La disparition des glaciers de Papouasie-Nouvelle-Guinée // The disappearance of the glaciers of Papua New Guinea

La fonte des glaciers touche la planète entière, quelle que soit la latitude, qu’il s’agisse des régions polaires, des zones tropicales ou de l’équateur. J’ai consacré plusieurs notes (février 2021, octobre 2023, avril 2024) à la disparition des glaciers en Papouasie-Nouvelle-Guinée. Ainsi, le parc national de Lorentz abritait le dernier glacier tropical de la région. Certains le surnomment le « glacier de l’Éternité », mais il risque de ne plus exister bien longtemps.
Le sommet du Puncak Jaya (4 884 m), également appelé Pyramide Carstensz, est dépourvu de glace, mais il est entouré de plusieurs masses glaciaires ; celles-ci constituaient autrefois une vaste calotte glaciaire formée il y a 5 000 ans. Une calotte glaciaire antérieure a également existé dans la région, il y a entre 15 000 et 7 000 ans.

 Vue de la Pyramide Carstenz (Crédit photo : Alfindra Primaldhi / Wikipédia)

Les sommets de cette région indonésienne ont fourni aux scientifiques une multitude d’informations sur l’histoire climatique de la Terre. Ils constituent également le cœur de l’univers spirituel de nombreux Papous. Pourtant, la neige a aujourd’hui presque entièrement disparu.
Il y a un siècle, la chaîne Sudirman, qui s’étend sur 300 kilomètres, était recouverte de neige et de glace permanente sur ses quatre sommets principaux. Aujourd’hui, il ne subsiste que de petites zones autour du Puncak Jaya. Ces dernières devraient disparaître totalement d’ici un an ou deux.
La couverture glaciaire entourant le sommet est passée de près de 1 900 hectares au 19ème siècle à environ 16 hectares aujourd’hui. Des glaciers entiers ont pratiquement disparu à l’échelle d’une vie humaine.

 Derniers glaciers de Puncak Jaya en 2010 (Crédit photo : Robert Cassady)

Restes de glace sur la Puncak Jaya en 2023 (Crédit photo : BMKG)

Les carottes de glace prélevées sur les pentes du Puncak Jaya conservent la mémoire de l’histoire climatique. Les scientifiques peuvent les utiliser pour recueillir des données sur les conditions atmosphériques de la région et comprendre l’évolution des eaux océaniques les plus chaudes de la planète, qui entourent l’île. Toutefois, ces archives sont en train de disparaître avant même que les chercheurs n’aient eu le temps de les étudier complètement.
Le recul des glaciers de Papouasie est provoqué par les mêmes phénomènes qui affectent ceux du monde entier. Le responsable est le réchauffement de l’atmosphère dû aux activités humaines, notamment la combustion d’énergies fossiles. À mesure que les températures augmentent, l’altitude du point de congélation remonte le long des versants des montagnes ; en conséquence, les précipitations tombent davantage sous forme de pluie que de neige, y compris dans des zones qui connaissaient autrefois des chutes de neige régulières.

Crédit photo : Universitas Gadjah Mada

Les épisodes El Niño peuvent accélérer ce processus, tandis que des facteurs locaux tels que la couverture nuageuse, les chutes de neige et le relief en influencent le rythme.
Les montagnes de Papouasie se situent à seulement 450 km au sud de l’équateur ; à cette latitude, les glaces permanentes ne peuvent subsister qu’à très haute altitude et dans des conditions climatiques très spécifiques. Une légère hausse des températures, une remontée du point de congélation ou le remplacement de la neige par la pluie font la différence entre la survie et la disparition d’un glacier.
Au moins cinq groupes autochtones entretiennent depuis des générations des liens spirituels étroits avec le Puncak Jaya. Le peuple Moni le nomme « Mbainggela » et croit que ses ancêtres veillent sur la montagne. Pour le peuple Amungme, ce massif est connu sous le nom de « Nemangkawi », ou la « Flèche blanche ». Selon les croyances traditionnelles Amungme, le Nemangkawi incarne un modèle de vie pour les êtres humains.
Pour de nombreux Papous autochtones, la disparition du glacier ne constitue pas un événement isolé. La découverte d’immenses gisements de cuivre et d’or a transformé la région au cours du 20ème siècle, et le développement de projets industriels extractifs a remodelé une partie du paysage. Des versants entiers ont été excavés, tandis que des routes, des infrastructures industrielles et des zones d’habitation ont métamorphosé les vallées environnantes. Si les Papous reconnaissent que ce développement a apporté emplois, routes, éducation et opportunités économiques, ils soulignent également la dégradation de l’environnement et des décennies de conflits sociaux qui en ont découlé. Certains ont perdu l’accès à leurs terres ancestrales à mesure que l’activité minière s’étendait.
Alors que les communautés locales voient leurs paysages sacrés se transformer, les scientifiques se livrent à une course contre la montre pour documenter ce qu’il en reste. À l’aide de drones et de techniques de cartographie en trois dimensions, une équipe scientifique danoise a élaboré un modèle détaillé des vestiges glaciaires. Entre le début des années 2000 et 2025, la surface couverte par les glaces a reculé de 95 %. Les chercheurs s’accordent tous à dire que les glaciers constituent des indicateurs « incroyablement puissants » du réchauffement climatique.
Source : BBC News.

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The entire planet is affected by the melting of glaciers, whatever the latitude, whether in the polar regions, in the tropics or under the equator. I have written several posts (February 2021, October 2023, April 2024) about the disapperance of glaciers in Papua New Guinea. Thus, Lorentz National Park was home to the region’s last tropical glacier. Some call it the Eternity Glacier, but it might not be there for much longer.

Puncak Jaya (4884 m), also called Carstenz Pyramid, does not have ice on the peak, but around it there are several ice masses, that used to be one large icecap that developed 5,000 years ago. At least one previous icecap also existed in the region between 15,000 and 7,000 years ago.

The peaks in this Indonesian region have offered scientists countless insights into the Earth’s climate history. They are also the epicentre of the spiritual universe for many Papuans. But now, nearly all the snow is gone.

A century ago, the 300-km stretch of the Sudirman Range had snow and permanent ice on all four of its major peaks. But now there are only small areas around Puncak Jaya. These are expected to entirely disappear in a year or two.

Glacier cover around the peak has shrunk from nearly 1,900 hectares in the 19th century to about 16 hectares today. Almost entire glaciers have vanished within a human lifetime.

Ice cores taken from the slopes of Puncak Jaya preserve a record of climate history. Scientists can use them to obtain information about atmospheric conditions in the region and understand changes in the planet’s warmest ocean waters that surround the island. But this archive is disappearing before scientists have had time to fully study it.

The retreat of Papua’s glaciers is driven by the same forces affecting ice around the world, a warming atmosphere caused by human activity, including the burning of fossil fuels. As temperatures rise, the freezing point moves higher up mountains, so more precipitation falls as rain instead of snow, even in places that once saw regular snowfall.

El Niño events can accelerate this process, while local factors such as cloud cover, snowfall and mountain topography influence its pace.

The mountains in Papua are just 450km south of the equator, where permanent ice can survive only at very high altitudes and within a narrow range of climatic conditions. A small increase in temperature, a higher freezing point or shift from snowfall to rainfall can determine whether a glacier survives.

At least five groups of Indigenous people have had strong spiritual ties to Puncak Jaya for generations. The Moni people refer to it as Mbainggela, and believe their ancestors watch over the mountain. To the Amungme people, the range is known as Nemangkawi, or the « White Arrow ». According to traditional Amungme beliefs, Nemangkawi symbolises how people should live.

For many Indigenous Papuans, the disappearance of the glacier is not an isolated event. The discovery of vast copper and gold deposits transformed the region during the 20th century, and the development of extractive industrial projects have reshaped parts of the landscape. Entire mountain faces have been excavated and roads, industrial infrastructure and settlements have transformed surrounding valleys. Papuans say the development has brought jobs, roads, education and economic opportunities, but also environmental degradation and decades of social conflict. Some have lost access to their ancestral lands as mining expanded.

As local communities watch their sacred landscapes change, scientists and explorers are racing to document what is left. Using drones and three-dimensional mapping techniques, a Danish scientific team has created a detailed model of what remains. From the early 2000s to 2025, the glaciated area has receded by 95%. The researchers all agree that glaciers are « incredibly powerful » as indicators of climate change.

Source : BBC News.

Le Vésuve à Châtellerault (Vienne) le 1er octobre 2026 !

J’aurai le plaisir de présenter à CHÂTELLERAULT– dans le cadre de l’Université du Temps Libre – une conférence intitulée « La Campanie, des Champs Phlégréens à Pompéi »  le jeudi 1er octobre 2026 à 15 heures dans la Salle Velbert (ex Salle de la Gornière).

Au départ de Pouzzoles, je conduirai le spectateur à travers la Campanie avec une première étape dans la Solfatara, une cocotte-minute prête à exploser. Puis, nous escaladerons les pentes du Vésuve dont la prochaine éruption pourrait être dévastatrice. Nous déambulerons ensuite dans les rues de Herculanum, Pompéi, mais aussi Oplontis et Stabies, détruites par le volcan en l’an 79.

Mon exposé se poursuivra avec un diaporama d’une vingtaine de minutes, en fondu-enchaîné sonorisé, intitulé « La Java des Volcans». Il fait voyager à travers l’île indonésienne de Java qui héberge plusieurs volcans aussi explosifs que le Vésuve.

A l’issue de la conférence, le public pourra se procurer le dernier livre « Histoires de Volcans – Chroniques d’éruptions » que j’ai écrit avec Dominique Decobecq,

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Prochaines conférences :

Contes, Mythes et Légendes volcaniques : le 26 novembre 2026 à CAHORS (Lot), ainsi que le 16 mars 2027 à ROYAN (Charente-Maritime).

– Conférences Volcans à bord de ‘La Belle de l’Adriatique’ du 30 novembre au 7 décembre 2026 entre Malte et Naples.

Volcans : Une tache blanche dans le Sahara // Volcanoes : A white spot in the Sahara

En Afrique, le Sahara est surtout connu comme un désert, et beaucoup moins comme une région volcanique. Pourtant, il abrite plusieurs champs volcaniques majeurs et d’imposants volcans boucliers, situés pour la plupart dans des chaînes de montagnes isolées telles que le massif du Tibesti.

Source: Wikipedia

Parmi les structures volcaniques figurent l’Emi Koussi (3 415 m) dans le nord du Tchad, le Waw an Namus dans la région du Fezzan en Libye, le champ volcanique de Harouge (Al Haruj) dans le centre de la Libye, et le Toussidé, dans la partie nord-ouest du massif du Tibesti au Tchad.

Le volcanisme saharien est principalement intraplaque, alimenté par des points chauds. La quasi-totalité des volcans sahariens sont considérés comme éteints ou en sommeil, bien qu’une activité géothermique résiduelle persiste dans des zones reculées comme le Tibesti.
Parmi ces volcans, l’Emi Koussi — le point culminant du désert du Sahara — a récemment attiré l’attention des scientifiques avec une photographie montrant une zone de sel d’un blanc éclatant à son sommet. Ce cliché a été pris par un astronaute à bord de la Station spatiale internationale le 29 décembre 2024.

Crédit photo: ESA

 La photo révèle une tache saline d’un blanc intense au sommet de l’Emi Koussi (également appelé Emi Koussou), un volcan bouclier situé dans le nord du Tchad, au sein du massif du Tibesti — une chaîne de montagnes volcaniques à cheval sur la frontière entre le Tchad et la Libye.

L’édifice volcanique en forme de dôme atteint jusqu’à 69 kilomètres de diamètre à sa base. L’Emi Koussi est considéré comme un volcan éteint ; aucune éruption n’a été enregistrée historiquement. Toutefois, les scientifiques savent qu’il a connu une intense activité par le passé — peut-être il y a environ 2 millions d’années — car les pentes de ce volcan bouclier sont recouvertes d’anciennes coulées de lave.
Au sommet du volcan on observe un système complexe de caldeiras atteignant 15 km de diamètre, avec plusieurs bouches éruptives et des cônes volcaniques. Un second cratère, plus petit et baptisé Era Kohor, se trouve à l’extrémité sud de la caldeira.

Image satellite (les couleurs ne sont pas réelles) montrant la topographie complexe de l’Emi Koussi et sa caldeira sommitale

Au cœur de l’Era Kohor, une épaisse croûte de sel d’un blanc intense recouvre la partie la plus basse du fond de la caldeira. S’étendant sur près de 1 000 mètres, elle réfléchit la lumière d’une manière telle que les astronautes la confondent souvent avec de la neige — un phénomène rare dans cette région.

Source: Wikimedia

Ce composé salin, le natron, est un mélange de carbonate de sodium décahydraté, de bicarbonate de sodium, de chlorure de sodium et de sulfate de sodium. Il a été laissé par un ancien lac salé qui occupait autrefois la dépression d’Era Kohor, mais qui s’est évaporé depuis longtemps. Ce n’est pas le seul gisement de natron dans le massif du Tibesti. Au nord-ouest de l’Emi Koussi se trouve une caldeira volcanique connue sous le nom de Trou au Natron (ou Doon Orei), qui renferme, elle aussi, une couche de cette substance saline.
Si l’activité volcanique passée de l’Emi Koussi se concentrait principalement à son sommet, deux cônes volcaniques sont également visibles sur le flanc nord de la montagne. La lave qui s’est rapidement écoulée de ces structures a probablement contribué à creuser une série de ravines. Très étroites et profondes, elles ne voient jamais le soleil et sont donc bien plus fraiches que les zones environnantes. C’est pourquoi elle retiennent souvent de l’eau liquide, alors même que le massif du Tibesti reçoit à peine 20 millimètres de précipitations par an. Deux de ces grands canyons abritent des cours d’eau permanents qui s’écoulent vers l’est et l’ouest du volcan.
Ce n’est pas la première fois que des astronautes observent l’Emi Koussi depuis l’espace. Ce volcan fut l’une des premières formations géologiques photographiées depuis l’espace par l’équipage de la mission Apollo 7 de la NASA en octobre 1968.
Source : Live Science.

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In Africa, the Sahara is well known as a desert and much less as a volcanic area. However, it contains several major volcanic fields and massive shield volcanoes, mostly located in remote mountain ranges like the Tibesti Massif. Their names are Emi Koussi (3,415 m) in northern Chad, Waw an Namus in the Fezzan region of Libya, Harouge Volcanic Field (Al Haruj) in central Libya, and Toussidé in the northwestern part of the Tibesti range in Chad.

Most Saharan volcanism was driven by intraplate continental hotspots. Nearly all Saharan volcanoes are classified as extinct or dormant, though minor geothermal activity persists in remote areas like Tibesti.

Among these volcanoes, Emi Koussi, the highest peak in the entire Sahara Desert, recently drew the attention of scientists with a photo of a patch of bright-white salt at the summit of the volcano. It was taken by an astronaut on board the International Space Station on December 29, 2024. (see photo above)

The photo shows a bright-white, salty spot lurking at the summit of Emi Koussi (also known as Emi Koussou), a shield volcano in northern Chad, within the Tibesti Massif, a volcanic mountain range that straddles the border between Chad and Libya.

The volcano’s dome-shaped cone is up to 69 kilometers across. Emi Koussi is classified as extinct, and there are no historical records of it erupting. However, scientists know that it was once highly active – maybe around 2 million years ago – because its gradual slopes are covered with ancient lava.

At the volcano’s summit lies a complex caldera system that spans up to 15 km across and is covered with various volcanic vents and cones. A second, smaller crater, dubbed Era Kohor, lies at the caldera’s southern end. (see image above)

Nestled within Era Kohor, a thick crust of brilliant-white salt covers the lowest part of the caldera’s floor. This crystal layer, which reaches up to 1,000 m across, reflects light in such a way that astronauts commonly confuse it for snow, which rarely falls in the area. (see image above)

The salty compound, known as natron, is a mix of sodium carbonate decahydrate, sodium bicarbonate, sodium chloride and sodium sulfate. It was left behind by an ancient salty lake that once filled Era Kohor but has long since evaporated. This is not the only notable natron deposit in the Tibesti Massif. Northwest of Emi Koussi lies a volcanic caldera known as Trou au Natron (or Doon Orei), which contains a layer of the salty substance.

While Emi Koussi’s ancient activity was mostly centered at its summit, a pair of volcanic cones can be seen on the mountain’s northern flank. The lava that quickly flowed from these openings likely helped to create a series of ravines between the mountain. These ravines are very narrow and deep, meaning they never see the sun and, as such, are much cooler than their surroundings. As a result, they can often hold liquid water, despite the Tibesti Massif receiving as little as 20 millimeters of rain a year. Two of the largest canyons contain permanent waterways that flow east and west of the volcano.

This is not the first time that astronauts have gazed down upon Emi Koussi. In fact, the volcano was one of the first geological formations photographed from space, when the crew of NASA’s Apollo 7 mission snapped the imposing peak in October 1968.

Source : Live Science.

Le méthane du Svalbard (suite) // Svalbard methane (continued)

Concentrations de CO2 : 425,03 ppm (22 septembre 2026)              

Concentrations de CH4 : 1939.44 ppb (mai 2026)

Dans une note publiée le 6 janvier 2024, j’expliquais que les missions scientifiques effectuant des forages dans le sol gelé du Svalbard, à la recherche de combustibles fossiles, rencontraient souvent par accident des poches de gaz naturel, mais l’ampleur de ces réserves reste inconnue. Les auteurs d’une étude publiée en décembre 2023 dans la revue Frontiers in Earth Science ont utilisé des données historiques issues de forages commerciaux et scientifiques pour cartographier le pergélisol de l’archipel et localiser ces gisements de gaz naturel. Vous trouverez ma publication à cette adresse :
https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2024/01/06/le-methane-du-svalbard-un-autre-danger-pour-la-planete-svalbard-methane-another-danger-for-the-planet/

Une nouvelle étude publiée en septembre 2026 dans Nature Communications révèle que la fonte des glaciers de l’archipel du Svalbard libère du méthane emprisonné depuis longtemps. Les auteurs démontrent que les cours d’eau issus de la fonte des glaciers libèrent du méthane auparavant piégé dans la roche sous-jacente. La fonte glaciaire peut faire apparaître et activer des voies jusqu’alors dissimulées, permettant à ce puissant gaz à effet de serre de s’échapper dans l’atmosphère. L’étude met en évidence une boucle de rétroaction : les émissions de gaz à effet de serre ont contribué à la fonte des glaciers, et cette fonte est susceptible d’accentuer la hausse des températures en libérant ce gaz.
Les scientifiques ont examiné 19 cours d’eau alimentés par des glaciers au Svalbard et ont prélevé 148 échantillons d’eau. Du méthane était présent dans tous les cours d’eau analysés ; certaines mesures révèlent des concentrations jusqu’à 425 fois supérieures à ce que le seul contact avec l’atmosphère aurait pu expliquer.
Les chercheurs ont déterminé que la majeure partie de ce méthane n’était pas produite par des microbes sous la glace, phénomène observé sous certains glaciers du Groenland. Une grande partie du gaz semble plutôt liée à la géologie du Svalbard, notamment à des couches de schiste riches en carbone organique ancien, capables de générer du méthane sur des millions d’années.
Le processus de libération de ce méthane semble s’amorcer lorsque l’eau de fonte de surface s’écoule par des ouvertures dans la glace jusqu’au soubassement du glacier. Comme indiqué plus haut, cette eau de fonte rejoint la base des glaciers en empruntant des crevasses et des orifices. Cela signifie qu’elle interagit avec les roches sous-jacentes ; lorsque ces roches contiennent du gaz ancien, l’eau peut entraîner le méthane vers les rivières.

Les eaux de rivière les plus riches en méthane proviennent de glaciers situés au-dessus de formations rocheuses riches en schiste, mais la nature du substrat rocheux ne suffit pas à expliquer le phénomène. L’état de la base du glacier joue également un rôle crucial. Les bases actives, humides et dégelées sont bien plus efficaces pour capter le méthane que les glaciers gelés en contact avec sol sous-jacent. Les rejets de méthane les plus importants se produisent lorsque la configuration géologique et les conditions glaciaires sont réunies de manière optimale.
Pour étudier ce processus au Svalbard, les chercheurs ont associé des analyses chimiques des eaux fluviales avec des relevés par géoradar ; ces derniers ont permis de déterminer l’état de la glace et d’estimer quelle proportion de la base de chaque glacier était suffisamment dégelée pour permettre la circulation de l’eau. Les chercheurs ont estimé que les glaciers du Svalbard se terminant sur terre peuvent transporter chaque année entre 182 et 368 tonnes de méthane via les eaux de fonte.
Ces résultats pourront aider les scientifiques à élaborer des modèles climatiques plus précis et à identifier les régions les plus vulnérables face aux transformations des environnements gelés induites par le réchauffement climatique. En effet, ce qui se passe au Svalbard s’inscrit dans un phénomène plus vaste touchant les régions polaires, où la fonte des glaces révèle diverses menaces climatiques. Ainsi, près du fleuve Mackenzie au Canada, les émissions de carbone s’intensifient à mesure que les eaux de ruissellement issues du pergélisol se déversent dans l’océan Arctique. Dans l’Arctique, d’anciens agents pathogènes refont surface au moment où le dégel des sols met à nu de la matière biologique ancienne. Sur les plateformes de glace de l’Antarctique, des algues assombrissent la surface et accentuent la fonte. Ces exemples illustrent l’importance des recherches sur les fuites de méthane liées à la fonte des glaciers. Les enjeux dépassent largement le cadre d’un seul archipel. À mesure que la glace recule et que le dégel pénètre plus profondément dans le sol, des problèmes autrefois invisibles peuvent se transformer en menaces climatiques d’ampleur mondiale.
Source : The Cool Down (TCD) via Yahoo News.

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In a post released on January 6, 2024, I explained that missions that involve drilling into the frozen soil of Svalbard, in search of fossil fuels, often hit pockets of natural gas by accident, but the extent of these reserves was unknown. The authors of a study published in December 2023 in the journal Frontiers in Earth Science used historical data from commercial and scientific boreholes to map the permafrost throughout Svalbard and pinpoint these stores of natural gas. My post can be fou,d at this address :

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2024/01/06/le-methane-du-svalbard-un-autre-danger-pour-la-planete-svalbard-methane-another-danger-for-the-planet/

A new study published in September 2026 in Nature Communications informs us that melting glaciers in the Svalbard archipelago are releasing long-trapped methane. Its authors show that rivers of meltwater flowing from the shrinking glaciers are releasing methane previously trapped in the bedrock beneath the ice. Glacier melt can uncover and activate once-concealed routes that let this potent greenhouse gas reach the atmosphere. The work points to a feedback loop, since greenhouse gas emissions have contributed to glacier melting and now glacier melting could contribute further to rising temperatures by releasing the gas.

Scientists described examining 19 glacier-fed rivers in Svalbard to collect 148 water samples. Methane was present in every river they tested, and some readings showed levels up to 425 times higher than could be explained by contact with the atmosphere alone.

The researchers determined that most of this methane was not being generated by microbes under the ice, a phenomenon observed beneath some Greenland glaciers. Instead, much of the gas appears to be associated with Svalbard’s geology, particularly shale layers rich in ancient organic carbon that can generate methane over millions of years.

The process by which this methane is being released seems to begin when surface meltwater drops through openings in the ice down to the glacier bed. This meltwater finds its way to the bottom of the glaciers through crevasses and holes. This means that it interacts with the rocks underneath, and where those rocks contain ancient gas, the water can flush methane out into rivers.

The methane-richest river water came from glaciers positioned above shale-heavy rock formations, but the bedrock itself did not tell the whole story. The state of the glacier bed was also important. Thawed, wet, active beds are much better at taking up methane than glaciers that were frozen solid to the ground beneath them. The biggest methane releases happen where the right rocks and the right glacier conditions come together.

To investigate the process in Norway, the researchers paired river-chemistry measurements with ground-penetrating radar surveys that revealed ice conditions and helped estimate how much of each glacier bed was thawed enough to carry water. The researchers estimated that land-terminating glaciers across Svalbard may move roughly182 to 368 tonnes of methane each year through meltwater.

The findings could help scientists build more accurate climate models and identify which regions may be most vulnerable as warming reshapes frozen environments. Indeed, what is happening in Svalbard is part of a wider pattern in polar regions, where thawing ice is revealing a range of climate threats. Near Canada’s Mackenzie River, carbon release is intensifying as permafrost runoff pours into the Arctic Ocean. In the Arctic, ancient pathogens are resurfacing as thawing grounds expose old biological material. On Antarctic ice shelves, snow algae is darkening the surface and reinforcing melt. These examples help to show why research into methane escaping through melting glaciers could matter well beyond one archipelago. As ice retreats and thaw reaches deeper into the ground, problems that were once hidden could become climate threats with global reach.

Source : The Cool Down (TCD) via Yahoo News.