Virus, conférences et livres…

Avec l’épidémie de Covid-19, les cycles de conférences et les salons du livre ont été annulés et personne ne sait quand ces événements pourront reprendre. Certaines de mes conférences ont été reprogrammées à l’automne et au début de l’année 2021, mais je ne puis dire si elles pourront avoir lieu comme prévu. L’été n’a pas permis d’enrayer la pandémie, bien au contraire, souvent à cause du refus de port du masque par certaines personnes qui ont, de ce fait, contaminé leur entourage et fait naître des foyers épidémiques.

En attendant d’avoir de nouveau le plaisir de vous faire pénétrer dans le monde des volcans et des glaciers, les livres sont disponibles par correspondance, dédicacés si vous le désirez. Pour les acquérir, il suffit d’envoyer un message à  mon adresse électronique (grandpeyc@club-internet.fr) en n’oubliant pas de me laisser vos coordonnées postales.

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« Terres de Feu, voyages dans le monde des volcans » – Abondamment illustré, de format 25 x 33 cm, le livre relate, au fil des 230 pages, des impressions de voyages sur les terres volcaniques de la planète. Prix : 29 euros + 7 euros de frais d’envoi.

« Mémoires Volcaniques » – Des contes et légendes vous feront voyager à travers le monde des volcans.   Prix : 17 euros + 5 euros de frais d’envoi.

« Dans les Pas de l’Ours »L’ouvrage vous fera voyager des Pyrénées à l’Alaska en vous entraînant dans le monde passionnant de l’Ours. Tantôt vénéré, tantôt haï, le nounours de notre enfance ne saurait laisser indifférent.  Prix : 20 euros + 4 euros de frais d’envoi.

« Glaciers en péril – Les effets du réchauffement climatique »  – Le but des quelque 140 pages de texte accompagnées d’un CD de 160 photos prises à travers le monde, est de montrer la vitesse à laquelle les glaciers sont en train de fondre sous les coups de boutoir du réchauffement climatique. Prix : 10 euros + 5 euros de frais d’envoi.

Islande : Péninsule de Reykjanes, Hekla… et un peu de lecture !

L’Icelandic Met Office (IMO) indique que l’intense essaim sismique qui a commencé dans la Péninsule de Reykjanes le 18 juillet 2020 décline lentement. Selon le Met Office, il s’agirait d’un « événement de réactivation volcano-tectonique à plus grande échelle dans la péninsule. »
Les dernières images satellites ont permis de cartographier de nouvelles déformations de surface dans la zone où a été enregistrée la séquence de puissants séismes entre le 18 et le 20 juillet, avec des magnitudes qui ont ateint M 5,1. Le traitement des données satellitaires montre clairement un signal de déformation avec un déplacement d’environ 3 cm le long d’une faille orientée NE-SW dans la région de Fagradalsfjall. Les images acquises au cours de la période mentionnée ci-dessus révèlent également un signal d’affaissement dans la région de Svartsengi. Le phénomène a commencé entre le 16 et le 18 juillet, peu avant la survenue des puissants séismes tectoniques à Fagradalsfjall.
Les prochaines images satellites, attendues à la fin de cette semaine, permettront de savoir si la déflation est toujours en cours ou si elle s’est arrêtée.
Aucun changement significatif n’est signalé dans les mesures géochimiques effectuées cette semaine. De plus, la centrale géothermique de Svartsengi ne signale aucun changement dans ses mesures de routine.
L’IMO conclut son rapport en ces termes: « L’activité en cours sur la Péninsule de Reykjanes, qui a commencé fin 2019, reflète une réactivation volcano-tectonique à grande échelle sur une grande partie de la péninsule entre Eldey à l’ouest et Krýsuvík à l’est. »
Source: IMO

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Dans le même temps, l’Institut des Sciences de la Terre de l’Université d’Islande indique que les mesures effectuées près du Mont Hekla indiquent une augmentation de la pression exercée par le magma. Cette pression est nettement plus importante que lors des dernières éruptions du volcan en 1991 et 2000.
L’Institut, qui a effectué les mesures, prévient que les éruptions de l’Hekla se produisent en général soudainement et que les randonneurs à proximité du volcan pourraient être rapidement en danger. Les éruptions commencent souvent par de violents événements phréatomagmatiques, de sorte qu’un groupe de randonneurs qui serait surpris par une éruption se trouverait vite en difficulté.

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The Icelandic Met Office (IMO) indicates that the intense seismic swarm that started in the Reykjanes Peninsula on July 18th, 2020, is slowly decreasing. This activity is interpreted to as “a larger scale volcano-tectonic reactivation event in the Reykjanes peninsula.”

The acquisition of recent satellite images has allowed to map new surface deformation in the area associated with the sequence of large earthquakes that occurred from July 18th to 20th, with magnitudes up to M 5.1. The satellite data processing clearly shows a deformation signal corresponding to approximately 3 cm of movement along a NE-SW oriented fault in the region of Fagradalsfjall. The images acquired during the period also reveal a localized subsidence signal in the Svartsengi area. The subsidence started between July 16th and 18th, slightly before the occurrence of the large tectonic earthquakes in Fagradalsfjall.

The next satellite image, expected at the end of this week, will confirm if the deflation is still ongoing or if this has stopped.

No significant changes are reported regarding the geochemical measurements performed this week. Additionally, the geothermal power plant in Svartsengi reports no changes in their routine measurements.

IMO concludes its report with these words : « The ongoing activity on the Reykjanes peninsula, which commenced at the end of 2019, reflects a widespread volcano-tectonic reactivation of a large section of the peninsula, currently spanning Eldey in the west to Krýsuvík in the east. »

Source: IMO.

Le dernier essaim sismique sur la Péninsule de Reykjanes (Source : IMO)

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In the meantime, the Institute of Earth Sciences at the University of Iceland indicates that measurements made near Mount Hekla indicate a build-up of magma pressure that has become considerably greater than when the volcano last erupted in 1991 and 2000.

The Institute, which performed the measurements, warns that eruptions of Mt Hekla usually happen suddenly and that hikers in the vicinity of the volcano might be in danger in case of volcanic activity. Eruptions often start with powerful phreatomagmatic events, so that a group of unprepared hikers surprised by an eruption would have few means of escaping.

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Si avez décidé de ne pas aller en Islande à cause de la situation sanitaire actuelle (tests pour les touristes étrangers à l’aéroport de Keflavik), vous pourrez vous rabattre sur la lecture d’un livre que vient de me signaler très aimablement un adhérent de l’association L.A.V.E. Il s’agit d’un roman intitulé Heimaey par Ian Manook. Voici le résumé proposé par l’ami Google :

Quand Jacques Soulniz embarque sa fille Rebecca à la découverte de l’Islande, c’est pour renouer avec elle, pas avec son passé de routard. Mais dès leur arrivée à l’aéroport de Keflavik, la trop belle mécanique des retrouvailles s’enraye. Mots anonymes sur le pare-brise de leur voiture, étrange présence d’un homme dans leur sillage, et ce vieux coupé SAAB qui les file à travers déserts de cendre et champs de lave… jusqu’à la disparition de Rebecca. Il devient dès lors impossible pour Soulniz de ne pas plonger dans ses souvenirs, lorsque, en juin 1973, il débarquait avec une bande de copains sur l’île d’Heimaey, terre de feu au milieu de l’océan.
Un trip initiatique trop vite enterré, des passions oubliées qui déchaînent des rancoeurs inattendues, et un flic passionné de folklore islandais aux prises avec la mafia lituanienne : après l’inoubliable Mongolie de sa trilogie Yeruldelgger et le Brésil moite et étouffant de Mato Grosso, Ian Manook, écrivain nomade, nous fait découvrir une Islande lumineuse, à rebours des clichés, qui rend plus noire encore la tension qu’en maître du suspense il y distille.

L’ouvrage a été publié en septembre 2018 par les Editions Albin Michel. Il est également disponible en Livre de Poche.

Beautés cachées des profondeurs océaniques

Pendant que Christian Holveck  expose les beautés cachées des tunnels de lave de l’île de la Réunion, le biologiste marin Laurent Ballesta nous invite à admirer celles des profondeurs de nos océans, en particulier de l’Océan Austral avec sa banquise et ses icebergs.

Le numéro 64 de Reporters sans Frontières qui vient de paraître en ce mois de juillet 2020 nous offre un superbe échantillon des photos prises par Laurent. Comme je l’ai écrit à plusieurs reprises, nous connaissons mieux la surface de la planète Mars que le plancher de l’Océan Pacifique avec ses fosses démesurées où se déclenchent les séismes les plus puissants. Laurent s’efforce de combler cette lacune en s’enfonçant dans les profondeurs des océans, jusqu’aux limites du supportable pour un être humain. Sa moisson de clichés est époustouflante. Elle s’accompagne de réflexions de Nicolas Hulot, Vincent Munier, Luc Jacquet, Eric Orsenna et d’autres amoureux de la Nature.

Le magazine de 145 pages est disponible en kiosque au prix de 9,90 euros.

Laurent Ballesta est un homme charmant. J’ai souvenir d’une longue discussion avec lui et Jean-Louis Etienne un jour dans l’Aubrac, avec des points de vue concordants et malheureusement pessimistes sur le réchauffement du climat de notre belle planète.

Le bus d’« Into the Wild » arraché à sa solitude // The bus of « Into the Wild » removed from its loneliness

Dans une note écrite le 23 mars 2020, je conseillais comme lecture de confinement le livre Into the WildVoyage au bout de la solitude dans sa version française – publié en 1996. L’auteur – Jon Krakauer – y retrace l’histoire véridique de Christopher McCandless, un jeune homme qui a troqué la civilisation pour un retour à la vie sauvage en Alaska où il trouve la mort.

Christopher McCandless survécut environ 112 jours dans l’Alaska sauvage où il se nourrissait de racines et de gibier. Bien qu’ayant prévu de camper sur la côte, il décida de s’installer dans un ancien bus aménagé où il mourut de faim, voire d’empoisonnement par ingestion de racines ou de graines toxiques en août 1992

Ce bus au milieu de nulle part, à environ 16 km au nord de l’entrée du Parc National du Denali, est devenu une destination touristique mais pose des problèmes. Certains touristes se sont parfois perdus dans la nature sauvage de l’Alaska et ont dû être secourus. D’autres ont même trouvé la mort, comme des voyageurs venus de Suisse et de Biélorussie, en 2010 et 2019, noyés lors d’expéditions pour tenter de trouver le fameux bus.

Les familles de certaines victimes ont suggéré de construire une passerelle au-dessus de la Teklanika, mais cette passerelle pourrait donner aux gens une fausse impression de sécurité. Elle pourrait inciter encore davantage de personnes à vouloir atteindre le bus, et cela pourrait conduire à plus d’opérations de secours. Une meilleure solution serait peut-être de faire disparaître le bus.

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2020/03/23/into-the-wild/

Finalement, le « Magic bus », comme il avait été surnommé, a été jugé trop dangereux pour les randonneurs qui venaient le contempler et il a été soulevé et déplacé le 18 juin 2020 par un hélicoptère de l’armée américaine. Il sera conservé pour le moment dans un site sécurisé, jusqu’à ce qu’il soit décidé de son sort. L’une des solutions serait de l’exposer. Je pense plutôt qu’il finira à la ferraille.

Source : Presse alaskienne.

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In a post written on March 23rd, 2020, I recommended reading Into the WildVoyage au bout de la solitude in its French version – published in 1996. The author – Jon Krakauer – retraces the true story of Christopher McCandless, a young man who traded civilization for a return to the wild life in Alaska where he died.
Christopher McCandless survived about 112 days in the wild Alaska where he fed on roots and game. Although he had planned to camp on the coast, he decided to settle in an old furnished bus where he died of hunger, even of poisoning by ingestion of roots or toxic seeds in August 1992
This bus in the middle of nowhere, about 16 km north of the entrance to Denali National Park, has become a tourist destination but poses problems. Some tourists got lost in the Alaskan wilderness and had to be rescued. Others even died, such as travellers from Switzerland and Belarus, in 2010 and 2019, drowned in expeditions to try to find the famous bus.
Families of some of the victims have suggested building a bridge over the Teklanika River, but the bridge could give people a false sense of security. It could make even more people want to reach the bus, and this could lead to more rescue operations. Perhaps a better solution would be to make the bus disappear.
https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2020/03/23/into-the-wild/

In the end, the « Magic bus », as it was nicknamed, was deemed too dangerous for hikers who came to contemplate it and it was lifted and moved on June 18th, 2020 by an American army helicopter. It will be kept for the moment in a secure site, until its fate is decided. One of the solutions would be to exhibit it. I rather think it will end up on a scrap heap.
Source: Alaskan press.

Le « Magic bus » de Into the Wild (Crédit photo : Wikipedia)

Into the Wild

En ces temps de confinement, si vous avez envie de lire des récits d’aventures à la Jack London, je vous conseille la lecture de Into the WildVoyage au bout de la solitude dans sa version française – publié en 1996. L’auteur – Jon Krakauer – y retrace l’histoire véridique de Christopher McCandless, un jeune homme qui a troqué la civilisation pour un retour à la vie sauvage en Alaska où il trouve la mort.

Christopher McCandless survit environ 112 jours dans l’Alaska sauvage où il se nourrit de racines et de gibier. Bien qu’il ait prévu de camper sur la côte, il décide de s’installer dans un ancien bus aménagé où il meurt de faim, voire d’empoisonnement par ingestion de racines ou de graines toxiques en août 1992

Il y a quelques jours, un groupe de cinq touristes italiens qui avait visité le bus de Mc Candless s’est perdu dans la nature sauvage de l’Alaska et a dû être secouru. Les Alaska State Troopers ont découvert le campement qu’ils avaient établi après avoir visité l’autobus délabré sur la Stampede Trail,  près de la bourgade de Healy. Les randonneurs se trouvaient en réalité à une vingtaine de kilomètres du début du sentier. L’un d’eux avait des gelures aux pieds et il a été transporté à l’hôpital de Fairbanks pour y être soigné. Les sauveteurs ont été alertés par les randonneurs grâce à un téléphone satellitaire et ils ont atteint le site en motoneige.
Le bus se trouve à environ 16 km au nord de l’entrée du Parc National du Denali. Cela fait plusieurs années que des randonneurs doivent être secourus et certains sont morts en tentant de revivre les derniers moments de la vie de Christopher McCandless. En juillet 2019, une jeune biélorusse est décédée après avoir été emportée par le courant de la rivière Teklanika alors qu’elle tentait de rejoindre le bus avec son mari. En 2013, trois randonneurs allemands qui essayaient d’atteindre le bus ont été secourus après avoir été surpris par la soudaine montée des eaux de la rivière.
Les familles de certaines victimes ont suggéré de construire une passerelle au-dessus de la Teklanika. Aucune décision n’a encore été prise. Les autorités locales attirent l’attention sur le fait qu’une passerelle pourrait donner aux gens une fausse impression de sécurité. Elle pourrait inciter encore davantage de personnes à vouloir atteindre le bus, et cela pourrait conduire à plus d’opérations de secours. Une meilleure solution serait peut-être de faire disparaître le bus.
Source: Presse alaskienne.

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During the current lockdown, if you feel like reading adventure stories like those written by Jack London, I advise you to read Into the WildVoyage au Bout de la Solitude in its French version – published in 1996. The author – Jon Krakauer – retraces the true story of Christopher McCandless , a young man who traded civilization for a return to the wild life in Alaska where he died.
Christopher McCandless survived about 112 days in the wild Alaska where he fed on roots and game. Although he had planned to camp on the coast, he decided to settle in an old furnished bus where he died of hunger, or perhaps of poisoning by ingestion of toxic roots or seeds in August 1992

A few days ago, a group of five Italian tourists who had visited Mc Candless’bus got lost in Alaska’s wilderness and had to be rescued. Alaska State Troopers found them on a camp they set up after visiting the dilapidated bus on the Stampede Trail near the interior town of Healy. The hikers were 20 kilometres from the trailhead. One of the hikers had frostbite to his feet and was transported to Fairbanks hospital for treatment. The rescuers were alerted by the hikers with a satellite-based emergency device and they reached the site by snowmobile.

The bus, is located about 16 km north of the entrance to Denali National Park. Over the years, some hikers have been rescued and others have died while trying to retrace McCandless’ last steps. In July 2019, a young woman from Belarus died after she was swept away by the Teklanika River while trying to reach the bus with her husband. In 2013, three German hikers trying to reach the bus were rescued after a river they crossed became impassable because of high, fast-moving water.

Families of some of those who died have suggested building a footbridge over the Teklanika. No decision has been made yet. Local authorities draw attention to the fact that a footbridge might give people a false sense of security. It could lead to more people trying to reach the bus, and that could lead to more rescues. They say that a better solution would be to remove the bus.

Source: Alaskan news papers.

Le célèbre bus 142 sur la Stampede Trail (Source : Wikipedia)

Volcans du monde (suite) // Volcanoes of the world (continued)

Comme je l’ai écrit dans des articles précédents, le dôme de lave du Merapi (Indonésie) a recommencé à croître, avec des effondrements qui génèrent d’impressionnants nuages de cendre et des coulées pyroclastiques. C’est ce qui s’est passé le 14 octobre 2019 avec un panache de cendre d’une hauteur d’environ 6 km. Une coulée pyroclastique est descendue sur le flanc sud-ouest du volcan. Aucune coulée de lave n’a été observée. Il est demandé à la population de ne pas entrer dans la zone de danger de 3 km de rayon.

Source: CVGHM.

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Les dernières observations montrent qu’une activité effusive a repris sur le Shishaldin (Aléoutiennes / Alaska) le 13 octobre 2019. Une hausse de la température de surface a été enregistrée au sommet du volcan. Un faible niveau de sismicité est par ailleurs observé, confirmant la poursuite probable de l’activité éruptive. L’éruption se limite à la zone sommitale et aucun nuage de cendre n’a été observé.

L’AVO  a fait passer la couleur de l’alerte aérienne à l’Orange et le niveau d’alerte volcanique a été relevé à Watch (Vigilance).

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Selon le site Internet The Watchers, un panache blanc ne contenant aucune trace de cendre a été observé jusqu’à 5 km au-dessus du niveau de la mer au-dessus du volcan sous-marin Metis Shoal (Tonga) le 14 octobre 2019. Aucun séisme n’a été détecté dans la région. La couleur de l’alerte aérienne est passée à l’Orange.

La dernière éruption de ce volcan a eu lieu en 1995, avec un VEI 2.

Source: The Watchers.

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Il se pourrait bien qu’une nouvelle éruption soit en préparation sur le Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion). Depuis le 11 octobre 2019, on observe une reprise de la sismicité sous la zone sommitale. Elle s’accompagne d’une nouvelle inflation de la base et du sommet de l’édifice volcanique qui correspond à une pressurisation du réservoir magmatique superficiel.
En parallèle les concentrations en CO2 dans le sol sont toujours en diminution en champ lointain (secteurs Plaine des Cafres et Plaine des Palmistes) et en faible augmentation en zone proximale (Gîte du Volcan). Ces évolutions de concentrations en CO2 sont en accord avec une remontée profonde de magma des zones profondes vers le réservoir superficiel.
L’OVPF ajoute que ce processus de recharge du réservoir superficiel peut durer plusieurs jours à plusieurs semaines avant que le toit du réservoir se fragilise et se rompe pour donner lieu à une éruption. Il se peut aussi qu’il s’arrête sans que la lave émerge à la surface.

Les « fous furieux du volcan » ont déjà préparé tout le matériel de randonnée, au cas où…

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Depuis la station spatiale internationale (ISS), le spationaute italien Luca Parmitano a envoyé à ses concitoyens une photo de l’Etna (Sicile) intitulée « L’Etna en éruption.». On distingue le panache de cendres qui s’élève au-dessus du sommet du volcan. Sur l’image, Etna est entouré d’un anneau de nuages blancs. Luca Parmitano a pris la photo alors que l’ISS survolait la Sicile, au moment où un épisode éruptif de l’Etna avait contraint à fermer une partie de l’espace aérien (voir ma note du 15 octobre).

Source : La Sicilia.

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A noter la prochaine parution, courant novembre, du nouveau livre « NATURE, instants d’éternité » de Jean-Luc Allègre, photographe-éditeur sur l’île de la Réunion. L’ouvrage – dans lequel le volcanisme tient une place de choix – est préfacé et postfacé par Nicolas Hulot et Jean-Louis Étienne. Jean-Luc Allègre célèbrera ainsi ses 25 ans de carrière.

L’ouvrage ne sera pas distribué dans les librairies de Métropole. La vente se fera uniquement par correspondance au prix public de 35 € + 8 euros de frais d’envoi postal.

Contact : contact@jeanlucallegre.com

Site web (où vous verrez de très belles images) : www.jeanlucallegre.com

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As I put it in previous posts, the lava dome of Mt Merapi (Indonesia) has started growing again, with collapses that generate impressive ash clouds and pyroclastic flows. This what happened on October 14, 2019, with an ash plume that rose to about 6 kilometres high. A pyroclastic flow descended to the southwest of the crater. No lava flows have been observed. The population is aked not to enter the 3-km-radius danger zone.

Source: CVGHM.

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The latest observations show that a new lava effusion began at Shishaldin (Aleutians / Alaska) on 13 October 2019. Elevated surface temperatures have been observed at the summit of the volcano and low-level seismicity continues on the local network indicating that eruptive activity is likely continuing. The eruption is confined to the summit area and no ash clouds have been observed. The Alaska Volcano Observatory has raised the aviation colour code to Orange and the volcanic alert level to Watch.

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According to the website The Watchers, a white plume with no evidence of ash in it was observed rising up to 5 km above sea level over underwater Metis Shoal volcano (Tonga) on October 14th, 2019. No earthquakes have been detected in the area. The Aviation Color Code was raised to Orange.

The last eruption of this volcano took place in 1995 (VEI 2).

Source: The Watchers.

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A new eruption might occur shortly on Piton de la Fournaise (Reunion Island). Since October 11th, 2019, there has been a resumption of seismicity beneath the summit area. It is accompanied by a new inflation of the base and the top of the volcanic edifice, which corresponds to a pressurization of the shallow magma reservoir.
In parallel, CO2 concentrations in the soil are still decreasing in the far field (Plaine des Cafres and Plaine des Palmistes) and slightly increasing in the proximal zone (Gîte du Volcan). These evolutions of CO2 concentrations are in agreement with a deep rise of magma from the deep zones towards the shallow reservoir.
OVPF adds that this shallow reservoir recharge process can take several days to several weeks before the roof  breaks open to cause an eruption. It may also stop without lava emerging on the surface.
The “volcano’s madmen” have already prepared all the hiking equipment, just in case …

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From the International Space Station (ISS), Italian astronaut Luca Parmitano has sent his fellow citizens a photo of Mt Etna (Sicily) entitled « Erupting Etna. » One can see the ash plume rising above the summit of the volcano. On the image, Mt Etna is surrounded by a ring of white clouds. Luca Parmitano took the picture as the ISS was flying over Sicily, when an eruptive episode of Mt Etna had forced to close some of the airspace (see my note of October 15th).
Source: La Sicilia.

Crédit photo: Luca Parminato (ESA)

La couverture donne déjà envie de parcourir le nouvel ouvrage de Jean-Luc Allègre. J’ai eu le privilège d’avoir la maquette entre les mains. Les photos sont magnifiques.

Quand grizzlis et ours polaires se rencontrent… // When grizzlies and polar bears go together…

Comme je l’ai écrit dans des notes précédentes, à cause du réchauffement climatique et de la fonte de la glace de mer, les ours polaires passent maintenant plus de temps sur terre dans l’Arctique. Dans la partie méridionale de la Mer de Beaufort ils sont maintenant beaucoup plus susceptibles de venir vivre sur la terre ferme en été et à l’automne qu’au milieu des années 1980. L’évolution a surtout eu lieu au cours des quinze dernières années, période au cours de laquelle on a observé un important déclin de la glace de mer pendant cette période de l’année.

Depuis la fin des années 1990, la période pendant laquelle la mer n’est pas recouverte de glace dans le sud de la Mer de Beaufort a augmenté en moyenne de 36 jours. Depuis cette époque, les ours polaires qui nagent vers le rivage y passent 31 jours de plus.

Pour le moment, les ours qui viennent à terre ne représentent qu’une minorité de la population. Ils semblent être attirés par les accumulations d’os chargés des viande et de graisse laissés sur le rivage par les chasseurs de baleines Inupiat à la fin de la saison de chasse. Les os de baleines boréales près du village de Kaktovik sont devenus en automne des lieux de rencontre pour les ours polaires ainsi que pour quelques grizzlis en provenance de North Slope. Les os de baleines et la viande qui y subsiste constituent pour les ours une source de nourriture riche en graisse qui fait défaut sur la banquise.

Un résultat inattendu de cette cohabitation entre ours polaires et grizzlis est l’apparition d’une nouvelle espèce d’ours née de l’accouplement entre deux espèces pourtant séparées par 500000 ans d’évolution. Son nom est encore incertain car cet animal reste extrêmement rare : pizzly, grolar, nanulak [ours polaire (nanuk) et grizzly (aklak)]. Cela fait longtemps que l’on sait que le grizzly et l’ours polaire sont biologiquement et génétiquement compatibles, cette hybridation s’étant déjà produite dans des zoos. En 2009, on comptait 17 individus connus, dont un frère et une sœur au zoo allemand de Osnabrück.

Pour certains scientifiques, cet hybride plus adapté au mode de vie terrestre pourrait remplacer l’ours polaire alors que l’Arctique se réchauffe deux fois plus rapidement que le reste de la planète. Cependant, cette évolution ne se fera pas en quelques années. Selon les chercheurs, il faudra des centaines de générations pour que nous observions un authentique nouveau type d’ours.

Source : Alaska Dispatch News, France Info.

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As I put it in previous posts, because of global warming and the melting of sea ice, polar bears are spending more time on land in the Arctic. Polar bears in the southern Beaufort Sea are now three times as likely to come ashore in summer and fall as they were in the mid-1980s. The big changes have happened over the past decade and a half, which corresponds to big reductions in summer and fall sea ice.

Since the late 1990s, the open-water season in the southern Beaufort Sea has expanded by 36 days on average. Since that time, the polar bears that swim to shore are spending 31 more days a year there.

The bears that come ashore still make up only a minority of the population, but they may be making the better choice. They seem to be attrracted by piles of meat- and blubber-laden bones left after local Inupiat hunters butcher bowhead whales on the beaches. As I put it in a previous note, the bowhead bone piles near the village of Kaktovik have become autumn gathering spots for polar bears and even some North Slope grizzlies. The piles give the bears a source of high-fat food that the bears on the ice are lacking.

An unexpected result of this cohabitation between polar bears and grizzlies is the appearance of a new species of bear born from the mating between two species separated by 500,000 years of evolution. Its name is still uncertain because this animal remains extremely rare: pizzly, grolar, nanulak [polar bear (nanuk) and grizzly bear (aklak)] … It has been known for a long time that grizzly and polar bears are biologically and genetically compatible as this hybridization already occurred in zoos. In 2009, there were 17 known individuals, including a brother and a sister in the German zoo of Osnabrück.
For some scientists, this more earth-friendly hybrid could replace the polar bear, while the Arctic is warming twice as fast as the rest of the planet. However, this evolution will not happen in a few years. Researchers say it will take hundreds of generations to see an authentic new type of bear.
Source: Alaska Dispatch News, France Info.

Ours polaire (Photo: C. Grandpey)

Grizzly (Photo: C. Grandpey)

Nanulak (Crédit photo: France Info)

Pour mieux connaître l’ours.  Commande du livre à grandpeyc@club-internet.fr