Glaciers d’Islande, un monde en péril // Icelandic glaciers, a world at risk

Dans mon livre « Glaciers en péril, les effets du réchauffement climatique », on peut lire que l’Islande n’échappe pas à la hausse des températures. Des observations récentes ont révélé que les glaciers islandais couvrent 12% de moins qu’on le pensait. Beaucoup d’entre eux ont reculé de plusieurs centaines de mètres, certains même de plusieurs kilomètres. Officiellement, la superficie totale des glaciers islandais est de 11 922 km2, soit 11 à 12% de la surface totale de l’Islande. Toutefois, ces chiffres semblent s’appuyer sur des mesures anciennes qu’il faudrait mettre à jour. Le glacier Hofsjökull, par exemple, couvre officiellement 925 km2. Les images du satellite Spot en 2006 ont montré que sa superficie n’était plus que de 864 km2. Les photos de l’été 2014 donnent une superficie de 827 km2. Le Hofsjökull a donc perdu 10% par rapport aux chiffres officiels.

Selon les dernières mesures effectuées en 2017, la superficie des glaciers islandais s’est réduite de plus de 600 km2 depuis l’an 2000 et d’environ 2000 km2 depuis la fin du 19ème siècle, période où les glaciers ont atteint leur étendue maximale depuis la colonisation du pays au 9ème siècle de notre ère. La surface totale des glaciers islandais a diminué en moyenne d’environ 40 km2 par an ces dernières années. Les glaciers ont reculé de plusieurs dizaines de mètres en 2017. Le Kaldalónsjökull et l’E-Hagafellsjökull détiennent le record de 2017 avec des reculs de 100 à 200 mètres en une seule année.

De la même façon, le célèbre Jökulsarlon n’aura probablement plus le même aspect dans 4 ou 5 ans. Pour s’en rendre compte, il suffit d’observer l’Esjufjallarönd, une moraine qui longe le glacier Breiðamerkurjökull et le sépare d’une autre langue glaciaire, le Norðlingalægðarjökull qui vient finir sa course dans les eaux du Jökulsarlon en donnant naissance à une foule de petits icebergs. En le parcourant, on se rend vite compte d’une année sur l’autre que le Breiðamerkurjökull est en train de reculer rapidement sous l’effet du réchauffement climatique. Au fur et à mesure que le Norðlingalægðarjökull déverse ses icebergs dans le lagon, le niveau de la glace diminue et le glacier voisin a tendance à se déplacer vers la dépression ainsi créée. Il en résulte que la moraine de Esjufjallarönd se déplace régulièrement vers l’est et cet amas de débris va probablement atteindre le Jökulsarlon d’ici 3 à 5 ans.

Les statistiques révèlent que le glacier Breiðamerkurjökull perd actuellement 600 mètres par an. Dans l’une des grottes qui se trouvent à l’intérieur, la glace a reculé tellement que la chute d’eau qui était autrefois à l’intérieur de la grotte est maintenant pratiquement en dehors. Dans une autre grotte à proximité, un gros rocher qui était à 100 mètres à l’intérieur de la cavité se trouve maintenant à l’extérieur, à  500 mètres devant le glacier.
Des recherches approfondies sur les effets du changement climatique sur les glaciers islandais prédisent que le Langjökull, le Hofsjökull et la partie sud du Vatnajökull auront tous disparu d’ici 200 ans. Des organismes tels que l’Icelandic Road and Coastal Administration (qui gère les routes et les côtes en Islande) prennent déjà en compte ces prévisions lors de la conception des ports et des infrastructures. De même, la Société Nationale d’Electricité d’Islande conçoit et gère ses centrales hydroélectriques en intégrant dans ses données les variations futures du débit des cours d’eau en provenance des glaciers.

Une nouvelle étude publiée dans le Journal of Glaciology confirme ces informations inquiétantes. Selon les auteurs de l’étude, si la hausse de température de la planète atteint trois degrés Celsius – ce qui semple actuellement l’hypothèse la plus probable – le Vatnajökull aura pratiquement disparu en 2300. Le glacier couvre actuellement une superficie de 7900 km2, soit 8% de la surface de l’Islande. Au cours de l’année écoulée, il a reculé chaque mois plus vite qu’au cours de la dernière décennie.

Les chercheurs ont procédé à des modélisations. Ils en ont conclu que si la température de la Terre augmente de 2 degrés Celsius, le glacier aura perdu entre 30 et 60% de sa surface en 2300. L’écart de pourcentage est dû à d’autres paramètres tels que les précipitations.

Si la température globale atteint quatre degrés Celsius, le Vatnajökull perdra entre 60 et 100% de sa surface et s’orientera donc vers une disparition inéluctable.

S’agissant des autres glaciers islandais comme le Hofsjökull et le Langjökull qui se trouvent à plus basse altitude que le Vatnajökull et sont de plus petite taille, ils se seront probablement réduits des 70 ou 80 pour cent à la fin du 21ème siècle.

Sources : Glaciers en péril, Iceland Review.

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In my book « Glaciers at Risk, The Effects of Global Warming« , one can read that Iceland is not immune to rising temperatures. Recent observations have revealed that Icelandic glaciers cover 12% less than previously thought. Many of them have retreated by several hundred metres, some even several kilometres. Officially, the total area of ​​Icelandic glaciers is 11 922 km2, or 11 to 12% of the total area of ​​Iceland. However, these figures seem to be based on old measures that should be updated. The Hofsjökull glacier, for example, officially covers 925 km2. Spot satellite images in 2006 showed that its area was only 864 km2. The photos of summer 2014 give an area of ​​827 km2. The Hofsjökull lost 10% of the official figures.
According to the latest measurements taken in 2017, the area of ​​Icelandic glaciers has shrunk by more than 600 km2 since 2000 and by about 2000 km2 since the end of the 19th century, when glaciers reached their maximum extent since the colonization of the country in the 9th century of our era. The total area of ​​Icelandic glaciers has decreased on average by about 40 km2 per year in recent years. Glaciers retreated by several tens of metres in 2017. Kaldalónsjökull and E-Hagafellsjökull hold the record for 2017 with retreats of 100 to 200 metres in a single year.
In the same way, the famous Jökulsarlon will probably not look the same in 4 or 5 years. To realise the change, just look at Esjufjallarönd, a moraine that runs along the Breiðamerkurjökull Glacier and separates it from another glacial tongue, Norðlingalægðarjökull which ends in the Jökulsarlon waters, giving birth to a a crowd of small icebergs. One quickly realizes from one year to the next, Breiðamerkurjökull is rapidly shrinking under the effect of global warming. As the Norðlingalægðarjökull pours its icebergs into the lagoon, the ice thickness decreases and the nearby glacier tends to move towards the resulting depression. As a result, the Esjufjallarönd Moraine moves steadily eastward and this cluster of debris is likely to reach Jökulsarlon within 3 to 5 years.
Statistics show that the Breiðamerkurjökull glacier is currently losing 600 metres a year. In one of the caves inside, the ice has receded so much that the waterfall that was once inside the cave is now practically outside. In another cave nearby, a large rock that was 100 metres inside the cavity is now outside, 500 metres in front of the glacier.
Extensive research on the effects of climate change on Icelandic glaciers predicts that Langjökull, Hofsjökull and southern Vatnajökull will all have disappeared within 200 years. Agencies such as the Icelandic Road and Coastal Administration (which manages roads and coastlines in Iceland) already take these predictions into account when designing ports and infrastructure. Similarly, the National Electricity Company of Iceland designs and manages its hydropower plants by integrating in its data the future variations of river flow from glaciers.

A new study published in the Journal of Glaciology confirms this disturbing information. According to the authors of the study, if the temperature rise of the planet reaches three degrees Celsius – which currently sustains the most probable hypothesis – Vatnajökull will have practically disappeared in 2300. The glacier currently covers an area of ​​7900 km2, or 8% of the surface of Iceland. Over the past year, it has declined every month faster than in the last decade.
The researchers carried out modelizations. They concluded that if the Earth’s temperature increases by 2 degrees Celsius, the glacier will have lost between 30 and 60% of its surface in 2300. The percentage difference is due to other parameters such as precipitation.
If the global temperature reaches four degrees Celsius, Vatnajökull will lose between 60 and 100% of its surface and will move towards an inevitable disappearance.
Other Icelandic glaciers, such as Hofsjökull and Langjökull, which are lower in altitude than Vatnajökull and smaller in size, are likely to shrink by 70 or 80 percent by the end of the 21st century.
Sources: Glaciers en péril, Iceland Review.

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Températures et CO2 : Tout a augmenté en 2019 ! // Temperatures and CO2 : Global increase in 2019 !

Température : Avec +0,576°C au-dessus de la moyenne 1981-2010,  le mois de novembre 2019 est le 3ème plus chaud de l’archive NCEP-NCAR (remontant à 1948), derrière 2015 (+0,68°C) et 2016 (+0,65°C). Il faudra attendra la mi-décembre pour avoir le classement officiel de la NASA.

Il est désormais quasiment acquis que l’année 2019 sera la deuxième plus chaude des annales derrière 2016.

Source : NCEP-NCAR, relayée par global-climat.

CO2 : Dans le même temps, on a la confirmation que les émissions de CO2 d’origine fossile devraient augmenter de 0,6% en 2019 pour atteindre un record de près de 37 milliards de tonnes. Après une interruption temporaire de la croissance de 2014 à 2016, c’est la troisième année consécutive marquée par une augmentation des émissions mondiales de CO2. Les tendances quant à l’utilisation mondiale du gaz naturel et du pétrole suggèrent qu’une nouvelle augmentation des émissions n’est pas exclue en 2020.

En 2019, les émissions de CO2 devraient continuer à augmenter au niveau global, tirées par le gaz naturel et dans une moindre mesure, le pétrole. La baisse en Europe et aux Etats-Unis a été plus que contrebalancée par la hausse dans le reste du monde, Chine et Inde en tête.

Source : Global Carbon Project.

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Temperature: With + 0.576°C above the 981-2010 average, November 2019 was the 3rd warmest of the NCEP-NCAR archive (dating back to 1948), behind 2015 (+ 0.68°C) and 2016 (+ 0.65°C). We’ll have to wait until mid-December to have NASA’s official ranking..
It is now almost certain that 2019 will be the second warmest of records after 2016.
Source: NCEP-NCAR, relayed by global-climat.

CO2: At the same time, there is confirmation that fossil CO2 emissions are expected to increase by 0.6% in 2019 to reach a record of nearly 37 billion tonnes. After a temporary halt in growth from 2014 to 2016, this is the third year in a row marked by an increase in global CO2 emissions. Trends in global use of natural gas and oil suggest that a further increase in emissions is not excluded in 2020.
By 2019, CO2 emissions are expected to continue to increase globally, driven by natural gas and, to a lesser extent, oil. The decline in Europe and the United States was more than offset by the rise in the rest of the world, led by China and India.

Source: Global Carbon Project.

L’accélération de la fonte des glaciers au Groenland // Acceleration of glacier melting in Greenland

Comme je l’ai expliqué dans des notes précédentes, lorsque la glace fond au Groenland durant l’été, des milliers de lacs apparaissent à la surface. Beaucoup de ces lacs se vidangent en quelques heures, créant de vastes ouvertures à la base de la glace qui se trouve parfois à un kilomètre de profondeur. L’eau de fonte continue à s’engouffrer dans ces fractures pendant le reste de la saison de fonte, en donnant naissance à certaines des plus grandes cascades du monde.
Une équipe de glaciologues du Scott Polar Institute de l’Université de Cambridge a utilisé un drone pour observer la rapide fracturation et la vidange d’un lac de fonte sur la calotte glaciaire du Groenland. Le phénomène deviendra probablement de plus en plus fréquent en raison du réchauffement climatique. L’étude a été publiée dans les Proceedings de la National Academy of Sciences.
Les chercheurs ont fait leurs observations en juillet 2018 auprès d’un lac de fonte sur le Store Glacier, dans le nord-ouest du Groenland. Quelques jours après leur arrivée sur site, en l’espace de cinq heures, les deux tiers du lac, soit environ 5 millions de litres d’eau, ont disparu de la surface et se sont engouffrés dans une fracture. Les photographies aériennes obtenues à l’aide d’un drone avant et après la vidange du lac montrent une zone ovale bleu foncé qui rétrécit pour devenir une zone circulaire bleu clair, de petite taille, et moins profonde. (voir image ci-dessous).
Le Store Glacier avance à raison de 600 mètres par an. Les glaciologues ont constaté que la vidange soudaine du lac augmentait temporairement la vitesse de progression du glacier de deux à cinq mètres par jour. Comme je l’ai déjà expliqué, l’eau qui s’infiltre et glisse sous la glace joue un rôle de lubrifiant qui contribue à accélérer la vitesse du glacier sur son substrat rocheux.
Un phénomène encore plus surprenant et jamais observé jusqu’à présent est que cette eau qui ruisselle sous le Store Glacier le fait se soulever de 55 centimètres ! Cela signifie qu’une rivière de glace d’un kilomètre se soulève de plus de 50 centimètres sous l’effet de pressions énormes !

La fonte de la glace et la vidange de lacs de surface de plus en plus grands se sont accélérées ces dernières années en raison du réchauffement de la planète. Cela signifie que les glaciers avancent de plus en plus vite dans la mer et leur vêlage contribue encore davantage à la hausse du niveau des océans.
Source: Université de Cambridge.

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As I explained in previous posts, when the ice melts during the summer in Greenland, thousands of lakes appear at the surface. Many of the lakes drain in just a few hours, creating vast openings at the base of the ice, up to a kilometre deep. Meltwater from surface streams continues to flow down them for the rest of the melt season, creating some of the world’s largest waterfalls.

A group of glaciologists from the Scott Polar Institute at the University of Cambridge used a drone to observe the rapid fracturing and draining of a lake on the Greenland ice sheet, a phenomenon that may become more frequent as a result of climate change. Their study has been published in the Proceedings of the National Academy of Sciences.

The researchers made their observations at the Store Glacier in northwest Greenland in July 2018. A few days after their arrival, over the course of five hours, two-thirds of the lakes or roughly 5 million litres of water disappeared from the surface through a fracture. Aerial photography captured by the drone from before and after showed a dark blue oval shrink into a smaller, shallower and lighter blue circle. (see image below).

The Store Glacier advances at a rate of 600 metres per year. The glaciologists found that the sudden drainage of the lake temporarily increased the glacier’s speed from two to five metres per day. As I put it before, the water that falls under the ice served as a lubricant and contributes to accelerating the speed of the glacier on its bedrock..

Even more surprising was that this bed of water lifted the glacier’s height by 55 centimetres, a phenomenon which had not been detected up to now. This means that a kilometre of ice is lifted up half a metre, which involves huge pressures.

The melting of the ice and the draining of the larger and larger surface lakes has accelerated in the last years because of global warming. This means that the melting of the glaciers that end up in the ocean is accelerating too, contributing the rise of level of the oceans.

Source: University of Cambridge.

Vue d’un lac de surface au Groenland avant et après sa vidange (Source: University of Cambridge)

Nouveau réchauffement stratosphérique soudain ? // New Sudden Stratospheric Warming ?

Souvenez-vous : une vague de froid extrême s’est abattue sur le nord des Etats-Unis au cours du mois de janvier 2019, avec des températures qui sont descendues jusqu’à -40°C dans certaines villes. On a expliqué le phénomène par l’air glacial qui s’était échappé du vortex polaire.

Le vortex polaire est un vaste courant d’air qui entoure les régions polaires de l’hémisphère nord. Le moteur de ce courant est constitué par des vents qui tournent dans le sens inverse des aiguilles d’une montre, d’est en ouest. Cette circulation rapide permet en temps normal de maintenir l’air froid à des latitudes élevées près du pôle.

Toutefois, il arrive que le vortex se disloque et laisse échapper des bulles d’air froid qui descendent alors à des latitudes plus basses. C’est ce qui s’est passé en janvier 2019. Toutefois,  cet air froid ne s’est pas propagé partout : alors qu’il faisait très froid dans certaines parties du Canada, dans le Midwest des Etats Unis et en Sibérie centrale, l’Alaska connaissait un hiver remarquablement doux avec des records de chaleur.

La dislocation du vortex polaire n’est pas un phénomène rare. Un processus similaire a été observé en 2014 et en 2018. Avec janvier 2019, on observe cependant une répétition anormale du phénomène. .

Ces perturbations subies par le vortex polaires sont liées à un réchauffement soudain au niveau de la stratosphère. C’est ce que l’on appelle le réchauffement stratosphérique soudain. Durant l’hiver, il arrive parfois qu’à cette altitude la température grimpe rapidement, jusqu’à gagner 50°C en quelques jours, et cette forte hausse a pour effet de modifier la circulation des vents autour du vortex polaire. En conséquence, ce dernier peut se fragmenter et laisser échapper de l’air froid vers des latitudes plus basses. Le phénomène va alors se propager de la stratosphère jusqu’à la  troposphère en dessous et affecter d’autres processus comme le jet-stream, courant d’air très rapide situé à 8-12 kilomètres d’altitude et qui délimite les masses d’air.

 Ces derniers jours, les prévisions météorologiques laissent entendre qu’un nouveau réchauffement stratosphérique soudain pourrait se produire dans les prochaines semaines, avec affaissement du vortex polaire et une vague de froid sévère dans certaines régions de l’hémisphère nord. Cette prévision devra être confirmée.

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Le célèbre aventurier sud-africain Mike Horn, accompagné par l’explorateur polaire norvégien Børge Ousland, connaissent actuellement les pires difficultés pour progresser sur la banquise arctique. Après avoir été déposés il y a deux mois par le voilier de Mike Horn, les deux baroudeurs ont entrepris de parcourir 1600 km de glace en skis de randonnée en franchissant le pôle Nord au passage, objectif qu’ils ont atteint le 17 octobre dernier.

Sous l’effet du réchauffement climatique particulièrement intense dans les hautes latitudes, la glace se brise et se déplace beaucoup plus vite qu’auparavant. Les hommes sont tombés à l’eau à plusieurs reprises. Mike Horn a déclaré : « C’est triste à admettre pour moi, mais de toutes mes années en tant qu’explorateur professionnel, je n’ai jamais été aussi affecté par les changements climatiques.»

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Remember: an extreme cold snap hit the northern United States during January 2019, with temperatures down to -40°C in some cities. The phenomenon was explained by icy air that had escaped from the polar vortex.
The polar vortex is a vast stream of air that surrounds the polar regions of the northern hemisphere. The engine of this current consists of winds that rotate anticlockwise, from east to west. This rapid circulation normally allows cold air to be maintained at high latitudes close to the Pole.
However, the vortex may break up and let out cold air bubbles that then descend to lower latitudes. This is what happened in January 2019. However, this cold air did not spread everywhere: while it was very cold in parts of Canada, in Midwestern United States and Central Siberia, Alaska had a remarkably mild winter with records of heat.
The dislocation of the polar vortex is not a rare phenomenon. A similar process was observed in 2014 and 2018. With January 2019, however, there is an abnormal repetition of the phenomenon. .
These disturbances to the polar vortex are related to a sudden warming in the stratosphere. This is called Sudden Stratospheric Warming (SSW). During the winter, temperatures may rise very rapidly at this altitude and increase by as much as 50 degrees Celsius in a few days. This strong increase alters the circulation of the winds around the polar vortex. As a result, it can fragment and let cold air escape to lower latitudes. The phenomenon will then spread from the stratosphere to the troposphere below and affect other processes such as the jet-stream, a very fast airflow located 8-12 kilometres above sea level and which delimits the masses of air.

The latest forecast models suggest a major stratospheric warming event might develop in the next weeks, possibly initiating a collapse sequence of the polar vortex and severe cold snaps in some regions of the northern hemisphere. This forecast will have to be confirmed.

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Mike Horn, the famous South African adventurer, accompanied by the Norwegian polar explorer Børge Ousland, is currently experiencing the worst difficulties to progress on the Arctic sea ice. After having been dropped two months ago by Mike Horn’s sailboat, the two men set out to cover 1600 km of ice on cross-country skis while sliding past the North Pole, which they reached on October 17th.
Due to the fact that global warming is particularly intense in high latitudes, the ice breaks up and moves much faster than before. The men fell in the water several times. Mike Horn said, “It’s sad to admit for me, but in all my years as a professional explorer, I’ve never been so affected by climate change.”

A titre d’exemple, cette carte météo de janvier 2019 montre la position des masses d’air. On note une nappe de  réchauffement au-dessus de la Russie où la température est passée de – 70°C à – 10°C.  Une telle situation peut affecter le vortex se polaire et le faire se disloquer, avec des vagues de froid dans les basses latitudes. (Source: Météo France)

2019: Deuxième mois d’octobre le plus chaud !

La NASA vient d’indiquer qu’octobre 2019 a été le 2ème mois d’octobre le plus chaud de l’histoire. Le classement publié par l’agence américaine confirme celui des autres agences climatiques dans le monde. Octobre 2019 frôle ainsi le record établi lors de l’avènement du phénomène El Niño extrême de 2015. Avec +1,04°C au-dessus de la moyenne 1951-1980, l’anomalie relevée en octobre 2019 est la deuxième plus élevée des annales. Les anomalies sont surtout importantes dans l’hémisphère nord qui n’a jamais été aussi chaud en octobre.
Une fois de plus, le haut du classement est dominé par la période récente. Depuis 1880, les 5 mois d’octobre les plus chauds ont été observés ces 5 dernières années.
Pour le mois d’octobre, sur les 100 dernières années, le rythme du réchauffement est de +0,093°C par décennie. Sur les 20 dernières années (depuis 1999), on note une accélération de +0,29°C par décennie.
Au vu des chiffres actuels, 2019 terminera probablement à la 2ème place (La Poulidor de l’histoire, avec un clin d’oeil à notre champion limousin qui vient de nous quitter). Pour l’année en cours (janvier-octobre), 2019 se situe à +0,97°C, à mi-chemin entre le record de 2016 (+1,02°C) et 2017 (+0,92°C).
Source: NASA, global-climat.

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NASA has just indicated that October 2019 was the second hottest October in history. The ranking published by the US agency confirms the results of other climate agencies in the world. October 2019 is close to the record set by the advent of the extreme El Niño phenomenon of 2015. With + 1.04°C above the 1951-1980 average, the anomaly recorded in October 2019 is the second highest in the archives. The anomalies are especiallysignificant in the northern hemisphere, which has never been so hot in October.
Once again, the top of the ranking is dominated by the recent period. Since 1880, the warmest 5 months of October have been observed in the last 5 years.
For the month of October, over the last 100 years, the rate of warming is + 0.093°C per decade. Over the last 20 years (since 1999), there has been an acceleration of + 0.29°C per decade.
In view of the current figures, 2019 will probably finish in 2nd place. For the current year (January-October), 2019 is at + 0.97°C, halfway between the record of 2016 (+ 1.02°C) and 2017 (+ 0.92°C) .
Source: NASA, global-climat.

Source: global-climat

Mauvaises nouvelles de l’Arctique // Bad news of the Arctic

De nouveau, voici des nouvelles alarmantes de l’Arctique. Selon une étude récente publiée par l’American Geophysical Union, la glace la plus ancienne et la plus épaisse de l’Arctique fond deux fois plus vite que les autres glaces de la région. Les chercheurs ont découvert que la glace qui recouvre l’océan au nord du Groenland (qui est censé être le dernier endroit à perdre sa couverture de glace toute l’année) «rétrécit deux fois plus vite que la glace dans le reste de l’Arctique.» Les scientifiques pensent que cette fonte est probablement causée par les courants océaniques et les vents atmosphériques qui déplacent la glace ancienne et plus épaisse vers d’autres parties de la région. Encore plus alarmant, ils expliquent que l’Arctique pourrait être dépourvu de glace en été dès 2030.
Selon le rapport publié par l’American Geophysical Union, la plupart des glaces qui recouvrent l’Arctique ont entre un et quatre ans. A côté de cela, dans la «Dernière Zone de Glace»n cette dernière est âgée de plus de cinq ans et peut atteindre plus de 4 mètres d’épaisseur. Les vieux Inuits de la région ont surnommé la région «Similijuaq», ce qui signifie «le lieu de la grande glace». Le problème, c’est que l’étude montre que cette glace est en train de s’amincir dans deux secteurs de cette région.
La Dernière Zone de Glace est un refuge pour la faune. L’un des auteurs de l’étude a déclaré: «Si cette glace disparaît, il en sera de même des espèces qui y vivent. Cette zone sera un refuge où les espèces pourront survivre et, espérons-le, étendre leur territoire une fois que la glace aura commencé à revenir.”
Une vidéo de deux minutes (https://youtu.be/J7x9leQqrkc) montre le comportement de la glace de mer arctique entre 1984 et 2019. La couverture de glace plus ancienne, représentée en blanc, s’est considérablement réduite au fil des ans. On remarquera la fonte incroyable au cours de la dernière décennie.
Malheureusement, la fonte de la glace n’est pas une nouveauté et les glaciers en voie de disparition continuent de mettre à jour des paysages inédits. En janvier, des chercheurs ont découvert que la fonte des glaciers dans l’Arctique canadien faisait apparaître des plantes cachées sous la glace depuis au moins 40 000 ans. En octobre, la marine russe a découvert cinq nouvelles îles mises au jour par la fonte des glaciers.
Source: American Geophysical Union (AGU).

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Here is more alarming news about the Arctic. According to a new study by the American Geophysical Union, the region’s oldest and thickest ice is melting twice as fast as other ice in the Arctic Ocean. The researchers discovered that the ice in the ocean north of Greenland (which they thought would be the last place to lose year-round ice cover) was more mobile than they previously thought and was “declining twice as fast as ice in the rest of the Arctic.” The scientists think that the ice is likely affected by the ocean currents and atmospheric winds transporting the older, thicker ice to other parts of the area. Even more alarming, they predict the Arctic could be ice-free in the summers as early as 2030.

According to the report published by the American Geophysical Union, most ice covering the Arctic is about one to four years old. Conversely, the “Last Ice Area” is an area with ice that is more than five years old and can be more than 4 metres thick. Local Inuit elders called the region « Similijuaq, » meaning “place of the big ice.” The research shows, however, the ice is becoming thinner in two subregions of that area.

The Last Ice Area is considered a refuge for wildlife. Said one of the authors of the study: “If we lose all the ice, we lose those species. This area will be a refuge where species can survive and hopefully expand their regions once the ice starts returning.”

A two-minute video (https://youtu.be/J7x9leQqrkc ) shows the behaviour of the Arctic sea ice between 1984 and 2019. It displays the older ice cover, shown in white, shrinking significantly over the years. One can notice that the melting during the last decade is incredible.

Unfortunately, melting ice is not new and disappearing glaciers have continued to reveal landscapes not seen for thousands of years. In January, researchers found that plants that had been hidden for at least 40,000 years were revealed by melting glaciers in the Canadian Arctic. And in October, five new islands were discovered by the Russian navy following glacial melting.

Source: American Geophysical Union (AGU).

La glace de mer arctique en septembre 2019 ! (Image extraite de la vidéo)

La fonte rapide des glaciers islandais // The rapid melting of Icelandic glaciers

Les glaciers islandais occupent environ 11% de la surface de l’île, mais ils fondent à une vitesse impressionnante et leur surface se réduit comme peau de chagrin. En lisant un article paru dans Courrier International, on apprend que des chercheurs écossais et islandais ont comparé des photos prises dans les années 1980 avec celles acquises par drones ces dernières années. Le résultat est impressionnant !

Pour ce projet, des milliers de photographies ont été utilisées. Bon nombre montraient des zones géographiques se chevauchant. Les chercheurs ont utilisé un logiciel qui leur a permis de réaliser une modélisation en 3D. Les images acquises par drone ont été comparées à des photos prises dans les mêmes zones dans les années 1980. En regardant les images, on constate des différences stupéfiantes sur une courte durée. Le Met Office islandais explique que les glaciers du pays ont perdu une superficie totale d’environ 750 km2 depuis 2000, avec une réduction moyenne de 40 km2 chaque année.

Vous pourrez voir les photos comparatives de plusieurs glaciers islandais en allant sur cette page de Courrier International :

https://www.courrierinternational.com/article/avant-apres-les-glaciers-islandais-fondent-vue-doeil

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Icelandic glaciers cover about 11% of the island’s surface, but they melt at an impressive speed and their surface is shrinking. Reading an article published in Courrier International, we learn that Scottish and Icelandic researchers have compared photos taken in the 1980s with those acquired by drones in recent years. The result is impressive!
For this project, thousands of photographs were used. Many showed overlapping geographic areas. Researchers used software that allowed them to perform 3D modelling. The images acquired by drone have been compared to pictures taken in the same areas in the 1980s. Looking at the images, there are amazing differences over a short period. The Icelandic Met Office explains that the country’s glaciers have lost a total area of ​​about 750 km2 since 2000, with an average reduction of 40 km2 each year.
You will see the comparative photos of several Icelandic glaciers if you visit this page of Courrier International:
https://www.courrierinternational.com/article/avant-apres-les-glaciers-islandais-fondent-vue-doeil

Le Vatnajökull, le plus grand glacier d’Europe, est l’un de ceux qui fondent le plus vite. Dans quelques années, il n’aura plus la force de venir vêler dans la mer (Photo: C. Grandpey)