Pour une meilleure sécurité sur la plage de Reynisfjara (Islande) // For a better safety at Reynisfjara Beach (Iceland)

Comme de nombreux touristes européens visitent l’Islande, j’ai attiré l’attention à plusieurs reprises sur les dangers de la plage de Reynisfjara dans le sud de l’île. Au cours des derniers mois, plusieurs accidents se sont produits, impliquant des visiteurs imprudents qui n’ont pas prêté attention aux mises en garde affichées à l’entrée de la plage.
J’ai expliqué dans plusieurs articles que de puissantes vagues et des lames de fond peuvent mettre les touristes en danger. Au début de l’été 2022, cinq d’entre eux avaient perdu la vie sur la plage de Reynisfjara depuis 2013.

Face à ces drames, une réunion de concertation a eu lieu parmi les autorités compétentes l’été dernier afin de mieux assurer la sécurité des visiteurs. A l’issue de la réunion, il a été décidé l’installation d’une signalisation d’information sur la plage. En plus des panneaux existants, une chaîne de 300 mètres de long a été tendue le long du parking afin de guider les visiteurs le long d’un chemin les obligeant à passer devant les panneaux. Des caméras ont été installées sur un mât sur le point haut de la plage. elles enverront en direct des images de la plage aux autorités policières de Selfoss.
Le nouvel ensemble de panneaux rédigés en trois langues vise à rendre l’information accessible et intéressante. On peut y lire ce qui est autorisé sur la plage, plutôt que de souligner ce qui est interdit. On remarque en particulier :
1) un panneau lumineux qui relaie les informations fournies par le système islandais de prévision des vagues;
2) trois grands panneaux informatifs dont l’un met en évidence les dangers du ressac;
3) six panneaux de signalisation ont également été installés.
A noter également que la plage de Reynisfjara ne sera jamais fermée au public. La plage sera divisée en zones, qui serviront à guider les visiteurs en fonction des conditions : un feu jaune clignotant indique que les visiteurs ne doivent pas entrer dans la zone jaune, et un feu rouge clignotant indique que les visiteurs ne doivent pas entrer dans la zone rouge, la plus proche du rivage. Les visiteurs sont invités à rester sur la partie haute de la plage où ils seront en sécurité pour admirer le paysage.
Aucun secouriste ne sera présent, au moins pour le moment. Cependant, il se pourrait que les secouristes fassent partie de la prochaine étape et soient présents les jours où les conditions de mer seront mauvaises avec le feu clignotant rouge. Afin de financer de telles mesures, les propriétaires fonciers percevraient une redevance; autrement dit, la plage deviendrait payante.
Les autorités islandaises espèrent que les nouvelles mesures de sécurité permettront aux visiteurs de la plage d’être davantage conscients des dangers et de se comporter en conséquence. Malgré tout, des panneaux, aussi bien conçus soient-ils, n’empêcheront personne de s’aventurer trop près des vagues. Leur seul but est de maintenir la plupart des visiteurs dans une zone sûre.
Source : médias d’information islandais.

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As many Europezn tourists are visiting Iceland, I have drawn attention several times to the dangers at Reynisfjara beach in southern Iceland. In the past months, sevral accidents happened, involving careless visitors who did not pay attention to the warnings posted at the beach entrance.

I have explained in several posts that the waves can creep quickly upon travellers and put them at risk. As of last summer, five travellers had died on Reynisfjara beach since 2013. In response to these tragedies, a consultation team was established last summer in order to better ensure the safety of visitors. The consultation team recommended the installation of informatory signage on the beach, which has now been installed. In addition to the signs, a 300-metre-long chain has been strung along the parking lot, guiding visitors along a path and past the signs. Cameras, which have been installed on a mast on the beach ridge, will also stream live video from the beach to the police authorities in Selfoss.

A set of signs is aiming to make the information accessible and interesting, explaining what can be done in the area, as opposed to simply highlighting what is prohibited :

1) One illuminated sign which relays information from the Icelandic wave-prediction system;

2) three big informatory signs, one of which highlights the dangers of the undertow; and

3) six guiding signs have been installed.

It should also be noted that the Reynisfjara beach will never be closed to the public. Instead, the beach will be divided into zones, which will serve to guide visitors based on conditions: a flashing yellow light indicates that visitors should not enter the yellow zone, and a flashing red light indicates that visitors should not enter the red zone (i.e. not past the illuminated sign). Visitors are encouraged to stay on the beach ridge, which affords a safe view of the beautiful scenery.

No lifeguards will be employed at this time. However, they might prove a logical next step during those days when conditions are labelled ‘red.’ In order to finance such measures, landowners would need to collect fees from visitors.

Lastly, the parties affiliated with the consultation team hope that the new safety measures will mean that visitors to the beach will become more mindful of hazards and behave accordingly. Signs, no matter how well designed, will not stop anyone from venturing near the tide; they are, however, useful in keeping most visitors within a safe zone.

Source: Icelandic news media.

Vagues traitresses sur la plage de Reynisfjara (Photo: C. Grandpey)

Des panneaux montraient déjà le danger (Photo: C. Grandpey)

Nouveaux panneaux et feux de signalisation (Source: Iceland Tourist Board)

Ouragans: Attention aux ondes de tempête négatives! // Hurricanes : Beware of negative storm surges!

Des vidéos et des photos spectaculaires prises le long de la côte ouest de la Floride ont montré un phénomène qui accompagne souvent les violentes tempêtes et les ouragans : la mer s’est retirée complètement, comme aspirée, avant l’arrivée de l’ouragan Ian. Les vents puissants générés par l’ouragan ont repoussé l’eau loin du rivage et dans le golfe du Mexique, comme cela s’était passé juste avant l’arrivée de l’ouragan Irma en 2017.
Les scientifiques expliquent que ce recul de la mer, appelé onde de tempête négative, n’est que temporaire et que l’eau reviendra, probablement à des niveaux beaucoup plus élevés qu’auparavant. Ils insistent sur le fait qu’il est très dangereux d’aller se promener dans les zones où l’eau a disparu. Ce n’est pas le moment d’aller observer le phénomène et ramasser des coquillages.
L’eau revient plus tard et l’onde de tempête – positive cette fois – peut être extrêmement dangereuse. La région de Tampa Bay qui se situe à très basse altitude a été confrontée à une onde de tempête de 1,20 à 1,80 mètres, avec une très forte érosion des plages et une pénétration de l’eau sur plusieurs kilomètres à l’intérieur des terres. De plus, un ouragan peut déverser jusqu’à 12 centimètres de pluie par heure tout en perdant de sa vitesse.
En fait, c’est l’eau apportée par l’onde de tempête, et non son vent, qui crée le risque le plus élevé pour la population. En Floride, les autorités ont expliqué que les risques d’inondation ne s’arrêtent pas avec le passage de la tempête. Par l’énergie qu’ils déploient, quelques dizaines de centimètres d’eau au moment de l’onde de tempête peuvent emporter un véhicule. En Floride, il a été fortement conseillé aux habitants de se déplacer vers des zones plus élevées en cas de montée des eaux autour d’eux. On remarquera que ces recommandations sont les mêmes que lors d’un tsunami. Les gens ont également été mis en garde contre l’utilisation d’un groupe électrogène à l’intérieur des maisons en raison des émissions de monoxyde de carbone.
Source : presse américaine.

Voici une courte vidéo qui montre une plage lors d’une onde de tempête négative :
https://twitter.com/i/status/1575117551343919107

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Stunning videos and photos taken along Florida’s western coast have shown a phenomenon that often accomparines powerful storms and hurricanes : the sea receded completely ahead of Hurricane Ian’s arrival. The hurricane’s powerful winds pushed water away from the shore and into the Gulf of Mexico, similar to what happened just before Hurricane Irma’s arrival in 2017.

Experts warn that the receding tide, called a negative storm surge, is only temporary and that water will return, likely at much higher levels. They insist that it is very dangerous to walk into the areas where the water has disappeared. It is not the time to go out there, observe the phenomenon and collect shells.

The water later comes back in and the storm surge can be incredibly dangerous.The low-lying Tampa Bay area was confronted with a storm surge of 1,20-1,80 meters, with extreme beach erosion and water that extended several kilometers inland. In addition, a hurricane usually dumps up to 12 centimeters of rainfall per hour while losing speed.

Water from the storm, not its wind, creates the highest risk to human life. Authorities caution that flood dangers don’t end with the storm’s passing. Only a few tens of centimeters of rushing water can carry away a moving vehicle, In Florida, people were urged to move to higher ground if water is rising around them. The recommendations are the same as during a tsunami.People were also cautioned against using a generator indoors due to possible carbon monoxide poisoning.

Source: presse américaine.

Here is a short video that shows a beach during a negative storm surge:

https://twitter.com/i/status/1575117551343919107

Image extraite de la vidéo et montrant l’onde de tempête négative

(Mauvaise) humeur climatique

Dans son dernier rapport du mois d’avril 2022, le GIEC vient à nouveau de tirer la sonnette d’alarme sur les conséquences du réchauffement climatique. Le Secrétaire Général de l’ONU a eu des mots très durs à propos de l’inaction des gouvernements.

Aux Etats Unis, la rédaction du Los Angeles Times a publié certaines des lettres adressées par ses lecteurs suite à la diffusion des principaux aspects du rapport dans le journal.

L’un de ces lecteurs demande pourquoi l’article sur le climat n’a pas fait la Une des journaux dans le pays. Selon cette personne, le fait que le GIEC ait averti que la Terre était sur le point d’être « invivable » aurait dû être en première page du journal. Elle ajoute : « Plus nous traiterons le changement climatique comme un problème non urgent, moins nous aurons de temps pour y remédier. ».

Un autre lecteur estime que nous n’avançons pas assez vite à propos du changement climatique. Il pose des questions : Où est l’urgence ? Pourquoi les politiciens ne font-ils pas davantage pression pour développer les énergies renouvelables, avec moins de charbon, de pétrole et de gaz ? Ils ont été prévenus à maintes reprises, mais leurs actions sont insuffisantes.

Les réactions des autres lecteurs du Los Angeles Times sont de la même veine. Et en France? En ce moment, la guerre en Ukraine et l’élection présidentielle occultent les autres informations et la presse parlée (je ne regarde pas les informations à la télévision) n’a consacré que quelques minutes au rapport du GIEC. Les programmes des candidats à l’élection présidentielle n’accordent qu’une importance très relative au réchauffement climatique. Les Verts n’ont toujours pas compris que le problème devait se traiter à une échelle globale et non locale.

J’aimerais qu’un jour les Conferences of Parties – les COP – cessent de se donner bonne conscience et prennent enfin des mesures dignes de ce nom. La dernière COP de Glasgow a été un échec cuisant. J’ai encore en tête la COP 24 de 2018 en Pologne, au coeur du bassin houiller de Silésie. Un comble! A l’issue de la conférence, le premier ministre polonais a déclaré froidement qu’il n’était pas question que son pays réduise sa production de charbon, au risque de mettre les ouvriers au chômage. Le premier ministre indien tenait un langage semblable. Dire que l’on va droit dans le mur est un euphémisme.

Quand Nicolas Hulot déclarait à l’Assemblée nationale avant de démissionner « Tout le monde s’en fiche! », il avait tout compris. Nos enfants et petits-enfants ont bien du souci à se faire. Ce sont eux qui vont en prendre plein la figure!

Ce n’est pas demain que la Mer de Glace retrouvera sa splendeur d’antan… (Photo: C. Grandpey)

Inconscience: un mal à la mode // Recklessness : a fashionable evil

J’aimerais vous faire partager un article qu’un visiteur de mon blog a eu la bonne idée d’insérer sur ma page Facebook. Il se rapporte à la sécurité sur les sites naturels et en particulier les glaciers.

L’article rapporte les propos d’un guide islandais qui fait part de son expérience sur le Sólheimajökull, l’une des ramifications du Myrdalsjökukk dans le sud de l’Islande. Ce glacier souffre du même mal que ses congénères ailleurs dans le monde: il recule à une vitesse très inquiétante. Quand je l’ai visité au mois de juillet 2021, je n’ai pas reconnu le site où je m’étais rendu quelque dix ans auparavant.

Aujourd’hui, les abords du Sólheimajökull ont été aménagés, avec un parking et un large sentier qui permet d’accéder en une quinzaine de minutes à proximité du front du glacier. « A proximité » est important, car aller plus loin peut devenir dangereux. Il ne faut pas oublier qu’un glacier est une rivière de glace en mouvement et que son front se modifie en permanence, avec des effondrements parfois spectaculaires.

L’auteur de l’article regrette le comportement de certains touristes – pas tous heureusement – qui n’ont aucune conscience du danger. Il a vu certaines personnes s’aventurer à la surface du Sólheimajökull sans équipement adéquat. Les images qui illustrent l’article sont très révélatrices. Elles montrent parfaitement qu’un moment agréable peut virer au drame. C’est ce que j’ai expliqué à propos de la plage de Reynisfjara, elle aussi dans le sud de l’Islande, où des lames de fond emportent régulièrement les touristes qui ne peuvent survivre dans l’eau très froide.

Source : Clément Coudeyre / Iceland Geology | Seismic & Volcanic Activity in Iceland

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I would like to share an article that a visitor to my blog had the good idea to post on my Facebook page. It deals with safety on natural sites and in particular on glaciers.
The article reports the words of an Icelandic guide who shared his experience on Sólheimajökull, one of the branches of Myrdalsjökukk in southern Iceland. This glacier suffers from the same disease as its congeners elsewhere in the world: it is retreating at a very worrying speed. When I visited it in July 2021, I did not recognize the site I had visited some ten years before.
Today, the surroundings of Sólheimajökull have been developed, with a parking lot and a wide path which allows access in about fifteen minutes near the front of the glacier. « Near the front » is important, because going further can be dangerous. One should not forget that a glacier is a moving river of ice and that its front is constantly changing, with sometimes dramatic collapses.
The author of the article regrets the behaviour of some tourists – not all fortunately – who are unaware of the danger. He saw some people venture to the surface of Sólheimajökull without proper equipment. The images that illustrate the article are very revealing. They perfectly show that a good time can turn into a drama. This is what I explained about Reynisfjara beach, also in the south of Iceland, where rip currents regularly wash away tourists who cannot survive in very cold water..

Source: Clément Coudeyre / Iceland Geology | Seismic & Volcanic Activity in Iceland

Source: Clément Coudeyre

Front du Sólheimajökull en juillet 2021 (Photo: C. Grandpey)