Le coronavirus stoppe les expéditions sur l’Everest // COVID-19 stops expeditions on Mt Everest

Le confinement qui a été décrété en Chine et au Népal en raison de la crise sanitaire du coronavirus entraîne l’arrêt des expéditions sur l’Everest. Cette situation aura des conséquences financières pour les sherpas, les cuisiniers, les porteurs et les autres personnes qui vivent des expéditions.

Cela affectera également les clients qui ont souvent dépensé des sommes folles – entre 35 000 et 85 000 dollars – sans oublier les guides qui doivent encore payer leurs équipements..

De la même façon, les tour opérateurs qui organisent les expéditions ont eux aussi des frais, malgré l’interdiction d’accès à l’Everest. Il est probable que de nombreuses structures ne survivront pas à cette crise.
La Chine a fermé la voie nord à travers le Tibet en raison de la pandémie de COVID-19 le 12 mars 2020. Le lendemain, les expéditions vers le Népal ont également été mises à l’arrêt. L’Everest est à cheval sur la frontière entre le Népal et la Chine et peut être escaladé des deux côtés.
En fermant la voie d’accès sud, le gouvernement népalais va perdre les quelque 4 millions de dollars qu’il perçoit d’habitude avec la vente des permis. Des milliers de personnes au Népal dépendent de l’argent en provenance des expéditions. Le tourisme de haute montagne dans la région rapporte environ 300 millions de dollars par an , essentiellement pendant la saison printanière qui commence en mars et se termine en mai. La fermeture d’accès à l’Everest met des milliers de personnes au chômage.

Une conséquence du verrouillage actuel pourrait être un afflux massifs de visiteurs une fois que les voies d’accès seront à nouveau ouvertes. Il y aura une forte demande de treks. Il serait souhaitable que le Népal mette en place des réglementations d’accès à la montagne ; sinon, de nombreuses difficultés apparaîtront l’année prochaine.
Pour les sherpas, le problème est maintenant de trouver d’autres occupations pour gagner leur vie après l’arrêt de leur principale source de revenus. Ils ont cruellement besoin d’argent pour entretenir leurs familles. Cet argent aide à financer les études des enfants, payer le loyer de la maison et les bien de consommation courante.

Les sherpas sont l’épine dorsale d’une expédition, les premiers à atteindre l’Everest et les derniers à descendre dans la vallée. Ce sont eux qui installent les camps, transportent le matériel et font la cuisine pour les expéditions. Ils installent les cordes et les échelles au-dessus des crevasses afin de permettre aux alpinistes d’atteindre le sommet.
Un sherpa peut gagner 10 000 dollars, ou plus s’il atteint le sommet. Les porteurs ou cuisiniers des camps gagnent en moyenne entre 3 000  et 5 000 dollars au cours de leurs trois mois de travail. Il s’agit d’un montant important par rapport au revenu annuel par habitant qui est de 1035 dollars au Népal.
Il y a déjà eu des interruptions d’expéditions sur l’Everest: une avalanche déclenchée par un séisme a tué 19 personnes dans le camp de base en 2015 et une autre avalanche en 2014 a tué 16 sherpas népalais.
Pour la plupart des gens, le COVID-19 ne provoque que des troubles légers ou modérés, comme de la fièvre et de la toux ; la grande majorité guérissent en une quinzaine de jours. Mais les conséquences s’amplifient en très haute montagne et peuvent devenir dramatiques au camp de base où des grimpeurs sont répartis dans des tentes pendant la phase d’acclimatation. À très haute altitude, le système respiratoire est très sollicité et très éprouvé. Dans la mesure où coronavirus affecte en priorité le système respiratoire, on peut se trouver confronté à des pneumonies  pouvant entraîner la mort.
Source: AP News.

  ——————————————-

The lockdown in China and Nepal because of the coronavirus sanitary crisis means the closure of Mount Everest. This situation will have significant financial ramifications for the local sherpas, cooks, porters and other personnel who make their living from the expeditions. It will also affect the clients who paid big money and expedition guides who are still on the hook for expenses. However, everybody agrees it was the right decision in light of the coronavirus

The sherpas badly need the money for their families.  It helps finance the children’s studies, the house rent and the groceries.

Also losing money are clients, who dole out anywhere between $35,000 to $85,000 to be led up the mountain, and expedition operators who have expenses to pay despite the closure.

It is likely many businesses will not survive this crisis.

China shut down the northern route through Tibet due to the COVID-19 pandemic on March 12th, 2020. A day later, expeditions to the Nepal side were closed, too. Everest straddles the border between Nepal and China and can be climbed from both sides.

By shutting down the passage through the south route of Everest, the Nepal government stands to lose some $4 million in permits alone. There are thousands of people who depend on the money spent by climbers in Nepal. The mountaineering industry in the region brings in about $300 million annually and most of it during the spring climbing season that begins in March and ends in May. As a consequence, the closure of the mountains has made thousands of people jobless in the mountaineering community.

A consequence of the current lockdown might be an overcrowding on the mountain when the routes are open again. There will be a backlog of clients eager to make the trek, along with a new batch of climbers. It would be very important that Nepal puts reasonable regulations in place for operators and climbers; otherwise, many problems will appear next year.

For the sherpas, the problem is now to find something else to do to make a living  after their source of income was halted. They are the backbone of an expedition, the first to reach Everest each climbing season and the last to leave. They set up the camps, carry the equipment and cook the food for climbing parties. They fix the ropes and ladders over the crevasses in order to enable mountaineers to scale the peak.

Generally, a sherpa can earn $10,000 or more should they summit. Porters or cooks at the mountaineers’ camps average between $3,000 and $5,000 during their three months of work. This is a significant amount compared with Nepal’s $1,035 annual per capita income.

The climbing community has seen an interruption on Everest before: An earthquake-triggered avalanche killed 19 at the base camp in 2015 and another avalanche in 2014 killed 16 Nepali workers.

For most people, COVID-19 causes only mild or moderate symptoms, such as fever and cough, with the vast majority recovering in about two weeks. But anything respiratory can have dire consequence at base camp, where there are climbers scattered around in tents as they acclimate. At high altitude respiratory systems are much distressed and challenged. The coronavirus, which affects the respiratory system and can lead to pneumonia, would absolutely be much more serious and lead to potentially serious consequences and fatalities much more quickly at altitude.

Source: AP News.

Face nord de l’Everest (Crédit photo: Wikipedia)

Il fut une époque où j’avais envisagé de randonner jusqu’au camp de base de l’Everest, et puis les enfants sont nés ; c’est tombé à l’eau. Finalement, quand je vois les amoncellements de détritus sur cette montagne, je ne regrette rien.

Alaska: Le réchauffement climatique gâche l’Iditarod // Climate change ruins Iditarod

Les secours ont dû intervenir par voie terrestre et aérienne le 20 mars 2020 pour venir en aide à trois mushers de l’Iditarod en détresse à la sortie du point de contrôle  de Safety, à cause de l’inondation de la piste par la mer. Les mushers ont été transportés par avion à l’hôpital de Nome pour un contrôle médical et sont ressortis un peu plus tard. Tous les chiens sont arrivés sains et saufs à Nome.
Les trois hommes ont été confrontés à une inondation de la piste à l’est de l’embouchure de la rivière Salomon. Ils se trouvaient à une quarantaine de kilomètres de la ligne d’arrivée lorsqu’un ou plusieurs d’entre eux ont activé une balise de détresse  pour les localiser
Des bourrasques de vent du sud pendant toute le nuit ont poussé de l’eau de mer – normalement gelée à cette époque de l’année – sur la piste de l’Iditarod, et les mushers ne pensaient pas – et ne savaient pas – qu’elle était sous l’eau. Un groupe d’une dizaine de sauveteurs en provenance de Nome s’est rendu sur site en motoneiges, et la Garde Nationale de l’Alaska a envoyé un hélicoptère. Au moment où l’hélicoptère a atterri, les mushers étaient hors de l’eau, dans des sacs de couchage et aidés par certains des motoneigistes.
Le vent et la submersion du rivage ont été la cause des problèmes entre Elim et Nome, un tronçon d’environ 200 kilomètres qui longe la côte de la mer de Béring. Les responsables de la course ont déclaré qu’ils redessinaient la piste près de Safety où le sauvetage s’est produit, afin que les 11 équipages restants puissent continuer à avancer. Ils sont actuellement bloqués à Elim, où le vent et l’eau de mer les bloquent depuis le 18 mars au soir. Le groupe a essayé de se diriger vers White Mountain le 19 mars au matin mais a dû rebrousser chemin au bout de quelques kilomètres. On ne sait pas si d’autres équipages finiront la course
En plus de l’eau, le vent soufflait en tempête. Selon un musher qui a réussi à atteindre Nome, « on ne pouvait pas se tenir debout là-bas. Il y avait une visibilité nulle. Avec le vent violent et la température élevée, on ne savait pas s’il fallait habiller les chiens. »
Près d’un tiers des 57 mushers de l’Iditarod ont abandonné, y compris le musher français Nicolas Petit, qui a activé sa balise de détresse le 19 mars 2020, en raison des conditions météorologiques.
Source: Anchorage Daily News.

——————————————–

Rescuers came by land and by air on March 20th, 2020 when three mushers in the Iditarod Trail Sled Dog Race called for help after being surprised by a flooded trail outside of Safety.

The mushers were flown to Nome hospital from which they were discharged later. All of the dogs arrived safely in Nome and were also all in good health.

The three men wound up in deep overflow east of the mouth of the Solomon River. They were about 40 kilometres from the finish line when one or more of them activated a personal locator beacon.

Southblowing winds had persisted overnight and pushed seawater – usually frozen at that time of the year – up onto the Iditarod Trail, and the mushers weren’t aware that it was under water. A group of about 10 search and rescue personnel from Nome rode snowmachines to the spot, and the Alaska Army National Guard sent a helicopter crew. By the time the helicopter landed, the mushers were out of the water, in sleeping bags and being tended to by some of the snowmachiners.

Wind and overflow appear to be a problem all the way from Elim to Nome, a stretch of about 200 kilometres on the Bering Sea coast. Race officials said they are reworking the section of trail near Safety where the rescue occurred, so that the remaining 11 teams can proceed. They are currently stranded in Elim, where wind and overflow have rendered them immobile since March 18th in the evening. The group made an effort to push toward White Mountain on March 19th in the morning but had to retreat after a few kilometres. It is unclear if any more teams will finish the race

Beside the water, there was the wind which was howling. According to one musher who managed to reach Nome, “you couldn’t stand up out there. It was a whiteout.” The combination of high winds and high temperatures made it difficult to decide whether to put coats on the dogs.

Nearly a third of the 57 mushers in this year’s Iditarod have quit the race before finishing, including French musher Nicolas Petit, who activated an alert button seeking rescue on March 19th, 2020, because of weather conditions.

Source: Anchorage Daily News.

Itinéraire de l’Iditarod (années paires)

Alaska : Départ de l’Iditarod !

En ce moment se déroule en Alaska l’Iditarod qui est, avec la Yukon Quest, la plus célèbre des courses de traîneaux. Les mushers et leurs attelages de 16 chiens doivent parcourir les 1 757 km entre Anchorage et Nome sur la côte ouest. L’événement dure entre 8 et 15 jours, selon la météo et les conditions sur le terrain. Le départ officiel est donné aujourd’hui 8 mars 2020.

Cette compétition commémore un exploit. Pendant l’hiver 1925, une épidémie de diphtérie a frappé la ville de Nome. La glace et le blizzard empêchaient tout envoi de sérum par avion ou bateau. C’est finalement un traîneau tiré par des chiens qui parvint à rejoindre Nome avec le sérum salvateur. Le dernier musher du relais s’appelait Gunnar Kaasen et le leader des chiens, Balto, qui est devenu un héros national. Il possède d’ailleurs sa statue  dans le centre d’Anchorage.

Au moment des courses de chiens de traîneaux dans l’Arctique, on retrouve l’atmosphère des livres de Jack London. A Nenana, au cœur de l’Alaska, j’ai eu le privilège de filer à bord d’un traîneau piloté par Bill Cotter, un ancien musher vainqueur d’une Yukon Quest et 3ème d’une Iditarod. Un grand moment !

Hier soir, on pouvait suivre en direct la cérémonie de départ de l’Iditarod sur le site dédié à cette course mythique et passionnante.

https://iditarod.com/

« Ceremonial start » hier dans la 4ème Avenue d’Anchorage (Alaskan TV)

Les chiens sont impatients de prendre le départ (Photo: C. Grandpey)

Funambulisme sur le Masaya (Nicaragua) // Tightrope walking on Masaya (Nicaragua)

Le Masaya est l’un des volcans les plus actifs du Nicaragua. Il se manifeste fréquemment depuis l’époque des conquistadors espagnols, époque où un lac de lave actif dans son cratère a motivé des tentatives d’extraction de « l’or en fusion » du volcan. Aujourd’hui, le lac de lave – qui ressemble davantage à un chaudron de lave – s’agite dans le Cratère Santiago depuis sa réapparition en décembre 2015. En plus de ce chaudron de lave, l’activité éruptive se caractérise par des événements explosifs, des coulées de lave et des émissions de gaz. L’activité volcanique a diminué entre mars et juillet 2019. Cependant, le 21 juillet 2019, une petite explosion dans le Cratère Santiago a généré des émissions de gaz et un nuage de cendre qui s’est étiré vers l’ouest-nord-ouest. Les rapports mensuels de l’INETER qui surveille le volcan font actuellement état d’une baisse de l’activité thermique et des émissions de gaz.

Profitant de cette période d’activité réduite sur le Masaya, Nik Wallenda, un funambule qui a déjà traversé les chutes du Niagara, se prépare à effectuer un exploit similaire, à travers le Cratère Santiago du Masaya et son chaudron de lave. Wallenda, qui détient de nombreux records pour ses numéros de funambule, traversera le cratère de 540 mètres de large le 4 mars 2020, au cours d’une émission télévisée en direct. Ce sera le dernier exploit d’une série pendant laquelle il a traversé sur un fil une section du Grand Canyon, les chutes du Niagara et l’espace entre des gratte-ciel de Chicago. En 2019, lui et sa sœur Lijana ont avancé sur un fil tendu à une hauteur de 25 étages au-dessus de Times Square à New York.
Nik Wallenda appartient à la septième génération des Flying Wallendas – une troupe spécialiste de l’extrême, sans filet de sécurité.
Source: The Independent.

Dernière minute: Un visiteur de mon blog vient de me signaler que le site du Masaya est fermé du 18 février au 6 mars 2020. Aucune possibilité d’accès au volcan. 3 personnes du groupe auquel il appartenait devaient descendre en tyrolienne dans le cratère. Les Américains leur ont refusé l’accès malgré l’autorisation de L’INETER et des responsables du parc ! On ne peut que vivement regretter cette privatisation du site.

———————————————

Masaya is one of Nicaragua’s most active volcanoes. It has been frequently active since the time of the Spanish Conquistadors, when an active lava lake prompted attempts to extract the volcano’s molten « gold. »  Today, the lava lake – or better called lava caldron – is located in the Santiago Crater which has remained active since its return in December 2015. In addition to this lava lake, previous volcanism included explosive eruptions, lava flows, and gas emissions. Activity decreased between March and July 2019. However, on July 21st, 2019, a small explosion in the Santiago Crater resulted in some gas emissions and an ash cloud drifting WNW. INETER’s monthly reports noted that thermal activity and gas emissions were decreasing.

Taking advantage of this period of reduced activity on Masaya volcano, Nik Wallenda, a man who has previously tightroped walked over Niagara Falls is now set to perform a similarly feat, across Masaya’s Santiago Crater and its lava cauldron. Wallenda, who holds numerous records for his highwire and tightrope acts, will cross the 540-metre-wide crater on March 4th, 2020, during a live TV broadcast. It will be the latest in a string of feats including Mr Wallenda’s walks across a Grand Canyon gorge, across Niagara Falls and between skyscrapers in Chicago. In 2019, he and his sister Lijana carried out a highwire walk 25 stories above Times Square in New York.

Mr Wallenda is a seventh-generation member of The Flying Wallendas family – a daredevil troupe famous for performing aerial feats without safety nets.

Source : The Independent.

Last minute: A visitor to my blog has just informed me that the Masaya site is closed from February 18th to March 6th, 2020. Access to the volcano is forbidden. 3 people from the group to which he belonged expected to descend by zip line into the crater. The Americans refused them access despite a permit from INETER and park officials! One can only deeply regret this privatization of the site.

Le chaudron de lave du Masaya en janvier 2017 (Crédit photo : Wikipedia)

Réchauffement climatique et compétitions de ski

Le réchauffement climatique est en train de devenir une menace pour les stations de sports d’hiver et les compétitions de ski, même à des altitudes élevées. Il y a quelques semaines, j’indiquais que le glacier de Tignes, à 3100 mètres d’altitude, ouvrirait avec du retard aux entraînements de l’équipe de France. Les skieurs professionnels se rendent parfaitement compte de la situation. Sur son site web, France Info fait part du cri du cœur posté sur Twitter par la skieuse internationale Anne-Sophie Barthet qui se désole devant le triste spectacle donné par le glacier de Tignes où elle a « l’impression de voir les vestiges de ce qu’était un glacier avant. »

Malgré la rapidité des effets du réchauffement climatique en montagne, le monde du ski essaie de garantir la tenue des compétitions. Aujourd’hui, à Tignes et ailleurs, on se tourne vers les glaciers. Ainsi, la première course de Coupe du monde vient d’avoir lieu à Sölden (Autriche) sur le glacier du Rettenbach, à 3.000 mètres d’altitude. Des températures bien plus élevées que la moyenne depuis le début du mois d’octobre ont obligé les organisateurs à préparer la piste avec de la neige stockée depuis l’hiver dernier.
Comme je le faisais remarquer dans des notes récentes à propos des stations savoyardes de Bessans et du Grand-Bornand, le stockage est l’une des deux réponses au manque d’enneigement avec les enneigeurs, autrement dit les canons à neige artificielle. A côté de ces solutions bien connues, les stations de ski les plus riches comme Val d’Isère investissent dans la technologie. Les pistes sont notamment équipées de capteurs GPS qui indiquent avec précision aux dameuses la hauteur de neige et donc le travail à effectuer sur chaque secteur. Les enneigeurs sont de plus en plus performants, plus économes en énergie et en eau. Le directeur du Club des sports de Val d’Isère se veut optimiste, mais il ne faudrait pas qu’il oublie que la production de neige par les canons suppose des températures suffisamment basses pour que ce type d’équipement puisse fonctionner, ainsi que des réserves suffisantes en eau, ce qui pourrait ne plus être le cas si les épisodes de sécheresse se multiplient.
Le directeur des courses féminines de la Fédération internationale de ski se félicite des progrès du stockage de neige et des canons et affirme que « le réchauffement climatique n’est pas encore un sujet majeur dans nos réflexions sur le calendrier des épreuves de Coupe du monde, mais c’est un sujet qui va devenir de plus en plus important parce que nous observons la tendance d’un hiver de plus en plus tardif dans certains endroits du monde ». Selon ce Norvégien, « les sports de neige seront peut-être différents dans 50 ou dans 100 ans […] et des solutions vont être trouvées. » Il ne peut pas imaginer que le ski disparaisse complètement. Tout le monde dans le monde du ski ne partage pas cet optimisme…

Quelle que soit l’altitude, les canons sont l’une des principales solutions pour pallier le manque de neige (Photos: C. Grandpey)

Les pierres de curling d’Ailsa Craig (Ecosse) // The curling stones of Ailsa Craig (Scotland)

Les Jeux Olympiques d’hiver ont débuté en Corée du Sud, avec leurs compétitions de ski, de patinage, etc. Un sport est beaucoup moins connu, du moins en France: le curling. Il consiste à faire glisser de grosses pierres circulaires sur la glace vers une cible baptisée la maison. Il y a deux équipes de quatre joueurs. Chaque équipe doit faire glisser huit pierres. Les pierres avancent en tournant, d’où le nom du sport. Deux joueurs de l’équipe balaient la glace devant la pierre afin d’essayer de la faire s’arrêter au bon endroit.
Très peu de gens savent que les pierres utilisées dans le curling proviennent d’un seul endroit au monde: Ailsa Craig, une petite île dans le Firth of Clyde, au large de la côte ouest de l’Écosse. Ailsa Craig a une histoire agitée. Revendiquée par les Écossais, envahie par l’Empire espagnol, l’île était autrefois un repaire de contrebandiers. Elle est inhabitée depuis le 19ème siècle. Les photos et vidéos montrent de très jolies colonnes de basalte dont les seuls habitants sont les oiseaux marins. L’île pourrait ne présente guère d’intérêt de nos jours, sauf en raison de sa géologie particulière …. et du curling !
D’un point de vue géologique, l’île est le reste d’un volcan qui est entré en éruption il y a 60 millions d’années. L’éruption a été si violente que le Groenland s’est séparé de l’Écosse et que s’est formé l’Océan Atlantique. Repoussé loin du panache mantellique, le volcan a été coupé de sa source magmatique. Après la fin de l’éruption, des millions d’années d’érosion ont fait disparaître les roches sédimentaires qui entouraient les roches magmatiques plus dures, exposant ainsi l’ancienne chambre magmatique du volcan. Ce phénomène de déchaussement s’observe sur de nombreux volcans du même type. Le Strombolicchio est en un bon exemple en Sicile.
Ailsa Craig comprend trois variétés de granit qui se différencient par leur teneur en minéraux : Ailsa Craig Common Green, Ailsa Craig Red Hone et Ailsa Craig Blue Hone. La coloration distinctive de cette dernière roche, un gris-blanc tacheté de points bleutés, résulte de la présence de riebeckite et d’arfvedsonite, deux amphiboles riches en sodium et en fer. Le granit riche en riebeckite  est une variété extrêmement rare et Ailsa Craig est le seul endroit de la planète où on le trouve. Avec les autres variétés de granit d’Ailsa Craig, Ailsa Craig Blue Hone est nécessaire pour la production des meilleures pierres de curling.
La texture uniforme et fine du granit riche en riebeckite lui confère une grande élasticité. Les pierres de curling fabriquées à partir d’Ailsa Craig Blue Hone et Common Green présentent donc une grande résistance aux impacts qui se produisent au cours de la pratique du sport. Les minéraux composant la roche, principalement le quartz et le feldspath, ont une faible conductivité thermique, une autre propriété appréciée dans une bonne pierre de curling. Une pierre trop froide ou trop chaude affecterait négativement le mince film d’eau sur lequel la pierre de curling glisse. Enfin, le tissu imperméable rend la roche hydrofuge et résistante à l’eau et à l’usure, des facteurs qui diminueraient les performances d’une pierre de curling.
En cliquant sur le lien suivant, vous obtiendrez plus de détails sur Ailsa Craig et ses pierres, des origines à nos jours. Vous verrez comment les pierres de curling sont fabriquées. Vous apprécierez sans aucun doute l’accent écossais des personnes interviewées!

 https://youtu.be/Mc7Nq63wGTQ

Source: Forbes.

—————————————

The Winter Olympics have opened in South Korea, with their competitions of skiing, skating and so on. One sport is far less popular, at least in France: curling. Players slide curling stones on the ice towards a target, called the house. There are two teams with four players on each team. Each team slides eight stone. The player sliding the stone can make it turn or curl slowly, hence the name of the sport. Two other players on the team sweep the ice in front of the stone with brooms. This is to make the stone stop in the right place.

Very few people know that the stones used in curling come from one single place in the world: Ailsa Craig, a small island in the Firth of Clyde, along the west coast of Scotland. Ailsa Craig has a troubled history. Claimed by the Scots, invaded by the Spanish Empire, it was once a hiding place for smugglers. The island became uninhabited in the 19th century. The photos and videos of the island show very nice volcanic columns whose only residents are the sea birds. The island might be of little interest nowadays, if not for its peculiar geology…. and curling.

Geologically, the island is the remains of a long extinct volcano. 60 million years ago, this volcano erupted so violently that Greenland became separated from Scotland and the primordial Atlantic Ocean formed. Pushed away from the mantle plume, the volcano was cut off from its magma source. After the eruption ended, millions of years of erosion removed the softer sedimentary rocks around the harder magmatic rocks, exposing the former magma chamber of the volcano.

Ailsa Craig comprises three granite varieties, characterized by their mineral content. The Ailsa Craig Common Green, the Ailsa Craig Red Hone, and the Ailsa Craig Blue Hone. The distinctive coloration of the latter rock, a grey-white spotted with bluish dots, results from the presence of riebeckite and arfvedsonite, two amphiboles rich in sodium and iron. Riebeckite-granite is an extremely rare granite variety and Ailsa Craig is the only spot worldwide where it can be found. Together with the other granite varieties from Ailsa Craig, Ailsa Craig Blue Hone is needed for the production of the best curling stones in the world.

The uniform, fine-grained texture of the riebeckite microgranite lends the rock a high elasticity. Curling stones made from Ailsa Craig Blue Hone and Common Green display therefore a high resistance to impacts, as experienced during a curling game. The minerals composing the rock, mostly quartz and feldspar, have a low thermal conductivity, another valued property for a good curling stone. A too cold or too hot stone would negatively affect the thin water film on which the curling stone slips. Finally, the impermeable fabric makes the rock water repellent and resistant towards water and weathering, further factors lowering the performance of a good curling stone.

If you click on the following link, you will get more details on Ailsa Craig and its stones, from the origins to today. You will see how curling stones are manufactured. You will no doubt appreciate the Scottish accent of the interviewees…

Video Scottish accent) + fabrication industrielle

https://youtu.be/Mc7Nq63wGTQ

Source: Forbes.

Colonnes basaltiques à Ailsa Craig (Crédit photo : Mary and Angus Hogg)

Pierres de curling

 

 

 

 

L’Iditarod de Nicolas Vanier

J’ai beaucoup aimé le documentaire diffusé ce soir sur France 2 et qui raconte « l’Iditarod, la dernière course de Nicolas Vanier ». Amoureux de l’Alaska, j’ai eu la chance de rencontrer plusieurs mushers ayant participé à cette course et à la Yukon Quest, autre compétition mythique de l’Arctique. Les paysages traversés sont somptueux. Je les ai admirés illuminés par les couleurs de l’automne et recouverts de neige quelques semaines plus tard. En regardant le film, je n’avais qu’une envie: retourner là-bas pour me replonger dans la nature sauvage et quitter pendant quelques semaines notre civilisation trépidante…

Il y a quelques mois, j’ai publié une note sur les courses de chiens de traineaux en Alaska:

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2017/02/16/les-courses-de-chiens-de-traineaux-en-alaska-sled-dog-races-in-alaska/

Photos: C. Grandpey