Séismes lents en Nouvelle Zélande // Slow-motion earthquakes in New Zealand

J’ai appris à me méfier de Wikipedia qui diffuse parfois des informations inexactes, mais la définition d’un séisme lent qui est proposée me semble intéressante. Selon l’encyclopédie collective, « un séisme lent (SSE, pour slow slip event) est un déplacement discontinu semblable à celui d’un séisme classique, mais qui libère l’énergie élastique en plusieurs heures ou plusieurs jours au lieu de quelques minutes pour un séisme ordinaire. Les séismes lents ont d’abord été détectés par la mesure des déplacements et déformations. »

On peut lire aussi : « Les séismes lents correspondent à des phases transitoires de glissement lent et asismique le long des failles de subduction, à des profondeurs généralement plus importantes que les grands séismes. Les séismes lents peuvent atteindre une magnitude supérieure à M 7 et se déclenchent assez régulièrement. Grâce au déploiement de réseaux denses d’observation par GPS, des séismes lents ont pu être observés le long de nombreuses zones de subduction, notamment en Nouvelle-Zélande, au Japon, aux Cascades, au Mexique et en Équateur. »

En lisant la presse néo-zélandaise, on apprend que les stations GNSS de GeoNet le long de la côte sud de la région de Hawkes Bay et au nord de Gisborne se sont déplacées vers l’est de 1 à 2 cm depuis le début de 2023. Cela montre qu’un séisme lent est en cours au niveau de la zone de subduction de Hikurangi au large de la côte est de l’île du Nord. La quantité de mouvement de glissement lent au cours des 30 derniers jours a libéré une énergie équivalente à un tremblement de terre de M 7,0. Les scientifiques estiment que le déplacement sur la zone de subduction pendant l’événement a atteint 7 ou 8 cm au cours des deux dernières semaines.
Un autre épisode de séisme lent au large de Hawkes Bay a déjà été observé en 2022. En plus de l’événement de séisme lent, deux petits essaims sismiques ont été enregistrés dans la région, avec des magnitudes allant de M 1,0 à M 3,5. Ils sont probablement liés au séisme lent et sont vraisemblablement causés par des variations de contraintes dans la croûte terrestre.
Un autre séisme lent sous la région de Manawatu a commencé au début de 2022. Il n’a surpris personne car ces événements se produisent environ tous les cinq ans.
Les scientifiques de GeoNet ont récemment déployé de vastes réseaux temporaires de capteurs pour détecter ces séismes lents et toute activité sismique associée. Un géophysicien de GNS Science explique que les séismes lents sont un excellent rappel que la Nouvelle-Zélande se trouve à la frontière de plaques tectoniques très actives.
Source : New Zealand Herald, GeoNet.

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I have always been wary of Wikipedia, which sometimes disseminates inaccurate information, but the definition of a slow-motion earthquake, or slow slip event (SSE), that is suggested seems interesting to me. According to the collective encyclopedia, « a slow slip event is a discontinuous movement similar to that of a conventional earthquake, but which releases the elastic energy in several hours or several days instead of a few minutes for an ordinary earthquake. Slow earthquakes were first detected by measuring displacements and deformations. »
We can also read: « Slow earthquakes correspond to transient phases of slow and aseismic sliding along subduction faults, at depths generally greater than large earthquakes. Slow earthquakes can reach a magnitude greater than M 7.0 and occur quite regularly. Thanks to the deployment of dense GPS observation networks, slow earthquakes have been observed along many subduction zones, including New Zealand, Japan, the Cascades, Mexico and Ecuador. »

Reading the New Zealand newspapers, we learn that GeoNet’s GNSS stations along the southern coast of the Hawkes Bay area and north of Gisborne have shifted eastward by 1 – 2 cm since the start of 2023, This indicates that a slow-motion earthquake is underway on the Hikurangi subduction plate boundary offshore the North Island’s east coast. The amount of slow slip movement during the last 30 days has released energy equivalent to an M 7.0 earthquake. Scientists estimate that the amount of movement on the subduction zone during the current event now amounts to 7 or 8 cm over the last couple of weeks.

Another large slow slip event offshore Hawkes Bay had already been observed in 2022. In addition to the slow slip event, two small seismic swarms have been recorded in the region, with magnitudes ranging from M 1.0 to M 3.5. These earthquakes are likely related to the slow slip event,and are probbly caused by changes in stress in the Earth’s crust.

Another slow-motion earthquake beneath the Manawatu region started up at the beginning of 2022. It was expectedas these events occur approximately every five years.

GeoNet scientists have recently deployed large, temporary networks of sensors to detect these slow slip events, and any related seismic activity. A GNS Science geophysicist explaines that slow-slip events are a great reminder that New Zealand is located on a very active tectonic plate boundary.

Source : New Zealand Herald, GeoNet.

 

Schéma montrant le mouvement sur la zone de subduction Hikurangi (code couleur en centimètres) au cours des séismes lents depuis la mi-décembre 2022. Les flèches blanches montrent le déplacement horizontal des stations GNSS au cours de la même période. (Source : GeoNet)

Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques informations sur l’activité volcanique dans le monde.

L’éruption du Kilauea (Hawaii) se poursuit, avec un vaste lac de lave dans la partie orientale du cratère de l’Halema’uma’u et un bassin de lave dans la moitié ouest, là où se trouvait le petit lac de lave en 2021-2022. On observe une petite fontaine de lave au sein du lac dans la moitié Est qui présente une superficie d’une douzaine d’hectares.
Aucune activité particulière n’est observée le long de la zone de rift est ou de la zone de rift sud-ouest. De faibles déformations du sol et un peu de sismicité sont enregistrées le long des deux zones.
Source : HVO.

 

Capture d’écran de la webcam

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Le Stromboli (Sicile) reste très actif et l’interdiction d’accès au sommet est parfaitement justifiée. Le volcan est devenu imprévisible, avec des crises éruptives pouvant être violentes.

A partir de 09h51 (UTC) le 18 janvier 2023, un débordement de lave était observé sur les caméras de surveillance au niveau de la zone du cratère Nord. Le front de coulée se trouvait dans la partie supérieure de la Sciara del Fuoco.
D’un point de vue sismique, l’événement s’est accompagné d’une hausse modérée du tremor éruptif qui montre des valeurs moyennes. Aucune déformation significative de l’édifice volcanique n’est enregistrée.

Source : INGV.

 

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Une activité strombolienne intense se poursuit dans le cratère du Villarrica (Chili), avec des fontaines de lave atteignant 150 m de hauteur. Les explosions projettent des matériaux jusqu’à 480 m du cratère. On trouve des photos de mauvaise qualité des explosions sur les réseaux sociaux.
Le niveau d’alerte reste au Jaune (le deuxième niveau sur une échelle de quatre couleurs).
Source : SERNAGEOMIN.

Crédit photo: SERNAGEOMIN

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Au Kamchatka, la couleur de l’alerte aérienne est Orange por l’Ebeko (Kouriles du Nord) et le Sheveluch. Elle est Jaune pour le Bezymianny.

Cratère de l’Ebeko (Crédit photo: KVERT)

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L’éruption du Sabancaya (Pérou) continue avec une cinquantaine d’explosions quotidiennes. Elles génèrent des panaches de cendres qui montent à environ 3 km au-dessus du sommet du volcan. Le niveau d’alerte reste à Orange.

Source : IGP.

Crédit photo: IGP

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Le PVMBG indique que l’on enregistre toujours une sismicité peu profonde sur le Kawah Ijen (Indonésie). Dans une note précédente publiée début janvier 2023, j’indiquais que la sismicité avait augmenté sur le volcan et que la température de l’eau du lac était passée de 16 °C en décembre 2022 à 45,6 °C le 5 janvier 2023. La couleur de l’eau était vert clair . Des panaches blancs s’élevaient des bouches sur la rive du lac, et il y avait une forte odeur de soufre.
Cette hausse d’activité a incité les autorités à relever le niveau d’alerte à 2 (sur une échelle de 1 à 4) le 7 janvier 2023. Il est demandé à la population, aux touristes et aux mineurs de ne pas s’approcher du cratère dans un rayon de 1,5 km.

Photo: C. Grandpey

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La température du lac dans le cratère du Ruapehu (Nouvelle-Zélande) reste élevée. Le 27 décembre 2022, elle atteignait 35,5°C. Cependant, le niveau d’alerte volcanique reste à 1 et la couleur de l’alerte aérienne est maintenue au Vert, indiquant un faible risque d’éruption. Il est conseillé au public d’éviter d’entrer dans une zone de 700 m autour du centre du lac de cratère et de s’abstenir de camper. dans les vallées ou sur le plateau sommital (voir photo ci-desssous)
Source : GeoNet.

 

Photo: C. Grandpey

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Une augmentation de la sismicité est actuellement enregistrée sur le Plateau de Dieng (Indonésie), ce qui a incité le Centre indonésien de gestion des risques géologiques (PVMBG) à relever le niveau d’alerte de 1 à 2 (sur une échelle de 4) le 13 janvier 2023. Le complexe volcanique fr Dieng a connu sa dernière activité éruptive en avril 2021 avec un VEI 1. Les habitants et les touristes sont priés de ne pas s’approcher à moins de 1 km du cratère Sileri.
On observe une augmentation du nombre de séismes volcaniques profonds et d’événements tectoniques locaux depuis le 9 janvier 2023. De plus, les émissions de CO2 ont eu tendance à augmenter dans le cratère Timbang entre le 1er janvier et le 13 janvier 2023.
Les mesures des températures de l’eau et du sol au cratère Sileri révèlent une relative stabilité.
Les principaux dangers à Dieng résident dans l’augmentation des émissions de gaz volcaniques, en particulier de CO2 dans le cratère Timbang, mais aussi des éruptions phréatiques dans le cratère Sileri, avec des coulées de boue ou des projections de matériaux. Ces éruptions phréatiques ou coulées de boue peuvent se produire sans être annoncées par une augmentation de l’activité visuelle et sismique.
Le Plateau de Dieng est surtout connu pour ses émissions de gaz mortels. Cette activité est décrite dans un chapitre de « Histoires de Volcans – Chroniques d’éruptions ».

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L’éruption du Marapi (Sumatra / Indonésie) se poursuit avec des panaches de cendres denses qui montent jusqu’à 1 km au-dessus du cratère. Le niveau d’alerte reste à 2 (sur une échelle de 1 à 4) et le public est invité à rester à 3 km du cratère.
Source : PVMBG.

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L’activité éruptive se poursuit sur le Mont Young du Semisopochnoi (Aléoutiennes / Alaska). La sismicité est élevée avec de petits séismes locaux et un tremor qui reste à un niveau relativement bas. De petites émissions de vapeur sont visibles sur les images de la webcam. Plusieurs petits signaux d’explosion ont été détectés par des capteurs sismiques locaux mais aucune activité n’a été identifiée dans les images satellites. La couleur de l’alerte aérienne reste Orange et le niveau d’alerte volcanique est maintenu à Watch (Vigilance).
Source : AVO.

Crédit photo: AVO

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L’activité reste globalement stable sur les autres volcans.

J’ai dressé un bilan de l’année volcanique 2022. Vous le trouverez en cliquant sur ce lien :

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2023/01/02/bilan-dactivite-volcanique-2022/

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Ces informations ne sont pas exhaustives. Vous en trouverez d’autres (en anglais) en lisant le bulletin hebdomadaire de la Smithsonian Institution :
https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Here is some news about volcanic activity around the world.

The eruption of Kilauea (Hawaii) continues, with a large lava lake in the eastern part of Halema’uma’u crater and a lava pool in the western half, where the small lava lake was in 2021-2022. There is a small lava fountain within the lake in the eastern half which has an area of about twelve hectares.
No particular activity is observed along the East Rift Zone or the Southwest Rift Zone. Weak ground deformation and low seismicity are recorded along both zones.
Source: HVO.

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Stromboli (Sicily) remains very active and the prohibition of access to the summit is perfectly justified. The volcano has become unpredictable, with eruptive crises that can be violent.
Starting at 09:51 (UTC) on January 18th, 2023, a lava overflow was observed on surveillance cameras at the North crater area. The flow front was located in the upper part of the Sciara del Fuoco.
From a seismic point of view, the event was accompanied by a moderate increase in the eruptive tremor which shows medium values. No significant deformation of the volcanic edifice is recorded.
Source: INGV.

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Intense Strombolian activity continues at Villarrica (Chile), with lava fountains up to 150 m high. Explosions eject material as far as 480 m from the crater. Poor quality photos can be seen on social networks.

The Alert Level remains at Yellow (the second level on a four-color scale).

Source : SERNAGEOMIN.

In Kamchatka, the aviation color code is Orange for Ebeko (Northern Kuriles) and Sheveluch. It is Yellow for Bezymianny.

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The eruption of Sabancaya (Peru) continues with about 50 daily explosions. They generate ash plumes that rise about 3 km above the summit of the volcano. The alert level remains at Orange.
Source: IGP.

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PVMBG indicates there is still an increased number of shallow earthquakes at Kawah Ijen (Indonesia). In a previous post released in early January 2023, I indicated that seismicity had increased on the volcano and the lake water temperature had risen from 16 °C in December 2022 to 45.6 °C on January 5th, 2023. The color of water was light green. Dense white plumes were rising from the vents on the lake’s shore, and there was a strong sulfur odor.

The elevated unrest prompted authorities to raise the Alert Level to 2 (on a scale of 1-4) on January 7th, 2023. Residents, visitors, and miners are advised to not approach the crater within a 1.5-km radius.

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The temperature of the lake within Mt Ruapehu‘s crater (New Zealand) remains elevated. On December 27th, 2022, the temperature peaked at 35.5 °C. However, the Volcanic Alert Level remains at 1 and the Aviation Color Code is kept at Green, indicating a low risk of eruption.The public is advised to avoid entering an area of 700 m around the center of the crater lake and should refrain from camping in valleys or on the Summit Plateau.

Source : GeoNet.

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An increase in seismicity is currently observedat Dieng volcano (Indonesia), prompting the Indonesian Centre for Volcanology and Geological Hazard Mitigation (PVMBG) to raise the Alert Level from 1 to 2 (on a scale of 4) on January 13th, 2023. The Dieng Volcanic Complex last erupted in April 2021 with a VEI 1.

There has been an increase in the number of deep volcanic earthquakes and local tectonic earthquakes since January 9th, 2023. Furthermore, CO2 emissions in Timbang Crater between January 1st and January 13th, 2023, have tended to increase.

The results of measurements of water and soil temperatures at Sileri Crater indicated a relative stability.

The main hazards at Dieng include an increasing concentration of volcanic gases, particularly CO2 in Timbang Crater, which could be followed by the occurrence of CO2 gas flow, and phreatic eruptions in Sileri Crater in the form of mudflows or material ejection. These phreatic eruptions or mudflows can occur without being preceded by an increase in both visual and seismic activity.

The Activity Level at Dieng was increased from 1 to 2 on January 13th, 2023.

Residents and tourists are asked not to approach Sileri Crater within 1 km of the crater.

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The eruption at Marapi (Sumatra / Indonesia) continues with dense ash plumes rising up to 1 km above the crater. The Alert Level remains at 2 (on a scale of 1-4) and the public is asked to stay 3 km away from the crater.

Source : PVMBG.

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Eruptive activitycontinues at Semisopochnoi’s Mount Young (Aleutians / Alaska). Seismicity is elevated with small local earthquakes and weak tremor. Minor steam emissions are visible in webcam images. Several small explosion signals have been detected by local seismic sensors but no activity was identified in satellite views. The Aviation Color Code remains at Orange and the Volcano Alert Level is kept at Watch.

Source : AVO.

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Activity remains globally stable on other volcanoes.

You will find a report of volcanic activity in 2022 by clicking on this link :

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2023/01/02/volcanic-activity-report-2022/

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This information is not exhaustive. You can find more by reading the Smithsonian Institution’s weekly report:

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

L’éruption de White Island (2019) au cinéma // A movie after the 2019 White Island eruption

Le 9 décembre 2019, une explosion soudaine s’est produite à White Island (Nouvelle-Zélande). Elle a tué 21 personnes et blessé 26 autres. Parmi les 47 victimes, il y avait 24 Australiens, 9 Américains, 5 Néo-Zélandais, 4 Allemands, 2 Chinois, 2 Britanniques et un Malaisien. La plupart de ces touristes ne portaient que des T-shirts et des shorts. 38 étaient des passagers d’un navire de croisière – l’Ovation of the Seas – qui effectuait un voyage de 12 jours autour de la Nouvelle-Zélande. Ils avaient acheté l’excursion sur White Island auprès d’une agence de voyage néo-zélandaise. J’ai décrit l’événement et ses conséquences dans plusieurs notes de ce blog. Dans les jours et semaines qui ont suivi la catastrophe, il s’est agi de trouver qui était responsable de la sécurité des touristes et de savoir si des manquements étaient constatés, bref, qui pouvait être tenu pour responsable du drame.
Un film intitulé « The Volcano : Rescue From Whakaari » vient de sortir. Il a été réalisé par Rory Kennedy. Pour autant que je sache, il ne peut être vu que sur Netflix. On peut lire qu’il s’agit d’« un récit précis de l’éruption volcanique de Whakaari / White Island. […] Le film raconte viscéralement une journée où des gens ordinaires ont été appelés à faire des choses extraordinaires, tout en plaçant cet événement tragique dans le contexte plus large de la nature, de la résilience et du pouvoir de notre humanité commune. »
À en juger par la bande-annonce, il s’agit d’un film catastrophe américain typique qui s’appuie sur des événements réels. J’ai décrit avec détail ce qui s’est passé sur l’île que j’ai moi-même visitée en janvier 2009.

Au final, la tragédie a montré qu’on ne sait pas prévoir les éruptions volcaniques, encore moins sur ce type de volcans explosifs de la Ceinture de Feu du Pacifique. Je pense que tenir les volcanologues néo-zélandais responsables de la mort de ces personnes serait un non-sens. De la même manière, le navire de croisière et l’agence de voyage doivent-ils être tenus responsables? Je ne le pense pas. Le niveau d’alerte volcanique n’était pas particulièrement élevé et aucune éruption n’était envisagée par les agences volcanologiques néo-zélandaises. La suite se résume à une bataille d’avocats et une question d’argent. Il était clair que les participants blessés et ceux – ou leurs familles – qui avaient perdu un être cher voulaient des compensations financières.
Voici la bande-annonce du film:
https://youtu.be/hnxGV9RQutE

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On Dcember 9th, 2019, a sudden explosion occurred at White Island (New Zealand). It killed 21 people and injuring 26 others. The 47 people were identified as twenty-four Australians, nine Americans, five New Zealanders, four Germans, two Chinese, two Britons and one Malaysian. Many of them were just wearing T-shirts and shorts for the day. Of these people, 38 were passengers on a shore excursion from the cruise ship Ovation of the Seas which was on a 12-day voyage around New Zealand. I described the event and its consequences in several posts on this blog. Questions were asked about who was responsible for the safety of tourists and, if failings are found, who would be held accountable

A film entitled “The Volcano: Rescue From Whakaari” has just been released. It was directed by Rory Kennedy. As far as I know it can only be seen on Netflix. It is supposed to be « a close examination of the Whakaari / White Island volcanic eruption. […] The film viscerally recounts a day when ordinary people were called upon to do extraordinary things, placing this tragic event within the larger context of nature, resilience, and the power of our shared humanity. »

Judging from the trailer, it is a typical American disaster movie based on real events. I carefully described what happened on this island I personally visited in January 2009. In the end, the tragedy showed that we cannot predict eruptions, even less on this type of explosive volcanoes of the Pacific Ring of Fire. I think that holding NZ volcanologists responsible for these people’s deaths would be a nonsense. In the same way, should the cruise ship and the travel agency be held resposible ? I don’t think so. The alert level for the volcano was not very high and no eruption was predicted by the NZ volcanological agencies. The rest was just battle of lawyers and a matter of money. It was clear to me that the participants who were injured and those – or their families – who lost a dear person wanted financial compensations.

Here is the trailer :

https://youtu.be/hnxGV9RQutE

White Island avant et après l’éruption (Photos: C. Grandpey, GeoNet)

Séisme, tsunami, glissements de terrain sur le Lac Taupo (Nouvelle Zélande) // Earthquake, tsunami, landslides on Lake Taupo (New Zealand)

Voici quelques détails supplémentaires sur le séisme et les nombreuses répliques qui ont été enregistrés dans le secteur du volcan Taupo fin novembre 2022. J’ai décrit l’événement dans une note publié le 8 décembre 2022 :

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2022/12/08/lactivite-sismique-et-ses-consequences-sur-le-lac-taupo-nouvelle-zelande-seismic-activity-and-its-consequences-on-lake- taupo-nouvelle-zelande/

Dans sa dernière mise à jour publiée le 14 décembre 2022, GeoNet explique que la magnitude initiale de M 5,6 a été relevée à M5,7. Du 30 novembre au 14 décembre, 680 répliques ont été enregistrées, la dernière avec une magnitude de M 3,4 le 12 décembre. L’intensité et la fréquence des répliques ont commencé à diminuer mais devraient se poursuivre pendant plusieurs semaines
En plus de la sismicité, l’instrument GPS installé sur le récif Horomatangi s’est soulevé de 18 cm pendant le séisme et s’est déplacé de 25 cm vers le sud-est. C’est le plus grand mouvement de terrain jamais enregistré à cet endroit. De plus, il y a eu une déformation post-sismique de 4 cm vers le sud-est sur le récif dans la semaine qui a suivi le séisme.
Un petit tsunami a été généré dans le lac Taupo la nuit du séisme de M 5,7. Les vagues ont traversé le lac et déferlé de quelques mètres sur de nombreuses plages. La vague la plus importante a été observée à Wharewaka Point, où la plage a été recouverte sur une vingtaine de mètres. Le tsunami a pu être causé par un possible glissement de terrain sous la surface du lac. La vague a eu moins d’impact sur les rives nord et peu ou pas sur les rives ouest.
Plus de 30 glissements de terrain ont été déclenchés par le séisme de M 5,7. La plupart d’entre eux étaient de faible ampleur sur des pentes abruptes à proximité des routes. Les chutes de pierres les plus importantes ont été identifiées près de l’épicentre du séisme. Une portion de plusieurs centaines de mètres de falaise s’est effondrée dans le lac.
Outre les chutes de pierres, le mouvement de terrain le plus remarquable déclenché par le séisme a été localisé à plus de 15 km au nord de l’épicentre, à Wharewaka Point. Il est possible qu’un glissement de terrain sous la surface du lac se soit produit au niveau de la plage, ce qui a provoqué l’affaissement de 170 m du rivage dans le lac, avec un recul d’une vingtaine de mètres. La situation est en cours d’étude, mais il est possible que l’effondrement de la plage dans le lac ait généré le tsunami local.
Les glissements de terrain sous-marins sont parmi les plus importants sur Terre et peuvent déclencher des tsunamis. Cependant, il n’y a actuellement aucune preuve que le glissement de terrain de Wharewaka Point a généré le tsunami dans le lac Taupo.
Une activité volcanique mineure est en cours sur le volcan Taupo depuis mai 2022, et le niveau d’alerte volcanique a été élevé à 1 en septembre 2022.
L’activité sismique récente se situe dans la fourchette prévue par GeoNet et correspond à une activité volcanique mineure. Selon les scientifiques, cette activité ne justifie pas un passage à un niveau d’alerte volcanique plus élevé.
Source : GeoNet, The Watchers.

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Here are some more details about the earthquake and numerous aftershocks that were registered at Taupo volcano at the end of November 2022. I described the event in a post released on December 8th, 2022 :

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2022/12/08/lactivite-sismique-et-ses-consequences-sur-le-lac-taupo-nouvelle-zelande-seismic-activity-and-its-consequences-on-lake-taupo-new-zealand/

In its latest update released on December 14th, 2022, GeoNet explains that the initially reported magnitude of M 5.6 was increased to M5.7. From November 30th to December 14th, 680 aftershocks were located, with the most recent event with a magnitude of M 3.4 on December 12th. The magnitude and rate of aftershocks have started to decline but are expected to continue for several weeks

In addition to the shaking of the ground, the GPS instrument at Horomatangi reef moved 18 cm upwards during the earthquake and 25 cm to the southeast, which is the largest ever recorded ground movement at this location. Moreover, there was a post-seismic deformation of 4 cm to the southeast in the week following the earthquake at Horomatangi reef .

A small tsunami was generated in Lake Taupō on the night of the M 5.7 earthquake. The waves traveled across the lake and surged a few meters across many beaches. The larger surge occured at Wharewaka Point, where the beach retreated by some 20 m. Thetsunami may have been caused by a possible underwater landslide. The tsunami had less impact on the northern shores and little or no change was seen on the western shores.

More than 30 landslide events have been triggered by the M 5.7 earthquake. Most of them were small slips on steep cut slopes close to roads while larger rockfalls were identified closer to the earthquake epicenter. A several-hundred-meter-long section of the cliffs collapsed into the lake.

Aside from the rockfalls, the most notable single earthquake-triggered land movement, was located over 15 km north of the epicenter, at Wharewaka Point.

It is possible an underwater landslide occurred at the location of the popular swimming beach, causing 170 m of the shoreline to subside into the lake, with a maximum retreat of up to 20 meters. Whilst still under investigation it is possible that the collapse of the beach into the lake drew water in behind it, generating the local tsunami.

Underwater landslides are known to be some of the largest landslides on Earth and can trigger tsunamis, however, there is currently no evidence to suggest the Wharewaka Point landslide generated the larger lake-wide tsunami.

Minor volcanic unrest has been ongoing at Taupo Volcano since May 2022, and the Volcanic Activity Level was raised to 1 in September 2022.

The recent earthquake activity is within the range that had previously been anticipated and is consistent with minor volcanic unrest. This activity does not warrant a move to a higher volcanic alert level.

Source: GeoNet, The Watchers.

On peut voir sur cette image la zone de débris (ligne jaune) déposée à Wharewaka Point par le tsunami du 30 novembre. La ligne rouge symbolise le rivage avant le 30 novembre 2022. (Source : GNS Science).