Les volcans à Rodez (Aveyron) le 15 octobre !

J’aurai le plaisir de présenter – dans le cadre de l’UTL du Rouergue – une conférence intitulée « Volcans et risques volcaniques »  le mardi 15 octobre à 17h45 à l’Amphithéâtre de l’IUT, 50 avenue de Bordeaux à Rodez (Aveyron)

https://www.utl-rouergue.fr/conference/volcans-et-risques-volcaniques/

Séismes et volcans sont souvent associés dans la pensée populaire. Il est malheureusement encore impossible de prévoir les tremblements de terre. Le but de la conférence est de faire le point sur la situation en volcanologie. Les statistiques montrent que les volcans ont souvent été meurtriers dans le passé. Les techniques modernes permettent-elles d’en savoir plus sur les humeurs des monstres de feu ? Sommes-nous capables aujourd’hui d’éviter que les volcans tuent ? Ce sont quelques unes des questions auxquelles j’essaierai de répondre.

Mon exposé se poursuivra avec deux diaporamas en fondu-enchaîné sonorisé destinés à illustrer les deux grands types de volcans. « La  Java des volcans » conduira le public auprès des volcans gris d’Indonésie tandis que « Hawaii le feu de la terre » fera côtoyer les coulées de lave rouge du Kilauea.

A l’issue de la conférence, le public pourra se procurer les livres « Terres de Feu » et « Mémoires Volcaniques », ainsi que des CD d’images de volcans.

(Photos: C. Grandpey)

Etna (Sicile) : La Torre del Filosofo

Mon ami sicilien Santo Scalia a écrit un article très intéressant qui raconte l’histoire de la Torre del Filosofo – la tour du philosophe – un lieu mythique de l’Etna qui a servi de point de repère à des générations de visiteurs du volcan. La Torre fait remonter dans mon esprit les moments merveilleux passés avec les guides de l’Etna : Antonio, Alfio, Beppe, etc. Je les salue tous, avec une pensée particulière pour le regretté Antonio Nicoloso qui a guidé mes premiers pas sur le volcan sicilien.

Aujourd’hui encore, les randonneurs qui gravissent chaque jour les pentes de l’Etna par le versant sud atteignent un espace ouvert appelé Torre del Filosofo, à environ 2900 mètres d’altitude. C’est là que s’arrêtent les bus 4X4 avec, à leur bord, les touristes venus admirer la zone sommitale du volcan. En réalité, la zone où s’arrêtent les bus et au-delà de laquelle l’accès est interdit pour des raisons de sécurité, n’est pas vraiment le lieu historique connu sous le nom de Torre del Filosofo. Autrefois, il se trouvait à une centaine de mètres un peu plus au nord-nord-ouest, à une altitude de 2920 mètres.

Parmi les touristes, certains demandent encore aujourd’hui où se trouve ‘la tour’ et qui était ‘le philosophe’. Selon la légende, le philosophe était Empédocle d’Agrigente (495 – 435 av. J.-C.). Afin de mieux percer les secrets et la nature du volcan, il fit ériger sa résidence près de ce qui était alors le grand cratère de l’Etna. Cette même légende raconte qu’Empédocle, pour se créer une aura de divinité et de surnaturel, s’était finalement jeté dans le cratère, pour disparaître définitivement aux yeux de ses contemporains. Mais le volcan cracha l’une de ses chaussures.

Tommaso Fazello en 1573, dans le deuxième livre de l’ouvrage Le due deche dell’historia di Sicilia, décrit ce qu’il a eu l’occasion d’observer près du sommet de l’Etna: «… nous avons vu au sommet de cette montagne […] un ancien bâtiment en ruine appelé […] la Tour du Philosophe, parce que les gens disent avoir entendu les anciens expliquer qu’Empédocle avait construit cette maison, pour pouvoir mieux philosopher auprès du feu de la montagne… »

Plus récemment, au début des années 1960, un abri en béton a été construit sur la petite colline qui culmine à environ 2 900 mètres d’altitude et qui appartenait jadis à la famille Platania. Son style architectural a été à l’origine de nombreuses discussions. Santo Scalia pense que la structure n’a jamais été utilisée comme abri, mais plutôt comme dépôt et comme refuge en cas d’urgence.

En 1971, à seulement un kilomètre de distance, un nouveau cratère s’est ouvert, le Cratère Sud-Est, qui n’a cessé de grandir depuis 1978, pour devenir ce qui est aujourd’hui le Nouveau Cratère Sud-Est.
L’année 2002 a scellé le sort du Refuge et de la maisonnette où se retrouvaient les guides. Le 26 octobre, deux bouches éruptives se sont ouvertes. Les cônes qui se sont rapidement formés (et qui seront baptisés Cratères Barbagallo) ont émis une énorme quantité de matériaux pyroclastiques qui ont rapidement recouvert toute la zone, y compris la colline sur laquelle se dressait le Refuge. Le 10 décembre 2002, l’I.N.G.V. écrivait: « La Torre del Filosofo est enterrée sous une couche de matériaux pyroclastiques ». Seule une petite partie du toit en béton armé et la partie supérieure d’une petite antenne de télécommunication restaient visibles. Mais l’Etna ne laisse jamais son travail inachevé. Le 26 octobre 2013, le Nouveau Cratère Sud-Est est de nouveau entré en éruption et les coulées de lave ont complètement englouti la zone de la Torre del Filosofo, y compris l’antenne. La Torre n’était plus qu’un souvenir….   .

Vous pourrez lire l’intégralité du texte de Santo Scalia en cliquant sur ce lien. Il est magnifiquement illustré par une gravure de Jean Hiuel.

http://ilvulcanico.it/cera-una-volta-la-torre-del-filosofo-empedocle/?fbclid=IwAR0NHxnzPofbl6Vhqg2p68Tv_Ej9kQjsf_BuKIhPbV03LX8IWNsYeIFy3rA

Le Refuge portait bien son nom. J’ai dormi à plusieurs reprises sur la terrasse et dans la cave, en attendant les meilleurs moment de l’aube et du crépuscule pour photographier les coulées de lave. (Photo: B. Behncke)

Comme il est dit dans mon diaporama « L’Etna de Glace et de Feu », L’Etna en hiver est vraiment un autre monde….

Le Refuge et la maisonnette des guides sous la neige et la glace le 1er janvier 2000!

Le Cratère Sud-Est le 1er janvier 2000!

Naissance du Nouveau Cratère Sud-Est en 1997

(Photos: C. Grandpey)

 

Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion): Images de l’éruption

 6 heures (heure métropole): Rien de très nouveau sur le front de l’éruption. Les conditions météo sont restées mauvaises au cours des dernières heures, mais la visibilité semblait meilleure hier soir. Les rares éclaircies ont permis d’apercevoir des coulées sur la partie haute des Grandes Pentes. Comme me le faisait remarquer un ami réunionnaise, il y a un vaste replat au ied de ces premières pentes et il est probable que la lave va y stagner un certain temps. la suite de son parcours dépendra de la vigueur des coulées. Si la lave devait réusir à franchir ce replat, elle pourrait aborder la deuxième partie de la desente qui pourrait la conduire vers la RN2 et la mer, mais nous n’en sommes pas encore là. Il faut toutefois que le dernier bulletin de l’OVPF montre que le tremor était encore bien vigoureux le 12 août.

Les conditions météo étant meilleures hier, mon ami Christian Holveck a pu se rendre sur le site de l’éruption. Il m’explique qu’une nouvelle fissure s’est ouverte avec une coulée qui a déjà dévalé les Grandes Pentes et se situe à environ 600 mètres, non loin du Piton Tremblet (éruption d’avril 2007). Il m’a envoyé quelques photos prises hier en fin d’après-midi et soirée. Je le remercie sincèrement.  Il m’écrit qu’il n’a pas réussi à s’approcher vraiment de la coulée.

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9 heures (heure métropole): L’OVPF a pu effectuer une reconnaissance aérienne le matin du 13 août 2019. Au total ce sont deux fissures éruptives, distantes l’une de l’autre de 1400 mètres environ, qui se sont ouvertes le 11 août 2019 dans le secteur est-sud-est de la partie haute des Grandes Pentes à 1700 et 1500 m d’altitude. Au moment du survol, vers 9h30 (heure locale), seule la fissure la plus basse en altitude était active. Trois cônes distincts s’étaient formés sur cette fissure par accumulation de dépôts de fontaines de lave. Par ailleurs, une zone de fumerolle non liée à une fissure éruptive ni à une coulée de lave a été observée entre les deux fissures à environ 1100 m d’altitude.

Source: OVPF.

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 6 am (Paris time) : Nothing really new about the eruption. Weather conditions remained poor during the past hours, but visibility seemed to have improved last night. However, it was sometimes possible to discern the lava flows in the upper part of the Grandes Pentes. As a friend of mine aptly remarked, there is a wide flat area at the bottom of these first slopes where lava will probably stagnate for some time. The next part of the travel will depend on the energy of the lava flows. If lava manages to cross this flat area, it will start the second part of the descent that could take it toward the RN2 road and to the sea. But this is not for tomorrow. One should notice that the tremor was still quite active in the OVPF’s latest update on August 12th.

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9:00 am (Paris time): OVPF was able to perform an overflight in the morning of August 13th, 2019. Two eruptive fissures, about 1400 meters apart, opened on August 11th, 2019 in the eastern-south-eastern sector of the upper part of the Grandes Pentes, 1700 and 1500 metres above sea level. During the overflight, around 9:30 am (local time), only the lower fissure was active. Three distinct cones formed on this fissure by accumulation of lava fountain deposits. In addition, a fumarole zone not associated with an eruptive fissure or a lava flow was observed between the two fissures about 1100 m a.s.l.

Source: OVPF.

Source: OVPF

Photos: Christian Holveck

Le 13 août, le tremor éruptif reste relativement soutenu, même s’il a perdu une bonne partie de son intensité. (Source: OVPF)

A l’ombre de la Montagne Pelée (Martinique)

J’aurai le plaisir de présenter prochainement deux conférences à la Martinique :

  • le 14 août 2019 à 15h45 à la Maison des Volcans de Morne-Rouge: Volcans de subduction – La Chaîne des Cascades.

  • Le 16 août 2019 à 18h30 au CDST de St Pierre: Points chauds, méga volcans et Yellowstone.

Le Mont St Helens et le Parc de Yellowstone seront au menu de ces deux conférences (Photos: C. Grandpey)

Coup de foudre sur l’Agua (Guatemala) // Lightning bolts on Volcán de Agua (Guatemala)

Le 2 août 2019, l’« Image astronomique du jour » de la NASA montre un orage sur le volcan Agua (volcan de l’eau) qui s’élève à plus de 3 500 mètres à proximité de la ville d’Antigua Guatemala.
Bien qu’il n’ait pas montré d’activité depuis longtemps, l’Agua menace les environs car il peut toujours produire des coulées de matériaux et des lahars. C’est ainsi que le 11 septembre 1541, Santiago de los Caballeros, la nouvelle capitale du Guatemala, fut détruite par un impressionnant glissement de terrain. On a longtemps pensé que la cause de cette catastrophe était la vidange d’un lac qui s’était formé dans le cratère, mais son observation montre que cette hypothèse ne tient pas la route. Il s’agissait plutôt d’un glissement de terrain provoqué par de fortes pluies sur les flancs de la montagne. Les traces de ce glissement de terrain sont encore visibles de nos jours (voir photo ci-dessous). Des cartes géologiques récentes montrent qu’une telle catastrophe pourrait se reproduire à l’avenir.

L’image de la NASA montre des éclairs qui partent de deux antennes de communication situées près du sommet de l’Agua, avec un effet très spectaculaire dans le ciel nocturne. La foudre représente pour l’être humain l’une des forces les plus puissantes de la Nature ; pourtant, les causes de ce phénomène demeurent un mystère. Ce que nous savons, c’est que, à l’intérieur de certains nuages, des courants ascendants internes provoquent des collisions entre la neige et la glace, collisions qui séparent lentement les charges entre le sommet et la base des nuages. Les décharges électriques très rapides qui donnent naissance à l’éclair sont le résultat de ce phénomène. La foudre suit généralement un parcours irrégulier et porte une fine colonne d’air à environ trois fois la température de surface du Soleil. L’onde de choc qui en résulte débute à une vitesse supersonique avant de se terminer avec un grondement puissant connu sous le nom de ‘tonnerre’. En moyenne, on enregistre environ 6 000 éclairs chaque minute dans le monde.
Source: NASA.

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On August 2nd, 2019, NASA’s “Astronomy Picture of the Day” shows a lightning storm over the Volcán de Agua (Volcano of Water) which towers more than 3,500 metres close to the city of Antigua Guatemala.

Although it has not been active in recent times, Agua can still produce debris flows and lahars that may inundate nearby populated areas. On 11 September 1541, Santiago de los Caballeros, Guatemala’s newly founded capital, was ruined by a formidable landslide. The cause of this catastrophe was said to have been the bursting of the side of a lake which had been formed in the crater of the extinct volcano, but an examination of the crater shows this explanation to be improbable. It was rather caused by a landslide triggered by heavy rains on the flanks of the mountain. Traces of the landslide can still be seen today (see photo below). Recent geological maps show that such a disaster may happen again in the future.

The NASA image shows lightning bolts shooting from two communication antennas near the top of the volcano’s crater, creating an ominous effect in the night sky. Although we tend to admire lightning as a powerful force of nature, exactly what causes lightning is still a mystery. However, what we do know is that inside some clouds, internal updrafts cause collisions between ice and snow that slowly separate charges between cloud tops and bottoms The rapid electrical discharges that are lightning soon result. Lightning usually takes a jagged course, rapidly heating a thin column of air to about three times the surface temperature of the Sun. The resulting shock wave starts supersonically and decays into the loud sound known as ‘thunder’. On average, around the world, about 6,000 lightning bolts occur between clouds and the Earth every minute.

Source: NASA.

Crédit photo: NASA

Photos: C. Grandpey

 

Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion) : Superbes photos de l’éruption

La dernière éruption du Piton de la Fournaise fut brève, mais les chanceux qui ont eu le temps de se rendre sur le site ont pu faire de très belles photos.

Un grand merci à mes amis réunionnais !

(Photo: Fabrice Juignier)

Photos: Christian Holveck [http://www.christianholveck.com/]

La Fournaise vue du ciel !

Voici quelques photos du Piton de la Fournaise, volcan emblématique de l’île de la Réunion. Je les prises le 16 juin 2019 aux premières heures de la matinée, avant que le vent se lève, à bord d’un ULM de l’excellente société Planetair 974.

Après le décollage du petit aéroport de Pierrefonds, voici Saint Pierre et son superbe littoral baigné par les premiers rayons du soleil.

Très vite l’ULM fait découvrir le versant est du volcan où les fumerolles trahissent l’écoulement de la lave pendant la dernière éruption éclair du 11 au 13 juin.

Le survol des flancs du volcan permet d’observer les bouches adventives qui ont laissé échapper la lave pendant les dernières décennies.

C’est ensuite le survol du sommet du Piton de la Fournaise que j’avais escaladé en compagnie de l’ami Fabrice quelques jours auparavant. J’avais de nouveau sous les yeux le gouffre du Dolomieu, site d’un effondrement majeur le 5 avril 2007.

Un peu plus haut apparaît le cratère Bory, moins vaste que son voisin. Son rebord nord constitue le point culminant du volcan avec 2 621 mètres d’altitude.

Le survol du volcan est l’occasion de se rendre compte de la superficie de l’Enclos Fouqué dont la porte d’accès vient de nouveau d’être ouverte au public.

Un coup d’œil au spectaculaire Commerson et l’ULM a pris la direction des superbes cirques que l’érosion a creusé au cœur de l’île dominée par les 3070 mètres du Piton des Neiges….

(Photos: C. Grandpey)