Le point sur la situation à Ambae (Vanuatu) // Update on the situation in Ambae (Vanuatu)

On parle beaucoup ces temps-ci d’Ambae, aussi appelée Aoba, une île de l’archipel de Vanuatu. Ambae est la partie émergée du Manaro Voui, le volcan le plus imposant du Vanuatu. Il culmine à 1 496 mètres d’altitude, soit environ 3 900 mètres au-dessus du fond marin. Le Manaro Voui abrite trois lacs à son sommet. L’un des deux principaux, le lac Voui, possède un cratère en son centre, à l’origine de plusieurs éruptions depuis 1995.

Une éruption avec émissions de vapeur et de cendres a débuté le 27 novembre 2005, entraînant le déclenchement d’une alerte volcanique de niveau 2 et la mise en place de préparatifs d’évacuation. Le 8 décembre 2005, l’éruption s’est intensifiée, forçant plus de 3 000 habitants à quitter leur domicile et nécessitant l’évacuation de deux hôpitaux.

Le 28 septembre 2017, après une semaine d’activité volcanique de plus en plus forte, le niveau d’alerte a été relevé à 4 sur une échelle de 5 et le gouvernement du Vanuatu a ordonné l’évacuation complète de l’île, qui compte environ 11 000 habitants. Les cendres de l’éruption détruit les récoltes et pollué l’air et l’eau. En avril 2018, les quelque 10 000 habitants restants ont reçu l’ordre d’évacuer définitivement.

En février 2026, le volcan Manaro Voui est toujours en éruption et le gouvernement du Vanuatu vient d’approuver des mesures d’urgence suite aux pluies acides et aux impacts des cendres qui se sont propagés au-delà de l’île. Les autorités maintiennent le niveau d’alerte 3 et ont préparé des plans d’évacuation au cas où l’activité s’intensifierait, mais aucune évacuation obligatoire n’a été ordonnée à ce stade. Cependant, il est conseillé aux personnes vivant dans les zones les plus touchées de se déplacer vers des zones moins affectées de l’île si elles ne se sentent pas en sécurité. Si le niveau d’alerte 4 est déclenché, le gouvernement exigera que l’île entière soit déclarée zone sinistrée et lancera des évacuations.

L’activité actuelle du volcan est caractérisée par des émissions soutenues de cendres et de gaz, une activité sismique intense, des signes qui montrent la proximité du magma avec la surface, et des pluies acides qui s’étendent bien au-delà d’Ambae.

 Les pluies acides provenant du volcan Manaro Voui, à 310 km au nord-ouest de la capitale, Port-Vila, affectent les ressources en eau et les récoltes. Les autorités indiquent que le volcan crache des cendres et des gaz toxiques qui recouvrent désormais toute l’île en raison des changements de vent. Le Département de météorologie et de géorisques du Vanuatu (VMGD) précise que les pluies acides ont atteint les îles de Santo, Malakula, Pentecost et Ambrym. Le phénomène est bien connu : le SO₂ mélangé à la pluie se transforme en acide sulfurique, de sorte que les pluies acides brûlent les cultures et affectent les réserves d’eau. Les puits et les réservoirs non couverts peuvent être pollués. De plus, les importantes retombées de cendres modifient le pH de l’eau, la rendant plus acide.

Avant la phase actuelle, le Manaro Voui était maintenu au niveau d’alerte 2 depuis au moins fin 2021, l’activité étant principalement caractérisée par des émissions de vapeur et de gaz, et une zone d’exclusion plus restreinte. Fin février 2026, l’activité est entrée dans une phase éruptive distincte, et le niveau d’alerte a été relevé à 3. Les panaches de cendres ont atteint leur maximum à environ 4 900 m d’altitude le 24 février.
La zone d’exclusion autour de la bouche éruptive active reste la mesure de sécurité la plus immédiate. Un rayon de 3 km autour du lac Voui est actuellement interdit d’accès en raison du risque d’activité éruptive à proximité du cratère. Le VMGD a demandé à la population d’éviter les cours d’eau et les ravines en cas de fortes pluies. Les dépôts de cendres les plus récents peuvent être rapidement remobilisés en lahars qui peuvent dévaler les pentes sans prévenir et affecter des zones bien au-delà du cratère.

 Source : VMGD.

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There is a lot of talk these days about Ambae, also known as Aoba, an island in the Vanuatu archipelago. Ambae is the emergent portion of Vanuatu’s most voluminous volcano, Manaro Voui, which rises 1,496 meters above sea level, or about 3,900 meters above the sea floor. Manaro Voui has three lakes at its summit. One of the two main ones, Lake Voui, has a crater in its center which has been the source of several eruptions since 1995.

A steam and ash eruption began on November 27, 2005, leading to a Level 2 volcano alert and preparations for evacuations. On December 8, 2005, the eruption became stronger, displacing more than 3,000 residents and requiring the evacuation of two hospitals.

On September 28, 2017, after a week of increasing volcanic activity, the alert level was raised to 4 on a scale of 5 levels, and the government of Vanuatu ordered a complete evacuation of the island, home to about 11,000 residents. Ash from the eruption covered the island, killing crops and polluting the air and water. In April 2018, the remaining approximately 10,000 residents were ordered to evacuate permanently.

In February 2026, Manaro Voui volcano remains in minor eruption, but Vanuatu’s government has just approved emergency response measures after acid rain and ash impacts spread beyond the island. Authorities maintain Alert Level 3 and have prepared evacuation plans in case activity escalates further, but no mandatory evacuation has been ordered at this stage. However, the people in the worst-affected areas are encouraged to move to less-affected parts of the island if they do not feel safe. Should alert level 4 be decided, the government will require the whole island to be declared a disaster zone and start evacuations.

The current activity at the volcano is characterized by sustained ash and gas emissions, elevated seismic unrest, continuing signs that magma is close to the surface, and production of acid rain which is extending well beyond Ambae itself.

Acid rain from the Manaro Voui volcano on Ambae – 310 km north west of the capital of Port Vila – is reportedly affecting water and food supplies. Authorities say the volcano is spewing toxic ash and gases which are now covering the entire island due to wind changes. The Vanuatu Meteorology and Geohazard Department (VMGD) says acid rain has now reached Santo, Malakula, Pentecost and Ambrym islands. The process is well-known : SO2 mixed with rain becomes acid rain which burns crops and affects water reserves. Wells, and tanks that are not covered could be affected. Besides, the heavy ashfall also alters the PH levels in water, making it more acidic.

Before the current phase, Manaro Voui had been held at Alert Level 2 since at least late 2021, with unrest marked mainly by steam and gas emissions and a smaller exclusion zone.

By late February 2026, the activity shifted into a clear eruptive phase, and the alert level was raised to 3 as the hazard footprint expanded around the summit vent system. Ash plumes peaked at approximately 4 900 m above sea level on February 24.

The exclusion zone around the active vent remains the most immediate life-safety measure. A 3 km radius around Lake Voui is currently off limits because of the risk from eruptive activity close to the crater. The VMGD has asked residents to avoid drainages and river channels during heavy rainfall. Fresh ash deposits can be rapidly remobilised into lahars, which can move downslope with little warning and affect areas well outside the crater rim.

Source : VMGD.

Piton de la Fournaise (Île de la Réunion) : l’éruption continue // The eruption continues

Au vu de la faible sismicité et des hésitations de la lave à percer la surface, je faisais partie de ceux qui pensaient que l’éruption du Piton de la Fournaise serait l’affaire de quelques jours seulement. Certes, ce n’est pas un événement de grande envergure mais la lave ne cesse de s’écouler depuis le 13 février 2026.

L’OVPF nous explique qu’un seul site éruptif reste actuellement actif sur le flanc sud-sud-est du volcan. Le cône éruptif continue de se refermer progressivement. De ce fait, peu de projections dépassent désormais le sommet du cône. L’activité effusive se situe actuellement en tunnel de lave. Cette dernière débouche pour former des coulées dans la partie haute des Grandes Pentes. Elles se développent à la fois sous forme de lave a’ā et en coulée pāhoehoe à la sortie des tunnels actifs. Dans les Grandes Pentes, le front du bras sud de la coulée la plus active était situé le 6 mars matin à environ 4 km de la RN2, à une altitude de 1175 m. En bas des Grandes Pentes, le front du bras de coulée le plus en aval reste figé à environ 2,6 km de la RN2, à une altitude de 660 m. La route n’est donc pas menacée.

Schéma et photo : OVPF

L’activité sismique reste faible sur le volcan. La probabilité d’ouverture de nouvelles fissures éruptives reste donc faible à court terme. À noter tout de même que par le passé des fissures éruptives se sont ouvertes au cours d’une éruption sans signaux avant-coureurs.

La reprise de l’inflation de l’édifice est désormais bien établie. Elle indique une remise en pression du système d’alimentation magmatique, possiblement liée à une recharge en magma du réservoir superficiel.

Le trémor éruptif est relativement stable, avec quelques pics d’amplitude probablement liés à des variations de dégazage ou à des évolutions morphologiques du cône éruptif.

Les débits en surface, estimés à partir des données satellites, présentent des valeurs comprises entre 1 et 15 m3/s. Le 4 mars 2026 , le volume de lave émis depuis le début de l’éruption était estimé à 10 millions de mètres cubes.

 Estimation des débits de lave en surface (m3/s) à partir des données satellitaires (OPGC-Université Clermont Auvergne)

L’accès à l’Enclos reste interdit.

Source : OVPF.

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Given the low seismic activity and the lava’s reluctance to break through the surface, I was among those who thought the eruption of Piton de la Fournaise would only last a few days. While it’s not a major event, lava has been flowing continuously since February 13, 2026.

The OVPF explains that only one eruptive site remains active on the south-southeast flank of the volcano. The eruptive cone continues to close gradually. As a result, few ejecta now rise above the cone’s summit.

The effusive activity is currently confined to lava tubes. It emerges to form flows in the upper part of the Grandes Pentes and develops both as a’ā lava and as pāhoehoe flows at the exit of the active tubes. In the Grandes Pentes area, the front of the furthest lava flow remains stationary approximately 2.6 km from the RN2 highway and at an altitude of 660 m. The road is not threatened.
Seismic activity remains low on the volcano. The probability of new eruptive fissures opening therefore remains low in the short term. It should be noted, however, that in the past, eruptive fissures have opened during eruptions without any warning signs.
The resumption of inflation of the volcano is now well established. This indicates a repressurization of the magma supply system, possibly linked to magma recharge of the shallow reservoir.
The eruptive tremor is relatively stable, with some amplitude peaks likely related to variations in degassing or morphological changes in the eruptive cone.
Surface flow rates, estimated from satellite data, range from 1 to 15 m³/s. On March 4, 2026, the volume of lava emitted since the start of the eruption was estimated at 10 million cubic meters.

Access to the Enclos is still prohibited.

Source: OVPF.

Réchauffement climatique : la relocalisation de Miquelon

Saint-Pierre-et-Miquelon est un archipel français au sud de l’île canadienne de Terre-Neuve. Il est principalement composé de deux îles : l’île Saint-Pierre, la plus petite des deux, qui abrite 86 % de la population, au côté de Miquelon, constituée de trois presqu’îles reliées entre elles par deux tombolos.

 L’île Saint-Pierre, plus animée, est caractérisée par une atmosphère française marquée, avec une cathédrale et le musée Héritage, qui célèbre l’histoire régionale.

L’île de Miquelon-Langlade, peu peuplée, abrite la lagune du Grand Barachois, accueillant des oiseaux de mer et des phoques.

Ancienne colonie, puis territoire d’outre-mer de l’Union française (1946-1976), puis département d’outre-mer (1976-1985), puis collectivité territoriale à statut particulier (1985-2003), Saint-Pierre-et-Miquelon est aujourd’hui une collectivité d’outre-mer. Ainsi, l’archipel est un pays et territoire d’outre-mer ne faisant pas partie intégrante du territoire de l’Union européenne. Il ne fait pas partie de l’espace Schengen. En revanche, Saint-Pierre-et-Miquelon fait partie de la zone euro, d’Euratom et ses habitants disposent de la citoyenneté européenne.

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La chaîne de télévision France 3 propose un documentaire intitulé «  Miquelon, une île face au réchauffement climatique ». Il montre que l’outre-mer est également confronté à ce phénomène et à ses conséquences. Il dure 52 minutes et se trouve à cette adresse :

https://www.france.tv/france-3/outremer-ledoc/5275818-miquelon-une-ile-face-au-rechauffement-climatique.html

S’agissant de l’outre-mer, j’ai déjà indiqué sur ce blog que la Martinique et la Guadeloupe étaient confrontées à l’érosion littorale au même titre que le littoral atlantique en métropole. Il en va de même pour l’archipel français de Saint-Pierre et Miquelon. Le village de Miquelon et ses 600 habitants subit de plein fouet les aléas de la météo. L’archipel se trouve à la confluence du courant froid du Labrador et du Gulf Stream plus chaud, ce qui n’arrange rien.

De plus en plus fréquemment, la localité est confrontée à un risque de submersion par les vagues lors des tempêtes les plus violentes. Avec le réchauffement climatique, certaines tempêtes tropicales, comme ce fut le cas du cyclone Fiona en 2022, remontent jusqu’aux côtes canadiennes et touchent l’archipel de plein fouet. Au risque de submersion s’ajoute celui des remontées de nappes phréatiques.

Devant l’augmentation de la force des tempêtes et du risque de submersion, une décision radicale a été prise en 2015. François Hollande, alors Président de la République a décidé que Miquelon serait en zone rouge. Cela signifiait que l’île devenait inhabitable et qu’aucune nouvelle construction ne serait autorisée.

Pour les habitants, cela signifiait aussi que leurs maisons n’avaient plus aucune valeur. Il a alors été décidé de relocaliser le village à un kilomètre de distance à vol d’oiseau, dans un endroit plus sûr.

Un Plan de prévention des risques littoraux (PPRL) a été approuvé en 2018. Il limite fortement les nouvelles constructions et les projets d’urbanisation, condamnant ainsi le développement de Miquelon. La décision de relocaliser le village redonne donc des perspectives d’avenir aux habitants tout en assurant leur sécurité.

Le nouveau village sera reconstruit sur un secteur de l’île de Miquelon situé plus au sud et, surtout, plus en hauteur que l’emplacement actuel. La limite basse du nouveau secteur se situe à 10 mètres au-dessus du niveau de la mer, alors que le village actuel se situe entre 0 et 3 mètres.

Le projet est déjà bien avancé. Après une phase de concertation citoyenne et des études réalisées en 2022 et 2023, les nouveaux terrains ont été acquis, avec des parcelles cédées pour un euro symbolique par la collectivité territoriale.

En 2024, la mairie de Miquelon a réalisé un appel à candidatures, sélectionnant les 14 premiers ménages à venir s’installer. Des permis de construire ont été délivrés. Les fondations et les murs des premières maisons sortent de terre. Il faudra toutefois plusieurs dizaines d’années pour que la relocalisation soit menée à son terme.

Le principe de cette relocalisation est intéressant car il repose sur le volontariat et la population est le moteur du projet. Les habitants de Miquelon dont les maisons sont soumises à un risque grave et imminent sont éligibles au Fonds Barnier. Ce dispositif permet à l’État de subventionner la commune pour le rachat des biens, garantissant ainsi un montant juste et équitable, que les habitants peuvent utiliser pour reconstruire sur le nouveau secteur. Une fois le bien racheté par la commune, le Fonds Barnier finance également sa déconstruction et la renaturation de l’ancienne parcelle.

Le projet de relocalisation et de reconstruction de Miquelon pourrait bien servir de cobaye pour le territoire français dans son ensemble. Avec l’érosion littorale galopante, d’autres localités vont être obligées de s’installer ailleurs. J’ai évoqué le cas de Lacanau en Gironde.

Au final, il y a la volonté de construire un nouveau village exemplaire en matière de développement durable. Des performances environnementales ont été définies, notamment en termes de performance énergétique des nouvelles constructions, ce qui est crucial étant donné le climat de l’archipel. La commune de Miquelon est notamment accompagnée par un architecte, disponible pour aider les habitants à réfléchir à des implantations optimales et à l’utilisation de matériaux biosourcés par exemple.

Ce projet est considéré comme un « laboratoire français de l’adaptation » et est suivi de très près à tous les échelons de l’État.

Source : France 3, gouvernement français.

Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques informations sur l’activité volcanique dans le monde, fournies par les observatoires et par le Global Volcanism Network de la Smithsonian Institution.

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L’éruption continue sur l’île d’Ambae (Vanuatu). Selon le VAAC de Wellington, les panaches de cendres peuvent s’élever à plus de 4 000 mètres au-dessus du niveau de la mer.
https://twitter.com/i/status/2026263680942289295

L’activité à Ambae a commencé à s’intensifier fin novembre 2025, avec une forte hausse de la sismicité, des émissions de gaz et des retombées de cendres intermittentes jusqu’en décembre 2025, tandis que le volcan restait au niveau d’alerte 2. L’activité s’est intensifiée les 12 et 13 février 2026, avec une forte incandescence du cratère, une hausse des émissions de SO₂ et des retombées de cendres dans les secteurs sous le vent.

Crédit photo : VMGD

À ce moment-là, la zone à risque s’étendait sur 2 km autour des bouches éruptives actives. Le 25 février, le Département de météorologie et des risques géologiques du Vanuatu (VMGD) a relevé le niveau d’alerte à 3, ce qui correspond à une éruption mineure. La zone à risque a été étendue à 3 km autour de la bouche active dans le lac Voui.

Source : VMGD

Les autorités ont averti que les fortes pluies peuvent remobiliser les cendres accumulées dans les cours d’eau et les ravines, augmentant ainsi le risque de lahars. L’accès à la zone à risque de 3 km reste interdit.
Source : Vanuatu Meteorology and Geo-Hazards Department (VMGD).

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L’éruption du Piton de la Fournaise (Île de la Réunion) qui a commencé le 13 février 2026 se poursuit. L’OVPF indique qu’un nouveau bras de coulée a franchi le cassé des Grandes Pentes le 3 mars 2026, un peu plus au sud que la branche figée. Son activité est peu intense et ne présente pas de menace pour la RV2. Un seul site éruptif reste actif sur le flanc sud-sud-est du volcan. Le cône mentionné précédemment est désormais fermé latéralement On observe une importante activité en tunnel de lave en aval du cône. Le débit éruptif moyen est inférieur à 10 mètres cubes par seconde.

Le 4 mars 2026 , le volume de lave émis depuis le début de l’éruption était estimé à 10 millions de mètres cubes.

Source : OVPF.

Source: OVPF

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Après la fin de l’Épisode 42 le 15 février 2026, aucune activité significative n’est actuellement observée sur le Kilauea (Hawaï). Cependant, une incandescence est visible mais irrégulière au niveau des deux bouches éruptives à l’intérieur du cratère de l’Halema’uma’u.

Les modèles préliminaires montrent que le déclenchement des fontaines de lave de l’Épisode 43 pourrait se produire entre le 10 et le 16 mars 2026.
Source : HVO.

Il est important de rappeler que l’accès à la caldeira du Kilauea est strictement interdit. Un Hawaïen de 33 ans qui a ignoré cette interdiction est décédé après s’être aventuré sur le versant est de la caldeira. Les équipes de secours ont travaillé toute une nuit sur un terrain escarpé et instable avant de retrouver la victime le 27 février 2026. Il a été héliporté au centre médical de Hilo, où son décès a été constaté.
Dans un communiqué, le National Park Service a rappelé que la caldeira du Kilauea est un environnement dangereux, notamment avec des falaises instables et des structures volcaniques piégeuses, même en période d’absence d’activité. Il est fortement conseillé aux visiteurs de rester dans les zones autorisées et de respecter la signalisation.

Source : presse hawaïenne.

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L’éruption du Merapi (sur l’île de Java) se poursuit. Le dôme de lave sud-ouest continue de produire quotidiennement des avalanches de lave qui dévalent les flancs du volcan. Le niveau d’alerte reste à 3 (sur une échelle de 1 à 4) et le public est prié de se tenir à une distance de 3 à 7 km du sommet, selon les endroits.
Comme cela se produit souvent en Indonésie, de fortes pluies le 3 mars 2026 ont déclenché un lahar dévastateur qui a déferlé le long de la ravine de la Kali Senowo, emportant au moins trois camions d’extraction de sable et une voiture. Cette coulée de boue s’est produite après plusieurs heures de fortes pluies qui ont remobilisé des dépôts de cendres et autres matériaux qui s’étaient accumulés après des semaines d’effondrement du dôme et d’activité volcanique. Aucun blessé n’a été signalé, mais les dégâts matériels sont considérables.
Voici une courte vidéo de l’événement diffusée sur les réseaux sociaux :
https://x.com/i/status/2028807308340551853

Source : CVGHM, médias indonésiens.

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Une hausse de l’activité sismique a été enregistrée ces derniers jours sur le Bulusan (Philippines). Seize événements étaient d’origine volcano-tectonique, à des profondeurs de 3 à 6 km sous les flancs nord et sud-est du volcan. Le niveau d’alerte 0 reste en vigueur. Cependant, le PHIVOLCS précise que la récente hausse de la sismicité pourrait être causée par l’activation de processus hydrothermaux sous le volcan, ce qui est susceptible de provoquer une éruption phréatique soudaine.

Crédit photo: Wikipedia

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Toujours aux Philippines, l’activité éruptive se poursuit sur le Kanlaon. Une éruption explosive de deux minutes, le 26 février 2026, a généré un épais panache de cendres qui s’est élevé à 2,5 km au-dessus du sommet. Des éclairs ont été observés au moins trois fois dans ce panache. Des projections incandescentes ont été éjectées jusqu’à 1,5 km au-dessus du cratère sommital et ont atterri jusqu’à 1 km au sud et 1,5 km au sud-est. Ces éjectas incandescents ont déclenché deux incendies en bordure de forêt, sur les flancs sud et sud-est. Des coulées pyroclastiques ont dévalé les flancs est et sud-est jusqu’à 2 km de distance. Des retombées de cendres ont été signalées dans 16 villes.
Des séismes volcaniques et des épisodes de trémor ont été enregistrés les jours suivants. Le niveau d’alerte reste à 2 (sur une échelle de 0 à 5) et le public est prié de rester en dehors de la zone de danger permanent (ZDP) de 4 km de rayon.

Source : Phivolcs.

Crédit photo: Phivolcs

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Une explosion soudaine s’est produite dans la Bocca Nuova de l’Etna (Sicile), le 4 mars 2026, provoquant une brève émission de cendres visibles sur les caméras de surveillance de l’INGV. Cette éruption a suivi un essaim sismique sur le flanc sud-ouest du volcan quelques heures auparavant, avec un événement de magnitude M4,5.
Le panache de cendres s’est dissipé en quelques minutes. Aucune colonne ni émission de cendres prolongée n’a été observée.

Source : INGV

Image de l’explosion du 4 mars 2026 (Source : INGV)

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L’IGP m’a adressé un message indiquant qu’une explosion avec émission d’un panache de cendres a été observée le 4 mars 2026 sur le Sabancaya (Pérou). Le panache est monté jusqu’à plus de 2000 mètres de hauteur avant de s’étirer sur une dizaine de kilomètres.

Le niveau d’alerte reste à l’Orange (niveau 3 sur une échelle de 4 couleurs) et il est demandé au public de respecter une zone de 12 km de rayon par rapport au sommet du volcan.

Source : IGP

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C’est un peu toujours la même histoire en Islande : les scientifiques du Met Office s’attendent toujours à une éruption quelque part le long de la chaîne de cratères de Sundhnúkur, sur la péninsule de Reykjanes. Comme indiqué précédemment, avec environ 22,5 millions de mètres cubes de magma sous Svartsengi, le volume a atteint un niveau proche du record absolu enregistré entre deux éruptions depuis le début de la séquence éruptive actuelle, fin 2023. Le magma s’accumule depuis environ 210 jours.
Malgré cette pause prolongée entre les éruptions, les autorités précisent qu’une accalmie ne signifie pas nécessairement la fin de l’épisode volcanique.

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L’activité reste globalement stable sur les autres volcans mentionnés dans les bulletins précédents « Volcans du monde ».
Ces informations ne sont pas exhaustives. Vous pourrez en obtenir d’autres en lisant le rapport hebdomadaire de la Smithsonian Institution :
https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Here is some news about eruptive activity around the world, provided by observatories and the Smithsonian Institution’s Global Volcanism Network.

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The eruption at Ambae (Vanuatu) continues. Ash plumes may rise more than 4,000 meters above sea leval, according to the Wellington VAAC.

Volcanic activity at Ambae began increasing in late November 2025, with continued seismic unrest, gas emissions, and intermittent ash release through December 2025 while the volcano remained at Alert Level 2. Activity intensified during February 12–13, 2026, when strong crater incandescence, elevated SO2 emissions, and ashfall downwind were reported.

At that time, the designated hazard zone extended 2 km from the active vents.

On February 25, the Vanuatu Meteorology and Geo-Hazards Department (VMGD) raised the Alert Level to Level 3, indicating a minor eruption state. The hazard area was expanded to 3 km around the active vent within Lake Voui (see image above).

Authorities have warned that heavy rainfall can remobilize accumulated ash into streams and drainages, increasing the risk of lahars. Entry into the 3 km hazard zone remains prohibited.

Source : Vanuatu Meteorology and Geo-Hazards Department (VMGD).

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The eruption of Piton de la Fournaise (Réunion Island), which began on February 13, 2026, continues. The OVPF reports that a new lava flow coming from the existing lava field crossed the Grandes Pentes rupture on March 3, 2026, slightly further south than the motionless branch. Its activity is low and does not pose a threat to the RN2 highway. Only one eruptive site remains active on the south-southeast flank of the volcano. The previously mentioned cone is now laterally closed. Significant lava tube activity is observed downslope of the cone. The average eruptive flow rate is less than 10 cubic meters per second.

By 4 March 2026, about 10 million cubic meters of lava had erupted since the start of the eruption.

Source: OVPF.

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After the end of Episode 42 on February 15 2026, no significant activity is currently observed at Kilauea (Hawaii). However, incandescence is visible but irregular at both vents within Halema’uma’u Crater.

Preliminary models suggest the likely forecast window for the onset of Episode 43 lava fountaining is March 10-16.

Source : HVO.

Visitors should keep in mind that entering the Kilauea caldera is strictly prohibited. A 33-year-old Hawaii resident who ignored the interdiction died after entering the east side of the caldera. Search and rescue teams worked through the night in steep and unstable ground before locating the individual on Febryary 27, 2026. He was airlifted from the area and taken to Hilo Medical Center, where he was pronounced deceased.

In a news release, the National Park Service reiterated that the Kilauea caldera contains inherently dangerous terrain, including unstable cliff edges and volcanic features, even when volcanic activity is paused. Visitors are urged to stay within designated open areas and comply with all closures and warning signs.

Source : Hawaiian news media.

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The eruption at Merapi (on the island of Java) continues. The SW lava dome keeps producing daily lava avalanches that descended the flanks of the volcano. The Alert Level remains at 3 (on a scale of 1-4), and the public is asked to stay 3-7 km away from the summit, based on location.

As often happens in Indonedia, heavy rainfall on March 3, 2026, triggered a destructive lahar swept through the Kali Senowo drainage, carrying at least three sand-mining trucks and one car downstream. The flow followed several hours of heavy rain that re-mobilized fresh volcanic deposits that had accumulated after weeks of dome collapse and lava-flow activity. No casualties have been reported so far, but equipment damage was considerable.

Here is a short video of the event as seen on the social media :

https://x.com/i/status/2028807308340551853

Source : CVGHM, Indonedian news media.

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Increased seismic activity has been recorded at Bulusan volcano (Philippines) in recent days. Sixteen events were classified as volcano-tectonic earthquakes occurring at depths of 3–6 km beneath the northern and southeastern flanks of the volcano. Alert Level 0 remains in effect,. However, PHIVOLCS specifies that the recent increase in seismicity may indicate that hydrothermal processes beneath the volcano are underway and could lead to a sudden phreatic eruption.

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Still in the Philippines, eruptive activity continues at Kanlaon (Philippines). A two-minute explosive eruption on 26 February 2026 generated a dense ash plume that rose 2.5 km above the summit. Lightning in the ash plume was visible at least three times. Incandescent ballistics were ejected as high as 1.5 km above the summit crater rim and landed as far as 1 km S and 1.5 km SE. Incandescent, hot ejecta ignited two fires along the forest margins on the upper S and SE flank. Pyroclastic flows descended the E and SE flanks as far as 2 km. Ashfall were reported in 16 cities.
Volcanic earthquakes and periods of tremor were recorded the following days. The Alert Level remains at 2 (on a scale of 0-5) and the public is asked to stay out of the 4-km-radius Permanent Danger Zone (PDZ).

Source : Phivolcs.

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An impulsive explosion occurred at Mount Etna‘s Bocca Nuova (Sicily) on March 4, 2026, producing a short-lived ash emission observed by surveillance cameras operated by the INGV (see image above). The eruption followed a seismic swarm on the volcano’s southwestern flank earlier in the day, which included a notable M4.5 event.

The ash plume dispersed within minutes. No persistent ash column or prolonged emission was reported.

Source : INGV.

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The IGP has sent me a message indicating that an explosion with an ash plume was observed on March 4, 2026, at Sabancaya (Peru). The plume rose to a height of over 2,000 meters before drifting over approximately ten kilometers. (see image above)

The Alert Level remains at Orange (the third level on a four-color scale) and the public is asked to stay outside a 12 km radius from the summit.

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It’s always the same story in Iceland where scientists at the Met Office are still expecting an eruption somewhere along the Sundhnúkur crater row on the Reykjanes Peninsula. As indicated previously, with around 22.5 million cubic metres, magma beneath the Svartsengi area is approaching the highest level recorded between eruptions since the current eruption sequence began in late 2023. Magma has been accumulating for around 210 days.

Despite the extended pause in eruptions, authorities note that a lull does not necessarily mean the volcanic episode has ended.

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Activity remains globally stable on other volcanoes mentioned in the previous bulletins « Volcanoes of the world ».

This information is not exhaustive. You can find more by reading the Smithsonian Institution’s weekly report:

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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