Si le Groenland pouvait parler… (2ème partie) // If Greenland could speak… (part 2)

Au final, l’étude de la carotte de glace de Camp Century montre qu’il y a 400 000 ans, le climat du Groenland ressemblait plus ou moins au nôtre, avec des alternances de périodes froides et chaudes. Par la suite, l’île s’est métamorphosée et a viré à la glace.

La vraie question est de savoir pourquoi la calotte du Groenland a fondu si vite et a été recouverte de végétation. La réponse à cette question nous aiderait à mieux comprendre le processus de fonte de l’île arctique aujourd’hui. La vitesse de fonte du Groenland détermine l’élévation du niveau de la mer et donc le futur des zones habitées sur les littoraux dans le monde.

On pourrait se demander si la fonte de la calotte glaciaire du Groenland dépend d’un cycle climatique naturel, avec alternance de périodes froides et de périodes chaudes. Les scientifiques nous rappellent qu’un cycle climatique naturel est géré par 3 paramètres : 1) la trajectoire de la Terre autour du Soleil est tantôt elliptique, tantôt circulaire ; cela se produit environ tous les 100 000 ans. 2) l’inclinaison de l’axe de rotation de la Terre qui varie environ tous les 40 000 ans. 3) le mouvement d’inclinaison de la Terre – autrement dit son oscillation – qui change tous les 22 000 ans.

Rotation de la Terre sur son axe et sa révolution autour du Soleil (Source: NOAA)

Ces 3 paramètres interagissent. Dans les reconstructions de températures des carottes de glace, on constate que les changements de température suivent de près l’évolution de l’exposition au soleil. En revanche, aujourd’hui, les activités humaines modifient la quantité de gaz à effet de serre dans l’atmosphère et impactent la température beaucoup plus rapidement que les paramètres astronomiques que l’on vient de décrire. Par exemple, nous sommes aujourd’hui dans une phase où le climat devrait se refroidir, mais il est en train de se réchauffer, à cause des activités d’origine anthropique. Le seuil de 1,5°C défini par la COP 21 de Paris est à oublier ; on se dirige très probablement vers une hausse de 3 ou 4 degrés Celsius. La conséquence est que les calottes glaciaires et les glaciers fondent à la vitesse V, sans oublier les événements extrêmes qui impactent notre belle planète de plus en plus souvent.

Un documentaire diffusé sur la chaîne ARTE et intitulé « Groenland, la mémoire de glaces », illustre ce que je viens d ‘écrire. Vous pourrez le visionner en cliquant sur ce lien :

https://www.arte.tv/fr/videos/127023-000-A/groenland-la-memoire-des-glaces/

Une dizaine de minutes avant la fin, l’un des scientifiques explique qu’il fait des conférences et que des parents désemparés viennent le voir car ils se posent des questions sur le monde qu’ils vont laisser à leurs enfants. Je connais souvent une situation identique au terme de ma conférence « Glaciers en péril ». En général, il règne un silence de plomb dans la salle car j’énonce en permanence des vérités.

On me demande ce qu’il faudrait faire pour empêcher la catastrophe que j’annonce. Les solutions que j’avance ne sont pas celles à toute petite échelle dont parlent les médias. Pour réduire nos émissions de CO2 et autres gaz polluants, il faudrait prendre des mesures dignes de ce nom mais qui – j’en suis pleinement conscient – chambouleraient notre société. Ainsi, on pourrait développer le ferroutage qui réduirait le nombre de camions sur nos routes. On pourrait aussi supprimer les vols charter dans le transport aérien et ne conserver que les vols sur les lignes régulières. On pourrait réduire le nombre de navires de croisière. On pourrait obliger toutes les nouvelles constructions à se doter de panneaux photovoltaïques. Mais il y aura un revers à la médaille car certaines des mesures que je propose sont parfois fort coûteuses, comme les voitures électriques. De plus, elle risquent de générer du chômage ou déclencher des mouvements sociaux. Aucun homme politique n’osera s’aventurer sur ce terrain mouvant. La société moderne s’est construite sur les énergies fossiles et seule leur disparition naturelle par épuisement pourrait nous sortir de l’ornière dans laquelle nous nous sommes mis. L’ironie de la situation, c’est que la fonte de la glace arctique permet d’accéder à de nouveaux gisements de pétrole et de gaz. La disparition naturelle des énergies fossiles interviendra donc trop tard, beaucoup trop tard.

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Ultimately, the study of the Camp Century ice core shows that 400,000 years ago, Greenland’s climate was more or less similar to ours, with alternating cold and warm periods. Subsequently, the island became covered in ice.

The real question is why the Greenland ice sheet melted so quickly and became covered in vegetation. The answer to this question would help us better understand the melting process of the Arctic island today. The rate of Greenland’s melting determines sea level rise and therefore the future of populated coastal areas worldwide.
One might wonder if the melting of the Greenland ice sheet is not dependent on a natural climate cycle, with alternating cold and warm periods. Scientists remind us that a natural climate cycle is governed by three parameters: 1) the Earth’s orbit around the Sun is no longer elliptical but circular; This occurs approximately every 100,000 years. 2) The tilt of the Earth’s axis of rotation, which varies approximately every 40,000 years. 3) The Earth’s tilt—in other words, its oscillation—which changes every 22,000 years. These three parameters interact. In temperature reconstructions of ice cores, we observe that temperature changes closely follow the evolution of solar exposure. However, today, human activities are altering the amount of greenhouse gases in the atmosphere and impacting the temperature much more rapidly than the astronomical parameters just described. For example, we are currently in a phase where the climate should be cooling, but it is warming. This is due to human-caused activities. The 1.5°C threshold defined by the COP 21 in Paris is no longer relevant. We are very likely heading towards a rise of 3 or 4 degrees Celsius. The consequence is that ice caps and glaciers are melting at an alarming rate, not to mention the extreme weather events that are impacting our beautiful planet with increasing frequency.

A documentary broadcast on the ARTE channel, entitled « Greenland, the Memory of Ice, » illustrates what I have just written. You can watch it by clicking on this link:

https://www.arte.tv/fr/videos/127023-000-A/groenland-la-memoire-des-glaces/

About ten minutes before the end, one of the scientists explains that he gives lectures and that distraught parents come to see him because they have questions about the world they will leave to their children. I often encounter a similar situation at the end of my lecture « Glaciers in Peril. » Generally, there is a deathly silence in the room because I am constantly stating the facts.

People ask me what needs to be done to prevent the catastrophe I foresee. The solutions I propose are not the small-scale measures the media talks about. To reduce our CO2 emissions and other pollutants, we would need to take significant steps, but I am fully aware that these would drastically alter our society. For example, we could develop rail freight, which would reduce the number of trucks on our roads. We could also eliminate charter flights and keep only scheduled airlines. We could reduce the number of cruise ships. We could require all new buildings to be equipped with solar panels. But there will be a downside, because some of the measures I suggest are often costly, like the electric cars. Moreover, they risk generating unemployment or triggering social unrest. No politician will dare take them. Modern society was built on fossil fuels, and only their natural depletion could pull us out of the predicament we’ve created for ourselves. The irony of the situation is that the melting of Arctic ice uncovers new fossil fuel deposits. Their natural depletion will probably come too late, much too late.

Piton de la Fournaise (Île de la Réunion) : le point sur l’éruption // Update on the eruption

On en parle peu ces jours-ci, mais l’éruption du Piton de la Fournaise,débutée le 13 février 2026, se poursuit. Ce n’est certes pas un événement de grande envergure, mais il est toujours intéressant d’observer le comportement d’un volcan en éruption. Ces observations sont essentielles pour comprendre le comportement du système d’alimentation.

Un seul site éruptif reste actuellement actif sur le flanc sud-sud-est du volcan avec des fontaines toujours visibles depuis le Piton de Bert. Les projections de lave ont édifié un cône qui est maintenant fermé latéralement.

Avec la fermeture latérale du cône, une importante activité en tunnel de lave est désormais établie en aval du cône. C’est un comportement classique de la lave dans ce genre de situation. Les résurgences de coulées se concentrent en aval du site éruptif et en amont du cassé des Grandes Pentes où le champ de lave s’élargit et s’épaissit. Le front de la coulée de lave, quant à lui, reste figé à une altitude de 660 m, à environ 2,6 km de la RN 2 qui n’est pas menacée.

On observe depuis quelques jours une reprise de l’inflation de l’édifice volcanique. Cela signifie probablement une remise en pression du système d’alimentation magmatique, liée à une recharge en magma du réservoir superficiel.

L’OVPF précise que l’activité sismique reste faible et que le trémor éruptif reste relativement stable et présente une valeur globalement faible. La probabilité d’ouverture de nouvelles fissures éruptives reste donc faible à court terme mais l’OVPF invite à la vigilance. En effet, les premiers signes d’une possible re-pressurisation pourraient augmenter cette probabilité. Il ne faudrait pas oublier que par le passé, des fissures éruptives se sont ouvertes au cours d’une éruption sans signaux avant-coureurs, comme en août 1998, juillet 1999, octobre 1999, décembre 2006 et mars 2019. En effet, la propagation du magma à faible profondeur peut se produire de manière asismique notamment lorsque le magma est déjà dégazé.

Le débit de lave en surface, estimé à partir des données satellitaires, se situe à des valeurs comprises entre 1 et 10 m3/seconde. A noter que ces estimations sont approximatives car elles varient en fonction de la couverture nuageuse.

L’Enclos reste interdit d’accès.

Source : OVPF.

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It is not getting much attention these days, but the eruption of Piton de la Fournaise, which began on February 13, 2026, is still ongoing. While not a major event, observing the behavior of an erupting volcano is always interesting. These observations are essential for understanding the behavior of the volcano’s supply system.

Only one eruptive site remains active on the south-southeast flank of the volcano, with fountains still visible from Piton de Bert. The lava ejections have built a cone that is now laterally closed. With the lateral closure of the cone, significant lava tube activity has been established downslope. This is typical lava behavior in this type of situation. The lava flows are concentrated downslope of the eruptive site and upslope of the Grandes Pentes rupture, where the lava field widens and thickens. The lava flow front remains stationary at an altitude of 660 m, approximately 2.6 km from the RN 2 highway, which is not threatened.

A resumption of inflation of the volcanic edifice has been observed for the past few days. This likely indicates a repressurization of the magma supply system, linked to magma recharge of the shallow reservoir.

The OVPF specifies that seismic activity remains low and that the eruptive tremor remains relatively stable and low. The probability of new eruptive fissures opening therefore remains low in the short term, but the OVPF urges vigilance. Indeed, the first signs of possible repressurization could increase this probability. It should not be forgotten that in the past, eruptive fissures opened during eruptions without warning, as in August 1998, July 1999, October 1999, December 2006, and March 2019. Indeed, the propagation of magma at shallow depths can occur aseismically, particularly when the magma has already degassed.

The surface lava flow rate, estimated from satellite data, ranges from 1 to 10 m³/second. It should be noted that these estimates are approximate, as they vary depending on cloud cover.

Access to the Enclos is still prohibited.

Source: OVPF.

Si le Groenland pouvait parler… (1ère partie) // If Greenland could speak… (part 1)

Pendant la Guerre froide, Camp Century, situé à environ 200 km de Thulé, au nord-ouest du Groenland, était un laboratoire de recherche arctique expérimental établi dans un réseau de tunnels creusés dans la glace, sous la surface de la calotte glaciaire. Près de 200 militaires, scientifiques et ingénieurs vivaient dans des bâtiments préfabriqués à l’intérieur des tunnels, alimentés par un petit réacteur nucléaire. Finalement, Camp Century fut un échec total. Ses concepteurs avaient oublié que la calotte glaciaire était en perpétuel mouvement et l’ensemble de l’infrastructure devint inhabitable.

Maquette de Camp Century et vue de l’intérieur de l’infrastructure (Source: U.S. Army)

Dans une note publiée le 7 septembre 2025, j’explique que Camp Century est devenu une véritable « bombe à retardement » environnementale :
https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2025/09/07/camp-century-groenland-une-bombe-a-retardement-camp-century-greenland-a-time-bomb/

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La première mise en garde officielle contre le réchauffement climatique date de 1958. Mais il faut savoir que l’idée d’un réchauffement lié au CO2 avait été émise en 1856 par Eunice Foote, une chimiste qui avait découvert que c’est dans les cylindres remplis de CO2 que la température augmente le plus. Elle en a conclu qu’une atmosphère riche en CO2 augmenterait la température de la Terre. L’idée d’un réchauffement de notre planète par le CO2 a commencé à prendre racine et a motivé les scientifiques de Camp Century à en apprendre davantage sur le climat.

L’armée américaine a demandé aux scientifiques en poste à Camp Century d’étudier les propriétés de la neige et de la glace afin de comprendre comment la base militaire pourrait être opérationnelle dans des conditions aussi difficiles. Dans le cadre de ces travaux, les chercheurs ont entrepris un projet de carottage de glace consistant à forer à travers toute l’épaisseur de la calotte glaciaire du Groenland. Le forage de près de 1,4 km de profondeur sous Camp Century a nécessité deux foreuses et cinq ans de travail. À l’été 1966, le trépan a atteint le substratum rocheux sous la calotte glaciaire et a permis de récupérer une carotte de sédiments sous-glaciaires de 3,4 mètres de long.
Étrangement, la base de la carotte, de 17 mètres de long et contenant les sédiments sous-glaciaires, a été peu étudiée à l’époque. La carotte a été transférée au Centre pour la glace et le climat de l’Institut Niels Bohr de l’Université de Copenhague au début des années 1990, où les échantillons congelés ont finalement été oubliés dans des caisses dans un bâtiment à basse température prévu pour le stockage des échantillons de glace.

Source : Institut Niels Bohr de l’Université de Copenhague

En 2017, les échantillons ont été miraculeusement redécouverts lors d’un inventaire de milliers de caisses de carottes de glace. Une équipe scientifique a alors été invitée à appliquer des analyses modernes à ces échantillons uniques et longtemps oubliés. Les travaux expérimentaux ont débuté en 2019, lorsque deux échantillons de la carotte de Camp Century ont été prélevés à Copenhague et envoyés congelés dans l’État du Vermont aux États Unis : l’un provenait de la partie supérieure et l’autre de la partie inférieure de la carotte de sédiments de Camp Century.
En observant des lames de sédiments au microscope, les scientifiques ont immédiatement remarqué de petits points noirs flottant dans l’eau de rinçage. À leur grande surprise, les sédiments étaient remplis de fines brindilles, de fragments de feuilles et de matière ligneuse.

La présence de fossiles végétaux prouvait que ce secteur du nord-ouest du Groenland était autrefois libre de glace et couvert de végétation ! Des spécialistes de la flore arctique ont identifié diverses mousses, carex, saules, arbustes et autres plantes rencontrés dans la toundra arctique aujourd’hui.

Photo: C. Grandpey

Ces spécimens révèlent la présence passée d’une végétation que l’on retrouve aujourd’hui dans des zones libres de glace ailleurs au Groenland. Pour les scientifiques, la question cruciale était de déterminer à quelle époque les sédiments avaient été exposés à l’air libre pour la dernière fois, puis enfouis sous la calotte glaciaire. Grâce aux technologies de laboratoire les plus récentes, les chercheurs ont déterminé que la partie supérieure des sédiments de la carotte avait profité de l’absence de calotte glaciaire au cours du dernier million d’années. En revanche, les sédiments les plus profonds sont beaucoup plus anciens, probablement enfouis depuis 3 millions d’années.
Il semble qu’une grande partie de la calotte glaciaire ait fondu au moins une fois au cours du dernier million d’années, mais nous ignorons encore la chronologie et l’ampleur précises de ce retrait glaciaire du passé. Résoudre ce mystère est essentiel pour comprendre comment la calotte glaciaire réagira au réchauffement climatique d’origine anthropique dans les prochaines années et dans quelle mesure sa fonte contribuera à l’élévation du niveau de la mer.
Les sédiments sous-glaciaires de Camp Century constituent une capsule temporelle témoignant des périodes où la calotte glaciaire du Groenland était moins vaste et où la toundra a émergé sur des échelles de temps de plusieurs millions d’années. Il s’agit d’une opportunité rare, car les archives paléoclimatiques provenant d’autres carottes de glace du Groenland ne remontent qu’à 130 000 ans.

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Camp Century, located about 200 km from Thule in northwestern Greenland, was an experimental Arctic research laboratory built in a series of ice tunnels below the surface of the ice sheet during the Cold War. Nearly 200 service members, scientists, and engineers lived in prefabricated buildings in the tunnels that were powered by a small nuclear reactor. In the end, Camp Century was a total failure. Its conceptors had forgotten that the ice sheet was constantly moving and the whole infrastructure became ininhabitable. In a post published on 7 September 2025, I explanes that it has even become an enc=vironmental « time bomb. »

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2025/09/07/camp-century-groenland-une-bombe-a-retardement-camp-century-greenland-a-time-bomb/

The warning about global warming dates back to 1958. But it’s important to know that the idea of warming linked to CO2 was first put forward in 1856 by Eunice Foote, a chemist who discovered that temperatures rise most rapidly in cylinders filled with CO2. She concluded that a CO2-rich atmosphere would increase Earth’s temperature. The idea of our planet warming due to CO2 then began to take root and motivated the scientists at Camp Century to learn more about the climate. This led them to launch an ice core drilling project that would drill through the Greenland ice sheet and allow them to collect a sample of the sedimentary bedrock.

The U.S. Army asked scientists to study the properties of snow and ice at Camp Centuryto understand how it could operate in such challenging conditions. As part of this work, they set out an ice core project consisting in drilling through the entire thickness of the Greenland Ice Sheet at Camp Century. Drilling through nearly 1.4 km of ice below Camp Century took two different drills and five years. In the summer of 1966, drilling reached the bedrock beneath the ice sheet and recovered a 3.4 metre-long core of subglacial sediment.

Strangely enough, the 17-meter-long basal materials from the Camp Century ice core with the subglacial sediment was poorly studied at the time. The ice core was transfered to the Centre for Ice and Climate at the Niels Bohr Institute at the University of Copenhagen in the early 1990s, where the samples remained frozen and eventually forgotten in the ice core freezer.

In 2017, the samples were miraculously re-discovered during an inventory of thousands of ice core boxes. A team of scientists were then invited to apply modern analyses to these long-lost and unique samples. Experimental work started in 2019, when two samples from the core were cut in Copenhagen and sent frozen to Vermont: one from the upper-most and another from the lower-most sections of the Camp Century sediment.

When looking ad slides of the sediments through their ùicrodcopes, the scientists noticed little black specks floating in the rinse water. To their surprise, the sediment was filled with delicate twigs, leaf tips, and woody material. The presence of plant fossils meant that this sector of northwestern Greenland was ice-free and vegetated in the past.

Arctic plant specialists identified a variety of mosses, sedges, willow, shrubs, and other tundra plants common in the Arctic today. These suggest the past presence of vegetation that is found in ice-free areas elsewhere in Greenland today. The big question was to know whens the sediment was last exposed and then buried below the ice sheet. Using the latest lab technologies, the researchers determined that the upper sediment must have been exposed, meaning the ice sheet was absent, within the last million years. The lower-most sediment is much older, possibly buried since 3 million years ago.

It appears that much of the ice sheet has melted at least once within the last million years, but we still do not know the precise timing and extent of those past ice sheet retreats. Determining this information is vital for understanding how the ice sheet will respond to anthropogenic climate warming and its potential contribution to sea-level rise.

The Camp Century subglacial sediment provides a time capsule of periods when the Greenland Ice Sheet was smaller and tundra emerged at multi-million-year timescales, which is a rare opportunity given that continuous paleoclimate records from other Greenland ice cores only extend to 130,000 years ago.

Le Pérou face au réchauffement climatique // Peru faces global warming

Le Pérou a déclaré l’état d’urgence le 25 février 2026 dans près de la moitié des districts du pays suite à de fortes pluies, des glissements de terrain et des inondations provoqués par la hausse des températures océaniques, que les autorités attribuent au phénomène climatique El Niño Costero, ou El Niño côtier.
Un décret gouvernemental vise à accélérer le déblocage de fonds pour les autorités locales et régionales afin de sécuriser les infrastructures essentielles – ponts, routes, eau et électricité – tout en protégeant la vie et la santé des populations. Plus de 700 districts répartis le long de la côte Pacifique, les Andes et l’Amazonie sont désormais en état d’urgence.
Le ministère péruvien des Transports a indiqué qu’environ 931 kilomètres de routes ont été endommagés à l’échelle nationale, les dégâts étant concentrés dans les quatre régions les plus touchées par les précipitations. Ces axes routiers vitaux sont empruntés chaque semaine par plus d’un demi-million de personnes.
Les autorités ont également mis à jour le bilan des décès, précisant que 68 personnes ont perdu la vie suite aux intempéries depuis le mois de décembre.
Selon les autorités, les eaux du Pacifique se réchauffent et El Niño Costero devrait s’intensifier légèrement en mars. Le réchauffement des eaux océaniques entraîne une forte évaporation et des précipitations extrêmes, ainsi qu’une augmentation du débit des cours d’eau.
L’Institut géophysique du Pérou (IGP) a signalé qu’une coulée de boue (lahar) transportant des sédiments et des blocs a dévalé la ravine Matagente, sur le flanc nord-ouest du volcan Misti, le 22 février 2026. Selon les médias, les fortes pluies se sont intensifiées pendant plusieurs jours, provoquant d’importantes inondations et des glissements de terrain. Le niveau d’alerte volcanique reste quant à lui à la couleur Verte (niveau le plus bas sur une échelle de quatre couleurs).
Une autre coulée de boue transportant des blocs a dévalé la ravine d’El Volcán, sur le flanc sud du volcan Huaynaputina, le 21 février. La population a été invitée à se tenir à l’écart de cette ravine et à faire preuve de prudence sur la route qui relie Quinistaquillas à Sijuaya.
Le 16 février 2026, l’IGP m’avait alerté à propos d’une coulée de boue sur les flancs de l’Ubinas. L’Institut a appelé la population locale à la vigilance et lui a conseillé d’éviter d’emprunter la route Querapi-Ubinas-Huarina.
Source : Médias péruviens, IGP.

Outre les fortes pluies et les glissements de terrain qui en résultent, la fonte des glaciers au Pérou, qui s’est accélérée ces dernières décennies, est une autre conséquence du réchauffement climatique. La hausse des températures a fait disparaître plus de la moitié de la superficie glaciaire péruvienne en cinquante ans. La Cordillera Blanca et ses glaciers est la chaîne de montagnes tropicale la plus haute et la plus étendue au monde, et les cours d’eau alimentés par les glaciers fournissent de l’eau à des centaines de milliers de personnes vivant en aval. Ces dernières années, des études spécifiques au bilan de masse des glaciers avaient observé une perte de masse persistante et continue. Les résultats d’une nouvelle étude, publiés en septembre 2025, montrent une réduction de 44 % de la superficie glaciaire, ce qui se traduit par une diminution de la moyenne annuelle de 54 469 ha avant 2013 à 42 700 ha les années suivantes. Les résultats de l’étude montrent que les glaciers ont franchi un seuil critique de leur bilan de masse, et que depuis 2012, ils ont perdu leur capacité à se reconstituer. Il est important de noter que la fonte des glaciers péruviens fait apparaître des lacs retenus par des moraines fragiles susceptibles de se rompre sous la pression de l’eau. Ces lahars constituent une autre menace pour les zones habitées situées en aval.

Source : ScienceDirect : The loss of glacier resilience due to climate change throughout the Cordillera Blanca, Peru between 1984 and 2023

 Illustration de la fonte des glaciers péruviens entre 1984 et 2023. Graphique extrait de l’étude ci-dessus

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Peru declared a state of emergency on February 25, 2026 for nearly half the country’s districts following severe rainfall, landslides and flooding triggered by rising ocean temperatures, which authorities link to the El Nino Costero, or coastal El Nino, climate phenomenon.

A government decree aims to fast-track funding for local and regional authorities to secure vital infrastructure — including bridges, roads, water and electricity — while protecting the life and health of residents. More than 700 districts across the Pacific coast, the Andes and the Amazon are now under a state of emergency.

Peru’s ministry of transportation said that about 931 kilometers of roads have been damaged nationwide, with the destruction concentrated in the four regions hardest hit by rainfall. These vital routes serve more than half a million people every week.

Authorities also updated the death toll, noting that 68 people have died due to rain-related causes since December.

According to authorities, Pacific waters are warming and El Nino Costero is expected to strengthen slightly in March. The warming of ocean waters leads to high evaporation rates and extreme rainfall, as well as increased river flows.

The Instituto Geofísico del Perú (IGP) reported that a lahar carrying sediment and blocks descended the Matagente drainage on the NW flank of El Misti on 22 February. According to news sources, heavy rains had intensified over several days, causing widespread flooding and landslides. The Volcano Alert Level remains at Green (the lowest level on a four-color scale).

Another lahar carrying blocks descended the El Volcán drainage, on the S flank of Huaynaputina, on 21 February. The public was asked to stay away from the drainage and to be cautious when traveling along the Quinistaquillas-Sijuaya highway.

On February 16, 2026, the IGP had alerted me to a lahar on the flanks of Ubinas. The Ynstitute asked the local population to be vigilantand avoid travelling on the Querapi-Ubinas-Huarina highway.

Source : Peruvian news media, IGP.

Beside the heavy rains and the ensuing landslides, another consequence of global warming in Peru is the loss of mountain glaciers which has accelerated in recent decades. The rising temperatures have caused the loss of more than half of the Peruvian glaciated area in fifty years. The Cordillera Blanca is the highest and most extensively glacierized tropical mountain range in the world, and glacier-fed streams provide water for hundreds of thousands of people living downstream. Previous inventories and glacier-specific mass balance studies have documented persistent and sustained mass loss. The results of a recent study published in September 2025 show a 44 % reduction in glacier area, reflected in a decrease from the pre-2013 annual average of 54,469 ha to 42,700 ha in subsequent years. The results suggest glaciers have passed a significant mass balance threshold, such that since 2012, glaciers have lost their ability to regain mass. One should keep in mind that the melting of the Preuvian glaciers generas lakes that are held back by fragile moraines that may break open unter the pressure of water. Sucjh lahars anre another threat to downslope populated areas.

Source : ScienceDirect : The loss of glacier resilience due to climate change throughout the Cordillera Blanca, Peru between 1984 and 2023.