu’une rivière de glace d’un kilomètre se soulève de plus de 50 centimètres sous l’effet de pressions énormes !

La fonte de la glace et la vidange de lacs de surface de plus en plus grands se sont accélérées ces dernières années en raison du réchauffement de la planète. Cela signifie que les glaciers avancent de plus en plus vite dans la mer et leur vêlage contribue encore davantage à la hausse du niveau des océans.
Source: Université de Cambridge.

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As I explained in previous posts, when the ice melts during the summer in Greenland, thousands of lakes appear at the surface. Many of the lakes drain in just a few hours, creating vast openings at the base of the ice, up to a kilometre deep. Meltwater from surface streams continues to flow down them for the rest of the melt season, creating some of the world’s largest waterfalls.

A group of glaciologists from the Scott Polar Institute at the University of Cambridge used a drone to observe the rapid fracturing and draining of a lake on the Greenland ice sheet, a phenomenon that may become more frequent as a result of climate change. Their study has been published in the Proceedings of the National Academy of Sciences.

The researchers made their observations at the Store Glacier in northwest Greenland in July 2018. A few days after their arrival, over the course of five hours, two-thirds of the lakes or roughly 5 million litres of water disappeared from the surface through a fracture. Aerial photography captured by the drone from before and after showed a dark blue oval shrink into a smaller, shallower and lighter blue circle. (see image below).

The Store Glacier advances at a rate of 600 metres per year. The glaciologists found that the sudden drainage of the lake temporarily increased the glacier’s speed from two to five metres per day. As I put it before, the water that falls under the ice served as a lubricant and contributes to accelerating the speed of the glacier on its bedrock..

Even more surprising was that this bed of water lifted the glacier’s height by 55 centimetres, a phenomenon which had not been detected up to now. This means that a kilometre of ice is lifted up half a metre, which involves huge pressures.

The melting of the ice and the draining of the larger and larger surface lakes has accelerated in the last years because of global warming. This means that the melting of the glaciers that end up in the ocean is accelerating too, contributing the rise of level of the oceans.

Source: University of Cambridge.

Vue d’un lac de surface au Groenland avant et après sa vidange (Source: University of Cambridge)

A méditer… // To meditate on…

Alors que se tient à Madrid (Espagne) la 25ème  Conférence des parties (COP 25), il est bon de rappeler que la première conférence diplomatique des Nations Unies sur le changement climatique a eu lieu à Rio de Janeiro (Brésil) en 1992. Voici ce qu’a dû subir notre belle planète depuis cette époque:

* Selon la NOAA, le niveau de dioxyde de carbone (CO2) dans l’air est passé d’environ 358 parties par million à près de 412. C’est une augmentation de 15% en 27 ans.

* Les émissions de CO2 provenant des combustibles fossiles et de l’industrie sont passées de 6,06 milliards de tonnes de carbone en 1992 à 9,87 milliards de tonnes en 2017. Il s’agit d’une augmentation de 63% en 25 ans.

* Selon la NOAA, la température moyenne de la planète a augmenté d’un peu plus de 0,57°C en 27 ans.

* Depuis le 1er janvier 1993, il y a eu 212 catastrophes météorologiques aux États-Unis. Elles ont coûté au moins 1 milliard de dollars chacune, une fois prise en compte l’inflation. Au total, elles ont coûté 1 milliard 400 millions de dollars et ont tué plus de 10 000 personnes. C’est une moyenne de 7,8 catastrophes de ce type par an depuis 1993, contre 3,2 par an de 1980 à 1992, selon la NOAA.

* Selon la NOAA, l’indice américain des extrêmes climatiques a presque doublé de 1992 à 2018. Cet indice prend en compte les températures très supérieures à la normale, la sécheresse et les périodes de temps sec à l’échelle de la planète, ainsi que les pluies torrentielles.

* Selon la NOAA, neuf des 10 cyclones ayant entraîné les dépenses les dégâts les plus élevés ont frappé les États-Unis depuis la fin de 1992.

* Le nombre d’hectares dévastés par les incendies aux États-Unis a plus que doublé, passant d’une moyenne quinquennale de 3,3 millions en 1992 à 7,6 millions en 2018.

* L’étendue moyenne annuelle de la banquise arctique est passée de 12,1 millions de kilomètres carrés en 1992 à 10,1 millions de kilomètres carrés en 2019, selon le National Snow and Ice Data Center. C’est une diminution de 17%.

* La calotte glaciaire du Groenland a perdu 4 700 milliards de tonnes de glace de 1993 à 2018, selon une étude publiée dans les Proceedings de la National Academy of Sciences.

* La calotte glaciaire de l’Antarctique a perdu 2 700 milliards de tonnes de glace de 1992 à 2017, selon une étude publiée dans la revue Nature.

* Le niveau global des océans a augmenté en moyenne de 2,9 millimètres par an depuis 1992, soit une hausse totale de 78,3 millimètres, selon la NOAA.

Source: Associated Press.

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As the 25th Conference of Parties is taking place in Madrid (Spain), it is good to remember that the first United Nations diplomatic conference to tackle climate change was in Rio de Janeiro (Brazil) in 1992. Here is what’s happened to Earth since:

* The carbon dioxide (CO2) level in the air has jumped from about 358 parts per million to nearly 412, according to NOAA. That’s a 15% rise in 27 years.

* Emissions CO2 from fossil fuel and industry jumped from 6.06 billion metric tons of carbon in 1992 to 9.87 billion metric tons in 2017. This is an increase of 63% in 25 years.

* The global average temperature rose slightly more than 0.57°C in 27 years, according to NOAA.

* Since January 1st, 1993, there have been 212 weather disasters in the United States. They cost at least $1 billion each, when adjusted for inflation. In total, they cost $1.45 trillion and killed more than 10,000 people. That’s an average of 7.8 such disasters per year since 1993, compared with 3.2 per year from 1980 to 1992, according to NOAA.

* The U.S. Climate Extremes Index has nearly doubled from 1992 to 2018, according to NOAA. The index takes into account far-from-normal temperatures, drought and overall dry spells, abnormal downpours.

* Nine of the 10 costliest hurricanes to hit the United States when adjusted for inflation have struck since late 1992, according to NOAA.

* The number of acres burned by wildfires in the United States has more than doubled from a five-year average of 3.3 million acres in 1992 to 7.6 million acres in 2018.

* The annual average extent of Arctic sea ice has shrunk from 12.1 million square kilometres in 1992 to10.1 million square kilometres in 2019, according to the National Snow and Ice Data Center. That’s a 17% decrease.

* The Greenland ice sheet lost 4.7 trillion metric tons of ice from 1993 to 2018, according to a study in the Proceedings of the National Academy of Sciences.

* The Antarctic ice sheet lost 2.7 trillion metric tons of ice from 1992 to 2017, according to a study in the journal Nature.

* The global sea level has risen on average 2.9 millimetres per year since 1992. That’s a total of 78.3 millimetres, according to NOAA.

Source : Associated Press.

Le Popocatepetl (Mexique) renvoie un avion dans ses foyers! // Popocatepetl (Mexico) sends a plane back home!

Suite à un violent épisode éruptif du Popocatepetl le 2 novembre 2019, un vol de la KLM entre Amsterdam et Mexico a dû faire demi-tour. L’appareil se trouvait à plusieurs milliers de mètres au-dessus du Canada lorsque l’activité volcanique l’a contraint à faire demi-tour er rentrer à la maison La carte de vol affichées en ligne montre qu’il se trouvait au-dessus du Nouveau-Brunswick lorsqu’il a fait demi-tour. Les passagers ont donc passé 11 heures dans les airs avant de débarquer dans leur ville de départ. Une porte-parole de la KLM a indiqué que l’avion transportait également un grand nombre de chevaux. Elle n’a pas été en mesure d’expliquer exactement la raison pour laquelle le commandant de bord avait décidé de revenir aux Pays Bas. Elle a seulement précisé que la décision était « motivée par de nombreux facteurs. » Elle a reconnu que a présence d’unecargaison de chevaux avait peu être l’un de ces facteurs. La KLM s’est excusée pour le désagrément et les billets d’avion ont tous été renouvelés.
Source: La BBC.

Cet incident confirme que les détecteurs de cendre dpont on a beaucoup parlé après l’éruption de l’Eyjafjöll (Islande) en 2010 n’ont pas reçu l’aval des compagnies aériennes.

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Due to a powerful eruptive episode of Popocatepetl on November 28th, 2019, a KLM flight from Amsterdam to Mexico City had to turn back because of an ash cloud emitted by Popocatepetl. The aircraft was thousands of metres over Canada when activity from the volcano forced it back across the Atlantic. Maps of the plane’s flight path posted online show it was over New Brunswick in Canada when it turned around. Passengers spent 11 hours in the air, only to disembark in the same city. A KLM spokeswoman indicated the plane was also carrying a large number of horses at the time. She could not explain exactly what caused the captain to turn back to the Netherlands, saying there were « many reasons » behind the decision, but admitted the equine cargo may have been a factor. KLM has apologised for the inconvenience and rebooked flights for all passengers.
Source: The BBC.

This incident confirms that that ash detectors that became popular after the eruption of Eyjafjöll (Iceland) in 2010 have not been approved by air companies.

Image récente du cratère du Popocatepetl (Source: CENAPRED). La dernière éruption n’avait rien d’extraordinaire. Un tel événement se produit lorsque la pression des gaz fait exploser le dôme de lave au fond du cratère. Le niveau d’alerte reste inchangé.