Le Cap Ferret face à l’érosion littorale

Comme je l’ai indiqué à plusieurs reprises, l’érosion littorale provoquée par la hausse du niveau des océans suite au réchauffement climatique se produit au moment des tempêtes et est encore accentuée si ces événements extrêmes ont lieu quand les coefficients des marées sont élevés.

En France, les effets de l’érosion littorale sont parfaitement visibles le long de la côte atlantique. J’ai déjà mentionné la résidence Le Signal à Soulac-sur-Mer (Gironde) qui a dû être évacuée car elle était menacée par les assauts de l’océan. A Lacanau (Gironde), des enrochements ont été mis en place pour essayer de freiner les ardeurs des vagues.

Depuis le 15 janvier, la plage de la pointe du Cap Ferret (Gironde), qui fait face à la dune du Pilat, était fermée en raison de l’accélération de l’érosion observée lors des tempêtes d’hiver. Sa réouverture programmée au 30 avril n’aura pas lieu pour des raisons de sécurité.

Le Cap Ferret est une flèche sableuse se situant à l’extrémité sud de la presqu’île de Lège-Cap-Ferret. Il sépare l’Océan Atlantique du Bassin d’Arcachon. (voir la carte ci-dessous) Il reçoit chaque année plusieurs milliers de touristes. La pointe du cap a toujours été soumise à une forte érosion. Des travaux de restauration du cordon dunaire ont été entamés dès les années 1980, notamment par la végétalisation des dunes.

Dans un communiqué, le Préfet de la région Nouvelle-Aquitaine estime que « l’accélération du phénomène d’érosion de la pointe du Cap Ferret est une réalité que personne ne peut désormais contester ». L’État entend agir pour accélérer en la matière la prise de conscience et minimiser, autant que possible, les conséquences inéluctables.

En conséquence, le 6 février 2019, le préfet a demandé au maire de Lège-Cap-Ferret de mettre en œuvre des décisions extrêmement fortes et lourdes de conséquences suite aux phénomènes d’érosion observés sur le littoral atlantique.

Voici une liste des décisions préfectorales :

– Tout cheminement du public est strictement interdit sur les ouvrages (de protection contre la mer) depuis « chez Hortense » jusqu’à la pointe et il a été demandé au maire de procéder à la fermeture au public des différents accès à ces ouvrages.

– Sous trois mois, la ville de Lège-Cap-Ferret devra intégrer dans son plan communal de sauvegarde, un plan de gestion de crise pour la pointe et la zone des 44 hectares permettant d’anticiper les risques de brèche et d’effondrement brutal des ouvrages. Ce plan devra notamment prévoir les procédures d’évacuation d’urgence des populations.

– La ville devra également actualiser sous trois mois, sa stratégie de rechargement de la plage et de la dune pour tenir compte de l’accélération de l’érosion dunaire et des départs répétés des sédiments apportés en urgence cet hiver.

– Lège-Cap-Ferret devra produire avant l’automne prochain, l’évaluation environnementale prescrite par l’arrêté préfectoral du 29 décembre 2017 concernant le plan pluriannuel de rechargement.

– Enfin, la ville doit lancer, dans les six mois, l’étude de recomposition spatiale prévue dans sa stratégie locale, afin d’actualiser cette stratégie d’ici fin 2020, considérant que la lutte active contre l’érosion ne pourra être que temporaire, au vu de l’évolution du site et de sa configuration.

Source: Presse régionale.

A gauche de la carte, la pointe du Cap Ferret s’étirer entre l’Océan Atlantique et le Bassin d’Arcachon (Source: Google Maps)

Islande, terre des touristes imbéciles // Iceland, the land of stupid tourists

Avec l’afflux massif de touristes étrangers, l’Islande est en train de devenir le pays des imbéciles. Avec un comportement semblable à celui d’autres personnes qui se sont déjà mises en danger et sont parfois décédées, un touriste s’est sérieusement mis en difficulté la semaine dernière sur Diamond Beach, près du Jökulsárlón, après s’être retrouvé coincé sur un iceberg au milieu de fortes vagues. Le touriste était monté sur l’iceberg pour que ses compagnons de voyage puissent le prendre en photo. Il a finalement réussi se sortir de cette situation périlleuse mais c’était un jeu dangereux car les vagues étaient vraiment fortes. Si l’homme était tombé à l’eau, personne n’aurait pu l’aider, car un sauveteur se serait trouvé dans la même situation. De plus, si le touriste était tombé dans l’eau très froide, il aurait pu être heurtéé par un iceberg car les blocs de glace sont sans cesse en mouvement.
Ce genre de comportement irresponsable est devenu quasiment quotidien sur Diamond Beach et sur le Jökulsárlón. Les agences de voyages envoient des touristes à travers l’Islande pour toutes sortes d’excursions, même parfois dans des conditions que les gens ne maîtrisent pas et ces touristes ne se rendent souvent pas compte qu’ils se mettent en danger. Un guide local raconte qu’il a vu un enfant se faire surprendre par les vagues sur Diamond Beach. Les vagues peuvent y être très dangereuses, même si elles le sont moins que celles de Reynisfjara où plusieurs personnes se sont noyées et sont décédées après avoir été emportées par les forts courants.
Source: Iceland Monitor.

—————————————————————-

With the afflux of foreign tourists, Iceland is becoming the land of stupidity. With a behaviour similar to that of previous visitors who put themselves at risk and sometimes died, a tourist got into deep trouble last week at  the Diamond Beach near Jökulsárlón glacial lagoon when he became stranded on an iceberg amidst strong waves.  The tourist got onto the iceberg so that his companions could take photos of him. He finally managed to scramble out of the iceberg. It was a dangerous game because there were really strong waves. Had the man fallen in the water, nobody could have helped him as a rescuer would have got into the same trouble. Moreover, if the tourist had fallen into the freezing cold sea, he could have been hit by an iceberg as they are constantly on the move.

This kind of reckless behaviour has become almost a daily occurrence on the Diamond beach and at Jökulsárlón. Travel agencies send tourists out to the countryside to all kinds of trips, even self drive trips into conditions they are unfamiliar with and people often do not realize they are putting themselves at risk. A local guide spotted a child on the beach which got wet when waves hit it. The waves at the beach can be really dangerous although they are not quite as dangerous as those of Reynisfjara beach where several people drowned and died after being swept away by the strong currents.

Source: Iceland Monitor.

Voici l’une des photos qui accompagnent l’article de l’Iceland Monitor sur son site web.

 

Tempêtes, neige, vagues et érosion côtière à Hawaii // Storms, snow, waves and coastal erosion in Hawaii

Les événements extrêmes se sont multipliés à travers le monde au cours des derniers mois. Ce qui se passe actuellement à Hawaii est un bon exemple des conséquences du changement climatique.
Hawaii connaît en ce moment une période de très mauvais temps, avec une puissante tempête hivernale susceptible de produire une accumulation de neige et de glace sur l’Haleakala à Maui, ainsi que sur le Mauna Loa et le Mauna Kea à Big Island. En plus de la neige, les services météorologiques prévoient des conditions très venteuses et des températures exceptionnellement basses. Le National Weather Service a publié un bulletin d’alerte hivernal avec risque d’épisodes de neige, de grésil ou de pluie verglaçante qui poseront des problèmes de déplacement. Les gens doivent s’attendre à des routes glissantes, une visibilité réduite et faire preuve de prudence au volant.
Dans le même temps, la division hawaïenne en charge des State Parks a annoncé que, pour la toute première fois dans l’histoire d’Hawaii, la neige est tombée dans un parc national le samedi 9 février 2019. Le parc national de Polipoli à Maui est recouvert de neige qui n’était jamais tombée à une aussi basse altitude (1860 m) à Polipoli.
Le personnel du Department of Land and Natural Resources (DLNR) évalue les impacts de la tempête hivernale qui s’abat sur Hawaii. Sur la rive nord de l’île d’Oahu, l’érosion côtière et les inondations provoquées par les vagues inquiètent les autorités et la population. L’ampleur de la perte de sable sur les plages exposées au nord n’est pas encore connue mais elle est considérable. Les météorologues avaient raison avec leurs prévisions. Ils avaient prévu un événement sans précédent, avec une combinaison rare, voire jamais observée, de vagues énormes associées à des vents violents. Comme je l’ai déjà écrit, c’est pendant les tempêtes que l’on peut constater les effets du changement climatique sur les océans et l’érosion qu’il provoque sur le littoral.
Le DLNR est particulièrement préoccupé par les effets des vagues sur le littoral dont l’érosion menace les fondations de certaines maisons de la côte nord, déjà victimes d’événements semblables par le passé. La tempête a entraîné la fermeture de nombreux parcs d’État. De nombreux campeurs ont dû partir et plusieurs routes ont été fermées.
À Lahaina (Maui), des bateaux ont rompu leurs amarres et sont allés s’écraser sur des rochers. Des toilettes portables ont également été emportées.
Les équipes sur le terrain évalueront les dégâts causés aux parcs d’État, aux forêts et aux sentiers avant leur réouverture au public.

Source: Presse hawaiienne. .

———————————————————

Extreme events have been multiplying around the world during the past months. What is currently happening in Hawaii is a good example of the consequences of climate change.

There is a period of very bad weather in Hawaii with a powerful winter storm likely to produce accumulating snow and ice over the Haleakala and Big Island Summits. In addition to snow and ice accumulations, very windy conditions and unusually cold temperatures are expected. The National Weather Service has issued a Winter Weather Advisory which means that periods of snow, sleet or freezing rain will cause travel difficulties. People should be prepared for slippery roads and limited visibilities and use caution while driving.

Meantime, the Hawaiian Division of State Parks reports that for perhaps the first time ever, snow fell in a Hawai‘i State Park on Saturday, February 9th, 2019. Polipoli State Park on Maui is blanketed with snow. It could also be the lowest elevation snow ever recorded in the state. Polipoli is 1860 metres above sea level.

Personnel from numerous DLNR Divisions continue monitoring the impacts of the major winter storm bearing down on Hawaii. On Oahu’s north shore, there is particular concern about coastal erosion and wave inundation. The conditions are impressive and extremely dangerous. The extent of sand loss on north-facing beaches is not known yet but is considerable. Weather forecasters were right with their predictions. They predicted an unprecedented event, with a rare, if ever seen, combination of record high on-shore waves, coupled with gale force winds. As I put it before, it is during the storms that we can see the effects of climate change on the oceans and the erosion it causes on the coastline.

DLNR is particularly concerned about the possible impacts of wave inundation and shoreline retreat undercutting the foundations of some north shore homes, already under siege from previous coastal events. The storm has forced the closure of numerous state parks across the state. Many campers had to leave and several roads were closed.

There are reports in Lahaina (Maui) of boats breaking free from their moorings and ending up on rocks. Portable toilets were also blown away.

Field crews will be assessing damage to state parks, forests, and trails, prior to reopening them.

Source: Hawaiian newspapers.

Neige sur le Mauna Loa (Photos: C. Grandpey)

Mauna Kea, la montagne sacrée des Hawaiiens // Mauna Kea, the Hawaiians’ sacred mountain

Le Bureau de gestion du Mauna Kea (OMKM) n’a pas du tout apprécié une récente vidéo mise en ligne sur les réseaux sociaux et montrant trois personnes faisant du ski et du snowboard sur le Pu’u Poli’ahu, un cône volcanique du Mauna Kea. Le Pu’u Poli’ahu n’est pas seulement le point culminant du volcan ; il est également considéré comme sacré par les Hawaïens de souche. La zone où les skieurs ont agi est située sur des terres gérées par l’Université d’Hawaï.
L’OMKM a déclaré que ce comportement était irrespectueux des autochtones hawaïens et de tous ceux qui considèrent la montagne comme sacrée. En 2001, la circulation des véhicules avait été interdite sur le Pu’u Poli’ahu car il s’agissait d’un site sacré.
L’OMKM a déclaré que les skieurs n’avaient jamais demandé un permis de filmer qui est obligatoire et, de toute façon, l’autorisation n’aurait jamais été accordée pour de telles activités. Au-delà du manque de respect culturel et du fait qu’il n’y avait pas de neige sur la montagne au moment de l’incident, les individus ont également abîmé une formation géologique et  peut-être endommagé l’habitat du Wekiu – Nysius wekiuicola – une espèce d’insectes de l’ordre des hémiptères, endémique sur la Grande Ile d’Hawaï. Le wekiu, découvert pour la première fois en 1979, ne se trouve que sur le sommet du Mauna Kea.
L’OMKM demande aux visiteurs de respecter la montagne et de ne pas sortir des sentiers balisés. L’incident s’est produit sur le versant sud du Pu’u Poli’ahu, à l’abri des regards des rangers. Malheureusement, l’Université d’Hawaï n’a actuellement pas le pouvoir de verbaliser, mais cela devrait changer avec l’arrivée d’une nouvelle législation administrative pour les activités publiques et commerciales. Cette nouvelle réglementation donnera à l’Université d’Hawaii le pouvoir de gérer directement un tel incident. Par exemple, il sera formellement interdit d’endommager ou perturber tout élément naturel, qu’il soit géologique ou paléontologique, historique ou préhistorique. Les contrevenants seront passibles d’expulsion immédiate, d’amendes, et devront payer les réparations des dégâts occasionnés par leur comportement. À l’heure actuelle, aucun de ces recours n’existe depuis que l’État d’Hawaii a retiré ces terres du Forest Reserve System en 1968.
Suite au dernier incident impliquant des skieurs sur le Mauna Kea, le Bureau des affaires hawaïennes (OHA) a publié la déclaration suivante:
« En 2017, l’OHA a poursuivi l’État et l’Université de Hawaii (UH) en justice pour leur incapacité à gérer de manière adéquate le Mauna Kea et ses ressources naturelles et culturelles, comme la loi le leur demandait. Les faits présentés dans la vidéo ne sont qu’un nouvel exemple de l’incapacité de l’État à empêcher des comportements irrespectueux dans le paysage culturel sacré de la montagne. Il est temps que l’État et UH soient tenus pour responsables de leur mauvaise gestion du Mauna Kea, qui est prouvée depuis longtemps. »
Source: Big Island Now.

—————————————————

The Office of Mauna Kea Management (OMKM) was very disturbed by a recent social media video that shows three individuals skiing and snowboarding on Pu’u Poli’ahu, a volcanic cone on Mauna Kea, that is not only the highest point on the mountain, but is also considered sacred to Native Hawaiians. The area lies on University of Hawaii managed lands.

OMKM said this behaviour was disrespectful to Native Hawaiians and to everyone who considers the mountain sacred. In 2001, vehicular access traffic was forbidden on Pu’u Poli’ahu because it is a sacred site.

OMKM said the skiers and snowboarders never applied for a required film permit and that permission would have never been granted for such activities. Beyond the cultural disrespect and because there was no snow on the mountain at the time of the incident, the individuals also defaced and scarred a geological formation and may have damaged the Wekiu bug habitat. The wekiu bug – Nysius wekiuicola – first discovered in 1979, can only be found on the summit of Mauna Kea.

OMKM urges everyone to treat the mountain with respect and not to hike off of designated trails. This incident happened on the south side of Pu’u Poli’ahu, hidden from the view of the rangers on duty. Unfortunately, the University of Hawaii is currently without authority to issue fines, but that is expected to change with the formulation of new administrative rules for public and commercial activities. The new rules would provide the University with the authority to directly address this incident. For instance, damaging or disturbing any natural feature, resource, geological, paleontological features and/or historic or prehistoric property or remains would be prohibited. Violators would be subject to immediate expulsion, administrative fines and a monetary assessment to recover the cost of restoration. Currently, none of these remedies exist since the state removed these lands from Forest Reserve System in 1968.

Following the last incident on Mauna Kea, the Office of Hawaiian Affairs(OHA) released the following statement:

In 2017, OHA sued the state and University of Hawaii (UH) for their decades-long failure to meet their legal duties to adequately manage Mauna Kea and its natural and cultural resources. The actions captured in the video are just another example of the state’s inability to prevent disrespectful behaviour on the mountain’s sacred cultural landscape. It is time for the state and UH to be held accountable for their longstanding and well-documented mismanagement of Mauna Kea.

Source: Big Island Now.

Cônes adventifs du Mauna Kea

La neige ne reste jamais très longtemps au sommet du Mauna Kea

(Photos: C. Grandpey)

Hawaii: La nostalgie de l’éruption du Pu’uO’o // Nostalgia of the Pu’uO’o eruption

Bien que la lave ait cessé de couler il y a plusieurs mois, certains scientifiques à l’Observatoire des Volcans d’Hawaii (HVO) se demandent encore si la dernière éruption du Kilauea est réellement terminée! Il est vrai qu’ils se sont trompés dans leur pronostic et avaient annoncé une éruption beaucoup plus longue. Il est toujours difficile d’admettre qu’on a eu tort !
Le 3 janvier 2018 a marqué le 35ème anniversaire du début de l’éruption du Pu’uO’o. Au cours des trois dernières décennies, la lave est apparue presque continuellement le long de la Middle East Rift Zone. Des petites pauses dans l’activité de surface se sont produites principalement entre les épisodes de fontaines de lave de 1983 à 1986, puis au cours de certains épisodes pendant lesquels sont apparues des fractures secondaires, des intrusions ou des effondrements partiels du plancher du cratère.
Compte tenu de la longévité de l’éruption du Pu’uO’o, les gens s’étaient habitués à voir la lave qui a attiré des millions de touristes du monde entier. L’éruption a été quasiment ininterrompue. Le mot quasiment est important  car on a tout de même observé une centaine de brèves pauses d’activité tout au long des 35 années de l’événement ; la plupart ont duré quelques heures à quelques jours. Les six pauses les plus longues ont duré chacune un à deux mois et toutes se sont produites entre des épisodes de fontaines de lave au cours des deux premières années.
Les archives de l’éruption du Pu’uO’o montrent que des pauses relativement longues sont apparues au cours des épisodes 3 et 4 (65 jours), des épisodes 32 et 33 (52 jours), des épisodes 12 et 13 (50 jours), des épisodes 39 et 40 (49 jours), des épisodes 25 et 26 (43 jours) et les épisodes 31 et 32 ​​(38 jours).
Après les épisodes de fontaines de lave, on a observé plusieurs pauses dans l’éruption du Pu’uO’o, d’une durée d’une semaine à un mois. Ainsi, il y a eu une pause de 10 jours en février 1992 au moment la fermeture du conduit d’alimentation du Kupaianaha, ce qui a mis fin à l’épisode 48. Un an plus tard, il y eu une pause de huit jours en février 1993 après qu’une intrusion en amont de la zone de rift ait provoqué un effondrement du cratère du Pu’uO’o. En février 1996, une pause de neuf jours est survenue après une augmentation des émissions de lave.

La plus longue interruption après un épisode de fontaines de lave a duré 24 jours après l’épisode 54 dans le Napau Crater en février 1997. En septembre 1999, une pause de 11 jours a été observée pendant l’épisode 55, après l’effondrement partiel du plancher du cratère du Pu’uO’o. .
Plus récemment, il y a eu deux pauses en 2011: une pause de 18 jours après l’éruption fissurale de Kamoamoa en mars et une pause de six jours après l’épisode 60 sur le flanc ouest du Pu’uO’o en août.
Le 30 avril 2018, la situation a totalement changé. Avec l’effondrement spectaculaire du Pu’uO’o, la lave a totalement disparu du site pendant le reste de l’année 2018. Le 30 décembre a marqué sept mois d’absence d’activité sur le Pu’uO’o et cette date revêt une importance particulière. En effet, la.Smithsonian Institution considère qu’une phase d’activité est terminée si le volcan ne s’est pas manifesté à nouveau au bout de  90 jours. Aujourd’hui, après une interruption de 7 mois, il est extrêmement improbable que la lave réapparaisse sur le Pu’uO’o. Compte tenu du critère proposé par la Smithsonian Institution, l’éruption du Pu’uO’o peut être considérée comme définitivement terminée. Le 36ème anniversaire de l’éruption le 3 janvier 2019 n’aura donc jamais été célébré !
Cela ne signifie pas que le Kilauea est définitivement éteint. De nouvelles éruptions ont commencé ailleurs sur le volcan après des mois, voire des décennies, de calme. Le magma est toujours présent sous le volcan, comme le prouvent les déformations observées le long de la Middle East Rift Zone. Il ne faudrait pas oublier que le Kilauea est un volcan actif qui entrera de nouveau en éruption à plus ou moins longue échéance.
Source: HVO.
Comme je l’ai déjà écrit, les scientifiques en poste à l’Observatoire du Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion) devraient se demander si les éruptions à répétition du volcan font partie du même processus éruptif ou si elles doivent être considérées comme différents épisodes d’activité. Après tout, si l’on associe certaines éruptions du Piton de la Fournaise en fonction des critères de la Smithsonian Institution, elles pourraient avoir duré beaucoup plus longtemps!

————————————————-

Although lava stopped flowing several months ago, some people at the Hawaiian Volcanoes Observatory (HVO) are still wondering whether the last Kilauea eruption is over !

January 3rd, 2018 marked the 35th anniversary of Pu’uO’o. For the past three and a half decades, lava had erupted almost continuously from the middle East Rift Zone (ERZ). Minor pauses in surface activity mostly occurred between the fountaining episodes in 1983 – 1986, and subsequently during a few episodes marked by subsidiary fissures, intrusions, or partial crater floor collapses.

Given the longevity of the Pu’uO’o eruption, people had been accustomed to having nearly-uninterrupted access to lava., which attracted millions of tourists around the globe. The eruption was “nearly-uninterrupted” because there were over one hundred brief pauses in surface activity throughout the 35-year-long event, most lasting hours to a couple days. The six longest pauses during the Pu’uO’o activity were each one to two-months-long, and all occurred between fountaining episodes in the first two years.

Specifically, long pauses between fountains occurred during episodes 3 and 4 (65 days), episodes 32 and 33 (52 days), episodes 12 and 13 (50 days), episodes 39 and 40 (49 days), episodes 25 and 26 (43 days), and episodes 31 and 32 (38 days).

After the fountaining episodes, there were several Pu’uO’o eruption pauses lasting between one week and one month. Specifically, there was a 10 day pause in February 1992 after the Kupaianaha vent shut down, ending episodes 48. A year later there was an eight-day pause in February of 1993 after an uprift intrusion caused the Pu’uO’o crater floor to collapse. A nine-day pause in February 1996 occurred after an observed surge in effusion rate.

The longest eruption hiatus after the fountaining phase lasted 24 days following the episode 54 fissure in Napau Crater in February 1997. In September 1999, there was an 11-day pause during episode 55 after a partial collapse of the Pu’uO’o crater floor.

Most recently, there were two pauses in 2011: an 18-day pause after the March Kamoamoa fissure, and a six-day pause after the episode 60 west flank break out in August.

However, on April 30th, 2018, everything changed. The catastrophic collapse of Pu’uO’o left the iconic eruption site and the surrounding lava flow fields devoid of lava through the rest of 2018. December 30th marked the seven-month anniversary of no surface activity at Pu’uO’o and is effectively a concluding milestone for this long-lived event.

The Smithsonian Institution classifies the end of continuous volcanic activity based on an absence of eruptive activity over a 90-day period. Statistically, after a 7-month gap in activity, it is extremely unlikely that lava will resume activity within Pu’uO’o. Given the Smithsonian Institution criterion, the Pu’uO’o eruption could be considered over.  The 36th anniversary of continuous eruption, on January 3rd, 2019, cannot be celebrated.

This does not mean Kilauea Volcano is dead. New eruptions have previously begun elsewhere on Kilauea after months to decades of quiet. Magma is being supplied to the volcano, and  deformation data shows evidence for movement of molten rock through the magmatic system, refilling the middle ERZ. It is important to note that Kilauea is still an active volcano that will erupt in the future.

Source : HVO.

As I put it before, scientists at the Observatory of Piton de la Fournaise (Reunion Island) should wonder whether the repeated eruptions of the volcano are part of the same eruptive process or due to different episodes of activity. After all, if we connect the different eruptions of Piton de la Fournaise using the Smithsonian Institution approach, some eruptions might be considered much longer!

Avec les explosions, les lacs et coulées de lave, la dernière éruption du Pu’uO’o a offert un très beau spectacle (Photos: C. Grandpey)

Mon cher ‘shutdown’ // My dear shutdown

L’information qui suit ne concerne ni les volcans ni les glaciers, mais elle mérite d’être signalée.

Le ‘shutdown’ est terminé aux États-Unis, au moins pour les prochains jours, mais il va coûter très cher à l’administration fédérale. En effet, par manque de personnel au sein du National Park Service (NPS) chargé de surveiller les parcs nationaux, certains d’entre eux ont subi des dégâts à cause du vandalisme. Par exemple, les responsables du NPS affirment qu’il faudra probablement plus de 300 ans pour que le Joshua Tree National Park se remette des dégâts subis lors du ‘shutdown.’
Les parcs nationaux sont généralement fermés pendant les périodes de ‘shutdown’, mais l’administration Trump a décidé de les maintenir ouverts, avec des rangers en sous-effectif et donc le risque de les voir se dégrader pendant plus d’un mois. Seuls huit rangers étaient sur place pour superviser les 3 200 kilomètres carrés du Joshua Tree National Park pendant le ‘shutdown’. Des bénévoles ont proposé de remplacer les rangers, mais cette aide s’est révélée largement insuffisante.
En conséquence, plusieurs actes de vandalisme ont été signalés, avec de nouvelles routes imaginées par des automobilistes et la destruction d’arbres de Josué. Profitant de accès libre au Parc et du personnel réduit au minimum, certains visiteurs ont conduit leurs véhicules hors des routes, souillé des rochers avec des graffiti, allumé des feux de camp illégaux et abattu certains des arbres qui ont donné son nom au Parc. Les arbres de Josué ne poussent que de deux à sept centimètres par an et atteignent généralement environ 1,5 à 3 mètres avant de commencer à produire des fleurs. Le plus grand arbre duParc atteint 12 mètres de hauteur. On pense que la durée de vie moyenne d’un Josuah Tree est d’environ 150 ans, mais certains grands arbres sont probablement beaucoup plus âgés que cela.
J’ai visité le Josuah Tree National Park en 2017. Même si ce n’est pas le parc le plus fascinant d’Amérique de l’Ouest, il est très intéressant pour les arbres, les cactus et la flore que l’on trouve dans les zones désertiques. Il se trouve dans le sud-est de la Californie, à environ 230 km de Los Angeles. Il héberge deux écosystèmes désertiques bien distincts, le Mojave et le Colorado.
Source: Médias américains.

——————————————————

The following piece of information does not concern volcanoes and glaciers, but it is worth mentioning.

The shutdown is over in the U.S., at least for the next few days, but it will cost the federal administration a lot of money. Indeed, with no more – or very little – National Park Service (NPS) staff to control the national parks, some of them suffered a lot of damage because of vandalism. For instance, NPS officials say it could take Joshua Tree National Park up to 300 years to recover from the damage it sustained during the shutdown.

National parks usually close during government shutdowns, but the Trump administration decided to keep them open, leaving them understaffed and vulnerable to misuse for over a month. Just eight rangers were on hand to oversee Joshua Tree’s 3,200 square kilometres during the shutdown. Some volunteers offered to replace the rangers but they proved largely insufficient.

As a consequence, several incidents were reported, with new roads being created by motorists and the destruction of Joshua trees. With the gates open and minimal staff, some visitors drove their vehicles off roads, graffitied rocks, started illegal campfires and cut down some of the famed trees that lend the park its name. Joshua trees grow just two to seven centimetres a year and usually reach about 1.5 to 3 metres before they start to produce blossoms. The tallest tree in the park rises to 12 metres above the ground. It is thought the average lifespan for a Joshua tree is about 150 years, but some of our largest trees may be much older than that.

I visited Josuah Tree National Park in 2017. Although it is not the most fascinating park in West America, it is very interesting for the trees, the cacti and the flora to be found in desert areas. The Park is located in SE California, about 230 km from Los Angeles. It includes two distinct desert ecosystems, the Mojave and the Colorado.

Source: U.S. news media.

Photos: C. Grandpey

La pollution des navires de croisière // The pollution of cruise ships

Dans un article qui vient de paraître dans la presse locale, l’Islande se demande si elle va devenir la première destination des navires de croisière en 2019. A mon avis, le pays ne devrait pas se réjouir trop vite quand on sait à quel point ces navires polluent l’air que nous respirons. Les passagers de ces paquebots pensent souvent respirer un air marin frais et pur, mais ils inhalent en réalité une grande quantité de particules très fines.

Le niveau de pollution sur le pont de certains bateaux est parfois pire que celui des mégalopoles les plus polluées du monde. Un seul paquebot peut émettre autant de particules qu’un million de voitures. Des études ont montré que trente bateaux de croisières produisent autant de pollution que toutes les voitures en service au Royaume-Uni.

A l’aide d’un outil de mesure de la pollution placé sur un navire pouvant transporter plus de 2000 passagers, on a pu déterminer que le volume de particules fines sur le pont du bateau s’élevait à 84 000 par cm³. Ces mêmes mesures ont établi que le taux de particules fines atteignait les 144 000 par cm³ près des cheminées, avec un pic à 226 000 ! Cela correspond aux volumes relevés dans les villes les plus polluées du monde comme Shanghai ou New Delhi. Une exposition de courte durée peut causer des problèmes respiratoires, notamment chez les personnes asthmatiques ou celles souffrant de maladies cardiovasculaires.

En Europe, la pollution de l’air du transport maritime est responsable de 50 000 à 60 000 morts par an, soit l’équivalent de la totalité des habitants de Valence, Troyes ou encore de la ville de Chambéry. On est donc bien loin de l’image de transport propre véhiculée par les armateurs. En France, aucune mesure visant cette pollution n’est rendue publique.

Le terme « particules ultra-fines » englobe l’ensemble des composants solides de taille microscopique transportés par l’air. Elles mesurent moins de 100 nanomètres soit 0,01 microns ou encore 0.0001 millimètres. C’est environ la largeur d’un cheveu découpée en mille. Et plus la taille de ces particules est petite, plus elles s’infiltrent profondément dans les organismes et sont donc susceptibles de causer d’importants troubles de la santé.

Le lien entre les gaz d’échappement des cargos et plusieurs maladies cardiovasculaires et respiratoires a été établi par les recherches de l’université de Rostock et le centre de recherche sur l’environnement allemand Helmholzzentrum Munich.

La raison majeure pour laquelle les navires polluent autant est l’utilisation du fuel lourd comme carburant. Même à quai, le transport maritime brûle ce déchet non raffiné, particulièrement polluant, afin d’alimenter en énergie les navires. Les systèmes d’alimentation électrique à quai permettraient d’éteindre leurs moteurs auxiliaires et ainsi d’utiliser le réseau électrique auquel le port est raccordé. Seuls les navires adaptés peuvent utiliser un tel système, qui est actuellement très peu répandu dans le monde.

Pour répondre aux exigences de réduction des pollutions, le gaz naturel liquéfié est une alternative intéressante. Sa combustion réduit de 100% les émissions d’oxydes de soufre et des particules fines, de 80% des oxydes d’azote et de 20% du CO2 par rapport au fuel lourd traditionnel. Aujourd’hui, c’est le carburant carboné le plus efficace d’un point de vue environnemental. Certains armateurs ont déjà équipé leurs navires, un choix qui devrait être pérennisé et généralisé.

De nombreuses études suggèrent qu’une réduction de plus de 90% des émissions d’oxydes de soufre serait possible grâce à l’utilisation d’épurateurs. Ce procédé neutralise une grande part des pollutions des gaz d’échappement à l’aide d’un fluide qui absorbe des oxydes de soufre. Les déchets produits sont stockés à bord et ensuite débarqués dans une installation de réception à terre. Cette mesure permettrait ainsi de mieux préserver les poumons des croisiéristes, du personnel de bord mais aussi des riverains et travailleurs du port.

Source : Presse environnementale britannique et française.

———————————————-

In an article that has just appeared in the local press, Iceland is wondering whether it will become the first destination of cruise ships in 2019. In my opinion, the country should not rejoice too quickly when we know how much these ships pollute the air we breathe. The passengers of these ships often think they breathe pure sea air, but they actually inhale a large amount of very fine particles.
The level of pollution on the deck of some boats is sometimes worse than that of the most polluted megacities in the world. A single ship can emit as many particles as a million cars. Studies have shown that thirty cruise ships produce as much pollution as all cars in service in the UK.
Using a pollution measurement tool placed on a vessel capable of carrying more than 2,000 passengers, it was determined that the volume of fines on the deck of the vessel was 84,000 per cm³. These same measurements established that the fine particle rate reached 144,000 per cm³ near the funnels, with a peak at 226,000! This corresponds to the volumes found in the most polluted cities of the world, such as Shanghai or New Delhi. Short-term exposure can cause respiratory problems, especially in people with asthma or those with cardiovascular disease.
In Europe, shipping air pollution is responsible for 50,000 to 60,000 deaths per year, the equivalent of the total population of Valence, Troyes or the city of Chambéry. We are therefore far from the image of clean transport conveyed by ship owners. In France, no measure of this pollution is made public.
The term « ultra-fine particles » encompasses all microscopically sized solid components transported by air. They measure less than 100 nanometres, ie 0.01 microns or even 0.0001 millimetres. It’s about the width of your hair cut in a thousand parts. And the smaller the size of these particles, the deeper they get into organisms and are therefore likely to cause major health problems.
The link between cargos exhaust and several cardiovascular and respiratory diseases has been established by research from the University of Rostock and the German Environmental Research Center Helmholzentrum Munich.
The major reason why ships pollute so much is the use of heavy fuel oil. Even at the quayside, maritime transport burns this unrefined waste in order to supply energy to the ships. Shore power systems would shut down their auxiliary engines and thus utilize the power grid to which the port is connected. Only adapted ships can use such a system, which is currently very little developed in the world.
To meet the requirements of pollution reduction, liquefied natural gas is an interesting alternative. Its combustion reduces emissions of sulphur oxides and fine particles by 100%, 80% of nitrogen oxides and 20% of CO2 compared to traditional heavy fuel oil. Today, it is the most environmentally efficient carbon fuel. Some ship owners have already equipped their vessels, a choice that should be sustained and generalized.
Many studies suggest that a reduction of more than 90% in sulphur oxide emissions would be possible through the use of filters. This process neutralizes much of the pollution of the exhaust gas with a fluid that absorbs sulphur oxides. The waste produced is stored on board and then landed in a shore facility. This measure would thus better preserve the lungs of cruise passengers, shipboard staff, but also residents and workers of the port.
Source: British and French environmental press.

Navire de croisière à quai dans le port de Juneau (Alaska) [Photo : C. Grandpey]