Nouveau projet de géo-ingénierie irréalisable // Another hopeless geoengineering project

Concentrations de CO2 : 431,86 ppm (27 mai 2026)             

Concentrations de CH4 : 1940,43 ppb (janvier 2026)

La montée des eaux océaniques fait partie des bouleversements causés par le réchauffement climatique. La hausse des températures menace également la circulation méridienne de retournement de l’Atlantique (AMOC). Comme je l’ai expliqué précédemment, ce courant transporte des eaux chaudes vers le nord et déverse des eaux froides vers le sud, formant une boucle géante qui influence considérablement les systèmes météorologiques à l’échelle de la planète.
Si les températures continuent de grimper, les scientifiques craignent que l’AMOC cesse de fonctionner, ce qui provoquera des bouleversements climatiques à l’échelle planétaire. Les températures en Europe chuteraient brutalement, car elles seraient privées des apports d’eau chaude générés par le système. Les précipitations tropicales seraient perturbées et le niveau de la mer monterait sur la côte est des États-Unis.

Afin de faire face aux conséquences désastreuses du réchauffement climatique, et faute de mesures concrètes prises par nos gouvernants, des projets de géo-ingénierie ont vu le jour, le plus souvent difficilement réalisables. C’est ainsi que certains scientifiques ont imaginé la construction d’une muraille de plus de 96 kilomètres de long devant le glacier Thwaites en Antarctique occidental afin de bloquer l’eau chaude de l’océan Austral qui sape la glace et empêcher ainsi sa fonte.

https://youtu.be/5dnVXc49GwM

Aujourd’hui, pour sauver l’AMOC, deux chercheurs ont proposé un projet audacieux : la construction d’un barrage géant à travers le détroit de Béring, qui sépare l’Alaska de la Sibérie.

Aussi extravagant que cela puisse paraître, ce mégaprojet pourrait, en théorie, stabiliser ll’AMOC. Ce sont les conclusions d’une nouvelle étude publiée dans la revue Science Advances. L’un des deux auteurs de l’étude a souligné que leur proposition n’était qu’une « preuve de concept », tout en expliquant que la construction du barrage pourrait être une « mesure envisageable dans le pire des cas ».
Dans leurs travaux, les chercheurs se sont concentrés sur le détroit de Béring, car c’est par ce point de passage stratégique que l’AMOC achemine l’eau douce du Pacifique vers l’océan Arctique, puis vers l’Atlantique. Leur approche sur l’importance du détroit a été confortée par une autre étude montrant que l’AMOC était plus puissant il y a trois millions d’années, lorsque le détroit de Béring formait un pont terrestre et constituait une sorte de barrage naturel.
À l’aide de simulations informatiques, les auteurs de l’étude ont constaté qu’un barrage construit aujourd’hui bloquerait le flux d’eau douce de l’océan Arctique vers l’Atlantique. Cela maintiendrait la salinité de l’Atlantique et stabiliserait ainsi globalement le flux de l’AMOC. Pour que cela fonctionne, le barrage devrait toutefois être construit au moment opportun. S’il est construit alors que l’AMOC est encore puissant, il contribuera à préserver sa vigueur. Cependant, si ce barrage est construit alors que la circulation méridienne de retournement atlantique est affaiblie, cela accélèrera son effondrement. Bien que l’affaiblissement de l’AMOC soit avéré, son état actuel et le risque de son arrêt sont encore l’objet de vifs débats.
Les auteurs reconnaissent que les détails techniques de la construction d’un barrage de plus de 80 kilomètres de long dépassent le cadre de leur étude. Il en va de même pour d’autres questions, comme l’impact sur les routes migratoires de la faune aquatique, les routes maritimes des super pétroliers ou les conséquences sur les relations russo-américaines, toujours tendues.

Trafic maritime dans le Détroit de Béring (Source : Arctic Portal)

Le Met Office britannique ne préconise pas les solutions de géo-ingénierie face au réchauffement climatique, car elles peuvent souvent entraîner des conséquences dramatiques et imprévues. Il affirme que la lutte pour limiter la hausse des températures, même de façon infime, constitue l’approche la plus durable et pragmatique.

Source : Yahoo Actualités.

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Rising ocean levels are one of the upheavals caused by global warming. The increase in temperatures also threatens the Atlantic Meridional Overturning Circulation (AMOC). As I explained earlier, this current carries warm water northward and discharges cold water southward, forming a giant loop that significantly influences weather systems worldwide.
If temperatures continue to climb, scientists fear the AMOC will collapse, leading to global climate disruptions. Temperatures in Europe would plummet, as it would be deprived of the warm water supplied by the system. Tropical rainfall patterns would be disrupted, and sea levels would rise on the east coast of the United States.
In an effort to address the disastrous consequences of global warming, and in the absence of concrete measures taken by our governments, geoengineering projects have emerged, most of which are virtually impossible to implement. For instance, some scientists envisioned building a wall more than 96 kilometers long in front of the Thwaites Glacier in West Antarctica to block the warm water from the Southern Ocean that is eroding the ice and thus prevent its melting.

https://youtu.be/5dnVXc49GwM

Now, to save the AMOC, two researchers have proposed a bold project: the construction of a giant dam across the Bering Strait, which separates Alaska from Siberia.

Bering 02

As extravagant as it may seem, this megaproject could, in theory, stabilize the AMOC. These are the conclusions of a new study published in the journal Science Advances. One of the two authors of the study emphasized that their proposal was only a « proof of concept, » while explaining that the construction of the dam could be a « considerable measure in the worst-case scenario. »

In their work, the researchers focused on the Bering Strait, as it is through this strategic passage that the AMOC carries fresh water from the Pacific Ocean to the Arctic Ocean and then to the Atlantic. Their understanding of the strait’s importance was supported by another study showing that the AMOC was more powerful three million years ago, when the Bering Strait formed a land bridge and acted as a natural dam.
Using computer simulations, the study’s authors found that a dam built today would block the flow of fresh water from the Arctic Ocean to the Atlantic. This would maintain the Atlantic’s salinity and thus stabilize the overall flow of the AMOC. For this to work, however, the dam would need to be built at the right time. If it is built while the AMOC is still strong, it will help preserve its strength. However, if this dam is built while the Atlantic Meridional Overturning Circulation is weakened, it will accelerate its collapse. Although the weakening of the AMOC is a proven fact, its current state and the risk of its collapse are still the subject of intense debate.
The authors acknowledge that the technical details of constructing a dam over 80 kilometers long are beyond the scope of their study. The same is true for other issues, such as the impact on the migratory routes of aquatic wildlife, the shipping lanes of supertankers, and the consequences for the still-strained Russian-American relations.

The UK Met Office does not advocate geoengineering solutions to global warming, as they can often lead to dramatic and unforeseen consequences. It maintains that the fight to limit the rise in temperatures, even slightly, is the most sustainable and pragmatic approach.
Source: Yahoo News.

L’éruption du Hunga Tonga pour lutter contre le réchauffement climatique ? // The Hunga Tonga eruption to fight global warming ?

L’éruption du Hunga Tonga-Hunga Ha’apai dans le Pacifique Sud en janvier 2022 refait surface ces derniers temps. Personne n’a oublié le panache de cendres, de vapeur et de gaz qui s’est élevé à près de 65 kilomètres d’altitude. Ce fut l’une des éruptions volcaniques les plus violentes des temps modernes.

Selon une nouvelle étude, l’éruption du Hunga Tonga pourrait aujourd’hui révéler une nouvelle arme dans la lutte contre le méthane, un puissant gaz à effet de serre. Comme je l’ai déjà expliqué, le méthane est environ 80 fois plus efficace que le dioxyde de carbone (CO2) pour piéger la chaleur sur une période de 20 ans. Il est actuellement responsable d’environ un tiers du réchauffement climatique et sa concentration dans l’atmosphère a doublé au cours des deux derniers siècles.

Les auteurs de la nouvelle étude, publiée dans la revue Nature Communications, expliquent qu’en examinant des images satellites, ils ont découvert « un immense nuage de formaldéhyde qui ne devrait normalement pas s’y trouver ». Le formaldéhyde est une substance chimique qui se forme souvent lorsque le méthane est détruit dans l’atmosphère. Il s’agit d’un processus chimique déjà identifié au-dessus de l’océan Atlantique. Lorsque la poussière du Sahara est transportée par le vent au-dessus de l’Atlantique, elle se mélange aux embruns et forme de fines particules à base de fer. Sous l’effet du rayonnement solaire, ces particules produisent des atomes de chlore qui réagissent avec le méthane atmosphérique et contribuent à sa décomposition.

Un phénomène similaire semble s’être produit lors de l’éruption du Hunga Tonga-Hunga Ha’apai. Son éruption a projeté d’énormes quantités de vapeur d’eau salée dans la stratosphère, en même temps que des cendres volcaniques. Les scientifiques pensent que, sous l’effet du rayonnement solaire, du chlore s’est formé et a décomposé une partie du méthane produit par l’éruption.

Les chercheurs ont suivi le nuage de formaldéhyde pendant 10 jours. Cette substance chimique n’existant que pendant quelques heures, ils ont conclu que le nuage devait avoir détruit du méthane de façon continue pendant plus d’une semaine. Ils estiment que l’éruption a produit environ 330 000 tonnes de méthane, dont environ 900 tonnes ont été décomposées par jour. Il s’agissait du même processus que celui observé au-dessus de l’océan Atlantique avec les poussières sahariennes.

Les scientifiques pensent que leurs découvertes pourraient constituer un nouvel outil précieux pour lutter contre le réchauffement climatique. En affirmant cela, ils pénètrent dans le domaine de la géo-ingénierie et ses méthodes – plus ou moins réalistes et réalisables – visant à abaisser artificiellement la température de notre planète. Des particules à base de fer pourraient être injectées dans l’atmosphère au-dessus de l’océan afin de reproduire le processus chimique observé après l’éruption et d’éliminer le méthane.

Cependant, de nombreux scientifiques appellent à la prudence. L’étude porte sur la stratosphère, alors que cette stratégie d’élimination du méthane se déroulerait dans la troposphère. Les impacts seraient difficiles à prévoir, avec des conséquences potentielles imprévues sur le climat, la pollution atmosphérique et la santé des écosystèmes. Les auteurs de l’étude reconnaissent la nécessité de poursuivre les recherches. « Il est évident que l’industrie pourrait tenter de reproduire ce phénomène naturel, mais seulement si son innocuité et son efficacité sont prouvées. »

Source : CNN et autres médias américains.

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The Hunga Tonga-Hunga Ha’apai eruption in the South Pacific in January 2022 is again in the news these days. Everybody remembers that the eruption sent a plume of ash, steam and gas nearly 65 kilometers above the Earth’s surface. It was one of the most violent volcanic eruptions of modern times.

According to a new study, the Hunga Tonga eruption may have also revealed a new weapon in the fight against methane, a potent planet-heating gas. Methane is around 80 times more effective at trapping heat than carbon dioxide over a 20-year period. It currently accounts for around a third of global warming and concentrations in the atmosphere have doubled over the last two centuries.

The authors of the new study published in the journal Nature Communications explain that when examining satellite images, theyfound « a huge cloud of formaldehyde that should normally not be there. » Formaldehyde often forms when methane, a potent planet-heating gas, is destroyed in the atmosphere. The researchers believed they were observing a chemical process that had previously been identified over the Atlantic Ocean. When Saharan dust is blown over the Atlantic, it mixes with salt spray and forms small iron-based particles. As the sunlight hits them, it produces chlorine atoms, which react with methane in the atmosphere and help break it down. Something similar appears to have happened with the Hunga Tonga-Hunga Ha’apai volcano. Its eruption sent huge quantities of salty water vapor into the stratosphere along with volcanic ash. The study scientists believe that when the sunlight hit the mixture, chlorine formed and broke down some of the methane produced by the eruption.

The researchers tracked the formaldehyde cloud for 10 days. Because formaldehyde only exists for a few hours, they concluded that the cloud must have been destroying methane continuously for more than a week. They estimate the eruption produced around 330,000 tons of methane, of which around 900 tons were broken down a day. It was the same process that had been observed over the Atlantic ocean with the Saharan dust.

The scientists say their findings could provide a valuable new tool to tackle global warming. This is the field of geoengineering which includes methods to artificially bring down global temperatures. Iron-based particles could be injected into the atmosphere over the ocean to mimic the chemical process observed in the wake of the eruption and remove methane. But many scientists urge caution. The study is based on the stratosphere, while this methane removal strategy would happen in the troposphere. The impacts would be difficult to predict, with potential unintended consequences on climate, air pollution and ecosystem health.

The study authors agree more research needs to be done. “It’s an obvious idea for industry to try to replicate this natural phenomenon, but only if it can be proven to be safe and effective.

Source : CNN and other U.S. News media.

Mer de Bismarck : Beaucoup de questions sur la dernière éruption // Bismarck Sea : Many questions about the last eruption

Dans ma note du 15 mai 2026 sur l’activité volcanique dans le monde, j’expliquais qu’une émission de cendres volcaniques provenant d’un volcan sous-marin était détectée par le VAAC de Darwin dans la province volcanique de la mer de Bismarck (Papouasie-Nouvelle-Guinée) depuis le 11 mai 2026. Les cendres s’élevaient à environ 4 km au-dessus du niveau de la mer. Des images satellites montraient une décoloration de l’eau à proximité de la zone concernée.

Vue du panache éruptif le 11 mai 2026 – Source : OLI (Operational Land Imager) sur Landsat 9 / NASA

La source de l’émission de cendres se situait probablement à 1 300 m sous le niveau moyen de la mer, aux coordonnées 3°02′S, 147°47′E. Cependant, cette éruption restait entourée de nombreuses incertitudes.
Un article publié sur le site web space.com confirme cette incertitude. On peut y lire que « lorsque les volcanologues ont cherché à étudier l’événement, ils se sont heurtés à un obstacle de taille. » En effet, il n’existe aucune carte haute résolution des fonds marins de cette zone.
Ce manque de données a compliqué la tâche des scientifiques pour déterminer précisément comment l’éruption a remodelé les fonds marins et quelle est la taille de la structure volcanique concernée. De fait, ils ignorent même quelle formation géologique a été affectée par l’éruption.
Ils pensent que l’éruption s’est probablement produite le long de la dorsale de Titan, à environ 16 kilomètres au sud-est d’un site d’éruptions sous-marines datant de 1972.
L’imagerie satellitaire fournie par le satellite Landsat 9 de la NASA permet aux scientifiques d’analyser le panache de cendres de plusieurs kilomètres de hauteur, la coloration de l’eau de mer, les bancs de ponce volcanique émanant de l’événement, et même les phénomènes thermiques capturés par le radiomètre imageur visible et infrarouge (VIIRS) du satellite Suomi NPP de la NASA.
Les observations actuelles laissent supposer (avec une grande incertitude) qu’il existe une bouche éruptive relativement peu profonde. Les chercheurs attendent désormais de voir si une nouvelle île se formera suite à l’éruption. Il faudrait probablement un certain temps avant qu’une telle île se forme, et on ignore combien de temps l’éruption pourrait durer. L’éruption de 1972, survenue à proximité, a par exemple duré quatre jours, tandis qu’une autre éruption, également proche, en 1957, a duré près de quatre ans. De nombreuses questions restent en suspens. Comme je le dis souvent, nous connaissons mieux la surface de la planète Mars que les profondeurs de nos propres océans.
Source : space.com

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In my post of 15 May 2026 about volcanic activity around the world, I explained that a volcanic ash emission from a submarine volcano had been observed by the Darwin VAAC in the Bismarck Sea Volcanic Province (Papua New Guinea) since May 11, 2026. The ash was rising to about 4 km above sea level. Satellite imagery showed water discoloration near the concerned area. (see image above)

The ash emission source was probably 1 300 m below mean sea level at coordinates 3°02′S, 147°47′E. However, there was a lot of uncertainty around this eruption.

An article released on the space.com website confirms this uncertainty. One can read that « when volcanologists looked to study the event, they reached a frustrating wall. » Indeed, there are no high-resolution maps of the seafloor of the area.

That lack of baseline data made it more difficult for scientists to determine exactly how the eruption reshaped the seafloor or how large the volcanic structure may be. In fact, they are not even sure which geological feature even erupted.

Current theories suggest the eruption likely occurred along the Titan Ridge, about 16 kilometers southeast of a 1972 submarine eruption site.

Existing satellite imagery allows scientists to analyze the kilometers-high ash plume, discoloration in the ocean water, rafts of the volcanic rock pumice emanating from the event, and even thermal events captured by the Visible Infrared Imaging Radiometer Suite (VIIRS) on NASA’s Suomi NPP satellite.

The current observations suggest (but there is a lot of uncertainty) a fairly shallow eruption vent. Now, researchers are waiting to see if a new island will be born out of the eruption. It would likely take some time for one to form, and it is unclear how long this eruption might last. The nearby 1972 eruption, for instance, lasted four days, whereas another nearby eruption in 1957 lasted just short of four years. Many questions about our own planet. As I often put it. We know the surface of Mars better than the depths of our own oceans.

Source : space.com

Et si Yellowstone entrait en éruption de nos jours ? // What if Yellowstone erupted today?

À la fin de ma conférence « Volcans et risques volcaniques », certaines personnes me demandent ce qui se passerait si un super volcan comme Yellowstone entrait en éruption aujourd’hui.

Un super volcan est un volcan capable d’émettre au moins 1 000 kilomètres cubes de matériaux lors d’une seule éruption. De ce fait, il est classé au niveau 8 – le maximum – de l’Indice d’explosivité volcanique (VEI). Il est intéressant de noter que Yellowstone n’est pas le seul super volcan au monde. Certains, comme le Taupo (Nouvelle-Zélande) ou le Toba (Indonésie), sont bien connus, mais d’autres super volcans, aujourd’hui inconnus, pourraient se cacher au fond des océans. Comme je le dis souvent, nous connaissons mieux la surface de la planète Mars que les abysses de nos propres océans.
Le Parc national de Yellowstone est un endroit magnifique, avec ses sources chaudes et ses geysers comme l’Old Faithful.

Ce vaste système volcanique est connu sous le nom de Caldeira de Yellowstone, et une seule éruption pourrait plonger le monde dans le chaos. Il y a environ deux millions d’années, d’importantes quantités de magma se sont accumulées sous la croûte terrestre. Poussées par la pression colossale des gaz volcaniques, elles ont déclenché une éruption qui figure parmi les plus importantes de l’histoire de notre planète. Depuis cette époque lointaine, Yellowstone a connu deux autres éruptions volcaniques majeures et de nombreuses éruptions mineures.

Bien que Yellowstone n’ait pas connu de super-éruption depuis des millénaires, on peut se demander si ce super volcan est susceptible d’entrer un jour à nouveau en éruption. Les scientifiques qui étudient Yellowstone estiment qu’une nouvelle éruption est probable et que ce n’est qu’une question de temps. Toutefois, une éruption majeure de Yellowstone ne devrait pas se produire avant des milliers, voire des millions d’années.
Les scientifiques expliquent que le magma sous Yellowstone est majoritairement à l’état solide et ne peut donc pas déclencher une éruption. Une étude montre que ce magma se concentre surtout dans la partie nord-est du volcan et qu’il a tendance à se déplacer dans cette direction. Ce magma pourrait un jour devenir suffisamment liquide pour entrer en éruption. Mais il pourrait aussi perdre de sa chaleur et stagner au contact d’une épaisse couche de roche continentale au sein de la croûte terrestre. Ce ne sont que des suppositions et le conditionnel est de rigueur. En réalité, aucun scientifique n’est capable de prédire l’avenir éruptif de Yellowstone.

Source: USGS / YVO

Selon certains chercheurs, le prochain événement volcanique dans la caldeira de Yellowstone ne sera probablement pas une explosion volcanique. Une puissante éruption hydrothermale est plus probable. Elle proviendrait d’un geyser, avec une activité capable de créer des cratères impressionnants mais dont l’impact serait limité en dehors du Parc.

Explosion du Steamboat Geyser

Une autre possibilité serait une coulée de lave émise par une bouche éruptive. Au final, le danger actuel à Yellowstone réside davantage dans les éruptions hydrothermales ou les séismes, dont beaucoup sont sans lien avec l’activité volcanique.
Tous les scientifiques s’accordent aujourd’hui à dire que si le volcan de Yellowstone entrait en éruption, leurs collègues en poste à l’observatoire le sauraient probablement des semaines, voire des mois à l’avance. Cependant, ils insistent sur le fait que le risque d’une éruption majeure dans la caldeira de Yellowstone est quasiment nul aujourd’hui.

Mais que se passerait-il si Yellowstone entrait en éruption alors que des milliards d’êtres humains peuplent notre planète ? Lors de l’éruption, la zone immédiatement concernée, couvrant des parties du Montana, du Wyoming et de l’Idaho, serait ravagée. D’immenses colonnes éruptives, chargées de cendres et de gaz volcaniques à haute température, s’effondreraient sous leur propre poids et réduiraient la zone en cendres. Les coulées pyroclastiques anéantiraient arbres, habitations et infrastructures sur leur passage.
À l’aide de modèles, les scientifiques de l’Observatoire Volcanologique de Yellowstone prévoient qu’une super-éruption enverrait des milliers de mètres de cendres dans le périmètre du Parc et recouvrirait des zones habitées s’étendant de Missoula (Montana) à Albuquerque (Nouveau-Mexique).

Simulation d’une éruption à Yellowstone avec l’émission de 330 kilomètres cubes de cendres (Source : USGS)

De plus, une super-éruption du Yellowstone déposerait plusieurs millimètres de cendres sur une grande partie des États-Unis et certaines régions du Canada, avec un impact sur l’agriculture, les ressources en eau et les réseaux électriques. D’énormes quantités de cendres et de gaz atteindraient la stratosphère, générant des aérosols qui bloqueraient la lumière du soleil et plongeraient la Terre dans une longue période de froid et d’obscurité. Le scénario serait probablement semblable à l’éruption du Tambora en 1815 (Indonésie), qui fit des dizaines de milliers de victimes et plongea la Terre dans « l’Année sans été », une longue période de basses températures qui ravagea les récoltes et provoqua des famines et des épidémies à travers le monde.

Cratère du Tambora (Crédit photo: Wikipedia)

Les scientifiques estiment généralement que les effets d’une super-éruption comme celle du Yellowstone pourraient durer de cinq à dix ans. De nombreuses personnes mourraient, mais l’humanité ne disparaîtrait pas. Aucune éruption volcanique explosive n’a jamais été associée à une extinction massive sur Terre.

Source : Popular Science, Observatoire Volcanologique de Yellowstone. Photos du Parc: C. Grandpey

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At the end of my conference « Volcanoes and volcano Hazards », some persons ask me what would happen if a super volcano like Yellowstone erupted today.

Just remember that a super volcano is able to erupt at leaqt 1,000 cubic kilemeters of material during a single eruption. As such it is callsified at level 8 – the maximum – on the Volcanic Explosivity Index (VEI). It is interesting to add that Yellowstone is not the only super volcano in the world. Some of them like taupo (New Zealand) or Toba (Indonesia) are well known but other super volcanoes may also be unknown, lying hidden at the bottom of the oceans. As I say it quite often, we know the surface of Mars better than the abysses of our own oceans.

Yellowstone National Park is a wonderful place to visit with its hot springs and geysers like Old Faithful. This vast volcanic system is known as the Yellowstone Caldera, and with one blast it could plunge the world into chaos.

About two million years ago, large amounts of hot magma accumulated beneath the Earth’s crust, building pressure and volcanic gases that triggered a major eruption. It was among the largest volcanic eruptions in our planet’s history, blanketing large parts of North America with ash. Since then, Yellowstone has seen two more major volcanic eruptions and many smaller ones.

Though Yellowstone hasn’t had a supereruption in millennia, we may wonder:whether the super volcano will ever explode again. Experts studying Yellowstone say it probably will erupt again ; t’s just a matter of time. A major Yellowstone eruption likely won’t happen for thousands, and potentially millions, of years.

Scientists say that the magma underneath Yellowstone is mostly solid and not eruptible. One study suggests the magma is more concentrated underneath the northeast section, and that magma is shifting in that direction. This magma may one day become liquid enough to erupt. But it could also lose heat and stall as it hits thick, continental rock within the Earth’s crust. Actually, no scientist is able to make any prediction about the eruptive future of Yellowstone.

According to some researchers, the next volcanic incident in the Yellowstone Caldera likely won’t be a volcanic explosion. A powerful hydrothermal eruption from a geyser, activity that can create impressive craters but has limited impact outside the park, is more likely. Another possibility is a lava flow emitted by a single eruptive vent. In the end, the hazard in Yellowstone today lies more with hydrothermal eruptions or earthquakes, many unrelated to volcanic activity, in the park.

All scientists agree today to say that if the Yellowstone volcano were to erupt, scientists at the observatory would likely know weeks to months beforehand, but they insist that the chances of a major eruption in the Yellowstone Caldera within the human timeline are close to zero.

But what if Yellowstone did erupt while billions of humans still walked this planet? Upon eruption, the immediate radius, including parts of Montana, Wyoming, and Idaho, would be swept clean. Huge eruption columns, with superheated volcanic ash and gas, would collapse under their own weight and incinerate the land. Pyroclastic flows would wipe out trees, homes, and infrastructure in their path.

Using models, scientists at the Yellowstone Volcano Observatory predict that a supereruption would drop thousands of meters of ash within the park radius, and coat communities stretching from Missoula, Montana, to Albuquerque, New Mexico. What is more, aYellowstone supereruption would drop at least a few millimeters of ash over much of the U.S. and parts of Canada, devastating agriculture, water supplies, and electrical grids. Huge amounts of ash and gas launched into the stratosphere would act as aerosols, blocking sunlight and plunging the Earth into a long period of cold and dark. It would probably look like the 1815 Tambora eruption (Indonesia) which claimed tens of thousands of lives and plunged Earth into the “Year Without Summer”, a prolonged period of low temperatures that ravaged crops and caused widespread famine and disease epidemics around the world.

Scientists usually believe the effects of a supereruption like Yellowstone could last five to 10 years. A lot of people would die, but it would not wipe out humanity. No explosive volcanic eruption has ever been associated with a mass extinction on Earth.

Source : Popular Science, Yellowstone Volcano Observatory.