Le CO2 de la toundra, un autre sujet d’inquiétude // CO2 in the tundra, another area of concern

Au cours de ma conférence « Glaciers en péril », j’explique que l’on a beaucoup négligé jusqu’à aujourd’hui les conséquences de la fonte du permafrost – ou pergélisol – arctique sur le réchauffement climatique.

Une étude effectuée par une équipe internationale de scientifiques et publiée dans Nature Climate Change nous apprend que le sol de l’Arctique s’est réchauffé au point de libérer plus de carbone en hiver que les plantes nordiques peuvent en absorber en été. La toundra recouvre une grande partie de l’Arctique, que se soit en Sibérie, au Canada ou en Alaska. Elle représente un gigantesque réservoir qui contient nettement plus de carbone que ce qu’on trouve déjà dans l’atmosphère. Avec le réchauffement climatique, la toundra est en passe de devenir une source des gaz à effet de serre responsables du changement climatique.

Les auteurs de l’étude ont installé des détecteurs de dioxyde de carbone (CO2) sur le sol dans plus de 100 sites autour de l’Arctique et ont effectué plus d’un millier de mesures. Ils ont découvert que la quantité de carbone libérée pat le permafrost était beaucoup plus importante que prévu. Les résultats montrent que les émissions de CO2 – 1,7 milliard de tonnes par an – sont environ deux fois plus élevées que les estimations précédentes.

On pense que les plantes arctiques absorbent un peu plus d’un milliard de tonnes de gaz de l’atmosphère chaque année pendant la saison de croissance. Le résultat net est que les sols arctiques dans le monde rejettent probablement déjà plus de 600 millions de tonnes de CO2 par an.

Si la situation n’évolue pas, les émissions du sol nordique seraient susceptibles de libérer 41 % de carbone supplémentaire d’ici la fin du siècle. Or, l’Arctique se réchauffe déjà trois fois plus vite que le reste du monde. Selon la dernière étude, même si des efforts importants d’atténuation sont déployés, ces émissions augmenteront de 17 %.

Les chercheurs n’ont pas mesuré le méthane, un gaz à effet de serre environ qui est 30 fois plus puissant que le dioxyde de carbone et qui est également rejeté par le sol. On se souvient que de puissantes explosions de méthane ont creusé de spectaculaires cratères au cœur de la Sibérie.

Source : Presse canadienne.

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During my « Glaciers at Risk » conference, I explain that the consequences of the melting Arctic permafrost on global warming have been largely neglected.
A study conducted by an international team of scientists and published in Nature Climate Change tells us that Arctic soil has warmed to the point of releasing more carbon in winter than northern plants can absorb in summer. The tundra covers a large part of the Arctic, whether in Siberia, Canada or Alaska. It is a huge reservoir that contains significantly more carbon than is already found in the atmosphere. With global warming, the tundra is becoming a source of the greenhouse gases responsible for climate change.
The authors of the study installed carbon dioxide (CO2) detectors on the ground in more than 100 sites around the Arctic and made more than a thousand measurements. They discovered that the amount of carbon released from permafrost was much higher than expected. The results show that CO2 emissions – 1.7 billion tonnes per year – are about twice as high as previous estimates.
Arctic plants are thought to consume just over one billion tonnes of gas from the atmosphere each year during the growing season. The net result is that Arctic soils worldwide probably already emit more than 600 million tons of CO2 a year.
If the situation does not change, northern soil emissions could release 41% more carbon by the end of the century. The Arctic is already warming three times faster than the rest of the world. According to the latest study, even if significant mitigation efforts are made, these emissions will increase by 17%.
The researchers did not measure methane, a greenhouse gas that is about 30 times more powerful than carbon dioxide and is also released from the ground. One should remember that powerful explosions of methane have dug spectacular craters in the heart of Siberia.
Source: Canadian Press.

Vues de la toundra en Alaska (Photos: C. Grandpey)

Glace et climat: Encore des mauvaises nouvelles // Climate and ice: More bad news

Pour la huitième fois d’affilée, octobre 2019 se classe à la deuxième place de l’archive NCEP-NCAR qui remonte à 1948. Avec +0,68°C au-dessus de la moyenne 1981-2010, le mois est le 2ème plus chaud, juste derrière 2015 (+0,76°C). De manière désormais quasi-systématique, les années post-2010 se trouvent en haut du classement.
Une mauvaise nouvelle n’arrivant jamais seule, on apprend également que le déclin de la couverture de glace de mer dans l’Arctique se confirme. D’après le National Snow and Ice Data Center (NSIDC), l’étendue moyenne de la glace de mer en octobre 2019 a été la plus basse jamais enregistrée. Elle couvre seulement 5,66 millions de km², le niveau plus bas pour ce mois depuis les 41 années d’enregistrements par satellite. C’est probablement aussi le plus bas relevé depuis 1850, si l’on se base sur les archives des scientifiques, des journaux, des navires, puis des avions collectées et analysées par le NSIDC.

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For the eighth time in a row, October 2019 ranks second in the NCEP-NCAR archive, which dates back to 1948. With + 0.68°C above the 1981-2010 average, the month is the second warmer, just behind 2015 (+ 0.76°C). Now almost systematically, the post-2010 years are at the top of the ranking.
As bad news never comes alone, we also learn that the decline of sea ice cover in the Arctic is confirmed. According to the National Snow and Ice Data Center (NSIDC), the average extent of sea ice in October 2019 was the lowest ever recorded. It only covers 5.66 million km², the lowest level for this month since the 41 years of satellite recordings. It is probably also the lowest since 1850, based on the archives of scientists, newspapers, ships, and aircraft collected and analyzed by NSIDC.

Groenland : Les Etats-Unis font le forcing ! // Greenland : The United States is pushing hard !

En août 2019, le président Trump s’était montré intéressé par l’achat du Groenland. Ce n’était certainement pas à cause de la beauté des étendues glacées de ce territoire, mais bien pour avoir accès aux richesses susceptibles d’être mises à jour par la fonte des glaces. Il est facile de comprendre pourquoi Trump veut que les États-Unis se retirent de l’Accord de Paris sur le climat! Plus la glace fondra rapidement sous les coups de boutoir du réchauffement climatique, plus il sera facile d’avoir accès aux ressources minérales qui se cachaient jusqu’à présent sous la glace. Cependant, la tentative du président américain d’acheter le Groenland s’est soldée par un échec. Les responsables politiques du Groenland et du Danemark ont insisté sur le fait que le pays n’était pas à vendre.
Cependant, les États-Unis gardent toujours un oeil sur le Groenland. Une délégation américaine, avec à sa tête le conseiller du Département d’État, s’est rendue dans la capitale Nuuk fin octobre pour s’entretenir avec des ministres du gouvernement groenlandais. Selon les analystes politiques danois, cette visite avait pour objectif d’accroître l’influence des États-Unis au Groenland.
Certains pensent que l’administration Trump est déterminée à gagner les cœurs et les esprits des 56 000 Groenlandais, le but étant de les convaincre de couper le cordon ombilical avec le Danemark et de devenir le 51ème État des États-Unis.
Les Américains ont décidé d’accroître leur présence au Groenland et de communiquer directement avec les habitants. Cela permettra court-circuiter le Danemark et d’accroître progressivement l’influence étasunienne sur la grande île. Cela porterait inévitablement atteinte à la souveraineté du Danemark.
Les membres de la délégation américaine ont exprimé leur intérêt pour une coopération de plus en plus importante avec le Groenland dans les domaines du commerce, de la construction d’infrastructures, de l’investissement, de l’éducation et de la recherche. Il est également évident que les États-Unis voudraient développer l’industrie minière et le tourisme, sujet qui a été à l’origine des récents désaccords entre le Groenland et le Danemark.
De nombreux observateurs estiment que les États-Unis pourraient aider le Groenland à obtenir son indépendance et persuader les autorités groenlandaises de tenir un référendum sur la séparation du Danemark Un journaliste local n’exclut pas la possibilité de voir une majorité politique se dessiner au Groenland d’ici cinq à dix ans pour que le Groenland rejoigne les Etats-Unis et se séparer de la tutelle danoise.

Source: Iceland Monitor.

Personnellement, je suis prêt à parier que si les Républicains restent au pouvoir, le Groenland deviendra le 51ème Etat des Etats Unies au cours de la décennie à venir. Business is business ! Un bel exemple de colonialisme que la France et la Grande Bretagne n’auront pas trop intérêt à critiquer !

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In August 2019, President Trump said he was interested in buying Greenland. This was certainly not because of the beauty of the territory’s icy expanses, but rather to have access to the wealth likely to be uncovered by the melting of the ice. It is easy to understand why Trump wants the U.S. to pull out of the Paris Climate Agreement! The faster the ice melts under the assaults of global warming, the easier it will be to have access to the minerals that used to hide beneath the ice. However, The U.S. President attempt to buy Greenland proved a failure. The government of Greenland and Danish politicians stressed that the country was not for sale.

However, the United States has not lost interest in Greenland. A US delegation, headed by the counselor of the US Department of State, was in the capital Nuuk in late October, talking to Greenlandic government ministers, a move which Danish political analysts see as likely meant to increase US influence in Greenland.

Some have suggested that US President Donald Trump’s administration is determined to win the hearts and minds of the Greenlandic people, who count 56,000, with the aim of convincing them to cut ties with Denmark and potentially become instead the 51st State of the United States.

Americans now want to increase their presence in Greenland and communicate directly with its people, thereby eschewing Denmark, with the aim of gradually increasing their influence on this large island. This would inevitably undermine the sovereignty of Denmark.

The members of the U.S. delegation expressed interest in increased cooperation with Greenland in trade, the building of infrastructure, investment, education and research. It is also obvious that the U.S. would like to develop mining and tourism, an ambition which caused the recent disagreements between Greenland and Denmark.

Many observers believe the US could help Greenland earn independence from Denmark and might work to persuade Greenland to hold a referendum on separation from Denmark A local journalist does not rule out the possibility of there being political majority in Greenland five to ten years from now for becoming part of the US instead of Denmark.

Source : Iceland Monitor.

Source: Geological Survey of Denmark and Greenland

 

Photos: C. Grandpey

Le permafrost est un puissant émetteur de carbone // Permafrost is a powerful carbon emitter

Quand je lis le titre d’un article publié sur le site web de la revue GEO, je me dis qu’il reste beaucoup à faire pour faire prendre conscience des effets du réchauffement climatique.

L’article est intitulé : « A cause du changement climatique, le sol gelé de l’Arctique serait devenu un émetteur de carbone. » Je suis désolé, mais l’utilisation du conditionnel est une grave erreur. Cela fait longtemps que j’attire l’attention sur les émissions de gaz à effet de serre (gaz carbonique et méthane) par le sol de la toundra, que ce soit en Sibérie, au Canada ou en Alaska.

L’auteur de l’article prend des précautions bien inutiles. Il écrit qu’« une nouvelle étude suggère qu’à cause de la hausse de températures, le sol gelé de l’Arctique serait devenu un émetteur de dioxyde de carbone. En hiver, il libèrerait désormais plus de gaz que les plantes de la région ne peuvent en absorber durant l’été. » Pas de doute possible, GEO est très en retard sur la réalité !

En lisant l’article, j’ai l’impression de lire un condensé des notes diffusées de puis des mois sur mon blog à propos de la fonte du permafrost, ou pergélisol. On nous rappelle que le sol arctique gelé en permanence constitue 24% des terres émergées de l’hémisphère nord et recouvre plus de 20 millions de kilomètres carrés. Depuis des dizaines de milliers d’années, les régions arctiques capturent le gaz carbonique pour le piéger en profondeur. D’après une étude parue en 2015, le pergélisol recèle quelque 1.700 milliards de tonnes de CO2, soit deux fois plus que la quantité présente dans l’atmosphère. A cause du changement climatique et de l’augmentation des températures, le pergélisol est maintenant devenu un émetteur de carbone. Il libère plus de CO2 en hiver que les plantes de la région ne peuvent en absorber durant l’été.

Jusqu’à ces dernières années, on pensait que la libération de carbone s’interrompait en hiver parce que les sols restaient gelés et que les bactéries n’étaient pas actives, mais des études récentes ont prouvé le contraire.

Comme je l’ai indiqué dans une note précédente, les scientifiques ont placé des capteurs de dioxyde de carbone au niveau de plus de 100 sites répartis à travers l’Arctique. D’octobre à avril, ces dispositifs ont collecté plus de 1.000 mesures qui ont permis d’évaluer les émissions de CO2 au niveau du pergélisol et d’établir des modèles. Les chercheurs ont constaté que la libération de CO2 varie selon le type de végétation mais est deux fois plus importante qu’évaluée par de précédentes études.

Pour calculer l’évolution du phénomène au fil des décennies, les scientifiques ont étendu les prédictions de leur modèle en considérant les conditions plus chaudes établies pour 2100 par différents scénarios du GIEC. Dans un scénario modéré où des efforts seraient mis en place, les émissions du pergélisol pourraient augmenter de 17%. En revanche, si aucun effort n’est mené, le phénomène pourrait croître de 41%.

L’article de GEO fait toutefois remarquer que cette étude n’est pas la première à dénoncer les conséquences de la fonte du pergélisol pour le climat. Les sols gelés de l’Arctique sont déjà qualifiés par certains de « bombe à retardement climatique », en raison de la quantité de méthane (CH4) qu’ils recèlent et peuvent libérer. Les cratères creusés dans la toundra sibérienne par les explosions de méthane sont la preuve de la puissance explosive de ce gaz dont le potentiel de réchauffement est environ 30 fois supérieur à celui du dioxyde de carbone.

Pour terminer, l’article oublie de mentionner les conséquences que la fonte du permafrost pourrait avoir pour la santé. En fondant, le sol gelé risque de libérer des bactéries restées prisonnières pendant des décennies, voire des siècles. L’épidémie d’anthrax qui a touché des éleveurs de rennes en Sibérie il y a quelque mois n’est peut-être pas étrangère à ce phénomène.

Source : GEO.

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When I read the title of an article published on the website of the GEO magazine, I tell myself that much remains to be done to raise awareness of the effects of global warming.
The article is entitled: “Because of climate change, frozen ground in the Arctic may have become a carbon emitter.” I’m sorry, but using “may” is a big mistake. It has been a long time since I brought attention to greenhouse gas (carbon dioxide and methane) emissions from tundra soils, whether in Siberia, Canada or Alaska.
The author of the article takes useless precautions. He writes that « a new study suggests that because of rising temperatures, the frozen ground of the Arctic may have become a carbon dioxide emitter. In winter, it is likely to release more gas than plants in the region can absorb during the summer. No doubt, GEO is way behind reality!
While reading the article, I have the impression to read a summary of the posts released for months on my blog about the melting of permafrost. We are reminded that the permanently frozen Arctic soil constitutes 24% of the northern hemisphere’s land surface and covers more than 20 million square kilometres. For tens of thousands of years, Arctic regions have captured carbon dioxide to trap it at depth. According to a study published in 2015, permafrost contains some 1,700 billion tonnes of CO2, twice as much as the amount in the atmosphere. Due to climate change and increasing temperatures, permafrost has now become a carbon emitter. It releases more CO2 in winter than plants in the region can absorb during the summer.
Until recently, it was thought that carbon release stopped in the winter because soils remained frozen and bacteria were not active, but recent studies have shown the opposite.
As I mentioned in a previous posts, scientists have placed carbon dioxide sensors at more than 100 sites across the Arctic. From October to April, these devices collected more than 1,000 measurements that made it possible to evaluate CO2 emissions at the level of permafrost and to establish models. The researchers found that CO2 release varies by vegetation type, but is twice as large as assessed by previous studies.
To calculate the evolution of the phenomenon over decades, scientists have extended the predictions of their model by considering the warmer conditions set for 2100 by different IPCC scenarios. In a moderate scenario where efforts would be put in place, permafrost emissions could increase by 17%. On the other hand, if no effort is made, the phenomenon could grow by 41%.
However, the GEO article notes that this study is not the first to denounce the consequences of melting permafrost for the climate. The frozen soils of the Arctic are already qualified by some of the « climate time bomb » because of the amount of methane (CH4) they contain and can release. The craters dug in the Siberian tundra by methane explosions are proof of the explosive power of this gas whose potential for warming is about 30 times higher than that of carbon dioxide.
Finally, the article fails to mention the consequences that the melting of permafrost could have for health. By melting, frozen soil may release bacteria that have been trapped for decades or even centuries. The anthrax epidemic that affected reindeer herders in Siberia a few months ago may be linked to this phenomenon.
Source: GEO.

Photo: C. Grandpey

Source: The Siberian Times

Le Groenland, une caverne d’Ali Baba! // Greenland, an Ali Baba’s Cave !

Tout le monde s’est moqué du Président Trump lorsqu’il a laissé entendre que les États-Unis pourraient être intéressés par l’achat du Groenland. Comme je l’ai déjà écrit, ce n’était pas la première fois qu’un président américain émettait une telle idée. En y réfléchissant, la suggestion de Trump n’était pas aussi stupide qu’elle en a l’air. Alors que la hausse des températures fait reculer la banquise, l’Arctique est en train d’acquérir une nouvelle importance géopolitique et économique et les États-Unis ne sont pas les seuls à vouloir se partager le gâteau. La Russie, la Chine et d’autres pays s’intéressent aux ressources potentielles de la région
Le Groenland est parfois décrit comme une Caverne d’Ali Baba, avec une profusion de pétrole, de gaz naturel et de minéraux rares qui ne demande qu’à être exploitée au fur et à mesure que la glace disparaît. Au moment où la fonte de la glace ouvre des voies de navigation et révèle des richesses incroyables, la région est considérée comme un nouvel atout géopolitique et économique. Un Groenland indépendant pourrait, par exemple, offrir des bases à la Russie et / ou à la Chine. Si l’île devenait un territoire semi-autonome du Danemark, cela aurait des conséquences géostratégiques majeures, en particulier si le passage du Nord-Ouest devenait une voie de transit pour la navigation, comme c’est le cas dans l’Arctique russe.
En avril, le président russe Vladimir Poutine a présenté un ambitieux programme visant à réaffirmer la présence de son pays dans l’Arctique ; il prévoit notamment la construction de ports et d’autres infrastructures et le développement de la flotte de brise-glace. La Russie veut s’implanter dans la région qui détient jusqu’à un quart du pétrole et du gaz naturel non encore exploités sur la planète.
La Chine est intéressée par le Groenland pour ses ressources en minéraux rares et parce que l’île pourrait être une base portuaire permettant des expéditions à travers l’Arctique vers l’est des Etats Unis. L’an dernier, la Chine a déjà encouragé le développement d’une « Route de la soie polaire » dans le cadre de l’Initiative de Beijing pour la construction de voies ferrées, de ports et autres infrastructures dans des dizaines de pays.
Alors que le réchauffement climatique fait reculer la glace et le froid vers le nord un peu plus chaque année, les scientifiques soulignent que la course vers l’Arctique sera un marathon long et difficile, et surtout pas une course de vitesse. La fonte de la calotte glaciaire du Groenland va générer de nombreux obstacles à l’exploitation des ressources pétrolières et gazières en mer, car les plates-formes de forage et les navires seront en permanence sous la menace des icebergs.
En revanche, si l’exploitation minière au Groenland coûtait cher jusqu’à présent à cause de l’environnement, les coûts de développement ont diminué avec la fonte de la glace, ce qui rend l’île beaucoup plus attrayante pour les acheteurs potentiels,
Source: Médias américains.

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Everybody laughed at President Trump when he suggested the United States might be interested in buying Greenland. As I put it before, this was not the first time a US president had emitted such an idea. Thinking about it, Trump’s suggestion was not as stupid as it seems. As warmer temperatures cause the ice to retreat, the Arctic region is taking on new geopolitical and economic importance, and not just the United States hopes to stake a claim; Russia, China and other nations are eyeing the Arctic’s potential resources.

Greenland is sometimes described as an Aladdin’s Cave of oil, natural gas and rare earth minerals just waiting to be tapped as the ice recedes. As melting ice opens shipping lanes and reveals incredible riches, the region is seen as a new geopolitical and economic asset. An independent Greenland could, for example, offer basing rights to either Russia or China or both. Should the island become a semi-autonomous territory of Denmark, it would have major geostrategic implications, especially if the Northwest Passage becomes a transit route for shipping, which is what is happening in the Russian Arctic.

In April, Russian President Vladimir Putin put forward an ambitious program to reaffirm his country’s presence in the Arctic, including efforts to build ports and other infrastructure and expand its icebreaker fleet. Russia wants to stake its claim in the region that is believed to hold up to one-fourth of the Earth’s undiscovered oil and gas.

China sees Greenland as a possible source of rare earths and other minerals and a port for shipping through the Arctic to the eastern U.S. It called last year for joint development of a « Polar Silk Road » as part of Beijing’s Belt and Road Initiative to build railways, ports and other facilities in dozens of countries.

But while global warming pushes the cold and ice farther north each year, experts caution that the race to the Arctic is an incredibly challenging marathon, not a sprint. The melting of the Greenland ice sheet creates uncertainty and danger for offshore oil and gas developers, threatening rigs and ships with all the icebergs they have to navigate around.

On the other hand, while mining in Greenland has been expensive due to the environment, development costs have fallen as the ice has melted, making it more attractive to potential buyers,

Source: US news media.

Les ressources énergétiques et minières du Groenland en 2014 (Source : La documentation française)

Arctique: La glace de mer continue à rétrécir // Arctic : Sea ice keeps shrinking

Selon le  National Snow and Ice Data Center (NSIDC) et la NASA, la glace de mer arctique vient d’atteindre une nouvelle fois, à la mi septembre 2019, le deuxième niveau le plus bas jamais enregistré. La fonte de la glace de mer est un problème pour les populations et les espèces sauvages de l’Arctique, comme les ours polaires et les morses. La glace de mer permet de réguler la température de la planète en influençant la circulation des courants atmosphériques et océaniques. Un scientifique de la NASA explique que « si on réduit la quantité de glace de mer, on commence à réchauffer l’Arctique, et lorsqu’on commence à réchauffer l’Arctique, on commence à modifier la circulation du jet-stream, qui régit le météo sur Terre ».
L’étendue de la glace de mer atteignait 4,1 millions de kilomètres carrés le 18 septembre 2019. Cela représente 2,1 millions de kilomètres carrés de moins que la moyenne. On se trouve à égalité avec 2007 et 2016 pour le deuxième niveau le plus bas jamais enregistré. La glace de mer – contrairement à la banquise – est de l’eau de mer qui a gelé et qui fond chaque été, puis regèle chaque hiver. Elle atteint sa plus grande superficie en mars de chaque année. 2019 se classe derrière 2012, année du plus bas niveau jamais enregistré. On mesure la glace de mer arctique depuis 1979. L’étendue minimale de cette année montre qu’il n’y a aucun signe d’une reprise d’extension de la couverture de la glace de mer.
Septembre est le mois où la glace de mer arctique atteint sa plus faible étendue de l’année, vers la fin de l’été dans l’hémisphère Nord. Selon la NASA – et comme je l’ai fait remarquer à propos de l’Alaska – l’été 2019 a été très chaud dans l’Arctique, avec des températures moyennes de 2,7 à 3,8 degrés Celsius supérieures à la normale.
Tant que l’on continuera à observer un rétrécissement de la glace de mer, il y aura un problème de survie des ours polaires. Cela signifie que l’espèce peut disparaître de certaines régions, avant même que la glace de mer disparaisse définitivement chaque année.
Selon la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) et la NASA, la quantité de glace de mer pendant l’été dans l’Arctique a régulièrement diminué au cours des dernières décennies en raison du réchauffement climatique causé par l’homme. Dans le même temps, suite à la parution du rapport du GIEC, le Département fédéral de l’Intérieur des Etats Unis affirme qu’« il n’y a pas de crise climatique ». Cherchez l’erreur !
Source: NOAA, NASA, NSIDC.

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Arctic sea ice shrank to its second-lowest level on record by mid September 2019, according to the National Snow and Ice Data Center (NSIDC) and NASA.

Sea ice affects Arctic communities and wildlife such as polar bears and walruses, and it helps regulate the planet’s temperature by influencing the circulation of the atmosphere and ocean. A NASA scientist explains that « if you decrease the amount of sea ice, you start warming up the Arctic, and when you start warming up the Arctic, you start changing the circulating of the jet stream, which brings weather to us here. »

Sea ice extent was measured at 4.1 million square kilometres on September 18th, 2019. That’s 2.1 million square kilometres below the average, tying with both 2007 and 2016 for second-lowest level on record. Sea ice is frozen ocean water that melts each summer, then refreezes each winter. Arctic sea ice reaches its largest area in March each year. This year ranks behind only 2012, when the lowest level on record was measured. Arctic sea ice has been measured since 1979. This year’s minimum sea ice extent shows that there is no sign that the sea ice cover is rebounding.

September is the month Arctic ice reaches its lowest extent of the year, toward the end of the Northern Hemisphere’s summer. According to NASA, it was a very warm summer in the Arctic, with average temperatures 2.7 to 3.8 degrees Celsius above normal.

The frequency of these bad ice years will make it impossible for polar bears to survive until another good year comes along. This means that polar bears may disappear from some subpopulations, even before sea ice is gone every year.

The amount of summer sea ice in the Arctic has been steadily shrinking over the past few decades because of man-made global warming, according to the National Oceanic and Atmospheric Administration and NASA. Meantime, following the latest IPCC report, the US Department of the Interior affirms that “there is not a climate crisis”.

Source: NOAA, NASA, NSIDC.

Photos: C. Grandpey

Le réchauffement climatique fait émerger de nouvelles terres // Global warming allows new lands to emerge

C’est une situation qui est amenée à se développer avec le réchauffement climatique et la fonte de la banquise et des glaciers. Le ministère de la Défense russe a annoncé le 27 août 2019 que la Russie possédait désormais cinq nouvelles îles suite à la fonte du glacier Nansen, une immense étendue de glace de 48 km de long sur 16 km de large. Ces nouvelles terres émergées de la glace, dont la surface varie entre 900 et 54 500 mètres carrés, se trouvent près de l’archipel de la Nouvelle-Zemble (Novaya Zemlya), entre la mer de Barents et la mer de Kara. Elles avaient été remarquées pour la première fois en 2016 sur des photos satellite. Depuis cette époque, des relevés topographiques ont été effectués et des photographies ont été prises afin de confirmer la découverte.

Avec l’accélération du réchauffement climatique ces dernières années, la fonte de l’Arctique a atteint des proportions inquiétantes. Avec 7,59 millions de km² en moyenne, jamais la superficie de la banquise arctique n’a été aussi faible au cours d’un mois de juillet depuis le début des observations satellitaires il y a 40 ans. En janvier, des chercheurs ont annoncé que des terres ensevelies depuis 40.000 ans sous la glace avaient été exposées à la surface pour la première fois au Canada. En février, la NASA alertait sur la fonte du glacier Thwaites en Antarctique, qui est miné par les eaux de plus en plus chaudes de l’océan.

La découverte des cinq îles a réjoui le gouvernement qui les ajoutera prochainement à la carte officielle de la Russie.

Source : Futura Sciences.

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This is a situation that is likely to become more and more frequent with global warming and the melting of the ice sheet and glaciers. The Russian Defense Ministry announced on August 27th, 2019 that Russia now has five new islands following the melting of the Nansen Glacier, a huge expanse of ice 48 km long and 16 km wide. These new lands, whose surface varies between 900 and 54,500 square metres, are near the archipelago of Novaya Zemlya, between the Barents Sea and the Kara Sea. They had been noticed for the first time in 2016 on satellite photos. Since that time, topographic surveys have been completed and photographs taken to confirm the discovery.
With the acceleration of global warming in recent years, the melting of the Arctic has reached alarming proportions. With an average of 7.59 million square kilometres, the Arctic sea ice extent has never been so low in the month of July since the onset of satellite observations 40 years ago. In January, researchers reported that land buried for 40,000 years under the ice had been exposed for the first time in Canada. In February, NASA alerted to the melting of the Thwaites Glacier in Antarctica, which is undermined by the increasingly warm waters of the ocean.
The discovery of the five islands was welcomed by the government that will soon add them to the official map of Russia.
Source: Futura Sciences.

Localisation des cinq nouvelles terres (Google Maps)