Retour à la Martinique !

Je n’ai rien oublié à la Martinique au mois de mars dernier ! J’y retourne car j’ai été invité à présenter deux conférences dans le cadre des « Grandes Vacances 2018 au Musée » :

  • Le jeudi 16 août 2018 à 10 heures à la Maison du Volcan de Morne-Rouge: « Lahars et autres risques volcaniques. »
  • Le vendredi 17 août 2018 à 17 heures au Centre de Découverte des Sciences de la Terre de Saint Pierre: « Du Fuego au Kilauea : Volcans gris et volcans rouges. »

Comme en métropole, chaque conférence sera suivie de deux diaporamas en fondu-enchaîné sonorisé. L’Etna, Yellowstone, l’Indonésie et Hawaii sont au programme.

Photo: C. Grandpey

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Y a-t-il une malédiction de la Montagne Pelée ?

Le 30 décembre 2017, France 3 proposait un téléfilm intitulé « Meurtres en Martinique, la malédiction du volcan. » J’avais, bien sûr, été attiré par le titre et j’ai eu plaisir à regarder cette enquête policière qui conduit les protagonistes sur les pentes mystérieuses de la Montagne Pelée, personnage principal de cette histoire. Ils sont en prise avec les démons et croyances du passé, nés lors de la terrible éruption du 8 mai 1902. La malédiction de Cyparis, enfermé dans son cachot et seul survivant de l’éruption, plane sur l’enquête.

Si la légende de la cantatrice faisant entendre sa superbe voix sur les flancs du volcan semble sortie de l’imagination du réalisateur du téléfilm, des voix se sont faites entendre au début du 20ème siècle pour expliquer la colère de la « Vieille Dame. »

La ville de St Pierre fut totalement détruite par les nuées ardentes et les coulées de boue vomies par la Montagne Pelée. Au final, quelque 29 000 personnes périrent dans la catastrophe. Dans un ouvrage paru aux Editions Ibis, des descendants de St Pierre expliquent le désastre au moyen d’arguments très différents de ceux avancés par les volcanologues. Beaucoup d’entre eux affirment que le volcan n’est pas entré en éruption de lui-même ; c’est « une main divine » qui a déclenché sa mauvaise humeur et l’éruption est « une correction divine. » Une lourde responsabilité est attribuée au Carnaval et à l’ambiance qui l’entourait. Selon l’une des personnes interviewées, avant l’éruption de 1902, un carnaval avait fait scandale. Les gens s’étaient déguisés en Moïse et avaient « singé les choses de Dieu, dans la rue, » de sorte que l’éruption est intervenue pour punir les mécréants. Les curés étaient souvent victimes de sarcasmes ou de mauvaises plaisanteries. Certains habitants s’habillaient « en curés, en messeigneurs, ils faisaient certaines choses qu’ils n’auraient pas dû faire. Ils faisaient des chansons sur les curés où ils disaient que les curés prenaient des femmes. » L’homme d’église réagissait en secouant sa soutane. Selon la tradition martiniquaise, tout ecclésiastique possédait le secret de ce geste qui était censé jeter un mauvais sort à l’offenseur.

Dans les années qui suivirent l’éruption, certains parents interdisaient à leurs enfants d’aller au carnaval de St Pierre parce qu’il était maudit.

Outre le Carnaval, plusieurs témoignages portent sur l’existence d’un dancing ou Casino décrit comme un lieu de perdition. L’ambiance et les biguines seraient l’une des causes de la disparition de Saint-Pierre. Elles auraient entraîné la colère divine. « A Saint-Pierre, à certaines heures, les spectateurs qui ne pouvaient se payer l’entrée des bals, attrapaient des danseuses au vol et biguinaient dans la rue. Cette danse sous les étoiles intéressait autant que celle qui tournoyait sous les quinquets fumeux où la poussière âcre du parquet. […] Le curieux de l’histoire, c’est que le bal faisait face à l’église du Mouillage, par la Grand-rue. Le dimanche matin, tandis que le prêtre psalmodiait là-bas dominus vovis cum, la foule vociférait en réponse : Cha cha !Cha cha !Cha cha !Déchirez tout cé rob là !»

Selon de nombreux Pierrotins, l’éruption de 1902 a été précédée de nombreux signes, rêves, faits et évènements prémonitoires. Plusieurs témoignages s’accordent sur le passage, la veille de la catastrophe, d’individus étranges, déambulant dans les rues et annonçant le désastre en des termes qui évoquent le thème de la «malédiction biblique (6ème verset du 51ème chapitre du livre de Jérémie) : « Fuyez de Babylone, sauve-qui-peut! Sinon, vous périrez quand elle payera pour sa perversion. C’est, pour le Seigneur, le moment de la vengeance.»

Il se raconte qu’au moment de la sieste, une servante a réveillé toute la maisonnée en criant : « Du feu, du feu, du feu sur la ville, le feu tombe sur la ville. » Elle a dit qu’elle avait vu, dans un demi-sommeil, la ville détruite par le feu, que ça lui avait fait très peur et qu’elle était étonnée de voir que rien ne s’était passé et que tout était en place. Les gens racontent aussi qu’une marchande ambulante de Saint-Pierre qui arpentait les rues de la ville avait été surnommée Châtiment parce qu’elle passait sa vie à crier: « Châtiment, châtiment, qui veut des aiguilles, qui veut du fil? Châtiment, châtiment, la ville sera châtiée !

A en croire la mémoire pierrotine, les habitants de Saint-Pierre s’adonnaient également à la sorcellerie. Une des personnes interviewées raconte qu’«à Saint-Pierre, les gens étaient un peu malsains, ils aimaient faire des méchancetés, c’étaient des engagés. Il y avait de jeunes garçons qui se transformaient en chiens. Ils se transformaient en diablesses à midi et le soir en zombi. »

D’autres faits évoqués entretiennent la «malédiction des Caraïbes». Bien connue dans toute l’île et acceptée comme un fait historique, cette légende semble être la délocalisation imaginaire d’un événement historique réel qui opposa les colons français de Martinique aux Caraïbes insulaires, lors d’un épisode de la guerre de conquête de l’île de Grenade. Sa relocalisation aux environs de Saint-Pierre est peut-être liée au massacre en 1658 du dernier chef caraïbe rebelle de Martinique qui, après avoir échappé au meurtre d’une dizaine de ses hommes dans une taverne de la ville, fut assassiné dans la baie de Saint-Pierre.

Deux personnes survécurent à l’éruption de 1902 : Louis-Auguste Cyparis, un prisonnier sauvé par l’épaisseur des murs de son cachot, et Léon Compère-Léandre, un cordonnier dont la maison, comme la prison de Cyparis était située au pied d’une colline, le Morne Abel. La légende liée à la malédiction de la Montagne Pelée dit qu’il aurait été épargné par les nuées ardentes parce qu’il était innocent. Selon un ancien marin-pêcheur, son nom n’était pas Cyparis ; c’était Saint-Aimé. « Après l’éruption, ils ont mis la douane et la police à surveiller partout. Alors ceux-là ont entendu : j’ai soif, donnez-moi un peu d’eau à boire, donnez-moi un peu d’eau à boire ! Alors sur le son, suivant la voix de la personne, ils ont cherché, ils ont fouillé. Quand Saint-Aimé est sorti de dessous la prison, il était innocent; quand il est sorti de la prison, il a dit qu’il n’avait entendu aucun bruit, rien ! Ils l’ont pris et puis l’ont amené en Amérique, mais quand il est arrivé en Amérique, il touchait aux femmes blanches; or tu sais que le Méricain n’aime pas beaucoup les nègres. Alors, ils l’ont ramené ici.»

J’étais à la Martinique il y a quelques jours et j’avais ces histoires en tête pendant la visite de St Pierre. Voici quelques images des ruines et de la maîtresse des lieux qui a daigné retirer à deux reprises son voile de nuages lors de mon séjour sur l’île antillaise.

Vues de la baie de Saint Pierre et de la Montagne Pelée :

Vue du sommet de la Montagne Pelée:

Vue aérienne des dômes de 1902 et 1929 :

Saint Pierre: L’escalier du théâtre :

Saint Pierre: La prison et le cachot de Cyparis :

L’église du Fort, impressionnant témoignage de la puissance de l’éruption :

La cloche de la Cathédrale, éventrée par l’explosion et déformée par la chaleur (Musée Franck Perret):

L’ossuaire de 1902 et le cimetière d’où l’on aperçoit le sommet du volcan :

Le souvenir d’Alfred Lacroix reste présent à Saint Pierre :

Photos: C. Grandpey

Prévention des séismes et tsunamis à la Martinique // Seismic and tsunami prevention in Martinique

Depuis que ce blog existe, je ne cesse de mettre l’accent sur l’importance que revêt l’EDUCATION des populations dans les contextes volcanique et sismique. Lors de mes conférences « Volcans et risques volcaniques », je donne l’exemple de la ville de Kagoshima, au pied du volcan japonais Sakurajima, où la population est régulièrement soumise à des exercices d’évacuation dans l’éventualité d’une éruption majeure qui menacerait l’agglomération située à quelques encabliures de ce volcan particulièrement actif.

Le 14 mars 2018, le site web France-Antilles a diffusé un article avec le titre suivant: « Près de 35 000 Martiniquais mobilisés pour Caribe Wave 2018« . Il s’agissait d’un exercice grandeur nature d’alerte tsunami. Commencé le jeudi 15 mars 2018, il a regroupé une cinquantaine de pays et territoires de la Caraïbe, soit environ 200 000 personnes.

L’exercice se déroule de la manière suivante: Selon le scénario établi par le Groupement Intergouvernemental de Coordination / Système d’Alerte aux Tsunamis pour la CARaïbe, un séisme fictif va générer un tsunami dans la Caraïbe. Les côtes de la Martinique sont notamment touchées.

Organisé par le GIC/SATCAR depuis 2011, cet exercice permet de tester le système d’alerte montante vers les autorités publiques responsables de la gestion de crise ainsi que les procédures de diffusion de l’alerte descendante rapide vers la population. Ce dernier point est du ressort des services opérationnels, les mairies, les opérateurs et les médias.

En Martinique, 3 500 personnes, dont une vingtaine de communes et plus de 20 000 collégiens et lycéens se sont inscrits pour participer à l’exercice, via le site http://www.tsunamizone.org/francais/. Ces communes ont choisi soit de mettre en place une sensibilisation, soit de participer à un exercice d’évacuation. En 2018, une attention particulière a été portée sur les itinéraires d’évacuation et sur les 650 sites refuges identifiés.

Parallèlement à cette campagne de sensibilisation sur le terrain, les autorité locales, avec la caution du Préfet de la Martinique, ont distribué un dépliant intitulé « Alerte Tsunami » (voir ci-dessous) qui, graphiques à l’appui, explique ce qu’est un tsunami, comment reconnaître les trois signes naturels d’un tel phénomène et que faire en cas de danger ou d’alerte. Il est en particulier rappelé que « ces vagues ne sont pas surfables! »

Lorsque j’ai visité la ville de St Pierre, j’ai remarqué les nombreux panneaux apposés dans les rues et sur les ruines des monuments historiques, et indiquant les parcours à suivre en cas d’alerte tsunami. Semblables panneaux sont visibles dans d’autres localités côtières

Au cours de mon séjour aux Antilles, j’ai eu l’occasion de parler de cette démarche d’éducation de la population avec plusieurs personnes. Je pense qu’il faudrait aller encore plus loin, comme le font les Islandais. Dans ce pays, les autorités ont demandé aux habitants de la côte sud de l’île, menacée par des éruptions volcaniques et des crues glaciaires, de télécharger une application sur leurs smartphones. En cas de danger imminent, les habitants reçoivent instantanément un message d’alerte leur indiquant le comportement à adopter dans les délais les plus brefs. Il est fort à parier que ce progrès dans le domaine de la prévention sera bientôt adopté par les populations antillaises.

Le risque sismique est identifié depuis longtemps en Martinique. Depuis le 18ème siècle, l’île a subi plusieurs tremblements de terre importants. Le dernier en date, le 29 novembre 2007 avait une magnitude de M 7,4. Il a  été localisé au nord de la Martinique, à une profondeur de 152 km. Les dégâts furent modérés et d’ampleur inégale. A l’image du Centre de découverte des sciences de la Terre, certaines habitations de la Martinique bénéficient de mesures parasismiques.

S’agissant des tsunamis, au cours des trois derniers siècles, la Martinique et la Guadeloupe ont été frappées par plus d’une dizaine d’événements de ce type. Les plus récents ont été observés en mai 1901, décembre 1901, mars et avril 1902, le 6 mai 1902, le 30 août 1902 et le 24 juillet 1939. Cependant, tous n’ont pas été recensés et certaines surcotes marines ne furent jamais identifiées, faute de connaissances.

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Ever since I created this blog, I have kept focusing on the concept of EDUCATION of populations in volcanic and seismic contexts. During my conferences « Volcanoes and Volcanic Risks », I give the example of the city of Kagoshima, at the foot of the Japanese volcano Sakurajima, where the population regularly performs evacuation exercises in the event of a major eruption which would threaten the community located a short distance from this very active volcano.

On March 14th, 2018, the France-Antilles website published an article with the following title: « Nearly 35,000 Martiniquais mobilized for Caribe Wave 2018 ». This was a life-size tsunami warning exercise. Started on Thursday, March 15th, 2018, it brought together about fifty countries and territories of the Caribbean, about 200,000 people.

The exercise took place as follows: According to the scenario established by the Intergovernmental Coordination Group / Tsunami Warning System for CARIBBEAN, a fictitious earthquake generated a tsunami in the Caribbean. The coasts of Martinique were particularly affected.

Organized by the GIC / SATCAR since 2011, this exercise makes it possible to test the rising alert system towards the public authorities responsible for crisis management as well as the procedures for disseminating the rapid downward alert to the population. This last point is the responsibility of the operational departments, the mayors and the media.

In Martinique, 3,500 people, including some 20 municipalities and more than 20,000 middle and high school students have registered to participate in the exercise, via the site http://www.tsunamizone.org/english/. These municipalities chose either to set up an awareness campaign or to participate in an evacuation exercise. In 2018, special attention was paid to the evacuation routes and the 650 identified refuge sites.

In parallel with this awareness campaign on the field, the local authorities, with the guarantee of the Prefect of Martinique, have distributed leaflets entitled « Tsunami Alert » (see below) which, with graphics, explains what a tsunami is, how to recognize the three natural signs of such a phenomenon and what to do in case of danger. People are reminded that « these waves are not surfable! »

When I visited the city of St Pierre, I noticed the many signs posted in the streets and the ruins of historical monuments, and indicating the routes to follow in case of tsunami warning.

During my stay in the West Indies, I had the opportunity to talk about this process of education of the population. I pointed out  that the prevention has to go even further, as the Icelanders do. In this country, the authorities have asked residents of the south coast of the island, threatened by volcanic eruptions and glacial floods, to download an application on their smartphones. In case of imminent danger, the inhabitants receive an instant warning message indicating the behaviour to adopt as soon as possible. It is a safe bet that this progress in the field of prevention will soon be adopted by the West Indian populations.

The seismic risk has long been identified in Martinique. Since the 18th century, the island has suffered several earthquakes. The most recent, on November 29th, 2007 had a magnitude of M 7.4. It was located north of Martinique, at a depth of 152 km. The damage was moderate and uneven.

As for tsunamis, over the last three centuries, Martinique and Guadeloupe have been hit by more than a dozen events. The most recent ones were observed in May 1901, December 1901, March and April 1902, May 6, 1902, August 30, 1902 and July 24, 1939. However, not all were recorded and some increases in the sea level were never identified, due to a lack of knowledge.

Une brochure très pédagogique:

En cas d’alerte tsunami…

Eléments parasismiques au Centre de découverte des sciences de la Terre:

Photos: C. Grandpey

Des lahars sur la Montagne Pelée (Martinique) // Lahars on Montagne Pelée (Martinique)

C’est bien connu, les volcans peuvent être dangereux même quand ils ne sont plus en éruption et leurs colères du passé peuvent avoir des effets sur le long terme. La Martinique vient d’en être un parfait exemple. La Montagne Pelée n’est pas en éruption en ce moment, mais un phénomène géologique inquiète les scientifiques et la population du Prêcheur, petite localité située au nord de Saint Pierre sur la côte caraïbe, au pied de la Montagne Pelée. Des lahars – coulées de boue d’origine volcanique – dévalent régulièrement les flancs de la montagne. Les dépôts laissés par ces lahars sont impressionnants, comme on peut le constater depuis le Pont du Prêcheur et en amont sur la rivière (voir photos ci-dessous). On s’aperçoit que la coulée de boue, alimentée par des effondrements au niveau de la falaise Samperre, a charrié des blocs de plusieurs tonnes. Les pelleteuses procèdent inlassablement au curage de la rivière, mais les moyens déployés semblent limités.

Depuis près de deux mois, ces coulées de boue à répétition (l’Observatoire en a recensé plus de 200), provoquées par des pluies très abondantes, angoissent de plus en plus les habitants du Prêcheur. La sirène les réveille en pleine nuit, à trois reprises le 22 février 2018. Les habitants des cités Pohie et Coquette, ont dû être évacués à plusieurs reprises. En application du plan de prévention des risques, la municipalité a fait évacuer les 130 élèves de l’école municipale pour les mettre en sécurité au niveau du Presbytère. Il n’est guère surprenant qu’un certain mal-être gagne peu à peu les Prêchotains. La mise en place d’un accompagnement psychologique est devenue une nécessité impérieuse. La Protection Civile assure déjà une permanence. La municipalité veut aussi interpeller l’État et créer un groupe de parole.

S’agissant de la surveillance et l’alerte à la population, il a été constaté que le réseau de capteurs était endommagé. Les dispositions ont rapidement été prises pour engager sans délai le rétablissement de ce réseau automatique. En parallèle, le réseau de sismomètres et de géophones – enregistrement en temps réel des bruits induits par le déplacement des blocs de pierre – a été renforcé..

Comme toujours lorsque de tels événements se produisent, les rumeurs vont bon train. Certains n’ont pas hésité à évoquer une possible éruption ou un réveil de la Montagne Pelée. Dans une mise au point, L’Observatoire volcanologique et sismologique de la Martinique a rappelé que « le phénomène de lahar n’est pas lié à une activité éruptive de la Montagne Pelée mais à l’érosion de terrains volcaniques anciens à l’intérieur desquels circulent des eaux souterraines. » Il faut noter que le Prêcheur n’était pas sur la trajectoire des coulées pyroclastiques de l’éruption du 8 mai 1902. Malgré cela, la localité a été victime d’un lahar qui a tué quelque 400 personnes pendant la nuit du 7 au 8 mai 1902

La situation actuelle requiert la plus grande surveillance. Il faudra surveiller la falaise et la rivière lorsque arrivera la saison des pluies.

Sources: France-Antilles; Radio France Martinique.

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Le dernier bulletin trimestriel (octobre à décembre 2017) d’activité volcanique de la Montagne Pelée diffusé par l’Observatoire indique que « l’activité fumerollienne est nulle ; l’activité hydrothermale poursuit un régime globalement en lente diminution. L’activité sismique est faible et traduit l’activité du système hydrothermal (circulations et interactions de gaz, vapeur et eau sous pression dans la roche poreuse et fracturée). On ne constate pas d’anomalie des autres paramètres de surveillance liée à une éventuelle remontée de magma.

Sur la base des observations de l’Observatoire, aucune activité éruptive n’est à prévoir prochainement, et le niveau d’alerte actuel reste VERT.

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It is well known that volcanoes can be dangerous even when they are no longer erupting and their past eruptions can have long-term effects. Martinique has just been a perfect example. The Montagne Pelée is not erupting at this time, but a geological phenomenon worries the scientists and the population of Prêcheur, a small town located north of Saint Pierre on the Caribbean coast, at the foot of Montagne Pelée. Lahars – mudslides of volcanic origin – regularly descend the sides of the mountain. The deposits left by these lahars are impressive, as can be seen from the Pont du Prêcheur (see photos below). One can see that the mudslide has carried blocks of several tons. The excavators tirelessly proceed to the cleaning of the river, but the means deployed seem limited.

For nearly two months, these repeated mudslides caused by heavy rains have become increasingly stressful to the inhabitants of the Prêcheur. The siren wakes them up in the middle of the night, three times on February 22nd, 2018. The inhabitants of the districts of Pohie and Coquette, had to be evacuated several times. In application of the risk prevention plan, the municipality evacuated 130 students from the municipal school to make them safe at the Presbytery. It is hardly surprising that a certain ill-being is gradually gaining the Prêchotains. The setting up of a psychological support has become an imperative necessity. The Civil Protection already manages an office in the town. The municipality will also ask for the help of the State and create a group of communication among the inhabitants.

With regard to surveillance and warning to the population, it was found that the sensor network was damaged. Repairs were quickly made to ensure the restoration of this automatic network. In parallel, the network of seismometers and geophones – real-time recording of noise induced by the movement of stone blocks – has been reinforced.

As always when such events occur, rumours are rife. Some did not hesitate to tell about a possible eruption or an awakening of Montagne Pelée. In an update, the Volcanological and Seismological Observatory of Martinique recalled that « lahars are not related to an eruptive activity of Montagne Pelée but to the erosion of ancient volcanic terrains within which groundwater is circulating. »

The current situation demands a constant monitoring. It will be necessary to keep a close watch of the Samperre cliff and the river when the rain season will arrive.

Sources: France-Antilles; Radio France Martinique.

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The last quarterly bulletin (October to December 2017) of Mount Pelee’s volcanic activity released by the Observatory indicates that « there is no fumarolic activity; hydrothermal activity keeps slowly decreasing. Seismic activity is low and corresponds with the activity of the hydrothermal system (circulation and interaction of gas, steam and water under pressure in the porous and fractured rock). There is no anomaly among other monitoring parameters related to a possible magma ascent.
Based on these observations, no eruptive activity is expected in the short term and the Observatory keeps the alert level at GREEN.

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Dépôts de lahars en amont et en aval du pont sur la rivière du Prêcheur:

Vue du lahar, des dépôts et des blocs en amont du Prêcheur:

Vue aérienne de la falaise Samperre où se produisent les glissements de terrain qui génèrent les lahars:

Photos: C. Grandpey