Réchauffement climatique : l’Indonésie pollue et l’ONU se désole // Global warming : Indonesia is polluting and the UN is dismayed

Concentrations de CO2 : 426,52 ppm (23 octobre 2026).   

Concentrations de CH4 : 1934,57 ppb (juin 2026).

Les médias adorent parler des émissions de gaz à effet de serre, alors que ce sont les concentrations de ces gaz dans l’atmosphère qui conditionnent le réchauffement de notre planète. S’agissant des émissions, les journalistes doivent se régaler en observant la situation actuelle en Indonésie où les incendies de forêts prennent une ampleur inquiétante. Depuis janvier 2026, près de deux millions d’hectares sont partis en fumée. Le 20 octobre 2026, un épais brouillard toxique recouvrait l’île de Bornéo avec peu de visibilité à l’extérieur et un quotidien de plus en plus compliqué pour les habitants. La fumée gagne les pays voisins. Elle s’étend jusqu’à Singapour et même en Malaisie. À Kuala Lumpur, les célèbres Tours Petronas ont presque disparu du paysage.

Les experts estiment qu’il faudra attendre la mi-novembre et la période de la mousson pour voir le brouillard se dissiper.

Source : presse indonésienne

Dans un tel contexte, ce n’est pas demain que l’atmosphère terrestre retrouvera un semblant d’équilibre. Selon Antonio Guterres, le secrétaire général de l’ONU, les engagements mondiaux pour limiter le réchauffement climatique restent largement insuffisants et placent le monde sur une trajectoire de réchauffement de 2,6°C d’ici à 2100. La limite de 1,5°C », objectif le plus ambitieux de l’Accord de Paris, lors de la COP21 de 2015, n’est plus à l’ordre du jour. À titre personnel, je me pose des questions sur l’utilité des COP dont les décisions non contraignantes ne servent strictement à rien, alors que l’organisation de ces événements coûte un argent fou qui pourrait être utilisé ailleurs.

Selon le rapport annuel du Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE) , même si les nations honorent leurs engagements de réduction des émissions de gaz à effet de serre, les températures mondiales seront supérieures de 2,6°C aux niveaux préindustriels à la fin du siècle. Ces projections sont plus sombres que celles de 2025, notamment en raison du retrait des États-Unis, deuxième plus grand pollueur mondial, de l’Accord de Paris. En se retirant de l’accord de Paris et en abandonnant tout objectif d’atteindre la neutralité carbone, les États-Unis du président Trump seront à eux seuls responsables, d’ici la fin du siècle, d’une hausse de la température moyenne mondiale d’environ  0,1°C. Parmi les six plus grands émetteurs de gaz à effet de serre, les données préliminaires pour 2025 montrent une hausse des émissions aux États-Unis, en Indonésie et en Chine, et une baisse en Inde, en Russie et dans l’Union européenne.

Sur la seule base des politiques actuelles, le réchauffement mondial pourrait même atteindre 2,8°C d’ici 2100, soit le double de son niveau actuel, alors que le monde subit déjà nombre de phénomènes climatiques extrêmes comme ceux qui ont frappé l’Europe au cours de l’été 2026.

Les émissions de gaz à effet de serre, liées à la combustion du charbon, du pétrole et du gaz, restent « à des niveaux records » en 2025 selon le rapport de l’ONU qui ajoute que les plans climatiques nationaux et les politiques actuelles sont « dangereusement insuffisants ». On verra ce qu’en pensent les participants à la COP31 qui se déroulera en Turquie au mois de novembre, mais je ne me fais guère d’illusions sur les résultats de cette énième réunion.

Source : Presse internationale et ONU.

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The media loves to talk about greenhouse gas emissions, even though it is the concentration of these gases in the atmosphere that determines the warming of our planet. As far as emissions are concerned, the current situation in Indonesia—where forest fires are reaching alarming proportions—must be a major focus for the media. Since January 2026, nearly two million hectares have gone up in smoke. On October 20, 2026, a thick, toxic haze blanketed the island of Borneo, severely limiting visibility and making daily life increasingly difficult for the local inhabitants. The smoke is spreading to neighboring countries, reaching as far as Singapore and Malaysia. In Kuala Lumpur, the iconic Petronas Towers have all but vanished from the skyline.
Experts estimate that the haze will not dissipate until mid-November, when the monsoon season arrives.

Given this context, it will be a long time before the Earth’s atmosphere returns to anything resembling a state of balance. According to UN Secretary-General Antonio Guterres, global commitments to limit climate change remain woefully inadequate, putting the world on a trajectory toward 2.6°C of warming by 2100. The 1.5°C limit—the most ambitious goal set out in the 2015 Paris Agreement (COP21)—is effectively off the table. Personally, I question the value of these COP summits; their decisions are non-binding and ultimately serve no purpose, yet organizing them costs an exorbitant amount of money that could be better spent elsewhere.
According to the annual report from the United Nations Environment Programme (UNEP), even if nations fulfill their pledges to reduce greenhouse gas emissions, global temperatures by the end of the century will still be 2.6°C higher than pre-industrial levels. These projections are bleaker than those from 2025, partly due to the withdrawal of the United States—the world’s second-largest polluter—from the Paris Agreement. By withdrawing from the Paris Agreement and abandoning any goal of achieving carbon neutrality, the United States under President Donald Trump will, by itself, be responsible for an increase in the global average temperature of approximately 0.1°C by the end of the century.Among the six largest greenhouse gas emitters, preliminary data for 2025 indicate an increase in emissions in the United States, Indonesia, and China, while showing a decline in India, Russia, and the European Union.
Based solely on current policies, global warming could even reach 2.8°C by 2100—double the current level—at a time when the world is already grappling with numerous climate-related extreme phenomena, like those that struck Europe during the summer of 2026.
Greenhouse gas emissions, linked to the burning of coal, oil, and gas, remain « at record levels » in 2025, according to a UN report, which adds that national climate plans and current policies are « dangerously inadequate. » It remains to be seen what the participants at COP31—taking place in Turkey this November—will think, but I have few illusions about the outcome of this latest in a long series of such meetings.
Source: International press and the UN.

Impact des désastres climatiques sur le tourisme au Népal // Impact of climate-related disasters on tourism in Nepal

Concentrations de CO2 : 426,51 ppm (16 octobre 2026).   

Concentrations de CH4 : 1934,57 ppb (juin 2026).

Le secteur du tourisme d’aventure au Népal traverse une période difficile à la suite des inondations dévastatrices survenues à la frontière avec la Chine. Le bilan s’élève à 987 morts, tandis que près de 4 250 personnes sont portées disparues. Un effondrement glaciaire de grande ampleur dans le nord du pays a provoqué une avalanche de glace, de roches et d’eau de fonte qui s’est engouffrée dans les vallées en contrebas ; ces crues dévastatrices ont emporté ou isolé des communautés entières et endommagé routes, ponts et installations hydroélectriques.

Source: presse internationale

Une nouvelle  crue soudaine et dévastatrice a frappé le district de Gorkha, au centre du Népal, le 11 octobre 2026. Selon le secrétaire général de l’Association d’alpinisme du Népal, ces inondations doivent être considérées comme un « avertissement sérieux » pour l’industrie touristique du pays. Toutefois, « cette catastrophe ne doit pas marquer la fin du tourisme d’aventure au Népal ; elle doit servir de signal d’alarme. Le réchauffement climatique transforme l’Himalaya, et le Népal doit désormais bâtir une industrie touristique qui soit non seulement axée sur l’aventure, mais aussi plus sûre, plus intelligente et résiliente face au climat. »
À la suite de la catastrophe du mois d’août 2026, les infrastructures, les itinéraires et les destinations touristiques doivent être évalués et repensés afin d’offrir une meilleure protection contre les inondations, les glissements de terrain et autres phénomènes extrêmes.
Pour se relever de cette catastrophe, le Népal, l’un des pays les moins développés d’Asie du Sud, a estimé le coût des réparations entre 4 et 5 milliards de dollars, soit près d’un dixième de son économie. Le tourisme est un pilier de l’économie népalaise et constitue une source majeure de revenus. Le pays et ses presque 30 millions d’habitants est une destination majeure pour le trekking et l’alpinisme, ainsi qu’ un lieu incontournable pour les voyages spirituels.
Beaucoup de touristes ont annulé leurs réservations alors même que le Népal entrait au cœur de sa saison touristique. Le taux d’occupation des hôtels devrait atteindre 60 % durant le pic de la saison cette année, contre 100 % l’an dernier. La majorité des annulations provient de touristes européens. Les autorités locales soulignent qu’une grande partie du Népal a été peu touchée par les inondations et que le pays ne se résume pas aux montagnes, mais comprend également des zones de plaines.
Bien qu’une grande partie du Népal soit épargnée, le risque d’inondation demeure. L’ambassade des États-Unis en Chine a signalé un risque accru de nouveaux glissements de terrain et d’inondations suite à ne nouvelles abondantes précipitations. Un sous-secrétaire général des Nations Unies a également averti que des millions de personnes dans la région de l’Himalaya étaient menacées par des inondations d’origine glaciaire, et des vallées entières pourraient devenir inhabitables.
Avant la catastrophe du mois d’août, des chercheurs avaient identifié 47 lacs glaciaires dangereux au Népal, en Chine et en Inde, bien que l’on estime depuis que leur nombre réel est bien plus élevé. Les glaciers soutiennent les versants des montagnes ; le sol gelé maintient en place la roche fracturée ; les eaux de fonte s’accumulent dans des lacs retenus par des barrages naturels fragiles. À mesure que la glace s’amincit et que le pergélisol dégèle, les montagnes, restées stables pendant des millénaires, commencent à perdre leur cohésion.

Ce processus est généralement lent, mais il peut parfois se produire brutalement, comme ce fut le cas lorsqu’un important effondrement de glace et de roche a enseveli le village de Blatten dans les Alpes suisses en mai 2025.

Les inondations au Népal soulignent l’impact du réchauffement climatique sur la chaîne himalayenne et l’importance d’une surveillance satellitaire continue pour détecter les signes avant-coureurs de tels effondrements.
Source : CNBC.

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Nepal’s adventure tourism industry is facing a difficult period, following devastating flooding on Nepal’s border with China. The death toll stands at 987deaths, with nearly 4,250 people missing. A massive glacial collapse in northern Nepal triggered a landslide of ice and rock and meltwater into the valleys below, with powerful floods sweeping away or cutting off entire communities and damaging roads, bridges and hydropower facilities. A new, sudden, and devastating flash flood struck the Gorkha district in central Nepal on October 11, 2026.

According to the general secretary of the Nepal Mountaineering Association, the floods should be seen as a “serious warning” for Nepal’s tourism industry. However, “the disaster should not be seen as the end of Nepal’s adventure tourism; it should be a wake-up call. Climate change is changing the Himalayas, and Nepal must now build a tourism industry that is not only adventurous, but safer, smarter and climate-resilient.”

As a consequence of the August disaster, tourism infrastructure, routes and destinations will need to be assessed and redesigned with better protection for floods, landslides and other extreme events,

To rebuild from the catastrophe, Nepal, one of the least developed countries in South Asia, has reportedly estimated a cost of between $4 billion and $5 billion, equivalent to nearly one-tenth of its economy. The tourism industry is a core tenet of the Nepalese economy and serves as a major source of foreign exchange and revenue. The country of nearly 30 million is world-renowned as a hotspot for trekking and mountaineering, as well as a premier global destination for spiritual travel.

Tourists cancelled bookings, just as Nepal headed into its most popular travel season Hotel occupancy is expected to reach 60% occupancy during this year’s peak tourist season, down from 100% last year. Most of the cancellations have come from European tourists. Local authorities insist that a large part of Nepal is little damaged by the flood and the country does not only consist of mountains but also flatland.

Aven though a large part of Nepal has been spared, the risk of floods still exists. The U.S. embassy in China has noted the risk of further landslides and flooding due to additional rainfall. An assistant secretary-general at the United Nations has also warned that millions of people in the Himalayan region were at risk from glacial floods, with fears that entire riverbanks might become effectively uninhabitable.

Researchers have previously identified 47 dangerous glacial lakes in Nepal, China and India, although the real number has since been estimated to be far higher. Glaciers buttress the slopes around them; frozen ground holds fractured rock in place; meltwater collects in lakes behind fragile natural dams. As the ice thins and the permafrost thaws, mountains that were held together for millennia begin to loosen their grip. This process typically happens slowly, but sometimes it can happen suddenly — such as when a massive ice and rock collapse buried the Swiss Alpine village of Blatten in May 2025.

The Nepal floods underline the impact of global warming on the Himalayas and  underscore the importance of continued satellite monitoring for early-warning signs.

Source : CNBC.

Impact du réchauffement climatique sur les manchots de l’île Zavodovski (Îles Sandwich du Sud) // Impact of global warming on penguins on Zavodovski Island (South Sandwich Islands)

Concentrations de CO2 : 426,59 ppm (13 octobre 2026)   

Concentrations de CH4 : 1934,57 ppb (juin 2026)

Zavodovski fait partie des îles Sandwich du Sud, un archipel isolé situé au nord du continent antarctique, et constitue un territoire britannique d’outre-mer. L’accès à ce lieu est très difficile. Une équipe du British Antarctic Survey (BAS) a navigué pendant 15 jours avant d’atteindre l’île et étudier ses populations d’oiseaux, en utilisant des drones et la photographie aérienne, et en équipant 20 oiseaux de balises de suivi.

En 2011, le British Antarctic Survey avait annoncé que Zavodovski abritait la plus grande colonie de manchots au monde, avec une population estimée à 600 000 manchots à jugulaire et 90 000 gorfous macaroni (aussi appelés gorfous dorés) nichant sur son terrain rocheux et austère.

Manchot à jugulaire et gorfou doré (Crédit photo : Wikipedia)

La situation est bien différente aujourd’hui. Une nouvelle étude publiée dans la revue Current Biology révèle que près des deux tiers de la population de manchots à jugulaire ont disparu de l’île Zavodovski. Selon l’étude, on comptait 63 % de nids occupés de manchots à jugulaire en moins en 2025 par rapport à la même période en 2011.
L’équipe de chercheurs affirme que le réchauffement climatique affecte l’approvisionnement en nourriture et la survie des oiseaux, et que les manchots à jugulaire pourraient désormais être officiellement considérés comme une espèce en danger.
Une autre espèce de manchot, le gorfou macaroni, niche également sur l’île et y prospère ; les scientifiques attribuent ce succès à un régime alimentaire plus varié.
Les chercheurs du BAS estiment que la chute alarmante de la population de manchots à jugulaire est directement liée à l’approvisionnement en nourriture et à la hausse des températures océaniques. Le régime alimentaire « spécialisé » de ces manchots et leur préférence pour des eaux plus froides semblent les avoir rendus vulnérables.
Avec le réchauffement des eaux, le krill, principale source de nourriture des manchots à jugulaire, s’est déplacé vers le sud. La présence de banquise au sud et l’absence d’îles propices à la nidification empêchent ces manchots de suivre le déplacement de cette ressource alimentaire.

Les bancs de krill constituent une ressource alimentaire essentielle pour les cétacés et les manchots de l’hémisphère sud (Crédit photo: Wikipedia)

L’équipe du BAS a examiné d’autres menaces potentielles pesant sur l’existence précaire des manchots sur cette île isolée. Les oiseaux y nichent à l’ombre d’un volcan actif, le mont Curry, également connu sous le nom de mont Asphyxia. Les sites situés sous le vent du volcan ont reçu des noms tels que « Stench Point » (Pointe de la Puanteur), « Noxious Bluff » (Falaise Nocive) et « Asphyxia Plain » (Plaine de l’Asphyxie), en raison de l’odeur des émanations du cratère à laquelle s’ajoute celle du guano des manchots. Selon les observateurs, c »est l’un des endroits les plus malodorants au monde. Toutefois, ce facteur n’est pas responsable du déclin des manchots ; ils sont habitués à cette puanteur depuis fort longtemps. La dernière éruption majeure du mont Curry remonte à 2016, alors que le déclin des manchots analysé dans cette étude est constant et se poursuit depuis 2011, ce qui prouve qu’un autre phénomène doit être pris en compte.

Mont Curry et colonie de manchots à jugulaire (Crédit photo: CNN)

Une autre préoccupation concerne la concurrence pour le krill — ressource essentielle aux manchots à jugulaire — potentiellement exercée par les baleines à bosse. Or, bien que ces baleines consomment d’énormes quantités de krill, elles contribuent également à stimuler la production de ce dernier en fertilisant, grâce à leurs excréments, les plantes marines dont le krill se nourrit.
Alors que la population de manchots à jugulaire diminue, le nombre de gorfous macaroni sur l’île Zavodovski a considérablement augmenté. Ces derniers sont plus adaptables, car ils disposent d’un régime alimentaire plus varié et plus souple. Les données de suivi de l’étude montrent que les gorfous macaroni cherchent leur nourriture dans des eaux plus chaudes au nord-est de l’île ; selon les scientifiques, ils y complètent probablement leur alimentation avec des poissons et d’autres crustacés.
D’après l’étude, ce bouleversement entre les espèces de manchots constitue « le changement de composition de la communauté le plus important jamais observé en un même lieu en Antarctique ». Les données montrent que les manchots à jugulaire, adaptés au froid antarctique, ne cohabitent plus avec leurs voisins subantarctiques. C’est une preuve supplémentaire de l’impact du réchauffement rapide de l’Antarctique sur des écosystèmes uniques et fragiles.
Quant au titre de plus grande colonie de manchots au monde, les scientifiques indiquent qu’il est désormais détenu par un site situé à plus de 5 000 km de là, à l’autre bout du continent antarctique : il s’agit du cap Adare, dans la mer de Ross.

Manchots au Cap Adare (Crédit photo: Antarctic Treaty)

Source : Current Biology.

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Zavodovski is part of the South Sandwich Islands, a remote archipelago north of the Antarctic continent which is a UK overseas territory. Access to the place is very difficult. A British Antarctic Survey (BAS) team sailed for 15 days to reach the island and study its avian inhabitants, using drones, aerial photography and fitting tracking devices to 20 birds.

In 2011, Zavodovski was hailed by the British Antarctic Survey as home to the largest penguin colony in the world – with an estimated 600,000 chinstrap penguins and 90,000 macaroni penguins nesting on its bleak, rocky terrain.

The situation is very different today. A new survey published in the journal Current Biology reveals that almost two-thirds of the population of chinstrap penguins have disappeared from thec island. According to the study, there were 63% fewer occupied nests of chinstrap penguins in 2025 than at the same time in 2011.

The research team say global warming is affecting the birds’ food supply and survival, and the penguins may now be officially endangered.

Another species of penguin, the macaroni, also nests on the island and is thriving, which scientists believe is linked to their more varied diet.

The BAS researchers say the alarming fall in the chinstrap population is all about the food supply and rising ocean temperatures. The chinstraps’ « specialist diet » and preference for cooler waters appears to have left them vulnerable.

With waters warming, the krill, which is the chinstrap penguins’ main food, have moved southwards. Sea-ice cover to the south and a lack of suitable islands for nesting prevents chinstraps from following the food.

The BAS team examined other possible threats to the penguins’ precarious existence on their remote island. Birds here nest in the shadow of an active volcano, Mount Curry, also known as Mount Asphyxsia. Sites downwind of the volcano have been given names including Stench Point, Noxious Bluff and Asphyxia Plain, because of the smell of fumes emitted from the crater. Together with all the penguin guano, it is one of the smelliest places in the world. But this factoer has nothing to do with the penguins’ decline. Thay have been used to it for ages. Mount Curry’s last major eruption was back in 2016, but the penguin declines that this study analysed have been steady and ongoing since 2011, suggesting that something else was happening.

Another concern was competition for the krill that chinstrap penguins rely on, possibly from migrating humpback whales. But, while the humpbacks eat huge quantities of krill, they also help boost krill production by fertilising marine plants that the krill feed on with their huge quantities of whale poo.

While the chinstrap population has been declining, the number of macaroni penguins on the island has increased dramatically. Macaroni penguins are more adaptable, because they have a broader, more flexible diet. Tracking data from the study showed that the macaronis foraged in warmer waters to the northeast of the island, where scientists say they were were likely to be supplementing their diets with fish and other crustaceans.

According to the study, this shift among penguin species is the « biggest change in community composition ever observed at a single location in Antarctica. The data shows that the cold-adapted Antarctic chinstrap species are no longer thriving beside their sub-Antarctic neighbours. It is further evidence of how rapid warming in the Antarctic is impacting unique and sensitive ecosystems. »

As for the title of world’s largest penguin colony, scientists say that is now held by a site more than 5,000km away – on the other side of the Antarctic continent : Cape Adare in the Ross Sea.

Source : Current Biology.

Le Bassin de Wilkes, une nouvelle menace en Antarctique // The Wilkes Basin: a new threat in Antarctica

La Terre de Wilkes (ou Bassin de Wilkes, ou Wilkes Subglacial Basin, WSB) n’est pas la région la plus connue au monde. C’est une vaste région côtière et sous-glaciaire située dans l’Antarctique de l’Est, nommée en l’honneur de l’explorateur américain Charles Wilkes. Elle s’étend le long de l’océan Austral, entre la Terre d’Enderby à l’ouest et la Terre Adélie à l’est. Il s’agit d’une immense cuvette rocheuse (environ 1 400 km de long sur 400 km de large) dont une grande partie du socle se situe sous le niveau de la mer. La calotte de glace de cette région contient l’équivalent de 3 à 4 mètres d’élévation potentielle du niveau des mers dans le monde si elle venait à fondre intégralement.

Source: The Conversation

Une nouvelle étude parue dans la revue Nature Reviews Earth & Environment confirme que cette région Antarctique est particulièrement vulnérable aux changements. En effet, les reconstitutions des périodes chaudes passées, pendant lesquelles le climat était 2 à 3 °C plus chaud qu’aujourd’hui, montrent que la calotte glaciaire a rétréci de manière spectaculaire.

En la regardant, la région du Bassin de Wilkes ne montre rien d’inhabituel, avec de la glace à perte de vue. C’est ce qui se trouve sous la glace qui mérite qu’on s’y attarde. Le substrat rocheux sous-jacent se situe jusqu’à 2.000 mètres sous le niveau de la mer.

Les bassins sous-glaciaires comme celui de Wilkes sont d’immenses cuvettes rocheuses remplies de glace. Aujourd’hui, la glace est suffisamment épaisse pour empêcher l’océan de pénétrer dans le bassin, mais l’océan est toujours en contact avec ses bords.

Au large de l’Antarctique oriental, la température de l’océan oscille autour de -1,8 °C. Il suffirait d’une légère augmentation de la température de l’eau due au réchauffement de l’océan ou à la modification des courants océaniques pour que la glace en bordure du Bassin de Wilkes fonde plus rapidement et s’écoule vers l’océan.

La plupart des données connues sur le Bassin de Wilkes proviennent d’avions équipés de radars capables de pénétrer la glace. Elles ont révélé la forme du bassin et mis en évidence sa vulnérabilité. Des observations satellitaires ont également permis de capturer le premier effondrement connu en Antarctique oriental dans les années 1970 ou 1980.

La zone du Bassin de Wilkes reste très mal connue. En particulier, nous ne connaissons pas les voies par lesquelles l’eau chaude de l’océan peut atteindre la glace. Pour le comprendre, il faudra cartographier la topographie des fonds marins. Il faudra aussi plus de données sur l’évolution des températures océaniques. Sans ces données, nous ne pouvons pas prévoir de manière fiable à quelle vitesse la glace va fondre.

En revanche, nous en savons beaucoup plus sur le comportement du glacier Thwaites dans l’Ouest Antarctique, et auquel j’ai consacré plusieurs notes sur ce blog. Il fait l’objet de vastes programmes de recherche internationaux depuis des années.

Au cours du Pliocène, il y a trois millions d’années, les températures atmosphériques de la planète étaient de 2 à 3 °C plus élevées qu’à l’époque préindustrielle moderne. La fonte des calottes glaciaires a entraîné leur recul de plusieurs centaines de kilomètres vers l’intérieur des terres, tandis que le niveau des mers était de 6 à 23 mètres plus élevé. Les sédiments des fonds marins montrent que ces phénomènes ont radicalement modifié la forme de l’Antarctique.

Ces observations sont très préoccupantes, car la planète devrait atteindre un niveau de réchauffement similaire d’ici la fin du siècle. Les projections indiquent que cela entraînera une accélération de la fonte et un recul spectaculaire de la calotte glaciaire du Bassin de Wilkes. Ce que nous ignorons, c’est le délai dans lequel cela se produira.

Accéder au Bassin de Wilkes par la mer sera impossible sans les meilleurs brise-glaces. Aucun navire ne s’est jamais approché à moins de 150 kilomètres du glacier Cook, l’un des principaux glaciers de la région.. Même si une expédition parvient à accéder à certaines zones, les scientifiques devront utiliser des capteurs robotisés pour cartographier les conditions océaniques et les fonds marins. Sur terre, la station permanente la plus proche se trouve à 250 kilomètres.

Aujourd’hui, de nouvelles technologies permettent de forer à plus de trois kilomètres de profondeur jusqu’au fond de la couche de glace et de prélever des échantillons des sédiments et du substrat rocheux sous-jacents.

Toute trace d’anciennes espèces océaniques présente dans les sédiments peut servir à déterminer jusqu’où et à quelle vitesse la glace s’est retirée pendant les périodes chaudes, à l’époque où l’océan pénétrait dans le Bassin de Wilkes.

Les scientifiques pensaient autrefois que l’Antarctique mettrait des siècles à changer, mais le réchauffement climatique actuel a tout chamboulé. La glace terrestre fond plus rapidement, la banquise recule et les plates-formes glaciaires, fondent plus vite par le dessous.

Source: British Antarctic Survey

Au vu de la difficulté d’accès de la région, les travaux de terrain dans le Bassin de Wilkes nécessiteront un effort multinational de plusieurs années, en mer et sur terre. Mais nous ne pouvons pas nous permettre d’attendre encore un siècle pour comprendre la menace que représente cet énorme réservoir de glace.

Source : Nature Reviews – Earth and Environment.

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Wilkes Land – or the Wilkes Basin, also called Wilkes Subglacial Basin (WSB) – is not the most well-known region in the world. It is a vast coastal and subglacial area in East Antarctica, named after the American explorer Charles Wilkes. It stretches along the Southern Ocean, between Enderby Land to the west and Adélie Land to the east. It consists of a massive rocky basin (approximately 1,400 km long and 400 km wide), with a large portion of its bedrock lying below sea level. The region’s ice sheet holds the equivalent of 3 to 4 meters of potential global sea-level rise should it melt completely.
A new study published in the journal Nature Reviews Earth & Environment confirms that this Antarctic region is particularly vulnerable to change. Indeed, reconstructions of past warm periods—when the climate was 2 to 3°C warmer than today—show that the ice sheet shrank dramatically.
At first glance, the Wilkes Basin region appears unremarkable, with ice stretching as far as the eye can see. It is what lies beneath the ice that warrants closer attention; the underlying bedrock sits as deep as 2,000 meters below sea level.
Subglacial basins like Wilkes are immense rocky depressions filled with ice. Currently, the ice is thick enough to prevent the ocean from penetrating the basin, yet the ocean remains in contact with its edges. Off the coast of East Antarctica, the ocean temperature hovers around -1.8°C. A slight rise in water temperature—caused by ocean warming or shifting currents—could cause the ice at the edge of the Wilkes Basin to melt more rapidly and flow into the ocean.
Most existing data on the Wilkes Basin come from aircraft equipped with ice-penetrating radar. These data have revealed the basin’s shape and highlighted its vulnerability. Satellite observations also captured the first known collapse in East Antarctica, occurring in the 1970s or 1980s.
The Wilkes Basin remains poorly understood. In particular, the pathways by which warm ocean water can reach the ice are unknown. Understanding this will require mapping the seafloor topography. More data on changing ocean temperatures will also be needed. Without this information, we cannot reliably predict how fast the ice will melt.
In contrast, we know a great deal more about the behavior of the Thwaites Glacier in West Antarctica—a subject I have covered in several posts on this blog. It has been the focus of major international research programs for years.
During the Pliocene, three million years ago, global atmospheric temperatures were 2 to 3°C higher than in pre-industrial times. Melting ice sheets retreated hundreds of kilometers inland, while sea levels were 6 to 23 meters higher. Seabed sediments show that these phenomena radically altered the shape of Antarctica.
These observations are deeply concerning, as the planet is expected to reach a similar level of warming by the end of the century. Projections indicate that this will lead to accelerated melting and a dramatic retreat of the ice sheet in the Wilkes Basin. What remains unknown is the timeframe in which this will occur.
Accessing the Wilkes Basin by sea would be impossible without powerful icebreakers. No ship has ever come within 150 kilometers of the Cook Glacier, one of the region’s major glaciers. Even if an expedition manages to reach certain areas, scientists will need to use robotic sensors to map ocean conditions and the seabed. On land, the nearest permanent station is 250 kilometers away.
Today, new technologies make it possible to drill more than three kilometers down to the base of the ice sheet and collect samples of the underlying sediments and bedrock.
Any traces of ancient marine species found in the sediments can help determine how far and how fast the ice retreated during warm periods, when the ocean extended into the Wilkes Basin.
Scientists once believed it would take centuries for Antarctica to change, but current global warming has upended that view. Land ice is melting faster, sea ice is retreating, and ice shelves are melting more rapidly from below.

Given the region’s inaccessibility, fieldwork in the Wilkes Basin will require a multinational effort spanning several years, both at sea and on land. But we cannot afford to wait another century to understand the threat posed by this enormous ice reservoir.
Source: Nature Reviews – Earth and Environment.