White Island (Nouvelle Zélande): Le lac grandit // The lake is growing

Dans une note publiée le 3 juin 2018, j’indiquais qu’un lac était en train de se reformer dans le cratère de White Island. L’information est maintenant confirmée par le site web de GeoNet qui explique que le lac continue de grandir, ce qui est susceptible de faire naître une activité hydrothermale à sa surface. Cependant, la situation n’est pas préoccupante et le niveau d’alerte volcanique reste à 1.
Une chose intéressante, c’est que au fur et à mesure que le niveau du lac s’élève, l’eau empiète sur les bouches émettrices de gaz sur la zone du dôme de lave de 2012 et elle va bientôt commencer à les noyer. Cette situation ne serait pas nouvelle. En effet, les lacs précédents ont submergé des bouches actives et des fumerolles à plus grande échelle. L’envahissement de ces bouches par l’eau du lac a généralement conduit à une activité hydrothermale localisée, avec parfois de petites éruptions phréatiques. Certaines ont formé de petits cônes de débris autour des zones actives pendant les périodes d’activité hydrothermale les plus violentes.
Si le lac continue à se remplir au rythme actuel, les volcanologues néo-zélandais pensent que les bouches sur le flanc du dôme seront recouvertes entre le 1er et le 15 août et le dôme sera complètement immergé dans 3 ou  4 mois. Le niveau du lac se trouve actuellement à 17 mètres sous son seuil de débordement et il se remplit à raison d’environ 2 000 m3 par jour. C’est plus ou moins le même rythme qu’en 2003 et 2004, 2007 et 2008 et 2013.
Une récente visite sur White Island a permis de constater que l’activité volcanique reste stable et faible. La température maximale au niveau des bouches actives sur le flanc du dôme est de 244°C, ce qui représente une légère augmentation (Cette température était de 220°C quand j’ai visité le volcan en janvier 2009). La température de la Fumerolle Zero continue de baisser ; elle est actuellement de 138°C. L’activité sismique et acoustique reste généralement faible, ainsi que les émissions de SO2. La température du lac est de 30,4°C. L’étude de la déformation du sol confirme la poursuite de l’affaissement du plancher du cratère en direction des bouches actives.
Source: GeoNet, The Watchers.

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In a post released on June 3rd, 2018, I indicated that a lake had reappeared inside White Island’s crater. The piece of news is now confirmed by the GeoNet website which explains that the lake continues to grow, which may cause hydrothermal surface activity. However, the situation is not preoccupying and the alert level remains at 1.

One interesting thing is that as the water level rises it is encroaching on the gas vents on the 2012 lava dome area and will soon start to drown them. This situation would not be new. Indeed, previous lakes have flooded active gas vents and larger scale fumaroles. Drowning of these vents has usually led to localized steam driven activity with occasional small hydrothermal eruptions. Some have formed small debris-tuff cones around the active areas during the more violent hydrothermal activity.

If the lake continues to fill at the current rate, New Zealand volcanologists expected the features on the side of the dome to be drowned early to mid-August and the dome will be totally drowned in 3 to 4 months’ time. The lake is now 17 metres below overflow and is filling at about 2 000 m3 per day. It is about the same rate as in 2003 and 2004, 2007 and 2008 and 2013.

Observations during a recent visit to the Island confirmed volcanic activity remains at a steady and low level. The maximum temperature at the vents on the dome is 244°C, representing a slight rise. The temperature of Fumarole Zero continues to decline, now measuring 138°C. Seismic and acoustic activity generally remains low, and the SO2 gas flux is also low. The lake temperature is 30.4°C. The ground deformation survey confirms the subsidence pattern towards the active vents continues.

Source : GeoNet, The Watchers.

Photos: C. Grandpey

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White Island (Nouvelle Zélande / New Zealand)

Bonne nouvelle pour ceux qui ont l’intention d’aller en Nouvelle-Zélande et de visiter White Island. Les scientifiques du GNS indiquent que le lac de cratère est en train de se réformer. Selon la volcanologue Agnès Mazot – que je salue ici – l’activité volcanique reste à un niveau relativement bas et se limite au site du lac de cratère. Le niveau d’alerte reste à 1 et la couleur de l’alerte aérienne reste Verte.
Au cours des dernières semaines, l’eau s’est accumulée sur le sol du cratère et a commencé à former un nouveau lac qui semble d’installer dans la durée. L’activité volcanique se concentre au niveau des bouches qui émettent gaz et vapeur d’eau dans la partie ouest du cratère. L’activité sismique reste généralement faible, de même que les émissions de SO2. La situation ressemble beaucoup à celle que j’ai pu observer lors de ma visite de White Island en janvier 1999.
Source: GNS Science.

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Good news for those who intend to go to New Zealand and visit White Island. GNS scientists indicate that the crater lake is in the process of reforming. According to volcanologist Agnès Mazot, volcanic activity remains at a low level and is confined to the crater lake site. The alert level remains at 1 and the Aviation Colour code remains Green.

In the past few weeks water has ponded on the floor of the active crater and started to reform a permanent lake. Volcanic activity is limited to the gas-rich vents on the western side of the active crater. Seismic activity generally remains low, as well as SO2 emissions. The situation looks much like the one I could observe during my visit in January 1999.

Source : GNS Science.

Photos: C. Grandpey

Sommes-nous prêts à affronter la prochaine super éruption? // Are we ready to face the next super eruption ?

Je termine généralement ma conférence «Volcans et risques volcaniques» en disant que ce que je crains le plus, c’est l’éruption d’un «super volcan» comme le Taupo en Nouvelle-Zélande, le Toba en Indonésie ou le Yellowstone aux États-Unis. S’agissant de Yellowstone, j’explique que les volumineux nuages ​​de cendre produits par l’éruption causeraient de très sérieux dégâts aux Grandes Plaines qui sont le grenier des États-Unis. Ils affecteraient aussi profondément les communications. Notre société basée sur Internet serait certainement en grande difficulté si une telle situation se produisait. Je suis d’accord avec les scientifiques qui disent que le monde doit faire davantage d’efforts pour se préparer à la prochaine méga éruption volcanique.
Le tsunami dévastateur dans l’Océan Indien en 2004 et le séisme de Tohoku au Japon en 2011 sont des exemples de graves catastrophes naturelles. Cependant, le monde moderne n’a pas eu à faire face à une véritable catastrophe volcanique depuis au moins 1815, lorsque l’éruption du Tambora en Indonésie a tué des dizaines de milliers de personnes et provoqué une «année sans été» en Europe et en Amérique du Nord. De telles éruptions majeures atteignent le niveau 7 ou plus sur l’Indice d’Explosivité Volcanique (VEI) qui présente 8 échelons.
Il faut garder à l’esprit que la prochaine éruption de VEI-7 pourrait survenir au cours de notre vie et nous ne savons pas prévoir les éruptions. Même si nous en étions capables, je ne suis pas certain que nous soyons prêts à affronter de tels super événements
Un article publié par trois chercheurs américains au début du mois de mars 2018 dans Geosphere examine les conséquences potentielles d’une éruption de VEI-7. Les trois scientifiques ont analysé l’éruption de VEI-5 du Mont St Helens en 1980, et l’éruption de VEI-6 du Pinatubo en 1991. Ces événements ont tué des dizaines, voire des centaines de personnes, et occasionné des perturbations à des régions entières. Le Pinatubo a même envoyé assez de SO2 dans la stratosphère pour provoquer une baisse des températures sur la planète.
Une éruption de VEI-7 aurait des conséquences bien différentes. En 1257, une éruption de VEI-7 en Indonésie a probablement refroidi suffisamment la planète pour provoquer un Petit âge glaciaire. Le problème est que la prochaine super éruption aura lieu dans un environnement bien différent de celui du 13ème siècle. Aujourd’hui, l’agriculture, les systèmes de santé, le monde de la finance et d’autres secteurs de la vie moderne sont beaucoup plus interconnectés à l’échelle mondiale qu’ils ne l’étaient il y a quelques décennies. Il suffit de voir ce qui s’est passé en 2010 lors de l’éruption d’Eyjafjallajökull en Islande. L’éruption qui n’avait qu’un VEI-3 a paralysé le trafic aérien européen pendant plusieurs jours à cause des nuages ​​de cendre émis par le volcan. L’événement a causé des pertes économiques estimées à 5 milliards de dollars.
En conséquence, il serait souhaitable que les chercheurs commencent à anticiper une éruption de VEI-7 en étudiant ses effets potentiels sur les liaisons de communication. Par exemple, il faudrait savoir comment l’humidité atmosphérique et les cendres volcaniques peuvent interférer avec les signaux GPS. Il faudrait aussi faire des études afin de mieux comprendre comment de grandes quantités de magma s’accumulent et provoquent des éruptions. Cela permettrait de mieux prévoir où le prochain événement de VEI-7 est susceptible de se produire.
Les chercheurs possèdent déjà une longue liste de volcans capables de déclencher une éruption de VEI-7. Comme je l’ai écrit plus haut, ces volcans comprennent le Taupo en Nouvelle-Zélande, site de la dernière éruption du VEI-8 il y a 26 500 ans, et le Mont Damavand, situé à seulement 50 kilomètres de Téhéran.
Même s’il existe actuellement une faible probabilité de voir une super éruption survenir dans le court terme, si un tel événement devait se produire, les gens se tourneraient vers les scientifiques, les gestionnaires des services d’urgences, les gouvernements et d’autres entités et s’attendraient à ce qu’ils soient prêts à y faire face.
Source: D’après un article publié dans Nature.

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I usually end my conference « Volcanoes and volcanic risks” with the conclusion that what I fear most is an eruption of a ‘super volcano’ like Taupo in New Zealand, Toba in Indonesia, or Yellowstone in the United States. As far as Yellowstone is concerned, I explain that the massive ash clouds produced by the eruption would cause very serious damage to the Great Plains which are the granary of the U.S. They would also deeply affect communications. Our society based on the Internet would certainly be at a loss if such a situation occurred.  I agree with the scientists who say that the world needs to do more to prepare for the next huge volcanic eruption.

The devastating Indian Ocean tsunami of 2004 and the Tohoku earthquake in Japan in 2011 highlighted some of the worst-case scenarios for natural disasters. However, humanity has not had to deal with a cataclysmic volcanic disaster since at least 1815, when the eruption of Tambora in Indonesia killed tens of thousands of people and led to a ‘year without a summer’ in Europe and North America. Such powerful eruptions rank at 7 or more on the Volcanic Explosivity Index (VEI), which goes to 8.

We have to admit that the next VEI-7 eruption could occur within our lifetime, but we are not yet able to predict future eruptions. Even if we did, I am not sure we are ready to face super events

A paper published by three American researchers in early March 2018 in Geosphere explores the potential consequences of the next VEI-7 eruption.  All three have researched the VEI-5 eruption of Mount St Helens in Washington state in 1980, and the VEI-6 eruption of Mount Pinatubo in the Philippines in 1991. Those events killed dozens to hundreds of people and disrupted entire regions. Pinatubo even spewed enough SO2 into the stratosphere to cause global cooling.

A VEI-7 eruption would be of an entirely different scale. In 1257, a VEI-7 eruption in Indonesia probably cooled the planet down enough to kick off the Little Ice Age. The problem is the next super eruption will take place in quite a different environment. Today, agriculture, health care, financial systems and other aspects of modern life are much more globally interconnected than they were just a few decades ago. It suffices to see what happened in 2010 with the eruption of Eyjafjallajökull in Iceland. The eruption that ranked at just VEI 3 grounded European air traffic for days because of the ash clouds emitted by the volcano. The event caused an estimated 5 billion US dollars in economic losses.

As a consequence, researchers should start to prepare for a VEI-7 eruption by studying potential effects on crucial communications links such as how atmospheric moisture and volcanic ash can interfere with GPS signals. Others could work to improve their understanding of how large amounts of magma accumulate and erupt, helping scientists to forecast where the next VEI-7 event might occur.

The researchers already have a long list of candidate volcanoes that might be capable of a VEI-7 blast. As I put it before, they include Taupo in New Zealand, site of the world’s last VEI-8 eruption 26,500 years ago, and Iran’s Mount Damavand, which lies just 50 kilometres from Tehran.

Even if there is currently a low probability of a super eruption in the short term, when it occurs people will look to scientists, emergency managers, governments and other entities and expect them to be prepared.

Source : After an article published in Nature.

Yellowstone fait partie des super volcans de la planète (Photo: C. Grandpey)

La lune et le Ruapehu (Nouvelle Zélande) // The Moon and Mt Ruapehu (New Zealand)

Des scientifiques américains du Jet Propulsion Laboratory (JPL) de la NASA ont établi un lien entre les cycles des marées et l’éruption soudaine du Ruapehu en 2007. Ils pensent même que cette corrélation apparente pourrait offrir une solution pour prévoir les futures éruptions. Cependant, des scientifiques néo-zélandais ont émis des doutes et critiquent la méthodologie utilisée pour cette étude qui a été publiée dans la revue Scientific Reports.
L’étude a montré comment, juste avant l’éruption soudaine du Ruapehu le 25 septembre 2007, l’activité sismique à proximité du cratère correspondait étroitement aux changements bimensuels de la force de la marée. En examinant les données couvrant une douzaine d’années, les chercheurs ont constaté que cette corrélation entre l’amplitude du signal sismique et les cycles des marées est apparue seulement dans les trois mois précédant l’éruption de 2007.
Les marées terrestres sont gérées quotidiennement par l’attraction lunaire. Au cours des pleines et nouvelles lunes, l’attraction lunaire s’aligne avec celle du soleil, ce qui rend l’amplitude des marées un peu plus importante. Au cours du premier et du dernier quartier, l’amplitude des marées est légèrement plus faible. Alors que les marées sont généralement considérées comme une montée et une baisse des eaux, les contraintes gravitationnelles peuvent également affecter la croûte de notre planète. Beaucoup de recherches ont été effectuées afin de savoir si la force de marée peut déclencher des éruptions volcaniques, mais aucune réponse vraiment fiable n’a été fournie.
Les chercheurs du JPL qui ont travaillé sur le Ruapehu ont adopté un angle d’approche différent et ont recherché s’il existait un signal détectable associé à la force des marées et qui pourrait être une indication de l’approche d’une éruption. Ils ont choisi d’étudier le Ruapehu, d’une part parce que son activité est étroitement surveillée depuis des années par GNS Science, et d’autre part  parce qu’ils étaient particulièrement intéressés par les données provenant des capteurs sismiques situés près du cratère.
L’équipe scientifique s’est penchée sur 12 années de données sismiques et a recherché les périodes où apparaissait une corrélation entre la sismicité et les cycles lunaires. Les chercheurs ont constaté que pendant la majeure partie de cette période de 12 ans, il n’existait pas de corrélation entre l’activité sismique et les cycles lunaires, à l’exception des trois mois qui ont précédé l’éruption phréatique de 2007. Tandis que les fluctuations de l’amplitude sismique étaient subtiles, la force de la corrélation avec le cycle des marées atteignait 5 sigma, ce qui signifie que la probabilité que ce modèle soit dû au hasard était d’environ un sur 3,5 millions. [NDLR : 5 sigma est une mesure de la confiance des scientifiques à l’égard de leurs résultats.]
Pour comprendre comment la force des marées a pu avoir une influence sur le comportement du Ruapehu pendant ces trois mois, les chercheurs ont utilisé un modèle de tremor sismique qu’ils avaient développé précédemment. Il montre que lorsque la pression de la poche de gaz sous le volcan atteint un niveau critique – niveau auquel une éruption phréatique devient possible – les différentes contraintes associées au changement de force des marées étaient suffisantes pour changer l’amplitude du tremor. Ils sont persuadés que ce fut le cas en 2007. Lorsque la pression dans le système est devenue critique, elle est devenue sensible aux marées. Les scientifiques ont pu montrer que le signal était détectable. Ils voudraient maintenant recueillir plus de données concernant d’autres éruptions sur d’autres volcans pour voir si le signal de marée est apparu ailleurs.
Comme je l’ai écrit plus haut, les scientifiques néo-zélandais ont exprimé des doutes sur les résultats de l’étude et ont regretté l’absence de nombreux paramètres sismiques. Un chercheur néo-zélandais a déclaré que « l’étude considère le mécanisme comme un piégeage des gaz provoqué par des changements dans la perméabilité des roches, mais n’aborde pas directement la résistance de ces roches […] Avec seulement deux événements abordés par l’étude – et l’un d’eux pas « prévu » par le modèle – je ne suis pas sûr qu’elle puisse avoir une valeur prédictive. »
Source: New Zealand Herald.

Cette étude m’intéresse car j’ai moi-même fait des observations sur la corrélation possible entre la pression atmosphérique et l’activité éruptive en milieu strombolien. Vous trouverez un résumé de cette étude dans la colonne de gauche de ce blog.

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US scientists at NASA’s Jet Propulsion Laboratory (JPL) have linked tidal cycles to Mt Ruapehu’s surprise eruption in 2007, and even suggest the apparent correlation could offer a new way to predict future eruptions. However, New Zealand scientists have cast doubt over that idea and questioned the methodology used for the study which was recently published in the journal Scientific Reports..

The study indicated how, just before Ruapehu’s surprise eruption on September 25th, 2007, seismic tremors near its crater became tightly correlated with twice-monthly changes in the strength of tidal forces. Looking at data for this volcano spanning about 12 years, the researchers found that this correlation between the amplitude of seismic tremor and tidal cycles developed only in the three months before this eruption.

Earth’s tides rise and fall daily due to the gravitational tug of the moon as the Earth rotates.

In full and new moons, the lunar gravitational pull lines up with that of the sun, which makes the daily tidal bulges a little larger during those moon phases. During the first and third-quarter moons, the daily tidal bulge is slightly smaller. While tides are generally thought of as rising and falling waters, gravitational stresses can also affect the planet’s solid crust. A lot of research has been focused on whether or not tidal forces can trigger eruptions, but there is no definitive evidence that they do.

The Mt Ruapehu researchers wanted to take a different angle with their study and look at whether there was some detectable signal associated with tidal forces that could tell us something about a volcano’s criticality. The researchers chose to study Ruapehu partly because its activity has been closely monitored for years by GNS Science, and were particularly interested in data from seismic sensors located near the crater.

The team worked through 12 years of seismic data, looking for any period when the seismicity was correlated with lunar cycles. They found that for most of that period, there was no correlation between tremor and lunar cycles, except the three months before 2007’s phreatic eruption. While the fluctuations in seismic amplitude were subtle, the strength of the correlation to the tidal cycle was as strong as 5 sigma, meaning that the probability that pattern arose by chance was about one in 3.5 million.

To understand how tidal forces may have been affecting Ruapehu during those three months, the researchers used a model of seismic tremor that they had developed previously. It suggested that when the pressure of the gas pocket beneath the volcano reaches a critical level — a level at which a phreatic eruption was possible — the differing stresses associated with changing tidal forces were enough to change the amplitude of tremor. They are persuaded it was what happened in 2007. When the pressure in the system became critical, it became sensitive to the tides. The scientists were able to show that the signal was detectable. They would like to collect more data from other eruptions and other volcanoes to see if the tidal signal showed up elsewhere.

As I put it above, New Zealand scientists expressed doubts about the results of the study and explained that many seismic parameters were missing. One NZ researcher said that « the paper considers the mechanism to be one of gas trapping driven by changes in rock permeability, but doesn’t directly address the strength of this rock […] With only two events addressed by the paper – and one of them not « predicted » by the model – I am not confident that it would have any predictive value. »

Source: New Zealand Herald.

I was interested in this study as I have myself made observations about the possible correlation between atmospheric pressure and Strombolian activity. You will find an abstract of this study in the left-hand column of this blog.

Photos: C. Grandpey

Records de chaleur en Nouvelle Zélande // Hottest summer on record in New Zealand

L’été touche à sa fin dans l’hémisphère sud et l’Agence Météorologique Nationale vient d’indiquer que la Nouvelle-Zélande a connu son été le plus chaud depuis le début des relevés. L’Agence met en garde contre une hausse durable du mercure faute d’une mobilisation contre le réchauffement climatique.

La température entre décembre et février a en moyenne été de 18,8°C en Nouvelle-Zélande, soit 2,1°C au-dessus de la moyenne enregistrée entre 1981 et 2010. Il s’agit de la valeur moyenne la plus élevée depuis le début des relevés en 1909 ; elle dépasse le précédent record (18,5°C) qui datait de 1934-35. Le mercure a notamment atteint les 38,7°C, un record, le 30 janvier à Alexandra, sur l’Île du Sud.

Selon les météorologues néo-zélandais, ces températures exceptionnelles ont été provoquées par divers facteurs, et notamment une hausse de la température de l’eau et l’arrivée de masse d’air chaud du Nord provoquée par le phénomène climatique La Niña. Le réchauffement climatique global est également en jeu et il faudra s’attendre à davantage de records de température si rien n’était fait pour enrayer ces dérèglements.

La vague de chaleur de ce dernier été a poussé le gouvernement a décréter l’état de sécheresse dans certaines zones du pays et à prendre des mesures pour venir en aide aux agriculteurs.

Source : Presse néo-zélandaise.

La chaleur fait fondre les glaciers. Il est utile de rappeler que les agences de tourisme locales n’organisent plus de randonnées sur les glaciers Frans-Josef et Fox. En effet, avec la fonte de la glace, les parois latérales de ces vallées glaciaires ont tendance à s’effondrer, avec des chutes de pierre qui mettraient en danger les randonneurs.

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Summer is coming to an end in the southern hemisphere and the National Meteorological Agency has just indicated that New Zealand has had its warmest summer since the surveys began. The Agency warns against a sustained rise in mercury if nothing is done against global warming.
December to February averaged 18.8°C in New Zealand, 2.1°C above the 1981 to 2010 average. This is the highest average value since the beginning of the surveys in 1909; it exceeds the previous record (18.5°C) dating back to 1934-35. Mercury reached a record 38.7°C on January 30th in Alexandra, South Island.
According to the New Zealand meteorologists, these exceptional temperatures were caused by various factors, including an increase in water temperature and the arrival of masses of hot air from the north caused by the La Niña weather phenomenon. Global warming is also held responsible and more temperature records are to be expected if nothing is done to stop these disturbances.
The summer heat wave prompted the government to declare drought in some areas of the country and take measures to help farmers.
Source: New Zealand Press.
The heat in New Zealand melts the glaciers. It is worth remembering that local tourist agencies no longer organize hikes on the Frans-Josef and Fox glaciers. Indeed, with the melting ice, the side walls of these glacial valleys tend to collapse, with rock falls that would put hikers at risk.

Photos: C. Grandpey

Le Mont Taranaki (Nouvelle Zélande) va devenir une personne légale // Mt Taranaki (New Zealand) to become a legal person

En Nouvelle Zélande, le Mont Taranaki (aussi appelé Mont Egmont) va recevoir les mêmes droits légaux qu’une personne. Il deviendra ainsi la troisième entité géographique du pays à se voir accorder une «personnalité juridique». Huit tribus Maori locales et le gouvernement se partageront la tutelle de la montagne sacrée qui se trouve sur la côte ouest de l’île du Nord. Il s’agit d’un volcan qui culmine à 2 518 mètres d’altitude ; sa forme conique aux pentes régulières est considérée comme une des plus symétriques au monde. La dernière éruption s’est probablement produite en 1755 mais le volcan est toujours considéré comme actif et potentiellement dangereux.

Cette attribution de droits légaux est la dernière étape d’une reconnaissance de la relation entre les peuples autochtones et la montagne qu’ils considèrent comme un ancêtre et un whanau ou membre de la famille. Le nouveau statut signifie que si quelqu’un la maltraite ou lui veut du mal, cela revient à nuire à la tribu.
Le Mont Taranaki deviendra une personnalité juridique, à part entière, qui aura des droits similaires à ceux de la rivière Whanganui, qui a reçu un statut identique en début d’année. Il confère la meilleure protection possible au volcan qui est devenu une attraction touristique de plus en plus populaire après que Lonely Planet ait élevé l’année dernière la région de Taranaki au rang de deuxième endroit à visiter dans le monde.
Dans le cadre du nouveau statut, le gouvernement néo-zélandais présentera ses excuses aux tribus Maori locales pour les violations historiques du Traité de Waitangi envers la montagne, mais les tribus locales ne recevront aucune compensation financière ou commerciale.
Source: journaux néo-zélandais.

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Comme je l’ai écrit sans une note publiée le 14 avril 2017, ce n’est pas la première fois dans le monde qu’un site naturel reçoit les mêmes droits légaux qu’une personne. La Haute Cour d’Uttarakhand a déclaré vendredi 31 mars 2017 que l’air, les glaciers, les forêts, les sources, les rivières et autres lieux naturels étaient des personnes à part entière d’un point de vue légal et que les blesser ou leur causer du mal entraînerait des poursuites. Sont particulièrement concernés par la décision de la Haute Cour les glaciers de l’Himalaya parmi lesquels figurent le Gangotri et le Yamunotri.

Le village de Gangotri est un des lieux de pèlerinage les plus visités en Inde. Il se trouve au pied d’un glacier du même nom, long d’une trentaine de kilomètres, dont les eaux de fonte donnent naissance à l’un des bras du Gange supérieur. Le glacier Yamunotri  donne naissance à la Yamuna, l’un des fleuves les plus sacrés de l’Inde.

L’annonce de la Haute Cour intervient une semaine après qu’elle ait déclaré que le Gange et la Yamuna étaient des « personnes légales ». Elle a expliqué le concept en déclarant qu’une « personne juridique », comme toute autre personne physique, dispose de droits, d’obligations et de responsabilités et est soumise à la loi. Il s’agit en réalité d’une personne artificielle ayant le statut de personne morale. En d’autres termes, elle agit comme une personne physique, mais grâce à une personne désignée. Les droits de ces entités sont équivalents aux droits des êtres humains et le préjudice susceptible de leur être causé doit être considéré comme un préjudice causé aux êtres humains.

Aux yeux des juges de la Haute Cour, les générations antérieures ayant remis la « Mère Terre dans sa gloire immaculée », il existe une obligation morale de remettre la même Terre à la prochaine génération.

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Mount Taranaki (also called Mount Egmont) in New Zealand is to be granted the same legal rights as a person, becoming the third geographic feature in the country to be granted a “legal personality”. Eight local Maori tribes and the government will share guardianship of the sacred mountain on the west coast of the North Island. It is a volcano that rises 2,518 meters above sea level; its conical shape with regular slopes is considered one of the most symmetrical in the world. The last eruption probably occurred in 1755 but the volcano is still considered active and potentially dangerous.

This attribution of legal rights is the final stage in a long-awaited acknowledgement of the indigenous people’s relationship to the mountain, who view it as an ancestor and whanau, or family member. The new status of the mountain means if someone abuses or harms it, it is the same legally as harming the tribe.

Mount Taranaki will become “a legal personality, in its own right, gaining similar rights to the Whanganui River, which was granted legal personhood earlier this year. The agreement will offer the best possible protection for the mountain, which is becoming an increasingly popular tourist attraction after Lonely Planet named the Taranaki region the second best place to visit in the world last year.

As part of the agreement the New Zealand government will apologise to local Maori for historical breaches of the Treaty of Waitangi against the mountain, although local tribes will receive no financial or commercial redress.

Source: New Zealand newspapers.

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As I put it in a note written on April 14th 2017, this is not the first time in the world a natural site has been granted the same legal rights as a person. The Uttarakhand High Court in India declared on Friday March 31st 2017 air, glaciers, forests, springs, rivers and other natural places as legal/juristic persons and that injuring them or causing them any harm would result in prosecution. Particularly concerned by the High Court decision are the glaciers of the Himalayas, among which are the Gangotri and the Yamunotri. The village of Gangotri is one of the most visited places by pilgrims in India. It is located at the foot of a glacier of the same name, about thirty kilometres long, whose meltwaters give birth to one of the arms of the upper Ganges. The Yamunotri glacier gives birth toYamuna, one of the most sacred rivers in India.
The High Court’s decision came a week after it declared that the Ganges and the Yamuna were « legal/juristic persons ». It explained the concept by stating that a « legal:juristic person », like any other natural person, is conferred with rights, obligations and responsibilities and is dealt with in accordance to the law.

Le Mt Taranaki enneigé vu depuis l’espace (Crédit photo : NASA)

Ngauruhoe (Nouvelle Zélande // New Zealand)

Lorsque j’ai voyagé à travers la Nouvelle-Zélande en 2009, j’ai visité le complexe volcanique du Tongariro sur le Plateau Central de l’île du Nord. Je conseille fortement d’effectuer le Tongariro Alpine Crossing, une randonnée de 19 kilomètres qui offre de superbes vues sur les volcans de la région.
Le Ngauruhoe est l’édifice le plus jeune du complexe volcanique du Tongariro. Il est né il y a environ 2500 ans. Bien qu’il soit considéré par beaucoup comme un volcan à part entière, il s’agit en réalité d’un cône adventif du Mont Tongariro. Le Ngauruhoe se situe entre le Mont Tongariro au nord et le Mont Ruapehu au sud, et à 25 kilomètres au sud de la rive méridionale du lac Taupo.
Le Ngauruhoe est entré en éruption à 45 reprises au cours du 20ème siècle, et pour la dernière fois en 1974. On observe quelques fumerolles dans le cratère interne et sur la lèvre du cratère externe. Cependant, le volcan ne montre pas actuellement de signes d’activité et son niveau d’alerte volcanique est à zéro. On a enregistré une hausse de la sismicité en mai 2006; le niveau d’alerte a alors été élevé à un, mais aucune éruption n’a eu lieu. Une autre augmentation de l’activité sismique en mars 2015 a fait passer le niveau d’alerte à 1, mais trois semaines plus tard, il a été ramené à 0.
L’Otago Times a récemment publié la description par des témoins d’une éruption survenue à la mi-novembre 1917:
Le vendredi, un groupe composé de MM. W. Salt (Wanganui), W. P. Mead (Taumarunui) et Bourne (Auckland), a entrepris d’escalader le Ngauruhoe, et a effectué une ascension très intéressante.
La troupe est partie de bonne heure et a entrepris l’ascension de la montagne, au cours de laquelle plusieurs explosions ont été entendues. Le groupe est monté jusqu’à mi-pente et, comme il était dangereux d’aller plus loin, ils observèrent les environs et trouvèrent de la lave encore brûlante et des blocs de 3 pieds (90 centimètres) de diamètre.
En descendant, ils ont constaté que certaines des roches projetées par le volcan avaient atteint les plaines, et l’herbe avait été brûlée en conséquence. Au moment où le groupe arrivait à son hébergement, une très belle explosion se fit entendre.
Des roches, de la vapeur, etc. furent projetés à une distance de 600 pieds au-dessus du cratère. La masse brûlante semblait suspendue dans l’air pendant une seconde ou deux, étincelante et brûlante, avant de retomber sur terre avec un fracas de tonnerre.
M. Salt, qui avait beaucoup d’expérience avec les trois montagnes du merveilleux parc national de Nouvelle-Zélande, a émis l’idée qu’un nouveau cratère s’était formé sur le Ngauruhoe, plus au nord.
La montagne est généralement escaladée par le versant ouest. En été, la montée est difficile en raison des téphra qui roulent sous les pieds. En hiver, la neige consolide le sol. Comme la pente est d’environ 45 degrés, il est essentiel de creuser des marches à coups de pied, ce qui nécessite une bonne forme physique. Après la pluie, la neige peut se recouvrir de glace, ce qui rend la montée encore plus traître. Les randonneurs expérimentés qui parviennent à atteindre le sommet peuvent faire le tour du cratère. Avant de commencer toute ascension, il faut consulter les prévisions météorologiques, avoir un niveau de randonnée en montagne, des vêtements chauds et un bon équipement. Entre mars et octobre, la montagne est balayée par de violentes rafales de vent et des tempêtes de neige ; la température plonge alors bien au-dessous de zéro.
En 1974, dans le cadre d’une campagne promotionnelle pour une célèbre marque de Champagne, Jean-Claude Killy a été filmé en train de dévaler à ski le versant est de la montagne, ce qui n’avait encore jamais été tenté. La pente moyenne de ce côté du volcan est de 35 degrés. Le radar a révélé que Killy avançait à plus de 160 kilomètres par heure!
Le Ngauruhoe est extrêmement célèbre en Nouvelle-Zélande et même dans le monde entier. Il a servi de lieu de tournage pour la Montagne du Destin dans la trilogie cinématographique du Seigneur des Anneaux de Peter Jackson. Personnellement, bien qu’ayant beaucoup apprécié les paysages de la région, je n’ai pas vraiment ressenti de fascination pour cette Montagne du Destin pendant le Tongariro Alpine Crossing…

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When I travelled across New Zealand in 2009, I visited the Tongariro volcanic complex on the Central Plateau of the North Island. I would strongly advise people to perform the Tongariro Alpine Crossing, a 19-kilometre hike which offers great views of the volcanoes of the region.

Mount Ngauruhoe is the youngest vent in the Tongariro volcanic complex, and first erupted about 2,500 years ago. Although seen by most as a volcano in its own right, it is technically a secondary cone of Mount Tongariro. The volcano lies between the active volcanoes of Mount Tongariro to the north and Mount Ruapehu to the south, and 25 kilometres to the south of the southern shore of Lake Taupo.

Mt Ngauruhoe erupted 45 times in the 20th century, most recently in 1974. Fumaroles exist inside the inner crater and on the rim of the outer crater. However, the volcano is no longer showing signs of any significant unrest and the Volcanic Alert Level has been reduced to zero. There was an increase in seismicity in May 2006; it prompted the alert level to be raised to one, but no eruption occurred. Another increase in seismic activity in March 2015 resulted in the alert level being raised to1, but three weeks later it was lowered back to 0.

The Otago Times recently published an article with the description by witnesses of an eruption that occurred by mid-November 1917:

On Friday a party, consisting of Messrs W. Salt (Wanganui), W. P. Mead (Taumarunui), and Bourne (Auckland), made an ascent of Ngauruhoe, and had a most interesting climb.

The party got away at an early hour, and ascended the mountain, during which time several shots were sent up. They went half-way up, and, as it was considered dangerous to proceed any farther, they reconnoitred in the vicinity and found red-hot lava and rocks 3ft through lying around.

On descending, they found that some of the rocks thrown out by the volcano had reached the plains, and the grass had been burned and scorched in consequence. When the party arrived at the accommodation house a most beautiful shot was sent up.

Rocks, steam, etc., were thrown up to a distance of fully 600ft above the crater. The white-hot mass appeared to hang in the air for a second or two, sparkling and burning, then it fell with a thunderous roar to earth.

Mr Salt, who has had a great deal of experience with the three mountains in New Zealand’s wonderful National Park, expressed the opinion that a new crater had been formed in Ngauruhoe further to the northward.

The mountain is usually climbed from the western side. In summer the climb is difficult due to the loose tephra that gives way underfoot. In winter, snow consolidates the tephra. As the slope is about 45 degrees, kicking steps is essential, and this requires fitness. After rain, the snow may be covered by ice which is treacherous. Experienced climbers who manage to reach the summit can circumnavigate the crater. Before starting any climb hikers should have a look at the weather forecast, have the appropriate level of skill, warm clothing and equipment. Between March and October the mountain is subject to sudden violent wind gusts and snow storms with the temperature plunging well below zero.

In 1974, as part of a promotional campaign for a famous French Champagne, Jean-Claude Killy was filmed skiing down the previously unskied eastern slope of the mountain. The average slope on this side of the volcano is 35 degrees, and Killy was caught on radar skiing more than 160 kilometres per hour!

Mount Ngauruhoe is extremely famous in New Zealand and even around the world. It was used as a stand-in for the fictional Mount Doom in Peter Jackson’s The Lord of the Rings film trilogy. Personally, although I appreciated very much the landscapes around me, I did not feel any fascination for the place during the Tongariro Alpine Crossing.

Vues aériennes du Ngauruhoe…

du Ruapehu….

des Emerald Lakes pendant le Tongariro Alpine Crossing.

Photos: C. Grandpey