Volcans du monde // Volcanoes of the world

Un épisode éruptif a été observé sur le Satsuma-Iojima (également connu sous le nom de Tokara-Iojima) sur l’île de Kyushu (Japon). Le volcan a envoyé un panache de cendre à plus de 900 mètres de hauteur.
Aucun blessé n’a été signalé. C’est la première éruption sur l’île depuis juin 2013.
L’Agence météorologique japonaise (JMA) a relevé le niveau d’alerte de 1 à 2 sur une échelle de 5.
Source: JMA.

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GeoNet indique que l’activité s’est intensifiée à White Island (Nouvelle Zélande) au cours des dernières semaines. Les volcanologues locaux ne sont pas en mesure de donner des explications de ce phénomène. Le niveau d’alerte volcanique reste à 1. Parallèlement aux changements de comportement du volcan, les émissions de SO2 et le niveau du tremor volcanique ont évolué. Les deux paramètres montrent une tendance à la hausse et sont au plus haut niveau depuis 2016.
Le niveau du lac de cratère est également en hausse depuis début août 2019, ce qui a un impact sur l’activité de surface autour des bouches actives situées dans la partie ouest du plancher du cratère. Comme je l’ai écrit précédemment, une activité semblable à celle d’un geyser a été observée dans cette zone. D’autres mesures récentes effectuées sur l’île, telles que la chimie des fumerolles et de l’eau, la déformation du sol et la sismicité, ne montrent aucun changement significatif.
Source: GeoNet.

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En raison de la croissance constante du dôme de lave, des explosions se produisent de temps en temps sur le Sheveluch (Kamchatka). L’une d’elles s’est produite le 3 novembre 2019. Le nuage de cendre a atteint 10 kilomètres d’altitude.
La couleur de l’alerte aérienne est passée au Rouge, avant d’être ramenée à l’Orange un peu plus tard.
Source: KVERT.

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L’éruption se poursuit sur le Shishaldin (Aléoutiennes / Alaska). Le 28 octobre 2019, les deux coulées de lave précédemment observées sur le flanc nord-ouest avaient cessé d’avancer. Le même jour, les images satellites ont montré des traces de cendre sur le flanc nord et un lahar s’étirait sur au moins 4 km au nord-ouest du sommet. Au cours des jours suivants, de nouvelles petites explosions ont laissé supposer un changement de comportement éruptif. De nouvelles coulées de lave et des lahars restaient possibles le 1er novembre. Des températures de surface élevées sont actuellement visibles sur plusieurs images satellites. Une incandescence a été observée sur des images nocturnes de la webcam. Un pilote a par ailleurs signalé une coulée de lave le matin du 2 novembre.
Source: AVO.

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Kilauea (Hawaii) : En raison de la difficulté d’accès au site, les scientifiques du HVO ont eu recours à un système aérien sans pilote (UAS) – autrement dit un drone – pour prélever un échantillon d’eau dans le petit lac au fond du cratère de l’Halema’uma’u. Les scientifiques ont ensuite effectué les premières analyses de l’eau sur la lèvre de la caldeira quelques minutes après avoir recueilli l’échantillon. Les tests ont révélé que l’eau avait un pH de 4,2. Cette valeur est acide, mais pas aussi basse que celle de certains autres lacs volcaniques dans le monde, où le pH peut être proche ou inférieur à zéro, comme le Kawah Ijen en Indonésie. La conductivité de l’eau, liée à la quantité de solides dissous, était supérieure à la limite maximale du capteur utilisé pour le test. De plus, les chercheurs n’ont pas pu obtenir de mesure directe de la température du lac. Toutefois, des mesures récentes effectuées ç l’aide d’une caméra thermique depuis le bord du cratère ont indiqué une température maximale de l’eau de 65-75°C. L’USGS effectuera des analyses plus approfondies de l’eau à l’observatoire volcanologique de Californie.
En cliquant sur ce lien, vous verrez des vidéos du vol du drone au-dessus du lac à l’intérieur du cratère:
https://volcanoes.usgs.gov/volcanoes/kilauea/multimedia_chronology.html

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L’activité reste soutenue sur le Stromboli (Sicile). Des explosions sont observées au niveau de tous les cratères sommitaux. Elles s’accompagnent d’un dégazage continu et de fréquentes émissions de cendre. Le reste du temps, l’activité de dégazage est faible et se concentre principalement dans le cratère sud-ouest. Le tremor est stable avec des valeurs moyennes. Le nombre d’événements VLP (très longue période) est élevé, avec une moyenne de 19 explosions par heure. Les émissions de SO2 présentent des valeurs faibles (40 tonnes / jour). On enregistre peu de chutes de blocs sur la Sciara del Fuoco.
Source: Laboratorio Geofisica Sperimentale.

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An eruptive episode was observed on Satsuma-Iojima (also known as Tokara-Iojima) on the island of Kyushu (Japan). The volcano sent an ash plume more than 900 metres into the sky.

No injuries have been reported. It was the first eruption on the island since June 2013.

The Japan Meteorological Agency (JMA) raised the alert level from 1 to 2, on a scale of 5.

Source : JMA.

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GeoNet indicates that activity has increased at White Island (New Zealand) during the past weeks. Local volcanologists are not sure what this means. However, the volcanic alerte level remains at 1. Along the changes in the volcano’s behaviour, there has been an evolution in the SO2 emissions and the level of volcanic tremor. Both show an increasing trend and are at the highest level since 2016.

The level of the crater lake has been rising since early-August 2019, with an impact on the surface activity around the active vents on the west side of the crater floor. As I put it before, geyser-like activity has been observed in this area. Other recent measurements made on the island, such as fumarole and water chemistry, ground deformation and seismicity show no significant changes.

Source : GeoNet.

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 Because of the constant growth of the lava dome, explosions occur from time to time at Sheveluch (Kamchatka). Onr of them occurred on November 3rd, 2019. The ash cloud reached 10 kilometres above sea level.

The aviation colour code was raised to Red and later lowered back to Orange.

Source: KVERT.

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The eruption continues at Shishaldin (Aleutians / Alaska). On October 28th, 2019, the two lava flows observed previously down the northwest flank had stalled. On that same day, satellite images showed trace ash deposits on the north flank and a lahar extending at least 4 km northwest from the summit. However, during the follqwing days, new small explosions suggested a change in eruptive behaviour, and additional lava flows and lahars remained possible on November 1st. Elevated surface temperatures are now visible in several satellite images. Incandescence was observed in overnight webcam images, and a local pilot reported observing a lava flow on the morning of November 2nd.

Source: AVO.

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Kilauea (Hawaii) : Because of the difficult access to the site, HVO scientists resorted to an unmanned aircraft system (UAS) to collect a water sample from Halema‘uma‘u. The scientists then performed some preliminary tests of the water at the caldera rim minutes after the sample was collected. They revealed the water had a pH of 4.2. This value is acidic, though not as low as at some other volcanic lakes around the world, which can have pH values near or lower than zero, like Kawah Ijen in Indonesia. The conductivity of the water, related to the amount of dissolved solids, was above the upper limit of the sensor used for the test. Besides, the researchers were nt able to obtain a direct measurement of the lake’s temperature, but recent measurements by a thermal camera on the rim of the crater indicate a maximum water temperature of 65-75°C. More in-depth analyses of the water will be conducted by USGS at the California Volcano Observatory.

By clicking on this link, you will see videos of the flight of the UAS above the crater lake:

https://volcanoes.usgs.gov/volcanoes/kilauea/multimedia_chronology.html

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Volcanic activity is still high at Stromboli (Sicily). Explosions are observed at all the summit craters, accompanied by continuous degassing activity and frequent ash emissions. The degassing activity is low and mainly located at the SW crater. The tremor is stable at medium values. The number of VLP events is high, with an average of 19 events per hour. The SO2 flux shows low values (40 tons/day). The rockfall activity is low on the Sciara del Fuoco..

Source: Laboratorio Geofisica Sperimentale.

Vue du lac acide au fond de l’Halema’uma’u (Crédit photo: USGS / HVO)

Nouvelles de White Island (Nouvelle Zélande) // News of White Island (New Zealand)

GNS Science indique que le niveau du lac dans le cratère du volcan de White Island a augmenté ces derniers jours en raison des fortes pluies, mais aussi des gaz et de la vapeur qui se condensent et se transforment en eau. En raison de la montée du niveau du lac, des bouches actives du côté ouest du fond du cratère ont été inondées, ce qui provoque de petites explosions de boue semblables à des geysers. Les projections atteignent une dizaine de mètres de hauteur mais ne présentent aucun danger et ne sont pas le signe d’une hausse de l’activité volcanique.
White Island est l’une des zones volcaniques les plus actives de Nouvelle-Zélande. La dernière éruption a eu lieu en avril 2016.
Voici une courte vidéo montrant l’activité en cours:
https://www.facebook.com/geonetnz/videos/489735398528382/

Source: GNS Science.

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GNS Science indicates that the level of the lake within the crater of White Island volcano has risen in recent days due to heavy rainfall and the volcanic gas and steam that are being condensed and turning back from vapour into water. Because of this rising level of the lake, some active vents of the west side of the crater floor have been flooded, which causes small, muddy, geyser-like explosions They reach up to ten metres but are no danger to visitors to the island and are not a sign of increasing volcanic activity.

White Island is one of New Zealand’s most active volcanic zones. The last eruption occurred in April 2016.

Her is a short video of the current activity :

https://www.facebook.com/geonetnz/videos/489735398528382/

Source : GNS Science.

Photos: C. Grandpey

Wai-O-Tapu (Nouvelle Zélande/ New Zealand)

Wai-O-Tapu ( « eaux sacrées » en langue maori) est un site géothermal situé à 27 kilomètres au sud de Rotorua en Nouvelle-Zélande. La région possède de nombreuses sources chaudes réputées pour leurs belles couleurs, comme Champagne Pool. Le site couvre une superficie de 18 kilomètres carrés.
Selon le site Internet The Watchers et le New Zealand Herald, une éruption de vapeur et de boue a été observée il y a quelques jours à Wai-O-Tapu. L’événement a duré une quarantaine de secondes et a été filmé par le chauffeur d’une navette qui relie Rotorua aux sites locaux. Les volcanologues du GNS expliquent que de telles éruptions à Wai-O-Tapu sont rares mais pas exceptionnelles. Il est parfois fait état d’arbres couverts de boue.
Wai-O-Tapu est un site touristique populaire très fréquenté. Il est conseillé aux visiteurs d’être prudents lorsqu’ils s’approchent des phénomènes géothermaux. Voici quelques photos que j’ai prises lors d’une visite en février 2009.

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Wai-O-Tapu (Maori for « sacred waters ») is a geothermal site 27 kilometres south of Rotorua in New Zealand. The area has many hot springs noted for their colourful appearance, like Champagne Pool. It covers 18 square kilometres.

According to the website The Watchers and the New Zealand Herald, a steam and mud eruption was observed a few days ago at Wai-O-Tapu. The event lasted about 40 seconds and was recorded by the driver of a shuttle from Rotorua to local sites. GNS volcanologists explain that such eruptions at Wai-O-Tapu are uncommon but not exceptional. Occasionally, there are reports of trees covered in mud.

Wai-O-Tapu is a popular tourist site. Visitors are advised to be cautious when approaching. Here are a few photos I took during a visit in February 2009.

Photos: C. Grandpey

White Island (Nouvelle Zélande): Le lac grandit // The lake is growing

Dans une note publiée le 3 juin 2018, j’indiquais qu’un lac était en train de se reformer dans le cratère de White Island. L’information est maintenant confirmée par le site web de GeoNet qui explique que le lac continue de grandir, ce qui est susceptible de faire naître une activité hydrothermale à sa surface. Cependant, la situation n’est pas préoccupante et le niveau d’alerte volcanique reste à 1.
Une chose intéressante, c’est que au fur et à mesure que le niveau du lac s’élève, l’eau empiète sur les bouches émettrices de gaz sur la zone du dôme de lave de 2012 et elle va bientôt commencer à les noyer. Cette situation ne serait pas nouvelle. En effet, les lacs précédents ont submergé des bouches actives et des fumerolles à plus grande échelle. L’envahissement de ces bouches par l’eau du lac a généralement conduit à une activité hydrothermale localisée, avec parfois de petites éruptions phréatiques. Certaines ont formé de petits cônes de débris autour des zones actives pendant les périodes d’activité hydrothermale les plus violentes.
Si le lac continue à se remplir au rythme actuel, les volcanologues néo-zélandais pensent que les bouches sur le flanc du dôme seront recouvertes entre le 1er et le 15 août et le dôme sera complètement immergé dans 3 ou  4 mois. Le niveau du lac se trouve actuellement à 17 mètres sous son seuil de débordement et il se remplit à raison d’environ 2 000 m3 par jour. C’est plus ou moins le même rythme qu’en 2003 et 2004, 2007 et 2008 et 2013.
Une récente visite sur White Island a permis de constater que l’activité volcanique reste stable et faible. La température maximale au niveau des bouches actives sur le flanc du dôme est de 244°C, ce qui représente une légère augmentation (Cette température était de 220°C quand j’ai visité le volcan en janvier 2009). La température de la Fumerolle Zero continue de baisser ; elle est actuellement de 138°C. L’activité sismique et acoustique reste généralement faible, ainsi que les émissions de SO2. La température du lac est de 30,4°C. L’étude de la déformation du sol confirme la poursuite de l’affaissement du plancher du cratère en direction des bouches actives.
Source: GeoNet, The Watchers.

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In a post released on June 3rd, 2018, I indicated that a lake had reappeared inside White Island’s crater. The piece of news is now confirmed by the GeoNet website which explains that the lake continues to grow, which may cause hydrothermal surface activity. However, the situation is not preoccupying and the alert level remains at 1.

One interesting thing is that as the water level rises it is encroaching on the gas vents on the 2012 lava dome area and will soon start to drown them. This situation would not be new. Indeed, previous lakes have flooded active gas vents and larger scale fumaroles. Drowning of these vents has usually led to localized steam driven activity with occasional small hydrothermal eruptions. Some have formed small debris-tuff cones around the active areas during the more violent hydrothermal activity.

If the lake continues to fill at the current rate, New Zealand volcanologists expected the features on the side of the dome to be drowned early to mid-August and the dome will be totally drowned in 3 to 4 months’ time. The lake is now 17 metres below overflow and is filling at about 2 000 m3 per day. It is about the same rate as in 2003 and 2004, 2007 and 2008 and 2013.

Observations during a recent visit to the Island confirmed volcanic activity remains at a steady and low level. The maximum temperature at the vents on the dome is 244°C, representing a slight rise. The temperature of Fumarole Zero continues to decline, now measuring 138°C. Seismic and acoustic activity generally remains low, and the SO2 gas flux is also low. The lake temperature is 30.4°C. The ground deformation survey confirms the subsidence pattern towards the active vents continues.

Source : GeoNet, The Watchers.

Photos: C. Grandpey

White Island (Nouvelle Zélande / New Zealand)

Bonne nouvelle pour ceux qui ont l’intention d’aller en Nouvelle-Zélande et de visiter White Island. Les scientifiques du GNS indiquent que le lac de cratère est en train de se réformer. Selon la volcanologue Agnès Mazot – que je salue ici – l’activité volcanique reste à un niveau relativement bas et se limite au site du lac de cratère. Le niveau d’alerte reste à 1 et la couleur de l’alerte aérienne reste Verte.
Au cours des dernières semaines, l’eau s’est accumulée sur le sol du cratère et a commencé à former un nouveau lac qui semble d’installer dans la durée. L’activité volcanique se concentre au niveau des bouches qui émettent gaz et vapeur d’eau dans la partie ouest du cratère. L’activité sismique reste généralement faible, de même que les émissions de SO2. La situation ressemble beaucoup à celle que j’ai pu observer lors de ma visite de White Island en janvier 1999.
Source: GNS Science.

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Good news for those who intend to go to New Zealand and visit White Island. GNS scientists indicate that the crater lake is in the process of reforming. According to volcanologist Agnès Mazot, volcanic activity remains at a low level and is confined to the crater lake site. The alert level remains at 1 and the Aviation Colour code remains Green.

In the past few weeks water has ponded on the floor of the active crater and started to reform a permanent lake. Volcanic activity is limited to the gas-rich vents on the western side of the active crater. Seismic activity generally remains low, as well as SO2 emissions. The situation looks much like the one I could observe during my visit in January 1999.

Source : GNS Science.

Photos: C. Grandpey

Sommes-nous prêts à affronter la prochaine super éruption? // Are we ready to face the next super eruption ?

Je termine généralement ma conférence «Volcans et risques volcaniques» en disant que ce que je crains le plus, c’est l’éruption d’un «super volcan» comme le Taupo en Nouvelle-Zélande, le Toba en Indonésie ou le Yellowstone aux États-Unis. S’agissant de Yellowstone, j’explique que les volumineux nuages ​​de cendre produits par l’éruption causeraient de très sérieux dégâts aux Grandes Plaines qui sont le grenier des États-Unis. Ils affecteraient aussi profondément les communications. Notre société basée sur Internet serait certainement en grande difficulté si une telle situation se produisait. Je suis d’accord avec les scientifiques qui disent que le monde doit faire davantage d’efforts pour se préparer à la prochaine méga éruption volcanique.
Le tsunami dévastateur dans l’Océan Indien en 2004 et le séisme de Tohoku au Japon en 2011 sont des exemples de graves catastrophes naturelles. Cependant, le monde moderne n’a pas eu à faire face à une véritable catastrophe volcanique depuis au moins 1815, lorsque l’éruption du Tambora en Indonésie a tué des dizaines de milliers de personnes et provoqué une «année sans été» en Europe et en Amérique du Nord. De telles éruptions majeures atteignent le niveau 7 ou plus sur l’Indice d’Explosivité Volcanique (VEI) qui présente 8 échelons.
Il faut garder à l’esprit que la prochaine éruption de VEI-7 pourrait survenir au cours de notre vie et nous ne savons pas prévoir les éruptions. Même si nous en étions capables, je ne suis pas certain que nous soyons prêts à affronter de tels super événements
Un article publié par trois chercheurs américains au début du mois de mars 2018 dans Geosphere examine les conséquences potentielles d’une éruption de VEI-7. Les trois scientifiques ont analysé l’éruption de VEI-5 du Mont St Helens en 1980, et l’éruption de VEI-6 du Pinatubo en 1991. Ces événements ont tué des dizaines, voire des centaines de personnes, et occasionné des perturbations à des régions entières. Le Pinatubo a même envoyé assez de SO2 dans la stratosphère pour provoquer une baisse des températures sur la planète.
Une éruption de VEI-7 aurait des conséquences bien différentes. En 1257, une éruption de VEI-7 en Indonésie a probablement refroidi suffisamment la planète pour provoquer un Petit âge glaciaire. Le problème est que la prochaine super éruption aura lieu dans un environnement bien différent de celui du 13ème siècle. Aujourd’hui, l’agriculture, les systèmes de santé, le monde de la finance et d’autres secteurs de la vie moderne sont beaucoup plus interconnectés à l’échelle mondiale qu’ils ne l’étaient il y a quelques décennies. Il suffit de voir ce qui s’est passé en 2010 lors de l’éruption d’Eyjafjallajökull en Islande. L’éruption qui n’avait qu’un VEI-3 a paralysé le trafic aérien européen pendant plusieurs jours à cause des nuages ​​de cendre émis par le volcan. L’événement a causé des pertes économiques estimées à 5 milliards de dollars.
En conséquence, il serait souhaitable que les chercheurs commencent à anticiper une éruption de VEI-7 en étudiant ses effets potentiels sur les liaisons de communication. Par exemple, il faudrait savoir comment l’humidité atmosphérique et les cendres volcaniques peuvent interférer avec les signaux GPS. Il faudrait aussi faire des études afin de mieux comprendre comment de grandes quantités de magma s’accumulent et provoquent des éruptions. Cela permettrait de mieux prévoir où le prochain événement de VEI-7 est susceptible de se produire.
Les chercheurs possèdent déjà une longue liste de volcans capables de déclencher une éruption de VEI-7. Comme je l’ai écrit plus haut, ces volcans comprennent le Taupo en Nouvelle-Zélande, site de la dernière éruption du VEI-8 il y a 26 500 ans, et le Mont Damavand, situé à seulement 50 kilomètres de Téhéran.
Même s’il existe actuellement une faible probabilité de voir une super éruption survenir dans le court terme, si un tel événement devait se produire, les gens se tourneraient vers les scientifiques, les gestionnaires des services d’urgences, les gouvernements et d’autres entités et s’attendraient à ce qu’ils soient prêts à y faire face.
Source: D’après un article publié dans Nature.

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I usually end my conference « Volcanoes and volcanic risks” with the conclusion that what I fear most is an eruption of a ‘super volcano’ like Taupo in New Zealand, Toba in Indonesia, or Yellowstone in the United States. As far as Yellowstone is concerned, I explain that the massive ash clouds produced by the eruption would cause very serious damage to the Great Plains which are the granary of the U.S. They would also deeply affect communications. Our society based on the Internet would certainly be at a loss if such a situation occurred.  I agree with the scientists who say that the world needs to do more to prepare for the next huge volcanic eruption.

The devastating Indian Ocean tsunami of 2004 and the Tohoku earthquake in Japan in 2011 highlighted some of the worst-case scenarios for natural disasters. However, humanity has not had to deal with a cataclysmic volcanic disaster since at least 1815, when the eruption of Tambora in Indonesia killed tens of thousands of people and led to a ‘year without a summer’ in Europe and North America. Such powerful eruptions rank at 7 or more on the Volcanic Explosivity Index (VEI), which goes to 8.

We have to admit that the next VEI-7 eruption could occur within our lifetime, but we are not yet able to predict future eruptions. Even if we did, I am not sure we are ready to face super events

A paper published by three American researchers in early March 2018 in Geosphere explores the potential consequences of the next VEI-7 eruption.  All three have researched the VEI-5 eruption of Mount St Helens in Washington state in 1980, and the VEI-6 eruption of Mount Pinatubo in the Philippines in 1991. Those events killed dozens to hundreds of people and disrupted entire regions. Pinatubo even spewed enough SO2 into the stratosphere to cause global cooling.

A VEI-7 eruption would be of an entirely different scale. In 1257, a VEI-7 eruption in Indonesia probably cooled the planet down enough to kick off the Little Ice Age. The problem is the next super eruption will take place in quite a different environment. Today, agriculture, health care, financial systems and other aspects of modern life are much more globally interconnected than they were just a few decades ago. It suffices to see what happened in 2010 with the eruption of Eyjafjallajökull in Iceland. The eruption that ranked at just VEI 3 grounded European air traffic for days because of the ash clouds emitted by the volcano. The event caused an estimated 5 billion US dollars in economic losses.

As a consequence, researchers should start to prepare for a VEI-7 eruption by studying potential effects on crucial communications links such as how atmospheric moisture and volcanic ash can interfere with GPS signals. Others could work to improve their understanding of how large amounts of magma accumulate and erupt, helping scientists to forecast where the next VEI-7 event might occur.

The researchers already have a long list of candidate volcanoes that might be capable of a VEI-7 blast. As I put it before, they include Taupo in New Zealand, site of the world’s last VEI-8 eruption 26,500 years ago, and Iran’s Mount Damavand, which lies just 50 kilometres from Tehran.

Even if there is currently a low probability of a super eruption in the short term, when it occurs people will look to scientists, emergency managers, governments and other entities and expect them to be prepared.

Source : After an article published in Nature.

Yellowstone fait partie des super volcans de la planète (Photo: C. Grandpey)

La lune et le Ruapehu (Nouvelle Zélande) // The Moon and Mt Ruapehu (New Zealand)

Des scientifiques américains du Jet Propulsion Laboratory (JPL) de la NASA ont établi un lien entre les cycles des marées et l’éruption soudaine du Ruapehu en 2007. Ils pensent même que cette corrélation apparente pourrait offrir une solution pour prévoir les futures éruptions. Cependant, des scientifiques néo-zélandais ont émis des doutes et critiquent la méthodologie utilisée pour cette étude qui a été publiée dans la revue Scientific Reports.
L’étude a montré comment, juste avant l’éruption soudaine du Ruapehu le 25 septembre 2007, l’activité sismique à proximité du cratère correspondait étroitement aux changements bimensuels de la force de la marée. En examinant les données couvrant une douzaine d’années, les chercheurs ont constaté que cette corrélation entre l’amplitude du signal sismique et les cycles des marées est apparue seulement dans les trois mois précédant l’éruption de 2007.
Les marées terrestres sont gérées quotidiennement par l’attraction lunaire. Au cours des pleines et nouvelles lunes, l’attraction lunaire s’aligne avec celle du soleil, ce qui rend l’amplitude des marées un peu plus importante. Au cours du premier et du dernier quartier, l’amplitude des marées est légèrement plus faible. Alors que les marées sont généralement considérées comme une montée et une baisse des eaux, les contraintes gravitationnelles peuvent également affecter la croûte de notre planète. Beaucoup de recherches ont été effectuées afin de savoir si la force de marée peut déclencher des éruptions volcaniques, mais aucune réponse vraiment fiable n’a été fournie.
Les chercheurs du JPL qui ont travaillé sur le Ruapehu ont adopté un angle d’approche différent et ont recherché s’il existait un signal détectable associé à la force des marées et qui pourrait être une indication de l’approche d’une éruption. Ils ont choisi d’étudier le Ruapehu, d’une part parce que son activité est étroitement surveillée depuis des années par GNS Science, et d’autre part  parce qu’ils étaient particulièrement intéressés par les données provenant des capteurs sismiques situés près du cratère.
L’équipe scientifique s’est penchée sur 12 années de données sismiques et a recherché les périodes où apparaissait une corrélation entre la sismicité et les cycles lunaires. Les chercheurs ont constaté que pendant la majeure partie de cette période de 12 ans, il n’existait pas de corrélation entre l’activité sismique et les cycles lunaires, à l’exception des trois mois qui ont précédé l’éruption phréatique de 2007. Tandis que les fluctuations de l’amplitude sismique étaient subtiles, la force de la corrélation avec le cycle des marées atteignait 5 sigma, ce qui signifie que la probabilité que ce modèle soit dû au hasard était d’environ un sur 3,5 millions. [NDLR : 5 sigma est une mesure de la confiance des scientifiques à l’égard de leurs résultats.]
Pour comprendre comment la force des marées a pu avoir une influence sur le comportement du Ruapehu pendant ces trois mois, les chercheurs ont utilisé un modèle de tremor sismique qu’ils avaient développé précédemment. Il montre que lorsque la pression de la poche de gaz sous le volcan atteint un niveau critique – niveau auquel une éruption phréatique devient possible – les différentes contraintes associées au changement de force des marées étaient suffisantes pour changer l’amplitude du tremor. Ils sont persuadés que ce fut le cas en 2007. Lorsque la pression dans le système est devenue critique, elle est devenue sensible aux marées. Les scientifiques ont pu montrer que le signal était détectable. Ils voudraient maintenant recueillir plus de données concernant d’autres éruptions sur d’autres volcans pour voir si le signal de marée est apparu ailleurs.
Comme je l’ai écrit plus haut, les scientifiques néo-zélandais ont exprimé des doutes sur les résultats de l’étude et ont regretté l’absence de nombreux paramètres sismiques. Un chercheur néo-zélandais a déclaré que « l’étude considère le mécanisme comme un piégeage des gaz provoqué par des changements dans la perméabilité des roches, mais n’aborde pas directement la résistance de ces roches […] Avec seulement deux événements abordés par l’étude – et l’un d’eux pas « prévu » par le modèle – je ne suis pas sûr qu’elle puisse avoir une valeur prédictive. »
Source: New Zealand Herald.

Cette étude m’intéresse car j’ai moi-même fait des observations sur la corrélation possible entre la pression atmosphérique et l’activité éruptive en milieu strombolien. Vous trouverez un résumé de cette étude dans la colonne de gauche de ce blog.

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US scientists at NASA’s Jet Propulsion Laboratory (JPL) have linked tidal cycles to Mt Ruapehu’s surprise eruption in 2007, and even suggest the apparent correlation could offer a new way to predict future eruptions. However, New Zealand scientists have cast doubt over that idea and questioned the methodology used for the study which was recently published in the journal Scientific Reports..

The study indicated how, just before Ruapehu’s surprise eruption on September 25th, 2007, seismic tremors near its crater became tightly correlated with twice-monthly changes in the strength of tidal forces. Looking at data for this volcano spanning about 12 years, the researchers found that this correlation between the amplitude of seismic tremor and tidal cycles developed only in the three months before this eruption.

Earth’s tides rise and fall daily due to the gravitational tug of the moon as the Earth rotates.

In full and new moons, the lunar gravitational pull lines up with that of the sun, which makes the daily tidal bulges a little larger during those moon phases. During the first and third-quarter moons, the daily tidal bulge is slightly smaller. While tides are generally thought of as rising and falling waters, gravitational stresses can also affect the planet’s solid crust. A lot of research has been focused on whether or not tidal forces can trigger eruptions, but there is no definitive evidence that they do.

The Mt Ruapehu researchers wanted to take a different angle with their study and look at whether there was some detectable signal associated with tidal forces that could tell us something about a volcano’s criticality. The researchers chose to study Ruapehu partly because its activity has been closely monitored for years by GNS Science, and were particularly interested in data from seismic sensors located near the crater.

The team worked through 12 years of seismic data, looking for any period when the seismicity was correlated with lunar cycles. They found that for most of that period, there was no correlation between tremor and lunar cycles, except the three months before 2007’s phreatic eruption. While the fluctuations in seismic amplitude were subtle, the strength of the correlation to the tidal cycle was as strong as 5 sigma, meaning that the probability that pattern arose by chance was about one in 3.5 million.

To understand how tidal forces may have been affecting Ruapehu during those three months, the researchers used a model of seismic tremor that they had developed previously. It suggested that when the pressure of the gas pocket beneath the volcano reaches a critical level — a level at which a phreatic eruption was possible — the differing stresses associated with changing tidal forces were enough to change the amplitude of tremor. They are persuaded it was what happened in 2007. When the pressure in the system became critical, it became sensitive to the tides. The scientists were able to show that the signal was detectable. They would like to collect more data from other eruptions and other volcanoes to see if the tidal signal showed up elsewhere.

As I put it above, New Zealand scientists expressed doubts about the results of the study and explained that many seismic parameters were missing. One NZ researcher said that « the paper considers the mechanism to be one of gas trapping driven by changes in rock permeability, but doesn’t directly address the strength of this rock […] With only two events addressed by the paper – and one of them not « predicted » by the model – I am not confident that it would have any predictive value. »

Source: New Zealand Herald.

I was interested in this study as I have myself made observations about the possible correlation between atmospheric pressure and Strombolian activity. You will find an abstract of this study in the left-hand column of this blog.

Photos: C. Grandpey