L’évolution de l’Etna // The evolution of Mt Etna

Voici un document comme je les aime. Merci une fois encore à mon ami sicilien Santo Scalia de me l’avoir fait parvenir. Intitulé « L’evoluzione dell’Etna » et réalisé par Klaus Dorschfeldt, il montre comment le volcan sicilien a pu devenir ce qu’il est aujourd’hui. Depuis 500 000 ans, époque de ses premiers soubresauts subaquatiques jusqu’à l’époque actuelle, le Mongibello a connu quatre phases principales au cours de son édification. Je vous laisse les découvrir en cliquant sur ce lien :

https://www.youtube.com/watch?v=Qa5xPcJ62rQ&feature=youtu.be

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Here is a document as I like them. Many thanks once again to my Sicilian friend Santo Scalia for sending it to me. Entitled « L’evoluzione dell’Etna » and directed by Klaus Dorschfeldt, it shows how the Sicilian volcano came to be what it is today. Over 500,000 years, from its first underwater jolts to the present day, Mongibello has gone through four main phases during its construction. Just discover them by clicking on this link:
https://www.youtube.com/watch?v=Qa5xPcJ62rQ&feature=youtu.be

Photo : C. Grandpey

Volcans du monde // Volcanoes of the world

En attendant le rapport hebdomadaire du GVN, voici quelques nouvelles de l’activité volcanique dans le monde.

Le volcan de boue de Kesongo se trouve dans la partie cenntrale de l’île indonésienne de Java. Il est mal connu car son accès est difficile. Selon les derniers visiteurs, il n’y a pas de route carrossable conduisant à Kesongo que l’on ne peut atteindre qu’à pied ou à moto. Selon la population locale, le volcan de boue est visité par très peu de personnes qui viennent uniquement pour rencontrer les esprits qui hantent le lieu et sont censés porter chance. Il y a un autre volcan de boue de boue importante en plus du site principal du Kesongo : l’Anak-Kesongo ou Fils du Kesongo.
Le volcan de boue de Kesongo est entré en éruption le 27 août 2020. L’événement a intoxiqué 4 personnes et 19 buffles sont portés disparus. La dernière éruption avait eu lieu il y a 3 ans.
Comme on peut le voir sur la vidéo ci-dessous, la boue a jailli à des dizaines de mètres de hauteur en émettant une forte odeur de soufre.
Au moment de l’éruption, quatre hommes gardaient des buffles tout près du volcan de boue. Ils se sont apparemment sentis faibles après avoir inhalé des vapeurs et ont été transportés à l’hôpital. Leur vie n’est plus en danger, mais 19 de leurs buffles sont toujours portés disparus. Selon les témoignages avec confirmation de la vidéo, certains animaux se sont retrouvés englués dans la boue mais ont réussi à s’en sortir avec l’aide de villageois.
Source: The Watchers.

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Un nouvel essaim sismique est en cours sur la Péninsule de Reykjanes (Islande), avec des événements allant jusqu’à M 4,2.et M 3,7 qui ont été ressentis par la population dans la partie sud-ouest du pays, jusque dans le la capitale, et même les îles Vestmann, mais aucun dégât matériel n’a été signalé.
L’Icelandic Met Office (IMO) explique que les secousses ressenties font partie d’un essaim sismique qui a commencé dans la région le 19 juillet 2020. Plus de 5 000 événements ont été détectés depuis cette date. L’IMO ajoute que « l’activité sismique est probablement causée par des variations de contraintes dans la croûte, en raison de multiples intrusions magmatiques dans la Péninsule de Reykjanes depuis janvier. » Il est à noter que ces intrusions magmatiques n’ont jamais été définitivement prouvées et qu’aucune éruption ne s’est produite dans la région ces derniers mois. La situation géologique est très complexe dans cette partie de l’Islande où cohabitent des phénomènes volcaniques et tectoniques.

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Selon les autorités indonésiennes, le Sinabung est toujours très actif. Le 23 août 2020, le volcan a émis une coulée pyroclastique qui a parcouru environ 1 km sur le flanc SE. Il s’agit d’une évolution normale de l’éruption après les volumineux nuages de cendres observés au cours des dernières semaines.
Le dernier épisode éruptif n’a fait aucune victime. Les villages situés en dehors de la zone rouge ne sont pas en danger pour le moment. Il est conseillé à la population de ne pas s’approcher à moins de 5 kilomètres du cratère.
Source: CVGHM.

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Au Kamtchatka, la couleur de l’alerte aérienne reste Orange pour les volcans Ebeko, Karymsky et Sheveluch.
Source: KVERT.

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Les images de la webcam L.A.V.E. montrent que l’activité strombolienne continue sur le Cratère SE de l’Etna (Sicile). Le dernier bulletin de l’INGV indique toutefois qu’elle marque le pas. Le volcan continue d’émettre des panaches de cendre qui se dirigent en général vers le sud-est. La source de l’activité se trouve au niveau du cône sur la « selle » entre le Cratère SE et le Nouveau Cratère Sud-Est.

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 Waiting for the GVN weekly report, here is some news of volcanic activity around the world.

Kesongo mud volcano is a mud volcano in the centre of the Indonesian island of Java. It is not well known because its access is difficult. According to the latest visitors, there is no suitable road leading to Kesongo so that you have to walk or get there by motorcycle. According to the local population, the mud volcano is visited by very few people who only come to meet the spirits which are supposed to bring good fortune. There is another mud volcano outside the main site of Kesongo, Anak-Kesongo, the Child of Kesongo.

Kesongo mud volcano erupted on August 27th, 2020, leaving 4 people poisoned and 19 buffaloes missing. The last eruption had taken place 3 years ago.

As can be seen on the video below, the mud rose dozens of metres into the air and the local residents reported strong sulphur smell.

At the time of the eruption, four men were herding buffaloes quite close to the mud volcano. They reportedly felt weak after inhaling the fumes and were taken to hospital. While they are now safe, 19 of their buffaloes are still missing. Some of them reportedly got stuck in the mud but managed to get out with the help of villagers.

Source : The Watchers.

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A new seismic swarm is being recorded in the Reykjanes Peninsula (Iceland), with events up to M 4.2.and M 3.7 that were felt by the population in the southwestern part of the country, including the capital area, and even Vestmannaeyjar islands, but no property damage was reported.

IMO explains that the quakes are part of an intense seismic swarm that started in the area on July 19th, 2020. More than 5,000 tremors have been detected since then. IMO adds that “the seismic activity is likely caused by stress change in the crust, due to multiple intrusions of magma on the Reykjanes peninsula since January.” It should be noted that these magma intrusions have never been definitely proved and that no eruption ever occurred in the area in recent months. The geological situation is very complex in that part of Iceland with a cohabitation of volcanic and tectonic phenomena.

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According to the Indonesian authorities, Mt Sinabung is still very active. On August 23rd, 2020, the volcano unleashed a pyroclastic flow that travelled about 1 km down the SE flank. This is a normal evolution of the eruption after the voluminous ash clouds emitted during the past weeks.

There were no casualties from the last eruptive episode. Villages outside the red zone are not in immediate danger for the moment. Villagers are advised to stay 5 kilometres from the crater.

Source: CVGHM.

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In Kamchatka, the aviation colour code remains at Orange for Ebeko, Karymsky and Sheveluch volcanoes.

Source: KVERT.

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The images provided by the L.A.V.E. webcam (see below) show that strombolian activity is continuing at Mt Etna’s SE Crater (Sicily). However, INGV’s latest update indicares it is declining. The source of this activity is the cone on the “saddle” between the SE Crater and the New SE Crater. The crater is also emitting ash plumes that are generally drifting SE.

Tentative de détournement de lave sur le Mauna Loa (Hawaii) [2ème partie] // Attempt to divert lava on Mauna Loa (Hawaii) [Part 2]

Quelques heures après le largage des bombes le 27 décembre 1935, Jaggar déclara à la radio  que l’opération était un succès. Il a précisé: «Notre but n’était pas d’arrêter la coulée de lave, mais de la bloquer à la source pour qu’elle prenne une nouvelle trajectoire.»
La coulée de Humu’ula a ralenti, mais elle a continué de progresser et, à 10 heures du matin, le samedi 28 décembre 1935, la lave s’est dirigée vers le nord-est et a pénétré dans la Hilo Forest Reserve, à 30 kilomètres de Hilo Bay. Les incendies allumés par la lave étaient visibles depuis Hilo et constituaient une menace pour l’approvisionnement en eau de la ville. Le samedi en fin d’après-midi, Jaggar a fait état du ralentissement de la coulée, mais sans ajouter que c’était grâce au bombardement de la veille. La coulée de lave s’est arrêtée pendant la nuit mais a repris sa marche en avant le dimanche soir et a continué de progresser.
Le 2 janvier 1936, la coulée de Humu’ula n’avançait plus, mais les gaz continuaient de s’échapper de bouches dans la zone de rift nord-est.
Jaggar était convaincu que le largage des bombes bombe « avait contribué à précipiter la fin de la coulée ». Il a déclaré que « dans un processus naturel, la lave ne cesserait pas d’avancer aussi soudainement. »
À la fin de l’été 1939, Jaggar s’est rendu sur le site du bombardement de 1935. « Ce qui frappe dans la zone bombardée, c’est l’existence en amont de certains orifices percés par les bombes, d’ouvertures dans les tunnels par lesquelles une lave d’aspect pâteux, a émergé pour former un tas, un peu comme un pudding. La destruction du tunnel a refroidi la lave liquide venant de l’amont de telle sorte qu’un barrage s’est formé. Cela confirme la théorie selon laquelle le bombardement a solidifié la lave du tunnel.  […] Avec 12 largages de bombes réussis sur 16 tentatives, il ne fait aucun doute que le bombardement a arrêté la coulée de lave. »

Une reconnaissance sur le terrain à la fin des années 1970 est arrivée à une conclusion différente: « L’examen du site de bombardement n’a montré aucune preuve que ce dernier avait augmenté la viscosité de la lave ; l’arrêt de la coulée de 1935 peu après le bombardement doit être considéré comme une coïncidence.»
Aujourd’hui, en 2020, s’agissant du succès ou de l’échec de l’utilisation d’explosifs pour détourner le cours de la coulée de lave de 1935, le HVO pense que le bombardement a été effectué alors que l’éruption était déjà en train de décliner. Le bombardement n’a pas fait apparaître une nouvelle coulée à la source, comme l’espérait Jaggar au début. La coulée de de Humu’ula n’a pas cessé d’avancer soudainement après le bombardement ; elle s’est arrêtée d’elle-même progressivement au cours de la semaine suivante. [Une conclusion similaire a été avancée sur l’Etna en 1994 après l’introduction d’explosifs dans un tunnel de lave.] La reconnaissance sur le terrain dans les années 1970 n’a pas confirmé l’épaississement de la lave à la sortie du tunnel sous l’effet des bombes, comme l’avait affirmé Jaggar.

S’agissant de la « pointer bomb » de 1935 présente sur le Mauna Loa, le HVO pense qu’il est souhaitable de la laisser intacte à sa place pour rappeler qu’un détournement de lave ne sera probablement pas techniquement, économiquement ou socialement réalisable pour la plupart des futures éruptions à Hawaii. Cette technique reste toutefois une option qui peut être envisagée dans certains situations très particulières

Source: USGS / HVO.

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Hours after bombs were dropped on December 27th, 1935, Jaggar declared the bombing a success on a radio broadcast. He said: “Our purpose was not to stop the lava flow, but to start it all over again at the source so that it will take a new course.”

The Humu‘ula flow slowed but continued to advance, and at 10 a.m. on Saturday, December 28th, 1935, it turned northeast into the Hilo Forest Reserve 30 kilometres from Hilo Bay. Fires ignited by the lava were visible from Hilo and posed a threat to Hilo’s water supply. By late Saturday afternoon, Jaggar reported on the flow’s slowing, but was not yet prepared to say that it was the result of the previous day’s bombing. The flow stopped overnight but resumed its forward movement on Sunday evening and continued to advance.

By January 2nd, 1936, the Humu‘ula flow was declared dead, but gas emissions from the Northeast Rift Zone vents continued.

Jaggar was convinced that the bombing “helped hasten end of the flow.” He said that “in a natural end, the lava would not cease so abruptly.”

In late summer 1939, Jaggar visited the 1935 bombing targets. “A striking feature of the bombed area was the existence upstream from some bomb-holes, of tunnel-openings where pasty lava welled up as a heap or pudding. The smashing of the tunnel had cooled the oncoming liquid so that it dammed itself. This confirmed the theory that the bombing solidified the tunnel lava back into the heart of the mountain. “With 12 hits out of 16, there can be no question whatever that the bombing stopped the flow.”

A field investigation in the late 1970s reached a different conclusion: “Ground examination of the bombing site showed no evidence that the bombing had increased viscosity; the cessation of the 1935 flow soon after the bombing must be considered a coincidence.”

Today, in 2020, regarding the success or failure of using explosives to influence the 1935 lava flow, HVO’s view is that the bombing was carried out as the eruption was already waning. Bombing did not start a new flow at the source as Jaggar originally hoped. The Humu’ula flow did not cease abruptly after the bombing but died slowly over the following week. [A similar conlusion was reached on Mt Etna in 1994 after explosives were dropped in a lava tunnel.] The 1970s investigation confirmed no thickening of vent lava by the bombs as Jaggar claimed.

Back to the 1935 pointer bomb on Mauna Loa, HVO thinks that it might be left intact as a reminder that lava diversion may not be technically, economically, nor socially feasible for most future Hawaiian eruptions, but is an option that could be considered for some situations.

Source: USGS / HVO.

Etna : Préparatifs pour l’introduction de blocs de béton dans un tunnel de lave pendant l’éruption de 1991-1994 (Photo: C. Grandpey)

Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques nouvelles de l’activité volcanique dans le monde.

Le Raung (Indonésie) continue d’émettre des panaches de cendres et de vapeur qui s’élèvent à 100-200 mètres au-dessus du sommet. Le niveau d’alerte reste à 2 (sur une échelle de 1 à 4) et le public est invité à rester à l’extérieur de la zone d’exclusion de 2 km.
Source: CVGHM.

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Le Sinabung (Indonésie) émet des panaches blancs et gris. Une série de sept éruptions le 13 août 2020 a généré des panaches de cendres qui ont atteint 2 km. De nouveaux événements éruptifs les 14, 17 et 18 août ont produit des panaches de cendres qui ont atteint 2-4 km de hauteur. Le niveau d’alerte reste à 3 (sur une échelle de 1 à 4), avec une zone d’exclusion générale de 3 km et des extensions à 5 km sur le secteur SE et 4 km dans le secteur NE.
Source: CVGHM.

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L’activité éruptive reste intense sur le Reventador (Equateur). Le volcan émet fréquemment des panaches de gaz, de vapeur et de cendres qui s’élèvent jusqu’à 1 km au-dessus du sommet. Des blocs incandescents roulent souvent sur 500 à 700 m le long des flancs NE et E. Une coulée de lave a parcouru 200 m sur le flanc nord-est le 13 août 2020. Elle atteignait 300 m le 15 août et est restée active jusqu’au 18 août. Une petite coulée pyroclastique a descendu le flanc nord-est le 15 août.
Source: Instituto Geofisico.

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Au Kamtchatka, la couleur de l’alerte aérienne reste Orange pour les volcans Ebeko, Karymsky et Sheveluch.
Source: KVERT.

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Le Stromboli (Sicile) a montré son activité strombolienne habituelle au cours des derniers jours, avec des explosions d’intensité variable. On a enregistré entre 4 et une vingtaine d’événements par heure. Les explosions avaient pour origine essentiellement trois bouches dans la zone cratèrique nord et deux bouches dans la zone centre-sud. Dans l’après-midi du 13 août, une explosion plus forte a secoué cette dernière zone. Aucune déformation significative de l’édifice volcanique n’a été enregistrée.

Source : INGV.

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L’Etna (Sicile) continue d’émettre des panaches de cendre qui se dirigent vers le sud-est. La source de l’activité se trouve au niveau du cône sur la « selle » entre le Cratère SE et le Nouveau Cratère Sud-Est. Elle est de type strombolien et elle est parfaitement visible sur les images de la webcam L.A.V.E. (voir captures d’écran ci-dessous). Contrairement à ce qu’on laissé entendre certains médias, il ne s’agit pas d’un début d’éruption, ni d’une éruption, de l’Etna. Ce type d’activité apparaît de temps en temps sur le volcan où, selon l’INGV, le tremor éruptif se maintient à des valeurs moyennes.

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Here is some news of volcanic activity around the world.

Raung (Indonesia) is still emitting ash and steam plumes rising 100-200 metres above the summit. The alert level remains at 2 (on a scale of 1-4), and the public is asked to remain outside the 2-km exclusion zone.

Source: CVGHM.

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Sinabung (Indonesia) is emitting white and grey plumes. A series of seven eruptions late on August 13th, 2020 generated ash plumes that rose as high as 2 km. More eruptive events on August 14th, 17th and 18th produced ash plumes that rose up to 2-4 km. The alert level remains at 3 (on a scale of 1-4), with a general exclusion zone of 3 km and extensions to 5 km on the SE sector and 4 km in the NE sector.

Source : CVGHM.

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Eruptive activity is still high at Reventador (Ecuador). Numerous gas, steam, and ash emissions rise as high as 1 km above the summit. Incandescent blocks often roll 500-700 m down mainly the NE and E flanks. A lava flow travelled 200 m down the NE flank on August.13th, 2020. The flow lengthened to 300 m by August 15th and remained active until August 18th. A small pyroclastic flow descended the NE flank on August 15th.

Source : Instituto Geofisico.

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In Kamchatka, the aviation colour code remains at Orange for Ebeko, Karymsky and Sheveluch volcanoes.

Source: KVERT.

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Stromboli (Sicily) showed its usual Strombolian activity over the past few days, with explosions of varying intensity. Between 4 and 20 events were recordd each hour. The explosions originated essentially from three vents in the north crater area and two vents in the central-south zone. On the afternoon of August 13th, a larger explosion rocked the south-central area. No significant deformation of the volcanic edifice has been recorded.
Source: INGV.

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Mt Etna (Sicily) is still emitting ash clouds that are drifting SE. The source of this activity is the cone on the “saddle” between the SE Crater and the New SE Crater; it is strombolian and cen perfectly be seen on the the LAVE webcam (see screenshots below). Contrary to what was suggested by some media, this is not the start of a new major eruption of Mt Etna. This type of activity appears from time to time on the volcano where the eruptive tremor keeps medium values.

Panache de cendre et activité strombolienne sur l’Etna (Webcam L.A.V.E.)

 

Etna (Sicile) : un gravimètre quantique absolu (AQG) dans l’Observatoire des Pizzi Deneri

Tous les amoureux de l’Etna connaissent l’Observatoire des Pizzi Deneri sur le flanc nord du volcan, à 2818 m d’altitude. L’idée de sa construction est née d’un projet de Letterio Villari – largement cautionné par Haroun Tazieff – qui s’est concrétisé en 1977 lorsqu’il devint directeur de l’Institut International de Volcanologie (IIV) du CNR de Catane.
L’emplacement de cet observatoire a été choisi pour sa sécurité en cas d’éruption avec coulées de lave. La structure du bâtiment a été construite avec deux dômes qui rappellent la forme de l’igloo. Cette forme originale permet d’éviter de grosses accumulations de neige pendant la saison hivernale.

Les locaux de l’observatoire ont été utilisés à la fois pour héberger le personnel de l’IIV et des chercheurs italiens et étrangers ainsi que pour l’instrumentation de surveillance et les laboratoires associés. En particulier, deux tunnels orthogonaux d’une longueur de 80 m ont été construits à une profondeur d’environ 10 m, destinés à abriter des clinomètres longue base pour mesurer les déformations du sol.L’observatoire abrite aussi aujourd’hui différentes stations de suivi volcanologique : gravimétrique, sismique, GPS, infrasonore, ainsi d’un déformomètre, et un interféromètre laser.

A ces différents instruments vient de s’ajouter un gravimètre quantique absolu (AQG), dans le cadre du projet européen Newton-g. Selon Daniele Carbone et Filippo Greco, chercheurs à l’INGV, «l’application de la gravimétrie aux volcans permet d’estimer les variations de masse qui peuvent se produire, par exemple, lors de l’ascension du magma vers la surface. » Ce gravimètre AQG, produit par Muquans, partenaire du projet Newton-g, est le premier gravimètre quantique à être installé sur un volcan actif. Il permettra d’estimer, avec une extrême précision, la valeur absolue de l’accélération de la pesanteur, c’est-à-dire l’accélération subie par un corps lorsqu’il est en chute libre. Les performances de l’AQG au cours des premiers jours d’acquisition continue ont été meilleures que prévu, malgré le niveau élevé de tremor volcanique qui caractérise le site d’installation.

Comme l’Observatoire des Pizzi Deneri n’est pas connecté au réseau électrique, il a fallu installer un système basé sur des panneaux solaires et un générateur diesel qui utilise un module de contrôle sophistiqué pour gérer les sources d’énergie et le système de stockage. Les données produites par les gravimètres en acquisition continue permettent d’intégrer et de compléter les informations fournies par le réseau multiparamétrique permanent de l’Etna, qui sert, avant tout, à l’évaluation rapide des changements d’activité du volcan.

Source : INGV, La Sicilia.

Photo : C. Grandpey

Magma, éruptions et glissement de l’Etna // Magma, eruptions and the sliding of Mt Etna

Le lent glissement du flanc oriental de l’Etna vers la Mer Ionienne est un phénomène bien connu, confirmé par de nombreuses études. Les scientifiques pensent que ce glissement pourrait s’accélérer avec le temps et générer des tsunamis qui affecteraient toute la Méditerranée, menaçant la vie de millions de personnes.

Grâce à une approche multidisciplinaire avec utilisation de l’interférométrie radar à synthèse d’ouverture (RSO), le GPS et la tomographie sismique, une équipe de chercheurs de l’INGV et de l’Institut Supérieur de Protection et de Recherche de l’Environnement (ISPRA) a analysé les déformations du sol sur l’ Etna provoquées par l’éruption du 24 décembre 2018 et l’événement sismique enregistré deux jours plus tard. L’interférométrie RSO a permis d’obtenir des cartes de déformation du sol sur l’ensemble de l’Etna. Les mesures obtenues ont été intégrées aux données fournies par le réseau GPS qui mesure en continu les déplacements du volcan. Enfin, les méthodes de tomographie sismique, avec l’analyse des ondes sismiques, ont permis de reconstruire la structure sous l’édifice volcanique.

Cette analyse multidisciplinaire complexe met en évidence comment le glissement continu du flanc oriental de l’Etna au fil du temps favorise les intrusions magmatiques vers la zone de glissement proprement dite, en empruntant les fractures bien connues comme les Rifts Nord-Est et Sud de la zone sommitale du volcan. La géométrie et l’emplacement des volumes de magma sont cohérents avec les anciennes structures tectoniques qui disloquent la croûte sous l’édifice volcanique – ce que mettent en évidence les données de tomographie sismique – et favorisent l’ascension du magma.
L’ascension du magma, provoquée par sa pression à l’intérieur de l’édifice volcanique, provoque un étirement de quelques mètres de tout l’édifice et accélère le glissement du flanc oriental. A son tour, cette accélération a un double effet : elle provoque des événements sismiques le long des failles bordant le flanc instable (comme, par exemple, le séisme de magnitude M 4.9 survenu le 26 décembre 2018 sur la faille de Fiandaca), et l’arrêt de l’éruption suite à la dépressurisation soudaine vers le plan d’effondrement.

L’étude a été publiée dans la revue Geology sous le titre «Flank sliding: A valve and a sentinel for paroxysmal eruptions and magma ascent at Mount Etna, Italy » – Glissement latéral de l’Etna: une soupape et une sentinelle pour les éruptions paroxystiques et l’ascension du magma.

Source : INGV.

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The slow sliding of the eastern flank of Mt Etna towards the Ionian Sea is a well-known phenomenon, confirmed by numerous studies. Scientists believe this sliding could accelerate over time and generate tsunamis that would affect the entire Mediterranean, threatening the lives of millions of people.
Thanks to a multidisciplinary approach using synthetic aperture radar interferometry (SAR), GPS and seismic tomography, a team of researchers from INGV and the Istituto Superiore per la Protezione e la Ricerca Ambientale (ISPRA) analyzed the ground deformation on Mt Etna caused by the eruption of December 24, 2018 and the seismic event recorded two days later. RSO interferometry has made it possible to obtain soil deformation maps over the whole of Mt Etna. The measurements obtained were integrated into the data provided by the GPS network which continuously measures the movements of the volcano. Finally, seismic tomography methods, with the analysis of seismic waves, have made it possible to reconstruct the structure under the volcanic edifice.
This complex multidisciplinary analysis highlights how the continuous sliding of the eastern flank of Mt Etna over time favours magmatic intrusions towards the sliding plane proper, along well-known fractures such as the North-East and South Rifts of the summit area of ​​the volcano. The geometry and location of the magma volumes are consistent with the ancient tectonic structures that dislocate the crust under the volcanic edifice – which is highlighted by seismic tomography data – and favour the ascent of magma.
The rise of the magma, caused by its pressure inside the volcanic edifice, causes the whole edifice to stretch a few metres and accelerates the sliding of the eastern flank. In turn, this acceleration has a double effect: it causes seismic events along the faults bordering the unstable flank (such as, for example, the magnitude M 4.9 earthquake that occurred on December 26, 2018 on the Fiandaca fault), and  the cessation of the eruption for the sudden depressurization back to the collapse plane.

The study was published in the journal Geology under the title « Flank sliding: A valve and a sentinel for paroxysmal eruptions and magma ascent at Mount Etna, Italy »
Source: INGV.

Schémas montrant le déplacement de l’Etna vers l’Est (Source : INGV)

Schéma montrant le processus d’intrusion magmatique qui induit le glissement du flanc oriental de l’Etna (Source : INGV)

Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques nouvelles de l’activité volcanique dans le monde.

Le Sinabung (Sumatra / Indonésie) est de nouveau entré en éruption à plusieurs reprises le 13 août 2020, avec une colonne de cendres de 2000 mètres au-dessus du sommet. La première éruption a été enregistrée à 6h07 et a duré environ 11 minutes, avec un panache de cendres de 1000 m de haut. Le deuxième événement a duré une vingtaine de minutes à partir de 13 h 08, avec une colonne de cendres de 2000 m de hauteur.
Le niveau d’alerte volcanique est maintenu à 3 (Siaga) sur l’échelle de quatre niveaux. Les autorités ont rappelé au public de rester à l’extérieur d’un rayon de 3 kilomètres du cratère. Il est conseillé à la population de porter un masque pour protéger les voies respiratoires et d’évacuer la cendre des toitures pour éviter qu’elles s’effondrent. Les personnes qui vivent près des cours d’eau doivent être vigilantes à cause du risque de lahars.
Source: CVGHM.

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Selon un voyageur privé, le Kerinci (Indonésie) a connu un épisode éruptif le 12 août 2020. Les panaches de cendres ont atteint une altitude de 4 800 m. L’information demande confirmation.
Le Kerinci est le plus haut volcan d’Indonésie et la source de nombreuses éruptions explosives. L’événement de 2013 a expédié un panache de gaz et de cendres jusqu’à 600 mètres de hauteur. Les gens sont sortis précipitamment de leurs maisons, craignant qu’une éruption plus importante se produise. Une demi-heure après l’éruption, plusieurs villages du district de Gunung Tujuh étaient recouverts d’une épaisse couche de cendre noire, suscitant des inquiétudes pour les cultures vivrières, mais de fortes pluies ont lavé les cultures.
Source: Médias d’information indonésiens.

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De petites explosions stromboliennes sont observées sur le Villarrica (Chili). Le 7 août 2020, on a enregistré un événement sismique longue période, avec une explosion modérée dans le cratère sommital. Le panache de cendres s’est élevé à 3,4 km au-dessus du niveau de la mer. Le niveau d’alerte est resté à Jaune, le deuxième niveau sur une échelle de quatre couleurs.
Source: SERNAGEOMIN.

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Le Sakurajima (Japon) reste bien actif. Le 9 août 2020, une explosion dans le cratère Minamidake a généré un panache de cendres qui s’est élevé jusqu’à 5 km au-dessus du cratère. Des retombées de cendres ont été signalées dans les zones N du cratère. Le niveau d’alerte reste à 3 (sur une échelle de 5 niveaux).
Source: JMA.

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L’activité éruptive se poursuit sur le Sabancaya (Pérou) avec une moyenne quotidienne de 19 explosions. Les panaches de gaz et de cendres s’élèvent jusqu’à 2,5 km au-dessus du sommet. Le niveau d’alerte reste à Orange et le public est prié de rester en dehors d’un rayon de 12 km du cratère.
Source: IGP.

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Un niveau d’activité élevé a été observé sur le Sangay (Equateur) début août. Des panaches de cendres sont montés à 870 – 2000 m au-dessus du sommet presque quotidiennement. De fortes pluies ont généré des lahars dans les ravines Volcán et d’Upano entre le 5 et le 7 août 2020.
Source: Instituto Geofisico.

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Au Kamtchatka, la couleur de l’alerte aérienne reste Orange pour les volcans Ebeko, Karymsky et Sheveluch.
Source: KVERT.

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Une activité éruptive intense continue d’être observée sur le Reventador (Equateur), avec une nouvelle coulée de lave et des panaches de cendres qui montent jusqu’à 4600 mètres d’altitude. La nouvelle coulée de lave a parcouru environ 200 m sur le flanc NE du volcan.

Source : Instituto Geofisico.

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Au cours des derniers jours, l’Etna (Sicile) a montré un dégazage des cratères sommitaux, ainsi qu’une activité strombolienne dans le secteur du cratère SE . Cette activité strombolienne, faible au début s’est intensifiée par la suite. Le tremor se maintient à des valeurs basses, sauf le 5 août où il se situait à des valeurs moyennes et où les satellites ont relevé sept anomalies thermiques sur le volcan. La webcam de L’Association Volcanologique Européenne (L.A.V.E.) a fourni de bonnes images de l’activité strombolienne (voir ci-dessous).

A noter que le dans la matinée du 14 août, on observait une augmentation de l’activité strombolienne au Nouveau Cratère Sud-Est (cône dans la Selle), avec un panache de cendre vers le sud-sud-est et de légères retombées dans la région de Pedara, Trecastagni et Viagrande. L’amplitude du tremor montre des valeurs moyennes et parfois hautes.

Source : INGV.

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Here is some news of volcanic activity around the world.

Mount Sinabung (Sumatra / Indonesia) erupted again several times on August 13th, 2020, sending a 2,000-metre-ash column above the summit. The first eruption was recorded at 6:07 a.m. and continued about 11 minutes, with a 1,000-m-high ash plume. The second eruption lasted about 20 minutes starting at 1:08 p.m. as the volcano spewed a 2,000-m-high ash column.

The volcanic alert level is kept at Siaga, level 3 on the four-level scale. The authorities have reminded the public to stay outside a 3-kilometer radius from the crater. Residents are further encouraged to wear a mask to protect their respiratory system and to clean their roofs of thick volcanic ash to prevent their houses from being damaged. Those living near the riverbank must remain cautious of potential lahars.

Source: CVGHM.

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According to a private traveller, Kerinci (Indonesia) erupted on August 12th, 2020. Ash emissions reached an altitude of 4,800 m. The piece of news needs to be confirmed.

Kerinci is the highest volcano in Indonesia and the source of numerous explosive eruptions. The 2013 event spewed gas and ash as high as 600 metres. People panicked, pouring out of their houses, worried that a bigger eruption would follow. Half hour after the eruption, several villages in Gunung Tujuh district were blanketed in thick black ash, sparking concern for food crops, but heavy rain washed the crops clean.

Source : Indonesian news media.

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Small strombolian explosions are observed at Villarrica (Chile). On August 7th, 2020, a long-period earthquake occurred along with a moderate explosion in the summit crater, generating an ash plume that rose to 3.4 km above sea level.The alert level remained at Yellow, the second level on a four-colour scale.

Source: SERNAGEOMIN.

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Sakurajima (Japan) is still quite active. On August 9th, 2020, an explosion in the Minamidake Crater produced an ash plume that rose as high as 5 km above the crater rim. Ashfall was reported in areas N of the crater. The alert level remains at 3 (on a 5-level scale).

Source: JMA.

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Eruptive activity continues at Sabancaya (Peru) with a daily average of 19 explosions. Gas-and-ash plumes rise as high as 2.5 km above the summit. The alert level remains at Orange and the public is asked to stay outside a 12-km radius from the crater.

Source : IGP.

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A high level of activity was observed at Sangay (Ecuador) in early August. Ash plumes rose 870-2,000 m above the summit almost daily. Heavy rain generated lahars in the Volcán and Upano drainages between August 5th and 7th, 2020.

Source : Instituto Geofisico

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In Kamchatka, the aviation colour code remains at Orange for Ebeko, Karymsky and Sheveluch volcanoes.

Source: KVERT.

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Intense eruptive activity continues at Reventador (Ecuador) with a new lava flow and an ash column rising up to 4 600 m above sea level. A new lava flow is travelling on the northeastern flank over about 200 m.

Source : Instituto Geofisico.

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Over the past few days, Mt Etna (Sicily) has shown degassing of summit craters, as well as Strombolian activity in the SE crater area. This strombolian activity, low at first, intensified thereafter. The tremor remains at low values, except on August 5th when it was at medium values and when the satellites detected seven thermal anomalies on the volcano. The webcam of the European Volcanological Association (L.A.V.E.) provided good images of the Strombolian activity (see below).

It should be noted that in the morning of August 14, threre was an increase in Strombolian activity at the New Southeast Crater (cone in the Saddle), with an ash plume towards the south-southeast and slight ashfall in the area of Pedara, Trecastagni and Viagrande. The amplitude of the tremor shows average and sometimes high values.

Source: INGV.