Sécurité sur l’Erta Ale ? Pas si sûr ! // Safety on Erta Ale Volcano ? Not so sure !

Selon plusieurs agences de presse, parmi lesquelles le très sérieux site BBC News, un touriste allemand a été tué et un guide blessé dimanche dernier lors d’une visite del’Erta Ale, dans le nord-est de l’Ethiopie. Ils faisaient partie d’un groupe qui visitait le volcan. On ne sait pas qui a mené l’attaque, mais le gouvernement éthiopien a lancé une enquête.
La région de l’Afar, à cheval sur la frontière entre l’Érythrée et l’Éthiopie, est fréquentée par plusieurs groupes séparatistes. Il y a cinq ans, le Front Démocratique Révolutionnaire Afar – le plus important de ces groupes – a revendiqué la mort de cinq touristes et l’enlèvement de quatre autres dans la région d’Afar. Le groupe prône la création d’une terre Afar indépendante, qui comprendrait des régions d’Éthiopie, d’Érythrée et de Djibouti.
J’ai toujours été fasciné par cette région et tenté de visiter l’Erta Ale et la dépression du Danakil avec ses couleurs fantastiques. Cependant, je n’ai jamais effectué le voyage pour des raisons de sécurité. Je ne veux plus être accompagné par des gardes armés comme ce fut le cas lors de ma visite au volcan Pacaya au Guatemala dans les années 1990. Les agences de voyages affirment régulièrement que la sécurité n’est pas un problème dans la région de l’Erta Ale mais le dernier événement tragique prouve que ce n’est pas vrai.

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According to several press agencies, among which the very serious website BBC News, a German tourist was shot dead and a guide injured last Sunday during a visit to Erta Ale in north-eastern Ethiopia. They were part of a group which had travelled to the volcano. It is not known who carried out the attack, but the Ethiopian government has launched an investigation.

The Afar region, which straddles the border between Eritrea and Ethiopia, is known as an operating ground for several separatist groups. Five years ago, the Afar Revolutionary Democratic Front – the most prominent of the groups – claimed responsibility for the deaths of five tourists and the abduction of four others in the Afar region. The group seeks the creation of an independent Afar homeland, which would include areas of Ethiopia, Eritrea and Djibouti.

I have always been fascinated and tempted to visit Erta Ale and the Danakil depression with its fantastic colours. However, I have never performed the trip for safety reasons. I no longer want to be accompanied by armed guards as was the case when I visited Pacaya volcano in Guatemala in the 1990s. Travel agencies regularly affirm that security is not a problem in the Erta Ale region but the last tragic event proves this is not true.

Crédit photo: Wikipedia

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Mt Agung: La zone d’exclusion n’en est pas vraiment une! // Not really an exclusion zone !

L’éruption majeure du Mt Agung, censée être « imminente » il y a quelques jours, ne s’est toujours pas produite.
C’est bien là que réside le vrai danger. Des milliers de villageois qui vivent sur les pentes du volcan ont fui le danger pendant plusieurs jours, mais certains risquent maintenant leur vie en revenant dans la zone dangereuse, de même que des touristes à la recherche de sensations fortes.
Le périmètre de sécurité de 10 kilomètres mis en place autour du Mont Agung est ponctué de pancartes sur lesquelles ont peut lire « Zone de danger volcanique ». Entrée interdite! » et qui mettent en évidence les risques encourus. Malgré ces mises en garde, les journaux indonésiens donnent les exemples de personnes qui entrent ou vivent encore dans la zone d’exclusion.
Un volailler qui vit à moins de huit kilomètres du cratère reste dans la zone interdite parce qu’il dit qu’il n’a pas le choix; son gagne-pain en dépend. Les volatiles qu’il élève ne sont pourtant pas destinés à la consommation; ce sont des coqs utilisés dans les combats traditionnels pendant lesquels les villageois parient de l’argent. Le fermier explique qu’il n’y a pas eu beaucoup de combats de coqs depuis que le début de l’éruption. Sa famille est en sécurité dans un centre d’hébergement ; il reste sur le volcan car il a peur de perdre sa seule source de revenus.
Le Mt Agung est aussi un centre spirituel important pour beaucoup de Balinais et de nombreux habitants refusent de partir parce qu’ils pensent que l’éruption du Mont Agung est un événement spirituel. Ils veulent laisser leur destin et leur sécurité entre les mains de Dieu.
Il y a aussi des personnes âgées qui sont totalement attachées à la nature et ont refusé de partir. Un octogénaire qui a été témoin de l’éruption de 1963 dit qu’il ne veut pas être évacué. Il restera là où il vit, à moins que le volcan entre vraiment en éruption ; dans ce cas, il partira en courant. Les autorités locales lui ont rappelé que des centaines de personnes qui sont retournées dans leurs villages sont mortes lors de l’éruption de 2010 du Mont Merapi sur l’île de Java.
Le cratère du Mont Agung se trouve à environ 75 km du centre touristique de Kuta, au bord de la mer. Il y a donc relativement peu de risques pour les touristes qui passent leurs vacances dans cette station mondialement connue. Les soucis des autorités sont causés par des «chasseurs d’éruptions» étrangers qui pénètrent en douce dans la zone rouge pour s’approcher du volcan, et, bien sûr, les Français ne sont jamais loin dans ce cas ! Il y a l’exemple d’une touriste française qui a été arrêtée par la police alors qu’elle pilotait une moto dans la zone dangereuse. Elle a dit: « Nous sommes ici pour les vacances … alors pourquoi pas? Bien sûr, ça fait peur, mais tout ira bien. » Ben voyons ! La Protection Civile indonésienne insiste en permanence pour que les touristes étrangers ne pénètrent pas dans la zone d’exclusion…
Source: Journaux indonésiens.

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Mt Agung’s major eruption that was said to be “imminent” a few days ago has not occurred yet.

There lies the real danger. Thousands of villagers living in the shadow of the volcano have been fleeing for days, but some are now risking their lives by sneaking back into the danger zone, along with thrill-seeking tourists.

The 10-kilometre radius around Mount Agung is littered with roadside signs that read “Volcanic danger zone. No entry!”underscoring the potential risks. Despite these warnings, the Indonesian newspapers give examples of people who are still entering or living in the exclusion zone.

A chicken farmer who lives less than eight kilometres from the crater heads into the no-go area because he says he has no choice at all; his livelihood depends on it. His prized poultry is not for eating though; the chickens are used in the traditional rooster fighting contests in which villagers bet on the outcome. There has not been much chicken fighting since the volcano burst to life again in the past week. But with his family safe in an evacuation centre, the farmer is now afraid of losing his only source of income.

Mt Agung is also an important spiritual centre for many of Bali’s mostly Hindu population and many residents refuse to evacuate because they think Mount Agung eruption is a spiritual event and want to leave their fate and safety in God’s hands.

There are also elderly people who have surrendered completely to nature and refused to leave. An octogenarian who witnessed the 1963 eruption says he does not want to be evacuated. He will stay where he lives, unless the volcano really erupts, then he will run. Local authorities reminded him that hundreds of people who snuck back to their villages died in the 2010 eruption at Java’s Mount Merapi

Mt Agung’s crater is about 75km from the beachside tourist hub of Kuta, so there is relatively little risk to the tourists who visit this world famous resort. The local officials’ headaches are caused by foreign “eruption chasers” who are sneaking into the red zone to get close to the volcano, and, of course, the French are never far! There is the example of a French tourist who was stopped by the police while riding a motorbike into the danger zone. She said: “We are here for vacation… so why not? Of course it is scary, but it’s gonna be okay.” The Indonesian Civil Defence insists again and again that foreign tourists should not trespass into the exclusion zone.

Source: Indonesian newspapers.

Temple de Besakih, à l’intérieur de la zone d’exclusion (Photo: C. Grandpey)

 

 

 

L’éruption de l’Agung: un coup dur pour l’économie indonésienne // The eruption of Mt Agung : a serious hit on the Indonesian economy

L’éruption du Mont Agung risque d’affecter sérieusement l’économie de Bali, largement basée sur le tourisme. L’île a accueilli près de 5 millions de visiteurs étrangers l’année dernière.
Les éruptions de ces derniers jours avec les panaches de cendre vomis par le volcan ont provoqué la fermeture de l’aéroport international de Bali et bloqué plus de 50 000 voyageurs. La situation est un sale coup pour toutes les entreprises, que ce soit les compagnies aériennes ou les vendeurs de rue. .
Les autorités locales estiment que jusqu’à 15 000 touristes ont déjà annulé leurs vacances à Bali en raison des perturbations causées par le volcan au cours des trois derniers jours.
Chaque jour, la fermeture de l’aéroport international de Bali coûte à l’économie locale environ 18 millions de dollars. Chaque année, l’économie balinaise connaît traditionnellement un grand succès par pendant la période des vacances de Noël et du Nouvel An. En 2017, les touristes pourraient bien revoir leurs projets de voyage.
Le tourisme à Bali a déjà souffert dans le passé. Il a considérablement diminué après les attentats terroristes meurtriers de 2002 et 2005.
L’éruption actuelle du Mont Agung pourrait nuire à l’objectif du gouvernement indonésien d’attirer 20 millions de touristes par an d’ici 2019, en sachant que Bali représente plus de 40% des arrivées de touristes dans le pays.
L’Indonésie a essayé de développer des destinations touristiques alternatives comme Labuan Bajo. Mais ces destinations pourraient également être affectés par les nuages ​​de cendre du Mont Agung et par une fermeture prolongée de l’aéroport international de Denpasar qui est une plaque tournante pour d’autres parties du pays.
La crise affecte déjà les profits des compagnies aériennes dans la région. Garuda, la compagnie nationale, est la plus exposée. Elle représente à elle seule une part de trafic de 30% à Denpasar et perd 300 000 dollars pendant chaque journée de fermeture. Les actions de la compagnie ont chuté de 1,8% le 28 novembre. Les perturbations causées par l’éruption coûtent environ 250 000 dollars par jour à AirAsia, la compagnie aérienne à bas coût basée à Kuala Lumpur. Le pire serait si le Mont Agung continuait à vomir de la cendre par intermittence pendant plusieurs mois. Cela entraînerait des fermetures répétées de l’aéroport et un nombre important d’annulations de vols.
Cependant, le chaos causé par le volcan n’aura pas forcément de conséquences majeures pour l’économie indonésienne dans son ensemble. Bali ne représente que 1,5% du produit intérieur brut du pays. Pourtant, le président indonésien souhaiterait que le tourisme représente 8% de l’économie indonésienne d’ici la fin de 2019, contre 4% l’année dernière.
Source: Presse indonésienne.

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The current eruption of Mt Agung is likely to seriously affect Bali’s economy which is largely based on tourism. The island welcomed almost 5 million foreign visitors last year.

The last eruptions have prompted the closure of Bali’s main airport, leaving more than 50,000 travellers stranded. The disruption is hurting businesses ranging from international airlines to street vendors.  .

Local authorities estimate that as many as 15,000 tourists have already cancelled their vacations to Bali as a result of the disruption caused by the volcano over the past three days.

Every day, the closure of Bali’s international airport costs the local economy about $18 million. The island’s economy is expected to take a major hit over the traditionally busy Christmas and New Year period as tourists may rethink their travel plans.

Tourism in Bali has suffered in the past. It declined significantly after the deadly terrorist attacks in 2002 and 2005.

The current eruption of Mt Agung could hamper the Indonesian government’s goal of attracting 20 million tourists annually by 2019 as Bali makes up more than 40% of all tourist arrivals into the country.

Indonesia has been trying to cultivate alternative tourist destinations like nearby Labuan Bajo. But these could also be affected by Mount Agung’s ash clouds and by a prolonged closure of Bali’s main airport which is a hub for other parts of the country.

The crisis is already eating into the profits of airlines across the region. Indonesia’s flag carrier Garuda is the most heavily exposed. Garuda has a 30% share of traffic at Bali’s main airport and stands to lose $300,000 for each day that it is closed. The company’s shares sank 1.8% on Tuesday. The disruption is costing AirAsia, the Kuala Lumpur-based budget airline, around $250,000 per day. The worst outcome would be if Mount Agung continued to spew ash intermittently for many months. That would result in repeated closures of the airport and significant numbers of flight cancellations.

However, the chaos caused by the volcano may not have any major implications for the Indonesian economy as a whole. Bali only accounts for 1.5% of the country’s total gross domestic product. Still, the Indonesian President would like tourism to account for 8% of the Indonesian economy by the end of 2019, up from 4% last year.

Source : Indonesian press.

Le temple de Besakih, un haut lieu du tourisme balinais se trouve dans la zone menacée par l’éruption de l’Agung (Photo: C. Grandpey)

Agung (Bali / Indonésie): Nouvel épisode éruptif // New eruptive episode

16 heures : La nuit est maintenant tombée sur l’île de Bali et la webcam dirigée vers l’Agung montre qu’une incandescence est toujours présente au niveau du cratère. La sismicité n’est pas élevée, mais elle reste supérieure à la normale, ce qui traduit très probablement une émission de gaz et de vapeur. On continue à enregistrer des séismes basse fréquence. Il ne semble pas y avoir eu de nouvelle apparition d’un volumineux panache au cours de la journée du 26 octobre. Il serait vraiment intéressant de savoir ce qui se passe à l’intérieur du cratère et surtout quelle est la source du rougeoiement : simple incandescence au fond du cratère ou, ce qui serait plus inquiétant, formation d’un dôme de lave.

L’alerte volcanique est maintenue à 3 (Siaga) tandis que l’alerte aérienne a été portée à la couleur Rouge. Le panache éruptif généré par l’épisode éruptif d’hier se dirigeait vers l’île de Lombok. De petites retombées de cendre ont été observées dans les localités sous le vent. Comme je l’indiquais précédemment, certaines compagnies aériennes (4 selon Antara News)ont annulé des vols par précaution, mais l’aéroport de Bali continue à fonctionner normalement.

Soit dit en passant, il semblerait qu’aucune solution fiable n’ait été trouvée par le transport aérien pour faire face aux nuages de cendre volcanique. Quid du système AVOID qui devait résoudre le problème? Je me suis toujours montré sceptique devant les solutions  proposées qui n’ont, à ma connaissance, jamais été testées en conditions éruptives réelles. Il ne suffit pas de déverser des sacs de cendre au-dessus du Golfe de Gascogne pour juger de la faisabilité d’un système! Les annulations de vols décrétées par certaines compagnies aériennes suite aux dernières émissions de cendre de l’Agung confirment qu’elle sont confrontées aux même problèmes qu’en 2010 au moment de l’éruption de l’Eyjafjoll en Islande.

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23 heures : Le jour est maintenant levé sur l’île de Bali et les webcams montrent à nouveau un volumineux panache de cendre s’échapper du cratère de l’Agung. Il est intéressant de noter une intensification de la sismicité dans le même temps (voir ci-dessous). Il est l’heure d’aller dormir en France (du moins pour moi) et on verra demain matin comment la situation va évoluer. Le rapprochement des événements éruptifs, l’incandescence visible dans le cratère et l’intensification de la sismicité confirment que la situation doit être surveillée de très près. Il ne faudrait pas oublier que quelque 100 000 personnes ont été autorisées à regagner leurs habitations quand le niveau d’alerte a été abaissé à 3.

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16:00: Night has now fallen on the island of Bali and the webcam directed towards Mt Agung shows that a glow is still present at the crater. Seismicity is not high, but it remains above background level, which most probably reflects a gas and steam emission. Low frequency earthquakes continue to be recorded. It looks as if there was no new voluminous plume during the day of October 26th. It would be really interesting to know what is going on inside the crater and especially what is the source of the glow: simple incandescence on the crater floor or, what would be more disturbing, formation of a lava dome.
The volcanic alert is kept at 3 (Siaga) while the aviation colour code has been raised to Red. The eruptive plume generated by yesterday’s eruptive episode was heading for Lombok Island. Minor ashfall was observed in downwind municipalities. As I put it earlier, some airlines have cancelled flights as a precaution, but Bali airport continues to operate normally.

By the way, it seems that no reliable solution has been found by air transport to cope with volcanic ash clouds. What about the AVOID system that was supposed to solve the problem? I have always been skeptical of the proposed solutions that, to my knowledge, have never been tested in real eruptive conditions. It is not enough to dump sacks of ash over the Bay of Biscay to judge the feasibility of a system! Flight cancellations by some airlines (4, according to Antara News) following the latest ash emissions of Mt Agung do confirm that they face the same problems as in 2010 when Eyjafjoll erupted in Iceland.

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11 pm: Daylight has now appeared on the island of Bali and the webcams again show a voluminous ash plume coming out of the crater of Mt Agung. It is interesting to note an intensification of seismicity at the same time (see below). It’s time to go to sleep in France (at least for me) and we’ll see tomorrow morning how the situation will evolve. The shorter time lapse between eruptive events, the visible glow in the crater and the intensification of seismicity confirm that the situation must be monitored very closely. It should not be forgotten that some 100,000 people were allowed to return to their homes when the alert level was lowered to 3.

L’Agung vu ce soir par la webcam

Le panache de cendre du 27 novembre au matin (heure locale) et le tracé sismique correspondant (en bas de page).  [Source: VSI]

La Grande Coulée d’Obsidienne (Oregon / Etats Unis) // The Big Obsidian Flow (Oregon / United States)

La première fois que j’ai vu de l’obsidienne, c’était sur l’île de Lipari, dans les îles Éoliennes (Italie), où l’on peut observer l’une des plus belles coulées de ponce et d’obsidienne au monde. Elle est apparue sur les pentes du Monte Pilato entre 650 et 850 après J.C.
On peut admirer et visiter une autre belle coulée d’obsidienne aux Etats-Unis à l’intérieur du Newberry National Volcanic Monument, dans l’Etat d’Oregon. Agée de seulement 1300 ans, The Big Obsidian Flow est la plus jeune coulée de lave de l’Oregon. Elle couvre environ 2,5 kilomètres carrés près de la caldeira de Newberry qui s’est formée lorsque le cône du volcan s’est effondré il y a environ 500 000 ans. La coulée fut l’étape finale d’une plus grande éruption ; elle s’est formée quand le magma pauvre en gaz s’est frayé un chemin vers la surface et s’est refroidi, donnant naissance à l’obsidienne. Elle a l’aspect d’un verre sombre qui s’est formé quand la lave s’est refroidie sans cristalliser. Les humains ont utilisé l’obsidienne en poterie, pour façonner les pointes de flèches et même les scalpels chirurgicaux car elle est extrêmement dure et tranchante. Dans l’Oregon, il y a d’autres importants gisements d’obsidienne dans la Malheur National Forest et dans les bien nommées Glass Buttes, au sud-est du Newberry Monument.
J’ai visité la Grande Coulée d’Obsidienne il y a quelques années au cours d’un périple qui m’a conduit tout le long de la Chaîne des Cascades, depuis le Mont Garibaldi au Canada jusqu’à Lassen Peak en Californie, avec une extension vers la Faille de San Andreas. The Big Obsidian Flow est facile à repérer au cœur du Newberry National Volcanic Monument, à une soixantaine de kilomètres de Bend. La couleur sombre de l’obsidienne tranche avec le bleu des lacs et le vert des forêts qui l’entourent.

Il est facile de s’approcher de l’obsidienne. Un trajet rapide en voiture fait aboutir à un grand parking et au point de départ d’un sentier. Après avoir gravi un escalier, on suit le sentier qui serpente à travers l’obsidienne et la pierre ponce. Il passe devant plusieurs points de vue dominant la coulée, avec Paulina Peak au sud-ouest, et Paulina et East Lakes dans la caldeira au nord.
Le long du chemin, on peut admirer plusieurs gros blocs d’obsidienne qui brillent au soleil. Cependant, l’obsidienne n’est pas aussi pure que celle de Lipari. Il est malgré tout interdit de prélever des échantillons et de les rapporter à la maison en guise de souvenirs. On est prié de les laisser là où ils sont. Si on veut prélever de l’obsidienne, mieux vaut se diriger vers Glass Buttes où on peut le faire en toute légalité.
Une fois que vous aurez visité The Big Obsidian Flow, je vous conseille de monter jusqu’au sommet de Paulina Peak (attention, la route est à la fois étroite et très pentue) où vous bénéficierez d’une superbe vue à 360° sur la coulée d’obsidienne et sur toute la région.

Source: The Oregonian.

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The first time I saw obsidian was on the island of Lipari in the Aeolian Islands (Italy) where you can observe one of the most beautiful pumice and obsidian flows in the world. It travelled along the slopes of Monte Pilato between 650 and 850 A.D.

Another nice obsidian flow can be visited in the United States at Newberry National Volcanic Monument in Oregon. At just 1,300 years old, the Big Obsidian Flow is the youngest lava flow in Oregon. It covers about 2.5 square kilometres near the Newberry caldera which was formed when the volcano’s cone collapsed about 500,000 years ago. The flow was the final stage of a bigger eruption, formed as magma containing little gas made its way to the surface and cooled, creating obsidian. It is a dark, natural glass, formed when lava cools without crystallizing. Humans have used it for pottery, arrowheads and even surgical scalpels. In Oregon, there are other large deposits in the Malheur National Forest and in the Glass Buttes just southeast of the Newberry Monument.
I visited the Big Obsidian Flow during my journey all along the Cascade Range a few years ago. This trip had taken me from Mt Garibaldi in Canada down to Lassen Peak in California, with an extension to the San Andreas Fault. The Big Obsidian Flow stands out in the middle of the Newberry National Volcanic Monument, about 60 kilometres from Bend. The impressive flow of black obsidian is in stark contrast to the blue lakes and the vast green forest that surrounds it.

Getting close to the obsidian is very easy. A quick drive takes you to a large parking lot and trailhead, where a paved trail leads a short way to the flow. After climbing a flight of stairs, the trail becomes a rocky pathway through the obsidian and pumice. It winds around and eventually loops past several viewpoints looking out over the flow, toward Paulina Peak in the southwest, and at Paulina and East Lakes in the caldera to the north.
Along the way, there are several big chunks of exposed obsidian, which glisten in the light. However, the obsidian here is not as pure as the one you can find at Lipari. Even so, you are not allowed to bring samples back home. It is important to leave it be. If you want to collect obsidian, head down the road to Glass Buttes, where you can do so legally.

Once you have explored the Big Obsidian Flow, I would advise you to drive up to the top of Paulina Peak (be careful; the road is both narrow and steep) where viewpoints give you a birds-eye view of the flow.

Source : The Oregonian.

Voici quelques vues de la Grande Coulée d’Obsidienne:

Vue de Paulina Lake depuis le sommet de Paulina Peak:

Photos: C. Grandpey

 

Le vandalisme atteint la Vallée de la Mort (Californie) // Vandalism reaches the Death Valley (California)

Les employés du Parc National de la Vallée de la Mort ont dû dérouler 180 mètres de tuyau pour effacer les graffitis – de grosses lettres et des symboles – laissés par des vandales à la fin du mois d’octobre au fond de l’Ubehebe Crater, dans la partie nord du Parc.
Après avoir reçu des plaintes de visiteurs au sujet des graffitis, le Parc a envoyé un camion-citerne et une équipe de sept employés pour une opération de nettoyage dans le cratère.
L’équipe de nettoyage a tiré un tuyau depuis un camion-citerne jusqu’au fond du cratère où les ouvriers ont arrosé le sol, permettant à la surface de retrouver sa couleur et son apparence initiales. Les marques auraient probablement été effacées par les prochaines pluies, mais cela peut prendre du temps dans la Vallée de la Mort. Les employés du Parc auraient aussi pu ratisser les graffitis, mais cela aurait pu ouvrir la voie à des plantes invasives.
La Vallée de la Mort a connu une série de vols et de vandalisme ces dernières années, notamment des visiteurs qui ont pénétré illégalement avec leurs véhicules sur la surface de sel du Badwater Basin, le point le plus bas de la Vallée. D’autres ont ‘décoré’ des roches dans le cadre de projets artistiques non autorisés et volé des objets d’art indiens et des empreintes fossilisées laissées par des animaux préhistoriques.
Les responsables du Parc rappellent que le cratère de l’Ubehebe est considéré comme sacré par la tribu Timbisha Shoshone et il est souvent visité par les scientifiques qui viennent y étudier le volcanisme et comparer les échantillons de sol et de roches collectés par les rovers sur la planète Mars.
Source: Las Vegas Review Journal.

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National Park Service employees had to roll out about 180 metres of hose to erase the latest graffiti at Death Valley. Sometime in late October, vandals scratched large letters and symbols into the mud bottom of Ubehebe Crater, at the northern end of the National Park.

After fielding complaints from visitors about the graffiti, the Park dispatched a water tanker and team of seven park employees to the crater.

The cleanup crew ran a hose from the tanker to the bottom of the active volcano and soaked the scars in the dried mud, allowing the surface to return to its natural color and appearance. The marks would likely have been erased by the next significant rainfall, but that can be a long wait in Death Valley. Park employees could have raked away the graffiti, but that could have opened the ground to invasion by nonnative weeds.

Death Valley has seen a rash of theft and vandalism in recent years, including visitors illegally driving on the salt pan at Badwater Basin, decorating rocks as part of unauthorized art projects in the park and stealing Indian artifacts and fossilized footprints left by prehistoric animals.

According to park officials, Ubehebe Crater is considered sacred to the Timbisha Shoshone tribe and important to scientists studying everything from volcanism to soil and rock samples collected by rovers on Mars.

Source : Las Vegas Review Journal.

Cratère de l’Ubehebe (Photo: C. Grandpey)

Quelques nouvelles du Kilauea (Hawaii) // Some news of Kilauea Volcano (Hawaii)

L’éruption du Kilauea continue, au sommet et au niveau du Pu’uO’o sur l’East Rift Zone. Malheureusement pour ceux qui visitent actuellement la Grande Ile d’Hawaii, l’activité est assez faible.
Au sommet, le niveau de la lave dans l’Halema’uma’u se trouve à 30-35 mètres sous la lèvre de l’Overlook Crater. Il est bon de rappeler à tous les visiteurs que l’accès au cratère est interdit. La meilleure vue – et l’un des rares lieux autorisés – est obtenue depuis la terrasse du Musée Jaggar.
La situation est stable dans le cratère du Pu’uO’o, avec un petit lac de lave dans la partie ouest du cratère. Ici encore, les visiteurs ne sont pas autorisés à ce site. Les pilotes d’hélicoptères transportant des touristes informent souvent les rangers de la présence de personnes dans la zone interdite.

La lave arrive de manière intermittente sur le site de Kamokuna. Un jour, elle pénètre dans l’océan tandis que le lendemain, le delta de lave est inactif. C’est ce qui s’est passé entre la fin d’octobre et le 11 novembre. De petites coulées éphémères sont toujours observées sur le pali et la plaine côtière mais l’activité est globalement faible.
Source: HVO.

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Kilauea Volcano continues to erupt at its summit and from the Pu’uO’o vent on its East Rift Zone. Unfortunately for the people who currently visit Hawaii Big Island, activity is quite low.

At the summit, the level of lava within Halema’uma’u crater lies 30-35 metres beneath the crater rim. It is necessary to remind all visitors that access to the crater is forbidden. The best viewing and authorised place is the terrace of the Jaggar Museum.
The situation is stable at Pu’uO’o, with a small lava lake in the western part of the crater. Here again, visitors are not allowed to visit the crater. The pilots of helicopters carrying tourists often inform the rangers about the presence of people in the unauthorized area.

Lava arrives in an intermittent way at the Kamokuna entry. One day sees it flowing into the ocean while the next day the lava delta is inactive. This was what happened late in October and until November 11th. Small lava breakouts are still observed on the pali and the coastal flat but activity is globally low.

Source: HVO.

L’entrée de lave de Kamokuna était au point mort le 10 novembre mais avait repris un peu de vigueur le 11 (Crédit photo: HVO)