La crise de l’eau dans l’Ouest des Etats-Unis // The water crisis in Western U.S.

Dans une note rédigée le 20 août 2021, j’écrivais que l’Ouest des États-Unis traversait une sécheresse très sévère, avec la crise de l’eau la plus intense de son histoire. Le plus grand réservoir du pays se vidait rapidement. Le lac Mead enregistrait son niveau le plus bas depuis son remplissage dans les années 1930. J’ajoutais que des dizaines de millions de personnes seraient affectées dans les années et décennies à venir par le manque d’eau du fleuve Colorado. Certaines zones habitées seraient obligées de subir de douloureuses coupures d’eau. J’expliquais que même sans le réchauffement climatique, la région serait confrontée à des problèmes car elle prélève plus d’eau que la rivière ne peut en fournir, mais le changement climatique a aggravé le problème en réduisant considérablement le débit du fleuve.
Malheureusement, la situation n’a pas changé en 2022 et les médias américains rappellent que le niveau d’eau du la Powell et du lac Mead, le plus grand réservoir artificiel des États-Unis, est au plus bas depuis la construction du barrage Hoover dans les années 1930. Les deux lacs fonctionnent en relation l’un avec l’autre; ce qui se passe sur l’un a des effets sur l’autre.
En avril 2022, le niveau du lac Mead a continué de chuter. il se trouve à environ 30% de sa capacité et une ancienne vanne de captage se trouve désormais à l’air libre. À capacité maximale, le lac se situe à 390 m d’altitude. Le 27 avril, il se trouvait à 317 m d’altitude. Le même jour, en raison de la baisse du niveau d’eau du lac, la Southern Nevada Water Authority a activé une nouvelle station de pompage construite en avril afin que l’État puisse continuer à approvisionner la population. Le danger est que si le niveau du lac tombe en dessous de 269 m d'(altitude, le barrage Hoover ne pourra plus envoyer d’eau en aval vers la Californie, l’Arizona et le Mexique.
Le Metropolitan Water District de Californie du Sud vient d’imposer des restrictions à environ 6 millions de clients à partir du 1er juin 2022 en raison du manque d’eau dans le lac Mead et le fleuve Colorado. Les restrictions interdisent aux habitants d’arroser les pelouses et les plantes plus d’un jour par semaine.
À la mi-avril, sept États de l’Ouest des Etats-Unis qui dépendent du fleuve Colorado pour leur alimentation en eau ont accepté une recommandation du ministère de l’Intérieur leur demandant de mettre en œuvre des mesures de conservation comme celles mises en place dans le sud de la Californie. Alors que des États comme celui de Washington ont enregistré suffisamment de précipitations cet hiver pour atténuer les conditions de sécheresse, des régions comme l’Arizona, la Californie, le Nevada, le Nouveau-Mexique et le Colorado continuent de connaître une sécheresse extrême. Et nous ne sommes qu’au mois d’avril. L’été risque d’être difficile dans l’Ouest des Etats Unis.
Source : médias d’information américains.

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In a post written on August 20th, 2021, I wrote that western U.S.A. was going through a very severe drought and the most intense water crisis of its history. The nation’s largest reservoir was draining rapidly. Lake Mead was registering its lowest level since the reservoir was filled in the 1930s. I added that tens of millions of people would be affected in the coming years and decades by the Colorado River shortage alone, with some being forced to make painful water cuts. I also explained that even without climate change, the region would have a problem because it is taking more water out than the river could provide, but climate change has made the problem much worse by substantially reducing the flow in the river.

Unfortunately, the situation has not changed in 2022 and U.S. news media warn that water levels in Lake Powell and Lake Mead, the largest man-made reservoir in the U.S. are at their lowest since the construction of the Hoover Dam in the 1930s. It should be known that both lakes operate “conjunctively,” which means that the operations of one affect the other.

In April 2022, the water level in Lake Mead has continued to plummet, leaving it at roughly 30% of capacity and exposing the top of an old intake valve. At maximum capacity, the lake sits at 390 m above sea level. On April 27th it was measured at 317 m above sea level. On the same day, as a result of the lake’s falling water level, the Southern Nevada Water Authority activated a new low-lake-level pumping station completed in April so the state will continue to be able to supply residents with water. The danger is that if the lake’s elevation falls below 269 m, the Hoover Dam will no longer be able to release water downstream to California, Arizona, and Mexico.

The Metropolitan Water District of Southern California has just issued restrictions on roughly 6 million customers that are set to begin on June 1st due to water shortages in Lake Mead and the Colorado River. The restrictions prohibit residents from watering lawns and plants more than one day per week.

By mid-April, seven Western states that rely on the Colorado River for water agreed with a recommendation by the Department of the Interior requesting that they implement conservation measures like the ones put in place in Southern California. While states like Washington saw sufficient rainfall this winter to alleviate drought conditions, portions of states like Arizona, California, Nevada, New Mexico and Colorado continue to experience extreme drought. We are only in April. Summer is likely to be difficult in Western U.S.

Source: U.S. news media.

Photos : C. Grandpey

La fonte des glaciers de montagne // The melting of mountain glaciers

Selon une nouvelle étude réalisée par des chercheurs britanniques et publiée en février 2022 dans la revue Nature Geoscience, les glaciers de montagne continuent de reculer en raison du changement climatique et sont moins volumineux qu’on ne le pensait auparavant. Cette situation met en danger des millions de personnes qui dépendent des glaciers pour leur approvisionnement en eau.
Par exemple, les chercheurs ont découvert que les glaciers des Andes stockent 23 % d’eau douce en moins par rapport aux estimations précédentes. La plus grande ville de Bolivie, La Paz, avec plus de deux millions d’habitants, dépend fortement des eaux de ruissellement des glaciers pour l’agriculture et pour lutter contre contre la sécheresse.

De la même manière, les autorités péruviennes s’inquiètent de la fonte des glaciers dans leurs montagnes. La disparition de la glace signifierait plus d’eau pour la population, pour l’irrigation et pour l’hydroélectricité. Les agriculteurs devraient quitter les campagnes pour aller vivre à Lima, la capitale, qui dépend également des glaciers pour son approvisionnement en eau.

Comme les glaciers perdent plus de masse en fondant qu’ils n’en gagnent par accumulation de neige en amont, le débit des rivières qui y prennent leur source devient irrégulier, avec parfois des périodes d’inondation, et ces cours d’eau finissent par se tarir, d’abord à basse altitude, puis à des niveaux plus élevés.
La découverte de cette perte de glace est importante et aura des conséquences pour des millions de personnes dans le monde. Cependant, certaines montagnes comme l’Himalaya, ont plus de glace – jusqu’à un tiers – que prévu, ce qui réduira la pression sur les ressources en eau dans la région. À l’échelle mondiale, cependant, l’étude de données satellitaires couvrant 98% des glaciers a révélé que le volume de l’ensemble des glaciers était inférieur de 11% aux estimations précédentes.

Un point positif concerne l’élévation du niveau de la mer, considéré comme l’une des conséquences les plus inquiétantes du réchauffement climatique. Tout au long du 20ème siècle, la fonte des glaciers a été l’une des principales causes de la montée du niveau des océans, sans oublier leur dilatation avec la hausse des températures. La nouvelle étude réduit la contribution potentielle des glaciers à l’élévation du niveau de la mer d’environ 33 à 26 centimètres.
Cette réduction, bien que non négligeable, reste peu de chose par rapport à l’impact de la fonte des calottes glaciaires qui reste la principale cause de l’élévation du niveau de la mer au 21ème siècle. Les étendues de glace de plusieurs kilomètres d’épaisseur qui recouvrent l’Antarctique occidental et le Groenland contiennent suffisamment d’eau pour faire monter le niveau des océans d’environ 13 mètres.

Malgré leur immobilité apparente, les glaciers sont constamment en mouvement; ce sont des rivières de glace qui avancent par gravité. Grâce à l’imagerie satellitaire, les chercheurs ont pu suivre le mouvement de l’ensemble des glaciers de la planète depuis l’espace. Pour créer une base de données à propos de leur écoulement, ils ont étudié plus de 800 000 couples d’images satellites montrant les glaciers avant et après un moment donné, y compris de grandes calottes glaciaires, des glaciers alpins avançant plus rapidement dans des vallées étroites, d’autres à la progression plus lente dans des vallées plus larges, et des glaciers venant vêler dans la mer.
L’analyse des images haute résolution fournies par les satellites de la NASA et de l’Agence spatiale européenne a nécessité plus d’un million d’heures de calculs sur les superordinateurs de Grenoble.

Dans la mesure où il y a moins de glace dans les glaciers sur Terre, ils disparaîtront plus tôt que prévu de sorte que les zones habitées qui dépendent de leur glace et de leur eau subiront plus tôt les effets du changement climatique. Dans sa conclusion, l’étude explique que « dans tous les coins de la planète, la saisonnalité des niveaux d’eau des rivières changera de façon spectaculaire en fonction de la vitesse de fonte des glaciers ».
Source : France 24.

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According to a new study by British researchers released in February 2022 in the journal Nature Geoscience , mountain glaciers shrinking due to climate change are less voluminous than previously understood, putting millions who depend on them for water supply at risk.

For instance, the researchers found that glaciers in the Andes store 23 percent less fresh water compared to earlier estimates. Bolivia’s largest city La Paz, with more than two million inhabitants, is highly dependent on glacier runoff for agriculture and as a buffer against drought. In the same way, Peruvian authorities worry about the melting of glaciers in the country’s mountains. No more ice would mean no water fot the population, for irrigation and for hydroelectricity. Farmers would have to move to Lima, the capital, which also depe,ds on the glaciers for its water supply.

As glaciers lose more mass through melt-off than they gain with fresh snow, water flows become irregular — including periods of flooding — and eventually dry up, first in low altitude mountains, and eventually in higher ones.

The finding of less ice is important and will have implications for millions of people living around the world. Some regions, however, including the Himalayan mountains, were found to have up to a third more ice than thought, which will reduce the pressure on water resources. Globally, however, the satellite-based survey covering 98 percent of the world’s glaciers found that the volume of all glaciers combined was 11 percent smaller than earlier calculations.

One silver lining is the implications for sea level rise, projected to be among the most devastating consequences of global warming. Throughout the 20th century, melting glaciers was one of the main causes of rising ocean levels, along with the expansion of sea water as it warms. The new estimate lowers the potential contribution of glaciers to sea level rise from about 33 to 26 centimetres.

That reduction, while not insignificant, is incidental compared to the impact of melting ice sheets, which have become the main cause of rising sea levels in the 21st century. The kilometres-thick blankets of ice atop West Antarctica and Greenland hold enough frozen water to lift oceans some 13 metres.

Despite their apparent immobility, glaciers are constantly on the move, pushed by gravity. Using satellite imagery, the researchers were able to track the motion of glaciers from space at the global scale. To create an ice flow database, they studied more than 800,000 pairs of before-and-after satellite images of glaciers, including large ice caps, narrow alpine glaciers, slow valley glaciers and fast tidewater glaciers.

The high-resolution images, captured by NASA and European Space Agency satellites, required more than one million hours of computational time on super-computers in Grenoble.

Because there is less ice stored in the world’s glaciers than previously thought, they will disappear earlier than expected, and so the communities that depend on their ice and water will experience the worst effects of climate change sooner. In its conclusion, the study explains that « in every corner of the planet, the seasonality of river water levels will change dramatically as glaciers melt away. »

Source : France 24.

Photos : C. Grandpey

Nouveau parc naturel des glaciers au Chili // New glacier natural park in Chile

Le président chilien Sebastián Piñera a annoncé le 5 mars 2022 la création d’un nouveau Parc naturel dans la région de Santiago, qui permettra de protéger 368 glaciers. Cette nouvelle zone protégée, située à 60 km de Santiago, couvre 75 000 hectares et permettra de protéger 46% des surfaces glacées de la région.

Avec le Parc naturel des Glaciers, le Chili va pouvoir protéger les glaciers qui contiennent une part estimée à 56% de l’eau emmagasinée dans la région où vivent plus de 7 des 18 millions de Chiliens.

En vertu du label “Parc national”, les glaciers protégés ne pourront être “ni altérés ni touchés ».

Plus de 7 millions de personnes vivent dans la région de Santiago, frappée comme le reste du pays par une sécheresse chronique. 2021 a marqué la 13ème année consécutive de sécheresse et a été la 4ème année la plus chaude depuis1950.

Le Chili abrite 80% des glaciers d’Amérique latine et fait partie des dix pays possédant la plus grande masse glaciaire au monde, avec notamment le Canada, les États-Unis, la Chine et la Russie

Source : Presse internationale.

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Chilean President Sebastián Piñera announced on March 5th, 2022 the creation of a new Natural Park in the Santiago region, which will protect 368 glaciers. This new protected area, located 60 km from Santiago, covers 75,000 hectares and will protect 46% of the region’s frozen surfaces.
With the Glaciers Natural Park, Chile will be able to protect the glaciers which contain an estimated 56% of the water stored in the region where more than 7 of the 18 million Chileans live.
Under the “National Park” label, the protected glaciers cannot be “neither altered nor touched”.
More than 7 million people live in the Santiago region, hit like the rest of the country by chronic drought. 2021 marked the 13th consecutive year of drought and was the 4th hottest year since 1950.
Chile is home to 80% of Latin America’s glaciers and is one of the ten countries with the largest glacier mass in the world, including Canada, the United States, China and Russia.
Source: International news media.

Cerro El Plomo, l’un des volcans à proximité de Santiago (Crédit photo : Wikipedia)

Nouvelles révélations sur la fonte du Groenland // New revelations about the melting of Greenland

Chaque année à l’approche de l’été, lorsque l’atmosphère arctique se réchauffe, des milliers de lacs et de cours d’eau issus de la fonte des glaces apparaissent à la surface de la calotte glaciaire du Groenland. Ces eaux ont tendance à s’écouler vers la base de la calotte à travers des fissures ou des fractures.

Dans une nouvelle étude, des chercheurs de l’Université de Cambridge (Angleterre) expliquent que les eaux issues de la fonte de surface ont tendance à tomber sur la base de la calotte glaciaire en produisant une grande quantité de chaleur. Cette dernière accélère encore un peu plus la fonte de la glace.

C’est ce phénomène que les chercheurs anglais ont étudié pour la première fois. Ils voulaient comprendre comment et pourquoi les lacs de fonte du Groenland se vident si rapidement et quel est leur effet sur le comportement global de la calotte glaciaire. L’information est d’autant plus importante dans le contexte actuel de réchauffement climatique anthropique où la calotte du Groenland est devenue le principal contributeur à l’élévation du niveau de la mer.

C’est une mesure de la vitesse  de fonte de la base de la calotte, à environ 1.000 mètres sous la surface qui a permis aux chercheurs de réaliser leur découverte. Elle a été possible grâce à une technique de radiosondage. Ils ont été surpris de constater que la vitesse de fonte était souvent aussi élevée en profondeur qu’en surface. Or la surface reçoit la chaleur du soleil alors que la base n’en reçoit pas.

Pour confirmer leurs résultats, les chercheurs ont mesuré indépendamment la température de l’eau à la base de la calotte glaciaire du Groenland à partir de capteurs installés dans un trou de forage à proximité du Store Glacier, l’un des principaux glaciers du Groenland qu’ils ont étudié pendant sept ans. Ils ont enregistré à la base du glacier une température surprenante de 0,88°C, ce qui est étonnamment élevé pour une base de calotte glaciaire dont le point de fusion se situe à -0,40°C.

Selon les scientifiques, le phénomène s’explique par un système de drainage bien moins efficace à la base de la calotte qu’en surface.Il existe en particulier un important échauffement par friction dans l’eau elle-même. La chaleur générée par les chutes d’eau fait fondre la glace de bas en haut.

Les chercheurs estiment que jusqu’à 82 millions de mètres cubes d’eau de fonte ont été transférés dans le lit du Store Glacier chaque jour au cours de l’été 2014. Selon eux, la puissance produite par la chute d’eau pendant les périodes de pointe est comparable à la puissance produite par le Barrage des Trois Gorges (Chine), la plus grande centrale hydroélectrique du monde. Avec une zone de fonte qui s’étend sur près d’un million de kilomètres carrés au plus fort de l’été, la calotte glaciaire du Groenland produit plus d’hydroélectricité que les dix plus grandes centrales hydroélectriques du monde réunies !

Source : University of Cambridge.

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Every year as summer approaches, when the Arctic atmosphere warms, thousands of ponds and streams created by melting ice appear on the surface of the Greenland Ice Sheet. These waters tend to flow towards the base of the ice cap through cracks or fissures.
In a new study, researchers from the University of Cambridge (England) explain that water from the surface melt tends to fall down to the base of the ice cap, producing a large amount of heat. The latter accelerates the melting of the ice a little more.
It is this phenomenon that English researchers studied for the first time. They wanted to understand how and why Greenland’s melt lakes are emptying so quickly and what their effect is on the overall behaviour of the ice sheet. The information is all the more important in the current context of human-caused global warming where the Greenland ice cap has become the main contributor to sea level rise.
It was a measurement of the rate of melting of the base of the cap, about 1,000 meters below the surface, which enabled the researchers to make their discovery. It was possible thanks to a radioprobe technique. They were surprised to find that the rate of melting was often as high at depth as at the surface. However, the surface receives heat from the sun while the base does not.
To confirm their findings, the researchers independently measured the water temperature at the base of the Greenland Ice Sheet through sensors installed in a borehole near Store Glacier, one of Greenland’s main glaciers which they studied for seven years. They recorded a surprising temperature of 0.88°C at the base of the glacier, which is surprisingly high for an ice sheet base with a melting point of -0.40°C.
According to the scientists, the phenomenon is explained by a much less efficient drainage system at the base of the ice cap than on the surface. In particular, there is significant heating by friction in the water itself. The heat generated by the waterfalls melts the ice from bottom to top.
The researchers estimate that up to 82 million cubic meters of meltwater was transferred to the bed of Store Glacier each day during the summer of 2014. According to them, the power produced by the waterfall during the peak periods is comparable to the power produced by the Three Gorges Dam (China), the largest hydroelectric plant in the world. With a melting zone that extends over almost a million square kilometers at the height of summer, the Greenland ice cap produces more hydroelectricity than the ten largest hydroelectric power stations in the world combined!
Source: University of Cambridge.

Lacs de fonte à la surface du GroenLand (Source: Wikipedia)