Everest : un plan de 5 ans pour nettoyer la montagne // Everest : a 5-year strategy to clean the mountain

Il y a quelques semaines, j’écrivais que nous vivons dans une société de records et d’extrêmes. C’est dans cet état d’esprit que de plus en plus de personnes tentent l’ascension de l’Everest et ses 8849 mètres. Conséquence de cette forte présence humaine sur le plus haut sommet du monde : la montagne est devenue un véritable dépotoir. J’ai déjà évoqué ce problème dans des notes publiées le 14 avril 2020 et le 3 juin 2023.

Source: Wikipedia

Le Népal s’apprête à dévoiler une stratégie quinquennale de nettoyage de l’Everest afin d’éliminer ces déchets. La quantité alarmante de détritus accumulés chaque saison montre l’urgence d’adopter des pratiques d’alpinisme vertueuses et durables. La fonte de la neige et de la glace, due au réchauffement climatique, expose de plus en plus de déchets enfouis et même des restes humains, ce qui aggrave la contamination des bassins versants et pose des risques sanitaires aux populations en aval.

Camp de base de l’Everest

Un brouillon du Clean Mountain Strategy (2025-2029) propose de créer un fonds de 308 millions de roupies népalaises pour nettoyer l’Everest. Cependant, le coût réel devrait dépasser le milliard de roupies népalaises. Le plan de nettoyage prévoit la formation d’une équipe de « Mountain Rangers », composée d’alpinistes, chargée de surveiller et de gérer les déchets au camp de base et dans les camps d’altitude. Le brouillon du projet Clean Mountain Strategy préconise également d’étudier l’utilisation de drones pour la collecte des déchets au-dessus du camp de base.

Depuis des décennies, les déchets souillent l’Everest. Des centaines d’alpinistes, de sherpas, de guides et de porteurs laissent derrière eux des tonnes de bouteilles d’oxygène et bouteilles en plastique, sans oublier les cordes, les restes de cuisine et les excréments. Ces ordures polluent les pentes de la montagne et les villages situés en aval. Le plastique demeure la principale menace. Il faut jusqu’à 500 ans pour qu’un sac plastique se biodégrade. Brûlé, il empoisonne l’air ; enfoui, il pollue le sol. Avec l’augmentation du nombre d’alpinistes, le plastique a progressivement envahi les sommets, faisant de l’Everest un symbole de négligence environnementale.

Le projet Clean Mountain Strategy souligne que la réduction des saisons d’ascension, due à la dégradation des conditions météorologiques, exige une réglementation plus stricte. Il propose de limiter le nombre de permis d’ascension en fonction de la capacité d’accueil de la montagne et des services disponibles.

Les chiffres relatifs à la collecte des déchets révèlent également l’ampleur du problème. Le Sagarmatha Pollution Control Committee a indiqué avoir ramassé 85 tonnes de déchets au cours du seul printemps 2024, dont près de 28 tonnes d’excréments humains. L’armée népalaise en a ramassé 11 tonnes supplémentaires.

Afin de réduire la pression sur les sites d’ascension, le Népal a fortement augmenté les droits d’accès. Selon la nouvelle réglementation, le droit d’accès par personne pour les étrangers empruntant la voie sud au printemps est passé de 11 000 $ à 15 000 $. Selon la stratégie proposée, les alpinistes devront également verser une caution remboursable pour les déchets, restituée uniquement si ces derniers sont rapportés, ainsi qu’une taxe environnementale non remboursable. Une partie des recettes sera consacrée à des campagnes de nettoyage, avec la participation des communautés locales. La nouvelle réglementation prévoit également que les organisateurs d’expéditions soient soumis à des frais de gestion des déchets selon le principe du « pollueur-payeur ». Un Fonds pour le nettoyage des montagnes (Mountain Clean-up Campaign Fund) sera créé et les alpinistes devront être munis de contenants pour les excréments humains.

Il faut faire la queue pour atteindre le sommet!

Le projet Clean Mountain Strategy introduit des règles plus strictes concernant l’équipement et les matériaux. Les banderoles et les drapeaux de prière au-dessus du camp de base devront être biodégradables et standardisés. Les matériaux non biodégradables devront être rapportés pour être contrôlés. Chaque alpiniste devra rapporter au moins 3 kg de déchets qui seront contrôlés au camp II par les rangers et les associations de gestion des déchets. L’utilisation de sacs à déjections sera obligatoire au-dessus du camp de base, et les autorités vérifieront que les alpinistes les rapportent bien.

La liste du matériel de chaque expédition sera également enregistrée afin de garantir la traçabilité. Certaines mesures sont déjà en vigueur. Depuis 2024, l’utilisation de sacs à déjections est obligatoire pour les alpinistes au-dessus du camp de base, à l’initiative du Sagarmatha Pollution Control Committee.

La réputation mondiale de l’Everest étant en jeu, les responsables espèrent que cette nouvelle stratégie portera ses fruits. Toutefois, les experts préviennent que si les fonds ne sont pas à la hauteur du défi, l’image du plus haut sommet du monde comme décharge à ciel ouvert risque de perdurer.

Source : The Kathmandu Post.

C’est bien connu : ceux qui se lancent à l’ascension de l’Everest sont des gens friqués qui n’hésitent pas à dépenser des milliers, voire des dizaines de milliers de dollars dans cette entreprise. Pas sûr que les mesures préconisées par les autorités népalaises soient efficaces. Beaucoup de candidats à l’ascension du plus haut sommet du monde continueront à préférer payer des amendes plutôt que de redescendre leurs déchets. Toujours en vertu de ce principe, je ne pense pas que la hausse des tarifs imposée pour essayer de grimper vers le sommet fera chuter le nombre de candidats.

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As I put it before, we are living in a society of records ans extremes. This is one of the reasons why ùore and more people are trying to climb Mount Everest. The consequence of so many people on the world’s highest mountain is that it has besome a garbage dump. I have already addressed this issue in posts published on April 14, 2020 and June 3, 2023.

Nepal is preparing to unveil a five-year Everest cleaning strategy to remove this trash from the mountain.

Experts say the alarming amount of waste collected each season underscores the urgent need for sustainable mountaineering practices. Melting snow and ice caused by global warming further exposes previously buried garbage and even human remains, worsening contamination of the watershed and posing health risks to downstream communities.

A draft of the Clean Mountain Strategy (2025–2029) proposes a Rs308 million fund for Everest clean-up efforts. However, the real cost is likely to exceed Rs1 billion.

The plan envisions forming a team of “Mountain Rangers,” composed of climbers, to monitor and manage waste at Everest Base Camp and higher camps. The draft also calls for exploring the use of drones to collect waste above the base camp.

For decades, the burden of litter has scarred the Everest region. Hundreds of climbers, Sherpas, guides, and porters leave behind tonnes of waste ranging from oxygen canisters, plastic bottles, ropes, kitchen scraps, and human waste. This garbage is polluting both the slopes and settlements downstream.

Plastic remains a particular menace. It can take up to 500 years for a single plastic bag to biodegrade. If burned, it poisons the air; if buried, it pollutes the soil. As climbing traffic has increased, plastic has steadily crept higher up the mountain, turning Everest into a glaring symbol of environmental neglect.

The draft of the Clean Mountain Strategy notes that shorter climbing seasons caused by worsening weather demand stricter regulation. It proposes limiting climbing permits by assessing the mountain’s carrying capacity and available services.

Waste collection figures also reveal the magnitude of the problem. The Sagarmatha Pollution Control Committee reported clearing 85 tonnes of garbage during the 2024 spring season alone, including nearly 28 tonnes of human waste. The Nepali Army cleared another 11 tonnes.

To reduce pressure, Nepal has sharply raised climbing fees. Under revised regulations, the per person royalty for foreigners climbing via the south route in spring has jumped from $11,000 to $15,000.

According to the proposed strategy, climbers will also be required to pay a refundable garbage deposit, returned only if waste is brought back, as well as a non-refundable environmental fee.

A portion of climbing revenues will be earmarked for clean-up campaigns, with provisions for local community involvement. The strategy says expedition operators should also be charged waste management fees under the “polluter pays” principle. A Mountain Clean-up Campaign Fund will be created, and climbers will be required to carry human waste bottles.

The draft strategy introduces stricter rules on equipment and materials. Banners and prayer flags above base camp must be biodegradable and standardised. Non-biodegradable materials must be returned for verification. Every climber must bring back at least 3 kg of waste, which will be monitored at Camp II by both Mountain Rangers and waste management associations. Poop bags will be compulsory above base camp, and authorities will check that climbers bring them back. Equipment lists for each expedition will also be logged to ensure accountability.

Some measures have already started. Since 2024, climbers above base camp are required to use poop bags under the initiative of the Sagarmatha Pollution Control Committee.

With Everest’s global reputation at stake, officials hope the new strategy will work. But experts caution that unless funds match the scale of the challenge, the world’s highest peak’s image as the most visible garbage dump could endure.

Source : The Kathmandu Post.

Activité effusive sur le Stromboli (Sicile) // Effusive activity on Stromboli (Sicily)

Dans un bulletin émis le 20 février 2026, l’INGV indique qu’après une période de calme relatif avec l’activité strombolienne habituelle, une activité effusive est à nouveau apparue sur le Stromboli, avec un débordement de lave au niveau de la bouche éruptive N2 de la zone cratèrique Nord. Le front de la coulée de lave modérée et lente se situe dans la partie supérieure de la Sciara del Fuoco. Une activité explosive ordinaire se poursuit dans les zones des cratères Nord et Centre-Sud, avec une fréquence et une intensité variables.
D’un point de vue sismique, l’amplitude moyenne du trémor volcanique est actuellement
élevée. Aucune déformation de l’édifice volcanique n’est signalée par les instruments.
Source : INGV.

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In a bulletin released on February 20, 2026, the INGV reports that after a period of relative calm with typical Strombolian activity, effusive activity has reappeared on Stromboli, with a lava overflow from the N2 eruptive vent in the North crater area. The front of the moderate, slow-moving lava flow is located in the upper part of the Sciara del Fuoco. Ordinary explosive activity continues in the North and Central-South crater areas, with varying frequency and intensity.
From a seismic perspective, the average amplitude of volcanic tremor is currently high. No deformation of the volcanic edifice has been detected by the instruments.
Source: INGV.

On vous avait prévenus !

Cela fait des années que je fais partie de ceux qui alertent sur le réchauffement climatique et mettent en garde sur ses conséquences. À titre personnel, c’est en survolant et visitant les zones glaciaires en Alaska que j’ai pris conscience de l’ampleur du phénomène. Comme je l’ai déjà écrit, l’Arctique se réchauffe 3 ou 4 fois plus vite que le reste de la planète.

Glacier Columbia en Alaska (Photo: C. Grandpey)

J’ai eu confirmation de la fonte des glaciers dans les Alpes où je me rends régulièrement depuis ma tendre enfance. Les photos du glacier des Bossons et de la Mer de Glace devraient alerter l’ensemble de la population et clouer le bec aux climatosceptiques.

La Mer de glace, une mer morte (Photo: C. Grandpey)

Les effets du réchauffement climatique se font véritablement sentir depuis les années 1970. Le nombre de catastrophes ne fait que s’amplifier et va de pair avec l’accroissement phénoménal des émissions et concentrations de CO2 dans l’atmosphère. La Courbe de Keeling à laquelle je fais souvent référence devrait, elle aussi, alerter ceux qui nous gouvernent.

Les concentrations de CO2 dépassent actuellement les 429 ppm, ce qui est énorme (Source: Scripps Institution of Oceanophaphy)

Mais non ; les politiques (ceux à la tête des États) se plaisent à pratiquer la politique de l’autruche et se passent la patate chaude du réchauffement climatique sans vraiment prendre les mesures qui s’imposent. D’ailleurs, on ne parle plus aujourd’hui de mesures préventives, mais de mesures d’adaptation aux conséquences du réchauffement climatique. Pourtant, nous en prenons régulièrement plein la figure. Les inondations catastrophiques qui ravagent plusieurs régions de France nous montrent l’ampleur de la crise climatique. L’expression à la mode est « Du jamais vu ! ». mais que, malheureusement, on reverra.

Certains disent que ces inondations sont une bonne chose pour lutter contre la sécheresse. Sauf que les sols inondés n’absorbent plus l’eau de pluie qui va directement dans l’océan. Comme l’a indiqué sur France Info, Esther Crauser-Delbourg, économiste de l’eau et fondatrice de Water Wiser, cette pluie abondante « ne nous assure pas d’avoir un été tranquille », sans sécheresse. « Si jamais en mars ou en avril il y avait une forme de sécheresse et si l’été devient caniculaire, on pourrait à nouveau parler d’enjeux de sécheresse. »

Source : presse régionale

Le mois de février a été doux et humide en France, ce qui a favorisé d’abondantes chutes de neige en montagne, avec des avalanches à la clé, mais il ne faut pas se tromper. Cela ne met pas à l’abri les stations de basse et moyenne montagne de difficultés dans les prochaines années. La limite pluie-neige s’élevant régulièrement, l’or blanc ne durera pas éternellement. Même chose pour les glaciers dont la zone d’alimentation ne parvient plus à générer la glace nécessaire à leur survie.

Dernier point à ne pas oublier, les catastrophes climatiques auxquelles nous sommes confrontés vont nous coûter un argent fou. S’agissant des inondations, une fois l’eau retirée, il va falloir panser les plaies et les compagnies d’assurance vont devoir débourser des sommes colossales. Comme l’a indiqué Esther Crauser-Delbourg, la facture de ces intempéries sera extrêmement chère et s’élèvera à plusieurs milliards d’euros. « Le problème, c’est que les fonds de subvention de l’État ne se comptent qu’en millions donc on n’a pas assez d’argent pour couvrir ». L’économiste recommande d’« investir encore plus d’argent sur l’adaptation pour ne pas que cela se reproduise ». Pas évident au vu de l’état des finances françaises en ce moment. Les primes d’assurances vont sérieusement augmenter ; cela ne fait guère de doute !

Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques informations sur l’activité volcanique dans le monde, fournies par les observatoires et par le Global Volcanism Network de la Smithsonian Institution.

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L’Épisode 42 de l’éruption du Kilauea (Hawaï) s’est terminé le 15 février 2026 à 23h38 (heure locale), après 9 heures et 48 minutes de fontaines de lave. Le débit effusif maximal a atteint 780 mètres cubes par seconde. L’événement s’est achevé avec un débit effusif moyen de 330 mètres cubes par seconde. Le volume de lave émis est estimé à 11,4 millions de mètres cubes. La lave a recouvert environ 50 % du plancher du cratère de l’Halemaʻumaʻu. La hauteur des fontaines de lave a culminé à environ 400 mètres au niveau de la bouche éruptive sud. La fontaine de la bouche nord a atteint environ 300 mètres de hauteur.
Le HVO indique que les données sont actuellement insuffisantes pour prévoir le début des fontaines de lave de l’Épisode 43, mais celui-ci devrait avoir lieu dans 2 ou 3 semaines, entre le 5 et le 20 mars 2026.
Source : HVO.

Images webcam de l’Épisode 42

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L’éruption du Piton de la Fournaise (Île de la Réunion) se poursuit tranquillement, comme le montre la faible amplitude du trémor éruptif. Une seule bouche éruptive reste active sur le flanc sud-sud-est, avec un cône en formation d’environ 15 m de hauteur. L’OVPF précise que ce cône reste ouvert, permettant à la lave de s’écouler librement. Le front de coulée est toujours figé à environ 2,6 km de la RN2 qui n’est donc pas menacée. .

Une sismicité persistante est enregistrée sous le sommet, signe que le système reste sous pression et que le volcan n’a peut-être pas dit son dernier mot.Dans la mesure où l’éruption n’est pas terminée, l’Enclos reste fermé au public

Source : OVPF.

 

Le panache de SO2 observé le 14 février 2026 par le satellite Sentinel-5 Precursor du programme européen Copernicus.

Mon ami Christian Holveck vient de me faire parvenir quelques photos du site éruptif. Très belles, comme d’habitude:

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À compter du 16 février 2026, un nouvel essaim sismique incluant des événements hybrides a été enregistrée sous le Teide (Tenerife, îles Canaries).

 

Photo : C. Grandpey

Les données du Réseau sismologique des Canaries font état de plus de 300 événements de très faible magnitude enregistrés depuis le début de cet épisode. Les secousses se produisent à une profondeur d’environ 8 à 12 km sous le sommet du volcan et présentent des formes d’onde hybrides caractéristiques de l’interaction entre la fracturation de roches et les mouvements de fluides dans un environnement hydrothermal.

Sommet du Teide (Photo : C. Grandpey)

Selon INVOLCAN, le mécanisme le plus probable est l’injection de fluides magmatiques dans le système hydrothermal de Tenerife. Ce processus se répète depuis 2016 et est corroboré par des observations géophysiques et géochimiques indépendantes, avec notamment une augmentation des émissions diffuses de CO₂ provenant du cratère du Teide, ainsi qu’une légère déformation du sol sur le flanc nord-est du volcan.
Les autorités précisent que cette série d’événements sismiques ne modifie pas la probabilité d’éruption à court ou moyen terme et qu’aucun changement de niveau d’alerte n’a été décidé. Cette nouvelle activité fait suite à un essaim hybride semblable détecté le 7 février 2026 et s’inscrit dans une série d’épisodes d’activité volcanique observés depuis une dizaine d’années. Des essaims comparables se sont produits le 7 août 2025, le 14 novembre 2024, le 12 juillet 2022, le 16 juin 2022 et le 14 juin 2019.
La dernière éruption du Teide remonte à 1909, au niveau de la bouche éruptive de Chinyero, sur son flanc nord-ouest.

Photo : C. Grandpey

Source : Institut volcanologique des Canaries (INVOLCAN).

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Le Met Office islandais (IMO) nous informe ces jours-ci que la quantité de magma sous Svartsengi continue d’augmenter, avec environ 22 millions de mètres cubes qui se sont accumulés depuis la dernière éruption en juillet 2025. L’IMO note également que ce volume approche désormais les niveaux les plus élevés mesurés depuis le début des événements le 18 décembre 2023. Une intrusion magmatique et une éruption le long de la chaîne de cratères de Sundhnúkagígar restent le scénario le plus probable. Selon l’IMO, si une éruption se produit, elle ressemblera très probablement aux précédentes le long de cette chaîne de cratères. L’activité sismique au-dessus de l’intrusion magmatique est restée faible, comme ces dernières semaines.

Cela fait plusieurs semaines, pour ne pas dire plusieurs mois, que les scientifiques de l’IMO annoncent qu’une éruption se produira prochainement le long de la chaîne de cratères de Sundhnúkagígar. Certes, une éruption se déclenchera un jour ou l’autre, mais peut-on vraiment parler de prévision éruptive ?

Image de l’éruption de juillet 2025

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 L’activité éruptive se poursuit sur le Fuego (Guatemala), avec des explosions stromboliennes quotidiennes générant des panaches de gaz et de cendres qui s’élèvent jusqu’à 1,1 km au-dessus du sommet. Des grondements et des ondes de choc sont toujours signalés. Des explosions projettent des matériaux incandescents jusqu’à 300 m au-dessus du sommet. Des avalanches de blocs incandescents dévalent quotidiennement plusieurs ravines sur les flancs du volcan.
Source : INSIVUMEH.

À noter sur la chaîne ARTE un documentaire intéressant (52 minutes) intitulé « Passion volcan » qui montre l’activité éruptive du Fuego en 2022 à l’aide de drones. L’équipe de tournage s’est installée sur l’Acatenango voisin qui offre un superbe belvédère sur le Fuego. Les images sont globalement bonnes, mais il est étonnant que le rendu de la lave de nuit ne soit pas meilleur avec des caméras très haute définition.

Le documentaire présente également une bonne séquence sur l’île islandaise de Surtsey et sur le fonctionnement du geyser Strokkur. Vous le verrez en cliquant sue ce lien :

https://www.arte.tv/fr/videos/127484-003-A/le-grand-show-de-la-nature/

Image extraite du documentaire

Étant moi-même pilote de drone, cette approche de leur utilisation en volcanologie m’a beaucoup plu. Il y a quelques années, j’avais prévu de faire des prélèvements de gaz au-dessus de la Bocca Nuova de l’Etna mais la difficulté d’une telle entreprise et le risque de perdre un drone dans les turbulences des gaz m’ont fait abandonner ce projet.

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Une éruption explosive du Kanlaon (Philippines) le 19 février 2026 a généré un panache de cendres de 2 000 mètres de haut, des coulées pyroclastiques dans un rayon de 2 km autour du cratère et des retombées de cendres sur 41 quartiers répartis dans six villes, nécessitant l’évacuation de plus de 30 familles. L’événement a duré deux minutes, d’après les enregistrements sismiques. L’éruption a également produit une onde de choc et des grondements perçus à plus de 30 km du cratère.
Les mesures de déformation montrent que l’édifice volcanique enfle lentement et de façon fluctuante depuis 2022 en raison d’intrusions magmatiques en profondeur. Selon l’Institut philippin de volcanologie et de sismologie (PHIVOLCS), un blocage des conduits de gaz volcaniques et la pressurisation qui en a résulté ont déclenché l’éruption explosive du 19 février. Ce mécanisme éruptif correspond à celui observé depuis juin 2024. Le volcan est maintenu au niveau d’alerte 2.
Voici une vidéo de la dernière éruption explosive :
https://twitter.com/i/status/2024418997643386960

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Une hausse de l’activité éruptive a été observée à Ambae (Vanuatu) les 12 et 13 février 2026. Une forte incandescence au-dessus du cratère était visible sur les images des webcams, et les données satellitaires ont confirmé une forte anomalie thermique et des niveaux élevés de SO₂. Une hausse de l’activité sismique a également été détectée. Des retombées de cendres et une odeur de soufre ont été signalées par les populations sous le vent. L’activité a diminué les 14 et 15 février. Le niveau d’alerte reste à 2 (sur une échelle de 0 à 5). Il est demandé au public de rester en dehors de la zone de danger A, définie comme un rayon de 2 km autour des bouches éruptives actives du lac Voui.

Source : Vanuatu Meteorology and Geohazards Department (VMGD).

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Aucune activité éruptive n’est actuellement observée sur l’Ubinas (Pérou), mais l’Institut géophysique du Pérou (IGP) signale que ces dernières semaines, des lahars chargés de cendres, de fragments de roche et de blocs ont dévalé la ravine Volcánmayo, sur le flanc sud-est du volcan. Il est demandé au public de se tenir à l’écart de cette ravine et d’éviter de circuler sur la route Querapi-Ubinas-Huarina. Le niveau d’alerte volcanique reste à la couleur Verte (le niveau le plus bas sur une échelle de quatre couleurs).

Vue de l’Ubinas et son cratère ‘Source: IGP)

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L’activité reste globalement stable sur les autres volcans mentionnés dans les bulletins précédents « Volcans du monde ».
Ces informations ne sont pas exhaustives. Vous pourrez en obtenir d’autres en lisant le rapport hebdomadaire de la Smithsonian Institution :
https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Here is some news about eruptive activity around the world, provided by observatories and the Smithsonian Institution’s Global Volcanism Network.

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Episode 42 of the Kilauea eruption (Hawaii)ended at 11:38 p.m. (local time) on February 15 2026 after 9 hours and 48 minutes hours of lava fountaining. The peak effusive flow rate reached 780 cubic meters per second. The event ended with an average effusive flow rate of 330 cubic meters per second. The volume of lava emitted is estimated at 11.4 million cubic meters. The lava covered approximately 50% of the floor of Halemaʻumaʻu crater. The height of the lava fountains peaked at approximately 400 meters at the southern vent. The fountain at the northern vent reached approximately 300 meters.

The HVO says there is not enough data to issue forecast for the onset of Episode 43 lava fountains, but it is likely 2-3 weeks away, between 5 and 20 March 2026.

Source : HVO.

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The eruption of Piton de la Fournaise (Reunion Island) continues quietly, as evidenced by the low amplitude of the eruptive tremor. Only one eruptive vent remains active on the south-southeast flank, with a cone approximately 15 meters high. The OVPF specifies that this cone remains open, allowing lava to flow freely. The lava flow front is still stationary about 2.6 km from the RN2 highway, which is therefore not threatened.
Persistent seismic activity is recorded beneath the summit, indicating that the system remains under pressure and that the volcano may not have yet exhausted its potential.

As the eruption is ongoing, the Enclos remains closed to the public.

Source : OVPF.

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Beginning on February 16 2026, a new swarm of hybrid seismic events has been recorded beneath Teide volcano (Tenerife / Canary Islands). Data from the Canary Seismic Network show more than 300 very low-magnitude events recorded since the start of the episode. The earthquakes have depths of about 8–12 km below the volcano’s summit and display hybrid waveforms typical of the interaction between rock fracturing and fluid movement in a hydrothermal environment. According to INVOLCAN, the most likely mechanism is magmatic-fluid injection into Tenerife’s hydrothermal system. This process has been recurring since 2016 and is supported by independent geophysical and geochemical observations, including increased diffuse CO2 emissions from Teide’s crater and slight ground deformation on the volcano’s northeastern flank.

Authorities state that the swarm does not alter the likelihood of eruption in the short or medium term and that no alert-level changes have been made.

The new activity follows a similar hybrid swarm detected on February 7, 2026, and continues a decade-long pattern of episodic unrest. Comparable swarms occurred on August 7, 2025, November 14, 2024, July 12, 2022, June 16, 2022, and June 14, 2019.

Teide’s most recent eruption occurred in 1909 at the Chinyero vent on its north-western flank.

Source : Instituto Volcanológico de Canarias (INVOLCAN).

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The Icelandic Met Office informs us that the amount of magma beneath Svartsengi continues to increase, with about 22 million cubic meters having accumulated since the last eruption in July 2025. The Met Office also notes that the volume is now approaching the highest levels measured since the events began on December 18, 2023. A magma intrusion and eruption along the Sundhnúkagígar crater row remains the most likely scenario. According to the IMO, if an eruption occurs, it is most likely to be similar to previous events along the Sundhnúkagígar crater row. Seismic activity above the magma intrusion has remained low, similar to recent weeks.

Scientists at the Met Office have said for several weeks or even months that an eruption would occur in the short term along the Sundhnúkagígar crater row. Sure, it will happen some day or other, but can we call it eruptive prediction ?

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Eruptive activity continues at Fuego (Guatemala) with daily Strombolian explosions generating gas-and-ash plumes that rise as high as 1.1 km above the summit. Rumbling sounds and shock waves are still reported. Explosions occasionally eject incandescent material as high as 300 m above the summit. Daily incandescent block avalanches descend several drainages on the flanks of the volcano.

Source : INSIVUMEH.

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An explosive eruption at Kanlaon (Philippines) on February 19, 2026 generated a 2 000-meter ash plume, pyroclastic flows within 2 km of the crater, and ashfall across 41 neighborhoods in six cities where more than 30 families had to be evacuated. The event lasted two minutes on seismic recordings. The eruption also generated a shockwave heard as a booming sound and felt more than 30 km from the crater.

Ground deformation measurements show that the Kanlaon edifice has been inflating at low and fluctuating rates since 2022 due to magma intrusion at depth. According to PHIVOLCS, blockage of established volcanic gas pathways and the resulting pressurization of the edifice triggered the February 19 explosive event, which is consistent with the eruption mechanism observed since June 2024. The volcano is kept at alert level 2.

Here is a video of the explosive eruption :

https://twitter.com/i/status/2024418997643386960

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Increased eruptive activity was observed at Ambae (Vanuatu) during 12-13 February 2026. Strong incandescence above the crater rim was visible in webcam images, and satellite data confirmed a strong thermal anomaly and high levels of SO2 emissions. Increased tremor was also detected by the seismic network. Ashfall and a sulfur odor was reported by residents downwind. Activity decreased during 14-15 February, The Alert Level remains at 2 (on a scale of 0-5). The public is asked to stay outside Danger Zone A, defined as a 2-km radius around the active vents in Lake Voui.

Source : Vanuatu Meteorology and Geohazards Department (VMGD).

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No eruptive activity is currently observed at Ubinas (Peru), but the Instituto Geofísico del Perú (IGP) reports that in the past weeks t lahars carrying ash, rock fragments, and blocks have descended the Volcánmayo drainage on the SE flank of the volcano. The public is asked to stay away from the drainage and to avoid driving on the Querapi-Ubinas-Huarina highway. The volcano alert level remains at Green (the lowest level on a four-color scale).

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Activity remains globally stable on other volcanoes mentioned in the previous bulletins « Volcanoes of the world ».

This information is not exhaustive. You can find more by reading the Smithsonian Institution’s weekly report:

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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