Vol en wingsuit au-dessus du cratère du Villarrica (Chili) // Wingsuit flight above the Villarrica crater (Chile)

Voici le genre d' »exploit » que je n’apprécie pas et qui ne me fait pas vraiment frémir. Je trouve la performance à la fois inutile et douteux car elle peut avoir des conséquences tragiques et mettre en danger la vie des sauveteurs en cas d’échec.

L’auteur du pseudo exploit est un pratiquant du vol en wingsuit – autrement dit vol en combinaison ailée. une pratique à la mode, en particulier dans l’hémisphère sud. La combinaison se gonfle d’air dès que celui ou celle qui la porte se lance dans le vise depuis un avion ou un hélicoptère. Un vol en wingsuit se termine par l’ouverture d’un parachute.
Un ancien pilote de l’armée de l’air chilienne et casse-cou de nature, avec pour surnom « Écureuil » est récemment devenu la première personne équipée d’un wingsuit à entrer et sortir du cratère d’un volcan actif. En fait, il a plus volé au-dessus du cratère que vraiment à l’intérieur.
Une vidéo spectaculaire montre l’homme de 36 ans en train d’accomplir son vol à la fin du mois de novembre 2021 sur le volcan Villarrica.
L’amateur de sensations fortes a sauté d’un hélicoptère à une altitude de près de 3 500 m et a atteint une vitesse d’environ 290 km/h pour entrer et sortir du cratère d’environ 200 mètres de large.
L’article publié par le New York Post explique qu’il a fallu au bonhomme plus d’un an pour se préparer à ce genre de cascade qui a nécessité 500 sauts d’entraînement.
Source : New York Post.

Voici la vidéo de l' »exploit »qui a nécessité plusieurs tentatives. D’un point de vue volcanique, il est intéressant de noter que fin novembre il n’y avait pas de lac de lave au fond du cratère du Villarrica.
https://www.redbull.com/int-en/volcano-sebastian-ardilla-alvarez-wingsuit

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Here is the kind of « feat » I don’t like. It is both useless and can have tragic cosequences in case it fails. putting at risk the rescuers.

The author of the pseudo feat is a practitioner of wingsuit flight, a fashionable practice, especially in the southern hemisphere. The suit inflates with air as soon as the wearer launches from an airplane or helicopter. A wingsuit flight ends with the opening of a parachute.

A former Chilean Air Force pilot and wingsuit daredevil whose nickname means “Squirrel” recently became the first person to fly in and out of an active volcano. He actually rather flew above than inside the crater.

A dramatic video posted shows the 36-year-old man accomplishing the death-defying feat by the end of November 2021 at Villarrica volcano.

The thrill-seeker jumped out of a helicopter at an altitude of almost 3500 m and reached speeds of about 290 kmph as he flew into and out of the 200-meter-wide crater of the volcano.

The article released by the New York Post explains it took the wingsuit daredevil more than a year to prepare for the stunt, which required 500 practice jumps.

Source: New York Post.

Here is the video of the « feat » which required several attempts. From a volcanic point of view, it is interesting to note that at the end of November there was no lava lake at the bottom of the Villarrica crater.
https://www.redbull.com/int-en/volcano-sebastian-ardilla-alvarez-wingsuit

Crédit photo: Wikipedia

Ile de la Réunion: Le Grand Raid sans se soucier d’une éruption du Piton de la Fournaise

Le Piton de la Fournaise est un volcan sympa. Il a refusé d’entrer en éruption pour ne pas perturber le Grand Raid qui se déroule actuellement sur l’île de la Réunion. Si la lave avait décidé de percer la surface, les journaux réunionnais n’auraient pas pu consacrer leur Une exclusivement à la Diagonale des Fous! De plus, une éruption aurait posé de sérieux problèmes au Préfet dans le cadre de la gestion de la crise. Même si le parcours du Grand raid évite le volcan, une éruption à basse altitude – comme envisagée un moment par l’OVPF – ou hors Enclos aurait été désastreuse. Le Préfet a dû pousser un Ouf! de soulagement en constatant que l’éruption annoncée n’avait pas eu lieu!

Côté volcan pur et dur, c’est le calme plat. Le dernier bulletin quotidien de l’OVPF fait état d’un seul séisme volcano-tectonique. Les GPS de la zone sommitale et en champ lointain enregistrent une légère inflation, « témoin de la mise en pression d’une source profonde. » Les émissions de SO2 au niveau du sommet du volcan sont « faibles, proches du seuil de détection. »

Il ne semble donc pas qu’une éruption aura lieu « dans les prochaines minutes ou les prochaines heures », comme le prévoyait l’Observatoire il y a quelques jours. Les participants au Grand Raid peuvent donc courir sans se soucier du volcan.

Bien le bonjour à tous mes amis réunionnais!

Photo: C. Grandpey

Un bateau en fibre de lave ! // A boat made of lava fiber!

Je savais que certains bijoux étaient faits de roche volcanique comme l’obsidienne, et que certains boîtiers de montres étaient ornés de poudre de lave. Même les radiateurs de ma maison possèdent des barres de stéatite pour garder la chaleur plus longtemps. En lisant la presse américaine, je viens d’apprendre que les volcans participent aujourd’hui à la construction des bateaux !

Cet été, Norbert Sedlacek, un navigateur autrichien – un pays sans volcans – fera le tour du monde seul et sans assistance extérieure. L’aventure, prévue pour durer sept mois, lui fera parcourir les cinq océans du monde et le tristement célèbre passage du Nord-Ouest. Il effectuera le périple à bord d’un bateau qu’il a lui-même construit en fibre volcanique, avec une ossature en balsa.

Avec le départ en juillet, Sedlacek s’attend à rencontrer des tempêtes, voire des ouragans, des vagues monstrueuses, des icebergs et des températures extrêmes, sans parler de la solitude et de l’épuisement qui accompagnent un tel voyage. Cependant, il a confiance dans les performances et la durabilité de son bateau en fibre volcanique, l’Open60AAL Innovation.

Conçu par le chantier naval du marin, Innovation Yachts, le matériau volcanique utilisé a pour nom Filava. Sedlacek explique que Filava est un matériau intéressant car il améliore les performances de la fibre de carbone. Certaines de ses propriétés sont semblables à celles du carbone, mais il a une densité plus élevée. De plus, il est beaucoup moins cher et très résistant aux éléments naturels comme les attaques du soleil et l’humidité. Filava se présente sous forme de mèches fabriquées à partir de filaments de roche volcanique améliorés formés via un bain de fusion, auxquels de la lave chaude est ensuite ajoutée et vitrifiée par refroidissement. Il se présente sous forme de feuilles, comme la fibre de verre.

Avec ce matériau, l’Open60AAL Innovation sera plus léger qu’un voilier en fibre de carbone de taille similaire. Le bateau de 60 pieds, fabriqué depuis 2016, est suffisamment stable, léger et rapide pour aborder le passage du Nord-Ouest, même avec peu de vent.

Sedlacek n’est pas un débutant. Il a effectué son premier tour du monde en 1998, suivi d’un tour de l’Antarctique en 2000. Il a ensuite participé au célèbre Vendée Globe.

Le marin naviguera sans assistance, mais sa confiance en l’Open60 est une affaire de précision mathématique. Lui et son équipe ont calculé que le bateau devait résister à quelque 40 millions de vibrations au cours des sept mois en mer. Cela signifie qu’ils ont dû identifier les faiblesses avant qu’elles deviennent des défauts.

La qualité de construction du bateau est tout aussi impressionnante car l’Open60 est 100% recyclable, ce qui le distingue des bateaux traditionnels en composite de fibre de verre qui ne sont pas recyclables et se retrouvent dans des décharges. La roche volcanique est transformée en fibres. Ces fibres sont transformées en tapis de  Filava qui sont ensuite utilisés pour donner sa forme au  bateau. À la fin du cycle de vie du bateau, les panneaux de fibre sont broyés et peuvent servir à fabriquer des produits comme des receveurs de douches.

L’Open60AAL Innovation est également entièrement électrique. L’énergie est générée par des panneaux solaires de sorte que le bateau sera parfaitement autonome. L’Open60AAL Innovation est peut-être le seul bateau construit à partir de fibre volcanique, mais il y en a d’autres en fabrication. Ainsi, la compagnie Amer Yachts espère construire la première coque d’un yacht de luxe en Filava. Selon le directeur général de la société, «Filava est plus facile à utiliser et a un impact environnemental moindre que la fibre de verre.»

Source: Yahoo News.

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 I knew that some jewels were made out of volcanic rock such as obsidian, and that some watch cases were adorned with lava powder. Even the radiators in my home have bars of steatite to keep the heat longer. Reading the U.S. press, I have just learned that volcanoes are now helping to build ships!

This summer, Norbert Sedlacek, a sailor from Austria – a country with no volcanoes – will circumnavigate the world alone without outside support. The seven-month challenge will include the five world’s oceans and the notorious Northwest Passage. He will perform the trip on a boat he built himself out of volcanic fiber, with a balsa-wood core.

Setting out in July, Sedlacek expects to encounter storms of hurricane strength, monstrous waves, icebergs and extreme temperatures, not to mention persistent loneliness and exhaustion. However, he is confident in the performance and durability of his volcanic-fiber boat, the Open60AAL Innovation.

Designed by the sailor’s own ship building company, Innovation Yachts, the volcanic material being used is called Filava. Sedlacek explains that Filava is an interesting material because it is an upgrade from carbon fiber. Some of its properties are similar to carbon but it has a higher density, is much cheaper and highly resistant to natural elements like sun damage and humidity. Filava is a roving made from enhanced volcanic rock filaments formed via a batch melt, which hot lava is then added to and vitrified by cooling. It is manufactured in sheets like fiberglass.

With this material, the Open60AAL Innovation will also be lighter than a similar-sized carbon-fiber sailing vessel. The 60-footer, which has been in production since 2016, is stable, light and fast enough to sail through the Northwest Passage, even with little wind.

Sedlacek is no novice to open-ocean sailing. He completed his first sail around the world in 1998, followed by a circumnavigation of Antarctica in 2000. He then sailed the famous Vendée Globe.

The man will be sailing unsupported, but his confidence in the Open60 is comes down to mathematical precision. He and his staff calculated the ship has to withstand around 40 million vibrations in the seven months at sea. That means they had to identify weaknesses before they lead to defects.

The build quality of the ship is equally impressive because the Open60 is 100-percent recyclable, which makes it different from traditional fiberglass-composite boats which are not recyclable and end up in landfills. The volcanic rock is processed into fibers. These fibers are converted into Filava mats which are then used to form the shape of the boat. At the end of the boat’s lifecycle, it’s shredded and converted into industrial panels to manufacture products like shower trays.

The Open60AAL Innovation is also fully electric. Energy is also generated by solar panels, so the boat will be self-sufficient.

The Open60AAL Innovation may be the only boat on the water built from volcanic fiber, but there are others on the way. Amer Yachts hopes to build the first superyacht hull made from Filava. According to the company’s managing director, “Filava is so much easier to use and has a lower environmental impact than fibreglass.”

Source: Yahoo News.

L’Open60AAL Innovation de Norbert Sedlacek

L’Everest est fermé, mais reste une poubelle! // Everest closed, but still a garbage dump!

C’est bien connu : les expéditions d’alpinistes qui se rendent sur l’Everest dans l’espoir d’atteindre le sommet laissent beaucoup de déchets derrière elles, à tel point que la montagne a été surnommée «la plus haute poubelle du monde». Des tentes fluorescentes, du matériel d’escalade abandonné, des bonbonnes de gaz vides et des excréments humains jonchent le trajet emprunté jusqu’au sommet qui culmine à 8 848 mètres. J’ai déjà attiré l’attention sur ce problème dans une note mise en ligne le 19 juin 2018.
En raison de la pandémie de COVID-19, tous les accès à l’Everest ont été fermés, que ce soit du côté chinois ou népalais. Une seule expédition chinoise a escaladé le côté nord cette saison.
La montagne est déserte et les sherpas sont au chômage. Cette situation inhabituelle offrirait une belle occasion de nettoyer la montagne et la débarrasser de tous les déchets. Cela donnerait également du travail aux sherpas qui n’auront pas de revenus cette saison.
Cependant, la campagne de nettoyage ne semble pas près de démarrer. Le gouvernement népalais a rejeté cette idée. En mars 2020, les autorités ont suspendu les permis pour toutes les expéditions, quelles qu’elles soient, suite à l’épidémie de coronavirus. Cette décision a obligé l’armée népalaise à annuler une ambitieuse campagne de nettoyage de six montagnes, dont l’Everest.
Il est clair qu’un nettoyage des pentes de l’Everest est urgent. L’année dernière, une équipe de 14 personnes a passé six semaines à récupérer des déchets au camp de base de l’Everest et au Camp 4, à près de 8 000 mètres d’altitude. Quatre cadavres ont été évacués, ainsi que plus de 10 tonnes de bouteilles en plastique, de canettes et de matériel d’escalade. Tout cela ne représente qu’une fraction des déchets sur l’Everest. Les camps les plus difficiles à atteindre restent jonchés de détritus et de matériel abandonné. Comme il n’y a plus personne sur la montagne, il serait beaucoup plus facile et plus rapide pour les sherpas de la nettoyer et de redescendre dans la vallée une grande quantité de déchets.
Comme je l’ai écrit précédemment, les alpinistes étrangers paient au moins 30 000 dollars pour s’attaquer à l’Everest, mais les Népalais disent que ces gens se soucient peu de l’environnement. Le Népal prélève une caution de 4 000 dollars qui est restituée si chaque visiteur rapporte au moins huit kilos de déchets. En réalité, à peine la moitié des alpinistes revient avec des détrituss. Au printemps de l’année dernière, la fenêtre d’escalade qui commence normalement en avril a vu un nombre record d’alpinistes ; 885 personnes ont tenté d’atteindre le sommet de l’Everest.

La pandémie de COVID-19 aura au moins eu un avantage. Avec la chute des émissions de gaz polluants, l’atmosphère s’est purifiée dans l’Himalaya et on peut actuellement apercevoir les hauts sommets de la chaîne himalayenne depuis 200 kilomètres de distance, ce qui ne s’était jamais vu depuis plusieurs décennies.
Source: Yahoo News, AFP.

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It has been known for a long time that the mountaineering expeditions on Mount Everest leave a lot of garbage behind them, so much that the worlld’s highest mountain has been called “the highest garbage dump”. Fluorescent tents, discarded climbing equipment, empty gas canisters and human excrement litter the well-trodden route to the 8,848;-metre high summit. I drew attention to the problem in a post released on June 19th, 2018.

Because of the COVID-19 pandemic, all access to Mount Everest has been closed, whether on the Chinese or the Nepalese side. Only a Chinese team has climbed on the north side this season.

The mountain is empty and the sherpas are out of work. This unusual situation would  be a good opportunity to clean the mountain and get rid of the rubbish. It would also give employment to the sherpas who have lost this season’s income.

However, the cleanup campaign does not seem ready to start. Nepal’s government has rejected the initiative. In March 2020, authorities suspended permits for all mountain expeditions over the coronavirus outbreak, forcing the Nepal army to cancel an ambitious clean-up on six mountains including Everest.

Looking at the slopes of Mount Everest, it is clear that some cleanup is necessary. Last year, a 14-person team spent six weeks scouring for litter at the Everest base camp and at Camp 4, nearly 8,000 metres up. They cleared the mountain of four bodies and over 10 tonnes of plastic bottles, cans and climbing equipment. However, it was just a fraction of Everest’s rubbish, with the harder to reach camps still littered with abandoned gear. With the mountain empty, it would be much easier and faster for the sherpas to clean the mountain and they would be able to bring down a vast amount of trash.

As I put it before, foreign climbers pay at least $30,000 to tackle Everest but locals say they pay little attention to their environmental fallout. Nepal levies a $4,000 rubbish deposit for each team to be refunded if each climber brings back eight kilos of waste, but only half return with trash. Last year’s spring climbing window, which normally starts in April, saw a record 885 people summit Everest.

The COVID-19 pandemic will at least have an advantage. With the drop in emissions of polluting gases, the atmosphere has been purified in the Himalayas and one can now see the high peaks of the Himalayan range from 200 kilometers away, which had been impossible for several decades.

Source : Yahoo News, AFP.

Vue de l’Everest et du camp de base côté népalais (Source: Wikipedia)