Prochaines conférences

Voici les dates de mes prochaines conférences, avec un rappel dans la colonne de gauche de ce blog :

  • 14 août 2019à 15h45 : Maison du Volcan de Morne-Rouge (Martinique) – Volcans de subduction : la Chaîne des Cascades (Etats-Unis)

 

  • 16 août 2019 à 18h30 : CDST de Saint Pierre (Martinique) – Points chauds, méga volcans et Yellowstone (Etats-Unis)

 

  • 15 octobre 2019 à 17h30 Amphithéâtre de l’IUT de Rodez (Aveyron) – Volcans et risques volcaniques

 

  • 17 octobre 2019 Pôle Nature ZA du Moulin Cheyroux, Aixe-sur-Vienne (Haute Vienne) –  Glaciers en péril, les effets du réchauffement climatique 

 

  • 14 janvier 2020 à 14h15 Auditorium du Musée des Beaux Arts, 1 rue Fernand Rabier Orléans – Volcans et risques volcaniques

 

  • 3 février 2019 Le Blanc (Indre) – Volcans et risques volcaniques

 

  • 11 mars 2020 à 20h30 au Centre Culturel, Place du Champ de Mars de Ruelle (Charente) – Glaciers en péril, les effets du réchauffement climatique

 

  • 8 avril 2020 à 19 heures Salle Charles Brillaud à Argenton-sur-Creuse (Indre) – Volcans et risques volcaniques

 

  • 9 avril 2020 à 18 heures à l’IUT d’Issoudun (Indre), rue Georges Brassens: Glaciers en péril, les effets du réchauffement climatique 

Photos: C. Grandpey

Fonte de la glace de mer arctique : Vers un nouveau record ? // Melting of Arctic sea ice: Towards a new record?

Avec les très fortes températures et les épisodes de canicule enregistrés dans l’hémisphère nord, il n’est guère surprenant de constater une accélération de la fonte de la glace de mer arctique. Après un ralentissement de cette fonte vers la mi-juin, le déclin saisonnier s’est accéléré à la fin du mois, et ce rythme rapide continue à l’heure actuelle. La superficie de la glace de mer arctique se situe à présent sous la courbe de 2012, année où l’on avait enregistré la plus faible extension en septembre.

En juin, la circulation atmosphérique a favorisé l’établissement de très hautes pressions au nord du continent américain avec un maximum de pression au-dessus du Groenland, associé à un début de saison de fonte très rapide. On se souvient que des records de température ont été battus en Alaska. De la même façon, le 14 juillet 2019 la base canadienne d’Alert, le lieu habité le plus au nord de la planète à 817 km du pôle nord, a battu son record absolu de température avec 21,0°C. Le précédent record datait du 8 juillet 1956, avec 20,0°C. Il s’agit également de la température la plus élevée dans le monde à une latitude supérieure à 80° Nord.

Les basses pressions sur le côté eurasiatique ont contribué à faire remonter de l’air chaud du côté de la mer de Laptev, qui a connu un excédent de température particulièrement élevé. Cette situation ressemble à celle observée pendant l’été 2007, à l’origine d’une baisse spectaculaire de la glace de mer à l’époque, avec le record du minimum le plus bas. Les trois étés précédents avaient été concernés par des conditions relativement dépressionnaires et relativement fraîches qui avaient limité la fonte.

Le début d’été 2019 est marqué par des conditions particulièrement anticycloniques et douces sur le bassin arctique. Toutefois, depuis le week-end du 14 juillet, la situation est en train de changer avec l’apparition d’un minimum froid centré sur l’Arctique, mais la conséquence de cette évolution climatique sur la glace de mer est encore difficile à déterminer. On peut assister à l’arrivée d’une masse d’air plus froide et plus humide qui limiterait le réchauffement de l’air dans les basses couches ; il peut aussi se produire une dispersion et une fragilisation de la glace de mer dues aux vents liés à ces dépressions arctiques.

Toujours est-il que depuis une vingtaine de jours, le taux de fonte s’est accéléré, avec une perte de glace de plus de 2,2 millions de km2 entre le 22 juin et le 11 juillet 2019, soit plus que la superficie du Groenland (2,17 millions de km2). Cette fonte en 20 jours correspond à une perte de plus de 110 000 km2 par jour, alors que la perte normale sur la période est de 57 000 km2 par jour. Au 11 juillet, en moyenne sur 5 jours, la superficie de la glace de mer était de 8,19 millions de km2, un record de faiblesse pour la période,  sous la valeur de 2012 à la même date (8,25 millions de km²). En 2018 à la même époque, cette superficie était de 9,08 millions de km2. La normale sur la période 1981-2010 est de 10 millions de km2.

Source : Météo France.

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With the very high temperatures and heat waves recorded in the northern hemisphere, it is hardly surprising to see an acceleration in the melting of Arctic sea ice. After a slowdown in mid-June, the seasonal decline accelerated at the end of the month, and this rapid pace continues at this time. The area of ​​Arctic sea ice is now below the 2012 curve, the year in which the smallest expansion was recorded in September.
In June, atmospheric circulation favoured the establishment of very high pressures in the north of the American continent with maximum pressure over Greenland, associated with a very rapid start of the melt season. We remember that temperature records were beaten in Alaska. Un the same way, on July 14th, 2019, the Canadian base of Alert, the most northerly inhabited place in the world at 817 km from the North Pole, broke its absolute temperature record with 21.0°C. The previous record was July 8, 1956, at 20.0°C. It is also the highest temperature in the world at a latitude greater than 80° North.
Low pressure on the Eurasian side helped send warm air toward the Laptev Sea which experienced a particularly high temperature excess. This situation is similar to that observed during the summer of 2007, causing a dramatic decline in sea ice at the time, with the record of the lowest minimum. The previous three summers had been affected by relatively low and relatively cool conditions that had limited melting.
The early summer of 2019 is marked by particularly mild and mild conditions in the Arctic Basin. However, since the weekend of July 14th, the situation is changing with the appearance of a cold minimum centered on the Arctic, but the consequence of this climate change on the sea ice is still difficult to determine. The arrival of a cooler and moister air mass may limit the warming of the air in the lower layers; there can also be a dispersion and weakening of the sea ice due to the winds associated with these arctic depressions.
The fact remains that, over the last twenty days, the melting rate has accelerated, with an ice loss of more than 2.2 million km2 between June 22nd and July 11th, 2019, more than the area of Greenland (2.17 million km2). This melting in 20 days corresponds to a loss of more than 110 000 km2 per day, while the normal loss over the period is 57 000 km2 per day. On July 11th, on average over 5 days, the sea ice surface was 8.19 million km2, a record of weakness for the period, below the value of 2012 at the same date (8.25 million km²). ). In 2018 at the same time, this area was 9.08 million km2. The normal over the 1981-2010 period is 10 million km2.
Source: Météo France.

Etendue de la glace de mer le 10 juillet 2019 (Source: Université de Brême)

Niveau de la glace de mer dans le Bassin Arctique les 8-9 juillet 2019 (Source : Université de Hambourg)

Température mondiale : la NASA confirme le record de chaleur en juin 2019 // Global temperature: NASA confirms the heat record in June 2019

Comme cela était prévisible, la NASA vient d’indiquer que le mois de juin 2019 a été le plus chaud depuis le début des relevés de l’Administration en 1880. Avec +0,93°C au-dessus de la moyenne 1951-1980,  le précédent record de juin 2016 est battu de 0,11°C. Depuis 1880, les 4 mois de juin les plus chauds sont tous postérieurs à 2015.

En juin, les anomalies de température observées sont à un niveau record pour l’hémisphère nord et à la 3ème place pour l’hémisphère sud.

Il est intéressant de comparer la situation actuelle aux objectifs que se sont fixés les Etats pendant la COP 21 de Paris. Par rapport à la période 1880-1920, l’anomalie a été de +1,22°C en juin 2019. Lors de la COP21, un accord a été obtenu pour contenir le réchauffement sous les 2°C, voire 1,5°C si possible. Au train où vont les choses, pas sûr que cet objectif tienne le coup très longtemps.

Source : global-climat.

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Predictably, NASA has indicated that June 2019 was the hottest since the beginning of the records of the Administration in 1880. With + 0.93°C above the average 1951-1980 , the previous record of June 2016 is beaten by 0.11°C. Since 1880, the hottest 4 months of June are all after 2015.
In June, the temperature anomalies observed are at a record level for the northern hemisphere and at 3rd place for the southern hemisphere.
It is interesting to compare the current situation with the objectives set during the COP 21 in Paris. Compared to the period 1880-1920, the anomaly was + 1.22°C in June 2019. At the COP21, an agreement was reached to contain the warming below 2°C, or even 1.5°C if possible. At the rate things are going, it is not sure that this goal will last a very long time.
Source: global-climat.

Anomalies de température pour le mois de juin 2019 (Source : NASA)

Le réchauffement climatique en Creuse

Le Limousin avec son Plateau de Millevaches (autrement dit le plateau des mille sources) est réputé pour être le château de la France. Avec le réchauffement climatique et la sécheresse qui l’accompagne, ce n’est plus vrai et la Creuse en est le parfait exemple. Le département vient d’être mis en état de « sécheresse renforcée » par la préfecture, avec toutes les restrictions que cela suppose. Au train où vont les choses, l’élevage qui reste la principale ressource économique du département, va rencontrer de très grosses difficultés.

Dans l’est du département à Lussat, l’étang des Landes est un exemple de cette sécheresse catastrophique. La station de radio France Bleu Creuse explique que le plan d’eau rétrécit comme peau de chagrin. D’une superficie de 100 hectares, c’est une superbe réserve naturelle ornithologique. Les spécialistes affirment qu’il pourrait se retrouver à sec à la fin du mois de juillet.

Avec le soleil, le vent et la sécheresse, le niveau baisse d’un centimètre par jour, laissant apparaître de vastes plages de sable bordées d’une eau stagnante aux algues vertes. La situation est facile à comprendre : moins il y a d’eau, plus elle se réchauffe, et plus elle se réchauffe, plus elle s’évapore. Le phénomène ne fait que s’accélérer. On ne peut compter que sur la pluie pour inverser la tendance, mais les prévisions à long terme ne la voient pas venir.

Les conséquences sur la faune se font sentir depuis plusieurs semaines. Certains oiseaux sont déjà partis: Les hérons pourprés et les marouettes ne sont mêmes pas venus nicher car il n’y a plus assez de marécages pour eux.  Cette situation convient mieux en revanche aux échasses blanches, vanneaux huppés et petits gravelots qui apprécient les grands bancs de sable. En revanche, on redoute les semaines à venir pour tous les batraciens et amphibiens.

Chaque semaine un pisciculteur vient récupérer au filet les poissons de l’étang pour les mettre à l’abri dans ses bassins. Il ne reste plus que des tanches et des gardons car les brochets n’ont pas survécu à l’épisode de canicule. Quand l’eau dépasse 29°C, cette espèce ne survit pas.

 La végétation autour de l’étang souffre elle aussi. Les chênes se dessèchent et beaucoup d’arbres vont mourir. C’est tout le paysage creusois qui est en train de changer.

Source : France Bleu Creuse.

Photo: C. Grandpey

Le 2ème mois de juin le plus chaud // The second warmest month of June

On attend les chiffres officiels de la NASA qui seront publiés à la mi-juillet, mais les relevés NCEP-NCAE montrent dès à présent que juin 2019 est en passe d’être le 2ème mois le plus chaud depuis 1948, date du début de l’archive de cette agence. Avec +0,498°C au-dessus de la moyenne 1981-2010, juin 2019 se situe juste juin 2016 (+0,51°C). Pour le moment, l’année 2019 est également à la deuxième place derrière 2016.

Source : global-climat.

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NASA’s official figures are expected to be released in mid-July, but NCEP-NCAE records now show June 2019 was probably the second hottest month since 1948, the start of this agency’s archives. With + 0.498°C above the 1981-2010 average, June 2019 is just behind June 2016 (+ 0.51°C). For the moment, the year 2019 is also second behind 2016.
Source: global-climat.

Nouvel effondrement glaciaire en Alaska // New glacial landslide in Alaska

Comme je l’ai écrit à propos des températures élevées au sommet du Mont-Blanc (France), la fonte de la glace et du permafrost de roche dans les Alpes est susceptible de provoquer des chutes de séracs, des éboulements ou des glissements de terrain. C’est ce qui s’est passé à l’Arête des Cosmiques en août 2018. La plus grande vigilance est demandée aux randonneurs qui s’aventurent en haute montagne.
De tels glissements de terrain, mais de plus grande ampleur, ont été observés en Alaska ces dernières années, notamment à Juneau, Glacier Icy Bay / Tyndall, Glacier Bay / Lamplugh et Sitka. Par exemple, un énorme glissement de terrain a été observé dans le parc national de Glacier Bay en Alaska le 28 juin 2016 (voir ma note à cette date), lorsqu’un pan de montagne de 1200 mètres de hauteur s’est effondré. L’événement a recouvert de débris le glacier Lamplugh sur plusieurs kilomètres.
Plus récemment, un très important glissement de terrain s’est produit sur les flancs du volcan Iliamna le 21 juin 2019. Les matériaux se sont répandus sur une longueur d’environ 6 km et plus de 3 km de largeur. Ils semblent provenir du sommet (voir image ci-dessous).
La dernière éruption connue de l’Iliamna a eu lieu en 1876, avec un VEI 3.
Les causes de ces spectaculaires glissements de terrain ne sont souvent pas claires, mais elles sont probablement liées au réchauffement de la planète ou à l’intensification des eaux de fonte. Les statistiques montrent que ces événements ont surtout lieu pendant les mois les plus chauds. En ce moment, l’Alaska traverse la plus intense vague de chaleur de son histoire.
Source: The Watchers.

Dans le même ordre d’idées, les glaciologues suisses sont inquiets pour le Cervin. En effet les très fortes chaleurs à répétition risquent de faire fondre le permafrost de roche qui assure la stabilité du sommet  Ce dernier est constitué d’un empilement de roches qui tient grâce à ce permafrost. Si le dégel intervient, le risque de chutes de blocs de pierres sera élevé.

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As I put it in my last post about the high temperatures on Mont Blanc (France), the melting of the ice and the rock permafrost in the Alps might trigger icefalls, rockfalls or landslides. This is what happenned at the Arête des Cosmiques in August 2018. Climbers should be very careful.
Similar large-scale landslids have been observed in Alaska in recent years, including Juneau, Icy Bay / Tyndall Glacier, Glacier Bay / Lamplugh, and Sitka, landslides. For instance, a massive landslide hit Alaska’s Glacier Bay National Park on June 28th 2016 (see my post at that date), when a 1,200-metre-high mountain collapsed. The event spread debris over kilometres across the Lamplugh glacier below. More recently, a very large landslide took place on the flanks of Iliamna volcano on June 21st, 2019.The slide is about 6 km long and appears to be originating near the summit. The debris field is more than 3 kilometres wide.
The last known eruption of this volcano took place in 1876, with a VEI 3.
What triggers giant landslides often isn’t clear but they are likely related to global warming. . Statistics show there tend to be more in warmer months, which may be related to warming temperatures or meltwater. Alaska is currently going through the most intense heatwave of its history.
Source: The Watchers.

In the same vein, Swiss glaciologists are worried about the Matterhorn. Indeed, the frequent heatwaves may melt the rock permafrost which ensures the stability of the summit. The latter consists of a stack of rocks that holds thanks to this permafrost. If the thaw occurs, the risk of falling stone blocks will be high.

Le glissement de terrain sur l’Iliamna (Crédit photo: USGS)

Vues de l’Iliamna (Photos: C. Grandpey)

Vue de l’effondrement sur le glacier Lamplugh le 28 juin 2016 (Crédit photo: Paul Swanstrom que je salue ici et dont je recommande l’agence basée à Haines)

Le Cervin risque-t-il de se déliter? Vue de la montagne en septembre 2018 (Photo: C. Grandpey)

Coup de chaud en Alaska (suite) // Heatwave in Alaska (continued)

Comme prévu, des records de chaleur viennent d’être battus en Alaska et ce n’est probablement pas terminé car les hautes pressions devraient se maintenir au-dessus de cet état pendant encore plusieurs jours.

Le 4 juillet 2019 à 17 heures, l’aéroport international d’Anchorage a officiellement atteint 90 degrés Fahrenheit, soit 32,2 °C pour la première fois » depuis que des relevés y sont effectués. Le précédent record en Alaska avait été établi le 14 juin 1969, avec 85 degrés Fahrenheit, soit 29,4 °C. Cela signifie que les normales saisonnières sont dépassées de 14 °C

Selon les météorologues, la température maximale moyenne pour un 4 juillet à Anchorage est de 18,3 °C. Plusieurs autres records historiques ont été battus dans différents sites du sud de l’Alaska.

L’Alaska est particulièrement sensible au réchauffement climatique et avait déjà battu des records de douceur au printemps, surtout dans la zone arctique.

Source: Presse alaskienne.

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As expected, heat records have just been broken in Alaska and this is probably not over because high pressures are expected to remain above this State for several more days.
On July 4th, 2019 at 5 pm, Anchorage International Airport officially reached 90 degrees Fahrenheit, or 32.2 degrees Celsius for the first time since surveys were conducted there. The previous record in Alaska was set on June 14th, 1969, at 85 degrees Fahrenheit, or 29.4 degrees Celsius This means that the seasonal norms are exceeded by 14 degrees Celsius
According to meteorologists, the average maximum temperature for July 4th in Anchorage is 18.3 ° C. Several other historical records have been broken at various sites in southern Alaska.
Alaska is particularly sensitive to global warming and had already broken records in the spring, especially in the Arctic.
Source: Alaskan press.

Avec une telle chaleur, j’imagine la souffrance des glaciers! (Photo: C. Grandpey)