L’IFREMER explore les abysses // IFREMER explores the abyss

Les deux premiers prototypes de flotteurs-profileurs Argo Deep-6000, développés par l’Ifremer, ont effectué avec succès leurs premières plongées en autonomie en haute mer, au nord des Antilles. Depuis le 11 janvier 2026, chacun des deux profileurs a effectué cinq cycles complets jusqu’à 6 000 mètres de profondeur, transmettant pour la première fois des données inédites sur les abysses. La France devient ainsi le troisième pays au monde, après les États-Unis et la Chine, à concevoir des profileurs Argo capables d’explorer ces profondeurs extrêmes. D’ici à 2028, 30 de ces profileurs grands fonds rejoindront la flotte internationale de 4000 profileurs pour couvrir plus de 98% du volume de l’Océan mondial.

L’Ifremer précise sur son site que ces nouveaux profileurs Argo Deep-6000 permettront de mesurer en temps réel la salinité, la température, l’oxygène et la pression des grands fonds, afin de mieux connaître l’impact du réchauffement climatique jusqu’à 6000 mètres de profondeur. Les chercheurs pourront également obtenir des informations sur la circulation océanique profonde qui contribue au stockage dans l’océan profond des signaux climatiques comme la chaleur ou le carbone, et affiner les modèles de prévisions océaniques.

Argo est un exemple de coopération internationale remarquable, avec plus de 60 pays qui y contribuent.

Comme je l’explique souvent sur ce blog, nous connaissons mieux la surface de la planète Mars que les profondeurs de nos propres océans. Ce sont pourtant dans les abysses que se trouvent les zones de subduction, facteur déclencheur des séismes les plus puissants et les plus destructeurs. L’Ifremer confirme que l’Océan abyssal est encore largement méconnu et très peu échantillonné.

Pourtant, environ 10% du réchauffement total de l’Océan est situé en dessous de 2000 mètres de profondeur, et les rares données dont nous disposons indiquent un fort signal de réchauffement sous 4000 mètres dans l’Océan Austral qui commence à se propager vers le nord dans les Océans Pacifique, Atlantique et Indien. Passer le cap des grands fonds est donc essentiel pour la communauté scientifique qui va rapidement bénéficier d’un jeu de données complet permettant de suivre à la fois l’évolution temporelle de ce réchauffement et sa propagation spatiale dans les eaux les plus profondes. Les données recueillies permettront également de mieux connaître la contribution des zones abyssales à l’augmentation du niveau de la mer.

L’Ifremer explique sur son site web que le développement des profileurs Argo Deep-6000 a nécessité de lever des verrous techniques liés à la très importante pression exercée par la colonne d’eau dans les grandes profondeurs.

Ces profileurs sont capables de plonger et remonter en autonomie sur des cycles de dix jours, comme leurs homologues qui plongent entre 2000 et 4000 mètres. Afin de résister aux conditions des abysses, un matériau composite a été préféré au titane. Chaque flotteur pèse 40 kilogrammes contre 20 kilogrammes pour les flotteurs classiques, pour résister aux conditions extrêmes auxquelles il sera exposé.

Source : Ifremer.

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The first two prototypes of the Argo Deep-6000 profiler floats, developed by Ifremer, have successfully completed their first autonomous dives in the open ocean, north of the Antilles. Since January 11, 2026, each of the two profilers has completed five full cycles to a depth of 6,000 meters, transmitting unprecedented data on the abyssal zone for the first time. France thus becomes the third country in the world, after the United States and China, to develop Argo profilers capable of exploring these extreme depths. By 2028, 30 of these deep-sea profilers will join the international fleet of 4,000 profilers to cover more than 98% of the world’s ocean volume.

Ifremer explains on its website that these new Argo Deep-6000 profilers will allow for real-time measurement of salinity, temperature, oxygen, and pressure in the deep sea, in order to better understand the impact of global warming down to depths of 6,000 meters. Researchers will also be able to obtain information on deep ocean circulation, which contributes to the storage of climate signals such as heat and carbon in the deep ocean, and refine ocean forecasting models.

Argo is an example of remarkable international cooperation, with more than 60 countries contributing to the project.

As I often explain on this blog, we know more about the surface of Mars than the depths of our own oceans. Yet, it is in the abyssal zone that subduction zones are found, the trigger for the most powerful and destructive earthquakes. Ifremer confirms that the abyssal ocean remains largely unknown and very poorly sampled.

However, approximately 10% of total ocean warming occurs below 2,000 meters, and the limited data available indicates a strong warming signal below 4,000 meters in the Southern Ocean, which is beginning to propagate northward into the Pacific, Atlantic, and Indian Oceans. Therefore, reaching the deep sea is essential for the scientific community, which will soon benefit from a comprehensive dataset enabling it to track both the temporal evolution of this warming and its spatial propagation in the deepest waters. The data collected will also provide a better understanding of the contribution of abyssal zones to sea-level rise.

Ifremer explains on its website that the development of the Argo Deep-6000 profilers required overcoming technical challenges related to the very high pressure exerted by the water column in the deep sea.

These profilers are capable of autonomous dives and ascents on ten-day cycles, like their counterparts that dive between 2,000 and 4,000 meters. To withstand the conditions of the deep sea, a composite material was chosen over titanium. Each float weighs 40 kilograms, compared to 20 kilograms for conventional floats, to withstand the extreme conditions to which it will be exposed.

Source: Ifremer.

Dernières nouvelles du Piton de la Fournaise (Île de la Réunion) // Latest news of Piton de la Fournaise (Reunion Island)

Dans un communiqué diffusé le 7 février 2026, l’OVPF indique que depuis la fin de l’éruption du 20 janvier 2026, une activité sismique persiste sous le sommet du Piton de la Fournaise. Ainsi, le dans la seule journée du 6 février, 343 séismes volcano-tectoniques de très faible magnitude (inférieure à M1,0) ont été enregistrés, principalement lors d’un essaim entre 3 heures et 4 heures du matin (heure locale).

Histogramme représentant le nombre de séismes volcano-tectoniques superficiels(Source: OVPF)

Cet essaim sismique s’est accompagné de très faible déformation du sol, signe qu’une petite intrusion de magma a eu lieu. Toutefois, son intensité et sa distance de propagation étaient bien inférieures à celles du 5 décembre 2025 et du 1er janvier 2026.

Illustration de la déformation du volcan sur les 6 derniers mois. Les intrusions du 05/12/2025 et du 01/01/2026 sont représentées par des barres verticales vertes et l’éruption du 18 janvier 2026 par

un fond rouge). [Source: OVPF]

Selon l’Observatoire, « cette activité montre que le système d’alimentation du volcan reste sous pression. Ce processus de pressurisation du réservoir superficiel peut se poursuivre pendant plusieurs jours à plusieurs semaines, voire plusieurs mois, avant qu’une nouvelle injection de magma ne se produise vers la surface ; il peut également s’interrompre sans conduire, à brève échéance, à une éruption. »

Le Piton de la Fournaise reste en niveau d’alerte Vigilance. L’Enclos reste ouvert au public, avec toutefois certaines restrictions d’accès.

Photo: C. Grandpey

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 In an update issued on February 7, 2026, the OVPF indicated that seismic activity has persisted beneath the summit of Piton de la Fournaise since the end of the eruption on January 20, 2026. On February 6 alone, 343 volcano-tectonic earthquakes of very low magnitude (less than M1.0) were recorded, primarily during a swarm between 3:00 and 4:00 a.m. (local time).
This seismic swarm was accompanied by very slight ground deformation, indicating a small magma intrusion. However, its intensity and propagation distance were significantly lower than those of December 5, 2025, and January 1, 2026.

According to the Observatory, « this activity shows that the volcano’s magma supply system remains under pressure. This pressurization process of the shallow reservoir can continue for several days to several weeks, or even several months, before a new injection of magma occurs towards the surface; it can also cease without leading to an eruption in the short term. »

Piton de la Fournaise remains at the Vigilance alert level. The Enclos remains open to the public, although with some access restrictions.

Etna (Sicile) : la Faille de Tremestieri rappelle qu’elle est active // Mount Etna (Sicily) : The Tremestieri Fault reminds us that it is active

Une étude de l’INGV et de l’Université de Catane, publiée en juillet 2025, a analysé la structure profonde de l’Etna et le lien entre l’activité sismique et la remontée du magma, révélant de nouveaux détails sur la dynamique interne du volcan. En analysant plus de 15 000 séismes sur une période d’une vingtaine d’années, les chercheurs ont retracé les structures qui entraînent la déformation de la croûte et leur interaction avec les mouvements du magma. Lors des événements éruptifs, la pression exercée par le magma dans les couches de la croûte peut activer des failles même à des distances et des profondeurs considérables des cratères sommitaux.

On peut lire dans l’étude que la dynamique du flanc oriental de l’Etna, connu pour son glissement lent et régulier vers la mer Ionienne, est particulièrement intéressante. Les recherches montrent que ce mouvement n’est pas uniforme, mais se produit le long de structures diverses, déclenchées par une combinaison de failles anciennes, de pressions magmatiques et d’affaissements de surface.

Cette étude trouve sa confirmation avec la Faille de Tremestieri, qui traverse le flanc sud du volcan de Nicolosi à Tremestieri Etneo, et présente de nouveaux signes de « fluage asismique » expression qui fait référence au déplacement de surface, mesurable le long d’une faille en l’absence de séismes notables. Des mouvements de sol lents et constants, connus depuis des années par les scientifiques, se manifestent par de nouvelles fissures dans des zones densément peuplées. Ces mouvements, liés à l’interaction entre l’activité magmatique et la collision des plaques africaine et eurasienne, deviennent préoccupants lorsqu’ils affectent le tissu urbain, déformant rues, places et même réseaux d’alimentation en eau.

Des géologues de l’INGV ont mené une inspection à Tremestieri Etneo suite aux signalements des habitants. Les microséismes des 17 et 18 novembre 2025 ont suscité l’inquiétude. Neuf secousses ont été enregistrées, d’une magnitude comprise entre M1,5 et M2,5, localisées entre Pedara et Mascalucia. Les plus fortes ont été ressenties à Pedara, Mascalucia, Tremestieri Etneo, Sant’Agata li Battiati et Gravina di Catania ; elles ont fait trembler les maisons et réveillé plusieurs familles.

Source: INGV

Des relevés de terrain ont confirmé la réactivation du système de failles au cœur de Tremestieri. Sur la place du centre éducatif « Teresa di Calcutta », d’anciennes fissures se sont déplacées latéralement de 1,5 cm. Dans d’autres secteurs de la localité, un réseau de fissures étagées a déplacé le sol d’environ 1 cm, entraînant la rupture d’une canalisation d’eau, signe évident des contraintes sous-jacentes. La déformation sur la petite place de la Via Etnea est encore plus significative avec des affaissements verticaux allant jusqu’à 0,5 cm et horizontaux de 1 cm, accompagnés de compressions qui font onduler le revêtement. Plus en amont, le long de la route SP 3/II Tremestieri–Mascalucia, une autre fracture ancienne s’est réactivée, provoquant une nouvelle fuite d’eau et des mouvements d’extension d’environ 1 cm.
Les géologues expliquent que ce ne sont pas des événements inattendus, mais ils nous rappellent que même les failles silencieuses déforment le sol, affectant les bâtiments et les infrastructures. La déformation s’atténue progressivement en amont, où des irrégularités du plan de faille ralentissent le glissement.

Dans la conclusion du rapport des experts de l’INGV, on peut lire que pour les zones habitées de l’arrière-pays etnéen, le message est clair : « une surveillance continue et des évaluations sur le terrain sont indispensables à une planification urbaine éclairée et résiliente. Dans une région où volcanisme et tectonique sont intimement liés, chaque fissure devient un signal précieux pour atténuer les risques et prévenir des dommages plus importants. »

Source : La Sicilia, INGV.

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A study by the INGV and the University of Catania, published in July 2025, analyzed the deep structure of Mount Etna and the link between seismic activity and magma upwelling, revealing new details about the volcano’s internal dynamics. By analyzing more than 15,000 earthquakes over a period of about twenty years, the researchers traced the structures that cause crustal deformation and their interaction with magma movements. During eruptive events, the pressure exerted by magma in the crustal layers can activate faults even at considerable distances and depths from the summit craters.
The study notes that the dynamics of Mt Etna’s eastern flank, known for its slow and steady slide towards the Ionian Sea, is of particular interest. Research shows that this movement is not uniform, but occurs along various structures, triggered by a combination of ancient faults, magma pressures, and surface subsidence.
This study is confirmed by the Tremestieri Fault, which runs along the southern flank of the volcano, from Nicolosi to Tremestieri, and exhibits new signs of « aseismic creep, » a term that refers to surface displacement measurable along a fault in the absence of significant earthquakes. Slow, constant ground movements, known to scientists for years, are appearing as new fissures in densely populated areas. These movements, linked to the interaction between magmatic activity and the collision of the African and Eurasian plates, become a concern when they affect the urban fabric, deforming streets, squares, and even water supply networks.
INGV geologists conducted an inspection in Tremestieri Etneo following reports from residents. The micro-earthquakes of November 17 and 18, 2025, caused concern. Nine tremors were recorded, ranging in magnitude from M1.5 to M2.5, located between Pedara and Mascalucia. The strongest were felt in Pedara, Mascalucia, Tremestieri Etneo, Sant’Agata li Battiati, and Gravina di Catania; they shook houses and woke several families. Field surveys confirmed the reactivation of the fault system in the heart of Tremestieri. In the square of the “Teresa di Calcutta” educational center, old fissures had shifted laterally by 1.5 cm. In other parts of the town, a network of stepped cracks has displaced the ground by about 1 cm, causing a water pipe to burst—a clear sign of the underlying stresses. The deformation in the small square on Via Etnea is even more significant, with vertical subsidence of up to 0.5 cm and horizontal subsidence of 1 cm, accompanied by compression that is causing the pavement to undulate. Further upslope, along the SP 3/II Tremestieri–Mascalucia road, another old fracture has reactivated, causing a new water leak and extensional movements of about 1 cm. Geologists explain that these are not unexpected events, but they remind us that even silent faults deform the ground, affecting buildings and infrastructure. The deformation gradually diminishes upstream, where irregularities in the fault plane slow the sliding.

The conclusion of the INGV experts’ report states that for inhabited areas of the Etna hinterland, the message is clear: « Continuous monitoring and on-the-ground assessments are essential for well-informed and resilient urban planning. In a region where volcanism and tectonics are closely linked, every fissure becomes a valuable signal for mitigating risks and preventing more significant damage. »
Source: La Sicilia, INGV.

Réchauffement climatique : Vers une disparition rapide des glaciers

Je ne serai plus là pour le voir, mais mes petits-enfants auront probablement un bien triste spectacle devant les yeux s’ils se rendent à Chamonix à la fin de ce 21ème siècle. Selon une nouvelle étude parue dans le journal Nature Climate Change, si les émissions de gaz à effet de serre continuent à suivre la même trajectoire – au vu de la situation actuelle, je ne vois pas comment elles ne le feraient pas – nous allons perdre de 2 000 à 4 000 glaciers autour de 2050.

Si l’on se fie aux dernières mesures satellites, il reste 211 490 glaciers sur Terre. Or, chaque année, nous en perdons environ un millier. Cela paraît déjà énorme, mais ce chiffre va doubler, si ce n’est quadrupler, d’ici le milieu du siècle, selon des scientifiques suisses, anglais et américains qui ont publié la nouvelle étude.

Photo: C. Grandpey

Selon les chercheurs, c’est entre 2041 et 2055 que le rythme de disparition des glaciers va connaître son apogée. Si notre monde stabilise son niveau de réchauffement climatique à +1,5 °C, nous perdrons environ 2 000 glaciers par an à la fin du siècle. Or, nous savons pertinemment – c’est un secret de polichinelle – que ce seuil de 1,5°C est déjà dépassé et qu’un retour en arrière est inenvisageable. Nous nous dirigeons donc vers un réchauffement à plus de 2 °C d’ici le milieu du siècle, ce qui entraînerait la perte d’environ 3 000 glaciers par an.

La nouvelle étude prévient que si nous continuons d’augmenter nos émissions de gaz à effet de serre, ou que nos prévisions climatiques s’avèrent sous-estimées, un niveau de réchauffement à +4 °C entrainera la disparition de 4 000 glaciers chaque année d’ici le milieu du siècle.

Photo: C. Grandpey

Dans ces conditions, combien de glaciers restera-t-il dans le monde d’ici la fin du siècle ? Voici ce que l’on peut lire dans l’étude :

  • si notre niveau de réchauffement se limite à +1,5 °C (scénario peu probable au vu de la situation actuelle) : il devrait rester 95 957 glaciers ;
  • si notre niveau de réchauffement atteint +2,7 °C (la trajectoire actuelle) : il devrait rester 43 852 glaciers ;
  • si notre niveau de réchauffement atteint +4 °C (la trajectoire pessimiste) : il devrait rester 18 288 glaciers.

Ainsi, il ne subsisterait aucun glacier dans les Alpes d’ici la fin du siècle.

J’aimerais rappeler ici un discours de Michel Barnier, alors Premier Ministre, le 25 octobre 2024 dans le Rhône. Monsieur Barnier a déclaré que « la France doit anticiper une vie avec +2,7°C en 2050. Le précédent plan d’adaptation (2018-2022) prévoyait un réchauffement de 1,5°C à +2°C d’ici 2100 par rapport à l’ère pré-industrielle. Toutefois, au vu de l’accélération de la hausse des températures, les prévisions ont dû être corrigées. La France hexagonale se prépare désormais, d’ici à la fin du siècle, à un réchauffement de +4°C, à côté de +3°C en moyenne à l’échelle mondiale. Le calendrier de hausse de la température prévoit +2°C en 2030, et +2,7°C en 2050. Selon cette trajectoire de réchauffement climatique, les glaciers alpins situés en France auront disparu d’ici 2100. Le risque de sécheresse sera multiplié par trois à l’horizon 2030 par rapport aux années 1960, et multiplié par 4 d’ici 2100. »

L’étude publiée dans Nature Climate Change explique que certaines régions du monde vont perdre leurs glaciers plus rapidement que d’autres. C’est le cas des zones où subsistent encore des « petits glaciers. » Les Alpes figurent parmi ces régions les plus défavorisées. Leurs glaciers sont ceux qui disparaissent actuellement le plus vite dans le monde, suivis par les glaciers des Andes tropicales entre la forêt amazonienne et la cordillère des Andes.

Photo: C. Grandpey

Si les glaciers des Alpes sont menacés de disparition, il existe des zones où leur immensité leur permettra de résister plus longtemps, et ce seront probablement les derniers de notre planète. Il s’agit des glaciers du Groenland et des glaciers d’Antarctique, qui ne devraient pas disparaître avant la fin du siècle.

Photo: C. Grandpey

Comme je l’ai déjà souligné à plusieurs reprises, la disparition des glaciers aura deux conséquences principales :

  • 70 % de l’eau douce disponible sur Terre provient des glaciers. Plus de deux milliards de personnes dépendent actuellement de leur eau. La civilisation humaine, en pleine expansion démographique, va donc devoir vivre avec moins de la moitié des réserves d’eau douce. Je n’ai de cesse de rappeler que les glaciers himalayens représentent un château d’eau pour l’Asie. Leur disparition serait une catastrophe à l’échelle mondiale.
  • La stabilité des terrains va être affectée. La fonte du pergélisol provoque déjà un affaissement, voire un effondrement des villes et des routes dans les zones concernées, en Alaska et en Sibérie, en particulier. Des éboulements en montagne seront inévitables et affecteront les habitations, les entreprises et les transports.

Si la totalité des glaciers du monde fondait dans le futur, y compris ceux du Groenland et de l’Antarctique, la face de la Terre changerait alors complètement. La hausse du niveau des océans engloutirait de nombreuses terres. Une partie de l’humanité parviendrait à survivre, mais au prix d’un futur chaotique.

Il faut garder en permanence à l’esprit que l’eau douce est à la base de la vie terrestre, et celle-ci dépend en grande partie des glaciers.

Source: Nature Climate Change, Futura Sciences.

 

Photo: C. Grandpey