L’Épisode 56 de l’éruption du Kilauea (Hawaï)

L’Épisode 56 de l’éruption du Kilauea a pris fin vers 18 heures (heure locale) le 5 novembre 2026, après une séquence de fontaines de lave qui a duré 6 heures. Cet épisode éruptif a permis au volcan d’évacuer une partie du magma qui s’était accumulé et s’agitait dans la chambre superficielle. Les remous d’incandescence au-dessus des bouches éruptives étaient impressionnants.

Au cours de l’épisode, avec des fontaines atteignant 200 mètres de hauteur, le Kilauea a émis quelque 6 millions de mètres cubes de lave. Le débit effusif moyen est estimé à 200 mètres cubes par seconde, avec un pic de 530 mètres cubes par seconde au plus fort de l’activité.

Image webcam de l’éruption

Le panache éruptif a atteint une altitude de 5500 mètres. Poussés par les alizés, le nuage de gaz s’est dirigé vers le sud-ouest et le nord-ouest.

Une déflation significative de la zone sommitale (17 microradians) a été observée pendant l’épisode. Une fois terminé, le HVO a observé un retour de l’inflation. Cela signifie qu’un 57ème épisode est probable dans les prochains jours ou les prochaines semaines. Le Kilauea n’en finit pas d’impressionner.

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Episode 56 of the Kīlauea eruption ended around 6:00 p.m. (local time) on November 5, 2026, following a sequence of lava fountains that lasted 6 hours. This eruptive episode allowed the volcano to discharge some of the magma that had accumulated and was churning within the shallow magma chamber. The incandescent turbulence above the eruptive vents was a spectacular sight.
During the episode, with fountains reaching heights of 200 meters, Kīlauea emitted approximately 6 million cubic meters of lava. The average effusion rate is estimated at 200 cubic meters per second, peaking at 530 cubic meters per second at the height of the activity.
The eruption plume reached an altitude of 5,500 meters. Carried by the trade winds, the gas cloud drifted toward the southwest and northwest.
Significant deflation of the summit area (17 microradians) was observed during the episode. Once it concluded, the HVO noted a return to inflation. This suggests that a 57th episode is likely in the coming days or weeks. Kīlauea never ceases to impress.

Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici les dernières informations sur l’activité volcanique dans le monde, fournies par les observatoires et par le Global Volcanism Network de la Smithsonian Institution.

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En Islande, le magma continue de s’accumuler sous Svartsengi, sur la péninsule de Reykjanes ; son volume est supérieur de près de 40 % à celui observé avant les dernières éruptions. Selon l’Institut météorologique islandais (IMO), une éruption de grande ampleur est envisageable en raison de la plus grande quantité de magma disponible, mais il n’est pas certain que la totalité du magma accumulé atteigne la surface. On ne peut donc pas vraiment parler de prévision éruptive.
La surveillance de Grindavík est renforcée, alors que certains habitants retrouvent leur domicile et les enfants leur école. Près de 30 enfants fréquentent l’école primaire de Grindavík. La Protection Civile poursuit les tests des sirènes d’alerte et garde sous le coude les plans d’évacuation en cas d’évolution rapide de la situation..
Source : IMO.

 Mesure InSAR de la déformation du sol à Svartsengi du 11 août au 16 octobre 2026. À gauche on peut voir l’interférogramme ; à droite, ces mesures sont converties en déplacements du sol le long de la ligne de visée – line of sight (LOS) – du satellite.

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L’activité préliminaire annonciatrice d’un Épisode 56 de l’éruption du Kilauea (Hawaï), a débuté dans la matinée du 2 novembre 2026, avec plusieurs débordements de lave depuis la bouche éruptive nord.

 L’absence de projections ou de fontaines de lave en dôme indiquait que le magma est bien dégazé. Les débordements ont continué pendant toute le nuit du 2 au 3 novembre et les journées du 3 et 4 novembre, avec quelques fontaines de lave en dôme et plusieurs séquences de spattering à l’intérieur de la bouche nord où la lave faisait du yoyo. Les débordements étaient très rapprochés dans le temps. Chacun durait 15 à 20 minutes et on observait 2 ou 3 débordements par heure.

Plusieurs débordements particulièrement spectaculaires ont été observés dans la matinée du 5 novembre.

Puis des fontaines de lave sont apparues vers 12h10 (heure locale), pas très hautes (une trentaine de mètres), mais très fournies au début. Elles ont ensuite retrouvées la taille (environ 200 mètres de hauteur) que nous leur avons connue au cours des épisodes précédents. .

De nuit l’incandescence visible dans les bouches nord et sud montre qu’une impressionnante quantité de magma s’agite sous la zone sommitale du Kilauea.

Images webcam de l’éruption

 Dès le déclenchement de cette activité, le HVO a relevé le niveau d’alerte du Kilauea de Advisory (surveillance conseillée) à Watch (Vigilance), et a fait passer la couleur de l’alerte aérienne de Jaune à Orange.

Le 4 novembre 2026, lors d’un vol de cartographie au-dessus du sommet du Kīlauea, des scientifiques du HVO ont observé les petits lacs de lave qui s’agitent dans les deux bouches éruptives. La lac de lave située dans la bouche nord mesure environ 30 mètres de diamètre. Celui de la bouche sud-ouest, de forme allongée, mesure environ 40 mètres de long sur 20 mètres de large ; sa surface se trouve à une vingtaine de mètres de profondeur à l’intérieur de la bouche.

Vue d’hélicoptère des bouchzq &ruptives (Photo: HVO)

L’Épisode 58 a pris fin vers 18 heures (heure locale) le 5 novembre, après une séquence de fontaines de lave qui a dyré 6 heures. Le HVO donnera plus d’informations sur cet événement dans les prochaines heures. Dès à présent, on peut dire que 6 millions de mètres cubes de lave ont été émis pendant l’Épisode 56. Le débit effusif moyen est estimé à 200 mètres cubes par seconde, avec un pic de 530 mètres cubes par seconde au plus fort de l’activité.

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Une activité éruptive intense a été observée sur le Mayon (Philippines) ces derniers jours. Les émissions de SO2 ont atteint une moyenne de 1 413 à 3 360 tonnes par jour. Le réseau sismique a enregistré respectivement 35 et 101 séismes volcaniques les 28 et 29 octobre 2026, avec des épisodes de trémor volcanique. Une éruption modérément explosive, survenue le 30 octobre, a généré un panache de cendres dense qui s’est rapidement élevé à 3 km au-dessus du sommet. Le niveau d’alerte a été relevé à 3 (sur une échelle de 0 à 5) et la population a été appelée à se tenir à l’écart de la « zone de danger permanent » (PDZ), définie par un rayon de 6 km autour du volcan. Des retombées de cendres ont été signalées dans plusieurs localités. Selon la Croix-Rouge philippine et les autorités de la Protection civile, 205 familles ont été évacuées depuis plusieurs villages situés au sein de cette zone. D’autres séismes et panaches de cendres ont été observés les jours suivants. Une activité strombolienne de faible intensité a été constatée le 2 novembre, produisant des panaches de cendres qui se sont élevés à 1,6 km au-dessus du sommet.
Source : PHIVOLCS.

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Une activité effusive et explosive se poursuit au niveau des dômes de lave situés sur le plancher du cratère nord du Jeune Sheveluch (Kamtchatka). Une anomalie thermique est détectée sur les images satellites la plupart du temps. Les panaches de cendres issus des explosions s’élèvent généralement entre 5,5 et 6,9 km au-dessus du niveau de la mer. Les explosions survenues le 4 novembre 2026 ont généré des panaches de cendres atteignant jusqu’à 9,1 km d’altitude. La couleur de l’alerte aérienne a été relevée au Rouge, avant d’être ramené à l’Orange.
Source : KVERT.

Crédit photo: KVERT

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Beaucoup de personnes – qu’il s’agisse de particuliers ou d’agences de voyage – ont tendance à croire qu’en Indonésie, les mesures de sécurité sont moins strictement appliquées et les contrôles moins rigoureux, ce qui faciliterait l’approche des volcans en activité.
C’est peut-être vrai, mais le Centre indonésien de prévention des risques (PVMBG) exhorte aujourd’hui les touristes et les organisateurs de voyages à respecter les consignes de sécurité autour des volcans actifs, avertissant que pénétrer dans des zones interdites peut s’avérer mortel en cas d’éruption.
Les recommandations du PVMBG définissent les distances jugées sûres pour les habitants et les visiteurs, en se fondant sur des évaluations des aléas volcaniques et des cartes des risques. J’indique régulièrement sur ce blog ces distances dans mes bulletins hebdomadaires sur l’activité volcanique à travers le monde. Le PVMBG insiste sur le fait que les touristes et les populations locales ne doivent pas franchir ces limites, sous peine de s’exposer directement aux dangers volcaniques.
L’Indonésie utilise quatre niveaux d’alerte volcanique : niveau I (Normal), niveau II (Waspada/Vigilance), niveau III (Siaga/Alerte) et niveau IV (Awas/Danger immédiat). À noter qu’une hausse de l’activité n’entraîne pas systématiquement un relèvement du niveau d’alerte.
Le PVMBG rappelle qu’au moins deux incidents mortels impliquant des touristes ou des randonneurs ont eu lieu près de volcans actifs.
Le 8 mai 2026, une éruption du Dukono a coûté la vie à trois randonneurs, dont deux ressortissants singapouriens et un Indonésien. Ces personnes se trouvaient dans une zone interdite, alors même que le PVMBG recommandait aux visiteurs de rester à au moins quatre kilomètres du cratère.

Cratère du Dukono

Le 3 décembre 2023, une éruption du Marapi a causé la mort de 23 randonneurs. Le PVMBG avait pourtant conseillé au public et aux visiteurs de se tenir à au moins trois kilomètres du cratère.
Source : Antara News.

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L’activité reste globalement stable sur les autres volcans mentionnés dans les bulletins précédents « Volcans du monde ».
Ces informations ne sont pas exhaustives. Vous pourrez en obtenir d’autres en lisant le rapport hebdomadaire de la Smithsonian Institution :
https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Here is the latest news about eruptive activity around the world, provided by observatories and the Smithsonian Institution’s Global Volcanism Network.

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In Iceland, magma continues to accumulate beneath Svartsengi on the Reykjanes Peninsula, with the volume now estimated to be up to 40% greater than before the most recent eruptions. The Met Office says that a larger eruption is possible because more magma is available, but it is not certain that all accumulated magma will reach the surface.

Monitoring around Grindavík is receiving greater emphasis as residents and schoolchildren return to the town. Nearly 30 children are attending primary school in Grindavík, while authorities continue to test warning sirens and maintain evacuation plans, just in case the situation should change rapidly.

Source : IMO.

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Activity heralding Episode 56 of the Kilauea eruption (Hawaii) began in the morning of November 2, 2026,with several lava overflows from the north vent. There was no spattering or dome fountaining, indicating the magma was highly degassed. Overflows continued all through the night November 2 – 3 and on November 3, with occasional dome fountains and sequences of spattering within the north vent. Each overflow lasted about 15-20 minutes and there were usually 2-3 overflows per hour. Several spectacular overflows were observed in the morning of November 5.

Then, around 12:10 PM (local time), lava fountains appeared—not very high (about thirty meters), but quite voluminous at first. They subsequently returned to the size (about 200 meters)we had observed during previous episodes.

At night, the incandescence in the north and south vents coonfirms that an impressive quantity of magma is churning beneath Kilauea’s summit area.

The HVO raised the Alert Level from ADVISORY to WATCH and the Aviation Color Code from YELLOW to ORANGE.

Scientists on a mapping overflight at the summit of Kīlauea on November 4, 2026, observed roiling lava ponds in both of the eruptive vents.

https://www.instagram.com/reels/DfVx_zXvSgq/

The north vent’s lava pond was about 30 meters across. The southwest vent’s elongate lava pond was about 40 meters long by 20 meters wide and the surface was about 20 meters down within the vent.

Episode 56 ended at about 6:00 pm on Vovember 5. The HVO will provide more information about this event in the coming hours. As of now, it can be stated that 6 million cubic meters of lava were erupted during Episode 56. The average effusive rate is estimated at 200 cubic meters per second, with a peak of 530 cubic meters per second at the height of the activity.

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Intense eruptive activity was observed at Mayon (Philippines) during the past days. SO2 emissions averaged 1,413-3,360 tonnes per day. The seismic network recorded 35 and 101 daily volcanic earthquakes on 28 and 29 October 2026, respectively, including daily periods of volcanic tremor. A moderately explosive eruption on 30 October generated a dense ash plume that rapidly rose 3 km above the summit. The Alert Level was raised to 3 (on a 0-5 scale) and the public was reminded to stay away from the 6-km-radius Permanent Danger Zone (PDZ). Ashfall was reported in several municipalities. According to the Philippine Red Cross and Civil Defense authorities, 205 families were evacuated from several villages within the PDZ. More earthquakes and ash plumes were observed the following days. Minor Strombolian activity was visible on 2 November., generating ash plumes that rose 1.6 km above the summit.

Source : PHIVOLCS.

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Effusive and explosive activity continues at the lava domes along the N crater floor of Young Sheveluch (Kamtchatka). A thermal anomaly ls identified in satellite images on most days. Ash plumes from explosions usually rise 5.5 – 6.9 km above sea level. Explosions on 4 November 2026 generated ash plumes that rose as high as 9.1 km a.s.l. The Aviation Color Code was raised to Red and later lowered back to Orange.

Source : KVERT.

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Many people – whether individuals or travel agencies – tend to believe that safety mrasures are less enforced and controls are less severe in Indonesia, so that it is easier to approach active volcanoes.

It may be true but today Indonesia’s Center for Volcanology and Geological Hazard Mitigation (PVMBG) urge tourists and tour operators to obey safety restrictions around active volcanoes, warning that entering prohibited areas could prove fatal during eruptions.
PVMBG advisories define the distances considered safe for residents and visitors, based on volcanic hazard assessments and risk maps. I regularly indicate these distances in the weekly bulletins about volcanic activity around the world. PVMBG insists that tourists and local residents must not cross those boundaries because doing so could expose them directly to volcanic hazards.
Indonesia uses four volcano alert levels: Level I, Normal; Level II, Waspada; Level III, Siaga; and Level IV, Awas. Activity increases do not automatically trigger higher alerts.
PVMBG reminds us that there were at least two fatal incidents involving tourists or hikers near active volcanoes.
An eruption of Mount Dukono on May 8, 2026, killed three hikers, including two Singaporeans and one Indonesian. The hikers were inside a restricted area despite PVMBG’s recommendation that visitors stay at least four kilometers from the crater.
An eruption of Mount Marapi on December 3, 2023, killed 23 hikers. PVMBG had advised the public and visitors to stay at least three kilometers from the crater.

Source : PVMBG, Antara News.

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Activity remains globally stable on other volcanoes mentioned in the previous bulletins « Volcanoes of the world ».

This information is not exhaustive. You can find more by reading the Smithsonian Institution’s weekly report:

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Nouveau type de glissement de terrain lié au dégel du permafrost // New type of landslide linked to permafrost thaw

Concentrations de CO2 : 428,91 ppm (4 novembre 2026).   

Concentrations de CH4 : 1934,57 ppb (juin 2026)

Selon des chercheurs canadiens de l’Université de l’Alberta, dans une étude publiée en septembre 2026 dans la revue Geophysical Research Letters, un nouveau type de glissement de terrain touche les latitudes nordiques ; c’est un phénomène qui pourrait s’étendre à d’autres régions de l’Arctique à mesure que la planète continue de se réchauffer.
Ces glissements de terrain, qualifiés de « glissements par détachement du pergélisol » (permafrost detachment slides), surviennent dans des régions où le pergélisol est relativement mince et pourraient être une conséquence à long terme des feux de forêt dans ces environnements.
Alors qu’ils effectuaient des observations sur le terrain dans les Territoires du Nord-Ouest, au Canada, les auteurs de l’étude ont remarqué d’importantes cicatrices laissées par des glissements de terrain dans des vallées qui abritaient jusqu’alors un pergélisol stable, autrement dit des sédiments qui demeurent gelés toute l’année. En utilisant l’imagerie satellitaire pour cartographier ces changements et en menant des travaux sur le terrain, ils ont découvert que ces glissements ne correspondaient pas au processus classique de dégel du pergélisol. Habituellement, le pergélisol dégèle et se transforme en une sorte de boue qui glisse vers le bas des versants ; or, dans le cas de ces glissements de terrain, les chercheurs ont identifié, au sein des débris, des blocs de matériau gelé pouvant atteindre jusqu’à 10 mètres de hauteur.
Ils ont fait circuler un courant électrique dans le sol pour déterminer la profondeur du pergélisol sur les versants, en se concentrant sur deux glissements en particulier. L’un d’eux, survenu en 2017 dans la vallée de la Johnson River, a déplacé plus de 18 millions de mètres cubes de terre et de roche. L’autre, dans la vallée de la Redstone River, a entraîné le déplacement de près de 4,5 millions de mètres cubes de débris en 2018. Le plus petit glissement a laissé une cicatrice de 1,2 kilomètre de long, tandis que le plus important a creusé une entaille de près de 3,2 kilomètres sur le flanc de la colline.

Vue de la Redstone River après un glissement de terrain généré par le dégel du permafrost ( Crédit photo : Duane Froese)

Les chercheurs ont ensuite exploité les données recueillies pour élaborer un modèle expliquant la survenue de ces glissements riches en glace. Dans cette zone, le pergélisol se réchauffe d’environ 0,3 degré Celsius par décennie depuis 1980 – date à laquelle le suivi a débuté – et la région a également été marquée par d’importants feux de forêt en 1995.
Les chercheurs ont conclu que, plutôt que de résulter d’un processus de dégel progressif partant de la surface, ces glissements ont été provoqués par une combinaison du dégel induit par les incendies et de la hausse des températures, ce qui a entraîné l’apparition de fissures près du sommet des versants. Ces fissures ont permis au dégel de pénétrer plus profondément, finissant par faire fondre la base de la couche de pergélisol. Ce processus peut mettre 20 ans à se propager sur une profondeur de 20 mètres, et c’est précisément ce qui s’est produit dans les vallées des rivières Johnson et Redstone. Un incendie de forêt y a eu lieu en 1995, et les effets sur le sol sont apparues 20 ans plus tard.
Les deux glissements de terrain étudiés par les chercheurs font partie d’un ensemble de plus de 150 phénomènes similaires dans la région. Les Territoires du Nord-Ouest, au Canada, étant des zones isolées, ces glissements de terrain liés au détachement du pergélisol n’ont, pour l’heure, endommagé aucune infrastructure. Toutefois, les deux événements étudiés ont obstrué des cours d’eau, donnant naissance à de nouveaux lacs, et ont déversé des sédiments dans les cours d’eau en aval.
Il existe, au Canada et en Alaska, de nombreux autres sites où le pergélisol atteint une profondeur de 20 à 40 mètres, le rendant ainsi vulnérable à ce type de glissement de terrain. Ce risque est d’autant plus préoccupant que les incendies de forêt gagnent en intensité dans les latitudes septentrionales.
Source : Yahoo News – Live Science.

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Dans une note publiée le 10 février 2025, j’ai attiré l’attention sur d’autres phénomènes provoqués par le dégel du pergélisol dans le contexte du réchauffement climatique.

Au fil des décennies, voire des siècles, la neige en train de fondre s’infiltre dans les fissures du sol en formant des coins de glace.

Photo: C. Grandpey

Ces coins forment des creux dans le sol qui les surmonte. En effet, lorsqu’ils fondent, le sol au-dessus s’effondre. Le dégel des coins de glace a augmenté en raison du réchauffement climatique.

Comme indiqué dans le document ci-dessus, dans de nombreuses régions arctiques, le dégel du pergélisol a également été accéléré par les incendies de forêt. Ces feux ont accéléré le dégel et l’effondrement vertical du sol gelé jusqu’à 80 ans après l’incendie. Étant donné que le réchauffement climatique et les perturbations causées par les incendies de forêt devraient augmenter à l’avenir, ils ne feront qu’accélérer le rythme de changement dans les paysages nordiques. [NDLR : À ces incendies de forêts,il faudrait ajouter les feux zombies qui continuent à se consumer insidieusement dans le sous-sol, même pendant la période hivernale.]

 Incendie zombie dans l’Arctique (Presse canadienne)

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According to Canadian researchers from the University of Alberta and their study published in September 2026 in the journal Geophysical Research Letters, a new type of landslide is affecting northern latitudes, and it could affect more areas as the planet continues to warm.

These landslides, called permafrost detachment slides, occur in areas with relatively thin permafrost and seem to be a long-term impact of wildfire in these environments.

The authors of the study were doing field observations in Canada’s Northwest Territories when they noticed large landslide scars in valleys that have long hosted stable permafrost, which is sediment that remains frozen year-round. They began using satellite imagery to map the changes and also conducted fieldwork, which revealed that the slides weren’t standard melting permafrost. Typically with permafrost, the soil thaws and melts in a slurry and moves like a mud downslope, but with these large landslides, the researchers found blocks of frozen material, sometimes as high as 10 meters, in the debris.

They ran an electrical current through the ground to determine the depth of the permafrost on the slopes and focused on two slides. One, in the Johnson River Valley, took place in 2017 and moved more than 18 million cubic meters of soil and rock. The other, in the Redstone River Valley, moved almost 4.5 million cubic meters of debris in 2018. The smaller slide left a scar 1.2 kilometers long, while the larger one gouged nearly 3.2 km out of the hillside.

The researchers then used the data they’d collected to build a model of how these icy slides occurred. The permafrost in this area has been warming by about 0.3 degrees Celsius per decade since 1980, when monitoring began, and there were also severe wildfires nearby in 1995.

The researchers found that instead of a top-down melting process by which the permafrost thawed, the slides were instead caused by a combination of fire-related thaw and warming temperatures, leading to cracks near the top of the slopes. These cracks allowed the thaw to penetrate deeper, eventually melting the bottom of the permafrost layer. This propagation can take 20 years to penetrate 20 meters, which is exactly what happened in the Johnson River and Redstone River valleys. A wildfire occurred in 1995 and the soil disturbances appeared 20 years later .

The two large slides the researchers studied are among more than 150 in the area. Canada’s Northwest Territories are remote, so the permafrost detachment slides have yet to damage any infrastructure. But the two in the study did dam rivers, creating brand-new lakes and rapidly dumping sediment into the waterways downstream.

There are many other places in Canada and Alaska where the permafrost is 20 to 40 meters deep and thus vulnerable to the same type of slide. This is especially true given the increasing intensity of wildfire at northern latitudes.

Source : Yahoo News – Live Science.

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In a post published on 10 February 2025, I drew attention to other phenomena caused by the thawing of permafrose with global warming.

Over decades to centuries, melting snow seeps into cracks in the soil, building up wedges of ice. These wedges cause troughs in the ground above them, creating the edges of polygons. As ice wedges melt, the ground above collapses. Overall rates of ice wedge thawing have increased in response to climate warming.

Across many Arctic regions, the thawing of permafrost has also been hastened by wildfire. Wildfires in Arctic permafrost regions increased the rate of thaw and vertical collapse of the frozen terrain for up to eight decades after fire. Because both climate warming and wildfire disturbance are projected to increase in the future, they may increase the rate of change in northern landscapes.

Cold temperatures and short growing seasons have long limited the decomposition of dead plants and organic matter in northern ecosystems. Because of this, nearly 50% of global soil organic carbon is stored in these frozen soils. [Editor’s note] In addition to these forest fires, we should add zombie fires which continue to burn insidiously underground, even during the winter period.

Réchauffement climatique : l’ONU prêche dans le désert // Global warming : the UN is a voice crying in the wilderness

Concentrations de CO2 : 427,91 ppm (2 novembre 2026).   [424 ppm en novembre 2025]  

Concentrations de CH4 : 1934,57 ppb (juin 2026).   [1929.17 ppb en juin 2025} 

À quelques jours de la COP31 en Turquie – elle débute le 9 novembre 2026, mais servira-t-elle à quelque chose ? – un nouveau rapport de l’ONU nous alerte sur les conséquences du réchauffement climatique et insiste sur la nécessité de prendre des mesures d’urgence pour ralentir le phénomène. Le message de l’ONU sera-t-il entendu par nos politiques ? J’en doute fort. Aux États Unis, Donald Trump n’est pas près d’infléchir sa politique environnementale, quels que soient les résultats des élections de mi-mandat. En France, nos politiques sont bien trop préoccupés par leurs intérêts personnels à quelques mois de l’élection présidentielle pour se préoccuper du climat de la planète. Le résultat de ces comportements inconscients, pour ne pas dire imbéciles, c’est que les concentrations de dioxyde de carbone, de méthane et de protoxyde d’azote continuent d’augmenter (voir ci-dessus), et avec elles les températures de surface de la Terre et des océans. Le rapport de l’ONU prévient que nous sommes en train de basculer dans un monde où la fonte des glaces à travers le globe aura des répercussions de plus en plus marquées, des impacts à « large échelle et souvent irréversibles. »

Comme je l’ai expliqué à maintes reprises, l’Antarctique, le Groenland, les banquises, mais aussi les glaciers de montagne sont menacés gravement par le réchauffement climatique. Nous approchons globalement du seuil de 1,5°C de réchauffement qui sera dépassé dans les toutes prochaines années, et qui l’a déjà été dans certaines régions du monde.

La Mer de Glace (image webcam) et le glacier des Bossons sont deux exemples du désastre glaciaire dans les Alpes. 

Parmi les conséquences de la disparition des glaciers et du recul des banquises, le rapport, à l’image de mon blog, s’attarde sur la montée du niveau des mers, la déstabilisation des courants océaniques, le risque accru de ruptures de glaciers comme au Népal fin août, sans oublier l’alimentation en eau douce qui sera inévitablement perturbée pour des milliards de personnes.

La solution est connue : il faut réduire les émissions, et donc les concentrations, de gaz à effet de serre en diminuant massivement, entre autres, nos rejets de CO2. Mais c’est plus vite dit que fait, et ce n’est pas du tout le chemin qu’a pris l’humanité. Selon les dernières estimations de l’ONU, le monde est actuellement sur une trajectoire de réchauffement de 2,6°C à la fin du siècle. De toute façon, à supposer que des mesures soient prises pour réduire drastiquement les émissions nocives – douce illusion pour le moment – il faudra des décennies avant que l’atmosphère terrestre retrouve un semblant d’équilibre.

Bon courage aux prochaines générations !

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Outre les gaz à effet de serre, il y a le problème des microplastiques, minuscules particules de plastique qui se déposent sur la neige et la glace de nos montagnes, et jusque sur les calottes glaciaires. De nombreuses particules de plastique viennent d’être détectées dans la Sierra Nevada, en Californie. Elles constituent une source de préoccupation, car la fonte des neiges représente une ressource majeure en eau douce pour cet État.
Dans des zones reculées de la Sierra Nevada, des chercheurs ont constaté que les chutes de neige déposaient jusqu’à 3 200 particules de plastique par mètre carré et par jour. Les types de plastique les plus fréquemment retrouvés dans la neige sont le polyéthylène et le polypropylène – utilisés dans les emballages – ainsi que le polyester, présent dans les vêtements. L’étude, publiée dans la revue Environmental Science & Technology, n’a pas calculé la quantité de plastique qui finit dans l’eau potable ; toutefois, il ne faudrait pas oublier qu’environ un tiers de l’eau douce de Californie provient du manteau neigeux de la Sierra Nevada.
Des études ont montré que les microplastiques en suspension dans l’air pourraient avoir une incidence sur le climat. Capables de parcourir des milliers de kilomètres dans l’atmosphère, ces particules peuvent servir de noyaux de condensation pour les nuages et sont susceptibles d’influencer potentiellement les températures et les précipitations. Par ailleurs, les fragments de plastique de couleur sombre présents dans l’air absorbent la chaleur et contribuent à un effet de réchauffement. Certains chercheurs estiment que les modèles climatiques devraient être mis à jour pour prendre en compte les effets du plastique.

Source : Yahoo Actualités.

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With COP31 in Turkey just days away – it begins on November 9, 2026, but will it actually achieve anything? – a new UN report warns of the consequences of global warming and stresses the need for urgent action to slow the phenomenon. Will our politicians heed the UN’s message? I highly doubt it. In the United States, Donald Trump shows no sign of shifting his environmental policy, regardless of the midterm election results. In France, with the presidential election only months away, our politicians are far too preoccupied with their own personal interests to care about the planet’s climate. The result of such reckless, if not outright foolish, behavior is that concentrations of carbon dioxide, methane, and nitrous oxide continue to rise (see above), as do surface temperatures on land and in the oceans. The UN report warns that we are tipping into a world where the melting of ice across the globe will have increasingly pronounced repercussions, impacts that are « large-scale and often irreversible. »
As I have explained many times, Antarctica, Greenland, sea ice, and mountain glaciers are all under grave threat from global warming. Globally, we are approaching the 1.5°C warming threshold, a limit that will be surpassed in the very near future, and which has, in fact, already been exceeded in certain parts of the world. Among the consequences of the disappearance of glaciers and the retreat of sea ice, the report – much like my own blog – highlights rising sea levels, the destabilization of ocean currents, and the increased risk of glacial collapses (such as the one that occurred in Nepal at the end of August). It also points to the inevitable disruption of freshwater supplies for billions of people.
The solution is well known: we must reduce greenhouse gas emissions and, consequently, their atmospheric concentrations, by massively cutting back on CO2 emissions, among other things. But this is easier said than done, and it is certainly not the path humanity is currently following. According to the latest UN estimates, the world is on a trajectory toward 2.6°C of warming by the end of the century. In any case, even if measures were taken to drastically reduce harmful emissions – a pleasant fantasy for the time being – it would take decades for the Earth’s atmosphere to regain any semblance of balance.
Good luck to the generations to come!

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Beyond greenhouse gases, there is the issue of microplastics, tiny plastic particles that settle on the snow and ice of our mountains, and even on polar ice sheets. A large number of such plastic particles have recently been detected in California’s Sierra Nevada. This is a cause for concern, as snowmelt serves as a major source of freshwater for the state.
In remote areas of the Sierra Nevada, researchers found that snowfall deposited as many as 3,200 plastic particles per square meter, per day. The types of plastic most frequently discovered in the snow include polyethylene and polypropylene used in packaging, as well as polyester, which is found in clothing. The study, published in the journal Environmental Science & Technology, did not calculate the amount of plastic that ends up in drinking water; however, it is worth noting that approximately one-third of California’s fresh water comes from the Sierra Nevada snowpack.
Research has shown that airborne microplastics could have an impact on the climate. Capable of traveling thousands of kilometers through the atmosphere, these particles can act as cloud condensation nuclei and potentially influence temperatures and precipitation. Furthermore, dark-colored plastic fragments in the air absorb heat, contributing to a warming effect. Some researchers suggest that climate models should be updated to account for the effects of plastic.
Source: Yahoo News.