Pérou : L’eau des glaciers menace des populations // Peru : The water from glaciers threatens populations

Le Pérou a perdu plus de 40% de ses glaciers en quelques années. La ville de Huaraz (130 000 habitants) est particulièrement menacée par les effets du réchauffement climatique. Le 19 juin 2016 sur ce blog, j’ai expliqué que la région était exposée aux déversements d’eau glaciaire suite à la rupture de moraines qui retiennent les lacs d’eau de fonte en altitude. Je faisais remarquer que les autorités locales n’avaient guère fait d’efforts pour trouver des solutions. Ainsi, en dépit du fait que Huaraz a été inondée par le lac glaciaire du Palcacocha en 1941 et qu’une avalanche a détruit la ville voisine de Yungay en 1970, faisant 23 000 victimes, des systèmes de surveillance n’ont pas été installés pour alerter les populations en cas de catastrophe imminente.

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2016/06/19/la-fonte-des-glaciers-menace-le-perou-peru-under-the-threat-of-its-melting-glaciers/

La vallée où se trouve Huaraz est bordée par deux chaînes de montagnes. À l’ouest, la Cordillère noire jouxte le Pacifique et protège des vents les sommets enneigés de sa grande sœur de l’est, la Cordillère blanche. Au milieu des plaines vertes du Huascaran, un sommet blanc émerge des montagnes ; c’est le glacier du Pastoruri. Pour y accéder, il faut prendre une route créée il y a quatre ans par le service des parcs nationaux. On a l’appelée la « route du changement climatique ». Elle permet d’expliquer les effets du réchauffement climatique sur une zone aussi vulnérable que la Cordillère blanche.

Au Pérou, les parcs nationaux veulent montrer les effets du changement climatique sur les glaciers comme celui du mont Pastoruri qui a pratiquement disparu. La « route du changement climatique » culmine à 5 000 mètres d’altitude. Depuis cet endroit, auparavant, il fallait à peine cinq minutes pour atteindre le glacier. Désormais, entre 40 minutes et à une heure de marche sont nécessaires, tellement le glacier a fondu et a reculé. Ici, on est dans une cordillère tropicale où la fonte des glaciers est encore plus importante qu’ailleurs. Un lac s’est formé au pied du glacier. En 2010, il avait 10 mètres de profondeur. À présent, on l’estime à 20 mètres. Le processus actuellement irréversible du réchauffement climatique va faire disparaître ce glacier de la Cordillère blanche.

A travers la « route du changement climatique »,  le service des parcs nationaux veut démontrer que les gens doivent changer leur façon de consommer l’eau. On doit trouver une meilleure manière de la stocker dans les réservoirs en haut des montagnes pour pouvoir répondre aux besoins des habitants de la région.

Avec la fonte des glaciers au Pérou, il y a moins de glace et plus d’eau, mais une eau polluée par les minéraux et donc impropre à la consommation. Ce n’est pas l’unique danger. La Cordillère blanche est l’un des endroits au monde où il y a eu le plus de désastres liés aux glaciers avec, comme je l’expliquais plus haut, des ruptures de moraines et la vidange brutale de lacs glaciaires. Ces « tsunamis de montagne » sont apparus par milliers depuis plus de 50 ans au sein des montagnes péruviennes. C’est le cas du Palcacocha situé à 4 500 mètres d’altitude. Autrefois, ce lac était petit et accolé à un glacier. Le glacier a fondu plus vite et il a été remplacé par un énorme lac qui n’existait pas avant. Si la moraine qui retient ce lac lâche, le tsunami pourrait entraîner la mort de plus de 50 000 personnes aux alentours de Huaraz.

Source : France Info.

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Peru has lost more than 40% of its glaciers in a few years. The city of Huaraz (pop.130,000) is particularly threatened by the effects of global warming. On June 19th, 2016, I explained on this blog that the region was exposed to glacial water spills following the rupture of moraines that hold the meltwater lakes. I pointed out that local authorities have made little effort to find solutions. Thus, although Huaraz was flooded by the Palcacocha glacial lake in 1941 and an avalanche destroyed the nearby town of Yungay in 1970, killing 23,000 people, surveillance systems were not installed to alert populations in the event of an imminent disaster.
https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2016/06/19/la-fonte-des-glaciers-menace-le-perou-peru-under-the-threat-of-its-melting-glaciers/

The valley where Huaraz is located is bordered by two mountain ranges. To the west, the Cordillera Negra borders the Pacific and protects from the winds the snow-capped peaks of its eastern sister, the Cordillera Blanca. In the middle of the Huascaran plains, a white summit emerges from the mountains; it is the Pastoruri Glacier. To get there, you have to take a road created four years ago by the National Parks Service. It has been called the « Climate Change Road ». It explains the effects of global warming on the vulnerable area of the Cordillera Blanca.
In Peru, national parks want to show the effects of climate change on glaciers like Mount Pastoruri’s which has practically disappeared. The « climate change road » culminates at 5,000 metres above sea level. From here, it took just five minutes to reach the glacier. From now on, it takes between 40 minutes and one hour on foot because the glacier has enormously melted and retreated. Here, we are in a tropical mountain range where the melting of glaciers is even faster than elsewhere. A lake formed at the foot of the glacier. In 2010, it was 10 metres deep. Now it is estimated at 20 metres. The currently irreversible process of global warming will remove this glacier from the Cordillera Blanca.
Through the « Climate Change Road », the National Parks Service wants to demonstrate that people need to change the way they consume water. One should find a better way of storing it in reservoirs at the top of the mountains to meet the needs of the people in the area.
With the melting of glaciers in Peru, there is less ice and more water, but this water is polluted by minerals and therefore unfit for consumption. This is not the only danger. The Cordillera Blanca includes a lot of glacial disasters with, as explained above, moraine ruptures and the sudden drainage of glacial lakes. These « mountain tsunamis » have appeared in thousands for more than 50 years in the Peruvian mountains. This is the case of Palcacocha which is located 4,500 meters above sea level. In the past, this lake was small and attached to a glacier. The glacier melted very fast and was replaced by a huge lake that did not exist before. If the moraine that holds this lake breaks open, the tsunami could kill more than 50,000 people around Huaraz.
Source: France Info.

La Laguna Palcacocha en 1939.

La Laguna Palcacocha en 2002

Pastoruri, l’un des glaciers de la Cordillera Blanca

(Crédit photos: Wikipedia)

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2 réflexions au sujet de « Pérou : L’eau des glaciers menace des populations // Peru : The water from glaciers threatens populations »

  1. Bonjour Claude,
    L’âge du « faire ».
    A propos du changement climatique et particulièrement concernant les conséquences qu’il a sur la pérennité de notre existence, la question qui me taraude presque en permanence est de savoir pourquoi devant de tels états de fait et de menaces quotidiennes, personnes ne cherche vraiment à s’en prémunir sérieusement. Observions, statistiques, lamentations, et accusations, meublent perpétuellement la pensée et l’expression de chacun sans que la moindre ébauche d’une solution sérieuse et durable à ces problèmes ne soit ébauchée. Pourtant, c’est bien ne manière quasi permanente que nous sommes tous confronté à des difficultés d’existence que nous sommes amenés à contrer quotidiennement tant bien que mal, mais tout de même en y consacrant toute notre énergie et une grande partie de notre temps.
    Ainsi, seuls « les apprentis sorciers du climat » semblent imaginer qu’ils possèdent le pouvoir de faire la pluie et le beau temps quand ils veulent et ou ils veulent.
    A bien observer le quotidien de nos semblables, il semblerait que ce problème pétrifie les esprits au point de les conduire à jouer à l’autruche en attendant mieux.
    Même si nous touchons ici au collectif plus qu’au particulier, ce qui, expliquerait cette attitude de mépris et de rejet de l’un vers l’autre, bon nombre de groupes, de villages, de communautés voir même de pays auront jusqu’à maintenant su prendre en compte les aléas de la nature et d’en intégrer les effets intelligemment.
    Cette époque et ce comportement du savoir faire semble réellement totalement révolue, c’est maintenant vers le farniente que l’humanité se tourne, et se complait à sombrer dans une espèce de paralysie médicamenteuse supposée répondre à un diagnostic de trop plein. Malgré deux millénaires de tentatives d’évolution depuis que les Romain l’auront initié, c’est finalement le grand principe de « faire faire à d’autres ce que l’on pourrait faire soi-même » qui continue d‘animer notre très profonde motivation. Le vrai problème est que « les autres » supposés faire, font cruellement défaut pour faire, puisqu’eux-mêmes persuadé que d’autres le feront à leur place…
    A force « d’attendre le dégel » pour faire, maintenant que nous y sommes, qu’allons-nous faire ?
    Rien !
    Il semblerait que nous ayons définitivement oublié la véracité du fameux dit-on : « rien mal acquit ne profite jamais »
    Bonne journée
    Pierre Chabat

    J'aime

    1. Bonjour Pierre,
      Nous vivons l’air de la démission: dès le départ, démission des parents devant l’éducation de leurs enfants, puis une fois adulte, démission devant les problèmes de la vie; l’environnement en faisant bien sûr partie. Il faut reconnaître que rien n’est fait pour obliger la population à se prendre en main. Nous vivons une époque d’assistanat permanent. Alors, les gens deviennent vite passifs et vivent au jour le jour, sans se préoccuper du lendemain. Nos gouvernants ne font rien pour inverser la tendance, obnubilés qu’ils sont par les résultats de l’économie et donc au mépris de l’environnement. On prend des mesurettes pour faire plaisir et se donner bonnes conscience; la COP 21 en est un exemple parfait. Les chefs d’états savent parfaitement que les objectifs de hausse de températures ne seront jamais atteints. Les glaciers et la banquise fondent; c’est très bien; cela ouvrira de nouvelles voies de navigation et tant pis pour l’environnement. Dans un tel contexte, les populations ne se rebifferont jamais. Comme vous le dites, on vit la politique de l’autruche et on transmet l’avenir comme une patate chaude aux futures générations. Malheureusement, arrivera le jour où notre civilisation atteindra un point de non retour et il sera trop tard pour réagir.
      Très bonne journée.
      Claude Grandpey

      J'aime

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