Fièvre Ebola, Goma et volcan Nyiragongo (République Démocratique du Congo)

L’inquiétude grandit dans l’Est de la République Démocratique du Congo (RDC) après l’annonce, le 17 mai 2026, du premier cas d’Ebola à Goma, qui abrite près de deux millions d’habitants. Les autorités redoutent une hausse des contaminations dans cette ville sous contrôle des rebelles du M23.

À l’échelle du pays, les autorités faisaient état de 136 décès « supposés » être liés à Ebola et d’environ 543 cas suspects le 19 mai.

La source de l’épidémie se situe dans le nord du pays, à la frontière avec l’Ouganda et le Soudan du Sud. C’est une région de mines d’or, mais aussi l’une des zones les plus troublées du pays, à la merci de groupes armés et où règne l’insécurité.

À Goma, l’inquiétude grandit. La ville est devenue quasiment inaccessible. Elle est contrôlée par la rébellion du M23 en guerre ouverte avec le pouvoir central de Kinshasa. L’aéroport international est fermé, tout comme la frontière avec le Rwanda. La population a le sentiment d’être coupée du monde. Il y a quelques années, l’ambassadeur de la RDC en France m’avait déjà déconseillé formellement de me rendre dans la région de Goma.

Cet isolement de Goma pourrait vite tourner à la catastrophe si d’autres cas d’Ebola apparaissaient dans la ville car se poserait le problème de l’acheminement de l’aide médicale et humanitaire.

Source : presse internationale.

Dans un tel contexte, il est bien évident que l’accès au volcan Nyragongo, situé à une vingtaine de kilomètres au nord de la ville de Goma, est totalement impossible. Il n’existe pas d’informations récentes de son activité. Les derniers bulletins de la Smithsonian Institution remontent à début juillet 2024. Il faut croiser les doigts pour qu’une éruption volcanique ne vienne pas rendre la situation de Goma encore plus désastreuse.

Dans un bulletin diffusé en juin 2024, le GVN avait signalé une forte reprise de l’activité du lac de lave entre octobre 2023 et mai 2024. Le lac de lave était particulièrement actif en juillet 2023. Malgré des observations satellitaires souvent difficiles entre août 2023 et février 2024, l’activité du lac de lave s’était poursuivie.

Début juillet 2024, une image satellite montrait une zone elliptique sombre de lave au fond du cratère du Nyiragongo. Des panaches de gaz et de vapeur semblaient s’échapper de deux bouches dans sa partie centrale. Les anomalies thermiques identifiées sur les images correspondaient à l’emplacement de la zone de lave, ainsi qu’à une petite zone plus claire en son centre. Aucune mention d’un lac de lave n’était faite dans le bulletin.

Source : Smithsonian Institution.

Confirmation que l’Afrique se déchire // Confirmation that Africa is tearing itself apart

Une étude intitulée « Le rift sud-ouest de l’Afrique : preuves isotopiques d’un rift continental précoce », publiée le 12 mai 2026 dans Frontiers in Earth Science, présente des preuves isotopiques que certaines régions d’Afrique australe et centrale sont probablement en phase de rifting continental à l’aplomb un corridor tectonique s’étendant de la Tanzanie à la Namibie.
Le phénomène de rift continental se produit lorsque les forces tectoniques étirent et amincissent lentement la lithosphère. Sur de longues échelles de temps géologiques, ces processus peuvent séparer les continents et former de nouveaux bassins océaniques.

Des chercheurs étudiant des sources géothermales en Zambie ont découvert des preuves chimiques indiquant que certaines régions d’Afrique australe et centrale sont peut-être déjà en phase de rift continental. L’étude a identifié des signatures isotopiques d’hélium et de carbone d’origine mantellique dans les systèmes hydrothermaux du rift de Kafue en Zambie. Ces résultats confortent l’hypothèse selon laquelle un vaste corridor tectonique s’étendant de la Tanzanie à la Namibie, en passant par la Zambie, pourrait représenter un système de rift continental en phase de développement. La structure s’étend sur environ 2 500 km et relie les rifts de Luangwa, Luano et Kafue aux systèmes de rift d’Okavango et d’Eiseb, plus au sud-ouest.

Source: Pure and Applied Geophysics

Les scientifiques considèrent le système de rift est-africain comme l’un des exemples modernes les plus clairs de rupture continentale active, mais les premières phases de rifting sont souvent difficiles à identifier car la déformation peut rester infime pendant des millions d’années.
Pour déterminer si un rifting actif est déjà en cours sous le Plateau d’Afrique centrale, l’équipe de chercheurs a prélevé des échantillons de gaz dans des sources et des puits hydrothermaux situés dans et autour du rift de Kafue. Les échantillons présentaient des rapports isotopiques de l’hélium compris entre 0,14 et 0,17 R/Ra et des valeurs isotopiques du carbone proches de −3,9 ‰. Selon l’étude, ces mesures sont compatibles avec la remontée de fluides d’origine mantellique à travers des systèmes de failles crustales profondes.

Vue aérienne de la zone de faille bordant la limite sud du rift de Kafue. Les sources thermales où les chercheurs ont prélevé des échantillons de gaz se trouvent dans les bosquets (taches vertes sur l’image).

Les sources situées en dehors des limites du rift ne présentaient pas de signatures isotopiques similaires. Les profils géochimiques observés ressemblent aux conditions précédemment documentées lors des premières phases de développement de segments du système de rift est-africain, notamment le bassin de rift de Rukwa et la zone de divergence nord-tanzanienne.
L’étude examine également une hypothèse tectonique plus large, selon laquelle la déformation en cours en Afrique australe pourrait à terme séparer une partie de la plaque nubienne en un bloc tectonique distinct, appelé Plaque San. Si de futures études sismiques, géodésiques et géochimiques confirment cette interprétation, le rift sud-ouest de l’Afrique modifierait les interprétations tectoniques actuelles de la dynamique des plaques africaines.
Source : Frontiers in Earth Science.

L’étude complète est disponible à l’adresse suivante :
https://www.frontiersin.org/journals/earth-science/articles/10.3389/feart.2026.1799564/full

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A study entitled « The Southwestern Rift of Africa: isotopic evidence of early-stage continental rifting » and published on 12 May 2026 in Frontiers in Earth Science presents isotopic evidence that parts of southern and central Africa may already be undergoing the early stages of continental breakup beneath a tectonic corridor extending from Tanzania toward Namibia.

Continental rifting happens when tectonic forces slowly stretch and thin Earth’s lithosphere. Over long geological timescales, these processes can split continents apart and eventually form new ocean basins.

Researchers studying geothermal springs in Zambia found chemical evidence that parts of southern and central Africa may already be entering the early stages of continental rifting. The study identified mantle-derived helium and carbon isotope signatures in hydrothermal systems within Zambia’s Kafue Rift. The findings support the idea that a broad tectonic corridor stretching from Tanzania through Zambia toward Botswana and Namibia may represent a developing continental rift system. The structure extends about 2 500 km and connects the Luangwa, Luano, and Kafue rifts with the Okavango and Eiseb rift systems further southwest.

Scientists consider the East African Rift System one of the clearest modern examples of active continental breakup, but the earliest stages of rifting are often difficult to identify because deformation can remain subtle for millions of years.

To investigate whether active rifting is already underway beneath the Central African Plateau, the research team collected gas samples from geothermal wells and hydrothermal springs in and around the Kafue Rift. The samples contained helium isotope ratios between 0.14 and 0.17 R/Ra and carbon isotope values near −3.9‰. According to the study, these measurements are consistent with mantle-derived fluids rising through deep crustal fault systems. Springs located outside the rift boundaries did not contain similar isotopic signatures. The geochemical patterns resemble conditions previously documented in the early development stages of segments within the East African Rift System, including the Rukwa Rift Basin and the Northern Tanzanian Divergence Zone.

The study also discusses a broader tectonic hypothesis proposing that ongoing deformation across Southern Africa may eventually separate part of the Nubian Plate into a distinct tectonic block referred to as the San Plate. If future seismic, geodetic, and geochemical studies support that interpretation, the Southwestern Rift of Africa would alter current tectonic interpretations of African plate dynamics.

Soirce : Frontiers in Earth Science.

The complete study can be found at this address :

https://www.frontiersin.org/journals/earth-science/articles/10.3389/feart.2026.1799564/full

Accélération de la fracturation de l’Afrique // The splitting of Africa is accelerating

La région du lac Turkana, située au nord du Kenya, est l’un des sites les plus importants au monde pour l’archéologie et la paléoanthropologie.

Vue du lac Turkana (Source : NASA)

Sa richesse en fossiles d’hominines est exceptionnelle : y ont été retrouvés de nombreux restes d’Homo habilis et d’Homo erectus, qui marquent l’aube du genre Homo. Des fossiles d’espèces plus archaïques (australopithèques par exemple) ont également été retrouvés, en association avec les plus anciens outils en pierre taillée découverts à ce jour.

Crânes d’Homo erectus découverts dans le rift du Turkana. Crédit photo : John Rowan / Science et Avenir)

La région n’attire toutefois pas que les archéologues. Elle revêt également un intérêt majeur pour les géologues. Le lac Turkana est en effet niché dans le Rift est-africain, une longue dépression qui s’étend du nord au sud sur plus de 6 000 kilomètres depuis la mer Rouge jusqu’au Mozambique.

Source : Wikipedia

Ce vaste fossé d’effondrement se forme par le lent écartement de la plaque africaine et la plaque somalienne. Le Rift est-africain marque ainsi l’endroit d’une future limite de plaque, qui donnera naissance à un nouvel océan.

Actuellement, les deux blocs continentaux s’éloignent l’un de l’autre à une vitesse d’environ 4,7 millimètres par an. Ce « rifting » s’accompagne d’un amincissement progressif de la croûte continentale qui rappelons le, mesure en moyenne 35 kilomètres d’épaisseur. Lors d’un épisode de rifting, elle va s’amincir, éventuellement jusqu’à sa rupture via le développement de nombreuses failles. On parle alors de « breakup ». Cette rupture, qui va se propager jusqu’à la base de la lithosphère, va permettre la mise en place d’un nouveau centre d’accrétion océanique. C’est ainsi que naissent les océans et que les continents se fragmentent.

Le rift est-africain est l’un des rares endroits au monde où l’on peut observer en direct ce mécanisme, qui a modelé la géographie terrestre depuis la mise en route de la tectonique des plaques, il y a environ 3 milliards d’années. Il avait été fort bien documenté dans les années 1950 par Haroun Tazieff qui avait observé à bord de la Calypso du commandant Cousteau, une dorsale active dans le fond de la mer Rouge. En survolant la dépression du Danakil situé au nord de l’Afar quelques années plus tard, il comprit être en présence d’un rift émergé avec des failles ouvertes sur plusieurs mètres et des émissions de fumerolles.

En 2026, une équipe de chercheurs vient de faire de nouvelles découvertes qui aident à caractériser ce rift et à prédire son évolution future. Leur étude a été publiée dans la revue Nature communications.

Tous les épisodes de rifting ne mènent pas forcément à la rupture continentale. Il existe dans le monde de nombreux exemple de rifts « avortés », dont l’évolution vers la rupture finale n’a pas abouti. C’est le cas du fossé Rhénan.

Toutefois, le rift du Turkana semble en passe de parvenir à ce breakup. L’imagerie sismique réalisée dans cette région révèle que la croûte est bien plus fine qu’on ne le pensait auparavant. Le processus de rifting est ici dans une phase relativement avancée qu’on appelle le « necking ». Le long de l’axe du rift, la croûte continentale ne mesure en effet plus que 13 kilomètres d’épaisseur. La phase de necking se caractérise par un amincissement brutal de la croûte, la perte des niveaux ductiles profonds qui accommodaient jusqu’alors principalement la déformation, et le couplage mécanique entre la croûte et le manteau supérieur.

La phase de necking mène à la formation de la « necking zone » qui se caractérise par un amincissement brutal de la croûte continentale (Schémas issus de l’étude)

Cette étape précède directement celle de la rupture qui peut toutefois prendre plus ou moins de temps. En géologie, on s’exprime en milliers ou millions d’années. Ce n’est donc pas demain, ni même dans 100 ou 1 000 ans que l’on pourra assister à la séparation définitive des deux plaques continentales. Il faut rappeler que le rift du Turkana a commencé à se former il y a 45 millions d’années. Les chercheurs estiment que le début de la phase de necking date de 4 millions d’années. Elle s’est accompagnée d’un intense volcanisme et d’une subsidence rapide du rift, des conditions qui entraînent d’importants dépôts de sédiments fins, des conditions favorables à une bonne fossilisation. La région du lac Turkana n’est donc pas seulement le berceau de l’humanité ; elle est aussi le produit d’une géologie exceptionnelle qui a permis de figer son histoire.

Source : Science et Avenir et presse scientifique internationale.

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The Lake Turkana region, located in northern Kenya, is one of the world’s most important sites for archaeology and paleoanthropology. Its wealth of hominin fossils is exceptional: numerous remains of Homo habilis and Homo erectus, marking the dawn of the genus Homo, have been found there. Fossils of more archaic species (such as australopithecines) have also been discovered, in association with the oldest stone tools found to date.

However, the region attracts more than just archaeologists. It is also of major interest to geologists. Lake Turkana is nestled in the East African Rift, a long depression that stretches over 6,000 kilometers from north to south, from the Red Sea to Mozambique.
This vast rift valley is formed by the slow separation of the African and Somali plates. The East African Rift marks the location of a future plate boundary, which will give rise to a new ocean.
Currently, the two continental blocks are moving apart at a rate of approximately 4.7 millimeters per year. This rifting is accompanied by a progressive thinning of the continental crust, which, as a reminder, is on average 35 kilometers thick. During a rifting event, it will thin until it eventually ruptures through the development of numerous faults. This is known as a « breakup. » This rupture, which will propagate to the base of the lithosphere, will allow the formation of a new oceanic accretion center. This is how oceans are born and continents break apart.

The East African Rift is one of the few places in the world where this mechanism, which has shaped Earth’s geography since the beginning of plate tectonics approximately 3 billion years ago, can be observed firsthand. It was very well documented in the 1950s by Haroun Tazieff, who, aboard Jacques Cousteau’s Calypso, observed an active mid-ocean ridge on the floor of the Red Sea. A few years later, while flying over the Danakil Depression north of the Afar region, he realized he was in the presence of an emerged rift with faults several meters wide and fumarole emissions.
In 2026, a team of researchers made new discoveries that help characterize this rift and predict its future evolution. Their study was published in the journal Nature Communications.

Not all rifting events necessarily lead to continental breakup. There are many examples worldwide of « aborted » rifts, whose progression toward final rupture did not occur. The Rhine Graben is one such example.
However, the Turkana Rift appears to be on the verge of reaching this point. Seismic imaging in this region reveals that the crust is much thinner than previously thought. The rifting process here is in a relatively advanced phase known as « necking. » Along the rift axis, the continental crust is now only 13 kilometers thick. The necking phase is characterized by a sudden thinning of the crust, the loss of the deep ductile layers that previously accommodated the deformation, and the mechanical coupling between the crust and the upper mantle.
This stage directly precedes rupture, which can take varying amounts of time. In geology, this is measured in thousands or millions of years. It is therefore not tomorrow, nor even in 100 or 1000 years, that we will witness the definitive separation of the two continental plates. It is important to remember that the Turkana rift began to form 45 million years ago. Researchers estimate that the necking phase began 4 million years ago. This was accompanied by intense volcanism and rapid subsidence of the rift, conditions that led to significant deposits of fine sediments, conditions favorable to excellent fossilization. The Lake Turkana region is therefore not only the cradle of humanity; it is also the product of exceptional geology that has allowed its history to be frozen in time.

Source: Science et Avenir, Futura Sciences and international scientific press.

Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques informations sur l’activité volcanique dans le monde, fournies par les observatoires et par le Global Volcanism Network de la Smithsonian Institution.

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Des coulées pyroclastiques ont été observées sur le Mayon (Philippines) le 2 mai 2026, suite à un effondrement au sommet du volcan. Ces coulées ont dévalé la ravine Mi-isi sur le versant sud-ouest, atteignant une distance estimée à 4 km.
Le PHIVOLCS a signalé une activité éruptive soutenue le 2 mai, avec des explosions stromboliennes, des fontaines de lave de courte durée et une effusion de lave continue. Les coulées de lave s’étiraient sur 3,8 km le long de la ravine Basud, 3,2 km le long de la ravine Bonga et 1,6 km le long de la Mi-isi.
Les retombées de cendres ont réduit la visibilité à presque zéro dans certaines parties de Camalig. Les autorités ont distribué environ 250 boîtes de masques aux localités touchées. D’épais dépôts de cendres ont recouvert les maisons et les routes. Les cendres se sont également accumulées sur les zones agricoles, recouvrant les cultures et les pâturages. On estime que les retombées de cendres ont affecté 26,654 familles, soit 91,225 personnes dans la province d’Albay.
Le PHIVOLCS maintient le niveau d’alerte 3 pour le Mayon. L’accès à la zone de danger permanent de 6 km reste interdit.

Source : Phivolcs, Manila Bulletin.

Vue du Mayon le 2 mai 2026 (Source : réseaux sociaux)

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L’Épisode 46 de l’éruption du Kilauea (Hawaï) a commencé le 5 mai 2026 à 8h17 (heure locale) et s’est terminé à 17h22, après 9 heures de fontaines de lave, principalement au niveau de la bouche nord.
Des téphras atteignant 15 centimètres de diamètre sont tombés hors du Parc national, jusqu’à la Highway 11 et dans les localités voisines. Des cendres fines et des cheveux de Pélé ont été observées jusqu’au village de Mountain View.
Le débit effusif maximal, légèrement supérieur à 240 mètres cubes par seconde, a été enregistré vers 9h50. Le débit effusif moyen de cet épisode est estimé à 140 mètres cubes par seconde.
On estime à 4,6 millions de mètres cubes le volume de lave émise. Cette lave a recouvert environ 60 % du plancher du cratère de l’Halemaʻumaʻu.

Une déflation d’environ 14 microradians a été enregistrée lors de l’Épisode 46.
Les fontaines ont atteint une hauteur maximale de 200 m et le panache éruptif s’est élevé jusqu’à 6 000 mètres au-dessus du niveau de la mer.

Source : HVO.

Fontaine de lave de l’Épisode 46 (Capture écran webcam)

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Le 3 mai 2026, l’IGP a diffusé un message d’alerte concernant les retombées de cendres autour du Sabancaya (Pérou). Les zones concernées incluaient Lluta, Huambo, Cabanaconde, Tapay. Ces retombées de cendres sont provoquées par une activité explosive du Sabancaya, avec des panaches s’élevant à 2000 mètres d’altitude. Il est conseillé à la population impactée d’utiliser des masques de protection. Les autorités et institutions compétentes procèdent à des évaluations continues de l’impact des cendres sur l’eau, le sol, l’air et la santé humaine.

Le volcan reste en niveau d’alerte Orange .

Source : IGP.

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Le 4 mai 2026, l’INGV a signalé que la zone cratèrique nord du Stromboli (Sicile) produisait d’intenses projections de lave alimentant une coulée de lave sur la Sciara del Fuoco. Le front de lave se situait dans la partie moyenne à supérieure de la Sciara.
L’activité de coulée de lave s’est intensifiée le 4 mai au soir et le 5 mai au petit matin, la lave a atteint le littoral.

 Image thermique de la coulée de lave le long de la Sciara del Fuoco le 5 mai 2026.

Par la suite, la coulée de lave ne concernait plus que la partie haute de la Sciara. Le 7 mai, des blocs se détachaient du front de coulée et roulaient jusqu’à la mer.

Image webcam montrant l’activité de coulée de lave dans la partie haute de la Sciara le 7 mai 2026.

Source : INGV.

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L’Observatoire volcanologique de Yellowstone indique qu’en 2026, cinq petites explosions hydrothermales se sont produites dans le Black Diamond Pool, dans la zone thermale du Biscuit Basin. Les trois premières ont eu lieu alors que la webcam (située sur un vestige de la passerelle endommagée par l’explosion du 23 juillet 2024) était recouverte de glace et n’a pas pu être enregistrée. Une explosion hydrothermale le 28 avril a été capturée par la webcam. Une explosion hydrothermale plus importante, le 29 avril 2026, a projeté de l’eau boueuse et de la vapeur en direction de la webcam. Le niveau d’alerte volcanique pour Yellowstone reste à Normal (le niveau le plus bas sur une échelle de quatre) et la couleur de l’alerte aérienne reste Verte.

Passerelle du Black Diamond endommagée par l’explosion du 23 juillet 2024 (Source: YVO)

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L’éruption du Nyamulagira (RDC) se poursuit, d’après une image satellite récente. Des sources d’incandescences étaient visibles au fond de la caldeira sommitale sur une image satellite avec beaucoup de nuages du 3 mai 2026. Les nuages ​​masquaient la majeure partie des flancs et la partie sud-ouest du cratère sommital.
Source : Copernicus.

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L’association “Amici delle Sabbie Nere” de l’île de Vulcano (Sicile) a adressé une lettre au maire de Lipari, au département de Protection civile,et aux autorités compétentes, attirant leur attention sur la situation de délabrement de la baie de Vulcano, et leur demandant de mettre en œuvre une série de mesures rapides et indispensables pour résoudre le problème de l’érosion côtière, qui a déjà causé des dommages à l’environnement et aux bâtiments. L’association parle d’« une situation dangereuse et grave », ayant notamment entraîné la fermeture de l’embarcadère de secours (jetée ouest). L’association rappelle qu’aucune mesure efficace n’a jamais été prise sur cette portion de littoral très fréquentée par les touristes. La situation actuelle accroît les risques, en particulier à l’approche de la saison estivale.

Source : La Sicilia.

Crédit photo : réseaux sociaux

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Dernière minute : Suite à la fin de l’éruption débutée le 13 février 2026 et aux reconnaissances opérées les 30 avril et 6 mai 2026, le préfet de La Réunion a décidé de revenir en phase de vigilance du dispositif ORSEC du Piton de la Fournaise à compter de ce jeudi 7 mai, 15h00.

L’accès à la partie haute de l’Enclos est autorisé uniquement sur les deux sentiers suivants :

– Le sentier Pas de Bellecombe – Formica Léo – Sentier Rivals – Cratère Caubet

– Le sentier Pas de Bellecombe – Formica Léo – sentier d’accès au site d’observation du cratère Dolomieu (accès par le nord du cratère)

Le sentier Kapor demeure interdit au public, une partie de celui-ci étant recouverte par la coulée de lave de 2026.

Dans la partie basse de l’Enclos, l’accès aux tunnels de lave de 2007 est autorisé. L’accès aux tunnels de 2004 est autorisé depuis le 06 mai 2026.

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Les travaux ont débuté le 27 avril 2026 sur la RN2, la Route des laves où 900 mètres de chaussée ont été coupés par les bras de coulées larges de 600 mètres. D’ici 4 semaines, une piste provisoire de la largeur d’un camion sera mise en service avec des convois par alternat. Dans 3 mois, la route pourrait être livrée sur deux voies. La route définitive sera livrée avant la fin de l’année, s’il n’y a pas eu une autre éruption volcanique entre temps.

Selon un article de presse paru le 8 mai 2026, une date de réouverture devrait être rapidement communiquée par la Région, qui assure être « largement en avance sur le calendrier ».

Ces travaux sont un soulagement pour tous ceux qui empruntent quotidiennement cet axe pour aller travailler de l’autre côté de l’Enclos. La seule alternative est de passer par la route des Plaines rallongeant considérablement le temps de parcours de 30 minutes jusqu’à 2h45.

Source : presse réunionnaise.

Crédit photo: OVPF

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Le niveau d’alerte pour tous les volcans mentionnés dans les bulletins hebdomadaires précédents reste inchangé.

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L’activité reste globalement stable sur les autres volcans mentionnés dans les bulletins précédents « Volcans du monde ».
Ces informations ne sont pas exhaustives. Vous pourrez en obtenir d’autres en lisant le rapport hebdomadaire de la Smithsonian Institution :
https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Here is some news about eruptive activity around the world, provided by observatories and the Smithsonian Institution’s Global Volcanism Network.

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Pyroclastic flows were observed at Mayon (Philippines) on May 2, 2026, following a collapse a the summit. The pyroclastic flows descended along the Mi-isi Gully on the southwestern slope, reaching an estimated runout distance of 4 km.

PHIVOLCS had reported sustained eruptive activity on May 2, characterized by episodic Strombolian explosions, short-lived lava fountaining, and continuous lava effusion. Lava flows extended 3.8 km along Basud Gully, 3.2 km along Bonga Gully, and 1.6 km along Mi-isi Gully.

Ashfall reduced visibility to near zero in parts of Camalig. Authorities distributed approximately 250 boxes of face masks to affected municipalities. Thick ash deposits blanketed homes and roads. Ash also accumulated across agricultural areas, covering crops and grazing land. Ashfall has affected 26,654 families, or about 91,225 people, across Albay.

PHIVOLCS maintains Alert Level 3 over the volcano. Entry into the 6 km Permanent Danger Zone remains prohibited.

Source : Phivolcs, Manila Bulletin.

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Episode 46 of the Kilauea eruption (Hawaii) started at 8:17 (local time) on 5 May 2026 and ended at 5:22 p.m., after 9 hours of continuous lava fountaining, primarily from the north vent.

Tephra as large as15 centimeters fell outside the National Park, as far as Highway 11 and in adjacent communities. Fine ash and Peleʻs hair were reported as far away as Mountain View.

The highest effusion rate of just over 240 cubic meters per second occurred around 9:50 a.m. The average effusion rate of this episode is estimated at 140 cubic meters per second.

An estimated 4.6 million cubic meters of lava erupted and covered about 60% of the Halemaʻumaʻu crater floor.

A deflation of about 14 microradians was recorded during Episode 46.

The fountains reached a maximum height of 200 m and the eruptive plume rose up to 6,000 meters above sea level.

Source : HVO.

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On May 3, 2026, the IGP issued an alert regarding ashfall around Sabancaya (Peru). The affected areas included Lluta, Huambo, Cabanaconde, and Tapay. This ashfall is caused by explosive activity at Sabancaya, with plumes rising to an altitude of 2,000 meters. Residents in the affected areas are advised to wear protective masks. Authorities and relevant institutions are conducting ongoing assessments of the ash’s impact on water, soil, air, and human health.

The volcano alert level is kept at Orange.
Source: IGP.

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On May 4, 2026, the INGV indicated that in Sicily Stromboli’s North Crater area was producing intense spattering feeding a lava overflow onto the Sciara del Fuoco. The lava front was in the middle-upper section of the slope.

Lava overflow activity increased on May 4 in the evening. As a consequence, lava reached the coastline in the early hours of May 5.

Subsequently, the lava flow was confined to the upper part of the Sciara.

On May 7, blocks broke away from the flow front and rolled down to the sea.
Source: INGV.

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The Yellowstone Volcano Observatory indicates that in 2026 there were a total of five small hydrothermal explosions at Black Diamond Pool, in the Biscuit Basin thermal area. The first three occurred when the webcam (located on a remnant of the boardwalk that was damaged by the 23 July 2024 explosion) was covered in ice and could not be recorded. A hydrothermal explosion at 1049 on 28 April was captured in webcam views. A larger hydrothermal explosion at on 29 April 2026 ejected muddy water and steam towards the webcam. The Volcano Alert Level for Yellowstone remains at Normal (the lowest level on a four-level scale) and the Aviation Color Code remains at Green.

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The eruption at Nyamulagira (DRC) continues, based on a recent satellite image. Incandescence on the floor of the summit caldera was visible in a mostly cloudy satellite image from 3 May 2026. Weather clouds obscured most of the flanks and the SW part of the summit crater.

Source: Copernicus

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The “Amici delle Sabbie Nere” association on the island of Vulcano (Sicily) has sent a letter to the mayor of Lipari, the Civil Protection Department, and other relevant authorities, drawing their attention to the deteriorating condition of Vulcano Bay and urging them to implement a series of swift and essential measures to address the coastal erosion problem, which has already caused damage to the environment and buildings. The association describes the situation as “dangerous and serious,” having notably led to the closure of the emergency landing stage (west jetty). The association points out that no effective measures have ever been taken on this stretch of coastline, which is heavily frequented by tourists. The current situation exacerbates the risks, particularly with the approach of the summer season.
Source: La Sicilia.

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The alert levels for all the volcanoes mentioned in the previous weekly updates remain unchanged.

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Activity remains globally stable on other volcanoes mentioned in the previous bulletins « Volcanoes of the world ».

This information is not exhaustive. You can find more by reading the Smithsonian Institution’s weekly report:

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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