Le recul rapide du Sólheimajökull (Islande) // The fast retreat of Sólheimajökull (Iceland)

Comme je l’ai déjà écrit, l’Islande est un pays où la fonte des glaciers est très rapide. Le Sólheimajökull, au sud du pays, entre les volcans Katla et Eyjafjallajökull, est un bon exemple de ce phénomène. Le Sólheimajökull est une branche du Mýrdalsjökull qui recouvre la caldeira du Katla, considéré comme l’un des volcans les plus dangereux d’Islande.
J’ai observé le Sólheimajökull pour la dernière fois en 2003. À cette époque, le front était très proche de la route d’accès dont il était séparé par la rivière de fonte qui sortait en dessous du glacier. Il y avait une forte odeur de soufre tout le long de cette rivière. (voir photos ci-dessous)

Quelques années plus tard, des observations ont révélé que le Sólheimajökull fondait à une vitesse incroyable. Par exemple, il a reculé de 110 mètres entre octobre 2017 et octobre 2018. Il s’agissait du plus important recul du glacier en une seule année depuis le début des mesures. Entre 2010 et 2018, le recul a atteint 379 mètres. Il convient de noter qu’en 2003 et 2010, il n’y avait pas de lagon devant le glacier, comme c’est le cas actuellement. Le lagon s’est également approfondi. Les mesures ont révélé 40 mètres de profondeur en 2015, puis à 60 mètres en 2016 et on estime qu’il était encore plus profond en 2018.

Un de mes amis était en Islande en juin 2019 et il a confirmé la description ci-dessus. Il m’a envoyé plusieurs photos montrant la situation actuelle. (voir photos ci-dessous)

Le Svinafellsjökull qui forme une branche du Vatnajökull est, lui aussi, en perte de vitesse, comme on peut le voir sur les deux photos ci-dessous, prises en octobre 2007 et juin 2019. Un vaste lac de fonte s’est aujourd’hui installé devant la partie frontale du glacier.

Certains scientifiques craignent que la fonte des glaciers provoque des éruptions plus fréquentes en Islande. Sans le poids des glaciers, le sol va se soulever. Ce rebond isostatique, permettrait ainsi au magma de monter plus facilement. Cependant, aucune preuve d’une telle évolution n’a été donnée jusqu’à présent.
Source: Guide to Iceland.

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As I put it before, Iceland is a country where glacier melting is very fast. A good example of the phenomenon is the Sólheimajökull Glacier in the southern part of the country, between the volcanoes Katla and Eyjafjallajökull. It is a branch of the larger Mýrdalsjökull Glacier which lies atop the Katla caldera. Katla is considered as one of Iceland’s most dangerous volcanoes.

I last visited the glacier in 2003. By that time, the front was very near the access road from which it was separated by the meltwater river coming from beneath the glacier. There was a strong smell of sulphur all along the river. (see photos)

A few years later, observations revealed that Sólheimajökull Glacier was melting at an incredible speed. It receded by 110 metres between October 2017 and October 2018. It was the biggest single-year recession by the glacier since measurements began. Between 2010 and 2018, the total retreat amounted to 379 metres. It should be noted that in 2003 and 2010, there was no lagoon in front of the glacier, like there is now. The lagoon has also deepened markedly. It was first measured at 40 metres deep in 2015, then 60 metres deep in 2016 and it was estimated to be even deeper in 2018.

A friend of mine was in Iceland in June 2019 and he confirmed that above-mentioned description of the glacier. He has sent me several photos showing the current situation. (see photos)

Svinafellsjökull, a branch of Vatnajökull, is retreating too, as one can see on the two photos below, taken in October 2007 and June 2019. A Vast melt lake has appeared in front of the glacier

Some scientists fear glacier melting might trigger more frequent eruptions in Iceland. Without the weight of the glaciers, the ground is going to rebound, thus allowing magma to ascend more easily. However, no proof of such an evolution has benne given up to now.

Source: Guide to Iceland.

Le Sólheimajökull  en 2003:

(Photo: Pascal Belouet)

(Photos: C. Grandpey)

Le Sólheimajökull  en juin 2019:

(Photos: Pascal Belouet)

Le Svinafellsjökull en octobre 2007:

Le Svinafellsjökull en juin 2019:

(Photos: P. Belouet)

 

 

 

 

 

 

 

La fonte du Glacier Blanc (Hautes-Alpes) [suite]

Dans une note publiée le 27 octobre 2017, j’attirais l’attention sur la fonte rapide du Glacier Blanc, dans les Hautes-Alpes. C’est le glacier le plus méridional de France. Il commence à se former à 4015 mètres d’altitude et descend jusqu’à 2350 mètres. En 2017, j’avais pu l’observer et le photographier depuis le célèbre Pré de Madame Carle, point de départ de nombreuses excursions dans le massif des Ecrins.

Un article paru dans la revue Sciences et Avenir en juillet 2019 confirme la fonte ultra rapide de ce glacier – il recule d’environ 25 mètres chaque année – et attire l’attention sur ses conséquences. Les dernières estimations des climatologues révèlent qu’il devrait perdre 90% de sa masse d’ici à 2050 si le réchauffement climatique continue au rythme actuel. Même si l’Accord de Paris était respecté, avec une hausse maximale de la température à 2°C, on estime que 71% de la masse glaciaire aurait disparu d’ici là.

Le glacier est surveillé attentivement par les glaciologues grenoblois qui utilisent les images obtenues lors de survols ainsi que les données satellitaires, sans oublier les visites sur le terrain à la fin de l’hiver et au terme de l’été.

Ces différentes observations montrent que le Glacier Blanc avait repris du volume dans les années 1920, puis de nouveau entre les années 1960 et 1980, avant de reculer de manière spectaculaire par la suite.

Les conséquences de cette fonte sont visibles sur le terrain où des espèces végétales ont commencé à prendre la place de la glace. Le changement de paysage ne sera malheureusement pas la seule conséquence de la fonte du Glacier Blanc. Il ne faudrait pas oublier qu’il est un important contributeur au remplissage du barrage de Serre-Ponçon qui permet de produire de l’hydroélectricité et d’arroser les terres de Provence en période de sécheresse. Il est fort à parier que dans un bref avenir, on ne pourra plus compter sur ce réservoir d’eau vital pour toute une région. Par sa situation, le Glacier Blanc n’est pas trop menacé par les éboulements ou les glissements de terrain. Lors de ma visite au Pré de Madame Carle en 2017, je regardais le chaos minéral qui entoure le site et je me disais que les alpinistes devraient se méfier de la fonte du permafrost de roche en haute altitude. Le phénomène génère des chutes de roches, comme cela s’est déjà produit à plusieurs reprises dans le massif du Mont Blanc.

Source : Sciences et Avenir.

Photos: C. Grandpey

Les lacs cachés du Groenland // Greenland’s hidden lakes

Les scientifiques ont identifié 54 nouveaux lacs sous-glaciaires sous la calotte du Groenland. Jusqu’à maintenant, à peine quatre d’entre eux avaient été recensés.Les observations ont été effectuées par des chercheurs des universités de Lancaster et de Sheffield. Les résultats ont été publiés dans la revue Nature Communications. Les chercheurs ont passé au peigne fin 570 000 kilomètres carrés de données radar recueillies par le programme IceBridge de la NASA qui cartographie les couches internes de la calotte glaciaire et le substrat rocheux. En plus de 54 lacs subglaciaires, deux lacs actifs ont été identifiés. Leur rôle est loin d’être négligeable car de tels lacs se remplissent en faisant monter et descendre la glace qui les surmonte.
Contrairement aux 470 lacs de l’Antarctique, les lacs groenlandais sont de petite taille. Par exemple, le lac Vostok en Antarctique a une longueur de 250 km alors que le plus grand lac au Groenland n’a que 6 km de long. Au Groenland, les lacs se trouvent principalement en bordure de la calotte glaciaire, sous des glaces relativement lentes et stables. Les scientifiques pensent qu’ils sont aussi plus récents car la calotte a beaucoup évolué au cours du dernier cycle glaciaire.
Ces lacs sous-glaciaires intéressent les scientifiques car ils renseignent sur l’hydrologie et la dynamique de la calotte glaciaire. L’eau agit comme un lubrifiant et, avec le réchauffement climatique, accélère le glissement de la glace vers l’océan. Connaître la vitesse de ce glissement permettra de faire des projections sur l’effet de la fonte de la glace du Groenland sur le niveau des océans. On sait d’ores et déjà que la fonte intégrale de la glace du Groenland ferait monter ce niveau d’environ 7 mètres. Une récente étude de 2019 montre que la fonte du Groenland a connu une forte accélération à partir des années 2000; elle atteint en moyenne 286 gigatonnes par an.
Source: Presse internationale.

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Scientists have identified 54 new subglacial lakes under the Greenland ice sheet. So far, only four of them had been identified. The observations were made by researchers at Lancaster University and Sheffield University. The results were published in Nature Communications. The researchers combed 570,000 square kilometres of radar data collected by NASA’s IceBridge program, which maps the inner layers of the ice sheet and the bedrock. In addition to 54 subglacial lakes, two active lakes have been identified. Their role is far from negligible because while filling up, such lakes raise and lower the ice above them.
Unlike the 470 lakes in Antarctica, Greenland lakes are small. For example, Lake Vostok in Antarctica is 250 km long while the largest lake in Greenland is only 6 km long. In Greenland, the lakes are mainly at the edge of the ice sheet, under relatively slow and stable ice. Scientists think they are also newer because the ice cap has evolved a lot during the last ice cycle.
These subglacial lakes are of interest to scientists as they provide information on the hydrology and dynamics of the ice sheet. Water acts as a lubricant and, with global warming, accelerates the sliding of the ice towards the ocean. Knowing the speed of this slide will help make projections on the effect of the melting of Greenland ice on the level of the oceans. It is already known that the total melting of Greenland ice would raise this level by about 7 metres. A recent study of 2019 shows that the melting of Greenland has greatly accelerated since the 2000s; it averages 286 gigatonnes a year.
Source: International Press.

Photo: C. Grandpey

Le rapport du GIEC et la situation en Alaska ! // The IPCC report and the situation in Alaska !

Dans son dernier rapport, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) met l’accent sur les effets de l’agriculture et de la sylviculture sur la dégradation des sols et leur forte influence sur le  réchauffement climatique. On remarquera que ce même rapport se garde bien de parler de la pollution des industries, des transports, ou du secteur pétrolier. Il est plus facile de demander à la population qu’aux lobbies de faire des efforts ! S’agissant de la déforestation, la France n’est pas vraiment concernée car nos forêts sont relativement bien gérées. La déforestation affecte surtout des régions du monde comme l’Amazonie ou l’Indonésie, premier producteur d’huile de palme de la planète qui émet plus de gaz à effet de serre que les États-Unis!

Les écologistes français se sont bien sûr engouffrés dans la brèche offerte par le GIEC en proposant des solutions qui n’ont pas grand-chose à voir avec les causes du réchauffement climatique. Inciter la population à manger moins de viande pour contrer le réchauffement climatique est à mes yeux une vaste rigolade. La cause du problème se trouve ailleurs ! Alors que les médias commentaient le rapport du GIEC – des commentaires qui ne mèneront nulle part, car nos dirigeants ne prendront jamais les mesures nécessaires – une autre situation était au moins aussi préoccupante.

Au cours des dernières semaines, l’Alaska a enregistré les niveaux de glace de mer les plus bas jamais observés, avec des températures record et des incendies de forêt qui ont dévasté plusieurs parties de cet Etat. Certaines zones de mer sont totalement libres de glace. Cela n’a jamais eu lieu aussi tôt dans l’année et aura des conséquences sur le climat arctique et sur la Terre dans son ensemble.
D’après le National Snow and Ice Data Center (NSIDC), centre national de données sur la neige et la glace, le mois d’août 2019 connaît les niveaux de glace de mer arctique les plus bas de tous les temps. La meilleure preuve de cette situation catastrophique se trouve probablement à Point Barrow, le point le plus septentrional de l’Alaska. À Point Barrow, il faut aller à 480 ou 560 kilomètres des côtes pour trouver de la glace de mer en ce moment Historiquement, à cette période de l’année, il devrait y avoir de la glace près ou le long de la côte de l’Alaska, et non à des centaines de kilomètres de distance.
Selon le NSIDC, la glace de mer est un indicateur d’autres problèmes climatiques. L’atmosphère se réchauffe. Les océans se réchauffent. La glace de mer est victime de ces deux phénomènes à la fois.
Contrairement à ce que pensent beaucoup de gens, la fonte de la glace de mer dans les mers arctiques ne joue aucun rôle dans la montée des océans. La glace qui est à l’origine de l’élévation du niveau de la mer -la glace continentale – est largement présente au Groenland. En revanche, la glace de mer de l’Alaska exerce une influence sur la température de la planète avec l’albédo qui, en renvoyant une partie de l’énergie solaire dans l’espace, contribue à abaisser la température. Sans albédo, la température s’élève car la mer absorbe l’énergie solaire

Le changement climatique que l’on observe actuellement rend l’Arctique particulièrement vulnérable. La région se réchauffe de plus en plus vite. Au cours des deux dernières décennies, elle s’est réchauffée environ deux fois plus vite que le reste de la planète dans son ensemble.
Les Alaskiens, en particulier les populations autochtones, ont leur mode de vie profondément modifié par la fonte de la glace de mer, surtout les communautés qui en dépendent pour la chasse. La chasse au morse a été problématique en 2019 ; il y a eu très peu de jours où la glace était suffisamment robuste pour que les communautés autochtones puissent s’y installer pendant les mois d’hiver et de printemps.

Alors que les Alaskiens sont les plus touchés par la fonte de la glace, le reste du monde en ressentira également les effets. Avec l’absence de glace qui entraîne une hausse des températures, le pergélisol des régions arctiques est en train de fondre, ce qui ajoute du dioxyde de carbone dans l’atmosphérique et contribue au réchauffement climatique.
Les scientifiques pensent que nous avons atteint un point de non retour dans la région, sauf si nous réussissons à inverser les émissions de gaz à effet de serre. La partie est loin d’être gagnée !
Source: Time.

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In its latest report, the Intergovernmental Panel on Climate Change (IPCC) focuses on the effects of agriculture and forestry on soil degradation and their strong influence on global warming. It should be noted that this same report is careful not to talk about the pollution of factories, transport, or the oil industry. It is easier to ask people than lobbies to make efforts! Regarding deforestation, France is not really concerned because our forests are relatively well managed. Deforestation mainly affects parts of the world such as the Amazon or Indonesia, the world’s largest producer of palm oil that emits more greenhouse gases than the United States!

French ecologists have of course engulfed in the gap offered by the IPCC by proposing solutions that have little to do with the causes of global warming. Encouraging the population to eat less meat to counter global warming is, to my mind, a huge joke. The cause of the problem lies elsewhere! While the media were commenting the GIEC report – comments that will lead to nowhere as our political leaders will never take the necessary measures – another situation was at least as preoccupying.

Alaska has seen the lowest levels of sea ice ever this summer as record temperatures and wildfires hit the region with some areas completely ice free, an event which has never occurred so early in the year and has ramifications for the arctic climate and the Earth as a whole.

Compared to all other recorded years of research, August 2019 has the lowest levels of arctic sea ice ever, according to the National Snow and Ice Data Center (NSIDC). The best evidence of this situation lies probably at Point Barrow, Alaska’s northernmost point. At Point Barrow, there is no sea ice within 480 to 560 kilometres at the moment. Historically, at this time of year there should still be some ice close to or along the coast of Alaska, not hundreds of kilometres away.

According to NSIDC, sea ice is an indicator of other climate issues. The atmosphere is warming. The oceans are warming. The sea ice is getting hit by both sides of climate change.

While most people think of melting ice in the context of sea levels, the loss of sea ice actually plays no role in the rising water. The ice that causes rising sea levels – frozen freshwater land ice – is largely present in Greenland. Instead, Alaska’s sea ice affects the Earth’s temperature. It is crucial for the ‘albedo’ by reflecting some of the solar energy back to space, thus lowering the temperature. With no albedo, the sea absorbs the solar energy and temperatures increase.

The climate change we are currently observing is making the Arctic especially vulnerable. The Arctic is warming up very strongly, a phenomenon called Arctic amplification. Over the past couple of decades, the Arctic has been warming up at roughly twice the rate as the globe as a whole.

Alaskans, especially the indigenous populations, have been impacted by the melting ice and have seen their way of life altered by the changing environment, particularly communities who rely on the sea ice for hunting. Walrus has been a big problem in 2019 and there have been very few days when the ice was sturdy enough for indigenous communities to even get onto it during the winter and spring.

While Alaskans are the most dramatically affected by the melting ice, the rest of the world will also feel some impacts. As melting ice leads to increased temperatures, there is a potential for the permafrost in Arctic regions to melt, adding to atmospheric carbon dioxide..

Glaciologists think we have reached a point of no return in the region unless we can reverse greenhouse gas emissions.

Source: Time.

La glace de mer s’éloigne de plus en plus des côtes de l’Alaska (Photo: C. Grandpey)

Une pénurie d’eau menace la planète // The shortage of water: A threat to our planet

Selon le dernier rapport du World Resources Institute (WRI) paru le 6 août 2019, près du quart de la population mondiale, réparti dans 17 pays, est en situation de pénurie hydrique grave. Selon le WRI, on s’approche à grands pas du « Jour Zéro » où plus aucune eau ne sortira du robinet. Vous pourrez lire le rapport (en anglais) du WRI en cliquant sur ce lien :

https://www.wri.org/blog/2019/08/17-countries-home-one-quarter-world-population-face-extremely-high-water-stress

Le rapport du WRI débute avec l’exemple des réservoirs de Chennai, la sixième plus grande ville de l’Inde, qui sont presque à sec. L’année dernière, les habitants du Cap, en Afrique du Sud, ont évité de peu le « Jour Zéro » où plus aucune eau ne sort robinets. Sans oublier Rome (Italie) qui, en 2017, a dû  rationner l’eau afin de l’économiser.

Le WRI explique qu’aujourd’hui près du quart de la population mondiale vivant dans 17 pays est confrontée à une situation de pénurie d’eau « extrêmement élevée. » Personne n’ose en parler, mais une pénurie d’eau à grande échelle deviendra inévitablement source de migrations de populations et de conflits. Le rapport du WRI précise que les prélèvements hydrauliques dans le monde ont plus que doublé depuis les années 1960 en raison d’une demande croissante qui ne montre aucun signe de ralentissement. Les pays les plus concernés se situent au Moyen-Orient et en Afrique du Nord avec à leur tête le Qatar, Israël, le Liban ou encore l’Iran.

A côté des pays du Moyen Orient, l’Inde souffre de la pire crise de l’eau de son histoire et des millions de vies et de moyens de subsistance sont menacés. La population du pays, particulièrement nombreuse, demande énormément de ressources. Les eaux en surfaces mais également les eaux souterraines y sont gravement surexploitées.

Selon le WRI, la France occupe la 59ème place dans le classement des pays les plus touchés par une pénurie hydraulique. Le pays se situe dans la catégorie à risque « moyen-élevé ». Mais le rapport souligne que même si certains Etats semblent moins concernés que d’autres, il peut exister des zones de pénurie extrême en leur sein. C’est ce que nous constatons actuellement en France avec la sécheresse extrême qui affecte certaines régions.

Le rapport du WRI indique que, « comme pour tout défi, les perspectives de la pénurie d’eau dépendent de la direction stratégique opérée par chaque Etat. »  Il souligne que certains pays ont commencé à sécuriser leurs ressources hydrauliques grâce à une gestion appropriée. Ainsi, l’Arabie saoudite facture l’eau pour inciter à la conservation. La Namibie, l’un des pays les plus arides du monde, transforme les eaux usées en eau potable depuis 50 ans. L’Australie a presque réduit de moitié l’utilisation de son eau domestique pour éviter le fameux « Jour Zéro ».

Dans la conclusion de son rapport, le WRI explique qu’il existe des tendances indéniablement inquiétantes dans le domaine de l’eau. Toutefois, « en prenant des mesures dès maintenant et en investissant dans une meilleure gestion, nous pouvons résoudre les problèmes liés à l’eau pour le bien des personnes, des économies et de la planète. »

Source : World Resources Institute (WRI).

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According to the latest World Resources Institute (WRI) report released on August 6th, 2019, almost a quarter of the world’s population, spread across 17 countries, is experiencing severe water scarcity. According to WRI, we are getting close to « Day Zero » when no more water will come out of the tap. You can read the WRI report by clicking on this link:

https://www.wri.org/blog/2019/08/17-countries-home-one-quarter-world-population-face-extremely-high-water-stress

The WRI report begins with the example of the water reservoirs of Chennai, the sixth largest city in India, which are almost dry. Last year, people in Cape Town, South Africa, narrowly avoided « Day Zero » when no more water comes out of the taps. Not to mention Rome (Italy) which, in 2017, had to ration the water in order to save it.

WRI explains that today almost a quarter of the world’s population living in 17 countries is facing a situation of « extremely high water scarcity. » Nobody dares to talk about it, but a large-scale water shortage will inevitably become a source of population migration and conflict. The WRI report states that water withdrawals worldwide have more than doubled since the 1960s due to growing demand that shows no signs of slowing down. The most affected countries are in the Middle East and North Africa headed by Qatar, Israel, Lebanon and Iran.

Alongside the Middle East countries, India suffers from the worst water crisis in its history and millions of lives and livelihoods are threatened. The country’s population, which is particularly large, requires a great deal of resources. The surface waters but also the groundwater are seriously over-exploited.

According to WRI, France ranks 59th among the countries most affected by a hydraulic shortage. The country is in the « medium-high » risk category. But the report points out that even though some states seem less concerned than others, there may be areas of extreme scarcity within them. This is what we are currently seeing in France with the extreme drought affecting certain regions.

The WRI report states that « as with any challenge, the prospects for water scarcity depend on the strategic direction of each state”. It points out that some countries have started to secure their water resources through proper management. Thus, Saudi Arabia charges water to encourage conservation. Namibia, one of the driest countries in the world, has been turning wastewater into drinking water for 50 years. Australia has almost halved the use of its domestic water to avoid the famous « Day Zero ».

In the conclusion of the report, WRI explains that there are undeniably worrying trends in the water sector. However, « by taking action now and investing in better management, we can solve water-related problems for the good of people, economies and the planet. »

Source: World Resources Institute (WRI).

 

Juillet 2019, le plus chaud, ou le deuxième plus chaud // July 2019, the hottest, or the second hottest

En attendant les données de la NASA et de la NOAA qui seront publiées vers le 15 août, le service NCEP-NCAR nous apprend qu’avec +0,524°C au-dessus de la moyenne 1981-2010, le mois de juillet 2019 se classe au 2ème rang depuis 1948, date du début de l’archive de l’agence. L’année 2019 est également à la deuxième place derrière 2016.

Les analyses des services COPERNICUS, ERA5, d’ECMWF, montrent que le mois de juillet 2019 a été le plus chaud de tous les temps, devant 2016. C’était déjà le cas au mois de juin, quand NCEP avait placé 2019 à la 2ème place, et ERA5 à la première.

Au niveau régional de la planète, on notera qu’après un mois de juin record, l’Europe a connu une nouvelle vague de chaleur avec des anomalies plus marquées à l’ouest du continent, en France en particulier. Comme je l’ai indiqué à plusieurs reprises, l’Alaska a connu également des anomalies positives très importantes, à un niveau record.

Source : global-climat.

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While waiting for NASA and NOAA data to be published around August 15th, the NCEP-NCAR agency tells us that with + 0.524°C above the 1981-2010 average, July 2019 has ranked 2nd since 1948, year of the beginning of the agency’s archive. 2019 is also second behind 2016.
The analyses of ECMWF, ERA5 and COPERNICUS services show that July 2019 was the warmest month of all times, ahead of 2016. This was already the case in June, when NCEP placed 2019 in 2nd place, and ERA5 in the first place.
At the regional level of the planet, after a record June, Europe experienced a new heat wave with more pronounced anomalies in the west of the continent, particularly in France. As I have indicated on a number of occasions, Alaska has also experienced some very significant positive anomalies, at a record level.
Source: global-climat.

Avec le réchauffement climatique, les glaciers peuvent tuer // With global warming, glaciers may kill

Avec le réchauffement climatique, les glaciers fondent de plus en plus vite. En conséquence, l’approche de ceux qui viennent vêler dans la mer ou dans un lagon devient de plus en plus dangereuse. Les derniers événements survenus à Alaska confirment que les touristes qui visitent les glaciers ont intérêt à être de plus en plus prudents.
Les corps de trois Européens – deux Allemands et un Autrichien – ont été retrouvés dans le lac devant le glacier Valdez, à environ 200 kilomètres à l’est d’Anchorage. Les cadavres ont été découverts près du front du glacier Valdez, entourés de petits icebergs, signe que les victimes ont été tuées par un effondrement du glacier qui donne naissance au lac. Les trois hommes naviguaient dans une embarcation gonflable ; elle a été retrouvée sur les lieux de l’accident, avec les autres biens des victimes.
Comme ses homologues dans la région, le glacier Columbia en particulier, le glacier Valdez recule de façon spectaculaire et il déverse sa glace dans le lac qui s’est considérablement agrandi ces dernières années. Les effondrements de glace ont déjà fait des victimes en Alaska et dans d’autres régions nordiques. Une randonneuse de 32 ans a été tuée par la chute de blocs de glace l’été dernier. Le même jour, dans un autre lieu, un garçon de 5 ans en randonnée avec sa famille a été tué par des blocs qui se sont détachés d’un glacier.
La source; Agence Reuters, via la presse américaine.

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With global warming, glaciers are melting faster and faster. As a consequence, the approach of calving glaciers is getting more and more dangerous. The latest events in Alaska do confirm that tourists who visit glaciers should be more and more careful.

The bodies of three boaters from Europe – two Germans and an Austrian – were found in Valdez Glacier Lake, about 200 kilometres east of Anchorage. The corpses were discovered near the front of Valdez Glacier, surrounded by frozen debris, a sign that the victims were killed by ice that fell from the melting glacier that feeds the lake. The three men had been boating in an inflatable canoe-type craft, which was recovered from the scene, along with the victims’ other belongings.

Valdez Glacier has been retreating dramatically and shedding ice into the lake, which is expanding. Falling glacial ice has caused other deaths in the past in Alaska and other northern regions. A 32-year-old hiker was killed after glacial ice fell on her last summer, and on the same day in a different location, a 5-year-old boy hiking with his family was killed by a large chunk that tumbled off a different glacier.

Source; Agence Reuters, via la presse américaine.

Effondrement du front du glacier Columbia, à proximité de Valdez (Photo: C. Grandpey)

J’ai réalise une petite vidéo montrant un important effondrement du front du glacier Sawyer, dans le sud de l’Alaska: