Puyehue (Chili) : Hausse du niveau d’alerte // Puyehue (Chile) : The alert level has been raised

Dans un bulletin spécial publié le 20 juin, le SERNAGEOMIN indique que le niveau d’alerte du Puyehue-Cordón Caulle a été a été élevé à la couleur Jaune (2 sur une échelle de 4) le 20 juin 2018 en raison d’une augmentation de la sismicité depuis le début du mois. Entre le 1er et le 15 juin 2018, 272 séismes ont été enregistrés sous le volcan. 48 étaient des événements longue période (LP) associés à la dynamique des fluides à l’intérieur du volcan. 215 autres événements étaient d’origine volcano-tectonique, associés à des mouvements du magma. Ils ont été localisés à 0,6 km à l’ouest du site de l’éruption de 2011, à une profondeur de 2,8 km. Les instruments ont également enregistré 9 séismes hybrides associés à des signes de déformation.
La dernière éruption du Puyehue-Cordón Caulle a débuté le 4 juin 2011 et s’est terminée en avril 2012. On lui a attribute un VEI de 5
Source: SERNAGEOMIN.

———————————————

In a special bulletin released on June 20th, SERNAGEOMIN indicates that the alert level for Puyehue-Cordón Caulle volcano was raised to Yellow (2 on a scale of 4) on June 20th, 2018 due to increased seismicity since the beginning of the month. Between June 1st and 15th, 2018, 272 earthquakes were recorded under the volcano. 48 were long-period (LP) earthquakes associated with dynamics of fluids inside the volcano. 215 events were volcano-tectonic, associated with the movement of magma. These were located 0.6 km west of the 2011 eruption, at a depth of 2.8 km. Instruments also registered 9 hybrid earthquakes associated with evidence of deformation.

The last eruption of Puyehue-Cordón Caulle volcano started on June 4th, 2011 and ended in April 2012. It was given a VEI of 5

Source: SERNAGEOMIN.

Crédit photo: SERNAGEOMIN

Publicités

Sierra Negra (Iles Galapagos) [suite / continued]

Voici quelques informations supplémentaires fournies par l’Instituto Geofisico sur son site web le 8 juin 2018 sur la situation du volcan Sierra Negra dans les Iles Galapagos. Vous trouverez des graphiques illustrant les informations à cette adresse:

http://www.igepn.edu.ec/islas-galapagos-informes/gal-sierra-negra/gal-sn-especiales/gal-sn-e-2018/20867-informe-especial-sierra-negra-n-4/file

Comme je l’ai écrit dans une note précédente sur la Sierra Negra, le nombre et la magnitude des séismes augmentent régulièrement depuis la moitié de l’année 2016. Cette augmentation de la sismicité s’accompagne d’une déformation très significative de l’édifice volcanique qui laisse supposer qu’une nouvelle éruption est possible dans quelques semaines ou quelques mois.
La sismicité est principalement volcano-tectonique, liée à la fracturation interne des roches. Cependant, un nombre important d’événements reflète des mouvements de fluides à l’intérieur du volcan. Depuis janvier 2018, il y a eu 11 séismes de magnitude supérieure ou égale à M 4.0. Les événements se situent principalement sur les bords de la caldeira, à l’exception de la lèvre NE, source des éruptions de 1979 et 2005.
Une importante déformation a été détectée par la station GV04 au centre de la caldeira tandis que la station GV01, située sur le bord extérieur de la caldeira, montre moins de déformation. Les données globales indiquent que la déformation continue sous la caldeira à faible profondeur.
Source: Instituto Geofisico, The Watchers. .

———————————————-

Here is some more information provided by the Instituto Geofisico on its website on June 8th, 2018 about the situation at Sierra Negra Volcano in the Galapagos Islands. You will find graphs illustrating the information at this address:

http://www.igepn.edu.ec/islas-galapagos-informes/gal-sierra-negra/gal-sn-especiales/gal-sn-e-2018/20867-informe-especial-sierra-negra-n-4/file

As I put it in a previous post about Sierra Negra, the number and magnitudes of earthquakes have been steadily increasing since mid-2016. This is happening together with very significant deformation suggesting a new eruption is possible in a matter of weeks or months.

Seismicity is mainly volcano-tectonic, related to internal rock fracturing. However, a significant number of events reflect fluid oscillations and movements inside the volcano. Since January 2018, there have been 11 earthquakes with magnitudes greater than or equal to M 4.0. The events are located mainly on the edges of the caldera, except its NE edge, the source of eruptions in 1979 and 2005.

Very large deformation has been detected at the GV04 station in the centre of the caldera while Station GV01, located on the outer edge of the caldera shows less deformation. The data suggest that deformation continues under the caldera at a shallow depth.

Source : Instituto Geofisico, The Watchers.

Evolution de la sismicité sur le Sierra Negra au cours des derniers mois

(Source: Instituto Geofisico)

Vers un réveil du Galeras (Colombie) ? // Eruptive activity soon on Galeras Volcano (Colombia) ?

Dans des bulletins spéciaux publiés le 12 juin 2018, le Servicio Geologico Colombiano (SGC) indique qu’une augmentation significative de l’activité sismique est observée sur le Galeras. Des hausses semblables ont été enregistrées le 29 mai et le 2 juin 2018. La dernière éruption du Galeras s’est produite en 2014.
Un essaim comprenant 310 événements a été signalé entre le 11 juin (avec un événement M 4,5) et le 12 juin. Certains ont été ressentis par les habitants à proximité du volcan. Les autres paramètres géophysiques et géochimiques restent inchangés
Le niveau d’alerte est maintenu à 3 (Jaune, changements dans l’activité volcanique) depuis 2011.
Après 10 années de calme, le Galeras a connu un regain d’activité en 1988. Une éruption soudaine a tué 6 volcanologues et 3 touristes qui se trouvaient dans le cratère quand il a explosé le 4 janvier 1993. Stanley Williams était l’un des scientifiques. Il a décrit cet événement tragique dans un livre poignant intitulé Surviving Galeras («Les cris du volcan» dans la version française).
Le groupe faisait partie d’une excursion dans le cadre d’une conférence scientifique. Ses membres avaient décidé d’entrer dans le cratère malgré l’observation d’un nombre important de tornillos qui avaient été enregistrés lors des éruptions précédentes et avaient également été enregistrés dans les jours précédant l’explosion.
Source: Servicio Geologico Colombiano.

————————————————–

In special bulletins released on June 12th, 2018, the Servicio Geologico Colombiano (SGC) indicates that a significant increase in seismic activity is observed at Galeras volcano. Previous increases were recorded on May 29th and June 2nd, 2018. The last eruption of Galeras occurred in 2014.

A swarm including 310 earthquakes has been reported between June 11th (with an M 4.5 event) and June 12th. Some of the quakes were felt by nearby residents. Other geophysical and geochemical parameters remain unchanged

The alert level has been kept at 3(Yellow; changes in the behaviour of volcanic activity) since 2011.

After 10 years of quiescence, Galeras became active again in 1988. A sudden eruption killed 6 volcanologists and 3 tourists who were inside the crater when it exploded on January 4th, 1993. One of the scientists was Stanley Williams who described this tragic event in a gripping book entitled Surviving Galeras (“Les cris du volcan” in the French version).

The group was part of a scientific conference excursion. Its members had decided to enter the crater despite the observation of a significant number of tornillos which had preceded previous eruptions and were also recorded in the days before the eruption.

Source: Servicio Geologico Colombiano.

Vue aérienne du Galeras en janvier 2006 (Crédit photo: Wikipedia)

Profil sismique des tornillos, connus et redoutés sur le Galeras (Source: USGS)

Sabancaya (Pérou / Peru)

L’activité du volcan péruvien est relativement stable, avec toutefois quelques variations au gré du temps. On observe en moyenne une trentaine d’explosions par jour, avec des panaches de cendre qui montent au maximum à 4000 mètres au-dessus du cratère. Les émissions de SO2 oscillent entre 2000 et 2500 tonnes par jour, avec un maximum de 5500 tonnes le 30 mai. Le tableau ci-dessous montre l’évolution des différents paramètres de mesures.

Source : INGEMMET.

——————————————

Activity at the Peruvian volcano is relatively stable, with some fluctuations over time. On average, one observes about 30 explosions a day, with ash plumes rising at most 4,000 metres above the crater. SO2 emissions are ranging from 2,000 to 2,500 tons per day, with a maximum of 5,500 tons on May 30th. The graphs below show the evolution of the different parameters.
Source: INGEMMET.

Source: IGP / INGEMMET

Pérou : L’eau des glaciers menace des populations // Peru : The water from glaciers threatens populations

Le Pérou a perdu plus de 40% de ses glaciers en quelques années. La ville de Huaraz (130 000 habitants) est particulièrement menacée par les effets du réchauffement climatique. Le 19 juin 2016 sur ce blog, j’ai expliqué que la région était exposée aux déversements d’eau glaciaire suite à la rupture de moraines qui retiennent les lacs d’eau de fonte en altitude. Je faisais remarquer que les autorités locales n’avaient guère fait d’efforts pour trouver des solutions. Ainsi, en dépit du fait que Huaraz a été inondée par le lac glaciaire du Palcacocha en 1941 et qu’une avalanche a détruit la ville voisine de Yungay en 1970, faisant 23 000 victimes, des systèmes de surveillance n’ont pas été installés pour alerter les populations en cas de catastrophe imminente.

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2016/06/19/la-fonte-des-glaciers-menace-le-perou-peru-under-the-threat-of-its-melting-glaciers/

La vallée où se trouve Huaraz est bordée par deux chaînes de montagnes. À l’ouest, la Cordillère noire jouxte le Pacifique et protège des vents les sommets enneigés de sa grande sœur de l’est, la Cordillère blanche. Au milieu des plaines vertes du Huascaran, un sommet blanc émerge des montagnes ; c’est le glacier du Pastoruri. Pour y accéder, il faut prendre une route créée il y a quatre ans par le service des parcs nationaux. On a l’appelée la « route du changement climatique ». Elle permet d’expliquer les effets du réchauffement climatique sur une zone aussi vulnérable que la Cordillère blanche.

Au Pérou, les parcs nationaux veulent montrer les effets du changement climatique sur les glaciers comme celui du mont Pastoruri qui a pratiquement disparu. La « route du changement climatique » culmine à 5 000 mètres d’altitude. Depuis cet endroit, auparavant, il fallait à peine cinq minutes pour atteindre le glacier. Désormais, entre 40 minutes et à une heure de marche sont nécessaires, tellement le glacier a fondu et a reculé. Ici, on est dans une cordillère tropicale où la fonte des glaciers est encore plus importante qu’ailleurs. Un lac s’est formé au pied du glacier. En 2010, il avait 10 mètres de profondeur. À présent, on l’estime à 20 mètres. Le processus actuellement irréversible du réchauffement climatique va faire disparaître ce glacier de la Cordillère blanche.

A travers la « route du changement climatique »,  le service des parcs nationaux veut démontrer que les gens doivent changer leur façon de consommer l’eau. On doit trouver une meilleure manière de la stocker dans les réservoirs en haut des montagnes pour pouvoir répondre aux besoins des habitants de la région.

Avec la fonte des glaciers au Pérou, il y a moins de glace et plus d’eau, mais une eau polluée par les minéraux et donc impropre à la consommation. Ce n’est pas l’unique danger. La Cordillère blanche est l’un des endroits au monde où il y a eu le plus de désastres liés aux glaciers avec, comme je l’expliquais plus haut, des ruptures de moraines et la vidange brutale de lacs glaciaires. Ces « tsunamis de montagne » sont apparus par milliers depuis plus de 50 ans au sein des montagnes péruviennes. C’est le cas du Palcacocha situé à 4 500 mètres d’altitude. Autrefois, ce lac était petit et accolé à un glacier. Le glacier a fondu plus vite et il a été remplacé par un énorme lac qui n’existait pas avant. Si la moraine qui retient ce lac lâche, le tsunami pourrait entraîner la mort de plus de 50 000 personnes aux alentours de Huaraz.

Source : France Info.

—————————————

Peru has lost more than 40% of its glaciers in a few years. The city of Huaraz (pop.130,000) is particularly threatened by the effects of global warming. On June 19th, 2016, I explained on this blog that the region was exposed to glacial water spills following the rupture of moraines that hold the meltwater lakes. I pointed out that local authorities have made little effort to find solutions. Thus, although Huaraz was flooded by the Palcacocha glacial lake in 1941 and an avalanche destroyed the nearby town of Yungay in 1970, killing 23,000 people, surveillance systems were not installed to alert populations in the event of an imminent disaster.
https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2016/06/19/la-fonte-des-glaciers-menace-le-perou-peru-under-the-threat-of-its-melting-glaciers/

The valley where Huaraz is located is bordered by two mountain ranges. To the west, the Cordillera Negra borders the Pacific and protects from the winds the snow-capped peaks of its eastern sister, the Cordillera Blanca. In the middle of the Huascaran plains, a white summit emerges from the mountains; it is the Pastoruri Glacier. To get there, you have to take a road created four years ago by the National Parks Service. It has been called the « Climate Change Road ». It explains the effects of global warming on the vulnerable area of the Cordillera Blanca.
In Peru, national parks want to show the effects of climate change on glaciers like Mount Pastoruri’s which has practically disappeared. The « climate change road » culminates at 5,000 metres above sea level. From here, it took just five minutes to reach the glacier. From now on, it takes between 40 minutes and one hour on foot because the glacier has enormously melted and retreated. Here, we are in a tropical mountain range where the melting of glaciers is even faster than elsewhere. A lake formed at the foot of the glacier. In 2010, it was 10 metres deep. Now it is estimated at 20 metres. The currently irreversible process of global warming will remove this glacier from the Cordillera Blanca.
Through the « Climate Change Road », the National Parks Service wants to demonstrate that people need to change the way they consume water. One should find a better way of storing it in reservoirs at the top of the mountains to meet the needs of the people in the area.
With the melting of glaciers in Peru, there is less ice and more water, but this water is polluted by minerals and therefore unfit for consumption. This is not the only danger. The Cordillera Blanca includes a lot of glacial disasters with, as explained above, moraine ruptures and the sudden drainage of glacial lakes. These « mountain tsunamis » have appeared in thousands for more than 50 years in the Peruvian mountains. This is the case of Palcacocha which is located 4,500 meters above sea level. In the past, this lake was small and attached to a glacier. The glacier melted very fast and was replaced by a huge lake that did not exist before. If the moraine that holds this lake breaks open, the tsunami could kill more than 50,000 people around Huaraz.
Source: France Info.

La Laguna Palcacocha en 1939.

La Laguna Palcacocha en 2002

Pastoruri, l’un des glaciers de la Cordillera Blanca

(Crédit photos: Wikipedia)

Nevados de Chillan (Chili / Chile)

Le dernier bulletin du SERNAGEOMIN en date du 9 avril 2018 indique que l’activité sur le complexe volcanique du Nevados de Chillan n’a guère évolué au cours des derniers jours. L’activité sismique montre une certaine tendance à la baisse. L’activité volcano-tectonique est à un niveau bas. Les événements de type LP ainsi que le tremor se maintiennent à un niveau modéré, mais qui reste élevé pour le complexe volcanique du Nevados de Chillan. On continue à observer des explosions, mais leur intensité est, elle aussi, en baisse. Les colonnes de cendre produites par les explosions ne dépassent pas 150 mètres de hauteur.

————————————–

SERNAGEOMIN’s latest report (April 9th, 2018) indicates that activity on the volcanic complex of Nevados de Chillan has hardly changed in recent days. Seismic activity shows a certain downward trend. Volcano-tectonic activity is at a low level. LP events and the tremor remain at a moderate level, but which is high for the Nevados de Chillan Volcanic Complex. Explosions continue to be observed, but their intensity is declining. The ash columns produced by the explosions do not exceed 150 metres in height.

Zone sommitale du Nevados de Chillan (Crédit photo: SERNAGEOMIN)

Nevados de Chillan (Chili)

Selon une dépêche de l’AFP, une augmentation d’activité observée sur le volcan Nevados de Chillan a incité les autorités à élever le niveau d’alerte à l’Orange, en prévision d’une éventuelle éruption. Le complexe volcanique du Chillan, qui comprend 17 cratères, est situé à 550 km au sud de Santiago dans la région Bio Bio des Andes chiliennes.
Depuis 2015, le niveau d’alerte est resté maintenu à la couleur Jaune – le deuxième des quatre niveaux – mais depuis décembre 2017, plusieurs émissions de cendre ont indiqué une augmentation de l’activité éruptive et incité les autorités à élever le niveau d’alerte à l’ Orange, avant de le ramener à la couleur Jaune
Le 6 avril 2018, des scientifiques du SERNAGEOMIN ont visité le volcan et ont vu une énorme colonne de fumée blanche s’élever de l’un des cratères. Ils ont également détecté un écoulement inhabituel de la lave dans le cratère, avec un risque de débordement à tout moment.
Compte tenu de la probabilité d’un événement éruptif majeur, il a été décidé de relever à nouveau le niveau d’alerte à Orange. La situation est contrôlée depuis l’observatoire volcanique de Temuco.
Entre 1861 et 2003, le Nevados de Chillan est entré en éruption une dizaine de fois, avec des niveaux variables sur l’Indice d’Explosivité Volcanique (VEI). Il y a plusieurs stations de ski sur les pentes ue Chillan qui est une destination touristique populaire avec quelques hôtels de luxe. Il n’y a pas de grands centres urbains dans la région.

——————————————

According to an AFP press report, an increase in activity at Nevados de Chillan volcano prompted officials to raise the level of alert to Orange, ahead of a possible eruption. The volcanic complex, which comprises 17 craters, is located some 550 km south of Santiago in the Bio Bio region of the Chilean Andes.

Since 2015, the alert level has remained at Yellow – the second of four levels – but since December 2017, several ash eruptions have suggested increased activity, prompting officials to raise the alert to Orange, before lowering it again to Yellow.

On April 6th, 2018, experts from SERNAGEOMIN visited the volcano and saw a huge column of white smoke rising from one of the craters. They also detected an unusual flow of lava in the crater which could spill over at any time.

Given the likelihood of a major explosive, eruptive event, the decision was taken to raise again the alert level to Orange. The situation is monitored from the volcanic observatory in Temuco.

Between 1861 and 2003, Nevados de Chillan erupted around 10 times, with varying magnitudes on the Volcanic Explosivity Index. Several ski resorts dot the slopes of Chillan, a popular tourist destination which boasts a clutch of luxury hotels. There are no major urban centres in the area.

 

 Vue panoramique du complexe volcanique du Nevados de Chillan (Crédit photo: Wikipedia)