Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion): Fin the l’éruption // End of the eruption

17 heures. Il fallait s’y attendre; c’était la conclusion de ma dernière note : L’activité éruptive débutée le 25 octobre 2019 à 14h40 (heure locale) s’est arrêtée ce 27 octobre 2019 à 16h30 (heure locale), après une phase d’activité de « gaz piston » d’environ une heure.

Comme il le fait à l’issue de chaque éruption, l’OVPF écrit qu’aucune hypothèse n’est écartée quant à l’évolution de la situation à venir.

Source : OVPF.

On connaît le tempérament fantasque du volcan qui pourrait très bien recommencer à émettre brièvement de la lave, histoire de finir de vider la poche superficielle de magma. Personnellement, je n’y crois pas trop. Cette 5ème éruption se retrouve dans le contexte des événements précédents : Très lente inflation du volcan, activité sismique sporadique et, au final, une éruption de quelques heures ou, au maximum, quelques dizaines d’heures. On a vraiment l’impression que le magma n’a pas la force d’atteindre le sommet di volcan, ce qui explique les émissions de lave à basse altitude, quand un réseau de fractures permet l’évacuation de la lave.

Je remarque aussi que ces cinq éruptions ont lieu au moment où est en train de naître au large de l’île de Mayotte un nouveau volcan sous-marin. Tout se passe comme si se nouveau volcan « pompait » le magma de la Fournaise et empêchait le volcan réunionnais de s’exprimer puissamment, comme autrefois. Etant donné la position géographique de la Réunion et de Mayotte et l’obstacle malgache entre les deux îles, je ne pense pas qu’il y ait de corrélation, mais rien ne dit que les profondeurs du manteau terrestre ne réservent pas des surprises. Le problème, c’est que l’analyse des laves émises à Mayotte et à la Réunion ne permettra pas vraiment de savoir si leur origine a des points communs.

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17:00: It was to be expected: The eruptive activity started on October 25th, 2019 at 14:40 (local time) stopped on October 27th, 2019 at 16:30 (local time), after a phase of gas pistoning activity which lasted about one hour.
As it does at the end of each eruption, OVPF writes that no hypothesis can be discarded as to the evolution of the future situation.
Source: OVPF.
We know the whimsical mood of the volcano that could very well begin to emit lava briefly, just to finish emptying the sshallow pocket of magma. Personally, I do not believe in this hypothesis. This fifth eruption is similar to the previous events: Very slow inflation of the volcano, sporadic seismic activity and, finally, an eruption of a few hours or, at most, a few dozen hours. One really feels that magma does not have the strength to reach the summit of volcano, which explains low-altitude lava emissions, when a network of fissures allows the evacuation of the lava.
I also notice that these five eruptions are taking place just as a new submarine volcano is appearing off the island of Mayotte. Everything happens as if the new volcano « pumped » the magma of La Fournaise and prevented the Reunion volcano from expressing powerfully, as before. Given the geographical position of Reunion and Mayotte and the Malagasy obstacle between the two islands, I do not think there is a correlation, but the depths of the Earth’s mantle may hold surprises. The problem is that the analysis of lava emitted in Mayotte and Reunion will not really allow to know if their origin has common points.

 

En souvenir de la cinquième éruption…

Crédit photo: Fabrice Juignier

Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion) : La lave fait du surplace // Lava is no longer moving forward

 9 heures (heure métropole) : L’éruption du Piton de la Fournaise continue, mais la lave fait du surplace dans le Grand Brûlé et il y a peu de risque d’elle atteigne et traverse la RN2. Comme je l’ai indiqué précédemment, le front de coulée se trouvait à 25 mètres de la chaussée samedi vers 17 heures.

Ce matin, la coulée n’a avancé que de quelques mètres. La progression de la lave se fait désormais sur des pentes moyennes de 19%, sans pour cela vraiment accélérer sa progression. Cette lenteur s’explique par la baisse du débit à la source (traduite par la décroissance rapide du tremor), de sorte que la lave n’exerce plus suffisamment de pression sur l’aval.

Par mesure de sécurité, la RN 2 reste coupée. A noter que les gendarmes surveillent attentivement le comportement des curieux et freinent les ardeurs de ceux qui s’approchent trop près des coulées. Les pompiers sont également sur le qui-vive pour pallier les risques de départs de feu de végétation.

Source : Réunion La 1ère.

12 heures : Après une baisse progressive depuis le début de l’éruption, l’intensité du tremor montre des signes de fluctuation depuis 2h45 (heure locale). Selon l’OVPF, ce phénomène est à mettre en relation avec le processus d’édification et de démantèlement du cône volcanique qui s’est formé au niveau de la bouche éruptive. Cela induit forcément des variations de pression qui influent sur le tremor. Toutefois, l’activité au niveau du site éruptif localisé à 1050 m d’altitude est faible. La hauteur des projections de lave est inférieure à 20 mètres, et le cône qui s’est édifié fait une dizaine de mètres de hauteur. Comme je l’ai indiqué précédemment, le front de coulée le plus proche de la RN2 (à environ 250 mètres de la chaussée) est figé et ne progresse plus.

Il est à noter toutefois qu’un nouveau bras de coulée, de petite taille, s’est formé en amont des coulées principales sur le côté sud du Piton Tremblet. Cette nouvelle émission de lave contribue forcément à ralentir la progression du front proche de la RN 2.

Source : OVPF.

Je pense personnellement qu’il va falloir se dépêcher à profiter du spectacle. La hausse ponctuelle du tremor (sans augmentation par ailleurs de la sismicité) pourrait bien signifier que le dyke à l’origine de l’éruption est en train de se refermer, un peu comme une blessure qui a fini de vider son sang et est en passe de se cicatriser…

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9:00 (Paris time): The eruption of Piton de la Fournaise continues, but lava is stagnating in the Grand Brûlé and there is little risk it might reach and cross RN2. As I put it before, the flow front was 25 metres from the roadway Saturday around 17:00.
This morning, lava has advanced only a few metres. The progression of the lava is now on slopes of 19%, without really accelerating its progression. This slowness is explained by the decrease of the output at the source (accompanied by the rapid declineof the tremor), so that lava does not exert enough pressure on the flow downslope.
As a safety measure, RN 2 remains closed. The gendarmes carefully control the behaviour of the visitors, and especially those who get too close to the flows. Firefighters are also on the alert to mitigate the risk of fire in the nearby vegetation.
Source: Réunion La 1ère..

12 p.m.: After a gradual decline since the beginning of the eruption, the intensity of the tremor has been showing signs of fluctuation since 2:45 (local time). According to OVPF, this phenomenon is related to the process of erection and dismantling of the volcanic cone at the eruptive vent. This necessarily induces pressure variations that affect the tremor. However, activity at the eruptive site (1050 m. a.s.l.) is weak. The lava projections are less than 20 metres high, and the cone that has been built is about ten metres high. As I indicated previously, the flow front located about 250 metres from the road is no longer advancing. It should be noted, however, that a new small lava branch is observed upslope of the main flows on the south side of Piton Tremblet. This new lava inevitably contributes to slowing the progression of the flow front close to RN 2.
Source: OVPF.
I personally think that tourists will have to rush to enjoy the show. The punctual rise in tremor (without any increase in seismicity) could well mean that the dyke causing the eruption is closing, much like an injury that has stopped bleeding and is about to heal …

Vue de la coulée samedi après-midi (Photo: Fabrice Juignier)

Le tremor ce matin (Source: OVPF)

Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion) : L’éruption continue // The eruption continues

6h30 (heure métropole / 8h30 heure locale) : Je suis en attente des nouvelles sur le terrain. Je n’ai pas vu de message alarmant. J’en conclus que la lave n’a toujours pas traversé la RN 2 ce matin.

Hier soir vers 23 heures, la lave avait parcouru environ 3 km et se trouvait à environ 1 km de la RN 2, à environ 400 mètres d’altitude. A cet endroit, il y a un replat, ce qui freinait sa progression. Le débit observé à la source était de 10 mètres cubes par seconde ce qui correspond à la moyenne habituelle en début d’éruption.

Par précaution, les autorités ont fermé la route car la lave était susceptible de la traverser pendant la nuit. Cela pose bien sûr un problème aux personnes désireuses de profiter du spectacle. La RN2 n’est pas large et les emplacements de stationnement peu nombreux. Le Préfet a demandé à ces personnes de faire preuve de civisme, de ne pas bloquer la circulation,  et surtout de ne pas gêner le passage des véhicules prioritaires.

7 heures : Les dernières nouvelles de l’éruption sont diffusées par l’excellent Journal de l’Ile. On apprend que ce matin, la lave se trouve à 400 mètres de la RN 2. Cela semble près et laisserait penser que la rivière incandescente pourrait traverser la route dans la journée. Ce n’est pas gagné ! Comme je l’indiquais précédemment,  la coulée a nettement ralenti sa progression au cours de la nuit et se trouve maintenant sur un replat. Malgré tout, c’est la première coulée à se trouver aussi près de la RN2 depuis l’éruption de 2007. Personne ne peut dire si la lave aura la force d’atteindre la chaussée.

Des mesures de sécurité ont été mises en place pour prévenir tout accident. Il est prévu l’aménagement d’un accès sécurisé.  Il s’agirait d’utiliser la piste qui menait aux statues de Mayot, Symbiose volcan et oiseaux, qui avaient été englouties par les laves en 2007.

8 heures: Un contact sur place vient de m’indiquer que « la coulée est figée à moins d’un kilomètre de la route ».

12h30 : L’activité éruptive qui a débuté le 25 octobre 2019 se poursuit. Toutefois, après un début en fanfare, l’intensité du tremor a entamé une décroissance progressive qui se poursuit en ce moment. S’agissant de la déformation de l’édifice volcanique, la zone sommitale ne montre pas de signaux particuliers.

Ce matin une seule bouche éruptive restait active. Comme indiqué précédemment, la coulée a rejoint le Piton Tremblet avant de progresser sur la coulée de 2007. En aval du Piton Tremblet, la lave a bifurqué pour former un bras secondaire dont le front progresse dans la forêt au nord de la coulée principale. Vers 8h30 ce matin les 2 fronts de coulées se trouvaient à environ 400 mètres en amont de la RN2 et poursuivaient une progression  très lente.

Au vu de la baisse d’intensité du tremor, on peut raisonnablement penser que la lave a peu de chances d’atteindre la RN2, mais avec le Piton, on ne sait jamais ; un sursaut d’énergie est toujours possible.

Source : OVPF.

17 heures : La lave finira-t-elle par atteindre la RN 2 ? C’est la question que tout le monde se pose ce soir. Comme je l’ai indiqué précédemment, le tremor éruptif est sur le déclin et l’alimentation à la source est donc moins fournie. Jusqu’à présent, la lave avançait sur un replat où la pente était relativement faible, d’environ 16%. Elle avance maintenant sur une pente plus forte, d’environ 19%, ce qui pourrait compenser la baisse de débit à la source. Ce soir, le front des coulées de trouve à environ 250 mètres de la RN 2. Cela signifie qu’il y a eu une progression de 150 mètres en 9 heures. La nuit sera déterminante…

Source : OVPF, JIR.

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6:30 am (Paris time / 8:30 am local time): I’m waiting for the latest on the field news. I have not seen any alarming message. I conclude that lava has not yet  crossed RN 2 this morning.
Last night around 11 pm, lava had travelled about 3 km and was about 1 km from RN 2, at about 400 metres above sea level. At this place, there is a flat, which slowed down its progression. The output at the source was 10 cubic metres per second, which corresponds to the usual average at the beginning of an eruption.
As a precaution, the authorities closed the road because lava was likely to cross it during the night. This of course poses a problem for people wanting to enjoy the show. RN2 is not wide and there are not many parking spaces. The Prefect asked these people to be civic, not to block traffic, and especially not to hinder the passage of priority vehicles.

7:00 a.m.:The latest news of the eruption are given by the excellent Journal de l’Ile. We learn that this morning, lava is 400 metres from RN 2. It seems close and one might think that the incandescent river could cross the road in the day. Not so sure ! As I explained before, the flow has slowed down significantly during the night and is now on a flat area. Nevertheless, it is the first lava flow to be soclose to RN2 since the 2007 eruption. Nobody can tell if lava will have the strength to reach the roadway.
Safety measures have been put in place to prevent any accident. There is a plan for secure access. It would use the trail which led to the statues of Mayot, Symbiose volcano and birds, which had been engulfed by lava in 2007.

8:00 a.m.: A friend of mine who is on the field has just told me that lava has stopped less than one kilometre from the road.

12:30: The eruptive activity that began on October 25th, 2019 continues. However, after a great start, the intensity of the tremor began a gradual decline that continues at this time. Regarding the deformation of the volcanic edifice, the summit area does not show any particular signals.
This morning only one eruptive vent remained active. As indicated previously, the flow reached Piton Tremblet before advancing on the 2007 flow. Downslope of Piton Tremblet, the lava bifurcated to form a secondary branch whose front progresses in the forest north of the main flow. Around 8:30 this morning the 2 flow fronts were about 400 metres from RN2 and continued a very slow progression.
Given the drop in intensity of the tremor, it is reasonable to think that lava is unlikely to reach RN2, but with the Piton, you never know; a burst of energy is always possible.
Source: OVPF.

5 pm: Will the lava eventually reach RN 2? This is the question everyone is asking tonight. As I put it before, the eruptive tremor is declining and the source is therefore less fed. Until now, the lava was advancing on a rather flat area where the slope was relatively low, about 16%. It is now advancing on a steeper slope of about 19%, which could offset the decline of output at the source. Tonight, the front of the lava flows is about 250 metres from RN 2. This means that there was an increase of 150 metres in 9 hours. The night will be decisive …
Source: OVPF, JIR.

Voici une image du front de coulée qui venait d’encercler un petit cône:

Photo: Fabrice Juignier

Le Piton Tremblet (Photo: C. Grandpey)

Exploration sous-marine de la côte sud d’Hawaii // Submarine exploration of the southern coast of Hawaii

Alors que les scientifiques français se plaignaient du manque de moyens pour explorer le volcan sous-marin au large des côtes de Mayotte, des chercheurs américains se trouvaient à bord du navire de recherche Rainier de la NOAA pour explorer la côte sud de la Grand Ile d’Hawaii. Ils ont pu observer et analyser les conséquences de l’arrivée de la lave dans l’océan lors de l’éruption du Kilauea en 2018. Le Rainier fait partie d’une flotte dont la mission est d’étudie la bathymétrie des eaux côtières autour des États-Unis. Les relevés permettent de mettre à jour les cartes marines et divers documents numériques destinés au commerce et au transport maritime, ainsi qu’à la sécurité de la navigation. Le navire mesure également diverses propriétés de l’eau de mer. Les missions du Rainier s’effectuent principalement en Alaska, mais les conséquences de l’éruption de 2018 l’ont conduit à Hawaii. Cette mission a été l’occasion d’observer les deltas de lave formés pendant l’éruption dans la Lower East Rift Zone.

La principale mission de la NOAA étant de maintenir à jour les cartes marines, la côte de Puna au SE de la Grande Ile méritait d’être analysée en raison des changements survenus en 2018. Cependant, l’intérêt de la mission dépasse l’hydrographie. L’observation des pentes sous-marines permet aux volcanologues du HVO à mieux comprendre les processus qui affectent la stabilité du delta de lave nouvellement formé dans la baie de Kapoho, ainsi que d’autres dangers le long du nouveau littoral.
Une étude réalisée en août 2018 par le navire de recherche Nautilus exploité par l’Ocean Exploration Trust, avait déjà fourni une base de référence permettant d’identifier les changements bathymétriques survenus au cours de l’année écoulée.
À l’instar du Nautilus, le Rainier a analysé la bathymétrie à l’aide d’un sondeur multi-faisceau (SONAR) monté sur sa coque. Ce système envoie les ondes acoustiques perpendiculairement à la longueur du navire. Le principe est simple : Les ondes sont envoyées vers le fond de l’océan et remontent vers le navire où un récepteur mesure le temps écoulé. La collecte de millions de mesures de distance permet de construire un DEM (Digital Elevation Model) modèle numérique du relief sous-marin. En comparant le nouveau DEM du Rainier à celui obtenu l’année dernière avec le Nautilus, les volcanologues sont en mesure de voir quelles parties du delta de lave sous-marin sont les plus fragiles, et donc susceptibles de s’affaisser ou de s’effondrer. Par ailleurs, la comparaison d’images satellite récentes avec les cartes des coulées de lave de 2018 révèle que certaines des nouvelles côtes ont déjà reculé de plusieurs dizaines de mètres. Des changements similaires pourraient donc se produire sous la surface de l’océan.
Le traitement et la publication du nouvel ensemble de données prendront un certain temps. Cependant, alors que le Rainier était ancré au large des côtes hawaiennes, les volcanologues du HVO ont pu monter à bord et  repérer des détails intéressants au niveau du littoral submergé le long des deltas de 2018, y compris un chenal de lave, aujourd’hui inactif. Des discussions avec l’équipage du navire ont permis d’identifier plusieurs zones intéressantes pour y effectuer des investigations bathymétriques.
Source: USGS.

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While French scientists were complaining about the lack of means for the exploration of the submarine volcano off the coasts of Mayotte, Americans researchers were on board the NOAA research ship Rainier to explore the southern coast of Hawaii Big island. They could observe and analyse the consequences of the arrival of lava in the ocean during the 2018 Kilauea eruption. The Rainier is part of a fleet that surveys the bathymetry of coastal waters around the United States. The surveys are used to update nautical charts and various digital products in support of marine commerce and transportation, as well as navigation safety. The ship also measures various properties of the ocean water. The Rainier works primarily in Alaska, but the aftermath of the 2018 eruption brought it to Hawai‘i. The journey provided a special opportunity to re-survey the lava deltas formed during the Lower East Rift Zone eruption.

Because NOAA’s core mission is to maintain up-to-date nautical charts, the Puna coast became an important objective given the changes that occurred there in 2018. However, interest in the data goes beyond hydrography. Views of the submarine slopes help HVO volcanologists to better understand ongoing processes that affect the stability of the newly-formed lava delta in Kapoho Bay, along with other hazards along the new coastline.

An August 2018 survey by the Exploration Vessel Nautilus, operated by the Ocean Exploration Trust, provides a baseline to identify bathymetric changes over the past year.

The Rainier, like the Nautilus, surveys bathymetry using a multibeam echosounder (SONAR) mounted to its hull. This system transmits acoustic waves in a fan along the beam of the ship, perpendicular to the ship’s length. As these waves reflect off the ocean floor and back to the ship, a highly-sensitive receiver measures the time that has passed.

Collecting millions of distance measurements allows for the construction of a submarine Digital Elevation Model (DEM). By comparing the new DEM from the Rainier with last year’s DEM from the Nautilus, it will be possible for volcanologists to see which parts of the submarine lava delta are subsiding. Comparisons of recent satellite images with 2018 lava flow maps have suggested that some of the new coastline has already retreated by tens of metres, so similar changes might be expected below the waves.

Full processing and publication of the new dataset will take some time. However, while the Rainier was anchored offshore, HVO’s volcanologists came on board and could spot various submarine features along the 2018 deltas, including a possible lava channel, now inactive. Discussions with the ship’s crew identified several target areas for further bathymetric investigation.

Source : USGS.

L’arrivé de la lave fragilise le littoral hawaiien (Photo: C. Grandpey)

Le phytoplancton de l’éruption du Kilauea (Hawaii) // Phytoplankton of the Kilauea eruption (Hawaii)

Le 3 mai 2018, le volcan Kilauea entrait en éruption à Hawaii. Pendant plusieurs mois, jusqu’au 6 août, le volcan a vomi d’énormes quantités de lave qui ont fini leur course dans l’Océan Pacifique après avoir détruit des centaines de maisons sur leur passage.

Le contact entre la lave et l’eau de mer a provoqué une importante prolifération de phytoplancton. Un banc de 150 km de long est apparu le long de la côte sud de la Grande Ile. Les scientifiques ont recueilli des échantillons et ont découvert qu’ils contenaient des taux très élevés de nitrate, d’acide silicique, de fer et de phosphate susceptible de fertiliser le phytoplancton, ainsi que du fer, du manganèse et du cobalt.
Trois jours après la première entrée de la lave dans l’océan, des images satellites ont montré au large de la Grande Ile d’Hawaï une nappe d’eau de couleur verdâtre, riche en chlorophylle-a, le pigment qui donne leur couleur aux plantes et aux algues. Une fois que la lave a cessé de couler dans l’océan, la nappe d’eau verte s’est dissipée en une semaine.
Alors que la prolifération d’algues était à son maximum, les scientifiques ont analysé l’eau de mer afin de déterminer pourquoi le phytoplancton avait soudainement prospéré. Les résultats de leur travail ont été publiés dans la revue Science.

Les concentrations d’acide silicique et de métaux traces étaient semblables à celles rencontrées dans la lave basaltique du Kilauea. L’équipe scientifique a découvert que le nitrate était le principal moteur de la prolifération du phytoplancton, mais sa source restait un mystère. La lave elle-même ne contient presque pas d’azote pour permettre aux microbes de l’océan de se transformer en nitrate.
Selon toute probabilité, le nutriment qui a favorisé la prolifération du phytoplancton provenait des profondeurs de l’océan. Le long de l’île, le littoral est très pentu, ce qui a permis à la lave de l’éruption d’atteindre rapidement les eaux profondes qui contiennent des nitrates en abondance, contrairement aux eaux de surface.
Ce mécanisme au cours duquel la lave à haute température permet à des  panaches d’éléments nutritifs en provenance d’eaux profondes d’atteindre la surface, est peut-être plus fréquent qu’on le pense. Par extrapolation, on peut raisonnablement penser que les volcans sous-marins sont en mesure de générer des proliférations de phytoplancton brèves mais intenses.

Il est bon de noter que l’on observe régulièrement de telles remontées d’eau profonde – également appelées upwellings – sur toute la côte californienne. Les bancs de kelp et les créatures marines qui peuplent ces écosystèmes dépendent essentiellement des courants qui font remonter les nutriments fertilisants des eaux profondes vers la surface. C’est probablement ce même processus que l’on a observé à Hawaii pendant l’éruption du Kilauea, mais il est intervenu plus rapidement.

Source : Médias américains.

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On May 3rd, 2018, Kilauea erupted in Hawaii. For several months, until August 6th, the volcano emitted huge quantities of lava that ended up in the Pacific Ocean after destroying hundreds of houses in their path.
The contact between lava and sea water caused a significant proliferation of phytoplankton. A 150 km long bench appeared along the southern coast of the Big Island. Scientists collected samples and found that they contained very high levels of nitrate, silicic acid, iron and phosphate that could fertilize phytoplankton, as well as iron, manganese and cobalt.
Three days after the first lava entry into the ocean, satellite images showed a large greenish area off Hawaii Big Island, rich in chlorophyll-a, the pigment that gives the green colour to plants and algae. Once the lava stopped flowing into the ocean, the green water dissipated in a week.
While algal blooms were at their peak, scientists analyzed the seawater to determine why phytoplankton had suddenly thrived. The results of their work were published in the journal Science.
The concentrations of silicic acid and trace metals were similar to those found in Kilauea basalt lava. The scientific team discovered that nitrate was the main driver of phytoplankton proliferation, but its source remained a mystery. The lava itself contains almost no nitrogen to allow the microbes in the ocean to turn into nitrate.
In all likelihood, the nutrient that promoted phytoplankton proliferation came from the depths of the ocean. Along the island, the coastline is very steep, allowing the erupted lava to quickly reach the deep waters that contain nitrates in abundance, unlike surface water.
This mechanism, in which high-temperature lava allows nutrient plumes from deep water to reach the surface, may be more common than is thought. By extrapolation, it is reasonable to assume that submarine volcanoes are capable of generating brief but intense phytoplankton blooms.
It is worth noting that such deepwater upwellings are regularly observed throughout the California coast. The kelp beds and marine creatures that inhabit these ecosystems are essentially dependent on currents that move fertilizing nutrients from deep water to the surface. This is probably the same process that was observed in Hawaii during the eruption of Kilauea, but it intervened more quickly.
Source: US media.

Photo: C. Grandpey

Nouvelle carte du Mauna Loa (Hawaii) // New map of Mauna Loa (Hawaii)

Bien qu’il ne soit pas entré en éruption depuis 1984, le Mauna Loa reste un volcan actif. Les dernières mesures de déformation révèlent une inflation continue du sommet, ce qui prouve que le magma exerce une pression sous l’édifice volcanique. L’USGS a récemment publié une carte géologique du versant centre-sud-est du Mauna Loa (“Geologic Map of the Central-Southeast flank of Mauna Loa Volcano”). Cette nouvelle carte remplace la «Carte géologique de l’île d’Hawaï» (1996) et la «Carte géologique de l’État d’Hawaï» pour la région de Mauna Loa. Elle englobe 500 kilomètres carrés du flanc sud-est du Mauna Loa et s’étend entre 3 100 mètres d’altitude et le niveau de la mer. Elle comprend les zones adjacentes et en aval de la zone de rift nord-est du Mauna Loa, ainsi que les régions à l’est et directement en aval de Mokuaweoweo, la caldera sommitale du volcan. A partir de la partie supérieure du flanc est du Mauna Loa, la zone cartographiée s’étend vers le Parc National des Volcans d’Hawaï et le village de Volcano au nord-est. À la limite sud de la zone cartographiée se trouve Punalu’u Bay.
Les coulées de lave en provenance des parties médiane et supérieure de la zone de rift nord-est occupent la partie nord de la carte ; elles représentent environ 40% de la superficie totale. La partie sud de la carte inclut les coulées en provenance de la partie supérieure de la zone de rift sud-ouest qui représentent environ 2% de la superficie totale. Les coulées de lave émises dans la partie supérieure des deux zones de rift forme généralement des lobes étroits.
Les 58% restants de la carte (zone centrale) sont constitués de coulées de lave provenant du sommet du Mauna Loa. Contrairement aux coulées des zones de rift, celles en provenance de la caldera sommitale forment de vastes épanchements de lave pahoehoe qui couvrent de grandes surfaces. Il y a bien quelques coulées de lave a’a dans cette zone mais elles sont insignifiantes par rapport aux coulées pahoehoe.
La carte montre la répartition de 96 coulées réparties en 15 groupes d’âge allant depuis plus de 30 000 ans avant notre ère jusqu’à aujourd’hui, avec l’éruption de 1984. La palette de couleurs varie avec l’âge des dépôts volcaniques. Le rouge, le rose et l’orange représentent les époques récentes, tandis que le bleu et le violet représentent les dépôts plus anciens.
À partir de cette carte, on peut tirer plusieurs conclusions sur l’histoire géologique du flanc sud-est de Mauna Loa. Par exemple, la cartographie géologique et la datation des coulées au Carbone 14 indiquent qu’il y a eu une période d’activité sommitale intense entre environ 2 000 et 1 300 ans avant notre ère. Les coulées de lave de cette époque couvrent plus de 75% de la zone directement en aval du sommet. Cela signifie que le Mauna Loa a connu environ 700 ans d’activité presque continue, ce qui est nettement plus long que l’éruption de 35 ans observée sur le Kilauea entre1983 et 2018.
De plus, on peut noter qu’environ 55% de la surface de la carte est recouverte de couches de cendres volcaniques d’épaisseurs variables qui révèlent des éruptions volcaniques accompagnées d’une activité explosive. Les âges et les origines de ces dépôts de cendres doivent encore être déterminés.
Une zone tectonique historiquement active sur le flanc sud-est du Mauna Loa, connue sous le nom de Ka‘oiki Fault Zone, a été le théâtre de certains séismes récents. En 1983, un séisme de magnitude M 6,6 sur cette zone de faille a précédé l’éruption du Mauna Loa en 1984. Des séismes d’une magnitude supérieure à M 5,5 se sont également produits dans cette zone en 1974, 1963 et 1962.
La carte géologique du versant centre-sud-est du Mauna Loa fournit des informations fondamentales sur le comportement éruptif du Mauna Loa sur une très longue période. Elle offre également des informations précieuses sur lesquelles pourront s’appuyer des études futures en géologie et en biologie. La carte peut être consultée ou téléchargée gratuitement sur le site Web de l’USGS à cette adresse:
https://pubs.er.usgs.gov/publication/sim2932B

Source: USGS.

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Although it has not erupted since 1984, Mauna Loa is still an active volcano. The latest deformation measurements show continued summit inflation, which proves that magma is pushing beneath the volcanic edifice. USGS has recently published a “Geologic Map of the Central-Southeast flank of Mauna Loa Volcano.” The new map supersedes the “Geologic Map of the Island of Hawaii” (1996) and the “Geologic Map of the State of Hawaii” for the Mauna Loa region. It encompasses 500 square kilometres of the southeast flank of Mauna Loa and ranges from an elevation of 3,100 metres to sea level. It includes areas adjacent to and downslope of Mauna Loa’s Northeast Rift Zone, as well as regions east and directly downslope of Mokuaweoweo, the volcano’s summit caldera. From high on Mauna Loa’s east flank, the mapped area extends toward Hawaii Volcanoes National Park and the community of Volcano in the northeast. At the southern boundary of the mapped area is Punalu‘u Bay.

Lava flows from the middle and upper reaches of the Northeast Rift Zone dominate the northern part of the map, comprising about 40% of the total area. The map’s southern portion contains flows from the upper Southwest Rift Zone that make up about 2% of the total area. Lava from the upper reaches of both rift zones generally forms narrow flow lobes.

The remaining 58% of the map (centre area) consists of lava flows from the summit of Mauna Loa. In contrast to flows from the rift zones, lava flows derived from the summit caldera form voluminous, broad expansive sheets of pahoehoe that cover large areas. Aa flows occur in this area but are inconsequential when compared to the pahoehoe flows.

The map shows the distribution of 96 eruptive flows separated into 15 age groups ranging from more than 30,000 years before present to 1984. The colour scheme is based on the ages of the volcanic deposits. Red, pink, and orange represent recent epochs of time while blue and purple represent older deposits.

From the geologic record, one can deduce several generalized facts about the geologic history of Mauna Loa’s southeast flank. For example, geologic mapping and radiocarbon ages of the flows indicate that there was a period of sustained summit activity from about 2,000 to 1,300 years before the present. Lava flows of this age cover more than 75% of the area directly downslope from the summit. This means that Mauna Loa experienced approximately 700 years of nearly continuous activity, significantly longer than the 35-year-long eruption that occurred on Kilauea in 1983-2018.

Moreover, one can notice that about 55% of the map area is covered by layers of volcanic ash of varying thicknesses, which indicate explosive volcanic eruptions. The ages and origins of these ash deposits still need to be determined.

A historically active tectonic zone on the southeast flank of Mauna Loa, known as the Ka‘oiki Fault Zone, is the site of some recent large tectonic earthquakes. In 1983, an M 6.6 earthquake on the Ka‘oiki Fault Zone preceded Mauna Loa’s 1984 eruption. Earthquakes greater than M 5.5 also occurred there in 1974, 1963 and 1962.

The “Geologic Map of the Central-Southeast Flank of Mauna Loa Volcano” provides fundamental information on the long-term eruptive behaviour of Mauna Loa volcano. It also offers valuable base information on which collaborative studies in geology and biology can be launched. The map can be viewed or freely downloaded from the USGS Publications website at this address:

https://pubs.er.usgs.gov/publication/sim2932B

Source: USGS.

Source: USGS

Stromboli (Sicile): L’éruption du 28 août 2019 // Stromboli (Sicily) : The August 28th 2019 eruption

Comme je l’ai écrit précédemment, une nouvelle et violente éruption a secoué le Stromboli le 28 août 2019. On a observé trois séquences explosives. L’INGV a donné plus de détails sur l’événement.
Comme on a pu le voir sur les photos diffusées sur les réseauc sociaux, les explosions ont généré une colonne de cendrequi est montée jusqu’à 4 km au-dessus du sommet. Les deux premières explosions ont eu lieu dans la zone cratèrique centre-sud, tandis que la troisième, de moindre intensité, s’est produite vingt secondes plus tard dans le secteur nord. Il s’agissait d’une explosion latérale dont les produits émis ont débordé sur la Sciara del Fuoco. Le moment le plus impressionnant a sans aucun doute été le moment où les matériaux issus de l’effondrement de la colonne éruptive sont retombés sur la Sciara del Fuoco en générant un écoulement pyroclastique qui a ensuite avancé à le surface de la mer sur plusieurs centaines de mètres. Cee nuage de matériaux pyroclastiques en train de glisser à la surface de la mer m’a rappelé un phénomène identique observé lors de l’éruption de Soufrière Hills à Montserrat.
Une fois encore, la morphologie de la terrasse cratèrique a été bouleversée. Comme je l’ai expliqué précédemment, le complexe de petits cônes de scories qui était apparu dans le cratère nord au cours des dernières semaines a été complètement détruit et la lèvre du cratère située du côté de la Sciara s’est affaissée, laissant la porte ouverte à la lave qui a formé une coulée qui a atteint la côte dans la soirée.
À 20 h 43 (GMT), une nouvelle séquence explosive a eu lieu dans la zone centre-sud de la terrasse cratèrique, avec des retombées sur Ginostra. Une autre explosion, de moindre intensité, a été enregistrée à 21:29 (GMTC). Comme je l’ai déjà écrit précédemment, les rues et les toits du village étaient couverts de cendre et de sable suite aux explosions.
Aux premières heures du 30 août, un débordement de lave en provenance du cratère centre-sud a généré une coulée qui a atteint la côte pendant une courte période.
Source: INGV & The Watchers.

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As I put it before, a new, violent eruption occurred at Stromboli on August 28th, 2019. It consisted of three explosions. INGV has given more details about the event.

As could be seen on the photos in the social media, the explosions produced an ash column up to 4 km above the summit area. The first two explosions were located in the central-southern crater area and a third, of lesser intensity, occurred twenty seconds later in the northern area.

The latter was a side explosion whose products spilled out over the Sciara del Fuoco. The most impressive moment was undoubtedly when the material deriving from the collapse of the eruptive column fell back down the Sciara del Fuoco, generating a pyroclastic flow that then propagated in the sea for several hundred metres. This flow sliding on the surface of the sea reminded me of another that propagated over the sea in the same way during the Soufriere Hills eruption in Montserrat.

Once again, the morphology of the crater terrace has changed greatly. As I explained before, the complex of small scoria cones, which had grown around the eruptive vents in the northern crater area during the last few weeks, has been completely destroyed, and the crater rim on the side of the Sciara has subsided, allowing the magma to overflow and form a lava flow which reached the coastline in the evening.

At 20:43 ((UTC), a new explosive sequence took place in the central-southern area of ​​the crater terrace, with the fallout of pyroclastic material on the town of Ginostra. A further explosion, of lesser intensity, was recorded at 21:29 (UTC). As I put it before, the streets and roofs in Ginostra were covered with ash and sand from the explosions.

In the early hours of August 30th, a lava overflow from the central-southern crater area generated a flow which reached the coast for a short time.

Source: INGV, The Watchers.

L’éruption du 28 mai 2019 vue par les sismographes (Source: INGV)