Le glissement de l’Etna (Sicile) // Mt Etna’s sliding movement in Sicily

Un article récent paru dans Newsweek nous rappelle que le flanc sud-est de l’Etna glisse dans la Mer Méditerranée à raison de quelques centimètres par an. Selon les scientifiques, « il est important de comprendre ce processus susceptible de générer un effondrement catastrophique du volcan dans le futur ». Le glissement de terrain qui accompagnerait un tel événement pourrait, à son tour, provoquer un tsunami qui menacerait les zones habitées de la région.
Une équipe internationale de chercheurs a proposé une nouvelle approche de cette activité de glissement de l’édifice volcanique, tout en laissant entendre que le mouvement du flanc oriental du volcan pose un risque plus grand que prévu.
Dans un article publié dans la revue Science Advances, les scientifiques expliquent que le flanc E de l’Etna glisse principalement en raison de l’instabilité gravitationnelle. Auparavant, on pensait que c’était la poussée du magma à l’intérieur du volcan qui était responsable du mouvement. Jusqu’à présent, il n’avait pas été possible de dire lequel de ces processus – instabilité gravitationnelle ou poussée du magma – était à l’origine du glissement.
Pour effectuer leur étude, la première de ce type sur le glissement en mer du volcan, les scientifiques ont mis en place et analysé un réseau de cinq transpondeurs sous-marins. Ces appareils étaient équipés de capteurs de pression pour surveiller en permanence le déplacement du fond marin en bordure de la côte E de la Sicile.
Les mesures effectuées par les transpondeurs entre avril 2016 et juillet 2017 ont montré que la déformation de l’Etna s’éloignait de son système magmatique, ce qui donne à penser que la majeure partie du glissement est provoquée par gravité.
Les chercheurs disent qu’ils ne peuvent pas exclure la possibilité d’un effondrement catastrophique du flanc sud-est, bien qu’il soit impossible de dire si, comment et quand cela se produira. De nouvelles recherches seront nécessaires pour faire une telle prévision. Sur la terre ferme, on étudie le mouvement de l’Etna depuis les années 1980, mais trois décennies ne sont pas suffisantes pour tirer des conclusions sur le cycle de vie géologique du volcan qui s’étire qui plusieurs centaines de milliers d’années.
Le résultat le plus intéressant de l’étude est que la vitesse de déplacement est plus importante au large que près du sommet. De nombreux chercheurs pensaient que le glissement d’Etna était provoqué par la pression magmatique au sommet du volcan, mais la dernière étude contredit cette idée. Le mouvement est plutôt causé par un simple glissement vers le bas des flancs sous-marins par gravité, et ce mouvement effectue lui-même une traction sur les pentes supérieures du volcan.
Les archives géologiques montrent que les volcans peuvent s’effondrer de manière catastrophique en suivant ce processus. Il existe de nombreux exemples, comme à Hawaii et aux îles Canaries. Au cours de tels événements, tout un pan du volcan se détache en provoquant un énorme glissement de terrain dévastateur. Selon les chercheurs, ils se produisent dans le monde environ quatre fois par siècle. Les auteurs de cette dernière étude attirent l’attention sur ce point, mais à l’heure actuelle, notre connaissance des précurseurs de tels événements catastrophiques est très rudimentaire, ce qui rend impossible toute prévision fiable.
Source: Newsweek.

Sur sa page Facebook, Boris Behncke (INGV Catane) indique que l’activité sismique dans le sud-est de l’Etna et d’autres parties du volcan n’est pas le signe qu’un important séisme est sur le point de se produire ; ce n’est pas non plus le signe d’une éruption imminente. Cela montre seulement la dynamique des flancs de l’Etna, phénomène susceptible d’entraîner une déstabilisation progressive de la montagne. Cela peut également faciliter les mouvements du magma sur les flancs du volcan et provoquer une éruption latérale. Les scientifiques sont actuellement incapables de prédire un tel événement qui sera annoncé par une augmentation de la sismicité avant l’ouverture d’une ou plusieurs fractures éruptives. Les dernières éruptions latérales de l’Etna, avec menace pour des zones habitées, remontent à 1928 (Mascali), 1979 (Fornazzo), 1991 (Zafferana).
Boris demande aux gens de ne pas diffuser d’informations alarmantes, comme celles concernant un séisme majeur, bien que le risque existe réellement dans l’est de la Sicile.

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A recent article in Newsweek reminds us that the southeastern flank of Mount Etna is sliding into the Mediterranean Sea at the rate of a few centimetres every year. According to experts, “understanding this process is important as it could precipitate a catastrophic collapse of the volcano in the future.” The resulting landslide could, in turn, produce a tsunami that threatens human life in the region.

An international team of researchers has proposed a new driver for this sliding activity, while suggesting that the volcano’s flank movement poses a greater hazard than previously thought.

In a paper published in the journal Science Advances, the scientists report that the flank is sliding primarily due to gravitational instability. Previously, it was assumed that the pushing of ascending magma inside the volcano was responsible for the movement. Until now, it has not been possible to determine which of these processes could be causing the sliding.

In what was the first such offshore movement monitoring study, the scientists set up and analyzed a network of five underwater transponders. They were equipped with pressure sensors to continuously monitor the displacement of the seafloor around Etna’s submerged southern boundary on Sicily’s east coast.

The observations made with the transponders between April 2016 and July 2017 showed that Etna’s deformation increased away from its magma system, suggesting that the bulk of the sliding is being driven by gravity.

The researchers say they cannot exclude the possibility that the southeastern flank might collapse catastrophically, although it is impossible to say if, how and when this could happen. More research is required to make such a prediction. On land, this motion has been tracked since the 1980s but three decades is almost nothing compared to the geologic life cycle of the volcano.

The most interesting result of the study is that the rate of movement is greater offshore than near to the summit. Many previous researchers had supposed that Etna’s sliding was initiated by magmatic pressure from the active summit, but this study contradicts that idea. The movement is instead caused by simple downslope sliding of the submarine flanks under gravity, this movement then pulling on the upper slopes of the volcano.

The geological archives show that volcanoes can collapse catastrophically from this process. There are numerous examples of this, the largest ones being in Hawaii and the Canary Islands. Such events involve a large sector of the volcano detaching itself in one massive, devastating landslide, and occur worldwide about four times per century, according to the researchers. The authors of this study draw attention to this, but at present our knowledge of the precursors to such disastrous events is very rudimentary, making meaningful predictions impossible.

Source: Newsweek.

On his Facebook page, Boris Behncke (INGV Catania) indicates that seismic activity in SE Etna and other parts of the volcano is neither the sign of an imminent major earthquake nor of an imminent eruption. It is just a sign of the dynamics of Mt Etna’s flanks which may lead to a progressive destabilisation of the mountain. This may, in turn, facilitate magma movements of the flanks of the volcano and cause a flank eruption. Scientists are currently unable to predict such an event which will be announced by an increase in seismicity before the opening of an eruptive fissure. Mt Etna’s last flank eruptions threatening populated areas date back to 1928 (Mascali), 1979 (Fornazzo), 1991 (Zafferana).

Boris asks people not to spread alarming information, like the ones concerning a major earthquake, although the risk really exists in eastern Sicily.

Photo: C. Grandpey

 

 

 

Etna (Sicile / Italie)

Il suffit que j’aie le dos tourné pour que l’Etna se manifeste ! C’est ce qui s’est passé pendant que je faisais une escapade glaciaire dans les Alpes. Le 5 septembre 2018 au matin, le volcan a réveillé les habitants de la région avec deux fortes explosions à 6h15 et 8h36 au niveau de la bouche E du Nouveau Cratère Sud-Est (NCSE).

Au vu de cette activité explosive qui fait suite à une activité strombolienne les jours précédents, il a été décidé de faire passer la couleur du niveau d’alerte volcanique du Vert au Jaune. La décision a été adoptée le 29 août 2018 par la Protection Civile sur la base des informations fournies par l’INGV de Catane, le Département des Sciences de la Terre de l’Université de Florence et le CNR. L’activité éruptive n’a pas, pour le moment, affecté le trafic aérien à l’aéroport de Catane.

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While I was on a glacier getaway in the Alps, Mount Etna wolke up residents on its slopes with two powerful explosions on the morning of September 5th, 2018 at 6:15 and 8:36 am. Their origin was the eastern vent of the New Southeast Crater (NSEC).
In view of this explosive activity that followed Strombolian activity in the previous days, it was decided to raise the colour of the volcanic alert level from Green to Yellow. The decision was adopted on 29 August 2018 by the Civil Protection on the basis of information provided by the INGV of Catania, the Department of Earth Sciences of the University of Florence and the CNR. The eruptive activity has not, for the moment, disturbed air traffic at the airport of Catania.

Merci à mon ami Santo Scalia de m’avoir envoyé ces photos

Etna, terre de légendes (2ème partie)

Anapia et Anfinomo étaient deux jeunes paysans. La légende raconte que pendant qu’ils travaillaient leur terre près de l’Etna en compagnie de leurs parents âgés, ils furent surpris par une terrible éruption. La seule solution était de s’enfuir, mais les parents étant dans l’incapacité de courir. Ils les chargèrent sur leurs épaules, ce qui ralentit leur fuite désespérée. La lave les atteignit et c’est alors que le miracle se produisit:  la rivière de lave se sépara brusquement en deux parties, épargnant ainsi les frères et leurs parents. Il se dit que c’est la grande piété des jeunes hommes qui a provoqué la mansuétude divine. Les habitants de Catane, ayant appris le miracle, ont surnommé les deux garçons « Fratelli Pii. »

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Acis et Galatée étaient amoureux. Acis était un jeune berger de Sicile, fils du dieu Pan et de la nymphe Symaethis. Galatée était l’une des Néréides, de superbes nymphes marines.

Un jour, le berger et la jeune nymphe ont été vus par Polyphème qui était, lui aussi, amoureux de Galatée, mais disqualifié par ses traits monstrueux. Aveuglé par la jalousie, le cyclope décida de se venger. Dès que Galatée eut plongé dans la mer, Polyphème saisit un énorme bloc de lave et le précipita sur Alcis. Galatée, voyant des filets de sang sourdre sous le rocher, pria les dieux de le changer en un fleuve pour qu’il puisse rejoindre la mer. La petite rivière a été appelée « Akis » par les anciens grecs et, à Capo Molini (non loin de la mer), il y a une petite source appelée « U sangu di Jaci », en raison de sa couleur rougeâtre. La rivière a donné son nom à neuf villes de Sicile : Aci Castello,  Aci Trezza, Acireale, Aci Catena, Aci San Filippo, Aci Platani, Aci Santa Lucia, Aci Monaccorsi et Aci Sant’Antonio.

Une autre version de la légende, où Polyphème séduit finalement Galatée par son talent à jouer de la syrinx, aura moins de succès.

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Une autre légende raconte que la Sicile est soutenue par un géant nommé Typhon. Cette légende est parfois confondue avec celle d’Encelade. Fils de Gaia, Typhon – ou Typhée – était un monstre à trois têtes. Ennemi acharné de Zeus, il essaya de prendre possession de l’Olympe, mais il fut refoulé et projeté sur l’Etna. Il y resta écrasé et n’arrêta pas de cracher du feu et des flammes. Typhon, dans une position très inconfortable, vit en dessous la Sicile. Au-dessus de sa main droite se trouve Peloro, et Pachino au-dessus de la gauche. Lilibeo est située près de ses jambes et au-dessus de la tête se trouve l’Etna. Typhon, toujours furieux contre Zeus, vomit souvent des flammes et du sable. Quand, en vain, il essaie de quitter sa position, il provoque des tremblements de terre.

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Pour la tradition populaire, Sainte-Agathe – Sant’Agata – est la patronne de Catane car elle protège la ville des colères de l’Etna et des tremblements de terre.
Mention est déjà faite de Sainte Agathe en 252, année où une rivière de lave dévala les flancs de l’Etna. Les gens qui vivaient près de la montagne se précipitèrent vers le lieu où se trouvait le corps de la sainte et, après avoir pris le linceul qui enveloppait l’urne, ils le mirent devant la rivière de feu. La coulée de lave s’arrêta le 5 février 252, exactement un an après la mort da la sainte.
En 1169, un tremblement de terre annonça une puissante éruption. La lave détruisit tout sur son passage et menaça les habitations. Mais, comme cela s’était déjà produit au troisième siècle après JC, une procession présenta le voile sacré de Sant’Agata devant la lave qui arrêta sa progression. D’autres miracles eurent lieu en 1239, en 1381, en 1408, en 1444, en 1536, en 1567 et en 1635.

L’éruption la plus catastrophique se produisit en 1669 quand plusieurs bouches s’ouvrirent le long des flancs du volcan. L’éruption dura soixante-huit jours. La lave détruisit de nombreux centres habités et atteignit Catane, entourant les douves du château d’Ursino. Dans la sacristie de la cathédrale de Catane, une fresque montre les scènes presque apocalyptiques de la destruction. Lorsque le magma se trouva à trois cents mètres de la cathédrale, il esquiva miraculeusement l’endroit où Sant’Agata avait a été emprisonnée, avait souffert le martyr et où elle avait été enterrée, pour aller se déverser dans la mer. Il était évident que la sainte avait voulu sauver les lieux qui appartenaient à son histoire et à son culte.
A cette terrible éruption est également lié un autre événement miraculeux. Une fresque représentant Sant’Agata en prison, et qui était dans un kiosque sur les murs de la ville, fut épargnée par la lave. Aujourd’hui, cette peinture se trouve à Catane, sur l’autel principal de l’église de Sant’Agata alle Sciare.
En 1693, un violent séisme secoua Catane. Il y eut des milliers de morts. Aucun des neuf mille survivants ne voulut retourner dans la ville. Catane serait devenue une ville fantôme si un délégué de l’évêque, au cours d’une procession avec les reliques de Sainte-Agathe, n’avait pas supplié les gens de rester et de reconstruire la ville.
En 1886, une nouvelle bouche éruptive s’ouvrit à Nicolosi, sur les pentes de l’Etna. Le 24 mai, le Cardinal Dusmet, organisa une procession avec le voile de Sant’Agata. Lorsque le cortège s’approcha de la coulée de lave sur la pente, celle-ci cessa immédiatement d’avancer. Un petit autel a été érigé à cet endroit en mémoire de ce miracle extraordinaire.

Fresque montrant l’éruption de 1669 (Photo: C. Grandpey)

Etna, terre de légendes (1ère partie)

A côté de la réalité du terrain éruptif, j’adore me plonger dans le monde des légendes. C’est pourquoi, il y a quelques années, j’ai accepté de collaborer avec l’ami Jacques Drouin à la réalisation d’un ouvrage intitulé Mémoires Volcaniques, encore disponible auprès des auteurs.

En attendant la prochaine éruption de l’Etna, voici quelques courtes légendes associées au volcan sicilien.

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Quand j’étais lycéen, j’étais fasciné par L’Odyssée, l’épopée grecque attribuée à Homère où sont décrites les aventures d’Ulysse et de ses compagnons. L’épisode dans lequel le héros est confronté au courroux de Polyphème me faisait entrer dans le monde de l’imaginaire. Dans ma tête, je voyais le cyclope cannibale avec son œil unique jeter depuis sa grotte des rochers contre Ulysse et ses compagnons.

Les années ont passé….et je suis venu sur l’Etna.  J’ai vite compris que le cyclope avec son œil unique n’était autre que l’Etna et l’allégorie choisie par Homère prend encore plus de force auprès des explosions et des coulées de lave.

J’ai retrouvé les rochers propulsés par Polyphème à Aci Trezza où les Faraglioni dei Ciclopi sont les témoins de cette bataille homérique…Pour les anciens, l’Etna a longtemps été considéré comme faisant partie du vaste complexe de portes qui mèneraient à l’Enfer. Pour le philosophe et poète Santo Calì, les cratères des volcans symbolisaient les portes de l’Enfer, et celui de l’Etna était « le plus large et le plus terrible ». Les légendes qui entourent son cratère sont encore racontées par les paysans et les bergers qui vivent sur les pentes du volcan. Il se dit aussi que l’Etna abrite des personnes importantes. Il serait la demeure éternelle de la reine d’Angleterre Elizabeth I. Après être entrée dans un pacte avec le diable, son âme aurait été enfermée à l’intérieur du volcan. Pour lui tenir compagnie, il y aurait le Roi Arthur et Empédocle, un philosophe grec qui se jeta dans le cratère du volcan pour étudier son activité éruptive.

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La légende d’Encelade est celle que l’on raconte  aux enfants pour leur expliquer les éruptions de l’Etna. Tout a commencé quand Encelade, l’aîné des géants, a décidé de prendre la place de Jupiter et de gouverner le monde. Pour atteindre le ciel, avec l’aide de ses jeunes frères, il construisit une sorte d’échelle en plaçant les unes sur les autres les montagnes du monde. Avec ses mains énormes et sa bouche crachant du feu quand il se mettait en colère, Encelade était l’un des géants les plus redoutés.
Quand Jupiter s’aperçut du danger qui le menaçait, il lança sur les géants un éclair qui les aveuglera et les précipita au sol. Encelade, lui aussi foudroyé, se retrouva enterré sous l’Etna. Sa colère fut terrible et il commença à cracher du feu et des flammes depuis le cratère du volcan. De nos jours, Encelade est toujours en colère contre Jupiter et donne parfois libre cours à son courroux en projetant du feu et des lapilli par la bouche de l’Etna

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 Le jeune Héphaïstos (Vulcain pour les Romains) n’a pas eu une vie très heureuse. Héra, jalouse du fait que Zeus ait engendré seul Athéna, et pour lui montrer qu’elle pouvait se passer de lui, engendra seule Héphaïstos. Lorsqu’elle découvrit l’enfant qui venait de naître ; la déesse fut terrifiée par la laideur du nouveau-né et elle décida de le jeter de l’Olympe. L’enfant fut recueilli par deux nymphes, Teti et Eurionome, qui prirent soin de lui et l’élevèrent dans une grotte sur le flanc de l’Etna. C’est là qu’Héphaïstos grandit et devint très habile à forger des métaux. Les bijoux qu’il créa étaient magnifiques, au point d’être remarqués dans tout l’Olympe. Héra, ayant eu vent des talents de son fils, se rendit dans la grotte et lui demanda de construire un trône. La déesse, pensant ne pas avoir été reconnue, retourna sur l’Olympe. Héphaïstos, cependant, se rendit compte qu’il s’était trouvé devant la femme qui l’avait fait naître et le répudiait.
Héphaistos se mit au travail et façonna un trône en or aux bras articulés, qui emprisonne quiconque s’y assoit. Il envoya son œuvre sur l’Olympe en guise de présent. Héra s’y installa imprudemment et se trouva immobilisée, sans que nul ne sache comment la délivrer. Les dieux demandèrent  d’abord à Arès (Mars chez les Romains) d’aller chercher Héphaïstos, en vain. Enivré par Dionysos (Bacchus chez les Romains), Héphaïstos se laissa fléchir et revint dans l’Olympe délivrer sa mère. Zeus, soulagé, proposa au dieu forgeron d’exaucer l’un de ses vœux. Sur le conseil de Poséidon (Neptune chez les Romains), Héphaïstos demanda la main d’Aphrodite (Vénus chez les Romains), une requête à laquelle il ne fut pas donné suite. Ulcéré par la trahison constante d’Aphrodite et les moqueries à cause de sa laideur, Héphaïstos quitta définitivement l’Olympe pour se réfugier dans les entrailles de l’Etna.

Photos: C. Grandpey

Nouvelles de l’Etna, de l’Anak Krakatau, du Merapi, de Manam et du Kilauea

Outre les émissions de gaz habituelles, l’activité de l’Etna (Sicile / Italie) au cours des derniers jours a consisté en une activité strombolienne, des émissions de cendre et de petites coulées de lave au niveau des cratères sommitaux.
Des explosions stromboliennes ont été observées à partir des bouches dans la Bocca Nuova et le Cratère NE (CNE). L’activité dans le Nouveau Cratère SE (NCSE) a été marquée par des explosions stromboliennes modestes et sporadiques. Le 23 août, l’activité strombolienne du cône situé dans la dépression entre le Cratère Sud-Est (CSE) et le NCSE s’est intensifiée, avec des explosions qui ont éjecté des téphra à 100-150 mètres au-dessus de la lèvre du cône. Dans la soirée de ce même jour, une activité strombolienne est apparue dans la bouche E du NSEC et une coulée de lave a avancé sur quelques centaines de mètres vers la Valle del Bove. La lave a également débordé du cône mentionné ci-dessus et une petite coulée s’est dirigée vers le nord. L’activité strombolienne au niveau du cône a continué toute la nuit et s’est arrêtée tôt le matin du 24 août. L’activité strombolienne d’une bouche sur le flanc S du NSEC a donné naissance à une petite coulée de lave qui a parcouru quelques dizaines de mètres. Les jours suivants, l’activité du cône a progressivement diminué et les émissions de cendre sont devenues faibles et peu fréquentes.
Source: INGV.

L’activité à l’Anak Krakatau (Indonésie) est assez intense, sans être exceptionnelle. Selon le VAAC de Darwin, les explosions génèrent des panaches de cendre pouvant atteindre 1,5 km d’altitude. Le niveau d’alerte reste à 2 (sur une échelle de 1 à 4). Il est demandé aux habitants at aux touristes de ne pas s’approcher à moins de 2 km du cratère.
Toujours en Indonésie, le volume du nouveau dôme de lave apparu dans la fracture du dôme de 2010 du Merapi a augmenté de 4 300 mètres cubes par jour entre le 18 et le 28 août. Le 28 août, le volume du dôme était estimé à 44 000 mètres cubes. Le niveau d’alerte reste à 2 (sur une échelle de 1 à 4). Il est demandé aux habitants et aux touristes de rester en dehors de la zone d’exclusion de 3 km.
Source: VSI.

Comme je l’ai écrit dans une note précédente, une éruption a débuté à Manam (Papouasie-Nouvelle-Guinée) le 25 août vers 6 heures, après que les habitants de l’île aient signalé une intensification de l’activité une heure avant l’événement. Selon les données du VAAC de Darwin, les panaches de cendre sont montés à 15,2 km d’altitude. Des retombées de cendre ont été signalées dans des zones allant de Dangale au NNE à Jogari dans la partie sud-ouest de l’île. Les zones les plus touchées sont Baliau et Kuluguma. Les habitants ont signalé des branches d’arbres brisées sous le poids de la cendre et des conditions si sombres que des lampes étaient nécessaires pour se déplacer. Des coulées pyroclastiques ont dévalé la vallée du NE jusqu’à la mer. Elles ont enseveli six maisons dans le village de Boakure ; les habitants avaient eu le temps de se réfugier dans le village voisin d’Abaria. Selon un article de presse, environ 2 000 personnes ont été évacuées. L’éruption a cessé vers 10h30.
Source: Observatoire Volcanologique de Rabaul.

La sismicité reste faible et la déformation du sol est négligeable au sommet du Kilauea. Les répliques du séisme de magnitude M 6,9 enregistré début mai se poursuivent sur les failles du flanc sud du volcan. Sur la Lower East Rift Zone (LERZ), aucune incandescence n’était visible au fond de la Fracture n° 8 et aucune lave ne pénétrait dans l’océan lors d’un survol effectué le 29 août 2018. Les émissions de SO2 sont extrêmement réduites au sommet du Kilauea et sont trop faibles pour pouvoir être mesurées le long de la LERZ. Bien que le HVO affirme que l’éruption pourrait reprendre à tout moment, il est de plus en plus évident qu’elle se trouve en phase terminale.
Source: HVO.

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Beside the usual gas emissions, activity at Mt Etna in the past days was characterised by strombolian activity, ash emissions and small lava flows at the summit craters. Strombolian explosions continued from vents in Bocca Nuova and Northeast Crater (NEC). Activity at New Southeast Crater (NSEC) was characterized by modest and occasional explosions and strombolian activity. On August 23rd, strombolian activity from the cone in the saddle between the Southeast Crater (SEC) and NSEC intensified, with explosions ejecting tephra 100-150 metres above the vent rim. In the evening of that same day, strombolian activity occurred at NSEC’s E vent, and a lava flow from the same vent travelled a few hundred metres towards the Valle del Bove. Lava overflowed the vent in the saddle cone and flowed N. Strombolian activity at that vent continued through the night and then stopped in the early morning of August 24th. Then, strombolian activity from a vent on the S flank of NSEC produced a small lava flow that travelled a few dozen metres. In the following days, activity at the saddle cone gradually decreased, and ash emissions were weak and occasional.

Source: INGV.

Activity at Anak Krakatau is still quite high, although not exceptional. Explosions generate ash plumes that may rise up to 1.5 km a.s.l., according to the Darwin VAAC. The alert level remains at 2 (on a scale of 1-4). Residents and visitors are warned not to approach the volcano within 2 km of the crater.

Still in Indonesia, the new lava dome within the fracture of Merapi’s 2010 dome grew at a rate of 4,300 cubic metres per day between August 18th and 28th. By August 28th, the volume of the lava dome was an estimated 44,000 cubic metres. The Alert Level remains at 2 (on a scale of 1-4). Resident and visitors are warned to remain outside of the 3-km exclusion zone.

Source: VSI.

As I put it in a previous post, an eruption at Manam began at 06:00 on August 25th, after island residents reported increased activity beginning an hour before. According to the Darwin VAAC ash plumes rose to 15.2 km a.s.l. Ashfall was reported in areas from Dangale in the NNE to Jogari in the SW part of the island. The most affected areas were Baliau and Kuluguma. Residents reported fallen tree branches from the deposits, and conditions so dark that flashlights were needed to move around. Pyroclastic-flow deposits were observed in the NE valley all the way to the sea. The pyroclastic flows buried six houses in Boakure village though the occupants escaped to the nearby Abaria village. According to a news article, about 2,000 people evacuated. The eruption ceased around 10:30.

Source: Rabaul Volcano Observatory.

Seismicity remains low and ground deformation is negligible at the summit of Kilauea. Aftershocks of the M 6.9 earthquake in early May continue on South Flank faults. On the Lower East Rift Zone (LERZ), no incandescence was visible in the fissure 8 cone nor was there any lava entering the ocean during an overflight performed on August 29th, 2018. SO2 emissions are extremely low at the summit of Kilauea and are too low to be measured along the LERZ. Even though, HVO says the eruption could resume any time, it seems more and more evident that it is coming to an end.

Source: HVO.

Anak Krakatau (Photo: C. Grandpey)

Etna (Sicile / Italie): Belle activité mais restrictions d’accès // Nice activity but restricted access

Après une longue période de repos, l’Etna semble avoir repris goût à la vie. Depuis quelques semaines, on observe un regain d’activité dans les cratères sommitaux. En ce moment, les plus actifs sont la Bocca Nuova et le Nouveau Cratère Sud-Est (NCSE), en particulier au niveau de la bouche qui s’est ouverte fin novembre 2017 sur le flanc E de ce cratère. Le matin du 24 août 2018, le NCSE a émis pendant environ une heure un volumineux panache de cendre produit probablement par des effondrements à l’intérieur des conduits. Boris Behncke indique que l’on observe deux petites coulées de débordement, peu alimentées. De nombreuses photos illustrent cette activité éruptive sur sa page Facebook :

https://www.facebook.com/boris.behncke?fb_dtsg_ag=Adxo1mL_gVvS0E2U1kgySN669dka5v4YAJWNiJvTYWeHHw%3AAdz7lshyvpwVDaja9dUqT25cjKy-JsTpcsLRUtfOiWIP2g

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Suite à l’activité actuelle de l’Etna, le Maire de Nicolosi a publié le 24 août 2018 une ordonnance définissant l’accès au volcan (voir ci-dessous):

  • Accès libre jusqu’à 2600 mètres d’altitude.
  • Entre 2600 et 2750 mètres d’altitude, accompagnement obligatoire par les guides alpins ou à compétence volcanologique.
  • L’accès est interdit au-dessus de 2750 mètres d’altitude.

Ces restrictions d’accès ne concernent pas la Protection Civile, les scientifiques de l’INGV, les forces de l’ordre, les servives de secours, les Guides de l’Etna…

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After a long period of quiescence, Mt Etna seems to have become active again. In recent weeks, there has been new activity in the summit craters. At this time, the most active are the Bocca Nuova and the New South-East Crater (NSEC), especially at the vent which opened at the end of November 2017 on the E side of this crater. In the morning of 24 August, the NSEC produced a voluminous ash plume that lasted about one hour. It was probably triggered by collapses inside the conduits. Boris Behncke indicates that there are two short-lived lava overflows. Many photos illustrate this eruptive activity on his Facebook page:
https://www.facebook.com/boris.behncke?fb_dtsg_ag=Adxo1mL_gVvS0E2U1kgySN669dka5v4YAJWNiJvTYWeHHw%3AAdz7lshyvpwVDaja9dUqT25cjKy-JsTpcsLRUtfOiWIP2g

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Due to the current activity of Mt Etna, the Mayor of Nicolosi released on August 24th, 2018 an ordinance defining the access to the volcano (see below):
Free access up to 2600 meters a.s.l.
Between 2600 and 2750 meters a.s.l., mandatory accompaniment by alpine or volcanological guides.
Access is prohibited above 2750 meters above sea level.

These restrictions do not concern the Civil Defense, INGV scientists, the police forces, the emergency services, the Guides of MtEtna…

Crédit photo: Boris Behncke

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Signes de réveil de l’Etna (Sicile)? // Is Mt Etna (Sicily) showing signs of awakening ?

On s’impatiente en Sicile ! Le Kilauea (Hawaii) produit une éruption extraordinaire, le Krakatau (Indonésie) se donne lui aussi en spectacle. On voudrait bien que l’Etna fasse de même.

Dans un article publié le 24 juillet 2018 sur le site de l’INGV (https://ingvvulcani.wordpress.com/), Marco Neri et Boris Behncke (INGV Catane) nous apprennent que le volcan montre des signes de réveil. Ce n’est pas vraiment surprenant car plus de 14 mois se sont écoulés depuis la dernière éruption de l’Etna. Entre janvier et avril 2017, l’activité éruptive a produit de nombreuses coulées de lave et des explosions stromboliennes au niveau du Nouveau Cratère Sud-Est

Selon Marco et Boris, l’Etna montre des signes d’un réveil progressif, avec une activité strombolienne qui se concentre en particulier dans la Bocca Nuova et le Cratère Nord-Est.
La première bouche à se réveiller fut la Bocca Nuova qui, pendant quelques semaines, a fait entendre des explosions fortes et continues. Au cours des derniers jours, l’intensité de l’activité a progressivement augmenté et les images thermiques montrent clairement des explosions stromboliennes qui se produisent à partir de deux bouches au fond du cratère. Parfois, des lambeaux de lave incandescente sont projetés dans l’air plus haut que la lèvre du cratère mais retombent essentiellement à l’intérieur de ce dernier.
Le Cratère Nord-Est montre lui aussi des signes de réveil. Lors de l’éruption de mai 2016, la bouche avait été complètement obstruée par les matériaux émis, mais en novembre 2017 ile cratère s’est de nouveau ouvert et est émet de nouveau le panache gazeux qui le caractérise. Ces jours-ci, le Cratère Nord-Est montre une activité croissante avec l’ouverture de plusieurs bouches au fond du cratère. L’elle d’elles produit de petites explosions stromboliennes. Comme pour la Bocca Nuova, les lambeaux de lave incandescente retombent pour le moment à l’intérieur du cratère.

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They are getting impatient in Sicily! Kilauea (Hawaii) produces an extraordinary eruption,  Krakatau (Indonesia) is also performing. They would like Mt Etna to do the same.
In an article published on 24 July 2018 on the INGV website (https://ingvvulcani.wordpress.com/), Marco Neri and Boris Behncke (INGV Catania) inform us that the volcano is showing new signs of awakening. This is not really surprising because more than 14 months have passed since Mt Etna’s last eruption. Between January and April 2017, the eruptive activity produced numerous lava flows and strombolian explosions at the New Southeast Crater.
According to Marco and Boris, Mount Etna is showing signs of a progressive awakening, with Strombolian activity that is concentrated in the Bocca Nuova and the Northeast Crater.
The first crater to wake up was the Bocca Nuova, which for a few weeks produced loud and continuous explosions. Over the past few days, the intensity of activity has gradually increased and the thermal images clearly show strombolian explosions that occur from two vents at the bottom of the crater. Sometimes shreds of incandescent lava are projected into the air, higher than the crater rim but essentially fall back inside the crater.
The Northeast Crater also shows signs of awakening. During the eruption of May 2016, it was completely obstructed by the emitted materials, but in November 2017 the crater opened again and now emits again its usual gas plume. These days, the Northeast Crater is showing a growing activity with the opening of several vents at the bottom of the crater. One of them produces small Strombolian explosions. Like for the Bocca Nuova, the shreds of incandescent lava fall back inside the crater.

Images thermiques des explosions à partir de deux bouches au fond de la Bocca Nuova (Source : INGV)