Eruption du Kilauea (Hawaii): Dernières informations // Latest news

7h00 (heure française): Le HVO indique que l’éruption se poursuit dans la Lower East Rift Zone du Kilauea. Des coulées actives sont encore observées dans les Leilani Estates, avec des entrées dans l’océan près du Makenzie State park. La fracture n° 22 continue à émettre de la lave qui se dirige vers le sud-est jusqu’à la côte où elle pénètre dans l’océan. Les fontaines des fractures n° 6 et n° 13 alimentent une coulée de lave bien canalisée qui atteint également la côte et donne naissance à une seconde entrée dans l’océan.
Les fractures n° 7 et n° 21 alimentent une coulée de lave se dirige vers le nord-est et a coupé Kahukai Street le 25 mai dans l’après-midi avant de continuer lentement vers le nord-est. Tous les habitants encore présents dans les zones touchées par la lave doivent partir maintenant. Mohala Street n’est plus accessible en raison de la coulée qui a traversé Kahukai Street.
82 structures ont été officiellement détruites par l’éruption dans Lower Puna depuis le 3 mai. La mise à jour inclut des maisons et d’autres structures et représente une augmentation significative par rapport aux 50 structures annoncées précédemment.
Une surface d’environ 9 kilomètres carrés a été recouverte par la lave dans Lower Puna depuis le début de l’éruption.
La Protection Civile indique qu’un séisme de magnitude M 4,4 a été enregistré dans la zone sommitale du Kilauea à 12h44 le 25 mai 2018.

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18 heures (heure française): Comme je l’ai écrit précédemment, 82 structures ont été officiellement détruites par l’éruption du Kilauea depuis le 3 mai, tandis que 37 autres sont rendues inaccessibles par la lave.
La Protection Civile a donné plus de détails sur cet aspect de la situation à Lower Puna. Le nombre de structures détruites comprend à des résidences, des structures non habitées et des structures non autorisées. Le bilan s’appuie sur les données fiscales foncières fournies par l’ Office of Housing and Community Development qui gère le développement des zones habitées dans cette région de la Grande Ile. En raison de l’augmentation de l’activité volcanique à Lower Puna au cours de la semaine écoulée, la Protection Civile n’a pas pu recenser visuellement toutes les structures détruites et s’est donc abstenue de publier un chiffre définitif avant d’en avoir la confirmation officielle
Les 37 structures isolées sont actuellement intactes et ne sont pas nécessairement entourées de lave. Cependant, les routes d’accès ont été coupées par la lave et ces structures ne peuvent pas être atteintes par la route.
Les alizés qui soufflent du nord-est devraient se maintenir tout au long du week-end, ce qui évitera à une grande partie est de l’île de subir les émissions de SO2 et les assauts du vog ou brouillard volcanique. Cependant, le vent devrait faiblir au cours du week-end et s’orienter à l’ouest pendant la nuit. De plus, une zone de basse pression s’approche de l’ouest et pourrait faire virer le vent au sud-est, avec une concentration de vog près des fractures au début de la semaine prochaine, mais ces prévisions doivent être confirmées. En raison du vent plus faible, le vog et la cendre pourraient affecter les habitants et les gens qui se déplacent en voiture. La Protection Civile conseille aux habitants de se tenir prêts à quitter rapidement une zone touchée par les gaz. Les automobilistes doivent faire preuve d’une extrême prudence, car le vog peut nuire à la visibilité et la cendre volcanique peut provoquer des conditions de conduite difficiles. Des masques anti-poussière sont disponibles dans les centres de distribution prévus à cet effet. La Protection Civile rappelle que ces masques n’offrent aucune protection contre les gaz toxiques.
Le Parc National des Volcans d’Hawaii reste fermé. Cependant, il convient de noter que le nombre de visiteurs à Big Island ce mois-ci est en augmentation de 25 pour cent par rapport à mai 2017. Les navires de croisière qui avaient annulé plusieurs escales au cours des dernières semaines font de nouveau une halte à Kona. Hilo doit encore patienter.
Source: Protection Civile.

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20 heures (heure française): La dernière mise à jour du HVO, publiée le samedi 26 mai 2018, à 6h43 (heure locale) indique que l’éruption se poursuit dans la région des Leilani Estates et Lanipuna Gardens.
La fracture n° 22 continue à produire une coulée de la lave qui atteint l’océan.
Les fontaines des fractures n° 6 et n° 13 donnent naissance à un chenal de lave qui atteint également la côte et donne naissance à une seconde entrée océanique.
Les fractures n° 7 et n° 21 alimentent un petit lac de lave perché et une coulée pahoehoe qui a progressé vers le nord-est et couvre la plus grande partie de la zone comprise entre Kaupili Street et Mohala Street. Le front de coulée, majoritairement composé de lave a’a, avance lentement vers Pohoiki Road. Il se trouve actuellement à environ 150 mètres de la route.
Une coulée pahoehoe est apparue vers 4 heures du matin le 26 mai sur le flanc ouest de la fracture n° 7 et elle alimente deux petites coulées qui se dirigent vers l’ouest. .
De vigoureuses projections ont été observées au niveau d’un cône sur la fracture n° 8, tandis que la fracture n° 17 fait entendre de bruyantes explosions de gaz.

[NDLR : L’énumération de ces différentes fractures peut sembler fastidieuse, mais il est très important de connaître la direction prise par la lave par rapport aux zones habitées. Je conseille de consulter régulièrement les cartes publiées par l’USGS pour mieux comprendre l’évolution de la situation].

https://volcanoes.usgs.gov/observatories/hvo/maps_uploads/image-445.jpg

Les émissions de gaz volcaniques restent très élevées au niveau des fractures.
On a enregistré trois explosions dans l’Overlook Crater au sommet du Kilaura pendant les premières heures du 26 mai. Elles ont généré des nuages ​​de cendre qui ont atteint environ 3000 mètres d’altitude (le Kilauea culmine à 1247 mètres). De petites retombées sont probables dans les zones sous le vent.

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 7:00 a.m. (French time): HVO indicates that the eruption continues on the Lower East Rift Zone. Active flows are still observed in Leilani Estates and entering the ocean near Makenzie State Park. Fissure 22 continues to erupt lava that is flowing southeast to the coast where lava is entering the ocean. Fountains at Fissures 6 and 13 feed a channelised lava flow that also reaches the coast, making a second ocean entry.

Fissure 7 and 21 are feeding a lava flow that has advanced northeastward crossing Kahukai Street on May 25th in the afternoon and continuing to the northeast at a slow pace. Any residents remaining in the affected areas should evacuate now. Mohala Street is no longer accessible due to the flow that has crossed Kahukai Street.

Eighty-two structures have been destroyed by the Lower Puna eruption since May 3rd. The updated total includes homes and other structures, and is a significant increase from the estimated 50 destroyed structures reported previously.

About 9 square kilometres in lower Puna have been covered by lava since the start of the eruption.

The Civil Defense indicates that an M 4.4 earthquake was recorded in the summit area of Kilauea at 12:44 p.m. on May 25th, 2018.

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6 p.m. ( French time): As I put it before, a total of 82 structures were confirmed destroyed by the Kilauea eruption since May 3rd; while 37 additional structures are inaccessible due to lava.

The Civil Defense has given more details about this aspect of the situation in Lower Puna. The number of destroyed structures includes residences, non residences and unpermitted structures. The total is based on county real property tax data and the Office of Housing and Community Development. The total also is a sharp increase from the previous estimated number which was at 50. Because of increased volcanic activity in Lower Puna this week, Civil Defense could not easily visually confirm destroyed structures and thus refrained from releasing updated totals until a number could be confirmed.

The 37 isolated structures, meanwhile, are currently still intact and not necessarily surrounded by lava. However, roads providing access to the structures have been cut off by lava and cannot be reached by road.

The northeasterly trade winds are expected to hold throughout the weekend, sparing much of the east side of the island from SO2 emissions and vog. However, the winds are expected to slow over the weekend, with a more westerly direction during nighttime hours. Moreover, a low-pressure region approaching from the west might lead to winds shifting to the southeast and a potential pooling of vog near the fissures in the early part of next week, but this needs to be confirmed. Because of the weaker winds, vog and ash might impact residents and travellers. Civil Defense advises residents to be prepared to leave an affected area quickly and for drivers to travel with extreme caution because vog can impede visibility and ash can cause adverse driving conditions. Particulate masks are available for the general public at mask distribution centres Civil Defense warns that these masks offer no protection against toxic gases.

 Hawaii Volcanoes National Park remains closed. However, it should be noted that the number of visitors to Big Island this month so far is a 25 percent increase compared to May 2017. The cruise ships which cancelled several port calls on the Big Island during the past several weeks have resumed docking in Kona.

Source : Civil Defense.

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8 p.m. (French time): HVO’s latest update, released on Saturday, May 26th, 2018, at 6:43 a.m. (local time) indicates that the eruption continues in the area of Leilani Estates and Lanipuna Gardens.
Fissure n° 22 continues to erupt lava that is entering the ocean.

Fountains at Fissures n° 6 and n°13 feed lava into a channel that also reaches the coast, forming a second ocean entry.
Fissures n° 7 and n° 21 are feeding a perched lava pond and pahoehoe flow that has advanced northeastward covering most of the area between Kaupili and Mohala Streets. The flow front has become an a’a flow and is advancing slowly toward Pahoa Pohoiki Road. The flow front is currently about 150 metres from the road.

On the west side of Fissure n° 7, a perched pahoehoe flow broke out around 04:00 a.m. on May 26th and is feeding short flows to the west.

Vigorous spatter was observed from a cone on Fissure n° 8, while Fissure n° 17 was the source of multiple booming gas emissions.
Volcanic gas emissions remain very high from the fissure eruptions.
There were three explosions from the Overlook Crater in the early hours of May 26th. They produced ash clouds that reached about 3,000 metre above sea level. Light ashfall is likely in downwind locations.

Les fractures n° 6 (à gauche) et n° 13 (à droite) donnent naissance à des coulées qui se rejoignant pour ensuite aller se déverser dans l’océan (Crédit photo : USGS)

Rencontres du Livre à Verneuil sur Vienne (Haute Vienne)

Je ne fréquente plus les salons ou foires du livre. Je préfère l’univers des conférences-projections où la communication avec le public est plus riche et intense.

Faisant entorse à ce principe, j’ai accepté de participer aux Rencontres du Livre qui auront lieu le dimanche 27 mai 2018 à Verneuil-sur-Vienne, la commune où je réside. L’événement aura lieu à la Salle Pennevayre entre 9 heures et 18 heures. L’entrée est gratuite.

En compagnie d’une vingtaine d’autres auteurs, je proposerai et je dédicacerai les ouvrages Terres de Feu, Mémoires Volcaniques et Dans les Pas de l’Ours.

Volcanecdotes et Killer Volcanoes sont épuisés sous la forme papier mais ils sont désormais disponibles en CD.

D’autres CD présentent des images de volcans et de glaciers.

Au plaisir de vous rencontrer…

Des bisons en Sibérie contre le changement climatique: Une idée futée? // Bison in Siberia against climate change : A smart idea ?

La semaine prochaine, douze bisons de l’Alaska vont partir pour l’Arctique russe dans le cadre d’un projet original visant à ralentir les effets du changement climatique. L’initiative vient d’un cinéaste indépendant de Haines, petite ville du sud-est de l’Alaska. Le projet fera partie d’un film sur le Parc du Pleistocène, une réserve naturelle et un centre d’études scientifiques situés en Sibérie, à 5 km environ de la ville de Chersky. Dans le Parc, les bisons cohabiteront avec des rennes, des yaks, des chevaux et d’autres herbivores qui vivaient autrefois dans la région.
Si les choses se passent comme prévu, les herbivores empêcheront la croissance des arbres et des arbustes, favorisant ainsi l’expansion des prairies. Les prairies et les plaines enneigées en hiver réfléchissent mieux le rayonnement solaire que les zones comportant des arbres et des arbustes, réduisant ainsi les impacts du changement climatique. Les troupeaux contribueront également à éliminer l’effet isolant de la neige en la piétinant, permettant au sol de rester gelé plus longtemps.
L’objectif du Parc est de faire en sorte que le permafrost ne fonde pas, de sorte que la quantité importante de carbone qu’il contient ne s’échappe pas dans l’air, ce qui aggraverait le réchauffement de la planète. Les 12 bisons sont certes un très petit pas vers la résolution d’un problème d’une grande ampleur, mais ils font partie d’une expérience qui pourrait être répétée ailleurs dans l’Arctique si elle est couronnée de succès.
Le Parc du ¨Pléistocène espère également acquérir une version moderne du mammouth laineux, à condition que les scientifiques réussissent à le recréer en modifiant le génome des éléphants. Les mammouths ont vécu à l’ère du Pléistocène – communément appelée ère glaciaire – qui s’est terminée il y a environ 12 000 ans.
Source: Anchorage Daily News.

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Twelve Alaska bison are scheduled to depart next week for the Russian Arctic to participate in an unusual experiment to slow climate change. The initiative comes from an independent filmmaker from Haines who is organizing the unusual cargo flight animals. The project will be part of a film about Russia’s Pleistocene Park. At the park near the town of Chersky, the bison will join lots of reindeer, yaks, horses and other herbivoreswhich once roamed across the region.

If things go according to plan, the plant-eating animals will prevent the growth of trees and shrubs, promoting the expansion of grassland. Grasslands and snowy plains in winter reflect solar radiation better than areas with trees and shrubs, reducing impacts of climate change. The herds will also help remove the snow’s insulating properties by trampling on it, allowing the ground to stay frozen longer.

The park’s goal is keeping permafrost from melting so that the massive amount of heat-trapping carbon it contains is not released into the air, making global warming worse. The 12 bison are admittedly a very small step toward solving a big problem, but they are part of an experiment that could be repeated elsewhere in the Arctic if it works.

The Russian Pleistocene Park also hopes to acquire a modern version of the woolly mammoth, if one can be made by scientists hoping to alter the genome of elephants. The giant land mammals were part of the Pleistocene era – commonly called the ice age – that ended about 12,000 years ago.

Source: Anchorage Daily News.

Photo: C. Grandpey

« La Glace et le Ciel » : L’aventure glaciaire de Claude Lorius

Si je demandais aux personnes autour de moi si elles connaissent Claude Lorius, la plupart ouvriraient de grands yeux car ce monsieur ne fait pas partie des people ou des personnalités médiatisées. Pourtant, Claude Lorius est un éminent scientifique qui a apporté autant à la glaciologie que Haroun Tazieff à la volcanologie ou le Commandant Cousteau à l’océanographie.

L’excellente chaîne de télévision Ushuaia TV diffuse en ce moment (dates des programmes en suivant ce lien : https://www.ushuaiatv.fr/programmes/entre-ciel-et-terre-le-cambodge-%C3%A0-ciel-ouvert-59548) un documentaire intitulé La Glace et le Ciel réalisé par Luc Jacquet bien connu pour son film La Marche de l’Empereur.

Dans La Glace et le Ciel, le réalisateur met en scène l’aventure de Claude Lorius qui est parti en 1957 étudier les glaces de l’Antarctique. Il nous raconte « l’histoire d’une vie extraordinaire consacrée à percer au plus profond des glaces de l’Antarctique les secrets bien gardés du climat. »

Claude Lorius, chercheur au laboratoire de glaciologie et de géophysique de l’environnement de Grenoble, dut affronter pendant presque vingt ans mépris, moqueries et railleries quand il abordait le thème du dérèglement climatique et la responsabilité de Homme dans ce phénomène naturel. Il eut à subir les foudres du Commandant Cousteau et de Claude Allègre à la fin des années 80 suite à la publication dans la revue Nature de trois articles qui prouvaient la corrélation entre la concentration de gaz carbonique et l’élévation moyenne des températures du globe.

La Glace et le Ciel raconte en détail la vie du chercheur, du premier hivernage dans la base Charcot en 1957, un an d’isolement sous la glace pour trois scientifiques sur un continent encore inconnu, jusqu’aux carottages de Vostok dans les années 80, qui allaient apporter les preuves tant attendues. En particulier, les analyses des bulles d’air emprisonnées dans les carottes de Vostok ont mis en évidence la relation étroite entre les concentrations en gaz carbonique et en méthane et la température. Les climats interglaciaires sont caractérisés par des teneurs en CO2 de 280 ppmv (partie par million en volume) alors qu’en période glaciaire, l’atmosphère n’en contenait que 180 ppmv. Le méthane, issu des fermentations en zones inondées (marais, rizières), lui oscille entre 650 et 350 ppbv (partie par milliard) entre les périodes chaudes et froides respectivement.

La bande-annonce du film se trouve à cette adresse: https://youtu.be/maLCce3dF2U

Courbes de Vostok : Variations des températures (en rouge), du méthane (en vert) et du CO2 (en bleu) au cours des 400 000 dernières années.

Il est intéressant de mettre en parallèle la courbe de Keeling qui montre les variations de CO2 avant 1958 par le biais des carottes de glace, et après 1958, au vu des relevés effectués au sommet du Mauna Loa (Hawaii). On remarquera que les quantités de CO2 sont en constante augmentation et qu’elles atteignent actuellement plus de 411 ppm (parties par million) !! Le Président Trump a sûrement raison : il faut donner le champ libre à la production et à la combustion des combustibles fossiles. Notre planète le remerciera un jour à sa façon !

Courbe de Keeling actualisée le 23 mai 2018