8 mai 2021 : Saint Pierre n’oublie pas !

Tous les ans le 8 mai, des cérémonies sont organisées à Saint Pierre (Martinique) en mémoire des victimes de l’éruption de la Montagne Pelée en 1902. Cette année encore, les festivités du « Mai de Saint-Pierre » seront perturbées à cause de la situation sanitaire. Il y aura essentiellement des dépôts de gerbes, une cérémonie protocolaire, une messe et un hommage à Louis Delgrès, illustre Martiniquais né à Saint-Pierre le 2 août 1766. Il a combattu toute sa vie contre le rétablissement de l’esclavage en Guadeloupe en 1794 et a choisi de mourir pour défendre ses idéaux en 1802.

En 2020, lors du premier confinement, le conservatoire de la ville de Saint Pierre, le Rotary Club et la municipalité avaient convié les habitants « à ne pas oublier cette journée tragique » en allumant un lumignon devant leurs portes. Faute de rassemblement, ce geste symbolique était souhaité par la mairie, « en mémoire de tous les trépassés de cette éruption meurtrière ».

Si le 3ème confinement de 2021 est un peu moins contraignant, la municipalité de Saint Pierre joue tout de même la prudence. Un programme allégé est en effet proposé :

Le 6 mai, le dépôt d’une gerbe a célébré l’arrivée des Indiens en Martinique. En effet, c’est le 6 mai 1853 que l’Aurélie, a accosté à Saint-Pierre, avec à son bord 300 Indiens. 25 000 d’entre eux migreront en Martinique et 42 000 vers la Guadeloupe, pour remplacer les Africains dans les plantations.

Une cérémonie protocolaire commémorera le 8 mai 1945 et la fin de la seconde guerre mondiale.

Une messe à la Cathédrale du Mouillage aura lieu aujourd’hui en mémoire des disparus du 8 mai 1902. Elle sera suivie d’une procession à l’Ossuaire, où sera déposée une gerbe.

Le 21 mail il y aura un dépôt de gerbe devant la fresque « TraceJectoire » inaugurée en 2019. Elle rend hommage aux esclaves qui se sont révoltés lors des insurrections de mai 1848 et à tous ceux qui ont combattu l’esclavage.

28 mai : Commémoration de la mort de Louis Delgrès devant l’Escalier de l’Intendance du collège qui porte son nom.

En 2022, 120 ans après, Saint-Pierre se souviendra de la tragédie de 1902 et ses quelque 30 000 victimes. Les célébrations se dérouleront de mai 2022 à mai 2023, centenaire de la renaissance de la Ville « qui a cessé d’être une commune le 10 février 1910. »

Photos : C. Grandpey

Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques nouvelles de l’activité volcanique dans le monde:

Au cœur des hauts plateaux du centre de l’île de Java (Indonésie), le plateau de Dieng est réputé pour la variété de ses paysages volcaniques et pour ses très vieux temples hindous. Dans les temps historiques, l’activité volcanique s’est limitée à des éruptions phréatiques mineures. Le plus grand danger réside dans les gaz toxiques qui ont causé des décès et constituent un danger au niveau de plusieurs cratères.

Une explosion phréatique s’est produite au cratère Sileri dans la soirée du 29 avril 2021 sans faire de victimes. L’explosion a projeté des matériaux jusqu’à 200 – 400 m de la lèvre du cratère. On a vu un nuage de gaz blanc s’élever jusqu’à 50 m au-dessus du cratère. Les mesures de concentration de gaz ont révélé  2,8 ppm  pour le SO2, 1,8 ppm pour le H2S 1,8 et 0% vol. pour le CO2. La température au point d’éruption a montré une valeur de 65 à 89 ° C, alors que la température quotidienne de référence est de 51,2 ° C. Il n’y a aucune indication que de nouvelles explosions peuvent se produire.

Le niveau d’alerte de Dieng est maintenu à 1 (Normal). Il est toutefois demandé à la population de rester à 500 m du cratère Sileri et de ne pas s’approcher du cratère Timbang pour éviter le risque de fortes concentrations de gaz volcaniques.

Plusieurs éruptions mortelles se sont produites dans le passé. En 1928, une quarantaine de personnes ont été tuées par une éruption phréatique. 117 habitants ont perdu la vie et 200 ont été blessés en décembre 1944. En 1964, 114 personnes sont mortes de la même manière. Le bilan le plus lourd a été enregistré en 1979, lorsqu’un nuage de CO2 a tué 142 personnes.

Source: PVMBG, Killer Volcanoes (C. Grandpey – 2013)

Cratère Sikidang (Source : Wikipedia)

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À Hawaii, l’éruption du Kilauea continue. Le niveau d’alerte est maintenu à WATCH (Vigilance). L’activité reste confinée dans l’Halema’uma’u où la lave est émise par une bouche dans la partie nord-ouest du cratère. La lave dans la partie ouest (active) du lac a une profondeur de 227 m tandis que la partie est du lac de lave est solidifiée et donc inactive. Les émissions moyennes de SO2 atteignent 375 t / j. La sismicité reste stable, avec un niveau de tremor élevé.

Le Mauna Loa n’est pas en éruption et reste au niveau d’alerte ADVISORY (surveillance conseillée). Le HVO explique que ce niveau d’alerte ne signifie pas qu’une éruption est imminente.

Source: HVO.

Source : HVO

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Après une décroissance pendant plusieurs jours, le tremor éruptif s’est stabilisé et l’éruption du Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion) continue. Les observations sur le terrain ont été impossibles ces derniers jours à cause d’une météo exécrable. L’absence d’ensoleillement sur les capteurs solaires a mis en panne certains instruments tandis que d’autres ont été foudroyés. Heureusement que l’éruption se déroule dans le site désert de l’Enclos, avec un débit qui reste relativement faible. L’OVPF indique qu’une légère inflation semble de dessiner à la base du cône sommital. Sur le terrain, la lave a progressé d’une centaine de mètres vers l’aval, de sorte qu’elle est maintenant visible depuis la RN 2.

Source : OVPF.

Source : OVPF

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L’OVSM a enregistré une hausse de la sismicité sur la Montagne Pelée (Martinique) au cours de la dernière semaine du mois de mai avec 312 séismes de faible magnitude (souvent inférieure à M 1.0) et sans danger pour la population.

Cette sismicité superficielle est liée à la formation de micro fractures dans l’édifice volcanique, entre 3.0 km sous le niveau de la mer et 1 km au-dessus du niveau de la mer. Par ailleurs, des signaux basse fréquence indiquent la présence de fluides au coeur de l’édifice volcanique.

Le niveau d’alerte reste à la couleur Jaune.

L’Observatoire indique la présence d’ « une zone principale de végétation fortement dégradée sur le flanc sud-ouest de la Montagne Pelée, entre la haute rivière Claire et la rivière Chaude. »

Photo : C. Grandpey

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L’activité sismique à La Soufrière de Saint-Vincent reste faible depuis la dernière activité significative du 22 avril 2021, mais l’UWI rappelle que le volcan continue d’être actif. Le niveau d’alerte reste au Rouge. Quelques séismes hybrides et volcano-tectoniques longue période ont été enregistrés et il n’y a eu aucun nouvel épisode de tremor. Ces derniers jours, les stations sismiques ont enregistré des signaux de lahars déclenchés par les fortes pluies sur l’île. (voir ma note précédente à propos de ces coulées de boue).

Source : UWI.

Source : UWI

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L’éruption se poursuit dans la Geldingadalur (Islande). Des changements ont été observés dans l’activité éruptive (voir ma note d’hier). De nombreuses photos et vidéos sont diffusées sur les réseaux sociaux. Voici l’une d’entre elles réalisée à l’aide d’une Insta360 Pro 2 8K montée sur un drone DJI:

https://youtu.be/y9J7RUzlkz4

A noter qu’à cause de la forte incidence de l’épidémie de Covid-19 dans notre pays, les citoyens français ne sont toujours pas autorisés à entrer en Islande en ce moment. En effet, depuis le 27 avril 2021 et jusqu’au 31 mai prochain, les voyageurs en provenance des pays considérés comme à très haut risque par les autorités islandaises, dont la France, sont interdits d’entrée.

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On observe actuellement une activité fumerollienne dans le cratère Mackenney du Pacaya (Guatemala). L’activité effusive se poursuit au niveau de la fracture qui s’est ouverte sur le flanc nord-ouest du volcan. Elle donne naissance à une coulée de lave qui descend vers le sud-ouest, sur une longueur d’environ 1700 mètres, avec deux fronts dans le secteur de La Breña. L’activité est en ce moment essentiellement effusive, même si des explosions peuvent se produire au niveau de la fracture éruptive et dans le cratère Mackenney. Les stations sismiques enregistrent un tremor correspondant à l’ascension du magma et au déplacement des coulées de lave.

Source : INSIVUMEH.

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L’extrusion de lave continue sur le dôme sous la lèvre sud-ouest du Merapi (Indonésie) et sur le dôme dans le cratère sommital. Le volume du dôme de lave sud-ouest était estimé à 1 069 600 mètres cubes le 21 avril 2021 avec une croissance d’environ 11 900 mètres cubes par jour. Des coulées pyroclastiques avancent jusqu’à 1,8 km sur le flanc sud-ouest. Le volume du dôme de lave sommital a été estimé à 1 794 000 mètres cubes le 22 avril. Le niveau d’alerte reste à 3 (sur une échelle de 1 à 4) et le public est prié de rester à 5 km du sommet.

Source : BPPTKG.

Source : CVGHM

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Ces informations ne sont pas exhaustives. Vous en trouverez d’autres (en anglais) en lisant le bulletin hebdomadaire de la Smithsonian Institution :

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Here is some news of volcanic activity around the world :

In the highlands of central Java (Indonesia), the Dieng plateau is renowned both for the variety of its volcanic scenery and as a sacred area housing Java’s oldest Hindu temples. In historical times, volcanic activity has been restricted to minor phreatic eruptions. The greatest danger lies with toxic gases which have caused fatalities and are a hazard at several craters.

A phreatic explosion occurred at Sileri crater in the evening of April 29th, 2021, without killing anybody.  The explosion projected material 200 – 400 m from the edge of the crater. A thin white gas cloud was observed rising up to 50 m above the crater.

The measurement of gas concentration show the value of SO2 gas at 2.8 ppm, H2S 1.8 ppm, and CO2 0% vol. The temperature measurement at the eruption point showed a value of 65 – 89 °C, while at the reference point daily monitoring showed 51.2 °C. The gas concentration and temperature values ​​are still at the average value of normal conditions before the eruption. The results of visual and instrumental monitoring to date have not detected any signs of increased activity leading to further eruptions.

The level of activity of Dieng is kept at 1 (Normal). People are asked to stay 500 m from the Sileri crater, and not to move around the Timbang crater to avoid the threat of high concentrations of volcanic gases.

Several deadly eruptions occurred in the past. In 1928, about 40 persons were killed by a phreatic eruption. 117 residents were killed and 200 injured in December 1944. In 1964, 114 died in the same way.  The heaviest death toll was in 1979 when a cloud of CO2 killed 142 persons.

Source: PVMBG, Killer Volcanoes (C. Grandpey – 2013)

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 In Hawaii, Kilauea is still erupting. Its alert level is kept at WATCH. Lava activity remains confined to Halema’uma’u with lava erupting from a vent on the northwest side of the crater. The lava in the western (active) portion of the lake is 227 m deep, with the eastern portion of the lava lake solidified at the surface. SO2 emission rates show an average of 375 t/d. Seismicity remains stable, with elevated tremor.

Mauna Loa is not erupting and remains at alert level ADVISORY. HVO explains that this alert level does not mean that an eruption is imminent.

Source: HVO.

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After decreasing for several days, the eruptive tremor has stabilized and the eruption of Piton de la Fournaise (Reunion Island) continues. Field observations have been impossible in recent days due to poor weather conditions. The lack of sunlight on the solar pannels prevented some instruments from operating properly while others were struck by lightning. Fortunately, the eruption takes place in the desert site of the Enclos with a lava output which remains low. OVPF indicates that a slight inflation seems to be starting at the base of the summit cone. On the field, the lava has advanced 100 metres or so downslope so that it can now be seen from Higway 2.

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 OVSM recorded an increase in seismicity on Mount Pelée (Martinique) during the last week of May with 312 low magnitude (often less than M 1.0) earthquakes without danger for the population. This shallow seismicity is linked to the formation of micro fractures in the volcanic edifice, between 3.0 km below sea level and 1 km above sea level. Moteover, low frequency signals indicate the presence of fluids within the volcanic edifice.

The alert level remains at Yellow.

The Observatory mentions an « area of heavily degraded vegetation on the southwest flank of Mount Pelée, between the upper Claire River and the Chaude River. »

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Seismic activity at St Vincent’s La Soufrière has remained low since the last significant activity on April 22nd, 2021, but UWI warns that the volcano continues to be in a state of unrest. The alert level remains at Red. Only a few long-period, hybrid and volcano-tectonic earthquakes are recorded and there has been no further seismic tremor. In the past days, the seismic stations recorded signals from lahars triggered by the heavy rains on the island.

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The eruption continues in Geldingadalur (Iceland) with several vents emitting lava fountains. Changes have been observed (see my previous post about the eruption).

Many photos and videos are released on the social networks. Here is one of them captured with an 8K Insta360 Pro 2 mounted to the bottom of a DJI drone:

https://youtu.be/y9J7RUzlkz4

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Fumarole activity is currently observed in the Mackenney crater of Pacaya (Guatemala). Effusive activity continues at the fissure that opened on the northwest flank of the volcano. It emits a lava flow that descends towards the southwest, over a length of approximately 1,700 metres, with two fronts in the La Breña area. The activity is currently mainly effusive, although explosions can occur at the eruptive fissure and in the Mackenney crater. The seismic stations record a tremor corresponding to the ascent of magma and the advance of the lava flows.

Source: INSIVUMEH.

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The lava dome below the SW rim of Mt Merapi (Indonesia) and the lava dome in the summit crater continue to extrude lava. The SW rim lava-dome volume was estimated at 1,069,600 cubic metres on April 21st, 2021 with a growth rate of about 11,900 cubic metres per day. Pyroclastic flows are observed travelling as far as1.8 km down the SW flank. The volume of the summit lava dome was estimated at 1,794,000 cubic metres on April 22nd. The Alert Level remains at 3 (on a scale of 1-4), and the public is asked to stay 5 km away from the summit.

Source : BPPTKG.

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This information is not exhaustive. You can find more by reading the Smithsonian Institution’s weekly report:

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

L’aide humanitaire à St Vincent // Humanitarian aid in St Vincent

Selon les scientifiques de l’Université des Antilles (UWI), l’éruption de La Soufruère de St Vincent est loin d’être terminée. Il faut s’attendre à de nouvelles crises éruptives et leur cortège d’explosions, de panaches et de retombées de cendres. On parle beaucoup des manifestations physiques du volcan mais as assez selon moi, des conséquences pour la population de St Vincent et celle des îles voisines de la Caraïbe.

Au cours de cette crise éruptive, l’Organisation des États de la Caraïbe Orientale (O.E.C.O)* joue un rôle de soutien important afin d’organiser la solidarité entre les chefs de gouvernements des différents États membres.

Des réunions sont organisées régulièrement pour faire le point sur les actions en cours en fonction des besoins. Sur place, les principales demandes concernent l’eau, la nourriture et l’hébergement pour les évacués voulant rester à Saint-Vincent.

Sur les 20 000 personnes dans la zone rouge à évacuer, il était prévu que 8 000 habitants soient évacuées vers la zone sud de l’île chez de la famille et des amis, et que les 12 000 personnes restantes soient hébergées dans des abris. Le problème, c’est que Saint-Vincent n’a qu’une capacité d’accueil de 5 000 personnes dans ses abris.
Les pays de l’OECO avaient initialement prévu d’évacuer en dehors de St Vincent, mais, comme je l’ai indiqué précédemment, la plupart des personnes se sont montré réticentes et le plan a été revu. En conséquence, il faut aujourd’hui trouver ou créer des abris sur place pour ce nombre les personnes qui ont refusé de quitter l’île. .

Plusieurs pays sont toujours prêts à accueillir les personnes qui souhaitent quitter St Vincent. Pour ceux qui souhaitent rester, l’O.E.C.O. envisage de créer des villages temporaires sur l’île, à partir de structures modulaires.

Sur le court terme, l’O.E.C.O. privilégie une aide de produits de première nécessité coordonnée avec des envois vers Saint-Vincent « via les organisations nationales et les autorités régionales ».

Des solutions sur le long terme sont également à l’étude en collaboration avec l’Union européenne. Il s’agit, comme cela avait été fait à la Dominique après l’ouragan Maria en 2017, que Saint-Vincent assure ses propres besoins en eau grâce à des équipements mobiles de dessalement ou de purification.

Il est très difficile de dire combien de temps cette situation va durer. Cependant l’O.E.C.O. table a priori sur au moins 3 mois et a déjà évalué les besoins financiers à hauteur de 100 millions de dollars américains. Ainsi, l’organisation a lancé une campagne de collecte en ligne pour rassembler cette somme. L’Union Européenne s’est déjà engagée à participer à hauteur de 740 000 euros.

*O.E.C.O. : Créée en 1981, l’Organisation des États de la Caraïbe Orientale, O.E.C.O. en français et O.E.C.S. en anglais (Organisation of Eastern Caribbean States), dont le siège est à Sainte-Lucie, est dédiée à l’intégration régionale, sur le modèle de l’Union européenne.

Source : Martinique la 1ère.

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Scientists at the University of the West Indies (UWI) say the eruption of St Vincent’s La Soufruère is far from being over. They expect new eruptive crises with explosions, ash plumes and ashfall. One can read many articles about the physical events of the eruption but not enough is said, in my opinion, about the consequences for the population of St Vincent and that of the neighboring islands of the Caribbean.

During this eruptive crisis, the Organization of Eastern Caribbean States (O.E.C.O) * plays an important support role in order to organize solidarity between the heads of government of the different Member States.

Meetings are organized regularly to take stock of the actions in progress according to the needs. On site, the main requests concern water, food and accommodation for evacuees wishing to stay in Saint-Vincent.

Out of the 20,000 people in the Red zone who have to be to be evacuated, it was planned that 8,000 inhabitants would be evacuated to the southern part of the island with family and friends, and that the remaining 12,000 people would be accommodated in shelters. The problem is that Saint-Vincent can only accommodate 5,000 people in its shelters.

The OECS countries had originally planned to evacuate people outside of St Vincent, but, as I mentioned earlier, most people were reluctant to do so and the plan had to be revised. As a result, it is now necessary to find or create shelters in place for this number of people who have refused to leave the island.

Several countries are always ready to welcome people who wish to leave St Vincent. For those who wish to stay, the O.E.C.O. plans to create temporary villages on the island with modular structures.

In the short term, the O.E.C.O. favors aid for basic necessities coordinated with shipments to Saint-Vincent « via national organizations and regional authorities ».

Long-term solutions are also being explored in collaboration with the European Union. As was done in Dominica after Hurricane Maria in 2017, this involves Saint-Vincent ensuring its own water needs through mobile desalination or purification equipment.

It is very difficult to say how long this situation will last. However the O.E.C.O expects it to last at least 3 months and has already assessed financial needs of 100 million US dollars. The organization has launched an online fundraising campaign to collect this sum. The European Union has already pledged to participate with an amount of 740,000 euros.

* O.E.C.O. : Created in 1981, the Organization of Eastern Caribbean States (O.E.C.S), headquartered in Saint Lucia, is dedicated to regional integration, on the model of the European Union.

Source: Martinique la 1ère.

Sargasses à la Martinique : Que fait l’Etat français ?

En ce moment, tous les projecteurs sont braqués – à juste titre- sur Saint-Vincent-et-les-Grenadines où le volcan de La Soufrière connaît l’une des plus puissantes éruptions de son histoire. Comme je l’ai indiqué à plusieurs reprises, la cendre qui s’accumule partout sur l’île cause de graves problèmes alors que St Vincent est également affectée par la pandémie de Covid-19, ce qui rend la vie encore plus difficile dans les hébergement temporaires .

La Martinique est elle aussi confrontée à des problèmes, même si leur ampleur n’a rien à voir avec ce qui se passe à St Vincent.

Lors de mes visites sur l’île, j’ai eu l’occasion de me rendre compte des désagréments causés par les sargasses, en particulier au moment de leur échouage sur les côtes.

La Martinique a été épargnée par les algues pendant plusieurs mois, mais elles ont de nouveau envahi les côtes, surtout le rivage atlantique au cours des dernières semaines. Le phénomène a pris une ampleur impressionnante dans le sud Atlantique où de nombreuses plages sont impraticables.

Les habitants du littoral, ceux du Marigot par exemple, n’en peuvent plus. Ainsi, une personne a déclaré sur le site Martinique la 1ère : « Il n’y a pas longtemps, on s’est enfermé dans la maison, parce que l’odeur montait vraiment. Le matin au réveil, c’est désagréable. On n’a plus la possibilité de sortir comme on veut. C’est invivable. Quand il y a beaucoup de, pluie, c’est insupportable. On ne peut pas dormir le soir. Ça abîme tout notre matériel, télé, réfrigérateur, voiture.» Des habitants de la Pointe Faula m’avaient tenu des propos identiques et avaient fait état de malaises chez des personnes ayant inhalé l’hydrogène sulfuré (H2S) émis par les algues quand elles se décomposent sur le rivage.

La situation est identique au Robert. Depuis des années, les habitants sont incommodés par les émanations de gaz causées par les sargasses en putréfaction. Ceux qui le pouvaient ont quitté leur domicile, pour s’installer loin du littoral. D’autres ont réaménagé entièrement leur maison.

Pour tenter d’endiguer les échouages, des solutions de fortune ont été imaginées. Un marin pêcheur, a fabriqué des filets à sargasses. Il les a installés à Frégate et au Cap Est.

La ville du Robert utilise le Sargator, un navire collecteur de sargasses, censé collecter près de 40 tonnes d’algues par heure. Une autre machine amphibie permet la collecte des algues plus près du littoral. Mais elle est en panne. Pour éviter l’échouage des sargasses, sur les côtes, la ville a aussi installé plusieurs barrages filtrants. Ces différentes solutions sont parfois efficaces, mais elles restent insuffisantes devant l’ampleur du phénomène. Des solutions existent pour améliorer l’efficacité des machines destinées à l’enlèvement des algues, mais le coût financier reste considérable pour les collectivités.

En plus des sargasses, la Martinique est victime de la brume de sable. Ces deux phénomènes naturels sont liés car la brume de sable accentue le phénomène des sargasses.

Les nuages de sable se forment au-dessus du désert du Sahara. Ils se nourrissent aussi de poussières en suspension venant d’Europe après avoir traversé la Méditerranée.  .
Les particules fines contenues dans la brume de sable contiennent des nutriments issus de l’agriculture intensive. En tombant dans la mer, elles deviennent une denrée précieuse pour les sargasses qui se reproduisent alors à grande vitesse.

S’agissant de la brume de sable, il n’y a pas grand-chose à faire, juste attendre qu’elle se dissipe. Les solutions ne dépendent pas uniquement de la France, mais de la planète toute entière et de sa fâcheuse tendance à polluer à tout va.

Par contre, des solutions pourraient être mises en œuvre pour arrêter, ou au moins ralentir, la prolifération des sargasses. Comme indiqué précédemment, ces mesures ont un coût, mais ce ne devrait pas être aux seules collectivités martiniquaises de payer. Il faudrait que l’Etat français mette lui aussi la main au portefeuille. En 2018, Nicolas Hulot, alors ministre de la Transition Ecologique, avait promis une somme de 13 millions d’euros pour résoudre le problème des sargasses. Qu’en est-il de cette somme ? A quoi a-t-elle servi ?

Il ne faudrait pas que ceux qui nous dirigent oublient que la Martinique est un département français, comme les Alpes Maritimes par exemple. Imaginons un instant une prolifération de sargasses devant les plages de Nice ou de Cannes avant la saison estivale; je puis vous assurer que de gros moyens seront mis en œuvre pour les éliminer rapidement. Alors pourquoi par à la Martinique, ou à la Guadeloupe qui est également concernée par ce poison ?

Source: Martinique la 1ère.

Sargasses à la Pointe Faula (Photos: C. Grandpey)