Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques nouvelles de l’activité volcanique dans le monde:

En Islande, l’éruption de Fagradalsfjall continue. Une image satellite transmise le 26 juin 2021 (voir ci-dessous) montre que l’activité éruptive s’est nettement intensifiée sur le site de l’éruption de Fagradalsfjall. Si la tendance se confirme, la lave atteindra plus tôt que prévu la vallée de Nátthagakriki et la route côtière (Suðurstrandarvegur).

L’image satellite, en lumière proche infrarouge, montre la répartition de la chaleur dans la lave. Les zones blanches correspondent à la bouche éruptive et aux chenaux de lave tandis que les coulées de lave actives apparaissent en rouge et jaune. La plupart des coulées de surface en provenance du cratère se dirigent vers la vallée de Geldingadalur. Les deux points jaunes près du centre de l’image sont les lacs de lave. Dans la vallée de Meradalur, la lave avance majoritairement en tunnels.

Il est à craindre que le débit actuel de la lave intensifie les contraintes auxquelles sera soumise la digue de protection de cinq mètres de haut et 200 mètres de long., située vers le sud, et qui a été achevée le 24 juin 2021.

Source : Iceland Monitor.

Image satellite Copernicus – Sentinel 2

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Cette information, c’était le 27 juin 2021. La situation a évolué depuis cette date. Dans la soirée du 28 juin vers 20h30, le tremor a eu un accès de faiblesse et tout laissait à penser que l’éruption touchait à sa fin. Vers 2 heures du matin, dans un sursaut d’orgueil, le tremor a repris de la vigeur. Malheureusement, le brouillard qui a envahi le site de l’éruption ne permet pas d’observer le comportement du volcan.

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Aucune nouvelle activité éruptive n’a été observée à La Soufrière de St Vincent. Une certaine hausse de la sismicité a été enregistrée ces derniers jours, mais l’UWI indique qu’il n’y a pas de quoi s’inquiéter. C’est probablement une conséquence des fortes pluies qui se sont abattues sur le volcan

 

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Huit nouvelles crises éruptives – ou paroxysmes – ont été observées sur l’Etna (Sicile) entre le 23 et le 28 juin 2021 ! Elles ont suivi le processus habituel : activité strombolienne dans le Cratère SE, évoluant ensuite en fontaines et débordements de lave d’environ 1 ou 2 km de longueur sur le versant SO du cratère.

Ces paroxysmes sont de plus en plus rapprochés. La situation mérite d’être surveillée attentivement

 

Source : INGV

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Le Rincón de la Vieja (Costa Rica) a connu une brève crise éruptive le 28 juin 2021 avec un panache de cendre qui est monté à plus de deux kilomètres au-dessus du cratère. L’événement a duré environ trois minutes. Des retombées de cendres ainsi qu’une odeur de soufre ont été signalées autour du volcan. L’OVSICORI précise qu’il s’agit d’une éruption phréatique ou phréatomagmatique, ce qui devrait être confirmé par l’analyse d’échantillons de matériaux émis par le volcan. .

Aucun dégât majeur n’a été signalé. L’éruption a toutefois provoqué des lahars. Il est demandé à la population de se tenir éloignée des ponts.

Voici une petite vidéo de l’éruption :

https://youtu.be/fUyU3Dqw0L0

 

Source : Wikipedia

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A Hawaï, le Kilauea n’est plus en éruption. Aucune activité de surface n’a été observée depuis le 23 mai 2021. Les émissions de SO2 restent légèrement élevées. Selon le HVO, « il se peut que l’éruption reprenne dans le cratère de l’Halema’uma’u, ou que le Kilauea entre dans une période de repos plus longue avant la prochaine éruption ». C’est ce qui s’appelle ne pas se mouiller !

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La situation reste inchangée sur le Fuego (Guatemala) où l’on enregistre 10 à 13 explosions par heure avec des panaches de cendres qui monteent 4500-4700 mètres d’altitude, et des projections de matériaux incandescents projetés à 400 m au-dessus du sommet. Des retombées de cendres ont été signalées dans plusieurs localités sous le vent. Des ondes de choc secouent quotidiennement les bâtiments autour du volcan. Des avalanches de blocs sont toujours observées dans plusieurs ravines où elles atteignent souvent des zones de végétation.

Source : INSIVUMEH.

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Dans ma note précédente sur le Taal (Philippines), j’ai indiqué que le volcan montrait toujours des signes d’activité avec des panaches de vapeur s’élevant au-dessus du lac de cratère, et des émissions de SO2 atteignant en moyenne 3 000 à 5 600 tonnes par jour au niveau du Main Crater (cratère principal).

En raison des conditions météorologiques sur la région (températures de 30°C, humidité relative de 75% et vitesse du vent très faible), un brouillard volcanique, le vog, a été observé sur la caldeira du Taal. Une épaisse brume recouvre toute la région.

Si les émissions de SO2 se poursuivent au même rythme ou augmentent, et si les conditions atmosphériques favorisent la formation du vog, il est conseillé aux populations autour du lac Taal de prendre les précautions nécessaires.

Le Taal reste en niveau d’alerte 2.

Source : PHIVOLCS.

Source : Manila Bulletin

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Un feu de forêt, baptisé « feu de lave », a été provoqué par la foudre sur le mont Shasta (Californie) alors que les températures restent très élevées dans la région. Des vents violents ont favorisé le développement de l’incendie. Les pompiers s’efforcent de le contenir mais sont confrontés à un terrain escarpé et rocheux, un accès routier limité et des sources d’eau limitées à proximité de l’incendie. Plusieurs localités du comté de Siskiyou ont reçu un ordre d’évacuation. Aucun blessé n’a été signalé.

Source : médias d’information locaux.

 

Photo : C. Grandpey

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La couleur de l’alerte aérienne reste inchangée pour les volcans du Kamtchatka où la couleur de l’alerte aérienne reste à l’Orange pour le Sheveluch, le Karymsky et l’Ebeko.

Panache éruptif du Sheveluch (Crédit photo : KVERT)

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Ces informations ne sont pas exhaustives. Vous en trouverez d’autres (en anglais) en lisant le bulletin hebdomadaire de la Smithsonian Institution :

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Here is some news of volcanic activity around the world :

In Iceland, the Fagradalsfjall eruption continues. A satellite picture taken on June 26th, 2021 (see above) shows much more volcanic activity than before at the eruption site by Fagradalsfjall. If this development continues, lava will flow sooner than previously expected from Nátthagakriki valley over Suðurstrandarvegur coastal road.

The satellite picture, taken using near infrared light, shows heat distribution in the lava. White areas indicate the vent and lava channels while active lava flows are red and yellow. Most of the surface flows from the crater travel into Geldingadalur valley. The two yellow dots near the center of the picture indicate lava lakes. In Meradalur valley, lava mainly travels in tunnels.

It is feared that the current lava output will increase the stress on a protective wall, located toward the south, which was completed on June 24th, 2021. The wall is five metres high and 200 metres long.

Source : Iceland Monitor.

This information was released on June 27, 2021. The situation has changed since that time. On the evening of June 28 at around 8:30 p.m., the tremor dropped suddenly and everything suggested that the eruption was coming to an end. However, around 2 o’clock in the morning, the tremor regained some vigour. Unfortunately, the fog which invaded the site of the eruption did not allow to observe the behaviour of the volcano.

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No new eruptive activity has been observed at St Vincent’s La Soufriere. An increase in seismicity has been observed in recent days but UWI says there is nothing to worry about. It was probably a consequence of the heavy rainfall on the volcano

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Eight new eruptive crises – or paroxysms – were observed at Mt Etna (Sicily) between June 23rd and 28th, 2021. They follow the usual process: Strombolian activity in the SE Crater, then evolving into lava fountains and overflows over about 1-2 km on the SW flank of the crater. It should be noted that the paroxysms are getting more and more frequent. The situation deserves to be monitored carefully.

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Rincón de la Vieja (Costa Rica) went through a brief eruptive crisis on June 28th, 2021 with an ash plume that rose more than two kilometres above the crater. The event lasted for about three minutes. Ashfall and a smell of sulphur were reported around the volcano. OVSICORI specifies that it was a phreatic or phreatomagmatic eruption, which should be confirmed by the analysis of samples of materials emitted by the volcano. . No major damage was reported. The eruption, however, caused lahars. The population is asked to stay away from bridges. Here is a short video of the eruption:

https://youtu.be/fUyU3Dqw0L0

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In Hawaii, Kilauea is no longer erupting. No surface activity has been observed since May 23rd, 2021. SO2 emission rates remain slightly elevated. According to HVO, “it is possible that the Halema‘uma‘u vent could resume eruption or that Kilauea is entering a longer period of quiescence prior to the next eruption.” It is clear that Americans can’t predict eruptions!

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The situation remains unchanged at Fuego (Guatemala) where 10-13 explosions are recorded each hour with ash plumes rising about 4,500-4,700 m a.s.l. and ejection of incandescent material 400 m above the summit. Ashfall has been reported in several downwind municipalities. Daily shock waves rattle buildings in towns around the volcano. Block avalanches are still travelling down several drainages, often reaching vegetated areas.

Source : INSIVUMEH.

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In my previous post about Taal (Philippines) I indicated that the volcano was still showing signs of activity with steam plumes rising above the crater lake and SO2 emissions averaging 3,000-5,600 tonnes/day at the Main Crater.

Because of the weather conditions in the region (temperatures of 30°C, relative humidity of 75% and very low wind velocity), volcanic smog or vog has been observed over the Taal caldera, with a pronounced haze over the whole region.

Should SO2 gas emission continue at the same rate or increase and atmospheric conditions promote the formation of vog, communities surrounding Taal Lake are advised to take necessary precautions.

Alert Level 2 is kept over Taal Volcano.

Source: PHIVOLCS.

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A wildfire, which has been dubbed « Lava Fire, » started on Mt. Shasta (California) after lightning struck amid very high temperatures. Strong winds caused the fire to grow considerably. Firefighters are working to contain the blaze, but are faced with steep, rocky terrain, limited road access, and limited water sources close to the fire. Several communities such as residents in Siskiyou County have been ordered to evacuate. No injuries have been reported.

Source : local news media

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The aviation colour codes remain unchanged for Kamchatka volcanoes where the aviation colour codes of Sheveluch, Karymsky and Ebeko volcanoes remain Orange.

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This information is not exhaustive. You can find more by reading the Smithsonian Institution’s weekly report:

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

Relation entre les éruptions à Hawaii et en Californie // Relationship between eruptions in Hawaii and in California

Dans sa série Volcano Watch, l’Observatoire des Volcans d’Hawaii (HVO) a publié un nouvel article fort intéressant sur les volcans des Etats Unis.

Les scientifiques du HVO expliquent que certaines régions surveillées par les différents observatoires volcanologiques ont connu des éruptions géologiquement «jeunes» qui sont néanmoins trop vieilles pour avoir eu des témoins oculaires et avoir laissé des traces écrites. Cela pose un problème aux volcanologues car ils aimeraient s’appuyer sur les éruptions du passé pour mieux anticiper les éruptions du futur. Les magmas émis dans différentes régions se forment de manière différente, et les éruptions peuvent durer des jours, des semaines, des mois, des années, et parfois même plusieurs décennies.

Les observatoires volcanologiques gérés par l’USGS, qui comprennent l’Observatoire des Volcans d’Hawaii (HVO), l’Observatoire Volcanologique des Cascades (CVO), l’Observatoire Volcanologique de l’Alaska (AVO), l’Observatoire Volcanologique de Yellowstone (YVO) et l’Observatoire Volcanologique de Californie (CalVO), surveillent de nombreux types de volcans et d’éruptions, depuis le Mont St. Helens qui émet en général une lave visqueuse, jusqu’aux éruptions plus récentes du Kilauea et du Mauna Loa où des laves fluides sont généralement observées.

La Californie héberge le Mont Shasta, stratovolcan d’aspect classique, et la grande caldeira de Long Valley. Cependant, aucun de ces volcans n’a connu d’éruption historique, bien que chacun montre les preuves d’une activité géologiquement récente. L’éruption la plus récente en Californie a eu lieu de 1914 à 1917 sur le Lassen Peak où s’est édifié un dôme de lave accompagné de dépôts de cendres.

Une zone à l’est du Mont Shasta et de Lassen Peak est relativement plate mais on y observe de jeunes coulées de lave. Le volcan de Brushy Butte appartient à cette région et des travaux récents sur le terrain montrent qu’il y a au moins 29 dépôts volcaniques constitués de scories, de cônes de projection et de coulées de lave. La question est de savoir combien de temps il a fallu pour édifier ces 29 cônes et coulées de lave.

 Le problème est que les éruptions de Brushy Butte ont eu lieu il y a environ 35000 ans, et pour répondre à cette question, les géologues du CalVO ont utilisé le vieil axiome géologique de «l’uniformitarisme» selon lequel «le présent est la clé du passé».

Pour mieux comprendre comment l’éruption de Brushy Butte et essayer de savoir combien de temps elle a pu durer, les scientifiques se sont tournés vers des volcans actifs d’un type et d’un environnement similaires. Le volcan de Brushy Butte se trouve dans une zone de rift et la lave émise est un basalte tholéiitique. Le Kilauea et le Mauna Loa, même s’ils ne présentent pas la même morphologie, sont proches de Brushy Butte car leurs laves sont généralement émises dans des zones de rift et on rencontre un basalte tholéiitique similaire. Les récentes éruptions volcaniques de ces volcans hawaïens pourraient donc aider à comprendre comment ont été émises les laves du volcan de Brushy Butte et combien de temps les éruptions ont pu durer.

L’un des outils les plus utiles pour comprendre les éruptions de Brushy Butte est le LiDAR, acronyme pour Light Detection and Ranging. L’ensemble de données obtenues par cette technologie permet de créer une image détaillée de la surface d’une coulée de lave avec les différentes formes de relief édifiées lors de l’éruption, tandis que la lave s’éloigne de son point d’émission. (voir l’image ci-dessous)

Les volcans hawaïens sont très actifs. L’éruption du Pu’uO’o, qui a duré plusieurs décennies, a montré les différents types de reliefs que les basaltes tholéiitiques peuvent former sur de longues périodes. En utilisant l’éruption du Pu’uO’o comme référence, les géologues du CalVO ont estimé que les 29 bouches éruptives qui ont émis des coulées de lave ont été créées par l’éruption de Brushy Butte pendant au moins 20 ans. Ils ont pu tirer ces conclusions en observant les différentes formes de relief créées par les coulées de lave et leur emplacement à l’intérieur du volcan. .

Source: USGS / HVO.

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In its Volcano Watch series, the Hawaiian Volcano Observatory has published another interesting article about U.S. volcanoes.

HVO scientists explain that some regions monitored by the volcano observatories had geologically ‘young’ eruptions that are nonetheless old enough to lack written documentation. This creates a dilemma for geologists interested in how a future eruption might occur and how long it could last. The magmas that erupt from these different regions are formed in different ways, and eruptions can range from days, weeks, months, years to as long as several decades in duration.

USGS volcano observatories, which include the Hawaiian Volcano Observatory (HVO), Cascades Volcano Observatory (CVO), Alaska Volcano Observatory (AVO), Yellowstone Volcano Observatory (YVO), and California Volcano Observatory (CalVO), monitor many different types of volcanoes and eruptions, from Mount St. Helens that erupts viscous lava, to the more recent eruptions of Kilauea and Mauna Loa, where fluid lavas are usually observed.

California displays Mount Shasta, a classic-looking stratovolcano, and the large caldera of Long Valley. However, but neither has erupted historically though each has evidence of geologically young activity. The most recent eruption in California was from 1914–1917 at Lassen Peak, creating a lava dome and related ash deposit.

An area east of Mount Shasta and Lassen Peak is relatively flat but contains young looking lava flows. Brushy Butte Volcano is part of this region, and recent field research shows that it contains at least 29 volcanic deposits consisting of scoria and spatter cones and lava flows. The question about Brushy Butte Volcano is:how long did it take to erupt these 29 cones and lava flows?

The problem is that the Brushy Butte eruptions took place approximately 35,000 years ago, and to answer this question CalVO geologists have used the old geologic axiom of ‘uniformitarianism’ or ‘the present is the key to the past.’

To better understand how Brushy Butte erupted and how long it might have taken, active volcanoes of a similar type and setting were used as an analog. The Brushy Butte Volcano is located in a rifting area, and the type of magma erupted there is tholeiitic basalt. Kilauea and Mauna Loa, though not exactly the same, are close in that their lavas erupt commonly from rift zones and are usually of a similar tholeiitic basalt type. So, the recent volcanic eruptions from these Hawaiian volcanoes could help understand how lavas erupted from Brushy Butte Volcano and how long it might have taken.

One of the most helpful tools used to understand the Brushy Butte eruptions is Light Detection and Ranging or LiDAR. The resulting dataset creates a detailed picture of the surface of a lava flow showing the different landforms created as a volcano erupts and lava moves downhill away from its vent. (see image below)

Hawaiian volcanoes are very active, and in particular the decades-long eruption of Pu’uO’o displayed many types of landforms that tholeiitic basalts can form over long timeframes. Using Pu’uO’o as an analog, CalVO geologists estimated that the 29 closely-spaced vents and lava flows of Brushy Butte Volcano erupted over at least 20 years based on the different lava flow landforms created and their placement around the interior of the volcano.

Source : USGS / HVO.

Vue d’ensemble du site éruptif de Brushy Butte (Source : Wikipedia)

Carte montrant, à l’aide d’un dégradé de couleurs, le relief du volcan de Brushy Butte (environ 150 mètres de hauteur). Elle a été réalisée à l’aide des données LiDAR à résolution de 1 mètre. On y voit, sous forme de points, les différentes bouches éruptives ainsi que les chenaux et les levées tracés par les coulées de lave dans le paysage. (Source : CalVO)

Chaîne des Cascades : Les petits volcans de l’Oregon // Cascade Range : Oregon’s small volcanoes

S’étirant du sud de la Colombie-Britannique jusqu’au nord de la Californie, en passant par les Etats de Washington et de l’Oregon, la Chaîne des Cascades longe la côte ouest de l’Amérique du Nord. Elle comprend de nombreux volcans potentiellement actifs, dominés par les 4 392 m du Mont Rainer. Toutes les éruptions des États-Unis contigus au cours des 200 dernières années ont eu lieu sur la Chaîne des Cascades. Les deux plus récentes ont secoué le Lassen  Peak de 1914 à 1921, et le Mont St. Helens en 1980. D’autres éruptions, de moindre importance, du Mont St. Helens se sont également produites de 2004 à 2008.
Dans un article récent, le journal local de l’Oregon, The Oregonian, a rappelé à ses lecteurs que les éruptions volcaniques ont façonné le paysage du centre de l’Oregon, avec des sommets bien connus tels que le Mont Hood, le Newberry et les Three Sisters.

Cependant, une étude récente du Département des Sciences de la Terre de l’Université de l’Oregon explique que ces édifices volcaniques majeurs représentent moins de 1% de tous les volcans de la Chaîne des Cascades. L’étude a identifié 2 835 volcans dans la chaîne, dont environ 400 dans le centre de l’Oregon. La partie canadienne de la chaîne – qui comprend la région du Mont Garibaldi – n’a pas été incluse dans l’étude.
La plupart des volcans identifiés dans le centre de l’Oregon sont des collines et des buttes – comme Lava Butte – situées dans la région de Bend et des Three Sisters, et dans le Newberry National Volcanic Monument. Selon l’un des auteurs de l’étude, à quelques exceptions près, chaque petite colline autour de la ville de Bend est un volcan. Chacun des quelque 3000 volcans identifiés dans l’étude est entré en éruption au moins une fois au cours des 2,6 millions d’années écoulées. 231 sont actifs et se sont manifestés au cours des 10 000 dernières années. D’une manière générale, le volcanisme de l’Oregon est actif depuis 40 millions d’années. Un chercheur a déclaré: « Cela semble une longue période, mais d’un point de vue volcanique ou de la Chaîne des Cascades en général, ce n’est pas très long. »
L’étude ne fait pas de prévisions sur les futures éruptions, mais elle permettra aux scientifiques de comprendre quand et où la prochaine pourrait avoir lieu dans les Cascades. Les chercheurs ont utilisé des données satellitaires pour cartographier l’ensemble de la Chaîne des Cascades. Les informations ont ensuite été compilées dans une base de données, ce qui n’avait jamais été fait auparavant.
Le relief de l’Oregon a fait l’objet de plusieurs études volcaniques. En 2018, l’USGS a publié une étude qui s’attardait sur quatre volcans de l’Oregon – le Mont Hood, les Three Sisters, le Newberry et Crater Lake. Ils figurent parmi les18 volcans des Cascades susceptibles de connaître une éruption majeure.
Les auteurs de l’étude ne s’attendent pas à l’éruption d’un des grands volcans de l’Oregon ; ils pensent davantage que la prochaine éruption « jaillira du sol et créera une colline de cendres et de lave.» Ce serait la confirmation que les Cascades sont effectivement dominées par de petites éruptions.
Source: L’Oregonian.

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Extending from southern British Columbia through Washington and Oregon to Northern California, the Cascade Range is a major mountain range of western North America. It includes many potentially active volcanoes, the highest of which is Mount Rainier (4,392 m). All of the eruptions in the contiguous United States over the last 200 years have been from Cascade volcanoes. The two most recent were Lassen Peak from 1914 to 1921 and Mount St. Helens in 1980. Minor eruptions of Mount St. Helens have also occurred since, most recently from 2004 to 2008.

In a recent article, Oregon’s local newspaper The Oregonian reminded its readers that volcanic eruptions millions of years ago shaped the Central Oregon landscape, with well-known summits such as Mount Hood, Newberry Volcano and the Three Sisters.

However, a recent study from the University of Oregon Department of Earth Sciences explains that those large mountains only represent less than 1% of all the volcanoes in the Cascade Range that have erupted in the past. The study found 2,835 volcanoes in the Cascades, including about 400 in Central Oregon. The Canadian portion of the mountain range – which includes the Mount Garibaldi area – was not included in the study.

Many of the identified volcanoes in Central Oregon are hills and buttes found in the Bend and Three Sisters area and in the Newberry National Volcanic Monument. According to one of the authors of the research, every small hill surrounding Bend is a volcano, with very few exceptions. Each of the nearly 3,000 volcanoes identified in the study have erupted at least once within the past 2.6 million years. Of those, 231 are active and have erupted within the last 10,000 years. Globally, Oregon’s entire landscape has been active for 40 million years. Said one researcher: “It is a long time, but from the standpoint of a volcano or the Cascade Range in general, it’s actually not a very long time.”

The study does not predict future eruptions, but it will help scientists understand when and where the next Cascade eruption could take place. The research team used satellite data to map the entire Cascade Range throughout the United States. The information was then compiled in a database, which had never been done before.

Oregon’s landscape has been the focus of several volcanic studies. The U.S. Geological Survey released a study in 2018 that listed four Oregon volcanoes — Mount Hood, the Three Sisters, Newberry Volcano and Crater Lake — among 18 that pose a “very high threat” of a dangerous eruption.

The authors of the study believe that rather than one of the large mountains erupting, it is more likely the next eruption will sprout from the ground and create a hill of ash and lava. It would be the confirmation that the Cascades are dominated by small eruptions.

Source: The Oregonian.

Voici les images de quelques volcans de la Chaîne des Cascades :

Source : USGS

Le Mont Baker…

Le Mont Adams…

Le Mont Hood…

Les Three Sisters…

Lava Butte…

Lassen Peak.

Photos : C. Grandpey

18 mai 1980, le jour où le Mont St Helens a explosé (2ème partie) // May 18th, 1980, the day when Mount St Helens exploded (part 2)

Comme je l’ai écrit dans ma note du 28 avril 2020 consacrée à l’éruption du Mont St Helens en 1980, un renflement impressionnant est apparu dès le début du mois d’avril sur le flanc nord du volcan. En une semaine, le cratère avait atteint environ 400 m de diamètre et deux systèmes de fractures impressionnantes cisaillaient toute la zone sommitale. Des épisodes éruptifs se produisaient à raison d’un événement en moyenne en mars et environ un par jour le 22 avril 1980, lorsque prit fin la première période d’activité.

Crédit photo : USGS

De petites séquences éruptives ont repris le 7 mai et se sont poursuivies jusqu’au 17 de ce mois. À ce moment-là, plus de 10 000 séismes avaient été enregistrés sur le volcan et le flanc nord avait gonflé d’environ 140 mètres pour former un renflement proéminent. Dès le début de l’éruption, le renflement a progressé plus ou moins horizontalement, à raison d’environ 2 mètres par jour. Il était clair du magma s’élevait à l’intérieur du volcan. En fait, sous le renflement visible en surface se cachait un cryptodôme, autrement dit une intrusion magmatique qui n’avait pas encore percé la surface.

Sans signes précurseurs, un séisme de magnitude M 5,1 a secoué le volcan à 8 h 32 le 18 mai 1980 et s’est accompagné d’une série rapide d’événements. En même temps que le séisme, le renflement sur le flanc nord et le sommet du volcan ont glissé pour donner naissance à un énorme glissement de terrain d’une taille encore jamais observée sur Terre. Un petit panache éruptif sombre et riche en cendre est apparu directement à la base de l’escarpement formé par l’avalanche de débris, tandis qu’un autre s’échappait du cratère sommital et montait jusqu’à environ 200 m de hauteur. Une partie de l’avalanche de débris s’est dirigée vers les crêtes au nord, mais la plus grande partie s’est dirigée vers l’ouest et s’est engagée sur 23 km dans la vallée de la North Fork Toutle River où elle a déposé des hummocks, reliefs de plusieurs dizaines de mètres de hauteur, que l’on peut encore observer aujourd’hui. Le volume de matériaux transportés par les avalanches est estimé à environ 2,5 km3.

Crédit photo : USGS

Photo : C. Grandpey

 Le glissement de terrain a fait disparaître le flanc nord du Mont St. Helens, y compris une partie du cryptodôme qui s’était formé à l’intérieur du volcan. La disparition du cryptodôme a entraîné une dépressurisation soudaine du système magmatique et déclenché un blast – de puissantes éruptions latérales – qui a arraché la partie supérieure du cône sur 300 mètres de hauteur. Lorsque ce blast a dépassé l’avalanche de débris mentionnée précédemment; il a accéléré pour atteindre une vitesse d’au moins 480 kilomètres à l’heure. En quelques minutes, un nuage éruptif a commencé à s’élever de l’ancien cratère sommital et a atteint en moins de 15 minutes une hauteur de plus de 24 km.

Crédit photo : USGS

Le blast a dévasté une zone sur près de 30 km d’ouest en est et sur plus de 20 km au nord de l’ancien sommet. Dans une zone s’étendant à une dizaine de kilomètres du sommet, il ne restait pratiquement plus d’arbres de ce qui était autrefois une belle forêt dense. Juste au-delà de cette zone, tous les arbres sur pied ont été projetés au sol, brisés comme des allumettes. A la limite extérieure de l’éruption, les arbres ont été complètement brûlés sur pied. La zone dévastée de 600 km2 a été recouverte d’un dépôt de matériaux chauds propulsés par l’explosion.

Troncs d’arbres sur le Spirit Lake

(Photos : C. Grandpey)

En disparaissant, le cryptodôme et le flanc du volcan ont mis à l’air libre le conduit d’alimentation du Mont St. Helens, entraînant une énorme libération de pression. Cette brutale dépressurisation dans le conduit éruptif a permis au magma de se précipiter vers l’extérieur. Moins d’une heure après le début de l’éruption, la dépressurisation dans le conduit éruptif a déclenché une éruption plinienne qui a envoyé un énorme panache de tephra dans l’atmosphère. Des coulées pyroclastiques en provenance du cratère ont dévalé la pente du volcan  à 80 – 130 km / h et se sont propagées jusqu’à 8 km au nord.
Cette phase plinienne s’est poursuivie pendant 9 heures, avec une très haute colonne étuptive, de nombreuses coulées pyroclastiques et des retombées de cendres dans les zones sous le vent. À la fin de la phase plinienne, un nouvel amphithéâtre de 1,9 x 2,9 km, orienté vers le nord, était apparu au sommet du volcan.

Crédit photo : USGS

Au cours de la journée, les vents dominants ont emporté la cendre vers l’est, à travers les Etats-Unis. Une obscurité totale a envahi Spokane,  dans l’Etat de Washington, à 400 km du volcan. Des retombées de cendres importantes ont été observées jusque dans le centre du Montana, avant d’atteindre les grandes plaines du centre des États-Unis, à plus de 1 500 km. Le nuage de cendres a traversé les États-Unis en trois jours et a fait le tour de la Terre en 15 jours.
Source: USGS.

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As I put it in my post of 28 April 2020, an impressive bulge had appeared on the north flank of Mount St Helens. Within a week the crater had grown to about 400 m in diameter and two giant crack systems crossed the entire summit area. Eruptions occurred on average from about 1 per hour in March to about 1 per day by April 22nd, 1980 when the first period of activity ceased.

Small eruptions resumed on May 7th and continued to May 17th. By that time, more than 10,000 earthquakes had shaken the volcano and the north flank had grown outward about 140 m to form a prominent bulge. From the start of the eruption, the bulge grew outward, nearly horizontally, at consistent rates of about 2 metres per day. It was clear that magma had risen high into the volcano. In fact, beneath the superficial bulge was a cryptodome that had intruded into the volcano’s edifice, but had yet to erupt on the surface.

With no immediate precursors, a magnitude M 5.1 earthquake occurred at 8:32 a.m. on May 18th, 1980 and was accompanied by a rapid series of events. At the same time as the earthquake, the volcano’s northern bulge and summit slid away as a huge landslide. A small, dark, ash-rich eruption plume rose directly from the base of the debris avalanche scarp, and another from the summit crater rose to about 200 m high. The debris avalanche swept around and up ridges to the north, but most of it turned westward as far as 23 km down the valley of the North Fork Toutle River and formed a hummocky deposit. The total avalanche volume is about 2.5 km3.

The landslide removed Mount St. Helens’ northern flank, including part of the cryptodome that had grown inside the volcano. The removal odf the cryptodome resulted in immediate depressurization of the volcano’s magmatic system and triggered powerful eruptions that blasted laterally and removed the upper 300 m of the cone. As this lateral blast of hot material overtook the debris avalanche; it accelerated to at least 480 kilometres per hour. Within a few minutes, an eruption cloud of blast tephra began to rise from the former summit crater. Within less than 15 minutes it had reached a height of more than 24 km.

The lateral blast devastated an area nearly 30 km from west to east and more than 20 km northward from the former summit. In an inner zone extending nearly 10 km from the summit, virtually no trees remained of what was once dense forest. Just beyond this area, all standing trees were blown to the ground, and at the blast’s outer limit, the remaining trees were thoroughly seared. The 600 km2 devastated area was blanketed by a deposit of hot debris carried by the blast.

Removal of the cryptodome and flank exposed the conduit of Mount St. Helens, resulting in a release of pressure on the top of the volcano’s plumbing system. This caused a depressurization wave to propagate down the conduit to the volcano’s magma storage region, allowing the pent-up magma to expand upward toward the vent opening. Less than an hour after the start of the eruption, this loss of conduit pressure initiated a Plinian eruption that sent a massive tephra plume high into the atmosphere. Pyroclastic flows poured out of the crater at 80 – 130 km/hr and spread as far as 8 km  to the north.

The Plinian phase continued for 9 hours producing a high eruption column, numerous pyroclastic flows, and ashfall downwind of the eruption. When the Plinian phase was over, a new northward opening summit amphitheater 1.9 x 2.9 km across was revealed

Over the course of the day, prevailing winds blew the ash eastward across the United States and caused complete darkness in Spokane, Washington, 400 km from the volcano. Major ashfalls occurred as far away as central Montana, and ash fell as far eastward as the Great Plains of the Central United States, more than 1,500 km away. The ash cloud spread across the U.S. in three days and circled the Earth in 15 days.

Source : USGS.

Le Mont St Helens aujourd’hui (Photos : C. Grandpey)