Bárðarbunga (Islande / Iceland)

Un essaim sismique a été enregistré dans la partie septentrionale du Bárðarbunga. Il a commencé avec un événement de M 4,1 à 13h14 le 14 juin 2018. D’autres secousses ont suivi et un événement de M 4,9 a par la suite été enregistré à 15h05. C’est le séisme le plus puissant enregistré sur le Bárðarbunga depuis la fin de l’éruption au début de l’année 2015. C’est aussi la même magnitude qu’un autre séisme enregistré le 30 janvier de cette année.  A noter que ces différents séismes ont des hypocentres relativement superficiels et ne semble pas indiquer une ascension du magma.

L’Iceland Met Office précise qu’il n’y a pas de signes qu’une éruption va se produire, mais la situation est contrôlée attentivement.

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An earthquake swarm has been registered in the northern part of Bárðarbunga. It began with an M 4.1 event at 13.14 on June 14th, 2018. Several quakes followed and then a larger one occurred at 15.05 with a magnitude of M 4.9. This is the largest earthquake measured in Bárðarbunga since the eruption stopped at Bárðarbunga in early 2015 and is the same magnitude as an earthquake that occurred on January 30th this year.

The Iceland Met Office however says that there are no signs of an eruption but is monitoring the area closely.

Source: Iceland Met Office

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Sierra Negra (Iles Galapagos) [suite / continued]

Voici quelques informations supplémentaires fournies par l’Instituto Geofisico sur son site web le 8 juin 2018 sur la situation du volcan Sierra Negra dans les Iles Galapagos. Vous trouverez des graphiques illustrant les informations à cette adresse:

http://www.igepn.edu.ec/islas-galapagos-informes/gal-sierra-negra/gal-sn-especiales/gal-sn-e-2018/20867-informe-especial-sierra-negra-n-4/file

Comme je l’ai écrit dans une note précédente sur la Sierra Negra, le nombre et la magnitude des séismes augmentent régulièrement depuis la moitié de l’année 2016. Cette augmentation de la sismicité s’accompagne d’une déformation très significative de l’édifice volcanique qui laisse supposer qu’une nouvelle éruption est possible dans quelques semaines ou quelques mois.
La sismicité est principalement volcano-tectonique, liée à la fracturation interne des roches. Cependant, un nombre important d’événements reflète des mouvements de fluides à l’intérieur du volcan. Depuis janvier 2018, il y a eu 11 séismes de magnitude supérieure ou égale à M 4.0. Les événements se situent principalement sur les bords de la caldeira, à l’exception de la lèvre NE, source des éruptions de 1979 et 2005.
Une importante déformation a été détectée par la station GV04 au centre de la caldeira tandis que la station GV01, située sur le bord extérieur de la caldeira, montre moins de déformation. Les données globales indiquent que la déformation continue sous la caldeira à faible profondeur.
Source: Instituto Geofisico, The Watchers. .

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Here is some more information provided by the Instituto Geofisico on its website on June 8th, 2018 about the situation at Sierra Negra Volcano in the Galapagos Islands. You will find graphs illustrating the information at this address:

http://www.igepn.edu.ec/islas-galapagos-informes/gal-sierra-negra/gal-sn-especiales/gal-sn-e-2018/20867-informe-especial-sierra-negra-n-4/file

As I put it in a previous post about Sierra Negra, the number and magnitudes of earthquakes have been steadily increasing since mid-2016. This is happening together with very significant deformation suggesting a new eruption is possible in a matter of weeks or months.

Seismicity is mainly volcano-tectonic, related to internal rock fracturing. However, a significant number of events reflect fluid oscillations and movements inside the volcano. Since January 2018, there have been 11 earthquakes with magnitudes greater than or equal to M 4.0. The events are located mainly on the edges of the caldera, except its NE edge, the source of eruptions in 1979 and 2005.

Very large deformation has been detected at the GV04 station in the centre of the caldera while Station GV01, located on the outer edge of the caldera shows less deformation. The data suggest that deformation continues under the caldera at a shallow depth.

Source : Instituto Geofisico, The Watchers.

Evolution de la sismicité sur le Sierra Negra au cours des derniers mois

(Source: Instituto Geofisico)

Vers un réveil du Galeras (Colombie) ? // Eruptive activity soon on Galeras Volcano (Colombia) ?

Dans des bulletins spéciaux publiés le 12 juin 2018, le Servicio Geologico Colombiano (SGC) indique qu’une augmentation significative de l’activité sismique est observée sur le Galeras. Des hausses semblables ont été enregistrées le 29 mai et le 2 juin 2018. La dernière éruption du Galeras s’est produite en 2014.
Un essaim comprenant 310 événements a été signalé entre le 11 juin (avec un événement M 4,5) et le 12 juin. Certains ont été ressentis par les habitants à proximité du volcan. Les autres paramètres géophysiques et géochimiques restent inchangés
Le niveau d’alerte est maintenu à 3 (Jaune, changements dans l’activité volcanique) depuis 2011.
Après 10 années de calme, le Galeras a connu un regain d’activité en 1988. Une éruption soudaine a tué 6 volcanologues et 3 touristes qui se trouvaient dans le cratère quand il a explosé le 4 janvier 1993. Stanley Williams était l’un des scientifiques. Il a décrit cet événement tragique dans un livre poignant intitulé Surviving Galeras («Les cris du volcan» dans la version française).
Le groupe faisait partie d’une excursion dans le cadre d’une conférence scientifique. Ses membres avaient décidé d’entrer dans le cratère malgré l’observation d’un nombre important de tornillos qui avaient été enregistrés lors des éruptions précédentes et avaient également été enregistrés dans les jours précédant l’explosion.
Source: Servicio Geologico Colombiano.

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In special bulletins released on June 12th, 2018, the Servicio Geologico Colombiano (SGC) indicates that a significant increase in seismic activity is observed at Galeras volcano. Previous increases were recorded on May 29th and June 2nd, 2018. The last eruption of Galeras occurred in 2014.

A swarm including 310 earthquakes has been reported between June 11th (with an M 4.5 event) and June 12th. Some of the quakes were felt by nearby residents. Other geophysical and geochemical parameters remain unchanged

The alert level has been kept at 3(Yellow; changes in the behaviour of volcanic activity) since 2011.

After 10 years of quiescence, Galeras became active again in 1988. A sudden eruption killed 6 volcanologists and 3 tourists who were inside the crater when it exploded on January 4th, 1993. One of the scientists was Stanley Williams who described this tragic event in a gripping book entitled Surviving Galeras (“Les cris du volcan” in the French version).

The group was part of a scientific conference excursion. Its members had decided to enter the crater despite the observation of a significant number of tornillos which had preceded previous eruptions and were also recorded in the days before the eruption.

Source: Servicio Geologico Colombiano.

Vue aérienne du Galeras en janvier 2006 (Crédit photo: Wikipedia)

Profil sismique des tornillos, connus et redoutés sur le Galeras (Source: USGS)

Great Sitkin (Iles Aléoutiennes / Alaska)

L’activité sismique est en hausse depuis 5 jours sur le Great Sitkin dans les Iles Aléoutiennes. Le 10 juin 2018 les instruments ont détecté un signal pouvant correspondre à une brève explosion phréatique. En conséquence, l’AVO a élevé l’alerte aérienne à la couleur Jaune.

Source : AVO.

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Earthquake activity at Great Sitkin Volcano in the Aleutians has been elevated over the past five days, and on June 10th, 2018 a signal that may represent a short-lived steam explosion was detected by seismic data. AVO has raised the Aviation Color Code to Yellow.

Source: AVO.

Le triangle jaune marque la position du Great Sitkin

Le Great Sitkin en septembre 2015 (Source: AVO)

 

 

Hawaii: Projet de relogement pour les victimes de l’éruption // Rehousing project for the eruption victims

Les autorités hawaïennes prévoient de venir en aide aux personnes victimes de l’éruption du Kilauea avec un projet de relogement comparable à celui entrepris après les dégâts causés par un tsunami à Hilo en mai 1960 (voir ma note du 2 juillet 2015). À l’époque, les autorités ont élaboré une stratégie baptisée Kaikoo Plan qui s’est concrétisé dans les six mois. Ce plan a permis la construction de nouveaux logements à Waiakea, en dehors de la zone d’inondation du tsunami, pour les personnes déplacées. Cela a également permis de créer le Kaikoo Mall, petit centre commercial dans la ville de Hilo et le développement de la zone industrielle de Kanoelehua à Waiakea.
Le tsunami du 23 mai 1960 a été déclenché par un puissant séisme au Chili et a tué 61 personnes. Il a détruit une grande partie du centre-ville de Hilo et réduit à néant un quartier connu sous le nom de Shinmachi Town. Shinmachi se trouvait sur ce qui est maintenant un espace vert dans le Wailoa State Park et n’a jamais été reconstruit.

S’agissant de l’éruption actuelle du Kilauea, le secteur de Kapoho a été évacué quelques heures avant que la lave atteigne et recouvre le carrefour de Four Corners., privant ainsi la région de ses routes d’accès. Plus de 500 maisons dans le secteur de Kapoho se trouvent isolées.
La lave a déjà contraint l’évacuation d’une grande partie de la subdivision des Leilani Estates et de toute la subdivision de Lanipuna Gardens, qui rassemblent plus de 800 maisons. Le 2 juin 2018, la lave avait détruit 87 habitations, contre 77 le 31 mai 2018.
Source: Journaux locaux.

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Hawaiian authorities plan to help refugees from the Kilauea eruption by launching a rapid re-housing initiative comparable to the resettlement effort that was initiated after a tsunami devastated portions of Hilo in 1960 (see my post of July 2nd, 2015). By that time, authorities developed a strategy called the Kaikoo Plan which was completed within six months. That plan resulted in new housing in Waiakea outside the tsunami inundation area for people who had been displaced, the development of the Kaikoo Mall in urban Hilo, and the creation of what is now known as the Kanoelehua Industrial area in Waiakea.

The May 23rd, 1960 tsunami was triggered by a huge earthquake in Chile and killed 61 people. It demolished much of downtown Hilo and wiped out a neighbourhood known as Shinmachi Town. Shinmachi, which stood on what is now open space in Wailoa State Park, was never rebuilt.

As far as the durrent Kilauea eruption is concerned, the Kapoho area was evacuated a few hours before lava reached and covered the Four Corners intersection, thus depriving the region of its access roads. 500 homes in the Kapoho area are now isolated.

Lava has already forced the evacuation of much of the Leilani Estates subdivision and all of Lanipuna Gardens subdivision, which between them had more than 800 homes. On June 2nd, lava had destroyed 87 homes, compared to the count of 77 reported on May 31st, 2018.

Source: Local newspapers.

Hilo après le tsunami du 23 mai 1960 (Crédit photo: Wikipedia)

Mt Shirane (Japon): Hausse du niveau d’alerte // The alert level has been raised

L’Agence météorologique japonaise (JMA) a relevé le niveau d’alerte du Mont Shirane (est du Japon) de 1 à 2 le 22 avril 2018 afin d’interdire l’accès aux zones proches du cratère. Depuis samedi soir, le nombre de séismes d’origine volcanique dans le cratère Yugama a augmenté et une légère inflation de l’édifice a été observée, avec le risque d’une éruption à plus ou moins long terme.
Le Mont Shirane fait partie du complexe volcanique Kusatsu-Shirane situé dans les préfectures de Gunma et de Nagano.
À la suite de l’annonce de la JMA, un tronçon de 8,5 km de la route 292, une route nationale panoramique reliant les deux préfectures, a été fermé, ce qui affectera probablement le tourisme dans la région. .
Source: JMA, The Japan Times..

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The Japan Meteorological Agency (JMA) raised the alert level for Mount Shirane (eastern Japan) from 1 to Level 2 on April 22nd, 2018 in order to ban entry into areas near the mountain’s crater. Since Saturday evening, the number of volcanic earthquakes at the Yugama crater has increased and a slight crustal movement has been observed, indicating an increased eruption possibility.

Mount Shirane is part a volcanic complex located in Gunma and Nagano prefectures collectively called Mount Kusatsu-Shirane.

In the wake of JMA’s announcement, an 8.5-km-long stretch of Route 292, a scenic national road connecting the two prefectures has been closed, which is likely to affect tourism in the region. .

Source : JMA, The Japan Times.

Vue du cratère du Mt Shirane (Crédit photo: Franck Gueffier)

Le risque sismique n’intéresse pas le Conseil Régional de Nouvelle-Aquitaine

En lisant Le Populaire du Centre ce dimanche 8 avril 2018, on apprend que le Conseil Régional de Nouvelle-Aquitaine a « rejeté à deux reprises un projet innovant dans le domaine de la prévention des catastrophes naturelles ». L’ONG Les Pompiers de l’Urgence Internationale (PUI) – basée à Limoges – a besoin de 500 000 euros pour équiper un véhicule d’un simulateur de séismes. Selon Philippe Besson, président des PUI, cette innovation, unique en Europe, permettrait d’aller au plus près des populations pour mener des opérations de sensibilisation dans les zones à risques.

Il semble que les autorités en charge de la région Nouvelle-Aquitaine aient la mémoire courte et oublient un peu vite que plusieurs régions de France sont exposées au risque sismique. Il y a quelques mois, le Bureau central sismologique français a publié une liste des séismes les plus significatifs, de magnitude supérieure à M 5, enregistrés en France métropolitaine depuis 1900 :

– Séisme de Lambesc (Bouches-du-Rhône) en 1909. D’une magnitude M 6,2 sur l’échelle de Richter, il a causé la mort de 46 personnes et 250 ont été blessées.

– Séisme d’Arette (Pyrénées-Atlantiques) en 1967. Aucune victime directe n’est à déplorer, mais l’événement de  magnitude M 5,1, a causé d’énormes dégâts matériels et il a fallu plusieurs années pour tout reconstruire.

– Séisme d’Annecy (Haute-Savoie) en 1996. Malgré une magnitude de M 5,2, le séisme n’a fait aucune victime, bien qu’il ait eu lieu pendant la nuit du 14 juillet..

– Perpignan (Pyrénées-Orientales) en 1996. Séisme de magnitude M 5,6. Aucune victime. Quelques dégâts matériels.

– Sud-est de Bonifacio (Corse) en 2000. Localisé à une quinzaine de kilomètres à l’est des côtes de la Sardaigne et à une cinquantaine des côtes corses, ce séisme de magnitude M 5,3 n’a pas provoqué de dégâts.

– Hennebont (Bretage) en 2002. L’activité sismique est relativement faible dans cette région, mais elle reste constante. C’est pourquoi le séisme de magnitude M 5,4 reste un événement rare, mais non négligeable.

– Rambervillers (Vosges) en 2003.  Près de 40 départements ainsi que des secteurs de la Suisse et de l’Allemagne ont ressenti la secousse de magnitude M 5,4. Le séisme a causé de gros dégâts matériels mais aucun à la centrale nucléaire de Fessenheim, pourtant proche de l’épicentre…

– Roulans (Doubs) en 2004. Bien que ressenti dans un rayon de 300 kilomètres, ce séisme de magnitude M 5,1n’a fait aucun blessé mais a causé de nombreux dégâts matériels avec des fissurations de façades

– Barcelonette (Alpes-de-Haute-Provence) en 2014. Magnitude de M 5,3. Plusieurs départements ont subi de violentes vibrations : de la Savoie au Var, en passant par le Rhône, l’Isère, les Bouches-du-Rhône et les Alpes-Maritimes. Il n’a fait aucune victime.

Ces différents événements montrent la nécessité d’informer les populations, en particulier dans les régions les plus menacées par les séismes. Les simulateurs fixes connaissent un gros succès. Il serait fort dommage que la Région Nouvelle-Aquitaine n’accède pas à la demande des PUI. Ne pas oublier que c’est après une catastrophe que l’on exprime des regrets.

A noter que les Japonais sont en avance sur la France. Ils possèdent des camions avec des simulateurs à leur bord. Il est vrai que le pays est particulièrement exposé au risque sismique.

Si les séismes vous intéressent, je vous conseille fortement de visiter le site AZURSEISME géré par mon ami André Laurenti: https://www.azurseisme.com/

Signal produit par le séisme de M 4,9 en Méditerranée le 7 juillet 2011, à environ 107 km à l’ouest d’Ajaccio et à 175 km au sud-sud-est de Cavalaire dans le Var. (Source: Azurséisme)