La sismicité récente en Sicile // Recent seismicity in Sicily

Depuis le début de l’éruption de l’Etna et de l’activité sismique le 23 décembre 2018, plus de 70 séismes avec des magnitudes supérieures à M 2,5 ont été enregistrés sur et autour du volcan. Cinq événements avaient une magnitude supérieure ou égale à 4. La plupart avaient leurs épicentres au sud du séisme qui a secoué la région de Milo pendant le nuit du 8 au 9 janvier 2019. Survenu à 00h50 le 9 janvier, ce dernier événement présentait une magnitude M 4,1 ; son épicentre a été localisé dans la région de Piano Pernicana, sur le versant nord-est de l’Etna, dans la ville de Linguaglossa, à environ 10 km de Milo, Trecastagni et Sant ‘ Alfio. Son hypocentre se trouvait à une profondeur de 2 km. Jusqu’à présent, il n’y a pas eu de réplique significative dans le même secteur. A noer tout de même qu’à 05h14, une secousse de magnitude M 2,0 a été enregistrée à six kilomètres au nord d’Adrano.
Le séisme de M 4,1 a affecté une région située à plus de 20 km au nord-nord-ouest de la région frappée par l’événement de M 4,9 du 26 décembre 2018 dont l’épicentre se trouvait près de Viagrande, sur le versant sud-est de l’Etna. L’INGV rappelle que de tels séismes se produisent relativement fréquemment dans différentes zones périphériques de l’édifice volcanique. De semblables séismes sont été observés en 2002 avant la spectaculaire éruption de l’Etna. Des séismes avaient alors commencé sur le versant nord-est le 27 octobre 2002, suivis le 29 octobre par d’autres sur le versant sud-est, avec au final une secousse de M 4,7 qui a provoqué des effondrements et des dégâts considérables à Bongiardo, près de Santa Venerina.
Comme je l’ai indiqué précédemment, suite a séisme de M 4,9 à Viagrande, les autorités ont inspectés les constructions de la région. 50% des édifices ont été déclarés utilisables, 25% partiellement accessibles et 24% inutilisables. Le reste devra être détruit. Le nombre de personnes déplacées est passé à 1 334, parmi lesquelles 556 ont eu recours à un hébergement indépendant ; 776 autres sont hébergées dans des hôtels affiliés à la région sicilienne. Deux personnes sont hébergées dans des installations publiques.
Source: La Sicilia.

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Since the beginning of the eruption of Mt Etna and seismic activity on December 23rd, 2018, more than 70 earthquakes with magnitudes higher than M 2.5 have been recorded on and around the volcano. Five events had a magnitude greater than or equal to M 4. Most had their epicentres south of the earthquake that shook the Milo region during the night January 8th-9th, 2019. Recorded at 00:50 on January 9th, the latter event had a magnitude of M 4.1; its epicentre was located in the area of ​​Piano Pernicana, on the northeast slope of Mt Etna, in the town of Linguaglossa, about 10 km from Milo, Trecastagni and Sant ‘Alfio. Its hypocentre was at a depth of 2 km. So far, there has been no significant aftershock in the same area. It should be noted, however, that at 5:14 am, a tremor with a magnitude of M 2.0 was recorded six kilometres north of Adrano.
The M 4.1 earthquake affected an area more than 20 km north-northwest of the region hit by the M 4.9 event of 26 December 2018, whose epicentre was near Viagrande, on the southeast slope of Mt Etna. INGV recalls that such earthquakes occur relatively frequently in different peripheral areas of the volcanic edifice. Similar earthquakes were observed in 2002 before Mt Etna’s dramatic eruption. Earthquakes began on the northeastern slope on 27 October 2002, followed on 29 October by others on the south-east side, ending with an M 4.7 quake which caused collapses and damage in Bongiardo, near Santa Venerina.
As I indicated earlier, following the M 4.9 earthquake in Viagrande, authorities inspected the buildings in the region. 50% of them were declared usable, 25% partially accessible and 24% unusable. The rest will have to be destroyed. The number of displaced persons increased to 1,334, of whom 556 used independent accommodation; 776 others are staying in hotels affiliated to the Sicilian region. Two people are housed in public facilities.
Source: La Sicilia.

Effets de l’activité sismique en 2002 (Photo: C. Grandpey)

Etna (Sicile): Approche scientifique de la dernière éruption // Scientific approach of the last eruption

Suite à l’éruption de l’ Etna qui a débuté le 24 décembre 2018 et de l’essaim sismique qui l’a accompagnée, les chercheurs de différents organismes scientifiques italiens ont mesuré les mouvements permanents du sol provoqués par ces derniers événements. Ils ont observé des valeurs maximales de déplacement dépassant 30 cm à l’ouest et 50 cm à l’est sur le sommet de l’Etna, ainsi qu’un déplacement maximal d’environ 13 cm vers l’est et de 16 cm vers l’ouest dans la zone affectée par le séisme de M 4,9.
L’éruption de l’Etna et la sismicité qui l’a accompagnée et l’accompagne encore aujourd’hui sont contrôlées en permanence par l’INGV de Catane et de Rome à l’aide des réseaux sismiques et géodésiques. Dans le cadre des activités de surveillance de l’Etna, effectuées à travers des réseaux gravimétriques et magnétiques, des analyses géochimiques, des caméras thermiques ainsi que des levés sur site, les scientifiques ont également procédé à une analyse préliminaire des données radar satellitaires liées à l’éruption et à l’essaim sismique, informations venant compléter celles fournies par d’autres systèmes de surveillance.
En utilisant des données radar fournies par les satellites Sentinel-1 (S1), du programme européen Copernicus, et de la constellation italienne COSMO-SkyMed (CSK) de l’Agence Spatiale Italienne (ASI) et du ministère de la Défense, une équipe de chercheurs du CNR-Irea et de l’INGV a pu analyser la fracture qui alimentait la coulée de lave provoquée par l’éruption et mesurer avec grande précision les mouvements permanents du sol en utilisant la technique d’Interférométrie SAR Différentielle. Cette technique permet, en comparant les images radar acquises avant et après des événements sismiques, de mesurer, le long de la ligne de visée du capteur, le déplacement du sol survenu dans l’intervalle de temps entre les deux acquisitions, avec une précision de l’ordre du centimètre. De plus, grâce aux passages des satellites sur des orbites différentes (ascendante et descendante), il est possible de reconstruire également la composante horizontale (dans la direction est-ouest) et  verticale du champ de déformation détecté.

Source : La Sicilia, INGV, CNR.

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Following the eruption of Mt Etna, which began on December 24th, 2018, and the seismic swarm that accompanied it, researchers from different Italian scientific organizations measured the permanent ground movements caused by these recent events. They observed maximum movement values ​​exceeding 30 cm in the western part and 50 cm in the eastern part of the summit area of Mt Etna, as well as a maximum displacement of about 13 cm to the east and 16 cm to the west in the area affected by the M 4.9 earthquake.
The eruption of Mt Etna and the seismicity that accompanied and still accompany it today are constantly monitored by the INGV of Catania and Rome using seismic and geodesic networks. As part of Mt Etna’s monitoring activities, carried out through gravimetric and magnetic networks, geochemical analyses, thermal imaging cameras as well as on-site surveys, the scientists also carried out a preliminary analysis of satellite radar data related to the eruption and the seismic swarm, information supplementing that provided by other surveillance systems.
Using radar data provided by the Sentinel-1 (S1) satellites, the European Copernicus program, and the Italian constellation COSMO-SkyMed (CSK) of the Italian Space Agency (ASI) and the Ministry of Defense, a team researchers from CNR-Irea and INGV were able to analyze the fracture that fed the lava flow caused by the eruption and to measure with great accuracy the permanent movements of the soil using the technique of Differential SAR Interferometry. This technique makes it possible, by comparing the radar images acquired before and after seismic events, to measure, along the line of sight of the sensor, the ground displacement occurring in the time interval between the two acquisitions, with a precision of the order of the centimetre. In addition, thanks to the passage of the satellites in different orbits (ascending and descending), it is possible to reconstruct as well the horizontal component (in the east-west direction) and vertical component of the detected deformation field.
Source: La Sicilia, INGV, CNR.

La coulée de lave née de l’éruption du 24 décembre 2018 vue depuis l’espace (Source: ESA)

Etna (Sicile) : Vers un retour à la normale ? // Back to normal ?

Au cours des dernières heures, on a observé une baisse de la sismicité ainsi que du tremor éruptif. Cela signifie que la pression du magma est moins forte dans les conduits d’alimentation du volcan et que l’activité strombolienne est en train de décliner dans les cratères sommitaux. La lave a cessé de couler depuis plusieurs jours dans la Valle del Bove. S’agit-il d’une simple pause ou d’un début de calme susceptible de durer plusieurs semaines, voire plusieurs mois ? Nul ne le sait. L’INGV reste vigilant car les scientifiques n’excluaient pas ces dernières heures une reprise d’activité à plus basse altitude.

Qu’il y ait reprise d’activité ou non, le dernier épisode éruptif laissera des marques. Le séisme de M 4,8 dont l’épicentre a été localisé dans la région de Viagrande n’était certes pas directement lié à l’activité volcanique mais, comme je l’ai indiqué précédemment, la secousse a probablement été provoquée par des contraintes et des déformations exercées sur les flancs du volcan par le magma au cours de son ascension. Il ne faudrait pas oublier que le versant oriental de l’Etna est parcouru de failles dont le mouvement a déjà provoqué des séismes dévastateurs (voir ma note précédente).

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In recent hours, there has been a decline in both seismicity and the eruptive tremor. This means that magma pressure is lower in the volcano feeding system and strombolian activity is declining in the summit craters. The lava has stopped flowing for several days in the Valle del Bove. Is this a simple pause or the beginning of a period of quiescence likely to last several weeks, or even months? Nobody knows. INGV remains vigilant as scientists did not exclude a resumption of activity at lower altitude.
Whether there is resumption of activity or not, the last eruptive episode will leave marks. The M 4.8 earthquake whose epicentre was located in the Viagrande area was certainly not directly related to volcanic activity but, as I indicated earlier, the quake was probably caused by constraints and deformations exerted on the flanks of the volcano by the magma during its ascent. It should not be forgotten that the eastern slopes of Mount Etna are crossed by faults whose movement has already caused devastating earthquakes (see my previous note).

Profil du tremor éruptif au cours des dernières heures (Source: INGV)

Activité sismique et éruptive sur l’Etna // Seismic and eruptive activity on Mt Etna

Sur son site web, l’INGV a donné des informations supplémentaires sur l’activité sismique et volcanique qui affecte en ce moment la région de l’Etna.

Le séisme de M 4,8 qui a secoué la partie orientale de la Sicile le 26 décembre 2018 s’est produit 3 jours après le début de l’éruption de l’Etna. La fracture qui s’est ouverte à la base du Nouveau Cratère SE le matin du 24 décembre a généré un nuage de cendre qui a affecté principalement les environs de Zafferana Etnea. La fracture a donné naissance à une coulée de lave qui a avancé le long de la paroi occidentale de la Valle del Bove.
Cette situation a été précédée de quelques heures et s’accompagne encore aujourd’hui d’une déformation et d’une activité sismique importantes, avec environ 1100 secousses dont une soixantaine dépasse les 2,5 de magnitude. De plus, une augmentation significative de l’amplitude moyenne des séismes d’origine volcanique a été enregistrée au cours de la journée du 24 décembre et actuellement, bien qu’en baisse, les valeurs restent au-dessus de la norme.
Au cours des trois derniers jours, la sismicité enregistrée a affecté plusieurs secteurs du volcan, en particulier la zone sommitale le 24 décembre. Par la suite, l’activité sismique s’est limitée aux parois ouest et sud de la Valle del Bove, à une profondeur de 4 à 5 km sous le niveau de la mer.
Il convient de noter que le séisme de M 4,8 n’a pas été provoqué par des mouvements de magma dans la zone de l’épicentre, mais est probablement lié à un mouvement du flanc oriental du volcan sous l’effet des contraintes induites par le système magmatique à l’origine de éruption. En fait, il arrive souvent que l’intrusion d’un dyke transfère les contraintes qui l’accompagnent aux structures tectoniques environnantes, provoquant des séismes qui peuvent être de magnitude élevée.
La situation éruptive actuelle n’est guère différente des situations éruptives passées pendant lesquelles on a observé un transfert de contraintes des masses intrusives vers les parties plus superficielles des flancs du volcan, avec déclenchement de séismes, même à plusieurs kilomètres de distance des centres éruptifs.
Pour le moment, l’épanchement de lave se limite à la Valle del Bove et ne menace pas les zones habitées. Cependant, même si les instruments de l’INGV indiquent en ce moment une diminution de l’activité éruptive dans son ensemble, on ne saurait exclure une reprise de cette activité dans un autre secteur du volcan, avec l’ouverture de nouvelles fractures à des altitudes inférieures à 2400 mètres, en particulier sur les parois ouest et sud de la Valle del Bove. .

Source : INGV.

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On its website, INGV has provided additional information on the seismic and volcanic activity currently affecting the Mt Etna region.
The M 4.8 earthquake that shook the eastern part of Sicily on December 26th, 2018 occurred 3 days after the start of the eruption of Mt Etna. The fissure that opened at the base of the New SE Crater on the morning of December 24th generated an ash cloud that mainly affected the vicinity of Zafferana Etnea. The fissure gave rise to a lava flow that travelled along the western wall of Valle del Bove.
This situation was preceded by a few hours and is still accompanied today by significant deformation and seismic activity, with about 1100 tremors, about sixty of which exceed M 2.5. In addition, a significant increase in the average amplitude of earthquakes of volcanic origin was recorded during the day of December 24th and even though seismicity is declining today, the values ​​remain above the norm.
Over the past three days, seismicity has affected several areas of the volcano, especially the summit area on December 24th. Next, seismic activity was limited to the west and south walls of the Valle del Bove, at a depth of 4 to 5 km below sea level.
It should be noted that the M 4.8 earthquake was not caused by magma movements in the epicentral area, but was probably related to movements of the eastern flank of the volcano as a result of the induced stresses by the magma system causing the eruption. In fact, it often happens that the intrusion of a dyke transfers the constraints that accompany it to the surrounding tectonic structures, causing earthquakes that have a high magnitude.
The current eruptive situation is not very different from past ones during which a transfer of stresses from the intrusive masses to the shallower parts of the flanks of the volcano was observed, with earthquakes being triggered, even several kilometres away from the eruptive centres.
For the moment, the effusion of lava is limited to the Valle del Bove and does not threaten inhabited areas. However, even though INGV instruments currently indicate a decrease in eruptive activity as a whole, one can not exclude a resumption of this activity in another area of ​​the volcano, with the opening of new fissures at altitudes below 2400 metres, especially on the west and south sides of the Valle del Bove.

Source: INGV.

Activité sismique dans la région de l’Etna depuis le 24 décembre 2018. L’événement de M 4,8 du 26 décembre 2018 apparaît en bleu (Source: INGV)

L’Etna vu depuis l’espace quand la lave avançait dans la Valle del Bove (Source: ESA)

Etna (Sicile), Krakatau (Indonésie), Ambrym (Vanuatu)

En raison du «shutdown» et de la fermeture d’un certain nombre d’administrations américaines, la Smithsonian Institution n’est pas en mesure de diffuser son rapport hebdomadaire sur l’activité volcanique dans le monde. Cependant, les volcans étaient très actifs dans trois parties de notre planète.

Le séisme de M 4,8 qui a frappe l’est de la Sicile – avec l’épicentre à Viagrande – le 26 décembre 2018 a causé d’importants dégâts, blessé 28 personnes et chassé au moins 600 autres de leurs maisons. Dans le même temps, la coulée de lave qui avançait dans la Valle del Bove a disparu, tandis qu’une activité strombolienne persistait dans la Bocca Nuova.

Ce matin, le tremor éruptif est de nouveau légèrement en hausse. Il est probable que l’épisode éruptif n’est pas terminé. Les scientifiques de l’INGV craignent même une reprise de l’éruption à plus basse altitude, mais personne ne peut prédire la suite des événements. Seule Mamma Etna la connaît!

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L’Indonésie a élevé l’alerte de l’Anak Krakatau au niveau 2 et ordonné à tous les vols d’éviter le secteur du volcan, quelques jours après le déclenchement du tsunami qui a coûté la vie à au moins 430 personnes. On se souvient qu’une portion du volcan s’est effondrée à marée haute le 22 décembre 2018, phénomène qui a généré des vagues atteignant 5 mètres de hauteur qui sont venues déferler sur les côtes du Détroit de la Sonde.
Les autorités indiquent que le cratère de l’Anak Krakatau reste « fragile » et craignent un nouvel effondrement et un tsunami. Il est demandé à la population de rester à l’écart de la côte. On redoute également une éruption majeure du volcan.
Une zone d’exclusion de 5 km a été décidée autour de l’île.
Une fine couche de cendre volcanique s’est déposée sur les bâtiments, les véhicules et la végétation le long de la côte ouest de Java. Les autorités ont déclaré que cette cendre n’était pas dangereuse, mais ont conseillé aux habitants de porter des masques quand ils quittaient leurs domiciles. Comme indiqué précédemment, les aéronefs doivent rester à l’écart de la zone. Les autorités de l’aviation civile ont déclaré qu’aucun aéroport ne serait affecté. La capitale, Jakarta, se trouve à environ 155 km à l’est du volcan.
Source: The Jakarta Post.

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GeoHazards indique dans sa dernière mise à jour que «l’activité éruptive à Ambrym (Vanuatu) se poursuit en situation d’éruption mineure. Le niveau d’alerte volcanique reste à 3.» Le secteur dangereux reste la zone de danger B à environ 2 km autour du Benbow et à 4 km autour des cratères du Marum (voir la carte ci-dessous). Une autre zone de risque a été établie à moins de 3 km des fractures éruptives au sud-est d’Ambrym. Des rapports d’observation ont indiqué que les lacs de lave dans les cratères du Marum et du Benbow se sont vidangés lors de l’ouverture des fractures éruptives d’où ont jailli des fontaines de lave.
Les observations actuelles et l’analyse des données confirment la présence d’une sismicité qui pourrait continuer à affecter les fractures existantes, en particulier dans la région du sud-est d’Ambrym. Les dernières analyses d’imagerie satellitaire confirment une déformation importante du sol sur l’île d’Ambrym. En conséquence, les habitants d’Ambrym et des îles voisines doivent s’attendre à de nouveaux  tremblements de terre.
Toutefois, selon GeoHazards, la possibilité que l’activité du volcan Ambrym atteigne le niveau 4 est faible pour le moment.

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Because of the « shutdown » and the closure of a number of a number of U.S. administrations, the Smithsonian Institution cannot release its Weekly Report about volcanic activity around the world. However, volcanoes were very active in three parts of our planet.

The M 4.8 earthquake that hit eastern Sicily – with the epicentre in Viagrande – on December 26th, 2018 caused extensive damage, injured 28 people and forced at least 600 others from their homes.
At the same time, the lava flow in Valle del Bove disappeared, while strombolian activity persisted in Bocca Nuova.

This morning, the eruptive tremor is again slightly up. It is likely that the eruptive episode is not over. The INGV scientists fear even a resurgence of the eruption at lower altitude, but no one can predict the sequence of events. Only Mamma Etna knows her!

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Indonesia has raised the alert level for Anak Krakatau to the second-highest, and ordered all flights to steer clear, days after it triggered a tsunami that killed at least 430 people. A portion of the volcano collapsed at high tide on December 22nd, 2018 sent waves up to 5 metres high smashing into the coasts of the Sunda Strait.

Authorities have warned that the crater of Anak Krakatau remains fragile, raising fears of another collapse and tsunami, and have urged residents to stay away from the coast. There are also fears of a bigger eruption.

A 5-km exclusion zone has been decided around the island.

A thin layer of volcanic ash has been settling on buildings, vehicles and vegetation along the west coast of Java. Authorities said the ash was not dangerous, but advised residents to wear masks when outside, while aircraft were ordered away. The civil aviation authority said no airports would be affected. The capital, Jakarta, is about 155 km east of the volcano.

Source: The Jakarta Post.

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Geo Hazards indicates in its latest update that “eruptive activity at Ambrym (Vanuatu) is continuing in the minor eruption state. The Volcanic Alert Level remains at Level 3.” The Danger Zone remains at the Danger Zone B which is about 2 km around Benbow and 4 km around Marum craters (see map below). The additional area of risk is within 3 km from major cracks in the South East of Ambrym. Previous reports indicated that the lava lakes in Marum and Benbow craters drained when eruptive fissures opened with lava fountains.
Current observations and analysis of seismic data confirm an ongoing seismicity which may continue to affect the existing cracks, especially in the South East Ambrym area. Latest satellite imagery analysis confirm a significant land deformation on Ambrym island, therefore people from Ambrym and neighboring islands may continue to expect earthquakes.
The possibility that the Ambrym volcano activity escalates to the level of moderate eruption (Level 4) is low for now.

Source: GeoHazards

Etna (Sicile): Eruption et séismes // Eruption and earthquakes

8 heures: Le mauvais temps sur l’Etna n’a pas permis de faire des observations intéressantes au cours des dernières heures, mais les instruments de l’INGV montrent que l’éruption continue sur le volcan. On a enregistré hier soir une augmentation des valeurs du tremor volcanique, signe que le magma exerce une pression sur l’édifice volcanique au cours de son ascension vers la surface. Ce matin, en revanche, sismicité et tremor montrent un déclin et je me demande même si la lave coule toujours dans la Valle del Bove.

Le fait important de la nuit est un séisme de M 4,8 qui a affecté à 3h18 la région de Catane, avec un épicentre à 2 km au nord de Viagrande. Il a été ressenti par la population et, contrairement à ce qui a été dit au début, la secousse a causé des dégâts, comme à l’extérieur de l’église de Santa Venerina. Il est aussi fait état d’effondrements dans les hameaux de Fleri et Lavinaio,

À partir de minuit, au moins sept séismes avaient déjà été enregistrés, dont un événement avec une magnitude de M 3,3 à 01h09, avec un épicentre situé à 4 km au nord d’Aci Sant’Antonio.
Source : La Sicilia.

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17 heures : Le séisme de M 4,8 qui s’est produit la nuit dernière a causé des dégâts mais a également blessé une dizaine de personnes. Comme indiqué précédemment, l’épicentre a été localisé au niveau de Viagrande, à environ un kilomètre de profondeur.

Dans le même temps, il semble que le comportement de l’Etna soit en train d’évoluer. Alors que le tremor volcanique et la sismicité montraient une certaine stabilité, voire une tendance à la hausse, hier dans la journée, on observe maintenant un certain déclin de ces deux paramètres. De plus, il n’y a plus de coulée de lave dans la Valle del Bove. Selon Boris Behncke, le séisme de la nuit dernière n’a pas eu d’effet sur le comportement du volcan car l’éruption avait déjà commencé à marquer le pas quand la secousse a eu lieu. Il faudra tout de même surveiller la situation tant que tremor et sismicité n’auront pas retrouvé des niveaux normaux

Dans un article paru dans le journal La Sicilia, le directeur de l’INGV n’exclut pas la possibilité de voir « l’ouverture de bouches à des altitudes plus faibles, en particulier dans la région de Piano del Vescovo au sud de la Valle del Bove.» Selon lui, il faut surveiller l’évolution de la situation qui rappelle celle d’octobre 1984 qui avait provoqué la mort d’une personne à Zafferana Etnea . Comme en 1984, c’est la faille de Fiandaca qui est en cause.

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22 heures: Boris Behncke (INGV Catane) a mis en ligne une photo prise depuis Tremestieri Etneo et qui montre que l’activité persiste à l’intérieur de la Bocca Nuova. Boris confirme la cessation d’activité de la coulée dans la Valle del Bove. Comme le directeur de l’INGV, il n’exclut pas une reprise de l’activité éruptive à une altitude plus basse, et à l’extérieur de la Valle del Bove. La surveillance de la situation doit être étroite tant que la sismicité et la déformation de l’édifice volcanique n’auront pas retrouvé un niveau normal.

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8 a.m.: The poor weather conditions on Mount Etna did not allow to make interesting observations in recent hours, but the INGV instruments show that the eruption continues on the volcano. There was an increase in volcanic tremor values last night, indicating that magma is exerting pressure on the volcanic edifice in its ascent to the surface. .However, both the tremor and seismicity seem to be declining this morning and I even wonder whether lava is still flowing down the Valle del Bove.
The important fact of the night was an M 4.8 earthquake which affected the region of Catania at 3:18, with its epicentre located 2 km north of Viagrande. It was felt by the population and, contrary to what was said at the beginning, the quake caused damage, like outside the church of Santa Venerina. There are also reports of collapses in the hamlets from Fleri and Lavinaio,
Starting at midnight, at least seven earthquakes had already been recorded, including an event with a magnitude of M 3.3 at 01:09, with an epicentre located 4 km north of Aci Sant’Antonio.
Source: La Sicilia.

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5 pm: The M 4.8 earthquake that occurred last night caused damage but also injured a dozen people. As mentioned earlier, the epicentre was located in the Viagrande area, about one kilometre deep.
At the same time, it seems that the behaviour of Mt Etna is evolving. While the volcanic tremor and seismicity showed some stability, or even an upward trend, yesterday in the day, there is now some decline in these two parameters. Besides, lava is no longer flowing in the valle del Bove. According to Boris Behncke, last night’s earthquake had no effect on the volcano’s behaviour as the eruption had already begun to decline when the quake occurred. Anyway, the situation wull need to be monitored as long as both tremor and seismicity have not returned to background levels
In an article in the newspaper La Sicilia, the director of INGV does not exclude the possibility of seeing « the opening of vents at lower altitudes, especially in the area of ​​Piano del Vescovo to the south of the Valle del Bove. » He thinks it is necessary to watch the evolution of the situation which recalls that of October 1984 which had caused the death of a person in Zafferana Etnea. Like in 1984, the Fiandaca fault is the culprit.

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10 p.m.: Boris Behncke (INGV Catania) has posted a photo taken from Tremestieri Etneo. It shows that activity persists inside the Bocca Nuova. Boris confirms that lava is no longer flowing in the Valle del Bove. Like the director of INGV, he does not exclude a resumption of eruptive activity at a lower altitude, and outside the Valle del Bove. A close monitoring of the situation must be performed as long as seismicity and thedeformation of the volcanic edifice have not returned to a background levels.

 

Le séisme de M 4,8 vu par les sismos de l’INGV

La caméra thermique semble montrer que la coulée de lave est inactive. A confirmer.

 

 La région de Santa Venerina subit fréquemment des séismes (Photo: C. Grandpey)

Activité strombolienne dans la Bocca Nuova le 26 décembre 2018 au soir (Photo: Boris Behncke)

Le tourisme volcanique et ses risques // Volcano tourism and its risks

Un rapport récemment publié par la Royal Geographical Society confirme que de plus en plus de personnes prennent l’avion dès qu’elles entendent parler d’une éruption volcanique. L’Islande est une destination particulièrement prisée en raison de sa riche activité géologique. Le pays a connu une augmentation spectaculaire du nombre de visiteurs étrangers qui est passé de 488 622 en 2010 à 2 224 074 en 2017!
Les services de secours islandais sont inquiets car de plus en plus de touristes ignorent les interdictions ou désobéissent aux instructions officielles dans leur recherche d’une expérience unique. Il y a des exemples d’approches très risquées d’éruptions volcaniques, en particulier lors de la dernière qui a eu lieu dans l’Holuhraun (en 2014-15). Les autorités avaient interdit tout accès au site ; malgré cela, certaines personnes ont payé des pilotes d’hélicoptère pour les conduire en secret et de nuit vers la zone éruptive.
Cette difficulté à gérer à la fois la sécurité des gens et leur appétit de sensations fortes a entraîné des décès en Islande et ailleurs. En 2010, deux touristes sont morts de froid en tentant d’atteindre l’éruption de l’Eyjafjallajökull au col de Fimmvörðuháls. En 2017, un garçon de 11 ans est décédé après être tombé dans une mare de boue dans le cratère de la Solfatara à Pouzzoles (Italie) ; ses parents sont également décédés après avoir tenté de le sauver.
La plupart des touristes ne sont pas préparés à ces situations à risque, ce qui accroît la pression sur les services d’urgence confrontés à la difficulté de porter secours à des personnes se trouvant dans des zones pas évidentes à atteindre. Dans une telle situation, ces secouristes doivent soit abandonner les personnes bloquées à leur triste sort, soit pénétrer dans la zone dangereuse, avec tous les risques que cela implique. En Islande, la question est devenue tellement préoccupante que les autorités réfléchissent sérieusement à la question de savoir s’il faut alerter le public quand une éruption se produit. [NDLR : Cette hypothèse me semble difficilement réalisable dans la mesure où de nos jours l’information se répand à la vitesse de la lumière. Les personnes désireuses de se rendre sur le site d’une éruption seront vite informées d’une manière ou d’une autre et il sera très difficile de les empêcher de s’y rendre.]
Le tourisme volcanique comporte des risques, en particulier lorsque les personnes n’ont pas ou peu d’expérience  de l’activité volcanique et de ses répercussions sur les environs. Très souvent, elles se mettent involontairement en danger en s’approchant de la zone sensible. Il y a le risque de projections et de retombées de matériaux et de bombes de lave, ainsi que le risque de se retrouver dans des nuages de poussière ou de vapeurs toxiques. Il existe également le risque de se faire piéger par des coulées de lave, ce qui a failli arriver à des habitants d’Hawaii lors de la dernière éruption du Kilauea.
La forte augmentation du tourisme volcanique peut être aussi attribuée à la prolifération des smartphones et des réseaux sociaux, car les touristes désirent réaliser des auto-portraits dans des paysages spectaculaires et des zones volcaniques actives. Comme je l’ai déjà écrit plus haut, le problème est que, lorsque les choses tournent mal pour les touristes sur des volcans, ils mettent également en péril la vie les sauveteurs.
Un volcan peut devenir un danger réel sans prévenir, comme a pu s’en rendre compte une équipe de la BBC, ainsi que des dizaines de touristes sur l’Etna en 2017 lorsque le volcan est soudainement entré en éruption pendant le tournage d’une séquence.
Dans le but d’empêcher les amateurs de selfies les plus téméraires de se mettre en danger, les autorités indiennes ont interdit les selfies dans les lieux touristiques populaires où des accidents ont déjà eu lieu, tels que le sommet de falaises.
Source: CNN.

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A report just published by the Royal Geographical Society suggests an increasing number of people are flying around the world as soon as they hear about a volcanic eruption. Iceland is a particularly popular spot thanks to its abundance of geological activity. The country has seen a dramatic increase in the number of foreign visitors, from 488,622 in 2010 to 2,224,074 in 2017!

Icelandic emergency services have become increasingly concerned about tourists disobeying the rules in their search for a unique experience. There have been examples of reckless attempts to get dangerously close to erupting volcanoes, especially during the last eruption in Holuhraun (in 2014-15) when authorities closed all access to the area. Nonetheless, some people paid local helicopter pilots to take them in secret after dark.

This tension between safety concerns and the appetite for thrills has resulted in deaths in Iceland and elsewhere. In 2010, two tourists froze to death attempting to reach a volcanic eruption at Iceland’s Fimmvörðuháls pass that caused a spike in visitor numbers. In 2017, an 11-year-old boy died after falling into the Solfatara Crater in Pozzuoli, Italy, and his parents also died when they tried to save him.

Most tourists are unprepared for these risky situations, which increases pressure on emergency services which face the difficulty of dealing with people in restricted areas. In such a situation, emergency services have to either leave the stranded people or come into a hazardous area themselves. In Iceland, the issue has become such a concern that Icelandic authorities have to think carefully about whether or not to alert the public about an eruption.

“Volcano tourism” carries with it a number of risks, especially when those visitors have little experience of how volcanic activity can impact the surrounding area. Very often, they unwittingly place themselves in danger by getting up close to this formidable force of nature. The dangers include getting hit by falling rocks and lava bombs, becoming enveloped in choking dust, or being overcome by poisonous fumes. There is also the risk of becoming trapped by lava flows, which almost happened to folks in Hawaii during Kilauea’s last eruption.

The strong increase in “volcano tourism” can be partly attributed to the proliferation of smartphones and social media, with people keen to photograph or record video of themselves in dramatic, active landscapes. As I put it before, the problem is that when things go wrong for tourists who are close to volcanoes, it puts the lives of rescuers at risk, too.

A volcano can become a real danger without warning as a BBC production crew, along with dozens of tourists, could realise and had a lucky escape on Mount Etna in 2017 when the volcano suddenly erupted while the crew was filming.

In a bid to prevent the more reckless selfie enthusiasts from harming themselves, the authorities in India have been banning selfies in popular tourist spots where accidents have occurred in the past, such as the top of cliffs.

Source: CNN.

  L’approche d’une zone volcanique demande une bonne connaissance du terrain (Photo : C. Grandpey)