Les leçons de l’éruption du Kilauea en 2018 (Hawaii) // The lessons of the 2018 Kilauea eruption (Hawaii)

Dans une note précédente, j’ai expliqué que les volcanologues du HVO étaient en train d’acquérir de nouvelles informations suite à l’analyse de l’éruption du Kilauea dans la Lower East Rift Zone (LERZ). Un nouvel article de la série Volcano Watch nous apprend que les effondrements de la zone sommitale du volcan en 2018 sont également riches d’enseignements.
Dès le début du mois d’avril 2018, le volcan a montré les signes d’un changement dans son comportement, mais les données fournies par les instruments étaient trop vagues pour prévoir ce qui allait se passer. Elles faisaient seulement état d’une augmentation de la pression dans le système magmatique entre le sommet du Kilauea et le cône du Pu’uO’o.
Le 30 avril 2018, la lave est sortie brièvement d’une fracture sur le flanc ouest du Pu’uO’o. Le magma a ensuite pris le chemin de la LERZ, laissant derrière lui un trou béant dans le cratère du Pu’uO’o qui a émis un impressionnant panache de poussière en se vidant.
Le magma qui se trouvait sous le Pu’uO’o s’est immédiatement dirigé vers la LERZ où le sol s’est légèrement soulevé, avec des séismes qui indiquaient la trajectoire suivie par la roche en fusion vers la surface.
Le 3 mai 2018, la lave a percé la surface dans les Leilani Estates, marquant le début de la plus grande éruption dans la LERZ du Kilauea depuis plus de 200 ans.
Au cours des semaines suivantes, le lac de lave qui se trouvait au sommet, dans l’Overlook Crater de l’Halema’uma’u, s’est vidangé tandis que le magma s’écoulait dans la LERZ, comme si une soupape s’était ouverte au fond de l’Overlook Crater. Aidé par la différence d’altitude de près de 900 mètres entre le sommet et la LERZ, le lac de lave s’est vidé régulièrement et le sommet de Kilauea s’est effondré en s’affaissant. Ce processus s’est accompagné d’une forte sismicité.
La vidange du lac de lave a entraîné des éboulements quasi permanents dans l’Overlook Crater vidé de son contenu. Des explosions ont généré d’impressionnantes colonnes de cendre, avec parfois des retombées de gros blocs sur le plancher de l’Halema’uma’u.
À la fin du mois de mai, les explosions au sommet du Kilauea ont été remplacées par des effondrements épisodiques. Au total, 62 événements d’effondrement ont secoué la zone sommitale en déclenchant des séismes qui ont à plusieurs reprises atteint une magnitude de M 5.3, occasionnant des dégâts au bâtiment du HVO et au Jaggar Museum. Les routes, les réseaux d’alimentation en eau et les fondations de certaines maisons dans le village de Volcano ont également été endommagés.
Un an après, les scientifiques du HVO continuent d’analyser les données de l’éruption sommitale du Kilauea. Avant 2018, les modèles indiquaient que l’activité explosive observée au sommet était provoquée par l’interaction entre les eaux souterraines et la haute température du conduit d’alimentation situé sous la caldeira du Kilauea. En revanche, les analyses de plusieurs explosions observées en 2018 laissent supposer que les gaz magmatiques sont le moteur de ces explosions.
Au lieu de s’effondrer d’un seul coup, on s’est rendu compte en 2018 que la caldeira du Kilauea pouvait s’affaisser progressivement sur de longues périodes, avec une déflation du sommet générant une forte sismicité qui constitue un risque majeur.
Les scientifiques ont également constaté que, dans certaines conditions, le sommet de Kilauea et la LERZ peuvent être reliés étroitement. Ceci est corroboré par l’équivalence approximative entre le volume de lave émis dans la LERZ et le volume du vide laissé par l’effondrement sommital ; tous deux sont de l’ordre de 1 kilomètre cube.

Une étude menée par un groupe international de scientifiques a révélé que la vitesse de propagation des ondes sismiques au sommet du Kilauea a montré des variations mesurables avant l’activité éruptive de 2018. Cette découverte représente un paramètre intéressant dans la prévision d’une future activité éruptive.
Source: USGS / HVO.

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In a previous post, I explained that US geologists at HVO are gaining new insights from the Kilauea eruption in the Lower Esat Rift Zone. A new Volcano Watch article indicates that they are also learning a lot from the volcano’s 2018 summit collapses.

As soon as early April 2018, the volcano showed signs that change was coming, but the data provided by the instruments were too elusive to predict what was to happen. They only tracked an increasingly pressurized magmatic system between Kilauea’s summit and the Pu’uO’o cone.

On April 30th, 2018, lava emerged briefly from a crack on the cone’s west flank before the remaining magma drained into the East Rift Zone.  The Pu’uO’o crater collapsed, leaving a bottomless, empty cavity.

The magma which was beneath Pu’uO’o immediately headed toward the Lower East Rift Zone (LERZ) where the ground heaved slightly in response, with earthquakes indicating the path followed by the molten rock as it pushed downrift and toward the surface.

On May 3rd, lava erupted within the Leilani Estates. It marked the beginning of the largest eruption on Kilauea’s LERZ in over 200 years.

Over the next weeks, the summit lava lake withdrew deeper into the volcano as magma emptied into the LERZ, as if a valve had been opened at the bottom of the Overlook Crater. Aided by the nearly 900 metre elevation difference between the summit and the LERZ, the lava lake steadily drained and Kilauea’s summit collapsed inward. This in turn prompted elevated seismicity.

Recession of the lava lake resulted in near-constant rockfalls into the now empty Overlook Crater  Explosions sent impressive columns of ash into the sky, sometimes littering the ground around Halema’uma’u with dense blocks of rock.

By late May, Kilauea summit explosions were replaced by episodic collapse events. All told, 62 collapse events rocked Kilauea’s summit, triggering several M 5.3 earthquakeswhich caused damage at the HVO building, the Jaggar Museum. Roads and water system and residential foundations in Volcano were also damaged.

A year later, HVO scientists continue to process data from the 2018 eruption at the summit of Kilauea. Prior to 2018, models indicated that explosive summit activity was driven by steam explosions produced by the interaction between groundwater and the hot conduit below Kilauea’s caldera. But data from several 2018 explosions suggest that magmatic gas is the primary driver.

Rather than necessarily occurring as one big drop, the Kilauea caldera collapse can proceed incrementally over long periods of time, with ground shaking during sustained, rapid summit deflation and episodic collapse posing a major hazard.

Under certain conditions, Kilauea’s summit and the LERZ can be extremely well-connected through the core of the rift zone. This is supported by the rough equivalence of the LERZ erupted volume and the summit collapse void, both on the order of 1 cubic kilometre.

A study led by an international group of scientists has found evidence that seismic velocity – the speed at which seismic waves travel – within Kīlauea’s summit showed measurable changes leading up the 2018 activity. This finding potentially offers another means to forecast eruptive activity.

Source : USGS / HVO.

Panache de cendre et de poussière émis par le Pu’uO’o lorsque le plancher du cratère s’est effondré après l’évacuation du magma vers la LERZ (Crédit photo : USGS / HVO)

Panache de cendre émis par l’Overlook Crater de l’Halema’uma’u pendant la vidange du lac de lave (Crédit photo : USGS / HVO)

La sismicité pendant l’éruption du Kilauea en 2018 // Seismicity during Kilauea’s 2018 eruption

Le Centre d’alerte aux tsunamis dans le Pacifique (PTWC) a mis en ligne une vidéo en accéléré assez fantastique à l’occasion de l’anniversaire du début de la dernière éruption du Kilauea. .

https://youtu.be/Pc9hM08uscM

Cette animation commence le 1er avril 2018, un mois avant le début de l’éruption. On y voit une séquence habituelle de sismicité sur la Grande Ile d’Hawaii. L’animation se poursuit dans le temps à raison d’un jour par seconde d’animation. Les cercles indiquent l’emplacement des séismes au fur et à mesure qu’ils se produisent. La taille des cercles dépend de la magnitude des séismes tandis que les couleurs représentent leurs profondeurs. Trois jours avant le début de l’essaim sismique annonciateur du début de l’éruption, la lave de l’Overlook Crater a débordé sur le plancher de l’Halema’uma’u. Le 30 avril, l’éruption de Pu’uO’o qui durait depuis 35 ans a cessé et le cône s’est partiellement effondré. Cet événement a coïncidé avec le début d’un essaim sismique d’origine volcanique dans l’East Rift Zone du Kilauea. À partir de l’effondrement du Pu’uO’o, l’activité sismique a migré vers le nord-est le long de l’East Rift Zone, loin du Pu’uO ’o, ce qui correspondait au déplacement du magma dans cette direction. Le magma a atteint la surface sous forme de lave l’après-midi du 3 mai, avec l’apparition de coulées de lave qui ont détruit quelque 700 habitations et couvert plus de 30 kilomètres carrés, y compris Kapoho Bay. Dans cette animation, la tache orange en croissance représente ces coulées de lave.
En émergeant dans l’East Rift Zone le magma a parcouru une longue distance depuis sa source, le réservoir situé sous le sommet du Kilauea. La lave a commencé à quitter l’Overlook Crater le 2 mai, et le 15 mai le lac de lave s’était enfoncé de plusieurs dizaines de mètres. On observait alors des explosions dont certaines provoquaient des séismes de magnitude M 5.0 et envoyaient des nuages ​​de cendre à 9 000 mètres au dessus du niveau de la mer. À la fin du mois de mai cependant, les parois du cratère de Halema’uma’u’u ont commencé à s’effondrer, élargissant le cratère et faisant disparaître l’Overlook Crater, avec la fin de l’activité explosive. Non seulement le cratère de l’Halema ’uma ’u s’est effondré, mais tout le plancher de la caldeira du Kilauea s’est affaissé tandis que le magma s’évacuait du sommet pour aller alimenter l’éruption sur l’East Rift Zone. Cette déflation du sommet du volcan a généré une activité sismique encore jamais observée sur le volcan.
Afin de mieux illustrer l’activité sismique, l’animation comporte dans sa partie inférieure des graphiques montrant des statistiques. Le graphique du haut montre les magnitudes des séismes à mesure qu’ils se produisent. Le graphique du bas montre le nombre total de séismes par heure. Le 30 avril, la fréquence des séismes a atteint une centaine par jour, avec une magnitude supérieure à M 4,0. L’événement le plus significatif a été enregistré pendant l’après-midi du 4 mai, avec une magnitude de M 6,9. Il a généré de nombreuses répliques et un petit tsunami sans gravité. Ce même séisme a également repoussé le flanc du volcan Kilauea de 50 centimètres vers l’océan.
Avec l’affaissement de la caldeira du Kilauea et l’effondrement de l’Halema’uma’u, le nombre de séismes a considérablement augmenté et le 15 juin, on en recensait plus de 700 par jour. Ces séismes se sont multipliés pour culminer avec des événements de magnitude M 5,0, voire plus, tous les un à deux jours. Une pause de quelques heures intervenait, puis tout recommençait. Ce cycle s’est répété 62 fois et s’est terminé avec un dernier événement de M 5.0 le 2 août, avant de cesser complètement deux jours plus tard, avec un retour de la sismicité à un niveau normal. L’éruption dans la Lower East Rift Zone du Kilauea était terminée Source: Centre d’alerte aux tsunamis du Pacifique (PTWC).

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The Pacific Tsunami Warning Center (PTWC) released a fantastic time lapse video for the anniversary of the start of the last Kilauea eruption. .

https://youtu.be/Pc9hM08uscM

 This animation begins on April 1st, 2018, one month before the start of the eruption with the usual earthquake pattern observed at Hawaii Big Island and proceeds forward in time at a rate of one day per second of animation time. Circles indicate the locations of earthquakes as they occur, with their sizes indicating their magnitudes and their colours representing their depths. Three days before the swarm began, the lava within the “Overlook crater” inside Halema‘uma‘u overflowed. Then on April 30th, the 35-year-old Pu’uO’o eruption ceased and its cone partially collapsed. This event coincided with the start of a swarm of volcanic earthquakes on Kilauea’s East Rift Zone. Starting with that collapse, earthquake activity moved northeast along the East Rift Zone away from Pu’uO’, indicating the movement of magma below the ground in this direction. Magma reached the surface and erupted as lava on the afternoon of May 3rd, with lava flows that destroyed about 700 homes, and covered more than 30 square kilometres, including Kapoho Bay. In this animation a growing orange field represents these lava flows.

The eruption of lava from the East Rift Zone drew magma away from its reservoir under Kilauea’s summit. Lava began to drain from the “Overlook crater” on May 2nd and by May 15th, its lava lake had dropped tens of metres and was producing explosions, some of which were strong enough to register as M 5.0 earthquakes and send ash clouds to 9,000 metres above sea level. By the end of May, however, the walls of Halema‘uma‘u had begun to collapse, thus widening itself and burying its “Overlook crater” and ending the explosive activity. Not only was Halema‘uma‘u Crater collapsing, but the entire floor of the Kilauea caldera was dropping as magma continued to drain from the summit to feed the flank eruption. This deflation of the volcano’s summit generated an unprecedented level of seismic activity with a peculiar pattern.

To help illustrate this pattern this animation includes charts showing some statistics about the earthquake activity shown here. The top graph shows the earthquakes’ magnitudes as they occur. The bottom graph shows the total number of earthquakes per hour. On April 30th,  the frequency of earthquakes increased to about 100 per day with their magnitudes exceeding M 4.0. The largest earthquake struck on the afternoon of May 4th with a magnitude of M 6.9. It produced numerous aftershocks and a small tsunami. This largest earthquake also moved the flank of Kīlauea Volcano as much as 50 centimetres seaward.

With the subsidence of the Kilauea caldera and the collapse of Halema‘uma‘u the number of earthquakes dramatically increased and by June 15th there were more than 700 per day. These earthquakes would repeatedly grow in number and culminate with a magnitude M 5.0 or above event every one to two days, pause for a few hours, then start over again. This cycle repeated 62 times with the last of the M 5.0 events on August 2nd, and ceasing altogether two days later when seismicity suddenly returned to normal background levels, coinciding with the end of the vigorous eruption of lava from the East Rift Zone.

Source :  Pacific Tsunami Warning Center (PTWC).

Source: PTWC

Tourisme toujours au ralenti sur la Grande Ile d’Hawaii // Tourism still sluggish on Hawaii Big Island

Trois mois après la fin de la dernière éruption du Kilauea et malgré la réouverture du Parc National des Volcans d’Hawaï, les commerces font état d’une pénurie de clients. Les autorités hawaïennes sont probablement en train de payer leur gestion désastreuse de l’éruption du point de vue touristique. Les gens venus visiter la Grande Ile n’ont jamais eu l’occasion de voir la lave. Ils ont été tenus bien à l’écart des coulées et ceux qui ont bravé les interdictions se sont vu infliger des amendes. Les autorités ont promis à plusieurs reprises qu’une plate-forme d’observation serait ouverte au public, mais personne ne l’a jamais vue. Cela a probablement été fait pour orienter les touristes vers les compagnies d’hélicoptères et de bateaux qui ont pu gagner de l’argent grâce à l’éruption.
La mauvaise gestion de l’éruption se fait encore sentir aujourd’hui sur la Grande Ile d’Hawaii. Même si les activités commerciales se sont améliorées depuis la réouverture du Parc en septembre, le tourisme dans la région est toujours en recul par rapport à la période qui a précédé l’éruption du 3 mai 2018 dans Lower Puna. Les commerces font état de nombres de visiteurs erratiques et le tourisme pour l’île dans son ensemble reste morose. Selon les dernières données publiées par la Hawaii Tourism Authority, le nombre moyen de visiteurs en octobre a diminué de 10% par rapport à l’année précédente, tandis que les dépenses des touristes pour ce même mois sont en baisse de 11%.
La lenteur de la reprise du tourisme est souvent attribuée à l’absence de lave dans le cratère de l’Halema’uma’u. On ne voit plus sa lueur la nuit, ce qui explique le peu de visiteurs nocturnes. Cette absence de lave est probablement aussi l’une des raisons de la fréquentation timide de la Volcano House. Les gens sont certes intéressés par les changements subis par le cratère de l’Halema’suma ’u qui s’est considérablement agrandi depuis le début de l’éruption, mais la lueur nocturne n’est plus qu’un souvenir.
Une autre raison susceptible d’expliquer la diminution du nombre de touristes est le manque de publicité. Si la lave est absente, la vue du cratère, les sentiers et les bouches qui émettent de la vapeur sont de bonnes raisons de venir visiter le Parc, mais beaucoup de gens pensent que ces sites sont toujours fermés au public. Les commerçants pensent qu’une nouvelle stratégie de marketing doit être développée pour promouvoir le Parc, maintenant que la lave a disparu de la surface de l’île.
Source: Journaux hawaïens.

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Three months after the end of the last Kilauea eruption, and despite the reopening of Hawaii Volcanoes National Park, businesses report a shortage of visitors. Hawaiian authorities are probably paying for their disastrous management of the eruption from the tourist point of view. Visitors to the Big Island were never given the opportunity to see the lava. They were kept far way from the lava flows and given fines if they entered the restricted area. Authorities promised several times that a viewing platform would be opened for the public but nobody ever saw it. This was probably done to orient tourists toward the helicopter and boat companies which could make money out of the eruption.

The poor management of the eruption is still felt today on Hawaii Big island. While business in Volcano has improved since the reopening of the Park in September, tourism to the area is still down from before the eruption which began on May 3rd in Lower Puna. Businesses report erratic visitor numbers as the island’s tourist industry remains sluggish. According to the latest data released by the Hawaii Tourism Authority, the average daily number of visitors in October was down 10 percent from the previous year, while visitor spending for that month was down by 11 percent.

The slow recovery is often attributed to the absence of what was once a major attraction in the area:  lava within Halema‘uma‘u crater. Its glow can no longer be seen at night so that there are fewer tourists in the evening. This lack of lava is a likely reason for the Volcano House’s recent dearth of visitors. Locals are still interested in seeing the changes to Halema‘uma‘u, which has expanded substantially since the start of the eruption, but the exotic attraction of the nightly lava glow is lost.

Another reason that could account for the drop in the visitor numbers is the lack of publicity. If lava is absent, the view of the crater, the trails and the steam vents are good reasons to come and visit the Park, but many people think they are still closed to the public. Business owners think a new marketing strategy should be developed for the Park, now that no active lava can be seen on the surface of the island.

Source: Hawaiian newspapers.

La belle lueur nocturne de la lave dans le cratère de l’Halema’uma’u n’est plus qu’un souvenir (Photo: C. Grandpey)

Les effondrements historiques du sommet du Kilauea (Hawaii) // Historic collapses of the Kilauea summit (Hawaii)

La dernière éruption du Kilauea a provoqué l’effondrement spectaculaire du cratère de l’Halema’uma’u. Cependant, ce n’est pas la première fois dans l’histoire du volcan qu’un tel événement se produit. L’Observatoire des Volcans d’Hawaï (HVO) indique toutefois que le dernier effondrement sommital a été le premier à être observé en détail avec un volume d’affaissement supérieur à une douzaine d’effondrements de ce type au cours des deux derniers siècles. Les premiers effondrements connus (1823, 1832 et 1840) avaient un volume d’affaissement important, mais le processus n’a pas été décrit avec précision par les témoins. Les effondrements les plus récents (1919, 1922 et 1924) ont mis en oeuvre de plus petits volumes d’affaissement ; ils ont été observés par Thomas Jaggar et l’équipe scientifique du HVO.
L’effondrement de 1868 a été le premier à être observé après la construction d’un hôtel au sommet du Kilauea. Divers observateurs étaient présents pendant quelques jours chacun au cours des premières semaines de l’événement. Les mois de mars et avril 1868 sont le plus souvent associés à une forte sismicité et à des épisodes éruptifs du Mauna Loa. Le séisme le plus significatif, d’une magnitude estimée à M 7,9, a provoqué un tsunami et un glissement de terrain et a également provoqué un effondrement du sommet du Kilauea.
Selon des témoins, le cratère du Kilauea a été très actif entre la fin janvier et la fin mars 1868, avec huit lacs de lave qui ont connu des débordements, en particulier le 27 mars, lorsque les premiers séismes ont été enregistrés.
Le 2 avril, vers 16 heures, le séisme de M 7.9 mentionné ci-dessus a fait onduler le sol autour du Kilauea à la manière d’un navire en mer. L’événement s’est accompagné de puissantes détonations dans le cratère, tandis que de grandes quantités de lave étaient projetées à une très grande hauteur et que des parois du cratère s’effondraient. Cet événement s’est poursuivi pendant trois jours, avec un recul de la lave dans le cratère. Le 5 avril 1868, elle avait totalement disparu !
Le séisme du 2 avril 1868 a également provoqué de brèves éruptions dans le cratère du Kilauea Iki et sur la Southwest Rift Zone. Des observateurs ont indiqué que le 18 avril au moins les deux tiers de la surface du cratère dans les parties ouest et nord-ouest s’étaient effondrés. Le plancher se trouvait à environ 90 mètres sous le niveau de la partie restante du fond du cratère.

La séquence d’événements de 2018 présente certaines similitudes avec celle de 1868. Le niveau du lac de lave au sommet du Kilauea s’était élevé jusqu’en avril de cette année et a commencé à baisser le 3 mai, jour où l’éruption a débuté dans le District de Puna. Le 4 mai, un séisme de M 6,9 a été enregistré et le 16 mai, des explosions ont secoué le sommet du Kilauea. Au cours des semaines qui ont suivi, l’affaissement de la caldeira a commencé et a duré plus de deux mois. Les émissions de gaz ont considérablement diminué.
Les descriptions des effondrements de 1868, avec des détonations, des effondrements de parois et l’affaissement d’une grande partie du fond du cratère sont semblables à bon nombre d’événements observés en 2018; Les affaissements sommitaux de 1868 et de 2018  ont affecté une grande partie du plancher de la caldeira du Kilauea. Les volumes d’effondrement de 1868, entre 0,2 et 0,5 kilomètre cube, sont toutefois inférieurs au volume de plus de 0,75 kilomètre cube observé en 2018.
Après l’effondrement sommital de 1868 et la disparition des lacs de lave, cette dernière a fait ponctuellement sa réapparition. La première nouvelle émission de lave a été enregistrée le 19 avril pendant moins d’une heure. En août et septembre 1868, les visiteurs ont signalé que le profond cratère se remplissait à nouveau et que le South Lake était à nouveau actif.
Selon le HVO, les effondrements sommitaux du Kilauea, accompagnés de la vidange du lac de lave, font partie du processus de remplissage à long terme de la caldera actuelle apparue il y a plusieurs siècles. Au cours de l’histoire du volcan, chaque effondrement a été suivi par la réapparition de lave plusieurs mois plus tard. Le HVO attend de voir la suite des événements…
Source: HVO.
Cependant, si la lave devait réapparaître au sommet ou quelque part le long de l’East Rift Zone, il s’agirait d’une NOUVELLE éruption et pas la poursuite de l’éruption de 1983 débutée sur le Pu’u O’o! Cela fait plus de deux mois que l’on n’a plus vu la lave sur le Kilauea !

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Kilauea’s last eruption caused the dramatic collapse of the Halema’uma’u Crater. However, this is not the first time in the history of the volcano that such an event has happened. The Hawaiian Volcano Observatory (HVO) indicates that the last collapse was the first to be observed in detail and the largest measured by subsidence volume of more than a dozen summit collapses in the past 200 years. The earliest known collapses (1823, 1832, and 1840) were large in subsidence volume but the process was not recorded by witnesses. The most recent collapses (1919, 1922, and 1924) involved smaller subsidence volumes but were witnessed by Thomas Jaggar and his staff at HVO. .

The collapse of 1868 was the first collapse after a hotel was established at the Kilauea summit. Various observers were present for a few days during the first weeks of the event. The months of March and April of 1868 are most often associated with strong earthquakes and Mauna Loa eruptions. The strongest earthquake, estimated at M 7.9, generated a tsunami and a landslide and also started a collapse of the Kilauea summit.

According to witnesses, the Kilauea crater had been very active from late January to late March with eight overflowing lava lakes, especially on March 27th, 1868 when the first strong earthquakes started.

On April 2nd, at about 4 p.m., the above-mentioned M7.9 earthquake caused the ground around Kilauea to rock like a ship at sea. At that moment, fearful detonations could be heard in the crater; large quantities of lava were thrown up to a great height and portions of the wall tumbled in. This event continued for three more days as the lava receded within the crater. By April 5th, 1868, there was no more lava to be seen in the crater.

The April 2nd earthquake also triggered brief eruptions in Kilauea Iki Crater and in the Southwest Rift Zone. Observers indicated that on April 18th, at least two-thirds of the area of the crater towards W and NW had caved in and sunk about 90 metres below the level of the remaining portion of the old floor.

The 2018 sequence of events has some similarities to the 1868 sequence. The level of the Kilauea summit lava lake had been rising through April of this year and started dropping on May 3rd as the Puna eruption commenced. On May 4th, an M 6.9 earthquake occurred and on May 16th, explosive events began at the summit of Kilauea. Over the next few weeks, subsidence of the summit caldera floor began and continued for more than two months. Gas emissions decreased dramatically.

The descriptions of the 1868 collapses involving detonations, avalanches of the walls, and sinking of a large portion of the crater floor could also describe many of the 2018 caldera collapse events. Both the 1868 and 2018 summit subsidence involved a large part of the Kilauea caldera floor. The estimates of the amount of 1868 caldera floor subsidence, between 0.2 and 0.5 cubic kilometres, are smaller than the measurement of more than 0.75 cubic kilometres of 2018 caldera subsidence.

After the 1868 summit collapse and withdrawal of the lava lakes, lava returned for brief moments. The first reappearance was recorded on April 19th for less than an hour. By August and September1868, visitors reported that the deep pit was refilling, and the South Lake was active once more.

HVO indicates that Kilauea summit collapses accompanied by lava lake draining are a routine part of the long-term refilling of the current caldera produced centuries ago. Each collapse has been followed eventually by the reappearance of lava months-to-years later. The Observatory is waiting to see what will happen next.

Source: HVO.

However, should lava reappear at the summit or somewhere along the East Rift Zone, it will be a NEW eruption and NOT the continuation of the 1983 Pu’u O’o eruption!

Lac de lave dans le cratère de l’Halema’uma’u (Crédit photo: HVO)

Le nouvel aspect de l’Halema’uma’u après l’effondrement de la caldeira (Crédit photo: HVO)

Cratère du Kilauea Iki (Photo: C. Grandpey)

Kilauea (Hawaii) : Eruption au point mort mais le Parc des Volcans reste fermé // Eruption at a standstill but Hawaii Volcanoes National Park remains closed

La sismicité et la déformation du sol sont négligeables au sommet du Kilauea. Sur la Lower East Rift Zone (LERZ), on n’aperçoit plus d’incandescence au fond de la Fracture n° 8. Seul un ruisselet de lave entre encore dans l’océan une bande de sable bloque toujours la rampe d’accès de Pohoiki. Les émissions de SO2 le long de la LERZ sont trop faibles pour être mesurées.
Bien qu’aucune activité ne soit actuellement observée sur le volcan, le Parc National reste fermé en raison des dégâts causés par l’éruption. Les responsables du parc ont fixé la réouverture partielle du parc au 22 septembre, à condition qu’aucune autre catastrophe naturelle ne se produise.
Onze personnes qui sont entrées illégalement dans le parc le 25 août ont été verbalisées par les rangers pour avoir enfreint la loi. Le groupe s’est aventuré au bord du cratère de l’Halema’uma’u, en dessous du musée Jaggar. Certains des contrevenants ont été surpris carrément sur la lèvre du cratère qui a maintenant environ 450 mètres de profondeur et est extrêmement instable.
Chaque personne, 10 hommes et une femme, a reçu une amende de 100 dollars pour ne pas avoir respecté la loi, plus 250 dollars pour conduite inappropriée, plus 30 dollars de frais de dossier.
Source: HVO et journaux locaux.

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Seismicity and ground deformation are negligible at the summit of Kilauea Volcano. On the Lower East Rift Zone, lava was no longer visible at the bottom of Fissure 8. A single small lava dribble is entering the ocean and a sand bar still blocks the Pohoiki boat ramp. SO2 emissions from the LERZ are too low to be measured.
Although no activity is currently observed on the volcano, Hawaii Volcanoes National Park remains closed because of the damage caused by the eruption. Park officials have set a target date of September 22nd to partially reopen after safety assessments are complete, provided no additional natural disasters occur.
Eleven people who illegally entered the park on August 25th were cited by rangers for disobeying a lawful closure and disorderly conduct.

The group ventured down to the rim of Halema‘uma‘u Crater below Jaggar Museum. Some of the offenders were spotted right at the sheer edge of the crater, which is now about 450 metres deep and extremely unstable.

Each person, 10 men and one woman, was cited $100 for violating a lawful closure and $250 for disorderly conduct. There is a $30 processing fee for each citation.

Source : HVO and local newspapers.

Le cratère de l’Halema’uma’u est fracturé en tous points et son approche est extrêmement dangereuse (Crédit photo: USGS / HVO)

Parc National des Volcans d’Hawaii : Réouverture partielle le 22 septembre 2018 // Hawaii Volcanoes National Park : Partial reopening on September 22nd, 2018

Le Parc National des Volcans d’Hawaï a fixé la date de réouverture au 22 septembre 2018 pour certains sites les plus intéressants. Un ralentissement de l’activité sismique a permis au personnel du Parc d’évaluer les dégâts et de rétablir l’alimentation en eau.
Il est probable que le Visitor Center du Kilauea, près de l’entrée du Parc, rouvrira ses portes. Le bâtiment est à nouveau alimenté en eau. Les autorités essaient également de trouver une plateforme d’observation depuis laquelle le public pourra voir les changements spectaculaires qui se sont produits dans le cratère de l’Halemaumau. Le Kilauea Iki ou Keanakakoi sont des sites possibles, mais aucune décision n’a encore été prise. [NDLR : Il faut juste espérer que cette plateforme d’observation ne jouera pas l’Arlésienne comme ce fut le cas sur le site de l’éruption dans le District de Puna !]
Des scientifiques de l’USGS ont donné des informations sur l’impact des événements d’effondrement au sommet du Kilauea. Ils ont entraîné l’affaissement de certaines parties de la lèvre et des parois internes de la caldeira. Avec plus de 400 mètres de profondeur, le cratère est quatre fois plus profond qu’avant le début de l’éruption. Son diamètre a plus que doublé. Certaines parties de la Crater Rim Drive, qui était fermée depuis 2008, se sont effondrées dans le cratère lors des explosions, tout comme une partie de l’ancien parking de l’Halemaumau Overlook.
Le Musée Jaggar ne rouvrira pas en septembre en raison des dégâts importants subis par le bâtiment. Le célèbre Thurston Lava Tube, qui est toujours en cours d’examen, ne rouvrira pas non plus. Une équipe de géologues évaluera la solidité des falaises sous la Volcano House. Si elles sont jugées suffisamment stables, le bâtiment pourra rouvrir lui aussi.
Parmi les autres signes positifs, on peut citer la nene, ou oie hawaïenne, qui semble avoir survécu à l’éruption. Des koae kea, oiseaux des tropiques à queue blanche, ont également été aperçus en train de voler dans le cratère.
Le Parc a souffert de l’activité sismique constante qui l’a secoué au cours des trois derniers mois. Il y a une épaisse couche de cendre volcanique sur les tables de pique-nique, des éboulements, des affaissements de terrain et des fractures sur la terrasse du Jaggar Museum, sur les sentiers de randonnée, les parkings et les routes, en particulier la Highway 11.
Il n’y a pas eu d’effondrement au sommet du Kilauea depuis le 2 août 2018. L’USGS a abaissé le niveau d’alerte mais a indiqué que les séismes accompagnés d’effondrements pourraient se produire de nouveau à tout moment.
La réouverture partielle du parc est une bonne nouvelle du point de vue économique. Selon les estimations, environ 2 millions de visiteurs du Parc National en 2017 ont dépensé 166 millions de dollars dans des localités proches du parc et ont permis d’employer 2 020 personnes dans la région.
Source: Presse hawaienne.

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The Hawai‘i Volcanoes National Park has set a reopening date of September 22nd, 2018, for some of its main attractions. A lull in earthquake activity has allowed parks staff to assess damages and repair water lines.

Most likely, the Kilauea Visitor Center near the park entrance will reopen. Park officials have restored non-potable water to the visitor center. They are also trying to find a viewing area where the public can see firsthand the dramatic changes that have occurred at Halemaumau Crater. Some possibilities include the Kilauea Iki overlook or Keanakakoi, but no decision has been made yet.

U.S. Geological Survey scientists have documented the impact of collapse events at the Kilauea summit. They have led to the slumping of parts of the rim and inside walls. At a depth of more than 400 metres, the crater is four times deeper than it was before the eruption began. Its diameter has more then doubled. Parts of Crater Rim Drive, which had been closed since 2008, actually fell into the crater during a collapse explosion events, as did a portion of the Halemaumau Overlook parking lot.

The Jaggar Museum and overlook will not be reopening in September due to extensive damage. Nor will the popular Thurston lava tube, which is still being evaluated. A team will also evaluate the cliffs beneath Volcano House and if they are stable, then visitors can return.

Other positive signs include the nene, or Hawaiian goose, population that seems to have survived the eruption. Koae kea, or white-tailed tropic birds, have also been seen flying at the crater.

The Park suffered from constant, seismic activity over the past three months which resulted in layers of volcanic ash over its picnic tables, as well as rockfalls, sinkholes and fractures on the Jaggar Museum’s deck and on hiking trails, parking lots and roads, including Highway 11.

There has no been a collapse event at the Kilauea summit since August 2nd, 2018. USGS has lowered the alert level of Kilauea, but said earthquakes and collapse events could recur at any time.

The Park’s partial reopening is welcome news from an economic point of view. It has been estimated that about 2 million visitors to the National Park in 2017 spent 166 million dollars in communities near the park and supported 2,020 jobs in the area.

Source: Hawaiian newspapers.

Suite aux effondrements, le cratère de l’Halema’uma’u est méconnaissable (Crédit photo: USGS / HVO)

Kilauea (Hawaii): Nouvelles de l’éruption // News of the eruption

L’émission de lave au niveau de la Fracture n° 8 reste faible. Il y a un petit lac de lave actif à l’intérieur du cône d’où s’échappe un petit panache de gaz. La surface du lac de lave se trouve à une dizaine de mètres sous le déversoir qui alimentait le chenal de lave. Le panache de gaz a fortement diminué le long de la côte. La coulée de lave active reste présente près de la rampe de mise à l’eau de Pohoiki mais elle n’a pas progressé de manière significative
Dans la partie centrale de l’East Rift Zone, les mesures de gaz émis par le Pu’uO’o, effectuées les 6 et 7 août, indiquent une teneur en SO2 inférieure aux mesures de la semaine dernière. Cette teneur en SO2 est semblable à celle observée au cours des trois derniers mois. Lors d’un survol, aucune lave active n’a été observée dans le cratère.
Le sommet du Kilauea reste calme, avec une très faible sismicité. La déformation mesurée par un tiltmètre et les capteurs GPS a pratiquement cessé. Entre la mi-mai et le début d’août 2018, la profondeur de l’Halema’uma’u a plus que triplé et son diamètre a plus que doublé avec la vidange du réservoir magmatique peu profond et l’intrusion de la lave dans la l’East Rift Zone. Des fractures et des blocs issus du plancher de la caldeira se sont effondrés dans l’Halema’uma’u. À la base des parois abruptes du cratère se trouvent des amas de matériaux qui se sont accumulés lors des phases d’effondrement. Des zones de fumerolles restent présentes dans le cratère, à proximité de l’ancien lac de lave.
Les changements subis par le sommet et la LERZ montrent que la quantité de magma qui a quitté le sommet pour alimenter l’éruption dans la LERZ a diminué. On ne sait pas pendant combien de temps va encore durer cette situation. Il se peut que l’on observe une nouvelle arrivée de lave, ce qui provoquerait une nouvelle déflation de la zone sommitale, de nouveaux effondrements et une reprise de l’éruption dans la LERZ.
Source: USGS / HVO.

Personnellement, je ne crois pas à une telle reprise de l’éruption. L’activité a diminué régulièrement au niveau de la Fracture n° 8 au cours des dernières semaines, avec l’absence de fontaines de lave et une émission de lave en déclin. Cela a été également prouvé par la croûte qui a commencé à recouvrir la partie inférieure du chenal de lave. Parallèlement, le nombre d’effondrements et la sismicité ont également diminué au sommet, signe que la vidange de la poche magmatique sous le plancher du cratère se terminait.

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Activity and lava output from Fissure 8 remains low. There is a small active lava lake within the Fissure 8 cone, with a weak gas plume. The surface of the lava lake is about 5-10 metres below the spillway entrance. The laze plume has greatly diminished along the coast. Active lava remains close to the Pohoiki boat ramp but has not advanced significantly toward it

In the Middle East Rift Zone, gas measurements of the Pu’uO’o plume taken on August 6th and 7th indicated a reduced SO2 emission rate lower than the measurement of the previous week. They were similar to what has been observed over the past three months. No active lava was observed in the crater during an overflight.

 The Kilauea summit remains quiet, with very low seismicity. The deformation at the summit as measured by tiltmeter and GPS instruments has virtually stopped. Between mid-May and early August, 2018, the depth of Halema‘uma‘u more than tripled and its diameter more than doubled as magma from Kīlauea’s shallow summit reservoir moved into the Lower East Rift Zone. Cracks and down-dropped blocks of the caldera floor have slumped into Halema‘uma‘u. At the base of the steep crater walls are piles of rock fragments shaken loose during previous summit collapse events. Areas of persistent steaming within the crater, in the vicinity of the former lava lake, are also visible.

Summit and LERZ changes considered together imply that the rate of magma leaving the summit to feed the Lower East Rift Zone eruption has decreased. How long this condition will persist is unknown. It is possible that outflow will pick up again, resulting in renewed summit area deflation leading to another collapse event and renewed eruption vigour on the LERZ.

Source: USGS / HVO.

I personally do not believe in a reprieve of the eruption. Activity decreased at Fissure 8 during the past weeks with the absence of lava fountains and an output that was declining. This was proved by the crust that started covering the lower part of the lava channel. In parallel, the number of collapse events and seismicity also decreased at the summit, revealing that the drainage of the magma pocket beneath the crater floor was coming to an end.

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Vue du sommet du Kilauea le 7 août 2018:

 

Vue de la Fracture n° 8 le 7 août 2018:

L’éruption touche probablement à sa fin…

Crédit photo: Civil Air Patrol, USGS / HVO