Quelques nouvelles du Kilauea (Hawaii) // Some news of Kilauea Volcano (Hawaii)

L’éruption du Kilauea continue, au sommet et au niveau du Pu’uO’o sur l’East Rift Zone. Malheureusement pour ceux qui visitent actuellement la Grande Ile d’Hawaii, l’activité est assez faible.
Au sommet, le niveau de la lave dans l’Halema’uma’u se trouve à 30-35 mètres sous la lèvre de l’Overlook Crater. Il est bon de rappeler à tous les visiteurs que l’accès au cratère est interdit. La meilleure vue – et l’un des rares lieux autorisés – est obtenue depuis la terrasse du Musée Jaggar.
La situation est stable dans le cratère du Pu’uO’o, avec un petit lac de lave dans la partie ouest du cratère. Ici encore, les visiteurs ne sont pas autorisés à ce site. Les pilotes d’hélicoptères transportant des touristes informent souvent les rangers de la présence de personnes dans la zone interdite.

La lave arrive de manière intermittente sur le site de Kamokuna. Un jour, elle pénètre dans l’océan tandis que le lendemain, le delta de lave est inactif. C’est ce qui s’est passé entre la fin d’octobre et le 11 novembre. De petites coulées éphémères sont toujours observées sur le pali et la plaine côtière mais l’activité est globalement faible.
Source: HVO.

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Kilauea Volcano continues to erupt at its summit and from the Pu’uO’o vent on its East Rift Zone. Unfortunately for the people who currently visit Hawaii Big Island, activity is quite low.

At the summit, the level of lava within Halema’uma’u crater lies 30-35 metres beneath the crater rim. It is necessary to remind all visitors that access to the crater is forbidden. The best viewing and authorised place is the terrace of the Jaggar Museum.
The situation is stable at Pu’uO’o, with a small lava lake in the western part of the crater. Here again, visitors are not allowed to visit the crater. The pilots of helicopters carrying tourists often inform the rangers about the presence of people in the unauthorized area.

Lava arrives in an intermittent way at the Kamokuna entry. One day sees it flowing into the ocean while the next day the lava delta is inactive. This was what happened late in October and until November 11th. Small lava breakouts are still observed on the pali and the coastal flat but activity is globally low.

Source: HVO.

L’entrée de lave de Kamokuna était au point mort le 10 novembre mais avait repris un peu de vigueur le 11 (Crédit photo: HVO)

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Le Kilauea (Hawaii) il y a un siècle // Kilauea Volcano (Hawaii) a century ago

Il y a un siècle, il n’y avait pas de drones ou de satellites pour fournir des images aériennes des volcans. De telles représentations posaient d’énormes problèmes, y compris pour le Kilauea à Hawaii. L’image ci-dessous, qui montre la caldeira sommitale, n’a pas été prise depuis un avion. En effet, elle a été réalisée six ans avant le premier survol par un aéronef. L’image montre une maquette du volcan exposée dans un musée de l’Université de Harvard pendant de nombreuses décennies.
Voici une petite histoire de cette image:
Elle commence en mars 1913, lorsque George Carroll Curtis, artiste, géologue, géographe et expert en production de maquettes en relief, s’est rendu à Hawaï pour procéder à un examen attentif de la caldeira sommitale du Kilauea. Il a disposé tout un ensemble de points de repère et a pris des photos au niveau de chacun d’eux en utilisant une caméra panoramique tournante qui lui a permis d’obtenir une vue complète de la caldeira. Malgré tout, la réalisation de la maquette a pris beaucoup de temps car Curtis n’avait pas de perspective en hauteur du sommet du Kilauea.
Pour résoudre ce problème, Curtis a demandé à J.F. Haworth, un riche homme d’affaires de Pittsburg, de se rendre sur le Kilauea pour y pratiquer sa passion pour le cerf-volant. Toutefois, il ne s’agissait pas de cerfs-volants ordinaires. Chacun d’eux mesurait plus de 3,40 mètres de long et 2,70 mètres de large. Au lieu d’une ficelle pour les piloter, Haworth utilisait une bobine motorisée de corde à piano. Ainsi, les cerfs-volants étaient capables de soulever une charge utile d’environ 45 kilogrammes. Pour l’étude du Kilauea, la charge utile était une caméra positionnée à l’extrémité d’un fil d’une soixantaine de mètres sous le cerf-volant. Un petit appareil était installé sur la corde à piano pour déclencher l’appareil photo.
Lorsque Haworth est arrivé sur Kilauea en 1915, il a constaté que la photographie à l’aide d’un cerf-volant n’était pas chose facile sur un volcan. Les vents forts qui soufflaient au sommet ont traîné à plusieurs reprises le photographe sur la lave coupante, lui occasionnant des blessures et autres contusions. Il a finalement réussi à prendre une série de photos du sommet du Kilauea de différentes hauteurs. Ces photographies aériennes ont énormément accéléré le travail de Curtis dans la réalisation de sa maquette.
En 1917, la carte en relief a finalement été installée dans le département de géologie du musée de l’Université de Harvard et elle a été présentée au public. La maquette circulaire avait un diamètre de 4,30 mètres. Elle a été réalisée à une échelle de 125 pieds pour un pouce (soit 38 mètres pour 2,5 centimètres) ; il n’y avait donc pas d’exagération verticale. À cette échelle, Curtis a pu montrer le sommet du Kilauea dans ses moindres détails. La maquette révélait de nombreuses caractéristiques géologiques qui n’avaient pas été observées auparavant, comme les ravines dans la partie méridionale de la caldeira. Les photographies de la maquette sont utiles encore aujourd’hui pour localiser les sites historiques, y compris les routes et d’autres structures qui n’existent plus depuis longtemps.
Source: USGS / HVO.

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A century ago, there were no drones or satellites to provide aerial images of volcanoes. Such depictions posed enormous challenges. Kilauea Volcano was no exception. The image below showing the summit caldeira was not taken from a plane; indeed, it was taken six years before the first airplane overflight. The image actually shows a model of the volcano displayed at a Harvard University museum for many decades.

Here is a short story of the photo :

The story began in March 1913, when George Carroll Curtis, an artist, geologist, geographer, and expert in the production of relief models, travelled to Hawaii to make a careful survey of the caldeira at the summit of Kilauea. He established a network of survey flags and took photographs at each using a revolving panoramic camera that provided a complete view the caldeira. But progress constructing the model was slow, because Curtis lacked a high altitude perspective of Kilauea’s summit.

To solve this problem, Curtis encouraged J.F. Haworth, a wealthy businessman from Pittsburg, to go to Kilauea and pursue his hobby of flying kites. But these were no ordinary kites. Each box kite was over 3.40 metres long and 2.70 metres wide. Instead of a string, Haworth used a motorized reel of piano wire to launch and tether the kites, which were capable of lifting a payload of about 45 kilograms. For the Kilauea study, the payload was a camera positioned on a wire line about 60 metres below the kite. A small device was sent up the piano wire to trip the camera shutter for each photograph.

When Haworth arrived at Kilauea in 1915, he found that kite photography was not easy on a volcano. High winds at the summit repeatedly dragged the photographer over sharp lava, leaving him bruised. But he finally succeeded in taking a series of photos of Kilauea’s summit from various altitudes. These aerial photographs enormously speeded up the work of Curtis on his model.

In 1917, the relief map was finally installed in the Geological Section of the Harvard University Museum and opened for public viewing. The circular model was 4.30 metres in diameter, and it was built with a scale of 125 feet to an inch (38 metres to 2.5 centimetres), so there was no vertical exaggeration. At this scale, Curtis was able to depict minute details of the summit. The model shows many geologic features that had not been observed before, such as the elaborate drainage system on the south side of the caldera. Photographs of the model are useful even today to locate historic sites, including roads and other structures that are long gone.

Source : USGS / HVO.

Vue de la maquette de George Carroll Curtis montrant le cratère de l’Halema’uma’u en 1917. On remarquera la finesse des détails, comme la première route permettant aux automobiles d’atteindre la lèvre du cratère. (Source: USGS / HVO)

 

Localisation des coulées de lave pahoehoe sur le Kilauea (Hawaii) // Locating pahoehoe lava flows on Kilauea Volcano (Hawaii)

Les coulées de lave pahoehoe constituent l’un des spectacles les plus populaires sur les volcans de type hawaïen, que ce soit sur la Grande Ile d’Hawaii ou sur l’Ile de la Réunion, par exemple. Lorsqu’elles sont accessibles, ces coulées avec leurs magnifiques cordages attirent des milliers de touristes chaque année. Cependant, à côté de leur aspect esthétique, les coulées de lave pahoehoe représentent un réel danger pour les zones habitées. Elles ont détruit une grande partie du village de Kalapana, recouvert la plus grande partie de la subdivision des Jardins Royaux et ont récemment menacé la bourgade de Pahoa.
Le problème avec les coulées pahoehoe, c’est que leur trajet est difficile à suivre et à prévoir, en grande partie en raison de leur comportement en fonction de la configuration du terrain. Lorsque la surface d’un épanchement pahoehoe se refroidit, des tunnels de lave peuvent se former et conduire la lave sous la surface d’écoulement. Cette lave peut alors émerger au niveau du front de la coulée active, ou sous forme de coulées éphémères qui s’échappent du réseau de tunnels. Ces émissions sporadiques peuvent se produire dans de nombreuses zones différentes le long d’une coulée à un moment donné et sont souvent dispersées sur des zones couvrant plusieurs kilomètres sur les flancs du Kilauea. La dispersion de ces sorties de lave éphémères rend difficile la surveillance des coulées pahoehoe. À certains égards, leur contrôle est souvent beaucoup plus difficile que celui des coulées a’a qui s’épandent souvent en un seul chenal de lave bien défini.
Jusqu’à récemment, les géologues de l’Observatoire des Volcans d’Hawaï (HVO) étaient dans l’incapacité de cartographier de manière fiable les bordures des coulées pahoehoe. Leur progression et élargissement donnaient une image de l’évolution du comportement de la lave, mais il était difficile de déterminer exactement l’emplacement de toutes les coulées éphémères à la surface de la coulée principale. En effet, ces émissions de lave ponctuelles se situent généralement bien à l’écart du front et des bordures des coulées. Parfois, elles avancent en direction de la bordure de coulée et entraînent la coulée principale dans une nouvelle direction.
Ces dernières années, les géologues du HVO ont développé une nouvelle technique pour cartographier l’activité sur l’ensemble de la surface d’une coulée pahoehoe. Au cours des survols en hélicoptère, ils utilisent désormais une caméra thermique portative pour recueillir une série d’images qui se chevauchent sur toute la longueur de la coulée de lave, depuis la source jusqu’à l’entrée dans l’océan. Ils utilisent ensuite un logiciel informatique pour assembler les images individuelles en une grande mosaïque. Ce type de logiciel utilise les images qui se chevauchent pour calculer la position 3D exacte de chaque pixel de l’image à la surface de la Terre. Les géologues insèrent quelques coordonnées connues dans la mosaïque d’images, comme des « points de contrôle au sol » (waypoints), qui permettent d’obtenir une «géo référence» de la mosaïque et sa position exacte à la surface de la Terre.
Cette mosaïque d’images thermiques est en soi une carte thermique de la surface de la coulée et elle révèle l’emplacement exact de toutes les émissions de lave actives à la surface de la coulée. La carte fournit ainsi une image très précise de l’activité de surface, ce qui permet aux géologues du HVO de mieux anticiper la progression de la lave. Un autre avantage est que les scientifiques peuvent cartographier avec précision la trajectoire du tunnel de lave principal qui présente une ligne de température plus élevée à la surface.
Ce logiciel montre avec quelle rapidité évolue la technologie. Il montre également comment de nouvelles techniques peuvent améliorer la capacité de surveillance des volcans hawaïens.
Source: USGS / HVO.
En ce qui me concerne, j’ai étudié le processus de refroidissement de la lave pahoehoe sur le Kilauea, en collaboration avec le HVO et le Parc National. Un résumé de ce travail se trouve sous le titre de ce blog.

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Pahoehoe lava flows are a common and spectacular feature on Hawaiian volcanoes. When they are accessible, they attract thousands of tourists every year. However, together with their aesthetic aspect, pahoehoe lava flows are a serious hazard to residential areas. They destroyed much of the town of Kalapana, buried most of the Royal Gardens subdivision, and most recently threatened the town of Pahoa.

A challenge with pahoehoe flows is that they are difficult to track and forecast, in large part owing to how they spread out on the ground. As the surface of a pahoehoe lava flow cools, lava tubes can develop and transport lava beneath the flow surface. This lava emerges at the active flow front, and on the flow surface in “breakouts” from the tube system. These lava breakouts can occur in many different areas along the length of a flow at any given time and are often scattered over areas spanning kilometres on Kilauea volcano. The scattered nature of breakouts is the main challenge for monitoring and forecasting pahoehoe flows. In some ways, monitoring pahoehoe flows can be much more difficult than monitoring aa flows, which are often focused in a single, well-defined lava channel.

Until recently, geologists at the Hawaiian Volcano Observatory (HVO) could only effectively map the margins of a pahoehoe flow. The advance and expansion of the flow margins provided a picture of evolving behaviour at the edge of the flow, but it was difficult to map out exactly where all the breakouts on the flow surface were located. Indeed, these breakouts are commonly positioned well away from the flow front and margins. Sometimes they advance to reach the flow margins, and drive the flow in a new direction.

Over the past few years, HVO geologists developed a new technique to map activity across the entire surface of a pahoehoe flow. During their routine helicopter overflights, they use a handheld thermal camera to collect a series of overlapping, oblique images along the entire length of the lava flow, from the vent to the ocean entry. They then use a computer software to stitch the individual images into a large mosaic. This type of software uses the overlapping images to calculate the exact 3-D position of each image pixel on the surface of the Earth. Geologists insert a handful of known coordinates in the image mosaic as “ground control” points, which provide “georeference” for the mosaic and orients it to its correct position on the Earth’s surface.

This mosaic of thermal images is basically a thermal map of the lava flow surface, and reveals the exact location of all the active surface breakouts. The map provides a highly accurate picture of surface activity, improving HVO’s ability to anticipate where lava might advance. The added benefit is that geologiqts can precisely map the path of the main lava tube, which produces a subtle line of warm temperatures on the surface.

This software is another example of how rapidly technology is changing. It also shows how new techniques can improve the ability to monitor Hawaiian volcanoes.

Source : USGS / HVO.

As far as I am concerned, I studied the cooling process of paehoe lava flows on Kilauea volcano, in collaboration with HVO and the national Park. An abstract of this study can be found under the title of this blog.

Carte physique et image thermique des coulées de lave du Kilauea le 12 octobre 2017 (Source : HVO).

Coulées éphémères sur le Kilauea (Photos: C. Grandpey)

Belle vidéo du cratère de l’Halema’uma’u (Hawaii) // Great video of Halema’uma’u Crater (Hawaii)

En mars 2008, une nouvelle bouche éruptive s’est ouverte dans le cratère de Halema’uma’u au sommet du Kilauea à Hawaii.
En raison des risques volcaniques, la zone autour de l’Halema’uma’u a été fermée au public au début de l’année 2008 et elle est toujours interdite d’accès aujourd’hui. L’éruption sommitale peut toutefois être observée en toute sécurité depuis le rebord du cratère du Kilauea et, en particulier, depuis la terrasse du Jaggar Museum.
L’USGS a réalisé un documentaire, «Kilauea Summit Eruption-Lava Returns to Halema’uma’u.» Il est en anglais, raconte l’histoire de l’éruption et montre des images du lac de lave. Cette nouvelle vidéo de 24 minutes peut être vue en cliquant sur ce lien:

https://youtu.be/gNoJv5Vkumk

La vidéo commence par une mélopée avec l’ Halema’uma’u pour thème. Elle reflète les liens qui existent encore aujourd’hui entre la science et la culture hawaiienne sur le Kilauea.
Le documentaire raconte ensuite l’histoire éruptive de Halema’uma’u et décrit la formation et l’évolution permanente de la bouche éruptive et du lac de lave.
Six scientifiques de l’USGS-HVO partagent leurs idées sur l’éruption sommitale. Les sujets abordés comprennent la surveillance du lac de lave, comment et pourquoi son niveau monte et descend, pourquoi des événements explosifs se produisent, le lien entre le sommet du volcan et les éruptions de l’East Rift Zone, ainsi que les impacts de l’éruption sommitale sur l’île d’Hawaï et au-delà.
L’éruption sommitale du Kilauea atteindra sa dixième année en mars 2018. Il s’agit du lac de lave qui a persisté le plus longtemps depuis 1924, et rien n’indique que son activité ralentisse !
Source: USGS / HVO.

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In March 2008, a new volcanic vent opened within Halema‘uma’u Crater at the summit of Kilauea Volcano in Hawaii.

Due to volcanic hazards, the area around Halema’uma’u was closed to the public in early 2008 and remains closed today. The summit eruption can, however, be safely viewed from vantage points on the rim of Kilauea Crater, such as the terrace of the Jaggar Museum.

The USGS has produced a documentary, “Kilauea Summit Eruption–Lava Returns to Halema’uma’u,” to tell the story of the eruption, and to share imagery of the lava lake. This new 24-minute video can be seen by clicking on this link :

https://youtu.be/gNoJv5Vkumk

The video begins with a chant about Halema’uma’u. It reflects the connections between science and culture that continue on Kilauea today.

The documentary then recounts the eruptive history of Halema’uma’u and describes the formation and continued growth of the vent and lava lake.

As the story unfolds, six USGS-HVO scientists share their insights on the summit eruption. Topics include how they monitor Kilauea’s summit lava lake, how and why the lake level rises and falls, why explosive events occur, the connection between the volcano’s ongoing summit and East Rift Zone eruptions, and the impacts of the summit eruption on the Island of Hawaii and beyond.

Kilauea Volcano’s summit eruption will reach its 10th anniversary in March 2018. Even now, it is the longest-lasting summit lava lake since 1924, and there are no signs that it is slowing down.

Source : USGS / HVO.

Cratère de l’Halema’uma’u vu au crépuscule depuis la terrasse du Jaggar Museum (Photo: C. Grandpey)

Belle photo de l’Overlook Crater (Kilauea / Hawaii) // Great photo of the Overlook Crater (Hawaii)

Le HVO a mis en ligne le 13 septembre une photo très intéressante de l’Overlook Crater, la bouche active avec un lac de lave dans le vaste cratère de l’Halema’uma’u. L’image montre la paroi ouest de l’Overlook Crater. Au bas du cliché, on peut voir la croûte mince du lac de lave avec les projections habituelles de spattering à sa surface. Juste au-dessus de la surface du lac, un anneau noir de quelques mètres de hauteur révèle un récent niveau du lac dont la surface varie selon les épisodes d’inflation et de déflation du Kilauea. Au-dessus de la zone noire, une épaisse couche de roche rouge, blanche et jaune apparaît dans la paroi du cratère. Ces couleurs sont dues à l’oxydation et à l’altération de la lave ancienne qui a envahi l’Halema’uma’u dans les années 1960 et 1970. Au-dessus des roches colorées, on peut voir une zone de 8 mètres d’épaisseur faite de couches de roches plus sombres laissées par le débordement de lave d’avril et mai 2015. La partie sommitale de la paroi est constituée par le plancher plat de Halema’uma’u qui est recouvert d’une couche de cheveux de Pele.
La photo a été prise par les géologues du HVO, les seules personnes autorisées à s’approcher de l’Overlook Crater. La zone est interdite au public quel qu’il soit, qu’il s’agisse de personnes individuelles ou d’agences de voyage, car les parois du cratère s’effondrent parfois dans le lac de lave, générant des explosions violentes qui envoient des matériaux incandescents au-delà de la lèvre de la bouche active.
Source: HVO.

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HVO posted on September 13th a very interesting photo of the Over look Crater, the active vent with a lava lake within Halema’uma’u. The image shows the western wall of the Overlook Crater. One can see the thin crust of the lava lake with the usual spattering at its surface. Just above the lake surface, a black ring extends up the wall several meters, revealing a recent high stand of the lake whose surface varies according to the inflation and deflation events on Kilauea. Above the black zone, a thick span of red, white and yellow rock is exposed in the crater wall. The colours are due to oxidation and alteration of older lava that filled Halema‘uma‘u in the 1960s and 1970s. Above the colourful rocks is an 8-metre-thick section of darker rock layers, which were formed by lava overflowing the Overlook Crater rim in April and May 2015. The top of the photo shows the flat floor of Halema‘uma‘u, blanketed in a continuous layer of Pele’s hair.

The photo was taken by HVO geologists, the only persons allowed to stand close to the Overlook Crater. The area is closed to the public whatever it is – individual people or travel agencies – as parts of the walls sometimes collapse in the lava lake, generating violent explosions that send hot material beyond the vent’s rim.

Source: HVO.

Paroi ouest de l’Overlook Crater le 13 septembre 2017 (Crédit photo: HVO)

Violente explosion dans l’Overlook Crater le 3 mai 2015 (Crédit photo : HVO)

 

Kamokuna (Hawaii): Toujours pas d’effondrement du delta de lave // No collapse yet of the lava delta

Pour répondre à la question d’un visiteur de ce blog, le delta de lave à Kamokuna ne s’est toujours pas effondré. La lave continue d’arriver et fait s’agrandir le delta jour après jour. Les fractures observées précédemment continuent de s’élargir, ce qui semble indiquer un effondrement dans un proche avenir. Il y a deux semaines, le HVO a estimé que le delta couvrait une superficie de près de 3 hectares. Malgré le nouvel apport de lave, le delta ne montre aucun signe réel de faiblesse. Les géologues pensent toutefois que l’effondrement est inévitable car le delta continue à s’affaisser, mais personne ne sait quand l’événement aura lieu. Encore et encore, les autorités du parc conseillent aux visiteurs de faire attention et de respecter les limites autour de l’entrée de lave de Kamokuna. Au moment de l’effondrement, des explosions se produiront, avec projection de matériaux incandescents
Source: HVO

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To answer the question of a visitor of my blog, the lava delta at Kamokuna continues to resist collapse. Lava continues to add new land to the growing delta. Stress fractures in the bench continue to increase in width, indicating the growing likelihood of a collapse in the near future. Two weeks ago, HVO estimated the bench at nearly 3 hectares. Despite the recent increase, the delta shows no real sign of weakness. Geologists say the collapse is inevitable as the bench continues to slump, but nobody knows when the event will take place. Again and again, Park authorities advise visitors to be careful and respect the limits around the Kamokuna lava entry. Explosions will take place at the moment of the collapses and incandescent materials will be ejected around Kamokuna.

Source: HVO.

Crédit photo: HVO

Nouvelles du Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion) et du Kilauea (Hawaii) // News of Piton de la Fournaise and Kilauea

L’éruption du Piton de la Fournaise qui a débuté le 14 juillet se poursuit. Le tremor volcanique se maintient à un niveau stable et faible, mais l’éruption n’est pas terminée. Aucune déformation de l’édifice volcanique n’est enregistrée. Les conditions météorologiques souvent défavorables ne permettent pas de faire de mesures du débit de la lave.

Source : OVPF.

On n’a observé aucun changement majeur sur le Kilauea au cours des dernières semaines. Le lac de lave dans l’Halema’uma’u montre les fluctuations habituelles provoquées par les épisodes d’inflation et de déflation de l’édifice volcanique. La lave se trouve actuellement à 40 mètres sous la lèvre de l’Overlook Crater.
Les images de la webcam montrent les points d’incandescence habituels sur le Pu’uO’o, ce qui confirma la stabilité de l’activité. Un petit lac de lave peut toujours être observé dans la partie ouest du cratère.
La coulée issue de l’épisode 61g est active et entre dans l’océan à Kamokuna. Le HVO décrit des explosions littorales et l’élargissement lent et continu de plusieurs grandes fractures à travers le delta de lave. L’élargissement des fractures reflète l’affaissement de la partie frontale du delta et souligne le risque de son effondrement soudain dans la mer. La coulée de lave reste active au-dessus du pali et sur la plaine côtière. Le 19 août en début de la matinée, la lave est sortie d’une bouche qui s’est ouverte à environ 120 mètres en amont du delta et a formé une cascade spectaculaire sur la falaise et dans la partie ouest du delta. L’événement a été de courte durée et, au début de l’après-midi, l’activité avait cessé. Il est rappelé aux visiteurs de ne pas entrer dans la zone dangereuse délimitée par des cordes car des explosions soudaines provoquées par l’effondrement du delta de lave peuvent se produire à tout moment.

Source : HVO.

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The eruption of Piton de la Fournaise that started on July 14th is still going on. The  eruptive tremor maintains a low level but the eruption is nor over. No deformation of the volcanic edifice is being recorded. Weather conditions are oten unfavourable and do not allow to perform measurements of the lava output.

Source: OVPF.

There have been no major changes on Kilauea during the past weeks. The lava lake within Halema’uma’u shows the usual fluctuations caused by the inflation and deflation episodes of the volcanic edifice. Lava is currently 40 metres below the rim of the Overlook crater.

Webcam images show persistent glow from long-term sources at Pu’uO’o indicating steady activity. A small lava lake can still be observed in the western part of the crater.

The episode 61g flow is active and entering the ocean at Kamokuna. HVO observations describe littoral explosions and continued slow widening of several large cracks across the active lava delta. Crack widening reflects seaward slumping of the delta’s leading edge and highlights the potential of sudden collapse into the sea. Surface lava flow activity persists on the upper portion of the flow field above the pali and on the coastal plain. On August 19th in the early morning, lava emerged from a breakout about 120 metres inland of the delta forming a spectacular cascade over the seacliff and onto the western delta surface. The breakout was short lived and by early afternoon, activity had ceased. Visitors are reminded not to enter the danger zone as sudden explosions due to the delta collapse can occur at any time.

Source: HVO.

Tremor sur le Piton de la Fournaise le 25 août 2017

(Source: OVPF)

Cascade de lave du 19 août 2017 et delta de lave (Source: HVO)