Cumbre Vieja (La Palma): nouvelles de l’éruption // News of the eruption

10 heures : Le Département de la sécurité nationale (DSN) a publié ce matin son rapport quotidien dans lequel il explique que l’éruption a été marquée par la modification et la reconfiguration du cône principal, « avec une grande quantité de lave qui se déplace principalement vers l’ouest, sur la coulée de lave d’origine et celle de la montagne Todoque ». Il rappelle également que lundi soir il y a eu une nouvelle rupture avec « des débordements de lave et des glissements de terrain ».

La sismicité reste élevée à La Palma. Ce mardi 26 octobre, on a en particulier enregistré deux événements de magnitude M 4 et M 4,2 dans la commune de Mazo, à 36 kilomètres de profondeur.

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13 heures : Le nouvel effondrement du cône éruptif survenu dans l’après-midi du 25 octobre a provoqué des débordements de lave et des glissements de terrain qui n’ont toutefois pas affecté lla coulée de lave en direction du sud. Pour le moment, elle semble s’être stabilisée mais elle esre sous haute surveillance au cas où il serait nécessaire d’adopter de nouvelles mesures de protection civile.
Parallèlement, la hauteur moyenne de la colonne de cendres atteignait 3800 mètres le 25 octobre. Les conditions météorologiques actuelles permettent un fonctionnement normal de l’aéroport de La Palma.

C’est anecdotique, mais ce mardi 26 octobre 2021 marque le 50ème anniversaire de l’éruption de Teneguía (1971), l’une des 17 éruptions historiques des îles Canaries. Cette éruption a duré 24 jours, du 26 octobre au 18 novembre 1971, et ses coulées de lave ont couvert 276 hectares. L’éruption actuelle du Cumbre Vieja, avec plus de 900 hectares envahis par la lave et plus de 2000 structures détruites est beaucoup plus dévastatrice.

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17 heures : L’éruption est restée relativement stable au cours de la journée du 26 octobre. Les webcams montrent une émission de lave sous très forte pression à partir d’une bouche qui perce le flanc du cône principal.

L’IGN indique que le réseau géodésique installé sur La Palma a détecté une élévation du sol de plus de 10 centimètres au cours des dernières 24 heures et une déformation vers le sud de la station la plus proche des centres éruptifs. En revanche, les stations les plus éloignées montrent une légère déflation, peut-être liée à une sismicité profonde.
L’amplitude du tremor volcanique reste à des niveaux moyens à élevés, avec des impulsions. Le nuage de dioxyde de soufre (SO2) atteignait 2 000 mètres d’altitude à 8h00 ce mardi. Les émissions de SO2 restent très élevées avec 40 800 tonnes par jour, signe que l’éruption est loin d’être terminée.

S’agissant de la sismicité, au cours des dernières 24 heures, l’IGN a localisé 184 événements dans la zone concernée par la réactivation du volcan. 17 ont été ressentis par la population. 80 séismes avaient une magnitude égale ou supérieure à M 3,0. L’événement le plus significatif enregistré ce mardi matin avait une magnitude de M 4,2. De plus, cinq séismes ont été localisés à des profondeurs d’environ 30 kilomètres. Le reste des hypocentres se situait à une profondeur moindre, d’environ 12 kilomètres.

Source: IGN.

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23 heures : En fin d’après-midi de ce mardi 26 octobre, le cône principal du volcan s’est effondré sur lui-même bouchant momentanément la sortie de lave. Une heure plus tard, la hauteur de la fontaine de lave expulsée par la pression accumulée a atteint 600 mètres de hauteur. Ce dernier effondrement rejoint ceux qui se sont produits lundi et qui ont provoqué le déplacement d’une grande quantité de magma principalement vers l’ouest de La Palma,

Sources: IGN, El Pais.

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10:00 am : The Department of National Security (DSN) this morning published its daily report in which it explains that th e eruption was marked by the modification and reconfiguration of the main cone, « with a large amount of lava moving mainly to the west, on the original lava flow and that of the Todoque mountain « . He also recalls that Monday evening there was a new rupture with « lava overflows and landslides ».
Seismicity remains high in La Palma. This Tuesday, October 26, two events of magnitude M 4 and M 4.2 were recorded in the town of Mazo, at a depth of 36 kilometers.

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1:00 pm : The new collapse of the eruptive cone on the afternoon of October 25th caused lava overflows and landslides which, however, did not affect the lava flow towards the south. For the moment, it seems to have stabilized but it is under close control in case it should be necessary to adopt new civil protection measures.
At the same time, the average height of the ash column reached 3,800 meters on October 25th. The current weather conditions allow normal operation of La Palma airport.
It’s anecdotal, but this Tuesday, October 26th, 2021 marks the 50th anniversary of the eruption of Teneguía (1971), one of the 17 historic eruptions in the Canary Islands. This eruption lasted 24 days, from October 26th to November 18th, 1971, and its lava flows covered 276 hectares. Much more devastating is the current eruption of Cumbre Vieja, with over 900 hectares covered with lava and over 2,000 structures destroyed.

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5:00 p.m : The eruption remained relatively stable on October 26th. The webcams show an emission of lava under very high pressure from a vent on the side of the main cone.
IGN indicates that the geodesic network installed on La Palma has detected a ground elevation of more than 10 centimeters in the last 24 hours and a deformation towards the south of the station closest to the eruptive centers. On the other hand, the most distant stations show a slight deflation, perhaps linked to deep seismicity.
The amplitude of the volcanic tremor remains at medium to high levels, with pulses. The sulfur dioxide (SO2) cloud reached an altitude of 2,000 meters at 8:00 am on Tuesday. SO2 emissions remain very high at 40,800 tonnes per day, a sign that the eruption is far from over.

Regarding seismicity, over the past 24 hours, IGN has located 184 events in the area affected by the reactivation of the volcano. 17 were felt by the population. 80 earthquakes had a magnitude equal to or greater than M 3.0. The most significant event recorded this Tuesday morning had a magnitude of M 4.2. In addition, five earthquakes were located at depths of about 30 kilometers. The rest of the hypocenters were at a shallower depth, about 12 kilometers.
Source: IGN.

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11:00 p.m : Late in the afternoon of Tuesday, October 26th, the main cone of the volcano collapsed on itself momentarily blocking the lava. An hour later, the height of the lava fountain expelled by the accumulated pressure reached 600 meters in height. This latest collapse joins those which occurred on Monday and which caused the displacement of a large amount of magma mainly towards the west of La Palma,
Sources: IGN, El Pais.

Capture écran webcam le 26 octobre après l’effondrement du cône

Cumbre Vieja (La Palma) : une éruption de destruction massive // An eruption of mass destruction

Si vous comprenez la langue de Shakespeare, je vous conseille de lire un article publié le 22 octobre 2021 dans The Christian Science Monitor :

https://www.csmonitor.com/World/Europe/2021/1022/A-volcano-erupts-in-Spain-and-challenges-notions-of-recovery?icid=rss

L’article décrit la situation sur l’île de La Palma et surtout l’état d’esprit des habitants victimes de l’éruption du Cumbre Vieja. En découvrant le ressenti de certains qui ont tout perdu, vous comprendrez pourquoi j’ai décidé de ne pas aller assister à l’éruption. Il y a deux raisons à cela. Pour quelqu’un qui a eu la chance d’observer des fontaines de lave sur l’Etna à quelques centaines de mètres de distance et qui a marché sur le champ de lave actif à Hawaii, observer une éruption depuis 2 ou 3 km ne présente guère d’intérêt. Les webcams et leurs puissants zooms font très bien ce travail en fournissant des images et un son de bonne qualité, et les organismes scientifiques (IGN, Involcan, Pevolca) ne sont pas avares de données. De plus, à supposer que j’aie pu obtenir une autorisation d’accès, je me serais senti mal à l’aise en visitant des quartiers entiers détruits par la lave. Cela ressemble à du voyeurisme, un mot qui ne fait pas partie de mon vocabulaire. D’après la presse espagnole, l’éruption attire pourtant des foules de touristes, ce qui compensera un peu les pertes économiques. Il semblerait que les propriétaires d’hébergements en aient profiter pour faire grimper les prix…
L’auteur de l’article donne l’exemple d’un homme, victime de l’éruption, qui « a aidé autant qu’il a pu sa famille à quitter leur maison dans la précipitation pour échapper aux panaches de fumée grise et aux rivières de lave qui engloutissaient l’île. » Mais bientôt, la lave a englouti sa propre vie faite de souvenirs. « J’ai toujours pensé que ça allait s’arrêter. Mais ensuite l’église de la ville a été détruite, puis la maison de mon oncle, la maison de mes parents, les maisons de mon frère et de ma sœur. Le 20ème jour, la mienne a disparu elle aussi. »
Maintenant, cet homme et sa famille se retrouvent dispersés à travers l’île dans des logements temporaires, sans savoir quand, ni où, ils pourront revenir un jour. « Où irons-nous pour Noël ? Pour la nouvelle année? »
Son sort est celui de 7 000 habitants qui ont été forcés de quitter leurs maisons. Le Cumbre Vieja a détruit plus de 2000 structures et 906 hectares de terres qui étaient couvertes de bananeraies, de vignobles et d’avocatiers, les principales ressources économiques de l’île avec le tourisme.
Personne ne peut prédire quand l’éruption se terminera. La sismicité reste élevée et ne semble pas prête à baisser. Il se pourrait qu’il s’écoule des années avant que le sol se refroidisse suffisamment pour permettre la reconstruction. Beaucoup de personnes dont les maisons ont été englouties par la lave se demandent si elles auront un jour le courage de revenir.
Aujourd’hui, les insulaires comptent sur la solidarité des organisations caritatives, des églises, des militaires et des voisins qui se démènent pour préserver un sentiment d’appartenance. La Palma connaît une vague de bénévolat et de dons depuis les premières heures d’éruption du volcan. Les personnes ayant des résidences secondaires ou des chambres libres proposent leurs lits ; les hôtels, les centres de loisirs et les écoles offrent également des possibilités d’hébergement. Un tel élan de solidarité n’avait jamais été observé auparavant.
L’armée espagnole a, elle aussi, fourni des abris et des services d’urgence aux personnes déplacées. Les soldats travaillent dans la zone d’exclusion pour évacuer la couche de cendre, atteignant parfois 50 centimètres, qui s’est accumulée sur les toits des maisons, et éviter leur effondrement.
Même à distance, hors de la zone d’exclusion de 3 km, on entend les grondements assourdissants des explosions. Une habitante a déclaré : « C’est horrible; c’est comme avoir un avion dans la tête… Parfois, le volcan devient fou et la maison se met à trembler. Vous commencez à pleurer la nuit et pensez que c’est peut-être l’heure de partir. Je n’aurai nulle part où vivre. »
Les églises essaient d’apporter de l’aide. Depuis le début de l’éruption, celle de Tajuya est devenue un point de rencontre; elle reste ouverte 24h/24 et 7j/7. Les dons affluent du monde entier et les églises locales participent à la distribution des vêtements et des articles de toilette. Elles fournissent aussi un espace au sol pour dormir.
Les gens sont perplexes quant à leur avenir. Comme l’a dit une personne évacuée: « De quoi avons-nous vraiment besoin pour être heureux? » Certains habitants se sont déjà mis en tête qu’ils allaient revenir, tandis que d’autres ont l’intention d’aller s’installer en Espagne continentale et d’y commencer une autre vie…

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I invite you to read an article published on October 22nd, 2021 in The Christian Science Monitor:

https://www.csmonitor.com/World/Europe/2021/1022/A-volcano-erupts-in-Spain-and-challenges-notions-of-recovery?icid=rss

The article explains its readers what the situation is like on the island of La Palma and what people feel during the eruption ofthe Cumbre Vieja volcano. Discovering the residents’ feelings after they have lost everything, you will also understand why I have decided not to go to wattch the eruption On the one hand, watching an erption from a distance (2 or 3 km) is of little interest to a person who has observed lava fountains on Mt Etna drom a few tens of meters and walked on the active lava flows in Hawaii. The webcams with their powerful telelenses provide high quality images and sound. Moreover, supposing I had got a permit to do so, I think visiting the villages destroyed by lava amounts to some sort of voyeurism, a word that does not belong to my vocabulary. According to the Spanish press, the eruption is attracting crowds of tourists, which will somewhat offset the economic losses. It seems that accommodation owners took the opportunity to drive up prices …

The author of the article gives the example of a man who « frantically helped his family evacuate their homes in a rush to escape the spewing gray plumes of smoke and rivers of lava engulfing the island. But soon, it swallowed up his own lifetime of memories too. I always thought it was going to stop. But then the town church fell, my uncle’s house, my parents’ house, my brother’s and sister’s houses. On the 20th  day, mine fell as well.”

Now, he and his family have been dispersed across the island in temporary housing – with little idea of when they might return if ever. “Where will we go for Christmas? New Year’s?” he asks.

His fate has been met by 7,000 residents who have been forced from their homes. The Cumbre Vieja has since destroyed more than 2,000 structures and 906 hectares of land that used to be covered with banana, grape, and avocado plantations, the island’s primary economic resource along with tourism.

No one can predict when the eruption might end. Seismicity is still high and does not seem ready to decline. It could be years before the ground cools enough to rebuild, and many whose homes have been swallowed up wonder whether they will ever feel confident enough to return.

Today, the islanders are relying on the solidarity of local charities, churches, the military, and neighbours who are scrambling to preserve a sense of home. La Palma has seen a wave of volunteerism and donations since the volcano first erupted. People with second homes or extra rooms are offering their beds; hotels, recreation centers, and schools are also coming forward. Such relief work had never been seen before. “

The Spanish army has provided shelter and emergency services to displaced people, The soldiers are also working in the exclusion zone, removing ash that has piled up on roofs to heights of 50 centimeters, to prevent their collapse.

Even from a distance, out of the 3-km exclusion zone, one can hear the deafening booms of the explosion. Said one resident: “It’s horrid, like having a plane inside my head. … Sometimes the volcano goes berserk and the house starts to shake. You start crying at night, thinking maybe it’s your time to go. I’ll have nowhere to live.”

The churches are trying to bring some help. Since the eruption, the one in Tajuya has become a meeting point, remaining open 24/7. Donations have poured in from around the world, and local churches are collaborating to distribute clothes and personal care items and provide floor space to sleep.

People are perplexed about what to do now. As one evacuee said: What do we really need in order to be happy?” Some residents already have return on their minds while others intend to move to continental Spain and start another life there…

 

  La lave dans La Laguna le 21 octobre 2021 (Crédit photo: (Saul Santos / AP)

Cumbre Vieja (La Palma): nouvelles de l’éruption // News of the eruption

10 heures : L’éruption du Cumbre Vieja entre dans sa sixième semaine, avec de nouvelles coulées de lave et une activité qui, loin de cesser, s’intensifie.

L’IGN indique que plus de 80 séismes ont été enregistrés aujourd’hui 25 octobre entre minuit et 7h00, avec une magnitude maximale de M 3,5. Les épicentres restent concentrés dans le secteur de Fuencaliente et Villa de Mazo.

Selon les dernières données Copernicus, la surface couverte par la lave et le nombre d’édifices détruits ou endommagés restent stables.

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11 heures : Ce lundi vers 9h25 (heure locale) le cône principal du volcan partiellement effondré et a libéré une importante quantité de lave, comme on peut le voir sur la vidéo ci-dessous. La lave s’est dirigée vers le sud, à travers des zones encore épargnées, comme le quartier d’El Corazoncillo et le cimetière de Las Manchas, dans la municipalité de Los Llanos de Aridane.
Le Cabildo de La Palma a fermé l’accès aux zones évacuées via la route de Fuencaliente en raison du risque de glissements de terrain. En conséquences, les personnes évacuées ne peuvent plus récupérer leurs bien à Corazoncillo, Jedey et San Nicolás. De plus, l’opération d’irrigation et de coupe de fruits à El Remo, Charco Verde et Puerto Naos est interrompue. .
En revanche, les habitants récemment évacués des quartiers de Las Martelas, Cuesta Zapata, Marina Alta, Marina Baja et La Condesa pourront retirer des affaires personnelles. Pour accéder aux zones évacuées, les personnes doivent présenter leur pièce d’identité et un document prouvant que leur propriété se trouve dans cette zone, comme un contrat de location ou des factures.

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17 heures : L’Institut volcanologique des îles Canaries (Involcan) a signalé l’ouverture d’une nouvelle bouche sur le flanc du Cumbre Vieja. Il est montré par les images d’une vidéo enregistrée vers 15 heures (heure locale). Les images montrent un débordement impressionnant avec une coulée de lave relativement fluide qui se divise en plusieurs branches.

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20 heures : Selon les dernières données Copernicus obtenues dans l’après-midi du25 octobre 2021, la lave du Cumbre Vieja a recouvert 906,3 hectares, dont 5,1 au cours des dernières 24 heures quand les émissions de lave se sont intensifiées. Le nombre de bâtiments détruits est actuellement de 2 162, soit 16 de plus que le décompte précédent. 124 autres structures ont été endommagées.
Par ailleurs, 66,2 kilomètres de routes ont été détruits, et 3,4 autres kilomètres ont été partiellement endommagés.

Pour le moment, les coulées de lave émisses par les nouvelles bouches ne causent pas de dégâts car elles recouvrent essentiellement d’anciennes coulées qui avaient atteint la mer en formant un delta.

Sources: IGN, Pevolca.

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10:00 am : The eruption of Cumbre Vieja is entering its sixth week, with new lava flows and intensifying activity.
IGN indicates that more than 80 earthquakes were recorded today, October 25th, 2021 between midnight and 7:00 a.m., with a maximum magnitude of M 3.5. The epicenters remain concentrated in the area of Fuencaliente and Villa de Mazo.
According to the latest Copernicus data, the area covered by lava and the number of buildings destroyed or damaged remain stable.

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11:00 am :This Monday around 9.25 a.m. (local time) the main cone of the volcano partially collapsed and released a significant amount of lava, as can be seen in the video above. The lava moved south, through areas still not impacted, such as the neighborhood of El Corazoncillo and the cemetery of Las Manchas, in the municipality of Los Llanos de Aridane.
The Cabildo de La Palma has closed access to the evacuated areas via the road to Fuencaliente due to the risk of landslides. As a result, evacuees can no longer recover their property in Corazoncillo, Jedey and San Nicolás. In addition, the irrigation and fruit cutting operation in El Remo, Charco Verde and Puerto Naos is interrupted. .
However, residents recently evacuated from the neighborhoods of Las Martelas, Cuesta Zapata, Marina Alta, Marina Baja and La Condesa will be able to collect personal belongings. To access evacuated areas, people must present their ID and a document proving that their property is in that area, such as a rental agreement or invoices.

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5:00 p.m : The Volcanological Institute of the Canary Islands (Involcan) has reported the opening of a new vent on the flank of Cumbre Vieja. One can see it in a video recorded around 3 p.m. local time. The images show an impressive overflow with a relatively fluid lava flow that splits into several branches. See video above.

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8:00 p.m : According to the latest Copernicus data obtained on the afternoon of October 25th, 2021, lava from Cumbre Vieja covered 906.3 hectares, including 5.1 in the last 24 hours when lava emissions intensified. The number of destroyed structures is currently 2,162, 16 more than the previous count. 124 other structures were damaged.
In addition, 66.2 kilometers of roads were destroyed, and another 3.4 kilometers were partially damaged.
For the moment, the lava flows emitted by the new vents do not cause damage because they mainly cover ancient flows that had reached the sea forming a delta.
Sources: IGN, Pevolca.

L’activité éruptive le 25 octobre 2021 au matin (capture écran webcam)

Pas de risque de « méga-tsunami » à La Palma (Iles Canaries) // No « mega-tsunami » hazard at La Palma (Canary Islands)

Au début de l’éruption du volcan Cumbre Vieja sur l’île canarienne de La Palma, certains scientifiques – en particulier un chercheur anglais – ont affirmé que le volcan pourrait s’effondrer et générer un tsunami qui dévasterait la côte est de l’Amérique du Nord et du Sud. Un article publié dans la série « Volcano Watch » par l’Observatoire des volcans d’Hawaii (HVO) examine si une telle approche est concevable
Les éruptions sur l’île de La Palma ressemblent aux éruptions hawaïennes, et ces deux régions de la planète partagent le potentiel d’effondrement de leurs flancs, avec le risque de tsunami. Les archipels canarien et hawaiien sont susceptibles de connaître des glissements de terrain majeurs avec des intervalles de quelques centaines de milliers d’années, une découverte faite pour la première fois dans les années 1960 par Jim Moore, à l’époque responsable du HVO. Selon lui, une partie importante d’une île peut être détruite lors de l’effondrement d’un de ses flancs, avec le déplacement d’énormes quantités d’eau de mer, générant des vagues de tsunami pouvant atteindre localement plus de 100 mètres de hauteur. De cette constatation est née l’idée que l’effondrement d’un volcan – en particulier dans les îles Canaries – pourrait déclencher un «méga-tsunami» à l’échelle de l’océan.
En 2001, une étude a suggéré que l’effondrement de La Palma pourrait générer des vagues de tsunami pouvant atteindre 25 m de haut le long des côtes est de l’Amérique du Nord et du Sud. Ce scénario a fait la une des médias.
La question est de savoir si des effondrements pouvaient réellement générer ces « méga-tsunami » loin de leurs sources. Les dernières recherches jettent le doute sur cette hypothèse.
Le scénario du «méga-tsunami» aux îles Canaries suppose l’effondrement d’un bloc unique, cohérent et massif qui a atteindrait une vitesse élevée très rapidement. Le problème, c’est que la cartographie des fonds océaniques autour des îles Canaries montre que les effondrements se produisent plutôt de manière progressive. De plus, les géomorphologues ont découvert, via l’analyse de la stabilité des pentes, que le volume d’effondrement potentiel est beaucoup plus réduit que ce qui a été envisagé par l’étude de 2001.
La modélisation des tsunamis a également considérablement progressé depuis 2001. Des études sur les vagues induites par les glissements de terrain montrent qu’elles se déplacent à des vitesses différentes et interagissent davantage sur de longues distances, ce qui conduit à une hauteur de vague moindre loin de la source. Une meilleure connaissance de la bathymétrie océanique, de la topographie insulaire et côtière, ainsi que du transfert d’énergie entre le glissement des blocs d’effondrement et l’eau de mer ont également contribué à une modélisation plus précise.
Ces nouvelles simulations montrent que la hauteur maximale des vagues le long de la côte Est des Amériques à partir d’un effondrement de très grande ampleur à La Palma serait de l’ordre de 1 à 2 mètres. Une telle vague serait certes dangereuse, mais pas plus que celles provoquées par les tempêtes que nous connaissons.
Un manque de preuves géologiques remet également en question l’hypothèse du « méga-tsunami ». En effet, les tsunamis laissent des dépôts de sédiments caractéristiques sur les côtes qu’ils impactent. Or aucun dépôt de ce type n’a été identifié sur les côtes est de l’Amérique du Nord et du Sud.
De plus, les effondrements de volcans des îles Canaries sont rares; ils se produisent sur des échelles de temps de centaines de milliers d’années, et seraient précédés de signes d’instabilité des flancs tels que la hausse de la sismicité et la déformation de la surface du sol. Les volcans des îles Canaries entrent régulièrement en éruption – les dernières ont eu lieu en 1971 et 1949 – et les analyses de stabilité des pentes menées à La Palma indiquent que leur structure est stable. Le volcan devrait donc croître de manière significative avant qu’un effondrement se produise. Il ne semble pas que l’éruption actuelle soit suffisante pour provoquer un tel événement.
Il ne faudrait toutefois pas oublier que les tsunamis d’origine volcanique existent et représentent une menace réelle. Par exemple, l’éruption de 1883 du Krakatau a provoqué un tsunami qui a tué des dizaines de milliers de personnes sur les côtes voisines. En 2018, une éruption de moindre ampleur et l’effondrement de l’Anak Krakatau ont également entraîné un tsunami qui a fait des centaines de morts.
Des tsunamis locaux peuvent également être générés par d’autres processus volcaniques. Sur l’île d’Hawaii, l’effondrement du delta qui se forme quand la lave entre dans l’océan peut provoquer de petits tsunamis qui ont un impact sur les zones adjacentes au delta. Par ailleurs, le glissement le long de la faille sous-jacente au flanc sud du Kilauea a déclenché des séismes de magnitude M7-8, ainsi qu’un tsunami local en 1868 et 1975, avec plusieurs victimes.
Source : USGS, HVO.

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At the start of the Cumbre Vieja eruption on the Canary island of La Palma, there was speculation among some scientists – especially an Englidh researcher – that the volcano might collapse, creating a tsunami that would devastate the east coast of North and South America. An article published in the « Volcano Watch » series by the Hawaiian Volcano Observatory » (HVO) examines whether such a scenario is possible or likely.

The eruption style in La Palma is similar to Hawaiian eruptions, and both locations share the potential for flank collapse and tsunami. Both islands tend to experience catastrophic landslides every few hundred thousand years, a discovery first made by HVO Scientist-in-Charge Jim Moore in the early 1960s. A significant portion of an island is removed during collapse and has the potential to displace tremendous amounts of seawater, generating local tsunami waves that are thought to be over 100 meters high. From this understanding grew a notion that collapsing volcanoes — particularly in the Canary Islands — could generate ocean-wide “mega-tsunami.”

In 2001, a research suggested that collapse of La Palma could result in tsunami waves up to 25 m high along the east coasts of North and South America. This scenario made headlines in the media.

But can collapses actually generate these “mega-tsunami” far from their sources? Subsequent research casts doubt on this idea.

The Canary Islands “mega-tsunami” scenario assumed a single, coherent, massive collapse block that reached a high velocity very quickly. Ocean floor mapping surrounding the Canary Islands, however, indicates that collapses instead occur in incremental fashion. In addition, geomorphologists found, via slope stability analysis, that the potential collapse volume is much smaller than was simulated by the 2001 paper.

Tsunami modeling has also advanced considerably since 2001. Studies of landslide-induced waves show that they travel at different speeds and interact more across long distances, leading to smaller wave height far from their sources. Better knowledge of ocean bathymetry, island and coastal topography, and the transfer of energy between slide blocks and water also contributed to more accurate modeling.

These new simulations suggest that the maximum wave height along the east coast of the Americas from a “worst-case scenario” collapse of La Palma would be on the order of 1-2 meters, still hazardous, but similar to common storm surge.

A lack of geologic evidence also calls the “mega-tsunami” hypothesis into question. Tsunamis leave characteristic sediment deposits on the coastlines they impact. But no such deposit has ever been identified on the east coasts of North and South America.

Collapses of Canary Island volcanoes are rare, occurring on timescales of hundreds of thousands of years, and should be preceded by signs of flank instability: increases in earthquakes and ground surface deformation. Canary Island volcanoes also erupt regularly – La Palma last erupted in 1971 and 1949 – and slope stability analyses conducted at La Palma indicate that the structure is stable. The volcano would have to grow significantly before a collapse was likely. The current eruption is unlikely to trigger such an event.

However, one should not forget that tsunamis that are generated by volcanoes are a real process and a significant threat. For example, the 1883 explosive eruption of Krakatau caused a local tsunami that killed tens of thousands on nearby coastlines. In 2018, a smaller eruption and collapse of Anak Krakatau also resulted in a local tsunami that killed hundreds.

Local tsunamis can also be generated by other volcanic processes. On the Island of Hawai‘i, lava delta collapse at lava-ocean entries can cause small tsunamis that impact areas adjacent to the delta. Slip on the fault underlying Kilauea’s south flank, associated with M7–8 earthquakes, caused local tsunami in 1868 and 1975 that took lives.

Source: USGS, HVO.

 

Sommet du Cumbre Vieja avec la caldeira de Taburiente dans le lointain. On aperçoit les anciennes bouches éruptives qui s’alignent le long d’une fracture. Peut-elle provoquer un glissement de terrain et un tsunami? C’est la question que se posent certains scientifiques (Crédit photo: Wikipedia).