Réchauffement climatique : le Cervin (Suisse) devient trop dangereux

Cet été, avec les canicules à répétition, l’ascension du Cervin dans les Alpes suisses est particulièrement dangereuse. La montagne donne une illusion de facilité à laquelle il ne faut surtout pas se fier. Comme l’a confirmé un guise suisse, «on pourrait gravir le Cervin en ce moment même, sans crampons et en simple t-shirt, mais cette apparente facilité cache un réel danger. Quiconque ne connaît pas la montagne n’a rien à faire sur le Cervin. C’est beaucoup trop dangereux!»

Le Cervin domine la ville de Zermatt

Avec ses collègues, il appelle à renoncer provisoirement à l’ascension. Le bureau des guides «Zermatters» recommande «de s’abstenir de gravir le Cervin jusqu’à nouvel ordre.»,

Le danger est dû aux températures constamment élevées et au risque accru de chutes de pierres qui en résulte. A 4478 mètres d’altitude, au sommet du Cervin, les températures restent habituellement négatives, même en été. Lors des années normales, le manteau neigeux résiste lui aussi à la saison estivale. En revanche, cet été, la situation est différente: il fait trop chaud sur le Cervin. C’est dommage pour les alpinistes car la montagne traverse habituellement sa meilleure période de l’année pour les ascensions de la montagne.

En ce mois de juillet 2026, le risque de chutes de pierres ne cesse d’augmenter. Le sommet du Cervin est particulièrement exposé et rocheux. En temps normal, une épaisse couche de neige stabilise les pierres instables. Les randonneurs suivent toujours une trace à travers le névé et ne voient pas le sol en contrebas. Le problème, c’est que cette année la couche de neige a disparu. L’hiver peu enneigé n’a pas permis d’accumuler des réserves suffisantes pour résister aux températures exceptionnellement élevées de ces derniers mois. Sans trace de neige, les alpinistes vont dans tous les sens au lieu de suivre un itinéraire bien défini.

Un secouriste en montagne explique que si des grimpeurs inexpérimentés utilisent une corde trop longue, ce qui arrive fréquemment, elle touche la roche et la met en mouvement. Toute personne se trouvant plus bas sur la voie d’ascension se retrouve alors immédiatement en danger.

Les événements des derniers jours confirment que le danger est bien réel. Plusieurs cordées ont été piégées par un éboulement sur le Cervin. Un guide de montagne, blessé à l’épaule après avoir été touché par une pierre, a dû être évacué par hélicoptère.

Les chutes de pierres ont toujours fait partie des risques de la montagne. Selon les statistiques du Club alpin suisse (CAS), elles sont à l’origine d’une trentaine d’interventions de secours chaque année lors de randonnées en haute montagne. Au cours des cinq dernières années, le CAS a recensé deux accidents mortels liés à des chutes de pierres. Je les ai signalés en temps utile sur ce blog.

La décision de déconseiller l’ascension du Cervin a déjà été prise dans le passé, comme pendant la canicule de 2003: Un immense bloc de pierre s’était détaché au-dessus du refuge Hörnlihütte et 70 alpinistes ont dû être évacués. La principale voie d’ascension du Cervin était restée fermée pendant plusieurs jours.

Vue du Cervin depuis le Gornergrat

Selon les guides locaux, l’évolution future de l’alpinisme estival dépendra avant tout de l’enneigement et des températures. Le phénomène ne concerne pas uniquement le Cervin, mais l’ensemble du massif alpin. Comme l’ont déjà indiqué les guides de Chamonix, il va falloir revoir l’approche de l’alpinisme et adapter les itinéraires à ces nouvelles conditions . Les guides vont devoir se préparer à grimper plus souvent durant les intersaisons, en juin ou en septembre. Et puis, il n’y a pas que le Cervin dans les Alpes suisses. Elles possèdent 28 autres sommets de plus de 4000 mètres ; les alternatives ne manquent pas !

Photos: C. Grandpey

Source : presse suisse.

Pauvres rivières limousines !

Les vagues de chaleur que nous connaissons depuis le mois de mai et la sécheresse qui les accompagne font des ravages sur nos rivières. Dans le coin du Limousin où j’habite, c’est une catastrophe. Les ruisseaux où j’allais taquiner la truite il n’y a pas si longtemps sont à sec, vraiment à sec ! C’est la première fois que je vois un tel désastre. Il est bien évident qu’aucun poisson n’a pu survivre dans de telles conditions. En particulier, la truite fario a définitivement disparu.

Photos: C. Grandpey

Je ne cesse de le répéter : dans de telles conditions de chaleur et de sécheresse aquatique, la pêche devrait être interdite dans les cours d’eau de 1ère catégorie. Prendre les quelques poissons qui ont pu trouver refuge dans des trous d’eau relève du braconnage.

Près de chez moi, la Vienne – affluent de la Loire – coulait convenablement le matin de ce 14 juillet 2026. À priori, ce n’est pas normal. La rivière devrait avoir un niveau ultra bas, à l’image des autres cours d’eau de la région. La raison de ce niveau presque acceptable est artificielle et facile à comprendre. À quelques dizaines de kilomètres en aval, dans le département de la Vienne, se trouve la centrale nucléaire de Civaux qui a besoin d’eau pour refroidir ses réacteurs. Quand le niveau de la rivière Vienne n’est pas suffisant, le lac de Vassivière, sur le Plateau de Millevaches, vient en aide. La plaisanterie locale consiste à dire qu’il faut Millevaches pour alimenter Civaux !

Crédit photo: EDF

EDF a indiqué dès la première semaine de juillet qu’il fallait procéder à des lâchers pour apporter suffisamment d’eau vers la Haute-Vienne et la Vienne en aval. Le but est de maintenir un débit de 13 m3/seconde dans la Vienne au niveau de Lussac-les-Châteaux, donc de la centrale de Civaux. À ce jour, le débit de la Vienne est tombé à 5 m3/seconde!

Le soutien d’étiage permis par Vassivière doit garantir l’alimentation en eau potable de certaines villes, notamment Limoges, la sauvegarde du milieu aquatique, mais aussi le maintien d’activités industrielles nécessitant l’eau, telle la centrale nucléaire de Civaux.

Depuis le 6 juillet, Vassivière procure 7m3/seconde au soutien d’étiage et cela continuera tant que les conditions météorologiques resteront sèches. Cela entraînera une baisse progressive du niveau du lac entre 5 et 10 cm par jour. D’habitude, cette baisse intervient généralement en fin d’été et surtout durant l’automne. 2026 est vraiment une année exceptionnelle, mais ce côté exceptionnel risque fort de se reproduire dans les prochaines années.

Par convention, EDF s’engage à maintenir une cote raisonnable jusqu’au 31 août afin de garantir les activités touristiques sur le lac de Vassivière.

Lac de Vassivière (Crédit photo: Destination Limoges)

Alpinisme et réchauffement climatique

Concentrations de CO2 : 429,79 ppm (08 juillet 2026)             

Concentrations de CH4 : 1937,86 ppb (mars 2026)

Comme je l’ai souligné à plusieurs reprises sur ce blog, le réchauffement climatique impacte profondément nos Alpes. Éboulements et laves torrentielles se multiplient avec le dégel du permafrost de roche. Plusieurs événements de ce type ont été recensés le 18 juin 2026 dans les départements de l’Isère et des Hautes-Alpes (voir ci-dessous).

Les canicules à répétition ont également des conséquences sur la pratique de l’alpinisme. Les guides de haute montagne en France, en Suisse et en Italie arrêtent de fréquenter certaines voies devenues trop dangereuses ou difficiles ; des sentiers sont fermés ou sont fortement déconseillés ; des refuges ferment par manque d’eau, etc. L’effondrement dramatique du glacier de la Marmolada dans les Alpes italiennes le 3 juillet 2022, qui a tué 11 randonneurs, est particulièrement représentatif de la situation.

Le glacier de la Marmolada après l’effondrement (Source: presse italienne)

La thèse de Jacques Mourey (Université Grenoble Alpes) permet de mieux comprendre ce qui se joue avec le réchauffement climatique. Elle est intitulée L’alpinisme à l’épreuve du changement climatique : Évolution géomorphologique des itinéraires, impacts sur la pratique estivale et outils d’aide à la décision dans le massif du Mont Blanc. Vous pourrez la lire en cliquant sur ce lien :

https://theses.hal.science/tel-03510607

Avec la hausse des températures, la moitié des surfaces couvertes par des glaciers ont fondu depuis la fin du Petit Age Glaciaire. Les déstabilisations rocheuses en lien avec la dégradation du permafrost sont plus fréquentes et volumineuses. Comme je l’ai indiqué plus haut, les amas de roches et de sol récemment libérés par ces phénomènes de désenglacement s’érodent et donnent notamment lieu à des glissements de terrains et des laves torrentielles.

Photo: C. Grandpey

Face à ces modifications des milieux, les acteurs professionnels, politiques et scientifiques concernés par la haute montagne ont mis en place une démarche de diagnostic de l’évolution des itinéraires d’alpinisme.

Les impacts du réchauffement climatique sur les itinéraires d’alpinisme et leurs conditions d’ascension ont été étudiés par une comparaison, entre les années 1980 et la période actuelle, avec référence aux courses décrites dans les topo-guides emblématiques de la collection Rebuffat « Les 100 plus belles courses ». Au total, 201 itinéraires répartis dans le massif du Mont-Blanc, les Alpes valaisannes et les Écrins ont été étudiés.

Dans un premier temps, 26 processus géomorphologiques et glaciologiques, liés au réchauffement climatique, qui affectent les itinéraires, ont été identifiés. La traversée des dômes de Miage (3666 m, massif du Mont-Blanc), course classique souvent réalisée en préparation d’une ascension du mont Blanc est par exemple sujette à 20 processus différents. Ainsi, les crevasses y sont de plus en plus présentes, l’arête sommitale est plus fine, la descente ne se fait plus sur de la neige mais sur de la glace. En moyenne, un itinéraire d’alpinisme est affecté par 9 processus différents liés au réchauffement climatique. Les alpinistes doivent donc prendre en considération de plus en plus de paramètres lors de leur préparation à une ascension.

Photo: C. Grandpey

D’une manière générale, les effets du réchauffement climatique sur la haute montagne alpine changent les caractéristiques des itinéraires. Ces modifications les rendent plus dangereux et/ou plus difficiles techniquement ou moins intéressants d’un point de vue esthétique ou technique pour un alpiniste.

Dans chacun des trois massifs, 25 % des itinéraires étudiés ne sont plus fréquentables pendant la période estivale. En été, les conditions sont plus aléatoires, notamment en raison des périodes caniculaires plus précoces, nombreuses et intenses.

Les écroulements et les chutes de pierres sont souvent mis en avant dans la presse comme des processus qui affectent beaucoup les itinéraires d’alpinisme et effectivement ils sont plus fréquents et volumineux en lien avec la dégradation du permafrost. Toutefois, la fonte et l’augmentation de la pente des glaciers et des tabliers de glaces sont les processus qui modifient le plus les conditions d’ascension des itinéraires. Les itinéraires en neige sont les plus affectés par le réchauffement climatique. Les itinéraires rocheux sont, en général, plus préservés. Le report vers des voies rocheuses est d’ailleurs une stratégie d’adaptation régulièrement mise en place par les guides de haute montagne.

Source : Écho Sciences Grenoble.

Le 18 juin, un épisode orageux a provoqué d’importantes coulées de boue et de pierres dans la vallée du Véneon sur la commune de Saint-Christophe-en-Oisans (Isère). A environ 200 mètres après le hameau des Etages, cinq coulées de boue ont coupé la route d’accès à la Bérarde, hameau déjà fortement impacté par une lave torrentielle dans la nuit du 20 au 21 juin 2024 . L’événement n’a pas fait de victimes mais la circulation a été coupée dans les deux sens avant d’être rétablie.

Lave torrentielle de la Bérarde en 2024 (Source: presse régionale)

Ce même jour, un violent orage a causé un éboulement qui a coupé la route du col du Lautaret à Monêtier-les-Bains (Hautes-Alpes). Une voiture a été emportée par la coulée de boue, mais, heureusement, son conducteur est sain et sauf.

Source:presse régionale

Mise au point et souvenirs

Notre société adore se prélasser dans les records et les extrêmes. La Coupe du Monde 2026 n’échappe pas au phénomène. Depuis les deux buts marqués par Kilian Mbappé contre le Sénégal, on entend tout et n’importe quoi. Certes, Mbappé a battu le record de buts inscrits en équipe de France et que détenait Olivier Giroud, mais le record s’arrête là.

S’agissant du nombre de buts marqués au cours d’une même Coupe du monde, c’est toujours Just Fontaine qui détient le record.

Justo a réalisé cet exploit au cours de la Coupe du monde qui se déroulait en Suède en 1958. Il a marqué 13 buts au cours des 6 matches disputés par l’équipe de France qui avait dans ses rangs des joueurs illustres comme Raymond Kopa, Roger Piantoni et Jean Vincent, tous les trois issus du Stade de Reims, tout comme Just Fontaine.

La Coupe du monde de 1958 a donc eu lieu il y a 68 ans, du 8 au 29 juin, et les journalistes d’aujourd’hui – ainsi que la plupart des supporters de notre équipe nationale – étaient encore dans les choux. On peut donc leur pardonner de faire des confusions à longueur de journée. En 1958, j’avais 10 ans et je pense que le France-Brésil de la demi-finale est le premier que j’ai vu (en noir et blanc, bien sûr) dans le café voisin de mon domicile à La Souterraine où est né le regretté Paul Sauvage, lui aussi joueur du Stade de Reims quelques années plus tard.

Pour en revenir à la Coupe du monde de 1958, il y avait 4 groupes de 4 équipes. Celui de la France (Groupe 2) comprenait le Paraguay, l’Écosse et la Yougoslavie. La France a gagné son premier match contre le Paraguay 7 à 3, avec 3 buts de Just Fontaine ; perdu contre la Yougoslavie 3 à 2 (2 buts de Just Fontaine) et battu l’Écosse 2 à 1 (avec un but de Just Fontaine). La France a terminé en tête de son groupe, devançant la Yougoslavie au goal-average.

L’Allemagne de l’Ouest (RFA) a terminé en tête du Groupe 1, la Suède en tête du Groupe 3, et le Brésil en tête du Groupe 4.

Les quarts de finale ont opposé la RFA à la Yougoslavie (victoire de l’Allemagne 1-0), le Brésil au Pays de Galles (1-0 pour le Brésil), la Suède à l’URSS (2-0 pour la Suède) et la France à l’Irlande du Nord (4-0 pour la France, avec 2 buts de Just Fontaine)

Les demi-finales ont vu une confrontation Suède-RFA et France-Brésil, ce qui n’était pas l’idéal pour nos Bleus car le Brésil avec ses Pelé, Garrincha et autres Vava et Zagallo était le grand favori de la compétition.

La France a perdu 5 à 2, avec un nouveau but de Just Fontaine qui avait égalisé, Piantoni marquant le deuxième but. La Suède a battu la RFA est s’est retrouvée en finale contre le Brésil.

Il n’y a pas eu de surprise et le Brésil s’est à nouveau imposé 5 à 2.

La France a obtenu la 3ème place de la Coupe du monde 1958 en s’imposant 6-3 lors de la petite finale contre la RFA, avec 4 nouveaux buts de Just Fontaine.

Just Fontaine a été le meilleur buteur de cette Coupe du monde de 1958 avec 13 buts marqués. L’équipe de France est également celle qui a marqué le plus de buts avec 23 réalisations.

1958, c’est également l’année où le Limoges Football Club (LFC) a accédé à la Première Division et allait recevoir au stade municipal de Beaublanc des équipes prestigieuses comme le Stade de Reims et le Racing. Le petit garçon que j’étais à l’époque n’a jamais oublié ces confrontations, pas plus que la chasse aux autographes au moment où les joueurs sortaient des vestiaires pour aller s’échauffer avant les rencontres. Paul Sauvage m’a aidé à rencontrer Kopa et Fontaine au moment de leur apparition. Je n’oublierai pas, non plus, la courtoisie de Roger Piantoni dont le maillot sentait la rose…

En 1958, la télévision n’avait pas encore fait son entrée en force dans les foyers. Nous écoutions attentivement les reportages à la radio et nous lisions les comptes-rendus des rencontres dans Miroir Sprint et le Miroir des Sports chez le coiffeur….

C’était une autre époque, mais beaucoup plus tendre et beaucoup plus intime qu’aujourd’hui. Les joueurs professionnels comme Fontaine et Kopa (qui a joué au Réal Madrid) étaient certes bien payés, mais leurs salaires n’étaient pas délirants comme ceux des joueurs aujourd’hui. Là encore il faut relativiser : le football ne consiste qu’à taper dans un ballon pour marquer des buts…

Just Fontaine, Raymong Kopa et Roger Piantoni : l’attaque de rêve du Stade de Reims et de l’équipe de France de 1958