Le Mont Taranaki (Nouvelle Zélande) va devenir une personne légale // Mt Taranaki (New Zealand) to become a legal person

En Nouvelle Zélande, le Mont Taranaki (aussi appelé Mont Egmont) va recevoir les mêmes droits légaux qu’une personne. Il deviendra ainsi la troisième entité géographique du pays à se voir accorder une «personnalité juridique». Huit tribus Maori locales et le gouvernement se partageront la tutelle de la montagne sacrée qui se trouve sur la côte ouest de l’île du Nord. Il s’agit d’un volcan qui culmine à 2 518 mètres d’altitude ; sa forme conique aux pentes régulières est considérée comme une des plus symétriques au monde. La dernière éruption s’est probablement produite en 1755 mais le volcan est toujours considéré comme actif et potentiellement dangereux.

Cette attribution de droits légaux est la dernière étape d’une reconnaissance de la relation entre les peuples autochtones et la montagne qu’ils considèrent comme un ancêtre et un whanau ou membre de la famille. Le nouveau statut signifie que si quelqu’un la maltraite ou lui veut du mal, cela revient à nuire à la tribu.
Le Mont Taranaki deviendra une personnalité juridique, à part entière, qui aura des droits similaires à ceux de la rivière Whanganui, qui a reçu un statut identique en début d’année. Il confère la meilleure protection possible au volcan qui est devenu une attraction touristique de plus en plus populaire après que Lonely Planet ait élevé l’année dernière la région de Taranaki au rang de deuxième endroit à visiter dans le monde.
Dans le cadre du nouveau statut, le gouvernement néo-zélandais présentera ses excuses aux tribus Maori locales pour les violations historiques du Traité de Waitangi envers la montagne, mais les tribus locales ne recevront aucune compensation financière ou commerciale.
Source: journaux néo-zélandais.

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Comme je l’ai écrit sans une note publiée le 14 avril 2017, ce n’est pas la première fois dans le monde qu’un site naturel reçoit les mêmes droits légaux qu’une personne. La Haute Cour d’Uttarakhand a déclaré vendredi 31 mars 2017 que l’air, les glaciers, les forêts, les sources, les rivières et autres lieux naturels étaient des personnes à part entière d’un point de vue légal et que les blesser ou leur causer du mal entraînerait des poursuites. Sont particulièrement concernés par la décision de la Haute Cour les glaciers de l’Himalaya parmi lesquels figurent le Gangotri et le Yamunotri.

Le village de Gangotri est un des lieux de pèlerinage les plus visités en Inde. Il se trouve au pied d’un glacier du même nom, long d’une trentaine de kilomètres, dont les eaux de fonte donnent naissance à l’un des bras du Gange supérieur. Le glacier Yamunotri  donne naissance à la Yamuna, l’un des fleuves les plus sacrés de l’Inde.

L’annonce de la Haute Cour intervient une semaine après qu’elle ait déclaré que le Gange et la Yamuna étaient des « personnes légales ». Elle a expliqué le concept en déclarant qu’une « personne juridique », comme toute autre personne physique, dispose de droits, d’obligations et de responsabilités et est soumise à la loi. Il s’agit en réalité d’une personne artificielle ayant le statut de personne morale. En d’autres termes, elle agit comme une personne physique, mais grâce à une personne désignée. Les droits de ces entités sont équivalents aux droits des êtres humains et le préjudice susceptible de leur être causé doit être considéré comme un préjudice causé aux êtres humains.

Aux yeux des juges de la Haute Cour, les générations antérieures ayant remis la « Mère Terre dans sa gloire immaculée », il existe une obligation morale de remettre la même Terre à la prochaine génération.

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Mount Taranaki (also called Mount Egmont) in New Zealand is to be granted the same legal rights as a person, becoming the third geographic feature in the country to be granted a “legal personality”. Eight local Maori tribes and the government will share guardianship of the sacred mountain on the west coast of the North Island. It is a volcano that rises 2,518 meters above sea level; its conical shape with regular slopes is considered one of the most symmetrical in the world. The last eruption probably occurred in 1755 but the volcano is still considered active and potentially dangerous.

This attribution of legal rights is the final stage in a long-awaited acknowledgement of the indigenous people’s relationship to the mountain, who view it as an ancestor and whanau, or family member. The new status of the mountain means if someone abuses or harms it, it is the same legally as harming the tribe.

Mount Taranaki will become “a legal personality, in its own right, gaining similar rights to the Whanganui River, which was granted legal personhood earlier this year. The agreement will offer the best possible protection for the mountain, which is becoming an increasingly popular tourist attraction after Lonely Planet named the Taranaki region the second best place to visit in the world last year.

As part of the agreement the New Zealand government will apologise to local Maori for historical breaches of the Treaty of Waitangi against the mountain, although local tribes will receive no financial or commercial redress.

Source: New Zealand newspapers.

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As I put it in a note written on April 14th 2017, this is not the first time in the world a natural site has been granted the same legal rights as a person. The Uttarakhand High Court in India declared on Friday March 31st 2017 air, glaciers, forests, springs, rivers and other natural places as legal/juristic persons and that injuring them or causing them any harm would result in prosecution. Particularly concerned by the High Court decision are the glaciers of the Himalayas, among which are the Gangotri and the Yamunotri. The village of Gangotri is one of the most visited places by pilgrims in India. It is located at the foot of a glacier of the same name, about thirty kilometres long, whose meltwaters give birth to one of the arms of the upper Ganges. The Yamunotri glacier gives birth toYamuna, one of the most sacred rivers in India.
The High Court’s decision came a week after it declared that the Ganges and the Yamuna were « legal/juristic persons ». It explained the concept by stating that a « legal:juristic person », like any other natural person, is conferred with rights, obligations and responsibilities and is dealt with in accordance to the law.

Le Mt Taranaki enneigé vu depuis l’espace (Crédit photo : NASA)

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Ngauruhoe (Nouvelle Zélande // New Zealand)

Lorsque j’ai voyagé à travers la Nouvelle-Zélande en 2009, j’ai visité le complexe volcanique du Tongariro sur le Plateau Central de l’île du Nord. Je conseille fortement d’effectuer le Tongariro Alpine Crossing, une randonnée de 19 kilomètres qui offre de superbes vues sur les volcans de la région.
Le Ngauruhoe est l’édifice le plus jeune du complexe volcanique du Tongariro. Il est né il y a environ 2500 ans. Bien qu’il soit considéré par beaucoup comme un volcan à part entière, il s’agit en réalité d’un cône adventif du Mont Tongariro. Le Ngauruhoe se situe entre le Mont Tongariro au nord et le Mont Ruapehu au sud, et à 25 kilomètres au sud de la rive méridionale du lac Taupo.
Le Ngauruhoe est entré en éruption à 45 reprises au cours du 20ème siècle, et pour la dernière fois en 1974. On observe quelques fumerolles dans le cratère interne et sur la lèvre du cratère externe. Cependant, le volcan ne montre pas actuellement de signes d’activité et son niveau d’alerte volcanique est à zéro. On a enregistré une hausse de la sismicité en mai 2006; le niveau d’alerte a alors été élevé à un, mais aucune éruption n’a eu lieu. Une autre augmentation de l’activité sismique en mars 2015 a fait passer le niveau d’alerte à 1, mais trois semaines plus tard, il a été ramené à 0.
L’Otago Times a récemment publié la description par des témoins d’une éruption survenue à la mi-novembre 1917:
Le vendredi, un groupe composé de MM. W. Salt (Wanganui), W. P. Mead (Taumarunui) et Bourne (Auckland), a entrepris d’escalader le Ngauruhoe, et a effectué une ascension très intéressante.
La troupe est partie de bonne heure et a entrepris l’ascension de la montagne, au cours de laquelle plusieurs explosions ont été entendues. Le groupe est monté jusqu’à mi-pente et, comme il était dangereux d’aller plus loin, ils observèrent les environs et trouvèrent de la lave encore brûlante et des blocs de 3 pieds (90 centimètres) de diamètre.
En descendant, ils ont constaté que certaines des roches projetées par le volcan avaient atteint les plaines, et l’herbe avait été brûlée en conséquence. Au moment où le groupe arrivait à son hébergement, une très belle explosion se fit entendre.
Des roches, de la vapeur, etc. furent projetés à une distance de 600 pieds au-dessus du cratère. La masse brûlante semblait suspendue dans l’air pendant une seconde ou deux, étincelante et brûlante, avant de retomber sur terre avec un fracas de tonnerre.
M. Salt, qui avait beaucoup d’expérience avec les trois montagnes du merveilleux parc national de Nouvelle-Zélande, a émis l’idée qu’un nouveau cratère s’était formé sur le Ngauruhoe, plus au nord.
La montagne est généralement escaladée par le versant ouest. En été, la montée est difficile en raison des téphra qui roulent sous les pieds. En hiver, la neige consolide le sol. Comme la pente est d’environ 45 degrés, il est essentiel de creuser des marches à coups de pied, ce qui nécessite une bonne forme physique. Après la pluie, la neige peut se recouvrir de glace, ce qui rend la montée encore plus traître. Les randonneurs expérimentés qui parviennent à atteindre le sommet peuvent faire le tour du cratère. Avant de commencer toute ascension, il faut consulter les prévisions météorologiques, avoir un niveau de randonnée en montagne, des vêtements chauds et un bon équipement. Entre mars et octobre, la montagne est balayée par de violentes rafales de vent et des tempêtes de neige ; la température plonge alors bien au-dessous de zéro.
En 1974, dans le cadre d’une campagne promotionnelle pour une célèbre marque de Champagne, Jean-Claude Killy a été filmé en train de dévaler à ski le versant est de la montagne, ce qui n’avait encore jamais été tenté. La pente moyenne de ce côté du volcan est de 35 degrés. Le radar a révélé que Killy avançait à plus de 160 kilomètres par heure!
Le Ngauruhoe est extrêmement célèbre en Nouvelle-Zélande et même dans le monde entier. Il a servi de lieu de tournage pour la Montagne du Destin dans la trilogie cinématographique du Seigneur des Anneaux de Peter Jackson. Personnellement, bien qu’ayant beaucoup apprécié les paysages de la région, je n’ai pas vraiment ressenti de fascination pour cette Montagne du Destin pendant le Tongariro Alpine Crossing…

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When I travelled across New Zealand in 2009, I visited the Tongariro volcanic complex on the Central Plateau of the North Island. I would strongly advise people to perform the Tongariro Alpine Crossing, a 19-kilometre hike which offers great views of the volcanoes of the region.

Mount Ngauruhoe is the youngest vent in the Tongariro volcanic complex, and first erupted about 2,500 years ago. Although seen by most as a volcano in its own right, it is technically a secondary cone of Mount Tongariro. The volcano lies between the active volcanoes of Mount Tongariro to the north and Mount Ruapehu to the south, and 25 kilometres to the south of the southern shore of Lake Taupo.

Mt Ngauruhoe erupted 45 times in the 20th century, most recently in 1974. Fumaroles exist inside the inner crater and on the rim of the outer crater. However, the volcano is no longer showing signs of any significant unrest and the Volcanic Alert Level has been reduced to zero. There was an increase in seismicity in May 2006; it prompted the alert level to be raised to one, but no eruption occurred. Another increase in seismic activity in March 2015 resulted in the alert level being raised to1, but three weeks later it was lowered back to 0.

The Otago Times recently published an article with the description by witnesses of an eruption that occurred by mid-November 1917:

On Friday a party, consisting of Messrs W. Salt (Wanganui), W. P. Mead (Taumarunui), and Bourne (Auckland), made an ascent of Ngauruhoe, and had a most interesting climb.

The party got away at an early hour, and ascended the mountain, during which time several shots were sent up. They went half-way up, and, as it was considered dangerous to proceed any farther, they reconnoitred in the vicinity and found red-hot lava and rocks 3ft through lying around.

On descending, they found that some of the rocks thrown out by the volcano had reached the plains, and the grass had been burned and scorched in consequence. When the party arrived at the accommodation house a most beautiful shot was sent up.

Rocks, steam, etc., were thrown up to a distance of fully 600ft above the crater. The white-hot mass appeared to hang in the air for a second or two, sparkling and burning, then it fell with a thunderous roar to earth.

Mr Salt, who has had a great deal of experience with the three mountains in New Zealand’s wonderful National Park, expressed the opinion that a new crater had been formed in Ngauruhoe further to the northward.

The mountain is usually climbed from the western side. In summer the climb is difficult due to the loose tephra that gives way underfoot. In winter, snow consolidates the tephra. As the slope is about 45 degrees, kicking steps is essential, and this requires fitness. After rain, the snow may be covered by ice which is treacherous. Experienced climbers who manage to reach the summit can circumnavigate the crater. Before starting any climb hikers should have a look at the weather forecast, have the appropriate level of skill, warm clothing and equipment. Between March and October the mountain is subject to sudden violent wind gusts and snow storms with the temperature plunging well below zero.

In 1974, as part of a promotional campaign for a famous French Champagne, Jean-Claude Killy was filmed skiing down the previously unskied eastern slope of the mountain. The average slope on this side of the volcano is 35 degrees, and Killy was caught on radar skiing more than 160 kilometres per hour!

Mount Ngauruhoe is extremely famous in New Zealand and even around the world. It was used as a stand-in for the fictional Mount Doom in Peter Jackson’s The Lord of the Rings film trilogy. Personally, although I appreciated very much the landscapes around me, I did not feel any fascination for the place during the Tongariro Alpine Crossing.

Vues aériennes du Ngauruhoe…

du Ruapehu….

des Emerald Lakes pendant le Tongariro Alpine Crossing.

Photos: C. Grandpey

Ruapehu (Nouvelle Zélande / New Zealand)

Lors d’une visite à la zone sommitale du Ruapehu le 23 novembre 2017, les scientifiques de GeoNet ont pu mesurer les émissions de dioxyde de carbone qui atteignaient 2 290 tonnes par jour, l’une des valeurs les plus hautes enregistrées ces dernières années. La température du lac était de 37°C, vers le haut de la fourchette de température habituelle.
Le tremor volcanique reste à des niveaux modérés.
Le beau temps qui régnait sur le volcan a également permis de prélever des échantillons d’eau dans le cratère ; les analyses sont en cours.
Bien que les émissions de gaz et les températures soient plutôt élevées en ce moment, le niveau d’alerte volcanique est maintenu à 1. En effet, ce genre de situation apparaît périodiquement et les scientifiques de GeoNet pensent que l’on devrait rapidement observer un retour à la normale.

Source: Manawatu Evening Standard.

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During a visit to Mr Ruapehu’s summit area on November 23rd, 2017, GeoNet scientists could measure carbon dioxide emissions which reached 2,290 tonnes per day, one of the largest values recorded in recent years. The lake temperature was 37°C, near the top of its usual range.

The volcanic seismic tremor remains at moderate levels.

The fine weather also allowed for water samples to be taken from the crater, and analysis of those was underway.

Although gas emissions and temperatures are rather high at the moment, the volcanic alert level is kept at 1. This kind of situation appears periodically and GeoNet scientists think the volcano should settle down shortly.

Source: Manawatu Evening Standard.

Lac de cratère du Ruapehu (Photo: C. Grandpey)

Simulation d’une éruption à Auckland (Nouvelle Zélande) // Visualisation of an eruption at Auckland (New Zealand)

Comme je l’ai indiqué à plusieurs reprises, la ville d’Auckland a été construite sur un champ volcanique potentiellement actif. Un volcanologue maintenant à la retraite – le professeur Colin Wilson de l’Université de Victoria – vient de recevoir la médaille Rutherford pour son travail sur les volcans explosifs et la menace qu’ils représentent pour les populations.
Il a travaillé sur plusieurs volcans à travers le monde, comme le Taupo, Long Valley et Yellowstone aux États-Unis. Son travail a mis en oeuvre de nouvelles techniques pour cartographier les processus volcaniques depuis l’état de sommeil jusqu’à l’éruption proprement dite. Ses recherches ont également permis de relier les cycles s’étendant sur le long terme à certaines des éruptions les plus importantes et les plus destructrices connues à ce jour. Par exemple, il a démontré qu’il y a eu une longue phase de préparation avant le déclenchement, il y a environ 25 500 ans, de la super éruption du Taupo qui a créé l’énorme caldeira que le Lac Taupo ne remplit que partiellement aujourd’hui.
En cliquant sur le lien ci-dessous, vous verrez une simulation impressionnante d’une éruption dans la région d’Auckland. Elle débuterait près de l’île de Rangitoto que l’on peut voir à l’arrière-plan. Il convient de noter que la projection du document dans le musée a eu pour résultat des enfants effrayés et une dévaluation des biens immobiliers situés sur le rivage !
https://vimeo.com/29927106
Source: New Zealand Herald.

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As I indicated several times, the town of Auckland was built on a potentially active volcanic field. A veteran volcanologist – Victoria University’s Professor Colin Wilson – has just been awarded the Rutherford Medal for his work on explosive volcanoes and the threat they pose to the populations.

He has worked on many of the world’s volcanoes, including Taupo, and Long Valley and Yellowstone in the United States. His work has pioneered new techniques to map out the volcanic processes from slumber to massive eruption. His research has also been able to link long-term cycles with some of the largest and most destructive eruptions known to science. For instance, it showed how there was a long build-up to the massive super-eruption from Taupo about 25,500 years ago, which created the enormous caldera that Lake Taupo only fills partly today.

By clicking on the link below, you will see an impressive simulation of an eruption in the Auckland area. It would start near the Rangitoto Island one can see in the background. It should be noted that the result of the show in the museum was frightened children and de-valued waterfront property!

https://vimeo.com/29927106

Source : New Zealand Herald.

Une éruption dans la baie d’Auckland aurait des conséquences catastrophiques faciles à imaginer (Photo: C. Grandpey)

 

Visitez White Island (Nouvelle Zélande) avec Google Street View // Visit White Island (New Zealand) with Google Street View

Il est maintenant possible d’explorer l’île volcanique de White Island en ligne en utilisant Google Street View.
https://www.whakatane.com/google-streetview

Whakaari (le nom maori de White Island) est l’un des volcans actifs les plus accessibles au monde. Le projet, mis sur pied par le Whakatane District Council et Google, a été réalisé avec le Google Street View Trekker, un système photographique de 18 kg porté comme un sac à dos et qui prend des photos de haute qualité sur 360 ​​degrés toutes les 2,5 secondes.

Une équipe de randonneurs locaux a également sillonné la région pendant l’été et a pris des clichés le long de 35 km de sentiers, ainsi que dans les sites touristiques les plus emblématiques du district de Whakatane.

Il y a eu des discussions pour savoir si le projet ne ferait pas de tort aux entreprises locales de bateaux et d’hélicoptères car les gens pourraient être moins tentés de se rendre sur l’île. Toutefois, Google Street View ne peut pas reproduire les sensations éprouvées sur le terrain comme les odeurs, le bruit et l’ambiance réelle du site.

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People can now explore the landscape of White Island online using Google Street View.

https://www.whakatane.com/google-streetview

Whakaari (The maori name of White island) is one of the world’s most accessible active volcanoes. A project between the Whakatane District Council and Google aims to take that accessibility to a whole new level, by bringing the island online.

The project was achieved with the Google Street View Trekker, an 18-kg camera backpack that takes high-quality 360 degree photos every 2.5 seconds. A team of local trekkers also set out over summer and captured 35 km of the Whakatane District’s most iconic walks and landmarks.

There was some discussion around whether putting footage online would mean people would choose not to do the real thing, which might mean a loss of money for local boat and helicopter companies.. However, Google Street View can’t fully replicate the real life experiences: the smells, noise and scale of it is truly something best experienced in person.

Photo: C. Grandpey

White Island (Nouvelle Zélande), un jour de septembre 1914… // White Island (New Zealand), one day of September 1914…

Un récent article paru dans le New Zealand Herald nous rappelle qu’en septembre 1914, 11 mineurs de soufre ont péri sur White Island suite à un glissement de terrain et un lahar déclenchés par l’effondrement de la paroi sud-ouest du cratère, d’une hauteur de 300 mètres. Personne ne s’est rendu compte de la catastrophe pendant plus d’une semaine car le volcan se trouve à une cinquantaine de kilomètres de la côte.
Le jour de la catastrophe était probablement le 10 septembre 1914, mais ce n’est pas certain car aucun témoin n’a survécu. Le seul survivant est un chat, plus tard rebaptisé Pierre le Grand. Il y a aussi une incertitude sur le nombre de morts, 10 ou 11.
Les premiers articles de journaux n’apparurent que 11 jours plus tard en faisant état de «la plus grande éruption depuis celle du Tarawera en 1886» et en proposant la date du 10 ou 11 septembre, en se référant aux nuages ​​de fumée noire, aux «fortes détonations» et à un tremblement de terre qui avaient été vus, entendues et ressenti depuis la côte.
On pensait à l’origine que l’activité volcanique ou un séisme avaient provoqué l’effondrement de la paroi du cratère dans le lac, ce qui aurait obstrué la bouche principale et provoqué une éruption ailleurs dans le cratère. Cependant, la théorie de l’éruption a été abandonnée et on pense aujourd’hui que l’effondrement de la paroi du cratère sud-ouest a provoqué un lahar qui s’est précipité sur le plancher du cratère, a écrasé les huttes des mineurs, la maison du responsable de chantier et d’autres bâtiments qui ont été projetés dans la mer.
Albert Mokomoko, le propriétaire du bateau qui transportait régulièrement des vivres et fournitures aux mineurs, a été le premier à être témoin de la destruction. Il a navigué vers White island le 15 septembre. Rien ne semblait anormal et il a supposé que les hommes étaient partis travailler sur une autre partie de l’île.
Le 19 septembre, neuf jours après celui de la catastrophe, Mokomoko est revenu et a accosté sur l’île. Il a été confronté à « une scène de désolation ». Le camp avait disparu, les bâtiments étaient recouverts d’environ 20 pieds de boue de soufre ». Une tranchée a été creusée dans l’amoncellement de 6 mètres de débris où les huttes des hommes étaient censées se trouver, mais aucune trace de vie n’a été décelée. Il n’y avait aucun espoir de trouver des survivants.
Plus de quinze jours après la catastrophe, des épaves ont commencé à apparaître sur les plages de la Bay of Plenty, comme des traverses de voie ferrée, des barriques, des fragments de bateaux, mais aucun objet qui aurait pu se trouver dans les huttes.
Il convient de noter que les familles des mineurs n’ont reçu aucune compensation. La veuve d’une des victimes a vu sa requête contre l’assureur de son employeur rejetée. Il lui fallait prouver que la mort était due à un accident qui s’était produit pendant qu’il travaillait. Bien que l’homme ait probablement péri sur l’île ou dans la mer, le tribunal a statué qu’il ne pouvait être déterminé si l’accident s’était produit alors qu’il travaillait, pendant qu’il allait au travail ou en dehors des heures de travail.
Seuls trois mineurs avaient des enfants. La plupart d’entre eux étaient célibataires. Deux autres hommes sont morts sur l’île à l’époque de la catastrophe: un plus tôt en 1914, après avoir été gravement brûlé dans un accident avec des machines, et un autre qui, selon un journal de 1913, serait tombé dans la mer. Il y a un autre récit entouré de mystère autour de la disparition de ce dernier mineur puisque ses bottes ont été retrouvées près du cratère.

L’histoire de l’accident à White Island peut être lue dans mon livre Killer Volcanoes qui est malheureusement épuisé aujourd’hui.

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A recent article in The New Zealand Herald reminds us that in September 1914, 11 sulphur miners on White Island were killed by a massive landslide and lahar triggered by the collapse of part of the 300-metre southwest wall of the crater. But no one knew about the disaster for more than a week as the volcano lies about 48km from the coast.

The day of the 1914 disaster was probably September 10th, but this is not certain because no witnesses survived. The only survivor was a cat, later renamed Peter the Great. There was also initial uncertainty about the death toll, thought to be either 10 or 11.

The first newspaper reports didn’t appear until 11 days later, telling of « the greatest eruption since Tarawera in 1886 », and guessing at a date of September 10th or 11th, based on the timing of clouds of black smoke, « loud detonations » and an earth tremor that were seen, heard and felt from the mainland.

It was originally thought that volcanic activity or an earthquake toppled the wall of the crater into the lake, blocking the main vent and leading to an eruption elsewhere. However, the eruption theory was abandoned and it is now thought the collapse of the south-western crater rim caused a lahar to rush through the crater floor, smashing the workers’ huts, the manager’s house and other mine buildings and shunting them into the sea.

Albert Mokomoko, a boat owner who ferried supplies to the miners, was the first outsider to witness the destruction. He sailed to the island on September 15th, but nothing seemed amiss and he assumed the men were on another part of the island.

On September 19th, nine days after the likely day of the disaster, Mokomoko returned and landed. He was confronted by « a scene of desolation. The camp was obliterated, the buildings being buried in about 20 feet of sulphurous mud. » A search party dug a trench into the 6-metre hill of debris where the men’s huts had stood, but found no trace of them. There was no possible hope of anyone having survived.

More than a fortnight after the disaster, wreckage from the island began washing up on Bay of Plenty beaches, including tram sleepers, pieces of barrels, fragments of boats, but nothing from within the huts.

It should be noted that the miners’ families received no compensation. The widow of one of the victims had her claim against his employer’s insurer thrown out. She was faced with proving his death was due to an accident that happened while he was working. But the Arbitration Court ruled too little was known about the disaster to draw the legal inferences needed to establish her case. Although the man was probably killed on the island or in the sea, the court ruled, it couldn’t be determined if this happened while he was at work, going to or from work or outside working hours.

Only three of the miners had children. Most of them were single. Two other men died on the island around the time of the disaster: One earlier in 1914, after he was badly burned in an accident with machinery, and another who, according to a 1913 newspaper report, was thought to have fallen into the sea. But there is another tale around the miner’s disappearance, one cloaked with mystery since only his boots were found near the crater.

The story of the accident at White Island can be read in my book Killer Volcanoes that is sold out today.

Photos: C. Grandpey

 

Le risque éruptif à Auckland (Nouvelle Zélande) // The eruptive risk in Auckland (New Zealand)

Comme je l’ai déjà écrit à plusieurs reprises, Auckland est construite sur un site volcanique potentiellement actif, avec plus de 50 cônes et bouches disséminés autour de la ville.
Dans plusieurs études publiées ce mois-ci, une équipe de chercheurs de Determining Volcanic Risk in Auckland (Evaluation du Risque Volcanique à Auckland) a constaté que la ville avait une histoire éruptive « complexe et épisodique ». L’éruption la plus ancienne, celle de Pupuke, remonte à environ 200 000 ans, alors que la plus récente, celle de Rangitoto, s’est produite il y a seulement 500 ans. Le temps écoulé entre les éruptions est très irrégulier et imprévisible. Il convient de noter que plus de la moitié des éruptions d’Auckland ont eu lieu au cours des 60 000 dernières années. Les chercheurs ont indiqué que le nombre d’éruptions a montré une certaine hausse avec, malgré tout, des périodes de repos allant jusqu’à 10 000 ans.
Certaines des éruptions passées se sont produites après de courtes périodes de temps d’un point de vue géologique. Par exemple, il peut y avoir de six à dix volcans en éruption en seulement 4000 ans. D’autre part, le site volcanique d’Auckland a également connu des périodes de repos de 10 000 ans au cours des 60 000 dernières années.
Les recherches ont montré que le site volcanique d’Auckland a une activité « imprévisible » et que la population doit être préparée dans l’éventualité d’une nouvelle activité éruptive. (NDLR : À un moment où nous ne sommes pas en mesure de prévoir des éruptions à court terme, il serait stupide de dire que nous pouvons les prévoir dans le long terme!)
La région d’Auckland est le site volcanique le plus densément peuplé dans le monde. Chacun des volcans qui s’y trouvent est entré en éruption au moins une fois depuis que le Pupuke s’est manifesté il y a environ 200 000 ans.
En avril, des chercheurs de l’Université de Canterbury ont déclaré que « une éruption volcanique pourrait mettre Auckland à genoux, paralyser les réseaux de transport et déplacer près d’un tiers de la population ». En mars, le GNS Science a publié un rapport indiquant que la prochaine éruption de la région se produirait probablement sur un volcan qui n’existe pas encore.
Source: Manawatu Evening Standard.

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As I put it in several previous notes, Auckland is built on a potentially active volcanic field, with more than 50 vents dotted around the city.

In studies published this month, a team of researchers from Determining Volcanic Risk in Auckland found that the city has had a complex and episodic eruption history. The oldest eruption, Pupuke, was about 200,000 years ago, while the most recent, Rangitoto, was only 500 years ago. However, the time in between eruptions was inconsistent and unpredictable. It should be noted that more than half of Auckland’s eruptions have been in the past 60,000 years. The researchers said that indicated the rate of eruptions has been increasing, although there had also been quiet periods of up to 10,000 years.

Some of the past eruptions occurred after what was, geologically speaking, a short period of time. For example, there can be six to 10 volcanoes erupting within a 4000-year timeframe. On the other hand, the Auckland volcanic field has also gone quiet for up to 10,000 years in the last 60,000 years.

The research showed that Auckland’s volcanic field was « unpredictable” and that the population needs to be prepared. (Editor’s note: At a time when we are not able to predict eruptions in the short-term, it would be stupid to say we are able to predict them in the long term!)

Auckland’s volcanic field is the most densely populated field of its type in the world.

Each of its volcanoes has erupted at least once since Pupuke blew about 200,000 years ago.

In April, researchers from the University of Canterbury said “a volcanic eruption could bring Auckland to its knees, crippling transport networks and displacing almost one-third of its population.” In March, GNS Science released a report saying the region’s next eruption would likely come from a volcano that doesn’t exist yet.

Source: Manawatu Evening Standard.

Carte montrant les éruptions sur le site volcanique d’Auckland. Elles vont de la plus ancienne (en bleu) à la plus récente (en rouge). Source: GNS Science.

Photo: C. Grandpey