Séisme du 31 juillet 2026 dans les Champs Phlégréens (suite) // July 31, 2026 earthquake in the Phlegraean Fields (continued)

26 personnes ont été blessées au cours du séisme de magnitude 4,7 qui a secoué la région de Pouzzoles dans la soirée du 31 juillet 2026. Il y a eu des dégâts et 300 personnes ont été évacuées. L’INGV a localisé l’épicentre du séisme dans la région des Champs Phlégréens, entre les communes de Pouzzoles et Quarto, à l’ouest de Naples. L’hypocentre se trouvait à seulement 3 km de profondeur, ce qui explique le fort ressenti de l’événement et les dégâts qu’il a causés. La secousse de M 4,7 constitue le séisme de plus forte magnitude survenu aux Champs Phlégréens au cours des quarante dernières années. Elle a été suivie pendant la nuit de dizaines de répliques de moindre intensité ; la plus importante avait une magnitude M 3,1.

Comme chaque fois qu’un séisme de ce type se produit dans la région des Champs Phlégérens, beaucoup se posent la question : s’agit-il d’un réveil du volcan ? La Solfatara menace-t-elle d’exploser, comme le prévoient certains scientifiques ?

Pour le moment il n’en est rien et les instruments ne révèlent rien d’inquiétant. Le dernier séisme et ses répliques sont à mettre en relation avec l’activité bradysismique qui anime depuis des lustres la région de Pouzzoles et qui est bien visible sur les colonnes du temple de Sérapis dans la ville.

La région des Champs Phlégréens est actuellement en phase de gonflement. Dans son bulletin couvrant la période du 20 au 26 juillet 2026, l’INGV indique que depuis début février 2026, lla vitesse moyenne mensuelle de soulèvement est d’environ 10 ± 3 mm.

Il faut toutefois noter que le soulèvement du sol montre des fluctuations. La chambre magmatique sous la régiuon ressemble un peu à un ballon qui se gonfle et se dégonfle. Les données recueillies après l’essaim sismique du 15 au 19 février 2025 ont montré une augmentation de la vitesse de soulèvement du sol, avec une valeur moyenne mensuelle d’environ 30 ± 3 mm/mois jusqu’à la fin mars 2025. À partir du début avril, le soulèvement du sol a continué d’être enregistré avec une valeur moyenne mensuelle d’environ 15 ± 3 mm/mois. Ensuite, à partir du 10 octobre 2025, une augmentation de la vitesse de soulèvement du sol a été enregistrée avec une valeur moyenne mensuelle d’environ 25 ± 3 mm/mois. À partir de la mi-décembre 2025, une diminution de la vitesse de soulèvement du sol a été enregistrée, avec une vitesse moyenne mensuelle d’environ 15 ± 3 mm/mois. Depuis début février 2026, une diminution de la vitesse de soulèvement du sol a été enregistrée, avec une vitesse mensuelle moyenne d’environ 10 ± 3 mm/mois.

Le soulèvement total enregistré à la station GNSS RITE de Rione Terra est d’environ 29,5 cm depuis janvier 2025

 

Évolution de la déformation du sol sur les différents sites de mesures des Champs Phlégréens (Source : INGV)

De leur côté, les paramètres géochimiques confirment la tendance, sur le long terme, au réchauffement du système hydrothermal et à l’augmentation des débits déjà constatée auparavant. La température de la fumerolle Bocca Grande (BG), dans le cratère Solfatara, a montré une augmentation significative ces dernières années ; la valeur moyenne sur la période de référence reste stable à environ 173 °C. La température de cette bouche était d’environ 140°C quand je l’avais mesurée dans les années 1990.

Les dernières mesures révèlent une température de 95°C à la fumerolle de Pisciarelli.

Site de Pisciarelli (Photo : C. Grandpey)

Dans la conclusion de son bulletin, l’INGV ne s’attend pas à une évolution significative de la situation. Toutefois, on peut ajouter que la région des Champs Phlégréens n’est pas à l’abri de nouvelles secousses sismiques. Les témoignages que j’ai recueillis en septembre 2025 montrent que la population accepte ces désagréments et ne redoute pas vraiment une éruption majeure de la Solfatara.

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Twenty-six people were injured during the magnitude 4.7 earthquake that shook the Pozzuoli area on the evening of July 31, 2026. Damage occurred, and 300 people were evacuated. The INGV located the earthquake’s epicenter in the Phlegraean Fields region, between the municipalities of Pozzuoli and Quarto, west of Naples. The hypocenter was at a depth of only 3 km, explaining why the event was felt so strongly and the damage it caused. The M 4.7 tremor was the strongest earthquake to occur in the Phlegraean Fields in the last forty years. It was followed overnight by dozens of lower-intensity aftershocks; the strongest had a magnitude of M 3.1.
As happens whenever an earthquake of this type occurs in the Phlegraean Fields region, many are asking: is the volcano waking up? Is the Solfatara threatening to erupt, as some scientists predict?
For the moment, there is no indication of this, and monitoring instruments show nothing alarming. The recent earthquake and its aftershocks are linked to the bradyseismic activity that has long characterized the Pozzuoli area. Tkis activity is clearly visible on the columns of the Temple of Serapis in the town.
The Phlegraean Fields region is currently undergoing a phase of ground uplift. In its bulletin covering the period from July 20 to 26, 2026, the INGV reports that since early February 2026, the average monthly uplift rate has been approximately 10 ± 3 mm.
However, it should be noted that the ground uplift shows fluctuations. The magma chamber beneath the region behaves somewhat like a balloon inflating and deflating. Data collected following the seismic swarm of February 15–19, 2025, showed an increase in the rate of ground uplift, with a monthly average of approximately 30 ± 3 mm through the end of March 2025. From early April onwards, ground uplift continued to be recorded at a monthly average rate of about 15 ± 3 mm. Subsequently, starting October 10, 2025, an increase in the uplift rate was recorded, reaching a monthly average of approximately 25 ± 3 mm. From mid-December 2025, a decrease in the uplift rate was observed, with a monthly average of about 15 ± 3 mm. Since early February 2026, a further decrease in the uplift rate has been recorded, with a monthly average of approximately 10 ± 3 mm.
The total uplift recorded at the RITE GNSS station in Rione Terra has been approximately 29.5 cm since January 2025.

Meanwhile, geochemical parameters confirm the long-term trend of hydrothermal system heating and increased flow rates previously observed. The temperature of the Bocca Grande (BG) fumarole in the Solfatara crater has shown a significant increase in recent years; the average value for the reference period remains stable at approximately 173°C. The temperature of this vent was around 140°C when I measured it in the 1990s.
The latest measurements show a temperature of 95°C at the Pisciarelli fumarole.

In the conclusion of its bulletin, the INGV does not anticipate any significant change in the situation. However, it is worth noting that the Phlegraean Fields region is not immune to further seismic tremors. Accounts I gathered in September 2025 indicate that the local population accepts these inconveniences and does not genuinely fear a major eruption of the Solfatara.

Nouveau séisme à Pouzzoles (Italie) // Another earthquake at Pozzuoli (Italy)

À 19h46 le 31 juillet 2026, une nouvelle secousse sismique a frappé Pouzzoles, provoquant des évacuations.

La secousse a également été ressentie à Naples. Au fil des heures, le nombre de blessés a augmenté : on en compte désormais 21, dont seulement deux grièvement. Vingt-deux familles ont été évacuées.
Les sismographes ont enregistré un événement d’une magnitude de M4,7, avec un hypocentre à 3 km de profondeur, ce qui explique le ressenti très fort et les dégâts observés à Pouzzoles. C’est le séisme le plus puissant de ces 40 dernières années. Il est plus puissant que celui de magnitude M4,6 enregistré le 30 juin 2025.
Une trentaine de répliques ont également été enregistrées. La plus forte atteignait une magnitude de M3,8.
Les dégâts les plus importants ont été constatés à Pouzzoles, avec l’effondrement d’une partie du mur d’un immeuble de la Via Pergolesi où j’ai résidé plusieurs fois. De gros blocs de tuf se sont détachés du bâtiment et sont tombés sur plusieurs voitures en stationnement. Toujours à Pouzzoles, plusieurs façades d’immeubles ont été endommagées. La plupart des blessés ont été soignés à l’hôpital de Pouzzoles.

Les dégâts aux maisons sont parfaitement visibles à Pouzzoles.  

Immédiatement après le séisme, le préfet de Naples a réuni le Centre de coordination des secours afin d’évaluer la situation. Des centres d’accueil ont été ouverts via Terracina à Naples et au Palatrincone à Pouzzoles. L’embarcadère de Pouzzoles a été fermé, entraînant l’interruption des liaisons par ferry et hydroptère vers les îles. Un pylône à haute tension s’est partiellement effondré dans le quartier d’Agnano à Naples, provoquant une coupure de courant pour 100 000 foyers. Le courant a été rétabli progressivement. Vers 1h30 du matin, le trafic ferroviaire à Naples a repris son cours normal.
Il est bon de rappeler que ces séismes sont liés à l’activité bradysismique dans la région des Champs Phlégréens. Elle est parfaitement visible sur les colonnes du temple de Sérapis à Pouzzoles.

Photos: C. Grandpey

Source : Presse italienne.

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At 7:46 PM on July 31, 2026, a new earthquake struck Pozzuoli, prompting evacuations. The tremor was also felt in Naples. As the hours passed, the number of injured rose; there are now 21 reported injuries, only two of which are serious. Twenty-two families were evacuated.
Seismographs recorded an M4.7 event with a focal depth of 3 km, explaining the strong shaking and damage observed in Pozzuoli. This is the most powerful earthquake in the last 40 years, exceeding the M4.6 quake recorded on June 30, 2025.
Around thirty aftershocks were also recorded, the strongest reaching a magnitude of M3.8.
The most significant damage occurred in Pozzuoli, where a section of a building’s wall collapsed on Via Pergolesi. Large blocks of tuff broke off the structure and fell onto several parked cars. Building facades were also damaged in various locations across Pozzuoli. Most of the injured were treated at the Pozzuoli hospital.
Immediately following the earthquake, the Prefect of Naples convened the emergency coordination center to assess the situation. Reception centers were opened on Via Terracina in Naples and at Palatrincone in Pozzuoli. The Pozzuoli pier was closed, halting ferry and hydrofoil services to the islands. A high-voltage pylon partially collapsed in the Agnano district of Naples, causing a power outage for 100,000 households. Power was gradually restored. Around 1:30 a.m., rail traffic in Naples returned to normal.
It is worth noting that these earthquakes are linked to bradyseismic activity in the Phlegraean Fields region.
Source: Italian press.

Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques informations sur l’activité volcanique dans le monde, fournies par les observatoires et par le Global Volcanism Network de la Smithsonian Institution.

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Dans ses dernier bulletins, l’Observatoire volcanologique de l’Alaska (AVO) indique que l’activité sismique du Kupreanof se poursuit, avec plusieurs séismes détectés dans les données sismiques régionales. Le plus important a atteint une magnitude de M2,5. Des émissions de SO₂ sont également observées. Cette activité est probablement due à une intrusion magmatique sous le volcan. L’Observatoire précise que cette hausse de l’activité sismique ne signifie pas qu’une éruption est imminente, ni même probable. Au cours de l’été 2025, le mont Spurr, près d’Anchorage, a connu une hausse d’activité qui semblait annoncer une éruption imminente. Malgré cela, aucune éruption n’a eu lieu et l’activité sismique a depuis diminué.
Bien qu’isolé, le Kupreanof, comme la plupart des volcans d’Alaska, se situe à proximité des routes aériennes transpacifiques, et une éruption pourrait perturber le trafic aérien entre les aéroports nord-américains et l’Asie.
Aucune éruption du Kupreanof n’a été confirmée dans l’histoire. En 2015, un marin a signalé de la « fumée noire au nord-ouest de la baie d’Ivanof », probablement en provenance du Kupreanof. En 1987, un pilote a signalé ce qui pourrait avoir été une petite éruption. La dernière éruption confirmée remonte à environ 570 000 ans.

Source: AVO

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L’intelligence artificielle (IA) entre à Pompéi (Italie) // AI enters Pompeii (Italy)

Des archéologues et des chercheurs qui travaillent sur le site de Pompéi (Italie) ont utilisé pour la première fois l’intelligence artificielle (IA) pour reconstituer numériquement le visage d’un homme tué lors de l’éruption du Vésuve en 79 après J.-C. Cette reconstitution offre une nouvelle perspective sur l’une des catastrophes naturelles les plus célèbres de l’histoire.
Le portrait réalisé à l’aide de l’IA représente un homme dont les restes ont été découverts alors qu’il tentait de fuir la ville et courait vers vers la côte pendant l’éruption. Les chercheurs pensent que l’homme est mort au début de la catastrophe, enfoui sous une épaisse couche de débris volcaniques.
La reconstitution a été réalisée dans le cadre du Parc archéologique de Pompéi qui précise sur son site web qu’elle a été effectuée en collaboration avec l’Université de Padoue et à partir des données de prospections archéologiques récoltées près de la nécropole de Porta Stabia, juste à l’extérieur des remparts de la ville antique.
La page web du Parc archéologique présente l’illustration générée par l’IA. Avec le Vésuve à l’arrière-plan, on voit l’homme courir le long d’une route en mauvais état et jonchée de débris, tenant un grand récipient au-dessus de sa tête ; il s’en sert comme bouclier pour essayer de se protéger contre la pluie de matériaux volcaniques.

Pompéi fut ensevelie sous les cendres et la pierre ponce lors de l’éruption du Vésuve il y a près de 2 000 ans. L’accumulation de matériaux a protégé la ville et les restes de milliers de ses habitants et fournit aujourd’hui un témoignage remarquable de la vie romaine à cette époque.
Les archéologues ont découvert l’homme tenant un récipient en terre cuite dont il se servait probablement pour se protéger la tête des lapilli qui s’abattaient sur lui pendant l’éruption. D’anciens récits, notamment ceux de Pline le Jeune, confirment cette hypothèse et expliquent que les habitants de Pompéi utilisaient divers objets pour se protéger.

L’homme portait également une lampe à huile, un petit anneau de fer et dix pièces de bronze et des objets personnels. Ils nous éclairent sur ses derniers instants ainsi que sur la vie quotidienne à Pompéi avant la catastrophe. On peut lire sur le site web du Parc archéologique que « la reconstitution numérique a été créé grâce à l’intelligence artificielle et à des techniques de retouche photo conçues pour transformer les données squelettiques et archéologiques en une représentation humaine réaliste. » Selon son directeur, la quantité de données obtenues par les chercheurs est telle que seule l’intelligence artificielle est en mesure de les protéger et de les valoriser correctement. « Bien utilisée, l’IA peut contribuer au renouveau des études classiques. »
Source : Associated Press via Yahoo News, Parc archéologique de Pompéi.

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Archaeologists and researchers at the ancient Roman site of Pompeii have used artificial intelligence (AI) for the first time to digitally reconstruct the face of a man killed in the AD 79 eruption of Mount Vesuvius that smothered the city, offering a new way to understand one of history’s most famous natural disasters.

The digital portrait represents a man whose remains were discovered as he attempted to flee the city toward the coast during the volcanic eruption. Researchers believe the man died early in the disaster, during a heavy fall of volcanic debris.

The reconstruction was developed by the Pompeii Archaeological Park, which announced on its website that it was done in collaboration with the University of Padua and based on archaeological survey data from excavations near the Porta Stabia necropolis, just outside the walls of the ancient city.

The announcement shows the AI-generated illustration of what the man could have looked like. He is shown running along a rough, debris-covered road, holding a large, shallow bowl over his head and using it as a shield while Mount Vesuvius is seen erupting in the background. (see image above)

Pompeii was buried under ash and pumice when the Vesuvius erupted nearly 2,000 years ago, preserving the city and the remains of thousands of its inhabitants in remarkable detail.

Archaeologists found the man holding a terracotta mortar, which they interpreted as an improvised attempt to shield his head from falling small volcanic stones that rained down during the eruption.

Ancient accounts, including those of Pliny the Younger, describe Pompeii’s residents using objects to protect themselves as ash and debris blanketed the city.

The man was also carrying an oil lamp, a small iron ring and 10 bronze coins, personal objects that offer insight into his final moments as well as into daily life in Pompeii before the catastrophe. (see photo above)

The digital portrait was created using AI and photo-editing techniques designed to translate skeletal and archaeological data into a realistic human likeness.According to the Pompeii park director, the vastness of archaeological data is now such that only with the help of artificial intelligence will we be able to adequately protect and enhance them. « If used well, AI can contribute to a renewal of classical studies. »

Source : Associated Press via Yahoo News, Pompeii Archaeological Park.