Mont Agung (Bali / Indonésie)

L’aéroport international de Bali a repris du service le 29 juin suite à la diminution d’activité de l’Agung. Les aéroports de Bali et des environs, y compris Jember et Banyuwangi dans l’est de l’île de Java, fonctionnent normalement. Le niveau d’alerte est maintenu à 3 sur une échelle de 4, avec une zone de danger de 4 kilomètres autour du cratère.
L’aéroport international Ngurah Rai de Bali a dû fermer pendant 12 heures à cause de la cendre émise pendant l’éruption de l’Agung le 28 juin. La colonne de cendre atteignait une hauteur de 2500 mètres au-dessus du sommet du volcan.
À l’heure actuelle, une lueur plus ou moins forte peut encore être observée de temps en temps la nuit au-dessus du cratère (voir image webcam ci-dessous), mais l’activité éruptive a beaucoup diminué par rapport aux jours précédents.

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Bali’s international airport reopened on June 29th amid decreasing volcanic activity from Mount Agung. All airports on Bali and the surrounding area, including Jember and Banyuwangi in East Java, are operating normally. The alert level is kept at 3 on a scale of 4 levels, together with a 4-kilometre-radius danger zone around the volcano’s crater.

Bali’s Ngurah Rai International Airport closed for 12 hours after Mount Agung erupted on June 28th, sending a 2,500-metre column of volcanic ash into the air.

At the moment, a faint glow can still be seen occasionally at night above the crater (see webcam image below) but eruptive activity has much subsided compared with the previous days.

Le sommet de l’Agung le 30 juin 2018

Le sommet de l’Agung le 28 juin 2018

 

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Hawaii: La lave entre le sommet du Kilauea et l’East Rift Zone // Lava between the Kilauea summit and the East Rift Zone

Voici un schéma très intéressant qui illustre le comportement de la lave au début de l’éruption entre sa source au sommet du Kilauea et son point de sortie une quarantaine de kilomètres plus en aval, dans les Leilani Estates.

La source de l’éruption actuelle n’est autre que le réservoir magmatique peu profond situé sous l’Halema’uma’u. C’est ce même réservoir qui alimentait et provoquait les courants de convection dans l’Overlook Crater.

Très logiquement, à partir du moment où la lave a commencé a quitter sa source le 30 avril 2018, on a observé une phase de contraction à l’intérieur de la caldeira de l’Halema’uma’u d’une part (même si elle n’est pas signalée par des flèches sur le schéma) et dans le secteur du Pu’uo’o (flèches bleues) d’autre part. Le lac de lave qui mijotait dans la partie ouest du cratère s’est vidangé lui aussi, entraînant une rétraction de la zone autour du cratère.

Plus en aval, dans l’East Rift Zone, l’arrivée du magma a exercé des contraintes sur la zone environnante de part et d’autre du rift (flèches noires sur le schéma) en se frayant un chemin. Cette accrétion s’est terminée vers le 18 mai. En effet, la lave a commencé à sortir des fractures le 3 mai, ce qui a réduit la pression à laquelle était soumis le terrain environnant.

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Here is a very interesting diagram that illustrates the behaviour of the lava at the beginning of the eruption between its source at the summit of Kilauea and its exit point about forty kilometres further downslope in the Leilani Estates.
The source of the current eruption is the shallow magmatic reservoir beneath Halema’uma’u. It is this same magma chamber that fed and caused convection currents in the Overlook Crater.
Logically, from the moment lava started to leave its source on April 30th, 2018, a contraction phase was observed inside the Halema’uma’u caldera on the one hand (although it is not indicated by arrows on the diagram) and in the area of Pu’uo’o (blue arrows) on the other hand. The lava lake that was simmering in the western crater also drained, causing the area around the crater to retract.
Further downslope, in the East Rift Zone, the arrival of magma exerted stress on the surrounding area on both sides of the rift (black arrows on the diagram) as it was forcing its way. This accretion ended around May 18th. In fact, lava started breaking out on May 3rd, which reduced the pressure on the surrounding terrain.

« Scanner l’Etna, tomographie de résistivité électrique »

En cliquant sur le lien ci-dessous, vous pourrez voir une vidéo fort intéressante intitulée Scanner l’Etna, tomographie de résistivité électrique. Le film décrit en intégralité un travail réalisé sur le volcan sicilien. Il a mobilisé une vingtaine de scientifiques pendant trois semaines sur le terrain. Le déploiement de câbles sur plusieurs kilomètres a permis de réaliser une imagerie à grande profondeur des structures internes du volcan révélant les zones hydrothermales, les réseaux de failles et autres particularités géo-structurales de l’édifice volcanique.

https://www.youtube.com/watch?v=TMz7WErXJ3c&feature=youtu.be

Avec mes amitiés à Anthony Finizola.

Vue du sommet de l’Etna (Crédit photo: INGV)

L’éruption du Kilauea (suite) // The Kilauea eruption (continued)

L’éruption continue dans la Lower East Rift Zone, sans changements significatifs. Les fontaines qui jaillissent de la Fracture n° 8 continuent d’alimenter la coulée de lave qui se dirige en chenal vers l’océan avec de petits débordements de courte durée. Ces derniers s’étendent rarement au-delà du champ de lave existant. Le cône de projection de la Fracture 8 atteint maintenant 55 mètres de hauteur à son point le plus haut, et les fontaines ne dépassent que rarement ce point.
Sur la côte, des coulées s’échappent du champ de lave en plusieurs endroits dans le secteur des Kapoho Beach Lots. La lave pénètre dans la mer sur une vaste zone, principalement dans la partie nord de cette zone. Le chenal de lave s’est recouvert d’une croûte sur environ 800 mètres à l’intérieur des terres; la lave se déplace sous cette croûte avant d’entrer dans la mer.
Le sommet du Kilauea est toujours secoué par des explosions accompagnées d’effondrements. L’énergie dégagée par les événements est généralement équivalente à des séismes de M 5.3. L’affaissement de la lèvre et des parois de l’Halema’uma’u continue en relation avec la déflation de la zone sommitale.

Source: HVO.

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The eruption in the Lower East Rift Zone continues with no significant changes. Fountains from Fissure 8 continue to supply lava to the open channel with intermittent small, short-lived overflows. These overflows rarely extend beyond the existing flow field. The spatter cone is now about 55 metres tall at its highest point, and fountains only occasionally rise above that point.

At the coast, the northern margin of the flow field is still oozing fresh lava at several points in the area of Kapoho Beach Lots. Lava is entering the sea over a broad area primarily on the northern side of the entry area. The lava channel has crusted over about 800 metres inland of the ocean entry; lava is moving beneath the crust before entering the sea.
The summit of Kilauea is still shaken by collapse explosions. The energy released by the events is generally equivalent to M 5.3 earthquakes. Inward slumping of the rim and walls of Halema’uma’u continues in response to ongoing deflation at the summit.

Source: HVO.

Crédit photo: USGS / HVO

 

Agung (Bali / Indonésie)

En raison de l’éruption de l’Agung, l’aéroport international de Bali a été fermé jusqu’à 19 heures le 29 juin 2018. Près de 450 vols ont été annulés, ce qui a affecté quelque 75 000 passagers. Le volcan a commencé à émettre des panaches de cendre et de gaz le 28 juin et plusieurs compagnies aériennes ont annulé jusque dans la soirée des vols au départ et à l’arrivée de Bali. Deux petits aéroports à Banyuwangi et à Jember, dans l’est de Java, ont également fermé à cause de la menace de la cendre.
Le niveau d’alerte de l’Agung reste à 3 sur une échelle de 4 et la zone d’exclusion autour du cratère reste à 4 kilomètres.
Les compagnies aériennes surveillent les informations du centre de conseil en cendres volcaniques de Darwin (VAAC) pour décider quand les vols pourront reprendre.
Le volcan, dont la dernière éruption majeure en 1963 a tué quelque 1100 personnes, a connu une augmentation spectaculaire de son activité en 2017, entraînant l’évacuation de dizaines de milliers de personnes. Les autorités ont abaissé le niveau d’alerte de 4 à 3 en février 2018.
Source: Presse indonésienne.

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Due to the eruption of Mt Agung, Bali’s international airport was closed until 7 p.m. on June 29th, 2018. Nearly 450 flights were cancelled, affecting some 75,000 people. The volcano began spewing ash and gas on June 28th and several airlines cancelled inbound and outbound flights scheduled for the evening. Two small airports, at Banyuwangi and Jember in eastern Java, also closed because of the ash threat.

Agung’s alert level has not been raised – it remains at 3 on a scale of 4 – and the exclusion zone around the crater remains at 4 kilometres.

Airlines are monitoring advice from the Darwin volcanic ash advisory center (VAAC) to decide when flights can resume.

The volcano, whose last major eruption in 1963 killed about 1,100 people, had a dramatic increase in activity in 2017, forcing the evacuation of tens of thousands of people. Authorities lowered its alert status from the highest level in February.

Source : Indonesian news media.

L’activité volcanique responsable de la fonte des glaciers en Antarctique ? // Is volcanic activity responsible for glacier melting in Antarctica ?

Comme de nombreux glaciers en Antarctique, le glacier de l’Ile du Pin – Pine Island Glacier en anglais – est en train de fondre, mais encore plus vite que ses homologues dans le monde. Selon une nouvelle étude financée par la National Science Foundation et publiée dans la revue Nature Communications, le changement climatique ne serait pas seul responsable de cette fonte. Les scientifiques ont trouvé des preuves que l’activité volcanique sous-marine contribuerait à l’amincissement du glacier. L’idée n’est pas vraiment nouvelle. Des recherches antérieures ont identifié un réseau de rifts volcaniques sous l’Antarctique de l’Ouest qui pourraient contribuer à l’instabilité de la calotte glaciaire dans la région. Une étude de l’Université du Texas de 2014 a conclu que «de vastes zones à la base du glacier Thwaites fondent rapidement en relation avec un flux géothermal provoqué par la migration du magma associée au rift et au volcanisme».
Dans la nouvelle étude, un groupe de scientifiques de l’Université de Rhode Island a découvert la présence d’une source de chaleur sous-marine en traçant la signature chimique de l’hélium. Les chercheurs sont persuadés que cette source de chaleur provient d’une activité volcanique sous-marine
On ne sait pas exactement jusqu’à quel point la source de chaleur pourrait ronger le glacier et dans quelle mesure cela accélèrerait sa disparition, mais les scientifiques sont certains que le glacier est en train de fondre par en dessous. Cette fonte pourrait contribuer considérablement à la hausse du niveau global de la mer, et pas seulement parce que la glace s’évacue dans l’océan. En effet, les glaciers de cette partie de l’Antarctique sont interconnectés de sorte que si l’un d’entre eux venait à fondre, cela accélérerait la vitesse d’écoulement des autres. Le glacier de l’Ile du Pin est important par son rôle de «blocage» des autres glaciers qui terminent leur course dans la mer ; sans lui, nous pourrions assister à une élévation encore plus rapide du niveau des océans. Le glacier de l’Ile du Pin est particulièrement important car il stabilise le glacier Thwaites, une immense rivière de glace dont la disparition semble irréversible. L’inlandsis antarctique occidental inquiète fortement le monde scientifique car il a déjà perdu 175 milliards de tonnes de glace depuis 2012.
Les auteurs de la dernière étude ont déterminé que l’activité volcanique sous-marine était à l’origine de la fonte de la glace grâce à la présence d’hélium-3 dans l’eau et aussi à cause des déformations inégales du glacier. Des couches de cendres découvertes dans des échantillons de carottes de glace et des signes d’activité sismique ont également permis de brosser un tableau des éruptions volcaniques dissimulées par la glace. Cependant, il est aujourd’hui quasiment impossible, par manque de moyens matériels et financiers, d’avoir la preuve de l’existence physique d’un volcan sous-glaciaire en Antarctique.
Certains scientifiques pensent qu’il est inexact d’attribuer l’essentiel du recul du glacier de l’Ile du Pin à l’activité volcanique. Ils pensent que c’est avant tout le réchauffement climatique qui déstabilisera de plus en plus les calottes glaciaires antarctiques et fera monter le niveau de la mer. Un chercheur a déclaré: «Le changement climatique est la cause majeure de la fonte glaciaire que nous observons. La source de chaleur nouvellement découverte a un effet encore indéterminé parce que nous ne savons pas comment elle est répartie sous la calotte glaciaire. »
Source: Presse scientifique internationale.

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Like many Antarctic glaciers, the Pine Island Glacier is melting. But Pine Island is melting faster than any other glacier in the world. Surprisingly, it’s not climate change alone that is causing the thaw. New research by the National Science Foundation and published in the journal Nature Communications has found evidence that volcanic activity beneath the glacier is a likely culprit. The idea is not really new Previous research has identified a network of volcanic rifts beneath Western Antarctica that could be contributing to the ice sheet’s instability. A 2014 University of Texas study concluded that “large areas at the base of Thwaites Glacier are actively melting in response to geothermal flux consistent with rift-associated magma migration and volcanism.”

This time, group of scientists at the University of Rhode Island discovered an underwater heat source by tracing the chemical signature of helium underwater. That heat source is almost certainly in the form of underwater volcanic activity

It is unclear exactly how badly the heat source could be damaging the glacier, and how much it will speed up the glacier’s demise, but scientists are sure that the glacier is being melted from below. This thawing could raise the global sea level considerably, and not only because the ice itself is melting into the ocean. Indeed, the glaciers in that part of Antarctica are interconnected so that if one of them melts away, this will accelerate the speed of the other glaciers. The Pine Island Glacier is important for “plugging” other ice from flowing into the sea too quickly, and without it, we may see an even faster sea level rise. The Pine Island Glacier is particularly important for stabilizing the Thwaites Glacier, an enormous piece of ice that scientists fear it may already be too late to save. The West Antarctic Ice Sheet is in dire straits, having already lost 175 billion tons of ice since 2012.

The researchers determined that underwater volcanic activity was causing the melts because of the quantity of helium-3 found in the water, and also because of the uneven deformations of the glacier. Layers of ash found in ice core samples and rumblings from earthquakes also helped paint a picture of hidden volcanic eruptions. However, physically finding a volcano, or a geological feature of volcanic activity, hiding so deeply under ice and water would be exceptionally difficult and expensive.

Other scientists caution against attributing most of Pine Island’s retreat to volcanic activity. Scientists have warned that global warming will increasingly destabilize Antarctic ice sheets and raise sea levels. Said one researcher: “Climate change is causing the bulk of glacial melt that we observe, and this newly discovered source of heat is having an as-yet undetermined effect, because we do not know how this heat is distributed beneath the ice sheet.”

Source: International scientific press.

Carte montrant les principaux glaciers (Source: AntarcticGlaciers.org)

 

Sierra Negra (Ile Isabela / Galapagos / Equateur)

Dans son dernier bulletin du 27 juin 2018, l’Institut de Géophysique de l’Equateur indique qu’au cours des 12 dernières heures, l’activité éruptive du Sierra Negra a été marquée par la diminution progressive du tremor sismique et acoustique. La sismicité actuelle montre que l’éruption se poursuit avec moins d’intensité. 102 séismes volcaniques tectoniques ont été enregistrés, avec une magnitude maximale de M 3. L’événement le plus significatif avait son épicentre situé au sud de la caldeira à une profondeur de 4,3 km.

Source : Instituto Geofisico.

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In its last bulletin of June 27th, 2018, Ecuador’s Institute of Geophysics indicates that during the last 12 hours the eruptive activity of Sierra Negra has been marked by the progressive decrease of seismic and acoustic tremor. Current seismicity shows that the eruption continues with less intensity. 102 tectonic volcanic earthquakes have been recorded, with a maximum magnitude of M 3. The most significant event had its epicentre located south of the caldera at a depth of 4.3 km.
Source: Instituto Geofisico.