L’éruption du Hunga-Tonga Hunga-Haʻapai (Tonga) a bouleversé le plancher océanique // The eruption of Tonga’s Hunga-Tonga Hunga-Haʻapai totally changed the seafloor

J’ai écrit plusieurs notes sur les effets de l’éruption cataclysmale du volcan sous-marin Hunga-Tonga Hunga-Haʻapai (archipel des Tonga) en janvier 2022. L’explosion a envoyé des cendres et de la vapeur d’eau jusque dans la mésosphère à57 km d’altitude; c’est la plus haute colonne éruptive jamais observée. Elle a généré des vagues de tsunami à travers la planète.
Une menée à partir de navires néo-zélandais et britanniques a permis de cartographier dans sa totalité la zone autour du volcan. On se rend compte que le plancher océanique a été chamboulé par de puissantes coulées de matériaux sur une distance de plus de 80 km. La mission de cartographie de l’Hunga-Tonga Hunga-Ha’apai a été dirigée par l’Institut national de recherche sur l’eau et l’atmosphère (NIWA) de Nouvelle-Zélande. Les données recueillies indiquent qu’au moins 9,5 kilomètres cubes de matériaux ont été déplacés au cours de l’événement. Le NIWA ajoute qu’il s’agit d’un volume quasi équivalent à celui de 4 000 pyramides égyptiennes. Les deux tiers des matériaux étaient constitués de cendres et de roches éjectées par la caldeira du volcan.
Ce transport de matériaux a pris la forme de coulées pyroclastiques. Dans l’eau, leur température très élevée les a enveloppées d’un coussin de vapeur grâce auquel elles ont pu se déplacer sans frottement à très grande vitesse. C’est ainsi que ces coulées pyroclastiques ont réussi à franchir des obstacles de plusieurs centaines de mètres de hauteur. Cela explique, par exemple, la section du câble sous-marin reliant les Tonga au réseau Internet. Une grande partie du cable a été coupée, bien qu’elle se trouve à 50 km au sud de Hunga-Tonga et au-delà d’une grande colline sur le plancher océanique.
Les coulées pyroclastiques ont également joué un rôle dans le déclanchementdu tsunami lors de l’éruption du Hunga-Tonga. Des vagues ont été enregistrées dans tout le Pacifique mais aussi dans d’autres bassins océaniques comme l’Atlantique et même la Méditerranée.
L’équipe du NIWA explique que l’eau a pu se déplacer de quatre façons pour générer ces tsunamis : 1) déplacement de l’eau sous l’effet des coulées pyroclastiques; 2) puissance explosive de l’éruption qui a fait se déplacer l’eau ; 3) affaissement de 700 mètres du sol de la caldeira; 4) ondes de pression du souffle atmosphérique avec effet sur la surface de la mer. Au cours de certaines phases de l’éruption, ces mécanismes ont probablement agi ensemble. Un bon exemple est la principale vague de tsunami qui a frappé l’île de Tongatapu à 65 km au sud du Hunga-Tonga. L’événement s’est produit un peu plus de 45 minutes après la première explosion majeure du volcan. Un mur d’eau de plusieurs mètres de hauteur s’est abattu sur la péninsule de Kanokupolu, détruisant au passage plusieurs stations balnéaires. Une anomalie de la pression atmosphérique peut avoir contribué à augmenter la hauteur des vagues du tsunami.
La cartographie du plancher océanique autour du volcan par le NIWA a été réalisée en deux parties. La première étape, qui a cartographié et échantillonné le fond marin autour du volcan, a été effectuée à partir du navire de recherche néo-zélandais Tangaroa. La deuxième étage, directement à l’aplomb du volcan sous-marin, a été confiée au robot britannique USV Maxlimer. Télécommandé depuis une salle de contrôle située à à Tollesbury (Royaume-Uni), à 16 000 km de distance, ce robot a détecté une activité volcanique en cours. L’engin s’est déplacé à la surface d’une couche de cendres vitreuses dans la caldeira, jusqu’à sa source, une nouvelle bouche éruptive située à environ 200 mètres sous la surface de l’océan.
Cette cartographie du fond de l’océan autour du volcan sous-marin Hunga-Tonga Hunga-Haʻapai permettra aux pays du Pacifique proches de la zone volcanique – qui s’étend de l’île du Nord de la Nouvelle-Zélande jusqu’aux Samoa – de mieux savoir où construire des infrastructures et comment les protéger; et, surtout, d’apprécier l’ampleur du risque auquel ils sont confrontés.
Source : La BBC.

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I have written several posts about the powerful eruption of the Hunga-Tonga Hunga-Haʻapai seamount in January 2022. It sent ash and water vapour at incredible heights into the mesosphere (57km in altitude), the highest recorded eruption column in human history, and generated tsunami waves across the globe.

A survey by New Zealand and UK vessels has now fully mapped the area around the Pacific volcano. It shows the seafloor was scoured and sculpted by violent debris flows out to a distance of over 80km. The mapping exercise at Hunga-Tonga Hunga-Haʻapai was led by New Zealand’s National Institute of Water and Atmospheric Research (NIWA). The gathered data indicates that at least 9.5 cubic kilometers of material were displaced during the event. NIWA adds that this is a volume equivalent to something approaching 4,000 Egyptian pyramids. Two-thirds of that material was the ash and rock ejected out through the volcano’s caldera.

This transport of material took the form of pyroclastic flows. In water, their searing heat enveloped them in a frictionless steam cushion on which they could simply run at very high speed. The survey work tracked flows that managed to travel up and over elevations of several hundred metres. This explains, for example, the loss of the submarine cable connecting Tonga to the global internet. A large section was cut out of this data link despite lying 50km to the south of Hunga-Tonga and beyond a large hill on the seafloor.

The pyroclastic flows also have a part in the tsunami story of Hunga-Tonga. Waves were recorded across the Pacific but also in other ocean basins, in the Atlantic and even in the Mediterranean Sea.

The NIWA team says there were essentially four ways water was displaced to generate these tsunamis: by the density flows pushing the water out of the way; through the explosive force of the eruption also pushing on the water; as a result of the dramatic 700-meter collapse of the caldera floor; and by pressure waves from the atmospheric blast acting on the sea surface. At certain phases during the eruption, these mechanisms likely worked in tandem. A good example is the biggest wave to hit Tonga’s main island, Tongatapu, 65km to the south of Hunga-Tonga. This occurred just over 45 minutes after the first major eruptive blast. A wall of water several metres high washed over the Kanokupolu peninsula, destroying beach resorts in the process. An atmospheric pressure anomaly may have increased the height of the tsunami waves.

The NIWA mapping of the ocean floor around the volcano was carried out in two parts. The first stage, which mapped and sampled the seafloor around the volcano, was conducted from New Zealand’s Research Vessel (RV) Tangaroa. The second stage, directly above the seamount, was given over to the British robot boat USV Maxlimer. Operated from a control room 16,000 km away in Tollesbury, UK, this uncrewed vehicle was able to identify ongoing, volcanic activity. The boat did this by tracing a persistent layer of glassy ash in the caldera back to a new vent cone some 200 meters under water.

All the results from the mapping of the ocean floor around Hunga-Tonga Hunga-Haʻapai will help Pacific nations close to the volcanic zone that runs from New Zealand’s North Island all the way to Samoa to know better now where to build infrastructure and how to protect it; and, importantly, to appreciate the scale of the risk they face.

Source: The BBC.

 Source: USGS

 Cartographie du plancher océanique avec le volcan qui se dresse à plus de 1,5 km de hauteur (Source: NIWA)

Hunga Tonga-Hunga Ha’apai : le panache de tous les records // The highest plume ever

On apprend aujourd’hui que la puissante éruption sous-marine du volcan sous-marin Hunga Tonga-Hunga Ha’apai (Iles Tonga) le 15 janvier 2022 a généré un panache qui est monté plus haut dans l’atmosphère terrestre que tout autre panache observé lors de précédentes éruptions. Il a atteint environ 57 km d’altitude.
Le panache blanc-grisâtre (voir image ci-dessous) produit par l’éruption est devenu le premier à ce jour à avoir pénétré dans la mésosphère. C’est ce qu’expliquent les scientifiques qui ont utilisé une nouvelle technique réunissant plusieurs images satellites pour mesurer sa hauteur. Le panache était composé principalement d’eau avec de la cendre et du dioxyde de soufre.
Le panache a pénétré à l’intérieur des deux couches inférieures de l’atmosphère, la troposphère et la stratosphère, et sur environ 7 km à l’intérieur de la mésosphère qui est l’une des couches supérieures de notre atmosphère. L’air y est très sec et extrêmement ténu. C’est l’une des parties les moins connues de l’atmosphère car elle est très difficile à atteindre. En dessous, on peut utiliser des avions. Plus haut, il y a des engins spatiaux. De nombreux météores viennent finir leur course en se consumant dans la mésosphère qui abrite également des nuages noctulescents que l’on aperçoit parfois dans le ciel d’été vers les pôles.
Le panache du Hunga Tonga était toutefois loin d’atteindre la couche atmosphérique suivante, la thermosphère, qui commence à environ 85 km au-dessus de la surface de la Terre. La ligne Karman, à une centaine de kilomètres au-dessus de la surface de la Terre, est généralement considérée comme la frontière avec l’espace.
Jusqu’à présent, les panaches volcaniques les plus élevés ont été émis par l’éruption de 1991 du Pinatubo aux Philippines avec 40 km, et l’éruption de 1982 d’El Chichón au Mexique avec 31 km. Les éruptions volcaniques du passé ont probablement produit des panaches plus importants, mais elles se sont produites avant que les scientifiques puissent effectuer de telles mesures. Le panache de l’éruption du Krakatau en 1883 en Indonésie a probablement, lui aussi, atteint la mésosphère.
Les scientifiques n’ont pas pu utiliser leur technique habituelle basée sur la température pour mesurer le panache volcanique car l’éruption de janvier a dépassé la hauteur maximale pour laquelle cette méthode peut être utilisée. Ils se sont tournés vers trois satellites météorologiques géostationnaires qui fournissent des images toutes les 10 minutes et ils se sont appuyés sur l’effet de parallaxe.
Source : Yahoo Actualités.

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We learn today that the powerful January 15th, 2022 underwater eruption of Tonga’s Hunga Tonga-Hunga Ha’apai volcano in the South Pacific produced a plume that soared higher into Earth’s atmosphere than any other on record. It reached about 57 km.

The white-grayish plume unleashed by the eruption became the first one documented to have penetrated the mesosphere, according to scientists who employed a novel technique using multiple satellite images to measure its height. The plume was composed primarily of water with some ash and sulfur dioxide mixed in.

The plume extended through the bottom two layers of the atmosphere, the troposphere and stratosphere, and about 7 km into the mesosphere which is one of the upper layers of our atmosphere. The air is very dry and extremely thin, It is one of the least-understood parts of the atmosphere as it is very hard to reach. Lower down, we can use planes. Higher up, we have spacecraft. Many meteors burn up in the mesosphere, and it is also home to noctilucent clouds, which are sometimes visible in the summer sky towards the poles.

The plume was far from reaching the next atmospheric layer, the thermosphere, which starts at about 85 km above Earth’s surface. A delineation called the Karman line, about 100 km above Earth’s surface, is generally considered the boundary with space.

Until now, the highest recorded volcanic plumes were from the 1991 eruption of Mount Pinatubo in the Philippines, at 40 km, and the 1982 eruption of El Chichón in Mexico, at 31 km. Volcanic eruptions in the past likely produced higher plumes but occurred before scientists were able to make such measurements. The 1883 Krakatau eruption in Indonesia probably also reached the mesosphere.

Scientists were unable to use their standard temperature-based technique of measuring a volcanic plume because January’s eruption passed the maximum height for which this method could be used. They instead turned to three geostationary weather satellites that obtained images every 10 minutes and relied upon the parallax effect.

Source: Yahoo News.

Image satellite de l’énorme panache généré par l’éruption du 15 janvier 2022 (Source: NASA)

L’éruption du Hunga Tonga responsable de la vague de chaleur actuelle?

Après la « plume de chaleur » africaine de Météo France pour expliquer la vague de chaleur actuelle, voici l’éruption du volcan Hunga du journal L’Indépendant!

https://www.lindependant.fr/2022/10/28/meteo-une-eruption-volcanique-responsable-des-chaleurs-exceptionnellement-elevees-de-cette-annee-2022-10767105.php

On peut lire sur le site web du journal que « la France n’est pas la seule touchée [par la vague de chaleur]. Partout sur le globe, des anomalies brutales ont été enregistrées cette année. Des zones entières ont été frappées de températures dépassant les 50°C quand les valeurs des normales de saison ne sont pas, partout ailleurs, régulièrement explosées. » [NDLR: ces chaleurs record ont commencé à être enregistrées bien avant l’éruption aux Tonga.]

D’après le journal, « si le réchauffement climatique est bien entendu le premier responsable, un autre facteur peut expliquer ces changements très rapides, inédits. » L’auteur de l’article s’appuie sur les résultats d’une étude publiée en juillet 2022 dans Advancing Earth and Space Science (AGU). Selon l’interprétation des résultats de cette étude, l’éruption du volcan Hunga Tonga, en janvier 2022 pourrait avoir contribué à la chaleur effrénée et persistante de cette année.

Le journal précise que « c’est le service météo de Catalogne qui s’appuie sur cette étude pour rappeler que les éruptions volcaniques violentes ont toujours eu des conséquences sur le temps et le climat de la planète. » Certes, mais les éruptions cataclysmales comme celle du Pinatubo (1991) ou du Tambora (1815) ont eu un effet inverse puisqu’elles ont occasionné un refroidissement temporaire du climat.

Il est vrai que l’éruption du Hunga Tonga a émis une grande quantité de gaz et de vapeur d’eau dans l’atmosphère,

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2022/08/07/la-vapeur-deau-de-leruption-du-hunga-tonga-hunga-haapai-water-vapour-from-the-hunga-tonga-hunga-haapai-eruption/

Dans cette note rédigée le 7 août 2022, j’écrivais au vu d’un rapport de la NASA : « Cette énorme quantité de vapeur a augmenté la quantité totale d’eau dans la stratosphère d’environ 10 %. C’est près de quatre fois la quantité de vapeur d’eau entrée dans la stratosphère au moment de l’éruption du Pinatubo en 1991 aux Philippines. Les scientifiques expliquent que le panache, qui a éclipsé la puissance de la bombe atomique d’Hiroshima, pourrait affecter temporairement la température sur Terre. […] On sait que de puissantes éruptions volcaniques peuvent refroidir la température à la surface de la Terre car les cendres réfléchissent la lumière du soleil. L’éruption des Tonga marque un contraste saisissant, car la vapeur d’eau qu’elle a libérée est capable de piéger la chaleur. Selon les chercheurs, il pourrait s’agir de la première éruption volcanique à avoir un impact sur le climat, non pas par le refroidissement causé par les aérosols, mais par le réchauffement de la surface causé par la vapeur d’eau. »

Affirmer que l’éruption du Hunga Tonga contribue à la vague de chaleur actuelle est aller un peu vite en besogne. Comme je l’ai indiqué plus haut, le réchauffement climatique a débuté bien avant l’éruption aux Tonga. Il suffit d’observer la sécheresse qui sévit depuis de très longs mois dans l’ouest des Etats Unis pour s’en rendre compte. Même en France, le manque d’eau dû au réchauffement climatique n’a pas attendu l’éruption du Hunga Tonga pour se manifester. A la limite, on pourrait penser que l’éruption du Hunga Tonga a intensifié la hausse des températures ces derniers mois, mais pour le reste, c’est bien le réchauffement climatique d’origine anthropique qui est la véritable cause du problème.

Image satellite de l’énorme panache généré par l’éruption du 15 janvier 2022 (Source: NASA

Volcans du monde // Volcanoes of the world

Plusieurs événements ont été signalés depuis ma dernière note sur l’activité volcanique dans le monde.

La situation est stable sur le Stromboli (Sicile) et n’a pas montré de changement spécifique au cours des dernières heures.
L’activité effusive qui a fait suite à l’effondrement d’une partie de la terrasse Nord montre une alimentation modérée avec des variations de débit. Le front le plus avancé demeure à une altitude d’environ 400 m sur la Sciara del Fuoco. On observe toujours de fréquents effondrements à partir du chenal de lave, avec des matériaux qui atteignent rapidement la mer.

Dans le même temps, l’activité explosive classique du Stromboli ne présente pas de variations significatives, avec persistance de l’activité de spattering au cratère Nord.
L’amplitude moyenne du tremor volcanique montre de légères fluctuations, mais reste dans le niveau moyen-bas.
On n’observe pas de déformations significatives de l’édifice volcanique.

Source: INGV.

On peut voir sur les réseaux sociaux plusieurs vidéos de l’activité éruptive le 9 octobre 2022. En cliquant sur le lien ci-dessous, vous pourrez visionner l’une d’elles qui offre de superbes vues de l’événement:

http://www.youtube.com/watch?v=NB63lYRoDfM

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La crue glaciaire mentionnée précédemment a commencé le 10 octobre 2022 sur le Grímsvötn, un volcan sous-glaciaire qui se cache sous le Vatnajökull (Islande). La calotte glaciaire s’était affaissée de près de 3 mètres plusieurs jours avant le début de la crue et de 7 mètres le 12 octobre.
Le Met Office islandais (IMO) a indiqué que le débit était de 300 m3/s le 12 octobre et prévoyait que le débit maximum serait atteint le 13 ou le 14 octobre.
Il a été calculé que le débit maximal sortant du lac sous-glaciaire du Grimsvötn serait d’environ 500 m3/s. Le débit au niveau du pont sur la Route n°1 devrait correspondre à un débit estival élevé et ne causerait donc pas de dégâts aux structures telles que les routes et les ponts.
Il y a peu ou pas d’activité sismique sur le volcan et aucune éruption n’a été détectée.
La dernière crue glaciaire du Grímsvötn remonte à décembre 2021.
Il existe des exemples d’éruptions du Grímsvötn coïncidant avec des crues glaciaires, probablement en raison de la diminution soudaine de pression causée par la chute du niveau de l’eau. Un tel événement s’est produit pour la dernière fois en 2004, et avant cela en 1934 et 1922. Le risque d’éruption diminuera rapidement après la fin de la crue glaciaire actuelle.
La dernière éruption du Grimsvötn a eu lieu en 2011, avec un VEI 4. Le volcan a une histoire d’éruptions majeures pouvant avoir un VEI 6.
Source : IMO.

Source : IMO

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Des survols de White Island (Nouvelle-Zélande) ont confirmé que la bouche active continue d’émettre de puissants panaches de vapeur et de gaz. De petites émissions de cendres sont observées lorsque les parois de la bouche s’effondrent. Le 5 octobre 2022, cette bouche émettait un panache de gaz et de vapeur presque vertical dont la température atteignait 165 ºC.
Le niveau d’alerte volcanique est maintenu à 2.
Source : GeoNet, GNS Science.

Photo: C. Grandpey

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Une semaine après la fin de la dernière éruption, le préfet de l’île de la Réunion a décrété le retour à la phase de Vigilance pour le Piton de la Fournaise.

La levée de l’interdiction d’accès du public à l’Enclos se fera en deux étapes :

L’accès à la partie basse et aux Grandes Pentes de l’Enclos sera autorisé à partir du jeudi 13 octobre à 8h. L’accès à la partie haute de l’Enclos sera ensuite autorisé à partir du vendredi 14 octobre à 8h

A noter que par dérogation, les groupes accompagnés par des professionnels (accompagnateurs de moyenne montagne et guides de haute montagne) peuvent accéder à l’Enclos, y compris hors des sentiers balisés à l’exception des zones dites d’exclusion.

Source: Réunion la 1ère.

La porte de l’Enclos est à nouveau ouverte (Photo: C. Grandpey)

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Une nouvelle coulée de lave parcourait le flanc S de l’Alaid (îles Kouriles) fin septembre et début octobre 2022. Une anomalie thermique a été identifiée sur les images satellites tout au long de cette période. La couleur de l’alerte aérienne reste à Orange.
L’Alaid (2 285 m) est le volcan le plus haut et le plus septentrional des îles Kouriles. Il possède un cratère sommital de 1,5 km de diamètre, largement échancré au sud. De fortes éruptions explosives se sont produites au niveau du cratère à partir du 18ème siècle. Les éruptions de 1790 et 1981 ont été parmi les plus importantes des îles Kouriles.
Source : KVERT, Smithsonian Institution.

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Des changements de morphologie du dôme de lave ont été observés sur le Mayon (Philippines) en juin-août 2022 avec une extrusion estimée à environ 40 000 mètres cubes. Sur la base de ces observations, le dôme avait augmenté de 48 000 mètres cubes supplémentaires le 4 octobre. De la lave nouvellement extrudée à la base du dôme a été aperçue lors d’un survol effectué le 7 octobre. Le volcan a connu une légère inflation, en particulier sur les flancs NO et SE depuis 2020. Le niveau d’alerte a été élevé à 2.
Source : PHIVOLCS.

Le Mayon est connu pour ses redoutables coulées pyroclastiques (Crédit photo: Wikipedia)

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L’éruption se poursuit au niveau du cratère Ontake du Suwanosejima (Japon). Les explosions produisent des panaches qui s’élèvent jusqu’à 2,4 km au-dessus du cratère. Elles éjectent de gros blocs jusqu’à 700 m de la bouche éruptive.
Le niveau d’alerte reste à 2 et le public est prié de rester à 1 km du cratère.
Source : JMA.

Source: GVN

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L’éruption du Merapi (Indonésie) se poursuit et la sismicité reste à des niveaux élevés. Le dôme de lave SO produit des avalanches de lave qui parcourent jusqu’à 1,8 km le long de la ravine de la Bebeng. Aucun changement morphologique significatif n’a été observé au niveau des dômes de lave central et SO, bien qu’ils continuent de croître. Le niveau d’alerte reste à 3 (sur une échelle de 1 à 4) et le public est invité à rester à 3-7 km du sommet selon les secteurs.
Source : BPPTKG.

Source: CVGHM

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L’éruption strombolienne du Lewotolok (Indonésie) se poursuit avec des émissions de vapeur et de cendres qui s’élèvent jusqu’à 500 m au-dessus du cratère. Les images de la webcam montrent souvent une incandescence au-dessus du cratère.
Le niveau d’alerte reste à 3 (sur une échelle de 1 à 4) et le public est invité à rester à 3 km du cratère sommital et à 4 km du cratère sur le flanc SE.
Source : CVGHM.

Source: NASA

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Des panaches de vapeur étaient identifiés quotidiennement sur des images satellites de Home Reef (Tonga) entre le 4 et le 11 octobre. La couleur de l’alerte aérienne est passée à l’Orange le 5 octobre 2022. Le 6 octobre, un panache de cendres s’élevait jusqu’à 3 km au-dessus du niveau de la mer. Les mesures satellitaires montrent que l’île n’a pas changé de taille, avec 268 m N-S et 283 m E-O. Elle atteint 15-18 m au-dessus de la surface de l’eau.
La couleur de l’alerte aérienne a été abaissée au Jaune le 11 octobre. Il est conseillé aux marins de rester à 4 km du volcan.
Source : Services géologiques des Tonga.

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Suite à une hausse de l’activité, le PHIVOLCS a relevé le niveau d’alerte du Bulusan (Philippines) de 0 à 1 le 13 octobre 2022.
Outre une augmentation de la sismicité, les instruments enregistrent une déformation du sol sur le flanc sud du Bulusan depuis avril 2022. Les concentrations de CO2 dans les sources du secteur sud-est du volcan sont en hausse depuis juillet 2022, parallèlement à l’augmentation de la température des sources depuis avril 2022. Une odeur de soufre a également été signalée par les habitants de plusieurs villages
La dernière éruption du Bulusan a eu lieu en juin 2022.
Source : PHIVOLCS.

Crédit photo: Wikipedia

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Ces informations ne sont pas exhaustives. Vous en trouverez d’autres (en anglais) en lisant le bulletin hebdomadaire de la Smithsonian Institution :
https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Several events have been reported since my previous post about volcanic activity around the world.

The situation is stable on Stromboli (Sicily) and has not shown any specific change in the last few hours.
The effusive activity that followed the collapse of part of the North terrace shows a moderate supply with variations in flow output. The most advanced front remains at an altitude of about 400 m on the Sciara del Fuoco. Frequent collapses are still observed, starting from the lava channel, with material rapidly reaching the sea.
At the same time, the explosive activity of Stromboli does not show significant variations, with spattering at the North crater.
The average amplitude of the volcanic tremor shows slight fluctuations, but remains in the medium-low level.
No significant deformations of the volcanic edifice are currentlyobserved.
Source: INGV.

One can see on social networks several videos of the eruptive activity of Stromboli (Sicily) on October 9th, 2022. By clicking on the link below, you can view one of them tthat offers great views of the event:

http://www.youtube.com/watch?v=NB63lYRoDfM

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The previously mentioned glacial flood started at Grímsvötn, a subglacial volcano under Vatnajökull (Iceland) on October 10th, 2022. The ice sheet had subsided by almost 3 meters several days before the flood started and by 7 meters on October 12th.

The Icelandic Met Office (IMO) indicated that the flow was at 300 m3/s on October 12th and predicted that the maximum flow would be reached be late October 13th or 14th.

It has been calculated that the maximum flow out of the Grimsvötn lakes would be around 500 m3/s. The flow at the bridge on Road n°1 was expected to be equal to the high summer flow and would not cause damage on structures such as roads and bridges.

There is little or no seismic activity at the volcano and no volcanic eruption has been detected.

The last flood from Grímsvötn was in December 2021.

There are examples of volcanic eruptions in Grímsvötn coinciding with glacial floods, probably dur to the sudden pressure relief caused by decreasing water level. The last time such a scenario happened was in 2004, and before that in 1934 and 1922. The chance of an eruption will quickly decrease after the flood.

The last eruption at Grimsvötn occurred in 2011, with a VEI 4. The volcano has a history of major eruptions up to VEI 6.

Source: IMO.

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Overflights of White Island (New Zealand) have confirmed that the active vent keeps emitting very vigorous steam and gas plumes. Minor ash emissions can be seen when the active vent wall collapses.

On October 5th, 2022, the vent was emitting a nearly verticla, strong gas and steam plume whose temperature was measured at 165 ºC.

The Volcanic Alert Level is kept at 2.

Source: GeoNet, GNS Science.

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One week after the end of the last eruption, the prefect of Reunion Island has decided the return to the Vigilance phase for Piton de la Fournaise.
The lifting of the ban on public access to the Enclos will be performed in two stages:
Access to the lower part and the Grandes Pentes will be authorized from Thursday, October 13th at 8 a.m. Access to the upper part of the Enclos will then be authorized from Friday, October 14th at 8 a.m.
It is interesting to note that by way of derogation, groups accompanied by professionals (medium mountain guides and high mountain guides) can access the Enclos, including off the marked trails with the exception of the exclusion zones.
Source: Réunion la 1ère.

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A new lava flow descended Alaid’s S flank (Kuril Islands) in late September and early October 2022. A thermal anomaly was identified in satellite images throughout that same period. The Aviation Color Code remained at Orange.

Alaid (2,285 m) is the highest and northernmost volcano of the Kuril Islands, It has a 1.5-km-wide summit crater that is breached widely to the south. Strong explosive eruptions have occurred from the summit crater beginning in the 18th century. Eruptions in 1790 and 1981 were among the largest in the Kuril Islands.

Source: KVERT, Smithsonian Institution.

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Changes in morphology of the dome were observed on Mayon (Philippines) in June-August 2022 with an extrusion estimated at about 40,000 cubic meters. Based on these observations, the lava dome had grown an additional 48,000 cubic meters by October 4th. Freshly extruded lava at the base of the dome was seen during an aerial survey conducted on October 7th. The volcano had slightly inflated, especially on the NW and SE flanks, since 2020. The Alert Level was raised to 2 on that same day.
Source: PHIVOLCS

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The eruption continues at Suwanosejima‘s Ontake Crater (Japan). Explosions produce plumes that rise as high as 2.4 km above the crater. They eject large blocks as far as 700 m from the vent.

The Alert Level remains at 2 and the public is asked to stay 1 km away from the crater.

Source: JMA.

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The eruption of Merapi (Indonesia) continues and seismicity remains at high levels. The SW lava dome produces lava avalanches that travel as far as 1.8 km down the Bebeng drainage on the SW flank. No significant morphological changes have been observed at the central and SW lava domes, though both domes continue to grow. The Alert Level remains at 3 (on a scale of 1-4), and the public is asked to stay 3-7 km away from the summit based on location.

Source: BPPTKG.

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The Strombolian eruption at Lewotolok (Indonesia) continues with steam and ash emissions that rise up to 500 m above the crater. Webcam images often show incandescence above the crater.

The Alert Level remains at 3 (on a scale of 1-4) and the public is asked to stay 3 km away from the summit crater and 4 km away from the crater on the SE flank.

Source: CVGHM.

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Daily steam plumes from Home Reef (Tonga) were identified in satellite images during 4-11 October. The Aviation Color Code was raised to Orange on October 5th, 2022. On 6 October an ash plume rose as high as 3 km a.s.l. Satellite-based measurements show that the island has not changed in size, remaining at 268 m N-S and 283 m E-W. The island reaches 15-18 m above the water surface.

The Aviation Color Code was lowered to Yellow on 11 October. Mariners are advised to stay 4 km away from the volcano.

Source: Tonga Geological Services.

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Because of an increase in activity, PHIVOLCS raised the alert level for Bulusan (Philippines) from 0 to 1 on October 13th, 2022.

Beside an increase in seismicity, the instruments have indicated ground deformation of the southern flanks of Bulusan since April 2022. CO2 concentrations in springs in the southeastern sector of the volcano have been increasing since July 2022, in conjunction with increasing spring temperatures since April 2022. Sulfurous odour has also been reported by residents in several villages

The last eruption at this volcano took place in June 2022.

Source: PHIVOLCS.

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This information is not exhaustive. You can find more by reading the Smithsonian Institution’s weekly report:

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm