Haroun Tazieff, le poète du feu

A noter dans vos tablettes si vous avez accès à la chaîne de télévision USHUAIA TV : Le mardi 16 avril 2019 à 20h40, projection du documentaire « Haroun Tazieff, le poète du feu ».

Il y a vingt ans disparaissait Haroun Tazieff, l’un des pères de la volcanologie contemporaine. En s’appuyant sur les archives spectaculaires de ses missions à travers le monde, grâce aux témoignages sur des lieux symboliques de ceux qui ont partagé ses aventures ou qui partagent la même passion, ce film retrace la vie de ce «poète du feu» que j’ai eu le privilège de rencontrer et avec qui j’ai partagé une correspondance jusqu’à sa mort le 2 février 1998. Il reste mon maître en volcanologie. Je ne peux m’empêcher d’associer à son nom ceux de François Le Guern – géochimiste dans l’équipe Tazieff – et Antonio Nicoloso – chef des guides de l’Etna – eux aussi disparus, avec lesquels j’avais tissé une solide amitié.

https://www.linternaute.com/television/documentaire-haroun-tazieff-le-poete-du-feu-p4546354/haroun-tazieff-le-poete-du-feu-e4441652/

Source: Centre Haroun Tazieff pour les Sciences de la Terre

 

Petites vidéos sur YouTube // Short videos on YouTube

Aujourd’hui, la mode est à la diffusion de ses images via un certain nombre de sites ou de réseaux sociaux. Bien que je ne sois pas forcément fan de cette mode, j’ai mis en ligne sur YouTube plusieurs petites vidéos réalisées au cours de mes escapades à travers le monde.

Vous pourrez vous réchauffer auprès des cratères de l’Etna, ou prendre le frais devant les glaciers d’Alaska, sans oublier la compagnie des ours. Un saut en Louisiane vous fera voyager au cœur du bayou, avec la mousse espagnole, les oiseaux et les alligators. Vêtu d’un imperméable, vous admirerez les chutes du Niagara côté canadien… Plus près de chez nous, vous verrez voler les grues cendrées près du Lac du Der…

https://www.youtube.com/channel/UCpEU4YP9rfJK6SMsb6-k20A?view_as=subscriber

Quand mon emploi du temps le permettra, j’essaierai d’ajouter quelques nouvelles images.

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Today, the fashion goes with the dissemination of one’s images via a number of websites or social networks. Although I’m not necessarily a fan of this fashion, I have posted on YouTube several small videos I shot during my trips around the world.
You will warm up near the craters of Mt Etna, or breathe some cool air in front of the glaciers of Alaska, without forgetting the company of bears. A jump to Louisiana will take you to the heart of the bayou, with Spanish moss, birds and alligators  Dressed with a raincoat, you will admire the famous Niagara Falls from the Canadian side. Closer to us, you will see the cranes fly near the Lac du Der…

https://www.youtube.com/channel/UCpEU4YP9rfJK6SMsb6-k20A?view_as=subscriber

When my schedule allows, I will try to add some more images.

Photos: C. Grandpey

Activité strombolienne sur l’Etna…

En cliquant sur le lien ci-dessous, vous aurez une idée de l’activité strombolienne qui animait le Cratère Nord-Est et la Bocca Nuonva de l’Etna le 14 novembre 2018. Il s’agit d’une activité normale du volcan, mais toujours agréable à observer.

Toutefois, je tiens à répéter que la nuit noire n’est pas le moment pour obtenir les plus belles images, surtout avec du matériel numérique doté de petits capteurs. L’aube et le crépuscule permettent d’obtenir des images de bien meilleure qualité et évitent de voir les projections de lave jaune se transformer en chutes de neige…

http://ilvulcanico.it/etna-bocca-nuova-e-nord-est-grandi-emozioni-estasiati-e-rapiti-dalla-maestosa-e-terrificante-bellezza-di-madre-natura/

Photo: C. Grandpey

Kilauea (Hawaii) Un drone survole l’Halema’uma’u // A drone flies over Halema’uma’u Crater

Voici une excellente vidéo du cratère de l’Halema’uma’u tournée à l’aide d’un drone le 24 juin. On voit parfaitement les profondes transformations intervenues dans le cratère qui est absolument méconnaissable. Les transformations ne sont probablement pas terminées car la sismicité reste forte et la déflation continue (voir ma note précédente).

N’hésitez pas à utiliser le mode plein écran.

La vidéo a été réalisée par l’USGS qui est autorisée à utiliser un drone sur le Kilauea. Par contre les parcs nationaux américains interdisent l’utilisation de ces engins par les touristes.

https://youtu.be/QFFUEAS327U

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Here is an excellent video of the Halema’uma’u Crater shot with a drone on June 24th. We can see perfectly the deep changes in the crater that is absolutely unrecognizable. The transformations are probably not complete because seismicity remains strong and the deflation continues (see my previous post).
I advise you to use the full screen mode.
The video was made by USGS which is allowed to use a drone on Kilauea Volcano. However, all the American national parks prohibit the use of these machines by the tourists.

https://youtu.be/QFFUEAS327U

Crédit photo: USGS

Photo: C. Grandpey

Les glaciers ce soir sur ARTE

A voir ce soir sur ARTE à 20h50 : Chasing Ice, la preuve par l’image. Superbe documentaire de James Balog qui montre la fonte des glaciers avec des images exceptionnelles du vêlage d’un glacier au Groenland.

https://www.arte.tv/fr/videos/071391-000-A/chasing-ice/

Ce documentaire sera suivi à 22 heures d’un autre – La fonte des glaces sous haute surveillance – avec une grande partie consacrée à la fracturation de la plateforme Larsen C en Antarctique et la libération du plus gros iceberg jamais observé, de la taille du département de la Lozère.

https://www.arte.tv/fr/videos/078142-000-A/la-fonte-de-glaces-sous-haute-suveillance/

Vue du Columbia Glacier (Alaska) longuement étudié par James Balog (Photo: C. Grandpey)

Agung (Bali / Indonésie) : L’attente continue // The waiting continues

L’Agung a commencé à montrer des signes de réveil dès la mi-août 2017, mais aucune éruption majeure n’a encore eu lieu à ce jour. Seuls quelques volumineux nuages de cendre ont été émis par le volcan, avec des perturbations au trafic aérien.

Aujourd’hui, les pronostics continuent à aller bon train à Bali. Il y a les plus optimistes – dont je fais partie – qui ne pensent pas que l’on se dirige vers une éruption majeure. De l’autre côté, il y a ceux qui parlent d’une galette ou d’un dôme de lave, voire d’un lac de lave ( !) dans le cratère. Nous sommes à la mi-décembre et le pronostic de ceux qui prévoyaient un remplissage, puis un débordement du cratère avec les inévitables coulées pyroclastiques, ne s’est toujours pas réalisé. Il ne semble d’ailleurs pas près de se produire dans les prochains jours car, selon les volcanologues indonésiens, la lave n’occupe qu’un tiers du volume du cratère. Cela correspond plus ou moins à l’évaluation que j’avais indiquée dans ma dernière note à propos du volcan. Un survol à l’aide d’un drone a permis de constater que l’on n’observe plus de lave incandescente au fond du cratère, ce qui confirme les déclarations du directeur du PVMBG qui indiquait il y a quelques jours que le magma juvénile n’arrivait plus dans le cratère. On observe de temps à autres quelques émissions de gaz et de cendre, mais elles ne sont plus suffisantes pour perturber le trafic aérien et entraîner la fermeture des aéroports. Autre signe encourageant : les événements sismiques basse fréquence sont de moins en moins nombreux. On en relevait 50 le 8 décembre et seulement14 le 14 décembre 2017.

Il faut tout de même être prudent, car rien ne dit que des gaz ne s’accumulent pas sous l’amoncellement de lave au fond du cratère. Un jour ou l’autre – comme cela se produit au Mexique sur le Popocatepetl – il n’est pas impossible que l’on assiste à une forte explosion avec des projections sur les flancs du volcan. C’est, à mon avis, la seule situation susceptible de menacer les fermiers téméraires qui sont revenus travailler leurs champs ou s’occuper de leur bétail dans la zone officiellement interdite. Le VSI déclarait la semaine dernière qu’il voulait être certain que la situation était réellement en déclin avant d’abaisser le niveau d’alerte du volcan qui demeure pour le moment à 4 (AWAS), le maximum.

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Mount Agung began to show signs of unrest as early as mid August 2017 but no major eruption has occurred yet. The volcano only emitted a few voluminous ash plumes that disrupted air traffic.

Today, predictions are still very active in Bali about the situation on Mount Agung. There are the most optimistic – I am one of them – who do not think that we are heading for a major eruption. On the other side, there are those who talk about a wafer or a lava dome, or even a lava lake (!) in the crater. We are in mid-December and the prediction of those who planned the filling, then an overflow of the crater with the inevitable pyroclastic flows, has still not come true. It does not seem likely to happen in the coming days because, according to Indonesian volcanologists, lava has barely filled a third of the volume of the crater. This corresponds more or less to the situation I mentioned in my last post about the volcano. An overflight using a drone found that one no longer observes incandescent lava at the bottom of the crater, which confirms the statements of the head of PVMBG who indicated a few days ago that new magma no longer arrived in the crater. From time to time there are still some emissions of gas and ash, but they are no longer sufficient to disrupt air traffic and cause the closure of airports. Another encouraging sign: the low frequency seismic events are fewer and fewer. They were 50 on December 8th and only 14 on December 14th, 2017.
However, one needs to be careful because nothing says that gases are not accumulating under the pile of lava at the bottom of the crater. One day or another – as happens in Mexico on Popocatepetl – one might witness a strong explosion with projections on the flanks of the volcano. This is, in my opinion, the only situation likely to threaten the reckless farmers who have returned to work their fields or take care of their livestock in the officially forbidden zone. VSI said last week that it wanted to be certain that the situation was really in decline before lowering the alert level which is still kept at 4 (AWAS), the maximum.

Vue de l’Agung le 16 décembre 2017 au matin

Photo extraite d’une vidéo du cratère de l’Agung réalisée à l’aide d’un drone (Source : Magma Indonesia, PVMBG)

« Une suite qui dérange » : Le Limousin boude le film d’Al Gore

Comme je l’indiquais précédemment, le dernier film d’Al Gore « Une suite qui dérange : le temps de l’action » – An Inconvenient Sequel : Truth to Power – est sorti en France sur les écrans le 27 septembre.

J’ai assisté à la séance de 17h35 ce même jour à Limoges et j’avais pratiquement tous les sièges à ma disposition puisque nous étions seulement 7 spectateurs dans la salle de cinéma. Ce n’est guère une surprise car je me rends compte depuis longtemps que mes concitoyens n’ont pas pris conscience de l’ampleur du danger environnemental qui nous guette. De plus, le titre et l’affiche du film d’Al Gore ne sont guère accrocheurs et ne saurait rivaliser avec d’autres réalisations à l’affiche au même moment.

S’agissant du documentaire proprement dit, il n’y a pas de révélations fracassantes. Il est présenté en version américaine doublée en français, avec des traductions globalement de bon aloi. Al Gore met en évidence les conséquences du changement climatiques, que ce soit la fonte des glaciers du Groenland ou les inondations qui ont frappé de nombreux pays, y compris les Etats-Unis. L’ancien vice-président est omniprésent dans le film, peut-être un peu trop. On le voit parcourir le monde pour motiver des ambassadeurs de la cause qu’il défend. Une part importante du film est consacrée à la COP 21 de Paris et les tractations qui ont eu lieu dans les coulisses, en particulier pour convaincre l’Inde de signer la déclaration finale. C’est sur cette note optimiste que s’achève le documentaire.

On connaît la suite : sitôt la COP 21 terminée, l’Inde a augmenté sa production de charbon. Donald Trump a qualifié le changement climatique de « canular » et décidé de retirer son pays de l’Accord de Paris. Les concentrations de CO2 continuent d’augmenter dans l’atmosphère ; les températures continuent de croître ; les glaciers reculent et s’amenuisent : l’objectif de hausse maximale de 2°C d’ici 2100 prévu à Paris semble dès à présent mission impossible. A part cela, tout va bien…

En voyant dans le film les qualités diplomatiques d’hommes comme Al Gore ou John Kerry dont l’envergure est tout à fait présidentielle, je me suis posé la question : Pourquoi diable les Américains ont-ils choisi Donald Trump ?

Voici un lien vers la bande-annonce du film :

http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19569566&cfilm=252419.html