L’Arctique et le réchauffement climatique (suite) // The Arctic and global warming (continued)

Un article publié dans le Juneau Empire, journal local de l’Alaska, résume parfaitement les bouleversements qui affecteront l’Arctique au cours des prochaines années en raison du réchauffement climatique. Selon la NOAA, la hausse des températures et la diminution de la couverture de neige et de glace dans l’Arctique mettent dès à présent en danger l’habitat, la pêche et les cultures locales. La disparition de la glace affecte les gens et leurs mode de vie.
La Mer de Béring,  entre l’Alaska et la Russie, est l’une des deux zones de pêche les plus productives au monde. Le problème, c’est que cette région se réchauffe deux fois plus vite que le reste de la planète. Les deux dernier hivers ont vu la plus faible surface occupée par la glace de mer en Mer de Béring. En conséquence, les habitats des poissons dont dépendent la pêche industrielle et les groupes autochtones se sont déplacés vers le nord. L’industrie de la pêche repose sur l’hypothèse que le poisson se trouve à un certain endroit à un certain moment, mais cela ne sera plus vrai avec le changement rapide des conditions dans l’Arctique.
Les communautés autochtones sont  inquiètes elles aussi. Elles attendent avec impatience le retour de la glace de mer à chaque automne. C’est cette glace qui donne accès aux phoques, baleines, morses, poissons, crabes et autres espèces marines qui constituent leurs moyens de subsistance. Ces communautés observaient autrefois la glace dans le nord de la Mer de Béring pendant huit mois par an, mais maintenant elles ne la voient que pendant trois ou quatre mois.
La fonte de la calotte glaciaire du Groenland s’est accélérée. Elle est désormais sept fois plus rapide que dans les années 1990. Le manque de glace entraîne des perturbations alimentaires pour de nombreuses espèces de l’Arctique. Les ours polaires traquent leurs proies, y compris les phoques, sur la glace. Les goélands se nourrissent des restes des festins des ours, ainsi que de petits poissons et autres créatures. Avec le réchauffement climatique, les oiseaux migrent vers l’Arctique et ne trouvent plus la nourriture dont ils ont besoin. Ils errent l’estomac vide sur les plages. Les communautés autochtones expliquent avoir vu des oiseaux de mer morts sur les plages en nombre plus élevé que jamais auparavant.
La population reproductrice de goélands de l’Arctique canadien a diminué de 70% depuis les années 1980. Cela est probablement dû à réduction de la glace de mer et à la contamination de la chaîne alimentaire. Le goéland de l’Arctique est comme le canari de la mine de charbon*. Il est un excellent indicateur de son environnement. Comme l’a dit un scientifique: «C’est à nous et à personne d’autre de comprendre pourquoi ces changements se produisent et ce que nous pouvons faire pour remédier.»
Source: Juneau Empire.

* Allusion aux canaris en cage que les mineurs amenaient à fond de mine au 19ème siècle. Les gaz toxiques comme le monoxyde de carbone qui s’accumulent dans les mines tuaient les canaris avant les mineurs, leur donnant l’alerte et leur permettant d’évacuer.

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An article published in the local Alaskan newspaper Juneau Empire, sums up perfectly the deep changes that will affect the Arctic in the coming years because of the impact of global warming. According to NOAA, rising temperatures and shrinking snow and ice cover in the Arctic are endangering habitats, fisheries and local cultures. The loss of ice is affecting people right now and changing their lives.

The Bering Sea, which lies between Alaska and Russia, is one of the world’s two most productive fisheries. But the Arctic region is warming more than twice as fast as the rest of the planet. The past two years saw record low levels of sea ice – frozen sea water – floating on the Bering Sea during winter. As a consequence, the habitats of fish on which commercial fisheries and indigenous groups depend have shifted northward. Fishing industries are built around the assumption that fish will be in a certain place at a certain time, but this will ne longer be true in response to a rapidly changing Arctic.

Indigeneous communities are worried too. They look for the return of the sea ice every fall season. The ice provides access to seals, whales, walrus, fish, crabs and other marine life for our subsistence harvests. These communities once saw the ice in the northern Bering Sea during eight months of the year, but now they only see it for three or four months.

The melting of Greenland’s ice sheet has accelerated. It is now seven times faster than in the 1990s. Less ice means feeding disruptions for many Arctic species. Polar bears stalk their prey, including seals, on ice. Ivory gulls scavenge on ice for scraps of those hunts, as well as for small fish and other creatures. With global warming, birds are migrating to the Arctic and not finding the food they need. They are showing up with empty stomachs on the beaches. The indigenous communities are reporting seeing seabirds dead on beaches in numbers they haven’t seen before.

Arctic Canada’s breeding population of ivory gulls has declined 70% since the 1980s. This is likely due to loss of sea ice as well contamination in the food chain. The ivory gull in the Arctic is like the canary in the coal mine. As one scientist said: “It is really incumbent on us to understand why these changes are happening, and what can be done.”

Source: Juneau Empire.

Glace de mer dans l’Arctique (Photo: C. Grandpey)

Chine / China: CO2 emissions vs. CO2 concentrations

Suite à l’apparition du coronavirus en Chine, plusieurs documents circulent sur Internet pour montrer, avec tambours et trompettes, que les EMISSIONS de gaz polluants comme le gaz carbonique (CO2) et le dioxyde d’azote (NO2)  sont en baisse dans ce pays suite à la mise au ralenti de l’activité industrielle. C’est tout à fait vrai. Par contre, ce que personne ne dit, c’est que les CONCENTRATIONS de CO2 dans l’atmosphère sont restées stables dans le même temps, comme le montre la courbe de Keeling qui rend compte de ces concentrations sur le volcan Mauna Moa à Hawaii.

Cela confirme ce que j’écris depuis longtemps: il faudra des décennies – à condition que l’on cesse immédiatement d’envoyer des gaz à effet de serre – pour que l’atmosphère retrouve un semblant d’équilibre. Jean-Louis Etienne avec qui je discutais de ce sujet l’an dernier pensait qu’il faudrait un siècle pour arriver à une situation convenable.

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Following the appearance of coronavirus in China, several documents can be found on the Internet showing, with drums and trumpets, that the EMISSIONS of polluting gases like carbon dioxide (CO2) and nitrogen dioxide (NO2) are dropping in this country following the slowdown of industrial activity. It is totally true. However, what nobody says is that the CO2 CONCENTRATIONS in the atmosphere have remained stable at the same time, as shown by the Keeling Curve which accounts for these concentrations on Mauna Moa volcano in Hawaii.
This confirms what I have been writing for a long time: it will take decades – provided that we immediately stop sending greenhouse gases – for the atmosphere to return to a semblance of equilibrium. Jean-Louis Etienne with whom I discussed this subject last year thought that it would take a century to reach an acceptable situation.

Février 2020 le 3ème plus chaud ? // Was February 2020 the third warmest ?

En attendant les chiffres officiels de la NASA et de la NOAA qui seront communiqués vers la mi-mars, les agences NCEP-NCAR indiquent que le mois de février 2020 a été le troisième plus chaud de leurs archives. Selon ces agences, la moyenne des températures de février se situe +0,626°C au-dessus de celle des années 1981-2010. L’année 2020 se situe donc dans la lignée de la moyenne 2019. Rappelons que, selon la NASA, janvier 2019 avait été le mois de janvier le plus chaud de l’histoire.

Source : global-climat.

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Pending official NASA and NOAA figures to be released by mid-March, NCEP-NCAR agencies have indicated that February 2020 was the third warmest month in their records. According to these agencies, the average temperature in February was + 0.626°C above that of the years 1981-2010. 2020 is therefore in line with the 2019 average. According to NASA, January 2019 had been the hottest January in history.
Source: global-climat.

Antarctique: L’eau chaude fait fondre le glacier Thwaites // Antarctica: Warm water causes the melting of Thwaites Glacier

Cela fait pas mal de temps que les glaciologues étaient persuadés que le glacier Thwaites, le plus important de l’Antarctique Occidental fondait par en dessous, à cause d’un apport d’eau chaude en provenance de l’Océan Austral. Ils viennent d’en avoir la preuve au cours d’une mission organisée dans la cadre de l’ITGC (International Thwaites Glacier Collaboration), un projet conjoint Royaume-Uni / Etats-Unis sur le continent antarctique.

Les scientifiques ont découvert cette température anormale dans la zone d’ancrage du Thwaites, là où il repose sur le substrat rocheux. D’une manière générale, il s’agit d’une zone cruciale pour la stabilité des glaciers de l’Antarctique. Les chercheurs y ont observé des eaux chaudes atteignant plus de deux degrés au-dessus du point de congélation.

Cette découverte explique pourquoi au cours des 40 dernières années, les glaciers qui s’écoulent dans le secteur de la mer d’Amundsen ont fondu à un rythme accéléré. Plusieurs modèles numériques laissent entendre qu’un retrait inexorable de la ligne d’échouage des glaciers de la région est en cours. Des eaux océaniques plus chaudes érodent particulièrement les glaciers de l’Antarctique Occidental et la situation du Thwaites est l’une des plus préoccupantes.

La disparition du glacier Thwaites à elle seule pourrait avoir un impact significatif à l’échelle mondiale. Il couvre 192 000 kilomètres carrés, une superficie de la taille de la Grande-Bretagne. Au cours des 30 dernières années, la quantité de glace s’écoulant du Thwaites et des glaciers voisins a presque doublé. Le Thwaites représente déjà 4% de l’élévation du niveau de la mer au niveau global. Son effondrement augmenterait à lui seul le niveau de la mer de 65 centimètres. Comme je l’ai expliqué précédemment, la situation est d’autant plus inquiétante que ces glaciers sont interconnectés. Si l’un d’entre eux s’enfuit dans l’océan, les autres feront de même.

Bien que le recul du glacier ait été observé au cours de la dernière décennie, les causes du changement n’avaient pas été prouvées auparavant. C’est maintenant chose faite avec la mesure directe de la température de l’eau. Le relevé de deux degrés au-dessus du point de congélation est considérable, mais il se pourrait que d’autres régions soient affectées par une eau encore plus chaude. Les scientifiques estiment que le phénomène est récent, sinon le glacier n’aurait pas pu rester en place.

Pour mesurer la température de l’eau, cinq équipes scientifiques ont travaillé sur le glacier Thwaites dans des conditions particulièrement difficiles. Deux de ces équipes ont utilisé de l’eau chaude pour forer entre 300 et 700 mètres à travers la glace jusqu’à l’océan. Un appareil de détection a permis de mesurer les eaux se déplaçant sous la surface du glacier. À la mi-janvier, le robot Icefin est parti à près de deux kilomètres du site de forage, jusqu’à la zone d’échouage du Thwaites pour mesurer, imager et cartographier la fonte et la dynamique de cette partie critique du glacier. L’appareil a mesuré la turbulence de l’eau, donc son efficacité à faire fondre la glace, ainsi que d’autres propriétés telles que la température. C’est la première fois que l’activité océanique sous le glacier Thwaites est accessible par un trou de sonde et qu’un instrument scientifique est déployé. Le trou a été ouvert les 8 et 9 janvier 2020 et les eaux sous le glacier ont été mesurées les 10 et 11 janvier.

Source : global-climat.

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Glaciologists have believed for quite a long time that Thwaites Glacier, the largest in Western Antarctica, is melting from below, due to the warm water coming from the Southern Ocean. They have just had proof of this during a mission organized within ITGC (International Thwaites Glacier Collaboration), a joint United Kingdom / United States project on the Antarctic continent.
Scientists have discovered this abnormal temperature in the stranding area of ​​the Thwaites Glacier, where it rests on the bedrock. More globally, it is a crucial area for the stability of Antarctic glaciers. The researchers have observed warm water reaching more than two degrees above the freezing point.
This discovery explains why over the past 40 years the glaciers flowing in the Amundsen Sea area have melted at an accelerated rate. Several digital models suggest that an inexorable withdrawal from the area’s glacier grounding line is underway. Warmer ocean waters are particularly eroding the glaciers of Western Antarctica, and the situation of Thwaites is one of the most worrying.
The disappearance of the Thwaites Glacier alone could have a significant impact on a global scale. It covers 192,000 square kilometres, an area the size of Great Britain. Over the past 30 years, the amount of ice flowing from Thwaites and nearby glaciers has almost doubled. Thwaites already accounts for 4% of the rise in sea level around the world. Its collapse alone would raise sea level by 65 centimetres. As I explained earlier, the situation is all the more worrying as these glaciers are interconnected. If one of them flows into the ocean, the others will follow.
Although the retreat of the glacier has been observed over the past decade, the causes of the change had not been proven before. This is now done with direct measurement of the water temperature. The two degree rise above freezing is considerable, but other regions may be affected by even warmer water. Scientists believe the phenomenon is recent, otherwise the glacier could not have remained in place.
To measure the water temperature, five scientific teams worked on the Thwaites glacier under particularly difficult conditions. Two of these teams used hot water to drill 300 to 700 metres through the ice to the ocean. A detection device made it possible to measure the water moving under the surface of the glacier. In mid-January, the Icefin robot was sent almost two kilometres from the drilling site, up to the Thwaites’ stranding area to measure, image and map the melt and dynamics of this critical part of the glacier. The device measured the turbulence of the water, thus its effectiveness in melting ice, as well as other properties such as temperature. This is the first time that ocean activity under the Thwaites Glacier has been accessible through a borehole and a scientific instrument has been deployed. The hole was opened on January 8th and 9th, 2020 and the waters under the glacier were measured on January 10th and 11th.
Source: global-climat.

Vue des glaciers de l’Antarctique Occidental (Source : Jet Propulsion Laboratory de la NASA)

La Mer de Glace n’a pas fini de fondre ! // The Mer de Glace will keep on melting!

Les statistiques de température mondiale que vient de publier la NASA sont toujours aussi alarmantes. On savait que l’année 2019 avait été la 2ème année la plus chaude des annales mais 2020 démarre encore plus fort. La température globale en janvier 2020 a atteint son niveau le plus élevé en 141 années d’archives, devançant le précédent maximum observé lors de l’épisode El Niño extrême de 2016.

Avec +1,18°C au-dessus de la moyenne 1951-1980, la température observée en 2020 est la plus élevée pour un mois de janvier depuis le début des mesures de la NASA en 1880. L’anomalie est en hausse par rapport à décembre 2019 (+1,10°C).

D’après la NASA, le record de 2016 a été battu de justesse, mais il ne faudrait pas oublier que début 2016 avait été marqué par un phénomène El Niño exceptionnel, peut-être le plus important jamais observé, avec celui de 1997-1998. En revanche, les conditions sont actuellement neutres dans la Pacifique, ce qui rend le record de janvier 2020 encore plus inquiétant. Le record n’est pas dû non plus à l’activité solaire puisque le cycle est en ce moment à son minimum. J’ai d’ailleurs personnellement annulé un déplacement dans le nord de la Norvège car les aurores boréales sont très rares et de faible intensité en ce moment.

Pour le mois de janvier, sur les 100 dernières années, le rythme du réchauffement est de +0,105°C par décennie. Depuis l’an 2000, on note une accélération à +0,257°C par décennie.

Source : global-climat.

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The global temperature statistics just released by NASA are as alarming as before. We knew that 2019 had been the second hottest year in the archives, but 2020 did even better. Global temperature in January 2020 reached its highest level in 141 archive years, ahead of the previous maximum observed in the 2016 during an extreme El Niño episode.
With + 1.18°C above the 1951-1980 average, the temperature observed in 2020 has been the highest for January since the start of NASA measurements in 1880. The anomaly is up from December 2019 (+ 1.10°C).
According to NASA, the 2016 record was barely broken, but it should not be forgotten that early 2016 had been marked by an exceptional El Niño phenomenon, perhaps the most significant ever, with that of 1997-1998. On the other hand, conditions are currently neutral in the Pacific, which makes the January 2020 record even more worrying. The record was also not due to solar activity since the cycle is currently at its minimum. I personally cancelled a trip to northern Norway because the northern lights are very rare and weak at the moment.
For the month of January, over the last 100 years, the rate of warming is + 0.105°C per decade. Since 2000, there has been an acceleration to + 0.257°C per decade.
Source: global-climat.

Les 10 mois de janvier les plus chauds (Source : NASA / global-climat)

L’agonie des glaciers islandais // The slow death of Icelandic glaciers

En raison du réchauffement climatique anthropique, les glaciers fondent à une vitesse incroyable en Islande. Une plaque commémorative en lettres d’or a été inaugurée le 18 août 2019 en mémoire du glacier Okjökull qui avait été déclaré mort quelques semaines auparavant. Les glaciologues indiquent maintenant que c’est au tour de la calotte glaciaire du Drangajökull – dans les West Fjords – d’être menacée de disparition dans les 30 prochaines années.
Les auteurs d’une nouvelle étude qui vient d’être publiée dans les Geophysical Research Letters ont utilisé des bactéries et des algues préservées dans les sédiments lacustres pour reconstruire l’évolution des températures au cours des 10 000 dernières années. Il s’agit d’une période de l’histoire de la Terre pendant laquelle les températures étaient comparables à celles prévues pour la fin du siècle. Les chercheurs des universités d’Islande et du Colorado ont ensuite utilisé ces données pour tester les informations et les modèles existants à propos du climat et des glaciers de l’Islande. Ces informations, ainsi que des simulations climatiques régionales, leur ont permis de prévoir la disparition future de la calotte glaciaire de Drangajökull. Ils ont constaté que si les températures continuaient d’augmenter, le glacier pourrait disparaître d’ici 2050.
Le Drangajökull est le glacier le plus septentrional d’Islande et le seul du pays situé à moins de 1000 mètres au-dessus du niveau de la mer. Contrairement à d’autres calottes glaciaires en Islande, la taille du Drangajökull est restée relativement stable ces dernières années, même si des études antérieures avaient prévu sa disparition au cours des 50 prochaines années. La nouvelle étude fournit des informations supplémentaires permettant de mieux prévoir comment la calotte glaciaire pourrait être affectée par la hausse des températures.
Comprendre l’avenir des glaciers islandais est essentiel pour la sécurité énergétique du pays. En effet, les barrages hydroélectriques sur les rivières alimentées par les glaciers fournissent environ 73% de l’électricité islandaise.
Vous pourrez télécharger l’étude en cliquant sur ce lien
https://agupubs.onlinelibrary.wiley.com/doi/full/10.1029/2019GL085728

Source : Iceland Monitor.

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Because of human-caused global warming, glaciers are melting at an incredible speed in Iceland. A commemorative plaque in gold letters was inaugurated on August 18th, 2019in memeory of Okjökull which had been declared dead a few weeks before. Glaciologists indicate now that the Drangajökull ice cap in the West Fjords of Iceland could disappear in the next 30 years.

The authors of a new study just published in the journal Geophysical Research Letters used bacteria and algae preserved in lake sediments to reconstruct temperature changes over the last 10,000 years, a period in Earth’s history when temperatures were comparable to those expected by the end of the century. The researchers from the universities of Iceland and Colorado then used this temperature reconstruction to test existing information and models of Iceland’s past climate and glaciers. This information, along with regional climate simulations, allowed them to forecast the future disappearance of the Drangajökull ice cap. They found that as temperatures continue to rise, the glacier could vanish by 2050.

Drangajökull is Iceland’s northernmost glacier and the only one in the country located below 1,000 metres above sea level. Unlike other ice caps in Iceland, Drangajökull’s size has remained relatively stable in recent years, despite previous studies having projected the ice cap’s loss within the next 50 years. The new study provides additional information to help project how the ice cap could be affected by rising temperatures.

Understanding the future of Iceland’s glaciers is critical for the country’s energy security, as hydroelectric dams on glacier-fed rivers provide about 73 percent of Iceland’s electricity.

You can download the study by clicking on this link :

https://agupubs.onlinelibrary.wiley.com/doi/full/10.1029/2019GL085728

Source : Iceland Monitor.

 Localisation du glacier extraite de l’étude mentionnée ci-dessus

Venise a perdu son âme// Venice has lost its soul

Plusieurs semaines après la montée des eaux et les vents violents qui ont provoqué la pire inondation à Venise depuis plus d’un demi-siècle, les habitants sont désespérés. Tout le monde a le sentiment que le changement climatique accélère une décrépitude qui a commencé avec le tourisme de masse. Comme l’a dit un Vénitien: «La ville est devenue laide. Il a perdu son âme.»
Venise, qui s’étend sur plus de 100 îlots dans la lagune, a attiré quelque 30 millions de visiteurs  en 2019. Cependant, ces foules apportent peu à l’économie locale. Les trois quarts des touristes ne restent que quelques heures et dépensent en moyenne 13 euros pour l’achat de souvenirs. Les artisans font ce qu’ils peuvent pour faire face à l’afflux de produits meilleur marché fabriqués à l’étranger, en particulier en Chine, et beaucoup ne peuvent pas se permettre des loyers qui ont augmenté suite à la spéculation immobilière. Le nombre d’artisans qualifiés du quartier historique de la ville a diminué de moitié depuis les années 1970. Il en va de même pour l’île voisine de Murano, où le nombre d’artisans  travaillant à la fabrication de jolis vases et figurines de verre soufflé a également été réduit de moitié, en partie à cause de l’impact des produits de contrefaçon en provenance d’Europe de l’Est, de Chine et d’Inde. Les inondations, de plus en plus fréquentes, perturbent la vie à Venise, avec la mise à l’arrêt des vaporetti qui relient le Grand Canal à des sites périphériques tels que Murano, Burano et l’île du Lido.
Comme je l’ai écrit précédemment, l’acqua alta de Venise a atteint 184 centimètres le 12 novembre 2019. Elle a été provoquée par un phénomène concomitant de marées hautes et de vents puissants. Les autorités ont estimé les dégâts à environ un milliard d’euros. Le changement climatique est la cause principale de la catastrophe. Un responsable a déclaré: «La tempête a rappelé la réalité de la situation. Venise est sur le point de tomber de son piédestal. Il n’y a plus de capitaine dans le bateau. »
Un millier d’habitants quittent Venise chaque année et on estime à environ 50 000 les personnes qui habitent encore dans la lagune. L’ancienne ville est gérée de pair avec Mestre, sa voisine plus récente sur le continent, depuis leur rattachement par Mussolini en 1926. Les défenseurs de Venise affirment que les problèmes de la ville sont si particuliers qu’il faut gérer Venise et Mestre séparément. Les Vénitiens seront invités à participer à un référendum pour dire si la ville doit être dotée de sa propre structure administrative, mais le vote ne sera pas contraignant et le maire s’y oppose en affirmant que ce serait « une folie » car cela provoquerait une cacophonie bureaucratique et découragerait les investissements.
Cette situation met encore davantage l’accent sur le projet anti-inondation MOSE. Entravé par plusieurs affaires de corruption, le système de vannes qui a coûté 5,5 milliards d’euros ne sera opérationnel qu’en 2022, plus de deux décennies après le début des travaux de construction…et il n’est pas certain qu’il soit capable de faire face à l’acqua alta…..
Source: Journaux italiens.

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Several weeks after high tides and fierce winds produced the worst flooding in Venice in more than half a century, residents are desperate. There is a general feeling in the city that climate change is hastening a downfall that started with mass tourism. Said one resident: “The city has become ugly. It’s lost its soul.”

Venice, which spreads across more than 100 small islands in the lagoon, attracted an estimated 30 million visitors in 2019. However, these crowds provide little value for the local economy. Three-quarters of the tourists stay for just a few hours and spend an average 13 euros on souvenirs. Artisans are struggling to compete with the influx of cheaper products made abroad, especially in China, and many can’t afford rents that have been driven up by real-estate speculation. Skilled craftspeople in the city’s historical area have dropped by half since the 1970s. It is the same disaster on the nearby island of Murano, where the number of people working to produce the lovely hand-blown vases and figurines has also halved, partly due to the impact of counterfeit products from Eastern Europe, China and India. The floods, which have become more frequent, disrupt Venice’s rhythm, suspending Vaporetto boat lines that connect stops on the Grand Canal to outlying sites like Murano, Burano and island of Lido.

As I put it before, on November 12th, 2019, Venice’s “acqua alta” reached 184 centimetres. It was generated by a combination of rising tides and powerful winds.  City officials estimated the damage at about 1 billion euros. Climate change is blamed for the disaster. One official said: “The storm brought home the reality of the situation. Venice is close to falling off the precipice. There’s no control room.”

About 1,000 residents leave every year, and about 50,000 people now call the lagoon home. The former city-state has been governed together with its larger mainland neighbour Mestre since they were linked in 1926 by Mussolini. Activists say the city’s issues are so unique that it needs to be separate. Venetians will be asked to vote on a referendum to give the community its own administrative structure, but it is non-binding and opposed by the mayor who has called the effort “folly” because it risks creating bureaucratic bottlenecks and discouraging investment.

That puts more focus on the MOSE anti-flooding project. Embroiled in several corruption probes, the 5.5-billion-euro system of water gates won’t be ready until 2022, more than two decades after construction began. And it is said to be useless in stopping rising tides.

Source: Italian newspapers.

Photo: C. Grandpey