Fonte des glaciers: L’Everest livre ses morts // Glacier melting : Mount Everest delivers its dead

Depuis qu’il a été conquis pour la première fois par Sir Edmunund Hillary et son sherpa Tenzing Norgay en 1953, plus de 4 800 alpinistes ont escaladé l’Everest, le plus haut sommet du monde avec 8848 mètres au-dessus du niveau de la mer.* Ces dernières années, le nombre d’alpinistes a suscité des inquiétudes par leur trop grand nombre, ce qui a aggravé encore davantage les dangers sur la montagne. Quelque 563 alpinistes ont escaladé le sommet depuis le sud du Népal en 2018. 293 sont morts depuis la première tentative d’ascension et on pense que les deux tiers des corps sont encore ensevelis sous la neige et la glace. De 2000 à 2018, le nombre de décès a augmenté pour atteindre en moyenne 6 décès par an. Les corps sont récupérés au printemps du côté chinois, au nord, au début de la saison d’ascension de la montagne.
Plusieurs études montrent que les glaciers de l’Everest, ainsi que la plupart sur la chaîne himalayenne, fondent et s’amincissent rapidement. Une étude réalisée en 2015 a révélé que les petits lacs du glacier Khumbu – que les alpinistes doivent franchir pour escalader l’Everest – s’agrandissent et se rejoignent en raison de la fonte accélérée de la neige et de la glace. L’armée népalaise a vidangé le lac Imja, près de l’Everest, en 2016, car l’eau de fonte des glaciers avait atteint un niveau dangereu. Une autre équipe de chercheurs a effectué des forages dans le glacier Khumbu en 2018 et constaté que la glace était plus chaude que prévu. Le résultat de leurs recherches, publié dans la revue Scientific Reports en 2018, a révélé: «une température de glace minimale de seulement -3,3°C ; même la glace la plus froide était plus chaude de 2°C que la température moyenne annuelle de l’air. Le rapport du Centre for Integrated Mountain Development indique que si le réchauffement climatique se poursuit, les deux tiers des glaciers de l’Himalaya auront probablement fondu d’ici 2100. Cette fonte pourrait provoquer des inondations importantes et détruire des cultures.
Les responsables des expéditions sur l’Everest découvrent de plus en plus de cadavres d’alpinistes sur le plus haut sommet du monde car les températures de plus en plus élevées font fondre les glaciers et la neige. Plus de 200 alpinistes sont morts au sommet depuis 1922, année où les premiers décès ont été recensés sur l’Everest. On pense que la majorité des corps sont restés enfouis sous les glaciers ou sous la neige.
Le changement climatique affecte rapidement le Népal. Dans certaines régions, les glaciers perdent un mètre d’épaisseur chaque année. En conséquence, les cadavres sont de plus en plus exposés et découverts par les alpinistes. Par exemple, depuis 2008, une compagnie de sherpas a découvert à elle seule sept corps parmi lesquels certains remontent à une expédition britannique dans les années 1970.
L’Association nationale des guides de montagne du Népal est inquiète, car ce type de découverte est de plus en plus courant et perturbe leur travail. La plupart des cadavres sont descendus dans les villes. Les autres sont recouverts de roche ou de neige et sont l’objet de prières en signe de respect.
Les guides de montagne déplorent l’inaction des autorités face aux cadavres retrouvés sur la montagne. Récupérer et rapatrier les corps depuis les camps les plus élevés peut être à la fois dangereux et coûteux. Les autorités estiment qu’il en coûte entre 40 000 et 80 000 dollars pour redescendre des cadavres. Les tâches les plus dangereuses ont lieu à 8 700 mètres, près du sommet de l’Everest.

Source: Presse internationale; Glaciers en péril.

* J’ai apporté cette précision car il est bon de rappeler que l’Everest n’est pas la plus haute montagne sur terre. En effet, si on se réfère au centre de la Terre, le Chimborazo en Equateur dépasse l’Everest de 1 811 mètres. D’autre part, pris depuis sa base au fond de l’Océan Pacifique, le Mauna Kea à Hawaii est la plus haute montagne de la planète avec10 210 mètres de hauteur.

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Since it was first conquered by Sir Edmunund Hillary and his sherpa Tenzing Norgay in 1953, more than 4,800 climbers have scaled Mount Everest, the highest peak on Earth with 8,848 metres above sea level*. In recent years, the number of climbers has concern about overcrowding, further exacerbating the dangers on the mountain. Some 563 climbers scaled the peak from Nepal’s southern side in 2018. 293 mountaineers have died on the peak since the first ascent attempt and two-thirds of bodies are thought still to be buried in the snow and ice. From 2000 to 2018 deaths have increased to 6 annual deaths Bodies are being removed on the Chinese side of the mountain, to the north, as the spring climbing season starts.

Several studies show that glaciers in the Everest region, as in most parts of the Himalayas, are fast melting and thinning. A study in 2015 revealed that ponds on the Khumbu Glacier – that climbers need to cross to scale the mighty peak – were expanding and joining up because of the accelerated melting. Nepal’s army drained the Imja Lake near Mount Everest in 2016 after its water from rapid glacial-melt had reached dangerous levels. Another team of researchers drilled the Khumbu Glacier in 2018 and found the ice to be warmer than expected. The research, published in the journal Scientific Reports in 2018, revealed: “a minimum ice temperature of only −3.3 °C, with even the coldest ice being a full 2 °C warmer than the mean annual air temperature. The report from the International Centre for Integrated Mountain Development says that if global warming continues, two-thirds of Himalayan glaciers could melt by 2100 and that the melting ice could cause major floods and destroy crops.

Mount Everest expedition operators are finding increasing numbers of climbers’ dead bodies on the world’s highest peak as high temperatures melt glaciers and snow. More than 200 mountaineers have died on the peak since 1922, when the first climbers’ deaths on Everest were recorded. The majority of bodies are believed to have remained buried under glaciers or snow.

Climate change is affecting Nepal rapidly. In some areas, glaciers are melting by a metre every year. As a consequence, dead bodies are increasingly being exposed and discovered by climbers. For instance, since 2008 a single sherpa company has brought down seven dead bodies of some mountaineers, some dating back to a British expedition in the 1970s.

The Nepal National Mountain Guides Association is worried as this kind of discovery is increasingly common and affects their operations. Most of the dead bodies are brought to the towns. The others are covered with rock or snow and respected by prayers.

The mountain guides regret the authorities’ lack of action in dealing with dead bodies encountered on the mountain. Recovering and removing bodies from the higher camps can be both dangerous and expensive. Experts say it costs $40,000 to $80,000 to bring down dead bodies. One of the most dangerous recoveries is at 8,700 meters, near the summit of Mt Everest.

Source: International press; Glaciers en péril.

* I made this clarification because it is good to remember that Mt Everest is not the highest mountain on Earth. Indeed, if one refers to the centre of the Earth, Chimborazo (Ecuador) exceeds Everest by 1,811 meters. What is more, taken from its base at the bottom of the Pacific Ocean, Mauna Kea (Hawaii) is the highest mountain on the planet with 10,210 metres in height.

Face nord de l’Everest (côté Tibet) [Crédit photo: Wikipedia]

Températures : Mars 2019 en 3ème position // Temperatures : March 2019 was the third warmest

Selon les relevés de la NASA, le mois de mars 2019 a été le troisième plus chaud depuis le début des relevés par l’Administration en 1880. Avec +1,11°C au-dessus de la moyenne 1951-1980, l’anomalie relevée en mars 2019 est en hausse par rapport à février (+0,90°C).  Depuis 1880, seuls les mois de mars 2016 et 2017 ont été plus chauds.

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According to NASA records, March 2019 was the third warmest since records began in 1880. At + 1.11°C above the 1951-1980 average, the anomaly recorded in March 2019 is up from February (+ 0.90°C). Since 1880, only March 2016 and 2017 have been warmer.

Le ski à roulettes aux portes de nos massifs ! // Roller skiing soon in our mountains !

Ce n’est pas vraiment une surprise car le manque de neige s’est fait cruellement sentir dans les Pyrénées au mois de décembre 2018. En conséquence, les stations de ski de la chaîne ont enregistré une baisse de fréquentation cet hiver en raison de ce déficit d’enneigement en début de saison. Les premières chutes importantes sont intervenues les 22 et 23 janvier.

Le groupe N’Py, qui gère sept stations dans les Hautes-Pyrénées et les Pyrénées-Atlantiques, a comptabilisé 1 739 900 journées ski au 7 avril, soit un recul de 10% par rapport à l’an dernier. Au total, 163 454 journées ski ont été enregistrées durant les 15 jours de vacances de Noël, soit une baisse de 40% par rapport à la saison précédente.

La situation s’est améliorée pendant les vacances de février,  avec une hausse de 13% par rapport à la saison 2017-2018, et ceci malgré une neige de piètre qualité à cause du temps trop chaud en février.

Faute de chutes de neige au printemps et de températures suffisamment basses pour déclencher les canons à neige, la grande majorité des stations pyrénéennes ont d’ores et déjà fermé.

Le massif pyrénéen représente environ 10% du marché du ski français, un des plus importants au monde. Selon l’Observatoire Pyrénéen du Changement Climatique (OPCC), l’épaisseur de neige pourrait y diminuer de moitié et les températures maximales moyennes augmenter de 1,4 à 3,3 degrés Celsius d’ici à 2050.

Source : France Info.

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The news did not really come as a surprise because the lack of snow was badly felt in the Pyrenees in December 2018. As a result, the ski resorts have recorded a decrease in attendance this winter because of this snowfall deficit at the beginning of the season. The first major falls occurred on January 22nd and 23rd.
The N’Py group, which manages seven resorts in the Hautes-Pyrénées and Pyrénées-Atlantiques, recorded 1,739,900 ski days on April 7th, a decrease of 10% compared to last year. A total of 163,454 ski days were recorded during the 15 days of Christmas holidays, a 40% drop from the previous season.
The situation improved during the February holidays, with a 13% increase over the 2017-2018 season, despite the poor quality of the snow due to the hot weather in February.
In the absence of snowfall in the spring and temperatures not low enough to trigger the snow cannons, the vast majority of Pyrenean resorts have already closed.
The Pyrenees represent about 10% of the French ski market, one of the largest in the world. According to the Pyrenees Observatory of Climate Change (OPCC), the snow depth could decrease by half and average maximum temperatures increase from 1.4 to 3.3 degrees Celsius by 2050.
Source: France Info.

En septembre, les températures étaient remarquablement chaudes dans les Pyrénées… (Photo: C. Grandpey)

…En décembre, le manque de neige se faisait cruellement sentir. (Capture d’image de la webcam de La Mongie)

La pollution du Kilauea à Hawaii // The pollution of Kilauea Volcano in Hawaii

La fin de l’éruption du Kilauea en septembre 2018 s’est accompagnée d’une diminution considérable de la quantité de dioxyde de soufre (SO2) émis par le volcan. Cela a permis de pouvoir bénéficier à nouveau d’un ciel magnifique au-dessus de la Grande Ile d’Hawaï, en particulier dans sa partie ouest où la pollution volcanique connue sous le nom de vog avait été régulièrement observée au cours des dernières années.
Au plus fort de l’éruption dans la Lower East Rift Zone (LERZ) en 2018, alors que les émissions de gaz volcaniques et la pollution étaient à leur plus haut niveau, une équipe scientifique a travaillé en relation avec le HVO et les services sanitaires de l’État d’Hawaï pour étudier le niveau de pollution de l’air générée par l’éruption.
Les chercheurs ont échantillonné des particules volcaniques et des gaz le long de la LERZ, en particulier au niveau de la Fracture n°8, de l’entrée de la lave dans l’océan et sur divers sites sous le vent. Pour déterminer la nature et la composition de la pollution volcanique, des échantillons ont été prélevés par aspiration de l’air à travers des filtres, au niveau du sol et de l’air, et à l’aide de drones.
Les particules minuscules déposées sur les filtres ont ensuite été analysées en laboratoire pour en déterminer la composition chimique et ont été observées à l’aide d’un puissant microscope électronique à balayage (MEB) pour déterminer la composition des particules individuelles. D’autres instruments ont déterminé le nombre ou le poids de particules de différentes tailles que l’on associe à différents impacts sur la santé dans des études sur la pollution d’origine humaine. Les échantillons ont été analysés pour en déterminer le pH et les principaux composants, notamment le sulfate, le fluorure et le chlorure, ainsi que des métaux traces, tels que le plomb et l’arsenic.
Ces analyses ont ciblé les espèces chimiques présentes dans les panaches volcaniques. Le panache du Kilauea est composé principalement de vapeur d’eau, de dioxyde de carbone (CO2), de dioxyde de soufre (SO2) et de quantités plus faibles d’autres gaz, notamment de chlorure d’hydrogène (HCl) et de fluorure d’hydrogène (HF). Le SO2 réagit dans l’atmosphère au fil du temps pour former de minuscules particules de sulfate acides et neutres, qui constituent un élément majeur de la pollution volcanique à Hawaii. De petites quantités de métaux toxiques ont également été trouvées dans les panaches de gaz volcaniques émis par les bouches éruptives du Kilauea.
La campagne d’échantillonnage de gaz et de particules effectuée au cours de l’été 2018 a permis d’examiner dans quelle mesure les éléments traces, tels que les métaux, varient avec la distance, dans le panache du Kilauea. Il a été constaté que la quantité de ces éléments était très variable et ne dépendait pas uniquement de la distance entre le panache et la source de l’éruption. La plupart des particules avaient un diamètre inférieur à 2,5 microns, une taille suffisamment petite pour pénétrer profondément dans les poumons.
Les résultats de l’étude corroborent également les observations précédentes concernant la transformation chimique du SO2 gazeux en particules. Les zones éloignées de la source des émissions gazeuses, comme la côte de Kona, sur la Grande Ile d’Hawaii, présentaient de fortes concentrations de particules, car une grande partie du SO2 s’était transformée en particules en se déplaçant sous le vent. Les normes de qualité de l’air ambiant concernant le SO2 et les particules ont été dépassées à divers endroits sur l’île au cours des trois mois de l’éruption dans la LERZ.
Contrairement à l’été 2018 et la forte intensité de l’éruption, le calme qui rège actuellement sur le Kilauea offre une excellente occasion d’étudier la qualité de l’air ambiant. Cela va permettre aux scientifiques mesurer la différence entre la pollution anthropique, telle que les gaz d’échappement des véhicules, et la pollution volcanique. Comprendre la contribution de la pollution d’origine humaine est important sur une île où la population ne cesse d’augmenter.
Pour étudier cette pollution anthropique, l’équipe scientifique envisage de revenir pendant l’été 2019 échantillonner l’air dépourvu de la contribution volcanique, en utilisant le même équipement et les mêmes sites d’échantillonnage. Les mesures effectuées «avant» et «après» l’éruption permettront d’isoler l’empreinte chimique des particules volcaniques. Cela améliorera notre compréhension des effets potentiels des panaches volcaniques sur la santé, l’environnement et les écosystèmes.
Source: USGS / HVO.

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The end of Kilauea’s 2018 eruption this past September was accompanied by an enormous decrease in the amount of sulphur dioxide (SO2) emitted from the volcano. This has led to beautifully clear skies above the Island of Hawaii, especially on the west side, where the volcanic pollution known as vog was regularly observed in past years.

During the peak of the 2018 Lower East Rift Zone (LERZ) eruption, when the volcanic emissions and vog were both much stronger, a team of academic researchers worked with the Hawaiian Volcano Observatory and the Hawaii State Department of Health to study the intense air pollution generated by the eruption.

The researchers sampled volcanic particles and gases at the LERZ Fissure 8 vent, the ocean entry, and various downwind sites. To determine the nature and composition of the volcanic pollution, samples were collected by pumping air through filters, from the ground and from the air using drones.

The tiny particles captured on the filters were then analyzed in the laboratory for chemical composition and imaged using a powerful Scanning Electron Microscope (SEM) to determine the composition of individual particles. Other instruments determined the number or weight of particles of various sizes, which are associated with different health impacts in studies of human-caused pollution. The samples were analyzed for pH, major components including sulphate, fluoride, and chloride; and trace metals, such as lead and arsenic.

These analyses targeted chemical species that are present in volcanic plumes.  Kilauea’s plume is composed primarily of water vapour, carbon dioxide (CO2), sulphur dioxide (SO2), along with smaller amounts of other gases, including hydrogen chloride and hydrogen fluoride. SO2 reacts in the atmosphere over time to form tiny acidic and neutral sulphate particles, which are a major component of volcanic pollution in Hawaii. Small amounts of toxic metals have also been found in the volcanic gas plumes emitted from Kilauea’s vents.

The summer 2018 gas and particle sampling campaign was the first effort to look at how trace elements, such as metals, change over distance in the Kilauea plume. It was found that the amount of these elements was highly variable but was not solely predicted by the distance of the plume from the vent. Most of the particles were less than 2.5 micron in diameter, small enough to penetrate deep into the lungs.

The study’s findings also support previous observations regarding the chemical conversion of SO2 gas to particles. Areas far from the gas source, such as along Hawaii Island’s Kona coast, had high particle concentrations since much of the SO2 gas had converted to particles as it travelled downwind. Ambient air quality standards for both SO2 gas and particles were exceeded at various locations on the island during the three months of the LERZ eruption.

In contrast to the summer 2018, Kilauea’s current lull in activity provides an excellent opportunity to study background air quality. This can help scientists distinguish between anthropogenic pollution, such as traffic exhaust, and volcanic pollution. Understanding the contribution of human-made pollution is important on an island with a growing population.

To address the characterization of anthropogenic pollution, the same research team plans to return this coming summer to sample the background air without the volcanic contribution, using the same equipment and sampling sites. The “before” and “after” snapshots will help to isolate the chemical fingerprint of the volcanic particles. This will improve our understanding of the potential health, environmental, and ecosystem effects of volcanic plumes.

Source : USGS / HVO.

Emissions gazeuses dans l’Halema’uma’u pendant l’éruption du Kilauea (Photos: C. Grandpey)

Vague de chaleur et de sécheresse en Alaska // Hot and dry days in Alaska

Comme je l’ai déjà écrit, tout l’Arctique souffre du réchauffement climatique. Le sud-est de l’Alaska en particulier traverse une période chaude et sèche. À partir du 17 mars 2019, une ou plusieurs localités de la région ont connu des températures record pendant 16 jours consécutifs. Au total, 26 sites du sud-est de l’Alaska ont connu des niveaux de température record en mars.
Parallèlement à la chaleur, de nombreuses régions du sud-est connaissent une sécheresse qui n’en finit pas. Juneau a connu le 19 mars le plus sec de son histoire, après plus d’une année de faibles précipitations. À l’aéroport international de la ville, qui reçoit habituellement une trentaine de centimètres de neige en mars, seule une mince couche a recouvert le sol pendant le mois cette année. Sur l’ensemble de l’hiver,  il est tombé environ 1,30 mètre de neige à l’aéroport, contre 2,16 mètres habituellement.

Une des conséquences les plus évidentes du manque de pluie est le risque d’incendie. Les personnes qui font brûler des détritus doivent s’assurer d’avoir un tuyau d’arrosage ou une pelle à proximité en cas de problème. Elles doivent également ne pas faire un feu de plus de 3 mètres de diamètre et veiller à ne pas faire de feu en période de vent fort.
En ce qui concerne les semaines à venir, avril est historiquement le mois le plus sec à Juneau. En avril, les précipitations sont en moyenne de 7,35 centimètres dans la capitale. Le mois a commencé par une bonne nouvelles Le distributeur d’électricité Alaska Electric Light and Power vient d’annoncer que, après des mois de déconnexion de certains de ses clients en raison du faible niveau d’eau dans les barrages, il est de nouveau possible de les reconnecter. Les niveaux d’eau sont revenus à la normale, en partie grâce à la fonte de la neige. Cependant, on ne sait pas si les niveaux d’eau resteront élevés cet été ou s’il ne s’agit que d’une hausse temporaire due à la fonte de la neige.
Source: Juneau Empire.

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As I put it before, the whole Arctic is suffering from global warming. Southeast Alaska in particular is going through a hot period. Starting March 17th, 2019, one or more locations in the region have seen record high temperatures for 16 days in a row. All told, there were 26 sites in Southeast Alaska that experienced record highs in March.

Along with the heat, many areas in Southeast are experiencing an extended drought. Juneau experienced its 19th driest March on record, following up on more than a year of low precipitation. At the Juneau International Airport which usually sees about 30 centimetres of snow in March, only a thin layer fell during the month this year. For the winter season, 130 centimetres of snow have fallen at the airport. It is almost certain that the snow season will finish well short of its usual average of 216 centimetres.

One of the most obvious consequences of lower precipitation is the higher risk of fire.  People who are going to burn their trash should make sure thry have an extinguishing method such as a garden hose or a shovel. They should also keep the fire under 3 metres in diameter and make sure not to have a fire when the wind strong.

As far as the coming weeks are concerned, April is historically Juneau’s driest month. The capital city gets an average of 7.35 centimetres of precipitation in April per year. The month began with a bit of good news. Alaska Electric Light and Power has just announced that after months of disconnecting some of its customers due to low water levels, there is enough hydropower to reconnect them. Water levels have returned to normal, in part because of melting snow. However, it is not clear whether water levels will remain high for the summer or if this is just a temporary rise due to melting snow.

Source : Juneau Empire.

Vues de Juneau et du Mendenhall Glacier à proximité de la capitale de l’Alaska (Photos: C. Grandpey)

 

La fonte des glaciers s’accélère ! // Glacier melting is accelerating !

C’est ce qui s’appelle enfoncer une porte ouverte ! Selon une étude scientifique internationale, portée par des chercheurs français, et publiée lundi 8 avril 2019 dans la revue Nature, la fonte des glaciers est plus rapide que prévu. Au cours de la décennie 2006-2016, les glaciers ont perdu 335 milliards de tonnes de glace chaque année et cette fonte s’est fortement accélérée ces 30 dernières années. Selon les auteurs de l’étude, les glaciers perdent chaque année « l’équivalent du stock de glace qu’on a dans les Alpes. »

Pour réaliser leur étude, les chercheurs ont observé 19 000 glaciers dans le monde, de l’Alaska à la Patagonie, des Alpes à l’Himalaya en passant par le Caucase. Des données ont été recueillies entre 1961 et 2016 via photos aériennes et satellites, et des mesures ont également été faites sur place.

L’étude montre que la fonte des glaciers continentaux, avec une perte de 335 milliards de tonnes par an, est supérieure à celle du Groenland qui a perdu 280 milliards de tonnes par an entre 2001 et 2016, et de l’Antarctique (252 milliards de tonnes par an entre 2009 et 2017). Cette quantité de glace qui se transforme en eau contribue davantage à la montée du niveau des océans que la fonte des glaces du Groenland, et davantage aussi que celle constatée en Antarctique. Un chercheur explique que « le déstockage de glace des glaciers continentaux fait monter le niveau des mers d’environ 1 mm par an. »

Les glaciers les plus touchés en épaisseur de glace sont ceux des régions tropicales au niveau de la Cordillère des Andes en Amérique du Sud et du Kilimandjaro en Afrique, qui perdent un mètre par an. Ces glaciers sont suivis par ceux du Caucase et des Alpes. En 55 ans, on a perdu à peu près 7% du volume de glace sur les glaciers continentaux.

Au rythme actuel les chercheurs estiment que les glaciers auront perdu la majeure partie de leur volume après 2050.

Source : France Info.

Suite à plusieurs voyages effectués sur le continent nord américain (Alaska, Canada, Etats-Unis) et dans les Alpes, j’alerte depuis plusieurs années sur la fonte des glaciers, en particulier dans l’Arctique. Mon dernier livre « Glaciers en Péril, les effets du réchauffement climatique » dresse un bilan de la situation glaciaire dans le monde. Il s’accompagne d’un CD de 160 photos mettant en évidence une situation extrêmement préoccupante.

Le prix du livre et de son CD est de 10 euros de la main à la main, en particulier à l’occasion de conférences, salons et d’expositions photo.

Sinon, il est disponible au prix de 15 euros par correspondance. Il suffit pour cela d’envoyer un message à  mon adresse électronique (grandpeyc@club-internet.fr) en n’oubliant pas de me laisser vos coordonnées postales.

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This is called pushing an open door! According to an international scientific study, carried by French researchers, and published on Monday, April 8th, 2019 in the journal Nature, glacier melting is faster than expected. During the 2006-2016 decade, glaciers lost 335 billion tonnes of ice each year and this melting has accelerated sharply over the last 30 years. According to the authors of the study, glaciers lose each year « the equivalent of the ice we have in the Alps. »
To carry out their study, the researchers observed 19,000 glaciers in the world, from Alaska to Patagonia, from the Alps to the Himalayas via the Caucasus. Data were collected between 1961 and 2016 via aerial photos and satellites, and measurements were also made on site.
The study shows that the melting of continental glaciers, with a loss of 335 billion tonnes per year, is greater than that of Greenland which lost 280 billion tonnes per year between 2001 and 2016, and Antarctica (252 billion tons per year between 2009 and 2017). This amount of ice that turns into water contributes more to rising sea levels than the melting ice of Greenland, and more so than that found in Antarctica. One researcher explains that « the depletion of ice from continental glaciers raises sea levels by about 1 mm a year. »
The glaciers most affected in ice thickness are those in the tropical regions of the Andes Cordillera in South America and Kilimanjaro in Africa, which lose one metre per year. These glaciers are followed by those from the Caucasus and the Alps. In 55 years, we have lost about 7% of the ice volume on continental glaciers.
At the current rate, researchers estimate that glaciers will have lost most of their volume after 2050.
Source: France Info.

Following several trips on the North American continent (Alaska, Canada, United States) and in the Alps, I have been warning for several years about melting glaciers, especially in the Arctic. My latest book « Glaciers en Peril, les effets du réchaffement climatique » describes the glacial situation in the world. It is accompanied by a CD of 160 photos highlighting a situation of extreme concern.
The price of the book and its CD is 10 euros from hand to hand, especially at conferences, and photo exhibitions.
Otherwise, it is available at a price of 15 euros by mail. It suffices to send a message to my email address (grandpeyc@club-internet.fr), not forgetting to indicate your postal address.

Glacier Athabasca (Canada)

Columbia Glacier (Alaska)

Glacier d’Argentière (Alpes françaises)

[Photos: C. Grandpey]

Le réchauffement climatique au Japon // Global warming in Japan

Au cœur de l’hiver, dans les forêts de conifères du nord de l’archipel japonais, les arbres prennent des formes humaines menaçantes sur les flancs montagnes. On les appelle les « monstres de glace ». Ces formations étranges ont une origine naturelle. Des vents froids et secs venus de Sibérie forment des groupes de nuages qui laissent échapper une pluie glaciale qui gèle sur les branches des conifères. Lorsque la neige tombe et s’épaissit, les arbres prennent des allures de bonhommes de neige. Baptisés ‘juhyo’ par les Japonais, ils apparaissent en général entre le nord d’Hokkaido et le sud de Nagano. Au fil des ans, ils sont devenus une attraction touristique. Beaucoup de gens se déplacent uniquement pour admirer ces caprices de la nature. .

Toutefois, ce succès entraîne de plus en plus de déceptions. En effet, les juhyo se  font de plus en plus rares. Ils sont victimes du réchauffement climatique qui provoque une détérioration constante de ces formations. Beaucoup ont perdu leur prestige d’antan  Leur période d’apparition est de plus en plus brève et la superficie qu’ils recouvrent de plus en plus réduite. Les températures dans la préfecture de Yamataga ont augmenté de 2°C depuis 1910. On pense que d’ici la fin de ce siècle, les juhyo auront disparu du paysage japonais.

Source : France Info.

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In the heart of winter, in the coniferous forests of the northern Japanese archipelago, trees take on threatening human forms on the mountainside. They are called « ice monsters ». These strange formations have a natural origin. Cold, dry winds from Siberia gather groups of clouds that release freezing rain that becomes ice on the branches of conifers. When the snow falls and thickens, the trees take on the appearance of snowmen. Dubbed ‘juhyo‘ by the Japanese, they usually appear between northern Hokkaido and southern Nagano. Over the years, they have become a tourist attraction. Many people travel to this region only to admire the whims of nature. .
However, there are more and more disappointments today. Indeed, juhyo are becoming increasingly rare. They are victims of global warming which causes a constant deterioration of these formations. Many have lost their prestige of yesteryear Their period of appearance is becoming shorter and the surface they cover is more and more reduced. Temperatures in Yamataga prefecture have increased by 2°C since 1910. It is believed that by the end of this century, juhyo will have disappeared from the Japanese landscape.
Source: France Info.

Capture d’écran de la vidéo proposée pat France Info