Dégel du pergélisol : les rivières d’Alaska virent toujours à l’orange // Thawing permafrost : rivers in Alaska are still turning orange

Concentrations de CO2 : 431,74 ppm (8 juin 2026)             

Concentrations de CH4 : 1940,46 ppb (février 2026)

Dans une note publiée le 27 juin 2024, j’expliquais que les rivières et les ruisseaux de l’Alaska changent de couleur, passant d’un beau bleu à un orange rouille, en raison des métaux toxiques libérés par le dégel du pergélisol.

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2024/06/27/rechauffement-climatique-des-rivieres-virent-a-lorange-en-alaska-global-warming-some-rivers-are-turning-orange-in-alaska/

Crédit photo: USGS

Aujourd’hui, en 2026, des scientifiques alertent une nouvelle fois sur le dégel du permafrost provoqué par la hausse des températures dans le monde. Le phénomène libère des métaux dans les cours d’eau. Dans la chaîne de montagnes de Brooks (Brooks Range), des chercheurs ont constaté que le dégel du pergélisol transforme des rivières autrefois limpides, avec une menace pour les poissons, les systèmes alimentaires et les populations en aval.
Une étude publiée dans Communications Earth & Environment a révélé que le dégel du pergélisol est responsable de la coloration orangée observée dans les rivières et les ruisseaux du nord de l’Alaska. Les chercheurs ont identifié deux mécanismes par lesquels la hausse des températures et le dégel des sols gelés anciens transportent le fer dans ces cours d’eau.
Le premier mécanisme se situe en altitude, où le dégel expose des roches riches en pyrite à l’air et à l’eau, déclenchant une pollution par des matériaux acides, généralement associée à l’exploitation minière.
Le second mécanisme se développe dans les zones humides de basse altitude, où le dégel dilate des sols gorgés d’eau et pauvres en oxygène.
Dans ces conditions, les microbes produisent du fer dissous qui s’oxyde ensuite dans les cours d’eau, leur donnant une couleur orange rouille. Les cours d’eau et leurs lits sont recouverts de sédiments orangés. Selon un chercheur ayant participé à des travaux sur le terrain en 2019, cela ressemblait initialement à des « eaux usées. » L’équipe scientifique a ensuite établi un lien entre ces observations et les relevés de température souterraine ainsi que la chimie des cours d’eau, démontrant que le dégel des sols est à l’origine de cette contamination.
Les chercheurs expliquent que de fines particules de fer peuvent rester en suspension dans l’eau sur plus de 100 kilomètres, réduisant sa clarté, enrobant les algues, perturbant les populations d’insectes et obstruant les branchies des poissons.
Ce phénomène exerce une pression sur l’ensemble des chaînes alimentaires, notamment sur le saumon qui dépend de gravières propres et d’écosystèmes aquatiques sains. Les communautés qui dépendent de la pêche pourraient être confrontées à des menaces sur leur sécurité alimentaire et leurs pratiques culturelles à mesure que la crise climatique s’aggrave.
Ce type de pollution est difficile à endiguer. Contrairement à la contamination à proximité d’une mine, la corrosion diffuse causée par le dégel du pergélisol peut se propager sur de vastes territoires. Les chercheurs pensent que des risques similaires pourraient apparaître ailleurs dans le monde, là où le réchauffement climatique rencontre une géologie riche en métaux, notamment dans le nord du Canada, les Andes et les Alpes.

D’après des chercheurs de l’Université d’Alaska, le suivi des températures du sol pourrait permettre aux scientifiques de prédire les futurs problèmes de qualité de l’eau. Selon eux, bien qu’« il soit impossible d’y remédier une fois que le problème est apparu », alerter à l’avance les populations situées en aval pourrait contribuer à protéger les habitats encore épargnés.
Source : The Cool Down via Yahoo News.

Vue aérienne de la Kutuk, dans le nord de l’Alaska, où la belle couleur bleue de la rivière doit cohabiter avec l’eau orange due au dégel du pergélisol (Crédit photo : National Park Service)

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In a post published on June 27, 2024, I explained that Alaska’s rivers and streams are changing color, shifting from a beautiful blue to a rusty orange, due to toxic metals released by thawing permafrost.

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2024/06/27/rechauffement-climatique-des-rivieres-virent-a-lorange-en-alaska-global-warming-some-rivers-are-turning-orange-in-alaska/

Today, in 2026, scientists warn again that rising global temperatures are thawing long-frozen ground and releasing metals into waterways. In Alaska’s Brooks Range, researchers found that permafrost thaw is transforming once-clear rivers in ways that could threaten fish, food systems, and communities downstream.

A study in Communications Earth & Environment found that thawing permafrost is responsible for the orange discoloration seen in rivers and streams across northern Alaska. The researchers identified two routes by which rising temperatures and the thawing of ancient frozen soil are bringing iron into these waterways.

One starts at higher elevations, where thaw is exposing pyrite-rich rock to air and water, setting off acid rock drainage, a type of pollution more often associated with mining.

The other is unfolding in lower-elevation wetlands, where thaw is expanding waterlogged, low-oxygen soils.

Under those conditions, microbes produce dissolved iron that later oxidizes in streams, turning the water rusty orange. Waterways and streambeds appear coated in orange sediment, a change one researcher said initially looked « like sewage » when it was spotted during fieldwork in 2019. The research team then linked those scenes to underground temperature records and stream chemistry, showing that thawing soil is driving the contamination.

Researchers explain that fine iron particles may remain suspended in the water for more than 100 kilometers, reducing clarity, coating algae, disrupting insect populations, and clogging fish gills.

That puts pressure on entire food webs, including salmon that depend on clean gravel beds and healthy aquatic ecosystems. Communities that rely on fish may face threats to food security and cultural practices as the climate crisis worsens.

This kind of pollution is difficult to stop. Unlike contamination near a mine, diffuse rusting caused by thawing permafrost can spread across vast, remote landscapes. Researchers say similar risks could emerge anywhere warming temperatures intersect with metal-rich geology, including northern Canada, the Andes, and the Alps.

According to University of Alaska researchers, tracking ground temperatures could allow scientists to predict future water-quality problems. While « there’s no fixing this once it starts, » providing downstream communities with advance warning could help protect habitats that are still intact.

Source : The Cool Down via Yahoo News.

Réchauffement climatique : événement extrême à Wellington (Nouvelle Zélande) // Global warming : extreme event at Wellington (New Zealand)

Les autorités néo-zélandaises sont conscientes que le réchauffement climatique aura des répercussions sur leur pays. Plus précisément, le conseil municipal de Wellington explique que la capitale « est exposée à toute une série de défis liés au climat, qui affecteront nos communautés de différentes manières.» Parmi ces défis figurent l’élévation du niveau de la mer, avec des ondes de tempête plus fréquentes et plus violentes. Wellington a une amplitude de marée relativement faible, ce qui rend la ville plus vulnérable même à de faibles variations du niveau de la mer. Les inondations côtières et l’érosion continueront de s’étendre à l’intérieur des terres à mesure que le niveau de la mer montera. Par conséquent, les ondes de tempête plus puissantes exerceront une pression de plus en plus forte sur les populations des zones côtières basses, les infrastructures et les services publics, les routes, les digues et autres biens.

Vue de Wellington et de son port (Crédit photo : Wikipedia)

C’est précisément ce qui s’est produit le 9 juin 2026 dans la capitale néo-zélandaise, où le maire a déclaré l’état d’urgence à la veille de la forte houle prévue pour affecter les habitants de Owhiro Bay, Island Bay. Il leur a été ordonné de rester à l’écart du littoral sud, et on les a prévenus que les secours ne viendraient pas en aide à ceux qui resteraient sur place. La police s’est assurée que les habitants s’étaient réfugiés sur les hauteurs. Des cordons de sécurité ont été mis en place sur les routes environnantes afin d’empêcher l’accès à la côte.
La municipalité a indiqué qu’un événement similaire survenu en 2021 avait touché de nombreuses habitations à Breaker Bay, et que les vagues atteignaient alors environ 6,50 mètres.
Le 9 juin, les vagues qui ont déferlé sur le port de Wellington atteignaient 11 mètres. Les rafales de vent étaient si violentes que deux femmes ont été emportées par des vagues qui ont déferlé sur la chaussée. À l’aéroport de Wellington, où des rafales de vent de 128 kilomètres par heure ont été enregistrées, certains vols ont été annulés.
Source : Médias néo-zélandais.

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New Zealand authorities are conscious that global warming will have impacts on their country. More specifically, the Wellington City council says the capital « is exposed to a range of climate-related challenges, and they will affect our communities in different ways. » Among others, there is the increase in sea level rise and larger storm surge. Wellington has a relatively narrow tidal range, which makes it more vulnerable to even small changes in sea level rise. Coastal flooding and erosion will continue to reach further inland as sea levels rise. As a consequence, larger storm surges put pressure on coastal residents in low-lying suburbs, infrastructure and utilities, roading, sea walls, and other assets.

This is exactly what happened on June 9 2026 in New Zealand’s capital where the mayor.declared a state of emergency on the eve of the swells for seaside residents in Owhiro Bay, Island Bay, Houghton Bay and Breaker Bay. They were ordered to stay away from the southern coastline. They were warned that emergency workers would not be coming to help anyone who stayed behind.

The police made sure that people had moved to higher ground. Officers set up cordons on surrounding roads to prevent people from heading to the coast.

The council said a similar event in 2021 affected many homes in Breaker Bay, and waves during that storm were about 6.5 metres.

Waves entering Wellington Harbour on June 9th were measured at 11 metres. Wind gusts were so strong that two women were knocked off their feet as waves washed up over the road. Some flights were cancelled at Wellington Airport where wind gusts were recorded of up to 128 kilometres per hour.

Source : New Zealand news media.

Désaccords et incertitudes en Islande // Disagreements and uncertainties in Iceland

Une nouvelle étude menée par une équipe internationale de géoscientifiques nous apprend que l’activité volcanique sur la péninsule de Reykjanes serait principalement due à l’accumulation de contraintes à long terme le long de la limite entre les plaques tectoniques nord-américaine et eurasienne, plutôt qu’à des essaims sismiques correspondant au parcours du magma à travers la croûte terrestre.

Image de l’activité volcanique sur la péninsule de Reykjanes

Parmi les chercheurs à l’origine de cette étude figurent Þorvaldur Þórðarson, professeur de volcanologie, Halldór Geirsson, professeur de géophysique, et Gregory De Pascale, professeur associé de géologie à la faculté des Sciences de la Terre de l’Université d’Islande. L’étude repose sur des mesures exhaustives effectuées sur la péninsule de Reykjanes entre 2021 et 2025.
Þórðarson indique que la croûte terrestre s’est élargie de près de quatre mètres durant cette période, dont 2,50 mètres le 10 novembre 2023, jour de l’évacuation de la ville de Grindavík. Selon lui, l’expansion crustale, les mouvements de failles et le magma interagissent tous le long de la limite de plaques.

Fracturation du sol à Grindavik (Crédit photo : Iceland Review)

Þórðarson insiste sur un point qu’il a abordé à plusieurs reprises ces derniers mois : les scientifiques ne sont pas tous d’accord sur ce qui s’est passé sur la péninsule de Reykjanes depuis 2021 et, selon lui, ces divergences sont inhérentes à la démarche scientifique. Il ajoute que, même si les chercheurs travaillent avec les mêmes données, les interprétations peuvent différer car nombre de mesures sont des observations indirectes, et non directes, de ce qui se passe sous la surface. [Remarque personnelle : J’aimerais ajouter que Þorvaldur Þórðarson lui-même s’est souvent trompé dans ses prévisions d’activité volcanique sur la péninsule de Reykjanes !]
Selon Þórðarson, l’un des enseignements les plus importants des événements récents est qu’une incertitude considérable persiste et que personne ne sait vraiment ce qui se passe exactement sous terre. Il souligne l’importance pour les scientifiques de discuter de leurs découvertes et de travailler à des interprétations largement consensuelles.
La nouvelle étude remet en question l’interprétation adoptée par le Met Office islandais, selon laquelle les épicentres des séismes suivent le parcours du magma à travers la croûte terrestre. Selon cette interprétation, l’essaim sismique de novembre 2023 indiquerait la présence de magma sous une grande partie de la région.
Les chercheurs affirment, quant à eux, que les données montrent que des mouvements de failles décrochantes se sont produits en premier, au moment où les plaques tectoniques glissaient horizontalement l’une contre l’autre. Ce n’est que plus tard que le processus a évolué vers une expansion crustale, avec ouverture de la croûte terrestre. Selon l’étude, les importantes fractures et l’affaissement observés à Grindavík en 2021 étaient principalement dus à la rupture au niveau de la limite de plaques. Cette limite a cédé car elle était soumise à une tension constante depuis 800 ans, elle avait atteint sa limite. C’est à ce moment que l’intrusion magmatique sous Fagradalsfjall s’est produite. En réalité, cette intrusion n’a fait qu’accroître légèrement la contrainte exercée sur le système.
En conséquence, selon les chercheurs, le magma est une conséquence plutôt que la cause des mouvements de plaques. Cette conclusion est cohérente avec le fait que la plupart des éruptions le long de la chaîne de cratères de Sundhnúkur se sont produites dans une zone très restreinte, le long d’une fissure d’environ 500 mètres de long entre Stóra-Skógfell et Sýlingarfell.
Un point essentiel de cette nouvelle étude est que les mouvements des limites de plaques islandaises doivent être replacés dans un contexte géologique plus large. Les mouvements observés en Islande, avec la partie ouest du pays qui se déplace vers l’ouest et la partie est qui se déplace vers l’est, et une limite de plaques qui traverse le pays et génère cette activité volcanique, résultent de processus bien plus vastes qu’une simple intrusion magmatique dans la croûte superficielle islandaise.

Image de la gigantesque zone de faille – ici à Thingvellir – qui fait s’écarter l’ouest et l’est de l’Islande (Photo: C. Grandpey)

Ce processus est régi par la convection magmatique au sein du manteau terrestre. Une petite intrusion magmatique en Islande ne déplacera pas à elle seule les limites des plaques, mais tout cela fait partie du même système. En conséquence, comprendre ce qui se passe en Islande permet de comprendre le processus dans sa globalité.

 Illustration du processus d’accrétion (Source: Suffolk University)

Au vu de cette étude, on peut dire qu’il reste encore beaucoup à faire pour comprendre le lien entre la tectonique et le volcanisme en Islande. En attendant, l’accumulation de magma et le soulèvement du sol se poursuivent à Svartsengi, sans que personne ne sache si et quand une nouvelle éruption se produira.
Source : Iceland Monitor.

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A new study by an international team of geoscientists suggests that volcanic activity on Iceland’s Reykjanes Peninsula is being driven primarily by the long-term accumulation of stress along the boundary between the North American and Eurasian tectonic plates, rather than by earthquake swarms marking the path of magma forcing its way through the Earth’s crust.

Among the researchers behind the study are Þorvaldur Þórðarson, Professor of Volcanology, Halldór Geirsson, Professor of Geophysics, and Gregory De Pascale, Associate Professor of Geology at the University of Iceland’s Faculty of Earth Sciences. The study is based on extensive measurements collected on the Reykjanes Peninsula between 2021 and 2025.

Þórðarson says the Earth’s crust widened by nearly four meters during the study period, including as much as 2.5 meters on November 10, 2023, when the town of Grindavík was evacuated. In his opinion, crustal spreading, fault movements and magma all interact along the plate boundary.

Þórðarson emphasizes a point he has made repeatedly in recent months: scientists are not in complete agreement about what has happened on the Reykjanes Peninsula since 2021, and such disagreement is a normal part of the scientific process. He adds that although researchers are working with the same data, interpretations can differ because many of the measurements are indirect rather than direct observations of what is occurring beneath the surface. [Personal remark : I’d like to add that Þorvaldur Þórðarson himself was often wrong about his predictions of volcanic activity on the Reykjanes Peninsula in the past months!]

According to Þórðarson, one of the most important lessons from the recent events is that significant uncertainty remains and that no one yet has definitive answers about exactly what is happening underground. He stresses the importance of scientists discussing their findings and working toward interpretations that can be broadly supported.

The new study challenges the interpretation adopted by the Icelandic Meteorological Office that earthquake epicenters trace the path of magma moving through the crust. Under that interpretation, the earthquake swarm of November 2023 would indicate that magma is present beneath a large portion of the region.

Instead, the researchers argue that the data suggest strike-slip fault movements occurred first, with tectonic plates sliding horizontally past one another. Only later did the process evolve into crustal spreading, during which the crust opened up.

The study proposes that the extensive fracturing and subsidence seen in Grindavík in 2021 were primarily the result of the plate boundary itself rupturing. The boundary broke because it had been under tension for 800 years and reached its limit. This when the magma intrusion beneath Fagradalsfjall occurred. In reality, that intrusion simply added a little extra strain to the system.
The researchers’ interpretation is therefore that magma is a consequence rather than the cause of the movements. This is consistent with the fact that most of the eruptions at the Sundhnúkur crater row occurred within a very confined area, along a fissure approximately 500 meters long between Stóra-Skógfell and Sýlingarfell.

A major point of the new study is that the movement of Iceland’s plate boundaries should be placed into a broader geological context. The movements observed in Iceland, where the western part of the country is moving westward and the eastern part is moving eastward, with a plate boundary running across the country and generating all of this volcanic activity, are the result of processes that are vastly larger than a magma intrusion in the shallow crust of Iceland.

The process is managed by magma convection within Earth’s mantle. A small magma intrusion in Iceland is not going to move the plate boundaries, but it is all part of the same system, and understanding what is happening in Iceland helps understand the process as a whole.

In short, a lot remains to be done to understand the link between tectonics and colcanism in Iceland. Meantime, magma accumulation and ground uplift are continuaing at Svartsengi, but nobody knows if and when an eruption will occur

Source : Iceland Monitor.

Réchauffement climatique : Des algues toxiques jusqu’en Alaska // Global warming : Toxic algae as far as Alaska

Concentrations de CO2 : 431,87 ppm (5 juin 2026)             

Concentrations de CH4 : 1940,46 ppb (février 2026)

J’ai écrit plusieurs notes sur la prolifération des sargasses, ces algues brunes qui posent un problème récurrent dans la mer des Caraïbes, le golfe du Mexique et l’océan Atlantique. Les chercheurs estiment qu’au moins 4 % de la surface océanique est actuellement recouverte de tapis de sargasses, et que ces quantités sont susceptibles d’augmenter avec le réchauffement climatique.

Photo : C. Grandpey

Aujourd’hui, il semble que les territoires du Nord soient également concernés par l’invasion d’algues. Ainsi, le réchauffement des eaux autour de l’Alaska a provoqué la prolifération d’algues nuisibles. À Kotzebue, dans l’ouest de l’État, leur prolifération était si intense que les habitants ont d’abord cru que quelqu’un avait déversé des produits chimiques dans l’eau. On aurait dit de la peinture verte fluorescente.

Crédit photo : Alaska Public Media

La plupart des algues présentes dans les eaux de l’Alaska sont inoffensives, et beaucoup sont même bénéfiques. Mais on observe plusieurs variétés toxiques qui deviennent de plus en plus préoccupantes à mesure que les eaux océaniques et d’eau douce se réchauffent. L’Alexandrium est une algue qui produit de la saxitoxine et des composés apparentés pouvant provoquer une intoxication paralytique par les fruits de mer. La cuisson et la congélation ne permettent pas d’éliminer ces toxines, et il n’existe aucun antidote. Dans les cas les plus graves, les victimes peuvent cesser de respirer. Les autorités sanitaires de l’Alaska ont indiqué que l’État a recensé 132 cas d’intoxication paralytique par les fruits de mer et cinq décès entre 1993 et ​​2021.

Les scientifiques surveillent également les bactéries Pseudo-nitzschia, capables de produire de l’acide domoïque, et Dinophysis, qui peuvent provoquer une intoxication diarrhéique par les fruits de mer. De faibles concentrations d’acide domoïque ont déjà été détectées en Alaska, mais aucun cas d’intoxication n’y a été confirmé.
La prolifération de cyanobactéries est un problème récurrent autour de Kotzebue depuis 2008, date à laquelle l’eau a pris une couleur verte pour la première fois. Ces proliférations nuisibles menacent les systèmes alimentaires, la santé publique et la faune sauvage dont dépendent culturellement et économiquement de nombreuses communautés d’Alaska.

Des chercheurs soupçonnent la saxitoxine d’avoir joué un rôle dans d’importantes mortalités d’oiseaux, notamment celle des guillemots de Troïl survenue entre 2015 et 2017 lors d’une vague de chaleur marine.

Guillemots de Troïl (Photo : C. Grandpey)

Ils ont également expliqué que la saxitoxine était la cause de la mort d’otaries à fourrure retrouvées échouées dans les îles Pribilof en 2024 et 2025.
Si l’acide domoïque n’a pas encore provoqué de cas d’intoxication en Alaska, il décime de nombreuses espèces sauvages depuis des décennies en Californie.
Pour les familles qui pratiquent la pêche ou le ramassage de coquillages, ces proliférations d’algues pourraient compromettre la sécurité alimentaire et accroître l’incertitude quant à la sécurité des aliments. Des enquêtes locales ont été menées sur des oiseaux et des mammifères marins suite à des mortalités suspectées d’être liées à ces proliférations. Même en l’absence de confirmation de la présence de toxines, cette surveillance peut aider les communautés à réagir plus rapidement. Les autorités locales recommandent de suivre attentivement les recommandations sanitaires et les interdictions de pêche aux coquillages. La population est invitée à prêter attention aux signalements de couleurs d’eau inhabituelles et d’animaux sauvages malades ou morts, et à signaler tout ce qu’ils observent personnellement à leur organisme local de protection de la faune.

Source : Fox Weather via Yahoo News.

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I have written several posts about sargassum blooms, the brown seaweed that is becoming a problem has become a recurring problem in the Caribbean Sea, Gulf of Mexico and Atlantic Ocean, according to the NOAA. Researchers say that at least 4% of the ocean’s surface is currently covered by clumps and mats of sargassum, and those amounts are likely to increase with global warming.

Today, it seems that northern territories are also concerned with the invasion of algae. Warmer waters around Alaska have been causing a small group of harmful algae to bloom. In Kotzebue, in the western part of the State, one bloom was so vivid that locals at first thought someone had dumped chemicals into the water. It looked like fluorescent green paint.

Most algae in Alaska’s waters are harmless, and many are even beneficial. But several toxic varieties are becoming a bigger concern as ocean and freshwater conditions warm. Alexandrium is an algae that produces saxitoxin and related compounds that can cause paralytic shellfish poisoning. Cooking and freezing can’t remove these toxins, and there is no antidote. In severe cases, victims can stop breathing. State health officials said Alaska recorded 132 cases of paralytic shellfish poisoning and five fatalities from 1993 to 2021.

Scientists are also watching Pseudo-nitzschia, capable of producing domoic acid, and Dinophysis, which can trigger diarrhetic shellfish poisoning. Low levels of domoic acid have already been detected in Alaska, but no poisoning events have been confirmed there.

Cyanobacteria blooms have become a recurring issue around Kotzebue since 2008. That was when the water first turned bright green. Harmful blooms threaten food systems, public health, and the wildlife many Alaska communities depend on culturally and economically.

Researchers suspect saxitoxin may have played a role in major bird die-offs, including the 2015-2017 « wreck » of common murres during a marine heat wave. They have confirmed that saxitoxin was the cause of death in northern fur seals found stranded in the Pribilof Islands in 2024 and 2025.

If domoic acid has not yet caused documented poisoning events in Alask, it has killed many kinds of wildlife for decades in California.

For families who gather shellfish or rely on local fish for food, these blooms could undermine food security and increase uncertainty about what is safe to eat. Local investigations have tested birds and marine mammals after suspected bloom-related die-offs. Even when toxins are not confirmed, that monitoring can still help communities respond more quickly.

Local authorities say that the most practical protection is to stay alert to local health guidance and shellfish closures. Residents should pay attention to reports of unusual water color and sick or dead wildlife, and report anything they personally see to their local wildlife organization.

Source : Fox Weather via Yahoo News.