Kilauea (Hawaii) : Dans l’attente d’une éruption (suite) // Waiting for an eruption (continued)

7 heures (heure française): Les autorités hawaïennes se préparent à une possible éruption alors que la sismicité reste intense le long de l’East Rift Zone. Les mesures comprennent l’identification des abris, la mobilisation de la police et de la Protection Civile pour assurer la sécurité des habitants, et des équipes d’entretien des routes pour assurer l’accès aux itinéraires d’évacuation. Les habitants du District de Puna doivent se tenir informés de la situation et être prêts à une évacuation.
Selon un communiqué de la Protection Civile le 1er mai 2018, un dyke est en train de progresser vers la partie basse du District de Puna jusqu’après la Highway 130. Une éruption peut avoir lieu entre le Pu’uO’o et au-delà de Kapoho à l’est.
Des essaims sismiques, avec 8 à 10 événements par heure, sont ressentis dans la région et pourraient annoncer une éruption. L’activité sismique actuelle est semblable à celle qui a précédé une éruption dans le District de Puna en 1955. Au cours de cette éruption qui a débuté en février 1955, au moins 24 bouches se sont ouvertes le long de l’East Rift Zone, laissant échapper de nombreuses coulées de lave. La lave a recouvert des routes, des maisons et des champs de canne à sucre avant d’atteindre l’océan. L’éruption s’est brusquement terminée le 26 mai 1955.
Voici une vidéo de l’éruption de 1955 fournie par le Musée Lyman:
https://youtu.be/DN9pdJyGhuo

Le Parc National des Volcans d’Hawaï indique qu’en raison de la possibilité d’une nouvelle éruption, les autorités ont fermé une zone comprenant la route en terre battue entre Kalapana à l’est et l’extrémité de la Chain of Craters Road à l’ouest, ainsi que toutes les zones entre cette route et l’océan.

Voici une vidéo mise en ligne par Paradise Helicopters suite à un survol effectué le 1er mai 2018 et l’effondrement du plancher du Pu’uO’o. Impressionnant!

°°°°°°°°°°

22 heures (heure française) : Rien de très nouveau à Hawaii au matin du 3 mai 2018 (heure locale). La tension est palpable dans le District de Puna  où la sismicité est toujours intense, même si elle a légèrement diminué. Les fractures sur les routes confirment l’intrusion magmatique dans la région. On sent qu’une éruption est sur le point d’avoir lieu, mais on ne sait ni quand, ni où. On remarquera la différence avec le Piton de la Fournaise, autre volcan de point chaud. Sur l’Ile de la Réunion, on a affaire à une gentille éruption qui reste concentrée dans l’Enclos, sans aucun risque pour les zones habitées. A Hawaii, ce n’est pas la même chose ; le District de Puna est habité et, connaissant la rapidité avec laquelle une éruption peut se déclencher et la vitesse à laquelle la lave peut se propager, il faudra réagir rapidement lorsque l’éruption débutera….si elle débute ! Les scientifiques du HVO sont confrontés aux limites de la prévision volcanique. On pense qu’une éruption va avoir lieu, mais ça ne va pas plus loin !

Ailleurs sur le Kilauea, le niveau de la lave ne cesse de baisser dans l’Overlook Crater de l’Halema’uma’u. Les réseaux d’alimentation de la zone sommitale du Kilauea et de l’East Rift Zone étant interconnectés, on peut raisonnablement penser que l’Overlook Crater est en train de se vider et que la lave est en train de migrer quelque part le long de l’East Rift Zone. Rien de neuf sur le Pu’uO’o depuis l’effondrement du plancher du cratère. Toute la zone est recouverte de cendre rougeâtre. La coulée 61g semble tarie, ce qui est normal étant donné qu’elle n‘est plus alimentée par le Pu’uO’o.

Il ne reste plus qu’à attendre et voir. Seule Madame Pele sait ce qui va se passer dans les prochaines heures ou les prochains jours

—————————————-

7:00 (French time): Hawaian authorities are preparing for a possible eruption amid continuous earthquakes along the East Rift Zone of Kilauea Volcano. Preparations include the identification of shelters, mobilization of police and other security personnel to ensure residents’ safety, and road crews to ensure access to evacuation routes. Residents in the lower Puna area should keep informed about the situation and be prepared to evacuate.

According to a Civil Defense briefing early on May 1st, 2018, a magma dike is making its way down to the lower Puna area past Highway 130. An eruption may take place anywhere from Pu’uO’o to beyond Kapoho to the east.

Swarms of earthquakes, of eight to 10 tremors per hour, are being felt in the area, which could precede an eruption. The current seismic activity is similar to what preceded an eruption in the lower Puna District in 1955. During that eruption, which started in February 1955, at least 24 separate volcanic vents opened up and down the volcano’s East Rift Zone, with lava flows covering many roads, homes, and sugar cane fields, eventually reaching the ocean. The eruption abruptly ended on May 26th, 1955.

Here is a video of the 1955 eruption provided by the Lyman Museum:

https://youtu.be/DN9pdJyGhuo

Hawai‘i Volcanoes National Park reports that due to the possibility of a new eruption and unstable geologic activity, parl authorities have closed an area including the gravel emergency access road from the eastern gate near Kalapana, to the western gate at the end of Chain of Craters Road, and all land on the ocean side of the emergency road.

°°°°°°°°°°

10 pm (French time): Nothing really new in Hawaii on the morning of May 3rd, 2018 (local time). The tension can be felt in the Puna District where seismicity is still intense, even though it has slightly decreased.. Cracks in the roads confirm the magma intrusion in the area. An eruption is probably about to take place, but nobody knows when or where. We can notice the difference with the Piton de la Fournaise, another hotspot volcano. On Reunion Island, one can observe a nice hermless eruption that remains concentrated in the Enclos, without any risk for inhabited areas. In Hawaii, it’s not the same thing; the Puna District is populated and, knowing the speed at which an eruption can occur and the speed at which lava can flow, it will be necessary to react quickly when the eruption will begin … .if it begins! HVO scientists are confronted with the limits of volcanic prediction. An eruption will probably take place, but prediction can’t go any further!
Elsewhere on Kilauea, the level of lava continues to drop in Halema’uma’u Overlook Crater. As the supply networks of Kilauea and the East Rift Zone are interconnected, it is reasonable to assume that the Overlook Crater is emptying and lava is migrating somewhere along the the East Rift Zone. There has been nothing new on Pu’uO’o since the collapse of the crater floor. The whole area is covered with reddish ash. The 61g lava flow no longer advances, which is normal since it is no longer fed by Pu’uO’o.
We just have to wait and see. Only Mrs. Pele knows what will happen in the next hours or days.

Carte montrant où se produisent – au vu de la sismicité – l’intrusion et la migration magmatiques (Source: USGS / HVO)

Zone du Parc interdite (Source: USGS / HVO)

Fractures sur une route dans le District de Puna (Crédit photo: HVO)

Pérou : L’eau des glaciers menace des populations // Peru : The water from glaciers threatens populations

Le Pérou a perdu plus de 40% de ses glaciers en quelques années. La ville de Huaraz (130 000 habitants) est particulièrement menacée par les effets du réchauffement climatique. Le 19 juin 2016 sur ce blog, j’ai expliqué que la région était exposée aux déversements d’eau glaciaire suite à la rupture de moraines qui retiennent les lacs d’eau de fonte en altitude. Je faisais remarquer que les autorités locales n’avaient guère fait d’efforts pour trouver des solutions. Ainsi, en dépit du fait que Huaraz a été inondée par le lac glaciaire du Palcacocha en 1941 et qu’une avalanche a détruit la ville voisine de Yungay en 1970, faisant 23 000 victimes, des systèmes de surveillance n’ont pas été installés pour alerter les populations en cas de catastrophe imminente.

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2016/06/19/la-fonte-des-glaciers-menace-le-perou-peru-under-the-threat-of-its-melting-glaciers/

La vallée où se trouve Huaraz est bordée par deux chaînes de montagnes. À l’ouest, la Cordillère noire jouxte le Pacifique et protège des vents les sommets enneigés de sa grande sœur de l’est, la Cordillère blanche. Au milieu des plaines vertes du Huascaran, un sommet blanc émerge des montagnes ; c’est le glacier du Pastoruri. Pour y accéder, il faut prendre une route créée il y a quatre ans par le service des parcs nationaux. On a l’appelée la « route du changement climatique ». Elle permet d’expliquer les effets du réchauffement climatique sur une zone aussi vulnérable que la Cordillère blanche.

Au Pérou, les parcs nationaux veulent montrer les effets du changement climatique sur les glaciers comme celui du mont Pastoruri qui a pratiquement disparu. La « route du changement climatique » culmine à 5 000 mètres d’altitude. Depuis cet endroit, auparavant, il fallait à peine cinq minutes pour atteindre le glacier. Désormais, entre 40 minutes et à une heure de marche sont nécessaires, tellement le glacier a fondu et a reculé. Ici, on est dans une cordillère tropicale où la fonte des glaciers est encore plus importante qu’ailleurs. Un lac s’est formé au pied du glacier. En 2010, il avait 10 mètres de profondeur. À présent, on l’estime à 20 mètres. Le processus actuellement irréversible du réchauffement climatique va faire disparaître ce glacier de la Cordillère blanche.

A travers la « route du changement climatique »,  le service des parcs nationaux veut démontrer que les gens doivent changer leur façon de consommer l’eau. On doit trouver une meilleure manière de la stocker dans les réservoirs en haut des montagnes pour pouvoir répondre aux besoins des habitants de la région.

Avec la fonte des glaciers au Pérou, il y a moins de glace et plus d’eau, mais une eau polluée par les minéraux et donc impropre à la consommation. Ce n’est pas l’unique danger. La Cordillère blanche est l’un des endroits au monde où il y a eu le plus de désastres liés aux glaciers avec, comme je l’expliquais plus haut, des ruptures de moraines et la vidange brutale de lacs glaciaires. Ces « tsunamis de montagne » sont apparus par milliers depuis plus de 50 ans au sein des montagnes péruviennes. C’est le cas du Palcacocha situé à 4 500 mètres d’altitude. Autrefois, ce lac était petit et accolé à un glacier. Le glacier a fondu plus vite et il a été remplacé par un énorme lac qui n’existait pas avant. Si la moraine qui retient ce lac lâche, le tsunami pourrait entraîner la mort de plus de 50 000 personnes aux alentours de Huaraz.

Source : France Info.

—————————————

Peru has lost more than 40% of its glaciers in a few years. The city of Huaraz (pop.130,000) is particularly threatened by the effects of global warming. On June 19th, 2016, I explained on this blog that the region was exposed to glacial water spills following the rupture of moraines that hold the meltwater lakes. I pointed out that local authorities have made little effort to find solutions. Thus, although Huaraz was flooded by the Palcacocha glacial lake in 1941 and an avalanche destroyed the nearby town of Yungay in 1970, killing 23,000 people, surveillance systems were not installed to alert populations in the event of an imminent disaster.
https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2016/06/19/la-fonte-des-glaciers-menace-le-perou-peru-under-the-threat-of-its-melting-glaciers/

The valley where Huaraz is located is bordered by two mountain ranges. To the west, the Cordillera Negra borders the Pacific and protects from the winds the snow-capped peaks of its eastern sister, the Cordillera Blanca. In the middle of the Huascaran plains, a white summit emerges from the mountains; it is the Pastoruri Glacier. To get there, you have to take a road created four years ago by the National Parks Service. It has been called the « Climate Change Road ». It explains the effects of global warming on the vulnerable area of the Cordillera Blanca.
In Peru, national parks want to show the effects of climate change on glaciers like Mount Pastoruri’s which has practically disappeared. The « climate change road » culminates at 5,000 metres above sea level. From here, it took just five minutes to reach the glacier. From now on, it takes between 40 minutes and one hour on foot because the glacier has enormously melted and retreated. Here, we are in a tropical mountain range where the melting of glaciers is even faster than elsewhere. A lake formed at the foot of the glacier. In 2010, it was 10 metres deep. Now it is estimated at 20 metres. The currently irreversible process of global warming will remove this glacier from the Cordillera Blanca.
Through the « Climate Change Road », the National Parks Service wants to demonstrate that people need to change the way they consume water. One should find a better way of storing it in reservoirs at the top of the mountains to meet the needs of the people in the area.
With the melting of glaciers in Peru, there is less ice and more water, but this water is polluted by minerals and therefore unfit for consumption. This is not the only danger. The Cordillera Blanca includes a lot of glacial disasters with, as explained above, moraine ruptures and the sudden drainage of glacial lakes. These « mountain tsunamis » have appeared in thousands for more than 50 years in the Peruvian mountains. This is the case of Palcacocha which is located 4,500 meters above sea level. In the past, this lake was small and attached to a glacier. The glacier melted very fast and was replaced by a huge lake that did not exist before. If the moraine that holds this lake breaks open, the tsunami could kill more than 50,000 people around Huaraz.
Source: France Info.

La Laguna Palcacocha en 1939.

La Laguna Palcacocha en 2002

Pastoruri, l’un des glaciers de la Cordillera Blanca

(Crédit photos: Wikipedia)

Kilauea (Hawaii): Dans l’attente d’une éruption // Waiting for an eruption

7 heures (heure française): Comme je l’ai écrit dans ma note précédente, l’augmentation significative de la sismicité et des déformations du sol indiquent qu’il est en train de se passer quelque chose dans le secteur du Pu’uO’o. Les mauvaises conditions météorologiques n’ont pas permis aux scientifiques du HVO de faire de bonnes observations. Cependant, lors d’un survol effectué le 1er mai 2018, ils ont pu observer qu’une nouvelle fracture d’environ 900 mètres de long s’était ouverte sur le côté ouest du Pu’uO’o. Il s’agit d’une fracture en plusieurs segments qui laissaient échapper de la vapeur lors du survol. Les photos montrent qu’une petite quantité de lave était sortie de la fracture qui n’était plus active.
Une éruption est probable à court terme le long de l’East Rift Zone (ERZ) après l’augmentation de la sismicité et de la déformation du sol. Les signaux sismiques indiquent une intrusion de magma entre la partie centrale et la partie basse de la zone, entre le Pu’uO’o et la Highway 130. Les habitants du district de Puna ont été invités à se préparer non seulement pour cet événement, mais pour toute catastrophe naturelle, avec au moins 14 jours de vivres. L’éruption dans le cratère de l’Halema’uma’u n’a apparemment pas été affectée par l’effondrement du Pu’uO’o ni par l’intrusion magmatique le long de l’East Rift Zone.

Source: HVO.

°°°°°°°°°°

9 heures (heure française): Voici quelques détails supplémentaires que vient de m’envoyer le HVO sur la situation le long de l’East Rift Zone (ERZ) du Kilauea.
Environ 250 séismes ont été détectés depuis l’effondrement du Pu’uO’o le 30 avril. Depuis cette date, la sismicité a migré vers l’est du Pu’uO’o et la partie inférieure de l’East Rift Zone.
Depuis 20 heures (heure locale) le 1er mai, le niveau de sismicité dans la partie inférieure de l’East Rift Zone, à l’est de la Highway 130, a légèrement augmenté dans deux stations sismiques. La sismicité consiste principalement en événements de faible magnitude (inférieurs à M 3) à des profondeurs inférieures à 10 km. Beaucoup de ces secousses ont été ressenties par les habitants de la région.
Un inclinomètre sur le cône du Pu’uO’o enregistre une déflation régulière depuis la soirée du 30 avril. Dans le même temps, un autre inclinomètre situé à 12 km à l’est du Pu’uO’o enregistre un ralentissement du tilt vers le sud-est, de pair avec la migration du magma dans la partie inférieure de l’East Rift Zone.
L’éruption sommitale du Kilauea n’a pas encore été affectée par les changements observés sur le Pu’uO’o. Les inclinomètres au sommet enregistrent une légère tendance déflationniste depuis le matin su 1er mai, et le niveau du lac de lave au sommet s’est abaissé de quelques mètres.
Les géologues ont observé quelques petites sorties de lave résiduelles sur la coulée 61g qui n’est probablement plus vraiment alimentée en lave par le Pu’O’o.
Source: HVO.

°°°°°°°°°°

21h00 (heure française): La sismicité reste intense dans la partie orientale de l’East Rift Zone entre la Highway 130 et Kapoho. De nombreuses secousses ont été ressenties par la population, avec des vibrations du sol presque constantes dans certains secteurs. La sismicité a tendance à migrer vers l’est.
Le HVO indique qu’une éruption est possible dans un nouvel endroit le long de l’East Rift Zone, mais ce n’est pas certain. Au vu de la sismicité actuelle, si une éruption devait se produire, ce serait probablement dans la région en aval du Pu’O’o, y compris le secteur situé à l’est de la Highway 130.
La Protection Civile et le HVO conseillent aux habitants du district de Puna de rester vigilants et de se tenir au courant de la situation sur le volcan.
Source: HVO.

—————————————–

7:00 (French time): As I put it in my previous post, marked increases in seismicity and ground deformation indicated that a change was underway at Pu’uO’o. Poor weather conditions did not allow HVO scientists to make good observations. However, new crack about 900 metres long was found on the west side of Pu’uO’o during an overflight onMay 1st, 2018. The cracking appeared to be nearly continuous en echelon structures that were heavily steaming.

A small amount of lava was apparently erupted from the crack, but it was no longer active when HVO geologists saw it during the overflight.

An eruption is expected in the short term along the East Rift Zone (ERZ) after increased seismicity and ground deformation were recorded. Seismic signals indicate an intrusion of magma from the Middle ERZ toward the Lower ERZ, extending from Pu’O’o to at least Highway 130. Puna residents have been asked to prepare themselves not just for this event, but for any natural disaster, with at least 14 days worth of supplies. The eruption in Halema’uma’u Crater has apparently not been affected by the collapse at Pu’uO’o or intrusion of magma along the volcano’s Lower East Rift Zone.

Source: HVO.

°°°°°°°°°°

9:00 (French time) : Here are some more details HVO has just sent me about the situation along Kilauea Volcano’s East Rift Zone (ERZ).

About 250 located earthquakes have occurred since the Pu’uO’o collapse event on April 30th. Since that time, earthquakes have migrated eastward from Pu’UO’o to the Lower East Rift Zone (LERZ).
Since around 8:00 a.m. (local time) on May 1st, seismicity rates in the Lower East Rift Zone east of Highway 130 have increased slightly on two seismic stations. The seismicity consists primarily of small-magnitude (less than M 3) events at depths of less than 10 km. Many of these earthquakes have been felt by residents in the area.
A tiltmeter on the Pu’uO’o cone has recorded a steady deflationary tilt since late on April 30th. Another tiltmeter located 12 km east of Pu’uO’o has recorded a slowing rate of southeastward-directed tilt of the ground along the East Rift Zone, suggesting diminished but continued deformation associated with the magma intrusion into the lower East Rift Zone.
Kilauea’s summit eruption has thus far not been affected by the change at Pu’uO’o. Tiltmeters at the summit have recorded a slight deflationary trend since early this morning, and the level of the summit lava lake lowered by a few meters (yards).
Geologists observed a few small, sluggish breakouts of the 61g lava flow, likely from lava still moving through the lava-tube system; the 61g vent was likely severed from the magma supply to Pu’O’o.
Source: HVO.

°°°°°°°°°°

21:00 (French time): Seismicity remains intense in the area of the rift zone from Highway 130 eastward towards Kapoho. Many events were felt by residents and there have been reports of nearly constant ground vibration in some areas. There is a general trend of migration of seismicity eastward.
HVO indicates that an outbreak of lava in a new location along the East Rift Zone is possible but not certain. Based on the location of current seismicity, the region downrift of Pu’O’o, including the area east of Highway 130, remains the most likely location should an outbreak occur.
Hawaii County Civil Defense and HVO advise residents of the Puna District to remain alert and watch for further information about the status of the volcano.

Source: HVO.

Vue de la nouvelle fracture et des débordements de lave (Crédit photo: HVO)

Sismicité dans le district de Puna (Source: USGS / HVO)

Les éruptions du Steamboat Geyser (Parc de Yellowstone) // The Steamboat Geyser eruptions (Yellowstone National Park)

Comme je l’ai écrit il y a quelques jours, le Steamboat Geyser dans le Parc National de Yellowstone est entré en éruption à trois reprises en deux mois – le dernier événement a eu lieu le 27 avril 2018 – et les scientifiques ne savent pas pourquoi.
Selon les données sismiques, les dernières éruptions ont été un peu moins spectaculaires que par le passé. Malgré tout, même si elles étaient de moindre intensité, elles étaient impressionnantes comparées à celles du Vieux Fidèle. Chaque éruption du Steamboat Geyser en avril a fait jaillir entre 200 et 400 mètres cubes d’eau, soit environ 10 fois plus que les éruptions du Vieux Fidèle. Le problème est que Steamboat n’a pas la régularité de son homologue dans le Parc. .
Le Steamboat Geyser se trouve dans le Norris Geyser Basin, connu pour être la zone thermale la plus chaude et la plus instable de Yellowstone. Avant le 15 mars, la dernière éruption s’était produite en septembre 2014. S’agissant de la première éruption, le personnel du parc a détecté l’activité sur les sismomètres, les thermomètres et les jauges de décharge. Quand les rangers sont arrivés sur place, ils n’ont pu qu’observer la vapeur du geyser mais pas de colonne d’eau. Selon l’USGS, cette émission de vapeur se produit souvent après une éruption et peut durer plusieurs heures.
Apparemment, personne n’a été témoin de la colonne d’eau émise par les trois éruptions. À cette période de l’année, le Norris Geyser Basin est fermé aux touristes jusqu’à ce que la neige ait fondu et que les sentiers soient remis en état après l’hiver. Sans les capteurs sismiques près du site de l’éruption, les roches et la boue qui ont été éjectées par le geyser, personne n’aurait su que le Steamboat s’était manifesté.
Les scientifiques ont raté la deuxième éruption du 19 avril de quelques minutes. Une équipe de géologues du Parc était dans le secteur, mais le geyser s’est manifesté un quart d’heure après leur départ.
L’activité de la troisième éruption a été observée par un automobiliste qui traversait la zone.
Les géologues de l’USGS expliquent que les dernières éruptions du Steamboat Geyser n’ont rien à voir avec l’activité volcanique de Yellowstone et ne sont pas le signe d’une prochaine éruption. Bien que la caldeira soit considérée comme active, ils pensent qu’il est peu probable qu’il y ait une éruption au cours du prochain millénaire. Les geysers reflètent des processus qui se produisent à des dizaines ou des centaines de mètres de profondeur tandis que le système magmatique commence à environ 5 km de profondeur.
D’un point de vue volcanique, la caldeira de Yellowstone est en phase d’affaissement depuis la fin de l’année 2015 et il n’y a eu aucun changement dans les deux derniers mois susceptible d’être lié aux récentes éruptions du Steamboat Geyser. Les scientifiques ne savent pas si la nouvelle activité est due à une perturbation intervenue dans le système hydrothermal ou si le geyser est en train d’entrer dans une période d’éruptions plus fréquentes, comme dans les années 1980, époque pendant laquelle de nombreuses éruptions étaient séparées par des semaines ou même des jours. Des éruptions multiples ont également eu lieu en 2003. Il se peut aussi que les éruptions actuelles reflètent simplement le caractère aléatoire des geysers. Il faudra peut-être attendre des années avant que le Sreamboat Geyser entre à nouveau en éruption.
Les scientifiques espèrent qu’il y aura d’autres éruptions pour qu’ils puissent essayer de les détecter. Ils vont installer des sismomètres près du Steamboat Geyser. Ainsi, s’il se manifeste à nouveau, ils pourront enregistrer les signes annonciateurs. Avec un sismomètre près du geyser proprement dit, ils espèrent pouvoir capter des signaux impossibles à enregistrer dans une station plus éloignée. Les données sismiques pourront peut-être permettre aux géologues de prévoir les éruptions du geyser, mais elles donneront aussi des indications précieuses sur ce qui se passe sous la surface de la Terre avant une éruption.
Sources : National Park Service, USGS, Yellowstone Volcano Observatory.

—————————————-

As I put it a few days ago, Yellowstone National Park’s Steamboat Geyser has erupted three times in two months the last one was on April 27th – and scientists do not know why.

According to seismicity data, the recent eruptions have been a little bit smaller than in the past. Even if they are smaller, they are still impressive, even compared with those of Old Faithful. Indeed, the April Steamboat eruptions discharged about 200 to 400 cubic metres of water each, about 10 times the amount of water released by an Old Faithful eruption. The problem is that Steamboat lacks the faithfulness of its colleague in the Park. .

The Steamboat Geyser is located in the Norris Geyser Basin, known to be the hottest and most changeable thermal area in Yellowstone. Before March 15th, the last time this geyser spewed was in September 2014. The day of the first eruption, park staff detected activity on nearby seismometers, thermal and water discharge gauges. The rangers arrived in time to observe steam from the geyser but no water column. According to USGS, this is a usual occurrence after a vigorous water eruption with the steam phase lasting several hours.

Not one person is known to have witnessed the initial water column from these three eruptions. This time of year, the Norris Geyser Basin is closed to tourists until the snow melts and winter damage to trails can be repaired. If it wasn’t for sensors near the eruption site, and the rocks and mud that were ejected by the geyser, nobody would have realised an eruption took place..

Scientists missed the second eruption by only minutes. A team of Yellowstone National Park geologists was in the area for the April 19th eruption, but the geyser became active only 15 minutes after they had left the site.

The activity of the third eruption was observed from a driver passing through the area.

USGS geologists say that the Steamboat Geuser’s latest eruption have nothing to do with volcanic activity ay Yellowstone and are not a sign that an eruption is going to occur in the short term. Although the caldera is considered active, scientists believe that it is unlikely to erupt in the next thousand years. Geysers are reflecting processes that are occurring in the shallowest part of the system – tens to perhaps a few hundreds of metres deep – whereas the magmatic system starts about 5 km down.

From a volcanic point of view, the Yellowstone caldera has been subsiding since late 2015 and there has not been any change in that behaviour in the last couple of months that could be related to the recent Steamboat activity. Scientists aren’t sure whether the new activity is due to a new thermal disturbance or whether the geyser is merely entering a period of more frequent eruptions, as in the 1980s, when numerous eruptions from the geyser were separated by weeks or even days. Multiple eruptions also occurred in 2003. Or, it could be that the current eruptions simply reflect the randomness of geysers. It could be years until the Sreamboat erupts again.

Scientists hope that there will be more eruptions so that they can figure out how to detect them before they start. They are going to place seismometers near Steamboat Geyser. If it erupts again, they should be able to record any precusory activity. With a seismometer near the geyser itself, they hope to pick up on signals they can’t record in a station farther away. The seismic date can possibly give geologists a way to predict when the geyser will erupt but can also give them insights into what is happening in the subsurface plumbing system before an eruption.

Sources : National Park Service, USGS, Yellowstone Volcano Observatory.

Quelques vues du Norris Geyser Basin. Attention! Ne pas quitter les sentiers de visite. Danger de mort. (Photos: C. Grandpey)