Péninsules de Reykjanes (Islande): Déclin de la sismicité // Reykjanes Peninsula (Iceland): Seismicity has decreased

La Péninsule de Reykjanes n’apparaît plus dans l’actualité volcanique depuis quelque temps. Cela signifie qu’il ne se passe rien de spécial. La sismicité intense enregistrée au cours des dernières semaines a diminué et est maintenant revenue à un niveau normal pour cette partie de l’Islande. Simple pause ou arrêt définitif ? Personne ne peut répondre à cette question. L’activité sismique passée a été la plus intense jamais enregistrée dans la région depuis le début de l’instrumentation numérique en 1991
Personne ne connaît vraiment la cause de cette hausse de la sismicité. Comme on pouvait le lire à l’époque sur le site web de l’Icelandic Met Office (IMO), « davantage de recherches sont nécessaires pour comprendre dans sa globalité l’activité dans la Péninsule de Reykjanes ».
Depuis le début de l’année 2020, plus de 6000 séismes ont été enregistrés sur la péninsule. Les volcanologues islandais pensent que l’intrusion magmatique est l’explication la plus probable de l’activité sismique observée au nord de Grindavík. La raison qui pousse les scientifiques à cette conclusion est le soulèvement du sol juste à l’ouest du Mont Thorbjorn, avec une déformation de plusieurs centimètres par jour, notamment entre janvier et mars 2020. Le Conseil Scientifique Islandais a expliqué que ce soulèvement était probablement provoqué par une intrusion magmatique horizontale qui était également responsable de la sismicité.

En ce qui concerne les émissions de gaz, seule une augmentation de CO2 a été enregistrée dans des grottes de la région. Cela ne semble pas suffisant pour expliquer une intrusion magmatique qui s’accompagne en général de l’émission d’autres gaz.
La modélisation montre que des fissures peuvent s’ouvrir dans la couche supérieure de la croûte terrestre, à 1-2 km de profondeur, en raison des contraintes induites par le soulèvement proprement dit. Cependant,  cette interprétation des événements est incertaine ; il semble toutefois qu’un processus sous-jacent soit à l’origine de l’activité sismique et de déformation sur une zone aussi étendue en si peu de temps.
La difficulté à comprendre les causes de la sismicité et de l’inflation du sol vient du fait que la Péninsule et la Dorsale de Reykjanes se trouvent à la frontière de plaques tectoniques, situation compliquée par la présence de systèmes volcaniques dans cette même zone.

Deux principaux scénarios ont été définis par les scientifiques islandais:.
1) Si l’inflation est due à l’accumulation de magma, le phénomène peut cesser rapidement sans autre activité. C’est peut-être ce qui se passe ces jours-ci.

L’accumulation de magma peut aussi conduire à une intrusion magmatique, avec ou sans éruption.
2) Si l’inflation n’est pas causée par l’accumulation de magma, elle peut être liée à l’activité tectonique et conduire à des séismes plus importants (jusqu’à M6.0).
Quelles que soient les causes et leurs conséquences, les autorités islandaises ont décrété un état de vigilance. Des réunions scientifiques régulières sont organisées et la population est tenue informée.
Source: IMO.

—————————————–

The Reykjanes Peninsula is no longer mentioned in the volcanic news these days. This means nothing special is happening. The intense seismicity recorded during the past weeks has declined and has now gone back to background levels. Is it just a pause our the definitive end of the seismicity? Nobody is able to answer this question. It was the most intense activity ever recorded in the region since the beginning of digital monitoring in 1991

Nobody is quite sure of the cause of the increase in seismicity. As the Icelandic Met Office (IMO) put it one day, “more research is needed to decipher the on-going activity at the Reykjanes Peninsula as a whole.”

From the beginning of 2020, over 6000 earthquakes have been recorded on the Reykjanes Peninsula. Icelandic volcanologists think magmatic intrusion is the most likely explanation for the earthquake activity north of Grindavík. The reason that pushes scientists to think so is the uplift that was observed just west of Mt. Thorbjorn, with ground deformation of several centimetres per day, especially between January and March  2020.The Scientific Advisory Board explained that the uplift was probably triggered by a horizontal magma intrusion which was also responsible for the seismicity.

As far as gas emissions are concerned, an increase in CO2 was recorded in several caves of the region, but this is not sufficient to account for a magma intrusion which is usually accompanied by the emission of other gasas.  .

Modelling shows that fissures can open in the uppermost layer of the crust, at 1-2 km, because of the tensional stress induced by the uplift itself. However, the interpretation of the events is uncertain, but there are indications that a common underlying process is the cause of the activation of such a widespread area in such a short timeframe.

The difficulty to understand the causes both of the seismicity and the ground inflation comes from the fact that the Reykjanes peninsula and the Reykjanes ridge are composed of plate boundaries, with volcanic systems lying right across the boundaries.  .

Two major possible scenarios have been defined by Icelandixc scientists: .

1) If the inflation is due to magma accumulation, the phenomenon may cease soon without further activity. This is perhaps what is happening these days.

Magma accumulation may lead to a magma intrusion, with or without an ereuption.

2) If the inflation is not caused by magma accumulation, it may be linked to tectonic activity and lead to larger earthquakes (up to M6.0).

Whatever the causes and their consequences, Icelandic authorities have declared a state of uncertainty. Regulatr scientific meetings are being held and the population is kept informed.

Source: IMO.

Source : IMO

Nouvelle carte sismique des Etats Unis // New seismic map of the United States

Des scientifiques de l’Université de Stanford ont compilé la carte la plus détaillée à ce jour des contraintes sismiques en Amérique du Nord. La carte et l’étude qui l’accompagne fournissent des informations précises sur les régions les plus exposées aux séismes ainsi que les types de séismes susceptibles de se produire.
La nouvelle carte est apparue dans une étude publiée le 22 avril 2020 dans la revue Nature Communications. Grâce à l’incorporation de près de 2 000 «orientations de contraintes» (mesures indiquant la direction dans laquelle la pression s’exerce sous terre) ainsi que 300 mesures non incluses dans les études précédentes, la carte fournit une image de bien meilleure résolution de l’activité sismique régionale.
Pour élaborer la carte, les chercheurs ont compilé des mesures nouvelles et anciennes obtenues à partir de forages, puis ils ont utilisé des informations relatives aux séismes passés pour en déduire quels types de failles étaient susceptibles de se trouver en différents endroits.
Connaître l’orientation d’une faille et le niveau de contrainte à proximité permet de savoir dans quelle mesure elle est susceptible de s’activer et si les gens doivent s’inquiéter, que ce soit dans le cadre de scénarios de séismes naturels ou de ceux déclenchés par l’industrie. L’expression « séismes déclenchés par l’industrie» fait référence à l’activité sismique causée par l’homme, en particulier dans certaines parties de l’Oklahoma et du Texas où la fracturation hydraulique est monnaie courante. Il est utile de rappeler que cette méthode d’extraction du pétrole et du gaz consiste à injecter de l’eau en profondeur dans des couches de roches pour forcer l’ouverture de crevasses et extraire le pétrole ou le gaz qui se trouve à l’intérieur. Le risque, c’est que cette technique déstabilise le sol. En 2018, l’USGS a constaté que le niveau de risque sismique dans l’Oklahoma était à peu près le même qu’en Californie.
Tout en confirmant les connaissances existantes, certaines caractéristiques de la nouvelle carte donnent des indications supplémentaires sur les types de séismes les plus susceptibles de se produire à travers le continent. Ces informations peuvent jouer un rôle majeur dans la façon dont les régions se préparent aux catastrophes. Dans l’ouest des États-Unis, par exemple, les chercheurs ont observé que la direction des contraintes sous la surface de la Terre avait changé jusqu’à 90 degrés sur des distances de seulement 10 kilomètres. Cela signifie que les fluides injectés dans le sol dans le processus de fracturation hydraulique peuvent être chahutés, même à une courte distance de l’endroit où ils sont injectés.

Sur la carte ci-dessous, des lignes noires indiquent la direction de la pression dans les zones de contrainte maximale. Les zones bleues représentent des failles d’extension où la croûte s’étire horizontalement. Les zones vertes représentent des failles transformantes, comme la faille de San Andreas. Les zones rouges représentent les failles de chevauchement, où la Terre se déplace sur elle-même.
Source: Business Insider.

————————————————

Scientists at Stanford University have compiled the most detailed map to date of seismic stress across North America. The map and accompanying study offer precise information about the regions most at risk of earthquakes, and which types of quakes are likely to occur.

The new map was described in a study published on April 22nd, 2020 in the journal Nature Communications. By incorporating nearly 2,000 « stress orientations » (measurements indicating the direction that pressure gets exerted underground in high-stress areas) as well as 300 measurements not included in previous studies, the map provides a higher-resolution picture of regional seismic activity than ever before.

To make the map, the researchers compiled new and previously published measurements from boreholes, then used information about past earthquakes to infer which types of faults were likely to be found in different locations.

Knowing the orientation of a fault and the state of stress nearby allows to know how likely it is to fail and whether people should be concerned about it in both naturally triggered and industry-triggered earthquake scenarios. The term « industry-triggered » earthquakes refers to seismic activity caused by humans, which is most common in parts of Oklahoma and Texas where hydraulic fracturing, or « fracking, » commonly occurs. This method of oil and gas extraction involves injecting water deep into the Earth’s layers of rocks to force open crevices and extract the oil or gas buried inside. But it destabilizes the ground. In 2018, USGS found that Oklahoma’s earthquake threat level was roughly the same as California’s.

While some of the researchers’ findings in the new map reaffirm existing knowledge, they also reveal new discoveries about the types of earthquakes that are most likely to occur across the continent. That information could have profound implications for how regions prepare for disasters. In the Western US, for example, the researchers observed that the direction of pressure under the Earth’s surface changed by up to 90 degrees over distances as short as 10 kilometres. That means the fluids injected into the ground in the fracking process could get pushed around in completely different ways even just a short distance from where they get injected.

In the map below, black lines indicate the direction of pressure in maximum stress areas. Blue areas represent extensional, or normal faulting, where the crust extends horizontally. Green areas represent strike-slip faulting, where the Earth slides past itself, like the San Andreas fault. Red areas represent reverse, or thrust faulting, where the Earth moves over itself.

Source: Business Insider.

Source : Stanford University

Si une éruption se produisait sur la Péninsule de Reykjanes (Islande)… // Should an eruption start on the Reykjanes Peninsula (Iceland)…

Comme je l’ai écrit précédemment, je me pose un certain nombre de questions devant la situation sur la Péninsule de Reykjanes. La sismicité est intense avec des essaims à répétition depuis le 21 janvier 2020. Cette sismicité s’accompagne d’une inflation qui atteint une dizaine de centimètres. Habituellement, ces paramètres sont le signe d’une intrusion magmatique et indiquent qu’une éruption va se produire à brève échéance. Or, pour le moment, la lave n’est pas apparue à la surface.
Si une éruption devait se produire, ce serait sans aucun doute le début de sérieuses perturbations pour la partie sud-ouest de l’Islande où se trouve la Péninsule de Reykjanes. En se penchant sur le passé volcanique de la région, les scientifiques islandais ont découvert que la dernière période d’activité volcanique sur la Péninsule a commencé au 10ème siècle et s’est poursuivie jusqu’au 13ème. Contrairement à la plupart des volcans islandais qui ont tendance à se réveiller pendant quelques mois ou quelques années puis à se rendormir, lorsque cette région entre en éruption, elle semble rester active pendant 300 ans, avec des épisodes éruptifs irréguliers qui peuvent durer plusieurs décennies. De longues fissures peuvent s’ouvrir et atteindre 8 km de longueur et donner naissance à des fontaines de lave, mais généralement sans grandes quantités de cendre et sans activité explosive.
Si une telle activité devait se mettre en route sur la Péninsule de Reykjanes, elle pourrait perturber les activités économiques pendant plusieurs siècles. Il ne faut pas oublier que le site où la sismicité et l’inflation sont enregistrées actuellement se trouve à proximité de la ville de Grindavík et du Blue Lagoon qui est un important pôle touristique en Islande. De plus, ce site n’est qu’à 15 kilomètres de l’aéroport international de Keflavik. Si une telle série d’éruptions se produisait aujourd’hui, on estime que les pistes de l’aéroport seraient recouvertes de 2 centimètres de cendre, ce qui interromprait temporairement tous les vols.
Les archives géologiques montrent que la région recèle cinq systèmes volcaniques, qui semblent s’activer de manière coordonnée environ tous les 1000 ans, même si la notion de cycle n’a jamais été clairement prouvée en volcanologie.
Les documents historiques révèlent que les émissions de lave les plus récentes se sont produites entre 1210 et 1240 et ont couvert environ 50 kilomètres carrés. Au moins six éruptions distinctes se sont produites, chacune durant des semaines ou des mois. Elles ont été entrecoupées de périodes calmes avec parfois 12 ans sans activité. Les particules de cendre ont été transportées par le vent sur des dizaines de kilomètres. Des sources écrites signalent des problèmes pour le bétail dans la région.
Selon l’Icelandic Met Office, le pire des scénarios serait que des coulées de lave se dirigent vers la ville de Grindavík. Il existe également d’autres infrastructures importantes dans la région, notamment une centrale géothermique. L’approvisionnement en eau chaude et froide pourrait être menacé, ainsi que les routes, en particulier la route entre Reykjavík et l’aéroport de Keflavík.
Les autorités ont averti la population locale que le risque d’éruption ne devait pas être exclu dans la Péninsule de Reykjanes. En conséquence, les Islandais doivent être vigilants. Dans la mesure où les éruptions devraient être de faible ampleur et espacées dans le temps, elles seront plus faciles à gérer que les volumineuses émissions de lave comme l’éruption du Laki de 1783.

Source: Adapté d’un article de The Guardian.

———————————————

As I put it before, I am a little puzzled by the situation on the Reykjanes Peninsula. Seismicity has been intense with repetitive earthquake swarms since January 21st, 2020. This seismicity has been accompanied by an inflation that is now reaching about 10 centimetres. Usually, such parameters are an indication of a magma intrusion and that an eruption will occur in the short term. However, for the moment, no lava has emerged to the surface.

Should an eruption occur, it might be the start of major disturbances for the southwest part of Iceland where the Reykjanes Peninsula is located. Looking back into the past, local scientists have discovered that the last period of volcanic activity on the Peninsula began in the 10th century and continued until the 13th. Unlike typical Icelandic volcanoes, which tend to wake for a few years and then calm down, when this region starts erupting, it appears to be active over 300 years, producing irregular eruptive episodes that can last a few decades. Long fissures extend up to 8km, producing lava fountains, usually without large amounts of ash or explosive activity.

If a similar period activity started on the Reykjanes Peninsula, it could cause disruption for centuries to come. One should bear in mind that the places where the current seismicity and inflation are recorded is situated close to the town of Grindavík and the popular Blue Lagoon tourist attraction. Moreover, it is only15 kilometres from Iceland’s international airport in Keflavik. If such a series of eruptions occurred today, it is estimated that runways at Keflavík airport could be coated in 2 centimetres of ash, temporarily halting all flights.

Geological evidence shows the area is fed by five volcanic systems, which seem to come to life in a coordinated way roughly every 1,000 years, even though the notion of cycle has never been clearly proved in volcanology..

Historic records tell us that the most recent emissions of lava occurred between 1210 and 1240 and covered about 50 square kilometres of land. At least six separate eruptions occurred, each lasting weeks to months, interspersed with gaps of up to 12 years with no activity. Volcanic rock and ash particles were carried tens of kilometres by the wind and written sources report problems for livestock in the area.

According to the Icelandic Met Office, the worst-case scenario would be if lava flowed towards the town of Grindavík. There is also other important infrastructure in the vicinity including a geothermal power plant. Hot and cold water supply might be at risk, along with roads, including the road between Reykjavík and Keflavík airport.

Local authorities have warned the local population that the risk of an eruption should not be excluded on the Reykjanes Peninsula. As a consequence, Icelanders will be keeping a close eye on the peninsula. Because the eruptions are likely to be relatively small and occasional they will be easier to cope with than massive and sudden emissions of lava like the 1783 Laki eruption.

Source : Adapted from an article in The Guardian.

Centrale géothermique de Svartsengi et Lagon Bleu (Photos: C. Grandpey)

L’intrusion magmatique sous la Péninsule de Reykjanes (Islande) // The magma intrusion beneath the Reykjanes Peninsula (Iceland)

Les personnes qui s’intéressent un tant soit peu à la géologie savent que l’Islande se trouve dans une zone d’accrétion, autrement dit sur un point de l’écorce terrestre où les plaques tectoniques Eurasiatique et Américaine s’écartent l’une de l’autre à raison de quelques centimètres chaque année. Cette situation géologique particulière induit une sismicité relativement élevée, mais les derniers événements observés sur la Péninsule de Reykjanes, dans le sud-ouest du pays, interpellent les scientifiques. Ils se demandent quelle peut être la cause de l’activité sismique intense et ils se posent une foule de question. Est-elle d’origine purement tectonique ? Pourquoi observe-t-on un soulèvement du sol ? S’agit-il d’une intrusion, magmatique ? Pourquoi n’y a-t-il pas d’éruption ? Comme il n’y a ni morts, ni dégâts matériels majeurs, les médias ne s’intéressent pas à l’Islande en ce moment. L’épidémie de COVID-19 a accaparé tous les regards. Pourtant, la situation sur la Péninsule de Reykjanes est fort intéressante.

Comme je l’ai écrit à plusieurs reprises ces dernières semaines, la sismicité est toujours intense dans la Péninsule de Reykjanes. Plus de 6 000 événements ont été enregistrés depuis le début de l’année 2020. J’ai indiqué que, selon l’Icelandic Met Office (IMO), il s’agit de l’activité la plus intense jamais enregistrée dans la région depuis le début de la surveillance numérique en 1991. Cette sismicité affecte tous les systèmes volcaniques de la Péninsule et de la Dorsale de Reykjanes.
Outre l’activité sismique intense, les mesures GPS confirment qu’une intrusion magmatique a eu lieu dans la partie ouest de la Péninsule de Reykjanes sous Rauðhólar et Sýrfell, entre la mi-février et la première semaine de mars. Une modélisation situe l’intrusion à une profondeur de 8 à 13 km, probablement dans la partie inférieure de la croûte terrestre, à une plus grande profondeur que les deux intrusions magmatiques observées au niveau du Mt Thorbjörn.
Lors du premier épisode d’inflation en janvier-février, la déformation atteignait environ 3 à 4 mm par jour avec un soulèvement total de 6 cm pendant toute la période.
Dans l’épisode d’inflation actuel, la déformation semble beaucoup plus lente. Elle a atteint environ 7 à 8 cm depuis la fin janvier.
Le Conseil consultatif scientifique – Scientific Advisory Board (SAB) – islandais estime que l’explication la plus probable de l’inflation est une intrusion magmatique au cours de laquelle le magma force le passage horizontalement. Cette intrusion provoque une forte sismicité dans la zone au nord de Grindavík. Une modélisation montre que des fractures peuvent s’ouvrir dans la couche supérieure de la croûte, à 1 ou 2 km de profondeur, en raison des contraintes générées par l’intrusion proprement dite. Cette situation est susceptible de générer de nouveaux épisodes de sismicité dans la région.
Le 28 mars 2020, un essaim sismique a été enregistré à Eldey, ce qui prouve que l’activité affecte tous les systèmes volcaniques de la Péninsule et de la Dorsale de Reykjanes qui se trouvent en limite dee plaques tectoniques mentionnées précédemment. Il convient de noter que les systèmes volcaniques d’Eldey, Reykjanes, Svartsengi et Krýsuvík se trouvent à cheval sur ces limites de plaques. Le SAB estime qu’il est essentiel de surveiller l’activité en cours dans la Péninsule de Reykjanes dans son ensemble et non par secteur, et de comparer cette activité avec des événements plus anciens dans la région. On pourra ainsi essayer de comprendre la cause des phénomènes actuels et tenter de prévoir l’évolution possible de la situation.
Sources: OMI, SAB, The Watchers.

———————————————

Those who are interested in geology know that Iceland is in an accretion zone, a spot of the Earth’s crust where the Eurasian and American tectonic plates move away from one another at the rate of a few centimeters each year. This particular geological situation induces a relatively high seismicity, but the latest events observed on the Reykjanes Peninsula, in the southwest of the country, call out to scientists. They wonder what may be the cause of the intense seismic activity and they ask themselves a lot of questions. Is it of purely tectonic origin? Why do we observe an uplift from the ground? Is this a magma intrusion? Why is there no eruption? As there are no deaths or major material damage, the media is not interested in Iceland at this time. The COVID-19 epidemic has taken everyone’s attention. However, the situation on the Reykjanes Peninsula is very interesting.

As I put it several times before, seismicity is still intense at the Reykjanes Peninsula. More than 6 000 events have been recorded since the beginning of 2020. I have explained that, according to the Icelandic Met Office (IMO), it is the most intense activity ever recorded in the region since the beginning of digital monitoring in 1991. It is affecting all volcanic systems in the Reykjanes Peninsula and Reykjanes Ridge

Beside the intense seismic activity, GPS measurements give evidence of a new magma intrusion west of the Reykjanes Peninsula under Rauðhólar and Sýrfell, from mid-February until the first week of March.  A model places the intrusion at a depth of about 8 – 13 km, which is probably at the bottom of the Earth’s crust, at considerably more depth than the two magma intrusions at Thorbjörn.

During the first inflation episode in January-February, the deformation rate was about 3 – 4 mm per day with a total of 6 cm uplift during the whole period.

In the inflation episode that is ongoing now, the deformation rate looks much slower. In total, it has been about 7 – 8 cm since the end of January.

The Icelandic Scientific Advisory Board (SAB) believes that the most likely explanation of the inflation is a magma intrusion, with magma forcing its way horizontally. The magma intrusion causes a considerable amount of earthquakes in the area north of Grindavík. A model of the ongoing magma intrusion shows that fissures can open in the uppermost layer of the crust, at 1 – 2 km, because of the stress induced by the uplift itself. This might lead to more earthquakes in the area.

On March 28th, 2020, an earthquake swarm occurred in Eldey, indicating that the activity is affecting all volcanic systems in the peninsula and the ridge.The Reykjanes Peninsula and the Reykjanes Ridge are composed of plate boundaries. It should be noted that the Eldey, Reykjanes, Svartsengi and Krýsuvík volcanic systems lie right across the boundaries. The SAB believes that it is extremely important to monitor and investigate the ongoing activity in the Reykjanes Peninsula as a whole, and compare this activity with older events in the area to try to decipher the reasons and identify possible developments.

Sources: IMO, SAB, The Watchers.

L’activité sismique en 2020 sur le Péninsule de Reykjanes (Source: The Watchers)

On observe également plusieurs sites hydrothermaux sur la péninsule (Photo: C. Grandpey)

Séismes et Yellowstone // Earthquakes and Yellowstone

La sismicité a été particulièrement intense dans l’ouest des États-Unis en mars 2020, avec une secousse de M5,7 près de Salt Lake City, Utah, le 18 mars, et un événement de M6,5 dans l’Idaho le 31 mars. Comme c’est souvent le casa lorsque de tels séismes se produisent dans la région, beaucoup de gens se sont demandé s’ils pouvaient être liés au volcan de Yellowstone qui n’est pas si loin.
L’Observatoire Volcanologique de Yellowstone (YVO) a rassuré la population et indiqué dans sa mise à jour mensuelle du 1er avril 2020 qu’il n’y avait aucun lien apparent entre cette sismicité et Yellowstone. En fait, ces dernières secousses n’avaient qu’une origine tectonique et étaient dues à l’extension tectonique de la région.
Cependant, il convient de noter que dans le passé, plusieurs séismes enregistrés dans la région ont influencé le comportement des geysers à Yellowstone. Ce fur le cas du séisme de M 6,9 à Borah Peak, Idaho, en 1983 et celui du lac Hebgen, Montana (M 7,3) en 1959. Le YVO explique qu’ils ont agi sur les conduits superficiels des geysers..
Pour le moment, les scientifiques ne savent pas si le séisme de M6.5 dans le centre de l’Idaho aura un impact semblable. L’observation de l’activité des geysers au cours des prochains jours et des prochaines semaines permettra de répondre à cette question.
Le Steamboat Geyser a connu trois éruptions en mars, ce qui porte à neuf le nombre de ses manifestations pour l’année en cours.
En mars 2020, 111 séismes ont été enregistrés dans la région du Parc National de Yellowstone. Le plus significatif avait une magnitude de M 3,1 près de West Yellowstone.
Plusieurs essaims sismiques sont régulièrement enregistrés dans la région de Yellowstone. Ils sont essentiellement provoqués par l’activité hydrothermale intense dans le sous-sol.
Le YVO indique que l’activité sismique de Yellowstone reste à un niveau normal. De plus, la déformation globale reste inchangée. L’affaissement de la caldeira se poursuit à un rythme moyen de 2 à 3 cm par an. C’est le signe qu’il n’y a pas d’intrusion de magma sous le volcan et qu’il n’y aura donc pas d’activité éruptive dans les prochains mois. Rese à savoir si l’épidémie de COVID-19 permettra de visiter le Parc cet été.
Source: YVO, The Watchers.

——————————————

Seismicity was unusually high in Western United States in March 2020, with an M5.7 earthquake near Salt Lake City, Utah, on March 18th, and an M6.5 event in Idaho on March 31st. As is often the casa when such earthquakes occur in the region, many people wondered whether they might be linked to the Yellowstone Volcano which is not that far away.

The Yellowstone Volcano Observatory (YVO) reassured there people, sayingin its monthly update of April 1st, 2020 that there was no apparent link between this seismicity and Yellowstone. Actually, these earthquakes had a merely tectonic origin and were caused by tectonic extension of the region.

However, it should be noted that in the past several strong similar earthquakes in the region impacted geyser behaviour at Yellowstone: the M 6.9 quake of Borah Peak, Idaho, in 1983 and the 1959 M 7.3 tremor of Hebgen Lake, Montana .YVO said it was due to the response of the shallow and fragile geyser conduits to shaking.

It is not yet clear if the M6.5 in central Idaho will have a similar impact. Observations of geyser activity over the coming days to weeks will answer that question.

Steamboat geyser experienced three eruptions in March, bringing the total number of eruptions for the current year to nine.

During March 2020, 111 earthquakes were recorded in the Yellowstone National Park region. The largest event had a magnitude of M 3.1 near West Yellowstone.

Several seismic swarms are regularly recorded in the Yellowstone area. They are mostly caused by the intense hydrothermal activity in the underground.

YVO indicates that Yellowstone earthquake activity remains at background levels. Moreover, the overall deformation remains unchanged. Subsidence of the caldera continues at an average rate of 2 – 3 cm per year. This is the sign that there is no magma intrusion beneath the volcano and there will be no eruptive activity in the coming months. The question ids to know whether the COVID-19 epidemec will allow to visit the Parc this summer.

Source: YVO, The Watchers.

Steamboat Geyser

Castle Geyser

Lone Star Geyser

Old Faithful

[Photos: C. Grandpey]

 

Mayotte : Séisme tectonique ou volcano-tectonique ? // Tectonic or volcano-tectonic earthquake?

La sismicité quasi permanente qui avait déclenché des vagues d’angoisse parmi les habitants de Mayotte en 2018 a beaucoup diminué depuis que le volcan sous-marin à l’est de l’île déverse sa lave sur le plancher océanique On enregistre encore en moyenne un millier de secousses chaque mois, mais leur magnitude n’a rien à voir avec celle des événements ressentis en 2018 et peu de personnes les remarquent.

Cette relative quiétude vient d’être perturbée par un séisme d’une magnitude de l’ordre de M 5.8 le 21 mars 2020 à 09h42 (heure locale). A titre de comparaison, c’est une intensité semblable au plus fort événement ressenti en mai 2018.

S’agissant de la localisation de ce dernier séisme, elle est différente des précédents dont les épicentres se situaient en général à l’est de l’île, dans le secteur de l’éruption sous-marine. Cette fois, le séisme a été localisé entre les îles de Mayotte et Anjouan, donc au nord-nord-ouest de Mayotte, à 47 km de Mamoudzou. L’hypocentre a été estimé à une profondeur de 30 km.

Il faudra maintenant essayer de déterminer s’il s’agit d’un événement d’origine purement tectonique ou si l’on a affaire à un événement volcano-tectonique qui signalerait l’éveil d’une nouvelle zone volcanique sous-marine. Il faut attendre les résultats des analyses des signaux sismiques pour se faire une idée.

Source : Le Journal de Mayotte.

———————————————

The almost permanent seismicity which had triggered waves of anxiety among the inhabitants of Mayotte in 2018 has greatly decreased since the underwater volcano to the east of the island has been pouring its lava onto the ocean floor There is still an average of a thousand tremors each month, but their magnitude has nothing to do with that of the events felt in 2018 and few people notice them.
This relative quiescence has just been disturbed by an earthquake with a magnitude of the order of M 5.8 on March 21st, 2020 at 9:42 am (local time). For comparison, this intensity is similar to the strongest event felt in May 2018.
As for the location of this latest earthquake, it is different from the previous ones whose epicentres were generally located to the east of the island, in the area of ​​the underwater eruption. This time, the earthquake was located between the islands of Mayotte and Anjouan, north-northwest of Mayotte, 47 km from Mamoudzou. The hypocentre has been estimated at a depth of 30 km.
Scientists must now try to determine whether it was an event with a purely tectonic origin or whether we are dealing with a volcano-tectonic event which would signal the awakening of a new underwater volcanic area. One has to wait for the results of the analyses of the seismic signals to get an idea.
Source: Le Journal de Mayotte.

Localisation du dernier séisme (Source : REVOSIMA)

Péninsule de Reykjanes : Pétera ou pétera pas ? // Reykjanes Peninsula : Eruption or no eruption ?

Selon un rapport publié par l’Icelandic Met Office (IMO) le 19 mars 2020, les dernières analyses montrent que l’inflation a recommencé dans le secteur du Mont Thorbjorn sur la péninsule de Reykjanes. Le soulèvement du sol est plus lent qu’en janvier, mais semble se situer au même endroit. Les dernières données montrent que depuis début mars le soulèvement est d’environ 20 mm. La cause la plus probable est une nouvelle accumulation de magma sous la surface.

Dans le même temps, l’essaim sismique continue près de Grindavik, juste au sud du Mont. Thorbjorn. Le 19 mars, l’OMI a enregistré plus de 400 événements dans la région, avec des magnitudes maximales de M 3,3 et M 3,2, à environ 3 km au NO de Grindavik.
Les scientifiques précisent que, bien qu’il y ait des signes montrant que l’inflation a recommencé, cela ne signifie pas que l’on assistera à une accélération des événements dans le secteur du Mt Thorbjorn, ni qu’une éruption va se produire à court terme. Un scientifique de l’IMO a déclaré: « On sait que l’accumulation de magma peut avoir lieu pendant une longue période, des mois, voire des années, sans entraîner une éruption. »
La situation dans la péninsule de Reykjanes confirme que notre capacité à interpréter les signaux géophysiques et à prévoir les éruptions est encore bien faible.
Source: IMO.

——————————————-

According to a report released by the Icelandic Met Office (IMO) on March 19th, 2020, the latest results of deformation around Mt. Thorbjorn volcano on the Reykjanes peninsula indicate that inflation in the area has started again. The uplift is slower than in January but seems to be in the same location.  The most recent data show that since the beginning of March the uplift is about 20 mm. The most likely explanation for the signal is that inflow of magma started again.

Meanwhile, the earthquake swarm near Grindavik, just south of Mt. Thorbjorn, is continuing. On March 19th, IMO detected over 400 earthquakes in the area, with the strongest reaching M 3.3 and M 3.2, some 3 km NW of Grindavik.

Local scientists indicate that although there are signs that the uplift has started again, it does not mean that the events at Thorbjorn are accelerating, nor that an eruption will begin any time soon. Said an IMO scientist: « It is known that magma accumulation can take place for a long time, months, even years, without resulting in a volcanic eruption. »

The situation on the Reykjanes Peninsula confirms that our ability to interpret geophysical signals and predict an eruption is still quite low.

Source: IMO.

L’image montre la vitesse de déformation moyenne au niveau des stations GPS autour du Mt Thorbjörn et Reykjanesstá depuis le 3 mars 2020. «THOB» au centre de l’image montre l’emplacement de la station au sommet du Mont. Thorbjörn. Les flèches rouges indiquent la vitesse de déplacement vertical et les bleues la vitesse horizontale. La flèche bleue en bas de l’image indique, à titre de référence, une vitesse correspondant à 100 mm / an (soit environ 1 mm par jour). La figure montre que toutes les stations autour du Mt Thorbjörn s’éloignent à partir d’un point commun. On peut voir que le magma se dirige vers le haut et s’accumule dans la croûte supérieure, à environ 4 km de profondeur. (Source : IMO)