Effets planétaires de phénomènes naturels // Planetary effects of natural phenomena

Depuis la nuit des temps, la planète Terre a été victime de phénomènes naturels majeurs qui ont affecté ou bouleversé les formes de vie à sa surface. On peut citer à l’extinction des dinosaures il y a 66 millions d’années suite à la chute d’une météorite sur la Péninsule du Yucatan au Mexique, ou suite à des éruptions volcaniques colossales dans les Trapps du Deccan en Inde, ou par les deux, selon les théories.
Plus tard, les Dix Plaies d’Égypte sont souvent liées à l’éruption cataclysmale du volcan de Santorin (Grèce) au 16ème siècle avant notre ère. Elle a mis fin à la civilisation minoenne.

En 1257 se produisit une éruption volcanique dont l’origine est longtemps restée un mystère qui a été résolu par deux volcanologues français, Jean-Christophe Komorowski et Franck Lavigne, entre 2010 et 2013 : l’éruption eut lieu sur le volcan Samalas, sur l’île de Lombok en Indonésie. Les climatologues qui l’ont étudiée à leur tour indiquent que cette éruption fut si puissante que, par la masse de particules volcaniques expulsées et en circulation dans l’atmosphère, elle provoqua des dérèglements climatiques à l’échelle du monde. L’hémisphère sud fut d’abord touché, suivi de l’hémisphère nord et, en particulier, de l’Europe où, à certains endroits, la température chuta de manière sensible et durable pendant au moins un an. En lisant les archives religieuses de l’époque, on apprend que Londres fut frappée par une période de grand froid, en plein été 1257. Les pluies incessantes rendirent les routes boueuses, en même temps que des milliers de personnes mouraient de faim et de maladie du fait de récoltes insuffisantes liées au mauvais temps. En Allemagne, les annales de la ville de Spire révèlent qu’au cours de cette même année 1257, les températures étaient très faibles pour la saison. Les nuages bas et le brouillard qui recouvraient le pays à ce moment-là étaient probablement issus du déplacement des immenses masses de particules volcaniques dans l’atmosphère, depuis l’Indonésie à travers le globe.

Un peu plus tard dans le Moyen Âge, 1453 est souvent retenue par les historiens comme l’année décisive où Constantinople, la capitale de l’empire byzantin, fut conquise par les Turcs ottomans, marquant ainsi la disparition d’un des plus grands empires de l’histoire et, avec lui, la fin de la période médiévale. L’Histoire raconte aussi que le 25 mai 1453, quatre jours avant l’assaut final des Turcs sur Constantinople, un épais brouillard enveloppait la ville assiégée. Pour les chercheurs du 21ème siècle, cette brume s’explique par un événement de plus grande ampleur que le siège de Constantinople : l’éruption  du volcan Kuwae, une caldeira sous-marine au Vanuatu en 1452. Elle a souvent été baptisée « l’éruption oubliée ». L’île volcanique de Kuwae fut détruite et prit la forme d’un gigantesque cratère. L’événement envoya quelque 35 km3 de matières volcaniques dans l’atmosphère, ce qui produisit un immense nuage de poussière qui parcourut le globe et fit écran au rayonnement solaire. Cela provoqua, comme en 1257, une baisse de la température mondiale allant jusqu’à 1°C pendant un ou deux ans. Les conséquences de l’éruption ne furent pas seulement observées à Constantinople. Au Caire, en Egypte, les crues du Nil furent insuffisantes ; la famine régna à Moscou ; en Chine, les chroniques mentionnent des chutes de neige pendant quarante jours au sud du Fleuve Jaune. L’éruption au Vanuatu affecta donc des espaces extrêmement éloignés les uns des autres.

Beaucoup plus près de nous, les catastrophes naturelles de l’automne 2017 ont, elles aussi, dépassé les frontières nationales et provoqué d’importants bouleversements à plusieurs endroits de la planète. Les ouragans Harvey, Irma, Jose, Katia, Maria, Lee et Ophelia ont mis en péril des régions et des populations entières. Le golfe du Mexique et l’archipel des Caraïbes ont été les principales zones touchées. En effet, l’ouragan Ophélia a pris une trajectoire inédite en remontant le long de la façade atlantique européenne avant de frapper l’Irlande. Ses effets se sont faits ressentir jusqu’à Londres ou encore aux Pays-Bas et en Belgique. En France, le long de la côte atlantique, on a pu observer, de manière assez inattendue, un ciel rouge-orangé digne des tableaux réalisés après l’éruption du Tambora en 1815.

Comme au Moyen Age, les catastrophes naturelles de 2017 ont, elles aussi, dépassé les frontières nationales et provoqué d’importants bouleversements à plusieurs endroits de la planète. Toutefois, l’une des différences fondamentales avec le Moyen Âge est que ce type d’événement pourrait devenir plus intense et donc plus destructeur à l’avenir, du fait du dérèglement climatique. Le monde est donc de plus en plus connecté face aux phénomènes environnementaux. Il faudrait que TOUS les gouvernements retiennent la leçon car le problème ne se règlera jamais à la seule échelle nationale.

Note inspirée d’un article paru dans Actuel Moyen Age et qui m’a aimablement été communiqué par Dominique Belmer, fidèle lectrice de mon blog.

——————————————–

Since the dawn of time, planet Earth has been the target of major natural phenomena which have affected or upset the forms of life at its surface. One might refer to the extinction of dinosaurs that were exterminated 66 million years ago by the fall of a meteorite on the Yucatan Peninsula in Mexico, or by major volcanic eruptions in the Deccan Traps in India, or by both, according to the theories.

Later, the Plagues of Egypt – also called Ten Biblical Plagues – are often related to the eruption of Santorini Volcano in the sixteenth century B.C. which brought an end to the Minoan civilisation.

In 1257 there was a volcanic eruption whose origin has long remained a mystery that was solved by two French volcanologists, Jean-Christophe Komorowski and Franck Lavigne, between 2010 and 2013: the eruption took place on the Samalas Volcano, on Lombok Island in Indonesia. The climatologists who studied the event indicate that this eruption was so powerful that,  the mass of volcanic particles that was expelled circulated in the atmosphere and caused climatic disturbances at the scale of the world. The southern hemisphere was first hit, followed by the northern hemisphere and, in particular, Europe, where in some places the temperature fell significantly and persistently for at least a year. Reading the religious archives of the time, we learn that London went through a period of great cold in the summer of 1257. The roads were muddy because of the rain while thousands of people were dying of hunger and disease because of insufficient harvests due to bad weather. In Germany, the annals of the city of Spire reveal that during 1257, the temperatures were very low for the season. The low clouds and fog that covered the country at that time were probably the result of the massive masses of volcanic particles moving into the atmosphere, from Indonesia across the globe.
A little later in the Middle Ages, 1453 is often remembered by historians as the year when Constantinople, the capital of the Byzantine Empire, was conquered by the Ottoman Turks, marking the death of one of the greatest empires in history and, with it, the end of the medieval period. History also tells us that on May 25th, 1453, four days before the final assault of the Turks on Constantinople, a thick fog enveloped the besieged city. For 21st century researchers, this haze can be explained by an event of greater magnitude than the siege of Constantinople: the eruption of the Kuwae Volcano, an underwater caldera in Vanuatu in 1452. It was often called “the forgotten eruption”. The volcanic island of Kuwae was destroyed and took the form of a gigantic crater. The event sent some 35 cubic kilometres of volcanic material into the atmosphere, producing a huge cloud of dust that circled the globe and screened solar radiation. As in 1257, this caused a drop in global temperature of up to 1°C for one or two years. The consequences of the eruption were not only observed in Constantinople. In Cairo, Egypt, the floods of the Nile were insufficient; famine rprevailed in Moscow; in China, chronicles mention snowfalls for forty days south of the Yellow River. The eruption in Vanuatu therefore also affected extremely remote areas.
Closer to us, the natural disasters of the autumn 2017 have also gone beyond national borders and caused major upheavals in many parts of the world. Hurricanes Harvey, Irma, Jose, Katia, Maria, Lee and Ophelia have endangered entire regions and populations. The Gulf of Mexico and the Caribbean archipelago were the main affected areas. Indeed, Hurricane Ophelia took an unprecedented course up the Atlantic coastline before hitting Ireland. Its effects have been felt as far as London or the Netherlands and Belgium. In France, along the Atlantic coast, one observed, quite unexpectedly, a red-orange sky worthy of paintings made after the eruption of Tambora in 1815.
Like in the Middle Ages, the natural disasters of 2017 have also transcended national borders and caused major upheavals in many parts of the world. However, one of the fundamental differences with the Middle Ages is that this type of event could become more intense and therefore more destructive in the future, due to climate change. The world is therefore increasingly connected to environmental phenomena. ALL governments should learn the lesson because the problem will never be solved at the national level.
Note inspired by an article in Actuel Moyen Age and which was kindly communicated to me by Dominique Belmer, a faithful reader of my blog.

Complexe volcanique Rinjani (Ile de Lombok)  [Crédit photo : Wikipedia]

Localisation des volcans sous-marins Kuwae et Makura (Source : Wikipedia)

 

Publicités

Humeur volcanique…

Depuis le 27 novembre dernier, jour où le niveau d’alerte de l’Agung a de nouveau été élevé à son maximum, les autorités indonésiennes, les volcanologues  (locaux et étrangers) et  – par voie de conséquence – la-presse-qui-sait-tout, annoncent à qui veut l’entendre qu’une éruption de l’Agung est « IMMINENTE »

Si l’on se réfère aux différentes définitions de ce mot dans les dictionnaires, il ressort que l’éruption (selon le Larousse) est  « sur le point de se produire. » D’autres définitions insistent sur « un délai très bref. » D’autres encore y ajoutent une nuance de menace. On qualifierait d’imminent un « événement redouté qui est sur le point d’avoir lieu, qui va arriver dans un futur très proche. »

Ces dernières définitions s’appliquent parfaitement à l’Agung, sauf qu’il faudrait savoir ce que l’on entend par « délai très bref » ou « futur très proche ». Si, comme cela se fait souvent à propos des volcans, on se situe à l’échelle géologique, une éruption imminente pourrait avoir lieu dans quelques années, quelques décennies, voire quelques siècles.

A l’échelle humaine, c’est un peu différent. Quand on annonce le départ imminent d’un train, il s’agit en général de quelques dizaines de secondes sauf si, comme cela se produit de plus en plus souvent sur la ligne Limoges-Paris, la motrice tombe en panne au moment du départ du convoi…

Toujours est-il, se plaçant à l’échelle humaine, que l’éruption imminente (je l’attendais personnellement au bout de quelque heures, en étant tolérant) n’a toujours pas eu lieu ! Certes, on a vu de beaux nuages de cendre fermer les aéroports et perturber le trafic aérien, mais c’est roupie de sansonnet à côté de l’événement majeur annoncé !

Ne fustigeons pas les volcanologues locaux ; on est sur un volcan de la Ceinture de Feu dont les humeurs sont totalement imprévisibles. Envoyons quelques fleurs à la Protection Civile locale qui a su à deux reprises (chaque fois que le niveau d’alerte a été élevé au maximum) appliquer le principe de précaution et mettre à l’abri les populations menacées.

Pour autant, il faudrait arrêter d’utiliser en permanence des termes ronflants. Parler d’une « menace d’éruption » ou de la « possibilité d’une éruption à court terme » aurait été plus nuancé et permis à la population de comprendre tout aussi bien le danger. Pourquoi ameuter les foules inutilement ? Le sensationnalisme est dans l’air du temps, mais son abus est tout de même un peu gênant, voire très désagréable !

Webcam VSI

Volcanisme lunaire // Lunar volcanism

Alors qu’il était en orbite autour de la Lune en 1971, l’équipage d’Apollo 15 a photographié une étrange structure géologique, une dépression en forme de D d’environ trois kilomètres de long et 1,5 kilomètre de large, qui continue à fasciner les scientifiques. Certains pensent que ladite structure, connue sous le nom de Ina, est la preuve d’une éruption volcanique qui aurait eu lieu au cours des 100 millions d’années écoulées, soit un milliard d’années après la dernière grande activité volcanique sur la Lune.
Toutefois, de nouvelles recherches effectuées par des géologues de l’Université Brown à Providence (Rhode Island) indiquent que Ina n’est pas si jeune. L’étude, publiée dans la revue Geology, conclut que cette structure géologique a été façonnée par une éruption il y a environ 3,5 milliards d’années ; autrement dit, elle aurait le même âge que les dépôts volcaniques sombres que l’on peut voir au premier plan sur la photo ci-dessous. En fait, c’est le type particulier de lave émis par Ina qui donne une idée fausse de son âge.
Ina se trouve près du sommet d’un monticule de roche basaltique, raison pour laquelle de nombreux scientifiques ont conclu qu’il s’agissait probablement de la caldeira d’un ancien volcan lunaire. Alors que les flancs du volcan semblent vieux de plusieurs milliards d’années, la caldeira proprement dite semble beaucoup plus jeune. Un signe de cette possible jeunesse est sa couleur beaucoup plus claire comparée celle  des environs. Cette teinte plus claire révèle que Ina n’a pas eu le temps d’accumuler beaucoup de régolite, la couche de roche friable et de poussière qui s’accumule à la surface au fil du temps.
Une autre caractéristique qui montre que Ina pourrait être jeune réside dans les quelque 80 monticules qui dominent la caldeira. Ces monticules semblent avoir beaucoup moins de cratères d’impact que la zone environnante. Au fil du temps, on s’attend à ce qu’une surface accumule des cratères de différentes tailles à un rythme relativement constant. En 2014, une équipe de chercheurs a comptabilisé les cratères sur les monticules d’Ina et conclu qu’ils avaient très probablement été formés par la lave au cours des derniers 50 à 100 millions d’années.
Les chercheurs ont examiné des volcans sur Terre qui pourraient être semblables à Ina. Ina présente l’aspect d’un pit crater sur un volcan bouclier, comme le Kilauea Iki qui est entré en éruption en 1959 à Hawaii. En se solidifiant, la lave de cette éruption a créé une couche de roche fortement poreuse à l’intérieur du cratère, avec des bulles souterraines pouvant atteindre un mètre de diamètre et un espace vide jusqu’à 60 centimètres de profondeur. Cette surface poreuse a été créée par la nature de la lave émise dans la dernière phase de l’éruption. Au fur et à mesure que l’alimentation magmatique commençait à diminuer, la lave apparaissait sous forme d’écume ou de mousse, un mélange de lave et de gaz. Lorsque cette mousse a refroidi et s’est solidifiée, elle a créé une surface très poreuse. Les chercheurs pensent que, de la même façon, une éruption sur Ina a produit de la lave sous forme de mousse. En raison de la faible gravité et de l’atmosphère quasiment absente sur la Lune, la mousse était probablement encore plus fluide que sur Terre, donnant naissance à la grande porosité observée sur Ina. C’est cette porosité élevée de la surface qui fausse les estimations de date pour Ina. Elle dissimule l’accumulation de régolite et fausse le comptage des cratères. Des expériences en laboratoire utilisant un canon à projectiles à grande vitesse ont montré que les impacts sur des cibles poreuses créent des cratères beaucoup plus petits. La porosité extrême d’Ina explique la petite taille de ses cratères et il se pourrait que beaucoup de cratères ne soient plus visibles du tout. Cette constatation modifie considérablement l’estimation de l’âge de Ina au seul vu du nombre de cratères. Les chercheurs estiment que la surface poreuse réduit d’un facteur trois la taille des cratères sur les monticules de Ina. En tenant compte de cette relation d’échelle, l’équipe de chercheurs a obtenu un âge d’environ 3,5 milliards d’années pour les monticules d’Ina. Cela correspond à l’âge de surface du bouclier volcanique qui entoure Ina et place son activité dans la fourchette de temps du volcanisme généralement observé sur la Lune.
Source: Science Daily.

———————————–

While orbiting the Moon in 1971, the crew of Apollo 15 photographed a strange geological feature, a D-shaped depression about three kilometres long and 1.5 kilometres wide, that has fascinated planetary scientists ever since. Some have suggested that the feature, known as Ina, is evidence of a volcanic eruption within the past 100 million years, a billion years or so after most volcanic activity on the Moon is thought to have ceased.

However, new research led by geologists of Brown University in Providence (Rhode Island) suggests that Ina is not so young. The analysis, published in the journal Geology, concludes that the feature was actually formed by an eruption around 3.5 billion years ago, around the same age as the dark volcanic deposits we see on the Moon’s nearside. It is the peculiar type of lava that erupted from Ina that helps hide its age.

Ina sits near the summit of a mound of basaltic rock, leading many scientists to conclude that it was likely the caldera of an ancient lunar volcano. While the flanks of the volcano look billions of years old, the Ina caldera itself looks much younger. One sign of youth is its bright appearance relative to its surroundings. The brightness suggests Ina has not had time to accumulate as much regolith, the layer of loose rock and dust that builds up on the surface over time.

Another feature that shows that Ina might be young is the 80 or so mounds which dominate the landscape within the caldera. The mounds appear to have far fewer impact craters on them compared to the surrounding area, another sign of relative youth. Over time, it is expected that a surface should accumulate craters of various sizes at fairly constant rates. In 2014, a team of researchers did a careful crater-count on Ina’s mounds and concluded that they must have been formed by lava that erupted to the surface within the last 50 to 100 million years.

The researchers looked at well-studied volcanoes on Earth that might be similar to Ina. Ina appears to be a pit crater on a shield volcano similar to Kilauea in Hawaii. Kilauea has a pit crater similar to Ina – Kilauea Iki – which erupted in 1959. As lava from that eruption solidified, it created a highly porous rock layer inside the pit, with underground vesicles as large as one metre in diameter and surface void space as deep as 60 centimetres. That porous surface is created by the nature of the lava erupted in the late stages of events like this one. As the subsurface lava supply starts to diminish, it erupts as « magmatic foam » — a bubbly mixture of lava and gas. When that foam cools and solidifies, it forms the highly porous surface. The researchers suggest that an Ina eruption would have also produced magmatic foam. And because of the Moon’s decreased gravity and nearly absent atmosphere, the lunar foam would have been even fluffier than on Earth, so it is expected that the structures within Ina are even more porous than on Earth. It is the high porosity of those surfaces that throws off date estimates for Ina, both by hiding the buildup of regolith and by throwing off crater counts. Laboratory experiments using a high-speed projectile cannon have shown that impacts into porous targets make much smaller craters. Because of Ina’s extreme porosity, its craters are much smaller than they would normally be, and many craters might not be visible at all. That could drastically alter the age estimate derived from crater counts. The researchers estimate that the porous surface would reduce by a factor of three the size of craters on Ina’s mounds. Taking that scaling relationship into account, the team gets a revised age for the Ina mounds of about 3.5 billion year old. That’s similar to the surface age of the volcanic shield that surrounds Ina, and places the Ina activity within the timeframe of common volcanism on the Moon.

Source: Science Daily.

Vue de Ina, la structure géologique lunaire qui intrigue les géologues

(Crédit photo : NASA)

 

Cleveland (Iles Aléoutiennes / Alaska)

Les dernières images satellites montrent qu’un nouveau dôme de lave est en train de croître dans le cratère sommital du Cleveland. Le dôme a commencé à grandir après l’explosion du 31 mars dernier. Des températures de surface en légère hausse sont observées sur les images satellites depuis quelques semaines. La première indication visuelle de la nouvelle croissance du dôme a été observée sur les images satellites le 15 avril, avec la présence d’un petit monticule au fond du cratère du 31 mars. Le 23 avril, ce monticule avait atteint 45 mètres de diamètre. La croissance du dôme s’est produite sans sismicité apparente. Suite à cette présence d’un dôme de lave dans le cratère du Cleveland, l’AVO  décidé de faire passer la couleur de l’alerte aérienne à ORANGE et l’alerte volcanique à VIGILANCE.

Source : AVO.

—————————————–

Recent satellite images show a new lava dome has been extruded in the summit crater of Cleveland. The dome began growing sometime after the most recent explosion on March 31st. Slightly elevated surface temperatures have been observed in satellite images for the past couple of weeks. The first visual indication of new dome growth was observed in satellite images on April 15th with the presence of a small mound deep in the March 31st crater. By April 23rd, this mound had grown to 45 metres in diameter. Dome growth has occurred with no obvious detectable seismicity. The presence of a growing lava dome in the summit crater of Cleveland prompts AVO to raise the Aviation Colour Code to ORANGE and the Volcano Alert Level to WATCH.

Source: AVO.

Bogoslof (Alaska): Pas de nouvelle activité éruptive // No new eruptive activity

L’activité sismique détectée le 15 avril 2017 (voir ma note du 16 avril) n’a pas eu de suite eruptive. Aucune activité volcanique n’a été observée sur le Bogoslof depuis cette date dans les données sismiques et satellitaires. Le dernier événement explosif a eu lieu le 8 mars 2017. Les images satellites disponibles quand les conditions météorologiques le permettent ne montrent pas de modifications significatives à la surface du volcan. En conséquence, la couleur de l’alerte aérienne a été abaissée à Jaune et l’alerte volcanique a été ramenée à Surveillance.

Source: AVO.

———————————–

The seismic activity detected on April 15th 2017 (see my note of April 16th) was not followed by any eruption. No new volcanic activity has been observed at Bogoslof Volcano in satellite or seismic data since that day. The last major explosive event occurred on March 8th, 2017, and occasional satellite images show no significant superficial changes. As a consequence, AVO has lowered the Aviation Colour Code to YELLOW and the Volcano Alert Level to ADVISORY.

Source: AVO.

Source: AVO.

Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion)

Dans un bulletin diffusé le 7 mars 2017, l’OVPF indique qu’une semaine après la fin de l’éruption le 27 février dernier, deux séismes volcano-tectoniques superficiels (0 à 2 km de profondeur) ont été enregistrés en une semaine sous les cratères sommitaux. Depuis le 3 mars, la sismicité profonde diminue.

L’inflation du cône terminal qui s’est maintenue pendant l’éruption se poursuit.

S’agissant des émissions gazeuses, les flux de SO2 dans l’air sont en dessous du seuil de détection.

———————————

In a new report released on March 7th 2017, OVPF indicates that one week after the end of the eruption (27 February), two shallow volcano-tectonic earthquakes (0 to 2 km deep) were recorded within a week beneath the summit craters. Deep seismicity has been decreasing since March 3rd.
The inflation of the summit cone that was observed all through the eruption is continuing.
As far as gaseous emissions are concerned, SO2 levels in the atmosphere are below the detection threshold.

Crédit photo: Wikipedia.

Mission à haute altitude au-dessus d’Hawaii // High altitude mission above Hawaii

drapeau-francaisDepuis la fin janvier et jusqu’à la fin du mois de février 2017, la NASA effectue une campagne de collecte de données à haute altitude au-dessus de l’archipel hawaiien avec un avion ER-2. Cet aéronef est un avion de reconnaissance U-2 qui a été modifié pour recueillir des données scientifiques à haute altitude. Plusieurs projets pluriannuels financés par la NASA utiliseront ces données pour étudier les récifs coralliens et les processus volcaniques.
Les données seront également utilisées pour permettre la mise au point d’un futur instrument satellitaire d’observation de la Terre baptisé Hyperspectral Infrared Imager (HyspIRI). Si la NASA obtient le financement nécessaire, l’instrument fournira des informations cruciales pour l’étude des écosystèmes de la planète, ainsi que des événements liés aux catastrophes naturelles, comme les éruptions volcaniques, les feux de forêt et la sécheresse.
Pour reproduire les données recueillies par les capteurs d’observation de la Terre à bord des satellites, l’ER-2 naviguera à une altitude d’environ 20 000 mètres (au-dessus de 95% de l’atmosphère terrestre) avec une série d’instruments conçus pour mesurer la lumière réfléchie et émise en centaines de longueurs d’onde distinctes. Ces données donneront des informations quantitatives sur la composition de surface, la texture et la température du sol. Ces informations, couplées à des mesures sur le terrain, permettront également aux scientifiques d’étudier toute une gamme de processus atmosphériques, géologiques et écologiques dans le but de mieux comprendre notre environnement naturel et comment notre environnement réagit face aux activités humaines.
Sur la Grande Ile d’Hawaï, en collaboration avec les scientifiques du HVO et du National Park Service, les chercheurs effectuent des travaux sur le terrain et recueillent des données. Ils utilisent ces données pour étudier (1) les liens entre la santé de la végétation et les émissions de gaz volcanique; (2) les anomalies thermiques volcaniques; (3) la composition et l’évolution chimique des panaches de gaz du Kilauea; (4) les processus et les risques volcaniques tels que l’activité des coulées de lave.
Les objectifs de cette mission et les projets de recherche scientifique connexes sont de caractériser les principaux processus volcaniques, tels que la vitesse d’ascension du magma vers la surface, la quantité de lave émise quotidiennement par le Kilauea et l’interprétation des précurseurs possibles d’une éruption. Les conclusions devraient permettre aux scientifiques d’informer la Protection Civile et le public avant, pendant et après les éruptions futures.
Les chercheurs qui travaillent sur le projet Volcan utilisent également les images pour mieux étudier la composition du panache de gaz qui s’échappe du Kilauea et son évolution au fur et à mesure qu’il se déplace. Une partie clé du projet est de voir comment ce panache affecte la qualité de l’air à Hawaï. Par exemple, les chercheurs utiliseront les nouvelles données pour déterminer avec précision la vitesse à laquelle le dioxyde de soufre émis par le volcan se transforme en aérosol, autrement dit comment il se combine avec d’autres composés pour former des particules susceptibles d’être nocives pour la santé humaine.
Sources: NASA, USGS.

————————————-

drapeau-anglaisFrom late January through February 2017, NASA is conducting a high-altitude airborne remote sensing data collection campaign over the State of Hawai‘I with an ER-2 aircraft.

This aircraft is a modified U-2 reconnaissance plane designed to collect scientific data at high altitudes. Several NASA-funded, multi-year projects will use these data to study coral reefs and volcanic processes.

The data will also be used to help develop a future Earth observing satellite instrument called the Hyperspectral Infrared Imager (HyspIRI). If funded, the instrument will provide crucial information for studying the world’s ecosystems, as well as natural hazard events, such as volcanic eruptions, wildfires and drought.

To replicate the characteristics of data collected by Earth observing sensors aboard orbiting satellites, the ER-2 will cruise at an altitude of about 65,000 feet (above 95% of Earth’s atmosphere) with a diverse suite of instruments designed to measure reflected and emitted light in hundreds of distinct wavelengths. Such data give quantitative information about surface composition, texture and temperature of the ground. This information, combined with field-based measurements, enables scientists to study a variety of atmospheric, geologic and ecological processes to better understand our natural environment and how our environment responds to human activities.

On the Island of Hawaii, with the support of Hawaiian Volcano Observatory scientists and the National Park Service, research scientists are conducting field work and collecting data. They are using these data to investigate (1) links between vegetation health and volcanic gas emissions; (2) volcanic thermal anomalies; (3) the composition and chemical evolution of volcanic gas plumes from Kilauea Volcano; and (4) active volcanic processes and hazards, such as surface lava flow activity.

The overarching goals of this mission and the related scientific research projects are to characterize key volcanic processes, such as the rate of magma ascent to the surface, the amount of lava being erupted per day at Kilauea, and interpretation of possible eruption precursors. Lessons learned should help scientists inform emergency response agencies and the public before, during, and after future eruptions.

The researchers who are working on the volcano project are also using the images to better study the composition of the gas plume that arises from Kilauea, and how it changes as the plume spreads out. A key part of the project is looking at how the plumes affect Hawaii’s air quality. For example, one question the volcano researchers are trying to answer with the new data is exactly how quickly the sulfur dioxide gas that the volcano emits becomes aerosolized, meaning it combines with other compounds to form particulate matter, which can be harmful to human health.

Sources : NASA, USGS.

er2

Avion ER-2 de la NASA. (Crédit photo : NASA)

Panache-Kilauea

Vue du panache de gaz émis par le Kilauea (Photo: C. Grandpey)