Kilauea (Hawaii): Quelques réflexions sur l’éruption // A few thoughts about the eruption

Même si le HVO ne cesse de répéter qu’il faut attendre plusieurs semaines pour être certain que l’éruption est effectivement terminée, on peut raisonnablement dire que la lave ne coulera plus dans la Lower East Rift Zone (LERZ) et le District de Puna.

Débutée le 3 mai 2018, cette dernière éruption a été l’une des plus spectaculaires jamais observées au cours des dernières décennies. Aucun mort n’est à déplorer et seules deux personnes ont été blessées par des bombes volcaniques projetées par la lave. En revanche, les dégâts matériels sont considérables car plus de 700 maisons ont été détruites.

Si je devais faire le bilan de cette éruption, j’insisterais sur plusieurs points :

Les informations ont été de grande qualité, qu’elles soient en provenance du HVO ou de la Protection Civile. Les bulletins – souvent relayés par la presse locale – étaient très complets et illustrés de nombreuses photos ou vidéos. Les autorités ont vraiment joué la transparence.

– Si les images étaient largement disponibles sur Internet, l’approche de l’éruption par les touristes et les personnes autres que les scientifiques et les membres de la Protection Civile a été une catastrophe. Ce fut vraiment « l’éruption interdite ». Il a souvent été question de la mise en place d’une ou plusieurs plateformes d’observation, mais elles n’ont jamais vu le jour. La seule solution pour les touristes était donc de mettre la main au portefeuille et d’acheter des survols en hélicoptère ou des approches des coulées par la mer. A se demander si la volonté des autorités n’était pas de faire travailler ces structures commerciales. Personnellement, je ne suis pas loin de le penser ! Vouloir mettre l’accent sur la sécurité comme le font en permanence les Américains dans les parcs nationaux et autres sites potentiellement ouverts aux touristes, c’est bien, mais il ne faut pas pousser le bouchon trop loin !

– D’un point de vue scientifique, on a eu la confirmation de notre incapacité à prévoir le déroulement d’une éruption. On sent d’ailleurs la gêne et la frustration des scientifiques locaux qui se sont faits surprendre par la fin relativement rapide de l’éruption alors qu’ils avaient misé sur un événement de longue durée.

Le démarrage de l’éruption était prévisible car il était évident que le réservoir magmatique sommital était à saturation avec des débordements des lacs de lave dans l’Halema’uma’u et le Pu’uO’o. De plus, cela faisait plusieurs mois que les tiltmètres montraient que le Kilauea traversait une longue phase d’inflation. La sortie de la lave était donc assez facile à pronostiquer, même si personne ne savait où l’événement allait avoir lieu. A aucun moment l’Observatoire n’a prévu son apparition dans les Leilani Estates. Les scientifiques n’ont pu que constater la sortie de la lave.

La suite et la fin de l’éruption ont fait l’objet de nombreux articles. Toutes les hypothèses ont été avancées, tant pour l’activité sommitale que le long de l’East Rift Zone. Comme je l’écrivais précédemment, beaucoup pensaient que l’éruption pourraient durer des mois, voire des années. D’autres s’attendaient à un regain d’activité quand la Fracture n° 8 a montré des signes de faiblesse et n’a plus envoyé la lave dans le chenal vers l’océan, mais Madame Pele a décidé de siffler la fin de la partie.

– Toujours d’un point de vue scientifique, l’éruption a montré que l’intrusion initiale dans la Lower East Rift Zone avait remobilisé une ancienne lave plus froide et plus « évoluée » que celle observée dans les lacs de lave de l’Halema’uma’u et du Pu’uO’o. La lave émise dans la LERZ au début de l’éruption dans les Leilani Estates était semblable à la première lave émise lors de l’éruption de 1955 dans la même région. Au cours des jours suivants, les analyses chimiques ont révélé une lave progressivement plus chaude et moins évoluée, jusqu’à ce qu’elle se stabilise à des températures de 1130-1140°C et débouche sur l’éruption spectaculaire de la Fracture n° 8. C’est la première fois qu’une telle évolution dans la nature de la lave a pu être observée et étudiée en direct sur le terrain.

– Autre point positif : Les scientifiques ont pu observer en direct l’affaissement simultané du cratère sommital qui accompagnait la vidange du réservoir magmatique peu profond et l’évacuation de la lave dans la Lower East Rift Zone. L’événement a été particulièrement spectaculaire, avec de gros effondrements qui ont généré une forte sismicité dans toute la zone sommitale.

– Comme je l’ai indiqué plus haut, le bilan matériel est lourd avec des centaines de structures avalées par la lave. Beaucoup se demandent pourquoi des lotissements ont été autorisés dans une zone de fractures (Rift Zone) déjà envahie par la lave dans les décennies précédentes. La réponse est facile : parce que le terrain est beaucoup moins cher qu’ailleurs sur la Grande Ile, en particulier dans le secteur de Kailua-Kona. Dans le District de Puna, on se trouve près de la mer, dans de très beaux paysages et les terrains ne coûtent pas trop cher. S’y établir est un peu jouer à la roulette russe car la lave peut surgir sans prévenir.

Si votre habitation est détruite, va se poser le problème de l’assurance et des dédommagements. Il faut savoir que les polices d’assurances liées aux risques naturels comme les séismes et les éruptions sont très, très chères aux Etats-Unis et beaucoup d’habitations ne sont pas assurées contre ces sinistres. Vous allez me dire : On peut faire jouer la garantie incendie, étant donné que la maison a flambé ! Eh bien non ! Pour que la garantie incendie soit acceptée par les assureurs, il faut que les fondations de la maison soit apparentes après le sinistre, ce qui n’est pas le cas si une coulée de lave est passée par là.

Seules des aides locales et fédérales peuvent venir en aide aux sinistrés, mais elles seront loin de couvrir le montant des dommages subis. Certains ont essayé de négocier des aides à l’amiable avec leurs compagnies d’assurances alors que d’autres préfèrent passer par des actions en justice.

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Even though HVO keeps repeating that we need to wait several weeks to be certain that the eruption is actually over, it is reasonable to say that lava will no longer flow in the Lower East Rift Zone (LERZ) and the Puna District. .
Started on May 3rd, 2018, this eruption was one of the most dramatic ever observed in recent decades. No deaths were reported and only two people were injured by volcanic bombs. However, the material damages are considerable because more than 700 houses were destroyed.
If I had to analyse this eruption, I would insist on several points:

The information was of a high quality, whether from HVO or the Civil Defense. The reports – often relayed by the local press – were very complete and illustrated with many photos or videos. The authorities really played transparency.

– If the images were widely available on the Internet, the approach of the eruption by tourists and people other than scientists and members of the Civil Defense was a disaster. It was really « the forbidden eruption« . There has often been talk of setting up one or more observation platforms, but they have never existed. The only solution for the tourists was therefore to buy helicopter overflights or approach the eruption from the sea. One may wonder wonder if the authorities’ aim was not to bring work to these commercial structures. Personally, I’m not far from thinking it! It is a good idea to focus on safety, as Americans are always doing in national parks and other sites that are potentially open to tourists, but the safety measures are often exaggerated!

– From a scientific point of view, there was the confirmation of our inability to predict the course of an eruption. We can feel the embarrassment and frustration of local scientists who were surprised by the relatively rapid end of the eruption while they had bet on a long-term event.
The onset of the eruption was predictable as it was obvious that the shallow magma reservoir was saturated. The lava lakes in Halema’uma’u and Pu’uO’o often overflowed. In addition, the tiltmeters had shown for several months that Kilauea was going through a long period of inflation. The breakout of lava was easy enough to predict, although no one knew where it was going to take place. At no time has the Observatory anticipated its appearance in the Leilani Estates. Scientists could only observe the event.
The continuation and the end of the eruption have been the subject of many articles. All the hypotheses have been suggested, both for activity at the summit and along the East Rift Zone. As I put it earlier, many scientists thought the eruption could last for months or even years. Others were expecting a renewal of activity when Fracture # 8 showed signs of weakness and no longer sent lava in the channel to the ocean, but Madame Pele decided to blow the whistle.

– Still from a scientific point of view, the eruption has shown that the initial intrusion into the Lower East Rift Zone remobilized an older, colder and more « evolved » lava than the one observed in the Halema’uma’u and Pu’uO’olava lakes. The lava emitted in the LERZ at the beginning of the eruption in the Leilani Estates was similar to the first lava emitted during the 1955 eruption in the same region. Over the following days, the chemical analyzes revealed a progressively warmer and less evolved lava until it stabilized at temperatures of 1130-1140°C and resulted in the dramatic eruption of Fracture no. 8. This was the first time such an evolution in the nature of lava could be observed and studied live on the field.

– Another positive point was that scientists were able to observe live the simultaneous collapse of the summit crater that accompanied the emptying of the shallow magma reservoir and the evacuation of the lava in the Lower East Rift Zone. The event was particularly spectacular, with large collapses that generated strong seismicity throughout the summit area.

– As I indicated above, the material outcome is severe with hundreds of structures swallowed by lava. Many people are wondering why building houses was allowed in a Rift Zone already invaded by lava in previous decades. The answer is easy: because the land is much cheaper than elsewhere on the Big Island, especially in the ​​Kailua-Kona area. In the District of Puna, houses are near the sea, in beautiful landscapes and the land is not too expensive. However, settling there is a little Russian roulette because the lava can come out any time, without warning.
If your home is destroyed, there will be the problem of insurance and compensation. You should know that insurance policies related to natural hazards such as earthquakes and eruptions are very, very expensive in the United States and many homes are not insured against these damages. You might be inclined to use fire warranty, since the house has been burnt! You would be wrong ! For the fire insurance to be accepted by insurers, the foundations of the house must be apparent after the disaster, which is not the case if a lava flow has passed through.
Only local and federal funds can help the victims, but they will not be enough to finance the damage suffered during the eruption. Some owners have tried to negotiate out-of-court assistance with their insurance companies, while others prefer to go to court.

Crédit photo: USGS / HVO

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Kilauea (Hawaii): Dernières nouvelles // Latest news

Voici la situation actuelle (le 13 août 2018) au sommet du Kilauea et le long de la Lower East Rift Zone (LERZ).
Au sommet du Kilauea, le nombre de séismes, qui était de 30 à 40 heures par heure au cours des dernières semaines, est tombé à 1 ou 2 par heure. Il n’y a pas eu d’effondrement dans le cratère de l’Halema’uma’u depuis le 2 août et aucun affaissement significatif n’a été observé depuis le 4 août. Les instruments montrent peu de changements dans la déformation et la sismicité du sommet.
Sur la LERZ, les émissions de lave et de SO2 ont considérablement diminué. Seul un petit lac de lave recouvert d’une croûte subsiste au fond du cône de la Fracture n° 8 et le chenal de lave s’est pratiquement tout vidé. L’entrée dans l’océan est peu active. Seules quelques petites coulées de lave pénètrent encore dans l’océan, principalement près de Isaac Hale Beach Park.
Un panache blanc a été observé au-dessus du cône du Pu’uO’o au cours des dernières semaines. Les 2 et 3 août, les émissions de SO2 avaient considérablement augmenté, mais ces valeurs sont retombées aux niveaux bas des trois derniers mois. Parallèlement au ralentissement de l’activité au sommet, la déflation le long de la Middle East Rift Zone s’est arrêtée.
La raison pour laquelle l’éruption dans la LERZ et l’affaissement du sommet ont diminué si rapidement n’est pas connue, mais il se peut que ce soit en raison de la réduction de l’alimentation magmatique de la LERZ, suite à la vidange progressive du réservoir sommital. Il se peut aussi qu’il s’agisse d’un blocage dans le système magmatique entre le sommet et la LERZ; toutefois, on n’enregistre pas la sismicité ou les déformation susceptibles de trahir une mise sous pression associée à un blocage.
Selon le HVO, la raison de ces changements n’est pas claire. Il se peut qu’il s’agisse d’une simple pause dans l’éruption qui pourrait reprendre dans la LERZ, de même que l’affaissement au sommet du Kilauea. En 1955, deux pauses de cinq et 16 jours ont eu lieu pendant l’éruption de 88 jours dans la LERZ.
Il se peut aussi que ce soit la fin de l’éruption. Le HVO explique qu’il faudra des jours, voire des semaines, pour déterminer avec certitude si l’éruption est terminée ou simplement interrompue.

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Here’s the current situation (August 13th, 2018) at the summit of Kilauea and along the Lower East Rift Zone (LERZ).

At Kilauea’s summit, the number of earthquakes, which was 30-40 per hour in previous weeks, has decreased to as few as 1-2 per hour. A collapse event has not occurred since August 2nd and no significant subsidence has been evident since August 4th. Monitoring instruments show little change in summit deformation and seismicity.

On the LERZ, the eruption of lava and SO2 emissions  have decreased dramatically. Only a small pond of crusted lava remains deep within the fissure 8 cone and the lava channel is mostly empty. The ocean entry is minimally active, with small streams of lava oozing into the ocean, mostly near Isaac Hale Beach Park.

At Pu‘u ‘O‘o, a white plume was observed above the cone in recent weeks. On August 2nd and 3rd, gas measurements indicated SO2 emissions increased significantly. Since then, however, these values decreased to low levels of the past three months. Coincident with the summit activity slowdown, deflation along the middle East Rift Zone stalled.

Why the LERZ eruption and summit subsidence abated so quickly is not certain, but one possibility is that it could be a response to reduced magma supply to the LERZ as the summit reservoir progressively emptied. It might also reflect a blockage within the magma system between the summit and the LERZ; however, the lack of seismicity and deformation, which generally indicate pressurization associated with a blockage, suggest this is unlikely.

According to HVO, the significance of these changes is not clear. The slowdown may be just a pause, and an East Rift Zone eruption and subsidence at the summit of Kilauea could resume. In 1955, two pauses of five and 16 days occurred during that 88-day LERZ eruption.

It is also possible that the slowdown reflects the end of the LERZ eruption and summit subsidence. The Observatory says it will take days, or possibly weeks, to determine with certainty if the activity is ever or merely paused.

Vue de la Fracture n° 8 le 11 août 2018 (Crédit photo: USGS / HVO)

Volcans du monde // Volcanoes around the world

Ambae (Vanuatu):
D’après la presse néo-zélandaise, les habitants d’Ambae ont obéi à l’ordre du gouvernement et ont commencé à évacuer l’île dans les premiers jours du mois d’août. La décision gouvernementale a été motivée par les effets des retombées de cendre provoquées par l’éruption dans le Lac Voui. Le 8 août, plus de 3 000 personnes s’étaient dirigées vers les îles Espiritu Santon et Maewo.

Etna
(Sicile / Italie):
L’INGV indique que l’activité de l’Etna consiste en des émissions de gaz et une activité strombolienne dans les cratères sommitaux. Trois bouches sont actives au fond de la Bocca Nuova, avec des émissions de gaz au niveau de deux d’entre elles et une activité strombolienne sporadique dans la troisième. Trois bouches sont également actives au fond du cratère nord-est; l’une d’elles produit des émissions de cendre ; une autres de la vapeur et une troisième projette des matériaux incandescents qui ne dépassent pas la lèvre du cratère. Après plusieurs mois de calme, l’activité explosive a repris dans la bouche E sur le flanc E du Nouveau Cratère Sud-Est. L’activité a débuté le 1er août avec un panache de cendre qui s’est élevé de plusieurs centaines de mètres au-dessus du sommet.
Source: INGV.

Krakatau (Indonésie):
L’activité est relativement stable sur le volcan. Les explosions génèrent des panaches de cendre qui montent jusqu’à 600 mètres au-dessus du sommet où l’incandescence est visible la nuit. Le niveau d’alerte reste à 2 (sur une échelle de 1 à 4). Les habitants et les touristes sont invités à ne pas s’approcher du volcan à moins d’1 km du cratère.
Source: VSI.

Nevados de Chillan (Chili)
L’activité se poursuit sur le volcan ; elle est liée à la croissance du dôme de lave Gil-Cruz dans le cratère Nicanor. La sismicité est modérée à élevée et se compose d’événements longue période (LP) et d’épisodes de tremor. Le niveau d’alerte reste à l’Orange,
Source: SERNAGEOMIN.

Sierra Negra
(Isla Isabela / Equateur):
L’éruption du Sierra Negra se poursuit. L’incandescence produite par les coulées de lave actives est visible quotidiennement. Une augmentation du tremor a commencé à 22h20 le 3 août et a duré deux heures, signe d’une intensification de l’activité sur le flanc N.
Source: Instituto Geofisico.

Sabancaya (Pérou):
Des explosions sont encore observées sur le Sabancaya, avec une vingtaine d’événements en moyenne chaque jour. Les panaches de gaz et de cendre montent jusqu’à 2,6 km au-dessus du cratère. Le 2 août, les émissions de SO2 atteignaient 5 000 tonnes / jour. Le public ne doit pas s’approcher du cratère dans un rayon de 12 km.
Source: INGEMMET.

Kilauea (Hawaii) :

Activité inchangée depuis ma dernière note.

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Ambae (Vanuatu):

According to New Zealand newspapers, residents of Ambae obeyed the government order and began to evacuate the island in the first days of August. The order was potivated by the effects of significant ashfall from the ongoing eruption at Lake Voui. By August 8th, over 3,000 people had been moved to Espiritu Santon and Maewo islands.

Etna (Sicily / Italy):

INGV reports that activity at Mt Etna is characterized by gas emissions at the summit craters and strombolian activity. Three vents at the bottom of Bocca Nuova are active, with gas emissions rising from two vents and sporadic strombolian activity occurring at a third. Three vents are also active at the bottom of Northeast Crater; one produces ash emissions, one steam emissions, and strombolian explosions at the third ejects incandescent material as high as the crater rim. After several months of quiet conditions, explosive activity resumed at the E crater on the E flank of the New Southeast Crater. The activity began on August 1st with an ash plume that rose several hundred metrs above the summit.

Source: INGV.

Krakatau (Indonesia):

Activity is relatively stable at the volcano. Explosions generate ash plumes that rise as high as 600 metres above the summit where incandescence is visible at night. The Alert Level remains at 2 (on a scale of 1-4). Residents and visitors are asked not to approach the volcano within 1 km of the crater.

Source: VSI.

Nevados de Chillan (Chile)

Activity continues at the volcano, associated with the growth of the Gil-Cruz lava dome in the Nicanor Crater. Seismicity is moderate to high and consists of long-period events and tremor episodes. The Alert Level remains at Orange,

Source : SERNAGEOMIN.

Sierra Negra ( Isla Isabela / Ecuador):

The eruption at Sierra Negra continues. Incandescence from active lava flows is visible daily. An increase in the tremor began at 22:20 on August 3rd and lasted two hours, signifying a new pulse of activity on the N flank.

Source: Instituto Geofisico.

Sabancaya (Peru):

Explosions are still observed at Sabancaya with an average of about 20 events per day. Gas-and-ash plumes rise as high as 2.6 km above the crater rim. On August 2nd, the SO2 emissions were measured at 5,000 tons/day. The public should not approach the crater within a 12-km radius.

Source: INGEMMET.

Kilauea (Hawaii) :

Activity has not changed since my last post.

Kilauea: Fissure 8 (Crédit photo: USGS / HVO)

Kilauea (Hawaii): Nouvelles de l’éruption // News of the eruption

L’émission de lave au niveau de la Fracture n° 8 reste faible. Il y a un petit lac de lave actif à l’intérieur du cône d’où s’échappe un petit panache de gaz. La surface du lac de lave se trouve à une dizaine de mètres sous le déversoir qui alimentait le chenal de lave. Le panache de gaz a fortement diminué le long de la côte. La coulée de lave active reste présente près de la rampe de mise à l’eau de Pohoiki mais elle n’a pas progressé de manière significative
Dans la partie centrale de l’East Rift Zone, les mesures de gaz émis par le Pu’uO’o, effectuées les 6 et 7 août, indiquent une teneur en SO2 inférieure aux mesures de la semaine dernière. Cette teneur en SO2 est semblable à celle observée au cours des trois derniers mois. Lors d’un survol, aucune lave active n’a été observée dans le cratère.
Le sommet du Kilauea reste calme, avec une très faible sismicité. La déformation mesurée par un tiltmètre et les capteurs GPS a pratiquement cessé. Entre la mi-mai et le début d’août 2018, la profondeur de l’Halema’uma’u a plus que triplé et son diamètre a plus que doublé avec la vidange du réservoir magmatique peu profond et l’intrusion de la lave dans la l’East Rift Zone. Des fractures et des blocs issus du plancher de la caldeira se sont effondrés dans l’Halema’uma’u. À la base des parois abruptes du cratère se trouvent des amas de matériaux qui se sont accumulés lors des phases d’effondrement. Des zones de fumerolles restent présentes dans le cratère, à proximité de l’ancien lac de lave.
Les changements subis par le sommet et la LERZ montrent que la quantité de magma qui a quitté le sommet pour alimenter l’éruption dans la LERZ a diminué. On ne sait pas pendant combien de temps va encore durer cette situation. Il se peut que l’on observe une nouvelle arrivée de lave, ce qui provoquerait une nouvelle déflation de la zone sommitale, de nouveaux effondrements et une reprise de l’éruption dans la LERZ.
Source: USGS / HVO.

Personnellement, je ne crois pas à une telle reprise de l’éruption. L’activité a diminué régulièrement au niveau de la Fracture n° 8 au cours des dernières semaines, avec l’absence de fontaines de lave et une émission de lave en déclin. Cela a été également prouvé par la croûte qui a commencé à recouvrir la partie inférieure du chenal de lave. Parallèlement, le nombre d’effondrements et la sismicité ont également diminué au sommet, signe que la vidange de la poche magmatique sous le plancher du cratère se terminait.

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Activity and lava output from Fissure 8 remains low. There is a small active lava lake within the Fissure 8 cone, with a weak gas plume. The surface of the lava lake is about 5-10 metres below the spillway entrance. The laze plume has greatly diminished along the coast. Active lava remains close to the Pohoiki boat ramp but has not advanced significantly toward it

In the Middle East Rift Zone, gas measurements of the Pu’uO’o plume taken on August 6th and 7th indicated a reduced SO2 emission rate lower than the measurement of the previous week. They were similar to what has been observed over the past three months. No active lava was observed in the crater during an overflight.

 The Kilauea summit remains quiet, with very low seismicity. The deformation at the summit as measured by tiltmeter and GPS instruments has virtually stopped. Between mid-May and early August, 2018, the depth of Halema‘uma‘u more than tripled and its diameter more than doubled as magma from Kīlauea’s shallow summit reservoir moved into the Lower East Rift Zone. Cracks and down-dropped blocks of the caldera floor have slumped into Halema‘uma‘u. At the base of the steep crater walls are piles of rock fragments shaken loose during previous summit collapse events. Areas of persistent steaming within the crater, in the vicinity of the former lava lake, are also visible.

Summit and LERZ changes considered together imply that the rate of magma leaving the summit to feed the Lower East Rift Zone eruption has decreased. How long this condition will persist is unknown. It is possible that outflow will pick up again, resulting in renewed summit area deflation leading to another collapse event and renewed eruption vigour on the LERZ.

Source: USGS / HVO.

I personally do not believe in a reprieve of the eruption. Activity decreased at Fissure 8 during the past weeks with the absence of lava fountains and an output that was declining. This was proved by the crust that started covering the lower part of the lava channel. In parallel, the number of collapse events and seismicity also decreased at the summit, revealing that the drainage of the magma pocket beneath the crater floor was coming to an end.

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Vue du sommet du Kilauea le 7 août 2018:

 

Vue de la Fracture n° 8 le 7 août 2018:

L’éruption touche probablement à sa fin…

Crédit photo: Civil Air Patrol, USGS / HVO

Eruption du Kilauea (Hawaii) : Chimie de la lave // Lava chemistry

L’USGS a publié un article très intéressant sur l’évolution et les changements subis par la lave lors de l’éruption actuelle du Kilauea dans la Lower East Rift Zone  (LERZ).
Lorsque le premier échantillon de lave a été prélevé dans la LERZ  le 3 mai 2018, le laboratoire de géochimie de l’Université d’Hawaii a travaillé avec le HVO pour conclure en quelques heures que la lave provenait du magma déjà stocké sous la zone de rift. La lave de la LERZ était beaucoup plus froide (environ 1090 ° C) et plus «évoluée» que la lave d’une température de 1140°C émise par le Pu’uO’o au cours des 35 dernières années. Même si cette découverte ne fut pas vraiment une surprise, c’était la première fois qu’elle était documentée lors d’une éruption.
Il y eu tout de même une surprise: La Fracture n° 17 – la seule à ne pas être dans l’alignement des autres – a émis la lave avec la plus basse température et la plus chimiquement évoluée jamais observée sur le Kilauea. Sa température atteignait seulement 1030°C.
Les éruptions précédentes dans la LERZ du Kilauea ont montré une évolution semblable: Le magma évolué a été émis en premier, suivi un peu plus tard par un magma à plus basse température. La lave émise dans la LERZ au début de l’éruption dans les Leilani Estates est semblable à la première lave émise lors de l’éruption de 1955 dans la même région.
La découverte de magma évolué stocké dans zones basses du Kilauea n’est guère surprenante. En effet, au cours des événements passés, tout le magma n’a pas atteint la surface. Ce magma stocké a évolué avec le temps. Comme le Kilauea est très volumineux, il peut s’écouler des décennies avant que le magma ne revienne dans une région donnée. Pendant ce laps de temps, le magma stocké refroidit, développe des cristaux et change lentement de composition. Quand une nouvelle intrusion se fraye un chemin sous l’édifice volcanique et atteint la surface, elle peut rencontrer un ou plusieurs de ces corps magmatiques du passé. Le magma d’intrusion peut repousser et / ou se mélanger avec le magma déjà stocké et qui est encore liquide.
Alors que l’éruption dans la LERZ se poursuivait, les échantillons prélevés le 11 mai 2018 ont montré que la composition de la lave avait évolué vers un magma légèrement plus chaud (1105°C) et moins évolué. Peu de temps après, les éruptions au niveau de la Fracture n° 20 ont produit des coulées de lave a’a qui se sont déversées dans l’océan.
Au cours des 12 jours suivants, les analyses chimiques ont révélé une lave progressivement plus chaude et moins évoluée, jusqu’à ce qu’elle se stabilise à des températures de 1130-1140°C. L’arrivée de cette lave plus chaude a précédé l’éruption spectaculaire de la Fracture n° 8.
Cette nouvelle lave comprend des cristaux d’olivine abondants et visibles, dont certains ressemblent aux cristaux d’olivine présents dans le magma au sommet du Kilauea avant le début de l’activité éruptive dans la LERZ. La composition de la lave qui s’écoule en ce moment ne correspond pas exactement à celle émise récemment par le Pu’uO’o ou le sommet, mais elle lui ressemble beaucoup. Ceci est à mettre en parallèle avec les observations géophysiques selon lesquelles le volume de l’effondrement sommital présente une ampleur identique au volume de lave émis par l’éruption dans la LERZ.
Source: USGS / HVO.

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USGS has released a very interesting article about the evolution and the changes undergone by lava during the current Kilauea eruption in the Lower East Rift Zone (LERZ).

When the first LERZ lava sample was collected on May 3rd, 2018, the University of Hawaii geochemistry lab worked with the Hawaiian Volcano Observatory (HVO) to determine, within hours, that the erupted lava was from stored magma. The LERZ lava was much cooler (about 1090°C) and more “evolved” than any Pu’uO’o lava (typically 1140°C) erupted over the past 35 years. While this finding was not a surprise, it was the first time it had been documented during an eruption.

However, there was one surprise: Fissure 17 – the only vent not in line with the others – erupted the coolest and most chemically evolved lava ever found on Kilauea. Its temperatures were as low as 1030°C.

Previous lower rift zone eruptions on Kilauea have shown a similar pattern: evolved magma erupted first, followed later by hotter, “fresher” magma. The early LERZ lava erupted in Leilani Estates is similar in composition to the early 1955 lava, which erupted in the same area.

Finding evolved magma stored in the lower regions of Kilauea, the site of many past eruptions and intrusions, is to be expected. During past events, not all of the magma reached the surface. That stored magma then evolved over time. Because Kilauea is very massive, it can take decades before magma comes back to a given area. During that time, stored magma cools, grows crystals, and slowly changes in composition. When a new intrusion forces its way through the volcano and up to the surface, it may encounter one or more of these stored magma bodies. The intrusion magma can push out and/or mix with any stored magma that is still liquid.

As the LERZ eruption continued, samples collected on May 11th, 2018 showed that the lava composition had shifted to slightly hotter (1105°C) and less evolved magma. Soon afterward, eruptions from Fissure 20 produced a’a flows that rushed to the ocean.

Over the next 12 days, the lava chemistry became progressively hotter and less evolved until it stabilised at temperatures of 1130–1140°C. The arrival of this hotter lava preceded the high-volume, sustained eruption of Fissure 8.

This new lava includes abundant and visible olivine crystals, some of which resemble the type of olivine crystallizing in summit magma before the LERZ eruption sequence began. The lava composition we see now does not exactly match recent Pu’uO’o or summit lavas, but it is similar. This correlates well with geophysical observations that the volume of the summit collapse is similar in magnitude to the volume of LERZ erupted lava.

Source : USGS / HVO.

Crédit photo: USGS

Kilauea (Hawaii): On ne sait pas ! // Kilauea (Hawaii): We don’t know !

“On ne sait pas!” C’est ce que répondent les scientifiques du HVO quand on leur demande comment peut maintenant évoluer l’éruption après la nette baisse d’activité observée ces derniers jours, tant au sommet du Kilauea que sur la Lower East Rift Zone (LERZ)

La scientifique responsable du HVO a déclaré qu’il y avait eu des indices montrant que la forte chute de l’activité sismique au sommet du Kilauea et la diminution spectaculaire de l’émission de lave dans la Fracture n° 8 étaient susceptibles de se produire. Elle a déclaré que le panache de gaz et l’augmentation spectaculaire des émissions de SO2 au niveau du Pu’u ‘O’o le 3 août constituaient des « indications possibles que le système était en train de changer. » Les émissions de SO2 dans le cratère du Pu’uO’o sont passées de 100 à 150 tonnes par jour à plus de 1 000 tonnes par jour, ce qui représente la plus forte quantité pour le Pu’u ‘O’o depuis plus de 10 ans.
Après son effondrement du 30 avril 2018, Pu’u ‘O’o a cessé toute activité. Les scientifiques du HVO ne comprennent pas trop ce que cela signifie. Il se peut qu’il y ait du magma à faible profondeur sous le Pu’u ‘O’o, ce qui expliquerait le dégazage. On ne sait pas si cela signifie que la lave va faire sa réapparition dans le cratère. Un géologue a déclaré: « Nous serons surpris si cela se produit ».
Le HVO indique qu’il est trop tôt pour dire que l’éruption actuelle dans la LERZ est terminée. En raison de l’ouragan Hector, l’Observatoire n’enverra pas d’équipes sur le terrain le 8 août.
Source: USGS / HVO.

Il sera intéressant d’observer le comportement du Pu’uO’o dans les prochains jours. Personnellement; Je ne m’attends pas au retour de la lave dans le cratère. Dans la mesure où la sismicité et l’effondrement du sommet ont cessé, ainsi que l’écoulement de la lave dans la LERZ, cela signifie que la poche magmatique peu profonde sous le Kilauea s’est vidée. D’où viendrait la nouvelle lave qui émergerait dans le Pu’uO’o? Je pense que les émissions actuelles de SO2 observées dans le Pu’uO’o sont probablement liées à la diminution de l’éruption et correspondent à la libération d’une poche de gaz quelque part dans le système d’alimentation.

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« We don’t know! » This is what HVO scientists answer when are asked how the eruption can now evolve after the sharp drop in activity observed in recent days, both at the summit of Kilauea and in the Lower East Rift Zone (LERZ)

The scientist-in-charge at Hawaiian Volcano Observatory said there were some hints the near cessation of seismic activity at Kilauea’s summit and drastic reduction of lava production by fissure 8 might happen. She said that the laze plume and dramatic increase in SO2 emission at Pu‘u ‘O‘o vent noted on August 3rd was a “potential hint that the system was changing. The SO2 output from the vent went from between 100 to 150 tons per day to more than 1,000 tons per day, the highest output from Pu‘u ‘O‘o in more than 10 years.

After the summit collapse event on April 30th, Pu‘u ‘O‘o had gone completely quiet. HVO scientists do not fully understand what that means. It might mean that there is magma at a very shallow level below Pu‘u ‘O‘o, which would account for the degassing. Whether that means that lava will re-emerge in Pu‘u ‘O‘o is not known. As one geologist said: “That will be a surprise to us if that happens.”

HVO indicates it is too soon to call an end to the current eruptive phase in the volcano’s lower East Rift Zone. Because of hurricane Hector, the Observatory will not send field crews to the Lower East Rift Zone on August 8th.

Source: USGS / HVO.

It will be interesting to see the behaviour of Pu’uO’o in the next days. Personally; I do not expect the return of lava in the vent. In so far as seismicity and the slumping of the summit have stopped, together with the lava flow in the LERZ, this means all the lava has been evacuated from the shallow storage pocket beneath Kilauea. Where would a new lava in Pu’uO’o come from? I think the current SO2 emissions observed in Pu’uO’o are to be linked with the decrease of the eruption and correspond to the release of a pocket of gas somewhere in the feeding system.

Crédit photo: USGS / HVO

Depuis son effondrement le 30 avril dernier, le Pu’uO’o et une coquille vide

(Crédit photo: USGS / HVO)

Hawaii: Ça va durer encore longtemps ? // Hawaii: Will it still last long ?

« Ça va durer encore longtemps? » « Combien de temps va-t-elle durer? » Alors que l’éruption semble marquer le pas et est peut-être en passe de se terminer, c’est la question que posent aujourd’hui la plupart des Hawaïens.
Malheureusement, personne n’est en mesure de donner une réponse fiable. Cependant, les scientifiques du HVO tentent d’imaginer les scénarios les plus probables en fonction des caractéristiques de l’éruption actuelle et en la comparant à des éruptions du passé.
L’éruption dans la Lower East Rift Zone (LERZ) a débuté le 3 mai 2018. Au cours des semaines qui ont suivi, 24 bouches se sont ouvertes, mais seule la Fracture n° 8, qui s’est ouverte le 5 mai et s’est réactivée le 27 mai, est toujours active aujourd’hui. Le 4 juin, la coulée de lave issue de la Fracture n° 8 a atteint Kapoho Bay où un delta continue de croître au fur et à mesure que la lave pénètre dans l’océan.
Si on connaissait la quantité de lave émise par l’éruption,  on pourrait répondre à la question concernant la durée, mais il est difficile de mesurer le volume de lave émis par la Fracture n° 8. Les scientifiques de l’USGS ont utilisé plusieurs techniques au cours des dernières semaines et sont arrivés à la conclusion que la Fracture n° 8 émet entre 50 et 150 mètres cubes par seconde, ce qui donne un volume total de 0,5 kilomètre cube à ce jour. Une tendance à la baisse du volume de lave émis pourrait laisser supposer que l’éruption touche à sa fin. Malheureusement, les géologues du HVO n’ont détecté, aucune évolution dans ce sens. Le volume émis semblait plus ou moins constant avec quelques variations et une baisse d’intensité ces derniers jours.
Avant la sortie de la lave dans la LERZ, les scientifiques ont procédé à une surveillance géophysique de la sismicité et de la déformation du sol qui ont accompagné l’intrusion magmatique sous les Leilani Estates. Si les géologues observaient une diminution de volume dans cette intrusion, alors que la lave continue à sortir de la Fracture n° 8, ils pourraient estimer le laps de temps au bout duquel l’intrusion serait terminée. Malheureusement, les instruments de surveillance n’ont détecté aucun changement dans l’intrusion depuis sa mise en place. Ceci laisse supposer que la lave émise par l’éruption de la Fracture n° 8 est rapidement remplacée par un nouveau magma.
Une autre solution pour essayer de prévoir la durée de l’éruption consiste à se tourner vers les éruptions du passé. L’USGS a comparé l’éruption de 2018 à quatre autres événements qui se sont déroulés dans la LERZ.
– L’éruption de 1840, qui a duré 26 jours, a eu un débit éruptif moyen semblable à celui d’aujourd’hui.
– En 1924, des séismes et des affaissements importants dans la région de Kapoho montrent que le magma a pénétré dans la LERZ, mais aucune éruption n’a eu lieu.
– Une éruption dans la LERZ en 1955 montre quelques points communs avec les trois premières semaines de l’éruption actuelle. Au cours de l’événement de 1955 qui a duré 195 jours, plus de 20 fractures se sont ouvertes sans ordre précis. En mai 2018, 24 fractures se sont également ouvertes sans ordre précis. Cependant, le débit éruptif moyen en 1955 était beaucoup plus faible qu’en 2018.
– La plus récente éruption dans la LERZ s’est produite à Kapoho en 1960. Elle a duré environ 5 semaines et le débit éruptif était inférieur de moitié à celui de l’éruption actuelle.
Le 31 juillet 2018, l’éruption de 2018 avait dépassé en durée celle de 1955 et dépassé en débit de lave émis tous les événements du passé sauf l’éruption de 1840.

La LERZ du Kilauea a connu plus de 100 éruptions au cours des 2 500 dernières années. Comme on ne peut pas déterminer avec précision les durées ou les débits éruptifs de ces événements passés, on essaye de le faire approximativement en mesurant le volume émis sur la zone couverte par la lave.
L’Heiheiahulu, une bouche éruptive en forme de bouclier, semblable au Kupaianaha (actif entre 1986 et 1992), est probablement entrée en éruption au début du 18ème siècle. Elle est située à environ 10 km en amont de la Fracture n° 8 et sa lave couvre environ 45 kilomètres carrés. Sa ressemblance avec le Kupaianaha et le Mauna Ulu laisse supposer que l’éruption de l’Heiheiahulu a duré plusieurs années.
La lave du Pu’u Kaliu, situé à 1,6 km de la Fracture n° 8, a recouvert environ 12 kilomètres carrés pour un volume estimé à 0,2 kilomètre cube. Les coulées de lave du Pu’u Kaliu, qui ont probablement été émises en 1790 à partir des fractures de part et d’autre de la LERZ, sont semblables celles de 1840.
Enfin, il ne faudrait pas oublier le Pu’uO’o dont l’éruption a duré 35 ans (1983-2018), avec un volume de 3,3 kilomètres cubes, et le Mauna Ulu, qui a émis 0,2 kilomètre cube de lave en 5 ans (1969-1974).
Combien de temps durera l’éruption de 2018 dans la LERZ ? Si l’on se réfère aux éruptions du passé et aux résultats de la surveillance géophysique actuelle, elle pourrait continuer pendant plusieurs mois, voire quelques années.
Source: USGS / HVO.

NB: Il sera intéressant de voir dans quelques jours si cette dernière prévision est bonne….

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“Will it still last long?” “How long will it last?” While the eruption is declining and might be coming to an end, this is the question most Hawaiians are asking today.

Unfortunately,  no one knows for sure. However, HVO scientists are trying to guess the most likely possibilities based on characteristics of the current eruption and comparisons with past eruptions.

The Lower East Rift Zone (LERZ) eruption started on May 3rd, 2018. Over the next few weeks, a total of 24 vents briefly erupted, but only the 8th fissure, which initially opened on May 5th and reactivated on May 27th, is still erupting today. On June 4th, the Fissure 8 lava flow reached Kapoho Bay, where a lava delta continues to grow as lava enters the ocean.

Knowing how much lava is erupting could help answer the duration question, but it has been difficult to measure the Fissure 8 eruption rate. USGS scientists have used several techniques in recent weeks to obtain a rough estimate of 50 to 150 cubic metres per second, for a total erupted volume to date of 0.5 cubic kilometres. A decreasing trend in this rate would suggest that the eruption might be coming to an end. Unfortunately, HVO geologists have not detected any trends. The eruption rate seems more or less constant with some decrease in the past days.

Preceding the LERZ eruption, geophysical monitoring of earthquakes and ground deformation tracked the subsurface intrusion of magma under Leilani Estates. If geologists could detect decreases in the volume of that intrusion as Fissure 8 lava continues to erupt from it, they could estimate the length of time after which the intrusion would be depleted. But monitoring has detected no changes in the intrusion since its emplacement. This suggests that magma withdrawn by the Fissure 8 eruption is being quickly replaced.

Another solution is to turn to past eruptions for clues to possible duration. USGS has compared Kilauea’s 2018 eruption to four past LERZ events.

– The 1840 eruption, which lasted 26 days, had an average eruption rate similar to today’s rate.

– In 1924, earthquakes and major subsidence in the Kapoho area suggested that magma had intruded the LERZ, but no eruption occurred.

– A LERZ eruption in 1955 shared some similarities with the first three weeks of the current eruption. During the 88-day-long 1955 event, more than 20 fissures erupted in no clear order. In May 2018, 24 fissures erupted, also in no clear order. However, the average 1955 eruption rate was significantly lower than the present rate.

– The most recent LERZ eruption occurred in Kapoho in 1960. It lasted about 5 weeks, and its eruption rate was less than half that of today’s eruption.

As of July 31st, 2018, the 2018 eruption has surpassed the 1955 eruption in duration and exceeded all but the 1840 event in eruption rate.

Kilauea’s Lower East Rift Zone has erupted more than 100 times in the past 2,500 years. As one cannot determine the durations or eruption rates for those past events, one must use a proxy for those quantities, such as area covered by lava and total volume erupted.

Heiheiahulu, a shield-shaped vent similar to Kupaianaha (active 1986–1992), may have erupted in the early 18th century. It is located about 10 km uprift of Fissure 8, and its lavas cover about 45 square kilometres. The similarity of its structure to that of Kupaianaha and Mauna Ulu suggest that Heiheiahulu erupted for several years.

Lava from Pu’u Kaliu, located 1.6 km uprift of Fissure 8, covered about 12 square kilometres with an estimated volume of 0.2 cubic kilometres. Pu’u Kaliu lava flows, thought to have erupted in 1790 from fissures on either edge of the LERZ, are similar to the 1840 flow.

Finally, one should also consider Pu’uO’o whose eruption lasted 35 years (1983–2018), erupting a volume of 3.3 cubic kilometres, and Mauna Ulu, which erupted 0.2 cubic kilometres of lava over 5 years (1969–1974).

So, how long will the 2018 LERZ last? Based on past eruptions and current geophysical monitoring, it could continue for many months to a few years. Time will tell.

Source: USGS / HVO.

L’activité de la Fracture n° 8 montre des temps forts et des temps faibles (comme ici sue la photo), mais elle reste globalement soutenue. [Crédit photo : USGS / HVO]