Des icebergs pour lutter contre la pénurie d’eau // Icebergs to fight against water shortage

Avec le changement climatique, un problème majeur sur Terre dans les prochaines décennies sera probablement le manque d’eau. Les pays situés dans les régions les plus sèches de la planète seront les premiers à en souffrir. L’Afrique du Sud en fait partie et les autorités tentent de trouver des solutions. L’un des projets consisterait à remorquer un iceberg depuis l’Antarctique jusqu’au Cap pour fournir de l’eau douce à la ville qui est sous la menace d’une pénurie d’eau. En 2017, Le Cap était sur le point de fermer tous ses robinets et d’obliger la population à faire la queue pour obtenir des rations d’eau à des bornes fontaines publiques.
L’idée de remorquer un iceberg de 90 à 100 millions de tonnes depuis l’Antarctique n’est pas nouvelle. L’idée a déjà été proposée par l’Arabie Saoudite il y a quelques années, mais le projet a finalement été abandonné parce qu’il était trop coûteux et comportait trop de difficultés techniques.

Le projet consiste à envelopper l’iceberg dans une jupe textile isolante pour stopper la fonte de la glace et d’utiliser un supertanker et deux remorqueurs pour le tirer sur 1900 kilomètres vers Le Cap en utilisant les courants océaniques. L’iceberg, soigneusement sélectionné par des drones et des radiographies, aurait une longueur d’environ 800 mètres, une largeur de 500 mètres et une épaisseur de 250 mètres, avec une structure tabulaire.
L’eau provenant de la fonte de la glace pourrait être recueillie chaque jour en utilisant des canaux de collecte tandis qu’une machine dotée d’une fraise broierait la glace. Ce système produirait 150 millions de litres d’eau utilisable chaque jour pendant un an.
On estime qu’il faudrait débourser 100 millions de dollars pour transporter un iceberg depuis l’Antarctique, voyage qui pourrait prendre jusqu’à trois mois, sans oublier 50 à 60 millions de dollars pour récolter l’eau de fonte pendant un an.
Pour faire face à la sécheresse, Le Cap a déjà pris des mesures allant de la construction d’usines de dessalement d’eau de mer à la publication d’instructions strictes demandant à la population de n’utiliser les toilettes que lorsque cela est nécessaire.

On ne sait pas si les autorités du Cap seront séduites par le projet d’iceberg antarctique. Un problème sera de savoir comment transférer l’eau de l’iceberg vers le réseau de distribution de la ville. On ne sait pas non plus si, une fois arrivé au cap, l’iceberg sera toujours en mesure de produire les volumes d’eau espérés. Les scientifiques indiquent qu’il pourrait perdre près de 30% de sa masse lors de son voyage vers le nord.
De nombreux scientifiques sont persuadés que le projet est fou. C’est l’opinion d’un glaciologue norvégien qui a travaillé en Arabie Saoudite sur le projet similaire mentionné précédemment.
Le projet sud-africain impliquant le remorquage d’un iceberg n’a jamais été réalisé et on ne sait pas s’il résisterait aux courants océaniques. On ne sait pas non plus si le bloc de glace ne se  fracturera pas au cours du voyage. Selon ses initiateurs, c’est certes un projet à haut risque, mais qui peut, au bout du compte, présenter de sérieux avantages.
Source: Presse internationale.

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With climate change, a major problem on Earth in the next decades will probably be the lack of water. Countries located in the driest parts of the world will be the first to suffer from this problem. South Africa is one of them and authorities are trying to find solutions. One of the projects would consist in towing an iceberg from Antarctica to Cape Town to supply fresh water to the city which is under the threat of a shortage of water. In 2018, Cape Town was very close to shutting off all its taps and forcing residents to queue for water rations at public standpipes.  .

The idea of towing a a 90-100 million-ton iceberg from Antarctica is not new. It was already imagines by Saudi Arabia a few years ago, but the project was finally abandoned because it was too costly and involves too many technical difficulties. It would consist in wrapping the iceberg in a textile insulation skirt to stop its melting and using a supertanker and two tugboats to drag it 1,900 kilometres towards Cape Town using prevailing ocean currents. The iceberg, carefully selected by drones and radiography scans, would be about 800 metres long, 500 metres wide and up to 250 metres thick, with a flat surface.

Melted water could be gathered each day using collection channels while a milling machine would create ice slurry. This system would produce 150 million litres of usable water every day for a year.

It has been estimated it would cost 100 million dollars to haul an iceberg on a journey that could take up to three months, and another 50-60 million dollars to harvest the water for one year as it melts.

To tackle the drought, Cape Town has already taken measures ranging from building seawater desalination plants to issuing strict instructions to only flush toilets when necessary. However, whether Cape Town authorities will be persuaded to embrace the iceberg project is unclear. One problem would be how to channel the water from the iceberg into the city’s distribution system. Another problem is that there is no guarantee that by the time the iceberg is hauled to Cape Town, it will still be able to produce the promised volumes of water. Scientists say it is likely to shrink by almost 30 per cent on its journey northwards.

Many experts are convinced the project is crazy. This is the opinion of a Norwegian glaciologist who worked on the Arabian project I mentioned above.

Such a project involving the towing of an iceberg has never been done before and it is unknown if it would withstand ocean currents or simply fracture in transit. According to its initiators, it is a high risk project, but also one which may have a very high reward at the end.

Source : Presse internationale.

Exemple d’iceberg tabulaire (Crédit photo: Wikipedia)

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Eruption du Kilauea (Hawaii): Dernières nouvelles // Latest news

9h00 (heure française): L’éruption se poursuit le long de la Lower East Rift Zone du Kilauea, dans la subdivision des Leilani Estates. De nouvelles fractures parcourues de bouches éruptives actives se sont ouvertes au cours de la matinée du 5 mai 2018, et l’apparition d’autres fractures actives est probable dans la région.
Un épisode de déflation est toujours observé au sommet du Kilauea et le niveau du lac de lave continue de baisser. Il n’y a pas de coulées de lave actives dans le secteur du Pu’uO’o.
Des répliques du séisme M6.9 sont toujours enregistrées et d’autres devraient se produire, avec des répliques plus importantes provoquant des éboulements et des nuages ​​de cendre au-dessus des cratères du Pu’uO’o et de l’Halema’uma’u.
L’USGS a publié des cartes qui montrent où la lave pourrait sortir des fractures si l’éruption continue. La carte ci-dessous montre l’emplacement des fissures éruptives dans l’ordre de leur apparition dans la subdivision des Leilani Estates le 10 mai 2018 à 10h. Les lignes bleues sont les pentes les plus raides susceptibles d’être empruntées par les coulées de lave.
La Protection Civile confirme qu’en ce moment cinq maisons ont été détruites par la lave. Elle rappelle également que les habitants des Leilani Estates et Lanipuna Gardens ont été placés en état d’évacuation et que des centres d’hébergement provisoires sont disponibles.
Une restriction d’utilisation de l’eau est en vigueur pour les habitants de la subdivision des Leilani Estates et en aval. Toutes les habitations du secteur de Kapoho sont concernées par cette situation d’urgence. Des points d’eau ont été installés près de l’entrée du Lava Tree National Monument et une citerne a été placée à Vacationland pour un accès public à l’eau potable.
La Protection Civile explique encore une fois que le dioxyde de soufre représente une menace pour toutes les personnes qui se trouvent exposées et qui doivent donc se montrer extrêmement vigilantes.
Sources: USGS, HVO, journaux locaux.

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13 heures (heure française): Dans une mise à jour diffusée le 5 mai à 18h45.(heure locale), les scientifiques du HVO ont confirmé qu’aucune nouvelle bouche éruptive n’est apparue à la suite des huit fractures déjà identifiées dans les Leilani Estates. La fracture 7 a cessé d’émettre de la lave en milieu d’après-midi. Une nouvelle fracture s’est ouverte dans la soirée près des fractures 2 et 7, avec des fontaines de lave qui atteignaient jusqu’à 70 mètres de hauteur. La Protection Civile a indiqué que la lave a déjà détruit cinq maisons et on observe des émissions gazeuses toxiques – de SO2 en particulier – sur le site de l’éruption ; elles représentent une menace pour toute personne exposée.
La sismicité et la déformation révèlent l’accumulation continue de magma dans la zone du rift.
Les subdivisions des Leilani Estates et des Lanipuna Gardens restent en état d’évacuation. La région continue d’être dangereuse en raison de l’ouverture de bouches éruptives, la sismicité et les émissions gazeuses. Pour le moment, il n’est pas question de permettre aux habitants des zones évacuées de rentrer chez eux.
Les inclinomètres au sommet du Kilauea continuent d’enregistrer la tendance déflationniste. Les données satellitaires montrent qu’entre le 23 avril et le 5 mai 2018, le plancher de la caldeira sommitale s’est affaissé d’environ 10 centimètres. En parallèle avec cette tendance déflationniste, le niveau du lac de lave dans l’Overlook Crater a chuté d’environ 128 mètres sous la lèvre du cratère depuis le 30 avril.
Sources: HVO, Protection Civile.

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16 heures (heure française): J’ai délaissé momentanément le Piton de la Fournaise où le tremor décline régulièrement, comme les fois précédentes. On se dirige vers la lente agonie de l’éruption. A Hawaii, l’éruption revêt une autre ampleur car elle se déroule dans des zones habitées.

Le Hawaï Tribune Herald indique (information publiée à 00h05 le 6 mai) qu’après deux jours d’activité volcanique destructrice dans le district de Puna, les habitants ont connu un moment de soulagement en fin de journée le 5 mai quand ils ont constaté que les huit bouches éruptives avaient cessé d’émettre de la lave. Cinq maisons ont été détruites dans les Leilani Estates, mais samedi après-midi la lave ne coulait plus et la sismicité s’était calmée. Cependant, le HVO fait remarquer que l’activité volcanique devrait reprendre après cette pause, comme ce fut le cas au début de l’éruption dans les Leilani Estates. Toutes les indications montrent que l’intrusion magmatique reste active, et la possibilité d’une reprise de éruption reste présente. De plus, les bouches éruptives semblent reliées par la lave qui s’en échappe.
Les autorités espèrent autoriser certaines personnes évacuées à retourner brièvement chez elles, le temps de récupérer des objets de valeur et des documents, à condition que les gaz volcaniques le permettent.

Depuis que les fractures éruptives se sont ouvertes dans les Leilani Estates, crachant de la lave et du SO2, tout le monde dans la partie sud du District de Puna est devenu géologue amateur ou volcanologue, convaincu de savoir quelle zone sera sure et quelle autre subira les assauts de la lave.

Cependant, il n’y a pas deux semaines, personne ne s’attendait à voir la lave du Kilauea sortir du sol dans les Leilani Estates, avec des séismes qui ont fait vcraindre le déclenchement d’un tsunami.
La subdivision des Leilani Estates est divisée en  parcelles d’un et plusieurs acres avec vue sur l’océan. C’est le contraire dans les Nanawale Estates où se regroupent quelque 650 maisons modestes. Avant que l’activité sismique débute dans la subdivision de Leilani et que s’ouvrent les fractures éruptives, il aurait été difficile de trouver quelqu’un à Nanawale pensant subir le même sort. Leilani est située au cœur de l’East Rift Zone du Kilauea, tandis que Nanawale est situées juste au nord-est des Leilani Estates et est considéré comme étant à l’extérieur de la zone de rift. Le problème, c’est que le séisme de vendredi a secoué la région qui a été envahie par une odeur d’œuf pourri. Tout le monde craint maintenant que Nanawale subisse le même sort que la subdivision de Leilani.
Source: Honolulu Advertiser.

 

La question que tout le monde se pose –surtout les habitants des zones évacuées – est la suivante : L’éruption va-t-elle durer encore longtemps ? Personne – sauf Madame Pele – n’est capable de donner une réponse fiable.

En prenant en compte le diamètre de l’Overlooc Crater (250 mètres) et la hauteur de lava évacuée au cours des derniers jours (128 mètres), on arrive à un volume de 6 280 000 mètres cubes qu’il faudrait réduire légèrement, car les parois du cratère on tendance à se rapprocher vers le fond. On peut donc raisonnablement affirmer qu’environ 6 millions de mètres cubes de lave se sont échappés de l’Overlook Crater. A cela vient s’ajouter le volume que retenait le Pu ‘uO’o, sans parler de la lave qui circulait dans le réseau entre les deux sites éruptifs.

Je n’ai vu nulle part une estimation du volume de lave vomi par les 8 fractures dans les Leilani Estates, mais il doit être bien inférieur aux chiffres ci-dessus. En estimant que chaque fracture se soit ouverte sur 200 mètres de longueur, avec des accumulations de lave de 3 mètres de hauteur et sur une largeur de 20 mètres de part et d’autres des fractures, on arrive à un volume émis d’environ 200 000 mètres cubes qui est loin du chiffre proposé précédemment.

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22 heures (heure française): Une mise à jour de la Protection Civile publiée le dimanche 6 mai 2018 à 8h15 (heure locale) indique que 2 nouvelles fractures sont apparues entre Leilani et Malama Street près de Luana et Kupono Street le 5 mai dans la soirée, ce qui porte le nombre total de fractures éruptives à 9 en ce moment. Les projections de lave et les émissions de gaz toxiques continuent entre Mohala et  Pomaika’i Street.
La Protection Civile confirme qu’à ce jour, au moins 9 maisons ont été détruites.
Si les conditions le permettent, les habitants des Leilani Estates ayant une maison entre la Highway 130 et Maile Street seront autorisés entre 8 h et 18 h à entrer dans le lotissement pour récupérer les animaux de compagnie, des médicaments et des documents essentiels. Les habitants devront récupérer leurs articles rapidement afin que d’autres habitants puissent faire de même. Ils devront fournir une pièce d’identité et la preuve qu’ils résident dans la subdivision de Leilani. Un premier point de contrôle est mis en place par la police au niveau des Highway 130 et Highway 132. Un autre point de contrôle se trouve au niveau de la Highway 130 et de Leilani Streeet.
Aucun accès n’est autorisé pour le moment aux habitants de Lanipuna Gardens en raison des gaz volcaniques toxiques.
Source: Big Island Now.

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9:00 (French time) : The eruption continues along Kilauea’s Lower East Rift Zone within the Leilani Estates subdivision. Additional fissure vents producing spatter and small lava flows developed early in the morning of May 5th, 2018, and additional outbreaks in the area are likely.

Deflationary tilt at the summit of the volcano continues and the lava lake level continues to drop. There is no active lava in the Pu’uO’o area.

Aftershocks from the M6.9 earthquake continue and more should be expected, with larger aftershocks potentially producing rockfalls and associated ash clouds above Pu’uO’o and Halema’uma’u Crater.

USGS has released maps that show where the lava from the fissures could possibly flow if they keep erupting. The map below shows the locations of eruptive fissures in the order that they occurred in the Leilani Estates Subdivision as of 10 a.m. on May 5th, 2018. The blue lines are paths of steepest descent that identify likely paths of a lava flow.

The Civil Defense confirms that at this time, five homes have been destroyed. It also reminds residents that Leilani Estates and Lanipuna Gardens residents have been placed on evacuation notice and that shelters are available.

An emergency water restriction is in effect for residents of Leilani Estates Subdivision and below. All residences in the Kapoho area will be affected by this water emergency.  Water spigots have been installed near the entrance of Lava Tree State Park and a water tanker has been placed in Vacationland for public drinking water access.

The Civil Defence explains again that high levels of sulfur dioxide are a threat to all who become exposed. All are asked to be on the extreme alert to exposure to this gas..

Sources : USGS, HVO, Local newspapers.

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13:00 (French time): In an update released on May 5th at 6:45 p.m. (local time), HVO scientists confirmed that no new lava outbreaks have emerged beyond the eight fissures that have already been identified in Leilani Estates. Fissure 7 stopped erupting in mid-afternoon. A new fissure erupted in the evening near fissures 2 and 7, and lava fountains reached as high as about 70 metres. However, Civil Defence officials caution that the fissures have already destroyed five homes and continue to emit hazardous fumes in the subdivision. There are reports of extremely dangerous air quality conditions due to high levels of SO2 in the evacuation area, which can be a threat to anyone exposed.

Seismicity and deformation are consistent with continued accumulation of magma within the rift zone.
The subdivisions of Leilani Estates and Lanipuna Gardens remain under evacuation orders. The area continues to be unstable with volcanic venting and related hazards of earthquake and poisonous gases ongoing. For the moment, there is no question to allow residents of the evacuated areas to go back home.

Tiltmeters at the summit of Kilauea Volcano continue to record the deflationary trend of the past several days. Satellite data show that between April 23rd and May 5th, 2018, the summit caldera floor subsided about 10 centimetres. Corresponding to this deflationary trend, the summit lava lake level in the Overlook Crater has dropped about 128 metres below the crater rim since April 30th.

Sources: HVO, Civil Defence.

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16:00 (French time): I have momentarily left the eruption of Piton de la Fournaise where the tremor is slowly declining, announcing the near end of the eruption. In Hawaii, the eruption is far more serious as lava has appeared in populated areas.

The Hawaii Tribune Herald indicates (report posted at 12:05 on May 6th) that after two days of destructive volcanic activity in lower Puna, residents received some relief late on May 5th when the eight vents that had been emitting lava earlier in the day went quiet. Five homes were confirmed destroyed in the Leilani, but by Saturday afternoon all of the vents had stopped expelling lava, and the earthquakes that had rocked the region a day earlier had subsided. However, officials cautioned volcanic activity from Kilauea volcano likely will ramp up again. All indications show this intrusion remains active, and the possibility of an eruption is still there. Officials said the vents also appear to be “connected” by the lava that flow from them.

Authorities hope to allow some evacuees to briefly return to their homes, but only to retrieve valuables and documents, prodided noxious volcanic gases allow them to do so.

Since the eruptive fissures opened up in Leilani Estates, spitting lava and SO2, it seems that everyone in South Puna has become an amateur geologist and volcanologist, convinced they know which communities are safe and which ones are vulnerable to further outbreaks.

However, no one two weeks ago predicted that lava from Kilauea would suddenly shoot from the ground in Leilani Estates, along with earthquakes and fears that all the shaking would trigger a tsunami.

The Leilani Estates subdivision is filled with one- and multi-acre parcels boasting ocean views. It’s a clear contrast to Nanawale Estates, where roughly 650 modest homes are packed together. Before earthquakes began rumbling underground and opening fissures in Leilani Estates, it would have been hard to find anyone in Nanawale Estates who thought they might experience the same fate. The former is located in the heart of Kilauea’s East Rift Zone risk area, while the latter is just northeast of Leilani Estates and is considered just outside of the East Rift Zone. But Friday’s earthquake shook the area which was invaded with the overwhelming smell of rotten eggs. Everybody now fears their area might encounter the same fate at the Leilani subdivision.

Source : Honolulu Advertiser.

 

The question everyone – especially residents of the evacuated areas – isasking is: Will the eruption last a long time? Nobody – except Madam Pele – is able to give a reliable answer.
Taking into account the diameter of the Overlooc Crater (250 metres) and the height of lava evacuated in recent days, we get to a volume of 6 280 000 cubic metres that should be reduced slightly because the walls of the crater tend to get closer towrds the bottom. It is reasonable to say that about 6 million cubic metres of lava escaped from the Overlook Crater. Added to this is the volume held by Pu’uO’o, not to mention the lava circulating in the network between the two eruptive sites.
I did not see any estimate of the volume of lava vomited by the 8 fractures in the Leilani Estates, but it must be well below the figures above. Estimating that each fracture opened on a length of 200 metre, with accumulations of lava 3 metres high and 20 meters wide on both sides of the fractures, one finds an emitted volume of about 200 000 cubic metres which is far from the figure previously suggested.

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22:00 (French time): A Civil Defense update released on Sunday May 6th, 2018 at 8:15 a.m. (local time) indicates that 2 more fissures emerged between Leilani and Malama Street near Luana and Kupono Street on May 5th in the evening, bringing the total number of fissures to 9 at this time. Active venting of lava and hazardous fumes continue between Mohala and Pomaika’i Street.

It is confirmed that at this time, at least 9 homes have been destroyed.

Conditions permitting, Leilani Estates residents with property between Highway 130 and Maile Street will be allowed to enter the subdivision to complete evacuation of pets, medicine, and vital documents left behind between the hours of 8 a.m to 6 p.m. Residents should retrieve their items expeditiously so others may go in after them. They will be required to provide identification and proof of residency in Leilani Subdivision.  Primary Police checkpoint is established at Highway 130 and 132. A secondary checkpoint is at Highway 130 and Leilani Street.

No access is allowed at this time for residents of Lanipuna Gardens due to dangerous volcanic gases.

Source: Big Island Now.

Source: USGS

Pérou : L’eau des glaciers menace des populations // Peru : The water from glaciers threatens populations

Le Pérou a perdu plus de 40% de ses glaciers en quelques années. La ville de Huaraz (130 000 habitants) est particulièrement menacée par les effets du réchauffement climatique. Le 19 juin 2016 sur ce blog, j’ai expliqué que la région était exposée aux déversements d’eau glaciaire suite à la rupture de moraines qui retiennent les lacs d’eau de fonte en altitude. Je faisais remarquer que les autorités locales n’avaient guère fait d’efforts pour trouver des solutions. Ainsi, en dépit du fait que Huaraz a été inondée par le lac glaciaire du Palcacocha en 1941 et qu’une avalanche a détruit la ville voisine de Yungay en 1970, faisant 23 000 victimes, des systèmes de surveillance n’ont pas été installés pour alerter les populations en cas de catastrophe imminente.

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2016/06/19/la-fonte-des-glaciers-menace-le-perou-peru-under-the-threat-of-its-melting-glaciers/

La vallée où se trouve Huaraz est bordée par deux chaînes de montagnes. À l’ouest, la Cordillère noire jouxte le Pacifique et protège des vents les sommets enneigés de sa grande sœur de l’est, la Cordillère blanche. Au milieu des plaines vertes du Huascaran, un sommet blanc émerge des montagnes ; c’est le glacier du Pastoruri. Pour y accéder, il faut prendre une route créée il y a quatre ans par le service des parcs nationaux. On a l’appelée la « route du changement climatique ». Elle permet d’expliquer les effets du réchauffement climatique sur une zone aussi vulnérable que la Cordillère blanche.

Au Pérou, les parcs nationaux veulent montrer les effets du changement climatique sur les glaciers comme celui du mont Pastoruri qui a pratiquement disparu. La « route du changement climatique » culmine à 5 000 mètres d’altitude. Depuis cet endroit, auparavant, il fallait à peine cinq minutes pour atteindre le glacier. Désormais, entre 40 minutes et à une heure de marche sont nécessaires, tellement le glacier a fondu et a reculé. Ici, on est dans une cordillère tropicale où la fonte des glaciers est encore plus importante qu’ailleurs. Un lac s’est formé au pied du glacier. En 2010, il avait 10 mètres de profondeur. À présent, on l’estime à 20 mètres. Le processus actuellement irréversible du réchauffement climatique va faire disparaître ce glacier de la Cordillère blanche.

A travers la « route du changement climatique »,  le service des parcs nationaux veut démontrer que les gens doivent changer leur façon de consommer l’eau. On doit trouver une meilleure manière de la stocker dans les réservoirs en haut des montagnes pour pouvoir répondre aux besoins des habitants de la région.

Avec la fonte des glaciers au Pérou, il y a moins de glace et plus d’eau, mais une eau polluée par les minéraux et donc impropre à la consommation. Ce n’est pas l’unique danger. La Cordillère blanche est l’un des endroits au monde où il y a eu le plus de désastres liés aux glaciers avec, comme je l’expliquais plus haut, des ruptures de moraines et la vidange brutale de lacs glaciaires. Ces « tsunamis de montagne » sont apparus par milliers depuis plus de 50 ans au sein des montagnes péruviennes. C’est le cas du Palcacocha situé à 4 500 mètres d’altitude. Autrefois, ce lac était petit et accolé à un glacier. Le glacier a fondu plus vite et il a été remplacé par un énorme lac qui n’existait pas avant. Si la moraine qui retient ce lac lâche, le tsunami pourrait entraîner la mort de plus de 50 000 personnes aux alentours de Huaraz.

Source : France Info.

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Peru has lost more than 40% of its glaciers in a few years. The city of Huaraz (pop.130,000) is particularly threatened by the effects of global warming. On June 19th, 2016, I explained on this blog that the region was exposed to glacial water spills following the rupture of moraines that hold the meltwater lakes. I pointed out that local authorities have made little effort to find solutions. Thus, although Huaraz was flooded by the Palcacocha glacial lake in 1941 and an avalanche destroyed the nearby town of Yungay in 1970, killing 23,000 people, surveillance systems were not installed to alert populations in the event of an imminent disaster.
https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2016/06/19/la-fonte-des-glaciers-menace-le-perou-peru-under-the-threat-of-its-melting-glaciers/

The valley where Huaraz is located is bordered by two mountain ranges. To the west, the Cordillera Negra borders the Pacific and protects from the winds the snow-capped peaks of its eastern sister, the Cordillera Blanca. In the middle of the Huascaran plains, a white summit emerges from the mountains; it is the Pastoruri Glacier. To get there, you have to take a road created four years ago by the National Parks Service. It has been called the « Climate Change Road ». It explains the effects of global warming on the vulnerable area of the Cordillera Blanca.
In Peru, national parks want to show the effects of climate change on glaciers like Mount Pastoruri’s which has practically disappeared. The « climate change road » culminates at 5,000 metres above sea level. From here, it took just five minutes to reach the glacier. From now on, it takes between 40 minutes and one hour on foot because the glacier has enormously melted and retreated. Here, we are in a tropical mountain range where the melting of glaciers is even faster than elsewhere. A lake formed at the foot of the glacier. In 2010, it was 10 metres deep. Now it is estimated at 20 metres. The currently irreversible process of global warming will remove this glacier from the Cordillera Blanca.
Through the « Climate Change Road », the National Parks Service wants to demonstrate that people need to change the way they consume water. One should find a better way of storing it in reservoirs at the top of the mountains to meet the needs of the people in the area.
With the melting of glaciers in Peru, there is less ice and more water, but this water is polluted by minerals and therefore unfit for consumption. This is not the only danger. The Cordillera Blanca includes a lot of glacial disasters with, as explained above, moraine ruptures and the sudden drainage of glacial lakes. These « mountain tsunamis » have appeared in thousands for more than 50 years in the Peruvian mountains. This is the case of Palcacocha which is located 4,500 meters above sea level. In the past, this lake was small and attached to a glacier. The glacier melted very fast and was replaced by a huge lake that did not exist before. If the moraine that holds this lake breaks open, the tsunami could kill more than 50,000 people around Huaraz.
Source: France Info.

La Laguna Palcacocha en 1939.

La Laguna Palcacocha en 2002

Pastoruri, l’un des glaciers de la Cordillera Blanca

(Crédit photos: Wikipedia)

Fonte des glaciers: Bénédiction et malédiction au Pérou // Glacier melting : A blessing and a curse in Peru

Au cours de mes conférences, je prends souvent l’exemple du Pérou pour illustrer les craintes suscitées par la fonte des glaciers dans les Andes. En effet, si les glaciers disparaissent, il n’y aura plus d’eau potable pour la population, pour  produire de l’électricité ou pour irriguer les cultures. En fin de compte, les gens devront déménager et aller vivre dans les villes.
Malgré tout, il y a encore quelques endroits au Pérou où le désert prospère grâce à l’eau fournie par la fonte des glaciers. Les champs regorgent de cultures. L’électricité et l’eau arrivent dans des villages qui n’en avaient jamais eu. Les agriculteurs sont venus des montagnes dans l’espoir de trouver une vie prospère grâce à ces terres irriguées. Tout cela pourrait ressembler à un projet agricole parfait, mais il y a un hic: S’il y a tant d’eau dans cette zone désertique c’est parce que les glaciers fondent sur les montagnes de la Cordillère des Andes, et la manne sera probablement de courte durée.
Dans ces rares endroits du Pérou où le changement climatique est actuellement une bénédiction, il est en passe de devenir une malédiction. Au cours des dernières décennies, l’accélération de la fonte des glaciers dans les Andes a permis une ruée vers l’or en aval, avec l’irrigation et à la mise en valeur de plus de 400 kilomètres carrés de terres depuis les années 1980. Pourtant, cette situation idéale ne sera que temporaire. La quantité d’eau diminue déjà à mesure que les glaciers disparaissent, et les scientifiques estiment que d’ici 2050, une grande partie de la calotte glaciaire andine ne sera plus qu’un souvenir.
Tout au long du 20ème siècle, d’énormes projets de développement mis en place par les gouvernements, de l’Australie à l’Afrique, ont détourné l’eau vers les terres arides. Ainsi, une grande partie de la Californie du Sud était une zone sèche jusqu’à ce que les canaux apportent de l’eau, provoquant spéculations et mise en valeur des terres, une période connue sous le nom de «Water Wars» et qui apparut dans le film Chinatown en 1974.
Le changement climatique menace aujourd’hui certaines de ces entreprises ambitieuses, en réduisant la surface des lacs, en diminuant les nappes phréatiques et en faisant reculer les glaciers qui alimentent les cultures. Au Pérou, le gouvernement a irrigué le désert le long de la côte septentrionale du Pérou et l’a transformé en terres agricoles grâce au projet d’irrigation Chavimochic de 825 millions de dollars qui, dans quelques décennies, pourrait être sérieusement menacé.
De nos jours, la diminution de l’alimentation l’eau est une menace pour le Pérou. Alors que plus de la moitié du pays se trouve dans le bassin humide de l’Amazone, peu de ses habitants s’y sont installés. La plupart d’entre eux habitent la côte nord sèche et protégée de la pluie par la Cordillère des Andes. Alors que la région comprend la capitale, Lima, et 60% des Péruviens, elle ne détient que 2% de l’approvisionnement en eau du pays.
Les glaciers représentent la source d’eau principale pour une grande partie de la côte du Pérou pendant la saison sèche qui s’étend de mai à septembre. Les glaciers de la Cordillère Blanche, qui ont pendant longtemps alimenté en eau le projet d’irrigation Chavimochic, ont diminué de 40% depuis 1970 et reculent à un rythme de plus en plus rapide, à raison d’environ 10 mètres par an. La température au niveau des glaciers a augmenté de 0,5 à 0,8 degré Celsius entre les années 1970 et le début des années 2000, ce qui a fait doubler le recul des glaciers au cours de cette période.
Le recul des glaciers a mis à jour des métaux lourds, comme le plomb et le cadmium, qui sont restés sous la glace pendant des milliers d’années. Ils s’évacuent maintenant dans les nappes souterraines, colorient des ruisseaux entiers en rouge, tuent le bétail, anéantissent les récoltes et rendent l’eau impropre à la consommation.
La température a fortement augmenté dans la région et provoqué d’étranges changements dans les cycles de culture. Au cours de la dernière décennie, le maïs – qui, depuis la période précoloniale, n’était cultivé qu’une fois par an dans les montagnes – peut maintenant être récolté en deux cycles, parfois trois. Les agriculteurs disent que ce serait une aubaine s’il n’y avait pas tous les parasites qui pullulent maintenant à cause de l’air plus chaud.
Source: The New York Times.

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During my conferences, I usually take the example of Peru to illustrate the dangerous consequences of glaciers melting in the Andes. Indeed, if glaciers disappear, there will be no more water to drink, to produce electricity or to irrigate the cultures. In the end, people will have to move away and live in cities.

There are still a few places in Peru where the desert is still blooming thanks to the water provided by the melting glaciers. Fields are full of cultures. Electricity and water have come to villages that long had neither. Farmers have moved here from the mountains, seeking new futures on all the irrigated land. It might sound like a perfect development plan, except for one catch: The reason so much water flows through this desert is that an icecap high up in the mountains is melting away. And the bonanza may not last much longer.

In these places of Peru, climate change has been a blessing, but it may become a curse. In recent decades, accelerating glacial melt in the Andes has enabled a gold rush downstream, contributing to the irrigation and cultivation of more than 400 square kilometres of land since the 1980s. Yet the boon is temporary. The flow of water is already declining as the glacier vanishes, and scientists estimate that by 2050 much of the icecap will be gone.

Throughout the 20th century, enormous government development projects, from Australia to Africa, have diverted water to arid land. Much of Southern California was dry scrubland until canals brought water, inciting a storm of land speculation and growth, a time known as the “Water Wars” depicted in the 1974 film “Chinatown.”

Yet climate change now threatens some of these ambitious undertakings, reducing lakes, diminishing aquifers and shrinking glaciers that feed crops. In Peru, the government irrigated the desert and turned it into farmland through the  825-dollar million Chavimochic irrigation project that, in a few decades, could be under serious threat.

Now dwindling water is the threat to Peru. While more than half of Peru sits in the wet Amazon basin, few of its people ever settled there. Most inhabit the dry northern coast, cut off from most rain by the Andes range. While the region includes the capital, Lima, and 60 percent of Peruvians, it holds only 2 percent of the country’s water supply.

The glaciers are the source of water for much of the coast during Peru’s dry season, which extends from May to September. But the icecap of the Cordillera Blanca, long a supply of water for the Chavimochic irrigation project, has shrunk by 40 percent since 1970 and is retreating at an ever-faster rate. It is currently receding by about 10 metres a year. The temperature at the site of the glaciers rose 0.5 to 0.8 degrees Celsius from the 1970s to the early 2000s, causing the glaciers to double the pace of their retreat in that period

The retreat of the icecap has exposed tracts of heavy metals, like lead and cadmium, that were locked under the glaciers for thousands of years. They are now leaking into the ground water supply, turning entire streams red, killing livestock and crops, and making the water undrinkable.

Temperatures in this area have risen sharply, leading to strange changes in crop cycles. Over the past decade, corn — which since precolonial times was grown only once a year in the mountains — can now be harvested in two cycles, sometimes three. Farmers say that would be a godsend if it were not for all the pests that now thrive in the warmer air.

Source : The New York Times.

Vue de la Cordillère Blanche dont les glaciers alimentent certaines zones arides du nord du Pérou (Source: Google Maps)

Quelques nouvelles des Iles Salomon // Some news of the Solomon Islands

Les autorités locales indiquent que le volcan Tinakula connaît une éruption modérée de catégorie 3 qui ne représente guère de menace pour les îles voisines. Comme c’est souvent le cas lors d’une éruption dans cette partie du monde, la principale préoccupation est l’impact de la cendre volcanique sur les localités sous le vent où l’on signale que les réserves d’eau ont déjà été contaminées. Une alerte aérienne a également été émise pour les îles Santa Cruz.
L’incertitude provoque beaucoup d’angoisse chez les habitants affectés par l’éruption du Tinakula. Un enseignant dans l’une des zones concernées a déclaré que la pénurie d’eau potable sur Fenualoa et les îles avoisinantes est le problème le plus urgent, mais il a ajouté que le manque d’information est également source d’angoisse. Les habitants aimeraient savoir ce qui va se passer maintenant. Ils posent de nombreuses questions: l’éruption apportera-t-elle de bonnes choses à l’île? Ils commencent aussi à faire des spéculations et se demandent si le soufre se mélangera à l’oxygène. Ils veulent savoir s’il y aura des pluies acides. Il y a aussi beaucoup d’inquiétude pour la population de Nupani, une île beaucoup plus proche du volcan que Fenualoa. On n’a pas de nouvelles de cette île parce qu’il n’y a pas de couverture de réseau de téléphonie mobile.
Source: Radio New Zealand.

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Local authorities indicate that the Tinakula volcano is undergoing a category three moderate eruption that poses minimal threat to nearby islands. As happens very often during an eruption in that part of the world, the major concern is the impact of ash from the volcano on downwind communities where there are reports that water supplies have already been contaminated. An aviation warning has also been issued for the Santa Cruz Islands.

Uncertainty is causing a lot of anxiety in the communities affected by volcano. A teacher in one of the affected communities said that the shortage of safe-drinking water on Fenualoa and the nearby islands was the most immediate problem but he added that the lack of accurate information was also an issue. Residents are worried what will happen next besides the water. They ask many questions : Will the eruption bring good things to the island? They also start making speculations and wonder whether will be things like when sulphur combines with oxygen. They want to know if there will be acid rain. There is also a lot of concern for people on Nupani, an island much closer to the volcano than Fenualoa. There has been no news from that island because there is no mobile network coverage.

Source : Radio New Zealand.

Source: NASA

Ambae / Aoba (Vanuatu)

Selon l’agence Reuters, les évacuations se poursuivent à Ambae (également appelée Aoba). Comme je l’ai indiqué précédemment, les autorités ont décidé d’évacuer les 11 000 habitants de l’île. La situation est d’autant plus préoccupante que l’éruption a pollué une grande partie des sources, de sorte que des milliers de personnes sont dépourvues d’eau potable.
Un survol du volcan Manaro Voui a permis samedi de voir qu’il émettait des panaches de vapeur et projetait des matériaux dans les airs. Des explosions avaient lieu toutes les 8 à 10 secondes, avec des projections de bombes jusqu’à 50 ou 100 mètres au-dessus du cratère. Il y avait aussi deux petites coulées de lave qui traversaient l’île avant d’entrer dans le lac.
Des foules d’habitants en provenance d’au moins trois sites d’évacuation ont commencé à embarquer dans des ferries, canots et navires commerciaux pour aller se réfugier dans des îles environnantes comme Maewo, Pentecôte et Santo. Le gouvernement du Vanuatu veut que les 11 000 habitants d’Ambae soient évacués d’ici le 6 octobre. Certains ont pris l’avion alors que d’autres ont déjà rejoint des amis ou des proches à Port Vila, la capitale. Plus de 6 000 personnes sont hébergées dans des abris d’urgence en prévision de l’évacuation totale.

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According to the Reuters press agency, evacuations are continuing at Ambae (also called Aoba). As I put it before, authorities have decided to evacuate the 11,000 residents of the island. The situation is all the more preoccupying as the eruption has polluted many of the island’s water sources leaving thousands of people in need of safe drinking water.

An overflight of the Manaro Voui volcano on Saturday allowed to see that it was hurling steam and rocks into the air. Explosions occurred every 8 to 10 seconds, throwing lava bombs up to 50 to 100 metres above the crater and there were also two small lava flows flowing across the island into the lake as well.

Crowds of islanders from at least three evacuation points on the island have begun boarding a flotilla of ships including ferries, canoes and commercial vessels for the safety of surrounding islands Maewo, Pentecost and Santo. The Vanuatu Government wants all 11,000 islanders evacuated by October 6th. Some islanders are flying out while others have already moved to stay with friends or relatives in the capital, Port Vila. More than 6000 people have gone to emergency shelters in preparation for the total evacuation.

Le Vésuve a-t-il pollué l’eau de Pompéi ? // Did Mt Vesuvius pollute water in Pompeii ?

Les anciens Romains étaient célèbres pour leur technique extrêmement avancée d’alimentation en eau, comme on peut s’en rendre compte en visitant les vestiges de leurs bains ou leurs aqueducs (voir les thermes de Chassenon en Charente, par exemple). Toutefois, l’eau potable qui circulait dans les conduites de Pompéi a probablement été empoisonnée à un niveau qui a pu entraîner des problèmes tels que vomissements, diarrhée, voire des lésions hépatiques et rénales.

C’est le résultat d’analyses effectuées dans un fragment de conduite d’eau de Pompéi, et publiées dans la revue Toxicology Letters. Selon un chimiste de l’Université du Danemark Méridional qui a participé à la recherche, «les concentrations étaient élevées et étaient définitivement problématiques pour les anciens Romains. Leur eau potable devait être dangereuse pour la santé». Il a analysé un fragment de conduite d’eau de Pompéi et le résultat a révélé un niveau élevé d’antimoine.
Depuis de nombreuses années, les archéologues sont persuadés que les canalisations d’eau chez les Romains étaient problématiques en matière de santé publique. Elles étaient faites de plomb, un métal lourd qui s’accumule dans le corps et finit par endommager le système nerveux et certains organes. Le plomb est également très dangereux pour les enfants. Il y a toujours eu cette idée reçue selon laquelle les Romains ont été empoisonnés par leur eau potable. Cependant, cette thèse est discutable. En effet, une conduite en plomb se calcifie assez rapidement, ce qui empêche le plomb de pénétrer dans l’eau potable. L’eau n’a pu être contaminée par le plomb que pendant de courtes périodes, par exemple lors de la pose des conduites ou pendant leur réparation.
En revanche, contrairement au plomb, l’antimoine est extrêmement toxique. Il est particulièrement irritant pour les intestins. Les réactions observées sont des vomissements et des diarrhées qui peuvent entraîner une déshydratation. Dans les cas graves, le foie et les reins peuvent être affectés et, dans le pire des cas, les troubles peuvent provoquer un arrêt cardiaque.
Comme indiqué précédemment, les concentrations d’antimoine ont été décelées dans le fragment de conduite de 40 milligrammes prélevé à Pompéi. Il a été analysé avec des équipements de haute technologie qui permettent de détecter les éléments chimiques dans un échantillon et de mesurer les endroits où ils se trouvent en grandes concentrations. Cependant, il faudra plusieurs analyses avant que les chercheurs puissent avoir une idée plus précise des effets de la contamination par l’antimoine sur la santé des anciens Romains.
Quoi qu’il en soit, il ne fait aucun doute que l’eau potable à Pompéi contenait des concentrations alarmantes d’antimoine et que la concentration était encore plus élevée que dans d’autres parties de l’Empire romain car Pompéi se trouve à proximité du Vésuve et on sait qu’il y a des concentrations d’antimoine plus élevées dans les eaux souterraines près des volcans.
Sources: Toxicology Letters (15 juillet 2017) & Science Daily.

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The ancient Romans were famous for their advanced water supply, as can be seen when you visit their baths or aqueducts. But the drinking water in the pipelines of Pompeii was probably poisoned on a scale that may have led to daily problems with vomiting, diarrhea, and liver and kidney damage.

This is the finding of analyses of water pipe from Pompeii, published in the journal Toxicology Letters. According to a chemist from University of Southern Denmark who participated in the research, « the concentrations were high and were definitely problematic for the ancient Romans. Their drinking water must have been decidedly hazardous to health. » He analysed a piece of water pipe from Pompeii, and the result surprised both him and his fellow scientists. The pipes contained high levels of antimony.

For many years, archaeologists have believed that the Romans’ water pipes were problematic when it came to public health. They were made of lead, a heavy metal that accumulates in the body and eventually shows up as damage to the nervous system and organs. Lead is also very harmful to children. So there has been a long-lived thesis that the Romans poisoned themselves to a point of ruin through their drinking water. However, this thesis is not always tenable. A lead pipe gets calcified rather quickly, thereby preventing the lead from getting into the drinking water. In other words, there were only short periods when the drinking water was poisoned by lead, for example, when the pipes were laid or when they were repaired.

Unlike lead, antimony is acutely toxic. It is particularly irritating to the bowels, and the reactions are excessive vomiting and diarrhea that can lead to dehydration. In severe cases it can also affect the liver and kidneys and, in the worst-case scenario, can cause cardiac arrest.

This new knowledge of alarmingly high concentrations of antimony comes from a 40-milligram fragment of water pipe found in Pompeii. It was analysed with very high technology equipment which enables to detect chemical elements in a sample and to measure where they occur in large concentrations. However, it will take several analyses before researchers can get a more precise picture of the extent to which Roman public health was affected.

Anyway, there is no question that the drinking water in Pompeii contained alarming concentrations of antimony, and that the concentration was even higher than in other parts of the Roman Empire, because Pompeii was located in the vicinity of Mount Vesuvius and it is well known that antimony occurs naturally in groundwater near volcanoes.

Sources: Toxicology Letters (15 juillet 2017) & Science Daily.

En plus de l’éruption de l’an 79, les Romains ont-ils été contaminés par leur eau? (Photo: C. Grandpey)