Le recul rapide du Sólheimajökull (Islande) // The fast retreat of Sólheimajökull (Iceland)

Comme je l’ai déjà écrit, l’Islande est un pays où la fonte des glaciers est très rapide. Le Sólheimajökull, au sud du pays, entre les volcans Katla et Eyjafjallajökull, est un bon exemple de ce phénomène. Le Sólheimajökull est une branche du Mýrdalsjökull qui recouvre la caldeira du Katla, considéré comme l’un des volcans les plus dangereux d’Islande.
J’ai observé le Sólheimajökull pour la dernière fois en 2003. À cette époque, le front était très proche de la route d’accès dont il était séparé par la rivière de fonte qui sortait en dessous du glacier. Il y avait une forte odeur de soufre tout le long de cette rivière. (voir photos ci-dessous)

Quelques années plus tard, des observations ont révélé que le Sólheimajökull fondait à une vitesse incroyable. Par exemple, il a reculé de 110 mètres entre octobre 2017 et octobre 2018. Il s’agissait du plus important recul du glacier en une seule année depuis le début des mesures. Entre 2010 et 2018, le recul a atteint 379 mètres. Il convient de noter qu’en 2003 et 2010, il n’y avait pas de lagon devant le glacier, comme c’est le cas actuellement. Le lagon s’est également approfondi. Les mesures ont révélé 40 mètres de profondeur en 2015, puis à 60 mètres en 2016 et on estime qu’il était encore plus profond en 2018.

Un de mes amis était en Islande en juin 2019 et il a confirmé la description ci-dessus. Il m’a envoyé plusieurs photos montrant la situation actuelle. (voir photos ci-dessous)

Le Svinafellsjökull qui forme une branche du Vatnajökull est, lui aussi, en perte de vitesse, comme on peut le voir sur les deux photos ci-dessous, prises en octobre 2007 et juin 2019. Un vaste lac de fonte s’est aujourd’hui installé devant la partie frontale du glacier.

Certains scientifiques craignent que la fonte des glaciers provoque des éruptions plus fréquentes en Islande. Sans le poids des glaciers, le sol va se soulever. Ce rebond isostatique, permettrait ainsi au magma de monter plus facilement. Cependant, aucune preuve d’une telle évolution n’a été donnée jusqu’à présent.
Source: Guide to Iceland.

—————————————————–

As I put it before, Iceland is a country where glacier melting is very fast. A good example of the phenomenon is the Sólheimajökull Glacier in the southern part of the country, between the volcanoes Katla and Eyjafjallajökull. It is a branch of the larger Mýrdalsjökull Glacier which lies atop the Katla caldera. Katla is considered as one of Iceland’s most dangerous volcanoes.

I last visited the glacier in 2003. By that time, the front was very near the access road from which it was separated by the meltwater river coming from beneath the glacier. There was a strong smell of sulphur all along the river. (see photos)

A few years later, observations revealed that Sólheimajökull Glacier was melting at an incredible speed. It receded by 110 metres between October 2017 and October 2018. It was the biggest single-year recession by the glacier since measurements began. Between 2010 and 2018, the total retreat amounted to 379 metres. It should be noted that in 2003 and 2010, there was no lagoon in front of the glacier, like there is now. The lagoon has also deepened markedly. It was first measured at 40 metres deep in 2015, then 60 metres deep in 2016 and it was estimated to be even deeper in 2018.

A friend of mine was in Iceland in June 2019 and he confirmed that above-mentioned description of the glacier. He has sent me several photos showing the current situation. (see photos)

Svinafellsjökull, a branch of Vatnajökull, is retreating too, as one can see on the two photos below, taken in October 2007 and June 2019. A Vast melt lake has appeared in front of the glacier

Some scientists fear glacier melting might trigger more frequent eruptions in Iceland. Without the weight of the glaciers, the ground is going to rebound, thus allowing magma to ascend more easily. However, no proof of such an evolution has benne given up to now.

Source: Guide to Iceland.

Le Sólheimajökull  en 2003:

(Photo: Pascal Belouet)

(Photos: C. Grandpey)

Le Sólheimajökull  en juin 2019:

(Photos: Pascal Belouet)

Le Svinafellsjökull en octobre 2007:

Le Svinafellsjökull en juin 2019:

(Photos: P. Belouet)

 

 

 

 

 

 

 

Les lacs de lave se font rares // Lava lakes are getting rare

Il n’y a actuellement aucun lac de lave sur le Kilauea (Hawaii) où la dernière éruption s’est terminée en août 2018.

Dans une note publiée le 9 juillet 2019, on peut lire sur le site Web VolcanoDiscovery qu’«aucun changement significatif n’a été observé sur l’Erta Ale (Éthiopie) au cours des dernières semaines. L’éruption latérale (commencée début 2017) se poursuit et agrandit progressivement le vaste champ de lave sur les flancs sud et est du volcan. À l’heure actuelle, des fronts de coulées actives sont présents à environ 5 km au sud-est de la caldeira sommitale, où existe toujours un lac de lave, mais il reste relativement profond dans le cratère sud.» Cela confirme les informations communiquées par des visiteurs qui ont affirmé que l’on discernait à peine le lac à travers les panaches de gaz émis par le volcan.

L’Observatoire Volcanologique de Goma (République démocratique du Congo) signale que l’effondrement des parois internes du cratère de Nyamuragira, observé en mai 2019, s’est poursuivi au cours du mois de juillet. On pouvait voir des fontaines de lave émises par un petit cône, mais il n’est fait état d’aucun lac de lave. Il a disparu en juin 2019.

Le niveau du lac de lave du Nyiragongo (République démocratique du Congo) a baissé, ce qui le rend invisible pendant la journée. L’incandescence du lac continue d’être visible la nuit. L’activité a également diminué au niveau d’un petit cône éruptif qui s’est formé dans le cratère en 2014.
Observatoire Volcanologique de Goma (OVG)

Les dernières images de la webcam suggèrent qu’un petit lac de lave est toujours présent au fond du cratère du Villarrica (Chili). Les dernières informations indiquent que des explosions stromboliennes éjectent des matériaux incandescents sur les flancs du volcan dont le niveau d’alerte est Jaune.

Un chaudron de lave est toujours présent au fond du cratère du Masaya (Nicaragua).

Un nouveau lac de lave a été récemment découvert dans le cratère du Mont Michael, un volcan actif sur l’île Saunders, l’une des îles Sandwich du Sud. Selon le British Antarctic Survey, le lac de lave a un diamètre d’environ 110 mètres. La température de la lave varie entre 989 et 1,279°C sous une croûte dont la température de surface est comprise entre 284 et 419°C.

Un lac de lave semble toujours exister au fond du cratère de l’Erebus (Antarctique), mais il est rarement visité en raison des conditions d’accès difficiles.

———————————————–

There is currently no lava lake on Kilauea (Hawaii) where the last eruption came to an end in August 2018.

In a post released on July 9th, 2019, one can read on the VolcanoDiscovery website that “no significant changes have occurred at Erta Ale (Ethiopia) during the past weeks. The flank eruption (which had started in early 2017) is still going on, gradually enlarging the vast new lava flow field on the southern and eastern flanks. Right now, active flow fronts are present at approximately 5 km SE of the summit caldera where the lava lake is also present, but still relatively deep in the southern pit crater.” This confirms the report of visitors who said that the lava lake was hardly visible through the gas plumes emitted by the volcano.

The Observatoire Volcanologique de Goma (Democratic Republic of Congo) reports that collapses of Nyamuragira’s inner crater walls observed in May 2019 continued during the month of July. Lava fountaining from a small cone was visible, but no lava lake is mentioned. It disappeared in June 2019.

The level of Nyiragongo’s lava lake has dropped, making it not visible in the daytime. Incandescence from the lake continues to be visible at night. Activity has also declined at a small eruptive cone that formed in the crater in 2014.

The latest webcam images suggest that a lava pond is still observed deep at the bottom of Villarrica’s crater (Chile).The latest reports indicate that strombolian explosions eject incandescent material onto the flanks of the volcano whose alert level is Yellow.

A boiling lava pond is still present at the bottom of Masaya (Nicaragua).

A new lava lake was recently discovered was discovered in the crater of Mount Michael, an active volcano on Saunders Island, one of the South Sandwich Islands. According the British Antarctic Survey, the lava lake has a diameter of about 110 metres. The temperature of the lava varies between 989 and 1.279°C under a crust whose surface temperature is between 284 and 419°C.

A lava lake is expected to exist at the bottom of Mt Erebus’ crater (Antarctica), but it is rarely visited due to the difficult access conditions.

Le lac de lave du Nyiragongo peut être superbe (Crédit photo: Wikipedia)

Lac de lave à ras bord dans le cratère de l’Halema’uma’u (Crédit photo: HVO)

Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion): Fin de l’éruption? // End of the eruption?

Après plusieurs hésitations, l’éruption du Piton de la Fournaise débutée dans l’après-midi du 11 août a cessé, probablement pour de bon, le 15 août vers 22 heures (heure locale). Seule persiste un dégazage au niveau des fissures éruptives et quelques rougeoiements au niveau des coulées de lave en cours de refroidissement. Cette éruption ne restera pas un grand cru. Certes, elle a pu être observée de loin depuis la RN2, mais son accès était trop compliqué. On remarquera que les dernières éruptions se sont produites à des altitudes de plus en plus basses et que le magma semble avoir des difficultés à atteindre la surface. De toute évidence, la pression dans la chambre magmatique superficielle n’est pas très forte, comme le montrent les courbes d’inflation de l’édifice volcanique. L’OVPF n’avance aucune hypothèse quant à l’évolution de la situation (arrêt définitif, reprise de l’activité sur le même site, reprise de l’activité ailleurs).Il faut tout de même noter que l’on continue à enregistrer une sismicité sous le sommet du volcan.

——————————

After several hesitations, the eruption of Piton de la Fournaise, started in the afternoon of August 11th, ceased, probably for good, on August 15th at about 22:00 (local time). One can only observe some degassing at the eruptive fissures and some glow along the cooling lava flows. This eruption will not remain a grand cru. Admittedly, it could be observed from RN2, but ther access to the lava field was too complicated. It should be noted that the last eruptions occurred at lower and lower altitudes, which probably means that magma finds it difficult to reach the surface. Obviously, pressure in the shallow magma chamber is not very strong, as shown by the inflation curves of the volcanic edifice. OVPF makes no forecast as to the evolution of the situation (definitive end, resumption of activity on the same site or elsewhere). One can still observe seismicity under the summit of the volcano.

Crédit photo: F. Juignier

Volcans du monde // Volcanoes of the world

Le niveau d’alerte du Slamet, dans le centre de l’île de Java (Indonésie), a été élevé de 1 à 2 le 9 août 2019 suite à une hausse de la sismicité et des signes de déformation de l’édifice volcanique. La dernière éruption a eu lieu en 2014.
Source: CVGHM.

++++++++++

Il y a un mois, une explosion du Stromboli (Sicile) a provoqué la mort d’un randonneur. Ces événements ne semblent pas voir dissuadé les touristes, même si l’ascension du volcan reste interdite. L’île est envahie par des milliers de touristes. Le curé de la paroisse vient d’alerter les autorités: « Le débarcadère est très fréquenté. Au moins trois mille personnes débarquent chaque jour. Je me demande si cette situation respecte les normes de sécurité, que ce soit par rapport aux personnes qui arrivent sur l’île ou par rapport aux résidents ».
À Stromboli, il y a également une trentaine de bateaux et de barques qui promènent les touristes autour de l’île. Au mois d’août, sur les îles Éoliennes, 7 000 à 8 000 visiteurs sont enregistrés chaque jour. Ils doivent débourser 5 euros par personne pour débarquer sur une île. Les plus fréquentées, outre Stromboli, sont Vulcano, Lipari et Panarea.
Source: La Sicilia.
S’agissant de l’activité proprement dite, elle reste soutenue. Rien que dans la partie N de la terrasse cratérique, 9 bouches étaient actives le 7 août et la lave continuait de couler sur la Sciara del Fuoco, à partir de bouches dans la partie centre-sud du cratère.
Source: INGV.

++++++++++

L’éruption du Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion) continue. Dans l’après-midi du 14 août 2019, la lave se trouvait toujours à environ 2km de la RN 2. Le débit éruptif ne semble pas lui permettre d’aller beaucoup plus loin pour le moment. La lave provient d’une des deux fissures éruptives ouvertes depuis le début de l’éruption, à 1500m d’altitude. Après une brève pause, l’éruption a repris le matin du 15 août.
Inutile de dire que la vue de la lave sur les Grandes Pentes attire les curieux sur la RN 2 au niveau du Grand Brûlé, un peu comme la lumière attire les papillons. De gros bouchons sont observés dans ce secteur. Attention! Les gendarmes verbalisent les véhicules en infraction. Si par hasard la RN 2 était coupée par la lave le 15 août – ce qui semble peu probable – des navettes seraient mises en place pour permettre aux pèlerins (quelque 8000 sont attendus) d’assister à la messe de la Vierge au Parasol à Sainte Rose.

+++++++++

On observe toujours une activité éruptive sur l’Ubinas (Pérou). L’Institut de Géophysique fait état d’une baisse de l’activité sismique mais des gaz magmatiques continuent à s’échapper du cratère. Par ailleurs, les images satellitaires révèlent plusieurs anomalies thermiques qui indiquent que le magma est proche de la surface. L’IGP s’attend à une reprise à court terme d’une activité éruptive plus intense. Le niveau d’alerte est maintenu à la couleur Orange.

+++++++++

Des événements phréatiques continuent d’être observés sur le Tangkubanparahu (Indonésie), avec des panaches de cendre qui montent à une centaine de mètres de hauteur. Le niveau d’alerte reste à 2, sur une échelle de 4.
Source: CVGHM.Tangcubanparahu,

++++++++++

Le dôme de lave au sommet du Merapi (Indonésie) a diminué de volume. Ce dernier atteignait 461 000 mètres cubes le 11 août 2019. De petites avalanches de matériaux continuent à dévaler la ravine de la Gendol River.
Source: CVGHM.

++++++++++

L’activité explosive du Nevados de Chillan Chili) continue. Les explosions génèrent des nuages de cendre qui montent à 700-800 mètres au-dessus du cratère. Le niveau d’alerte est maintenu à la couleur Orange.
Source: SERNAGEOMIN.

————————–

The alert level for Slamet, in central Java (Indonesia), was raised from 1 to 2 on August 9th, 2019 following an increase in seismicity and signs of deformation of the volcanic edifice. The last eruption took place in 2014.
Source: CVGHM.

++++++++++

A month ago, an explosion of Stromboli (Sicily) caused the death of a hiker. These events do not seem to dissuade the tourists, even if the climbing of the volcano remains prohibited. The island is invaded by thousands of tourists. The parish priest has just alerted the authorities: « The landing stage is very busy, with at least three thousand people arriving every day, and I wonder if this situation meets safety standards, whether in relation to people arriving on the island or in relation to residents « .
In Stromboli, there are also about thirty boats that take tourists around the island. In August, on the Aeolian Islands, 7,000 to 8,000 visitors are registered each day. They must pay 5 euros per person to land on an island. The most popular, besides Stromboli, are Vulcano, Lipari and Panarea.
Source: Sicilia.
Activity remains elevated at Stromboli. In the N part of the crater terrace, 9 vents were active on August 7th, and lava continued to flow on the Sciara del Fuoco, from vents in the south-central part of the crater.
Source: INGV.

++++++++++

The eruption of Piton de la Fournaise (Reunion Island) continued. In the afternoon of August 14th, 2019; lava was still about 2km from the RN 2. The lava output does not seem to allow it to go much further for the moment. Lava is coming from one of two eruptive fissures that have opened since the beginning of the eruption, 1500m above sea level. After a brief pause, the eruption started again in the morning of August 15th.

Needless to say, the view of the lava on the Grandes Pentes attracts crowds on the RN 2 at the level of the Grand Brûlé, jut like light attracts butterflies. Huge traffic jams are observed in this area. Warning! The gendarmes give fines to drivers obstructing the road. If the RN 2 was cut off by lava on August 15th – which seems highly unlikely – shuttles would be put in place to allow the pilgrims (some 8000 are expected) to attend the Virgin Parasol mass at Sainte Rose.

+++++++++

Ubinas (Peru) is still quite active. The Institute of Geophysics (IGP) reports a decline in seismic activity but magmatic gases continue to come out of the crater. In addition, satellite images reveal several thermal anomalies that indicate that magma is close to the surface. IGP expects a short-term resumption of more intense eruptive activity. The alert level is kept at Orange.

+++++++++

Phreatic events are still observed on Tangkubanparahu (Indonesia), with ash plumes rising to a height of 100 metres. The alert level remains at 2, on a scale of 4.
Source: CVGHM.

++++++++++

The volume of the lava dome at the summit of Merapi (Indonesia) has decreased, reaching 461,000 cubic metres on August 11th, 2019. Small avalanches of material continue to travel down the Gendol River drainage.
Source: CVGHM.

++++++++++

Explosive activity continues at Nevados de Chillan (Chile). The explosions generate ash clouds that rise 700-800 metres above the crater. The alert level is kept atOrange.
Source: SERNAGEOMIN.

Avancée de la coulée du Piton de la Fournaise le 14 août 2019 (Source: OVPF)

Vue de la lave le 14 août 2019 (Crédit photo: Thierry Sluys)

La Vierge au Parasol (Photo: C. Grandpey)

Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion): L’éruption continue…

L’éruption du Piton de la Fournaise continue. Dans l’après-midi du 13 août 2019, la lave se trouvait à environ 2km de la RN 2. Elle provient d’une des deux fissures éruptives ouvertes depuis le début de l’éruption, à 1500m d’altitude. Reste à savoir si les coulées auront suffisamment de force pour aller beaucoup plus loin.

Inutile de dire que la vue de la lave sur les Grandes Pentes attire les curieux sur la RN 2 au niveau du Grand Brûlé un peu comme la lumière attire les papillons. De gros bouchons sont observés dans ce secteur. La municipalité de Sainte Rose précise qu’en cas de coupure de la route des navettes seraient mises en place depuis un site en retrait. Les riverains se situant au-delà disposeraient de badges pour leur permettre une libre circulation jusqu’à leur domicile.
Même chose pour la messe de la Vierge au Parasol. En cas de coupure de la route, des navettes pourraient être mises en circulation. De toute façon, la messe ne sera pas annulée. Depuis plusieurs semaines, 300 bénévoles apportent leur contribution pour faire de la messe une réussite. Plus de 8 000 pèlerins sont attendus, venus de toute l’île.
Source: Journal de l’Ile.

Crédit photo: Fabrice Juignier

Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion)

 7 heures (heure métropole): Il est 9 heures à la Réunion. Cela fait plus de 12 heures qu’une éruption a débuté sur le Piton de la Fournaise et, de toute évidence, personne n’a encore vu la lave couler! Les conditions météorologiques sont mauvaises et seuls les instruments ont pu donner quelques indications de la situation. Comme je l’ai indiqué précédemment, le tremor a été localisé sur le flanc Est-Sud-Est, à l’intérieur de l’Enclos Fouqué, dans le secteur des Grandes Pentes, à basse altitude, autour de 1000 mètres. Un rougeoiement était notamment visible à la tombée de la nuit, depuis la RN2, au niveau de la coulée de lave de 2007. Une reconnaissance est prévue par l’OVPF mais il semble difficile de se rendre à pied sur le site éruptif. Pour y aller en hélicoptère, il faudra que le brouillard se lève.
L’OVPF explique que ce nouveau réveil du volcan est survenu après une longue crise sismique qui a duré 9 heures et 30 minutes. Accompagnée d’une déformation rapide, elle a débuté à 7 heures le 11 août 2019. Jusqu’à 15 heures, 1 162 séismes volcano-tectoniques ont été enregistrés. Le magma s’est propagé depuis la bordure Sud-Est du cratère Dolomieu vers le flanc Est-Sud-Est. Cette traînée en longueur de la crise sismique tend à montrer que le magma a eu du mal à trouver sa voie. On remarquera par ailleurs que les trois dernières éruptions ont lieu à des altitudes de plus en plus basses (flanc supérieur du Dolomieu, Chapelle de Rosemont, Grandes Pentes). Il ne reste plus qu’à attendre le résultat des premières observations sur le terrain… Pour le moment, les images de fontaines et coulées de lave visibles sur les réseaux sociaux sont des photos d’archives.
Source: OVPF, JIR.

++++++++++

9 heures: Les seules images de l’éruption visibles à l’heure actuelle sont des photos prises cette nuit depuis la RN2 qui montrent une lueur au-dessus des Grandes Pentes. J’imagine la frustration de mes amis réunionnais! Comme le fait l’INGV pour l’Etna, il serait bien que l’OVPF (autrement dit l’IPG) accepte un jour de mettre en ligne en temps réel ou quasi réel les tracés sismiques et le tremor du Piton de la Fournaise. Ce sont des données précieuses pour suivre l’évolution de l’éruption. Pourquoi cette rétention d’informations?

A bientôt. Je m’envole pour la Martinique!

———————————-

7:00 (Paris time): It is 9 o’clock on Reunion Island. It is more than 12 hours since an eruption began on Piton de la Fournaise and, obviously, no one has yet seen the lava flow! The weather conditions are poor and only the instruments can give some indications of the situation. As I indicated previously, the tremor was located on the East-South-East flank, inside the Enclos Fouqué, in the sector of the Grandes Pentes (Great Slopes), at low altitude, around 1000 metres a.s.l. A glow could be seen at dusk, from the RN2, in the 2007 lava flow area. A reconnaissance is forecast by OVPF but it seems difficult to walk to the eruptive site. To go by helicopter, the weather will have to clear up.
OVPF explains that the new eruption occurred after a long seismic crisis that lasted 9 hours and 30 minutes. Accompanied by a rapid deformation, it began at 7 am on August 11th, 2019. Until 3 pm, 1,162 volcano-tectonic earthquakes were recorded. Magma moved from the southeastern edge of the Dolomieu crater to the east-southeast flank. This long trail of the seismic crisis tends to show that magma found it difficult to find its way. It can be noticed that the last three eruptions occurred at lower and lower altitudes (upper flank of the Dolomieu cone, Chapelle de Rosemont, Grandes Pentes). Let’s wait for the result of the first observations on the field …
Source: OVPF, JIR.

++++++++++

9 am: The only eruption images visible at this time are photos taken during the night from RN2 that show a glow over the Grandes Pentes. I imagine the frustration of my Reunion friends! As INGV does it for Mt Etna, it would be great if OVPF(in other words IPG) one day accepted to put online in real time or near real-time the seismograms and the tremor of Piton de la Fournaise. These are valuable data to follow the evolution of the eruption. Why this retention of information?

See you later. I’m flyng to Martinique.

Photos: C. Grandpey

L’eau de l’Halema’uma’u (Hawaii) // The water of Halema’uma’u (Hawaii)

La dernière éruption du Kilauea a pris fin en août 2018 et il n’y a actuellement aucune coulée de lave sur le volcan….mais il y a de l’eau au fond du cratère de l’Halema’uma’u, au sommet du Kilauea ! Le lac de lave qui a persisté pendant l’éruption a maintenant été remplacé par des mares d’eau. .
L’apparition récente d’eau au fond du cratère a provoqué de nombreuses interrogations. Comme on peut le voir sur les photos mises en ligne par le HVO (voir ci-dessous), cette eau est de couleur turquoise, laiteuse ou verdâtre, ce qui trahit la présence de soufre dissous et de métaux provenant du mélange avec l’eau des gaz magmatiques ou des roches environnantes. Les caméras thermiques révèlent une température de surface d’environ 70°C.
L’eau au fond de l’Halema’uma’u n’est pas visible depuis les zones du parc national ouvertes au public, mais le HVO a déplacé l’une de ses webcams vers un site offrant une vue directe sur le fond du cratère.
Pour mesurer le niveau de cette eau, les scientifiques du HVO utilisent un télémètre laser à longue portée. Les mesures quotidiennes montrent que le niveau s’est lentement élevé. Les prochains survols en hélicoptère permettront de cartographier et de mesurer avec précision la superficie et le volume des mares. À l’aide de photographies obliques, il est possible de créer des modèles tridimensionnels du fond du cratère. La comparaison de ces modèles mis à jour régulièrement avec les données LIDAR (système de mesure par détection laser) collectées en juillet 2019 permettra d’estimer le volume d’eau. Les images satellites haute résolution compléteront ces informations. Des drones pourront également fournir des images aériennes et des mesures précises de la superficie et du volume de l’eau accumulée.
L’échantillonnage direct et les analyses chimiques permettront enfin de savoir s’il s’agit d’une accumulation d’eau de pluie en surface ou d’une eau souterraine plus profonde. Il se peut aussi qu’une partie de l’eau provienne de la condensation de la vapeur produite directement par le magma.

Une meilleure connaissance de la source de cette eau permettra de mieux comprendre les dangers possibles qui y sont associés. Par exemple, si elle est une émergence de la vaste zone d’eaux souterraines autour du cratère, elle risque d’interagir avec une montée éventuelle du magma et provoquer une activité explosive.
A cause de la dangerosité du site, l’échantillonnage direct est problématique. Il est déconseillé de se rendre auprès des mares en raison de l’accumulation possible de dioxyde de carbone au fond du cratère. Les effondrements fréquents des pentes instables du cratère sont un autre danger. Les prélèvements se feront probablement par la voie aérienne, avec un récipient de captage accroché au bout d’un filin.
À l’heure actuelle, les instruments ne révèlent aucun signe d’activité à court terme au sommet du Kilauea. Le réservoir magmatique sommital continue à se recharger lentement. Le niveau d’alerte volcanique est maintenu à « Normal ». En conséquence, le HVO n’émet plus que des bulletins mensuels.
Source: USGS / HVO.

—————————————

The last eruption of Kilauea ended in August 2018 and there is currently no active lava on the volcano….but there is water at the bottom of Halema’uma’u Crater. The lava lake that persisted during the eruption has now been replaced by water ponds.   .

The recent appearance of water at the bottom of Halema‘uma‘u Crater at the summit of Kilauea, has attracted wide attention and generated many questions. As shown in HVO’s website photos, the ponds are milky turquoise, or greenish, in colour, indicative of dissolved sulphur and metals from magmatic gases or surrounding rock mixing into the water. Thermal images show water surface temperatures of approximately 70°C.

The water in Halema‘uma‘u is not visible from publicly accessible areas of the national park but HVO has moved one of its existing webcams to a site that provides a direct view of the ponds.

To measure the level of water in the ponds, HVO scientists use a long-range laser rangefinder. These daily measurements show that the water level has slowly risen. Future helicopter overflights will allow for the mapping and precise measuring of the area and volume of the changing ponds. Using oblique photographs, 3-dimensional models of the crater floor can be created. Comparing these updated models with the LIDAR (light detection and ranging) data collected in July 2019 will help estimate water volume. High-resolution satellite images can fill in observational gaps between HVO’s overflights. Drones could also provide aerial imagery and precise measurements of pond area and volume.

Direct sampling and chemical analyses of the water in Halema‘uma‘u would provide insight into its source, and know if it is a shallow accumulation of rainwater or the surface expression of a deeper-seated layer of groundwater. Some of the water could also be from condensed water vapour directly released by the magma. Knowing the water’s source will offer a better understanding of the possible hazards associated with it. For instance, if the water is from the extensive zone of groundwater around the crater, it could be more likely to interact with rising magma and result in explosive activity.

Given the hazardous location of the water, however, direct sampling is tricky. Walking down to the ponds is not advised due to the possible accumulation of carbon dioxide on the crater floor. Other dangers include frequent rockfalls from the steep, unstable slopes.

At the current time, monitoring data do not indicate any signs of imminent unrest at Kilauea’s summit. Magma continues to quietly recharge the summit magma reservoir.

The alert level for Kilauea remains at Normal. Reflecting this alert level, HVO is now only issuing monthly updates.

Source: USGS / HVO.

Vue générale du cratère de l’Halema’uma’u avec la petite mare d’eau au fond de la cavité (Crédit photo: USGS / HVO)

Vue rapprochée de l’eau au fond de l’Halema’uma’u le 8 août 2019 (Crédit photo: USGS / HVO)