Hawaii: La nostalgie de l’éruption du Pu’uO’o // Nostalgia of the Pu’uO’o eruption

Bien que la lave ait cessé de couler il y a plusieurs mois, certains scientifiques à l’Observatoire des Volcans d’Hawaii (HVO) se demandent encore si la dernière éruption du Kilauea est réellement terminée! Il est vrai qu’ils se sont trompés dans leur pronostic et avaient annoncé une éruption beaucoup plus longue. Il est toujours difficile d’admettre qu’on a eu tort !
Le 3 janvier 2018 a marqué le 35ème anniversaire du début de l’éruption du Pu’uO’o. Au cours des trois dernières décennies, la lave est apparue presque continuellement le long de la Middle East Rift Zone. Des petites pauses dans l’activité de surface se sont produites principalement entre les épisodes de fontaines de lave de 1983 à 1986, puis au cours de certains épisodes pendant lesquels sont apparues des fractures secondaires, des intrusions ou des effondrements partiels du plancher du cratère.
Compte tenu de la longévité de l’éruption du Pu’uO’o, les gens s’étaient habitués à voir la lave qui a attiré des millions de touristes du monde entier. L’éruption a été quasiment ininterrompue. Le mot quasiment est important  car on a tout de même observé une centaine de brèves pauses d’activité tout au long des 35 années de l’événement ; la plupart ont duré quelques heures à quelques jours. Les six pauses les plus longues ont duré chacune un à deux mois et toutes se sont produites entre des épisodes de fontaines de lave au cours des deux premières années.
Les archives de l’éruption du Pu’uO’o montrent que des pauses relativement longues sont apparues au cours des épisodes 3 et 4 (65 jours), des épisodes 32 et 33 (52 jours), des épisodes 12 et 13 (50 jours), des épisodes 39 et 40 (49 jours), des épisodes 25 et 26 (43 jours) et les épisodes 31 et 32 ​​(38 jours).
Après les épisodes de fontaines de lave, on a observé plusieurs pauses dans l’éruption du Pu’uO’o, d’une durée d’une semaine à un mois. Ainsi, il y a eu une pause de 10 jours en février 1992 au moment la fermeture du conduit d’alimentation du Kupaianaha, ce qui a mis fin à l’épisode 48. Un an plus tard, il y eu une pause de huit jours en février 1993 après qu’une intrusion en amont de la zone de rift ait provoqué un effondrement du cratère du Pu’uO’o. En février 1996, une pause de neuf jours est survenue après une augmentation des émissions de lave.

La plus longue interruption après un épisode de fontaines de lave a duré 24 jours après l’épisode 54 dans le Napau Crater en février 1997. En septembre 1999, une pause de 11 jours a été observée pendant l’épisode 55, après l’effondrement partiel du plancher du cratère du Pu’uO’o. .
Plus récemment, il y a eu deux pauses en 2011: une pause de 18 jours après l’éruption fissurale de Kamoamoa en mars et une pause de six jours après l’épisode 60 sur le flanc ouest du Pu’uO’o en août.
Le 30 avril 2018, la situation a totalement changé. Avec l’effondrement spectaculaire du Pu’uO’o, la lave a totalement disparu du site pendant le reste de l’année 2018. Le 30 décembre a marqué sept mois d’absence d’activité sur le Pu’uO’o et cette date revêt une importance particulière. En effet, la.Smithsonian Institution considère qu’une phase d’activité est terminée si le volcan ne s’est pas manifesté à nouveau au bout de  90 jours. Aujourd’hui, après une interruption de 7 mois, il est extrêmement improbable que la lave réapparaisse sur le Pu’uO’o. Compte tenu du critère proposé par la Smithsonian Institution, l’éruption du Pu’uO’o peut être considérée comme définitivement terminée. Le 36ème anniversaire de l’éruption le 3 janvier 2019 n’aura donc jamais été célébré !
Cela ne signifie pas que le Kilauea est définitivement éteint. De nouvelles éruptions ont commencé ailleurs sur le volcan après des mois, voire des décennies, de calme. Le magma est toujours présent sous le volcan, comme le prouvent les déformations observées le long de la Middle East Rift Zone. Il ne faudrait pas oublier que le Kilauea est un volcan actif qui entrera de nouveau en éruption à plus ou moins longue échéance.
Source: HVO.
Comme je l’ai déjà écrit, les scientifiques en poste à l’Observatoire du Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion) devraient se demander si les éruptions à répétition du volcan font partie du même processus éruptif ou si elles doivent être considérées comme différents épisodes d’activité. Après tout, si l’on associe certaines éruptions du Piton de la Fournaise en fonction des critères de la Smithsonian Institution, elles pourraient avoir duré beaucoup plus longtemps!

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Although lava stopped flowing several months ago, some people at the Hawaiian Volcanoes Observatory (HVO) are still wondering whether the last Kilauea eruption is over !

January 3rd, 2018 marked the 35th anniversary of Pu’uO’o. For the past three and a half decades, lava had erupted almost continuously from the middle East Rift Zone (ERZ). Minor pauses in surface activity mostly occurred between the fountaining episodes in 1983 – 1986, and subsequently during a few episodes marked by subsidiary fissures, intrusions, or partial crater floor collapses.

Given the longevity of the Pu’uO’o eruption, people had been accustomed to having nearly-uninterrupted access to lava., which attracted millions of tourists around the globe. The eruption was “nearly-uninterrupted” because there were over one hundred brief pauses in surface activity throughout the 35-year-long event, most lasting hours to a couple days. The six longest pauses during the Pu’uO’o activity were each one to two-months-long, and all occurred between fountaining episodes in the first two years.

Specifically, long pauses between fountains occurred during episodes 3 and 4 (65 days), episodes 32 and 33 (52 days), episodes 12 and 13 (50 days), episodes 39 and 40 (49 days), episodes 25 and 26 (43 days), and episodes 31 and 32 (38 days).

After the fountaining episodes, there were several Pu’uO’o eruption pauses lasting between one week and one month. Specifically, there was a 10 day pause in February 1992 after the Kupaianaha vent shut down, ending episodes 48. A year later there was an eight-day pause in February of 1993 after an uprift intrusion caused the Pu’uO’o crater floor to collapse. A nine-day pause in February 1996 occurred after an observed surge in effusion rate.

The longest eruption hiatus after the fountaining phase lasted 24 days following the episode 54 fissure in Napau Crater in February 1997. In September 1999, there was an 11-day pause during episode 55 after a partial collapse of the Pu’uO’o crater floor.

Most recently, there were two pauses in 2011: an 18-day pause after the March Kamoamoa fissure, and a six-day pause after the episode 60 west flank break out in August.

However, on April 30th, 2018, everything changed. The catastrophic collapse of Pu’uO’o left the iconic eruption site and the surrounding lava flow fields devoid of lava through the rest of 2018. December 30th marked the seven-month anniversary of no surface activity at Pu’uO’o and is effectively a concluding milestone for this long-lived event.

The Smithsonian Institution classifies the end of continuous volcanic activity based on an absence of eruptive activity over a 90-day period. Statistically, after a 7-month gap in activity, it is extremely unlikely that lava will resume activity within Pu’uO’o. Given the Smithsonian Institution criterion, the Pu’uO’o eruption could be considered over.  The 36th anniversary of continuous eruption, on January 3rd, 2019, cannot be celebrated.

This does not mean Kilauea Volcano is dead. New eruptions have previously begun elsewhere on Kilauea after months to decades of quiet. Magma is being supplied to the volcano, and  deformation data shows evidence for movement of molten rock through the magmatic system, refilling the middle ERZ. It is important to note that Kilauea is still an active volcano that will erupt in the future.

Source : HVO.

As I put it before, scientists at the Observatory of Piton de la Fournaise (Reunion Island) should wonder whether the repeated eruptions of the volcano are part of the same eruptive process or due to different episodes of activity. After all, if we connect the different eruptions of Piton de la Fournaise using the Smithsonian Institution approach, some eruptions might be considered much longer!

Avec les explosions, les lacs et coulées de lave, la dernière éruption du Pu’uO’o a offert un très beau spectacle (Photos: C. Grandpey)

Petites vidéos sur YouTube // Short videos on YouTube

Aujourd’hui, la mode est à la diffusion de ses images via un certain nombre de sites ou de réseaux sociaux. Bien que je ne sois pas forcément fan de cette mode, j’ai mis en ligne sur YouTube plusieurs petites vidéos réalisées au cours de mes escapades à travers le monde.

Vous pourrez vous réchauffer auprès des cratères de l’Etna, ou prendre le frais devant les glaciers d’Alaska, sans oublier la compagnie des ours. Un saut en Louisiane vous fera voyager au cœur du bayou, avec la mousse espagnole, les oiseaux et les alligators. Vêtu d’un imperméable, vous admirerez les chutes du Niagara côté canadien… Plus près de chez nous, vous verrez voler les grues cendrées près du Lac du Der…

https://www.youtube.com/channel/UCpEU4YP9rfJK6SMsb6-k20A?view_as=subscriber

Quand mon emploi du temps le permettra, j’essaierai d’ajouter quelques nouvelles images.

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Today, the fashion goes with the dissemination of one’s images via a number of websites or social networks. Although I’m not necessarily a fan of this fashion, I have posted on YouTube several small videos I shot during my trips around the world.
You will warm up near the craters of Mt Etna, or breathe some cool air in front of the glaciers of Alaska, without forgetting the company of bears. A jump to Louisiana will take you to the heart of the bayou, with Spanish moss, birds and alligators  Dressed with a raincoat, you will admire the famous Niagara Falls from the Canadian side. Closer to us, you will see the cranes fly near the Lac du Der…

https://www.youtube.com/channel/UCpEU4YP9rfJK6SMsb6-k20A?view_as=subscriber

When my schedule allows, I will try to add some more images.

Photos: C. Grandpey

Hawaii: Pas d’éruption, mais encore des problèmes pour les habitants de Puna // Hawaii: No eruption but more problems for Puna residents

Cela fait quatre mois que la dernière éruption du  Kilauea est terminée dans le district de Puna et la Federal Emergency Management Agency (FEMA) qui gère les situations d’urgence n’accepte plus de nouvelles demandes d’aide en cas de problèmes liés à l’éruption. Pourtant, les habitants de la région subissent encore les conséquences de l’éruption, même s’il n’y a plus de nouveau magma dans le sous-sol.

Dans le secteur des Leilani Estates, des fractures qui émettent de la vapeur continuent à s’ouvrir sous les habitations. Les arbres meurent car leurs racines sont carrément cuites par la chaleur. Les fractures ont contraint les habitants du lotissement à quitter au moins trois maisons jusqu’à présent, et plusieurs autres sont menacées. La température de la vapeur qui sort des fractures atteint plus de 65°C et est parfois proche du point d’ébullition de l’eau. Certaines fractures ont continué à se propager dans la forêt et sur certaines propriétés, avec augmentation de leur température.
Les personnes victimes de ces problèmes ont tenté d’entrer en contact avec le HVO, mais ont entendu un message préenregistré en raison du shutdown. Il indiquait que « tout employé avait l’interdiction d’exercer ses fonctions, y compris de répondre aux appels téléphoniques et aux courriels, jusqu’à nouvel ordre». Cependant, il existe un numéro de téléphone pour les appels d’urgence. Malgré le shutdown, le HVO surveille la situation dans les Leilani Estates et a déclaré qu’il n’avait décelé «aucun signe de magma approchant de la surface dans le secteur. La zone de fractures continue de s’ajuster et l’apparition de nouvelles fractures n’est pas trop surprenante.»
La FEMA est également victime du shutdown, mais elle «continue de traiter les dossiers» liés à l’éruption. L’article cite l’exemple de résidents qui se sont vus offrir un prêt de 47 000 dollars sur 30 ans, mais ils ont calculé que le remboursement des intérêts sur cette période coûterait 160 000 dollars, sans aucune garantie que Madame Pele leur permette de garder ou même vendre leur maison. Comme beaucoup de rescapés de la dernière éruption, ils ont des démêlés avec la compagnie d’assurance Lloyd’s de Londres. La Lloyd’s a envoyé un ingénieur examiner leur maison, mais ils n’ont reçu aucun dédommagement pour le moment.
D’autres habitants ne sont pas assurés. Ils avaient acheté le terrain parce qu’il était bon marché et les maisons ont été édifiées sans respecter les codes légaux  de construction. C’était un rêve qui pourrait bien ne jamais se réaliser avec les nouvelles fractures dans le sol…
Source: Honolulu Civil Beat.

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Four months after the end of Kilauea’s latest eruption in Lower Puna, and the refusal of the Federal Emergency Management Agency to accept new registrations for eruption-related disaster aid, residents are still facing the consequences of the eruption, although there is no sign of new magma in the ground. .

In the Leilani Estates area, steaming cracks are still opening up under people’s houses. Trees are dying, cooked from the roots up. The cracks have forced neighbourhood residents to leave at least three homes so far, and several more are threatened. Temperatures of the steam coming out of the cracks have been measured more than 65°C and sometimes near the boiling point of water. Cracks have spread from the original steam vent, creeping through the forest and onto residents’ properties, and the temperatures in those cracks have been rising.

The persons suffering from these problems tried to get in touch with HVO but received a pre-recorded message because of the shutdown. It said any employee was “prohibited from conducting work as a Federal employee, including returning phone calls and emails, until further notice.” However, there is a phone number for emergency calls. Despite the shutdown, HVO is monitoring the situation in the Leilani Estates and said there was “certainly no sign of magma nearing the surface there. The rift zone is still adjusting and cracking isn’t too surprising.”

The Federal Emergency Management Agency (FEMA) is also a victim of the shutdown but is “still working the cases” related to the eruption. The article gives the example of residents who were offered a $47,000, 30-year loan, but they calculated that repaying it with interest over that time would cost $160,000, with no guarantee that Madame Pele would let them keep the house or even sell it.  Like many survivors of the last eruption, they are also involved in a fight with Lloyd’s of London to get action on their insurance claims. Lloyd’s sent an engineer to examine their home, but they have yet to see any payment.

Other residents are not insured. They bought the land because it was cheap and it did not meet Hawaii’s building codes. It was a dream that may never come true with the new fissures…

Source : Honolulu Civil Beat.

Fractures avec émissions de vapeur à Hawaii (Photos: C. Grandpey)

Une histoire de coulées de lave // About lava flows

Au cours de l’histoire, les hommes on tenté à plusieurs reprises de détourner des coulées de lave qui devenaient une menace pour les zones habitées. La première tentative de ce genre a eu lieu en 1669, lorsqu’un flot de lave en provenance de l’Etna menaça la ville de Catane. Des tentatives pour détourner la lave du Mauna Loa sur l’île d’Hawaii ont été réalisées en 1935 et 1942. Des digues de terre ont été construites à la hâte pour détourner des coulées du Kilauea en 1955 et 1960, sans grand succès.
Le premier détournement de lave positif a eu lieu en 1973 sur l’île d’Heimaey en Islande quand une coulée de lave a’a a pu être stoppée et un port sauvé en envoyant d’importantes quantités d’eau de mer sur la coulée de lave pour entraver sa progression.
Lors de l’éruption de l’Etna en 1983, des scientifiques ont réussi, pour la première fois, à utiliser des explosifs pour détourner une importante coulée de lave. Ces efforts ont été couronnés de succès mais ont posé un problème juridique. Comme me l’a expliqué H. Tazieff un jour, «sommes-nous autorisés à envoyer la lave sur une terre qui serait autrement épargnée?

Aujourd’hui, un problème similaire de gestion des coulées de lave est apparu à Hawaii après la dernière éruption du Kilauea. La lave qui a envahi la Lower East Rift Zone a détruit ou isolé des propriétés et leurs propriétaires souhaiteraient ouvrir de nouvelles routes pour accéder à leurs structures. Bien que les coulées de lave ne soient plus du tout actives, la construction de nouvelles routes pourrait poser problème si la lave faisait sa réapparition dans le secteur.
Le comté d’Hawaii a reçu de nombreuses demandes de propriétaires affectés par la dernière éruption. Ces gens voudraient pouvoir créer un accès à leur propriété à travers les champs de lave.
En vertu de la Sixième proclamation d’urgence du 6 décembre 2018, les personnes qui souhaitent modifier la morphologie des champs de lave afin de créer un accès temporaire doivent d’abord obtenir l’autorisation de la Protection Civile.
Les documents à fournir doivent :
– Indiquer l’emplacement de la propriété;
– Décrire la nature de l’accès proposé, avec un plan du site indiquant l’emplacement et l’étendue de l’accès temporaire;

– Inclure le consentement écrit de toutes les personnes dont les propriétés seront traversées et qui auront ainsi un nouvel accès.
Les personnes sollicitant l’autorisation de modifier la morphologie des champs de lave pour créer un accès temporaire à des propriétés isolées assumeront tous les risques et devront éventuellement payer les secours.
Les différents bureaux de Protection Civile examineront chaque demande, en veillant au respect des réglementations et des droits de propriété privée. Différentes questions seront posées :
– La voie d’accès proposée desservira-t-elle plusieurs propriétés?
– Un permis de classement est-il requis?
– Le tracé de la voie d’accès risque-t-il de franchir les parois d’un chenal de lave, de créer un barrage ou de modifier de manière significative les trajectoires d’écoulement de la lave dans le cas où l’activité effusive reprendrait?

Une évaluation géotechnique peut être nécessaire pour déterminer les conditions du sous-sol en fonction de la morphologie de la voie d’accès proposée et d’autres facteurs liés à la stabilité et à la sécurité du terrain.
Après examen et approbation de tous les permis requis, la Protection Civile émettra ou non une autorisation de travaux.

Source : Presse hawaiienne.

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Throughout history, men have tried several times to divert lava flows that were becoming a threat to populated areas. The first attempt was this kind occurred in 1669, when a flow from Mount Etna volcano threatened the city of Catania. Attempts to divert lava flows from Mauna Loa Volcano on the island of Hawaii by aerial bombing were made in 1935 and 1942. Earthen barriers were hurriedly constructed in attempts to divert flows from Kilauea Volcano in 1955 and 1960, with little success.

The first successful lava diversion took place in 1973 on the island of Heimaey (Iceland), when a thick lava flow was impeded and a harbour saved by pumping massive quantities of seawater over advancing aa lava.

During the 1983 eruption of Etna, Italian scientists managed, for the first time, to use explosives to divert a major lava flow. These efforts were fairly successful, although they posed a legal problem. As Haroun Tazieff told me one day, “are we allowed to send lava on a land that would otherwise be spared?”

Today, a similar problem about the management of lava flows has appeared in Hawaii after the last eruption of Kilauea volcano. Lave which invaded the Lower East Rift zone has destroyed or isolated properties and their owners would like to open new roads to access to their structures. Although the lava flows are no longer active, cutting new roads might cause problems if lava happened to flow again in the area.

The County of Hawaii has received many requests from residents affected by the recent eruption to allow them to create access to their property across the lava fields.

Under the Sixth Supplementary Emergency Proclamation dated Decmber 6th, 2018, individuals who wish to modify the lava fields to create temporary emergency access must first seek authorization from the Hawaii County Civil Defense Agency.

The documents should:

– Identify the location of the property;

– Describe the nature of the access proposed, which should include a site plan showing the location and extent of the temporary emergency access; and

– Include written consent from all individuals whose properties will be traversed and who will have renewed access.

Individuals requesting authorization to modify the lava fields to create temporary emergency access to isolated properties will assume any and all risks, and may be charged for any rescue costs.

County agencies will review each request, with an eye to compliance with regulations and private property rights, including the following:

– Will the proposed access route serve multiple properties?  .

– Is a grading permit required?

– Will the grading risk breaching lava channel walls, creating a dam, or otherwise significantly altering the flow patterns in the event that lava activity resumes? A geotechnical assessment may be required to determine subsurface conditions depending on the depth of the proposed excavation and other factors related to terrain stability and safety.

After review and the approval of any required permits, Civil Defense will issue an authorization letter.

Source: Hawaiian newspapers.

Les coulées de lave ont envahi des propriétés privées (Crédit photo: USGS / HVO)

Les leçons de l’éruption du Kilauea (Hawaii) // The lessons of the Kilauea eruption (Hawaii)

Maintenant que la dernière éruption du Kilauea est terminée, les scientifiques du HVO vont pouvoir étudier attentivement ce qui s’est réellement passé et, si possible, essayer de prévoir les événements futurs sur le volcan.
On peut affirmer aujourd’hui que l’éruption du Kilauea en 2018 a été la plus importante des 200 dernières années. En l’espace de quatre mois environ, le volcan a déversé au moins 0,83 kilomètre cube de lave – l’équivalent de plus de 300 000 piscines olympiques – sur une superficie d’environ 34 kilomètres carrés. L’éruption a transformé le paysage et ajouté plus de 2,5 kilomètres carrés de nouvelle terre à la côte sud de la Grande Ile.
Des événements spectaculaires se sont déroulés au cours de l’éruption, comme l’effondrement de la caldeira sommitale, le huitième événement de ce type observé sur les volcans de la planète depuis 1900. Ces événements ont offert aux chercheurs une occasion unique de répondre à des questions géologiques et d’améliorer les outils de prévision éruptive.

Rappelons-nous ce qui s’est passé sur le Kilauea depuis le début de l’éruption:
L’éruption a débuté début mai, lorsque le lac de lave dans l’Overlook Crater de l’Halema’uma’u a débordé, puis a commencé à se vidanger rapidement, chutant de plusieurs centaines de mètres en quelques jours. Cet événement a envoyé le magma sous la surface de la terre jusqu’à une quarantaine de kilomètres vers le sud-est, où il a ouvert des fractures et déclenché des séismes dans la Lower East Rift Zone (LERZ) à partir du 3 mai 2018. De nouvelles fractures ont continué à s’ouvrir pendant des semaines tandis que la caldeira sommitale s’effondrait en provoquant des explosions de gaz et de cendre.
À la fin du mois de mai, l’éruption s’est concentrée autour de la Fracture n° 8, avec des fontaines de lave atteignant 80 mètres de hauteur. Un réseau de chenaux s’est mis en place et la lave a détruit tout sur son passage en se dirigeant vers l’océan. Elle a continué à couler jusqu’au 4 août, jour où l’éruption a cessé brusquement.
Grâce aux instruments que le HVO avait installés sur le Kilauea, les chercheurs ont pu assez bien comprendre comment le magma se déplaçait dans le système de fractures et ils ont été en mesure d’évaluer la quantité de magma qui était mise en oeuvre. Cependant, il reste encore d’importantes questions en suspens, notamment ce qui a déclenché l’éruption et pourquoi elle s’est arrêtée si soudainement.
Les scientifiques du HVO expliquent que l’éruption a débuté en imitant de nombreux autres événements de l’histoire récente du Kilauea, avec une accumulation de pression dans le secteur du Pu’uO’o, en aval du sommet. Au cours des dernières décennies, l’inflation du Pu’uO’o avait déjà provoqué des épanchements de lave dans le secteur. En mai 2018, une rupture s’est produite dans la partie profonde du système d’alimentation, ce qui a permis à beaucoup plus de magma de se déplacer vers la LERZ.
Les scientifiques ne comprennent pas pourquoi cette rupture profonde s’est produite et, au bout du compte, il sera sûrement difficile de tirer des conclusions définitives sans référence à des événements similaires en guise de comparaison. La raison pour laquelle l’éruption s’est arrêtée du jour au lendemain sera peut-être plus facile à déterminer une fois que les chercheurs auront associé toutes les données recueillies lors de l’éruption avec des modèles d’écoulement de fluides.
En dépit du contrôle étroit du déroulement de l’éruption, les scientifiques ont été incapables de prévoir son évolution. La plupart d’entre eux pensaient qu’elle durerait des mois, voire un an. C’est la raison pour laquelle ils ont été si lents à admettre qu’elle était définitivement terminée.
Il reste d’autres mystères à résoudre, notamment ce qui a déclenché les événements explosifs qui ont secoué le sommet du Kilauea à partir du mois de mai.
Source: Earther.

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Now that the last Kilauea eruption is over, scientists at the US Geological Survey’s Hawaii Volcano Observatory (HVO) will have the opportunity to study what really happened and, if possible, predict future events on the volcano.

One can now definitively say that Kilauea’s 2018 eruption was its biggest in at least 200 years. In the span of about four months, the volcano spilled at least 0.83 cubic kilometres of lava – the equivalent of over 300,000 Olympic-sized swimming pools – over an area of about 34 square kilometres, transforming the landscape and adding more than 2.5 square kilometres of new land to the coast.

The dramatic sequence of events that unfolded during the eruption, like the eighth caldera collapse scientists have witnessed at any volcano on Earth since 1900, have given researchers an unprecedented opportunity to answer basic geological questions and improve the tools for trying to predict future eruptions.

Let’s remember what happened at Kilauea volcano from the start of the eruption:

The action at Kilauea started in early May, when the lava lake in the Overlook crater overflowed and next began to rapidly drain, dropping hundreds of metres in a matter of days. This sent magma streaming below the surface some 40 kilometres to the southeast, where it opened new fissures and triggered earthquakes in the Lower East Rift Zone (LERZ) beginning on May 3rd, 2018. Fresh fissures continued to open for weeks as the newly drained summit caldera collapsed in on itself, triggering explosive eruptions of gas and ash.

By the end of May, the eruption had concentrated around Fissure 8, with lava fountains up to 80 metres high, feeding a network of channels that ultimately destroyed everything on their way to the ocean. Lava continued to flow until August 4th, when things shut off abruptly.

Thanks to the scientific instruments HVO already had in place around Kilauea, researchers have developed a pretty good picture of how magma moved through the system, and they were able to better constrain how much molten rock is stored there. However, there are still major unanswered questions, including what tipped off the eruption in the first place and why it stopped so suddenly.

HVO scientists explain that the eruption started out looking like many other events in Kilauea’s recent history, with pressure building up at the Pu’uO’o vent down-rift of the summit. For the past few decades, inflation at Pu’uO’o has caused new lava outbreaks in the area. But this time, something ruptured in that deeper part of the plumbing system, which allowed a lot more magma to move much further into the LERZ.

It is not understood why that deep rupture occurred, and ultimately it might be tough to draw definitive conclusions without any similar events to compare it to. The mystery of why Kilauea shut off virtually overnight is perhaps more within reach once researchers combine all the data collected during the eruption with models of fluid flow.

Although this is one of the most well monitored eruptions in the world, scientists still could not predict its evolution. Most of them said it would last months or even a year. This is the reason why they were so slow to admit it was definitely over

There are other mysteries to solve, including what set off the explosive events that rocked the summit crater beginning in May.

Source : Earther.

Les fontaines de lave dans la Fracture n°8 ont constitué l’un les événements les plus spectaculaires de la dernière éruption du Kilauea (Crédit photo: USGS / HVO)

Volcans du monde // Volcanoes around the world

L’activité éruptive n’a pas été très intense dans le monde au cours des derniers jours. Voici quelques-uns des événements les plus significatifs.

Comme je l’ai écrit dans une note précédente, l’activité de l’Etna (Sicile) est caractérisée par des émissions de gaz au niveau des cratères sommitaux, avec une activité strombolienne périodique faible à modérée au niveau des bouches dans la Bocca Nuova, le cratère nord-est et le nouveau cratère sud-est ( NCSE). En outre, on observe de petites coulées de lave sur environ 500 mètres le long du flanc est du cône dans le NCSE.
De nouvelles restrictions d’accès ont été mises en place par la municipalité de Nicolosi.
Source: INGV. .

Comme indiqué dans une note diffusée il y a quelques jours, une nouvelle activité éruptive a débuté à Manam (Papouasie-Nouvelle-Guinée) le 8 décembre 2018 avec des panaches de cendre s’élevant jusqu’à 5,2 km d’altitude. On a observé des émissions de cendre, des explosions accompagnées de projections au-dessus du cratère, ainsi que de forts grondements. Les panaches de cendre ont atteint 15,2 km d’altitude. L’activité éruptive a ensuite diminué. La population de l’île a fait état d’importantes retombées de cendre. Les habitants de Bokure et de Kolang ont été évacués.
Source: Darwin VAAC.

À Hawaii, la lave a été visible pour la dernière fois le 4 septembre 2018 dans la Fracture N° 8 et a marqué la fin de l’éruption dans la Lower East Rift Zone. C’est également la fin officielle de l’éruption du Kilauea qui avait débuté en 1983.
Source: HVO.

Entre le 30 novembre et le 6 décembre 2018, le dôme de lave dans le cratère du Merapi (Indonésie) a augmenté à raison de 2 200 mètres cubes par jour. Le 6 décembre, le volume du dôme était estimé à 344 000 mètres cubes. Le niveau d’alerte reste à 2 (sur une échelle de 1 à 4).
Source: VSI.

L’activité éruptive est stable sur le Sabancaya (Pérou) avec une moyenne de 17 explosions par jour. Les panaches de gaz et de cendre s’élèvent à 3 km au-dessus du cratère. Les émissions de SO2 atteignent en moyenne 3 600 tonnes par jour.
Source: INGEMMET, IGP.

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Eruptive activity has not been quite intense around the world during the past days. Here are a few of the most significant events.

As I put it in a previous post, activity at Mt Etna (Sicily) is characterized by gas emissions at the summit craters, with periodic weak to moderate strombolian activity from vents in Bocca Nuova, Northeast Crater (NEC), and New Southeast Crater (NSEC). In addition, lava effusion has become continuous with small overlapping flows travelling about 500 metres down the E flank of the cone in the NSEC.

New access restrictions have been implemented by the municipality of Nicolosi.

Source: INGV. .

As I put it in a previous post, new euptive activity started at  Manam (Papua-New-Guinea) on December 8th, 2018 with ash plumes rising to an altitude of 5.2 km.The eruption was characterized by ash emissions, explosions that ejected lava fragments above the crater, and rumbling and roaring noises. Ash plumes rose as high as 15.2 km. Eruptive activity later decreased. Island residents described heavy ashfall. Residents in Bokure and Kolang evacuated.

Source: Darwin VAAC.

In Hawaii, lava was last visible at Kilauea’s Fissure 8 cone on September 4th, 2018, signalling the end of the Lower East Rift Zone (LERZ) eruption. This is also the end of the Kilauea eruption that began in 1983.

Source: HVO.

Between November 30th and December 6th, the lava dome in Merapi’s crater (Indonesia) grew at a rate of 2,200 cubic metres per day. By December 6th, the volume of the dome was an estimated 344,000 cubic metres. The Alert Level remains at 2 (on a scale of 1-4).

Source: VSI.

Eruptive activity is stable at Sabancaya (Peru) with an average of 17 explosions per day. Gas-and-ash plumes rise as high as 3 km above the crater. SO2 emissions reach an average of 3,600 tons per day.

Source: INGEMMET, IGP.

L’éruption du Pu’uO’o qui avait débuté le 3 janvier 1983 est définitivement terminée (Crédit photo: USGS)

Tourisme toujours au ralenti sur la Grande Ile d’Hawaii // Tourism still sluggish on Hawaii Big Island

Trois mois après la fin de la dernière éruption du Kilauea et malgré la réouverture du Parc National des Volcans d’Hawaï, les commerces font état d’une pénurie de clients. Les autorités hawaïennes sont probablement en train de payer leur gestion désastreuse de l’éruption du point de vue touristique. Les gens venus visiter la Grande Ile n’ont jamais eu l’occasion de voir la lave. Ils ont été tenus bien à l’écart des coulées et ceux qui ont bravé les interdictions se sont vu infliger des amendes. Les autorités ont promis à plusieurs reprises qu’une plate-forme d’observation serait ouverte au public, mais personne ne l’a jamais vue. Cela a probablement été fait pour orienter les touristes vers les compagnies d’hélicoptères et de bateaux qui ont pu gagner de l’argent grâce à l’éruption.
La mauvaise gestion de l’éruption se fait encore sentir aujourd’hui sur la Grande Ile d’Hawaii. Même si les activités commerciales se sont améliorées depuis la réouverture du Parc en septembre, le tourisme dans la région est toujours en recul par rapport à la période qui a précédé l’éruption du 3 mai 2018 dans Lower Puna. Les commerces font état de nombres de visiteurs erratiques et le tourisme pour l’île dans son ensemble reste morose. Selon les dernières données publiées par la Hawaii Tourism Authority, le nombre moyen de visiteurs en octobre a diminué de 10% par rapport à l’année précédente, tandis que les dépenses des touristes pour ce même mois sont en baisse de 11%.
La lenteur de la reprise du tourisme est souvent attribuée à l’absence de lave dans le cratère de l’Halema’uma’u. On ne voit plus sa lueur la nuit, ce qui explique le peu de visiteurs nocturnes. Cette absence de lave est probablement aussi l’une des raisons de la fréquentation timide de la Volcano House. Les gens sont certes intéressés par les changements subis par le cratère de l’Halema’suma ’u qui s’est considérablement agrandi depuis le début de l’éruption, mais la lueur nocturne n’est plus qu’un souvenir.
Une autre raison susceptible d’expliquer la diminution du nombre de touristes est le manque de publicité. Si la lave est absente, la vue du cratère, les sentiers et les bouches qui émettent de la vapeur sont de bonnes raisons de venir visiter le Parc, mais beaucoup de gens pensent que ces sites sont toujours fermés au public. Les commerçants pensent qu’une nouvelle stratégie de marketing doit être développée pour promouvoir le Parc, maintenant que la lave a disparu de la surface de l’île.
Source: Journaux hawaïens.

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Three months after the end of the last Kilauea eruption, and despite the reopening of Hawaii Volcanoes National Park, businesses report a shortage of visitors. Hawaiian authorities are probably paying for their disastrous management of the eruption from the tourist point of view. Visitors to the Big Island were never given the opportunity to see the lava. They were kept far way from the lava flows and given fines if they entered the restricted area. Authorities promised several times that a viewing platform would be opened for the public but nobody ever saw it. This was probably done to orient tourists toward the helicopter and boat companies which could make money out of the eruption.

The poor management of the eruption is still felt today on Hawaii Big island. While business in Volcano has improved since the reopening of the Park in September, tourism to the area is still down from before the eruption which began on May 3rd in Lower Puna. Businesses report erratic visitor numbers as the island’s tourist industry remains sluggish. According to the latest data released by the Hawaii Tourism Authority, the average daily number of visitors in October was down 10 percent from the previous year, while visitor spending for that month was down by 11 percent.

The slow recovery is often attributed to the absence of what was once a major attraction in the area:  lava within Halema‘uma‘u crater. Its glow can no longer be seen at night so that there are fewer tourists in the evening. This lack of lava is a likely reason for the Volcano House’s recent dearth of visitors. Locals are still interested in seeing the changes to Halema‘uma‘u, which has expanded substantially since the start of the eruption, but the exotic attraction of the nightly lava glow is lost.

Another reason that could account for the drop in the visitor numbers is the lack of publicity. If lava is absent, the view of the crater, the trails and the steam vents are good reasons to come and visit the Park, but many people think they are still closed to the public. Business owners think a new marketing strategy should be developed for the Park, now that no active lava can be seen on the surface of the island.

Source: Hawaiian newspapers.

La belle lueur nocturne de la lave dans le cratère de l’Halema’uma’u n’est plus qu’un souvenir (Photo: C. Grandpey)