Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion) : Une histoire de fou ! // A crazy story !

8h30 (heure métropole): C’est une histoire de fou ! Alors que le Piton de la Fournaise semblait parti pour une éruption qui allait durer, avec le risque d’ouverture de nouvelles fissures, patatras! l’OVPF indique ce matin que l’activité éruptive de surface s’est arrêtée aux alentours de 6h28 (heure locale). Le tremor montre effectivement un baroud d’honneur avant une chute brutale à une valeur basse. Suite à l’arrêt des émissions de lave en surface, la sismicité a fortement ralenti elle aussi. L’OVPF précise qu’un tremor résiduel est toujours enregistré. Connaissant le comportement fantasque du Piton, aucune hypothèse n’est écartée quant à l’évolution de la situation. Est-ce le signe d’un arrêt définitif ou juste une pause? Y aura-t-il une reprise de l’activité sur le même site ou ailleurs ? Bien malin serait celui qui pourrait apporter une réponse à ces questions !

Ce matin, mon épouse a qualifié le Piton de la Fournaise de «Rantanplan de la volcanologie» ! C’est vrai qu’à l’image du chien dessiné par Michel Janvier (lui aussi Creusois natif de La Souterraine et que je salue ici), le volcan réunionnais est un peu fou…

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20 heures (heure métropole) : Dans un bulletin émis ce soir à 19h30 (heure locale), l’OVPF indique qu’une sismicité est toujours enregistrée sous la zone sommitale du Piton de la Fournaise. 26 séismes sommitaux superficiels et 1 événement profond ont été enregistré depuis la fin de l’éruption. Comme indiqué précédemment, aucune hypothèse n’est écartée quant à l’évolution de la situation. L’OVPF rappelle que les arrêts brutaux d’éruptions ne sont pas inhabituels au Piton de la Fournaise et se produisent en général pour 50% des éruptions.

Beaucoup se hasardent à des pronostics et affirment que l’activité éruptive va reprendre. Connaissant l’inconstance de ce volcan, je pense qu’il est dangereux de formuler de telles affirmations. Il n’est pas impossible que le sursaut du tremor avant la fin de l’éruption corresponde à la libération brutale d’une poche de gaz annonçant la fin de l’événement. Il se peut aussi que la sismicité enregistrée au cours des dernières heures corresponde à des réajustements à l’intérieur de cette chambre superficielle. Quoi qu’il en soit, seule Madame Fournaise est capable d’apporte une réponse à toutes ces questions. Le volcan réunionnais nous confirme toute simplement la fragilité et la difficulté de la prévision éruptive.

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8:30 (Paris time): It’s a crazy story! While Piton de la Fournaise seemed to have gone for an eruption that would last some time, with the risk of the opening of new fissures, OVPF indicated this morning that surface eruptive activity had stopped at about 6:28 am (local time). The tremor actually showed a sharp rise before dropping to a low value. Following the stopping of surface activity, seismicity dropped as well. OVPF specifies that a residual tremor is still recorded. As everybody knows the whimsical behaviour of the Piton, no hypothesis is discarded as to the evolution of the situation. Is this the sign of a definitive stop or just a pause. Will there be a resumption of activity on the same site or elsewhere? I’m not sure somebody is able to answer these questions!

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20:00 (Paris time): In a bulletin released tonight at 19:30 (local time), OVPF indicates that some seismicity is still recorded under the summit area of ​​Piton de la Fournaise. 26 shallow earthquakes and 1 deep event have been recorded since the end of the eruption. As previously stated, no prediction can be made about the evolution of the situation. OVPF recalls that brutal eruption stops are not unusual at Piton de la Fournaise and generally occur for 50% of eruptions.
Many people give their own predictions and claim that eruptive activity will resume. Knowing the inconstancy of this volcano, I think it is dangerous to formulate such claims. It is not impossible that the burst of tremor before the end of the eruption corresponds to the sudden release of a pocket of gas that announced the end of the event. It is also possible that the seismicity recorded during the last hours corresponds to readjustments within this shallow chamber. Anyway, only Madame Fournaise is able to answer all these questions. The Reunion volcano simply confirms the difficulty of eruptive prediction.

Source: OVPF

La lave dans le Grand Brûlé, environ deux heures avant l’arrêt de l’éruption

(Photo: Christian Holveck)

Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion) : Le volcan inquiète l’Observatoire // OVPF worries about the volcano

Suite à la forte augmentation observée au cours des dernières heures, l’intensité du tremor éruptif reste très élevée, ce qui est à mettre en relation avec l’ouverture des deux nouvelles fissures les 5 et 7 mars dernier. Le débit de surface a lui aussi augmenté de manière significative avec une moyenne sur les dernières 24 heures se situant aux alentours de 20-25 mètres cubes par seconde. Ces augmentations de débit de surface ont favorisé une progression rapide des coulées. D’après les observations visuelles depuis la RN2 et les images de la webcam du Piton des Cascades, le front de coulée actif a pu être estimé à 650 – 700 mètres d’altitude le 9 mars 2019 à 8h. Le front de coulée a ainsi parcouru environ 1 km en 24heures et se situait ce matin entre 2,5 et 3 km de la RN 2.

Les stations de l’OVPF situées sur le pourtour de l’Enclos Fouqué ont détecté pour la journée du 8 mars des émissions de SO2 dans l’air 3 à 4 fois plus importantes que celles enregistrées au début de l’éruption.

Les concentrations en CO2 dans le sol en champ proche (secteur Gîte du Volcan) semblent chuter depuis le 9 mars au matin, ce qui indiquerait une accélération du transfert du magma entre le réservoir profond et la surface.

Aucune déformation significative de l’édifice volcanique n’a été enregistrée. .

Sur les dernières 36 heures, plus d’une centaine de séismes volcano-tectoniques superficiels (à moins de 2,5 km de profondeur) ont été enregistrés sous la zone sommitale, mais ce nombre est largement sous estimé du fait de la difficulté à les comptabiliser compte tenu de l’intensité du tremor.

A noter que cette forte sismicité sous la zone sommitale ne cesse d’augmenter depuis 48 heures avec souvent des mécanismes en compression à la source, qui pourraient correspondre à des effondrements du toit de la chambre magmatique superficielle due à sa vidange importante. Cette sismicité est suivie de près par l’OVPF ; en effet, en cas de propagation de cette sismicité vers la surface (ce qui n’est pas le cas actuellement), cela pourrait engendrer la formation d’un pit-crater, comme cela a déjà été observé par le passé au Piton de la Fournaise, par exemple en Décembre 2002.

L’OVPF conclut son derner bulletin en expliquant que, compte tenu de l’ensemble des paramètres développés ci-dessus, l’ouverture de nouvelles fissures éruptives au niveau du site éruptif actuel ou ailleurs, à l’intérieur ou à l’extérieur de l’Enclos, n’est pas exclue.

La situation doit donc être surveillée très attentivement.

Source : OVPF.

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Following the strong increase observed during the last hours, the intensity of the eruptive tremor remains very high, which is related to the opening of the two new fissures on March 5th and 7th. The surface flow output has also increased significantly with an average of about 20-25 cubic metres per second over the last 24 hours. This increase of the surface flow output favoured a rapid progression of the flows. Based on visual observations from RN2 and images provided by the Piton des Cascades webcam, the active flow front was estimated at 650-700 metres a.s.l. on 9 March 2019 at 8 am. The flow front travelled about 1 km in 24 hours and was this morning between 2.5 and 3 km from the RN 2.
For the day of March 8th, OVPF stations located around the Enclos Fouqué have detected SO2 emissions in the air 3 to 4 times greater than those recorded at the beginning of the eruption.
CO2 concentrations in the near-field soil (Gîte du Volcan area) appear to have dropped since the morning of 9 March, indicating an acceleration of magma transfer between the deep reservoir and the surface.
No significant deformation of the volcanic edifice has been recorded. .
Over the past 36 hours, more than 100 shallow volcano-tectonic earthquakes (less than 2.5 km deep) have been recorded under the summit area, but this number is largely underestimated because of the intensity of the tremor.
It should be noted that this strong seismicity under the summit area has been increasing for 48 hours, often with mechanisms in compression at the source, which could correspond to a collapses of the roof of the shallow magma chamber due to a significant drainage. This seismicity is followed monitored by OVPF; indeed, in the event of a propagation of this seismicity towards the surface (which is not currently the case), this could lead to the formation of a pit-crater, as has already been observed in the past at Piton de la Furnace, for example in December 2002.
OVPF concludes its latest bulletin by explaining that, considering all the above-mentioned parameters, the opening of new eruptive fissures at the current eruptive site or elsewhere, inside or outside the Enclos, is not excluded.
The situation must therefore be monitored very carefully.
Source: OVPF.

La hausse significative du tremor montre que le Piton de la Fournaise n’a pas dit son dernier mot. Vigilance! (Source: OVPF)

L’éruption est visible sur quatre webcams ce soir!

Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion)

Le Piton de la Fournaise a cette capacité extraordinaire de prendre tout le monde – y compris l’Observatoire – à contre-pied. Alors que l’on s’attendait à une éruption qui allait se prolonger tranquillement et tomber dans l’anonymat à l’image de la précédente, le volcan en a décidé autrement. Le 6 mars, un touriste repérait une nouvelle fracture au cours d’un survol en hélicoptère, avec une ouverture estimée la veille par l’OVPF. Depuis cette date, le tremor montre une tendance à la hausse, ce qui révèle que l’alimentation de l’éruption est soutenue. Certains pensent que de nouvelles fractures sont susceptibles de s’ouvrir mais, avec  le Piton, mieux vaut éviter ce genre d’affirmation gratuite.

Au cours d’une visite du site éruptif effectuée le 8 mars, les scientifiques de l’OVPF ont eu la confirmation de l’ouverture de la fracture sur le flanc nord-ouest du piton Madoré, en amont de la bouche active depuis le 19 février. Un petit cône de projections haut d’une dizaine de mètre s’est édifié et deux coulées de faible débit restent actives côté ouest et côté Nord. La coulée principale est celle qui s’épanche côté nord et progresse vers l’est.

La fracture qui s’est ouverte le 7 mars en fin de matinée se situe à 300 mètres au sud de la bouche active du 19 février et est orientée ouest-est. Elle était très active le 8 mars au matin avec 2 fontaines de lave d’une cinquantaine de mètres de hauteur.

Les prélèvements de lave effectués montrent que les bouches éruptives du 5 mars et du 7 mars produisent des laves de compositions différentes.

Affaire à suivre. Le Piton nous réserve probablement d’autres surprises !

Source : OVPF.

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Piton de la Fournaise has the extraordinary ability to take everyone – including the Observatory – against the ground. While we expected an eruption that would continue quietly and fall into anonymity like the previous one, the volcano decided otherwise. On March 6th, a tourist spotted a new fissure during a helicopter flight, with an opening estimated the day before by OVPF. Since then, the tremor has been showing an upward trend, which indicates that the feeding of the eruption is sustained. Some think that new fissures are likely to open, but with the Piton, it is better to avoid this kind of gratuitous statement.
During a visit to the eruptive site carried out on March 8th, OVPF scientists got the confirmation of the opening of the fissure on the northwestern flank of Piton Madoré am of the active mouth since 19 February. A small cone of projections up to ten meters has been built and two low flow flows remain active west and north side. The main flow is the one that flows north side and progresses to the east.
The fracture that opened on March 7 in the late morning is 300 meters south of the active mouth of February 19 and is oriented west-east. She was very active on March 8 in the morning with two lava fountains about fifty meters high.
The lava samples taken show that the eruptive mouths of March 5 and March 7 produce lava of different compositions.
Case to follow. The Piton probably offers us other surprises!
Source: OVPF.

Ce soir, les images de la webcam du Piton Partage montrent que l’activité éruptive est très intense.

Processus de refroidissement de la lave sur le Kilauea (Hawaii) // Lava cooling process on Kilauea Volcano (Hawaii)

Le dernier article « Volcano Watch » du HVO aborde le thème du refroidissement des coulées de lave, son déroulement et sa durée. C’est un aspect du volcanisme que j’ai étudié il y a quelques années sur la Grande Ile d’Hawaii pour le compte de l’Observatoire et du Parc des Volcans d’Hawaii. Vous trouverez un résumé de mon travail sous l’entête de ce blog: « Processus de refroidissement de la lave sur le Kilauea« .
https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/processus-de-refroidissement-de-la-lave-sur-le-kilauea-hawaii/

L’article du HVO présente de nombreuses similitudes avec ma propre étude qui fournit des détails supplémentaires sur la composition de la lave.

Maintenant que l’éruption de 2018 du Kilauea est terminée, on peut se demander combien de temps il faudra aux dernières coulées de lave pour se refroidir et se solidifier complètement. La réponse n’est pas aisée car différents facteurs sont à prendre en compte pour évaluer le processus de refroidissement de la lave. La température de lave émise pendant l’éruption de 2018 a atteint environ 1140°C. Lorsque la température de surface d’une coulée est inférieure à environ 1000°C, elle se solidifie, mais l’intérieur reste très chaud.
Le facteur le plus important pour déterminer la vitesse à laquelle la lave refroidit est l’épaisseur de la coulée. D’autres facteurs incluent la perte de chaleur en surface (contact avec l’atmosphère) et en profondeur (contact avec le sol). La température de l’air, les précipitations et le vent contribuent également à la perte de chaleur de surface d’une coulée. Le contact entre une coulée de lave, l’air ambiant et la surface du sol favorise le durcissement rapide de la partie supérieure et inférieure de la coulée. C’est ce qui explique la présence d’une croûte argentée à la surface des coulées de lave pahoehoe et le cliquetis que l’on peut entendre sur les coulées de lave a’a. Lorsque la croûte se refroidit et s’épaissit, elle retient la chaleur à l’intérieur de la coulée car la lave est un bon isolant.
Une fois que la croûte s’est formée, la coulée continue à perdre de la chaleur par radiation et par conduction, phénomène facilité par le vent et la pluie. Lorsque l’eau de pluie pénètre dans les fissures à la surface de la coulée et rencontre la chaleur de l’intérieur, elle produit de la vapeur qui forme les panaches blancs souvent observés au-dessus des coulées actives ou qui l’ont été récemment. Cette vapeur peut persister pendant des décennies, longtemps après la solidification de la lave, en fonction de l’épaisseur de la coulée et de la température à l’intérieur.
Une étude du refroidissement de la surface des coulées de lave pahoehoe émises lors de l’éruption du Kupaianaha en 1990 a servi de référence pour estimer le temps de solidification des coulées dans la Lower East Rift Zone (LERZ) en 2018. Dans la mesure où l’équation ne porte que sur le refroidissement de la croûte supérieure de la coulée de lave, on suppose que l’épaisseur de la croûte à la base de la coulée correspond à 70% de la croûte supérieure. Les mesures effectuées sur le  Kupaianaha l’ont été sur des coulées pahoehoe de faible épaisseur, alors que la plus grande partie de la lave émise en 2018 dans la LERZ était de type a’a. Malgré tout, comme l’intérieur de chaque type coulée (pahoehoe ou a’a) est censé refroidir à la même vitesse, le HVO estime sue l’on peut s’appuyer sur la vitesse de refroidissement de 1990 pour estimer celle de 2018.
Des analyses préliminaires effectuées suite à l’éruption de 2018 montrent que l’épaisseur moyenne des coulées dans la LERZ est d’environ 10 à 15 mètres. Sur la base du calcul de la vitesse de refroidissement, on peut déduire qu’il pourrait s’écouler entre 8 mois et un an et demi pour que des coulées présentant une telle épaisseur se solidifient. Le refroidissement et la solidification de coulées d’une épaisseur de 20 à 30 mètres pourraient prendre entre deux ans et demi et six ans. D’autres coulées de la LERZ, d’une épaisseur pouvant atteindre 55 mètres, mettront probablement une vingtaine d’années pour refroidir et se solidifier complètement.
Étant donné que l’épaisseur de la coulée, la vitesse du vent, les précipitations, la température de l’air ambiant et du sol et d’autres facteurs influent sur la vitesse de refroidissement de la lave, il existe une marge d’incertitude sur la durée pendant laquelle l’intérieur d’une coulée reste liquide. Ainsi, après l’éruption du Kilauea Iki en 1959, il a fallu environ 35 ans au lac de lave d’une profondeur d’environ 135 mètres pour se solidifier complètement. Il n’est pas impossible que la lave soit encore incandescence en profondeur. C’est la raison pour laquelle, les jours de pluie, on peut voir la vapeur monter du plancher du cratère du Kilauea Iki, ainsi que du plancher de la caldeira du Kilauea.
Source: USGS / HVO.

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HVO’s latest « Volcano Watch » article is about the cooling of lava flows, how it happens and how long it takes. This is an aspect of volcanism I studied a few years ago on Hawaii Big Island on behalf of the Observatory and the National park. You will find an abstract of my work beneath the title of this blog: “Processus de refroidissement de la lave sur le Kilauea”.

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/processus-de-refroidissement-de-la-lave-sur-le-kilauea-hawaii/

The HVO article holds many similarities with my own study which provided more details about lava composition.

Since the end of the 2018 eruption on Kilauea, questions have surfaced concerning how long it will take for the new lava flows to solidify. This is a difficult question to answer, because the initial eruptive temperatures along with many different factors can influence the rate of cooling. Eruptive lava temperatures of the 2018 eruption reached a maximum of approximately 1140°C. When the surface of the flow cools below about 1000°C, it solidifies, but the interior is still very hot.

The most influential factor determining how fast lava cools is the thickness of the flow. Other factors include heat loss from both the top (to the atmosphere) and bottom of a flow (into the ground). Contributing to heat loss at the flow’s surface are air temperature, rainfall, and wind. The initial contact between a lava flow, the air above it, and ground surface below it, quickly hardens the outer crust (top and bottom) of the flow. This can be seen in the silvery crust that forms on active pahoehoe flows and the rubbly clinker that surrounds active a’a flows. As the crust cools and thickens, it retains heat within the flow’s interior. This is because the crust is a good insulator, meaning it poorly conducts heat.

After the initial formation of crust, the flow continues to lose heat through radiation and conduction, facilitated by wind and rain. As rain water percolates into cracks in the flow’s surface and encounters the hot interior, it produces steam, forming the white plumes often seen over active or recently active flows. This steaming can persist for decades, long after the lava has solidified, depending on the thickness of the flow and the temperature of its interior.

Based on a study of crustal cooling of pahoehoe lava flows erupted from the Kupaianaha vent in 1990, one can estimate the solidification time for the 2018 LERZ flows. Because the equation only looks at cooling of the lava flow’s upper crust, the basal crust thickness is assumed to equal 70 percent of the upper crust. The Kalapana measurements were made on thin pahoehoe flows, but most of the 2018 Lower east Rift Zone (LERZ) lava is a’a. But, because the core of each flow type should cool at similar rates, one can base the 2018 cooling rates on the 1990 study.

Preliminary analyses of the 2018 LERZ eruption flow thicknesses, suggest that the average flow thickness is around 10–15 metres. Based on the cooling rate calculation, it could take between 8 months and one and a half years for flows of these thicknesses to solidify. Solidification of flows ranging 20–30 metres thick could take about 2.5 – 6 years. The thickest LERZ flows on land, which are approximately 55 metres thick, may take 20 years to reach a completely solid state.

Because flow thickness, wind speeds, rainfall amounts, air and ground temperatures, and other factors all affect lava cooling rates, there is a range of uncertainty on how long the interior of a flow remains liquid. For example, after the 1959 Kilauea Iki eruption, the approximately 135-metre-deep lava lake took about 35 years to completely solidify. Lava may still be incandescent in depth. This is why, on rainy days, you can see steam rising from the Kilauea Iki crater floor, as well as the Kilauea caldera floor.

Source : USGS / HVO.

Coulée de lave a’a pendant l’éruption 2018 du Kilauea (Photo: USGS / HVO)

Coulée de lave pahoehoe sur le Kilauea (Photo: C. Grandpey)

Prélèvemet d’échantillons de lave pour analyse en laboratoire

(Photo: Ch. Grandpey)

Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion)

L’éruption du Piton de la Fournaise poursuit son petit bonhomme de chemin. La stabilité du tremor montre qu’elle devrait se poursuivre encore quelque temps, même si l’activité éruptive n’est pas très intense. Sur les dernières 36 heures, les débits de surface fluctuaient entre seulement 2,5 et 13 mètres cubes par seconde. En conséquence, le front de coulée ne progresse pas ou très peu depuis le 21 février. L’édifice volcanique ne se déforme plus.

Source : OVPF.

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The eruption of Piton de la Fournaise continues in a stable way. The stability of the tremor shows that it is likely to continue for some time, even if eruptive activity is not very intense. Over the last 36 hours, the lava output fluctuated between only 2.5 and 13 cubic metres per second. As a result, the lava flow front has no longer moved forward, or very little, since February 21st. No deformation of the volcanic edifice has been observed.
Source: OVPF.

Source: OVPF

Volcans du monde // Volcanoes around the world

Voici quelques nouvelles de volcans à travers le monde:

Comme je l’ai écrit précédemment, un regain d’activité a été observé sur le Poás (Costa Rica), avec des panaches de gaz et de cendres s’élevant jusqu’à 1 km au-dessus du cratère. Il est fait état de retombées de cendre dans les zones sous le vent. Pour des raisons de sécurité, le parc national a été fermé au public.
Source: OVSICORI.

Depuis le début du mois de janvier, des émissions de cendres ont été observées de façon intermittente, principalement au niveau du Cratère Nord-Est de l’Etna (Sicile) et plus sporadiquement de la Bocca Nuova, ce qui a entraîné la fermeture temporaire de l’aéroport de Catane (voir mes précédentes notes sur ce volcan). Les premières analyses de la cendre ont montré qu’elle ne contenait pas de matériaux juvéniles.
Source: INGV.

Selon le VSI, un bref événement explosif a été enregistré sur l’ Anak Krakatau (Indonésie) le 14 février 2019, bien que les conditions météorologiques aient empêché une bonne observation de l’événement. Au cours des jours suivants, des panaches de gaz et de vapeurse sont élevés à une cinquantaine de mètres au-dessus du volcan dont le sommet s’élève maintenant à 155 mètres au-dessus du niveau de la mer. Le niveau d’alerte reste à 3 (sur une échelle de 1 à 4) . Il est demandé aux habitants et aux visiteurs de rester en dehors de la zone de danger de rayon de 5 km du cratère. Cependant, il semble que certaines agences de voyages aient organisé des excursions et aient débarquésur le volcan.

Des émissions de vapeur et de gaz sont toujours observées sur le Popocatépetl (Mexique). Une activité strombolienne a parfois lieu dans le cratère, avec des matériaux incandescents éjectés jusqu’à 1,5 km sur les flancs du volcan. Le CENAPRED indique qu’un nouveau dôme de lave de 200 mètres de diamètre s’est formé dans le cratère. Il pourrait être la cause d’explosions beaucoup plus violentes. Le niveau d’alerte reste à la couleur Jaune, Phase 2.
Source: CENAPRED.

Le Merapi (Indonésie) est toujours très actif. Le BPPTKG a enregistré six coulées pyroclastiques dans la seule matinée du 18 février 2019. Elles ont parcouru une distance maximale d’un kilomètre vers la rivière Gendol. . Les séismes déclenchés par les avalanches ont duré de 12 à 92 secondes.
Le volume du dôme de lave sommital reste relativement stable par rapport aux semaines précédentes, avec un volume de 461 000 mètres cubes et une croissance de 1300 mètres cubes par jour.
Il est demandé aux habitants d’éviter toute activité dans un rayon de trois kilomètres du sommet du Merapi.
Source: Antara News.

La reprise de l’activité éruptive le 19 février 2019 au Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion) se poursuit. Après une baisse de son intensité, le tremor éruptif s’est stabilisé. Aucune déformation significative n’a été observée sur la zone sommitale. Les coulées de lave progressent de manière discontinue. Le front de coulée principal a franchi la rupture de pente des Grandes Pentes.

Source : OVPF.

La situation éruptive est stable sur le Sabancaya (Pérou). On observe actuellement une vingtaine d’explosions par jour. Elles génèrent des panaches de cendre qui montent jusqu’à 3000 mètres de hauteur. Aucune déformation significative de l’édifice volcanique n’a été observée.

Source : INGEMMET, IGP.

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Here is some news from volcanoes around the world.

As I put it before, new activity has been observed at Poás (Costa Rica), with gas and ash plumes rising as high as 1 km, with ashfall in downwind areas. For safety reasons, the National Park was closed to the public.
Source: OVSICORI.

Since the beginning of January ash emissions have intermittently been rising mainly from Mount Etna’s Northeast Crater (NEC) and more sporadically from Bocca Nuova, forcing the temporary closure of Catania Airport (see my previous posts about this volcano). Preliminary assessments of some of the ash deposits showed they contained no juvenile material.
Source: INGV.

According to VSI, a brief explosive event at Anak Krakatau (Indonesia) was recorded on 14 February, 2019 though weather conditions prevented clear views of the event. During the next days, diffuse white plumes rose 50 meres above the summit which now rises 155 metres above sea level. The alert level remains at 3 (on a scale of 1-4), and residents are warned to remain outside of the 5-km radius hazard zone from the crater. However, it seems some travel agencies have organised trips and landed on the volcano.

Steam-and-gas emissions are still observed at Popocatépetl (Mexico). Strombolian activity occasionally occurs within the crater, with incandescent material being ejected as far as 1.5 km onto the flanks. Ashfall has been reported in downwind areas. CENAPRED indicates that a new lava dome about 200 metres in diameter has formed within the crater, which might trigger more violent explosions. The Alert Level remains at Yellow, Phase Two.
Source: CENAPRED.

Mount Merapi (Indonesia) is still quite active,. The Geological Disaster Research and Technology Development Center (BPPTKG) recorded six pyroclastic flows in the sole morning of February 18th, 2019. They travelled a maximum distance of one kilometre towards the River Gendol. Earthquakes triggered by the avalanches had durations ranging from 12 to 92 seconds. The volume of the summit lava dome was still relatively stable as compared with the data taken a week before when its volume reached 461,000 cubic metres, with a growth rate of 1,300 cubic metres per day. Residents are urged to avoid all activities within a three-kilometre radius from Mount Merapi`s peak.
Source: Antara News.

The resumption of eruptive activity on February 19th, 2019 at Piton de la Fournaise (Reunion Island) continues. After a drop in intensity, the eruptive tremor has stabilized. No significant deformation has been observed in the summit area. Lava flows progress in a discontinuous way. The main lava front has crossed the slope break of the Great Slopes.
Source: OVPF.

The eruptive situation is stable on Sabancaya (Peru). There are currently about twenty explosions per day. They generate ash plumes that rise up to 3000 metres above the crater. No significant deformation of the volcanic edifice has been observed.
Source: INGEMMET, IGP.

Situation éruptive du Sabancaya (Source: INGEMMET, IGP)

 

 

Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion): Début de l’éruption ! // An eruption has started !

7h40 (heure métropole): Le bulletin de 10 heures de l’OVPF semble me donner raison. Le panache bleuté que j’avais détecté sur la webcam du Piton de Bert semble bien être le signe que l’éruption du Piton de la Fournaise a débuté. Le dernier bulletin de l’OVPF (10 heures, heure locale) indique que « suite à la crise sismique débutée à 09h16 heure locale, le tremor volcanique synonyme d’arrivée du magma à proximité de la surface est enregistré depuis 09h48 environ heure locale. L’analyse des données et les observations de panache depuis nos caméras montrent que la ou les fissure(s) éruptives se sont ouvertes dans le secteur du cratère Dolomieu, secteur nord nord-est à une altitude élevée pour l’instant. »

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12 heures (heure métropole): L’éruption qui a commencé sur le coup de 10 heures (heure locale) ce matin continue mais les conditions météo empêchent actuellement de profiter du spectacle. Selon l’OVPF – informations relayées par France Info – « la ou les fissure(s) éruptives se sont ouvertes au bord du cratère Dolomieu, dans le secteur nord nord-est à une altitude élevée pour l’instant, » ce qui confirme ce que j’écrivais précédemment. « Il y a deux ou trois fontaines de lave (d’une hauteur maximale d’une trentaine de mètres) par fissure. Les coulées de lave ont déjà bien descendu les pentes et se trouvaient à 1900 mètres d’altitude environ après une heure d’éruption. L’éruption n’est pas visible depuis le Pas de Bellecombe, ni du Piton de Bert. Le meilleur point d’observation est la route nationale, même si elle reste encore bien éloignée des coulées de lave.
Comme toujours au moment d’une éruption, l’accès du public à l’Enclos Fouqué, depuis le sentier du Pas de Bellecombe ou depuis tout autre sentier, ainsi que le poser d’aéronefs dans la zone du volcan, sont interdits jusqu’à nouvel ordre.

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18h30 (heure métropole) : Dans son dernier bulletin émis à 16h30 (heure locale), l’OVPF indique que l’éruption se poursuit, mais que le tremor est en baisse. Selon l’Observatoire, cette baisse peut être liée à une baisse d’activité sur l’une ou l’autre des deux fractures éruptives.

Les débits de surface étaient compris en début d’éruption entre 25 et 40 m3/s, valeurs classiquement observées en début d’éruption au Piton de la Fournaise.

On peut se demander si l’éruption durera très longtemps. Elle a mis du temps à démarrer, signe que la pression dans les conduits d’alimentation n’était pas très forte, ce qui est confirmé par la hauteur relativement modeste des fontaines de lave.

Voici une petite vidéo de l’éruption: https://youtu.be/NxIAMVuQ_9o

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7:40 am (Paris time): The OVPF update released at 10:00 (local time) seems to confirm my previous observations. The bluish plume that I had detected on the Piton de Bert webcam seems to be the sign that a new eruption has started at Piton de la Fournaise. « Following the seismic crisis that started at 9:16 local time, the volcanic tremor synonymous with the arrival of magma close to the surface has been recorded since 09:48 (local time). Data analysis and plume observations from our cameras show that eruptive fissure (s) have opened in  the north-north-east area of the Dolomieu Crater, at a high altitude for the moment. « 

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12:00 (Paris time): The eruption that started at about 10 o’clock (local time) this morning continues but the weather conditions are currently preventing visitors from enjoying the show. According to OVPF – the information has been relayed by France Info – « the eruptive fissure (s) opened at the edge of the Dolomieu Crater, in the north-north-east sector at a high altitude for the moment, » which confirms what I wrote previously. « There are two or three lava fountains per fissure, with a maximum height of about 30 metres. The lava flows have already travelled down the slopes and were about 1900 metres above sea level one hour after the start of the eruption. The eruption is not visible from the Pas de Bellecombe or the Piton de Bert. The best observation point is from the national road, although it is still far away from the lava flows.
As usual during an eruption, public access to the Enclos Fouqué, from the Pas de Bellecombe or from any other trail, as well as the landing of aircraft in the volcano area, are prohibited until further notice.

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18:30 (Paris time): In its latest update released at 16:30 (local time), OVPF indicates that the eruption continues, but the tremor is declining. According to the Observatory, this drop can be linked to a decrease in activity at one of the two eruptive fissures.
The lava output at the start of the eruption was estimated between 25 and 40 cubic metres per second, which is the usual output at the beginning of an eruption at Piton de la Fournaise.
One may wonder whether the eruption will last very long. It took a long time to start, a sign that the pressure in the feeding conducts was not very high, which is confirmed by the relatively modest height of the lava fountains.

Here is a short video of the eruption: https://youtu.be/NxIAMVuQ_9o

Evolution du tremor volcanique entre 09h48 et 13h30 (heure locale) le 18 février. (Source: OVPF)

Evolution du tremor volcanique entre 09h48 et 16h15 (heure locale) le 18 février. (Source: OVPF)

Vue par l’oeil de la webcam, l’activité de surface ne semble pas très intense.