Le pipi de l’Everest

C’est bien connu : Paris Match, c’est le poids des mots et le choc des photos. Ce peut être aussi l’inverse comme le montre un article parue dans cette revue. On y apprend que, selon une étude scientifique parue dans la revue Regional Environmental Change, les 6000 litres d’urine laissés quotidiennement par les alpinistes sur l’Everest pourraient faire fondre plus de 150 tonnes de glace et de neige chaque année sur la montagne himalayenne. Cette information est confirmée par d’autres sites et chaînes d’information.

Crédit photo: Wikipedia

La quantité d’urine impressionnante s’explique par la grande quantité d’eau que les touristes et leurs guides boivent à longueur de journée pour éviter la déshydratation. Un sportif de haut niveau doit boire au moins 3 litres par jour ; sur l’Everest, cette dose se répète sur une cinquantaine de jours…et l’étude nous apprend que la conséquence est loin d’être négligeable !

Les chercheurs expliquent que les alpinistes urinent généralement directement sur le glacier de Khumbu, extrêmement fréquenté sur le versant népalais de l’Everest . Or, ce liquide qui a la température du corps humain (environ 37°C) provoque la fonte du glacier. Au final, cette urine tiède serait à elle seule responsable de la fonte de 154 tonnes de glace par saison.

Glacier Khumbu (Crédit photo: Wikipedia)

C’est, bien sûr, une quantité négligeable à côté de l’impact global du tourisme de masse sur l’Everest. Il est estimé par les auteurs de l’étude à 2 492 tonnes de glace et de neige fondus supplémentaires par saison. A cela s’ajoute, bien sûr, l’impact du réchauffement climatique qui est considérable sur la chaîne himalayenne

L’étude parue dans la revue Regional Environmental Change rappelle aussi qu’en 2023 les quelque 1 600 tentes du camp de base de l’Everest ont consommé 824 bonbonnes de gaz de pétrole liquéfié, 18 935 litres de kérosène et 5 130 litres d’essence pour la cuisine, le chauffage et l’énergie. À cela s’ajoutent les vols en hélicoptère pour les transporter au plus près et venir éventuellement secourir les alpinistes. Il y a aussi la chaleur corporelle des alpinistes et des yaks utilisés pour transporter les provisions, les déchets qui s’accumulent dans la montagne.

Le camp de base de l’Everest est un véritable dépotoir (Crédit photo: Wikipedia)

Les auteurs de l’étude conseillent de déplacer le camp de base de l’ascension de l’Everest en dehors du glacier de Khumbu. L’idéal serait de le transposer dans un lieu exempt de neige et de glace. Ce n’est pas pour demain !

S’agissant des déchets, l’Everest est une catastrophe environnementale. Voir mes notes du 22 février et du 21 mars 2026 à ce sujet. En février 2026, un texte législatif a été voté par la Chambre des Députés népalaise. Il instaure des règles plus strictes pour l’alpinisme, des dispositions renforcées en matière de sécurité et d’assurance, ainsi qu’un fonds permanent pour l’environnement destiné à la dépollution des hautes montagnes du pays, notamment l’Everest. Il y a du pain sur la planche !

Source: Paris Match.

Réchauffement climatique : L’Everest devient un cimetière à ciel ouvert // Global warming : Mount Everest is becoming an open-air graveyard.

Concentrations de CO2 : 427,46 ppm (11 août 2026)             

Concentrations de CH4 : 1937,59 ppb (avril 2026)

Avec la hausse des températures, la neige et la glace fondent à grande vitesse dans l’Himalaya. Cette fonte fait ressortir les corps d’alpinistes qui ont perdu la vie en montagne il y a plusieurs années, voire plusieurs décennies.

Des restes humains ont récemment été découverts près de la cascade de glace du Khumbu, sur l’Everest. Les sherpas ont prévu d’informer les autorités et ont souligné la nécessité de prendre rapidement en charge cette dépouille. Le corps pourrait appartenir à l’un des trois guides portés disparus lors d’une avalanche en 2014 ; un important effondrement de sérac avait déclenché une coulée qui a emporté 16 personnes.

 

Crédit photo : Wikipedia

Ces découvertes se multiplient à mesure que le réchauffement climatique accélère la fonte des glaciers, exposant des corps longtemps enfouis sous la glace. De nombreuses dépouilles reposent dans la « zone de la mort », où le faible taux d’oxygène accroît les risques de mal aigu des montagnes et peut s’avérer fatal au bout d’un certain temps. Certains corps sont retrouvés dans un état quasi identique à celui du moment du décès, équipés de leur tenue complète, avec crampons et baudriers.
En 2017, la main d’un alpiniste a émergé près du Camp I, et un autre corps est apparu sur le glacier du Khumbu la même année. Des alpinistes népalais qualifiés ont été mobilisés pour récupérer ces restes.
D’après la Himalayan Database, 229 alpinistes sont décédés sur le versant népalais de l’Everest, tandis que 110 ont perdu la vie sur le versant nord (tibétain). Bon nombre de corps situés côté népalais n’ont jamais été récupérés, alors que ceux du versant tibétain ont plus souvent été évacués.
La cascade de glace du Khumbu, l’un des passages les plus périlleux de l’ascension, a vu un nombre croissant de corps apparaître ces dernières années. Beaucoup se trouvent au-dessus de la « zone de la mort ».

La récupération de corps en haute altitude est une opération coûteuse et dangereuse, nécessitant souvent des équipes spécialisées ainsi que des conditions météorologiques favorables. Ce sujet reste controversé au sein de la communauté des alpinistes : il s’agit d’une entreprise qui coûte des milliers de dollars et mobilise jusqu’à huit sauveteurs pour chaque corps. Transporter des charges lourdes est difficile en haute altitude, et un corps peut peser plus de 100 kilos. La mission est pourtant nécessaire. Comme l’a déclaré un Sherpa : « Si nous continuons à laisser ces corps sur place, nos montagnes se transformeront en cimetières. »
Certains corps ont, au fil du temps, servi de sinistres points de repère pour les alpinistes. L’un d’eux, surnommé « Green Boots » (Chaussures vertes), marquait l’emplacement d’une grotte située près de la voie d’ascension, à environ 8 500 mètres d’altitude. Un autre repère similaire avait été baptisé « Sleeping Beauty » (La Belle au bois dormant).

 

Crédit photo : Nepal Plus

L’Himalaya recèle encore bien des secrets. Si la dépouille de George Mallory – alpiniste britannique disparu en 1924 – a finalement été retrouvée en 1999, celle de son compagnon de cordée, Andrew Irvine, n’a jamais été localisée. Il en va de même pour leur appareil photo, qui pourrait apporter la preuve qu’ils ont effectivement atteint le sommet et, potentiellement, réécrire l’histoire de l’alpinisme.

Les scientifiques avertissent que le recul des glaciers dans la région de l’Everest s’accélère. Un rapport de 2023 du Centre international pour le développement intégré des montagnes (ICIMOD) indique que les glaciers de la région de l’Hindou Kouch-Himalaya pourraient perdre jusqu’à 80 % de leur volume d’ici la fin du siècle. L’épaisseur des glaciers de la région de l’Everest a diminué de plus de 100 mètres au cours des six dernières décennies. Le rythme de la perte de glace a presque doublé depuis 2009. La nouvelle étude explique que, si le réchauffement climatique demeure la cause majeure du recul glaciaire, l’activité humaine au camp de base exerce une pression supplémentaire sur la glace et contribue à se disparition.

Camp de base de l ‘Everest, source de forte pollution sur cette montagne (Crédit photo : Wikipedia)

Le gouvernement népalais a délivré 401 permis d’ascension pour l’Everest en avril 2026. Le Népal a porté le coût du permis de 11 000 à 15 000 dollars. Alors que la Chine restreint l’accès depuis son territoire, le Népal voit un nombre important d’alpinistes tenter l’ascension de l’Everest.
Source : Everest Chronicle.

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With rising temperatures, snow and ice are melting at high speed in the Himalayas. The melting ice uncovers the bodies of climbers who died on the mountain several years or tens of years ago.  Human remains have recently been found near the Khumbu Icefall on Mount Everest. The local mountain guides planned to inform local authorities, and stressed that the remains should be handled promptly.

The body could belong to one of three guides who went missing in an avalanche in 2014, when a large serac collapse triggered an avalanche that swept away 16 people.

Such discoveries are becoming more frequent as rising temperatures accelerate glacial melt, exposing bodies long buried beneath the ice. Many bodies lie in the « death zone, » where low oxygen levels increase the risk of acute mountain sickness and eventually prove fatal after a certain period of time. Some bodies are still almost exactly as they were at the time of death, clad in their full gear, with crampons and harnesses.

In 2017, a climber’s hand surfaced near Camp I, and another body appeared on the Khumbu Glacier the same year. Trained Nepali climbers were deployed to retrieve the remains.

According to the Himalayan Database, 229 climbers have died on Everest’s Nepal side, while 110 have died on the mountain’s northern (Tibet) side. Many on the Nepal side remain unrecovered, while bodies on the Tibetan side have more often been removed.

The Khumbu Icefall, one of the mountain’s most dangerous sections, has seen an increasing number of bodies exposed in recent years. Many are located above the so-called “death zone”. Recovering bodies at high altitude is costly and hazardous, often requiring specialised teams and favourable weather conditions. High-altitude body recovery remains a controversial topic within the mountaineering community. It is an undertaking that costs thousands of dollars and requires up to eight rescuers for each body. Carrying heavy loads is difficult at high altitudes, and a body can weigh over 100 kilograms; nevertheless, the effort is necessary. As one Sherpa put it, « If we keep leaving them behind, our mountains will turn into graveyards. »

Some bodies have historically served as grim markers for climbers. One such landmark, known as “Green Boots,” marked a cave near the summit route at about 8,500 metres. Another similar landmark was named « Sleeping Beauty ».

The Himalayas still hold many secrets. While the body of George Mallory—a British mountaineer who disappeared in 1924—was finally found in 1999, that of his climbing partner, Andrew Irvine, was never located. Nor was their camera, which could provide proof of a successful ascent—potentially rewriting the history of mountaineering.

Scientists warn that glacial retreat in the Everest region is accelerating. A 2023 report by the International Centre for Integrated Mountain Development (ICIMOD) says glaciers in the Hindu Kush Himalayan region could lose up to 80 percent of their volume by the end of the century. Glaciers in the Everest region have thinned by more than 100 metres over the past six decades, with the rate of ice loss nearly doubling since 2009. The new study argues that while global warming remains the overwhelming cause of glacier retreat, human activity at Base Camp is adding localised stress to the shrinking ice.

The Nepalese government has issued 401 climbing permits for Everest in April 2026. Nepal has raised the climbing fee to $15,000 from $11,000. With China restricting access from its side, Nepal has seen a significant number of climbers attempting Everest.

Source : Everest Chronicle.

Arnaques en série sur l’Everest // Series of scams on Mount Everest

On parle beaucoup de l’Everest ces temps-ci, surtout à propos des restrictions imposées par les autorités népalaises pour empêcher que la montagne soit envahie par les alpinistes et devienne une immense décharge.
L’ascension de l’Everest représente un marché très lucratif, et qui dit argent dit souvent fraude et arnaques. La presse népalaise révèle aujourd’hui que des guides de l’Everest sont accusés d’avoir drogué secrètement des alpinistes étrangers afin de déclencher des évacuations aériennes coûteuses, dans le cadre d’une vaste escroquerie à l’assurance de 20 millions de dollars mise au jour par la police népalaise. Des responsables de sociétés de secours en montagne ont été arrêtés lors de cette opération. À ce jour, 32 personnes ont été inculpées et 11 arrestations ont été effectuées. L’ampleur de l’escroquerie semble considérable ; elle aurait touché 4 782 alpinistes internationaux entre 2022 et 2025. La police a déclaré avoir découvert plus de 300 cas présumés de faux secours, pour un montant total de près de 20 millions de dollars facturés aux alpinistes et aux assureurs. Le scandale a entraîné une enquête approfondie auprès des voyagistes et des guides, alors que la saison d’alpinisme de printemps a débuté le 30 mars 2026. Selon les enquêteurs, l’escroquerie implique de nombreux acteurs de l’écosystème du trekking, notamment des sherpas, des propriétaires d’agences de trekking, des opérateurs d’hélicoptères et des directeurs d’hôpitaux. Le Bureau central d’enquête (CIB) de la police népalaise a déclaré que ces infractions ont porté atteinte à « la fierté nationale, au prestige et à la dignité du Népal à l’international ».
Les enquêteurs expliquent que les guides utilisaient diverses méthodes pour obliger les évacuations par hélicoptère, notamment en simulant des urgences médicales et en ajoutant de grandes quantités de bicarbonate de soude à la nourriture pour provoquer les troubles gastriques fréquemment associés au mal des montagnes. D’autres clients des sherpas recevaient des médicaments mélangés à de grandes quantités d’eau pour déclencher des symptômes identiques. Une fois signalées les nausées, les vertiges ou les courbatures, on conseillait aux alpinistes de redescendre et d’accepter des évacuations d’urgence coûteuses par hélicoptère. Les autorités ont indiqué que les opérateurs utilisaient ensuite de faux documents médicaux et de vol pour se faire rembourser par les assurances voyage internationales. Une fois l’intervention par hélicoptère déclenchée, les opérateurs gonflaient les coûts en facturant chaque passager individuellement dans l’hélicoptère, alors que plusieurs personnes voyageaient ensemble. De faux registres de vol et de faux documents médicaux étaient ensuite utilisés pour étayer des demandes d’indemnisation exagérées. De leur côté, des hôpitaux établissaient de faux rapports d’admission et de traitement, parfois pour des touristes qui ne recevaient en réalité aucun soin.
Ce n’est pas la première fois qu’un réseau d’escroquerie aux services de secours est démantelé au Népal. Une enquête menée en 2018 a donné lieu à un rapport de 700 pages, suivi de promesses de réformes de la part du gouvernement, mais les arnaques continuent…
Source : Independent via Yahoo News.

Crédit photo: Wikipedia

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There is much talk about Mount Everest these days, mainly about the restrictions imposed by Nepalese authorities to prevent the mountain from being invaded as becoming a huge garbabge dump.

There is a lot of money behind the climbing of Mount Everest, and where there is money, there is often fraud. The Nepali presse indicates today that Mount Everest guides have been accused of secretly drugging foreign climbers to trigger expensive aerial evacuations as part of a 20-million-dollar insurance fraud scheme that has been discovered by the Nepali police. Operators of mountain rescue companies in Nepal have been arrested as part of the police operation. 32 people have been charged and 11 arrests made so far. The scale of the scam appears to be vast, affecting 4,782 international climbers between 2022 and 2025. Police said more than 300 cases of alleged fake rescues have been uncovered, with bills totalling nearly 20 million dollars charged to climbers and insurers.

The scandal has led to new scrutiny over tour operators and guides as this year’s spring climbing season got underway on 30 March 2026. Investigators say the scam involved multiple actors across the trekking ecosystem, including sherpas, trekking company owners, helicopter operators and hospital executives. The Nepal Police’s Central Investigation Bureau (CIB) said the offences had caused harm to “Nepal’s national pride, prestige and dignity internationally”.

Investigators say guides used a range of methods to force helicopter evacuations, including faking medical emergencies and lacing food with large amounts of baking powder to stimulate gastric distress commonly associated with altitude sickness. Others were given medications with excessive amounts of water to trigger symptoms. After trekkers reported nausea, dizziness or body aches, they were advised to descend and agree to costly emergency helicopter evacuations. Authorities said operators then used forged medical and flight documents to claim costs from international travel insurers.

Once a “rescue” was triggered, operators inflated costs by billing each passenger as if they had taken a separate helicopter flight, even when multiple people were flown together. Fake flight records and forged medical documents were then used to support exaggerated insurance claims, while hospitals created false admission and treatment reports, in some cases for tourists who were not actually receiving care.

This is not the first time a fake rescue network has been exposed. An investigation in 2018 prompted a 700-page report followed by promises of reforms by the government, but the scams appear to have continued.

Source : Independent via Yahoo News.