Que se passe-t-il à Stromboli ?

Dans mon dernier bulletin sur l’activité volcanique dans le monde, j’écrivais, après avoir consulté les rapports de l’INGV, que le Stromboli  montre actuellement son activité strombolienne habituelle. Elle se concentre essentiellement dans les parties Nord et Centre-sud de la terrasse cratèrique. La fréquence actuelle des explosions, d’intensité globalement moyenne, est de 12-14 événements par heure. Le Laboratorio Geofisica Sperimentale précise dans son bulletin du 15 janvier 2021 que l’édifice volcanique ne montre pas de déformation significative

En lisant la presse sicilienne et du sud de l’Italie ces derniers jours, on a une vision très différente des choses ! Ainsi, le Giornale di Sicilia titre le 15 janvier 2021 : Stromboli, paura sul cratere più esplosivo delle Eolie: ecco perchè la protezione civile è in allarme. – « Stromboli, peur sur le cratère le plus explosif des îles Éoliennes ; la protection civile est en alerte. »

Selon ce quotidien, ces derniers jours, l’activité du Stromboli se serait intensifiée et la direction régionale de la Protection Civile aurait lancé un message d’alerte. L’Université de Florence indique que « les observations du système de surveillance GB-InSAR montrent des variations significatives du champ de déformation dans le secteur du flanc nord-est du cratère, avec des valeurs de vitesse élevées (21,6 mm / heure). » Selon ces mêmes scientifiques, il existe un risque de « détachement possible de portions limitées des cônes avec écoulement d’avalanches de débris à haute température le long de la Sciara del Fuoco avec retombées de matériaux, dans des conditions de vent favorables, dans les zones habitées de Stromboli et Ginostra ».

Les autorités locales indiquent que toutes les mesures ont été prises pour assurer la sécurité de la population en cas d’événement volcanique. Le maire demande aux habitants d’être vigilants. Il rappelle que dans les conditions actuelles, l’accès du volcan aux visiteurs et aux randonneurs est interdit dès l’altitude 290 m. Côté Ginostra, le chemin de Punta Corvi est interdit à partir de l’altitude 130 m, mais autorisé jusqu’à 400 avec l’accompagnement de guides. Mêmes restrictions d’accès pour les sentiers de Punta Labronzo.

Nous sommes au mois de janvier, époque où il y a habituellement très peu de touristes à Stromboli, et encore moins en ce moment avec la crise sanitaire. La Sicile est d’ailleurs en train de passer en zone rouge avec des contraintes supplémentaires :

https://www.lasicilia.it/news/covid-19/385958/covid-sicilia-diventa-zona-rossa-misure-in-vigore-da-domenica-prossima.html

Il serait tout de même intéressant de savoir qui détient la vérité ! La webcam Skyline est hors service ce soir. Suite au prochain numéro.

La terrasse cratèrique du Stromboli (Source : INGV)

Une histoire de coulées de lave // About lava flows

Au cours de l’histoire, les hommes on tenté à plusieurs reprises de détourner des coulées de lave qui devenaient une menace pour les zones habitées. La première tentative de ce genre a eu lieu en 1669, lorsqu’un flot de lave en provenance de l’Etna menaça la ville de Catane. Des tentatives pour détourner la lave du Mauna Loa sur l’île d’Hawaii ont été réalisées en 1935 et 1942. Des digues de terre ont été construites à la hâte pour détourner des coulées du Kilauea en 1955 et 1960, sans grand succès.
Le premier détournement de lave positif a eu lieu en 1973 sur l’île d’Heimaey en Islande quand une coulée de lave a’a a pu être stoppée et un port sauvé en envoyant d’importantes quantités d’eau de mer sur la coulée de lave pour entraver sa progression.
Lors de l’éruption de l’Etna en 1983, des scientifiques ont réussi, pour la première fois, à utiliser des explosifs pour détourner une importante coulée de lave. Ces efforts ont été couronnés de succès mais ont posé un problème juridique. Comme me l’a expliqué H. Tazieff un jour, «sommes-nous autorisés à envoyer la lave sur une terre qui serait autrement épargnée?

Aujourd’hui, un problème similaire de gestion des coulées de lave est apparu à Hawaii après la dernière éruption du Kilauea. La lave qui a envahi la Lower East Rift Zone a détruit ou isolé des propriétés et leurs propriétaires souhaiteraient ouvrir de nouvelles routes pour accéder à leurs structures. Bien que les coulées de lave ne soient plus du tout actives, la construction de nouvelles routes pourrait poser problème si la lave faisait sa réapparition dans le secteur.
Le comté d’Hawaii a reçu de nombreuses demandes de propriétaires affectés par la dernière éruption. Ces gens voudraient pouvoir créer un accès à leur propriété à travers les champs de lave.
En vertu de la Sixième proclamation d’urgence du 6 décembre 2018, les personnes qui souhaitent modifier la morphologie des champs de lave afin de créer un accès temporaire doivent d’abord obtenir l’autorisation de la Protection Civile.
Les documents à fournir doivent :
– Indiquer l’emplacement de la propriété;
– Décrire la nature de l’accès proposé, avec un plan du site indiquant l’emplacement et l’étendue de l’accès temporaire;

– Inclure le consentement écrit de toutes les personnes dont les propriétés seront traversées et qui auront ainsi un nouvel accès.
Les personnes sollicitant l’autorisation de modifier la morphologie des champs de lave pour créer un accès temporaire à des propriétés isolées assumeront tous les risques et devront éventuellement payer les secours.
Les différents bureaux de Protection Civile examineront chaque demande, en veillant au respect des réglementations et des droits de propriété privée. Différentes questions seront posées :
– La voie d’accès proposée desservira-t-elle plusieurs propriétés?
– Un permis de classement est-il requis?
– Le tracé de la voie d’accès risque-t-il de franchir les parois d’un chenal de lave, de créer un barrage ou de modifier de manière significative les trajectoires d’écoulement de la lave dans le cas où l’activité effusive reprendrait?

Une évaluation géotechnique peut être nécessaire pour déterminer les conditions du sous-sol en fonction de la morphologie de la voie d’accès proposée et d’autres facteurs liés à la stabilité et à la sécurité du terrain.
Après examen et approbation de tous les permis requis, la Protection Civile émettra ou non une autorisation de travaux.

Source : Presse hawaiienne.

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Throughout history, men have tried several times to divert lava flows that were becoming a threat to populated areas. The first attempt was this kind occurred in 1669, when a flow from Mount Etna volcano threatened the city of Catania. Attempts to divert lava flows from Mauna Loa Volcano on the island of Hawaii by aerial bombing were made in 1935 and 1942. Earthen barriers were hurriedly constructed in attempts to divert flows from Kilauea Volcano in 1955 and 1960, with little success.

The first successful lava diversion took place in 1973 on the island of Heimaey (Iceland), when a thick lava flow was impeded and a harbour saved by pumping massive quantities of seawater over advancing aa lava.

During the 1983 eruption of Etna, Italian scientists managed, for the first time, to use explosives to divert a major lava flow. These efforts were fairly successful, although they posed a legal problem. As Haroun Tazieff told me one day, “are we allowed to send lava on a land that would otherwise be spared?”

Today, a similar problem about the management of lava flows has appeared in Hawaii after the last eruption of Kilauea volcano. Lave which invaded the Lower East Rift zone has destroyed or isolated properties and their owners would like to open new roads to access to their structures. Although the lava flows are no longer active, cutting new roads might cause problems if lava happened to flow again in the area.

The County of Hawaii has received many requests from residents affected by the recent eruption to allow them to create access to their property across the lava fields.

Under the Sixth Supplementary Emergency Proclamation dated Decmber 6th, 2018, individuals who wish to modify the lava fields to create temporary emergency access must first seek authorization from the Hawaii County Civil Defense Agency.

The documents should:

– Identify the location of the property;

– Describe the nature of the access proposed, which should include a site plan showing the location and extent of the temporary emergency access; and

– Include written consent from all individuals whose properties will be traversed and who will have renewed access.

Individuals requesting authorization to modify the lava fields to create temporary emergency access to isolated properties will assume any and all risks, and may be charged for any rescue costs.

County agencies will review each request, with an eye to compliance with regulations and private property rights, including the following:

– Will the proposed access route serve multiple properties?  .

– Is a grading permit required?

– Will the grading risk breaching lava channel walls, creating a dam, or otherwise significantly altering the flow patterns in the event that lava activity resumes? A geotechnical assessment may be required to determine subsurface conditions depending on the depth of the proposed excavation and other factors related to terrain stability and safety.

After review and the approval of any required permits, Civil Defense will issue an authorization letter.

Source: Hawaiian newspapers.

Les coulées de lave ont envahi des propriétés privées (Crédit photo: USGS / HVO)

Eruption du Kilauea (Hawaii) : La Protection Civile et l’USGS informent la population // Civil Defense and USGS keep the public informed

La Protection Civile et l’USGS tiennent régulièrement la population informée de la situation sur le Kilauea. La dernière réunion était à Volcano; la prochaine a lieu aujourd’hui à Pahoa afin de préparer le public à de possibles événements majeurs. On y abordera les différents scénarios à propos d’un possible événement explosif dans le cratère de l’Halemaumau.
La réunion est prévue quelques jours après qu’une bombe volcanique ait atteint un bateau d’excursion pour touristes, près du point d’entrée de la lave dans l’océan. L’accident a blessé 23 personnes. Selon le dernier décompte, au moins 706 maisons et structures ont été détruites par l’éruption et 32 ​​kilomètres carrés ont été recouverts par la lave.
Dans le même temps, l’USGS indique que la Fracture n° 8 continue d’envoyer inlassablement de la lave en grande quantité dans le chenal qui l’achemine vers le nord-est.

À ce jour, il y a eu 52 «explosions d’effondrement» dans le cratère de l’Halema’uma’u. Ces événements sont provoqués par l’affaissement du plancher de l’Halemaumau suite à l’évacuation du magma vers la Lower East Rift Zone. L’énergie ainsi libérée équivaut à des séismes de M 5.4.
Depuis le début du mois de mai, le plancher du cratère de l’Halemaumau a chuté de plus de 450 mètres, et le diamètre de la lèvre est le double de celui avant l’éruption. À l’heure actuelle, les effondrements ne concernent qu’une petite partie du plancher de la caldeira. Beaucoup de gens se demandent si on pourrait assister à un événement catastrophique de grande envergure. L’USGS pense que la probabilité est faible, mais une telle éventualité ne saurait être écartée.
Au niveau de l’entrée dans l’océan, toutes les conditions sont réunies pour que se produisent des explosions en raison du grand volume de lave qui arrive dans le Pacifique et le fait que le rivage est peu profond à Ahalanui. Chaque fois que la lave à une température de 1100 degrés rencontre de l’eau de mer froide, il en résulte une explosion avec émission de vapeur et projections de fragments de lave solidifiés ou à moitié solidifiés, avec des bombes de taille parfois respectable. En outre, le volume actuel de lave émis par la Fracture n° 8 est beaucoup plus important – de l’ordre de 50 à 100 mètres cubes par seconde – que celui que l’on observait sur la coulée 61g en 2016. A l’époque, le volume de lave émis ne dépassait pas trois à quatre mètres cubes par seconde. En outre, le relief au niveau de la côte à Kamukona était très escarpé. La lave dévalait une pente abrupte et était rapidement emportée vers les profondeurs de l’océan.
Comme je l’ai écrit dans une note précédente, le front de coulée sud se trouve actuellement à seulement 700 mètres de la rampe pour bateaux à Isaac Hale Park. La lave continue à sortir en plusieurs endroits du front d’écoulement qui présente une largeur de 6 kilomètres.
Source: Protection Civile, USGS.

Voici une animation montrant la caldeira de l’Halema’uma’u le 13 juillet 2018:

https://volcanoes.usgs.gov/observatories/hvo/multimedia_uploads/multimediaFile-2447.mp4

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Hawaii Civil Defense and USGS regularly keep the population informed about the situation of the Kilauea eruption. The last meeting was at Volcano; the next one is held today at Pahoa to keep everyone informed and prepared to possible major events. The various scenarios stemming from a possible explosive event at Halemaumau Crater will be presented to the public.

The meeting is scheduled just days after a lava bomb crashed into a tour boat, injuring 23, near the lava’s ocean entry point . According to the latest count, at least 706 homes and structures have been destroyed by the eruption and 32 square kilometres have been covered with lava.

Meanwhile, USGS reports that fissure 8 continues to erupt lava into the perched channel leading northeast from the event, with no end in sight going into the 11th week.

To date there have been 52 “collapse explosions,” which are events in which the floor of Halemaumau Crater collapses after magma beneath it empties into the lower East Rift Zone, resulting in an energy that goes into the ground, equalling to M 5.4 earthquakes.

Since early May the floor of Halemaumau Crater has dropped more than 450 metres, and the rim’s diameter is double its original size. Right now the collapse events involve just a small part of the caldera floor. Many people are wondering whether it could involve more of the floor and become a catastrophic event. USGS says that while the probability is low, the possibility is not zero.

At the lava flow’s ocean entry, conditions are ripe for explosions due to the large volume combined with more shallow topography at Ahalanui. Whenever 1,100-degree lava meets cool seawater, a steam explosion results, blasting fragments of solidified or semisolidified lava fragments, some of which are larger than a breadbox, up into the air. Besides, the current volume of lava flowing out of fissure 8 is much higher, at about 50 to 100 cubic metres per second, compared with the “61g flow” of 2016, where lava from Pu’u O’o pumped out about three to four cubic metres per second. In addition, the Kamukona lava ocean entry’s offshore topography was very steep. The lava entering the ocean at Kamukona hit a steep slope and was quickly carried down to deeper parts of the ocean.

As I put it in a previous post, the southern margin of the flow is currentlyjust 700 metres from the boat ramp at Isaac Hale Park. The lava continues to ooze out at several points along the 6-kilometre-wide flow front into the ocean.

Source: Civil Defense, USGS.

Here is a video showing the Halema’uma’u caldera on July 13th, 2018:

https://volcanoes.usgs.gov/observatories/hvo/multimedia_uploads/multimediaFile-2447.mp4

Sur l’East Rift Zone, le Pu’uo’o demeure une coquille vide. L’éruption qui avait débuté le 3 janvier 1983 s’est terminée le 2 mai 2018 (Crédit photo : USGS / HVO).

Eruption du Kilauea (Hawaii): Dernières nouvelles // Latest news

9h00 (heure française): L’éruption se poursuit le long de la Lower East Rift Zone du Kilauea, dans la subdivision des Leilani Estates. De nouvelles fractures parcourues de bouches éruptives actives se sont ouvertes au cours de la matinée du 5 mai 2018, et l’apparition d’autres fractures actives est probable dans la région.
Un épisode de déflation est toujours observé au sommet du Kilauea et le niveau du lac de lave continue de baisser. Il n’y a pas de coulées de lave actives dans le secteur du Pu’uO’o.
Des répliques du séisme M6.9 sont toujours enregistrées et d’autres devraient se produire, avec des répliques plus importantes provoquant des éboulements et des nuages ​​de cendre au-dessus des cratères du Pu’uO’o et de l’Halema’uma’u.
L’USGS a publié des cartes qui montrent où la lave pourrait sortir des fractures si l’éruption continue. La carte ci-dessous montre l’emplacement des fissures éruptives dans l’ordre de leur apparition dans la subdivision des Leilani Estates le 10 mai 2018 à 10h. Les lignes bleues sont les pentes les plus raides susceptibles d’être empruntées par les coulées de lave.
La Protection Civile confirme qu’en ce moment cinq maisons ont été détruites par la lave. Elle rappelle également que les habitants des Leilani Estates et Lanipuna Gardens ont été placés en état d’évacuation et que des centres d’hébergement provisoires sont disponibles.
Une restriction d’utilisation de l’eau est en vigueur pour les habitants de la subdivision des Leilani Estates et en aval. Toutes les habitations du secteur de Kapoho sont concernées par cette situation d’urgence. Des points d’eau ont été installés près de l’entrée du Lava Tree National Monument et une citerne a été placée à Vacationland pour un accès public à l’eau potable.
La Protection Civile explique encore une fois que le dioxyde de soufre représente une menace pour toutes les personnes qui se trouvent exposées et qui doivent donc se montrer extrêmement vigilantes.
Sources: USGS, HVO, journaux locaux.

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13 heures (heure française): Dans une mise à jour diffusée le 5 mai à 18h45.(heure locale), les scientifiques du HVO ont confirmé qu’aucune nouvelle bouche éruptive n’est apparue à la suite des huit fractures déjà identifiées dans les Leilani Estates. La fracture 7 a cessé d’émettre de la lave en milieu d’après-midi. Une nouvelle fracture s’est ouverte dans la soirée près des fractures 2 et 7, avec des fontaines de lave qui atteignaient jusqu’à 70 mètres de hauteur. La Protection Civile a indiqué que la lave a déjà détruit cinq maisons et on observe des émissions gazeuses toxiques – de SO2 en particulier – sur le site de l’éruption ; elles représentent une menace pour toute personne exposée.
La sismicité et la déformation révèlent l’accumulation continue de magma dans la zone du rift.
Les subdivisions des Leilani Estates et des Lanipuna Gardens restent en état d’évacuation. La région continue d’être dangereuse en raison de l’ouverture de bouches éruptives, la sismicité et les émissions gazeuses. Pour le moment, il n’est pas question de permettre aux habitants des zones évacuées de rentrer chez eux.
Les inclinomètres au sommet du Kilauea continuent d’enregistrer la tendance déflationniste. Les données satellitaires montrent qu’entre le 23 avril et le 5 mai 2018, le plancher de la caldeira sommitale s’est affaissé d’environ 10 centimètres. En parallèle avec cette tendance déflationniste, le niveau du lac de lave dans l’Overlook Crater a chuté d’environ 128 mètres sous la lèvre du cratère depuis le 30 avril.
Sources: HVO, Protection Civile.

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16 heures (heure française): J’ai délaissé momentanément le Piton de la Fournaise où le tremor décline régulièrement, comme les fois précédentes. On se dirige vers la lente agonie de l’éruption. A Hawaii, l’éruption revêt une autre ampleur car elle se déroule dans des zones habitées.

Le Hawaï Tribune Herald indique (information publiée à 00h05 le 6 mai) qu’après deux jours d’activité volcanique destructrice dans le district de Puna, les habitants ont connu un moment de soulagement en fin de journée le 5 mai quand ils ont constaté que les huit bouches éruptives avaient cessé d’émettre de la lave. Cinq maisons ont été détruites dans les Leilani Estates, mais samedi après-midi la lave ne coulait plus et la sismicité s’était calmée. Cependant, le HVO fait remarquer que l’activité volcanique devrait reprendre après cette pause, comme ce fut le cas au début de l’éruption dans les Leilani Estates. Toutes les indications montrent que l’intrusion magmatique reste active, et la possibilité d’une reprise de éruption reste présente. De plus, les bouches éruptives semblent reliées par la lave qui s’en échappe.
Les autorités espèrent autoriser certaines personnes évacuées à retourner brièvement chez elles, le temps de récupérer des objets de valeur et des documents, à condition que les gaz volcaniques le permettent.

Depuis que les fractures éruptives se sont ouvertes dans les Leilani Estates, crachant de la lave et du SO2, tout le monde dans la partie sud du District de Puna est devenu géologue amateur ou volcanologue, convaincu de savoir quelle zone sera sure et quelle autre subira les assauts de la lave.

Cependant, il n’y a pas deux semaines, personne ne s’attendait à voir la lave du Kilauea sortir du sol dans les Leilani Estates, avec des séismes qui ont fait vcraindre le déclenchement d’un tsunami.
La subdivision des Leilani Estates est divisée en  parcelles d’un et plusieurs acres avec vue sur l’océan. C’est le contraire dans les Nanawale Estates où se regroupent quelque 650 maisons modestes. Avant que l’activité sismique débute dans la subdivision de Leilani et que s’ouvrent les fractures éruptives, il aurait été difficile de trouver quelqu’un à Nanawale pensant subir le même sort. Leilani est située au cœur de l’East Rift Zone du Kilauea, tandis que Nanawale est situées juste au nord-est des Leilani Estates et est considéré comme étant à l’extérieur de la zone de rift. Le problème, c’est que le séisme de vendredi a secoué la région qui a été envahie par une odeur d’œuf pourri. Tout le monde craint maintenant que Nanawale subisse le même sort que la subdivision de Leilani.
Source: Honolulu Advertiser.

 

La question que tout le monde se pose –surtout les habitants des zones évacuées – est la suivante : L’éruption va-t-elle durer encore longtemps ? Personne – sauf Madame Pele – n’est capable de donner une réponse fiable.

En prenant en compte le diamètre de l’Overlooc Crater (250 mètres) et la hauteur de lava évacuée au cours des derniers jours (128 mètres), on arrive à un volume de 6 280 000 mètres cubes qu’il faudrait réduire légèrement, car les parois du cratère on tendance à se rapprocher vers le fond. On peut donc raisonnablement affirmer qu’environ 6 millions de mètres cubes de lave se sont échappés de l’Overlook Crater. A cela vient s’ajouter le volume que retenait le Pu ‘uO’o, sans parler de la lave qui circulait dans le réseau entre les deux sites éruptifs.

Je n’ai vu nulle part une estimation du volume de lave vomi par les 8 fractures dans les Leilani Estates, mais il doit être bien inférieur aux chiffres ci-dessus. En estimant que chaque fracture se soit ouverte sur 200 mètres de longueur, avec des accumulations de lave de 3 mètres de hauteur et sur une largeur de 20 mètres de part et d’autres des fractures, on arrive à un volume émis d’environ 200 000 mètres cubes qui est loin du chiffre proposé précédemment.

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22 heures (heure française): Une mise à jour de la Protection Civile publiée le dimanche 6 mai 2018 à 8h15 (heure locale) indique que 2 nouvelles fractures sont apparues entre Leilani et Malama Street près de Luana et Kupono Street le 5 mai dans la soirée, ce qui porte le nombre total de fractures éruptives à 9 en ce moment. Les projections de lave et les émissions de gaz toxiques continuent entre Mohala et  Pomaika’i Street.
La Protection Civile confirme qu’à ce jour, au moins 9 maisons ont été détruites.
Si les conditions le permettent, les habitants des Leilani Estates ayant une maison entre la Highway 130 et Maile Street seront autorisés entre 8 h et 18 h à entrer dans le lotissement pour récupérer les animaux de compagnie, des médicaments et des documents essentiels. Les habitants devront récupérer leurs articles rapidement afin que d’autres habitants puissent faire de même. Ils devront fournir une pièce d’identité et la preuve qu’ils résident dans la subdivision de Leilani. Un premier point de contrôle est mis en place par la police au niveau des Highway 130 et Highway 132. Un autre point de contrôle se trouve au niveau de la Highway 130 et de Leilani Streeet.
Aucun accès n’est autorisé pour le moment aux habitants de Lanipuna Gardens en raison des gaz volcaniques toxiques.
Source: Big Island Now.

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9:00 (French time) : The eruption continues along Kilauea’s Lower East Rift Zone within the Leilani Estates subdivision. Additional fissure vents producing spatter and small lava flows developed early in the morning of May 5th, 2018, and additional outbreaks in the area are likely.

Deflationary tilt at the summit of the volcano continues and the lava lake level continues to drop. There is no active lava in the Pu’uO’o area.

Aftershocks from the M6.9 earthquake continue and more should be expected, with larger aftershocks potentially producing rockfalls and associated ash clouds above Pu’uO’o and Halema’uma’u Crater.

USGS has released maps that show where the lava from the fissures could possibly flow if they keep erupting. The map below shows the locations of eruptive fissures in the order that they occurred in the Leilani Estates Subdivision as of 10 a.m. on May 5th, 2018. The blue lines are paths of steepest descent that identify likely paths of a lava flow.

The Civil Defense confirms that at this time, five homes have been destroyed. It also reminds residents that Leilani Estates and Lanipuna Gardens residents have been placed on evacuation notice and that shelters are available.

An emergency water restriction is in effect for residents of Leilani Estates Subdivision and below. All residences in the Kapoho area will be affected by this water emergency.  Water spigots have been installed near the entrance of Lava Tree State Park and a water tanker has been placed in Vacationland for public drinking water access.

The Civil Defence explains again that high levels of sulfur dioxide are a threat to all who become exposed. All are asked to be on the extreme alert to exposure to this gas..

Sources : USGS, HVO, Local newspapers.

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13:00 (French time): In an update released on May 5th at 6:45 p.m. (local time), HVO scientists confirmed that no new lava outbreaks have emerged beyond the eight fissures that have already been identified in Leilani Estates. Fissure 7 stopped erupting in mid-afternoon. A new fissure erupted in the evening near fissures 2 and 7, and lava fountains reached as high as about 70 metres. However, Civil Defence officials caution that the fissures have already destroyed five homes and continue to emit hazardous fumes in the subdivision. There are reports of extremely dangerous air quality conditions due to high levels of SO2 in the evacuation area, which can be a threat to anyone exposed.

Seismicity and deformation are consistent with continued accumulation of magma within the rift zone.
The subdivisions of Leilani Estates and Lanipuna Gardens remain under evacuation orders. The area continues to be unstable with volcanic venting and related hazards of earthquake and poisonous gases ongoing. For the moment, there is no question to allow residents of the evacuated areas to go back home.

Tiltmeters at the summit of Kilauea Volcano continue to record the deflationary trend of the past several days. Satellite data show that between April 23rd and May 5th, 2018, the summit caldera floor subsided about 10 centimetres. Corresponding to this deflationary trend, the summit lava lake level in the Overlook Crater has dropped about 128 metres below the crater rim since April 30th.

Sources: HVO, Civil Defence.

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16:00 (French time): I have momentarily left the eruption of Piton de la Fournaise where the tremor is slowly declining, announcing the near end of the eruption. In Hawaii, the eruption is far more serious as lava has appeared in populated areas.

The Hawaii Tribune Herald indicates (report posted at 12:05 on May 6th) that after two days of destructive volcanic activity in lower Puna, residents received some relief late on May 5th when the eight vents that had been emitting lava earlier in the day went quiet. Five homes were confirmed destroyed in the Leilani, but by Saturday afternoon all of the vents had stopped expelling lava, and the earthquakes that had rocked the region a day earlier had subsided. However, officials cautioned volcanic activity from Kilauea volcano likely will ramp up again. All indications show this intrusion remains active, and the possibility of an eruption is still there. Officials said the vents also appear to be “connected” by the lava that flow from them.

Authorities hope to allow some evacuees to briefly return to their homes, but only to retrieve valuables and documents, prodided noxious volcanic gases allow them to do so.

Since the eruptive fissures opened up in Leilani Estates, spitting lava and SO2, it seems that everyone in South Puna has become an amateur geologist and volcanologist, convinced they know which communities are safe and which ones are vulnerable to further outbreaks.

However, no one two weeks ago predicted that lava from Kilauea would suddenly shoot from the ground in Leilani Estates, along with earthquakes and fears that all the shaking would trigger a tsunami.

The Leilani Estates subdivision is filled with one- and multi-acre parcels boasting ocean views. It’s a clear contrast to Nanawale Estates, where roughly 650 modest homes are packed together. Before earthquakes began rumbling underground and opening fissures in Leilani Estates, it would have been hard to find anyone in Nanawale Estates who thought they might experience the same fate. The former is located in the heart of Kilauea’s East Rift Zone risk area, while the latter is just northeast of Leilani Estates and is considered just outside of the East Rift Zone. But Friday’s earthquake shook the area which was invaded with the overwhelming smell of rotten eggs. Everybody now fears their area might encounter the same fate at the Leilani subdivision.

Source : Honolulu Advertiser.

 

The question everyone – especially residents of the evacuated areas – isasking is: Will the eruption last a long time? Nobody – except Madam Pele – is able to give a reliable answer.
Taking into account the diameter of the Overlooc Crater (250 metres) and the height of lava evacuated in recent days, we get to a volume of 6 280 000 cubic metres that should be reduced slightly because the walls of the crater tend to get closer towrds the bottom. It is reasonable to say that about 6 million cubic metres of lava escaped from the Overlook Crater. Added to this is the volume held by Pu’uO’o, not to mention the lava circulating in the network between the two eruptive sites.
I did not see any estimate of the volume of lava vomited by the 8 fractures in the Leilani Estates, but it must be well below the figures above. Estimating that each fracture opened on a length of 200 metre, with accumulations of lava 3 metres high and 20 meters wide on both sides of the fractures, one finds an emitted volume of about 200 000 cubic metres which is far from the figure previously suggested.

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22:00 (French time): A Civil Defense update released on Sunday May 6th, 2018 at 8:15 a.m. (local time) indicates that 2 more fissures emerged between Leilani and Malama Street near Luana and Kupono Street on May 5th in the evening, bringing the total number of fissures to 9 at this time. Active venting of lava and hazardous fumes continue between Mohala and Pomaika’i Street.

It is confirmed that at this time, at least 9 homes have been destroyed.

Conditions permitting, Leilani Estates residents with property between Highway 130 and Maile Street will be allowed to enter the subdivision to complete evacuation of pets, medicine, and vital documents left behind between the hours of 8 a.m to 6 p.m. Residents should retrieve their items expeditiously so others may go in after them. They will be required to provide identification and proof of residency in Leilani Subdivision.  Primary Police checkpoint is established at Highway 130 and 132. A secondary checkpoint is at Highway 130 and Leilani Street.

No access is allowed at this time for residents of Lanipuna Gardens due to dangerous volcanic gases.

Source: Big Island Now.

Source: USGS