Chasing eruptions : Katia & Maurice Krafft

Curtis Manley est un scientifique et auteur américain qui, d’après sa biographie, « écrit pour les jeunes de tous âges et s’efforce de créer des livres divertissants, riches en informations sur le monde qui nous entoure et en vérités sur notre monde intérieur. »

https://curtismanley.com/

Son dernier livre, paru en juin 2026, s’intitule « Chasing Eruptions » et est dédié à Katia et Maurice Krafft, deux volcanologues français décédés sur le mont Unzen le 3 juin 1991, balayés par une coulée pyroclastique.
Le sous-titre du livre est le suivant : « Comment les volcanologues Maurice et Katia Krafft ont contribué à sauver 60 000 vies – au prix de la leur. »

Curtis a eu la gentillesse de m’envoyer un exemplaire du livre pour me remercier d’une photo que j’avais prise à Vulcania il y a quelques années, lors d’une exposition consacrée à Maurice et Katia.

Je dois dire que j’ai adoré ce livre et les illustrations de Katherine Roy, une illustratrice primée à plusieurs reprises.

Sur Amazon, le livre est décrit comme « une magnifique biographie en vers sur les deux scientifiques français qui ont révolutionné notre compréhension des volcans. Katia, une jeune fille curieuse qui collectionnait les cailloux et rêvait de quitter sa petite ville, a grandi à quelques kilomètres seulement de Maurice, un garçon qui en savait plus sur les roches et les minéraux que ses propres professeurs. Étudiants, Katia et Maurice ont formé l’équipe Vulcain – du nom du dieu romain du feu – pour observer, étudier et documenter l’un des phénomènes naturels les plus dangereux de la planète : les volcans ! »

Chasing Eruptions retrace l’héritage des photographies et des films volcaniques de Katia et Maurice Krafft, et montre comment leurs images continuent d’inspirer et d’instruire aujourd’hui.

Le livre de 147 pages, très agréable à prendre en main, a été publié par HarperCollins / Clarion Books. Il est, bien sûr écrit en anglais, mais je conseille à tous les volcanophiles de l’acheter (19,99 $ US). On le trouve également en format électronique (e-book) et en version audio téléchargeable.

Exemple d’illustration dans l’ouvrage

Photos: C. Grandpey

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Curtis Manley is an American scientist and author who, according to his biography, « writes for young people of all ages and strive to create fun books with facts about the world around us and truths about the worlds within. »

https://curtismanley.com/

The latest book he wrote was published in June 2026. It is entitled « Chasing Eruptions » and is dedicated to Katia and Maurice Krafft, two French volcanologists who died on Mount Unzen on 3 June 1991, swept away by a pyroclastic flow.

Curtis kindly sent me an issue of the book to thank me for a photo I took at Vulcania a few years ago during an exhibition dedicated to Maurice and Katia.

I must say I love this book and the illustrations from award-winning illustrator, Katherine Roy.

In the book’s presentation on Amazon, one can read that it is « a beautiful biography in verse about the two French scientists who changed what we know about volcanoes. Katia, a curious girl who collected pebbles and dreamed of escaping her small town, grew up just a few kilometerss away from Maurice, a boy who knew more about rocks and minerals than his own teachers. When Katia and Maurice met as college students, they formed The Vulcan Team – named after the Roman god of fire – to observe, investigate, and document one of the most dangerous, natural phenomena on the planet: volcanoes! »

Chasing Eruptions traces the legacy of Katia and Maurice Kraffts’ volcanic photographs and films, and how their footage continues to inspire and educate today. The book, 147 pages, published by HarperCollins / Clarion Books, is, of course,written in English, but I advise all volcano lovers to buy it (US $19.99).

La Chaussée des Géants et le passé volcanique de l’Irlande // The Giant’s Causeway and Ireland’s volcanic past

Des scientifiques ont fait une nouvelle découverte concernant l’histoire de la Chaussée des Géants.
Leurs travaux ont révélé que le passé volcanique de l’Irlande du Nord, à l’origine des 40 000 colonnes de basalte caractéristiques de la Chaussée, s’est déroulé sur une période beaucoup plus courte qu’on ne le pensait.

Les chercheurs ont découvert que les événements volcaniques survenus dans la région ont formé les roches, y compris la Chaussée, en seulement 5,5 millions d’années, soit huit millions d’années de moins que les estimations précédentes.
Le paysage de la Chaussée des Géants s’est formé lors d’une intense activité volcanique, qui a propulsé la roche en fusion à travers des fissures à l’intérieur de la Terre. Les épaisses coulées de lave se sont ensuite refroidies, contractées et fissurées, créant ainsi environ 40 000 colonnes de basalte.

Un géochronologue du British Geological Survey (BGS) a déclaré que les recherches menées par le Geological Survey of Northern Ireland (GSNI) et le BGS ont permis de reconstituer une nouvelle chronologie de l’activité volcanique en Irlande du Nord. Ces recherches ont permis aux scientifiques de situer l’activité volcanique à l’origine de la Chaussée des Géants dans un contexte global beaucoup plus précis qu’auparavant. Elles ont affiné notre compréhension de la chronologie des événements volcaniques en Irlande du Nord.

De ce fait, les scientifiques peuvent établir des liens plus sûrs entre ces événements volcaniques en Irlande et des sites remarquables observés ailleurs, notamment en Écosse. Les travaux des scientifiques ont également permis de relier les processus ayant conduit à la formation de la Chaussée des Géants à un événement volcanique d’envergure mondiale, attesté dans des roches aussi éloignées que le Groenland il y a environ 60 millions d’années.
On pensait auparavant que les premières coulées de lave du plateau d’Antrim, en Irlande du Nord, s’étaient produites des millions d’années avant les basaltes de Staffa et la formation de la grotte de Fingal en Écosse, mais il est désormais possible de les relier avec beaucoup plus de certitude à une même activité volcanique.

Les chercheurs ajoutent que ce constat s’applique également à la Chaussée des Géants, aux formations de l’île de Rum, aux montagnes de Mourne dans le sud-est de l’Irlande du Nord, et au magmatisme de l’île de Skye. En analysant les échelles de temps et la chronologie à haute résolution, les chercheurs ont pu établir des liens avec divers autres sites, notamment dans les Hébrides intérieures en Écosse, les formations volcaniques de Mull, Rum et l’île de Skye, et, dans une perspective plus large, avec le Groenland et les îles Féroé.
Source : Irish Examiner.

On ne peut parler de la Chaussée des Géants sans évoquer la légende qui y est attachée et qui est en relation étroite avec la géologie de la région. On raconte que deux géants ennemis vivaient de chaque côté de la mer : Benandonner en Ecosse, Finn McCool en Irlande. Chacun souhaitait en découdre, mais il n’existait aucun bateau assez grand pour les transporter et leur permettre d’aller s’affronter. L’Irlandais construisit alors une chaussée reliant les deux rives, the Giant’s Causeway. Mais lorsque Finn McCool vit l’immensité du géant écossais, il se réfugia chez sa femme qui le déguisa en nourrisson. Devant la taille du bébé, Benandonner prit peur et, redoutant le père, il s’enfuit et regagna l’Écosse, en détruisant la chaussée derrière lui pour que l’Irlandais ne puisse pas le suivre. Il ne reste donc de cette chaussée que les formations rocheuses basaltiques qui constituent aujourd’hui la Chaussée des Géants, l’un des sites naturels les plus visités d’Irlande du Nord.

Côté écossais, l’île de Staffa et sa grotte de Fingal est magnifique elle aussi. Elle fut une intarissable source d’inspiration pour les artistes de l’époque victorienne. William Turner la peignit, Sir Walter Scott la décrivit comme l’un des endroits les plus extraordinaires qu’il ait jamais admirés. Le lieu a également inspiré Jules Verne qui y a dépeint la scène finale de son roman Le Rayon vert. Lorsque Felix Mendelssohn découvrit les coulées de lave à marée basse, il exprima son enthousiasme par la composition d’une pièce symphonique intitulée Les Hébrides.

Photos: C. Grandpey

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Scientists have made a new discovery about the history of the Giant’s Causeway rock formation.

New research has revealed that Northern Ireland’s volcanic past, which created the Causeway’s distinctive 40,000 basalt columns, happened over a much shorter period than previously thought.

It was discovered that volcanic events around the region formed rocks, including the Causeway, in just 5.5 million years, which is eight million years less than previous estimates.

The Giant’s Causeway’s distinctive landscape was formed during intense volcanic activity, which forced molten rock up through cracks in the earth. Thick lava flows then cooled, contracted and cracked, creating about 40,000 basalt columns.

A geochronologist at the British Geological Survey (BGS) said the cutting-edge research by the Geological Survey of Northern Ireland (GSNI) and the BGS has reconstructed a new timeline for volcanic activity across Northern Ireland. It has allowed researchers to place the volcanic activity that led to the formation of the Giant’s Causeway within a much more precise global context for the first time.

The research has significantly updated the understanding of when specific volcanic events happened in Northern Ireland. As a result, scientists can more confidently connect those events to activity and landmarks elsewhere, including Scotland. It also connects the processes that caused the development of the Giant’s Causeway to a globally significant volcanic event seen in rocks as far away as Greenland about 60 million years ago.

The first lava flows of Northern Ireland’s Antrim Plateau were previously thought to have occurred millions of years before the Staffa basalts and the formation of Fingal’s Cave, but they can now be connected much more definitively as part of the same volcanic activity. Researchers said it is the same for the Giant’s Causeway with formations on Rum, the Mourne Mountains, and magmatism in Skye. By looking at the timescales and the high-resolution timeline, researchers are able to match it up with various other locations, particularly in the Inner Hebrides in Scotland, the volcanics of Mull, Rum, the Isle of Skye, and taking a bigger view, looking at Greenland and the Faroe Islands.”

Source : Irish Examiner.

https://www.irishexaminer.com/

One cannot speak of the Giant’s Causeway without mentioning the legend associated with it, which is closely linked to the region’s geology. The story goes that two feuding giants lived on opposite sides of the sea: Benandonner in Scotland and Finn McCool in Ireland. Each longed for a fight, but no ship existed large enough to transport them and allow them to confront each other. The Irishman then built a causeway connecting the two shores, the Giant’s Causeway. But when Finn McCool saw the immensity of the Scottish giant, he sought refuge with his wife, who disguised him as an infant. Seeing the baby’s size, Benandonner became frightened and, fearing the father, fled back to Scotland, destroying the causeway behind him so that the Irishman could not follow. All that remains of this causeway are the basalt rock formations that today make up the Giant’s Causeway, one of Northern Ireland’s most visited natural sites… not forgetting the magnificent formations of the Scottish island of Staffa and its Fingal’s Cave, which was an inexhaustible source of inspiration for Victorian artists. William Turner painted it, and Sir Walter Scott described it as one of the most extraordinary places he had ever seen. The site also inspired Jules Verne, who set the final scene of his novel Le Rayon vert (The Green Ray) there. When Felix Mendelssohn discovered the lava flows at low tide, he expressed his enthusiasm by composing a symphonic piece entitled The Hebrides.

Des vagues de chaleur plus fréquentes et plus intenses

Concentrations de CO2 : 431,32 ppm (18 juin 2026)             

Concentrations de CH4 : 1940,43 ppb (janvier 2026)

Dans un article dédié aux vagues de chaleur de ces dernières semaines, France Info explique qu’après un premier épisode de températures inédites durant le mois de mai, nous vivons à la mi-juin la première vague de chaleur de l’année 2026, selon la définition de Météo-France. Il s’agit du 52ème événement de ce type dans l’Hexagone depuis 1947, mais depuis quelques années, leur fréquence et leur intensité ont fortement augmenté, comme on peut le voir dans le graphique ci-dessous où la taille des cercles correspond à la durée de la vague de chaleur.

L’article de France Info nous explique que depuis 1947 et le début de relevés précis de Météo-France, « la moitié des vagues de chaleur ont eu lieu avant 2010 – donc en 60 ans – et l’autre moitié après 2010 – donc en 15 ans. »

D’autres agences climatiques comme Copernicus ont une approche différente et préfèrent prendre 1970 comme année de référence car c’est dans les années 1970 que l’on a observé les premiers signes du réchauffement climatique. On voit d’ailleurs très clairement sur le graphique la concentration et l’intensité des vagues de chaleur depuis cette époque. La carte traduit parfaitement l’accélération du réchauffement climatique au cours des dernières décennies.

Il est intéressant d’adjoindre à ce graphique la Courbe de Keeling qui montre les concentrations de CO2 dans l’atmosphère. Le graphique ci-dessous montre la progression fulgurante de ces concentrations entre les années 1950 – 1970 et aujourd’hui.  La concentration de 316 ppm en 1959 est passée à environ 370 ppm en 2000, à 425 ppm en 2024 et plus de 431 ppm aujourd’hui. La NOAA fait remarquer que les concentrations moyennes ont augmenté de 1,3 à 1,4 ppm par an jusqu’au milieu des années 1970, et elles augmentaient de plus de 2 ppm par an dans les années 2010.

Source: NOAA

Il est bien évident que les gaz à effet de serre (CO2 et méthane, par exemple) d’origine anthropique sont largement responsables de la hausse des températures que nous connaissons depuis les années 1970. Avec l’accumulation des événements extrêmes et la hausse du niveau des océans, pendant combien de temps encore pourrons nous faire face au dérèglement du climat de notre planète?

De plus en plus d’icebergs au Groenland // More and more icebergs in Greenland

D’après une nouvelle étude menée par des chercheurs de l’Université technique du Danemark (DTU) et publiée dans la revue Nature, les glaciers du Groenland libèrent quatre fois plus d’icebergs qu’il y a 25 ans en raison du réchauffement climatique, avec des répercussions sur le trafic maritime et les écosystèmes marins.
En fait, la fonte des glaces du Groenland a des répercussions sur l’ensemble de l’Arctique. Par exemple, dans le détroit de Fram, entre le nord-est du Groenland et le Svalbard, la présence d’icebergs a quadruplé depuis l’an 2000. De plus, la proportion de groupes d’icebergs provenant du Groenland et de l’Arctique russe, et composés de plus de cinq icebergs, a augmenté de 4,5 % par décennie depuis le début du siècle.

La nouvelle étude montre que les conséquences ne se limitent pas à la montée des eaux, mais affectent directement les écosystèmes des grands fonds marins, loin des glaciers. Les icebergs transportent d’importantes quantités de roches et de sédiments à plusieurs centaines de kilomètres des côtes avant de fondre complètement après avoir bouleversé la vie sur les fonds marins.
De plus, avec l’ouverture de nouvelles routes maritimes dans l’Arctique, le risque de collision des navires avec des icebergs augmente forcément, même si les systèmes de détection sont de plus en plus performants. .

Source : AFP

Crédit photo: Wikipedia

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According to a new study by researchers from the Technical University of Denmark (DTU), published in the journal Nature, Greenland’s glaciers are releasing four times more icebergs than 25 years ago as a result of global warming, with implications extending to maritime traffic and marine ecosystems.

When the Greenland ice melts, one can see see that the changes affect the entire Arctic. For instance, in the Fram Strait, between northeast Greenland and Svalbard, the occurrence of icebergs has quadrupled since the year 2000. In addition, the proportion of groups of icebergs originating from Greenland and from the Russian Arctic, and comprising more than five individual icebergs, has increased by 4.5 percent per decade since the turn of the century.

The new study shows that the consequences do not stop at rising sea levels, but directly affect deep-sea ecosystems far from the glaciers. Icebergs transport large quantities of rocks and sediments several hundred kilometres offshore before sinking and transforming life on the seabed.

Furthermore, as new shipping routes open up in the Arctic, the risk that vessels will encounter icebergs along their journey increases, even though detection systems are becoming increasingly effective.

Source : AFP.