Essaim sismique à Grimsey (suite) // Seismic swarm at Grimsey (continued)

L’essaim sismique se poursuit à Grimsey, avec plusieurs événements significatifs. Ainsi, un séisme de M 5,2 a été détecté sur l’île vers 07h00 ce matin. Il a été ressenti dans de nombreuses parties du nord de l’Islande. Selon l’Icelandic Met Office (IMO), un certain nombre d’habitants de Grimsey, habitués à de petits tremblements de terre, ont appelé ce matin ; ils étaient un peu plus inquiets de voir leur café être éjecté de leurs tasses. L’IMO indique que beaucoup de personnes dans l’île n’ont pas dormi la nuit dernière à cause des nombreuses secousses. Au cours des dernières 48 heures, 1536 séismes ont été détectés. L’IMO pense que l’activité sismique va probablement diminuer et que le séisme de M 5,2 de ce matin est le plus puissant de la série, mais il pourrait y avoir un événement encore plus important ou un autre de magnitude semblable. Le Bureau confirme également que l’activité sismique est d’origine purement tectonique et n’a pas une cause volcanique. C’est aussi mon opinion. Je ne suis pas sismologue mais on peut observer que tous les événements dans l’essaim sont relativement superficiels. Il n’y a jamais eu d’indication d’une sismicité profonde correspondant à une quelconque ascension du magma. En outre, il convient de noter qu’au cours des dernières semaines, la sismicité ne s’est pas limitée à Grimsey. De nombreux autres événements ont été enregistrés le long de la zone de rift qui traverse l’Islande au sud-ouest / nord-est, avec des événements supérieurs à M 3,0 dans la péninsule de Reykjanes. Il serait intéressant de savoir comment les extensomètres ont réagi à l’essaim sismique et, par exemple, s’il y a eu une accélération du phénomène d’accrétion.

——————————————-

The seismic swarm is going on at Grimsey, with occasional significant events. An M. 5.2 earthquake was detected on the island at about 7:00 this morning. It was was felt in many parts of North Iceland.  According to the Iceland Met Office, a number of Grimsey locals, who are used to the smaller earthquakes, called the Office this morning a bit more worried as their coffee had been shaken out of their cups. The Iceland Met Office says that many people in the island didn’t sleep last night due to the numerous earthquakes. In the last 48 hours, 1.536 earthquakes have been detected. IMO thinks it is likely that the seismic activity will die down and that this morning’s quake was the largest, but there could be a larger one or another one of a similar size. The Office also confirms that the seismic activity is caused by continental drift but not to volcanic unrest. This is also my opinion. I am not a seismologist but one can observe that all the events in the swarm are quite shallow. There has never been any indication of a deep-seated seismicity corresponding with some kind of magma ascent. Besides, it should be noted that in the past weeks, seismicity has not been limited to Grimsey. Many other events were recorded along the rift that crosses Iceland southwest / northeast, with events above M 3.0 in the Reykjanes Peninsula. It would be interesting to know how extensometers reacted to the seismic swarm and, for instance, if there has been an acceleration in the accretion phenomenon.

Source: Icelandic Met Office

Publicités

Essaim sismique à Grimsey (suite) // Seismic swarm at Grimsey (continued)

Dans une note publiée le 16 février 2018, l’Icelandic Met Office (IMO) explique que «des essaims sismiques se produisent fréquemment dans les environs de Grímsey. Un tel essaim a débuté à environ 10-12 km au nord-est de Grímsey le 14 février. À midi, le 16 février, plus de 1000 secousses ont été détectés, avec 10 supérieures à M 3.0. L’intensité de l’essaim a tendance à diminuer, mais elle pourrait reprendre de la vigueur dans les prochaines heures. L’événement le plus significatif, avec une magnitude estimée à M 4,1, s’est produit à 19h27 le 15 février. Certaines secousses ont été ressenties à Grímsey. C’est l’essaim le plus intense dans la région depuis 2013, époque où événement de magnitude M 5,5 avait été suivi d’une série de répliques significatives.
La libération d’énergie associée à cet essaim est, pour le moment, inférieure à celle de 2013, bien que cet essaim soit plus constant. Les mesures GPS à Grímsey ne montrent aucune déformation associée à l’essaim, ce qui laisse supposer que l’essaim est de nature tectonique bien que l’activité géothermale dans la zone puisse agir comme déclencheur. Il n’y a aucun signe d’activité magmatique. »
Comme le laissait entendre l’IMO, l’essaim sismique continue en ce moment. Un séisme de magnitude M 3.7 a été enregistré à 06h33 (TU) ce matin à une profondeur de 12 km. Il avait été précédé par deux événements de M 3.0 et M 3.3 à 6h25 et 6h27, avec des profondeurs respectives de 11,9 et 0,3 km.
Source: IMO.

————————————

In a note released on February 16th, 2018, the Icelandic Met Office (IMO) explains that « earthquake swarms are happening frequently in the vicinity of Grímsey. An earthquake swarm about 10-12 km North-East of Grímsey started on February 14th. As of noon on February 16th, over 1000 earthquakes have been detected, with 10 over magnitude 3. As of this time, the intensity of the swarm is diminishing, however the activity could reinvigorate. The largest, with an estimated magnitude of 4.1, occurred at 19:27 on February 15th. Some of the earthquakes have been felt in Grímsey. This is the most intense swarm in the area since 2013, when a magnitude M 5.5 event triggered a significant aftershock sequence.

The energy release associated with this swarm, until noon on February 16th, is significantly less than the 2013 sequence, although this swarm is more steady. Continuous GPS measurements in Grímsey  show no detectable deformation associated with the swarm, suggesting that the swarm is tectonic in nature although geothermal activity in the area may act as a trigger. There is no sign of magmatic activity. »

As suggested by IMO, the seismic swarm is going on right now. An M 3.7 quake was registered at 6:33 (UTC) this morning at a depth of 12 km. It had been preceded by two events of M 3.0 and M 3.3 at 6:25 and 6:27, with depths of 11,9 and 0.3 km, respectively.

Source: IMO.

Sismicité à Grimsey. Les étoiles montrent les séismes d’une magnitude supérieure à M 3,0. (Source: IMO)

Cumbre Vieja (La Palma / Iles Canaries) // Cumbre Vieja Volcano (La Palma / Canary Islands)

Dans une note publiée le 26 octobre 2017, j’indiquais qu’un essaim sismique avec des événements entre M 1,5 et M 2,7 avait débuté sous le volcan Cumbre Vieja, sur l’île de La Palma aux Iles Canaries, le samedi 7 octobre 2017. Au total, 68 événements avaient été enregistrés. Un programme spécial de surveillance hydrogéochimique avait alors été mis en place afin d’améliorer la surveillance du volcan.

On apprend aujourd’hui qu’un nouvel essaim sismique a débuté sous Cumbre Vieja le 10 février 2018, avec des événements plus significatifs que ceux de l’essaim d’octobre dernier.

Le National Geographic Institute (IGN) a enregistré 83 secousses entre 23h23 (T) le 10 février et 07h32 (TU) le 15 février, avec des amplitudes allant de M 1,6 à M 2,6.
La profondeur des séismes a diminué au cours de l’essaim, ce qui semble indiquer une ascension du magma vers la surface. Le gouvernement des Canaries a convoqué une réunion urgente du Comité Scientifique pour l’Evaluation et la Surveillance des Phénomènes Volcaniques afin de discuter des raisons pour lesquelles les séismes se reproduisent et commet peut évoluer la situation.  C’est la deuxième réunion de ce genre en quatre mois.

Alors que certains scientifiques pensent qu’une éruption pourrait potentiellement créer un raz-de-marée, des universitaires ont fait remarquer qu’un méga tsunami était peu probable. En fait, la possibilité d’un effondrement catastrophique du volcan Cumbre Vieja est une question très controversée parmi les géologues.

Sources : IGN, INVOLCAN, The Watchers.

——————————————

In a note released on October 26th 2017, I indicated that a seismic swarm with events between M 1.5 and M 2.7 had started under Cumbre Vieja volcano on the island of La Palma in the Canary Islands on Saturday, October 7th. A total of 68 earthquakes had been recorded under the volcano. A special hydrogeochemical monitoring programme had been set up in order to improve the surveillance of the volcano.

Today, we learn that a new seismic swarm started under Cumbre Vieja volcanoon February 10th, 2018, with events more significant than those in the previous October swarm. .

The National Geographic Institute (IGN) registered a total of 83 earthquakes between 23:23 UTC, February 10th and 07:32 UTC, February 15th, with magnitudes ranging from M 1.6 to M 2.6.

The depth of the quakes decreased during the course of the swarm, suggesting an upward movement of magma towards the surface. The Canary Government called for an urgent meeting of the Scientific Committee for Evaluation and Monitoring of Volcanic Phenomena to discuss why the quakes are happening again and what might happen in the future. This is the second such meeting in four months.

While experts have warned that an eruption holds the potential of creating a tidal wave, academics have been quick to point out a mega tsunami is unlikely. The possibility of a catastrophic collapse of the volcano is a really controversial issue amongst geologists.

Sources : IGN, INVOLCAN, The Watchers.

Cumbre Vieja vu depuis l’espace (Source: NASA)

Essaim sismique à Grimsey (Islande) // Seismic swarm at Grimsey (Iceland)

Située juste sur le cercle polaire arctique, dans le nord de l’Islande, Grimsey a une population de 90 habitants. Des séismes sont souvent enregistrés sur cette petite île qui est située sur la zone de fracture de Tjörnes, le long de la dorsale médio-atlantique.
Un essaim sismique particulièrement intense y est observé depuis une semaine, avec plus de 1100 événements détectés depuis le 14 février 2018. Le plus significatif avait une magnitude de M 4.1 le 15 février, à environ 10 km à l’ENE de Grimsey, à une profondeur de 10 km. Un séisme de magnitude M 3,2 s’est également produit dans la même zone, suivi de deux autres d’une magnitude supérieure à M 3, toujours le même jour.
Selon l’Icelandic Met Office (IMO), il n’y a aucun signe d’activité volcanique. Une telle sismicité se produit périodiquement dans ce secteur qui fait partie de la zone de fracture de Tjörnes. En conséquence, de nouvelles secousses sont possibles pendant les prochains jours.
La dernière éruption dans la région remonte à 1868.
Les cartes ci-dessous montrent 1) l’intensité de l’essaim sismique en cours et 2) l’emplacement de son activité le long de la zone de fracture de Tjörnes qui fait partie de la zone d’accrétion entre les plaques tectoniques nord-américaine et eurasienne.
Sources: OMI, Iceland Review, CSEM / EMSC.

———————————–

Located right on the Arctic Circle to the north of Iceland, Grimsey has a population of 90. Earthquakes are often recorded on this small island which is located on the Tjörnes Fracture Zone, on the Mid-Atlantic Ridge.

An intense earthquake swarm has been observed for the past seven days, with more than 1100 events detected since February 14th, 2018. The largest quake measured M 4.1 on February 15th, about 10 km ENE of Grimsey, at a depth of 10 km. An M 3.2 earthquake also occurred in the same area, followed by two events above M 3, still on that same day.

According to The Icelandic Met Office (IMO), there are are no signs of any volcanic activity. Similar seismicity periodically occurs along this area which is part of the Tjörnes Fracture Zone. As a consequence, more seismicity cannot be excluded.

The last known eruption in the area was in 1868.

The maps below show 1) the intensity of the ongoing seismic swarm and 2) the location of theis activity along the Tjörnes Fracture Zone, part of the accretion zone between the North American and Eurasian tectonic plates.

Sources: IMO, Iceland Review, CSEM/EMSC.

Source: IMO

Source: CSEM/EMSC

Des séismes aux profondeurs négatives // Earthquakes with negative depths

L’USGS nous indique dans un nouvel article que les profondeurs des séismes sous l’archipel hawaiien sont désormais évaluées par rapport au géoïde, ou niveau de la mer. Le géoïde est défini comme « une surface équipotentielle du champ de pesanteur coïncidant au mieux avec le niveau moyen des océans et qui se prolonge sous les continents. »

En conséquence, l’affichage des séismes et de leur profondeur sur la carte présentée sur le site web de l’USGS utilise la couleur rouge foncé pour indiquer les séismes qui sont enregistrés au-dessus du niveau de la mer, mais sous la surface du sol. Les profondeurs positives indiquent que l’on se trouve en dessous du niveau de la mer et les profondeurs négatives que l’on se trouve au-dessus.
Avant le nouveau système, le HVO signalait la profondeur d’un séisme par rapport à la surface du sol au-dessus de l’hypocentre. En fait, cette surface ne représente pas l’élévation réelle du sol, mais l’élévation moyenne des cinq stations sismiques les plus proches. Comme la surface de la Terre n’est pas plane, les approximations de profondeur ne représentaient pas toujours la profondeur réelle d’un séisme. Cela signifiait aussi qu’il n’y avait pas de cadre de référence uniforme pour comparer les profondeurs des différents séismes. L’élévation par rapport au zéro était différente pour chaque événement.
Pour illustrer la différence entre l’ancien et le nouveau système, il suffit d’imaginer un séisme sous le Mauna Loa dont le sommet culmine à plus de 4000 mètres au-dessus du niveau de la mer. La profondeur d’un séisme aurait été précédemment évaluée à 3 km, mais avec le nouveau système, la profondeur du géoïde est maintenant de 3 km moins 4 km, soit une profondeur négative de 1 km. Un avantage des profondeurs par rapport au géoïde est que les erreurs systématiques causées par la topographie des montagnes sont corrigées.
En adoptant le niveau de la mer comme donnée de référence commune, les séismes signalés à l’échelle nationale sont maintenant plus cohérents et comparables. Au cours des dernières années, les réseaux sismiques régionaux à travers les Etats Unis sont passés de la profondeur par rapport à la surface à la profondeur par rapport au géoïde. L’adoption par le HVO de la référence au niveau de la mer la rend conforme à cette norme.
Il est important de noter que l’emplacement absolu des séismes calculés dans l’espace tridimensionnel n’a pas changé. La seule différence est le point auquel on attribue le niveau zéro.

Source: USGS / HVO.

————————————–

USGS informs us in a new article that the depths of earthquakes beneath Hawaii are now reported with respect to the geoid, or sea level. When displaying earthquakes by depth, the HVO website map now includes a dark red colour to indicate earthquakes that occur above sea level but below the ground surface. Positive depths indicate downward from sea level, and negative depths indicate upward from sea level.

Prior to the new system, HVO reported depths with respect to the ground surface above the earthquake hypocenter. This model surface was not the actual ground elevation but, instead, was the average elevation of the five closest seismic stations. Since the earth’s surface is not flat, model depth approximations did not always represent the true depth of an earthquake below ground. More importantly, it meant that there was no uniform frame of reference for comparing depths of different earthquakes. The zero elevation was different for every earthquake.

To illustrate the difference between model and geoid depths, it suffices to imagine an earthquake beneath Mauna Loa, with its summit about 4 km above sea level. The model depth of this earthquake would have been previously reported as 3 km, but with the new system, the geoid depth is now 3 km minus 4 km, or negative 1 km. One advantage of geoid depths is that systematic bias caused by mountain topography is corrected.

By adopting the common reference datum of sea level, earthquakes reported nationwide are now more consistent and comparable. Regional seismic networks around the country have been migrating from model depth to geoid depth over the past few years. HVO’s adoption of the sea level reference brings it in line with this standard.

It’s important to note that the absolute location of earthquakes being computed in three-dimensional space has not changed. The only difference is the point at which we assign zero depth.

Source : USGS / HVO.

Cette figure montre que deux séismes peuvent avoir des profondeurs négatives ou positives en fonction de leur situation par rapport au niveau de la mer (Source: USGS)

Séismes sur le Bárðarbunga (Islande) // Earthquakes on Bárðarbungua (Iceland)

Un séisme de magnitude M 4,9 a été enregistré dans la partie nord de la caldera Bárðarbunguaskja à 19h24 (TU) le 30 janvier 2018. Le séisme est le plus puissant depuis la fin de l’éruption dans l’Holuhraun le 28 février 2015. Le 27 octobre 2017, deux autres séismes, chacun de M 4,7, avaient déjà été enregistrés et ils étaient à l’époque les plus significatifs dans la caldeira Bárðarbunguaskja depuis la fin de l’éruption. Les volcanologues islandais pensent qu’il est peu probable qu’il y ait une nouvelle éruption. Le 30 janvier 2018, trois séismes ont été enregistrés dans la partie nord-est du Bárðarbunga, avec des magnitudes de M 3,7, M 2,9 et M 3,8. Une trentaine de répliques ont été observées dans la région depuis le début de l’essaim qui a débuté juste avant 18 heures le 30 janvier.
Source: Iceland Review.
Il convient de noter que tous ces séismes sont très superficiels, avec des profondeurs comprises entre 1 km et 2,8 km. Il se peut qu’ils aient été causés par des mouvements du substrat sous le glacier. Il ne faut pas oublier qu’à cause du réchauffement climatique, les glaciers fondent en Islande avec une tendance du sol à rebondir. Ce phénomène entraînera probablement une hausse de la sismicité dans le pays.

———————————–

An M 4.9 earthquake was recorded on the north side of the Bárðarbunguaskja caldera at 7.24 pm on January 30th 2018. The quake has been the strongest since the volcanic eruption in Holuhraun ceased on February 28th, 2015. On October 27th, 2017, two earthquakes, each of them M 4.7, were already measured and they were at the time the strongest ones that had been measured in Bárðarbunguaskja since the end of the eruption. Local volcanologists think it is unlikely there will be another eruption. Earlier on January 30th, three earthquakes were measured on the north-east side of Bárðarbunga, with magnitudes of M 3.7, M 2.9 and M 3.8. Around 20-30 aftershocks have been measured in the area since the swarm that began right before 6 pm last night.

Source: Iceland Review.

It should be noted that all these quakes were very shallow, with depths between 1 km and 2.8 km. They may have been caused by movements of the substrate beneath the glacier. One should not forget that because of global warming glaciers are melting in Iceland with a tendency of the ground to uplift. This phenomenon will probably cause more seismicity in the country.

Dernière sismicité sur le Vatnajökull (Source: IMO)

Une histoire de bouées // A story of buoys

Aujourd’hui, les scientifiques sont capables de suivre le déplacement des vagues de tsunamis à l’aide d’un réseau de bouées installées à la surface de l’océan. On a pu constater leur efficacité lors du séisme de M 7,9 enregistré le 23 janvier 2018 dans le Golfe d’Alaska. Malgré tout, il arrive que ces bouées connaissent certains problèmes, sans pour autant perturber le fonctionnement de l’ensemble du réseau.

Ainsi, un couple de l’Oregon a découvert une de ces bouées sur la côte, le matin de l’alerte tsunami déclenchée suite au séisme dans le Golfe d’Alaska. Selon le National Weather Service, il se peut qu’elle se soit  détachée de son ancrage à environ 400 km à l’ouest d’Astoria le 4 octobre 2017. Elle a dérivé pendant des mois, poussé par les vents, les courants et les vagues. La NOAA a déclaré que la bouée était l’une des 32 stations de signalement de tsunamis (DART) installées en haute mer autour de la Ceinture de Feu dans l’Océan Pacifique.
Les systèmes DART se composent d’un enregistreur de pression ancré sur le plancher océanique et d’une bouée en surface pour les communications en temps réel. Un lien acoustique transmet les données de l’enregistreur de pression sur le fond marin à bouée à la surface de l’océan. En cas de tsunami, l’enregistreur reconnaît un changement de fréquence et de pression. Il envoie un signal à la bouée qui envoie à son tour par satellite une alerte au Tsunami Warning Center à Hawaii. Les bouées sont attachées à au moins une ancre par une corde en nylon. Elles sont entretenus tous les quatre ans ou plus tôt, selon le lieu où elles se trouvent. On ne sait pas comment la bouée découverte par le couple s’est détachée de son ancrage.

Alors qu’une bouée s’échouait sur la côte de l’Oregon, une autre dans le Golfe d’Alaska ne faisait pas son travail correctement et communiquait de fausses informations. La bouée de la station 46410, un collecteur de données en haute mer, annonçait un tsunami qui n’existait pas ! Les personnes qui se sont connectées au site du National Data Buoy Center ont pu voir pendant quelques minutes que la bouée indiquait un pic de couleur rouge et annonçait un déplacement d’eau de 10 mètres !
Comme je l’ai écrit plus haut, les bouées sont censées indiquer le déplacement vertical d’une colonne d’eau, mais pas nécessairement la hauteur des vagues. Voici ce qui s’est passé, selon un scientifique :
« La station en question se trouve à environ 50 km de l’épicentre. Le pic soudain montré par le déplacement de l’eau juste après le séisme reflète probablement l’énergie sismique qui s’est libérée très brutalement, mais pas le déplacement d’une vague. Les séismes génèrent des ondes de Rayleigh (voir ci-dessous), c’est-à-dire des mouvements qui sont intenses à proximité de la source et diminuent sur la distance. » Le scientifique est à peu près certain que c’est ce phénomène que l’enregistreur a capté.

Il faut remarquer que ces bouées sont utiles pour indiquer le déplacement des vagues de tsunami quand l’épicentre du séisme se situe loin des côtes, comme ce fut le cas le 23 janvier dernier. Si, par malheur, l’épicentre se trouve à quelques dizaines de kilomètres seulement, il sera très difficile d’alerter les populations côtières et elles n’auront guère le temps de se réfugier sur les hauteurs.

Source: Presse américaine.

———————————–

Today, scientists are able to track the movement of tsunami waves using a network of buoys installed on the surface of the ocean. Their effectiveness was remarkable during the M 7.9 earthquake of January 23, 2018 in the Gulf of Alaska. Nevertheless, sometimes these buoys have some problems, without disrupting the operation of the entire network.

An Oregon couple found a tsunami buoy on the coast, ironically on the morning of the tsunami watch triggered by the M 7.9 earthquake in the Gulf of Alaska on January 23rd 2018. .

According to the National Weather Service, it could be a buoy that broke from its mooring approximately 400 km west of Astoria on October 4th. It drifted for months, pushed by wind, currents and waves. NOAA said the buoy was one of 32 Deep-ocean Assessment & Reporting of Tsunamis (DART) stations positioned around the Ring of Fire in the Pacific Ocean.

DART systems consist of an anchored seafloor bottom pressure recorder (BPR) and a companion moored surface buoy for real-time communications. An acoustic link transmits data from the pressure recorder on the seafloor to the surface buoy. In the event of a tsunami, the recorder recognizes a change in frequency and pressure. It sends a signal to the buoy, which sends an alert to the Tsunami Warning Center via satellite. The buoys are tethered to at least one anchor by a nylon rope. They receive maintenance every four years or sooner, depending on the location. It’s not clear how the buoy broke free.

While a buoy landed on the coast in Oregon, another one in the Gulf of Alaska failed to do its job properly and communicated wrong information. The buoy at station 46410, a deep-ocean data collector, predicted a tsunami that was not. Anybody logging onto the National Data Buoy Center site for a short interval could see that the buoy showed a red spike and a 10-metre water displacement.

As I put it above, the buoys measure how the entire water column moves up and down, not necessarily wave height. Here is what happened, according to a tsunami scientist:

“That station is about 50 km from the epicenter. The sudden spike in water displacement so soon after the quake probably reflected the burst of seismic energy released, not a wave. Earthquakes generate Rayleigh waves (see below), i.e.undulating motions intense near the source and diminishing over distance.” The scientist is pretty sure that was what the recorder picked up.

It should be noted that these buoys are useful to indicate the displacement of tsunami waves when the epicentre of the earthquake is located far from the coast, as was the case on January 23rd. If, unfortunately, the epicentre is only a few dozen kilometres away, it will be very difficult to warn the coastal population and they will have little time to take refuge on high points.

Source: U.S. newspapers.

Bouée de détection de tsunamis (Crédit photo: NOAA)

Propagation des ondes de Raleigh (Source: NOAA)